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 savages ≈ morten

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bad blood - we live here

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◆ Manuscrits : 291
◆ Arrivé(e) le : 31/10/2016
◆ Âge : 31 ans (15/08/85)
◆ Assoc. des Victimes : simple membre, et même pas par bonté d'âme.
◆ Métier : boulangère douée et impliquée, fouineuse à ses heures perdues, ancienne journaliste radio déchue.
◆ Points : 355
◆ Avatar : Jenna Coleman


Sujet: savages ≈ mortenMer 27 Sep - 15:33


juillet 2016
How could we expect anything at all
We're just animals, still learning how to crawl


Le soleil venait de se coucher lorsqu'Alba regarda sa montre, dépitée. Le parfum de son date s'évanouissait dans l'air seulement quelques minutes après son départ. Dommage, elle avait tout de suite apprécié cette odeur un peu particulière dans laquelle elle avait cru déceler une pointe de citron. Ils avaient à peine tenu jusqu'au dessert, elle dans sa jolie robe bleu marine, prétendant être passionnée par les récits creux de ce cependant très bel homme - et lui avec son noeud papillon, un peu rebuté par les airs prétentieux de la jeune femme en face de lui, son impulsivité et ses questions. Gentleman, ou le croyait-il, il avait fini par régler l'addition et partir sans même un dernier verre, sans même laisser son numéro, sans même lui proposer de passer directement à la prochaine étape. Alba ne cherchait pas une relation, malgré le rendez-vous de piètre qualité, elle aurait volontiers accepté. Mais non, lui et ses plans pour la nuit s'étaient envolés juste après la dernière cuillère de son tiramisu, une excuse lamentable sur le bout des lèvres. Triste, et humiliant. Pire, maintenant, elle n'avait rien à faire de sa soirée. Alba ne se sentait pas d'humeur à choisir une autre distraction dans le restaurant, et personne ne viendrait à sa rescousse. Seule face au monde, elle commençait à croire que c'était définitivement sa signature. Essayant de conserver le maximum de dignité tant que c'était encore possible, elle se leva et quitta le restaurant la tête haute, ignorant les regards qui la suivaient, l'air de dire c'est étrange, elle est pourtant mignonne, elle doit être une plaie pour se faire larguer juste avant la fin du temps réglementaire. Menton levé, sourcils arqués, elle savait encore faire une sortie, merci bien.

Ce fut la nuit noire de juillet et les halos des lampadaires qui l'accueillirent à la sortie, faisant tomber sur elle un voile de solitude aussi inattendu que malvenu. Elle fit quelques pas vains dans Fairhope Avenue. Frustrée. Elle pouvait rentrer chez elle, oui, et passer ses nerfs en préparant deux-cents cupcakes, à la place. Elle pouvait aussi marcher un peu, faire le tour de la ville pour se détendre... quoique cela ne fut pas très prudent. Sa soirée avait échoué, certes, mais pas au point de se porter volontaire pour finir en prochain sac de viande pour le Poète. La ville vivait dans une espèce de frénésie malsaine, et l'arrivée massive de touristes cet été ne faisait rien pour apaiser les tensions. Ou alors, elle pouvait continuer de passer le temps comme elle le souhaitait, c'est à dire dans un bar avec quelques verres, histoire de ne pas rentrer sobre et triste. Avec un peu de chance elle aurait oublié ce goût amer de défaite demain matin.  

