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 Dead Inside

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◆ Manuscrits : 276
◆ Arrivé(e) le : 27/06/2015
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◆ Décédé le : 16 Mars 2016
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Sujet: Dead InsideDim 19 Juil - 1:28


Don't open. Dead inside.



07 Septembre 2014




"Le tueur est toujours dehors." Ça avait commencé comme ça. Une phrase, entendue à l'improviste, à la télévision, la radio, dans la rue, au travail. Une phrase anodine, commune, presque triviale pour les habitants de Fairhope. Il est dehors. Il aurait pu être n'importe où, pas vrai? Derrière un arbre, dans un coin sombre, en train de rendre la monnaie à une prochaine victime, accoudé à un bar un verre à la main. Il aurait pu être occupé à graver des horreurs sur la peau de quelqu'un d'autre. Il aurait pu se trouver juste là, à la sortie du travail. Peut-être même à l'intérieur, peut-être même qu'il était sur ses traces en ce moment. Il est dehors. Ca pouvait vouloir dire n'importe quoi. Qu'en savaient-ils? Ils ne pouvaient pas dire qui était sa cible. Il était dehors, il était partout. Peut-être qu'ils étaient plusieurs. Il est dehors. Trois simple mots. Insensés, banals. Corrosifs. Et l'idée de se former, petit à petit. Il est dehors, partout. Ca devait vouloir dire que tant qu'il restait à l'intérieur, tout irait bien, pas vrai?

Dix-sept jours, quatorze heures et douze minutes. Tout irait bien. Il n'avait qu'à attendre. Sagement. Silencieusement. Ne pas faire de bruit. Se faire oublier. Être oublié du monde, de ses dangers, des autres. Il ne parlait plus, respirait à mi-voix et se déplaçait comme une feuille. Comme une feuille morte qui tombe au sol, ignorée des autres. Parfait. Il n'avait qu'à attendre. Tout irait bien. Il lui suffisait de s’asseoir, et d'attendre. Oh, bien sûr, il y avait la terreur. Celle qui lui retournait les entrailles au moindre bruissement, mais il pouvait le faire. Il pouvait s'en sortir. Peut-être, peut-être qu'il n'y avait plus rien pour se sustenter, mais il n'était pas prêt à courir le risque. Il vivait sur pause. Dans l'attente, l'expectative perpétuelle d'un mouvement, quel qu'il soit. Comme s'il retenait son souffle depuis deux semaines, un suspense insoutenable lui mordillant les doigts au beau milieu de la nuit. Il n'y avait pas âme qui vive dans son appartement, parce qu'il n'avait pas l'impression d'être vivant. De vivre. Mais tout irait bien. Il n'avait qu'à attendre.

Pour se donner l'illusion d'exister encore un peu, il maintenait les apparences, comme un rituel. Chaque pas mesuré, chaque action calculée, à la minute près. Huit minutes de douche. Trois minutes pour se sécher, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il soit prêt pour les longues heures à venir. Immobile, à attendre. Débranché, en veille. En panne. Il aurait voulu que ça soit si simple. Qu'il puisse simplement s'éteindre, mais c'était impossible. Passées les barrières physiques, à l'intérieur, c'était une guerre sans merci ou chaque parti défendait ses propres intérêts sans réellement savoir ce qu'ils étaient. Bouge. Non, non, non, surtout pas! Tu es complètement lamentable, il aurait dû te tuer. Chut, chut, ça va aller. Reste là, et ça ira. Ca ira mieux quand tu seras mort! Incessamment, violemment, bruyamment, jusqu'à ce qu'un bruit les fasse tous bondir et qu'il se mette en mouvement. Faire deux fois le tour de l'appartement, vérifier toutes les issues et les volets, les rideaux, les portes, les murs et le plafond, attention aux trous dans le coin à gauche et derrière la douche, et as-tu pensé à vérifier sous ton lit? Il est dehors. Dehors, dehors, dehors ? Danger. Ici, sécurité. Puis il relâchait une respiration qu'il ne savait pas retenir, et il retournait sur son lit de mort. Coupé du monde, au cas où. Il avait tout retourné à la recherche d'éventuelles caméras et autres dispositifs d'espionnage, en vain. Télévision, téléphone, micro-ondes, réveil. Tout était à son image, débranché. Inutile.

Dix-sept jours, quatorze heures et 22 minutes. Tic-tac. A trop attendre, il ne savait plus s'il désirait la libération ou l’exécution. Peut-être, d'ailleurs, n'y avait-il qu'un seul moyen de franchir cette porte ? Dans un sac mortuaire. Un frisson lui traversa le dos, mais il n'était pas sûr que ce soit de la révulsion. Il y avait quelque chose d'attirant dans cette alternative. Peut-être était-ce simplement parce que c'était le bout du tunnel ? La délivrance. Tout au fond de sa tête, de son cœur, il y avait cette impression, ce sentiment intarissable. Parfois docile, parfois véhément, il ne s'éteignait jamais. L'impression de vivre sur du temps volé. Comme si, au moment où il aurait dû mourir, quelqu'un avait retardé la sentence, par hasard, et qu'il ne savait pas quand et où frapperait le prochain appel. Il n'avait pas envie de mourir. Pas aujourd'hui. Du moins, pas à cette seconde précise. Après, tout allait toujours si vite, pas vrai ?  

