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 • Ruth Williams Charity Ball

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pnj - poète de fairhope

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◆ Manuscrits : 197
◆ Arrivé(e) le : 03/04/2015
◆ Âge : vous ne devinerez jamais
◆ Métier : tueur en série
◆ Points : 0
◆ DC : personne
◆ Avatar : le sang d'une victime


Sujet: • Ruth Williams Charity BallSam 9 Mai - 22:24

ruth williams charity ball



Je me tiens là. Je les observe. Centaines de cafards qui grouillent et se rassemblent dans l'espoir d'oublier l'horreur. Pourtant elle est bien là, puisque je respire encore.

Ils me dégoutent. Ils me répugnent.

Eux ne peuvent pas savoir à quel point Ruth a supplié avant de s'écrouler sur la table de sa cuisine crasseuse. Eux ne savent pas qu'elle aurait été prête à tout pour avoir la vie sauve, jusqu'à me proposer la chair et le sang de son propre mari ; qui sait si elle n'aurait pas été capable de vendre l'âme de ses descendants pour avoir le droit de gaspiller encore un peu d'oxygène. Eux ne l'ont pas vue verser ses dernières larmes tandis que j'appuyais doucement ma lame contre sa peau craquelée. Une simple lame qui prit aussitôt des allures de revolver chargé une fois placée sur sa tempe frémissante et fragile.

Les voilà donc à organiser un bal dans le plus beau parc de la ville en mémoire de la plus répugnante des vermines, la plus lâche des femmes ; rien que ça. Tout ça pour récolter des fonds pour cette ridicule association. Qu'ils s'entraident, qu'ils se gargarisent de leur bonheur qui finira par disparaitre et se répandre dans l'air comme une trainée de poudre. Les éclats de rire passent, les écrits restent ; il n'y a que moi qui puisse avoir le fin mot de toute cette histoire.

Je les vois disposer les plats sur les grandes tables qui encerclent la piste de danse improvisée, un bout de gazon fraichement tondu entouré d'arbres ; mais aucune odeur ne pourrait venir couvrir celle des flics qui trainent en uniformes ou en civils, qui déambulent au milieu de tous ces inconscients afin de rassurer le commun des mortels et faire comme si la situation était sous contrôle. Ils me font rire, vraiment. Je m'en ferais exploser les côtes de toute leur mascarade ridicule.

Les nappes blanches s'envoleraient presque, si ce n'était pas pour les dizaines de litres de limonade et de vin qui les retiennent. Certains commencent à s'agiter sur leur musique de sauvage. Personne ne prend le temps d’écouter le bruit des vagues. Personne ne relève la tête pour contempler ce que le monde a de plus beau à offrir. J’avais pourtant noirci des pages entières pour leur faire ouvrir les yeux, mais cela n’avait visiblement pas suffit. Immondes cafards répugnants qu’ils sont, qui ne voient la poésie que dans ce qui est écorché, sanglant et tragique ; que dans l’horreur, la souffrance et la peine.

Ils trinquent, ils rient. J’esquisse un sourire poli pour me fondre dans la masse, je réponds aux idiots qui m'adressent la parole. J'aide un vieillard à se servir. Ils ne se doutent pas un seul instant. Ils ne savent pas que je me tiens juste là, que je les épie, que je prends le temps de savourer ce spectacle délicieux qu'ils m'offrent directement sur un plateau d’argent et qui ravit mes pupilles.

Et du coin de l'oeil je la cherche déjà. Ma prochaine victime.





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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallDim 10 Mai - 11:22

ruth williams charity ball
Oh sinnerman, where you gonna run to?

Ce genre de rassemblement stressait quelques peu Alexander. Il n’était pas une personne qui se sentait bien au milieu d’une foule. Il était procureur. Lui, derrière son grand bureau au tribunal, avec sa secrétaire et des personnes énervées. Les murs en boiserie semblaient être des remparts contre le monde extérieur, violent et imprévisible. Son bureau était comme une pièce de théâtre. Le protocole permettait d’avoir toujours un cadre dans lequel évoluer. On n’oubliait jamais ses répliques, les directives étaient des souffleurs qui vous indiquaient sans cesse où vous mettre. Dans la salle d’audience même, Alexander était bien. Séparé du public, bien caché derrière les barrières. Bien sûr, il pouvait tous les voir... Et il les regardait. Lorsqu'il plaidait, debout et eux assis, il se sentait grand et n’avait pas peur. Il y avait bien 10 pieds entre eux et lui... Chez lui dans sa petite maison, il se savait faisant partie d'une grande ville. Mais les petits murs de son habitation lui donnaient l'illusion d'être seul.

Mais ainsi, dans un endroit vaste rempli de personnes, il se sentait petit et insignifiant. Il se sentait vulnérable. Pour se donner de la contenance, il s'approcha d'un des buffets et se prit un verre. Sa femme et ses deux filles devaient être dans le coin. La plus jeune de 17ans devait potentiellement avoir retrouvé des amis à elle et s'isoler de la présence des adultes. Les adolescents avaient beau être des fois impossible à lire, Alexander savait des fois se reconnaitre dans leurs comportements. Lui aussi aurait crié et tapé du pied dans certaines situations. Mais sa formation, couplée à son esprit critique arrivait à maitriser la bête qui était en lui. Un petit verre de ponch devrait le rendre plus détendu. Il but une gorgée avant que quelqu'un ne vienne l'aborder. Un avocat de la ville. Dans le métier, il fallait se faire des relations. Il n'avait pas l'aval de sa hiérarchie mais certains avocats reconnaissaient que le procureur était droit dans ses bottes. Il avait beau ne pas faire l'unanimité, personne ne pouvait dire qu'il était mal honnête et qu'il ne suivait pas la procédure.

Ils parlèrent de cas annexes alors que tout le monde avait en tête le Poète. Ils échangeaient sur tel avocat incroyablement nul, sur telle affaire compliquée et sur tel retournement de situation qui était arrivé il y a quelques jours au tribunal. Mais jamais ils n'évoquaient le cas du tueur en série. Déjà car on ne parlait pas vraiment d'une affaire en cours comme cela. Mais aussi car les gens semblaient avoir peur de l'aura que dégageait toute l'histoire. Un genre de souillure qui semblait s'accrocher à quiconque fouillait trop les meurtres. Un genre de maladie qui s'attrapait dès que l'on évoquait cette mascarade. Non, isl n'en parlaient pas mais leurs regards semblaient échanger des déclarations entendues sur tout ça : C'était la merde, c'était une impasse, ils allaient tous perdre leur boulot, leur santé mentale ou même les deux. D'ailleurs, au bout d'un moment, Alexander remarqua que des oreilles curieuses semblaient trainer autour d'eux, il fallait faire preuve d'une gymnastique compliquée pour éviter de donner des noms ou de ne rien révéler de confidentiel.

Cette petite danse qu'ils faisaient finit par agacer le procureur qui inventa une raison pour se soustraire à l'avocat. Il s'approcha du buffet et attrapa quelque chose à manger. Il enfourna les petits fours en entier et commença à le mastiquer tout en balayant les alentours du regard. Il sourit et fit un geste de la main à sa femme, chirurgienne, qui semblait en pleine conversation avec quelques admirateurs. Les deux semblaient protéger et sauver des vies, mais les chirurgiens faisaient souvent l'unanimité avec toute la prestance dont ils faisaient preuve. Tant pis, Alexander ne le faisait pas pour la gloire ou la reconnaissance mais seulement pour la justice. Ça pourrait être beau si ça n'était pas profondément emmerdant quelques fois. Il se tourna vers le buffet une seconde fois et manqua de bousculer quelqu'un. Encore un peu et son ponch se retrouvait sur cette personne qui sentirait les fruits et l'alcool toute la soirée. « Oups, désolé, je ne vous avais pas vu... » Le procureur pouvait être un peu lunaire et tête en l'air quelques fois. En société il perdait un peu de son charisme de magistrat pour devenir un homme comme les autres, qui était aussi mal à l'aise en société que certaines autres personnes.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallDim 10 Mai - 18:57


Elle avait hésité, longuement hésité alors qu'elle était encore chez elle à choisir quelle tenue elle allait porter. Hope avait du mal à se décider à savoir s'il était mieux pour elle d'y aller ou non. Elle avait l'impression qu'en se trouvant dans une aussi grande foule où se trouveraient quelques survivants, elle risquait de tomber sur quelqu'un capable de deviner qu'elle était comme eux. À cette pensée, ses mains replaçaient machinalement ses cheveux par-dessus sa tempe où sa marque avait été habilement maquillée afin de ne pas paraître. C'est pourtant cette même cicatrice qui lui insuffla la force de saisir la robe qu'elle fixait depuis une dizaine de minutes et de l'enfiler. Elle devait saisir cette occasion où la moindre de ses questions allait être vue comme une simple curiosité, un désir de comprendre ce que les pauvres victimes avaient vécu. Elle avait la chance de pouvoir en apprendre davantage, de se rapprocher des gens pouvant connaitre des informations qu'elle ignorait encore. Hope ne se l'avouerait peut-être pas à elle-même, mais quelques parts cette soirée serait aussi pour elle l'occasion de savourer ce réconfort qu'elle refusait d'aller chercher directement, trop fière pour le faire.

