AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 another one bites the dust

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 


avatar

◆ Manuscrits : 686
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
◆ Points : 327
◆ DC : Toto, Adam, Micha & Tutur
◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: another one bites the dustVen 5 Juin - 18:45

another one bites the dust
how long can you stand the heat?



20 Février 2015

Les derniers jours avaient été particulièrement mouvementés, tenant le blond en haleine et faisant exploser son coeur dans sa poitrine. Ce n’était pourtant pas douloureux, non, pas le moins du monde. Il recherchait cette sensation depuis toujours, depuis qu’il avait eu l’âge de comprendre que le danger et l’excitation avaient ce pouvoir si puissant et particulier à la fois. Une dose d’adrénaline supplémentaire, et Peter se sentait vivant et utile. Il avait la sensation d’être aussitôt capable de dénombrer le nombre de cellules qui le composait tant son corps tout entier se mettait à vibrer et à exulter de cette douce injection. Pas besoin de drogue, non ; si on pouvait lui reconnaître au moins une chose, c’était cela. Il refusait de toucher à la poudre ou tout ce qui s’y apparentait parce que ça ne valait pas ça, ce frisson qui lui parcourait l’échine tandis qu’il passait une main moite dans sa chevelure blonde, s’inquiétant de savoir si on voyait suffisamment l’école primaire qui se trouvait juste derrière lui quand il se tenait face à la caméra. Il faisait les cent pas en attendant que le direct soit retranscrit sur les téléviseurs de Fairhope, du comté et des états qui voulaient se tenir informés de ce qui se passait dans la petite ville sans y envoyer de reporters. Après tout, le moindre envoyé spécial n’était pas certain de survivre dans cet enfer, et c’était tant mieux pour Peter qui obtenait ainsi le monopole des images les plus marquantes qui resteraient longtemps imprégnées sur la rétine des téléspectateurs. Cela ne l’empêchait pas de frémir, de sentir son corps arriver à ses limites après avoir passé une nuit de plus à ne rien faire d’autre que trinquer en espérant que le vendredi 13 février lui porterait chance à lui ainsi que toute son équipe ; ce qui avait été le cas. Et Peter ne s’était pas attendu à un coup de fil aussi matinal, posant sa coupe de champagne dans un coin avant de mettre le nez dehors et de courir vers le lieu du crime. Son cameraman et la maquilleuse l’attendaient déjà là-bas avec un costume propre, du déodorant, un peigne et un bon anti-cernes. Le blond avait alors griffonné un speech de quelques lignes dont il avait écrit les mots les plus importants dans la paume de sa main, faisant donc les cent pas pour réviser ce discours rédigé à la hâte.

« Oui John, je me trouve actuellement devant l’école primaire de Fairhope où le corps de la petite Rose Howard, dix ans, a été retrouvé ce matin par sa maitresse et ses camarades de classe. Les enfants sont encore sous le choc, évidemment traumatisés par cette découverte, et les familles sont boulversées, comme vous pouvez en juger par la tristesse qui s'affichent sur les visages derrière moi. Certains viennent déjà déposer des roses devant l’établissement. Impossible de savoir quel est le message laissé par le tueur pour le moment, mais pas de doute, la ville de Fairhope est à nouveau en deuil après un énième meurtre du Poète. » Il avait répété la même chose toute la matinée, s’approchant parfois des mères de famille qui pleuraient la perte d’une âme innocente. Peter les tenait contre lui tandis qu’il leur posait des questions, leur demandant comment était Rose avant de mourir. Question stupide mais c’était bon pour la ménagère, et bientôt les larmes naitraient dans les yeux de son audience incapable de passer sur une autre chaine sans en savoir davantage sur cette pauvre gamine victime d’un fou. « J’ai entendu à la télé qu’elle était belle tu sais, et qu’elle avait l’habitude de faire rire ses amies et de partager son goûter… C’est affreux. » Voilà ce qu’ils se diraient tous demain en retrouvant le chemin du travail comme si de rien n’était ou presque. Finalement, ce n’était pas le Poète qui venait assassiner la population, mais c’était bel et bien Peter, lui qui se chargeait de mettre des émotions, des visages et des histoires sur les noms de toutes ces victimes. Il les faisait exister au moment où ils venaient de périr, où ils auraient du être laissés en paix pour perdurer dans la mémoire de leur proche plutôt que de ceux qui dinaient paisiblement devant son émission. C’était lui, l’affreux vautour, le terrible bourreau.

Cela ne l’empêchait pas pour autant de dormir sur ses deux oreilles sans se remettre en question. Non, on le regardait et c’était suffisant. Il savait de quoi il était capable si toutefois il tombait un jour sur un des corps abandonné par le Poète. Il appellerait son cameraman avant la police et sans toucher à la scène de crime, ils filmeraient le moindre des détails. Et si l’autre crétin n’était pas assez rapide pour rappliquer, son téléphone dernier cri se chargerait d’immortaliser cette ignoble découverte. Il aurait pu agir de la sorte lorsqu’il avait retrouvé le cadavre de son père dans le garage, mais son père ne valait rien aux yeux du reste du monde, alors Peter avait sagement appelé les autorités pour qu’il soit embarqué et que la baraque miteuse dans laquelle il vivait soit retapée et revendue au premier couple désireux de bâtir leur avenir dans la ville où l’espoir n’était qu’un leurre. Et ce n’était certainement pas Peter qui allait remontrer le moral des troupes. En tout cas pas avec ses reportages en tous genre. Plutôt avec ses sourires, sa façon de se relever de son fauteuil à la fin de l’une de ses émissions en direct dont le public était presque exclusivement composé de femmes. Il continuait de leur vendre son beau mensonge comme s’il engraissait des oies qu’il allait mener tout droit vers l’abattoir, signant des orthographes sur des photos où ses dents semblaient encore plus blanches et brillantes que dans la réalité.

Il releva la tête pour la centième fois de l’après-midi. « Hey! » Ponctuant ce salut d’un regard particulièrement charmeur et d’un sourire rayonnant, il posa la même question à l’énième admiratrice qui se tenait devant lui. « Je signe à quel nom, mademoiselle ? » Fronçant les sourcils, il eut néanmoins l’impression de la connaitre et de l’avoir déjà croisée quelque part. Une femme déjà venue témoigner ? Oh, mieux que ça encore. Peter dissimula son amusement, haussant simplement un sourcil en réalisant qu’il s’agissait de Désirée Cravy, l’auteur à succès qu’il avait d’ailleurs déjà questionnée devant les caméras. Elle revenait dans les studios, grimée cette fois-ci, jugeant qu’une perruque brune ferait l’affaire et parviendrait à berner Peter qui était loin d’être dupe. « Je te vois souvent par ici où je me trompe ? Aller, je te fais visiter les coulisses si tu veux. C’est ton jour de chance ma belle! » Un clin d’oeil ringard plus tard, Peter rentrait déjà dans le jeu de la jeune femme en se réjouissant d'avance de la tournure que la situation pourrait prendre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t179-who-wants-to-live-forever#1553

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 723
◆ Arrivé(e) le : 12/05/2015
◆ Âge : 31 ans
◆ Assoc. des Victimes : secrétaire
◆ Métier : Écrivain, romancière reconnue
◆ Points : 707
◆ DC : Jesse, Ruby, Jonathan & Jacob
◆ Avatar : Scarlett Johansson


Sujet: Re: another one bites the dustMer 24 Juin - 20:56

Peter C. Howell était une célébrité locale.
Un visage familier. Un ami. Un conseiller.
La voix de la sagesse et surtout la voix de l’information.

