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 Any port in the storm

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Sujet: Any port in the stormMer 24 Mai - 23:39


février 2016

Il ne savait pas. Pas où il était, pas où il allait, pas pourquoi, pas comment. Il ne savait pas si, il ne savait pas quand, il ne savait même pas s'il avait jamais su. Il ignorait si les murs bougeaient toujours aussi vite, si respirer faisait toujours aussi mal, si son cœur battait toujours aussi fort, les échos résonnant sur les pavés. Boum boum. Ou peut-être que c'était ses pieds. La semelle de ses chaussures qui martelait l'asphalte, plus vite, plus vite, encore un peu plus vite. Ses jambes qui étendaient les foulées, qui frappaient plus fort, conquéraient plus de terrain, avalaient le bitume seulement pour le recracher derrière elles. Elles ne savaient pas pourquoi. Elles ignoraient pourquoi elles avaient abandonné le petit morceau de terre qu'elles occupaient quelques minutes plus tôt pour se lancer au pas de course à travers les rues. Si loin du cerveau et de ses maux, elles n'avaient pu qu'obéir, gouvernées par cette entité mystérieuse dont les ordres étaient souvent confus, parfois incompréhensibles. Aiden ne savait pas.

Pourtant il avait escaladé les parois purulentes de la fosse où il moisissait. A la force de ses bras, il s'était hissé, obstacle après obstacle, angoisse après angoisse. Il s'était écorché les genoux et les paumes, il s'était raccroché aux ronces. Le chien galeux avait traîné son arrière-train éclaté hors du fossé, rampant piteusement pour se mettre à l'abri. Il n'allait pas crever là finalement, oublié et apeuré au fond d'un trou boueux. Il avait trouvé un travail, Il ne s'était pas manifesté, il prenait ses médicaments. Mais la librairie était fermée lorsqu'il se présenta pour son premier jour, anxieux mais courageux. Elle n'ouvrirait plus. On l'avait planté là. Déjà le fossé se formait sous les pattes abîmées par l'usure, la terre mollissait et cédait sous ses pas hésitants. La libraire avait-elle obtenu de lui ce qu'elle souhaitait? Avait-elle fait partie d'une machination qui le dépassait? Le Poète s'en était-il pris à elle pour l'atteindre lui? S'en était-il pris à elle pour l'atteindre lui? Il imaginait son cadavre, assis sur la chaise où il s'était assis pendant qu'elle lui servait du thé. Il imaginait les mots auxquels il avait échappé, les milliers de livres alentours qui racontaient la même histoire sanguinolente. En plissant les yeux, il l'avait presque aperçue à travers les vitres qui ornaient la porte. Sa tête qui pendait mollement, ses yeux vides. La traînée de sang qui avait maculé toutes les étagères, souillant les histoires, s'infiltrant entre les lignes. Il avait reculé, horrifié. Avait-elle bougé? Où était-ce quelqu'un d'autre? Était-ce le monstre qui l'attendait? Il n'avait pas su, et n'avait pas tenté de le découvrir. Il était retourné à son rien.

Le Poète l'avait retrouvé. Il s'en souvenait à présent. C'était cette pensée qui l'avait fait bondir. Au milieu des allées du supermarché où il s'était aventuré pour se réapprovisionner. C'était l'éclat qu'il avait aperçu dans l’œil d'un inconnu, c'était un masque dans le rayon pour enfants, c'était les souvenirs qui l'avaient assailli, aussi frais et clairs que si c'était arrivé la veille alors que tout le reste nageait dans une vase confuse. Il était là, quelque part. Il l'épiait, prêt à bondir, à finir le travail, à taillader la chair. Les poings et les pieds liés. Son propre appartement. Ses propres murs. Il lui fallait un port où débarquer le temps que la tempête passe, il lui fallait un phare pour se repérer dans l'obscurité des façades qui se succédaient et se ressemblaient autour de lui.

Ca aurait pu être n'importe quelle porte. Il fallait juste qu'il rentre.
Qu'il soit quelque part à l'intérieur. Qu'il prenne la fuite. Une première porte l'avait amené dans un univers bizarre d'oeuvres et de sculptures, alors il avait continué, cherchant des portes, cherchant n'import quelle porte pour prier qu'elle soit ouverte. Il n'y avait que la porte. Il ne pensait pas au-delà de la porte, il ne pensait qu'à l'assassin qui guettait là dehors, qui avait dû le suivre au gré des allées et des détours, aisément et un rire dans la gorge. Rire crissant et mécanique qui se jouait de sa détresse et qui voulait l'enchaîner à nouveau. Puis il repensait à Erika, son ancienne future-patronne, qu'il avait vu, morte, morte sur sa chaise et rampant vers lui, le pointant du doigt. Suivant, il était le suivant. Le précédent et le prochain. Une porte. Il lui fallait mettre une porte de plus entre eux. Il poussa donc la prochaine qui s'offrit à sa vue, se réfugiant derrière sans réfléchir un instant de plus. Pas aux pièges. Pas aux menaces. Pas à la personne qui se trouvait là. Tout ce qu'il savait, à cet instant, c'était qu'il y avait une porte de plus entre lui et le prédateur. Qu'il avait mis pied à terre, et que l'orage n'atteindrait pas la rive. Il resta appuyé contre la porte refermée, rattrapant sa respiration en fuite.

