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 Murder, other than in the most strict forensic sense, is never soluble.

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bad blood - we live here

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Sujet: Murder, other than in the most strict forensic sense, is never soluble. Ven 9 Juin - 11:34

Le cinéma l'avait compris, les comics l'avaient compris : on ne pouvait pas parler de Jack sans Victoria, ombre du complot ou pas. Pourquoi? Parce que la politique jouait toujours un rôle dans des meurtres en série. Le tueur s'appliquait à recréer le monde de ses fantasmes, comment pourrait-il réussir sans la figure d'un dirigeant aimé ou haï? Les politiques savaient orienter les haines et les peurs, les politiques parlaient également des tueurs et inversement. Deux monstres difformes, distincts, se disputant le même os à ronger. Ils rongeaient différemment, voilà tout...

Il y avait un autre point commun entre le Poète et la gent politique en général, mais ce détail Morten préférait le garder pour lui : tous, ils aimaient déformer des citations littéraires en les appliquant à un contexte par trop étranger.

Bien sûr, une telle chose ne serait pas marquée dans son ouvrage, pas même les brouillons. C'était trop commun, trop...vulgaire. Morten appréciait l'implicite, les zones d'ombres. Seuls les journalistes donnaient aux mots une trop grande puissance, le pouvoir d'expliquer et surexpliquer à la fois. Les journalistes et les mauvais écrivains...
Ironique, qu'un auteur comme D. Cravy puisse donner plus de puissances à ces mots par les silences entre les pages, qu'un quelconque lauréat de prix littéraire, d'ailleurs. Enfin, le bon goût n'était pas quelque chose de très répandu en Amérique.
Voilà, ses pensées prenaient des chemins tortueux, il avait voulu un parallèle putassier avec Jack pour mieux saisir le fil de ses pensées, au lieu de cela Morten pensait à la lecture, à ses loisirs. La faute aux trois heures de sommeil, au café qu'il regrettait de ne pas avoir bu, à la correction en retard des travaux de ses étudiants...
La faute à lui-même aussi, mais bon.

Jacob Young, ça faisait combien de temps déjà, New York? Morten se souvenait d'un dîner pour un gala où ils se trouvaient tous deux...sans doute le meilleur homard de sa vie. Il ne se souvenait que du homard à vrai dire, après il y avait eu du champagne, trop de champagne, une femme dans les toilettes -enfin il se souvenait vaguement d'une mais ils avaient peut être fait cela à trois quand même- et enfin un tacos à cinq heures du matin pour faire disparaître la sensation d'ivresse, dans un boui boui minable avec son costume hors de prix sur le dos.
Le bon vieux temps...avait-il seulement déjà eu une conversation en tête à tête avec Jacob? Bien sûr il lui avait envoyé quelques lettres avant de s'installer ici, pour présenter son travail autant que pour se présengter lui-même aussi. Morten ne voulait pas être qu'un nom sur un livre à venir, mais également un habitant de Fairhope au moins un peu.

Avec un soupir, l'homme s'extirpa de son fauteuil. Il avait envie d'un café tout autant qu'il avait envie de dormir. L'histoire de sa vie, depuis quelques mois... Hier soir, Eva avait eu une jolie voix, une voix qui sentait les fleurs et le printemps, et cela l'avait rendu heureux. Est-ce que c'était bien? Morten s'en fichait, les convenances n'étaient qu'un jeu parmi tant d'autres. Il avait entendu le soleil dans la voix d'une femme en deuil, cela lui suffisait.
Bon dieu il pouvait pas se concentrer sur Jacob plus de deux secondes?!  Apparemment non, de toutes manières le mieux était encore pour Morten de parler à l'intéressé.
Cela ne pouvait faire de mal à personne, dans le sens où personne n'aurait un bras ou une jambe arraché. Psychologiquement, cela était une autre histoire, enfin il suffisait d'avoir des critères peu exigeants et cela passerait.
Un peu.

En réalité, les choses se passaient toujours mal avec Morten, et à présent qu'il représentait le pendant maléfique de quelque chose -quelqu'un- qui n'existait plus... Etait-ce son propre deuil qui lui faisait être si froid par rapport aux actes du Poète, ou son caractère même en était-il la cause de nature?
L'objectivité était un atout dans sa branche, Comprendre les réactions des uns et des autres, celles qui menaient à des événements, d'autres à des impasses, mais ne pas les éprouver. Jamais.
D'un seul coup, l'homme sentit le volant de son véhicule entr eses mains: quand y avait-il pris place? Il y a encore un instant, Morten se revoyait s'extirpant avec peine de son fauteuil de bureau, là, à l'université...
Des absences ou des rêveries? Il devait dormi impérativement, mais est-ce qu'Eva comprendrait? Et puis il avait soif de l'entendre comme d'une drogue.
Le moteur tourna, Morten commença à rouler les fenêtres ouvertes. L'air frais lui permit de se concentrer un peu, il avait cependant oublié où se trouvaient les locaux provisoires de la mairie et aucun des maigres passants qu'il interrogea ne pu le renseigner. Ne pu ou ne voulu...
Finalement, l'homme trouva à se garer et, contre un billet, réussi à avoir l'info voulu par un gamin.
Petit merdeux...

