AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 before she leaves

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

bad blood - génie de la cb

avatar

◆ Manuscrits : 2298
◆ Arrivé(e) le : 13/11/2016
◆ Âge : 46 ans
◆ Métier : ancien médecin légiste
◆ Points : 1962
◆ DC : Emily
◆ Avatar : Jon Hamm


Sujet: before she leavesMer 25 Oct - 18:58

Juin 2016




Devant les portes du restaurant qu'ils venaient de quitter, Seth courba légèrement la nuque pour allumer une cigarette, sourcils froncés, aussitôt imité par son fils. Le même geste, la même expression. Joshua Coleman s'apparentait de plus en plus à une version juvénile de son père. A présent, ils marchaient le long de la côte, l'un à côté de l'autre. La mer scintillait, et quelques passants évoluaient autour d'eux ; certains tenaient une glace dans leur main, d'autres un chien au bout d'une laisse. Les rues ressemblaient presque à ce qu'elles avaient été, par le passé. Le soleil réchauffait leurs épaules, le vent se faufilait agréablement à travers leurs cheveux. Ils abandonnaient leurs manteaux sombres et épais au profit de vestes légères, comme une seconde peau plus claire qu'ils retrouvaient après la mue. Durant tout le repas, ils avaient parlé du poète, de l'enquête, malgré le fait que le jeune détective ne pouvait pas lui livrer les informations les plus récentes. Et tous les deux étaient apparus comme dans ces lointains souvenirs de dîners en famille : le médecin légiste, narrant les dernières découvertes qu'il avait exhumées, assorties parfois d'une foule de détails sordides, au grand dam de Kate qui levait alors les yeux au ciel : « On essaye de manger, Seth... » Le fils prenait alors un air absorbé, s'improvisant profiler pour proposer toutes sortes de pistes qui pouvaient expliquer les raisons du décès. Le père souriait, satisfait de l'intérêt qu'il suscitait alors, fier du chemin qu'empruntait sa progéniture. Jared, spectateur silencieux de leurs échanges, lui lançait alors un regard qui le ramenait immédiatement sur terre.
Ces souvenirs étaient bons, malgré tout. Joshua représentait une constante, le seul lien qu'il lui restait avec son ancienne existence, sans regrets, sans coupures. Parfois, il arrivait que le jeune homme soit interrompu dans leur conversation par les vibrations de son portable, et qu'il déclare : « C'est Jared » ou « c'est maman ». Seth restait silencieux, l'autorisant à répondre d'un signe de tête, et il semblait soudain extrêmement seul. Tenu à l'écart de ce qui les animait encore ensemble, même à trois, simplement ; parce qu'il était parti. Il n'y avait rien à défendre contre ça. De temps en temps, il mettait sa pudeur de côté, et sortait du silence pour lui demander quelques nouvelles.
C'est ainsi qu'il comprit, malgré la prudence exagérée prise par son fils pour le lui annoncer, que son ex-femme s'était installée récemment avec quelqu'un. Ce à quoi il répondit avec un sourire, haussant les épaules avec insistance : « Why are you so bothered... ? I'm happy for her. Truly. She deserves it. » Ils firent encore quelques pas, sans rien ajouter à ce propos.
Le temps était magnifique, et il envisageait de faire un saut à la piscine peu après. Rien ne semblait pouvoir contrarier ce type de journée, vraiment rien ; et il se concentra sur ce petit bout de phrase tandis qu'ils continuaient à marcher, le visage impassible : « Vraiment rien ».
En arrivant près de la jetée, ils s'arrêtèrent néanmoins, Joshua lui indiquant qu'il devait retourner travailler. Ils se donnèrent une accolade sincère, et le fils s'éloigna, laissant l'ancien légiste seul, porter sa cigarette à ses lèvres tout en pensant encore : « Vraiment rien ». Il resta quelques secondes ainsi, expirant sa dernière bouffée tout en contemplant la mer. Puis il écrasa son mégot contre la rambarde pour l'éteindre, et se retourna pour partir quand il se retrouva pile en face d'Amelia, qui se tenait tout juste à quelques pas de lui. Leurs yeux se croisèrent immédiatement. Et il resta là, figé dans son intention de partir.

