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 before I go sinking too

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Sujet: before I go sinking tooVen 26 Mai - 14:31


before i go sinking too


16 mars 2016


Jesse. Il n'aurait pas su dire ce qui l'avait poussé à attraper son téléphone à cet instant. Il n'aurait pas su dire pourquoi il avait cherché le nom de l'officier dans ses quelques contacts, sa vision déjà troublée, ses mouvements déjà lents. Il avait la bouche sèche, la langue pâteuse, et le prénom qu'il tenta de murmurer à la nuit ne réussit pas à se frayer un chemin jusqu'à la surface, mourant dans le désert. Pourtant il était calme, il était prêt. La panique aveugle qui l'avait animé, qui l'avait secoué et malmené, la terreur et l'angoisse qui avaient atteint leur paroxysme, hurlant entre les murs délabrés de son esprit, tout avait disparu. Il sentait à peine le parquet qui soutenait son corps. Il était prêt. Il savait que c'était la seule solution, mais il avait du mal à se souvenir du problème. Tout coulait autour de lui, transpercé par des écueils qui fendaient les eaux imperturbables. Il lui semblait qu'il coulait aussi. C'était peut-être seulement la sueur qui l'avait recouvert dans sa transe. Ça n'importait plus. Tout était noir autour de lui, les lumières éteintes, ce n'était qu'une nuit de plus. Il attendait le sommeil. Plus très longtemps maintenant. Il sentait ses paupières s'alourdir. Mais il avait tâtonné dans l'obscurité dans un sursaut. Il n'aurait pas su dire pourquoi. Un peu de confort, un visage familier, des souvenirs agréables. Jesse avait été un point de repère. Il n'aurait pas su dire qu'une peur nouvelle venait de naître dans son cerveau embrumé. Lui qui croyait les avoir toutes rencontrées, les avoir toutes nourries et choyées, leur offrant son toit et les laissant se repaître de ses viscères. Pourtant celle-là vagissait dans sa gorge embrasée par la sécheresse, petit poisson hors de l'eau qui se débattait furieusement contre l'air qui n'avait aucune pitié. Elle avait voulu murmurer le nom du policier mais la bouche dormait déjà, avait déjà abandonné son poste, ouverte sur des confidences qui ne viendraient jamais. Alors c'était les mains qui avaient pris le relais, pataugeant à l'aveuglette dans la fange qui les entourait. Ce n'était pas la peur de la mort, puisqu'il l'avait enfantée des années plus tôt, la jetant au monde de concert avec la peur de vivre, et les deux rivales s'étaient lancées dans un combat millénaire. Ce n'était pas la peur du Poète, et ça n'était pas non plus la peur panique qui n'avait pas d'objet et s'accrochait à la première lueur.

C'était la peur d'être seul.


Citation :
Jesse

Là, il l'avait dit. Il dut s'y reprendre plusieurs fois. Effacer et réécrire. Effacer et réécrire. Le message prenait forme sous ses yeux las, sous les paupières épuisées qui n'aspiraient qu'à se refermer et à patienter. Elles avaient trop vu. Personne ne pouvait effacer le masque, personne ne pouvait effacer l'horreur qui s'était gravée sur elles. Et si personne ne pouvait rien effacer, elles refusaient qu'on y réécrive. Le brun avait refusé, de la seule façon qu'il connaissait, de se tenir à nouveau assis sur sa chaise, les pieds liés, refusé de revivre l'horreur, l'horreur indescriptible, inexprimable qui l'avait hanté. Le Poète était remonté jusqu'à lui. Il avait fermé la librairie où il aurait dû travailler, Dieu seul savait si le cadavre d'Erika y pourrissait toujours ou s'il l'avait déplacé. S'il avait découpé le visage sympathique de la libraire pour s'en faire un masque. Un masque qu'il arborerait lorsqu'il viendrait le faucher. Qui dégoulinerait encore du sang épais et sombre, tordu en une grimace monstrueuse qui prétendrait être un sourire pour venir l'amadouer, le tromper, le duper. Le couper. Puis Tobias était mort. Bang. Bang. Peter l'avait abattu comme il allait l'abattre. Une balle dans la tête. Ou deux. Ou trois. Peut-être qu'ils travaillaient de concert, peut-être que Peter l'immobiliserait, ferait à nouveau pleuvoir les coups, et que le Poète viendrait finir le travail. Peut-être qu'ils avaient toujours travaillé ensemble. Peut-être qu'ils n'étaient qu'un. Peut-être qu'il avait voulu s'assurer qu'il ne savait rien, qu'il ne le reconnaîtrait pas, imprimant son visage déformé par les bleus et l'alcool dans l'esprit du pauvre fou qui l'avait laissé entrer. Mais il n'était plus si sûr, alors il éliminait les traces. Tobias, puis lui. Il remontait jusqu'à lui, à lui, à lui! Aiden avait tourné en rond, fauve en cage, affolé qu'on veuille scier ses barreaux et laisser le monde entrer. Affolé par le sourire dont il apercevait l'éclat, reflété par la lune, reflété par la faux qui graverait d'autres mots, d'autres vérités auxquelles il ne survivrait pas. Il avait piétiné dans son appartement, tel un troupeau de proies fuyant d'une seule foulée. Où qu'il coure, rien, rien ne suffirait jamais. Le Poète était toujours là, dans ses traces, dans ses pas, derrière lui. Toujours en avance, toujours à l'affût. Il n'y avait pas d'assez loin, il n'y avait pas de repos, pas de répit.