Il frappa bien sûr, personne ne lui répondit. Alors, Morten prit la peine d'entrer, d'appeler.

Monsieur Young? C'est Morten Nielsen, le professeur... vous avez le temps pour un café ou quelque chose de plus fort? On mérite bien ça, dans cette ville.

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Sujet: Re: Murder, other than in the most strict forensic sense, is never soluble. Mer 14 Juin - 21:33

Il y a quelque chose de pourri dans l’air et je ne sais pas encore quoi. Ou alors si, c’est moi qui sens déjà la brise qui soulève la puanteur dégagée par tous les cadavres que nous allons bientôt retrouver. Mon coeur est léger depuis ma dernière conversation avec Arthur et j’ai de moins en moins de mal à passer les locaux de la mairie provisoire et trouver quelque chose à faire pour mes adjoints. Non seulement je leur ai trouvé un nouveau chef de la police en la personne d’Arthur, mais en plus je propose que nous concentrions tous nos efforts sur la faculté de la ville et sur notre brillante jeunesse. Celle qui pourra partir d’ici et ne pas rester là quand Arthur et moi nous allons déchainer des forces que nous ne contrôlons pas. Que les choses soient bien claires : aucune vie humaine n’a de valeur. Sacrifier quelqu’un pour mettre fin au chaos ambiant ne me fait ni chaud ni froid. Que je passe pour un connard auprès d’un quelconque lecteur avisé, je n’en ai que faire, je m’en fiche à vrai dire. Je veux que le silence revienne sur ma ville, sur celle de Lysandre, pour pouvoir de nouveau me prélasser dans le néant et apprécier sa compagnie. Quoi que le blond m’a dit quel prix je devais payer pour pouvoir le vénérer, lui aussi désire que je verse du sang en son nom. Eh bien… je le ferai. En temps et en heure.

Mais aujourd’hui, il me faut encore jouer les marionnettes et orchestrer un spectacle élaboré pour masquer l’horreur qui se trame en coulisse. J’accueille quelques doyens de l’université dans mon maigre bureau, afin que ces derniers m’exposent leurs problèmes et me disent comment je peux y remédier. Je ne suis que le maire de la ville mais certains aiment juste se plaindre, ils ont besoin d’une oreille compatissante et c’est tout. Pas besoin de leur offrir une solution, et si en plus, quelques journalistes me voient en compagnie de ces chers messieurs les intellectuels ma côte de popularité pourra peut-être remonter. Hmmm... Pas depuis la mort de Tobias. Et pas comme si je m’en souciais. J'ai préféré ne pas commenter, laissant le champ libre à Arthur, lui, il a la police et tous ses moyens, moi je me contente de faire front avec mon petit bureau de maire et ma maigre couronne. Oh mais cette ville est folle, cette ville danse toujours au son d’un maitre invisible et personne ne dit rien. Fairhope me déçoit presque parfois… presque. Presque.

Il est midi quand on tape à ma porte, ma secrétaire ? Sûrement, je ne relève pas les yeux de mes notes, m'attendant à ce qu'elle rentre. Quand personne ne fait apparition je vais ouvrir. Un fin sourire se dessine sur mes lèvres. « Nielsen… et moi qui pensais que jamais tu ne viendrais par ici. » Un demi-mensonge, une demi-vérité pour un autre loup, pour cette autre âme qui avait peut-être assez intelligence pour me comprendre. Peut-être. « Il me faut quelque chose de définitivement plus fort qu’un café. » Je déclare tout simplement. J’attrape ma veste avant de le guider vers la sortie, une main sur son épaule. « Comment ça va depuis New York ? » Cette vie-là me semble tellement loin, tellement loin que si on devait la rejouer, la scène serait probablement en noir et blanc, lui et moi beaucoup plus jeunes. J’ai reçu ses lettres, je les ai rangé dans un coin de mon esprit, pas certain de savoir quoi répondre. La ville n’avait pas besoin d’un fouineur de plus, mais… je préfère l’avoir près de moi et me tenir informé; s’il met vraiment le nez dans quelque chose… il sera facile de tout étouffer dans l’oeuf et de tout arrêter. Et pourtant, mon sourire se veut sincère et bienveillant. « J’ai lu tes lettres et il me semble que tu es ici pour un motif bien moins noble qu’un simple homard… je me trompe ? Allez viens sortons d’ici. »

