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 we're dancing in this world alone

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bad blood - we live here

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◆ Manuscrits : 71
◆ Arrivé(e) le : 25/12/2016
◆ Âge : 35 ans
◆ Métier : co-propriétaire et employée d'Express Cleaning
◆ Points : 114
◆ DC : divers et variés
◆ Avatar : Sarah Drew


Sujet: we're dancing in this world alone Jeu 12 Oct - 2:28


juin 2016


Eva Dylan Hamilton était une peureuse, elle l’avait déjà admis par le passé et si c’était à refaire, elle l’affirmerait de nouveau, sans aucune hésitation. Plus jeune, son grand frère Davis l’avait convaincue sans effort qu’un monstre habitait dans son placard et qu’il attendait qu’elle soit profondément endormie pour faire ce que tous les monstres faisaient de mieux, à savoir dévorer les petites filles. Si pour l’ainé il s’agissait uniquement d’effrayer sa soeur car c’était dans l’ordre des choses, Eva avait été terrifiée et son père avait dû passer plusieurs nuits à dormir avec elle pour la rassurer.
Mais les années ne l’avaient pas rendue moins crédule ou moins naïve, bien au contraire et si aujourd'hui elle savait que les monstres ne se cachaient plus dans les placards, Eva n'avait pas plus de courage pour autant et fixer cette porte, cette demeure qui se voulait chaleureuse et accueillante la terrifiait au plus au point.

Elle avait grandi pourtant, savait que les mauvais moments n'étaient rien d’autre que cela, juste des mauvais moments à passer et qu'une fois qu'elle serait de nouveau seule dans son petit appartement, elle pourrait se concentrer sur ce qui était le plus important pour elle. Et oublier toute cette après-midi et toute cette mascarade… Elle était d'ordinaire si douée, pour faire semblant, pour prétendre que tout allait bien, c'était un talent qu'elle avait hérité de son père, Dylan s'efforçait de sourire dans toutes les situations, alors elle aussi… On disait souvent, telle mère, telle fille mais la mère d’Eva était sortie de sa vie de manière tellement brutale, juste une ombre qui quittait le coin de son oeil, qui emmenait Davis et Rosie avec elle, juste comme ça, d’un claquement de doigts, la famille était brisée en deux. Eva respira profondément, elle fit de son mieux pour appliquer à la lettre les conseils de cette vidéo d’exercices de relaxation qu'elle avait trouvé sur Youtube alors qu'elle appliquait une mince couche de fond de teint sur son visage.Elle devait être calme, ce déjeuner, c'était en quelque sorte sa mère qui faisait un effort, le premier depuis qu’Eva était revenue à Fairhope en Octobre dernier, un effort tellement considérable qu’Eva avait cru rêver en écoutant le message sur sa boite vocale. Car sa mère n’était rien d'autre qu'une étrangère, elle l'appelait meme par son prénom, Shannon, oui, ce n'était pas sa mère, pas celle vers qui elle courrait quand les jours et la vie devenaient un peu cruels, pas celle à qui elle pouvait confier ses doutes quand elle était certaine qu’Arthur lui mentait en la regardant droit dans les yeux, pas celle qui pouvait la réconforter et … non, c'était juste Shannon.

Eva poussa un énième soupir, elle se trouva absolument ridicule, là, à quelques mètres de cette maison, ses paumes moites sur le Tupperware dans lequel reposait le gâteau au chocolat qu'elle avait fait la veille. Un autre signe de paix entre elle et cette famille qu'elle ne connaissait pas. Eva détestait être en retard et ce fut bien malgré elle que ses pas la guidèrent devant cette porte, elle sonna la gorge sèche et les mains tremblantes, comptant les secondes qui la séparaient de questions incessantes et de sourires gênés. « Oh… Eva, its you, I'm glad you could make it. » Shannon paraissait aussi détendue qu'elle et Eva fit de son mieux pour ne pas se crisper en sentant les bras de sa mère se refermer sur sa fine silhouette, l’étreinte était bancale et Eva fut presque contente de pouvoir rentrer dans la demeure, là où les distraction régnaient justement. Eva semblait être l'une des dernière arrivée et elle hocha la tête face aux visages presque familiers, face aux rires et aux sourires. Celui sur le visage d’Eva était tout ce qu'il y a de plus faux et elle pouvait sentir son expression faiblir à chaque pas qu’elle prenait, si bien qu’elle finit par sursauter quand son propre grand frère posa une main sur son épaule.

