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 I was lost now I am found

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bad blood - fonda & admin

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◆ Manuscrits : 285
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Sujet: I was lost now I am foundVen 9 Juin - 20:24

I was lost now I am found



fin mars 2016

Impossible de manquer tous les cartons empilés aux quatre coins de l’appartement, dans la chambre de Micha ou bien celle de Louise, dans le salon et la cuisine. Chaque verre, précieusement enveloppé dans du papier bulle ou du journal pour ne pas que le déménagement les brise. Chaque vêtement repassé avant d’être soigneusement plié puis rangé dans une valise ou un autre carton. Chaque jouet rangé dans son emballage d’origine pour ne pas que le trajet les abime et que Louise soit obligée de se débarrasser de certains d’entre eux en arrivant. Chaque pinceau glissé dans une trousse ou une pochette bariolée, chaque crayon rangé par couleur pour que le nuancier reste intact. Chaque peluche coincée entre les bras d’une autre pour ne pas que la solitude ne les atteigne pendant qu’on les chargeait dans une voiture ou un camion une fois que le jour fatidique serait arrivé. Même Louise avait pris l’habitude d’organiser chacune de ses affaires comme sa mère le lui avait montré, prenant ce nouveau jeu très à coeur, n’en saisissant pas vraiment le but, jusqu’à ce que la nuit tombe et que la mélancolie ne regagne leur demeure. La petite se mettait alors à pleurer, priant sa mère de ne pas partir, de ne pas quitter la ville, lui promettant d’être sage, polie et bien élevée si elles restaient ici. Oui, Micha avait pris soin de tout trier, emballer, ranger.

Et son coeur dans tout ça ?

Elle n’y avait pas songé, pas même une seule seconde. Elle avait continué sa routine en se disant qu’il fallait bien se faire une raison. Micha avait bien eu une longue discussion avec Willow pourtant, mais cela n’avait pas changé grand chose. Le parrain de Louise avait également été prévenu, mais il était trop habitué à perdre tous ceux qui avaient un tant soit peu d’importance dans sa vie, alors il n’avait rien répondu, se contentant d’un hochement tête, disant déjà adieu à Louise dans une dernière étreinte qu’il savait éternelle. La rousse s’était préparé à tout ; au nouvel appartement qu’elle avait trouvé dans un autre État, loin de l’Alabama et de ses meurtres. À l’école où Louise allait devoir se rendre chaque jour, au petit quartier tranquille. Aux cours qu’elle allait reprendre à la fac pour enfin s’orienter vers une filière qui l’avait toujours intéressée et passionnée. Maintenant que Louise était suffisamment grande et qu’elle pouvait se permettre d’occuper ses journées à autre chose que nourrir, changer et sortir la petite, elle envisageait enfin un avenir digne de ce nom pour elle et sa fille. Elle serait infirmière, peut-être même qu’elle se spécialiserait si elle en avait le courage. Pour l’heure, elle s’était préparée à devoir acheter des cahiers, des stylos, des trieurs, des livres par centaine afin de ne pas se louper, consciente qu’elle allait devoir crouler sous les dettes avant de finir par rembourser ses prêts une fois qu’elle serait enfin en poste dans un hôpital ou ailleurs. Elle s’était préparée pour tout, chaque détail, chaque objet, chaque instant qui allait suivre.

Mais son coeur était loin d’être prêt.

