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 the dark side of the moon

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bad blood - we live here

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Sujet: the dark side of the moonMer 27 Sep - 23:39


juillet 2016

Il n'avait pas voulu retomber dedans. Après des années d'efforts pour s'en sortir, c'était au contraire la dernière chose qu'il désirait. Il aurait voulu continuer de faire profil bas, tout en étant capable de garder la tête haute lorsqu'il se regardait dans le miroir et qu'il tentait de justifier les actions méprisables qui l'avaient mené jusqu'ici. Mais il était beaucoup plus difficile de se convaincre qu'il avait fui l'Angleterre pour être un homme meilleur quand il était redevenu presque exactement le même qu'avant. Alors il baissait les yeux face à son reflet, baissait les yeux sur les pilules qu'il se préparait à avaler et qui sauraient lui faire oublier ses considérations morales pour quelques heures. Et d'ailleurs, il n'était pas retombé dedans. Il n'avait pas trébuché en chemin, tombant malgré lui dans cette spirale destructrice de drogues d'où il lui était à présent impossible de s'extirper. Non. Il avait soigneusement préparé le terrain, délicatement creusé le trou où il s'était ensuite allongé. La visite inopportune de Seth avait beau marquer le moment de sa chute, elle avait commencé bien plus tôt, lorsqu'il avait laissé l'inquiétude et l'insomnie briser son illusion en mille doigts accusateurs qui n'attendaient que de mettre au jour la mort de cette femme. La visite de Seth avait précipité les choses, mais ça n'était qu'une question de temps.

L'ancien légiste lui avait rappelé Londres, lui avait fait revivre cette horrible journée où il avait tout perdu et où, comme maintenant, il aurait dû le voir venir. Il n'avait pas espéré trouver grand-chose sur ses parents retraités en tapant leurs noms sur Google, quelques articles sur les missions effectuées par son père lorsqu'il était encore à l'armée, et encore. Il aurait dû prévoir les interviews, les articles sur le scandale qu'il avait déclenché, et pourtant il s'était laissé surprendre. Il avait regardé les vidéos, il avait vu leurs visages attristés, leurs visages incrédules alors qu'ils tentaient de le défendre malgré tout, malgré leurs différends et la honte qu'il leur avait infligée. Il la voyait contorsionner le visage de son père, lui serrer les mâchoires. La lumière de l'écran de son ordinateur était la seule chose qui éclairait le visage du fils unique qui n'avait que trop rarement su lui apporter de la fierté. Ce qu'il n'avait décidément pas prévu, au milieu de ce déferlement de liens sur lesquels il n'aurait jamais dû cliquer, c'était un avis de décès. Quatre ans que sa mère était décédée, et qu'il n'en savait rien. Il n'avait rien pu faire, bien sûr, à part verser quelques larmes, seul, et acheter des fleurs qu'il avait laissé mourir. Là où il aurait dû puiser de la détermination dans le développement tragique des événements, James s'était contenté de s'écrouler, ployant sous le poids de ses mensonges, de ses actes et de toutes leurs conséquences. La morphine était revenue apaiser ses douleurs, comme elle l'avait fait autrefois. Elle cachait la pression dans un recoin de sa tête et le laissait plus tranquille, laissait enfin les rouages échauffés de son esprit se reposer. Il pouvait ainsi remettre toutes les questions importantes auxquelles il devait répondre à plus tard. Devait-il en parler à Seth avant qu'il ne le dénonce et lui demander son aide? Devait-il en parler à quelqu'un, ou bien continuer à faire ce qu'il avait fait jusqu'à présent, à savoir ignorer le problème dans l'espoir qu'il disparaisse tout en sachant que ça n'arriverait pas? Devait-il, devait-il, devait-il, autant de questions qui pouvaient bien attendre encore un peu, toujours un peu plus.