Le souvenir de cette nuit-là commençait à peine à s'estomper. Depuis, il en avait cherché le sens, avait hésité parfois à le lui demander ; mais Seth s'était contenté de se réfugier dans le silence. C'était un domaine dans lequel il excellait particulièrement, l'absence. Ce matin-là, il était parti sans rien dire, et sans attendre, comme un étranger qui quittait le lit de sa dernière conquête. Il avait songé à lui laisser un message, ou à lui en envoyer un ; mais il n'avait pas trouvé quoi dire. Puis lorsqu'il avait lu les siens sur l'écran de son portable, il avait commencé à réfléchir longuement. Rien à voir avec la promptitude qui l'animait au départ, lorsqu'elle lui donnait signe ; et il avait fini par lui envoyer des réponses neutres, puis à éviter leurs rendez-vous. S'il ne savait plus quoi dire face à quelques lettres écrites, comment pouvait-il la regarder en face ?
Et pourtant, tandis qu'elle réapparaissait devant lui par surprise, toutes leurs conversations, toutes leurs attitudes lui revenaient aussitôt en tête. Comme s'il avait essayé d'enterrer quelque chose d'évident. Il se sentait extrêmement raide, et il réduisit la distance qui les séparait en faisant quelques pas dans sa direction. Et puis les mots tombèrent de sa bouche :

- Millie. Hey. 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t884-seth-coleman#28384

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 1822
◆ Arrivé(e) le : 13/11/2016
◆ Âge : 28 ans
◆ Assoc. des Victimes : Membre
◆ Métier : Professeure des écoles (5th grade)
◆ Points : 1932
◆ DC : Caroline R. Walker
◆ Avatar : Margot Robbie


Sujet: Re: before she leavesVen 3 Nov - 13:07

Quand elle était enfant, son père avait pris l’habitude de l’emmener à la plage. Ensemble, ils passaient de longues heures à fortifier les douves de ses pâtés de sable en se racontant tout un tas de choses sur l’univers marins. C’était à cette époque-ci que Millie avait développé un savoir exponentiel sur la façon de vivre et de se reproduire des crabes. Ça ne lui avait jamais vraiment été utile de savoir qu’ils étaient omnivores, ou encore que leur vue était multidimensionnelle, mais ça lui faisait des souvenirs en commun avec Jon qui, même une fois que sa petite princesse était devenue grande, avait continué à l’inviter régulièrement pour longer le bord de l’eau après les copieux brunchs dominicaux pris en la demeure douillette des Williams. Aujourd’hui, ils ne se lançaient plus à la recherche de bestioles à étudier, encore qu’Amelia s’y serait donnée à cœur joie, mais ils discutaient longuement de ce qu’il se tramait dans leur vie personnelle, faisant de ces marches en duo un rendez-vous unique qui leur réchauffait le cœur, et qui n’avait fait que les rapprocher au fil des années. Il s’agissait de leur moment à eux, et quiconque s’invitant pour participer à leur balade s’en rendait bien vite compte. Ils prenaient toujours un peu de recul, pieds nus, bras-dessus, bras-dessous, pour débattre des jours écoulés ; décisions prises sur le coup de l’impulsion, regrets sincères à propos d’une situation, erreurs commises par manque de jugement, ils ne se cachaient pas grand-chose à cette occasion, et finissaient coûte que coûte par se conseiller mutuellement. Son père était particulièrement doué à ce propos ; il prenait alors le ton du vieux sage qu’il était indubitablement, fronçait les sourcils pour faire bonne mesure, et en bon amateur de chiffres qu’il était, lui posait des questions. Il lui donnait souvent l’impression qu’il tentait de résoudre un calcul plutôt compliqué, mais puisque les chiffres n’avaient aucun secret pour lui, il parvenait toujours à démasquer l’inconnue qui empêchait sa fille unique de vivre sa vie sereinement. Mais ces derniers temps, ces inconnues n’en finissait plus d’apparaître, et Jon avait peine à les mettre en lumière. Néanmoins, il s’était obstiné à les comprendre, les amadouant en reconsidérant dans son ensemble la situation d’Amelia, et en la soutenant sans jamais faillir à son rôle principal : la protéger de tout, quoi qu’il arrive. Mais tandis qu’elle lui annonçait son désir de quitter Fairhope pour de bon, il sut qu’il avait échoué, et ce fût avec la gorge serrée qu’il la suivit pour rejoindre la jetée.

« Ne dis rien à maman pour l’instant, je tiens à lui en parler moi-même. » Elle serra son père dans ses bras. Il posa son menton sur son épaule, et pendant qu’il l’étreignait aussi fort qu’il le pouvait, elle sentit sa pomme d’Adam vibrer d’émotion. Elle rompit leur au revoir, puis en le regardant d’en-dessous, leur différence de taille significative la privant d’une bonne perspective, elle fronça tous les traits de son visage pour le faire rire. Ce qui fonctionnait toujours. Il amorça son départ en direction de sa voiture, lui lançant sur le ton de la plaisanterie « Au fait, le blond te sied davantage, ma chérie. »

Millie fit mine de battre des cils en soulignant sa nouvelle coupe de cheveux à la manière d’une vendeuse de télé-achat – une main sous le menton, et une moue exagérée faisant ressortir le rouge crémeux sur ses lèvres peintes en mate. Attendant qu’il manœuvre pour quitter le parking de la marina, elle lui fit un signe de la main lorsqu’il s’engagea sur la chaussée pour rentrer chez lui. Un grand sourire sur le visage, elle pivota sur ses pieds pour profiter une dernière fois du panorama, quand le regard qu’elle croisa de l’autre côté du trottoir la fit se raidir imperceptiblement.