Il inspira profondément, tenta vaillamment de chasser toutes ces pensées empoisonnées et de se concentrer sur le son délicat et agréable du silence. Un, deux, trois. Voilà. Il pouvait penser à tous ces gens, dehors, fourmillant dans la ville comme le sang dans les veines. Les imaginer aller et venir, vacant à leurs occupations, paisiblement. Cette famille heureuse au supermarché, par exemple. Papa, maman, et les deux enfants. Alors pourquoi avaient-ils cinq ombres ? Quel était-ce serpent qui se glissait derrière leurs sourires ? Et ce sang qui décorait les murs, était-il là ce matin ? Quand ils étaient partis à l'école, au travail ? Et cette gorge, était-elle tranchée tout à l'heure ? Pourquoi papa hurle ? Est-ce que c'est maman, ça ? Rires et sourires dérobés. Des hurlements silencieux dans la nuit noire. A qui le tour ? Allons, allons ! Vendez-moi vos rictus, les échos de vos rires contre un peu de chaleur. Quelques minutes. Puis tout refroidit. Glacé jusqu'à l'os.

Toc toc toc. Il bondit dans son lit, trempé de sueur glacée et le souffle coupé. Une main, puis de l'eau sur le visage. Il aurait dû avoir l'habitude. Mais ça n'était pas le cas. Toc toc toc. Il y avait toujours cette même horreur, cette même peur panique. Mais tout allait bien. Il était à l'abri. A l'intérieur. Toc toc toc. La porte. Il regarda la porte d'entrée comme si elle venait d'apparaître, comme si le diable venait de descendre sur Terre. Quelqu'un frappait à la porte. Quelqu'un, quelqu'un de dehors, frappait à sa porte. Et s'ils étaient morts ? Et si le Poète les avait tous tués, et qu'il venait pour lui ? Il recula, un, deux, et s'immobilisa. Peut-être que s'il ne bougeait plus, on allait l'oublier. Shh, shh.
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Sujet: Re: Dead InsideMer 22 Juil - 22:41

Jesse n'était pas devenu policier pour sauver la veuve et l'orphelin. Qu'on se le dise. Le brun était du genre pragmatique et s'il était devenu flic, c'était principalement pour aider. Jesse était le genre d'homme qui avait besoin de se sentir utile, de se savoir utile, sinon il était capable d'imploser. Le métis détestait le rien et il n'aimait pas perdre son temps. Il était toujours dans l'action et quand il ne bougeait pas, c'était qu'il était en train de planifier quelque chose. C'était comme ça que Jesse fonctionnait depuis qu'il avait intégré les rangs de la police. En fait, c'était ainsi qu'il fonctionnait depuis toujours. Aussi, à se trouver dans les archives de la station de police ce jour-là, le brun s'ennuyait vraiment. C'était un boulot ingrat qu'on avait refilé à Jesse ce jour-là. Denis, son co-équipier était de repos et sans son partenaire, Jesse avait été abandonné à cette tache peu glorieuse. L'autre homme aurait pu s'énerver mais Jesse savait également ravaler sa fierté. Quand on était métis homosexuel dans un pays composé à 80% de blancs hétérosexuels, on apprenait très vite à ravaler sa fierté et à économiser chacun de ses souffles. C'était ainsi qu'était fait le monde et le jeune homme avait appris depuis très longtemps à ne surtout pas combattre cette fatalité. Il avait des choses plus importantes à faire...

Jesse grogna en soulevant une pile de dossiers particulièrement lourde. Il se passa une main sur son front pour éponger la sueur. Il avait abandonné la veste de son uniforme sur une des chaises. Évidemment, la réserve ne comportait ni fenêtre ni arrivée d'air et il crevait de chaud. Jesse commençait à se dire qu'il devait avoir fait quelque chose pour mériter cela, pas de doute... Il y avait quand même un tueur en liberté. Le Poète. Rien que d'y penser, l'estomac de Jesse se soulevait. Près de deux ans que le tueur en série sévissait, des victimes il y en avait des tas, l'arrestation de Tobias n'avait rimé à rien... Et lui il était à à trier des dossiers dont personne n'avait probablement besoin. Jesse pouvait voir l'ironie tout seul. Il haussa les épaules avant de s'attaquer à une autre boite.

"Hey Mahoney... J'ai peut être quelque chose pour toi."

Jesse fut bien content d'entendre la voix d'un de ses supérieurs. Il releva la tête et fit un simple hochement de tête avant d'enfiler le haut de son uniforme. Jesse suivit le détective dans son bureau et il fut bien content de retrouver le ventilateur et la lumière du jour.

"Oui?"
Un dossier fut lancé sur le bureau.
"Homme. Caucasien, la vingtaine passée... Personne ne l'a vu depuis une quinzaine de jours. Les gens à son travail s'inquiète et ses voisins aussi visiblement... Est-ce que tu me suis ou...?"
"Le Poète?" Jesse n'avait qu'à prononcer ces deux mots là pour que cette soudaine disparition devienne un peu plus clair. Oui, le Poète. Tapi dans l'ombre, avec toujours une longueur d'avance sur eux. Une personne finissait toujours par disparaitre et si c'était ce... Aiden? Jesse se pencha pour observer la photo de l'autre homme. Une vie banale semblait-il. Tellement banale qu'elle pouvait être enlevée?
"Ouais. Le Poète. Je n'ai pas envie de prendre de risque, donc tu vas enfiler une tenue de civil et commencer par le domicile de Mr Tyler et on verra bien. Si tu vois quelque chose de suspect ou... si tu trouves un corps tu m'appelle et on fera venir une équipe discrètement. Pas envie que Howell s'empare du scoop."