James traversait les journées tel un automate, administrant ordonnances, conseils, pansements et vaccins avec le même regard un peu terne, le même sourire un peu flou, comme si ses heures de travail étaient toujours au second plan, mêlées au décor, et que l'objectif était concentré exclusivement sur l'immense vide qui trônait fièrement au premier plan, ses contours nets et rassurants. Les patients défilaient avec régularité, échouaient complètement dans leurs tentatives d'attirer son attention, et repartaient avec ce qu'ils étaient venus chercher, entendus mais pas écoutés. Alors qu'il bataillait vainement avec l'agenda électronique que sa secrétaire l'avait convaincu d'utiliser, le nom de sa prochaine, nouvelle patiente attira l'attention du médecin. Il n'était pas sans connaître les noms des précédentes victimes du Poète, et le nom de Ruby Swann lui rappela immédiatement non seulement les événements tels que la presse en avait parlé, mais également la série habituelle de questions qui venait après chaque nouvelle victime. Au-delà de son supplice de victime du Poète, James était incapable d'imaginer vivre sans pouvoir parler, contraint à ne communiquer que par écrit, sans bruit, en allant constamment droit au but pour ne pas perdre trop de temps à tenter de s'exprimer. C'était torture que d'imaginer devoir effacer toute la première partie d'une phrase simplement parce qu'une autre idée venait d'entrer en collision avec la précédente, rendant tout ce qu'il avait commencé à dire inutile et inapproprié. Le langage des signes était trop peu usité pour constituer un substitut tolérable à la parole et non, vraiment, ce silence devait être intolérable. Comme à l'accoutumée, James se leva pour saluer sa nouvelle patiente alors qu'elle entrait dans son bureau, lui serrant la main dans un sourire. «Hello, Miss Swann.» Il l'invita à s'installer sur une des chaises qui faisaient face à son bureau et retourna prendre place de l'autre côté. «What brings you here today? Is everything alright?»

Difficile d'aller bien quand l'ombre du Poète pesait sur la ville, menaçant de déterrer des secrets en enterrant des innocents.
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overjoyed - we survived

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Sujet: Re: the dark side of the moonVen 20 Oct - 15:16

Les cauchemars étaient revenus, elle ne savait pas comment, elle ne savait pourquoi, peut-être que c’était la chaleur ou l’arrivée des touristes mais il y avait définitivement quelque chose de différent dans l’atmosphère. Ruby pouvait le sentir et quand elle se réveilla ce matin-là, la respiration saccadée et le coeur battant, elle ne put s’empêcher d’envoyer valser un de ses coussins, de frustration et de fatigue, les larmes toujours au bord des yeux. Elle en avait assez, assez d’être celle qui se cachait toujours dans la pénombre, toujours être celle qui devait s’excuser et faire en sorte d’être discrète. C’était sa ville, elle vivait ici depuis bientôt deux ans, elle avait fait de son mieux pour mettre cette histoire derrière elle, et ce n’était pas pour autant qu’elle se sentait en sécurité ici. Ruby voulait mettre un point final à ce chapitre de sa vie mais cela semblait de plus en plus difficile à faire ici. Peut-être que Fairhope n’était pas du tout fait pour elle, qu’est-ce qui la retenait ici de toute façon ? Son école de danse ? Les quelques amis qu’elle avait ça et là ? Son agression avait jeté une ombre trop longue et trop noire sur toute sa vie ici et plus les jours s’étiraient et plus Ruby remettait tout en question… Elle finit par sursauter au son de sa propre alarme, la réalité la rappelant brutalement à l’ordre. Le regard de la professeur de danse finit par s’attarder sur la fenêtre et la vision parfaite qu’offrait la plage à cette heure du jour, sans personne pour venir se perdre dans les grains de sable et cela fut suffisant pour la tirer de son lit et pour enfiler ses baskets. Ruby avait besoin de se vider la tête, au sens propre comme au figuré.