Elle n’avait pas parlé de Seth à son père. Pas qu’il l’aurait jugé pour s’être laissée tentée par le caractère éphémère, et somme toute charmant, des aventures d’une nuit. Mais parce qu’il y avait dans toute la succession de souvenirs qui s’imposa soudain à elle quelque chose se rapprochant étrangement de la honte. Une honte tenace qu’elle ressentait vis-à-vis de son comportement, ce soir-là. Elle avait bu, mais ce n’était pas une excuse. Comme pour se faire pardonner, elle avait tenté une approche en douceur à la suite du départ de Seth, notamment en lui envoyant quelques textos timides – auxquels il avait apporté des réponses concises, et un peu froides, au demeurant ; mais aussi en lui proposant de se voir autour d’un café comme avant –  et ces propositions-là étaient restées sans réponses. Aussi avait-elle deviné qu’il valait peut-être mieux qu’elle se contente de le laisser tranquille. Et c’est ce qu’elle avait consciencieusement fait, évitant de s’enfoncer en insistant grossièrement pour obtenir ce dont elle aurait bien eu besoin pour mieux dormir ; une réponse à la question qui la torturait : est-ce que Seth lui en voulait ? A l’instant où elle comprit qu’il la rejoignait, elle ne sut quoi faire d’autre que de lui sourire un peu gauchement.

« Seth, hey. » lui répondit-elle, mimant sans le vouloir l’entame qui lui servit en traversant la portion de trottoir qui les séparait. Amelia ne bougea pas. Elle se risqua à la toiser lorsqu’il se planta face à elle, et de son côté, ce fût ces mots-là qui tombèrent de sa bouche « Tu as l’air en forme. » Elle ne marqua même pas une pause pour lui laisser le temps de répondre. Ses nerfs s’emballèrent au même rythme que son cœur, tandis qu’elle ajoutait, sa maladresse légendaire choisissant ce moment précis pour faire de nouveau des siennes, en même temps qu’elle plissait le jupon de sa robe fluide et estivale pour se donner bonne figure « J’avais fini par en douter, étant donné que mes derniers textos sont restés sans réponses. » A ces propos, ses mains avaient abandonné le tissu de sa robe pour se lancer dans un ballet improvisé. Bien qu’elle évitât soigneusement de regarder Seth droit dans les yeux, elle capitula assez rapidement en s’y aventurant une longue seconde. Et pendant qu’elle prenait progressivement conscience que ses paroles pouvaient très bien être prises pour une attaque personnelle, elle déglutit bruyamment. Millie se précipita. Les yeux fermés et les mains crispées devant elle comme pour se raccrocher à des branchages invisibles, elle voulut rattraper le coup en ajoutant promptement « J’étais très inquiète, c’est ce que je veux dire. » Et aussi promptement, elle lui avoua « Excuse-moi. Je ne m’attendais pas à te voir. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t885-amelia-j-williams-diamond-heart#28183 https://scarjohnsson.tumblr.com/

bad blood - génie de la cb

avatar

◆ Manuscrits : 2298
◆ Arrivé(e) le : 13/11/2016
◆ Âge : 46 ans
◆ Métier : ancien médecin légiste
◆ Points : 1962
◆ DC : Emily
◆ Avatar : Jon Hamm