Jesse laissa échapper un son qui indiquait clairement du mépris . Peter n'avait pas de fans dans les rangs de la police et Jesse en particulier avait des comptes à régler avec le blond. Il se contenta d'hocher la tête avant de se diriger vers les vestiaires. Il se changea rapidement et rangea son insigne de policier et son téléphone portable dans les poches de son jean. Son arme était plus discrètement cachée sous son polo, histoire de ne pas attirer l'attention. Le brun ne prit pas sa voiture de service non, il préféra bien mettre ses écouteurs dans ses oreilles et c'est au son de Beyoncé. L'adresse d'Aiden Tyler fut facile à trouver, Jesse observa rapidement les alentours. Une rue tranquille de Fairhope, des vies normales. Il s'attendait au pire, il s'attendait à un corps. Il avait déjà trouvé une des victimes du Poète. Le portrait n'avait pas été plaisant et parfois, quand Jesse fermait les yeux, il voyait encore le corps de cette pauvre femme. Il avait vu des images choquantes, il était policier après tout, mais ça... ce n'était pas choquant. C'était carrément l'horreur. Le métis prit une profonde inspiration, et il alla tapa à la porte, se disant que c'était la meilleure approche. Toc. Toc. Toc. "M'sieur Tyler? J'ai un colis pour vous! J'ai besoin de votre signature où il repart direct!" Discret on lui avait dit d'être discret. Jesse ne se voyait pas du tout agiter son insigne de policier dès le début.
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Sujet: Re: Dead InsideVen 24 Juil - 23:20

Quatre-cent trente-sept. Le carrelage de sa cuisine comptait 437 dalles. Il avait vérifié cinq fois, déjà. Pour être certain, au carré près. Il aurait préféré 440, voire 450, mais ce n'était pas comme s'il pouvait y faire grand-chose. Alors il vérifiait, des fois qu'il en ait raté une sous un meuble, dans un recoin. Il calculait, divisait et déduisait, toujours avec ce même résultat désolant. Tout comme pour les 61 lattes de parquet sur le sol de sa chambre. C'était à s'arracher les cheveux, vraiment. Le seul avantage était qu'il savait que quatorze d'entre elles grinçaient sous ses pas, et qu'il pouvait donc les éviter. Durant ses longues heures d'enfermement, il avait eu grandement le temps d'examiner chaque recoin avec minutie. Il n'avait rien d'autre à faire. Quand rester assis devenait insoutenable, que les voix qui se faisaient écho dans sa tête lui donnaient la nausée, il arpentait son appartement sur la pointe des pieds et comptait. Un, deux. Calmement, et son cœur finissait par se synchroniser avec la symphonie silencieuse qu'il jouait à rideaux couteaux tirés. Un, deux. Enfin, il pouvait respirer.

Monsieur? Il répéta l'idée dans sa tête, simplement pour la trouver dérangeante. On ne l'appelait pas 'Monsieur Tyler'. Monsieur Tyler était son père. Lui, c'était Aiden, ou l'autre. Peut-être que sa mère l'avait appelé Den, par moments, autrefois. Mais aussi loin qu'il se souvienne, personne ne l'avait jamais appelé Monsieur. A part, évidemment, les commerçants courtois et affables qui s'efforçaient de rester polis en toutes circonstances, mais ils ne comptaient pas. Tous les adultes qu'il pouvait côtoyer continuaient de le traiter comme un enfant, comme s'il était resté bloqué à un certain âge, et qu'il resterait à jamais forcé de côtoyer la haute sphère des grands sans jamais en faire réellement partie.

Le britannique ne se faisait jamais rien livrer. Il lui semblait raisonnable d'éviter que des inconnus viennent frapper à sa porte, que des inconnus se retrouvent en possession de son adresse. Que n'importe qui puisse venir chez lui à sa guise et frapper jusqu'à ce que la porte cède. Qui plus était, les colis pouvaient toujours s'avérer dangereux. Il n'était jamais à l'abri d'un piège. Un cadeau empoisonné d'un auteur en colère. Le Poète? Il n'y avait absolument rien de poétique dans ses actions, et c'était bien trop d'honneur que lui faisaient les habitants de Fairhope en lui affublant ce surnom prétentieux. Les poètes, écrivains et autres amoureux des mots étaient, et se devaient d'être des êtres humains. Pas des monstres assoiffés de sang. Quoi qu'il soit, cet individu pouvait être à même de vouloir le faire taire, de vouloir réduire au silence un éventuel témoin. Et ce, bien qu'Aiden ait tacitement accepté de ne jamais rien dévoiler à qui que ce soit. Il aurait pu choisir de livrer le colis lui-même, pouvoir regarder sa victime dans le blanc des yeux en une occasion unique et fatale, histoire de renflouer sa plume d'idées morbides et sanglantes. A bien y réfléchir, il n'aurait sans doute pas risqué d'être reconnu et dénoncé par le futur défunt dans un dernier acte de bravoure. Un nom griffonné sur un mouchoir la main tremblante, ou sur un mur avec son propre sang, un message non envoyé au fond de la poche. C'était sans doute trop risqué. Et si quelqu'un l'apercevait, et faisait le lien entre lui et cette pauvre âme qui s'était éteinte à l'étage du dessus? Non, soit il serait venu masqué et aurait fini le travail au tranchant du couteau, soit il n'aurait pas pris tous ces risques et l'aurait fait livrer par les moyens réglementaires. Personne d'autre ne pouvait lui livrer quoi que ce soit.

