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 I'm just trying to get myself back home • toni

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bad blood - we live here

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Sujet: I'm just trying to get myself back home • toni Ven 23 Juin - 14:01

I'm just trying to get myself back home

début mai 2016
Il était enfin sorti de sa demeure.
Ce n’était pas vrai, Simon était déjà sorti. Mais parcourir le chemin qui le séparait de sa maison à la plage n’était qu’une affaire de minute, surtout pour pouvoir mettre les pieds dans le sable et fixer l’horizon. Et fumer son poids en cigarettes jusqu’à ce qu’Amber finisse par rentrer. Elle l’avait déjà trouvé dans cette position et avait jeté un regard désapprobateur à ses cigarettes. Une habitude qu’il avait repris derrière les barreaux, le blond n’en était pas particulièrement fier, mais Simon faisait de son mieux pour arrêter. Ou ce fut ce qu’il se dit ce matin-là, alors que cigarette à la main il reprenait enfin le volant de son véhicule. La vieille Chevrolet avait été contente de le retrouver il en était certain, ce n’était pas Amber qui allait passer des heures à se préoccuper de cette antiquité. Mais Simon lui… du temps il en avait à revendre.

Il était libre, libre d’arpenter les rues de Fairhope et de parader avec son statut de suspect. Il avait dit merde à tout ça, merde aux responsabilités et merde à son boulot et à son esprit qui lui jouait des tours et qui lui demandait parfois s’il était vraiment parti. Si Amber était vraiment là. Il se réveillait parfois en sursaut en plein milieu de la nuit, comme un idiot, à s’imaginer encore là-bas et pas ici. Il devait alors s’extirper de ses draps, laisser Amber dormir sans lui et fixer les vagues de ses propres yeux pour y croire. Voilà où il en était. Voilà à quel point il était perdu. Simon avait l’impression de devenir fou pendant des nuits telles que celles-ci. Amber l’avait déjà surpris, mais elle n’avait rien dit, qui y avait-il à dire de toute façon ? Autant qu’elle passe ses bras autour de sa taille et essaye de lui rappeler que c’était ça la liberté, que c’était ça chez eux. Qu’ils n’avaient besoin de rien d’autre. Simon y croyait, il y croyait sous les draps, il y croyait quand il pouvait l’embrasser à sa guise et oublier les mois précédents.

Seul c’était plus difficile. Il avait décidé de se bouger un minimum aujourd’hui. Peut-être que c’était l’annonce d’un nouveau meurtre, peut-être que c’était le ciel particulièrement bleu mais il n’avait eu aucun regret en se garant devant son ancien salon. Toujours fermé. Il roula des yeux fac à la pile de courriers qui s’était accumulé devant la porte et encore plus face aux graffiti et aux divers insultes que des lâches s’étaient amusés à peindre sur l’enseigne. « Well… might as well start somewhere. » grogna Simon en s’emparant de la pile de lettres non lues. Dix minutes plus tard, le tri entre les factures et les publicités mensongères était fait. Il ouvrit enfin la porte et poussa un soupir. Rien n’avait changé. Il ne savait pas à quoi il s’attendait en fait. Il y avait toujours les dessins sur le mur, dessins qu’il avait évidemment réalisé lui-même, toujours la chaise bien en place, toujours les frigo et les autres appareils qui dormaient tranquillement. Et pourtant, il ne pouvait plus faire ça. Il ne pouvait pas revenir à ça. Il lui suffisait de fermer les yeux pour revoir la police le déranger en plein travail, lui passer les menottes. S'il devait tourner la page, le salon devait disparaitre. Simon n’était pas venu les mains vides et après quelques allers retours entre le salon et sa voiture, il dénicha des cartons et des sacs poubelles qu’il entreprit de remplir pendant tout l’après-midi. Au moins, il était occupé et son esprit était sans cesse assailli de questions qui ne le forçaient pas à se rappeler qu’ici, il s’était juré de repartir à zéro. Que parfois Amber venait lui rendre visite, s’installait dans le fauteuil juste là et parlait de se faire tatouer autre chose, autre chose qu'il serait le seul à voir. Des bons souvenirs, des souvenirs qui avaient été salis par deux mois de prison et qui ne pourraient jamais être récupérés, comme toutes ces babioles que Simon mettait dans ses sacs poubelles comme si de rien était.

