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 it's a soul's companion...

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Sujet: it's a soul's companion...Jeu 1 Juin - 21:18

It's a soul's compagnion
people feel it everywhere



late march 2016, 4:46 am

Le sommeil n’était pas une option quand son esprit ne pouvait pas se reposer. Le repos était synonyme d’ennui, d’une latence presque fatale que la blonde ne pouvait pas se permettre. Qu’elle ne voulait pas se permettre et qui l’arrachait trop souvent à son lit quand son esprit dériver et qu'elle se retrouvait à se gratter le crâne, écrasée par la fatalité. Désirée ne voulait pas penser justement, et le Poète avait été une distraction intéressante, un bon moyen de noyer son inspiration, de plonger la tête la première dans des corps étrangers et d'en ressortir couverte d’un sang épais et rouge vif. Mais toute l’hémoglobine du monde n’aurait pas pu la faire dormir, n'est-ce pas ? Désirée avait soif d’une eau qui ne coulerait plus jamais, elle avait faim d’un repas qui pouvait signifiait sa propre perte et elle s’interrogeait dans la pénombre, devant sa terrifiante page blanche qui semblait presque la narguer.

Où était-Il ? Ou était-Il ?

Savoir quand Il pouvait frapper ne l’arrangeait en rien, tout comme savoir quel genre de masque Il pouvait porter ou la voix automatisée dont Il allait se servir pour s’adresser à sa victime… cela ne l’aidait en rien, rien ne pouvait retarder l’attente, rien ne pouvait faire passer ça. Les secondes qui cliquetaient dans la pénombre et qui venaient pour elle, qui allaient la tuer elle, la poignarder encore et encore. Désirée n’en dormait pas tant cela la hantait, elle n’écrivait plus et elle se retrouva, au beau milieu de la nuit, à enfiler une perruque d’un brun affolant, lunette sur sur le visage, talons au pied. Elle préférait affronter Fairhope, elle préférait que l’air de la nuit vienne lui fouetter le visage alors que la ville morte ne lui répondait pas. La très nouvelle brune ne craignait pas le couvre-feu, les officiers de la ville ne se croyaient plus rois depuis la mort de Tobias, ce qui prouvait bien qu’il était temps de passer à autre chose. On faisait généralement ça pour une naissance mais Tobias avait servi de pont pour les deux cas.

Désirée resserra son trench coat sur sa poitrine, les yeux lourd de tout alors qu’elle remontait lentement Fairhope Avenue, l’esprit vide. Ce n’était jamais bon lorsqu’elle ne pensait à rien, le silence n’était pas son compagnon d’armes, non, pour elle c’était l’horreur, pour elle c’était le chaos, deux maitres mots avec lesquelles elle pouvait coexister et vivre. Mais l’ennui et la monotonie qui avaient planté leurs drapeaux respectifs au dessus de son crâne devaient rapidement trouver un autre endroit pour vivre ou au moins la laisser tranquille. La romancière n’avait pas l’intention d’être particulièrement d’être sage une fois qu’elle aurait retrouvé sa liberté oh que non… ce n’était pas quelque chose qu’elle savait faire. Non, le chaos avait toujours été là pour l’habiter et tous ses sourires étaient faux depuis longtemps. Depuis trop longtemps, elle ne se souvenait même plus de l’expression singulière et innocente, celle qui ne représentait rien d’autre que du bonheur, ne l’ayant plus pratiqué depuis longtemps, elle s’en était complètement défaite.

