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 Side dish: Murder

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bad blood - we live here

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◆ Manuscrits : 723
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Sujet: Side dish: MurderVen 5 Juin - 0:24

Side dish: Murder



18 Février 2015

Le petit restaurant familial était vide.
C'était un restaurant de taille plutôt respectable qui était tenu par la même famille depuis des années. Désirée le savait car elle avait posé la question lors de sa première venue ici, il y a environ trois ans en arrière. De la même manière, elle s'était installée sur la dernière banquette en cuir et avait commandé le petit déjeuner classique. Et, toujours de la même façon, elle mangeait religieusement ses toasts ce matin-là. Le restaurant était silencieux la seule chose qu'on entendait c'était ce bruit, ce crac, à chaque fois que la blonde plantait ses dents parfaitement blanches dans un des toasts, son expression carrément vorace. Comme s'il s'agissait du meilleur des morceaux de viande et qu'elle était dans un restaurant quatre étoiles. Ses yeux brillaient avec la même intensité, presque un peu fous, ancrés dans son visage rond, dévisageant l'homme qui était juste en face d'elle. Non, le bruit que faisait Désirée n'était pas le seul dans le restaurant, il y avait également la respiration de Tobias, le brun la fixant elle aussi, elle qui venait de lui exposer ses idées. "Alors?" demanda la blonde pour la deuxième fois en l'espace de dix minutes, un sourire mutin sur son visage.

Un sourire n'était sûrement pas la meilleure expression depuis la dernière tragédie qui avait secoué Fairhope. Désirée le savait. Elle le savait, elle avait vu le joli visage de Peter leur annoncer la nouvelle, eux, les habitants de Fairhope et elle avait éteint sa télévision au bout de cinq minutes d'écoute. Est-ce que la tristesse l'avait secoué? Non, un autre meutre, un autre meutre, si près, si frais, elle pouvait presque le sentir, elle avait déjà effacé la photo de Rose de sa mémoire pour la remplacer par une autre image dans sa tête. Celle d'une petite fille, au long cheveux blonds et avec une robe à fleurs qui se faisait dévorer par une ombre. Dévorée, emportée, elle n'était plus qu'un souvenir, un délicieux et affreux souvenir. Les jambes de Désirée avaient tremblé et elle avait failli tomber en se précipitant dans sa chambre. Pas le temps de rallumer son ordinateur ou même de tirer les rideaux, elle avait attrapé feuille et crayon et elle avait écrit, écrit, écrit, écrit...
Son esprit fonctionnait à plein régime et il criait des Rose et lui murmurait des symphonies d'horreur. Il n'y avait pas de phrases ou même de sens, il n'y avait que des mots, rien d'autre que des mots. Désirée était bien incapable d'expliquer son procédé d'écriture, il n'y en avait pas vraiment quand l'inspiration s'emparait ainsi de son corps. Elle n'était rien, elle n'était pas une femme, elle n'était pas faite de chair ou même de sang, elle n'était absolument rien. Elle n'était qu'un vaisseau, un portail pour quelque chose de bien plus grand, pour cette inspiration, pour lui, pour eux tous pour les victimes.

Désirée avait émergé de sa torpeur avec les larmes aux yeux, la gorge sèche et les cheveux qui lui collaient à la nuque. Elle avait pris une longue douche et elle avait appelé Tobias. C'était elle qui avait arrangé le petit rendez vous, de bonne humeur et se moquant pas mal de la date et des circonstances. Elle avait trop de choses à lui dire. Les pages qu'elle avait norcies avaient été rangées dans sa commode, cachée sous une paire de talons aiguilles et Désirée avait mis une robe hors de prix pour l'occasion, c'était déplacé, le tissus lui collait à la peau mais elle s'en moquait. Elle avait tout mis sur ces pages et elle avait besoin de récupérer un peu ce qui était à elle. Et elle était belle, enfin, on le lui avait dit alors elle allait être ceci aujourd'hui. Désirée avait passé un bras autour de celui plus imposant de Tobias, lui offrant un sourire ce matin là. Elle espérait toujours qu'il lui ait pardonné son petit écart qui datant de fin janvier dernier. Qu'est-ce qui lui avait pris? Bonne question. Non, aujourd'hui, Désirée avait une bien meilleure idée pour leur petit-déjeuner, elle lui avait suggéré les pancakes avant de se lancer dans une grande conversation, ignorant la mine dépitée de la serveuse.