Trois heures plus tard, Simon s’autorisa une pause devant son salon, assis sur le trottoir à siroter le mauvais café qu'il avait fait ce matin. Mais les insultes et autres dessins obscènes le dérangeaient vraiment, alors il prit sur lui et après avoir fait un tour à la supérette du coin, ce fut une éponge à la main et un seau dans l’autre qu’il parti à l’assaut de ce qui avait été à lui un jour. S'il devait vendre l’endroit, autant le faire dans de bonnes conditions. Et puis Simon avait besoin de passer ses nerfs sur quelque chose, alors cette devanture ferait très bien l’affaire. C’était du travail manuel et ingrat mais c’était le seul genre de travail qu'il connaissait, qu’il adorait et qu’il comprenait. C’était honnête, un peu d’huile de coude et voilà. Et Simon était sur le point de retirer son t-shirt quand il capta le regard d’une jeune brune qui devait l’observer depuis quelques minutes maintenant. « On est fermés… je ne te recommande pas l’autre salon de tatouage de la ville, c’est beaucoup trop cher pour ce que c’est. Va à Mobile tu auras plus de chance. »  

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Sujet: Re: I'm just trying to get myself back home • toni Lun 26 Juin - 19:01

Les bourrelets formés par l’intérieur de sa bouche commencèrent à déborder entre ses dents bien entretenues, égratignant sa peau humide au passage. Le goût du sang se répandit sur sa langue emprisonnée au fond de sa gorge, mais Antonina n’y prêta pas attention, occupée à mâchouiller l’intérieur de ses joues avec entêtement – elle avait oublié ses chewing-gums. Depuis qu’elle était arrivée à Fairhope, elle s’était habituée à cet arrière-goût d’hémoglobine, et encore plus à son odeur, comme si on avait aspergé les rues avec cette fragrance aux relents de rouille et de souffrance. C’était une chose d’apprécier l’effet d’une bonne giclée de jus de framboise sur un écran de cinéma, ça faisait toujours son petit effet auprès du public venu en partie pour ça ; c’en était une autre d’être au cœur d’une intrigue où le pourcentage des victimes ne faisait que grimper avec le temps. Non, elle n’avait pas peur, elle avait simplement conscience que l’image qu’elle s’était faite de son immersion dans ce fait-divers sordide avait dépassé tout ce qu’elle avait pu imaginer, au point de se demander quand est-ce que les autorités arrêteraient de se tripoter la nouille pour enfin mettre ce taré sous les barreaux d’une prison hautement sécurisée. Non seulement, ça soulagerait les habitants de Fairhope qui avait atteint des sommets dans l’échelle de la paranoïa – personne ne les blâmait pour ça, ils vivaient l’enfer, après tout –, mais aussi ça lui permettrait d’établir son schéma narratif avec plus de précision. Des détails, encore des détails, toujours des détails, Toni se nourrissait des élucubrations des experts interrogés à la télévision tout en menant ses propres interrogatoires en parallèle, tentant de démêler le vrai du faux, et prenant fait qu’au final, rien ne semblait avoir jamais avancé dans cette enquête. Tout le monde semblait se reposer sur des on-dit et sur des accusations creuses et inutiles.

Il y avait eu nombre de victimes au cours de la carrière meurtrière du Poète, toutes étaient connues à travers le pays : qu’en était-il de celles qui avaient été indirectement touchées, accusées par les autorités et les médias ? Elles étaient peut-être toujours en vie, mais à quel prix ? Il y en avait un paquet de ces victimes collatérales, elle s’en était aperçue en établissant une liste qui était maintenant accrochée à son tableau de brainstorming suspendu juste au-dessus de son petit lit. Antonina n’avait pas l’étoffe d’une sauveuse, elle n’avait pas d’autres prétentions que de devenir la meilleure réalisatrice de film d’horreur de tous les temps, pourtant elle avait réfléchi à l’âme qu’elle souhaitait donner au film qui lancerait sa grande carrière. Elle ne réhabiliterait sans doute personne en choisissant d’inclure le point de vue d’un accusé au milieu des scènes d’horreur de The Blood Poetry, mais elle se démarquerait sans doute en le faisant. On lui prêterait alors des intentions plus louables que celles qu’elle nourrissait véritablement, et on lui accorderait davantage le bénéfice du doute. Ou pas. Pour ce qu’elle en savait, ça ne lui coûtait rien d’essayer.