Sujet: Re: before she leavesVen 10 Nov - 1:32

Cette histoire était muette. Comme dans bien d'autres situations, Seth restait silencieux. On le pensait solide, et même inébranlable, lorsqu'on le visualisait penché au chevet des morts, fouillant méticuleusement leurs entrailles, le visage calme et concentré. S'il était parfois touché ou troublé par ce qu'il voyait, il ne l'avait jamais exprimé, comme mû par l'habitude de la tâche ultime qui lui était confié. La mort, les épreuves étaient toujours évoquées avec une teinte d'ironie, comme si l'acceptation avait fait depuis longtemps son chemin ; lutter était parfaitement inutile, dans sa conception de l'existence. Pour ces raisons, il avait parfois été en désaccord avec son ex-femme, et souvent avec Ezra. Même s'il devait reconnaître que le pasteur avait des idées plutôt modernes et un esprit ouvert. Lui préférait revendiquer le fait d'être parfaitement impuissant face à certaines circonstances, et cultivait durablement l'amertume. La plupart des sursauts de protestation qu'il avait ressenti face à toute cette situation avaient été induits par l'excès d'alcool. Pendant ces moments, l'absurdité et les regrets le submergeaient d'un coup. S'il devait le décrire, il le dirait ainsi : c'était comme si un poids était constamment suspendu au-dessus de sa tête, mais qu'il l'ignorait jusqu'à ce qu'il lui tombe dessus et l'écrase soudainement. L'ancien légiste pensait être particulièrement bon dans le fait de contrôler ses propres émotions. Il avait raison et tord à la fois. Souvent, elles se calfeutraient simplement quelque part au creux de son ventre, au fond de sa gorge, puis elles en sortaient brutalement, et surtout beaucoup trop tard. Il était anxieux, plus qu'il ne le pensait ; et sa colère s'était abattue trop durement sur son fils, et ses mains avaient fini par trembler et poser ses instruments un jour, parce que tout cela était resté tapi au fond de lui.
Il avait préféré s'éloigner d'Amelia, parce qu'il n'avait pas envie de parler, et surtout pas envie de comprendre. La jeune femme n'avait pas insisté, et délicatement adapté son comportement en circonstance. Il en découlait malgré tout une tension, qu'il ressentit immédiatement lorsqu'ils s'approchèrent, et que ses yeux se plantèrent dans les siens. Seth s'apprêtait à lui répondre, qu'elle paraissait en forme elle aussi, une formule détachée et qui ne le forçait pas à avouer qu'il la trouvait superbe. Il ne savait pas l'expliquer, cette manière dont sa personnalité et ses gestes formaient quelque chose de plaisant avec son physique ; ses cheveux avaient retrouvé leur blondeur, et ses lèvres leur teinte écarlate. Elle portait une robe en tissu léger, qui mettait en valeur son corps qu'il savait parfait. Surtout, elle affichait de nouveau cet air lumineux, léger, comme lors de leurs premiers rendez-vous. En un instant, et malgré son reproche, il sentit qu'il pouvait rire avec elle de nouveau. Un sourire à peine perceptible flotta donc un instant sur ses lèvres, lorsqu'elle se rattrapa précipitamment, faisant un geste brusque pour tenter de retenir la maladresse qu'elle venait de commettre. Il y avait toujours au moins un moment comme ça lorsqu'ils se voyaient, et il ne pût s'empêcher de le constater avec une certaine chaleur.
Néanmoins, la maladresse en question n'en était pas vraiment une, et l'ancien légiste sût qu'il ne pouvait décemment pas passer à côté d'une explication. Il aurait pû, lui parler du temps superbe, lui demander comment elle allait, et puis repartir en prétendant avoir d'autres choses à faire. Mais comme elle était devant lui, à présent, et non plus un nom chargé de souvenirs sur un écran, l'ignorer lui paraissait beaucoup plus difficile. Il parla enfin :

- Tu allais rejoindre quelqu'un ? On pourrait marcher un peu, si tu as le temps ?


Ils se mirent à avancer lentement vers la jetée, l'un à côté de l'autre. C'était étrange, cette distance qui les séparait, après qu'ils aient été si proches, prêts à laisser chacun pénétrer dans l'intimité de l'autre. Ils s'étaient embrassés. Ils s'étaient embrassés de nombreuses fois. Leur rapprochement avait été soudain, puissant, et puis il s'était arrêté aussi rapidement qu'il était venu. Mais c'était lui-même qui l'avait bâti, ce mur. Un silence s'installa tandis qu'il réfléchissait.

- Je suis désolé de ne pas t'avoir répondu. finit-il par avouer. En fait, je ne savais pas du tout comment agir, après l'autre fois. Je me suis dit qu'il valait mieux qu'on ne se voit plus.

Il était rare qu'il soit aussi direct, dès le début d'une conversation. Il se sentait confus, en réalité. Il ne comprenait toujours pas pourquoi il était resté, lorsqu'elle le lui avait demandé. Et puis, il n'avait aucune excuse ; il n'était pas saoul ce soir-là, contrairement à elle. Amelia avait simplement compris son attirance envers elle, à force qu'ils se voient ; et c'était pour cela qu'elle l'avait appelé, à cet instant, où elle se sentait seule et désespérée. D'accord. Mais c'était son propre comportement qui le déroutait. Maintenant, il ne savait plus quoi dire. Les mots se bousculaient, sans parvenir à atteindre ses lèvres. Il finit par ajouter :

- Tu as l'air en meilleure forme, maintenant.

Et en disant cela, il glissa un regard vers son visage, et ses cheveux blonds. Il le réalisait, à présent : il préférait nettement cette apparence à celle de cette nuit-là. Il se souvenait des sillons laissés par ses larmes, sur ses joues. C'était probablement pour ces larmes qu'il était resté.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t884-seth-coleman#28384

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 1822
◆ Arrivé(e) le : 13/11/2016
◆ Âge : 28 ans
◆ Assoc. des Victimes : Membre
◆ Métier : Professeure des écoles (5th grade)
◆ Points : 1932
◆ DC : Caroline R. Walker
◆ Avatar : Margot Robbie