Vu son emplacement, il pouvait encore reculer de deux pas moyens avant d'atteindre un objet ou meuble quelconque. Une table serait ensuite à quelques millimètres derrière lui, et la porte d'entrée, toujours bien en vue, serait à six pas. Six pas semblaient bien plus rassurants que les quatre pas actuels, et il se décida donc à mettre encore plus de distance entre lui et la mort. Son cœur battait si violemment dans sa poitrine qu'il n'était pas certain de devoir encore prendre la peine d'être discret. Bam bam, bam bam. Il n'y avait plus rien d'autre, le bruit du sang coulant à flot lui emplissant les tympans. Sans doute le tueur l'entendait-il aussi, pas vrai? Une panique incohérente s'emparait une nouvelle fois de lui, et Aiden se demanda comment l'on se sentait lorsque l'on n'avait pas peur. C'était un sentiment qui lui était devenu inconnu, tout comme il avait peur d'avoir oublié comment parler. Était-il encore capable d'ouvrir la bouche et de produire des sons articulés et intelligibles? Ou se réduirait-il à produire des borborygmes abêtis? Est-ce que son isolement et son respect presque religieux du silence l'auraient tourné en sorte de bête? Est-ce qu'on allait l'enfermer dans une cage pour en faire la risée de la ville? Ou un reportage choc? 'Rendu fou par le Poète.' Peut-être qu'on l'abattrait, comme toutes ces bêtes sauvages et abruties qui venaient se perdre trop près de la civilisation humaine? Une balle entre les deux yeux...

CLANG. Détruisant ses pensées, réduisant ses frayeurs en cendres, le bruit le fit sursauter. Il cessa aussitôt de respirer, comme si l'asphyxie pouvait mystérieusement remonter le temps et effacer la chute. Il jeta un œil à ses pieds pour tenter de comprendre ce qui venait de le trahir si bruyamment. Sur le sol, un couteau. Douloureux mémento des douleurs passées, comme si le meurtrier avait soufflé dessus jusqu'à ce qu'il se jette au sol. Seulement le tueur n'était pas à blâmer, il était seul responsable. Par maladresse, par inattention, il venait de révéler sa présence à l'ennemi. Il avait laissé l'objet au bord de la table, par bêtise, par colère, il ne savait même plus. Il ne savait plus rien, pour l'instant. Il n'était même pas sûr de reconnaître la forme humanoïde qui forcerait bientôt son chemin à l'intérieur.

Le temps était compté. Il devait se décider, et agir. Soit il continuait de garder le silence en espérant ne pas avoir été entendu, ce qui était impensable, soit il allait ouvrir pour essayer de gagner du temps, soit il se jetait par la fenêtre avant que qui que ce soit n'entre, soit il suppliait qu'on le laisse tranquille, soit il récupérait le couteau au sol et se préparait à se défendre. Rien ne convenait. Rien n'allait. Et il ne pouvait pas ressortir. Cette porte ne pouvait plus s'ouvrir, de toute manière, elle était probablement condamnée, depuis le temps, non? Peut-être qu'ils avaient reconstruit dessus, ou qu'ils avaient rasé l'immeuble. Peut-être qu'ils avaient caché une caméra et riaient de tous ses déplacements? Il s'approcha de la porte, résigné. "Vous avez dû vous tromper." Les mots étaient revenus tout seuls, bien qu'il y ait quelque chose de rouillé dans sa voix. Cela ferait l'affaire, pas vrai? Sauf que ça n'était pas un quelconque livreur, il le savait. Et on l'avait nommé, il n'y avait pas d'erreur. Quiconque se tenait derrière la porte venait pour lui. Il ne partirait pas si facilement. Il ne partirait jamais. Aiden s'assit à côté de la porte. Dos au mur. Tout était fini, à présent. "Vous ne pouvez pas entrer." C'était plus une supplique qu'un ordre, et même lui ne croyait pas à ses paroles. Il ne croyait à rien. Il ne savait pas empêcher l'inévitable, et l'idée de devoir ouvrir cette porte, ou la voir s'ouvrir, lui soulevait le coeur. Ou peut-être était-ce l'estomac. "Je dirai rien, laissez-moi tranquille." Il pouvait se faire muet comme une tombe sans finir au fond, non?
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Sujet: Re: Dead InsideDim 16 Aoû - 18:58

Le quartier était tranquille et si on se fiait uniquement aux apparences, Jesse était bien un livreur qui avait juste eu le malheur d’arriver au mauvais moment. Aiden devait être au travail, ou peut être qu’il était sorti faire des courses, ou qu’il buvait un verre avec des amis. Des choses banales, normales, plates et sans saveur qui justifiaient le fait que l’homme ne se trouve pas à la maison. Mais c’était Fairhope, et depuis maintenant plus d’un an et demi, les choses n’étaient plus normales ou banales ou juste tranquilles. Il fallait se méfier, les silences pouvaient être trompeurs et ils pouvaient en réalité cacher des cris qui étaient dissimulés, refouler, à l’aide d’un coussin posé sur une bouche ou pire encore. Bien pire. Des mots gravé à tout jamais sur la peau. Du sang. Des vies et des familles détruites. La peine. L'horreur. Le vide. Et surtout le silence...
C’était ça maintenant Fairhope.

Cela changeait bien de l’atmosphère que Jesse avait toujours connu. Il était né ici, il connaissait les rues, les rires, le chemin de l’école. C’était le genre de petite ville sans histoire, paisible, qu’on voyait souvent dans les téléfilms car le héro ou l’héroïne avait besoin de repartir de zéro dans un environnement sympa ou personne ne pouvait potentiellement le reconnaitre. Jesse été allé à l’école ici, il était tombé amoureux ici, il avait connu des joies et des déceptions et dans quelques années, son père et lui en personne seraient probablement enterré ici. Il n’avait peut être pas la meilleure des familles, une fortune ou meme un quelconque patrimoine à léguer. Non, il avait juste Fairhope, purement et tout simplement. Jesse haussa les épaules devant cette porte alors que les secondes s’écoulaient. Il sonna une dernière fois avant de se dire que ce n’était pas une bonne piste. Que faire ensuite? Le lieu de travail d’Aiden semblait une bonne idée, il pourrait poser des questions, collecter des informations et essayer de voir qui l’avait vu en dernier. Voir s’il avait des amis et s’il avait l’habitude de se rendre quelque part après le boulot. Le dossier du civil n’avait pas mentionné de famille proche en ville ou meme de compagnon. Hmm… Jesse fronça les sourcils en considérant se ses options, pas de famille en ville, ce genre de cas était toujours un peu plus compliqué. Il tourna la tête sur la gauche et il considéra pendant quelques instants, sonner à la porte des voisins les plus proches du Tyler. Mais là encore, c’était un risque à double tranchant. Il pouvait éveiller les suspicions avec ses questions et au vu de l’humeur générale de la population, la dernière chose que Jesse voulait c’était une crise de panique. Hmm… Il pouvait toujours appeler un véhicule de police pour qu’ils patrouillent discrètement dans le quartier d’Aiden pour voir si quelque chose de suspect se manifestait dans les prochains jours? Ça, c'était toujours plus discret comme approche.