Ce jogging matinal lui fit le plus grand bien, surtout face au silence et au désert des rues de la ville, juste quelques moments de tranquillité. Quand Ruby poussa la porte de sa demeure quelques minutes plus tard, elle était beaucoup plus déterminée et beaucoup plus calme. Il lui restait toujours une solution, ce petit film qu’elle essayait toujours de monter. Une erreur selon Amelia, mais elle n’allait pas se démonter par une mauvaise critique et par un avis négatif. Elle avait réussi à filmer une infirmière urgentiste qui lui avait confié certains noms et notamment celui de son prochain rendez vous. C’était surement un mauvaise idée, mais Ruby n’avait absolument plus rien à perdre et après quelques préparations, Ruby se retrouva à attendre dans une salle aseptisées des plus vide. À un autre moment, cela l’aurait surement rendue nerveuse mais pas aujourd’hui, elle avait cessé de craindre les médecins depuis longtemps, James Shelley ne pouvait rien pour elle ou pour ses cordes vocales, espérer le contraire était bien inutile. Mais la brune était préparée et elle fut sur ses deux pieds en un instant quand l’heure de son rendez vous arriva. Hello Mister Shelley.Sourire poli, Ruby avait même emmené son ardoise pour l’occasion et quelques cartes qu’elle avait préparée… Elle ne voulait aucune surprise pendant les prochaines minutes. Une fois assise en face de ce bureau, Ruby prit une profonde inspiration avant de pousser un premier morceau de papier dans la direction de James.

I wont make you lose any of your time, I am already seeing a doctor. I am here to ask you some questions about the investigation and all you had to go through because of the serial killer in town…Fairhope était une toute petite ville mais tout finissait par se savoir et Ruby n’avait eu aucun mal à trouver le nom de James. Et elle fit de son mieux pour garder une expression impassible, elle n’était pas aussi en colère que Amelia l’avait imaginé, oui, Ruby était perdue, oui, son projet ne faisait absolument aucun sens mais c’était quelque chose qui lui permettait d’avancer pour le moment. Et c’était tout ce qui comptait, oui c’était égoïste, elle n’avait aucunement l’intention de profiter de la misère des autres non… Mais toute histoire avait plusieurs facettes et les forces de l’ordre de la ville avait eu suffisamment de place au soleil, quelqu'un d’autre méritait qu’on l’écoute cette fois-ci. I would like to hear your version of the truth and if possible, film it… And show it to the world. But only if you are okay with that.

Ruby haussa un sourcil cette fois-là et son regard rencontra celui de James et elle finit par sortir la caméra de son sac, la posant sur le bureau. Cette fois-ci, la brune annonçait la couleur dès le début.

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"I got to do things my own way darling......Will you ever let me? Will you ever respect me? No..."

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Sujet: Re: the dark side of the moonMer 8 Nov - 10:52

Malgré son implication fortuite dans l'affaire qui secouait Fairhope, James ne pensait pas grand-chose du tueur en série qui terrifiait la ville depuis quelques années. Il ne se sentait pas menacé, il ne se sentait pas particulièrement en danger lorsqu'il rentrait chez lui seul la nuit tombée. La seule chose que le Poète, comme les médias l'appelaient, évoquait chez le médecin, c'était, d'abord, un soupir de lassitude. Le meurtre le dépassait entièrement, c'était un concept éternel qui lui était pourtant complètement incompréhensible, la mort le repoussait beaucoup trop pour qu'il en soit autrement. Et quand les policiers avaient commencé à s'intéresser de trop près à lui, c'était un profond sentiment de malaise qui s'était logé quelque part dans sa cage thoracique et qui n'en était jamais vraiment parti. Il y avait beaucoup trop de lumière sur cette affaire, et il était bien trop proche des projecteurs à son goût. La dernière chose dont il avait besoin était d'être officiellement suspecté et qu'on fasse le lien entre l'anglais un peu excentrique sorti de nulle part cinq ans plus tôt, et le chirurgien Londonien accusé d'homicide involontaire qui avait disparu sans laisser de trace, cinq ans plus tôt. Alors il priait toujours pour avoir un bon alibi quand un cadavre était retrouvé attaché quelque part, parce qu'à coup sûr, on allait lui demander de venir passer un interrogatoire. Ils n'appelaient pas ça comme ça, bien sûr, mais James n'était pas dupe. Des questions de routine. Il serrait les dents, souriait aux officiers, disait qu'il comprenait parfaitement, qu'il n'avait rien à cacher et que non, cet inconnu ne faisait pas partie de sa patientèle. Le reste était perdu en prières à des Dieux auxquels il ne croyait pas, et en pilules qu'il ingérait beaucoup trop vite. A Londres, c'était facile de changer de pharmacie régulièrement. Ici, il allait vite avoir fait le tour.