Sujet: Re: before she leavesSam 11 Nov - 15:40

Millie, elle, n’avait jamais été avare de paroles. C’était son métier de transmettre oralement toutes les connaissances qu’elle avait amassées au cours de sa formation. Elle avait toujours été douée pour mener une conversation et raconter des histoires – surtout, pour raconter des histoires. Dans sa vie de tous les jours, il lui arrivait d’user d’une fâcheuse habitude qu’elle avait gardée de ses années de solitude enfantine. Aussi, quand elle était très concentrée, elle se mettait à parler toute seule. Adulte, elle avait fini par s’en inquiéter, avant d’apprendre qu’il s’agissait de la chose la plus saine qui soit ; elle parlait même dans son sommeil ! Etait-ce un défaut ou une qualité, elle n’aurait su le dire, mais son caractère bavard, bien que très pudique sur certain point, lui avait à de très nombreuses fois sauvé la mise. Et d’une certaine façon, il la rendait attachante, et plus sociable qu’on ne pouvait l’imaginer en fouillant un peu dans son passé. Désormais, elle était abonnée aux longs discours et aux entames volontairement volubiles pour détendre l’atmosphère, tout simplement parce qu’elle-même ne se sentait pas les nerfs de gérer les vraies tensions, celles qui n’impliquaient pas le vol d’une gomme à paillettes, ou d’une carte Pokémon.

Le monde des adultes était bâti sur tout un tas de codes qu’elle ne comprenait pas toujours, et qu’elle tentait d’apprivoiser par ses propres moyens. C’est-à-dire en y ajoutant ceux qu’elle connaissait mieux, et qu’elle avait appris en observant les enfants qu’elle avait quotidiennement en classe. Ils étaient beaucoup moins à cheval sur les convenances, et à ce propos, elle les enviait terriblement. De ce fait, comme eux, elle comptait avant tout sur son charmant culot, savamment enrubanné dans sa maladresse notoire, pour aborder n’importe quel sujet en donnant l’impression à son interlocuteur qu’elle le maîtrisait. Et sans prétention aucune, elle pouvait se targuer d’être capable de conduire un débat sans avoir à rougir de ses références, ou de son intellect, n’en déplaise à ceux qui la pointaient du doigt en la traitant d’excentrique. Mais face à Seth, qu’elle ne s’attendait pas à voir à ce moment-là, et malgré sa première tentative d’introduction, elle redevint brusquement muette.

Ayant le sentiment d’être devenue idiote, elle baissa la tête, et retint une inspiration qui resta coincée juste au creux de sa poitrine, pulsant au même rythme que son cœur qu’elle sentit gonfler sous le coup d’une multitude de sentiments qu’elle s’était contrainte à bannir de son fil de pensées, alors que ces derniers jours, elle s’était tout doucement préparée à accepter qu’elle avait probablement tout gâché. Et c’est sans rien dire de plus, et après avoir timidement opiné du chef, qu’elle accepta de suivre Seth sur la jetée. Il restait du sable dans ses chaussures ; une métaphore parfaite pour illustrer la situation qui se présentait à elle. Ça n’avait absolument rien d’agréable, ça démangeait même un peu, mais elle savait que plus elle avancerait, plus elle serait soulagée par la progression accomplie pour chasser cette sensation. En attendant, c’est la langue aussi lourde que du plomb, qu’elle choisit de s’attarder sur le panorama dans lequel ils s’enfonçaient, plutôt que sur l’écart si peu naturel qui les séparait. A un moment où a un autre, Millie savait que le besoin inexplicable qui l’animait continuellement de toucher ceux qui l’entouraient la fourvoierait, et elle ajouta une interdiction supplémentaire à sa liste mentale qui ne faisaient que s’allonger – ne pas le regarder fixement, éviter de fermer les yeux pour échapper aux flashbacks fiévreux de cette nuit-là, surtout ne pas le toucher ; à cette pensée, c’est avec une rapidité presque comique qu’elle fourra les deux mains dans les poches de sa robe légère.

« J’ai fait une infidélité à la tequila, je ne fonctionne plus qu’à la limonade. Meilleure décision de toute ma vie. » Ça lui demanda un certain effort de se remettre à parler.
Le son de sa voix s’en retrouva légèrement affectée, un peu plus rauque et tendu qu’à l’accoutumée, mais le sourire qu’elle ne put s’empêcher de lui renvoyer, même si elle se sommât de ne pas le regarder trop longtemps, facilita considérablement le dialogue qui recommençait à s’installer entre eux – et ça lui fit un bien fou de constater qu’il acceptait ses blagues comme au bon vieux temps.
Amelia continua à regarder devant elle, toujours un peu indisposée par le sable dans ses chaussures, mais déterminée à ne pas flancher, et elle secoua la tête en lui disant :