Elle remonta l'avenue en direction du Wasted Shots, le bar le plus près. On était en semaine: Alba s'attendait à rencontrer peu de monde et trouver un siège libre et confortable pour enfiler des shots de tequila, ou peut-être un premier cocktail bien trop cher. Les bruits de circulation accompagnèrent son trajet, pendant que la plupart des gens qu'elle croisaient semblaient pressés de rentrer chez eux, maintenant que la douce journée de juillet s'était muée en nuit noire et angoissante. Maudit couvre-feu, maudit Poète. Avec l'arrivée de l'été et la prolongation du jour, il était plus facile de se jouer du couvre-feu. Plus facile de se rassurer en se disant que les monstres n'attaquent la nuit... même si cette affirmation sonnait faux. Alba poussa finalement la porte du bar, contente d'échapper à la réalité pour quelques heures, et se retrouva enveloppée par une atmosphère chaleureuse et accueillante. Elle inspira, et sourit, fière de son idée, avant de se diriger vers le comptoir, s'installant sur un petit tabouret sur le côté. Là encore, elle sentit sur elle le regard des rares clients, et il était aisé de comprendre pourquoi. Dans sa petite robe de soirée, avec son joli chignon et ses airs de princesse, seule, elle collait mal avec le reste du décor. Là encore, elle s'en foutait. Elle ne venait pas pour faire la conversation mais pour brûler ses lèvres, sa gorge, pour rentrer chez elle d'un pas moins assuré. Alors, en retour, sans gêne aucune, elle inspecta à son tour les visages curieux qui eurent vite fait de retourner à leurs affaires.

Sauf un. Un, là bas, qui ne baissa pas les yeux, mais qui ne semblait pas non plus particulièrement intéressé par elle. Un regard un peu vide, déjà perdu dans les méandres de ses pensées. Il fallut bien deux secondes à Alba pour reconnaître les traits du visage — il avait vieilli depuis, et les circonstances étaient tellement différentes à l'époque que le remettre au premier coup d'oeil n'était pas évident. Mais elle en fut rapidement sûre : c'était bien le même homme qu'elle avait connu en Bolivie, il y a... des siècles, probablement. Et soudain, la petite chilienne fut heureuse de le revoir, même si elle n'avait pas la moindre foutue idée de ce que le professeur Niels Nielsen pouvait bien fabriquer ici, dans une ville américaine sous le joug d'un serial killer, seul dans un bar un soir de semaine.

Il ne lui en fallut pas plus pour quitter sa place et traverser la salle de ses petits pas, et de s'installer directement sur le siège en face de lui, une expression amusée sur le visage. Il fronça les sourcils en la voyant, elle, cette fille qui venait déranger son train de pensées. Clairement, lui non plus ne la remettait pas. Eh bien, elle devrait l'aider. « Bonsoir professeur Nielsen ! Allons... ne me dites pas que vous ne me reconnaissez pas ? » Son ton était enjoué, joueur. Bien trop excitée d'avoir finalement trouvé une nouvelle distraction pour sa soirée. Elle tourna la tête à droite et à gauche, offrant ses deux profils, puis quelques mimiques, avant de feindre la déception. « Oh, vraiment, je suis terriblement vexée. Alba. Alba Montero de la Serna... la Bolivie ? J'y étais en vacances, et vous pour le travail, et si je me souviens bien, vous m'aviez assuré que vous ne m'oubliiez pas... » Un clin d'oeil, toujours aussi espiègle. « Mais je ne vous en tiens pas rigueur. J'ai pas mal changé depuis. Vous aussi d'ailleurs ! Alors, qu'est-ce que vous faites là, seul, un soir de semaine ? »

Et toute contente, elle leva la main pour que le serveur vienne lui apporter un verre, parfaitement sûre que l'homme en face d'elle était bien celui qu'elle pensait être.
Comment pouvait-il en être autrement ?  

_________________

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bad blood - we live here

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Sujet: Re: savages ≈ mortenMer 4 Oct - 18:29


juillet 2016
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Il ne parvenait pas à se concentrer, pas dans ce bar, pas dans cette ville. Pas dans ce pays, lui soufflait une voix pernicieuse, jamais dans son pays. Tu parles... La fatigue, une mauvaise alimentation, Morten savait que son corps ne tenait plus le coups, que le mental suivait avec. Pas une dépression, une déprime, mais cela était déjà beaucoup.
L'homme était seul ici, semblait le rester. Parfois, il songeait bien à mettre dans son lit une étudiante ou deux, en avait repéré qui ne seraient pas contre une petite aventure, rien de compliqué. Sauf qu'il n'allait pas vers elles, jamais. La nuit n'appartenait qu'à Eva, à leurs appels téléphoniques de mauvaise qualité, et si dans son esprit Morten essayait de simplement l'appeler La Veuve, afin de s'en détacher, il savait que cela ne marchait pas.
Il était là ce soir, un café noir devant lui, un shot d'aquavit de près aussi, histoire de. Eva ne l’appellerait pas aujourd'hui, elle lui avait mis un mail. Une journée trop chargée, des choses à acheter peut-être pour le bébé? Ou bien encore des problèmes à régler avec l'administration, des certificats de décès à envoyer encore et encore, comme si ce genre de courrier ne s'arrêtait jamais. Il y avait toujours une administration pour demander, ordonner, toujours.
Le sentiment de pitié étrange revint alors, ça lui tordait le coeur un peu, et sa pitié était respectueuse lorsque Morten détestait respecter les gens pourtant. Qu'importe...