Elle arrivait finalement au parc et laissait son regard se promener partout autour. Elle avait craint pendant un moment qu'elle se dirigeait vers une simili veillée mortuaire, mais aussi surprenant cela pouvait-il l'être, il n'en était rien. Les gens déjà présents sur place semblaient s'être réuni pour célébrer la vie, l'espoir. Ils étaient très différents d'elle, mais elle était heureuse de voir qu'il ne se contentait pas de pleurer les disparus, mais de tout faire pour éviter de voir cela se reproduire. Cette ville lui réserverait toujours des surprises. Hope n'oubliait pourtant pas la raison qui l'avait poussé à se déplacer jusqu'ici. Elle se dirigeait vers une table où se trouvait la boisson et ne put résister à l'envie de s'en verser une coupe, se fondant ainsi dans la masse. Elle commençait à connaître les visages des gens de cette ville qu'elle habitait depuis deux ans, son travail aidant pour beaucoup, mais bon nombre d'entre eux lui étaient encore complètement inconnus. Elle marchait au travers des invités, discutant brièvement avec certains de ses fidèles clients qui attiraient son attention. La survivante continuait d'être aimable avec eux peu importe la situation, tout d'abord parce que cela lui était naturel, mais aussi parce qu'elle ne pouvait s'empêcher de croire que c'était le seul moyen d'entrer dans la confidence. Les gens avaient l'habitude de se confier énormément à leur coiffeuse, mais elle n'avait malheureusement aucun talent dans ce domaine. Elle tentait donc de les encourager à adopter le même comportement avec leur serveuse favorite....

Elle continuait de se balader dans la foule à la recherche d'une occasion en or lorsque celle-ci décida de la devancer. Hope sursautait et arrêtait net afin d'éviter la collision. Elle était tellement occupée à chercher des visages qu'elle n'avait pas remarqué que l'un d'eux se trouvait sous son nez... et c'était le cas de le dire. « Ne vous excusez pas... Je n'étais pas très attentive. » Elle n'avait pas de mal à le reconnaître pour l'avoir vu dans bon nombre de journaux. Le procureur... Avec chance peut-être deviendrait-il la clé lui permettant de découvrir ce qui lui était arrivé, une voie la menant directement vers ce maudit poète. « Je l'avoue... c'est ma première fois dans ce type d'évènement ici. Ça a quelque chose d'assez déstabilisant, heureusement j'ai arrêté d'avancer à temps. » À en juger par ce qu'il dégageait, elle n'était pas la seule à être légèrement déstabilisée par quelque chose. « Je suis Hope Bowman. » Dit-elle poliment en présentant sa main vers la sienne.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallDim 10 Mai - 19:46

ruth williams charity ball
Oh sinnerman, where you gonna run to?

La personne qu'il avait manqué d'arroser était une jeune femme. Elle devait avoir dans la trentaine mais avait gardé un visage poupon rond avec un nez entamant une trompette discrète. Elle avait enfilé une robe sobre et discrète mais élégante. Le genre de personne qui avait du gout, en somme. Elle ressemblait un peu à sa femme quand elle était plus jeune, mais avec peut être un brin de mélancolie en plus. Qui dans cette foule, finalement, refléterait l'entière insouciance et joie de vivre que toute personne devait avoir ? A une soirée comme celle-ci il était difficile de se réjouir. Même si les organisateurs voulaient fêter un espoir, les mors s'amoncelaient toujours, les morts s'amoncelaient toujours, les morts connus du moins, et les indices étaient timides, rares, ou simplement absents. Mais ce n'était pas possible, un jour ou l'autre, le tueur ferait une erreur. Le fait que le tueur serait là n'avait pas échappé au procureur de longue date. Les détraqués ne pouvaient s'empêcher de vouloir admirer la misère dans les yeux mêmes de ceux qui souffrent. Ainsi, une soirée comme celle-là était une occasion en or. Il ne savait si c'était ce simple fait logique, les tueurs viennent toujours fouiller dans ce genre de rassemblement, ou son instinct qui lui disait qu'il était là, tout prêt, et irait même probablement jusqu'à passer près des flics et près de lui pour tous les narguer dans sa tête. Mais ça devait quand même le ronger de faire tout ça sans reconnaissance... Il y aurait un jour où il révèlerait un peu trop sur sa personne, par fierté ou par excitation.

La jeune femme lui avoua ensuite que c'était sa première fois à un évènement comme celui-là et qu'elle était un peu perdue. Pour Alexander, malheureusement, son métier l'amenait assez souvent près de la misère et de la tristesse et il avait déjà était à des soirées en hommage à des personnes disparues ou des rassemblements de veillée. L'un dans l'autre, ce n'était jamais très joyeux et ça le fatiguait pendant plusieurs jours sans qu'il n'arrive à savoir pourquoi. Cette nuit-là était un peu plus troublante étant donné qu'ils n'avaient pas encore attrapé le gars. Ce n'était un travail fini et Alexander ne se sentait pas forcément à sa place. Comme si la présence de toutes ces personnes était un constat de son travail incomplet. Il haussa les épaules. « Tant mieux, ça veut dire que vous n'avez pas connu trop de drames comme celui-ci dans votre vie. Espérons que ce soit la dernière soirée du type à laquelle vous assistez. » Il se demanda un instant ce qui l'avait amené ici. Une amie d'une des victimes ? La simple curiosité ? Ou simplement l'empathie face à la misère ? Si c'était la dernière possibilité, il plaignait sincèrement la jeune femme car il était convaincu que ce n'était pas finit, encore.

A l'entente de son nom, rien. Il ne l'avait jamais vu et n'avait jamais entendu parler d'elle auparavant. Par politesse et aussi car il ne se pensait pas forcément une immense célébrité dans la ville, il lui serra la main en répondant « Alexander Ballmeyer... Au cas ou vous ne le sauriez pas déjà. » Les chances qu'une personne, ce soir, le connaisse, était très élevé. Il avait eu plusieurs fois à faire des conférences de presse, à plaider contre des suspects et apparaissait quelques fois dans le journal local avec la shérif lorsqu'une décision était prise. Avant cette affaire, on ne s'intéressait pas autant à ce qu'il disait. Mais il fallait croire qu'un tueur en série attirait beaucoup plus les lumières des médias que l'ennuyeuse fatalité de la violence Américaine. Sa femme, elle, recevait une reconnaissance moins morbide. On admirait ses réussites et on se désolait des personnes qu'elle ne pouvait pas sauver, mais on n'estimait jamais qu'elle ait mal fait son boulot.

« Vous êtes venus par sympathie pour les victimes et leur famille ? Ou peut-être êtes-vous une connaissance d'une victime ? Je ne crois pas vous avoir déjà vu... » Après tout, c'était bien le but de la soirée et Alexander ne connaissait pas toutes les innombrables personnes que connaissaient les victimes du tueur avant leur mort. En plus, la jeune femme semblait seule, se baladant dans la foule comme un électron libre sans attache. Ce n'était pas le genre d'endroit où trainer seul quand on n’allait pas forcément bien. La tristesse avait tendance à se coller aux gens et à contaminer tout le monde autour.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallMar 12 Mai - 0:03

Ce soir, l'officier Mahoney n'était pas de service.

C'était une notion bien étrange pour Jesse, lui qui aimait bien se sentir utile était techniquement de repos ce soir. Pas un policier, juste un civil qui devait profiter de sa soirée et oublier les problèmes, oublier l'affaire, oublier le poète... Oh le métis avait esquissé un sourire aux mots de Denis. Son co-équipier serait présent ce soir là mais avec son uniforme sur lui. Cela allait faire très bizarre au brun de croiser celui qu'il considérait comme son frère d'armes en train de travailler et pas lui mais soit. Jesse revêtait un autre uniforme ce soir, un autre costume. Un vrai costume, trois pièces, noir, très simple, mais qui lui allait à la perfection et qui avait coûté une petite fortune. Mais l'occasion était spéciale, ce soir, Adam voulait aller danser. Oui, le jeune homme n'aurait jamais accepté de se reposer ou même de se rendre au Knoll Park si ce n'était pas pour le barman. C'était un endroit que Jesse avait toujours adoré en ville, et en même temps, le métis n'était pas vraiment objectif. Il avait grandi à Fairhope et il aimait la ville plus que tout, pourtant ce soir, le parc semblait briller d'un éclat nouveau. Un verre à la main et Adam à sa droite, Jesse se disait que la mascarade était peut être réussie.

Le policier avait froncé les sourcils en entendant l'annonce de cette grande soirée. Une personne était morte, cette personne n'avait pas choisi de donner son nom à ce petit évènement. Certes, c'était pour la bonne cause et les fonds de la soirée seraient reversé aux victimes du tueur mais... qui pour pleurer la première victime? Une vieille dame, personne pour s'en soucier vraiment? Jesse ressentait un certain malaise ce soir et ce n'était pas juste parce que son noeud papillon était beaucoup trop serré. C'était là, quelque part au fin fond de son estomac, quelque chose qui lui disait que c'était une mauvaise idée. Tout ce monde, le nom d'une des victimes, des victimes présentes... Et si le Poète débarquait pour finir le travail et trancher la gorge de ceux qui respiraient encore? Jesse vida son verre d'un trait, se disant que la paranoïa allait commencer par lui ronger le peu de neurones qui lui restait. C'était impossible que quoi ce soit se passe ce soir. Les policiers étaient présents, l'endroit avait été sécurisé et puis le Poète était connu pour s'en prendre aux victimes à leur domicile, il n'oserait jamais frapper dans une foule telle que celle-ci. S'étant rassuré lui-même, Jesse se tourna vers Adam, un léger sourire aux lèvres, oubliant leur légère altercation d'il y a quelques semaines. Cela lui semblait futile à présent, après tout, il était principalement là pour le jeune homme.