« Tu n’as pas besoin de t’excuser. C’est plutôt moi qui devrais le faire. » Trois longues secondes passèrent sans qu’elle ne s’échine à joindre le geste à la parole. Au lieu de quoi, elle lui demanda « C’est ce que tu attends de moi, que je m’excuse ? » Ralentissant un peu le rythme, elle hésita un instant « Si je dois être honnête avec toi, je n’avais pas l’intention de le faire. » Elle passa une main aléatoirement baguée dans ses cheveux un peu défaits par le vent et les embruns marins. Refoulant un sourire qu’elle jugea mal venu, il transparut tout de même dans sa voix quand elle explicita « Les mauvaises circonstances mises à part, et quand je parle de circonstances, je parle de mon alcoolémie, ce qui s’est passé – ou non – ce soir-là, ce serait arrivé de toute façon. »  De nouveau, et tandis qu’elle haussa les épaules pour faire preuve d’une nonchalance surjouée, elle tripota sa frange « Mais ça ne sera bientôt plus un problème. Tu te souviens de cette idée dont je t’avais parlée, quitter la ville ? » Ça le forçait à remonter la bande de cette fameuse soirée, et elle s’en voulut un peu de l’y pousser. Mais une fois que son regard trouva le sien – plus longtemps qu’elle ne se le permettait – elle sut qu’il s’en souvenait. En profitant pour s’arrêter derrière la rambarde du ponton qui traversait la jetée, elle conclut avec philosophie « Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferais jamais. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t885-amelia-j-williams-diamond-heart#28183 https://scarjohnsson.tumblr.com/

bad blood - génie de la cb

avatar

◆ Manuscrits : 2298
◆ Arrivé(e) le : 13/11/2016
◆ Âge : 46 ans
◆ Métier : ancien médecin légiste
◆ Points : 1962
◆ DC : Emily
◆ Avatar : Jon Hamm


Sujet: Re: before she leavesLun 13 Nov - 2:24

Ils regardaient la mer, pour éviter de croiser leurs regards. C'était une belle journée, et le vent chargé de l'odeur du sel soulevaient légèrement leurs cheveux et le tissu de leurs vêtements. Leurs corps ne se frôlaient pas. Ils conservaient une distance prudente, pudique. Pourtant, par moment, quelque chose dans leurs paroles, et leurs sourires leur rappelait qu'ils pouvaient retrouver ce contact si léger qu'ils avaient créé. Il aurait peut-être voulu emprunter ce chemin. En apprendre plus. Parler. Entendre son rire résonner à chacune de ses malheureuses tentatives d'humour. Et ils en étaient proches, à deux doigts, s'il s'était seulement résolu à abandonner. Ça n'avait rien de bien compliqué. Et pourtant, Seth restait raide et impénétrable, résolument silencieux, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon. « C'est comme si tout le monde voulait partir d'ici, mais personne ne le fait. Pourquoi ? » avait-il demandé ce soir-là, les yeux fixés sur la route plongée dans la pénombre. Millie s'était posée la même question. Peut-être l'avait-elle entendue encore et encore, prononcée par sa voix, jusqu'à prendre sa décision. Maintenant ou jamais. Elle partait.
Le soleil brillait de toute façon ; mais tout cela semblait un peu faux, un peu terni. Ils s'arrêtèrent près de la barrière, et contemplèrent la mer côte à côte. Comme s'ils se disaient adieux, dans un film si mauvais qu'il en était triste à pleurer. Ridicule. Et il en aurait bien ri, d'un de ces rires pleins d'amertume, s'il n'était pas occupé à chercher des mots qui lui échappaient, les yeux rivés sur les vagues. Il finit par se résoudre à retrouver les siens, deux iris bleutés qui observaient peut-être sa réaction, tandis qu'il prononçait :

« Ce sont des adieux, alors ? » Il laissa planer cette affirmation parmi le bruit des vagues qui s'échouaient. Durant ce laps de temps, ils se regardèrent enfin, l'un en face de l'autre, et il se souvenait qu'ils s'étaient déjà endormis de cette façon. Cette nuit-là, leurs corps se frôlaient. Ils décelaient leurs contours dans la pénombre de sa chambre, un rire encore posé sur ses lèvres, les larmes encore humides sur ses joues. Les yeux verts sombres de l'ancien légiste ne cillaient pas, et il ajouta : « C'est une bonne décision, je suppose. Pars, et pars dans un endroit plus sûr. Ça ne devrait pas être si difficile de trouver mieux. » C'était tout ce qu'il pouvait dire. A ce moment-là, comme frappé par une urgence, il fouilla l'intérieur de sa veste beige, à la recherche d'une cigarette et de son briquet. Il coinça le mégot entre ses lèvres et en approcha la flamme, la protégeant brièvement avec sa main, se détournant de l'institutrice. Puis il inspira une profonde bouffée de tabac, et la laissa s'envoler parmi l'air marin, le visage tourné vers le paysage. De nouveau insaisissable. Un poids semblait être tombé à l'instant, et ses répercussions se ressentaient encore, installaient une autre forme de tension autour d'eux. Pendant un moment un peu trop long, Seth parût se renfermer sur lui-même. Sa main s'employait à tenir sa cigarette, puis à s'abaisser pour lui permettre d'en expulser la fumée ; seuls ses sourcils légèrement froncés indiquaient le fait qu'il réfléchissait. Et c'était à peu près tout. Il repensait aux paroles qu'elle avait prononcé, toutes ses paroles, essayant peut-être d'y résoudre une énigme.