Ruby. Confinée au silence, à ses propres pensées, James ne pouvait pas envisager de pire cauchemar. Condamnée à écouter. La brune était visiblement venue préparée. Le médecin attrapa le bout de papier, réajusta ses lunettes de lecture, et entreprit de lire, jetant des regards un peu perplexes à la jeune femme par-dessus ses lunettes. Soudain, le britannique était plus alerte, plus attentif, plus inquiet, aussi, et même ses connaissances de base en langage corporel ne réussirent pas à l'empêcher de croiser les bras sur sa poitrine, à au moins prétendre que Ruby ne venait pas de s'aventurer sur un terrain glissant. Bien sûr, il savait que son nom figurait sur certains rapports de police. Ses patients, tout d'abord, puis d'autres, puis sa présence dans la salle et sur scène lorsque les secours étaient arrivés pour Adam. D'autant que l'été avait apporté son lot de fanatiques et de gens qui suivaient l'enquête religieusement, avec plus d'efficacité que leurs propres services de police, et qu'il en avait vu quelques-uns au dehors de son cabinet. Il était bien loin d'être le plus importuné par cet amas de touriste et, la plupart du temps, il arrivait à se convaincre qu'ils n'étaient là que par hasard. Qu'ils regardaient à travers toutes les fenêtres qu'ils croisaient sur leur route. Le reste du temps, il était trop léthargique pour même les voir. Ce qu'il avait dû endurer ? Qu'avait-il bien pu endurer, en comparaison? Les regards suspicieux, les questions, les quelques journalistes qu'il évitait comme la peste? Il connaissait déjà. Certes, il n'avait à l'époque pas su le supporter, mais il connaissait déjà. Alors quoi? La simple idée qu'on le considère capable de telles atrocités, les rares visites qu'il recevait, comme Ruby, de gens qui voulaient lui soutirer quelques informations, qui prenaient rendez-vous et prétendaient? Peut-être. Lorsque leurs questions indiscrètes et maladroites finissaient par peser plus lourd que les symptômes inexistants qu'ils s'étaient inventés, il les renvoyait chez eux dans un grognement désapprobateur. Ils n'avaient pas le passé de Ruby. Ils n'avaient pas ses intentions, quelles qu'elles soient. Et ils n'étaient jamais aussi francs. Pourtant James considéra l'idée de la renvoyer chez elle.

S'offusquer aurait été ridicule. Ce n'était pas comme s'il était débordé, pas quand tout le monde décidait qu'être malade, c'était beaucoup moins intéressant qu'aller se prélasser au soleil sur la plage. Le médecin se contenta de jeter un regard désapprobateur à la caméra posée sur son bureau, et relut les mots posés devant lui. Il n'y avait pas à nier que c'était tentant. Comme de tout le reste, il ne parlait jamais de cette culpabilité qu'on voulait lui coller sur le dos.  Et il n'y avait pas non plus à nier que James aimait s'écouter parler. «For the sake of argument, let's say I'm in. Then, I do not want to be on camera. Absolutely not. I don't even think I want my name on this. I don't need my patients knowing I've been questioned by the police so many times. It'd be bad for business.» Ce n'était pas un mensonge, et James estimait que c'était sa version de la vérité. C'était ce qu'on lui demandait, après tout. «Anyhow, this is still hypothetical. The real question is, where are you going with this? Why are you doing it? What do you want from it?» Là, à peine stimulées, ses pensées s'agitaient sous la brume, ombres menaçantes qu'il faisait de son mieux pour fuir. «And also, why would I have anything to say? They're just doing their job.» Même si, à son avis, ils auraient eu mieux fait de ne pas perdre du temps avec lui. Même si, à son avis, ils auraient dû l'attraper depuis longtemps, plutôt que de jeter des tas d'innocents en prison.
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