Il avait tourné plus vite, plus vite, plus vite autour de la table de la cuisine, la respiration écourtée, saccadée, hachée. Il n'y avait plus que du sang dans son esprit, et l'idée insupportable qu'il n'y avait pas d'issue. Où qu'il regarde, il n'y avait que la nuit opaque, il n'y avait que les murs qui le retenaient prisonnier. Que les barreaux contre lesquels il s'était trop souvent jeté dans sa fuite. Pas d'issue, pas d'issue, pas d'issue. Il ne remarqua pas les larmes sur ses joues, il ne voyait que le Poète et sa lame, il ne voyait plus que les mots qu'on arracherait à son cadavre, il ne voyait plus que la souffrance, l'horreur. Il n'y avait pas d'issue, et il avait beau s'essouffler, il avait beau tourner, tourner, tourner sur lui-même, il était pris au piège dans un dédale de cauchemars. Pris au piège dans une avalanche qui lui refusait la lumière et qui lui refusait la mort. Il n'avait rien décidé. Il n'y avait pas eu de calcul. Il s'en était à peine rendu compte. Sa tante avait dit que les pilules aideraient s'il paniquait. Elle avait dit que c'était pour ça qu'on les lui avait prescrites. Pour l'aider. Chasser les cauchemars. Chasser les masques de chair et les sourires édentés et les lames de couteau qui scindaient l'air pour s'abattre sur lui. En quelques minutes, il avait avalé tous les médicaments en sa possession, chassant toujours, toujours plus de cauchemars. Et ça n'avait pas marché, les monstres et les gargouilles dansaient toujours devant ses yeux. Le Poète qui montait les escaliers. La main qui allait bientôt tourner la poignée. La main qui l’exécuterait. La main qui graverait quoi, cette fois? Tourbillonnant dans son appartement à la recherche d'une issue, d'une échappatoire, il n'avait trouvé que quelques bouteilles, dont le liquide l'avait autrefois apaisé. Ça n'était pas vraiment un accident, il l'avait déjà fait. Il avait déjà vécu cette même panique aveugle qui l'avait conduit à travers ce même appartement, vidant les plaquettes de médicaments et les bouteilles. Mais il n'y en avait pas eu assez. Il n'y en avait pas eu assez, et un sursaut l'avait toujours arrêté à temps. Aujourd'hui, il l'avait ignoré.

Citation :
I guess we should have done something about that gun

Il était calme à présent, la panique éventrée.



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Sujet: Re: before I go sinking tooMer 14 Juin - 21:44

La patience n'avait jamais été le fort de Jesse.
Et pourtant, le métis était réputé pour son silence. Non, ce qu’il avait appris au fil des années, c’était à se taire, à ne pas faire entendre sa voix quand on s'attendait à ce qu'il réponde. Quand on le provoquait, quand on le poussait dans ses retranchements et qu’on l’épuisait. S’il répondait alors, il faisait parti de la masse débile et soudainement, son avis ne comptait plus à cause de ça. Parce qu’il avait la mauvaise couleur de peau, parce qu’il était débile, parce qu’il ne tenait pas assez droit. Alors c’était le silence.