La théorie de Désirée était simple, elle avait eu raison depuis le début, le meurtrier se cachait sous les traits d'un professeur et il narguait la police à présent car il était plus que certain qu'on ne le retrouve pas. Donc oui, alors? Qu'est-ce que Tobias en pensait...
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fonda - lost in the fire

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Sujet: Re: Side dish: MurderSam 13 Juin - 1:32

Le bruit du cuir de la banquette sur laquelle il était installé ne lui plaisait pas. Ou peut-être était-ce le restaurant qui ne lui revenait tout simplement pas et qui le faisait grogner de bon matin ? Tobias avait pourtant l’habitude de trainer ici, notamment en compagnie de Désirée. Il avait d’autres souvenirs entre ces quatre murs mais il n’était sans doute pas utile de les ressasser à cet instant. Pas la peine de repenser à la fois où Laurel lui avait raconté sa journée, un sourire fermement agrippé à ses lèvres fines, se goinfrant d’une énorme part de gateau au chocolat entre deux anecdotes pour le moins cocasses. Tobias avait songé que le met devait être exquis pour lui arracher ces exclamations de joie et ces rires, sinon pourquoi se réjouir de la sorte, pas vrai ? Elle était belle ainsi, rayonnante et joviale. Vivante. Elle avait réussi à l’enivrer une fois de plus, et le Clyne n’était pas parvenu à se sortir ce fichu gateau de la tête par la suite. Non, il n’avait pas réussi à le faire, et toutes les occasions semblaient bonnes pour ressortir les livres de recettes et tenter de reproduire la pâtisserie en question. Laurel lui avait demandé ce qu’il pouvait bien traficoter dans cette cuisine à longueur de journée au lieu d’écrire et il lui avait répondu comme si cela était l’évidence même en se grattant la nuque et en fronçant les sourcils, réalisant que la tâche s’avérait plus compliquée que prévu. « C’est pour te faire sourire. » Et il n’avait pas eu besoin d’en faire davantage pour que le bonheur se lise à nouveau sur visage de sa jeune soeur, cette dernière se hissant sur la pointe des pieds pour venir capter le regard de son frère et poser un baiser sur sa joue, lui assurant qu’il avait justement atteint son but. Tobias n’avait pas baissé les bras pour autant, obsédé par cette histoire au point d’en perdre le sommeil et la raison, au point de ne plus supporter le grincement du cuir contre son dos ni la craquement assourdissant que produisaient les toasts de Désirée.

« Alors ? », insista alors la jeune femme, arrachant ainsi un énième grognement à Tobias qui se dandinait sans cesse pour tenter de se mettre un tant soit peu à l’aise. En voulait-il encore à la blonde de l’avoir trainé au bal de charité près d’un mois en arrière ? Une part de lui en avait très certainement voulu, c’était un fait, et il n’avait pas prononcé le moindre mot sur le chemin du retour, la voix de Laurel raisonnant dans son esprit pour lui répéter inlassablement que la pauvre femme n’y était pour rien et qu’elle n’avait pas pu orchestrer l’asphyxie publique d’un innocent. Le grand brun n’avait rien répondu, avançant sans réfléchir sur les trottoirs de cette fichue ville qu’il refusait de quitter pour des raisons évidentes, la dépouille de sa soeur reposant justement sous les arbres de Fairhope, son souvenir errant encore dans les rues comme s’il s’agissait du royaume de la défunte. Il était condamné ici, et même s’il n’y avait plus de barreaux à ses fenêtres, il ne connaîtrait jamais d’autres paysages que ceux qu’il hantait. Ses grandes enjambées l’avaient rapidement éloigné de ce parc et du reste de la foule qui devait déjà être en train de le suspecter d’avoir voulu faire naitre la panique parmi les habitants qui avaient répondu présent à cette invitation de la part de l’association des survivants. Mais est-ce qu’il avait réussi à pardonner à Désirée pour autant ? Était-il seulement capable d’une telle chose ? Sûrement. Nul ne pouvait en être certain, le pardon paraissant bien vague et abstrait pour Tobias. Il savait qu’il fallait qu’il pardonne quand Laurel lui expliquait pourquoi elle avait haussé le ton, ou qu’il s’excuse quand elle lui faisait comprendre qu’elle avait été vexée. Ça n’allait pas plus loin que ça, n’est-ce pas ? Le pardon était réservé à Laurel et elle l’avait emporté avec elle, ne laissant que quelques rares souvenirs derrière elle, ceux-là même qui revenaient se coller sur les paupières de Tobias ce matin-là.

Le trentenaire n’avait pas touché à la nourriture qui se trouvait devant lui, trempant à peine ses lèvres dans son verre de jus d'orange avant de le reposer en grimaçant, pestant intérieurement contre ce fichu cuir qui gâchait même le goût de son breuvage. « J’en pense que tu ferais mieux de te mêler de ce qui te regarde. » Le secrétaire ne mâchait certainement pas ses mots, s’adressant à Désirée sur le même ton sec et tranchant que d’habitude. « Laisse la police faire son travail. » Grognant une énième fois, il se tut l’espace d’un instant pour tenter de se calmer sur les conseils de sa petite soeur qui n’était pourtant plus parmi eux depuis longtemps. Tobias soupira, reprenant la parole dans la foulée. « Non, j’ai raison. Elle ne va pas se mettre en danger pour ça, et je ne le dirais pas plus gentiment. Et personne ici ne veut savoir comment elle va s’y prendre, non. » Laurel était trop curieuse au goût de son grand frère. Il ne voulait pas connaitre les détails du plan de Désirée, hors de question. « Et puis qu’est-ce que ça change de savoir qui c’est, hmm ? Rien. Strictement rien. Donc Désirée n’ira nulle part, un point c'est tout. » Relevant la tête vers l'intéressée, il en profita pour remuer le couteau dans la plaie. « Tu ne feras rien du tout. Point final. » Les sourcils froncés, il prit une seconde gorgée de jus de fruit en ronchonnant, son regard se perdant à nouveau dans le reste de la salle à la recherche du sourire de Laurel qui devait se trouver quelque part auprès d’eux. Ou simplement dans la part de gâteau devant lui qu’il n’avait pas encore pris la peine de goûter.
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Sujet: Re: Side dish: MurderDim 14 Juin - 18:55