Il avait simplement eu envie de l'aider, ce jour-là, en lui ramenant son portefeuille. Face à sa détresse, et à son humiliation, il lui avait offert un rempart aux regards méprisants qui la lorgnaient, et un café. La jeune femme endurait ces comportements depuis des années, sans faillir ; et pourtant, il la sentait vulnérable, comme si la protection qu'il voulait lui apporter pouvait momentanément l'empêcher de se briser. Se briser, comme elle était sur le point de le faire, cette nuit-là. Et l'ancien légiste comprit ; il comprit qu'en quelques sortes, il se sentait responsable d'elle.
C'est à cette idée qu'il prit un recul soudain, dans son esprit, comme s'il tirait un trait tranchant et implacable dans l'espace qui les séparait ; et il reprit la parole, posément. « Je n'attends pas que tu t'excuses, Millie. » Il gardait les yeux obstinément tournés vers l'horizon, cette fois. « Je n'attends rien de toi. C'est moi qui ai commis une erreur, et tu avais trop bu. C'est tout. Il n'y avait rien à dire de plus, alors je n'ai rien dit de plus. » Sa main, ferme, veineuse, saisit de nouveau sa cigarette, tandis qu'il évitait soigneusement de la regarder, ignorant ses réactions. « C'est très bien que ça ne soit pas arrivé. C'était stupide. » Il expira une nouvelle bouffée, soupirant presque à cette idée. Mais il ne savait pas s'il parlait uniquement de cette nuit-là, ou d'autre chose ; un rêve qui l'avait effleuré parfois. Un délire tellement absurde qu'on ne pouvait pas en parler à voix haute sans rougir. Tellement absurde qu'on ne pouvait pas y penser sans être pris d'un rire embarrassé et beaucoup trop coupable. Seth secoua légèrement la tête, un sourire acerbe étirant légèrement ses lèvres. Stupide. Vraiment. « De toute façon, c'est inutile d'en parler encore, puisque tu pars. » Et c'était très bien comme ça.  Il était seul, et il n'aurait plus qu'à ajouter un nom parmi la liste déjà bien fournie de tous les regrets qu'il nourrissait, et qu'il ne manquerait pas de déplorer devant un verre d'alcool. Puis le temps passerait, et il oublierait. Il oublierait Millie et son sourire, il oublierait leurs cafés matinaux et à quel point tout cela lui avait paru important, à un moment de son existence. Elle l'enterrerait parmi les éléments qui constituaient son ancienne vie, parmi tout ce qui l'avait rendue si malheureuse jusqu'ici; une boîte grisâtre frappée au nom de Fairhope. Elle commencerait quelque chose de nouveau, de meilleur ; et c'était logique.
Et c'était très bien comme ça.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t884-seth-coleman#28384

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 1822
◆ Arrivé(e) le : 13/11/2016
◆ Âge : 28 ans
◆ Assoc. des Victimes : Membre
◆ Métier : Professeure des écoles (5th grade)
◆ Points : 1932
◆ DC : Caroline R. Walker
◆ Avatar : Margot Robbie


Sujet: Re: before she leavesJeu 16 Nov - 11:56

Millie posa ses mains sur la rambarde en bois, s’y accrochant très fort pour s’équilibrer. Ses jointures blanchirent, et ses phalanges jouèrent sous sa peau délicate, alors qu’elle s’ancrait farouchement dans le sol, le regard perdu vers l’horizon, de la même couleur que ses pupilles. Les contours de l’atmosphère se dessinant devant elle, légèrement arrondis, cette perception de l’espace lui donna mal au cœur. Comme elle l’aurait fait si elle avait été à bord d’un bateau qui tanguait trop fort, lui faisant perdre toute notion de stabilité, elle se raidit progressivement. Et pendant une fraction de secondes, elle oublia qu’elle était supposée rester imperturbable face à la houle féroce qui s’abattit sur elle, l’imprégnant de sel. Confrontée à cette vision, elle se sentit poisseuse, au point qu’elle se frotta les bras avec l’intérieur de ses poignets pour chasser ce sentiment soudain d’inconfort, et une brûlure jaillit lorsqu’elle frôla sa peau à répétitions, s’égratignant avec les quelques bracelets qu’elle portait, et dont la trace s’ajouta à celle du soleil qui commençait à la faire subtilement brunir.