« Well oh well… » murmura Désirée, s’arrêtant devant la mairie. Ce n’était pas un hasard, non, ses pas l’avaient menée ici, c’était ici qu’elle trouverait des réponses et qu’elle se rapprocherait un peu plus du meurtrier. À pas feutrés et mesurés, mais tout de même, lui courir après ne la dérangeait pas tant que ça. Le périmètre de sécurité était en place depuis trop longtemps pour que cela veuille vraiment dire quelque chose, elle ne savait pas si la police avait trouvé quelque chose, elle fouillerait quand même jusqu’au petit matin. Trop naturellement, preuve qu’elle préparait son coup depuis des semaines, Désirée enleva ses talons et les rangea soigneusement dans son sac, ses collants bleu nuit rencontrant le bitume, elle trouva également une paire de gant de cuisine qu’elle enfila. Le plastique couina dans la nuit froide et elle eut l’audace de sourire. Sourire qui s’agrandit quand elle passa le maigre cordon de sécurité. Désirée était prête à croiser un officier de police, prête à lui sortir une histoire à dormir debout quitte à s’éviter une nuit au poste, ou alors dormir en cellule tout simplement, fermant les yeux sur sa récente découverte.

Mais qu’allait-elle découvrir justement ? Le lieu avait été scellé depuis l’agression d’Adam, elle se souvenait encore de la cohue, de la foule qui se précipitait vers le corps presque inerte du blond et ceux et celles qui voulaient à tout prix quitter cet endroit de malheur. Elle se souvenait de l’absence de ce cher Jacob Young et des explications qu’il avait ensuite dû fournir. Ça avait été un jour des plus mémorables. La romancière ne savait pas quoi chercher, arrivée à ce qui avait jadis été l’accueil, Désirée poussa un profond soupir et suivit le panneau qui indiquait la salle de conférence. Il fallait bien commencer quelque part, pas vrai ?

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Sujet: Re: it's a soul's companion...Ven 9 Juin - 18:57

Il était là.

Assis par terre, à contempler cette salle vide, à se demander ce qui avait bien pu se passer entre les murs de cette maudite mairie. Lysandre avait épluché quelques articles dans la presse, essayant de tirer de nouveaux éléments de chaque détail, tirant le vrai de ce qui était clairement romancé, désespéré à l’idée de pouvoir lire entre les lignes et ainsi se rapprocher de celui qui les menait à leur perte. Il ne lui en voulait pas. Après tout, c’était son rôle à lui, sa mission sur terre. Lysandre en avait une autre. Il devait être là, assis par terre, condamné à observer, s’allongeant pour mieux se rasseoir quelques longues minutes après. Plusieurs heures maintenant qu’il n’avait pas bougé, plusieurs jours qu’il travaillait son entrée dans ce nouveau lieu de culte, qu’il tournait autour comme un vautour affamé en priant pour que l’âme encore tiède d’Adam y soit toujours présente afin qu’il s’en délecte. Sa place était ici, coincé entre le monde des morts et celui des vivants, allongé sur le plancher pour se rapprocher de ses ancêtres, les yeux rivés vers les étoiles pour mieux se défaire de la réalité dans laquelle il étouffait depuis qu’il avait poussé son premier cri. Les choses n’étaient plus les mêmes depuis que Lysandre savait que Jacob n’aurait aucun mal ou aucune honte à salir ses mains pour lui, à les couvrir de sang pour mieux le serrer contre lui. Ce n’était plus pareil, et le monde semblait tourner d’une façon différente.

C’était sans doute pour cela que Lysandre se trouvait en ces lieux cette nuit-là ; pour s’imprégner aussi de l’esprit de Jacob, celui qui avait délaissé sa ville par un soir de septembre pour mieux envahir le corps de Lysandre, loin du cauchemar, loin de la foule qui s’était pressée contre les portes de la salle de conférence pour tenter de s’enfuir et retrouver le semblant de liberté qu’ils avaient dans les rues de Fairhope. Ils n’en avaient aucune, prisonniers dans le regard du Poète qui les épiait, tous autant qu’ils étaient. Lysandre aurait voulu l’avoir en face de lui, simplement pour lui faire savoir que son Jacob était capable de mêmes crimes, et qu’il avait enfin compris pourquoi le meurtrier s’évertuait à déchirer la chair des innocents. Le Poète avait probablement trouvé sa muse, lui aussi, et il s’amusait à découper la peau de celles et ceux qui n’étaient pas dignes de celle qu’il aimait. Un crime passionnel plus travaillé que les autres, une histoire d’amour déchirante que Lysandre était forcé d’admirer depuis son bout de plancher. Les yeux rivés sur la scène, il avait pris le temps d’y monter quelques minutes auparavant, s’asseyant à l’endroit où la table et la chaise avaient été retrouvées, où le sang avait été déversé. Il s’était agenouillé, caressant les planches comme si les traces foncées dans le bois faisaient office d’oeuvre d’art. Il s’était même penché pour respirer, sentir l’odeur de la mort qui s’était attardée ici avant de juger que le pauvre Miller devait être épargné. Il s’était rallongé, se baignant dans le souvenir qu’il ne pouvait naturellement partager avec personne puisqu’il n’était pas présent ce jour-là et qu'il avait manqué le spectacle.