Désirée n’était pas une femme normale. Elle le savait, Tobias le savait. Tout comme ils savaient tous les deux que le brun n’entraient pas non plus dans le moule et qu’ils étaient tous les deux merveilleux et atypiques. Et la blonde avait accepté les choses depuis longtemps, elle avait accepté son titre, avait gentiment acquiescé lorsqu’on avait mit cela sur le compte de sa nature d’artiste et elle était passée à autre chose. Elle se souvenait encore de la première fois où elle avait posé son regard sur Tobias, le vrai, en chair et en os et non le portrait de lui qui passait sur toutes les chaines locales il y a plus d'un an de cela. Il n’y avait pas eu de déclic soudain, Désirée ne s’était pas dit qu’il était à elle ou un autre cliché qu’on voyait dans les films mais elle savait. Elle avait su qu’elle avait eu raison sur toute la ligne et qu’il n’était pas coupable et qu’il n’avait pas tué Laurel. Avait-elle été la première à lui offrir un sourire en pareil circonstance? Sûrement, elle s’en moquait, Tobias ne l’effrayait pas. Comme tous les animaux et surtout comme tous les hommes il avait ses propres faiblesses et elle le regardait souvent évoluer dans son salon, cherchant une position confortable avant que ses yeux ne se posent sur la romancière qui vaquait à ses propres occupations. Les yeux de Tobias la brûlaient parfois, elle lui disait de tourner la tête quand elle écrivait telle ou telle phrase et elle revenait se coller à lui pendant un autre passage, déroutée d’être rassurée en la présence du brun.

Il ne l’effrayait pas, elle avait vu ses regards, elle l’avait vu fixer le vide, parler à sa soeur et pourtant, jamais la peur ne lui était venu à l’esprit. Tobias la fascinait, elle voulait le prendre dans ses bras et lui jurer qu’elle retrouverait ce salaud ou encore mieux qu’elle trouverait un moyen de ramener sa soeur à la vie. Mais même Désirée savait être réalise sur bien des points. Au lieu de cela, la blonde constatait, presque attristée que Laurel existait toujours, elle était juste allée se loger dans l’esprit de son frère car elle ne possédait plus de corps qui lui était propre. Cette alchimie était belle et peut être qu’un jour quelqu’un achèverait Tobias à coup de hache, en lui martelant la boite cranienne dans l’espoir de laisser sortir sa soeur. Désirée avait rêvé de le faire, elle-même, rêvé d’embrasser Tobias pendant une minute et avoir la force de le tuer celle d’après juste pour faire apparaître l’autre Clyne. Mais elle état loyale, fidèle à lui qui ne la quittait pas, lui sa petite constante personnelle. Son confident en quelque sorte et parfois son ami. Tobias ne semblait pas impressionné cependant le sourire de Désirée ne disparut pas pour autant. Les toasts eux tirèrent leur révérence bien rapidement et Désirée engloutissait le dernier au moment où le grand brun prit enfin la parole. Elle haussa un sourcil parfaitement dessiné, conséquence de trop de temps passé devant le miroir, incrédule face aux mots de Tobias. Son sourire faiblit, seulement pour revenir une fois qu’elle constata que les deux Clyne ne semblaient pas d’accord sur son petit plan. Elle repoussa son assiette, presque fatiguée, avant de s’adosser encore plus sur son fauteuil en cuir. Son sourire était de nouveau en place et elle écarta les mains dans les mains dans un geste qui signifiait qu’elle était disposée à en révéler plus. Juste pour Laurel, entre femmes elles pouvaient se comprendre à un degré qui échapperait toujours à Tobias.

« Et bien puisque certaines personnes sont curieuses ici, je dirai simplement que je comptais rendre une petite visite à monsieur Peter Howell. Tu sais le journaliste avec un égo surdimensionné qui ne dit jamais non à un peu de flatterie mais soit… » Désirée ne put s’empêcher de battre des cils dans une expression presque risible, jouant les midinettes sans cervelle avant que son sourire ne disparaisse enfin. Son expression était à présent aussi dure que celle que Tobias lui renvoyait et la blonde se retint de grimacer, déçue de constater qu’il prononçait déjà un interdit. Il se trompait s’il croyait qu’elle était venu lui demander son avis. Il se trompait également s’il pensait vouloir l’arrêter. Oh Tobias, se dit Désirée, I really wish I could hate you or smash your face against the nearest wall. Au lieu de quoi elle se contenta de faire un geste en direction de la serveuse et de lancer un bref : « Je croyais qu’on était dans le même bateau toi et moi Tobias, visiblement je me suis trompée. Pour la leçon de moral, tu repasseras. » commenta Désirée à demi-voix. La serveuse fit son apparition et Désirée commanda un verre de jus d’orange avant d’ajouter que non, Tobias ne prendrait rien d’autre. Elle fixa ensuite l’homme avec une expression qui indiquait que elle aussi pouvait donner des ordres et lui donner l’impression de retomber en enfance. Elle ne lui avait pas encore parlé de Heath et la façon qu’il avait de la soulever parfois et elle ne ressentait en aucun cas le besoin de le faire. Son grand frère n’avait plus aucun pouvoir sur elle et Tobias non plus, personne ne lui dicterait sa conduite. Désirée avait néanmoins besoin de savoir que Tobias était de de son côté, c’était uniquement pour cela qu’elle s’était confiée à lui. « Et comment est-ce que tu veux que je fasse confiance à la police alors que tout le monde dans cette fichue station m’a ouvertement ri au nez quand je leur ai dit que tu étais innocent? Hmm…? »  