Impossible d’échapper à sa voix grave et à ses yeux d’un bleu perçant et à sa carrure imposante lorsqu’arrivait enfin l’heure des informations. Dans une autre vie, Désirée l’aurait bien imaginé ailleurs, dans une autre ville que Fairhope. Peut être dans les rues de Manhattan, au détour d’un coin de rue, alors qu’il faisait un sourire figé à tous les passants, là haut, sur un billboard géant tandis qu’il faisait superbement de la pub pour Calvin Klein. Ou même à Los Angeles où il aurait eu la carrière parfaite d’un acteur ou d’un coach sportif pour les stars… Mais décidément pas à Fairhope et très certainement pas sur une affaire aussi sanglante. Il informait, délivrait ses lignes avec une diligence certaine et se chargeait de répondre à toutes les questions que l’on se posait. Pour quelqu’un qui n’avait jamais quitté l’Alabama, Peter aurait pu paraître effrayant mais Désirée l’avait déjà rencontré. Elle avait déjà battu les cils dans sa direction et elle avait répondu à ses questions. Peter avait tout du journaliste soucieux de toujours être sur le coup, son sourire charmant lui permettait de se tirer de bien des situations et la première impression qu’il avait laissé à Désirée était celle que lui laissait tous les hommes de son style en costume.

Peter Howell était un connard tout simplement. Il n’y avait pas vraiment de façon de le cacher ou même de déguiser la vérité et Désirée se disait que s’il n’avait pas été aussi lui, elle lui aurait proposé un verre depuis longtemps et elle se serait laissé conduire jusqu’à son lit et elle aurait fait parti de la probablement très longue liste de ses conquêtes. Peut être. Désirée s’ennuyait toujours lors des rencontres intimes et elle doutait que Peter Howell soit l’homme de la situation pour lui arracher vraiment des soupir et pour devenir son oxygène. Non, aujourd’hui, il était quelque chose d’autre. Quelque chose de tout aussi important, une pièce pour son nouveau puzzle. Tobias avait beau ne pas l’écouter mais la blonde savait que chaque jour la rapprochait un peu plus du Poète. Et que, si elle jouait bien ses cartes, elle pouvait avoir une chance de le rencontrer. Lui qui réussissait à l’émouvoir et à l’inspirer et qui méritait bien des choses. Se laisserait-elle tuer tout simplement? … La réponse était simplement Tobias qui allait à un deuxième funérailles. Quoi qu’il en soit, pour en arriver là, à sa parfaite petite apothéose, Désirée devait parler à Peter. Elle était persuadée qu’il ne disait pas toute la vérité devant sa caméra et qu’il y avait encore des informations qu’elle pourrait lui soutirer. Là encore en utilisant ce que la nature lui avait donné et qu’elle avait cherché à cacher pendant des années. Il fallait dire qu’avant ses dix huit ans, Désirée ignorait ce qu’était véritablement un soutien gorge ou même une paire de talons aiguilles. Femme elle était rapidement devenue et pas par choix, tout simplement parce que c’était le seul moyen de survivre.

Et Désirée s’était détaillée sous toutes les coutures. Elle était brune aujourd’hui, une perruque très chère et avec une frange bien dessiné encadrait son visage. Elle avait opté pour un maquillage plus prononcé que d’habitude, accentuant ses fameuses lèvres de star avec un trait de crayon. Pas de bijoux ou autre accessoire, juste du parfum et une robe noire qui suivait les courbes naturelles de son corps et qui en révélait un peu trop. Parfaite. Le studio télévisé était facile à trouver et Désirée se mêla rapidement au petit attroupement de fans du jour et elle prit un siège au premier rang pas la suite. Elle ne prêta guère attention aux conversations et elle dévora littéralement Peter du regard pendant toute la durée de l’émission. À l’extérieur, la brune se contentait d’un sourire mais son coeur battait fort dans sa poitrine et elle avait juste envie de l’interrompre et de lui poser ses questions là tout de suite. Mais la romancière tint bon et elle se redressa rapidement sur sa paire de talons aiguilles beige. Peter ne pouvait pas ne pas la remarquer. Désirée était bonne comédienne elle le savait, les gens pensaient toujours que lorsqu’elle en faisait trop c’était par pur fruit du hasard mais non, elle calculait toujours tout. Aussi la mine admirative et à la fois timide qu’elle adressa à Peter en lui tendant un carnet et un stylo. « C’est Sara, S. A. R. A. Pas de h, les gens stupides s’obstinent à mettre un h et je déteste tout simplement ça… »  Même l’intonation de sa voix était légèrement différente et Désirée eut un sourire gêné avant de se rapprocher de Peter et son sourire de baratineur. Oh il était doué, ça elle pouvait le reconnaître. Mais certainement pas aussi douée qu’elle. Désirée se mordit la lèvre inférieure avant de lancer un bref:  « Oh… Eh bien… Vous êtes certain? Je ne veux vraiment pas vous déranger, je sais que vous êtes un homme occupé, monsieur Howell, je m’en voudrais vraiment si je vous éloignais de votre travail un peu trop longtemps. » Elle se rapprocha davantage de lui, passant ses doigts parfaitement manucurés sur son avant bras. « Mais du moment que vous ne cachez pas un corps là derrière ça devrait aller. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t164-i-ve-never-seen-a-diamond-in-the-flesh


avatar

◆ Manuscrits : 686
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
◆ Points : 327
◆ DC : Toto, Adam, Micha & Tutur
◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: Re: another one bites the dustVen 17 Juil - 15:20

Allez savoir depuis combien de temps exactement Peter ne s’était pas retrouvé en tête à tête avec une jeune femme dans le seul but de lui extirper de longs gémissements langoureux et profonds. Rectification : depuis combien de temps il ne s’était pas retrouvé dans cette situation, en étant sobre. Le journaliste ne s’en cachait pas. Il aimait la nuit et tout ce qu’elle avait de plus obscure et excitant à offrir. Il aimait la fête, même si parfois la fête ne l’appréciait pas spécialement en retour à en juger par les maux de tête insupportables, les cernes trop marquées et la nausée qu’elle lui laissait une fois que le soleil prenait enfin le relais et qu’elle s’octroyait un congé bien mérité jusqu’à la nuit suivante. Il ne renonçait pas pour autant, occupant inlassablement les mêmes clubs, faisant voler les billets dans les airs et offrant une tournée générale à tous les danseurs éméchés qui foulaient déjà la piste de danse depuis plusieurs heures sans véritable but. À croire que Peter aussi était perdu et que l’alcool lui permettait de recoller les morceaux. Balivernes. Il savait bien que la liqueur le détruisait tout autant que les autres, qu’il n’était pas plus puissant face au breuvage. Il se laissait simplement bercer par le liquide qui prenait la relève tandis que la culpabilité s’estompait et que son sang se retrouvait désinfecté de tous les parasites qui le polluaient au quotidien. Il vendait de la viande encore fraiche en pâture à des charognards de la pire espèce, des vautours et des corbeaux plantés sans interruption devant leurs écrans de télévision à attendre que Peter vienne les nourrir en leur balançant sa bouillie. Dans le fond il n’était pas pire que les autres, il se contentait juste de ravir ceux qui n’avaient pas le courage d’avouer qu’ils étaient ainsi faits. Pour eux, ces victimes n’étaient que des noms, des pixels qui n’avaient pas d’âme ni d’existence propre. Pour Peter, ils étaient la preuve que ce monde ne tournait plus rond, alors autant essayer de le faire pivoter dans l’autre sens en s’enivrant. Valait mieux ça que finir par se tirer une balle dans le crâne comme ce bon vieux papa Howell, pas vrai ?