Il était pourtant là aujourd’hui, se reposant dans ce sanctuaire, admirant la hauteur sous plafond, ses doigts effleurant les murs en voyant tantôt Jacob se tenir debout dans un coin de la pièce, avant d’imaginer l’odeur du sang brûlant roulant sur la table, les caméras de télévisions braquées sur la pauvre victime, les citoyens agités. Il avait même poussé un cri, confiant le son à la nuit qui l’engloutit tout aussitôt, alors qu’il cherchait à se rendre compte du vacarme que des dizaines de hurlement comme le sien aurait pu causer dans cette maudite pièce. Et puis l’heure avait tourné ; une première, puis une deuxième, le menant jusqu’au centre de la pièce, là où il reposait justement quand un grincement reconnaissable entre mille vint le déranger dans sa léthargie. Tournant la tête à vive allure, ne se relevant pas pour autant, ses yeux fixèrent la silhouette à peine éclairée par les reflets de la lune qui venait de passer les portes de la salle de conférence. Chevelure blonde, semblait-il. Une femme. Tout comme lui. Il n’en connaissait qu’une seule capable de faire le déplacement en pleine nuit. Tout comme lui. « You’re wasting your time, there’s nothing here. » Se tournant sur le dos, il ne prit même pas la peine de tirer sur sa fourrure pour cacher son torse, le sang sur ses pieds endoloris n’ayant pas encore eu le temps de sécher complètement, le tissu nettement abimé de son jean laissant sous entendre qu’il avait fait une autre étape dans la ville avant d’atterrir ici. Dans tous les cas, il était là maintenant. Il était là. Sur son territoire.

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Sujet: Re: it's a soul's companion...Jeu 20 Juil - 21:12

Que s’attendait-elle à trouver ? Sous la chaleur de la nuit, quand elle aurait dû avoir les yeux fermés, et se trouver loin d’ici. Loin d’ici à rêver, à se reposer, paisiblement sous sa couette, dans un royaume où rien ne pouvait lui arriver, où tout était meilleur. Mais la blonde n’avait jamais été de ceux qui dormaient dans le but de faire passer le temps plus vite non, la romancière ne passait pas non plus du temps à se prélasser sous ses draps en appréciant leur chaleur et leur confort singulier… Elle s’endormait seulement parce que son corps en avait besoin, ni plus ni moins. Désirée connaissait ce mensonge-là, savait que tout ce que le marchand de sable et Morphée pouvaient lui vendre n’était qu’un tissus de foutaises. Un prêt, un échange fatidique et elle devrait rendre tout ce qu’elle avait acquis au réveil… alors à quoi bon ? À quoi bon se perdre ? À quoi bon laisser son imagination libre, non, il fallait la garder sous les chaines et la faire taire à coup de fouets. Autant garder les yeux ouverts et continuer de se déplacer en pleine nuit, sous la lueur des étoiles, autant continuer de se fondre parmi les ténèbres et espérer. Espérer y trouver quelque chose. Pas quelque chose qui pouvait la sauver, mais quelque chose qui pouvait noircir les pages et apaiser son esprit pour quelques secondes. Elle ne demandait que ça, juste quelques secondes. Mais non, son geste ce soir n’était pas désespéré, Désirée n’était pas une femme qui faisait les choses au hasard, les coïncidences n’existaient pas dans son domaine et elle pouvait jouer la comédie, prétendre que les émotions du commun des mortels soulevaient son coeur … il n’en était rien.