Désirée s’était penchée vers lui pour prononcer sa dernière phrase. Qu’il ne croit pas qu’elle ne s’était pas déjà impliquée ou même déjà mouillée, elle l’avait déjà fait pour lui à l’époque où elle ne le connaissait pas encore. C’était trop facile de lui dire non maintenant, trop facile… Elle se redressa soudainement en apercevant la serveuse revenir du coin de l’oeil. Désirée lui accorda un regard aimable avant que son expression se change une nouvelle fois pour fixer Tobias. « Je ne peux faire confiance à personne Tobias, personne sauf toi, pourquoi est-ce que tu crois que je suis encore ici, hmm? »
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Sujet: Re: Side dish: MurderMer 8 Juil - 14:30

Inutile d’ouvrir le crâne de Tobias pour libérer Laurel, elle était bel et bien là, quelque part au-dessus d’eux, omnisciente, assistant à toute la misère du monde depuis l’abris céleste qu’elle s’était octroyée en échange de son dernier souffle. Elle avait décidé d’offrir sa voix à Tobias, ou peut-être était-ce un miracle qui s’était produit là. La grâce l’avait sans doute touché, lui laissant le souvenir de sa soeur, le nommant porte parole des pensées de sa cadette. Elle planait au-dessus d’eux, invisible de tous et audible par le seul être qui partageait son sang et qui avait recouvert sa chair de tout l’amour qu’il lui portait. Parfois, le brun se demandait s’ils n’étaient pas tout simplement morts ensemble, au même moment, dans les bras l’un de l’autre, au cours d'une étreinte qui leur aurait ôté le souffle après une décharge trop intense, et ils s’étaient réveillés là, trop loin l’un de l’autre pour que leurs regards se croisent, et trop près pourtant pour qu’ils puissent se voir ; ils l’avaient toujours souhaité et voilà qu’ils ne faisaient plus qu’un, et Tobias la portait en lui comme une douce mélodie, leurs deux êtres formant pour de bon cette harmonie si particulière. Elle l’apaisait, elle le calmait. Elle lui rappelait les soirs de Décembre où elle s’installait sur ses genoux sur le canapé du salon, jouant avec l’une de ses mèches aux doux reflets bruns tandis qu’il tenait un livre ouvert devant eux et qu’elle faisait la lecture. Elle, oui. Parce qu’il n’existait rien de plus mélodieux que sa voix, et comme aspiré dans un songe, il savait qu’il n’appartenait plus au monde des vivants à chaque fois qu’il l’entendait. Et puis il sentait la main de Désirée presser son bras ou sa tête se poser sur son épaule, et le brun se souvenait alors qu’il était tangible et palpable. À moins que Désirée ne soit finalement coincée en enfer avec eux.

Et de son perchoir, la plus jeune s’agitait tandis que Tobias n’en finissait plus de grogner. Non, c’était une mauvaise idée. Il ne pouvait pas sentir ce Peter Howell et toute sa bande de charognards qui s’était permis de révéler à la face du monde que Laurel était son petit bijou et qu’il la chérissait, qu’il en prenait soin et que ses baisers n’avaient rien de déplacés puisqu’elle les désirait, qu’elle gémissait encore et toujours qu’elle voulait que les lèvres de Tobias se posent là, toujours au même endroit. Oh il aurait pu réduire ce Peter à néant, lui qui avait montré le visage du Clyne sous tous les angles en appuyant le fait qu’il avait laissé trainer ses mains sur le corps de sa petite soeur comme si cela était profondément abject et répugnant. Non, c’était lui l’immondice de la nature, le monstre qui n’avait rien compris à toute l’histoire qu’il tissait sans se soucier des noeuds qu’il retrouverait bientôt dans sa tapisserie. Qu’il continue de coudre son tissu de mensonge, il finirait bien par s'apercevoir qu'il ne valait pas grand chose, pas plus en tout cas que la précieuse pierre qui avait vécu avec le brun et qui lui avait offert son corps, son âme, et même sa voix en héritage. Tobias maudissait Peter Howell et tout ce qu’il était, tandis que Laurel se réjouissait d’en savoir davantage.