Nous quittons les bureaux bondés pour être accueilli par Fairhope, je connais les rues par coeur alors bien évidemment, j’évite celle qui sont trop bondées pour qu’on se dirige vers le seul endroit de Beach Road qui acceptera de servir de l’alcool au maire de la ville à cette heure-ci. « Faut que je te prévienne, tu ne vas pas te faire que des amis avec le livre que tu essayes d’écrire… ne t’étonne pas si tu vois la police sur ton perron… mais ce n’est rien de personnel ne t’inquiète pas. » Ma phrase est teintée d’une hypocrisie à peine voilée, le genre d’hypocrisie qu’un café et un bon repas peuvent noyer. Après tout… il n’est jamais bon de négocier l’estomac vide. Nous arrivons à l’hôtel qui se veut également restaurant et je lui ouvre la porte. « Oh après toi… c’est toi le petit nouveau. »

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Sujet: Re: Murder, other than in the most strict forensic sense, is never soluble. Sam 17 Juin - 16:37

La bonne humeur d'un avocat, encore une chose sans valeur...C'était comme ses sourires à lui, Morten, un simple échange de bons procédés. L'un comme l'autre, ils ne mettaient plus de sentiments derrières depuis longtemps. Parfois, il fallait cela pour évoluer: des coeurs de pierre obnubilés par d'autres questions que la simple humanité. Pour Morten, son jumeau avait toujours eu assez d'amour pour deux, une fausse excuse pour se permettre d'être un salaud, une excuse qui ne marchait plus aujourd'hui. Morten continuait pourtant.
Au vouvoiement respectueux, Jacob préféra le tutoiement. Morten n'y voyait pas une complicité offerte, pas avec quelqu'un dont le métier avait été de maîtriser la parole à la perfection comme Young. Il n'y vit pas plus un motif de vexation, les jeux de langages, les subtilités, cela faisait partie de la vie, les manipulations aussi, cela était simplement un moyen de prendre l'ascendant sur la conversation, de décider du ton donné.

Il est un peu trop tard dans ma vie pour espérer me faire des amis, Jacob.

Petit sourire en coin, lueur dans les yeux (chaleur?), Morten répondait par un léger revers en s'emparant du simple prénom, là où le maire s'était contenté du nom, du pronom. Un mouvement prévisible, un échange de bons procédés, rien de plus. Il n'y avait pas de haine en lui, aussi étrange que cela puisse paraître. Des sentiments négatifs, une notion étrange du respect, mais pas de haine....

La police peut venir, je suis prêt à collaborer, mon travail est sérieux. Qui plus est, pa publication n'aura de valeur qu'après l'arrestation du Poet ou bien après notre mort à tous, comme un témoignage posthume d'une époque, là où des yeux étranges et objectifs auront peut-être de quoi nous juger nous, nos allégations et nos erreurs...

Il y avait de la tendresse dans la voix du professeur, de l'amusement aussi. Bien sûr, Morten ne s'attendait pas à ce que Jacob approuve ou partage son engouement, il n'était pas journaliste choisissant d'écrire pour la populace et de parler au plus grand nombre possible, son oeuvre au contraire s'adressait à un public choisi possédant déjà des clés de langage pour le comprendre. Non pas qu'il fallait être plus intelligent que la moyenne, simplement s'intéresser au sujet et posséder quelques bases au métier d'historien pour saisir la nature des recherches effectuées, les tenants, les aboutissants, les buts fantasmés, ceux plus réels finalement trouvés...

Enfin cela m'arrangerait de publier et vendre rapidement je t'avoue, j'ai une famille à faire vivre maintenant...

Eva là bas, à quelques heures de lui, son ventre rond, le grand lit vide dans lequel elle se forçait à dormir. Elle y faisait des cauchemars, de beaux rêves aussi. Des rêves où c'était lui qui mourrait, pas Niels. Morten comprenait, l'encourageait à les lui raconter. Au début elle terminait toujours en larmes, se traitant de monstres, pour le professeur cela avait été dur de trouver les bons mots, de la convaincre qu'il n'était pas vexé.
Dans le restaurant, il entra le premier. Inutile de refuser, inutile de ruer dans les brancards, l'énergie était une chose subtile à ne pas gaspiller en de vains efforts. Redoutable quand il le fallait, Morten était homme à choisir ses batailles.

Un serveur vint à leur rencontre, leur indiqua à une table d'un sourire aussi froid que professionnel. Il déposa sa veste sur le dossier de son siège, prit le temps de s'y asseoir, l'esprit ici et ailleurs tout à la fois. Autour d'eux, quelques murmures de conversations, des bruits qu'il ne prenait pas la peine de comprendre ou d'écouter.

J'ai pu travailler un peu sur l'histoire de la ville, déjà, avec ce que les archives rendent accessibles au public. Toi, en tant que personne, si le Poet n'avait pas existé, quel aurait été pour toi l'acte le plus abominable ayant eu lieu ici? C'est cela qui m'intéresse....

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