Heureusement il y avait encore les femmes. Leurs cuisses, leurs hanches, leurs poitrines. Peter aurait reconnu celle-ci entre mille. Bon, c’était peut-être un peu exagéré… L’avoir en face de lui lui facilitait grandement la tâche et il ne s’en plaignait pas le moins du monde. Elle se croyait sans doute maligne avec sa perruque noire et son maquillage sophistiqué, mais Peter était loin d’être dupe et s’il n’avait pas été d’humeur à rentrer dans le jeu de l’écrivain, il lui aurait sans doute fait remarquer qu’il la préférait au naturel, ou au moins sans ce trait de crayon autour de ses lèvres qui ne l’embellissait pas du tout, bien au contraire. Oh, Peter ne faisait pas partie de la catégorie des connards capables de juger les femmes sur leur seule apparence, tirant des conclusions hâtives et répugnantes de leurs tenues vestimentaires. Il savait pertinemment qu’il ne suffisait pas de mettre une mini-jupe pour que le corps d’une femme devienne subitement un objet dont le prix pouvait être estimé à la longueur des jambes de celle-ci ; il se contentait de préférer certaines tenues sans se permettre de critiquer les autres, comme il pouvait lui arriver de constater que les reflets roux dans les chevelures de ses conquêtes n’étaient pas ceux qui l’étourdissaient le plus… Enfin, tout ça pour dire que malgré tout, Peter avait quelques notions de respect auxquelles il était attaché. Et puis de toute façon, il n’avait pas vraiment besoin de faire davantage d’efforts pour plaire à la gente féminine, alors pourquoi diable s’empêcherait-il d’être correct dans le même temps ? Souriant à la fausse brune, il signa son carnet en prenant soin de ne pas mettre de ‘h’ à la fin de son prénom d’emprunt. Évidemment, le blond avait hésité à écrire « Désirée » en toutes lettres à la place de ce qui lui avait été dicté, mais une fois encore, le trentenaire rêvait d’une franche partie de rigolade qui précéderait la partie de jambe en l’air qui l’attendait - à en juger par les doigts qui couraient doucement sur son avant-bras. 



D’un mouvement de tête, il fit signe à la jeune femme de lui emboîter le pas, en profitant au passage pour placer sa main en bas du dos de la brune, sa paume immobile effleurant à peine le tissu de sa robe noire pour que le contact entre eux ne soit pas rompu. « Nous n’avons encore jamais trouvé de corps dans la rédaction si ça peut vous rassurer, mais après tout, qui sait ce que ce fou pourrait encore nous faire subir. » Le sourire sur ses lèvres semblaient bien trop sincère et le ton de sa voix bien trop mielleux pour que ses propos ne paraissent pas subitement déplacés ou peut-être simplement effrayants. À bien y réfléchir, il y avait de quoi se demander si ce n’était pas lui le tueur de Fairhope et s’il n’était pas en train de laisser sous-entendre que son prochain crime se produirait sur son propre lieu de travail. Mais Peter cherchait uniquement à attiser la curiosité de l’écrivain, se doutant bien qu’elle n’était pas ici tout à fait par hasard, et que ce soit pour en savoir plus ou pour se retrouver contre le mur du bureau de Peter avec sa robe remontée sur ses hanches, dans tous les cas il comptait bien la faire saliver. En passant devant les bureaux, il présenta certaines figures emblématiques des studios de Fairhope, saluant le réalisateur et le monteur de l’émission avant de bifurquer au fond d’un grand couloir pour rejoindre ses propres quartiers, refermant la porte derrière lui afin de s'assurer qu'ils ne seraient pas dérangés. La visite avait été rapidement expédiée mais Peter ne s’en souciait pas franchement. « Café ? », dit-il alors, un sourire encore fermement agrippé à ses lèvres tandis qu’il avait déjà bien d’autres idées derrière la tête…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t179-who-wants-to-live-forever#1553

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 723
◆ Arrivé(e) le : 12/05/2015
◆ Âge : 31 ans
◆ Assoc. des Victimes : secrétaire
◆ Métier : Écrivain, romancière reconnue
◆ Points : 707
◆ DC : Jesse, Ruby, Jonathan & Jacob
◆ Avatar : Scarlett Johansson


Sujet: Re: another one bites the dustLun 27 Juil - 17:42

Si Désirée n’avait pas été romancière, elle aurait certainement fini dans la vente. Pour vendre quoi? Ce n’était pas ça le plus important, le plus important c’était que la blonde donnait très bien le change et qu’elle était capable de faire croire n’importe quoi. De vendre n’importe quoi. Certes, aujourd’hui, c’était elle-même qu’elle vendait mais y avait-il une véritable différence? Bien sur que non, pas dans le monde de Peter du moins. Pas dans cet univers fait d’images qui devaient être absolument parfaites pour pouvoir être vendues à un public âmes crédules qui allait se contenter de tout avaler avec un grand sourire aux lèvres. Tout était soigneusement travaillé, détaillé, cassé en petit morceau et reconstruit d’une manière esthétiquement parfaite. Il n’y avait pas vraiment d’autre mot pour décrire ce qui arrivait vraiment dans les coulisses, juste avant l’entrée très funeste des caméras. Tout ceci donnait à Désirée la chair de poule dans le fond, les journalistes, les interview, tout ça… On aurait pu croire que non, elle jouait toujours très bien le jeu lorsqu’il s’agissait de faire la promotion d’un de ses bouquins. Elle avait tout simplement appris, Martin l’avait fait répéter et répéter, elle avait pris des cours de diction, des cours de maintient et… la petite jeune fille de dix sept ans qui courrait dans l’herbe avec le ventre à l’air et les genoux écorchés par l’effort avait fini par disparaitre. Tout ça c’était faux, ses cheveux n’étaient plus dérangés par le vent, non, elle les peignait trop soigneusement pour laisser un quelconque brise venir rompre cet équilibre et il n’était plus convenable qu’elle montre son ventre. Non, elle n’avait plus de dix sept ans et maintenant, Désirée savait parfaitement ce qu’elle faisait. Vu que c’était exactement ce qu’on lui avait appris un rien d’autre.

Peter signa, parfait, professionnel au possible et elle rangea le notebook dans son sac avec un geste expert. Intérieurement, elle se dirait que l’autographe finirait à la poubelle. Ou quelque part contre un mur pour qu’elle et Tobias puissent jouer aux fléchettes. La deuxième option semblait largement plus tentante, beaucoup plus tentante. Et, Désirée fut elle-même pendant une seconde, une demi-seconde tout au plus alors que la main de Peter se posait là, confiante et presque possessive, dans le bas de son dos. Elle leva les yeux vers lui et lui adressa un franc sourire en parfaite contradiction avec ce qu’elle ressentait. La blonde avait envie de lui dire, de lui hurler de retirer sa main. Juste parce qu’elle avait souri, il se croyait absolument tout permis? Non, non, ce n’était pas ça qui dérangeait Désirée dans le fond, pas le geste, non, c’était la main de la mauvaise personne en réalité. Que Peter prenne sans demander était autre chose, le corps de Désirée n’aurait pas du lui hurler que ce n’était pas la bonne chose à faire. Si elle se concentrait assez elle pouvait entendre la voix de Tobias.

C’est moi qui décide.
Jesus fuck Clyne, get out of my head.
I told you this was a bad idea and you didn’t listen.
Yeah well too late to back down now, I’m here, he’s touching me deal with it.

And don’t growl that’s rude.
And also kinda sexy but we don’t want him to think I’m really into him, don’t we?


Désirée avait souri, conversant avec sa propre version de Tobias tandis que Peter lui faisait une visite express des coulisses. Un sourire, un grand sourire, des hochements de têtes, rester proche du présentateur. Une porte se ferma et il lui offrit encore un autre sourire alors qu’il lui proposait du café. « Mon dieu non, vous ne voulez pas que je reste éveillée toute la nuit après, n’est-ce pas ? » Désirée eut un léger rire avant de laisser tomber son sac sur une des chaises, signe plus qu’évident qu’elle ne comptait pas partir de si tôt. Comment procéder alors ? Il était évident que Peter pensait qu’il allait pouvoir s’immiscer entre ses jambes. Peut être qu’il songeait à le faire contre son bureau, ou alors en pressant Désirée contre la porte et en faisant exprès d’accélérer pour la faire haleter tout en la mettant au défi de rester silencieuse parce que ses collègues étaient à coté. Enfin… s’il possédait ce genre d’imagination. Pas de doute que Peter n’avait pas vraiment besoin de faire grand chose pour attirer les femmes dans son lit ou contre sa poitrine plus que musclé. Mais Désirée n’était pas une groupie et elle était venue ici seulement pour servir ses propres intérêts. « J’imaginais votre bureau un peu plus grand. » commença t-elle lentement. Elle inspecta la pièce, son regard se promenant partout à la recherche de quelque chose qui sortait de l’ordinaire. Elle laissait courir ses doigts sur son bureau avant de finir par s’asseoir dessus, tournée vers Peter. Désirée esquissa un sourire avant de croiser les jambes, sa robe remontant légèrement au passage. Oops pas vrai?