"Alors? C'est comme tu imaginais cette soirée ou pas? Je dois avouer que les petits fours étaient mieux dans ma tête." plaisanta un peu Jesse, toujours égal à lui-même et ce en dépit du chaos qui régnait dans ma tête. Il se rapprocha davantage d'Adam, ne craignant pas vraiment le regard des autres ou même ce genre de représailles-là. "Tu m'as dit que tu voulais danser alors il faudrait peut être qu'on s'y mette non? Ou alors tu veux que je te demande correctement? Je peux tout à fait faire ça." Jesse avait murmuré la fin de sa phrase tout contre l'oreille d'Adam et il profita du passage d'un des serveurs pour déposer son verre et en attraper un autre. La nuit ne faisait que commencer pour l'officier. Il lui faudrait au moins un ou deux verres pour décompresser, pas de doute là dessus. Hors de question cependant de trop boire au point de se rendre ridicule, un bon nombre de ses collègues étaient présents. En plus de Denis, Jesse avait reconnu quelques visages et d'autres uniformes. Il n'avait pas encore posé son regard sur Ellen mais il se doutait bien qu'elle devait être là, elle n'allait pas laisser passer de l'alcool gratuit, pas vrai?  "Enfin tu me connais je dirai toujours que le musique ici est nulle alors..." conclut simplement Jesse, faisant référence à la musique qui avait établi domicile dans le parc pour la soirée. Pas de doute que tout avait été pensé dans le but que tous pensent à se détendre en se disant qu'ils faisaient une bonne action.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallMar 12 Mai - 23:03

Adossé contre sa voiture, Sean venait tout juste de vider une petite bouteille de whisky, qui traînait sur l'une des étagères de sa cuisine un peu plus tôt dans la journée. Il sentait le fameux liquide lui bruler légèrement la gorge pour finalement atteindre son estomac. Cette douloureuse étape provoquait, quelques secondes plus tard, une agréable sensation de chaleur dans son organisme. Il lui faudra patienter de longues minutes pour apprécier les effets du breuvage, juste le temps pour lui de remonter dans le tout terrain et de rouler jusqu'à Knoll Park, où avait lieu le tant attendu Ruth Williams Charity Ball. Désiré non seulement par les médias, qui n'allaient pas hésiter à saisir cette occasion pour abreuver le pays du malheur et de la détresse des victimes, mais également par les habitants de Fairhope. En effet, ce bal avait rassemblé un tas de personnalités locales autour d'un projet commun et par les temps qui couraient, ce n'était pas une si mauvaise chose. À première pensée, le dispositif mis en place par la police du comté serait certainement assez discret, quelques patrouilles qui veilleraient au bon déroulement de la fête, sans compter les flics en civil qui avaient probablement d'ores et déjà affectés un oeil à la sécurité et l'autre aux réjouissances. Sean avait déjà participé à plusieurs événements de ce genre dans la région, il commençait à comprendre comment les autorités fonctionnaient la plupart du temps.

En arrivant sur les lieux de l'événement, les soupçons de Sean se confirmèrent. D'ordinaire calme et relativement paisible, la ville avait préféré accueillir la cérémonie avec le visage le plus heureux possible, plutôt que d'en faire un moment solennel et gênant. Ce n'était pas tant le fait de se mélanger à la foule qui repoussait le plus Sean, mais plutôt ce profond sentiment de solitude qui l'envahissait au fur à mesure. Il reconnut plusieurs visages familiers sans pour autant arriver à les identifier, probablement l'énergie que dégageait le rassemblement. Certains étaient passés dans des émissions de radio ou de télévision, d'autres étaient des personnages importants et connus de la région, le reste de la foule formait un amas de chair humaine en quête de réconfort ou de nouveauté. Il devait y avoir probablement des proches de disparus, des habitants ayant été confronté à cette affaire volontairement et plus probablement des victimes ayant survécu à leur agresseur. Étaient-ils nombreux à avoir eu la même réaction que Sean, en ne prévenant pas les autorités chargées de faire avancer l'enquête ? Il ne savait pas et s'en moquait. Qu'ils aient été cinq cinquante ou cent cinquante ne changeait rien, il s'était comporté comme un lâche, par ailleurs, son témoignage aurait peut-être permis de sauver des vies. Non, décidément, il ne sentait véritablement pas à se place au milieu de tout ce monde.

Il esquiva avec agilité quelques connaissances dont il aimerait n'avoir aucun souvenir, dans l'unique but d'atteindre le bar improvisé où l'on pouvait apprécier de délicieuses coupes de champagne, ou des alcools plus agressifs. Il saisit un verre rapidement et se dirigea au fond de la meute qui s'était rassemblée devant l'estrade, pour avoir une vue d'ensemble et ne pas se sentir oppressé par la masse. En regardant plus attentivement l'environnement, on pouvait aisément apprécier les décorations et ressentir le mal que s'étaient donné les organisateurs de la fête. Mais le sentiment de solitude se prolongea et à mesure que les fines bulles contenues dans son verre explosaient, Sean se sentait de plus en plus mal.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallMer 13 Mai - 18:14

Pas de doute là-dessus, Adam n’aurait manqué cette occasion pour rien au monde. Tombé par hasard sur un des prospectus que les organisateurs avaient pris la peine de placarder partout dans la ville, il avait aussitôt dégainé son téléphone portable pour noter l’heure, la date, et le lieu exact du rendez-vous pour ce bal de charité. Hors de question de louper ça, non seulement parce qu’il ne déclinait jamais une opportunité de pouvoir se ridiculiser sur une piste de danse, mais aussi et surtout parce qu’il refusait catégoriquement de ne pas venir en aide à ceux et celles qui en avaient le plus besoin dans cette ville. Certes, Adam continuait de vivre comme si ce maudit tueur n’existait pas, arpentant les rues de Fairhope au beau milieu de la nuit, convaincu que la présence de ses colocataires au sein de sa demeure suffirait à l’immuniser contre la moindre attaque. Rien ne lui garantissait qu’il n’allait pas non plus finir par retrouver le corps de l’un d’eux, mais le propriétaire du Vanilla Palace n’y songeait tout simplement pas, se réjouissant naïvement de ce bal prévu dans un parc de la municipalité.

Aux côtés de Jesse, le jeune homme avait la sensation de faire un peu tâche, lui qui n’avait pas pris la peine de couvrir ses épaules avec autre chose qu’une chemise blanche à manches courtes. Il avait choisi un pantalon bleu marine, privilégiant la sobriété à ses goûts habituels qui auraient sûrement pu traduire un certain manque de respect à l’égard des victimes du Poète. Adam avait également laissé ses cravates et autres noeuds-papillon dans son placard, s’armant uniquement d’une veste qu’il avait déjà laissé trainer sur une chaise quelque part après être arrivé, convaincu qu’il la quitterait bien rapidement une fois qu’il se serait mis à danser, à gesticuler dans tous les sens, et à aider les bénévoles de l’association en cas de nécessité. D’ailleurs, le jeune homme avait passé l’après-midi derrière les fourneaux, préparant tartes salées et sucrées qu’il pourrait offrir généreusement aux organisateurs pour qu’ils les distribuent ensuite au reste de la population, brandissant son chéquier dans le même temps pour faire un don sans vraiment réfléchir au nombre qu’il inscrivait sur le bout de papier. Le barman ne roulait pas sur l’or mais la vie semblait tout de même bien moins compliquée depuis qu’il avait quitté New-York et qu’il avait hérité de son père.

Observant le Mahoney, il sourit suite à la remarque que ce dernier avait fait sur les petits-fours, levant les yeux au ciel pour finalement laisser son regard se perdre parmi la foule. Il y avait le procureur Ballmeyer à qui il apportait souvent de quoi grignoter au milieu de ses longues journées de travail ; l’homme s’adressait à une jeune femme qu’Adam ne connaissait pas, mais qu’il jugea particulièrement belle. Ellen ne devait pas être très loin, ou peut-être avait-elle décidé de passer sa soirée ailleurs, ce n’était pas impossible après tout... Un peu plus loin, Adam reconnut la silhouette d’un ouvrier qu’il appréciait également, sans parler de ses nombreux clients qu’il avait l’habitude de croiser au comptoir de son bar, saluant la plupart d’entre eux d’un simple signe de tête ou d’un geste de la main, un sourire toujours fermement agrippé à ses lèvres. Le Miller rayonnait, probablement parce qu’il avait déjà oublié toutes les raisons qui les avaient amené jusqu’ici. Tournant à nouveau la tête vers Jesse lorsque celui-ci vint chuchoter quelques mots au creux de son oreille, le souffle du jeune homme provoquant aussitôt un frisson dans le corps d’Adam. Il avait sentit son coeur battre un peu plus rapidement avant de se calmer à nouveau, admirant le ballet des verres vides et pleins qui se succédaient sur les plateaux des serveurs qui passaient près d’eux pour leur proposer à boire. Adam refusait systématiquement, contraint de diner avant la soirée pour satisfaire sa faim et ne pas être tenté de grignoter n’importe quel aliment qui pourrait se trouver à sa portée, s’éloignant également des récipients qui contenaient des boissons trop sucrées ou alcoolisées pour lui. De l’eau fraiche et claire ferait l’affaire, et pour le reste, il avait prévu de quoi faire dans le sac en bandoulière qu’il avait amené avec lui et qui trainait sous une chaise, près de sa veste.