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Sujet: Re: Any port in the stormDim 28 Mai - 22:12




Any Port in the Storm
Aiden L. Tyler et Elyas Wilde





Tel un autre jour banal, Elyas Wilde était assit devant son bureau, quelques papiers dans les mains. Depuis quelques mois — son retour — il avait mis en place une plateforme de questions-réponses, sur laquelle tout étudiant pouvait se renseigner. C’était utile mais empli de futilité, de flemmardise et d’une incommensurables malséance. Il s’était donc déchargé des questions bâclées et malpolie pour se concentrer sur la question d’une jeune étudiante de treize ans et ses recherches sur John Atkinson Grimshaw, un peintre quelques peu trop romantique pour le jeune chercheur mais dont il ne pouvait qu’apprécier les œuvres ternes et au soleil poétique.
Poétique…
Bien sûr, quand il était tombé sur un poème lié à la recherche d’un auteur qu’il voulait conseiller à la jeune fille, il n’avait pu empêcher son esprit de divaguer vers le tueur tant rechercher dans cette région. Le Poète n’était pas un idiot, il ne ferait donc pas l’erreur de se dévoiler à lui en personne ou de chercher, d’une manière où d’une autre à l’approcher sous sa véritable apparence. Car oui, pour Elyas, le poète et l’homme qui enlever son masque pour certainement vivre la vie la plus normale au monde étaient deux personnes différentes. Aussi, à présent, il ne cherchait plus derrière chaque visage qui pouvait être le poète. Cette folie lui avait coûté plus d’une année de sa vie et une médication lui faisant révéler plus qu’il ne l’aurait souhaité. Le poète était plus intelligent et le jour où il comprendrait que le jeune homme pouvait être, au delà de tout soupçons, un allié, il viendrait à lui.



Ainsi, comme tous les autres jours, Elyas avait terminé son travail, envoyé quelques mails, rétribué quelques artistes indépendants pour les quelques tableaux prêtés si et là et quand l’un d’eux avait été vendu, etcetera, etcetera…
Vers dix sept heure, toujours enfermé dans son bureau, il avait fait coulé un peu de Whisky dans un verre et s’était installé au fond de son fauteuil, un nouveau livre sur les genoux et un fond musical des plus appréciables. Il ne lui en fallait pas plus pour s’apaiser.

Pas plus qu’un rien pouvait troubler. Le gardien de cette après-midi là lui annonça qu’un « individu suspect et désorienté était entré dans le bâtiment ». Elyas le congédia d’un geste de la main et insista pour qu’on ne le dérange plus. Cet homme l’ennuyait profondément, tout comme cet autre individu. Qu’importe qui il était, cette venue manquait singulièrement de charme. Elyas augmenta légèrement le son de la musique et se remit au travail.



Rien ne pouvait le déranger. Ni les voix des quelques personnes qui cherchaient l’individu, ni le vacarme des portes qui claquaient. Il ne pouvait lui en être plus agréable. Il aurait certainement éprouvé des envies de meurtre si une quelconque âme était venu le troubler. Car le revoilà plongé dans une question passionnante, un stylo à la main, les yeux légèrement plissé derrière quelques cheveux qui tombaient sur le devant de son visage. Paganini entamait alors une nouvelle diabolique mélodie dans ses oreilles.
Une porte claqua, puis une autre, puis encore une. Ainsi, Elyas savait, enfin se doutait que quelqu’un s’approchait de son bureau. Il détestait qu’on le surprenne, alors, depuis son retour, il avait choisi l’une des pièces les plus éloignée, à l’extrémité du bâtiment, pour en faire son lieu  de travail. Une deuxième maison. Il releva à peine le regard. Ce simplet de gardien était certainement venu lui dire que l’ « individu suspect » avait été arrêté et reconduit à la sorti. Ennuyant.

Mais ce fut une bien autre vision qui s’offrit à lui quand la porte trembla une énième fois, tout de suite suivi d’un claquement féroce laissant place à un homme, jeune, d’une stature moyenne, fragile s’il en jugeait à la position et terriblement perdu. Tellement perdu qu’il ne prêtait attention à rien autour de lui, même pas à lui, l’homme qui aurait pu être le seul danger dans la pièce. Il y avait aussi autre chose dans sa posture. Peut-être de la peur.
Il avait quelque chose de spécial, terrifiant et intriguant à la fois. Elyas sourit légèrement, amusé plus que perturbé de la situation. Toute peur semblait avoir quitté son corps depuis quelques mois. Et le manque de peur le faisait sourire.