Surtout depuis tout ce qui s’était passé au cinéma, la main de Jonathan sur sa hanche, sur sa joue, revenant la hanter même en pleine nuit. Elle le cherchait dans l’appartement, dans ses draps ; dans sa vie. Mais elle ne le trouvait qu’à l’autre bout du couloir, et elle était obligée de se blottir contre lui sans aucune raison, lui expliquant qu’elle n’arrivait plus à respirer, qu’elle avait peur pour elle, qu’elle avait peur pour Louise, qu’elle craignant qu’il disparaisse. Micha lui racontait ce rêve invraisemblable qu’elle faisait presque toutes les nuits ou la foule s’emparait d’elle, ou la foule les séparait, et qu’elle se retrouvait tellement loin qu’elle ne parvenait plus à le voir, à savoir où il se trouvait, ni où Louise était. Dans la rue, quand les passants grouillaient autour d’eux en centre ville, sur la plage entre les rayons de soleil que le printemps leur offrait, elle se sentait obligée de venir saisir la main de Jonathan, seule ancre qu’elle avait trouvé au milieu de cette océan de tristesse et de misère. La jeune maman avait alors mis un point d’honneur à s’occuper d’elle, à s’occuper de Louise, et elle en avait oublié les cartons et la date butoir qui se rapprochait dangereusement, qui allait bientôt la condamner à l’exil. Jusqu’à ce que la vérité ne la rattrape, qu’elle vienne toquer à sa porte quelques jours avant le départ prévu pour faire l’état des lieux, tandis que les déménageurs venaient noter la taille et le poids des meubles qu’ils allaient devoir transporter. Micha n’avait pas osé dire le moindre mot, laissant tout ce monde prendre possession de son salon ; son salon qui ne serait bientôt plus à elle. Une fois tous ces inconnus partis, elle ne referma pas la porte, prise de panique, saisissant son téléphone portable pour vérifier l’heure qu’il était. Trop tôt dans l’après-midi pour que Jonathan soit déjà rentré. Pas encore assez tard pour aller chercher Louise à l’école.

« I… It’s me… I think I screwed up. » Ses doigts avaient composé le numéro machinalement, et sa main avait placé le combiné près de son oreille sans qu’elle ne s’en rende compte. « I forgot I had to move… But I don’t want to move anymore now, I don’t, I want to stay with you and… Louise doesn’t want to move either but with what happened at the cinema I forgot it was this soon and… » Elle était perdue, tournant en rond dans son appartement rendu minuscule par tous les cartons empilés ça et là. « I’m supposed to leave in a few days I just… I don’t want to Jonathan… I can't. » La panique reprenait le dessus, mais sa main ne trouvait plus la sienne pour s’apaiser.

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Sujet: Re: I was lost now I am foundMer 12 Juil - 16:11

Le temps était passé.

Ce n’était pas un fait qui étonnait particulièrement Jonathan, car après tout, le temps finissait toujours pas passer, d’une façon ou d’une autre, qu’on soit préparé ou non, tout finissait toujours par s’effacer, pour se reconstruire, afin que tout puisse recommencer et tout se reconstruire. Encore et encore. Et de la même façon, le mois de mars tirait sur sa fin, la période des examens était finie, le silence quasiment religieux qui régnait sur le campus de Fairhope avait fait place à quelque chose de beaucoup plus chaotique tandis que les élèves reprenaient leurs fidèles macbook entre leurs mains et se plaçaient de nouveau devant lui. Et ce n’était certainement pas le professeur Rowling qui allait s’en plaindre. Jonathan restait avant tout une créature d’habitudes et la routine ne l’avait jamais effrayé outre que mesure, il se voyait souvent avec des cheveux gris, en train d’effectuer les mêmes gestes, et content d’en retirer le même petit plaisir à chaque fois, ni plus ni moins.

Le brun avait été surpris de constater que son cours avait gagné en popularité, l’amphithéâtre était deux fois plus rempli que d’ordinaire, certains élèves contraints de s’asseoir sur le sol à seulement un mètre de Jonathan. Il s’était fait une note mentale pour en parler à son père, après tout il fallait bien qu’avoir un père doyen ait quelques avantages, et il avait poursuivi son cours, de la craie sur les mains et remettant sans cesse ses lunettes sur le visage. De l’extérieur, Jonathan paraissait calme et serein, après tout parler à une foule d’un sujet qui lui tenait particulièrement à coeur était un domaine dans lequel il excellait, mais en dehors du campus qu’il arpentait depuis qu’il était en âge de marcher… Jonathan n’était pas aussi sûr. Il n’était plus sûr de rien depuis l’incident du cinéma, depuis qu’il avait vu ce que Fairhope avait de pire à offrir. Sa mère s’était efforcée de le rassurer mais même elle ne pouvait pas mentir à ce point-là et tous les deux savaient que ce n’était qu’une question de temps avant que quelque chose de catastrophique n’arrive. La mort de Tobias Clyne avait confirmé leurs dires et Jonathan s’était refusé à lire le journal ce matin-là, se maudissant intérieurement d’avoir eu raison. Parfois… Parfois il rêvait de traverser le couloir qui le séparait de Micha, de saisir sa main, de prendre Louise dans ses bras et de rouler loin de Fairhope. Loin cette petite ville qu’ils affectionnaient tant, loin de tous les sourires qu’ils avaient eu et loin de toutes les disputes et les regrets qui trainaient encore dans l’air. Loin de tout ça. Jonathan aurait aimé avoir ce courage-là, tout ce qu’il pouvait faire pour le moment c’était serrer la main de Micha quand elle venait rencontrer la sienne et serrer la jeune mère dans ses bras en espérant que cette dernière y reste un peu plus longtemps, et qu'elle reste tout contre lui.