« Nulle ou pas, tu pourrais quand même m’inviter à danser comme il faut… Monsieur je-râle-et-je-critique-tout. » Adam laissa échapper un ricanement. « Je te le rappelle juste au cas où, je danse comme un pied hein. Que tu te prépares quand même à avoir la honte de ta vie sur de la musique nulle après des petits fours pas franchement à ton goût devant la moitié de la ville… Mais shhh, c’est pour la bonne cause. » Il posa un baiser rapide sur la joue de Jesse, comme pour lui faire oublier tout ce qu'il venait de dire et l'aider à se concentrer sur le bon côté des choses. De toute façon, personne ne pourrait venir gâcher leur petite fête, pas vrai ?
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallSam 16 Mai - 18:48

Si on avait laissé Désirée en charge de l'organisation complète de cette soirée les choses auraient été légèrement différentes. Tout d'abord, la New Yorkaise n'aurait absolument pas fait le choix d'une célébration à l'extérieur. On avait beau eu lui répéter qu'ainsi l'atmosphère serait plus chaleureuse et conviviale, même à cette seconde précise, elle n'y croyait pas du tout. Peut être que c'était toutes ces années passées à faire la fête dans les hauteurs de Manhattan qui l'avaient corrompue mais elle voyait quelque chose de plus formel. Peut être dans les locaux de la mairie ou même d'un autre fief administratif de la ville, histoire que tous se sentent un peu plu à l'aise à l'intérieur. Et franchement, marcher dans de la pelouse avec des talons aiguilles relevait du miracle. La romancière n'avait pas protesté, elle avait joué son rôle de bénévole, elle avait aidé à disposer les tables ce matin même et elle avait même donné quelques idées supplémentaire pour l'éclairage. Maintenant que la soirée battait son plein, Désirée ne pouvait pas protester et elle se contentait d'un léger sourire aux lèvres, ses doigts se refermant sur sa coupe de champagne, la blonde en secret très contente de son choix vestimentaire. Sa robe était d'un blanc immaculé pour une raison, juste histoire de montrer que cette soirée pouvait être quelque chose de joyeux. En tout cas, pour la romancière, ça l'était.

C'était une jolie façon de montrer à tous que la vie continuait et que bien entendu, la mort était une part importante dans la vie de tous, mais ce n'était pas tout. Le mélange parfait selon Désirée. Elle rangea une mèche blonde derrière son oreille avant de se tourner vers Tobias, le brun dépassant tout le monde de plusieurs têtes. "Alors... Pas mal non? Avoue que tu es impressioné." Désirée ne pouvait pas s'empêcher de le taquiner. La blonde était dans l'atmosphère fête jusqu'au bout des ongles et tant pis si Tobias grognait. Il l'avait fait depuis qu'elle lui avait annoncé faire une apparition à cette soirée et qu'il devait bien entendu, venir avec elle. Désirée ne lui avait pas demandé son avis, après tout, elle estimait que c'était la moindre des choses. Elle ne protestait pas quand le grand brun envahissait son appartement ou même lorsqu'il lui posait des questions sur ses écrits en cours. La blonde répondait, une chose nouvelle, avant, elle se serait contentée de jeter un regard noir sur le brun et elle lui aurait silencieusement fait comprendre de ne pas lui poser ce genre de questions. Oui, Désirée se croyait sévère quand elle le voulait et que personne ne lui dise le contraire, elle ne le supporterait pas. Quoi qu'il en soit, elle ne rechignait jamais à répondre aux questions de Tobias. Tobias était son projet en cours en quelque sorte, un projet qui prenait forme au fil des années et ce depuis que son visage était apparu sur l'écran de télévision de Désirée.
Non, non, non, se souvenait-elle avoir dit avant de se ruer vers la télécommande pour augmenter le volume. La culpabilité de Tobias? La blonde n'y avait jamais cru, pas une seule seconde et elle le criait haut et fort depuis l'arrestation de ce dernier. Ça ne faisait aucun sens, pourquoi aurait-il tué sa soeur hmm? Sa Laurel? Pourquoi? Non pas que Désirée espérait que les gens comprennent. Tobias et le Poète étaient deux personnes complètement différentes et ils étaient tous les deux des énigmes pour la blondes. "Fais un sourire Tobias, tu sais que ça te va mieux." murmura Désirée, se voulant rassurante quelque part. Elle ne savait pas comment la présence de l'autre homme serait perçue ici ce soir... De l'audace? De la témérité? Peu importe, le brun était son ami et Désirée espérait bien que sa bonne humeur soit contagieuse.

Aussi, elle tira encore une fois Tobias, une idée en tête alors que son regard se promenait sur la foule d'habitants, bénévoles, policiers et autres. C'était probablement une terrible idée mais ce fut bien sans aucune gêne, le bras autour d'un de ceux plus massif de Tobias, que Désirée alla se planter juste à côté du procureur Ballmayer. Elle l'interrompit dans sa conversation pour lui tendre la main. "Monsieur Ballmayer c'est ça? C'est un plaisir de vous voir ici, je dois vous avouer que certains des bénévoles pensaient que vous seriez trop occupés pour venir. C'est l'affaire du siècle pas vrai?" Est-ce que Désirée venait de ponctuer sa phrase par un sourire? Oui, elle jouait très bien les blondes stupides. Autant en profiter ce soir pour amuser la galerie et peut être Tobias dans le même temps.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallMar 19 Mai - 3:12

Non, Désirée avait tort, sourire ne lui allait pas mieux. Sur le visage de Tobias, ce n’était qu’un vaste mensonge, un leurre qui serait venu étirer ses lèvres pour donner l’impression au reste de la population qu’il se réjouissait d’être ici et qu’il se fichait bien de ce que tout le monde pouvait penser. Mais ce n’était pas le cas, c’était bien loin d’être la vérité. Plus fermé que jamais, l’homme avait revêtu un costume qu’il portait d’ordinaire pour se rendre au travail. À quoi bon choisir un ensemble plus classe ? Pour quelle occasion ? Pour fêter quoi au juste, hein ? Les morts qui n’avaient de cesse de s’amonceler ? Tobias se fichait éperdument de toutes ces victimes et des rares survivants qui avaient organisé ce foutu bal, lui dont la petit soeur avait fait les frais de cet odieux tueur dont le surnom n’aurait jamais du être aussi flatteur. Cela n’avait aucun sens. Récolter des fonds ne leur permettrait pas de racheter les vies qui avaient été détruites, les mois qu’il avait lui-même passé à croupir au fin fond d'une cellule miteuse. Danser sur le gazon fraichement tondu ne lui ramènerait pas Laurel, bien au contraire. Elle était condamnée à moisir sous une épaisse couche de terre tandis qu’ils se tenaient debout dans ce parc, à se réjouir de pouvoir encore respirer. Une mascarade absurde qui le fit soupirer.


Pourtant, il avait accepté la proposition de l’écrivain et s’était déplacé lui aussi, les deux mains fourrées dans les poches de son pantalon, les épaules légèrement courbées et le regard aussi froid que d’ordinaire. Il observait les habitants qui le fixaient en retour. Comment ne pas le remarquer, ne serait-ce que par sa grande taille et sa carrure ? Tobias avait le regard des mauvais jours, grognant à chaque fois que la blonde qui s’agrippait à son bras lui adressait le moindre regard ou lui faisait part de ses pensées. Non, le trentenaire n’était pas impressionné et il n’était pas question qu’il se mette à faire semblant d’être ravi. Il sentait bien les yeux des autres s’abattre sur lui comme de véritables poignards. Ou peut-être que tout ceci se passait dans sa tête au final, et que la brulure dans sa poitrine n’était provoquée par rien d’autre que les battements de son coeur qui s’accéléraient simplement par crainte de devoir affronter les accusations d’un énième flic qui trainerait dans les environs ; car pas de doute là-dessus, ils devaient pulluler, prêts à jaillir de toute part au cas où le Poète déciderait de faire une apparition afin de parfaire son oeuvre. Tobias était quant à lui intimement persuadé que le tueur en série n’était pas assez fou pour se tenir au milieu de tout cet attroupement qui envahissait la nature, prenant aussitôt des allures de jungle, fatiguant Tobias par avance.

La voix à l’arrière de son crâne se manifesta alors, doucement, pour la toute première fois de la soirée. À croire qu’elle ne se décidait à se faire entendre que lorsque Tobias était justement sur le point de perdre patience, grognant perpétuellement pour réponde à Désirée qui le trainait déjà près de quidams qu’il n’avait franchement pas envie de croiser. Il avait beau dire, il n’avait pas sa place ici. Pas parce qu’on l’avait accusé, non, ce n’était pas ce qui le dérangeait le plus. Il commençait à vivre avec l’idée que personne dans cette ville ridicule ne changerait un jour d’avis à son sujet, mais cela ne l'aidait certainement pas à se sentir plus à l'aise au beau milieu de tout ce monde, observé, constamment  épié par celles et ceux qui s’attendaient sans doute à ce qu’il commette un crime sur la place publique puisqu'on l’avait tout de même retrouvé avec le cadavre de sa soeur blottie dans le creux de ses bras. Et puis mine de rien, il marchait en territoire conquis ce soir-là et le trentenaire s’inquiétait aussi de devoir croiser le regard des hommes qui l’avaient arrêté ou bien encore de ceux qui l’avaient placé derrière les barreaux.

Comme si elle avait eu le pouvoir de lire dans ses pensées, chose qui l’inquiéta véritablement l’espace d’un instant, Désirée vint justement à la rencontre de Ballmeyer. Les propos de la jeune femme parvinrent d’ailleurs à couvrir le grognement de mécontentement que Tobias s’autorisa, son bras se retirant rapidement de l’emprise de la blonde pour s’éloigner sans autre forme de procès, sans même saluer le procureur. Il retrouverait Désirée plus tard, quand elle se serait décidée à vouloir le retrouver plutôt que d'aller discuter avec d'autres qui n'en valaient clairement pas la peine. Pour l’heure, il se dirigea vers l’estrade minuscule sur laquelle la sono avait été mise en place, s’armant d’un verre au passage sans se soucier davantage de ce qu’il pouvait contenir. Les sourcils froncés, il finit par s’arrêter près d’un homme qui ne devait pas être bien plus âgé que lui [Sean], humant le parfum de l’alcool qu’il avait choisi avant de faire une autre grimace. « Il parait qu’il faut boire pour oublier. », grommela-t-il ensuite, convaincu qu’il pourrait bientôt entendre sa raison hurler de ne pas se laisser aller sur la liqueur. « Alors à la vôtre, je suppose. » Son verre tendu vers l’inconnu, Tobias attendit que ce dernier vienne ainsi faire cogner le sien pour trinquer avec lui.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallMar 19 Mai - 21:37

ruth williams charity ball
Oh sinnerman, where you gonna run to?