« Bonjour… »
Son premier appel ressembla plus ou moins à un échec. Il se racla la gorge, essayant d’attirer l’attention de son visiteur. Il lui laissa autant de temps qu’il souhaitait pour se concentrer sur lui et ses mots.
« Bien que je rechigne habituellement à accueillir quiconque ici, vous êtes le bienvenu… au moins jusqu’à la première accalmie. Asseyez-vous je vous prie, mais pas un bruit. »
Il replongea son regard vers ses documents, sans pour autant y prêter attention. Son visiteur avait quelque chose de bien plus… attrayant.


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Sujet: Re: Any port in the stormJeu 15 Juin - 12:17

Une fois de plus, les cauchemars avaient quitté la nuit. Ils s'étaient accrochés à sa peau, s'étaient collés à ses paupières, ils avaient rampé hors de son inconscient, ils s'étaient arrachés au sommeil pour se jeter dans le monde. Tout éclaboussé, qu'ils avaient ; maculé le sol où Aiden posait le pied, qu'ils avaient. Giclées d'horreur sur les trottoirs, les entrailles et les verbes qui dégoulinaient le long des rues, qui avaient poursuivi ses pas affolés à travers l'avenue. Fairhope s'était extirpée de sa tombe, créature infernale de vers et de lames, larves fétides qui lui infiltreraient les yeux et les oreilles et la bouche s'il les laissait entrer. Les mutilés, les éclatés, les cadavres et les survivants tambourinaient à la porte, il les entendait, il sentait leurs poings s'écraser juste là, contre son oreille. Il osait à peine respirer. Il osait à peine exister, tendu contre cette porte, barrière de fortune face au raz-de-marée qui s'apprêtait à se déchaîner sur lui.

Sur eux. Il y avait quelqu'un d'autre dans cette pièce. L'information lui était parvenue au milieu des mille idées paniquées qui tourbillonnaient dans son esprit. Elle était arrivée par vagues. D'abord les contours d'un corps alors qu'il se précipitait à l'intérieur, quelques signaux visuels qui s'étaient perdus dans le brouhaha causé par la foule qui le poursuivait. Puis il y avait eu un mot qui s'était aventuré dans l'air mais qui n'était pas vraiment arrivé jusqu'à lui, comme si ça avait été adressé à quelqu'un d'autre. Les deux informations se rencontrèrent quelques instants plus tard, se découvrirent enfin après avoir passé si longtemps à se chercher. Son corps, qui s'était affalé contre la porte pour l'empêcher de s'ouvrir, se raidit à nouveau, ses épaules retrouvèrent leur tension habituelle, et il se tourna soudain, ses yeux finissant par s'arrêter sur l'individu qui partageait son refuge au bout du monde. Lui aussi avait dû escalader les murs effondrés et éviter les flammes qui s'étaient répandues en ville au passage du Poète et de son troupeau de marionnettes inanimées. Elles s'étaient jetées à sa poursuite quand leur maître avait tiré les ficelles. Tout était à feu et à sang là dehors, il l'avait vu, il l'avait senti. L'odeur de chair brûlée et le visage de la libraire étalé sur les pavés. Sauf ici. La porte avait résisté à leurs assauts, et voilà qu'Aiden les avait menés à lui.

D'autres mots traversèrent la pièce, mais ils ne firent pas sens dans l'esprit du brun. Ils se dissipèrent dans l'air qui commençait déjà à manquer. S'ils ne pouvaient pénétrer leur repaire, ils n'auraient qu'à attendre que l'oxygène se raréfie, qu'il vienne à manquer et qu'ils s'asphyxient. Déjà, il semblait à Aiden que sa respiration était laborieuse. Combien de temps avaient-ils encore? Le brun restait là, immobile et imbécile, pétrifié de voir sa liste d'options diminuer, interdit de voir le calme avec lequel cet autre semblait aborder la situation. Si c'était parce qu'il avait accepté son sort, Aiden n'en savait rien, et il n'avait pas assez de temps pour se poser la question. Tout ce qu'il savait, c'était que derrière lui, derrière la porte qu'il retenait à la seule force de ses bras, une ville entière voulait sa peau, voulait y tracer des mots avec leurs fourches et leurs dents. Lui, le vampire qui n'avait pu mourir entre les mains assassines du Poète, représentait un monde auquel ils ne croyaient plus. La ville entière était tombée sous son emprise. «Depuis combien de temps êtes-vous ici?»  demanda-t-il à voix basse, son regard furetant à travers la pièce à la recherche d'une autre issue. S'ils pouvaient s'enfuir, s'ils pouvaient s'éclipser, se glisser dans les murs et les égouts et attendre qu'ils se lassent ou s'épuisent, que les ficelles cassent et que les cadavres s'empilent dans les rues. «J'espère qu'ils ne vont pas réussir à entrer. J'espère que la porte va tenir. Il faut qu'elle tienne.»

Et elle tiendrait. Il s'en assurerait. 

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