Son esprit avait déjà élaboré un plan, savait déjà que ses pas se porteraient jusqu’ici, jusqu’à la salle de conférence, là où Adam avait été découvert. Là où le Poète s’était attardé,  peut-être que cela n’avait duré que quelques secondes, qu’il avait jeté un regard déterminé sur l’existence d’Adam, qu’il l’avait jugé et condamné dans le même temps, gravant sa sentence, juste sur sa peau. C’était la peur qui restait toujours, c’était le sang qui coulait trop facilement des veines qui ne se lavait pas… et c’était toujours les mêmes charognards qui tenaient de ronger des morceaux de chaire fraiche. Comme lui. Comme elle. Désirée marqua une pause, rangeant ses mains dans ses poches en apercevant la silhouette fine de Lysandre. Une apparition quasi-divine. À dire vrai, cela ne l’étonnait pas vraiment. Lysandre n’était qu’une ombre, il était fait pour ce genre d’environnement, fait pour se rouler dans le sang séché et fait pour y pourrir. Si parfois elle voyait un prince en le fixant, parfois elle ne voyait rien d’autre qu’une blessure joliment recouverte, et qu’est-ce qu’il était beau…. « Yeah… » Un fin sourire apparut sur le visage de la romancière. Sa présence ne changeait absolument rien. Il le savait aussi bien qu’elle, elle était prête à tout pour une pièce supplémentaire du puzzle. La vérité ne l’intéressait pas vraiment, elle vivait au dessus d’un concept tellement banal, elle voulait juste quelque chose de plus, quelque chose d’essentiel. « And that’s why you’re here darling… » Le ton moqueur avait fait place à un détachement certain, toujours présent quand elle s’adressait à … n’importe qui à dire vrai.  « ‘Cause all of this, all of that is a waste of time… » Elle déciderait ce qu’elle ferait de son temps, pas lui. Si elle avait envie de le gaspiller, de briser ce tablier géant et d’éparpiller les grains au gré du vent, elle le ferait.

Désirée ne s’attendait pas à plus de sa part, leur échange n’en serait pas un, après tout, Lysandre considérait que tout à Fairhope lui appartenait, sa présence ici ce soir devait être un affront contre lui et pas de doute qu’elle serait punie par la suite. Une perspective qui enchantait la blonde, pas de doute là dessus. « Don’t mind me, would you? » murmura Désirée avant de lui tourner le dos, inspirant profondément et tentant de rappeler à elle les souvenirs de ce jour-là. Elle s’était tenue juste là, parmi un panel d’habitants tous plus idiots les uns que les autres, à espérer que le maire aurait toutes les réponses et qu’il pourrait les rassurer un minimum. Mais il n’en était rien, c’était Adam dans toute sa splendeur qui les avait ébloui. Le bruit de ses talons sembla fendre l’air alors qu’elle osa, oui, osa monter les marches qui la séparait de la petite estrade de fortune, là où Adam avait été exposé comme jamais. Désirée aurait pu en avoir des frissons, sauf qu’elle n’était pas normalement constitué et il était débile de croire que ce genre de choses l’atteignait. Lors de la fameuse conférence, si elle avait pu, elle se serait elle-même précipité sur la scène pour jeter un regard sans équivoque sur le malheureux. Mais elle avait fait ce qui était moralement correct, un choix qu’elle regrettait à présent. La blonde finit par sortir son téléphone portable de sa poche, se servant de l’option lampe torche pour inspecter les alentours et le devant de la scène.