Dans ce genre de soirées, il y avait toujours beaucoup de mouvement, beaucoup de gens qui se déplaçaient, qui s'incrustaient dans une conversation, la quittaient, arrivaient dans une autre et repartaient, et ainsi de suite... C'était peut-être pour ça qu’Alexander avait des fois du mal avec tout ça. Incapable de suivre ou de maintenir une conversation pendant plus de trente secondes. Il préférait les petits comités où on ne pouvait pas aussi facile déraillé du sujet. En même temps, un tel endroit lui permettait aussi de se soustraire plus facile aux présences qui ne l'arrangeaient pas. Ainsi, lorsqu'il fut abordé par mademoiselle Cravy au bras de monsieur Clyne, le procureur ne put s'empêcher de froncer les sourcils en sentant un semblant d'entourloupe. Il n'aimait pas beaucoup les mises en scène et encore moins se faire acculer comme ça avec un individu qui ne semblait pas du tout l'aimer. En même temps, il le comprenait. Il ne cautionnait pas, mais comprenait. Après tout, Tobias avait toutes les raisons du monde de lui en vouloir. Il n'était pas dans un état pour être logique et réfléchi. Ses sentiments parlaient avant sa raison et il était, du coup, naturel qu'il en veuille aux bras qui avaient respecté la procédure. Il devait avoir un visage à haïr, he ben tant pis si c'était celui de Ballmeyer. A force, il était habitué. Comme si il avait un diplôme en tête à claque.

Mais cet épisode désagréable ne dura pas car Tobias s'extrait de l'emprise de l'écrivaine pour s'enfuir dans un grognement. Le geste valu un petit sourire au procureur qui commenta pour la demoiselle « Je suis occupé, mais j'ai pu venir... Par contre on dirait que vos techniques pour attirer le chaland ne sont pas au point. » Dit-il en suivant du regard l'ancien accusé pour les meurtres du poète. Lorsqu'il fut assez éloigné pour ne pas craindre une attaque, le procureur reposa ses yeux sur la jeune femme. « Mademoiselle Cravy. » Le procureur connaissait la jeune femme. Déjà, elle était bénévole dans l'association qui organisait la soirée. Toutes les personnes ayant participé de près ou de loin à cette fondation avait été passé au peigne fin par la police sous ordre direct du procureur, dès la création du groupe. Les tueurs aimaient se mêler au désarroi des familles et ce genre de rassemblement était parfait. Lorsqu'ils avaient jeté un œil à mademoiselle Cravy, son nom n'a pas manqué de se faire remarquer étant donné qu'elle était écrivaine... Et ce qui avait encore plus attiré l'attention était le sujet de ces derniers écrits.

« Vous écrivez des romans c'est ça ? » Les yeux d'Alexander s'étaient faits plus petits, comme si il essayait de scruter la jeune femme. En effet, il avait été assez sceptique en apprenant qu'une bénévole à l'association écrivait des romans presque glorifiants envers les tueurs en série. Les groupies, les fans et les allumés florissaient généralement aussi autour de genre de groupe. Ils étaient assoiffés du caractère exceptionnel et historique du moment et finissaient des fois à vouer un culte au tueur. Ballmeyer ne savait pas si la jolie blonde en face de lui était sur ce chemin, mais on pouvait dire que le peu qu'il savait d'elle la rendait intéressante... Ou plutôt intrigante. Une personne à garder à l'œil.

« Votre dernier roman est assez... Surprenant, pour quelqu'un étant volontaire à cette association. Ça vous est venu d'où cette idée au juste ? » Alexander n'y connaissait rien à l'écriture. Il lisait, mais ne savait pas vraiment comment on écrivait et comment on puisait l'inspiration. Vu que c'était un vrai métier, il devait y avoir des techniques, des quotas à remplir et des personnes à qui rendre des comptes. Il serait bien curieux de savoir ce qui avait pris à l'éditeur de la jeune fille de publier un tel livre dans une telle situation. Jouer sur la curiosité malsaine des gens pouvait des fois les rendre paranoïaque ou alors totalement insensibles. Entre ceux qui paniquaient et appelaient le poste de police toutes les cinq minutes car ils pensaient avoir vu le tueur et les autres qui ne repéraient pas les déplacements suspects dans leurs propres rues... Les livres et les médias devaient y être pour quelque chose certainement.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallSam 23 Mai - 17:10

Désirée Cravy n'en était pas à son premier coup d'essai aussi elle réagit à peine lorsque Tobias s'éloigna, aussi loin d'elle que pouvait le lui permettre ses longues jambes.  Elle se tourna brièvement vers l'endroit où se tenait le brun il y a cela de quelques secondes et elle esquissa un autre sourire. C'était tout de même mieux qu'une mine déçue mais qui était-elle vraiment pour contraindre le Clyne à quoi que ce soit? Il était libre de ne pas apprécier sa compagnie, libre de ne pas apprécier cette soirée mais il n'enlèverait pas sa bonne humeur à la blonde. Bonne humeur, humeur festive et surtout ce sourire aux lèvres qu'elle conserva face à l'homme plus âgé qui lui faisait une remarque sur la soudaine absence de Tobias. "Oh… Il finira par entendre raison, ne vous faites pas de soucis pour ça." La jeune femme se pencha légèrement vers le procureur en prononçant cette phrase, une expression plutôt sure d'elle sur son visage. À savoir que le procureur penserait certainement qu'elle était le genre de femme qui savait se servir des atouts que la nature lui avait donné pour attirer les hommes dans ses filets. Désirée aimait bien cette soudaine image, c'était très loin de la réalité mais Monsieur Ballmeyer n'avait pas besoin de le savoir. Dans ce genre de petites soirées et encore plus dans la vie de tous les jours, les apparences étaient absolument tout. Et ce soir, Désirée se tenait là, splendide, sur sa paire de talons et sa coupe de champagne toujours à la main. Ils auraient pu parler de la pluie et du beau temps, parler de toutes les activités qui avaient été mises en place en ville afin de remonter le moral des habitants, mais non… La conversation avait dérivé sur le métier de Désirée. Elle capta un instant le regard du procureur et regardant au loin, elle vida sa coupe de champagne avant de lâcher un bref: "C'est exactement ça."   d'un ton un peu sec. Et non, elle ne séquestrait personne chez elle afin de profaner leur corps et de faire courir la police de Fairhope.

Désirée n'avait pas la trempe d'une meurtrière, cela exigeait un certain caractère qu'elle n'avait pas et en plus, elle était certaine que la vue du sang, de trop de sang, la ferait frémir et prendre la fuite. Tout ce qu'elle se contentait de faire elle, c'était donner la vie sur du papier pour ensuite torturer et tuer toutes ces créations à sa guise. C'était beaucoup plus sain et d'une certaine façon beaucoup plus dérangeant mais… Que pouvait-elle faire? Elle gagnait sa vie de cette façon et ne pas écrire à présent lui aurait semblé aussi difficile que d'arrêter de respirer. Oh son dernier roman… Oui, Hear Me était une affaire policière bien ficelée qui mettait en scène un meurtrier sanglant et cruel qui se déguisait sous les traits d'un mendiant. Le coupable parfait selon Désirée. Elle ne savait pas à quoi le procureur s'attendait, qu'elle déballe son sac et qu'elle lui confie sur un ton enjoué que toute cette affaire faisait travailler sa matière crise et qu'elle communiquait ainsi avec le Poète et que oui elle était persuadée qu'il ne pouvait pas en être autrement."Oh vous l'avez lu? J'en suis étonnée, moi qui pensais naïvement que mes petits écrits ne dépassaient pas la sphère littéraire New Yorkaise!" La blonde marqua une pause, pour offrir au procureur une mine à la fois surprise et quelques peu gênée. Elle rougissait même un peu, le contraste plus que saisissant avec sa robe blanche et ses mèches blondes qui lui encadrait le visage. "Mais vous savez bien ce qu'on dit n'est-ce pas? Une femme sait très bien garder ses secrets et je suis encore plus secrète lorsqu'il s'agit de mes romans et autres écrits." Désirée passa d'un ton le plus sérieux au plus dérisoire sans aucune difficulté et elle haussa négligemment les épaules avant de poursuivre: "Je suis certaine que vous êtes en mesure de comprendre, Monsieur le Procureur, après tout c'est comme si quelqu'un venez vous dire de quelle façon diriger votre enquête ou même vous faire remarquer que vous avez mis quelqu'un d'innocent derrière les barreaux." La jeune femme laissa échapper un léger soupir, désinvolte au possible tandis qu'elle s'efforçait de ne pas prononcer trop fort le nom de Tobias.

"Ce serait malvenu, n'est-ce pas? Ce n'est pas mon genre alors profitons de la soirée et du champagne… Que pensez vous des hors d'oeuvres?" demanda t-elle enfin dans un battement de cils qui était beaucoup trop contrôlé pour paraître naturel.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallLun 25 Mai - 0:38




Je ne sais pas si nous avons tous lu la même chose. Je ne pense pas que ce soit le cas. J’avais cru voir qu’il s’agissait d’un bal de charité, d’un moment pour se laisser aller à la générosité, au partage, à la convivialité. Je ne vois que de faux sourires très travaillés, des poignées de mains hypocrites, des regards en biais qui laissent transparaitre le malaise et l’inquiétude. Ils ont voulu faire régner l’ordre, ramener un semblant de paix sur la ville et laisser la joie les envahir au point de les empoisonner. Ils n’y voient visiblement plus clair dans toute cette mascarade, ils s’embourbent ; et je les regarde se noyer dans leur bouillie de bons sentiments qui me donnent la nausée. Je ne bronche pas, je reste là, seul être à pouvoir se baigner dans la sérénité en sachant pertinemment que je ne risque rien. C’est moi qu’ils cherchent, c’est moi qu’ils craignent. C’est également moi qu’ils veulent impressionner. Et je ne le suis pas le moins du monde.