« Eva, and here I thought you had disappeared into Dylan's shop for good! » « I…  Yeah, nice to see you too. » Son ton était faible et elle se connaissait bien, elle savait que d’ici quelques minutes des larmes feraient leur apparition au coin de ses yeux et qu'il serait bien difficile de les stopper. Eva avait jamais été une bonne menteuse, elle ne savait pas comment elle avait réussi à croire que venir ici serait une bonne idée. Là où on voulait lui faire croire que les familles heureuses existaient encore. Eva utilisa l'excuse de son dessert pour s’éclipser dans la cuisine ouverte, elle se réfugia dans l’ombre de la pièce, inspirant et respirant rapidement, son coeur s'emballant de minute en minute. Son instant de répit ne fut que de court durée, car déjà une autre figure familière faisait son apparition. « I've got cake… I mean hello Nathan, I made a cake. » Et son ton indiquait qu’elle n'était pas prête à parler davantage, du moins pas ici.

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I'm supposed to be all grown up now, right ? I'm supposed to know everything that I want and have this figure it out. But that's the sad part, I am a grown up, and I still don't know.
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Sujet: Re: we're dancing in this world alone Mer 25 Oct - 17:13

Durant des années, il avait espéré que son père reprendrait sa place dans sa vie. Qu'il passerait la porte, lancerait un sourire, et qu'ils se réuniraient tous les quatre au petit-déjeuner, comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Ou encore qu'il passerait de temps en temps, qu'il n'échangerait des sourires qu'avec lui, et qu'ils s'en iraient tous les deux quelques heures, chasser le gibier dans la forêt, pêcher à la ligne à la rivière, ou simplement boire un verre de limonade à la terrasse d'un café par un bel après-midi d'été. Sa mère, son frère, n'auraient pas besoin de le savoir, ce serait leur petit secret à tous les deux, et Nathan le garderait précieusement. Il se précipitait toujours pour ouvrir la porte lorsque d'aventure quelqu'un sonnait, il regardait aux alentours à la sortie de l'école. A coup sûr, ce soir, il viendrait le chercher, et il le ramènerait aux États-Unis. Avec les années qui s'écoulaient et son visage qui n'apparaissait pas, il s'est simplement mis à espérer qu'il lui écrive, qu'il lui envoie une carte postale. Quelques mots, plus de sourire, juste son écriture et la chaleur de ses phrases. Il n'espérait plus qu'il répare leur famille, il espérait simplement voir son nom en bas d'une lettre. Ensuite, il avait cessé d'espérer, et il avait appris à se contenter du rien. Sa mère était partie aussi, alors il n'y avait plus d'espoir pour les Howard, et Nathan tentait tant bien que mal de ne pas les chercher partout. D'imaginer qu'ils s'étaient peut-être retrouvés ailleurs dans le monde, qu'ils s'étaient aimés à nouveau sans le poids de leurs deux enfants pour les ralentir. Il les imaginait dîner dans de beaux restaurants, sourires resplendissants et quelques pensées larmoyantes pour les enfants qu'ils avaient laissé en Europe. Il les avait même dessinés. Ce fut son frère ensuite, même s'il continua d'écrire et d'appeler, puis finalement, Nathan était parti aussi. Il avait enlacé sa grand-mère, la seule qui ne l'avait pas fui, qui était restée là, seule dans sa petite maison en Italie, qui les avait accueillis et vus partir, et il s'était mis à courir à son tour. Il avait arrêté de chercher les autres, il n'arrivait même pas à se trouver lui-même. Ses parents n'avaient rien vu en lui, et le brun ne voyait rien non plus lorsqu'il se regardait dans la glace. Puis petit à petit, morceau par morceau emprunté à autrui, il s'était construit, patchwork de ce que les autres faisaient de lui, voyaient en lui.  Il avait eu non pas une famille, mais des familles, des appartenances et des abandons, tous éphémères, tous douloureux, et puis il avait trouvé quelques fleurs, Rose et sa mère, et il s'était arrêté pour les sentir, s'enivrer de leur parfum. Ils avaient bâti un foyer, ils avaient peint un sourire au fond de leurs cœurs, et Nathan n'avait plus besoin de courir après ses parents, après un public ou après des tableaux, il pouvait poser ses crayons, ses pinceaux et ses vers. Si seulement il s'était véritablement arrêté. Pourtant non, il avait attendu qu'une des fleurs ait fané, que les sourires se soient taris, et seulement avec l'arrivée de Rose s'était-il enfin posé. Puis c'était elle, qui avait disparu. Il n'avait plus la force de courir, et plus de famille.