What are you doing?
Seriously Tobias not right now. I’m busy. I’ll call you after. Not now.

« Vous êtes certain que je ne vous dérange pas hmm ? Ça m’ennuierait vraiment de vous embêter.» Son regard indiquait qu’elle n’était pas vraiment désolée mais soit, autant jouer les idiotes jusqu’au bout. « Vous devez être un homme occupé, non? Traquer un tueur en série ne doit pas être de tout repos.  Enfin j’aime à penser que vous êtes plus efficace que la police. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t164-i-ve-never-seen-a-diamond-in-the-flesh


avatar

◆ Manuscrits : 686
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
◆ Points : 327
◆ DC : Toto, Adam, Micha & Tutur
◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: Re: another one bites the dustSam 22 Aoû - 2:35

Le regard de Peter s’était égaré sur les jambes de Désirée, comme elle l’avait très certainement souhaité. Évidemment qu’elle le voulait, sinon pourquoi se tenir ainsi et lui sourire de la sorte ? Pourquoi attirer son attention à tort et à travers si ce n’était pas pour se retrouvée à moitié nue, ou au moins sur le point de l’être, allongée sur ce bureau comme le bon nombre de dossiers que ses assistants et stagiaires laissaient sur le meuble quotidiennement ? Juste une énième affaire à régler, celle-ci plus sensationnelle que les autres, un fait divers exquis qu’il traiterait avec soin ; ou peut-être sans aucun ménagement, envoyant valser tout ce qui se trouvait aux alentours le temps d’un instant pour ne plus se concentrer que sur elle, ses cuisses, ses fameuses jambes qui n’en finissaient plus de l’enivrer. Pourtant non. Non. Peut-être qu’elle était ainsi dans la vie de tous les jours, peut-être qu’elle cherchait à attiser sa curiosité, mais tant que la demande ne serait pas claire et limpide, de l’eau de roche sur le bout de sa langue qui viendrait frôler celle du grand blond, il ne tenterait rien. La paume de sa main contre ses reins n’était pas grand chose, un geste anodin auxquel les femmes s’étaient habituées sans broncher en espérant qu’il ne devienne pas gênant ; et Peter n’agissait alors que par mimétisme, convaincu que son statut de mâle lui donnait ce pouvoir sur ses congénères du sexe opposé. Cette présence dans le dos de la blonde ne voulait rien dire, tout comme la façon qu'elle avait de se tenir ou de lui adresser la parole. Et même si ses sourires charmeurs lui offraient souvent un aller simple vers le bassin de celles qui voulaient bien se laisser choir entre ses filets, c’était loin d’être une valeur sûre… Dans tous les cas l’homme trouverait bien d’autres mets à se mettre sous la dent, quelques délices qui ne manqueraient pas de s’offrir à lui gracieusement, si toutefois il restait sur sa faim aujourd’hui.

Le journaliste se défit lentement de sa veste, haussant un sourcil, intrigué par le discours de son invitée d’honneur qui trônait fièrement sur son royaume de pacotille. Pas besoin d’envahir une plus grande pièce, il avait tout ce dont il avait besoin entre ces quatre murs à la teinte claire. Oh, il aurait pu se mettre en quête d’un bureau capable d’accueillir son ego surdimensionné afin que celui-ci puisse avoir de l’espace pour vagabonder librement, mais ce dernier se sentait déjà à l’étroit dans la vila du journaliste ; il n’y avait donc plus rien à espérer de ces studios. Peter haussa les épaules, le sourire aux lèvres, avant de se tourner distraitement vers son porte-manteau pour accrocher le vêtement qu’il venait de quitter. Pas de café pour la fausse brune. Soit. Il s’avançât malgré tout vers sa cafetière pour mettre la machine en route et la laisser faire son travail, le liquide brun s’écrasant bientôt dans le fond de la tasse fissurée que Peter utilisait quotidiennement depuis trop longtemps maintenant. « Vous ne me dérangez pas, bien au contraire. Vous égayez ma journée. » dit-il de manière bien trop enjouée pour que le ton employé ne paraisse pas hypocrite à souhait dans le même temps. En vérité, l'homme commençait à voir clair dans le jeu de la blonde grimée. L’écrivain venant frapper à sa porte en se faisant passer pour une spectatrice banale et une groupie de la première heure, il y avait bien quelque chose d'étrange qui se cachait derrière tout ça et Peter ne tarda pas à découvrir les intentions de la jeune femme. Oh, I see. Elle voulait en savoir plus, évidemment. Qui ne le désirait pas ? Qui ne se réveillait pas sans se poser la même question tous les matins ? Qui n’y songeait pas sur le chemin du travail ou en déposant ses gamins à l’école ? Qui ne craignait pas qu’il soit là, à attendre dans l’obscurité, au moment de pousser la porte après une journée harassante ? Qui refusait de connaître la vérité sur cette affaire ? Peter sans doute. Ou peut-être qu'il voulait savoir dans le fond. Au moins il pourrait aider le tueur. Il pourrait assurer ses arrières et le mettre hors d’état de nuire lorsque les forces de l’ordre seraient sur le point de lui passer les menottes. Mais pas question de le confier à haute voix. Pas question d’avouer qu’il protégerait son gagne-pain coûte que coûte, même si l’écrivain en face de lui finirait par se ranger de son côté si elle craignait de ne plus trouver l’inspiration suffisante pour écrire son prochain bouquin…

Seulement Peter n’était pas plus avancé qu’elle, et si toutefois il l’avait été, il ne l’aurait certainement pas partagé. Pourtant l’envie de la faire tourner en bourrique lui semblait bien alléchante, et il ne manqua pas de lâcher un rire qui se voulait inaudible au moment où il tourna le dos à la jeune femme pour récupérer sa tasse de café dont les reflets plus bruns et plus profonds encore que la perruque de Désirée l’enivrèrent un instant. Il l'avait enfin trouvé, le plan parfait pour qu’un « oui » franc et massif franchisse les lèvres de l’auteur au moment où il se pencherait vers son oreille pour lui poser la question fatidique. Ou peut-être qu’il ne parlerait pas et que ses mains se chargeraient de faire la conversation à sa place… Dans tous les cas, c’était à son tour d’abattre les cartes et de montrer son jeu, lui qui savait pertinemment que son adversaire bluffait et qu’il pourrait faire augmenter la mise comme bon lui semblait.

Peter fit volte face, portant sa tasse jusqu’à ses lèvres pour laisser la chaleur de son breuvage lui engourdir le fond du palet, ses mèches blondes et sa carrure lui donnant aussitôt une allure de publicité ambulante. Il haussa les épaules une fois encore pour feindre la nonchalance et le détachement, comme si la réponse à la question de Désirée était évidente ou que la tâche paraissait des plus simples à accomplir. « Je mène mon enquête de mon côté, et en effet, c'est loin d'être reposant. Heureusement l’équipe s’agrandit petit à petit, histoire de pouvoir couvrir toutes les scènes de crime le plus rapidement possible dès qu'une nouvelle victime est signalée. En vérité, c'est surtout compliqué de ne pas tout révéler aux téléspectateurs. » Une deuxième gorgée, cette fois-ci pour se donner plus d’importance, pour la maintenir en haleine. La captiver. « Ça reste entre nous évidemment, mais si vous saviez le nombre d’images et d’informations qu’on ne peut pas diffuser… La ville serait déjà à feu et à sang. Enfin, si c’est possible de faire pire. » Il leva sa tasse vers elle comme s’il trinquait à cette effroyable possibilité. « Mais c'est un boulot très prenant et on se prend vite au jeu au point d'oublier le reste. Le tout est de réussir à fidéliser la clientèle, la passionner pour qu’elle revienne. C'est pour ça aussi qu’on ne peut pas tout divulguer. » Se rapprochant finalement de la jeune femme, il s’arrêta face à elle, son regard plongé dans le sien. « But what about you now ? What’s your job ? »