L'homme sirota un peu de son café, il avait étalé les quelques notes d'un brouillon de mémoire, se demandant pourquoi les étudiants pensaient que l'architecture historique cachait des trésors enfouis. Encore un des méfaits de Dan Brown peut être... Dès les premières lignes, Morten sentait pointer le hors sujet dans les lignes de pensées, il soupira, commanda un deuxième café, un deuxième shot. Le patron commençait à s'habituer à lui, à sa présence de temps en temps, peu à peu le Danois apprenait à faire partie du paysage.
Bruit de pas, raclement de chaise.
Il leva les yeux de ses feuilles, regarda la jeune femme en robe de soirée qui s'adressait à lui, un sourire aux lèvres peut-être, un sourire dans la voix surtout. Elle était mignonne, certains hommes essayaient de la reluquer le plus discrètement du monde, échouant pitoyablement pour ce qui était de ne pas se faire remarquer. Morten, quant à lui, planta ses yeux dans ceux d'Alba, acquiesçant un peu. Non, la pauvre gamine se trompait de Nielsen ici....et Morten était ce qu'il est, il ne voyait aucun problème à jouer la comédie.

”Alba? ”

Il reprit les feuilles contre lui, les remit en ordre et les rangea dans son petit cartable en cuir, accordant de ce fait toute son attention à la jeune femme. Etait-elle un des secrets de Niels, une aventure d'un soir ou de quelques mois lorsque ses recherches l'emmenaient loin du Danemark, loin d'Eva?

”Tu n'es pas oubliée, tu es rangée dans le palais de ma mémoire, petite, je dois juste retrouver où.”

Elle se commanda un verre d'un geste décidé, la faune locale ne lui faisait pas peur, malgré le maquillage, malgré les talons, malgré la tenue. Elle ne cherchait pas son regard en quête d'aide, voulait simplement des retrouvailles. Un petit bout de femme qui savait se débrouiller...

”J'essayais de travailler, on va dire que tu viens de me sauver d'un long ennui. J'ai un poste temporaire à l'université...et toi, une activité spéciale à part subir des rendez-vous décevant?”

Morten sourit, but son shot, fit signe pour une bière lui aussi. Sa voix prenait des intonations de gentillesse chaleureuse, les mêmes qu'avait eu Niels, pauvre Niels.

”On peut croire au hasard mais je ne pense pas que tu te sois habillée ainsi pour moi, après tout. Allez, trinquons à ta santé et à mes cheveux blancs!”

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If you're not even happy, what's so good about surviving?
We cross our bridges when we come to them and burn them behind us, with nothing to show for our progress except a memory of the smell of smoke, and a presumption that once our eyes watered
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Sujet: Re: savages ≈ mortenMar 17 Oct - 1:07


juillet 2016
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À aucun moment le son de sa voix ne lui sembla changé, ou l'éclat de ses yeux, différent. Si elle avait dû le dessiner, elle n'aurait pas réussi à conjurer de mémoire son expression rieuse ou paisible. Niels était si loin dans son esprit, une bulle de répit au milieu du chaos de son existence, à ce moment-là. Une morte sur les bras, une rupture, un diplôme volé... la route de l'enfer, en moins incandescent. Il avait été un bon souvenir, une parenthèse. Elle savait qu'il était marié, mais elle n'en avait jamais conçu de culpabilité ou de jalousie. Alba ne s'en formalisait pas. Ni l'un ni l'autre ne posait de question, même si la chilienne avait saisi qu'il n'était pas coutumier des infidélités avec des filles plus jeunes.