Je les vois défiler devant mes yeux, emprisonnant un soupir pour ne pas témoigner mon agacement pourtant certain. J'en reconnais certains, et ceux-là manquent de m’arracher un sourire. J’aurais presque envie d’aller à leur rencontre pour me présenter et leur parler à visage découvert.
Hope. Un prénom qu'il me fallait sur ma liste. C’est surtout pour cette raison que je l’ai choisie parmi tant d’autres. À croire que ce dernier lui a finalement porté chance. Black, dans un coin, pensif ou en tout cas peu bavard. Tant mieux. Qu’il se tienne à l’écart et qu’il n’ébruite pas trop ce qui lui est arrivé, cela lui évitera bien des tourments. J’ai toujours eu envie de couper la langue de ceux qui parlent trop. Comme cette pimbêche de Cravy. Un jour je mettrai la main sur elle. Saleté. Ses torchons ne valent rien, ses écrits sont indigestes et son crétin d’éditeur ne sait visiblement pas reconnaitre un bon manuscrit. Il aurait mieux fait de me publier ; vraiment, on n’en serait pas là et le sang aurait déjà cessé de couler.

Cette fichue blondasse est venue avec l’autre
Clyne qui n’a rien dans le crâne. Ou suffisamment pour se faire accuser à ma place pendant un certain temps… Pathétique. Si je faisais la même taille, j’en ferais usage différemment. Bien sûr, il y en a que je ne connais pas encore, d’autres qui me rappellent vaguement quelque chose mais sur lesquels je ne peux pas poser d’identité certaine. J’aperçois notamment le procureur et un couple d'hommes, cette bande de crétins finis me retournant l'estomac et me rappelant subitement que j’en oublie mon principal objectif. Trouver ma prochaine victime.

Mais alors que je m’apprête à scruter la foule avec davantage de précision, un verre à la main et les sourcils froncés, j’entends qu’on tousse non loin de là. Un gamin d’une vingtaine d’années tout au plus, ou en tout cas un spécimen plutôt bien conservé avec qui la nature a décidé d’être clémente… Ses phalanges se crispent sur un pan de la nappe blanche tandis que sa main libre se plaque contre son torse. Il titube. Il tousse et crache de plus belle. Plusieurs regards se braquent maintenant sur lui tandis que personne ne comprend, qu'on n'ose pas encore bouger. Bien sûr qu’on va encore me faire porter le chapeau pour rien, ce doit juste être un crétin qui a trop bu ou qui s’est étouffé avec son amuse-bouche. À moins qu’on tente d’attirer mon attention et celle de la police ? À moins que je ne sois plus le seul individu qui cherche à terroriser la ville ? Non, Fairhope est mon territoire. Ce sont mes futurs morts qui déambulent et se pressent autour de ce corps qui parvient difficilement à respirer, et ceux de personne d’autre.

Et de la bouche de celui qui agonise, j’entends les premières supplications parvenir jusqu’à mon oreille.
« Help. Help. Help… »

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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallMer 27 Mai - 20:59

"Nan nan nan nan, je ne râle pas, je fais de simples observations, tu es mon petit-ami, tu dois trouver tout ce que je dis absolument charmant et avoir envie de m'embrasser tout le temps." lança abruptement Jesse. Il avait souri tandis que les lèvres de Adam se déposaient rapidement sur sa joue et il avait rapidement tendu la main pour attraper celle de son petit-ami et de la serrer tout doucement. Jesse n'était pas un très grand fan des démonstrations d'affection publiques, pour lui, c'était tout simplement du domaine du privé et quand on était dans une relation avec une personne du même sexe, les choses devenaient tout de suite plus compliquées. Fort heureusement, ils étaient tombés dans une sorte de routine avec Adam et Jesse adorait tout simplement ça. Son regard s'attarda longuement sur le visage du blond et son sourire s'agrandit. C'était un sourire qui n'était réservé qu'à Adam et en se concentrant uniquement sur le barman, Jesse arrivait à oublier l'aspect morbide de cette célébration. C'était là, quelque part, à l'arrière de son crâne et c'était bien certain qu'il n'allait pas oublier pourquoi ils étaient tous réunis là ce soir. Contrairement à Adam, ses moyens ne lui permettaient pas de faire une donation mais l'esprit de Jesse était tout de même tourné vers les familles des victimes. C'était bien pour cette raison qu'être policier était plus important que jamais en ces temps ci-dur. Plus d'un mois s'était écoulé depuis le dernier meurtre et tout le monde était dans l'attente d'un coup donné soit par le Poète, soit par la police locale.

Jesse posa son verre sur une des tables avant de revenir rapidement vers Adam et de le tirer vers le semblant de piste de danse.  "Come on let's go dance white boy." lança tout simplement Jesse. Il posa rapidement ses mains sur les hanches d'Adam et automatique celles du blond vinrent autour de son cou. Cela fit sourire Jesse qui grimaça à la musique avant de se lancer dans des explications de danse version simplifiée. Il détailla simplement une danse en trois temps en indiquant rapidement à Adam que c'était principalement lui qui ferait tout le boulot, Adam n'aurait qu'à suivre et à ne surtout pas regarder ses pieds. Jesse répéta le conseil au même moment où son regard se posa sur Tobias en train d'aborder Sean Black. Le métis roula des yeux intérieurement, se disant que le grand brun avait quand même beaucoup de courage pour oser se montrer ici. Sa réflexion ne dura que quelques secondes avant qu'il ne se mette à faire tournoyer Adam, le sourire aux lèvres. Les pensées du policier étaient alors tout aussi légères que ses remarques et il réussit à faire sourire Adam plus d'une fois alors que celui-ci lui marchait sur le pied. Il y eut un éclat de rire avant que le regard de Jesse ne se pose sur un des autres danseurs cette fois-ci.

Une danseuse plus particulièrement qui s'était arrêtée pour montrer quelque chose de son index, son expression était celle d'une personne effrayée et paniquée. Jesse tourna aussitôt la tête, coupant Adam dans sa phrase. Il remarqua lui aussi la personne qui titubait et qui toussait et qui crachait et... "... Adam, tu as ton téléphone sur toi?" demanda Jesse d'un ton assurément calme. Jesse et le blond se trouvaient à quoi... trois mètres de ce parfait inconnu? Le policier ignorait ce qui se passait mais il était certain que dans tous les cas, il faudrait une ambulance et le plus rapidement possible. "Je sais qu'il y a des policiers présents ici mais appelle les urgences s'il te plaît... maintenant." Sans jeter un regard à Adam, Jesse se dirigea lentement vers l'homme. Criait-il à l'aide? "Monsieur... Monsieur vous m'entendez?" Et tandis que Jesse posait la question d'une voix plus élevée que les murmures de panique,  la seule chose qu'il se disait c'était pitié non, pas ce soir.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallVen 29 Mai - 19:09

ruth williams charity ball
Oh sinnerman, where you gonna run to?

La jeune femme occupait de l'espace. Pas seulement en faisant tout pour se faire remarquer dans sa robe, mais aussi en parlant fort et de manière exubérante. Ca prouvait qu'elle était soit entrain de mentir et cherchait à détourner l'attention, ou alors elle était gênée, ou alors, encore, elle était simplement comme ça, vénale et frivole, et n'avait rien trouvé de mieux pour attirer l'attention. Alexander lui faisait au moins la fleur de penser que c'était les deux premiers choix. En tout cas, elle voulait à tout prix avoir réponse à tout et avoir le dernier mot même si ce qu'elle disait n'avait aucun sens. Elle répondit sèchement au procureur quand il s'assura qu’elle était bien écrivaine mais se mit soudainement à se défendre vivement quand le procureur posa une simple question sur son dernier livre... Une question que tout le monde devait probablement lui poser. Il n'y avait qu'un seul genre de personnes qui se mettait à se rependre en excuse, défense et accusation comme ça... Les gens qui n'étaient pas tranquilles. Et la jeune femme en faisait beaucoup tout en se concentrant sur son apparence, sur sa manière d'être et de présenter. Il fallait dire qu'Alexander n'aimait pas du tout ce genre de manière... Peut-être que cette superficialité de caractère la rendait tellement déplaisante qu'elle en devenait suspecte.

Haussant les épaules il leva une main pour calmer la jeune fille. « Calmez-vous jeune fille. Pas la peine de vous affoler comme ça. Je posais une question. Apparemment vous n'êtes pas habituée à ce que les gens lisent vos livres et vous posent des questions dessus. Il fallait le dire dès le début et je ne vous aurais pas dérangé en m'intéressant à votre carrière. » A son âge, il n'avait pas envie de se faire emmerder par une femme louche qui cachait à peine ses sous-entendus et son plaisir malsain de mettre les gens mal à l'aise. De plus, le procureur trouvait sa tenue bien trop provocante et démonstrative pour une telle soirée. La discrétion et la sobriété encadraient souvent ce genre d'évènements... Se soustrayant à la compagnie désagréable, il se pencha légèrement et dit « Je dois y aller. » Il ne fit même pas une excuse. Après tout, elle ne le méritait pas et Tobias l'avait bien montré en ne se fendant même pas d'une parole à son égard pour la fuir.