_________________

another hero, another mindless crime
behind the curtain, in the pantomime



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t179-who-wants-to-live-forever#1553

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 723
◆ Arrivé(e) le : 12/05/2015
◆ Âge : 31 ans
◆ Assoc. des Victimes : secrétaire
◆ Métier : Écrivain, romancière reconnue
◆ Points : 707
◆ DC : Jesse, Ruby, Jonathan & Jacob
◆ Avatar : Scarlett Johansson


Sujet: Re: another one bites the dustLun 31 Aoû - 22:43

Désirée avait perçu les yeux bleus de Peter dériver sur ses jambes. Un fin sourire se dessina sur son visage alors qu’elle réfréna l’envie de tirer sur le tissus de sa robe. Enfin… si on pouvait qualifier ça de robe. C’était juste un bout de tissus fait pour séduire et pour cacher ce qui devait être caché et ce dont Peter aurait accès seulement s’il savait bien jouer ses cartes. La blonde savait que dans le fond, il était bien plus habitué à ce genre de jeu qu’elle. Ce n’était pas son domaine. Tout simplement pas son domaine et la blonde pensait avoir la sensualité d’un manche à balai. Acheter des vêtements était toujours une corvée pour elle, les vendeuses s’acharnaient à vouloir mettre ses formes en valeur et Désirée se retrouvait à acheter des vêtements qui ne lui correspondaient pas. Tout ça parce qu’elle était une femme et qu’elle devait s’afficher et se vendre comme le plus vulgaire des objets. Ça, elle ne le comprenait vraiment pas. C’était un monde où elle devait écarter les jambes et hocher la tête et ensuite elle pouvait avoir ce qu’elle voulait. Non, ce n’était pas son monde, c’était celui de Sara, c’était Sara qui était assise sur le bureau de Peter et Sara encore qui jouait avec une de ses mèches brunes, négligemment, dévorant le journaliste du regard.

Sara avait vraiment envie de Peter. Elle mourrait d’envie de lui enlever cette veste elle-même et de le tirer contre elle, juste là, pour que le tissus de son pantalon frotte ses cuisses nues. Et ensuite, elle lui aurait demandé, elle lui aurait murmuré une question importante, à savoir combien de femmes il avait déjà prises juste là, juste sur ce bureau. Car Sara était peut être admirative et elle était peut être loin de son petit appartement dans le centre de Fairhope mais elle n’était pas stupide et elle connaissait bien les hommes comme Peter. Désirée était dans son énorme pull marron avec une chemise d’Heath en dessous et un jean qui reposait très bien sur ses hanches. Probablement dans l’appartement de Tobias à écouter les grognements de ce dernier.
Peter se tourna de nouveau vers elle, tasse à la main et Sara but chacune de ses paroles, le regardant s’approcher lentement d’elle. Il était toujours aussi sur de lui-même et il avait toujours l’air d’un spot ambulant. Peter Howell n’était pas humain. Est-ce que… L’écrivain soupçonna alors que Peter C. Howell n’était qu’un pseudonyme en fait, oui, Peter devait avoir eu une enfance absolument déplorable dans les rues de Fairhope, il avait rêvé de gloire et alors quoi… Désirée, soudainement plus elle-même, détailla le journaliste de haut en bas. Oh. Lui aussi devait bien aimer le Poète. Ça devait être son affaire à lui, l’affaire qui l’avait permis de se propulser au devant de la scène et de rentrer dans les maisons de tout le monde. Son affaire à lui. Dans une autre vie, ils auraient certainement pu s’entendre. Si Peter n’avait pas été un connard fini bien entendu.

Mais Désirée n’était pas là pour le juger, elle était là pour lui soutirer les informations nécessaires et repartir sans demander son reste. Peter était tout près d’elle à présent et Sara l’écouta parler en hochant la tête, toujours en parfaite admiration de ce visage si parfait. Désirée avait vu juste, le journaliste menait bien son enquête de son côté, il devait bien se moquer de la vérité lui aussi, il devait juste chercher le scoop qui le propulserait au rang de superstar des médias. La fausse brune songea un instant à ce qu’on aurait fait d’un type comme Peter chez elle. Oh Heath se serait amusé à lui foutre une droite et ruiner son beau sourire de mannequin. C’était certain. Les inquiétudes de Peter pour Fairhope sonnaient fausses mais elle offrit néanmoins une mine compatissante et elle passa sa langue sur sa lèvre inférieure avant de répondre. « Oh oui je comprends… La dernière chose que l’on veut c’est une émeute n’est-ce pas? Il y a trop d’idiots qui regardent la télévision si vous voulez savoir mon avis mais bon… Quand on voit un journaliste de votre… ampleur, on ne peut que se laisser entrainer. » Elle poussa un soupir avant de bouger une jambe, le bout d’un de ses talons aiguilles se retrouva comme de par hasard en contact direct avec l’une des jambes de Peter. Que faisait Sara? Bonne question. « Je suis serveuse, sur Fairhope Avenue, j’ai l’habitude de donner aux gens ce qu’ils veulent, et puis ça aide bien à avoir des pourboires. » En disant ça, Désirée ou plutôt Sara, avait porté la main sa poitrine, la remontant légèrement en regardant Peter droit dans les yeux. Histoire de lui faire comprendre que dans le fond, elle n’était là que pour une seule chose. Il allait être rassuré dans son égo de mâle et voir des signes positifs et une invitation certaine.  

« Tout ce que je vois dans mon boulot ce sont des assiettes sales et parfois des verres cassés… » Oui, Désirée était écrivaine et cela ne lui conférait pas seulement une imagination débordante non, la blonde avait depuis toujours été une menteuse née. Et qu’elle mente sur du papier ou de vive voix, elle arrivait toujours à donner le petit truc qui faisait qu’on la croyait. C’était simple pour Désirée, elle croyait à son mensonge alors les autres devaient le faire aussi. « Mais… parfois les gens parlent un peu… Si quelqu’un dit quelque chose d’un peu louche sur l’enquête, je pourrais vous le dire. » Elle avait dit cela sur le ton de la confession, se penchant un peu vers le visage de Peter. Timide, gênée et dans le fond bien effrayée par le Poète, c’était ça Sara. « Enfin si vous avez besoin d’un peu d’aide supplémentaire. » termina Sara. Ses mains se levèrent pour venir se poser sur le col de la chemise de Peter, jouant avec le pli soigneusement fait. « Je sais qu’on ne se connait pas mais je peux être très utile… »

_________________

"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t164-i-ve-never-seen-a-diamond-in-the-flesh


avatar

◆ Manuscrits : 686
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
◆ Points : 327
◆ DC : Toto, Adam, Micha & Tutur
◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: Re: another one bites the dustLun 28 Sep - 21:52

C’était impensable ; presque au point d’en être ridicule. Et pourtant si, le coeur de Peter avait bien manqué un battement, un retard dans la machine, la trotteuse qui sautait une seconde pour passer directement à la suivante. Un creux dans le temps, dans l’atmosphère ; une éternité qui s’était installée là pour faire dérailler le système et le corrompre. Peter ne laissait rien paraitre, bien trop sûr de lui face au reste du monde pour montrer le moindre signe de faiblesse ou de défaillance. Et vraiment, c’était impensable. De savoir que son corps pouvait encore réagir de la sorte alors qu’il était habitué, qu’il savait pertinemment que les mains des femmes venaient se poser sur lui pour toujours obtenir les mêmes faveurs. Oh, le grand blond n’était pas à plaindre, loin de là, et il réservait souvent la même sentence à celles qui croisaient son chemin et qui voulaient bien se laisser tenter. Mais malgré tout, c’était étrange, non ? Ce phénomène. Ce pincement qui lui hurlait que ce n’était pas la marche à suivre, qu’il fallait reculer plutôt que mettre un pied en avant, qu’il fallait fuir au lieu de se rapprocher de Désirée pour se pencher vers elle afin d’être plus proche encore de son visage, de chacun de ses traits. Plus de doute maintenant, il s’agissait bel et bien de l’écrivain, la perruque ne pouvait plus le leurrer. De toute manière, il était trop près d’elle pour encore prendre sa chevelure en considération. Il se contentait de poser ses mains à plat sur le bureau, de part et d’autre de ses cuisses, son regard fixant le sien, songeant à toutes les femmes qu’il avait ramené ici avant elle. Dans ces cas-là, il était rarement dans cet état, aussi sobre et apprêté. Le journaliste avait généralement la chemise déjà grande ouverte, une bouteille de champagne à la main et de l’alcool liquide en guise de sang pour courir dans ses veines. Il renversait tout sur son passage, après tout qui pourrait lui en vouloir ? C’était à lui tout ça, son territoire, son royaume. Tout ce qu’il avait mérité.