Désirée avait eu le malheur de prononcer le nom du journaliste et tout le reste s’était subitement effacé. La blonde parlait, lui confiant qu’elle s’était trompée sur lui, qu’elle ne pouvait pas se permettre de faire confiance à la police quand les officiers n’avaient même pas cru en l’innocence de Tobias, qu’elle n’avait confiance qu’en lui et… Et Tobias ne voulait plus l'entendre. Pour quoi faire ? À quoi bon ? Non, c’était sa version de l’histoire, la façon dont elle voyait les choses mais le brun ne possédait clairement pas le même regard. Son point de vue sur la question était bien plus arrêté, bien plus tranché. Elle n’irait pas voir l’autre incapable pour tenter de lui soutirer des informations, c’était décidé. Il irait la chercher lui-même s’il le fallait, et même si Laurel semblait dire qu’elle assisterait bien volontiers au spectacle ou qu’elle pourrait aider la blonde à établir un plan plus élaboré que celui-ci, Tobias remuait la tête de gauche à droite pour lui faire comprendre qu’il n’en n’était pas question. « Si tu ne fais confiance à personne à par moi, tu n’iras pas voir cet abruti. Tu crois qu’il en sait plus que les autres ? Ça doit être le dernier informé sur tout ce qui se passe. » Le cuir grinçait encore et toujours sous ses cuisses, irritant l’ancien suspect encore davantage tandis qu’il reprenait la parole sans se soucier de savoir où la serveuse pouvait bien se trouver, agacé de constater que Désirée n’avait rien recommandé pour lui. Cette discussion lui avait clairement coupé l’appétit mais il n’appréciait certainement pas qu’on vienne marcher sur ses plates bandes et qu'on se permette de décider à sa place. « Cet espèce de crétin fini pensait que je la séquestrais. Alors personne n’ira flatter son égo, il n’en n’est pas question. » Mais Laurel argumentait pourtant pour la version contraire, affirmant que c’était sans danger et que l’écrivain ne risquait rien en allant poser quelques questions innocentes à un journaliste incompétent…

« Assez ! » Son poing avait frappé la table avant même que Tobias ait eu le temps de pouvoir le retenir, son verre de jus d’orange vibrant au point de perdre un peu de son contenu. « Personne ne veut savoir qui est derrière tout ça. Ça ne changera rien à ce qui s’est produit. Rien du tout. Et tu ferais mieux de te reposer au lieu de… Non, tu ne recommences pas ! » Sa voix était plus grave et le brun baissait le menton, s’adressant à lui-même comme si Désirée assistait à cette scène sans vraiment y être autorisée. Mais déjà Tobias fermait les yeux, prenant une grande inspiration et serrant les dents pour tenter de contenir sa rage. « Je suis calme, je suis très calme. Si, je suis calme… Désirée n’ira nulle part c’est tout. » Relevant alors la tête, son regard croisa celui de l’intéressée pour s’assurer que cette fois-ci, il s’adressait bien à tout le monde en même temps. « C’est moi qui décide. »
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Sujet: Re: Side dish: MurderDim 26 Juil - 23:37

Désirée n'avait pas sursauté quand le poing de Tobias s'était abattu sur la table. Non, elle avait juste observé son verre, le regardant légèrement vaciller et répandre quelques gouttes de jus d'orange sur la table. How rude, s'était dit la blonde. Son regard se perdit quelques instants dans la contemplation de ce verre, froid, si elle pressait le verre contre ses lèvres est-ce qu'elle se mettrait à trembler? Probablement, c'était une bonne question. Elle avait envie de le faire, elle avait très envie de le faire et... Désirée fit claquer sa langue sur son palet, énervée, en entendant les derniers mots de Tobias. Son attention se reporta sur lui. Oui. Leur dispute. Oui, Peter.

La romancière jaugea l'autre homme, une expression indéchiffrable sur le visage. Elle qui était d'ordinaire si expressive avait choisi de ne rien montrer. Elle croisa les bras sur sa poitrine, jaugeant Tobias et cherchant la meilleure approche. Laurel n'était pas d'accord avec lui, ça c'était certain. C'était sans doute quelque chose qu'il ne pouvait pas vraiment accepter dans le fond. Car Laurel, chose que Désirée avait appris très tôt à force côtoyer les Clyne, avait encore une emprise sur son frère. C'était fascinant à regarder. Désirée avait déjà prévu d'écrire sur ces deux-là. Laurel, la petite danseuse de Tobias, éternelle, cruelle, qui n'apparaissait qu'à de très rares occasions, sous forme de fumée, immatérielle, juste pour tenter celui qu'elle tenait en laisse et en chaine. Oui, enchainé, Tobias l'était, ou alors dans une cage, une gigantesque cage mais avec les barreaux si finement serrés entre eux qu'au final il était coincé. Et Laurel dansait, dansait, et dansait encore à l'extérieur de cette cage, juste pour le tenter.
Vile.
Belle.
Éternelle.