Jesse sortit son téléphone de sa poche et dans le meme moment il entendit quelque chose dans l’appartement en face de lui. Le métis fronça les sourcils, non, il n’avait pas rêvé, il avait entendu quelque chose, quelqu’un était bien dans cet appartement, le brun en était convaincu à présent. Mais qui? Le disparu? Son corps? Une victime donc? Ou alors un potentiel suspect? « Aiden? » lança Jesse en appuyant sur la sonnerie. Devait-il défoncer la porte? Y enfoncer son épaule pour faire craquer le bois sur les gonds? Ça, ça risquait définitivement d’attirer l’attention de quelqu’un. Une voix finit par s'élever et Jesse fut parcourut d'un frisson. Il y avait bien quelqu'un dans cet appartement. « Aiden Tyler? » Jesse respira un grand coup, pour se calmer principalement. Il était officier de police, il ne pouvait pas paniquer, sa voix ne pouvait pas trahir son inquiétude. Oui, c’était son boulot de s’inquiéter mais il devait garder son sang-froid à tout prix. Si c’était bien Aiden qui était cloitré dans son appartement, apeuré et peut être blessé, il devait à tout prix trouver un moyen de lui faire ouvrir la porte. Jesse fonctionnait souvent à l’instinct, c’était principalement ce qui lui avait permis de vivre et même de survivre toutes ces années, et là, ses tripes lui disaient de ne pas mentir et d’adopter une technique plus subtile. « Je ne veux pas vous effrayer et vous avez raison de ne pas ouvrir la porte, je ne suis pas là pour vous délivrer un colis. »

Jesse avait dit cela tout près de la porte, pour que seule la personne qui se trouvait dans l’appartement soit en mesure de l’entendre. « Je suis Jesse Mahoney, agent de police. On s’inquiète pour vous Aiden. » Ce qui était la stricte vérité, on s’inquiétait pour tout le monde et de plus en plus ces temps-ci. Tout pouvait être de la poudre ou de la fumée, tout pouvait causer un incendie et embraser les coeurs et les esprits. « Je suis là parce que vous n'avez pas été vu depuis longtemps Aiden, vous pouvez me croire, je suis là pour vous aider. » dit Jesse sur un ton rassurant, une de ses mains posée sur la porte.
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Sujet: Re: Dead InsideDim 23 Aoû - 23:55

Il aurait pu ouvrir la porte dans un sourire, tendre une main, dire qu'il devait certainement y avoir une erreur quelconque. Qu'il était parti en vacances, ou n'importe laquelle des six autres excuses pitoyables qu'il venait d'inventer. S'excuser platement d'avoir causé de l'inquiétude à son entourage, et dire qu'il allait s'appliquer à être plus avenant pour ne plus, (s'excuser une nouvelle fois, pour la forme) faire perdre leur temps aux forces de police qui, il était certain, avaient mieux à faire que de frapper aux portes à cause de sa négligence. Il aurait pu s'inventer une tante gravement malade dans son pays natal, s'inventer un départ au pied levé pour aller la veiller dans ses dernières heures. Quelque chose de larmoyant et d'un rien dramatique pour s'attirer de la compassion et un sourire en échange, deux trois mots pour dire à quel point tout le monde serait rassuré de le savoir sain et sauf à la maison. Et tout irait bien. Il aurait pu.

Sauf qu'il en était incapable. Il ne pouvait rien d'autre que de se terrer comme un rat au fond de son trou. Comme une proie terrifiée. Il n'était plus rien d'autre, rien qu'un insecte à demi-écrasé sous le talon. Un lâche. Un cloporte inutile et inapte. Inadapté au monde. Il ne pourrait jamais, jamais, s'intégrer, rentrer dans le moule, apprendre la danse et suivre les aléas, les soubresauts et les demi-tours. Alors quel mal y avait-il à s'enfermer dans une bulle immobile et sûre? Pourquoi ne pas refermer la porte sur cette valse infernale et se contenter des échos? Pourquoi ne pas se confiner entre quatre murs (Sauf qu'il y en avait exactement..Arrête! Ecoute.), et gentiment attendre l'extinction, l'asphyxie? Attendre la fin, en paix, coupé de tous ces meurtres, toutes ces attaques, tous ces démons. Sectionner le cordon ombilical qui le maintenait sur cette terre tout en se nouant autour de son cou, l'assassinant à petit feu tout en l'empêchant de mourir.