Ils n’en parlaient pas. Ils étaient les champions de la diversion et pendant les longs silences, ils n’en parlaient pas. Jonathan ne savait pas combien de temps il pourrait supporter cette situation, prétendre que tout allait bien, qu’il s’agissait juste de son ami Micha, qu’il n’était pas amoureux et qu’un mot d’elle ne signifiait pas tout pour lui. C’était… fatiguant. Il n’y avait pas d’autres mots pour cela. Une fatigue dont il ne se lassait pas pour être honnête, car ne pas avoir Micha dans sa vie était une toute autre douleur, qu’il prétendait pouvoir supporter mais qui le tuait également à petit feu et cela, qu’il veuille l’admettre ou pas. Mais ils n’en parlaient pas. Aussi, comme tous les jours, Jonathan termina son cours, s’apprêta à passer au suivant selon la même routine à laquelle il était habituée. Il ne s’attendait certainement pas à ce que son téléphone portable vibre au moment où il se penchait vers son sac. Les sourires de Louise et Micha venaient d’apparaitre sur l’écran et le brun n’hésita pas une seule seconde à décrocher. Il n’était pas prêt, pas prêt pour la vitesse du discours de Micha ou ce qu’elle était en train de lui dire. « Micha just breathe… » commença lentement Jonathan, pressant le téléphone contre son oreille avec insistance. Il observa les derniers étudiants sortir de la salle de cours avant de s’autoriser à penser. À vraiment réfléchir à ce que Micha était en train de lui dire. Il pouvait voir sans aucun problème l’air paniqué de la rousse, il le connaissait par coeur. Il lui avait déjà été adressé. Mais oui, le déménagement, son déménagement, il n’y avait plus pensé, il aurait dû, il aurait dû y songer, mais lui, Micha et Louise vivaient dans une bulle depuis trop longtemps et il avait été facile d’oublier l’extérieur.

« Look. There’s always a way, we can find a way. » dit le brun, se passant une main dans les cheveux. « You’ve already packed everything and my flat is too small anyway and I could take care of Louise some more, and you could rest a bit and find another job or keep this one… I have some money saved, and Louise already love her school so… You guys could just stay, it would be easier for you and…  » Tout ce que Jonathan disait était logique, tellement logique qu’il n’arrêta pas les prochains mots qui quittèrent ses lèvres. « …We could look at houses together. »

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Sujet: Re: I was lost now I am foundMar 25 Juil - 21:59

Son genou gauche s’était mis à trembler peu de temps avant l’autre, mais elle avait rapidement compris le message, et elle n’avait pas attendu davantage avant d’apaiser ses jambes qui ne la soutenaient déjà plus. Se laissant lentement glisser contre le mur, elle avait trouvé le sol avec une facilité déconcertante, sa paume libre à plat contre le parquet du salon tandis qu’elle essayait de reprendre son souffle, qu’elle se concentrait sur les mots que Jonathan prononçait à l’autre bout du fil. Respirer, voilà qui était un bon conseil, un conseil fort utile alors qu’il lui semblait que son coeur et ses poumons avaient décidé de fermer boutique et d’arrêter de fonctionner. Une inspiration après l’autre, elle essayait de rassurer son esprit à la dérive, qui se noyait certainement dans tout ce qu’elle n’avait pas prévu, ou qu’elle n’avait pas eu le temps de prévoir. Revenir en arrière ? Elle aurait pu faire les choses différemment et se réveiller au bon moment, pas quand la situation était critique et qu’elle allait se retrouver à la rue avec sa petite fille de trois ans. Mais à quoi bon se torturer, ça ne l’aiderait certainement pas à se relever et à y voir plus clair dans toute cette histoire. Il aurait fallu qu’elle songe à tout ceci avant, mais il fallait bien qu’elle apprenne de ses erreurs ; celle-ci était tout de même particulièrement stressante, presque à la hauteur de son unique grossesse qui lui avait valu bien des tourments dans les premiers temps.