Mais Désirée chassa bien vite ce genre de pensées, elle n'était pas devant sa machine à écrire à cette seconde précise et n’était pas encore venu le temps de conter ce récit. Pas encore la bonne inspiration, pas encore la bonne plume. Désirée finit donc par froncer les sourcils, l’émotion transparaissant enfin sur son visage. Elle était en colère, oui, pas juste légèrement, mais face à Tobias et sa stature imposante, elle devait paraitre bien ridicule mais tant pis. Elle n’aimait pas son ton, elle refusait l’ultimatum. La matinée aurait du être bien simple, le brun aurait du acquiescer, lui demander de quoi elle avait besoin et lui proposer autre chose pour le reste de la journée. Quelqu’un aurait surement du dire à Désirée que ce n’était pas vraiment le genre de Tobias mais soit, elle s’était murée dans ses illusions depuis la mort de Rose, elle était dans son monde et elle ne voulait pas qu’il vienne la réveiller. Ou qu’il lui fasse entendre raison. Qui était-il? Juste Tobias.

"Non." Désirée appuya son propos par un hochement de tête avant de poursuivre:"Non." Elle répéta encore le mot, son regard de ne quittant pas Tobias. Du coin de l’oeil, Désirée vit la serveuse leur adresser un regard, surement inquiet et elle ne prit pas la peine de feindre un sourire histoire de la rassurer. Pas de doute que Tobias n’allait pas se faire des amis dans ce petit diner, encore moins si on le reconnaissait. La blonde n’en avait que faire pour le moment, elle était déçue, vexée et aussi dans le fond, irritée de voir qu’après autant de mois passés au coté de Tobias, elle n’arrivait pas à comprendre sur quelle fréquence il fonctionnait. Ils n’étaient plus aussi synchrone que dans l’appartement de la jeune femme, ça c’était certain."Ce n'est pas toi qui décide." contra la blonde retournant les mots de Tobias contre lui. Elle était tout aussi calme que lui en fait, Désirée s’était penchée contre la table et elle lui parlait tandis que son index tapotait sur la table du restaurant. "Tu es mon ami."  Pensait-il qu’il était le seul à croire qu’il pouvait posséder les gens? Absolument pas. Elle le comprenait bien pour une bonne raison, elle avait compris le lien sacré qu’il y avait entre lui et Laurel. Tout comme elle comprenait que d’une certaine façon, elle était importante aux yeux de Tobias. Désirée voulait être importante à ses yeux, il vénérait avec une dévotion certaine et elle ne voulait pas avoir à sans passer, c’était comme ça. C’était ainsi.

Mais elle n’était pas Laurel, elle n’allait pas se plier aux règles, elle n’allait pas le tenter et venir danser devant la cage, non, elle était dans la cage avec lui, ses mains pressées contre son cou, dans ses bras. Elle n’était pas coincée, elle était ici avec lui parce qu’elle le voulait, elle s’était brisé un bras et une épaule pour venir le rejoindre mais… Elle était là au final.  "Je suis autant à toi que tu es à moi, tu m'entends Tobias... Est-ce que tu comprends?"  Désirée avait prononcé ces mots là avec un air féroce, qui se retrouvait également dans son ton, ou la façon qu’elle eut de reculer pour venir se coller contre le dossier de la banquette. Elle attrapa enfin ce verre de jus d’orange et le vida d’un train, comme asséchée par sa propre colère. "Alors non, ce n'est pas que toi qui décide…" Elle reposa le verre de jus d’orange sur la table, avec presque autant de force que Tobias. "Ça me peine vraiment tu sais, je pensais que tu pourrais comprendre et tu joues les idiots, si je n'avais pas autant de mascara je pourrais pleurer... Peut être. Je n'ai pas quinze ans Tobias, si je dis que j'irai voir Peter, j'irai le voir. Je t'informe simplement, par politesse, c'est très bien si tu penses que c'est une mauvaise idée, mais ne crois pas une seule seconde que tu peux m’arrêter." Désirée eut un maigre sourire, elle se retint de dire qu’elle voulait bien le voir essayer. Mais elle était énervée, pas encore stupide.

"Non, pas même toi."
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Sujet: Re: Side dish: MurderMer 5 Aoû - 4:09

La serveuse s’était immobilisée quelque part dans le champs de vision de Tobias. Peut-être en avait-elle entendu suffisamment, vu suffisamment aussi pour se dire qu’il était sans doute bon de prêter attention au reste de cette "conversation" qui n’avait rien d’un échange conventionnel. Oh, elle devait en voir des vertes et des pas mûres. Elle avait du être témoin de scènes embarrassantes, les plus gênantes qui soient, celles où les femmes ne prennent pas la peine de relever la tête pour tenter de croiser le regard d’un autre être, d’un humain qui bouge et qui respire, qui gravite et qui existe. Celles où elles restent assises sans rien dire face à ceux qui ont détruit et possédé tout ce qu’elles avaient. Ceux qui conquièrent et qui anéantissent tout sur leur passage au point que la chair continue de brûler même quand le verre froid vient effleurer les lèvres de la pauvre fleur meurtrie qui s’est flétrie, qui se ferme à la moindre approche, qui ne s’ouvrira plus. L’hiver avant l’heure. La fin. Peut-être que cette serveuse s’était justement habituée à être témoin de la fin, qu’elle commençait à se demander si celle du monde n’allait pas survenir avant l’heure et si Fairhope n’allait pas être la première ville à être rayée de la carte. Elle observait la réaction de Désirée, sur le qui-vive, prête à intervenir, à remettre ce sale type à sa place et à prendre la jeune femme sous son aile pour lui assurer qu’il y avait mieux ailleurs, que l’oxygène était moins corrosif quand on ne se tenait pas face à un fou. Cette employée devait être habituée à la folie des hommes, oui ; comme Désirée l’était à sa manière, elle qui semblait préférer se baigner dedans, s'offrir en pâture pour mieux pouvoir répandre son sang sur les pages blanches de ses carnets. Mais Désirée était forte, aussi puissante que le silence, aussi effrayante que la solitude. Aussi abrasive qu’un mauvais acide.