Elle devait rester maîtresse de la situation, tenir la barre même si elle prenait conscience que le naufrage n’était pas loin, et que prise de court, elle n’avait pas eu le temps d’emporter son gilet de sauvetage. Elle ne réussissait pas à rassembler ses pensées pour mettre des mots sur ce qu’elle ressentit en entendant Seth utiliser le mot « erreur » ; c’était la même sensation de surprise désagréable que quand on boit la tasse en vérité. Elle s’efforça de reprendre son souffle, relâchant un soupir douloureux, un soupir douloureux qui fit dangereusement trembler ses lèvres, et ses doigts s’enroulèrent de nouveau autour de la rambarde.

Elle se demanda si elle ne devenait pas trop sentimentale, finalement. Ces derniers mois, il lui était arrivée de prendre les choses trop à cœur, comme c’était le cas à ce moment-là. Tout à coup, elle se sentit acculée par la tristesse qui fit irruption dans l’espace qui les séparait, et qui lui paraissait toujours si peu naturel, quoi que Seth en dise – et visiblement, il avait un avis très arrêté sur la question. Malheureuse à l’idée d’être considérée comme une vulgaire bêtise, un faux-pas qu’il se félicitait d’avoir rattrapé avant de l’avoir exécuté, Amelia retourna au silence, son nouvel allié, et détourna le regard du sien, elle finit par baisser la tête, son menton touchant presque sa poitrine. Elle venait de lui dire ouvertement que, même si elle ne lui avait jamais passé cet appel, quelque chose aurait fini par se passer entre eux à une autre occasion, et il ne réagissait pas comme elle l’avait espéré.

Tandis qu’il s’obstinait à dérouler son fil de pensée, elle se dit qu’elle devait sans doute avoir une définition trop académique du terme qu’il venait d’employer. Car la façon dont il l’avait embrassé n’avait rien d’inadapté à la situation. Il avait parfaitement su répondre à ses allusions, et il lui avait semblé qu’il l’avait fait sciemment, sans même se demander s’il dépassait une quelconque limite imposée par leur relation jusque-là amicale – du moins, elle le croyait. Il l’avait fait naturellement, comme quand il lui avait tendu son portefeuille égaré, à la sortie de ce café – avec une petite idée derrière la tête, qu’il aurait su repousser si elle l’avait éconduit, et elle ne l’avait pas éconduit à cet instant-là, bien au contraire. Alors oui, elle avait trop bu, mais elle savait ce qu’elle faisait, sinon elle n’aurait jamais eu l’idée de tout arrêter en gardant pour elle l’idée qu’ils reprendraient les choses une autre fois, quand elle aurait meilleure mine, et qu’elle saurait enfin pourquoi elle avait préféré Seth aux autres.  

Elle aurait pu lui dire tout ça, mais il ânonna l’inutilité de s’y épancher ; c’était stupide. Eclaboussée par l’amas de déni – et de fumée – qu’il propulsait dans sa direction, Millie se sentit stupide, elle aussi, et elle comprit qu’il n’entendrait que ce qu’il voudrait. De ce fait, elle n’avait pas besoin d’insister, encore une fois.

« Tu as raison. » murmura-t-elle simplement, et après une profonde inspiration, elle releva la tête pour la tourner dans sa direction. Elle ne voulait pas poser ses yeux sur son visage ; il saurait peut-être lire dans son regard, et comprendre qu’il l’avait contrariée, voire carrément blessée. Mais sa volonté avait ses limites, et elle le regarda fixement. Tout en se parant de cette dignité singulière qui l’empêchait de craquer quand elle se sentait aussi intimement touchée, elle plissa les paupières en réfléchissant à ce qu’elle devait faire maintenant. Amelia pivota sur ses pieds pour lui faire face, enfin. D’abord, elle lui dit « J’ai été heureuse de te connaître. » Et c’était sincère. Elle ajouta « Je sais que ce n’est pas ta génération, mais peut-être qu’autour de toi, on saura t’expliquer l’utilité d’Internet. Ou qu’on t’apprendra à répondre à tes textos. Ça nous permettra de se parler de temps en temps après mon départ. » Ça ne durerait sans doute qu’un temps. Elle opina du chef pour appuyer sa proposition, et un sourire fendit à peine son visage quand elle lui frôla doucement le menton avec un index replié « Reste en dehors des problèmes, Seth. » Elle aurait pu lui demander de le lui promettre pour la tranquilliser, mais il ne lui devait absolument rien, et cette conclusion la força à battre en retraite sans rien dire de plus.

Millie lui sourit une dernière fois, lui adressant un signe de tête poli, qu’elle aurait tant aimé accompagné d’une étreinte. Elle s’abstint néanmoins, glissant une mèche de cheveux derrière son oreille, puis elle se tourna pour partir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t885-amelia-j-williams-diamond-heart#28183 https://scarjohnsson.tumblr.com/
 

before she leaves

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: the city that we loved :: beach road :: fairhope pier-