Elle s’en voulait. Elle s’en voulait presque de lui laisser gérer le problème, de décharger toutes ses inquiétudes et toutes ses craintes dans le seul but d’apaiser ses épaules fragiles, en espérant que celles de Jonathan seraient plus robustes, qu’il parviendrait à les porter. Peut-être que c’était égoïste et un tantinet maladroit, mais elle ne savait pas quoi faire, et ils n’avaient jamais vraiment tenu de cahier des charges depuis leur rencontre ; elle l’avait sauvé autant de fois qu’il lui avait tendu la main, il n’y en avait pas un sur qui tout reposait. À part à cet instant, évidemment. Peut-être qu’elle voulait voir de quoi il était fait, qu’elle voulait s’assurer qu’il pourrait tenir la route quand elle l’appellerait au beau milieu de l’après-midi alors que l’école primaire l’aurait convoquée pour une raison ou pour une autre. Peut-être qu’elle ne parlait plus à l’ami mais bien au père, celui qui était là pour Louise, qui l’aidait à se coiffer ou qui lui préparait son goûter préféré, qui faisait semblant de se régaler en dégustant les plats imaginaires que l’enfant lui préparait. C’était forcément inconscient, Micha n’avait pas le coeur à ça, et sa tête était ailleurs. Dans les cartons, dans le déménagement, dans toutes les affaires qu’elle allait devoir sacrifier s’ils ne trouvaient pas une solution rapide qui lui éviterait d’aller toquer à la porte d’un refuge. Et si on la jugeait incompétente à élever sa fille ? Et si on lui retirait la garde de Louise, qu’on l’empêchait de la voir, sous prétexte qu’elle n’avait pas été à la hauteur et qu’elle les avait conduites à leur perte ?

Respirer. Voilà ce que Jonathan avait dit, et il ne fallait pas qu’elle l’oublie, rangeant les pires pensées dans un coin pour mieux se concentrer sur ce que le brun lui confiait. Elle avait simplement retenu que l’appartement de Jonathan était trop petit, qu’elle pouvait changer de boulot ou garder l’ancien, et qu’elles pouvaient rester. Elle avait failli l’interrompre, et puis la suite avait fini de l’achever, la clouant presque sur place, lui arrachant le peu de souffle qui lui restait. « But I… Jonathan, you don’t understand. Someone else will be moving in in my flat in a few days, it’s not like I could stay here any longer. And where am I going to put my stuff if we can’t put it in your flat ? » Non, elle avait dit qu’elle se concentrait sur le côté positif des choses, pas question de laisser les angoisses ressurgir maintenant. Jonathan venait de lui dire, et elle buvait ses promesses ; ils allaient trouver un moyen, ils allaient forcément en trouver un. « Could I leave everything at your mom’s while we’re staying with you? I can take the couch with Louise, I don’t mind I… » Respirer, et surtout se convaincre que tout allait vite rentrer dans l’ordre. Que tout ceci ne serait bientôt plus que de l’histoire ancienne. « It would just be for the time being, while we’re looking at houses. » Est-ce qu’ils en avaient seulement les moyens ? « Wait, are you sure we can afford that ? » Respirer ; cela lui paraissait bien difficile à présent. « Anyway, as long as we’re together. The three of us. Then we’ll be fine. Right ? »

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Sujet: Re: I was lost now I am foundSam 12 Aoû - 14:43