"Non." Sa voix s'était dérobée sous ses mots, le laissant suppliant plutôt que commandant. Il ne voulait pas retourner là-bas. Il ne pouvait pas. Les secondes s'étaient étalées, étirées, se déchirant et se retenant. Elles avaient tenté de retarder l'inévitable, essayé, vainement, de ne plus passer, de ne plus mourir, de se suspendre dans l'instant pour l'éternité. D'arrêter des milliers de bouches ouvertes sur des cris devenus silencieux. Les moments avaient refusé de passer, figeant le tableau, l'image, l'air n'osant plus emplir les poumons. Finalement, le temps l'avait rattrapé, comme à son habitude. Qu'il tente de le distancer ou de l'empêcher, rien n'arrêtait l'aiguille.  C'était toujours le même constat, à travers les ages. Chez lui, c'était toujours la même rengaine. Toute sa vie. Fonctionner tant bien que mal, bancal et abîmé, mais traînant la jambe au même rythme que tous les autres. Puis il y avait l'étincelle, le souffle, la poussière, le petit grain de sable qui le faisait basculer dans le trou noir. Dans les méandres de la folie, au fin fond de son esprit, incapable de s'extirper, de démêler la vérité du mensonge, incapable seulement de dire s'il était un ou plusieurs.

"Je suis là." C'était une question, c'était un constat. Il n'était sûr de rien. Pourquoi, pourquoi restait-il à l'intérieur, déjà? Pour rester en vie, en vie? Ou pour mourir? Il n'était pas sûr. Ca ne changeait pas grand-chose, de toute façon. Cela finissait par passer. Cela passait toujours, pas vrai? Il n'y croyait jamais. Pour lui, pour lui, au fond, c'était toujours le pire, c'était toujours inconcevable, inimaginable, d'affronter, de nouveau, le soleil, le bruit, les autres. Surtout les autres. Surtout lui-même. Surtout le reste. Tout. Non, non, non, personne ne le ferait sortir d'ici. Personne ne lui ferait ouvrir la porte, pas vrai? Il n'allait pas ouvrir, il ne pouvait pas ouvrir. "Alors vous pouvez partir." L'infini était mort depuis deux semaines, et son monde s'arrêtait désormais à la porte de son appartement. Le reste était sauvage, dangereux, et inexistant. Pas vrai? Il resterait là, à disparaitre. Peut-être qu'il était déjà presque effacé, blême et translucide? Il ne manquerait à personne et c'était ça, le pire. L'ineffable vérité. "On" ne s'inquiétait pas pour lui comme le prétendait cet imposteur. Un patron et deux voisins avaient dû vaguement remarquer son absence. Ou était-ce l'odeur putride de son cadavre, qui s'était propagée sous les portes, à travers les fenêtres, les murs, pour aller crier adieu à une ville déjà trop endeuillée? Non, non, s'il pouvait se fier à quelque chose, les battements effrénés de son cœur semblaient le penser en vie.

"Vous ne pouvez pas m'aider." Et ça, il en était persuadé. Personne ne pouvait rien faire pour lui. Plus maintenant. Plus depuis que les motifs du papier peint s'étaient mis à gesticuler sous ses yeux quelques nuits plus tôt. Plus depuis qu'il avait servi des boissons pour deux et s'était entendu trinquer, seul. Plus depuis longtemps. Peut-être que personne n'avait jamais pu rien faire pour lui, au fond. Peut-être que c'était pour ça que tous l'abandonnaient à son sort? Peut-être qu'il avait toujours eu raison? Alors, la réalisation. Grisante, terrifiante. Salvatrice. Il était une cause perdue, et il voulait l'enfermement. Quelles options avaient-ils? "Vous venez m'arrêter?" Mais ce n'était pas la peur, c'était de l'engouement, presque de l'envie qui perçait dans sa voix. Une prison, c'était quatre murs, un environnement sécurisé, personne pour venir vous sortir de votre léthargie. Le reste? Rien d'autre n'importait. Pas à l'instant. Pas quand ses idées se supplantaient les unes les autres au fur et à mesure qu'elles lui parvenaient. Aussi avait-il sauté sur ses pieds et ouvert la porte, fébrile, les bras tendus pour se rendre. "Au moins, il est pas là-bas," rajouta-t-il dans ce qui aurait pu être pris comme une touche d'humour noir, mais qui n'était rien d'autre qu'un autre constat, sans arrière-pensée. Il n'avait pas de place pour l'ironie ou les arrière-pensées. Il n'y avait que l'instant, et celui-ci était décisif.
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Sujet: Re: Dead InsideJeu 27 Aoû - 14:38

Au final, il n’y avait pas vraiment d’enquête. Jesse le réalisait en fixant cette porte. Il était évident à présent que c’était bien Aiden qui se trouvait de l’autre côté et qu'il s’était enfermé chez lui. Jesse fut tenté de pousser un soupir mais il ravala sa soudaine frustration face au non de l’homme. Pourquoi rester enfermé chez lui? Est-ce un soudain cas d’agoraphobie? Jesse se gratta le crâne, pensif, il n’avait jamais été particulièrement anxieux ou stressé lui-même. Ce n'était vraiment pas lui d'analyser une situation trop en détails, il se concentrait toujours sur ce qu'il pouvait faire et il fonçait. Il n’avait pas de bons conseils à donner à quelqu’un qui était dans ce genre de situation. Il pouvait proposer à Aiden d’appeler un ami ou un membre de sa famille, quelqu’un qui saurait quoi faire le rassurer. Si cela pouvait marcher... Jesse savait que lui quand il déprimait, il faisait les choses très simplement, il allait courir, avec sa musique à fond dans ses oreilles, juste histoire de trouver une échappatoire.