S'éloignant de quelques pas, il salua un ancien collègue qui habitait dans le coin. Alors qu'il parlait avec lui, il remarqua que certaines personnes s'étaient arrêté de parler un peu plus loin et s'étaient tourné dans la même direction. Sentant son sang ne faire qu'un tour, le procureur se stoppa en plein milieu d'une phrase et se dirigea d'un pas assuré dans cette direction, bousculant quelques personnes au passage, sans s'excuser. Il arriva près de l'homme qui toussait. Balayant la salle du regard, il remarqua qu'un agent s'était approché du malheureux qui semblait avoir des difficultés pour tousser. Mais où étaient les services médicaux qui étaient affrétés à tout rassemblement pour gérer les gens trop saouls, s'étant coupé ou, au pire des cas, les empoisonnements alimentaires... S'approchant d'un des organisateurs il lui glissa à l'oreille. « Allez chercher un docteur ou un infirmier. Vous avez bien dû appeler quelqu'un, les pompiers pour le SAMU pour assister à l'évènement en cas de pépin non ? » Plus une affirmation qu'une question, le ton grave du procureur ne traduisait pas son angoisse que le tueur ai empoisonné ce pauvre homme. Non. Il avait peur des mouvements de panique à cause d'un homme qui a avalé de travers. Ça, ça pourrait faire plus de victimes qu'un coup de folie du Poète.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallSam 30 Mai - 12:27

Ellen avait eu un empêchement de dernière minute, une affaire dont il fallait absolument s'occuper en urgence. Elle détestait cela, pas les heures supplémentaires, pas de devoir annuler des plans pour une affaire. Elle détestait être appelée en urgence en fin d'après midi ou en début de soirée pour devoir témoigner et consigner des coups et blessures dans une affaire de violence conjugale. C'est donc bien en retard qu'elle arriva à la soirée organisée pour les victimes du  Poète. Ce n'était pas vraiment le genre d'évènement auquel elle aurait, fondamentalement, voulu assister.
Mais William serait là. Elle l'avait prévu, et lui même avait été retenu, mais elle espérait réussir à arriver en même temps que lui. Toutefois, en observant la foule, elle constata qu'elle semblait être la première arrivée et en apercevant son père au loin, elle n'en fut pas si mécontente. Elle n'était pas sure de savoir où ils en étaient avec William, mais leur première apparence publique la tracassait. Elle savait que foncièrement son père lui faisait confiance, mais elle n'avait jamais réellement eut l'occasion de ramener qui que ce soit de réellement sérieux, et elle ne savait pas trop comment réagirait sa famille. Elle se sentait un peu comme une ado, pour être honnête. Mais elle était là, une chose à la fois, et William pourrait même très bien ne pas pouvoir se libérer ce soir. Ellen inspira profondément et sourit en apercevant Adam et Jesse, qu'elle serait ravie d'aller saluer, ainsi que son père, en grande conversation avec une jeune femme qui ne lui était pas familière. Un de ses collègues fut plus rapide, engageant la conversation, sentant parfois son regard s'égarer sans qu'elle n'y prête attention. Elle navigua de connaissances en connaissances, attrapant un petit four ou un verre. Elle devait avouer qu'elle avait craint pour la soirée, c'était le genre d'appât qu'un serial killer aurait pris. Parmi cette foule, il pouvait très bien attendre le bon moment, même si le caractère tellement public de la fête était des plus dangereux pour lui. Mais c'était une vitrine, peut-être que c'était ici même qu'il déterminerait la prochaine victime. Cela ne faisait pas peur à Ellen. Peut-être bêtement. Pas qu'elle se sentait invincible, les forces de l'ordre et assimilés étaient régulièrement sur la liste des victimes dans de tels cas, histoire de revanches. Mais elle avait vécu en zone de guerre, y avait survécu, et si son heure devait venir ainsi, et bien le destin en aurait décidé ainsi. Et l'arme à feu dans son sac qui ne la quittait guère lui amenait un sentiment de sécurité que bien des gens ne devaient posséder. Stupidement, une fois encore, sans doute.

Et puis, entre une discussion sur la saison de baseball et les aménagements de la ville, tout bascula. Des cris, un début de mouvement de foule, et Ellen eut une vue directe sur un jeune homme d'une vingtaine d'années peut-être en train de s'étouffer.
Paralysée, une seconde, comme frappée par la foule. Une seconde pour revivre les pires moments de sa vie. Une seconde pour se reprendre en main, elle n'avait pas le droit à plus. En quelques enjambées, elle avait rejoint l'attroupement et s'agenouillait auprès de l'homme dont le visage commençait déjà à tourner bleu.

- Ecartez-vous !

Ellen réagit rapidement, les gestes lui revenaient, mécaniques, c'était sa mémoire musculaire qui la portait. Si elle y réfléchissait une seconde, elle savait qu'elle se paralyserait de nouveau. Agir, ne pas réfléchir, comme elle l'avait fait pendant des années... Rapidement, elle constata les dégats, rien qui ne bloquait l'homme et qu'elle ne put dégager, elle se tourna vers Jesse, juste à côté.

- Aide-moi à le redresser.

Une fois assis, elle s'agenouilla derrière lui, passant ses bras sous les siens et autour de son torse, appuyant juste au dessus de son estomac, et appuyant de toute ses forces.
Elle n'avait aucune mais alors aucune envie de pratiquer une trachéotomie, et certainement pas dans ces conditions, alors que la moitié de la ville la regardait et se mettait certainement à jeter tout ce qu'ils étaient en train de boire ou de manger, de crainte d'un empoisonnement orchestré par le Poète. La panique ne tarderait surement pas à pointer le bout de son nez, et la psychose qui s'en suivrait serait encore un coup porté aux habitant déjà terrorisés.
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallDim 31 Mai - 15:20

Adam n’avait certainement pas contredit Jesse, même si cela l’avait particulièrement démangé et qu’il aurait bien aimé être capable de l’embêter encore davantage. Non, il se contenta d’un sourire puis d’une grimace digne d’un enfant de cinq ans, agacé à l’idée de ne pas réussir à aller à l’encontre des propos de Jesse afin de lui prouver qu’il n’allait pas le trouver « absolument charmant » dans toutes les situations, contrairement à ce que le métis pensait. Oh, c’était sûrement un beau mensonge et les étoiles qui scintillaient doucement dans les yeux d’Adam lorsque l’autre homme lui prit finalement la main pour le mener sur la piste de danse retrouvèrent soudainement tout leur éclat. Il n’y avait pas à dire, Adam était bien faible face aux propos du policier et il aurait pu le suivre n’importe où sans même y réfléchir à deux fois. Ce genre de confiance aveugle était sans doute dangereuse, pour ne pas dire qu’elle pouvait être létale dans le cas où Adam tomberait sur la personne la plus mal intentionnée de cette maudite ville. Avec un peu de malchance, le blond possédait le Poète dans ses contacts, lui qui faisait ami-ami avec tout le monde et se préoccupait du bien-être de tous. Ou peut-être était-ce justement la couverture inattendue, la protection invraisemblable, l’immunité inespérée ? Oui, si le tueur en série avait le bonheur de connaitre Adam et de le fréquenter régulièrement, alors peut-être l’épargnerait-il ? En vérité, le barman n’y songeait même pas. Il n’y avait que Jesse que cela pouvait inquiéter ; Adam se contentait de faire sa vie comme si de rien n’était sans se rendre réellement compte de tout ce que cette histoire impliquait.

Une fois sur la piste, Adam oublia bien rapidement le reste du monde en écoutant attentivement les directives que Jesse lui donnait. Il faisait de son mieux pour ne pas faire la seule chose qui lui était interdite, à savoir regarder ses pieds pour voir s’il arrivait à suivre le rythme de Jesse, mais à chaque fois qu’il se laissait aller et se risquait à baisser le menton, il marchait sur les chaussures de son petit ami et s’empressait de croiser à nouveau son regard pour s’excuser platement. En dehors de cela, il souriait, concentré et ravi surtout de pouvoir partager ce moment avec Jesse, convaincu qu’il s’agissait d’une soirée faite pour apaiser les esprits et que tout irait pour le mieux. « Tu ne m’avais pas dit que tu… » Mais Jesse lui coupa la parole, le regard rivé sur quelqu’un ou quelque chose d’autre, lui demandant aussitôt s’il avait son téléphone sur lui. Adam ne réagit pas dans la seconde, fronçant d’abord les sourcils. « Je crois que oui, qu’est-ce que… » Le barman finit par vérifier ce qu’il se passait en tournant la tête à son tour, écarquillant de grands yeux en voyant un inconnu suffoquer. Jesse s’approchait lentement de ce dernier tandis que le coeur d’Adam s’emballait subitement, cognant sa poitrine avec tant de violence qu’il en oublia presque ce que le policier lui avait demandé deux secondes auparavant. Son téléphone. Vite. Il tâta les poches de son pantalon avant de palper instinctivement sa chemise en sachant pertinemment que l’appareil ne pouvait pas se trouver là. « Jesse je… Mon téléphone… » Mais le métis ne l’entendait certainement pas de là où il se trouvait, trop occupé à vérifier que l’homme à l’agonie n’allait pas leur claquer entre les doigts, constatant que ce dernier hochait péniblement la tête pour répondre à Jesse. Plus qu’une solution : son portable devait donc se trouver dans sa veste, près des chaises vers la scène qui avait été installée pour l’occasion ; plus précisément, juste devant Sean et un grand brun qui semblaient discuter. Avaient-ils remarquer ce qui se profilait juste sous leurs yeux ? Sûrement pas, sinon ils ne seraient pas restés sans rien faire, pas vrai ? Mais en s’agenouillant près de son sac en bandoulière, Adam reconnut ce regard froid et détaché qu’il avait déjà vu dans certains journaux. Clyne ne bougeait pas, hermétique à tout ce qui se passait autour de lui, et Adam comprit alors sans peine qu’on ait pu l’accuser des meurtres perpétrés dans la petite ville.