Est-ce qu'ils étaient vraiment en train de planifier leur futur ensemble ? Le brun avait du mal à se dire que cette conversation avait lieu, au téléphone qui plus est. Surtout après tout ce qui s'était passé entre eux depuis le retour du brun en ville. Mais ce n'était pas Jonathan qui allait les ramener à la réalité, pas aujourd'hui du moins. Car après tout, Micha était la raison pour laquelle il avait remis les pieds dans sa ville natale, il avait été inquiet et avait voulu se rapprocher de Micha, celle qui avait toujours fait partie de sa famille et de sa vie. Ne pas la voir ou lui parler tous les jours avait été tellement bizarre quand il avait emménagé des états plus loin, une valise sous le bras, nerveux dans sa petite chambre universitaire. Il s'y était fait, bien malgré lui, mais le fait était que Micha était une partie importante de sa vie, Micha et Louise d'ailleurs. La petite s'était jointe avec un naturel déconcertant à la vie de Jonathan, il n'imaginait pas Micha autrement qu'avec Louise qui lui tirait sur la main pour accaparer toute son attention ou lui demander où est-ce qu'elle avait rangé son joué préféré. Était-ce si mal que ça si Jonathan avait envie de se faire une petite place dans la vie des deux rousses et de les aider, de les serrer contre lui et d'être celui qui les faisait sourire ? Il avait bien conscience que cela n'effacerait absolument pas les années d'absence mais... c'était un bon début selon lui.

Et il ne cherchait plus à se racheter, il avait compris depuis longtemps qu'il était impossible de retourner en arrière, il n'était plus question de faire marcher arrière désormais, mais bien de construire quelque chose avec Micha et avec Louise. Aussi, il se retrouva à hocher la tête à tout ce que Micha disait, ça paraissait tellement simple comme ça, ils allaient vivre ensemble, et élever Louise ... et ensuite ? « My parents have a garage and I'm pretty sure they won't mind, they have space, so they can keep your stuff for a while » Jonathan enchaina rapidement, souhaitant couper court aux doutes de Micha. L'argent n'était pas un problème pour lui, il était toujours un doctorant et il recevait un très bon salaire pour les comptes rendu qu'il envoyait au MIT tous les mois. Il y avait aussi ses économies personnelles et l'argent que ses parents lui avait versé quand il avait intégré la fac, tout ça avait fini par s'accumuler, pour les mauvais jours comme le disait souvent Jonathan. Il n'aurait jamais pensé à investir dans une maison pour Micha, Louise et lui. Il avait un sourire aux lèvres rien que d'y penser, sourire qu'il s'efforça de garder au minimum, il restait encore beaucoup de détails à régler, la maison n'était pas encore à eux, c'était encore un rêve loin et distant, alors autant ne pas se faire trop d'idée pas vrai ?

« And I'll sleep on the couch, for a few days, you and Louise can have my room and we can go look at some houses together okay ? » Jonathan eut la gorge sèche à la fin de cette phrase, c'était une possibilité maintenant, l'offre était vraiment sur la table. Okay, ce n'était pas du tout comme ça qu'il avait imaginé cette conversation mais... s'il y avait bien une chose qu'il avait apprise à force de côtoyer Micha, c'était que les choses ne finissaient jamais comme il l'avait prévu. Ce n'était pas une mauvaise chose en soit, mais maintenant qu'ils en étaient là, Jonathan avait le coeur un peu plus léger. « With a nice garden so Louise can play after school and maybe some extra room for...» For her brothers and sisters ... Il l'avait pensé, cependant les mots étaient morts juste là, parce qu'ils n'y étaient pas encore, parce que son coeur parlait pour lui et la raison le rappelait à l'autre. Micha et lui étaient juste amis, ils n'allaient pas fonder une famille du jour au lendemain. Certes, elle avait passé beaucoup de temps dans ses bras ces dernières semaines, beaucoup de temps à lui serrer la main et à le regarder comme s'il était la seule chose qui faisait du sens pour elle. Comme si. Sauf qu'aucun mot n'était passé entre eux. Ils n'y étaient pas encore, se répéta intérieurement le brun, pour essayer de calmer son coeur et pour pouvoir finir cette conversation sans avoir les deux joues complètement rouges. «... Well, we'll have to think about the details but we could do that. » ajouta rapidement le professeur, histoire de se donner un peu plus de contenance et aussi et surtout pour finir sa phrase sans que cela ne paraisse bizarre.

Jonathan inspira profondément et il attrapa sa sacoche pour ranger son ordinateur portable à l'intérieur et pour rejoindre Micha. Parler de tout ça dans une classe vide n'était définitivement pas une bonne idée. « Hmmm... where are you right now ? It feels weird to talk about that over the phone. »

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