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Sujet: Re: it's a soul's companion...Ven 4 Aoû - 17:46

Curieux de voir où ses pas mèneraient la blonde, Lysandre n’avait pas bougé, fixé au plancher comme certains s’agrippaient désespérément aux étoiles en espérant qu’elles parviendraient à les emmener loin de ce monde. Il préférait rester là, le dos collé au bois, s’habituant à la sensation avec douceur, grattant la matière du bout des doigts, fermant les yeux l’espace d’un instant pour mieux s’imaginer sous terre, la où le monde ne pourrait plus venir l’empoisonner. Il était presque triste de se dire que la dizaine de victimes n’avaient pas eu la chance d’avoir conscience de ce qui les avaient entouré, de ce sur quoi ils avaient reposé lorsqu’on les avait enseveli ; à l’abris des regards, à l’abris de l’éclat tranchant des étoiles ou des promesses vaines de la lune. Bien au chaud, sous un manteau de terre. Lysandre attrapa un pan de sa propre veste en fourrure pour couvrir son torse, son ventre maigre, ses côtes saillantes qui prenaient soudainement l’allure de couteaux, des lames tranchantes qui rendaient chaque expiration un plus létale que la précédente. Peut-être qu’il n’existait pas ? Peut-être que la blonde s’était adressé à la nuit, à autre chose qui n’était pas tangible, qui n’était pas réel, qu’il ne pouvait pas voir ? Une main dissimulée sous la fourrure, il profita du silence pour mieux se griffer, une marque rouge suivant l’empreinte de ses doigts visiblement devenus fous, enivrés d’espoir de sentir la peau se changer en eau ou en terre. Mais il était bien là, encore vivant, et le son des talons de Désirée contre le sol ne fit que lui confirmer qu’il n’était que trop présent.

Un soupir franchit le seuil de ses lèvres, tandis qu’il tournait la tête, le cou quasiment tordu à l’extrême, cambré sur le sol de telle sorte que la jeune femme ne quitte pas son champs de vision. Celle-ci se trouvait déjà sur scène agitant son propre projecteur, se rejouant certainement tous les actes du spectacle auquel elle avait eu la chance d’assister. Lysandre n’avait pas été présent ce jour-là ; il était rarement de sorti quand les rayons du soleil pouvaient risquer de marquer sa peau. Mais au-delà de ça, il avait préféré la compagnie de Jacob, la chaleur de ses bras et de ses souffles aux cris et aux litres de sang déversés. Il était tout de même curieux de savoir ce que le public avait pu ressentir au moment où les rideaux avaient dévoilé leur secret, au moment où la foule s’était retrouvée piégée face à l’oeuvre, la réplique inscrite sur le bras de l’acteur comme pour éviter les trous de mémoire. Un acte que personne n’avait applaudi, ou certainement pas en public. La blonde revenait sûrement pour saluer la performance, avec un peu de retard. « How was it ? » Évidemment qu’il voulait des détails. Après tout, c’était humain. C’était la même folie qui poussait la foule à se précipiter autour des ambulances et des gyrophares, la même curiosité macabre qui incitait le monde à s’intéresser à tout ce qui pourrissait. « Do you think he was there ? » Il parlait suffisamment fort pour qu’elle l’entende de là où elle se trouvait, faisant de son mieux pour la perturber dans ses fouilles, trop heureux d’avoir un peu de compagnie à une heure aussi tardive.