Lorsqu’il revint sur ses pas, essoufflé par la peur qui n’avait eu de cesse de l’envahir au cours des dernières secondes, Ellen était venue à la rescousse de l’inconnu, essayant péniblement de dégager ses voix respiratoires en faisant pression au niveau de son thorax. Adam était particulièrement affolé, non seulement par ce qui se produisait actuellement sous ses yeux mais aussi parce qu’il n’avait pas réussi à mettre la main sur son téléphone et que le regard de Tobias lui avait littéralement glacé le sang. Et si c’était lui qui lui avait subtilisé l’appareil ? Non, Adam se faisait des films et s’emballait sans raison, c’était la crainte qui le contrôlait à présent. Il aurait voulu être encore capable de prononcer un mot, faire remarquer à Jesse que quelque chose ne tournait définitivement pas rond et qu’il fallait qu’ils partent sur le champs… Mais les mots ne vinrent pas et Adam fit tout son possible pour maitriser sa propre respiration, tandis que des dizaines de personnes s’affairaient autour d’eux pour isoler les petits fours que l’homme avait pu déguster en dernier afin de les soumettre ensuite à divers tests une fois que tout le monde aurait regagné sa demeure.

Les effort d’Ellen finirent néanmoins par payer, libérant enfin l’inconnu de l’amuse-bouche qui s’était coincé dans le fond de sa gorge après de longues secondes acharnées. Les esprits ne s'apaisèrent pas pour autant, pas dans l'instant ; surtout pas celui d'Adam qui tremblait encore comme une feuille morte. Il faudrait bien qu'il finisse par annoncer à Jesse qu'il avait perdu son téléphone, pas vrai ? Ou pire encore. Que quelqu'un dans cette foule, n'importe qui, le lui avait subtilisé...
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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallDim 31 Mai - 22:32




Pitoyable. Tout simplement pitoyable. Ils ne sont même plus capables de se nourrir convenablement sans s’étouffer dans le même temps. C’est un coup à me faire partir à la retraite avant l’heure. S’ils commencent à se dissiper dans l’air du soir comme des volutes de fumée sans me laisser la peine de laisser un dernier message sur leur peau, je risque de sérieusement m’énerver et d’être à l’origine d’un feu bien plus conséquent pour m’assurer que le message soit bien passé. C’est moi qui contrôle cette ville, moi qui décide de la tournure des évènements et du destin de chacun des habitants qui la peuple. Moi et personne d’autre, pas même le premier crétin incapable de mâcher convenablement au point de s’étouffer. Non mais vraiment… Ils n’ont pas intérêt à titrer demain matin que je suis à l’origine de ce fiasco répugnant ou je risque sérieusement de m’énerver.

Je réprime un soupir et fait mine de m’inquiéter à mon tour. Je me doute bien qu’ils observent la foule. Peut-être même est-ce un test, une épreuve qu’ils tentent de me faire passer ? Un comédien dissimulé parmi le monde qui se bouscule sur ce lopin de terre, un homme chargé de simuler une attaque ou une fausse route pour voir comment le reste de la population va réagir, pour vérifier si je ne suis pas parmi eux à me réjouir d’un tel accident. À croire que je commence à envisager qu’il puisse y avoir plus malin que moi dans ce foutu bled alors que je sais pertinemment qu’ils ne pourront jamais me devancer. Quoi qu’il en soit, mise en scène ou non, ce petit manège m’agace profondément mais je feins l’inquiétude, et la peur est certainement lisible sur mon visage. Je pose une question à mon voisin, me mordant la lèvre théâtralement. Je fais mine de craindre le pire, comme tout le monde. Je demande même à un organisateur si c’est la nourriture qui est avariée ou si le problème vient d’autre chose. On me répond en tremblant, en balbutiant, en hésitant. Bande d’incapables. Même
le procureur semble avoir remarqué à quel point cette fête est pittoresque et organisée par une troupe d’incompétents. Ah, ils peuvent s’associer autant qu’ils veulent pour soutenir leurs chères petites victimes, ils n’arrivent même pas à s’épargner. Ils feraient sans doute mieux de tous s’entre-tuer, ce serait bien plus rapide.

Je ne sais pas qui est
la jeune femme qui intervient, simplement parce que je n’ai pas le temps de détailler son visage avant qu’elle ne vienne prêter main forte à l’autre insecte qui rougit à force de manque d’air. Elle pourrait être la victime parfaite. Oui, elle, celle qui a l’audace de venir sauver une vie sous mes yeux. Elle n’a pas compris qu’il n’y avait que moi pour décider de ces choses-là. Mais elle a l’air robuste et elle risquerait de se débattre… Il faudra que j’envisage de la suivre à travers la ville pour en apprendre davantage sur elle. Il faudra aussi que je me charge de l’autre pimbêche blonde qui a fait des mots son véritable métier. Dommage, je suis la seule personne à pouvoir en vivre. Mon regard s’attarde ensuite sur le métis qui est venu accompagné. Il ferait mieux de ne pas laisser trainer ce qui lui appartient et de faire un peu plus attention à sa soi-disant moitié. Cet idiot a d’ailleurs l’air de trembler comme une feuille morte en s’agitant dans tous les sens et en cherchant sûrement de l’aide ou… Son téléphone.

Un sourire se dessine sur mes lèvres. Un sourire que je n’ai pas réussi à maitriser qui survient au moment où l’homme est libéré de ce qui le gênait au fond de sa gorge. Peut-être qu’ils organiseront une deuxième fête en son nom demain soir ? Le survivant du petit four. Ridicule. Je me retiens de me mettre à rire. Enfin, je peux au moins les remercier de m’avoir fait comprendre qu’il s’agit souvent de trouver un bon moyen de faire diversion pour commettre le délit parfait. Et je les remercierai à ma manière, ils peuvent compter là-dessus.



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Sujet: Re: • Ruth Williams Charity BallLun 1 Juin - 20:19

Désirée était une bien étrange créature ça le procureur semblait l'avoir très bien compris. À dire vrai, la blonde n'était rien d'autre qu'une petite fille qu'on avait pris la peine d'écouter après des tas de silence alors bien entendu, elle se sentait obligée de combler les vides. Tellement qu'elle se tournait en ridicule. Elle avait été tellement fière de son petit effet, prête à défendre l'honneur de ce cher Tobias qu'elle adorait tant. Oui, si les émotions de Désirée étaient complètement changeante et qu'elle pouvait vous adorer le mardi et vous détester le mercredi, son opinion de Tobias ne changeait pas. Jamais. C'était une des seules rares constantes dans sa vie et cela était simple, elle était ainsi avec lui car elle avait toujours été convaincue de son innocence. Mais Désirée n'avait ni la carrure ni le charisme d'une grande avocate et il fallait bien la faire redescendre de son petit trône, trône sur lequel elle était grimpée avec sa paire de talons aiguilles. Elle espérait provoquer une réaction d'agacement et d'irritement chez le procureur et partir ainsi avec un petit sourire triomphant. Mais non, les mots de l'autre homme étaient justes et froid et Désirée se retrouva à rougir, manquant de lâcher son verre et de perdre sa posture. " Pardon?"

Oh qu'elle s'était crue grande à parler de ses romans comme s'il agissait de petites oeuvres qu'elle pouvait véritablement maîtriser. Il avait raison sur un point, elle n'avait pas l'habitude d'avoir de bonnes réactions quand on lui parlait de ses romans. Son éditeur avait essayé pendant des années de l'entraîner à passer correctement des interviews mais Martin avait fini par abandonner en se disant que son joli visage la sauverait. Désirée n'aimait pas revenir sur ses écrits, une fois qu'un livre était publié, elle tournait son regard au loin, presque honteuse de ce nouveau né un peu bancal. Elle ne ressentait pas le désir de faire marche arrière histoire de nourrir ce bébé fait de sa propre imagination ou même de lui donner quelques minutes supplémentaires pour vivre. Quoi qu'il en soit, Désirée n'eut même pas le temps d'ajouter quoi que ce soit que déjà Alexander faisait demi-tour. Et sa belle réplique... hein? La romancière se mordit la lèvre inférieure avant de s'accorder une pause d'une dizaine de secondes histoire de rassembler ses esprits. Ce n'était rien, elle avait été un peu trop prétencieuse, ce n'était qu'un procureur et tout irait pour le mieux du moment que le Poète continuait de faire ce qu'il savait faire de mieux et qu'elle pouvait écrire en paix. Oui, en paix. Cette pensée en tête, la blonde se dirigea d'un pas un peu plus assuré vers le buffet. Cependant, une petite foule commençait à se former devant les grandes tables et Désirée dut jouer des coudes pour voir une jolie brune sauver de justesse un des convives.

Oh, elle pouvait déjà imaginer les gros titres si quelqu'un mourrait ce soir. Elle était certaine que ce cher Peter pouvait trouver le moyen de relier le Poète à cette affaire de petit four. Mais l'homme vivait et Désirée plaqua un sourire sur son visage avant de lancer un bref: "Voilà ce qui arrive quand on décide de se fournir chez un traiteur bon marché, vous pouvez bien répéter à Laura que je l'avais prévenue mais soit." à qui voulait bien l'entendre. Elle haussa alors les épaules ennuyée et dut jouer des coudes pour attraper une autre coupe de champagne avant de rebrousser de chemin, peu intéressée par un accident aussi banal. Non, elle chercha Tobias du regard et elle respira pronfondément et elle ravala au passage son égo des plus mal placé et elle alla se planter devant le grand brun. Elle se moquait bien d'interrompre sa conversation, vraiment, elle prit son air le plus désolé et commença doucement: "Tu avais raison et je suis une idiote, est-ce qu'on peut déguerpir de cette fête qui est complètement nul? J'ai une folle envie d'inventer un personnage qui serait procureur et de le tuer." Son humour était bancal mais elle était certaine que Tobias ne lui en voudrait pas, il pourrait prendre ses aises sur son canapé pendant qu'elle écrivait.

"Je suis désolée Tobias vraiment." lâcha alors Désirée plus sincère qu'elle ne l'avait été depuis... longtemps. Elle avait attendu autre chose de cette soirée, elle avait certes pu faire une donation mais au final ce n'était pas elle le centre de l'attention et cela la peinait... vraiment.
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