C’était en se renseignant sur les quelques individus figurant sur sa liste d’accusés à tort qu’elle avait appris que l’un d’eux travaillait à quelques pâtés de maisons du Tony’s. Lorsqu’elle avait pris connaissance de l’existence de Simon Harrington ce dernier était en prison – putain de quotas policier, avait-elle alors pensé. La chance avait tourné néanmoins, pour elle comme pour lui : d’après les Alertes Google qu’elle avait programmé à son nom ainsi que les flashs infos menés tambours battants par l’équipe de bras cassés du journal de la nuit, il était sorti au début du mois de mars. Toni avait surveillé son salon de tatouage à peu près tous les jours depuis… Sauf qu’il n’avait pas daigné s’y montrer, sans doute occupé à autre chose que de revenir sur les lieux de son arrestation. Elle avait plusieurs fois pensé à lui rendre une petite visite de courtoisie chez lui, mais son nom et sa description – petite, rondelette, mal peignée, grossière, jamais sans son skate et portant des jeans troués, et parfois même un Polaroïd accroché à son poignet ou une caméra de bonne qualité dans son sac à dos – commençait à circuler au milieu des assemblées de ragots de Fairhope. Alors pour s’assurer que personne ne sabote le bon déroulement de ses investigations en lui refusant le droit de s’adresser à la populace grouillante de la ville, elle s’était faite on ne peut plus discrète en refilant petits billets et sucettes gratis aux gamins du quartier qui surveillaient, depuis un mois au moins, le salon à sa place.

Ce matin-même, grazie al cielo, elle avait reçu un texto l’informant qu’il y avait de l’agitation sur place. Elle n’avait pas eu à marchander avec Lino pour prendre sa pause, la méritant amplement après avoir pelé son poids en tomates, et ce depuis six heures du matin. Après avoir récupéré son Polaroïd dans sa chambre toujours située au-dessus du restaurant, elle était sortie des cuisines avec, encore, son tablier taché de rouge sang fermement noué à la taille – on en revenait toujours au sang dans cette ville. Elle avait laissé son skate board derrière elle, préférant remonter la rue du Tony’s à pieds pour venir s’installer sur le banc de son côté de la rue, juste en face du salon de tatouage de Simon qui était flanqué devant sa la vitrine de sa boutique dans toute sa splendeur de taulard. Elle l’observa un instant, le temps d’apprécier le tableau. Et quand il la remarqua, à deux doigts de retirer son t-shirt, elle se leva d’un bond. Tout en traversant la rue, elle siffla entre ses doigts à la manière des soulards lourds du samedi soir titubant devant une rangée de belles femmes apprêtées et prêtes à aller danser – et totalement hors de leur ligue.

« Pffuu ! Te gêne pas pour moi surtout, j’admirais juste le vue. Un petit sourire ! » Elle ne lui laissa pas le temps de réagir à sa demande et actionna son Polaroïd sans même regarder dans le viseur – la force de l’habitude, on dira. Simon fut subitement ébloui par le flash « Je passe mon tour pour le tatouage, c’est toi qui m’intéresse. » Une danse des sourcils plus tard, l’appareil cracha une photo qu’elle déroba vite-fait. Toni la regarda à peine, sachant qu’il fallait plusieurs minutes avant qu’une silhouette n’apparaisse sur le papier et posa plutôt les yeux sur la devanture du salon souillée par maintes insultes et croquis explicites « C’est sympa comme petits mots de bienvenue, j’ose pas imaginer quel genre de cadeaux t’as dû recevoir dans ta boîte aux lettres. » La haine engendre bien des réactions irrationnelles.

Antonina fit une pause silencieuse, à peine dérangée par la vie citadine se jouant dans son dos – tout le monde vaquait à ses occupations, ou se terrait dans son trou par crainte de croiser quelqu’un de mal intentionné, et ça se comprenait. Elle lut les inscriptions sur la vitrine, puis secoua la tête avec désolation. Comment ces gens devaient se sentir maintenant que Simon avait été innocenté ? Mal, très mal, du moins, elle l’espérait. Soudain gênée par les reflets du soleil se réverbérant dans la vitrine, elle tendit une main pour faire visière devant son front, la photo qu’elle avait prise de Simon pendant nonchalamment au bout de ses doigts. Elle tourna alors la tête vers lui pour lui adresser un regard franc.