Son sourire ne quittait plus ses lèvres, les propos de la jeune femme l’ayant suffisamment convaincu pour qu’il ne se lance plus dans un autre long discours tout aussi soporifique et ennuyeux. Et puis à quoi bon, n’est-ce pas ? Il ne trompait personne après tout, la fausse brune n’était sans doute pas aussi sotte qu’elle voulait bien le laisser croire. Oh que non, elle devait même cogiter un peu plus rapidement que la normale pour mener son enquête de son côté. Ou peut-être réfléchissait-elle différemment, car après tout, ce n’était pas le journaliste de bas étage aux biceps surdéveloppés qui allait l’informer de quoi que ce soit… Elle faisait fausse route, et c’était presque attendrissant à voir. C’était sans doute pour cette raison que Peter avait déjà envie de poser un baiser sur son front. Mauvaise pioche, ma jolie, aurait-il du lui avouer. Mais non, il resta muet, ses mains se rapprochant doucement des cuisses de Désirée afin de voir si elle ne fuyait pas, afin d’être certain qu’elle n’allait pas se volatiliser. Ou pire encore ; qu’il allait franchir une limite qu’il n’avait pas encore l’autorisation de braver. Il procédait avec lenteur, juste pour s’assurer qu’ils étaient sur la même longueur d’onde, qu’ils s’apprêtaient à commettre un pêcher en ayant parfaitement conscience de ce qui les attendait par la suite. Et Peter, plus que quiconque, ne savait que trop bien. La soirée allait trainer en longueur, avoir un goût différent. La sensation de pesanteur qui allait bientôt le saisir allait finir par venir faire courber ses épaules. Le souvenir de toutes ces paumes sur son torse reviendrait le brûler dans son sommeil. L’envie d’une autre bière se ferait rapidement sentir, et puis une autre, avant le whisky, avant l’appel de la rue et des bars encore ouverts ; avant de trouver une femme prête à s’offrir à lui à nouveau, une femme qu’il irait cueillir n’importe où s’il le fallait. Juste comme ça. Pour s’apaiser un peu. Pour oublier. Quoi exactement ? Qu’il s’enivrait des larmes qu’il n’avait jamais versé, probablement. Mais c’était bien là tout ce qu’il avait mérité.

Peter avait senti le bout du talon de Désirée contre sa jambe bien avant qu’elle n’agrippe le col de sa chemise, et il n’avait pas bronché. Au contraire, cela n’avait fait que confirmer ce qui allait bien finir par arriver… Dans peu de temps maintenant, quand les grains du sablier ne s’arrêteraient plus dangereusement dans leur course pour enfin laisser Peter respirer, ils allaient finir par se rejoindre. Lui qui était habitué à avoir les mains baladeuses depuis les longues minutes passées dans les vestiaires déserts du lycée avec une jolie jeune fille de sa classe, ne comprenait toujours pas pourquoi son être tout entier continuait de lui jouer toujours le même tour. Mais soit, il était ainsi fait, et cela ne l’empêchait pas de se mouvoir, ses mains frôlant les cuisses de Désirée, jusqu’à ce qu’il se décide enfin à venir caresser l’intérieur de l’une d’elle, du bout des doigts, s’arrêtant à la limite que la robe de l’écrivain lui imposait encore. Évidemment, il aurait pu en faire abstraction et directement passer aux choses sérieuses mais ça ne marchait pas comme ça. Non, Peter connaissait les femmes, ou en tout cas il en avait côtoyé suffisamment pour prétendre qu’il savait exactement ce qu’elles attendaient. Et il ne fallait pas les brusquer ni les précipiter. « Marché conclu. Si vous entendez quoi que ce soit, vous m’appelez… Et si j’ai du nouveau… » Le blond laissa ses lèvres s’égarer dans le cou de la trentenaire, marquant la pause tandis qu’il pouvait déjà sentir ses reins réagir à la proximité de leurs deux corps. Ses doigts ne quittait plus la peau diaphane de la jeune femme, se risquant à remonter un peu plus haut à chaque caresse. « Vous serez la première au courant, c’est promis. » Un mensonge qu’il ne s’était même pas entendu prononcé. Il n’y songeait déjà plus. Il ne pensait plus qu’à ses cuisses et le reste de son corps qu’il lui restait encore à découvrir. Il ne la voulait pas pour elle, pas pour ce qu’elle était ni son physique de rêve et ses courbes parfaitement dessinées. Non, il la voulait pour lui. Pour avoir une bonne raison de se sentir misérable une fois seul et désoeuvré, condamné à se noyer dans la liqueur qui lui pourrissait généralement les veines. Pour se détruire encore davantage. C’était tout ce qu’il méritait.

_________________

another hero, another mindless crime
behind the curtain, in the pantomime



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t179-who-wants-to-live-forever#1553

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 723
◆ Arrivé(e) le : 12/05/2015
◆ Âge : 31 ans
◆ Assoc. des Victimes : secrétaire
◆ Métier : Écrivain, romancière reconnue
◆ Points : 707
◆ DC : Jesse, Ruby, Jonathan & Jacob
◆ Avatar : Scarlett Johansson


Sujet: Re: another one bites the dustJeu 8 Oct - 19:26

Désirée connaissait les règles du jeu.
Elle savait ce qui se passait une fois qu'on l'avait suffisamment complimentée et qu'on la conduisait dans une pièce bien à l'abris des autres et du regard de tous. C'était le jeu, c'était ça la vie de la blonde et elle ne savait pas pourquoi mais à New York, tout le monde lui collait cette étiquette. Pas que dans la grosse pomme d'ailleurs, non, c'était partout et tout le monde projetait leur attente, leur désir et quelque part leur forme de jalousie sur elle. Elle qui n'avait absolument rien demandé, la trentenaire avait eu beaucoup de mal avec l'acte sexuel et encore aujourd'hui, cela lui paraissait comme quelque chose à sens unique et qui était trop vite fini. Peter était là, il était tout contre Sara qui pouvait sentir l'odeur de son parfum hors de prix, que le blond devait avoir mis parce qu'il savait que n'importe quelle femme au réveil allait vouloir l'oublier mais comment le faire avec une odeur pareille....? De près, alors que ses lèvres et ses mains l'effleuraient de part en part dans des gestes parfaitement calculés, Peter était beau. Diablement, beau même et il n'y avait absolument rien qui venait briser son masque. Il était rasé de près, sa peau et son teint était parfait selon les standards américains, ses yeux bleus perçants auraient pu désarçonner n'importe qui et ses cheveux paraissaient affreusement doux. Sara se serait sans aucun doute jeté sur lui pour passer ses mains dans ses cheveux et pour écarter les jambes. Sauf que la romancière finissait par le réaliser, juste là, Sara n'allait pas exister pendant les prochaines minutes qui allaient suivre.

"La première rien que ça? Vous m'en voyez ravi monsieur Howell." lança t-elle dans un souffle, le personnage prenant vie, sous les caresses de plus en plus insistantes de Peter. Sara se laissait faire, elle savait qu'il allait probablement remonter sa robe et baisser sa braguette et juste la prendre et la posséder, comme ça. Encore et encore pour que leur deux corps se mêlent et qu'ils oublient cette mascarade et qu'ils en viennent enfin aux choses sérieuses. Sara détailla Peter de son regard expert et elle n'hésita absolument pas à caresser le col de cette chemise pour descendre plus bas vers le pantalon de Peter. La boucle de cette ceinture était tentante et elle était à l'image de son propriétaire."C'est un marché qui me semble tout à fait convenable..." Sara savait quoi faire, Sara n'hésitait absolument pas ... Désirée elle venait juste de réaliser quelque chose.