Il se perdait dans la musique et ses foulées devenaient de plus en plus amples et rapide, il se concentrait sur ses muscles qui travaillaient, son coeur le premier qui donnait la cadence pour tous le reste. Il courrait jusqu’à ce que ses jambes lui fassent mal, hurlent assez et ensuite il rentrait chez lui, le souffle court. C’était comme ça que Jesse combattait la déprime mais il savait bien que ce n’était pas la façon la plus saine de le faire. Adam avait une autre méthode lui, il avait besoin de se savoir entouré, il organisait généralement une soirée avec tous ses colocataires et s’occupait de tout le monde, de la peine des autres et pas la sienne. Le blond aurait su quoi faire dans cette situation pas de doute, Jesse résista à l’envie folle de l’appeler tandis qu’Aiden s’exprimait une nouvelle fois. Il? À qui faisait-il référence? Le Poète? Jesse se dit automatiquement que oui. Aiden avait peur, peur de ce malade, peur des rues de Fairhope, peur d’aller au travail et peur de vivre. Peur de vivre parce qu’il y avait un taré, là dehors, qui ne voyait juste qu’un jeu dans tout ceci et qui prenait un malin plaisir à venir ôter la vie et laisser sa marque sur les gens. Jesse pouvait comprendre, lui-même s'interdisait d’y penser sinon il ne pourrait plus sortir de chez lui. S’il se laissait dévorer par tout ceci, il n’allait plus penser et il n’allait plus réfléchir, ça allait lui bouffer le cerveau et effacer tout le reste, tout ce qu’il y avait de bon dans sa vie. Il ne pouvait pas, on avait besoin de lui, Adam, son boulot, beaucoup de monde.

« Non je ne suis pas là pour vous arrêter Aiden. Je suis vraiment là pour vous aider. » confia Jesse à la porte. Il était devenu policier pour cela après tout, il n’était pas juste des menottes et un uniforme menaçant. Les gens auraient dû venir naturellement vers lui et ne pas hésiter en cas de problème… Mais non, cette notion se perdait et maintenant il n’était plus que le méchant flic. Celui qui était là pour punir, appliquer les lois et réprimer.  « Vous ne voulez pas que je rentre? Parfait, je ne rentrerai pas. » Ce n’était pas pour ça que Jesse était rentré dans les forces de police, il voulait protéger ceux qu’ils considérait comme ses voisins et ses amis et ce même s’il ne les avait pas encore salués, c’était comme ça que les choses fonctionnaient pour lui. Jesse soupira et il pris ses aises, et il s’installa là, juste devant chez Aiden, son dos pressé contre la porte. « Mais vu que vous répondez, on peut quand même parler non? »  Aiden était en vie, c’était une chose non négligeable et il avait l’air en relativement en bonne santé. En bonne santé physique du moins. Jesse tenta vainement de se rappeler des quelques cours de psychologie qu’il avait dû suivre pendant son cursus de policier. Tous ces ainés lui avait dit de ne pas prendre ces cours-là sérieusement, il s’agissait juste d’un rite de passage pour rentrer dans la police, mais Jesse était perfectionniste et il avait pris des notes. Un bon policier devait pouvoir se mettre à la place des autres, dans les chaussures des autres, ne pas oublier qui il était juste à cause de l’uniforme. Jesse resta silencieux pendant quelques secondes avant de tenter une nouvelle approche.  

« Peut être que vous avez raison peut être qu’il vaut mieux se cacher et ne jamais faire face à ce qui nous attend dehors, c’est quand même bien le bordel, non? » Jesse haussa les épaules, Aiden ne pouvait peut être pas le voir, mais le policier jouait vraiment le jeu en essayant de lui faire comprendre que son attitude ne marchait pas vraiment.  « Tout le monde devrait faire comme vous, je suppose. »

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Sujet: Re: Dead InsideSam 29 Aoû - 0:23

Aiden n'y comprenait plus rien. Il ne savait plus vraiment ce qu'il voulait, ce qu'il faisait, mais surtout qui était l'autre voix avec qui il était en train de parler, et ce qu'elle voulait. La police, elle avait dit. Pour l'aider. Ca n'était pas tout à fait logique, pas vrai? Depuis quand essayaient-elles de l'aider? Et depuis quand se cachaient-elles derrière les portes? Non, vraiment, c'était à s'arracher les cheveux. D'habitude, les autres se contentaient de hurler, de le rabaisser, d'attiser ses peurs, ses angoisses. Sans elles, comment aurait-il pu rester deux semaines enfermé? Comment aurait-il pu se convaincre qu'il était là, partout, dehors. Que le seul et unique endroit où il n'était pas, où il n'était plus, était là où il avait déjà tué? D'aucun dirait qu'il n'était pas mort, qu'il avait survécu à cette attaque, mais tout ceux qui ont pu s'approcher ont vu que c'était faux. D'ailleurs, personne n'avait vu l'attaque. S'était-elle seulement produite? Aiden en doutait, parfois. Il se demandait, en de rares moments de lucidité, si ça n'était pas un autre tour abject joué par son esprit malade. Puis il se souvenait de la douleur, des lettres et du métal sur sa peau, du sang sur le sol, et de la terreur. Il sentait de nouveau les liens autour de ses membres, il sentait sa tête tourner, ses yeux affolés regarder en toutes directions pour tenter de trouver quelque chose à quoi se raccrocher. Il pouvait voir la scène de crime, d'ici. Ca avait dû être réel, finalement. Mais il n'était pas là, pas vrai? Il était dehors. L'homme de l'autre côté de la porte devait être réel aussi.