C’était en silence que Jesse était entré dans son bureau ce jour-là, son expression ne laissant absolument pas transparaitre tout ce qui se passait dans sa tête. Une confusion sans nom qui tournait autour de cette affaire qui ne faisait que le hanter. Le métis dormait mal, se réveillant en sursaut la nuit et s’excusant quand il réveillait Adam aussi. Il allait se passer de l’eau sur le visage et il fixait pendant de longues minutes son reflet dans le miroir. Inquiet. Sans savoir qui était l’homme de l’autre côté. Plus les mois s’étiraient et moins Jesse se reconnaissait. Qui était cet homme qui était sans cesse en quête de vérité ? Qui manquait l’enterrement d’un ami simplement pour aller fouiller dans sa demeure des jours plus tard ? Qui déterrait de ses doigts avides de savoir ce qui n’aurait jamais dû être déterré ? Qui faisait mal à ceux qui comptaient pour lui et qui offrait uniquement son sourire comme lot de consolation ? Qui était cet homme ? Probablement le détective Mahoney. Et Jesse n’aimait pas cette image, il détestait ce reflet.

Alors oui, quand le Poète serait derrière les barreaux, il irait rendre son uniforme et tournerait la page. Il en avait besoin, besoin de faire ce qu’il aimait vraiment et arrêter de vivre pour les autres. Il était devenu policier parce que c’était la bonne chose à faire, pas parce qu’il en avait l’envie, le désir ou la vocation. Et tout ça lui pesait, finissait par lui dévorer les entrailles et le laissait complètement froid. Cette affaire laissait sa marque et son poison absolument partout et il détestait tellement ça… Jesse se passa les mains sur son crâne rasé, éreinté, fixant la pile de dossier d’éléments devant lui et les quelques indices rassemblés par la police de Fairhope. La question demeurait … qui pouvait rentrer chez les victimes sans éveiller les soupçons des voisins et qui pouvait continuer de le faire ? La liste de Jesse était bien maigre pour le moment : un autre policier, un facteur, une femme… Le premier point le terrifiait, de penser que le Poète se trouvait là, parmi ses collègues, il avait envie de faire confiance au département et en même temps… il n’avait aucune bonne raison de le faire. Le deuxième point… c’était simplement une question de connaitre les rues de Fairhope par coeur, de pouvoir observer quand et où passait les voitures de patrouille de police et ce, sans éveiller aucun soupçon. Et le dernier point, c’était le côté pragmatique de Jesse. Pendant toute cette affaire, on avait suspecté un homme de type caucasien de plus de la trentaine. Mais pourquoi pas une femme ? Pourquoi pas un sourire bienveillant et une silhouette à qui on avait envie de donner le bon dieu sans concession ? C’était cliché au possible, mais la liste de suspects de Jesse se réduisait de jour en jour. Et ses options également.

Le métis s’apprêtait à ajouter médecin à sa liste quand son portable, posé juste devant son bureau vibra. Il ne releva pas le regard au début mais une seconde vibration le rappela à la réalité. Jesse attrapa son téléphone sans y penser, s’attendant à voir un message d’Adam, son attention fut entièrement portée sur l’appareil quand il vit le nom d’Aiden. Et il fut sur ces deux pieds en lisant le message. Non, hurla une voix, quelque chose de désespéré à l’intérieur de Jesse, qui tapait déjà une réponse.

Citation :
Aiden. Where are you ?

Où était-il ? Clairement perdu. Trop perdu dans sa propre tête et persuadé que quelqu’un allait venir l’achever. Peter ? Autre chose ? Quelque chose de foncièrement mauvais et qui rôdait depuis trop longtemps dans les rues ? Le coeur de Jesse battait à tout rompre dans sa poitrine, son imagination lui jouant des tours, il pouvait voir le vide dans les yeux d’Aiden, il pouvait voir l’arme contre sa tempe. Il l’appelait déjà, il l’appelait déjà en poussant à la volée la porte de son bureau, il courrait déjà en attrapant ses clés. « Pick up the phone… Pick up the phone… » murmurait Jesse en ouvrant son véhicule, le moteur chauffant déjà alors qu’il n’était qu’à moitié sur son siège. Pas un de plus. Après Tobias, Aiden ? Hors de question.
Pas s’il pouvait faire quelque chose pour l’arrêter.

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