Que c'est une très mauvaise idée.
Tu réalises que je ne vais jamais l'admettre à voix haute?

La voix de Tobiais faisait écho à sa propre voix intérieure et un grognement suivi. La vérité c'était que Désirée était complètement morte de peur et pétrifiée par la suite des évenements. Peter Howell était la dernière personne qui devait la voir aussi vulnérable, même pour quelques instants, même si l'intégrité de Sara en dépendait. La blonde n'avait aucune honte mais ils allaient bientôt franchir sa seule et unique limite. Elle avait déjà partagé le lit d'hommes pour une nuit, mais ce n'était pas des étrangers et à chaque fois, elle avait eu la décence d'être elle-même. Car elle savait bien qu'elle ne pouvait pas mentir et que son corps ne lui laissait absolument aucun contrôle dans ce genre de situations. Esclave de son coeur, de son désir et surtout esclave de son bourreau du jour qui lui apportait du plaisir, Désirée avait presque honte quand elle ressentait ne serait-ce qu'une once de quelque chose lors de ce genre de rapport. Parce que ce n'était pas pour elle, parce qu'elle n'était qu'une voleuse qui devait s'écraser pour contenter un homme. Désirée n'avait pas toujours pensé ainsi, elle avait été naïve à une époque, une époque dorée où elle voulait uniquement poser ses lèvres sur celle de son grand frère. Tout avait changé quand elle avait mis les pieds à New York et bien entendu, tout avait changé quand elle avait découvert les hommes. Ils étaient tous pareils et meme Tobias qui avait trouvé un chemin vers son esprit ne le faisait que pour servir ses propres intérêt. Alors Sara ou son coeur? Qu'est-ce qu'elle allait choisir? Est-ce que retrouver sa source d'inspiration était si importante que cela.

"...Arrêtez." Le ton de Désirée s'était durci. Oh Diable Sara, Sara était morte, elle l'écrasa comme on aurait écrasé une cigarette sur le bitume et elle s'écarta de Peter, posant ses pieds au sol dans un clac assez retentissant. Elle s'éloigna de lui, d'un mètre tout au plus et tremblante elle enleva sa paire de talons aiguilles et tira nerveusement sur les pans de sa robe. Peter Howell avait bien réussi à la déstabiliser en étant lui-même. C'était beau au final, elle avait bien fini par se brûler et elle entendait le grondement sourd de la poitrine de Tobias alors qu'elle ôtait enfin sa perruque. Voilà, voilà qui elle était, juste une fraudeuse avec des formes bien placées et du maquillage. Rien d'autre que ça. "Vous ne savez rien pas vrai?" Elle venait de lâcher la question, presque comme un venin, sa seule arme de défense contre Peter au final. Admettre son erreur? Non ce n'était jamais quelque chose que la blonde faisait facilement.  "Je suis en train de perdre mon temps, hein, Peter, dites le moi tout de suite, dites moi combien vous en avez allongées sur ce bureau juste pour pouvoir vous soulager?" Hypocrite, se dit Désirée. Elle n'insultait rien d'autre que sa propre personne. Elle n'avait pas été assez préparée et elle réalisait enfin qu'il y avait des choses qu'elle n'était pas prête à faire.
Même pour Lui.
"Est-ce que vous avez envie qu'on attrape ce meurtrier ou pas?" Jouer les concernées semblait bien futile mais Désirée tenta quand même le tout pour le tout, sachant qu'il lui suffirait d'un rien pour la faire déguerpir.

_________________

"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t164-i-ve-never-seen-a-diamond-in-the-flesh


avatar

◆ Manuscrits : 686
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
◆ Points : 327
◆ DC : Toto, Adam, Micha & Tutur
◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: Re: another one bites the dustMer 14 Oct - 2:36

Le blond n’était pas plus surpris que ça. Il se contenta d’un soupir en regardant l’écrivain s’éloigner, ôtant hâtivement ses talons et tirant sur sa robe comme si elle avait peur que les mains de Peter ait pu laisser des marques sur ses cuisses, des traces honteuses qu’elle n’aurait jamais pu assumer. Dans le fond, il la comprenait ; il fallait avoir un sacré souci pour ne pas se sentir répugnée par la véritable nature du journaliste. Encore une fois, Peter était loin d’être à plaindre. Les femmes connaissaient parfaitement la raison pour laquelle elles s’adressaient à lui, et elles savaient exactement à quoi s’attendre et combien de temps il fallait qu’elles trainent dans ce bureau avant de déguerpir sans que cela ne paraisse trop suspect ; ou à quel moment précis il fallait quitter ses draps pour ne pas que les regards du voisinage se braquent sur elles quand le jour serait revenu. Et lorsque les lèvres du grand blond s’égaraient sur le corps d’une énième femme, lui aussi connaissait les règles sur le bout des doigts, et il ne leur promettait jamais rien de plus que ce qu’elles désiraient. Son masque, son sourire, ses épaules larges et son corps musclé. Juste un objet, un fantasme, un truc un peu fou qu’elles s’autorisaient pour se convaincre qu’elles avaient au moins eu le luxe d’avoir vécu. Il avait même croisé une ou deux femmes mariées dans le tas d’admiratrices qui venaient souvent l’aborder dans les boites de nuit ou les bars qu’il avait l’habitude de fréquenter ; il avait vu leurs alliances scintiller tandis que sa main se glissait dans la leur, plaquant leurs paumes contre un mur tandis qu’il remontait leurs robes et que sa bouche s’égarait dans leurs nuques. C’était rare qu’on l’arrête ; même le poids de la culpabilité n’en n’effrayait pas certaines… Mais il n’était pas plus étonné que cela aujourd'hui en voyant Désirée le repousser au dernier moment. Non, elle se contentait de changer d’avis, et il était vraisemblablement grand temps qu’elle le fasse, sans quoi Peter aurait dépassé certaines limites ; et pour elle comme lui, ce n'était pas envisageable.

L’auteur retira sa perruque dans la foulée, l’invectivant aussitôt pour lui faire avouer qu’il ne savait rien. Autre soupir. Peter restait immobile. Comment diable aurait-il pu en savoir plus que les autres ? Il remuait sans cesse ciel et terre pour qu’on lui fournisse un semblant d’information, il harcelait les gens à longueur de journée, mais cela ne suffisait évidemment pas. Le monde entier savait à quoi s’attendre avec lui, pas seulement les femmes, et le moindre enquêteur qui décrochait son téléphone afin d’éclairer les lanternes du journaliste savait pertinemment où allait se retrouver l’info le lendemain. À la une du journal télévisée, sans aucun doute, devant lequel des milliers de cafards resteraient pendus aux lèvres de Peter en espérant eux aussi pouvoir se coucher moins bêtes ce soir-là. Rien, il ne savait rien de plus que la plupart des gens, que ce qu’il avait l’audace de relayer sur la chaine locale de Fairhope, en attendant désespérément que son propre portable sonne à son tour pour qu’on lui propose enfin un contrat dans une autre ville, ailleurs, loin de tout cette boue qui commençait à lui coller aux pattes. L’image du Poète lui collait certainement déjà trop à la peau ; ou peut-être que le reste de l’humanité parvenait à discerner sa vraie nature à travers l’écran, lui, l’immonde chacal, le charognard. Évidemment, ce n’était pas la seule chose qu’elle avait à lui reprocher, Désirée reprenant pour lui demander ensuite combien de femmes il avait allongé sur son bureau. Il leva les yeux au ciel. Oh please, ce n’était pas la peine de faire semblant. Deux secondes avant, elle aurait été prête à écarter les cuisses elle aussi alors ce n’était pas franchement la peine de lui servir le refrain inverse à présent. Inutile de jouer les vexées quand la blonde connaissait suffisamment le personnage qu'elle avait en face d'elle pour savoir qu’elle était loin d’être sa première partie de jambes en l’air improvisée après le travail.