« Si vous m'avez égaré dans les méandres de votre mémoire, Professeur, je ne risque pas de rester bien longtemps avec vous... je suis devenue très susceptible. » Malgré ses sourcils haussés qui lui donnaient un air sérieux, le sourire dans sa voix était immanquable. Le revoir en face - ou le croyait-elle - lui rappelait l'innocence de ces quelques mois, ou semaines. Le temps avant Fairhope devenait dangereusement relatif dans ses souvenirs. Oui, elle avait beaucoup aimé Niels. Sa gentillesse spontanée, son érudition, sa pédagogie. Il lui avait appris beaucoup de choses, des choses qu'elle avait pu entreposer dans ce trou béant en elle. « Un poste temporaire ? Cool ! Pour combien de temps ? Mais ça en fait du chemin: le Danemark, la Bolivie, les Etats-Unis... Votre femme vous a accompagné, cette-fois ? » Elle posa la question sur le même temps qu'elle aurait demandé la météo. Sans gêne aucune, parce-que pourquoi devrait-il y en avoir ? Alba connaissait peu de sujets tabous, surtout à propos de la vie des autres. Ça au moins demeurait une constante : toujours essayer d'en savoir un peu plus tout en en dévoilant le moins possible. Elle pouvait se montrer tour à tour charmante ou séductrice, agaçante et agressive pour essayer de percer à jour les secrets de ses pairs. Mais parfois, rien ne valait une bonne question franche et solide. Là, en plus, il n'y avait pas de prétexte à inventer et Alba était fatiguée. Fatiguée de la chaleur, de ses journées, de la folie ambiante dans la ville, fatiguée de se rendre compte que sa vie risquait de tourner en rond. Pas d'humeur à mettre un masque, en somme.

Les deux bières leur furent apportées presque immédiatement, et en miroir, Alba leva son verre. Ah, de quelles activités spéciales pouvait-elle donc se targuer ? Rien qui ne mérite de passer à la postérité. Pas de faits d'arme à signaler, pas de Lion de Némée terrassé, pas de record établi. Juste un grand retour à la normalité. Une vie ordinaire loin de tout. Compteurs à zéro. La tragédie de la mort de Lila avait effectivement bouleversé sa vie, mettant cette ville de fous sur son chemin. Alba avait consciemment choisi de rester. De se donner la chance de fuir un épisode trop difficile de sa vie et de renaître dans une ville qui n'aurait jamais vent de ses crimes et mensonges. Et s'il devait se passer quelque chose ici, soit, elle fuirait encore. Plus jamais elle ne laisserait l'indécision la clouer sur place. « Oh, moi, je... j'ai arrêté le journalisme. Ça ne s'est pas vraiment arrangé depuis... enfin, vous savez. » Elle n'avait presque rien dévoilé de ses tourments à l'époque, s'était contenté des grandes lignes. J'ai perdu ma meilleure amie, elle était comme ma soeur. J'ai abandonné l'université, à quelques mois de mon doctorat. Voilà. La version mise à jour de ses malheurs. « J'ai ouvert ma boulangerie, du coup. Classique : du pain, des gâteaux, sandwiches, tartes... avec un tout petit salon de thé. Ce sont trois tables et quelques chaises mais j'en suis très fière. Et la boutique marche bien. À côté de ça j'enchaîne effectivement les rendez-vous, mais ils sont plus souvent sans lendemain que décevants. Mais celui-là était un abruti. » Elle sourit, et but quelques gorgées de bière. « C'est marrant, je suis contente de vous revoir, je vous avais déjà rangé parmi mes souvenirs. C'est vrai que vous avez plus de cheveux blancs mais je vous rassure, ça n'enlève rien à votre charme. » La bienséance aurait peut-être voulu qu'elle ne flirte pas, ou au moins qu'elle démontre un semblant d'ingénuité... la bienséance pouvait aller se faire voir.

« N'empêche, ça ne vous angoisse pas d'avoir accepté un poste dans une ville ou sévit un tueur en série ? Je suppose que c'est le genre d'informations qu'on apprend de suite... Tenté par le goût du risque, Professeur ? »

 

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