Tobias fulminait, seul dans son mutisme qu’il avait peine à maitriser, les mots qui restaient logés sur le bout de sa langue semblant attaquer ses lèvres avec tant de lenteur que cela en était insupportable. La serveuse avait fini par tourner les talons en constatant qu’on n’aurait pas besoin d’elle cette fois-ci, que la personne qui avait finalement le dessus n’était pas celle qu’elle s'était imaginée. Et Tobias ne disait plus mot, ses expirations profondes essayant de contenir ce qu’il n’arriverait certainement jamais à cracher au visage de la blonde. En tout cas pas tout seul. Non, pas tout seul. Car Laurel était partie dès que son frère s’était tu à nouveau, il avait senti sa poitrine se serrer juste après son départ, peu de temps avant que Désirée en profite pour taper du doigt sur la table et énoncer de nouvelles règles. Laurel n’était plus là. Elle avait été déçue, ou la colère de Tobias n’avait tout simplement pas été de son goût alors elle avait fait le choix de le laisser seul pour le moment, jusqu’à ce qu’il soit apaisé et que ses veines ne soient plus empoisonnées par les répliques désagréables qui polluaient son esprit. Mais quel esprit, hein ? Elle n’était plus là à nouveau, pour la millième fois ; alors Tobias ne pouvait plus penser, le moindre songe s’évaporant dans cette cellule qui lui servait de crâne, chaque pensée morte dans l’oeuf, avortée. Il avait envie d’hurler, de retourner cette table et de briser les barreaux des chaises pour s’en faire des centaines de pieux qu’il demanderait à Désirée de planter dans sa poitrine pour qu’elle récupère ce coeur, cet organe-là qui battait trop fort contre ses côtes. À tout rompre, comme le voulait l’expression. C’était ça. Exactement ça. Ce putain de truc lui faisait un mal de chien et son crâne ne cessait de battre pour lui répondre en écho. Laurel était absente, il n’y avait plus rien. Plus rien à part Désirée et ses règles, les règles qu’elle imposait et qu’elle énumérait. Le seul phare auquel Tobias pouvait à présent se raccrocher.

Son geste avait été instinctif et il avait relevé la tête pour faire signe que non, il ne comprenait pas. Il ne comprenait rien. Ni Laurel, ni elle. Ni le monde. Ni cette espèce de cage dans laquelle on l’avait foutu. S’il avait été en mesure de réaliser ce qu’il était, s’il avait été capable de prendre un peu de recul, il se serait plaint comme le reste de l’humanité. Il se serait mis à pleurer sur son sort, jurant que ce n’était pas de sa faute, que la nature l’avait fait comme ça et qu’il était impuissant face à sa propre condition. Que sa mère l’avait traité différemment. Que son père avait été absorbé par son propre monde, par sa bulle, sa cage à lui qu’il avait refermé à triple tours et qui avait même fini par le happer. Que les doigts de Laurel lui manquaient, surtout quand elle les passait doucement sur ses sourcils jusqu’à ce qu’il cesse de les froncer, jusqu’à ce que son regard soit plus doux, plus tendre, plus ouvert et moins crispé. Il se serait mis à hurler de douleur si seulement il avait eu conscience qu’une telle chose puisse exister. Il l’avait sentie, trop intense et réelle, à chaque fois que Laurel s’était trouvée loin de lui. Elle l’avait sûrement sentie elle aussi puisqu’elle le retrouvait rapidement. Ou elle s’arrangeait pour que son frère ne se retrouve jamais seul. Et Désirée se chargeait justement de lui expliquer que ce n’était pas à lui de décider, qu’elle n’avait plus quinze ans, qu’elle l’informait de son plan par politesse, qu’il ne pouvait pas l’arrêter. La blonde énonçait les règles. Elle lui faisait comprendre, comme Laurel avait pu le faire avant elle.