« J’ai une tête à vouloir qu’on l’attrape ? » répondit-il d’un air las et blasé, soupirant de plus belle, faisant le choix de passer outre les réflexions qu’elle avait précédemment faites. À quoi bon revenir là-dessus, ça n’avait pas grand intérêt. Pourquoi se battre contre la réputation qu’il avait lui-même construite, ou tenter de paraître plus fréquentable en prétendant qu’il n’avait pas commis tous les crimes dont elle venait de l’accuser ? Le journaliste était sans doute hypocrite, mais il n’était pas stupide non plus, et maintenant que le masque de Désirée était tombé, elle ne valait strictement pas mieux que lui. « Vous voulez quoi exactement ? Si vous avez besoin d’infos pour vos bouquins, je n’en n’ai pas plus que vous. Pas la peine de vous déguiser pour venir me poser la question. » À croire qu’il y avait finalement pire que lui dans cette maudite ville. « Maintenant si vous voulez jouer les brunes effarouchées, c’est un autre problème, ne venez pas vous plaindre si je rentre dans votre jeu. Vous avez bien tendu votre piège pour une raison, non ? » Récupérant sa tasse de café encore tiède, il aurait grand besoin du breuvage une fois la blonde disparue. « Vous pouvez vous rassurer, je ne sais rien, comme tout le monde ici, et si je savais quoi que ce soit, croyez-moi je serais le premier à la fermer. » Pas besoin d’expliquer les raisons pour lesquelles il resterait muet si toutefois il savait quelque chose sur l’identité du Poète, il en avait déjà trop dit. « Et à moins que vous ayez d’autres vraies questions, la porte est juste ici. » Sans doute était-elle aussi folle que lui, à vouloir protéger le tueur coûte que coûte. Sûrement. Il n’y avait qu’à voir ce dont elle était capable de faire pour poser une simple question…

_________________

another hero, another mindless crime
behind the curtain, in the pantomime



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t179-who-wants-to-live-forever#1553

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 723
◆ Arrivé(e) le : 12/05/2015
◆ Âge : 31 ans
◆ Assoc. des Victimes : secrétaire
◆ Métier : Écrivain, romancière reconnue
◆ Points : 707
◆ DC : Jesse, Ruby, Jonathan & Jacob
◆ Avatar : Scarlett Johansson


Sujet: Re: another one bites the dustLun 26 Oct - 22:19

Désirée était un drôle d’animal et elle le savait. Elle savait qu’elle n’avait absolument rien à faire ici, dans le monde des vivants, dans le monde de Peter ou même dans celui de Tobias et qu’elle aurait dû tout simplement se rouler en boule dans sa tombe et espérer que personne ne la trouve. Elle aurait fait une victime parfaite pour le Poète sans doute, toute cette peau, tout ce sang si inutile, tout cet espace… vide. La blonde avait songé à avoir un tatouage un jour mais elle s’était vite ravisée car elle se connaissait et elle savait que si elle se lançait dans l’aventure, elle ne ressortirait que si elle était couverte d’encre noire de la tête aux pieds. Pour lui donner un but et pour lui donner une raison d’exister. Désirée ne tiqua pas et ses grand yeux, un peu vitreux, un peu trop absents, fixait Peter alors qu’il reprenait la parole, un sourire aux lèvres. La romancière ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, il avait été parfait dans son rôle et Désirée se dit que si elle arrivait à écrire une personne aussi convaincante que Peter… Elle aurait réussi son pari. Elle avait presque réussi d’ailleurs mais c’était son corps qui l’avait trahi. Parce qu’elle n’était rien d’autre qu’un animal qui finissait par craindre la lumière du soleil dès qu’on le laissait sortir un peu trop longtemps.

Oui, il était plaisait de venir coller son nez à la vitre et d’observer d’aussi près tous ceux qui osaient se pencher devant son enclos et devant sa cage pour la regarder elle. C’était marrant quoi… les cents premières fois de la journée ? Après, le jeu devenait rapidement lassant et Désirée n’en avait plus rien à faire et elle voulait juste retourner dans l’ombre jusqu’à ce qu’elle se sente de nouveau d’humeur. C’était différent avec le Poète, c’était différent dès que cette affaire était concernée, dès qu’un corps était découvert, c’était un frisson qui lui parcourait l’échine et elle ressentait enfin ce truc que les gens les plus téméraires allaient chercher dans la drogue, le sexe et les autres vices qu’elle n’avait pas. Ce truc qui la faisait trembler et qui lui donnait l’impression d’être en vie et de servir à quelque chose, d’être utile, d’avoir un but, de faire en sorte que sa plume ne soit pas juste perdue parmi tant d’autre… Elle avait cru que jouer avec le feu, avec Peter lui procurerait la même sensation cependant c’était loin d’être le cas. Elle se sentait… Mieux sans sa perruque et en réalisant que le journaliste n’aurait pas vraiment cette emprise sur elle.

Son sourire. C’était le sourire de Peter qui l’intriguait. Ce sourire toujours en place sur son visage alors qu’il lui expliquait que lui aussi avait tout aussi à tirer de toute cette affaire. Bien sûr que Peter ne voulait pas que tout ceci, les meurtres, l’horreur, cesse, c’était à son avantage. Sans ça il n’était plus rien, juste monsieur tout le monde et plus personne ne s’intéressait à sa chaine, belle gueule d’ange ou pas. Désirée eut un sourire à son tour quand la porte fut évoquée, il était tout aussi paumé et tout aussi avide d’informations qu’elle, elle le comprenait maintenant. C’était ironique dans un sens, dans une autre réalité, ils auraient certainement pu s’entendre. Si Désirée avait été en mesure de s’expliquer et de converser avec quelqu’un qui avait un minimum de raison. Peter en avait plus que Tobias alors… forcément, ça ne pouvait pas marcher, hmm? Désirée leva la main, une seconde trop tard probablement, son index pointé sur Peter, surement pour lui dire de se taire et pour enfin répondre à sa question.

 « Déformation professionnelle. » lâcha la romancière, plus honnête que jamais. Cela ne ferait certainement pas de sens pour Peter mais il y en avait pour elle. Elle s’était perdue tout simplement et son bon sens l’avait guidé ici, comme si Peter allait être celui qui avait toutes les réponses. Non, ce n’était pas lui, mauvaise cible, mauvais appât.« Je ne m’étais trompée à votre sujet… » admit-elle, sans pour autant en révéler plus. Elle pouvait au moins concéder à ça, Peter n’était pas aussi plat qu’il en avait l’air mais elle non plus. Peut-être qu’elle aimait jouer et tricher mais dans la course aux indices, elle allait certainement être celle qui allait croiser le journaliste le plus souvent. Pour lui mettre des bâtons dans les roues ? Elle n’avait pas encore décidé, ce n’était qu’un mauvais concours de circonstances et si et quand le Poète serait mis derrière les barreaux, elle pourrait se pencher un peu plus sur le cas de Peter. Qui ne voulait rien d’autre que son heure de gloire pas vrai? Que ce soit une caméra ou encore une femme…

Elle hocha la tête avant de baisser le bras et de se diriger vers la porte du bureau, toujours sur la pointe des pieds. Elle lui accorda un dernier regard avant d’ouvrir la porte. « Bonne soirée Peter, j’ose espérer pour vous qu’on ne l’attrapera jamais. » Et pour ma propre santé, j’espère aussi qu’on ne l’attrapera pas ou qu’il me tuera avant, pensa la blonde avant de disparaitre de la vue du journaliste dans un dernier sourire.

sujet terminé

_________________

"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t164-i-ve-never-seen-a-diamond-in-the-flesh
 

another one bites the dust

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Another one bites the dust
» DUST 514
» dust warfare de Mr chambers
» From Dust
» DUST TACTICS - PARTIE GEANTE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: the city that we loved :: fairhope avenue-