«Come on, Nate, you're coming too. I'll pick you up in about 30 minutes. Be ready.» Il avait donc été surpris qu'on l'invite à un repas de famille. Matthew, son aîné, avait pourtant mis un point d'honneur à être présent pour le plus jeune depuis qu'il avait perdu sa fille, mais il avait sa propre famille à côté, ses propres enfants et d'autre bras qui l'enlaçaient quand il passait la porte. D'autant qu'on n'invitait plus Nathan. Les gens avaient pris l'habitude de l'éviter, pour ne pas avoir à lui faire face, pour ne pas avoir à contempler la douleur qu'il ne pourrait jamais cacher. Son ombre s'étendait dans toutes les directions et obscurcissait tout ce qui l'entourait ; il ne pourrait jamais rien  y changer. Même en se remettant à courir, même en allant se perdre ailleurs, là où son nom et son visage seraient inconnus, c'était écrit dans ses yeux. Ca se sentait, il n'y avait plus de vie dans sa voix, plus d'éclat dans son regard. C'était pourquoi Nathan avait pris la seule décision qui semblait plausible, il avait décidé de ne pas aller à ce repas. Il n'avait rien à apporter à part quelques malaises, beaucoup de regards en coin et des murmures. Cela faisait quelques années déjà que son grand frère avait rétabli le contact avec leur père. Quelques mails, quelques visites. Nathan n'avait pas voulu prendre le risque. Et si ce qu'il était devenu salissait tous ses souvenirs? Et s'il entrait dans la vie de Rose, simplement pour s'en arracher et lui laisser des cicatrices dont elle n'avait pas besoin? Ils s'étaient vus, une fois. Matthew était présent, et le plus jeune n'avait pas décroché un mot, les dents serrées alors qu'il écoutait son père parler de sa famille et que Nathan réalisait que non, son père n'était pas mort et que non, il n'avait rien à dire qui pourrait justifier son absence continuelle. «I'll be ready.»

«Oh, hi, um, Shannon, pleased to finally meet you.» En y réfléchissant bien, Nathan se disait qu'il aurait peut-être dû boire la bouteille de vin qu'il venait d'offrir avant de venir. Cela aurait apaisé les nœuds qu'il avait entre les omoplates et décrispé le sourire qu'il avait de rivé au visage. Cela aurait rendu les quelques heures à venir bien plus faciles à supporter. Devant la porte, accompagné de son frère, il avait considéré l'idée de faire demi-tour et d'aller profiter de cet excellent cru ailleurs, de préférence très loin, mais déjà Matthew frappait à la porte. L'aîné était déjà venu, il était plus à l'aise, il l'avait toujours été. Il avait expliqué leur retard en mentionnant les bouchons rencontrés sur la route, et ses enfants avaient fait le reste, attirant l'attention. Nathan avait fait son chemin à l'intérieur, donnant des poignées de main et des sourires à qui de droit, échangeant quelques bribes banales de conversation en se demandant pourquoi il s'infligeait ça et en s'efforçant de ne pas remarquer les condoléances non dites dans les yeux des autres. Il n'avait même pas besoin de se présenter. Il n'y avait plus de colère quand le professeur posa les yeux sur son père, rien qu'une lointaine déception, un peu d'indifférence et il se détourna très rapidement pour se diriger vers la cuisine. Sa bouteille de vin trônait sur la table, tentation presque irrésistible, mais c'est la silhouette d'Eva qui attira son regard. Visage bien plus familier que tous ces inconnus, il se dirigea vers elle. La jeune femme était clairement mal-à-l'aise, et Nathan ne pouvait que comprendre, lui-même était bien loin de sa zone de confort. «Hi, Eva. I- I didn't mean to bother you, it's just... You seem as comfortable with all this as I am, and I just thought I could use a familiar face right now.» Il haussa vaguement les épaules et promena son regard autour de lui. «I was also wondering if by any chance there was a secret way out of here.» Nathan avait un léger sourire au visage, un qui manquait de peu d'atteindre ses yeux.


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the look in your eyes, i've seen it before,
it's a dead man's look, eyes that say no matter where you go or what you do, it feels like this world doesn't fit anymore
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