Tobias aurait pu la mettre en garde une dernière fois mais son regard s’en chargea pour lui. Il se contenta de rester là, assis sur cette banquette en cuir dont les grincements incessants l’irritait plus que tout, passant son doigt près du col de sa chemise pour tirer dessus en espérant que l’air revienne maintenant que Laurel l’avait emporté avec elle. « Je ne veux plus parler de ça. » Parce qu’il pouvait la sentir. Cette peine qui venait le ronger à nouveau. Celle qui lui paralysait les jambes et qui l’empêchait de fuir quand il aurait préféré courir à en perdre haleine pour regagner les draps de Laurel qui l’attendait sûrement chez eux pour s’expliquer avec lui. Pour lui expliquer. « Tu fais ce que tu veux mais je ne veux plus parler de ça et je veux partir. » Les mots avaient été prononcés afin de montrer qu’il avait bien retenu la leçon mais qu’il n’y tenait plus. Que ce qui se produisait dans ce restaurant n’était tout simplement plus supportable et que la cage se refermait maintenant sur lui, prête à le happer.
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Sujet: Re: Side dish: MurderVen 14 Aoû - 1:23

Le monde voyait Tobias comme quelqu’un de compliqué. Une brute. Un monstre qui avait osé touché sa soeur. Un pervers. Un détraqué. Un assassin. Un dégénéré.

Tellement de termes qu’il avait du rencontrer tout au long de sa vie et … encore plus depuis la mort de sa soeur. Est-ce que Désirée pouvait blâmer le monde? Certainement. Tobias? Peut-être. Elle ne pouvait pas lui en vouloir dans le fond, il était ainsi, il était né un peu bancal et voilà tout. Parfois elle avait envie de le secouer et lui dire qu’elle était exactement pareil, qu’ils étaient fait de la même chose. Qu’elle aurait cent fois préféré les caresses de son propre frère à celle de parfaits inconnus. Oui, elle aurait préféré faire comme Laurel et laisser Heath la posséder des millions de fois plutôt que de se réfugier au creux de son oreiller et se demander si tous les hommes étaient tous pareils. Elle aurait pu. Mais elle n’avait pas conté toutes ces vérités à Tobias, elle s’était contentée de le prendre sous son aile, de l’écouter et surtout de le croire. Sans jamais douter de sa parole. Elle aurait du lui dire qu’il devait jouer le jeu, suivre les règles, s’il faisait parti de ce monde, il allait devoir suivre les règles de la majorité, ce n’était pas juste mais c’était ainsi que le monde fonctionnait et marchait. Se plier aux règles, cacher sa nature, cacher ce qui faisait qu’il ne marchait pas droit et apprendre à se fondre dans la foule, à parler, à respirer et à être normal. Juste pour donner le change et avoir une petite vie paisible. Il pouvait devenir fou, misérable, heureux et meme débile dans le confort de ses propres murs. Mais au dehors, il n’appartenait pas à lui-même.

Sous la lumière terrifiante du jour, il appartenait à tout le monde. Son visage et chacun de ses sourires allaient être volés par les autres, ses mains n’allaient plus être les siennes et il allait devoir les mettre au service de la société, ses idées, sa pensée devait être conforme et être les mêmes que celles des autres. C’était comme ça que le monde fonctionnait il n’y avait rien d’autre à comprendre. Désirée se contenta de regarder Tobias plutôt que de lui dire, tout serait fait en temps et en heure, c’était certain. Le brun se résigna, tout son corps sembla s’affaisser alors qu’il laissait tomber une bataille qu’il ne pouvait pas gagner. La blonde avait compris, avant lui et elle était devenue tellement forte qu’elle appliquait ses propres règles. « Parfait. » Désirée ouvrit son sac, elle en sortit rapidement son portefeuille et quelques billets verts pour régler l’addition. « Nous ne parlerons plus de ça. » Le sujet était clos, Tobias devait bien comprendre qu’elle n’était pas Laurel, c’était une toute nouvelle danse à apprendre, elle allait être là pour lui faire une piqure de rappel… de temps à autre. « Et je ferai ce que je veux vu que j’ai ta bénédiction. » Désirée conclut sa phrase dans un sourire avant de se relever, le son de ses talons claquant joyeusement sur le sol de la table du restaurant. Elle renvoya la meme expression à la serveuse et elle lui fit un bref signe de la main vers l’argent qu’elle avait laissé pour elle. Le pourboire était sans doute un peu élevé mais la romancière estimait que cela était une bien maigre compensation pour avoir l’avoir supporté en compagnie du Clyne.

« Partons, il faut que j’aille faire les courses. Tu m’accompagnes? »  Désirée mit son sac sur son épaule et elle sortit du dinner, Tobias sur ses talons. Le vent dérangea ses cheveux au dehors et elle avait vraiment l’impression d’être plus légère. Certes, elle n’avait pas encore vu Peter, mais Tobias avait tort, il exagérait elle le savait. Quelque part, il voulait la protéger, c’était adorable mais elle n’avait pas besoin de ça. Qu’est-ce que Peter ou le Poète avait de si terrifiant? La romancière pouvait concocter des choses bien plus terribles dans son propre imaginaire et rien ne pouvait l’atteindre, elle en était certaine. « Je pensais de quoi acheter faire de la pizza, tu es partant? Bien sur que tu es partant! » Désirée passa un bras autour de Tobias, ouvrant la marche. Non vraiment, ce petit-déjeuner avait été parfait.


sujet terminé
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Side dish: Murder

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