« Alors, c’est comment la prison quand on a rien fait ? On a aussi droit au traitement de faveur spécial dans les douches, ou on te fait cadeau d’une espèce d’immunité carcérale, ou je sais pas quoi ? » La photo devait être prête maintenant – et elle l’était. Toni en fût satisfaite. Elle se demanda néanmoins si Simon savait sourire. Toujours est-il que cette gueule burinée lui plaisait bien ; elle se dit qu’il devait faire bonne impression devant une caméra. Aussi, elle repoussa cette réflexion pour mieux planter la fameuse photo devant les yeux de Simon, histoire de lui faire croire qu’il avait un droit de regard, alors qu’elle glissa aussi vite la photo dans la poche arrière de son pantalon. Une seconde après, elle posa son appareil sur le trottoir, juste à côté du nécessaire de nettoyage du jeune homme. Elle dénoua son tablier qu’elle joint au reste de ses affaires et posa ses deux mains sur ses hanches pleines « T’as besoin d’aide sinon ? Je suis bonne pour décrasser, mais il va me falloir un escabeau pour la corniche, je suis petite. »
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Sujet: Re: I'm just trying to get myself back home • toni Dim 16 Juil - 17:10

C'était le flash, le crépitement soudain, le bruit, la vive lumière, qui l'avait profondément irrité et Simon avait tourné la tête, presque machinalement, instinctivement, pour essayer d'échapper à l'oeil froid et pâle de l'objectif, mais c'était déjà trop tard. Dire qu'il détestait être pris en photo était un euphémisme. Le blond faisait une exception pour sa femme, parce que parfois Amber était prise d'une envie soudaine de filmer son mari en train de faire les activités les plus stupides du monde. Comme se brosser les dents, ou passer la tête sous le capot de sa voiture, ce genre de choses... Il laissait couler car il voyait toujours un sourire sur le visage de la blonde et il se prêtait au jeu, juste parce que c'était elle et que si elle lui demandait de faire le pitre pendant quelques minutes... il le faisait sans absolument aucune once d'hésitation. Mais c'était pour Amber et uniquement pour elle. Et l'ancien tatoueur savait très bien qu'elle ne serait pas de retour derrière l'objectif de si tôt, pas après tout ce qui s'était passé...

On l'avait pris en photo après qu'on lui ait passé les menottes, pendant le procès, pendant les allées et venues entre sa cellule et le tribunal. Et là pas un seul sourire sur le visage du grand blond, juste une expression blasée. À quoi bon sourire ? Simon n'avait lu aucun article, ne savait pas ce qu'on avait raconté sur lui, il pouvait deviner sans aucun problème et il savait alors que son image à Fairhope était ternie. Ce n'était pas comme si l'avis de ces gens-là comptaient, loin de là, mais il y avait quelque chose de particulièrement dérangeant quand on entendait sans cesse des murmures sur son passage, qu'on se sentait constamment pointé du doigt...  Ça ne l'avait pas motivé à sortir c'était certain, et maintenant face à la jeune fille, Simon commençait vraiment à regretter de s'être extirpé de sa demeure. Vraiment. « Pitié dites-moi que c'est une caméra cachée... » murmura alors le blond, sa main droite se resserrant sur l'éponge qu'il tenait toujours là, histoire de se calmer un peu et d'écouter ce qu'on était en train de lui dire. Le discours n'était pas mieux et Simon n'était pas un homme patient, les hommes de sa carrure et de son tempérament l'étaient rarement et il fronça les sourcils à chaque mot, sentant l'irritation grandir en lui. Il avait envie de lui demander pour qui elle se prenait avec son foutu appareil photo et si tout cela n'était qu'un jeu pour elle. Visiblement. Puis le blond se demanda s'il avait été aussi stupide à son âge, il lui donnait quoi...? la vingtaine ? C'était l'âge où on croyait encore qu'on pouvait changer le monde, ou que si on ne le changeait pas, il allait se plier d'un simple claquement de doigts à notre volonté. Le pire âge qui soit en fait.