Heureux ; ou contrarié. Lysandre n’avait jamais vraiment réussi à faire la différence, ses sourires le poussant généralement à aller arracher l’herbe fraiche d’un jardin pour mieux la voir virevolter au grès du vent, à écraser les fleurs au creux de ses paumes pour en apprécier les nuances sur sa peau diaphane. Que pouvait-il dire ? Il s’ennuyait. De ne pas être humain, d’être autre chose, de ne pas avoir d’égal, d’errer ici sans avoir d’autre choix à faire que de s’émerveiller sur tout ce que cette ville avait à lui offrir. Dans tous les cas, il n’était pas question de battre en retraite quand on s’aventurait sur ses contrées, et après avoir gratifié le silence d’un énième soupir, il se laissa rouler sur le côté, s’aidant de ses coudes pour se hisser sur ses deux pieds. Il aurait voulu ramper jusqu’à la scène, son corps ondulant sournoisement vers celle qui se tenait sous les feux de son projecteur ridicule, mais il fut contraint de faire un pas pour mieux combler l’espace entre lui et sa nouvelle camarade de jeu. « What do you think he looks like ? » La tête penchée sur le côté, il se tenait exactement à l’endroit où Désirée avait du se tenir avant lui le jour où tout était arrivé, ne prenant pas la peine de la rejoindre sur les hauteurs. Il avait eu le temps d’apprécier la vue avant l’arrivée de l’intruse. « He’s probably tall. Very tall. » C’était forcément un atout dont le tueur avait besoin. « With broad shoulders and a deep voice. He must be scary. » Lysandre haussa distraitement les épaules, peu convaincu par son propre discours. « Or maybe he’s lonely. » Le ricanement suivant fut teinté de pitié. Non, c’était autre chose qui animait le Poète ; leur Poète. Le menton posé sur le revers de ses mains, ses paumes contre les planches de la scène, il observait, pensif. La blonde serait donc sa distraction ce soir. « Do you think he left something behind ? » Est-ce qu’il était réel ? Sa voix semblait lointaine.

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Sujet: Re: it's a soul's companion...Ven 20 Oct - 0:57

Désirée n’était pas là pour la réalité. Elle n’était pas là pour collecter les faits ou élucider le mystère qu’était le Poète pour la petite ville de Fairhope... non. Ce qui rodait dans les rues, ce qui empêchait les gens de dormir la nuit, de faire confiance à leurs voisins comme avant… Elle s’en fichait. Ce n’était que des trottoirs, que des pâtés de maisons et que des abrutis finis pour elle. Mais dans tout ça, dans tout ce bordel immense qu’était la vie de manière générale, ce serial killer avait su s’élever au dessus de toute la masse, juste au dessus de la fourmilière. Juste assez pour réussir à murmurer quelque chose à l’oreille de la romancière, quelque chose de différent, quelque chose qu’elle n’avait jamais entendu auparavant, quelque chose de dérangeant, qui réussissait à résonner avec ses propres démons intérieurs et qui la poussait à continuer. Elle n’allait jamais l’admettre à voix haute, mais avant Fairhope, avant qu’elle ne pose ses valises ici, le futur n’avait vraiment aucun intérêt pour elle, juste un champ de vaste possibilités, qui était uniquement là pour l’étouffer… À quoi bon vraiment, à quoi bon…

Mais les meurtres, les quelques lignes écrits sur les cadavres avait réveillé quelque chose en elle, quelque chose qui aurait dû être profondément endormi et qui ne voulait pas se taire à présent. Et c’était une bonne sensation, se sentir vivante n’était pas un luxe qu’elle se permettait facilement, surtout pas comme ça, surtout pas en présence des autres. Et tout était bon pour conserver ce sentiment, comme se trouver ici ce soir. La présence de Lysandre ne faisait que lui confirmer que tout ça n’était pas réel, elle fit quelques pas sur la scène, observant les planches et répondant de manière distraite. «  … Lysandre my dear, you sound like a cop, they are probably out looking for something you are describing at this very second, while we are here… » Sa théorie bien que charmante sonnait fausse aux oreilles de la romancière. Si tous les meurtriers et toutes les autres vermines de ce monde avaient des allures de monstres alors plus personne n’aurait rien à craindre pas vrai ? Non, c’était la normalité, la banalité qui effrayait les gens, le Poète devait être quelqu'un que beaucoup d’habitants devaient connaitre, qu’il fréquentait depuis des années même. Sans se douter de rien, sans se douter de l’affreuse vérité qui leur pendait au nez.


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