Face à la soudaine proposition, il lâcha un rire, cynique et hypocrite au possible, avant de faire un pas vers la demoiselle. Simon n'avait pas vraiment besoin de ça en plus de la pile de problèmes qu'il trainait quotidiennement. Même lui n'avait pas les épaules aussi larges... Même lui. « Écoute l'emmerdeuse, je ne sais pas qui t'envoie mais j'ai d'autres chats à fouetter. Genre. Littéralement.» Simon insista bien sur le dernier mot, avant que son regard azur ne se pose sur l'appareil qui trainait sur le sol. Il réfréna son envie de faire disparaitre la chose sous sa botte, après tout, ça n'aurait pas été raisonnable et il inspira un grand coup, sa poitrine se soulevant par le même coup.  « Donc je te conseille de remballer ton appareil photo et d'aller faire mumuse ailleurs... » Et le plus loin possible de lui de préférence. « Avant que ça se termine mal pour toi.» Non pas que Simon soit de ceux qui faisaient des menaces. Il n'en avait jamais vraiment eu besoin et ce n'était pas une gamine qui allait le déstabiliser. Il savait juste ce qui arrivait aux gens qui étaient un peu trop curieux dans cette ville, ils finissaient soit par déserter Fairhope parce qu'ils en savaient beaucoup trop ou alors les autorités locales les retrouvaient mort, une inscription griffonnée sur le bras ou quelque chose d'aussi juteux que cela. Ou alors c'était ce qu'elle voulait et dans ce cas-là, Simon ne comprenait vraiment pas cette génération. « Parce que crois-moi, tu n'as pas vraiment envie d'énerver le type qui est sorti de prison il y a quelques semaines et qui n'attend qu'une excuse pour recroiser un de ses crétins de la police de la ville pour leur dire le fond de sa pensée.» Simon avait tout le département et leur erreur colossale dans son viseur, être rancunier ne lui apporterait absolument rien mais il savait qu'avec un verre ou deux dans le nez et en très mauvais compagnie, il aurait pu s'en prendre à une voiture de patrouille par exemple. Une belle erreur certes, mais cela lui aurait fait plaisir de casser des fenêtres avec une batte de baseball ou un autre objet du genre. Mais très mauvaise idée. Et il était hors de question qu'Amber s'inquiète ou qu'elle nettoie derrière lui encore une fois...  « Donc dégage. Genre maintenant.» dit Simon avec toute la sympathie qu'il était capable de formuler à cette seconde précise.

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Sujet: Re: I'm just trying to get myself back home • toni Dim 23 Juil - 11:53

Le regard contemplatif, les deux mains posées sur ses hanches, Antonina fixa la corniche sus-citée. Momentanément aveuglée par l’éclat du soleil de midi, elle regretta d’avoir oublié ses solaires, et se protégea des rayons qui l’ennuyaient en plantant la tranche de sa main empestant le jus de tomates fraîches sur son front pour faire visière. Ses longs cheveux ondulés gigotèrent paresseusement dans son dos lorsqu’elle secoua la tête, dépitée, en reprenant la lecture des inscriptions taguées sur la devanture du salon de tatouage de Simon. La prose de celui qui s’était échiné à donner son avis sur le jeune homme était très mauvaise, autant que celle du Poète qui sévissait en ville, constata-t-elle, et ce parallèle qui s’établit dans sa tête lui fit froncer très fort les sourcils. Un pincement au cœur inopportun la contraint à détourner les yeux, soudain gênée pour des raisons qu’elle préféra repousser, peu douée pour creuser dans ses propres émotions et les laisser l’atteindre. Bourrue et malpolie, Toni n’en restait pas moins humaine. Certes, elle ne pourrait probablement jamais se mettre à la place de l’homme à qui elle s’adressait sans aucune subtilité, cependant elle avait binge-watché Making A Murderer sur Netflix. Elle ne s’était jamais remise de l’histoire du tube de sang sous scellé, et en avait parlé à tout le monde dans son cercle proche pour les convaincre de regarder cette série-documentaire dans laquelle elle s’était replongée plusieurs fois pour chercher à comprendre, à la limite de l’obsession. Du coup, elle pensait avoir une idée précise du calvaire qu’avait été sa vie pendant quelques temps, et ça perdurerait, vint-elle à considérer en tournant farouchement le dos aux inscriptions malhonnêtes adressées à l’ancien prisonnier. Elle resta à bonne distance de lui, mais pas par frousse, bien qu’elle fût persuadée que les menaces qu’il proféra à son encontre n’était pas prononcées à la légère. Détaillant sa silhouette à peine quelques secondes, elle lui répondit du tac-au-tac.

« J’ai l’air de faire partie de la police, sérieusement ? » L’air affecté, elle posa une main sur le haut de sa poitrine généreuse, et ferma les yeux comme s’il venait de lui briser le cœur en des milliers de petits morceaux impossibles à recolmatés « Pire insulte jamais prononcée. L’emmerdeuse à côté, c’est du pipi de chat. » Elle renifla bruyamment, feignant le chagrin. Subitement, elle rouvrit les yeux pour ajouter de son ton désinvolte – sa signature « Nan, je vais pas dégager. Genre, jamais. » Elle tapa du pied, prête à camper sur ses positions. Si Simon ne l’avait pas deviné, ce fût par ce geste que sa jeunesse se révéla au grand jour, au moment même où la percée des rayons du soleil se confirma en baignant leur coin du trottoir d’une lumière éblouissante. Elle reprit, contenant les accents implorants qui menaçaient de sortir quand elle se rendit compte qu’il était plus que déterminé à la faire partir « Ecoute-moi, au moins. Je te propose mon aide pour décrasser ta devanture, et en échange, tu me parles de ton expérience. C’est pour la bonne cause, je te jure. T’aimes le cinéma, Simon ? » lança-t-elle alors, et elle fit quelques pas sur le trottoir. Récupérant la photo du jeune homme qu’elle avait prise en arrivant, et qui était complètement développée maintenant, ce fût sans crainte qu’elle s’approcha de lui pour la lui glisser sous le nez.

Sans quitter des yeux son portrait au format carte de crédit, elle observa le rendu sur papier glacé ; il avait l’air blasé, mais pas blasé comme elle pouvait l’être à longueur de journée. En fait, il paraissait plutôt triste et fatigué. Postée à côté de lui, Antonina leva doucement les yeux pour les poser, en biais, sur son profil mal rasé.  A l’image de Steven Avery et de son neveu, Simon avait été jeté en pâture sous le prétexte, imaginait-elle, qu’il avait le profil qui collait aux faits qu’on lui reprochait. Dans la croyance populaire, un tatoueur n’était rien d’autre qu’un voyou, sinon il tacherait de se trouver un job plus respectable que de marquer à l’encre indélébile des inconscients. Imperceptiblement, elle soupira, ne pouvant s’empêcher de retrouver en l’écho des voix imaginaires qu’elle entendait déblatérer sur l’existence de Simon, quelque chose qui lui parlait, et qui lui faisait du mal. Car combien de fois lui avait-on dit qu’elle ferait mieux de se trouver un projet professionnel digne de ce nom, au lieu de compter sur sa passion pour le cinéma dans l’espoir de faire quelque chose de sa vie ? Si la politesse avait fait partie de ses compétences, elle aurait jugé ça tout à fait injuste et outrageant. En attendant, elle trouvait ça tout bonnement dégueulasse qu’on ait jugé un homme de cette façon – elle se trouva soudain bien plus investie qu’elle ne l’avait pensé. Tout en se reculant pour reprendre la parole, elle repoussa une longue mèche de cheveux en arrière.

« On va pas se mentir, t’es grave beau. » Elle n’avait aucun mal à reconnaître l’évidence quand elle se présentait à elle « C’est pas ça qui m’intéresse, si ça peut te rassurer. Tu peux même la garder. » dit-elle en désignant la photo d’un coup de menton rapide. Elle haussa les épaules, et son ton devint étonnamment plus posé « Je fais des films. Enfin j’essaye. Celui sur lequel je travaille en ce moment, ce sera mon premier vrai film, et je veux que tu sois dedans. » Elle sourit furtivement en se corrigeant, et ses yeux roulèrent dans leurs orbites. Elle se précipitait, c’était toujours le cas quand elle parlait de cinéma ; elle avait tant de choses à dire, que tout finissait par se bousculer, se chevaucher, et personne ne la comprenait jamais. De nouveau, elle mit sa main en visière pour se protéger du soleil. Toni regarda fixement Simon « Pas vraiment toi ; ton histoire. » Elle marqua une pause, sentant qu’il aurait peut-être besoin de temps pour avaler la pilule. Quand elle estima que ça devait être fait, elle murmura, se penchant un tout petit peu sur lui pour créer comme un aparté « Mais pour ça, il va falloir que tu me la racontes. »
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