Combien de fois l'avait-on repris là-dessus? Tourné vers les murs, vers le ciel ou vers le sol et lancé dans une discussion animée, ponctuée de silences et sans aucun sens. Alors il avait appris à ne plus leur répondre, à se contenter de les entendre, de les écouter, de les subir. Il n'avait jamais fait grand cas de la politesse, de toute manière, alors il pouvait bien les froisser un peu. Souvent elles n'avaient pas de corps. Parfois elles en avaient un, et c'était bien pire. Allez ignorer un tas de chaires purulentes et sanguinolentes qui boitait vers vous avec l'énergie du désespoir. Qui pouvait lui en vouloir de partir en courant dans l'autre sens? Il ne les contrôlait pas, il ne les comprenait pas, et il ne pouvait pas ignorer leur influence. Il était une marionnette de papier, déchirée et recollée maladroitement, dirigée par des ficelles invisibles. C'était la faute de cet assassin, forcément. Non? Il avait une vie normale, avant. Non? Non. Il n'y avait rien d'autre que le même vide, seulement moins important, moins omniprésent, moins oppressant. Mais il était là, à grandir patiemment. Pourquoi est-ce qu'il pourrait bien vouloir sortir? Il n'avait aucun intérêt, là dehors. Il n'y avait rien pour le pousser à sortir. La seule qui pouvait encore se soucier de lui serait simplement soulagée, sans doute. Oh, elle n'était pas monstrueuse, hein, bien au contraire, mais elle n'était pas complètement naïve non plus. Il lui faudrait un miracle, et les miracles étaient plutôt rares, de nos jours.

Tous ces mots le rendaient confus. Il écoutait, en silence, patiemment, presque avec intérêt, buvant les paroles du soi-disant policier comme un élixir merveilleux, simplement parce qu'il imaginait voir sa bouche, une bouche, n'importe laquelle, s'ouvrir pour former les mots, et c'était formidable. C'était inouï. Et si c'était la voix de la raison? Et s'il pouvait l'aider? Et si la solution n'était pas à l'intérieur? Pourquoi prendre le temps de lui parler, de l'apaiser, autrement? Pourquoi pas forcer son chemin, le tirer par les pieds, les doigts tentant vainement de se raccrocher à n'importe quoi? Non, il prenait la peine, le temps. Il respectait ses limites. Ça devait vouloir dire quelque chose, non? C'est un piège. Non, non. Il n'écouterait pas ça. Peut-être qu'ils pouvaient parler, effectivement. A travers une porte, il y avait peu de risques. Il semblait y avoir peu de risques. "Je suppose." Mais c'était plus pour lui-même que pour l'individu derrière la porte. Aiden s'efforçait de faire taire tous les autres, de se concentrer sur cette voix. On allait peut-être le ramener, le sortir de là. Mais il ne voulait pas sortir. Depuis quand voulait-il sortir? Pourquoi? Pourquoi sortir? Quelle vie avait-il dehors qui soit mieux que celle-là? Le soleil, l'air? Ça n'était pas négligeable, si? La nourriture. L'activité. Toutes ces choses dont il ne s'était pas autorisé à manquer. La vie, en fait. Était-ce possible? Est-ce que ça pouvait lui avoir manqué?

Et il retombait. Il se perdait, il perdait le fil. "Bien sûr." Il resta immobile quelques instants, incertain, incapable de rebondir, de se sortir de cette idée. "On ne peut pas." C'était une évidence, après tout. Il jaugea son environnement d'un regard, humant l'air renfermé et posant de nouveau les yeux sur la porte. C'était chez lui. C'était absurde. Tout ceci était grotesque. Ce policier venait de souffler de toutes ses forces sur le maigre château de cartes qu'ils s'étaient appliqués à bâtir depuis quelques minutes. "Il n'y a pas la place." Il jeta un regard entendu à la porte, comme si cela expliquait tout. Comme si cela devenait ainsi limpide. Tout n'avait été qu'une mascarade? Tout était faux? "Il pourrait venir, en plus." Aiden réfléchissait à voix haute à présent, le regard perdu dans les motifs trop familiers de ses murs. Il n'était pas très doué en calculs, mais il était presque certain qu'ils manqueraient de place. "Qu'ils se cachent chez eux. Qu'ils me laissent tranquille ici." Il releva la tête vers la porte, s'adressant au policier d'un ton déterminé, "Monsieur, dites leur qu'ils ne peuvent pas tous se cacher ici. Je sais, je sais qu'il est pas là, mais ils doivent se cacher ailleurs." Mais il était rassuré, un peu. Et bon prince. Soucieux de son prochain. Une fois dans une vie, c'était sans doute bien assez, et c'était maintenant. "Mais si vous avez peur, vous pourriez vous cacher ici, en attendant." C'était sincère, et il fallut un immense laps de temps de six secondes pour qu'il regrette d'avoir ouvert la bouche. Peut-être que les miracles existaient, finalement.
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Sujet: Re: Dead InsideDim 13 Sep - 12:33

La voix qui parvenait à Jesse était une voix teintée de peur.

De la panique à l’état pur, le genre d’effroi qui n’était pas seulement visible sur le visage de la personne en question, mais également dans sa respiration, dans sa façon de se mouvoir, de penser, de vivre… Qu’est-ce qui pouvait conduire un homme à agir de la sorte? À avoir peur du monde à ce point-là, à craindre sa propre ombre ainsi que toute celles des autres? Ce n’était pas une façon de vivre, juste une très bonne méthode pour mourir. Jesse soupira, il pouvait comprendre dans le fond, le monde extérieur n’avait rien de si attrayant quand on y réfléchissait. Il était sale froid, on arrivait seul, on vivait seul et surtout… On repartait tout seul. Il se disait être devenu policier pour protéger Fairhope mais pour lui, Fairhope était également une terre de mauvais souvenirs. Comme son cimetière personnel où il n’était que le fossoyeur et les fantômes juste des regrets et des instants passés dans le noir à tenter de retrouver sa respiration et de se dire que tout allait bien.

Lui aussi avait eu ses propres moments de doute, où il ne souhaitait que trouver un endroit pour se terrer et pour hurler sans que le reste du monde ne l’entende. Il y avait eu le départ de sa mère, un vague souvenir là, dans la brume de son esprit, mais la cicatrice que cela avait laissé dans son coeur le marquait à tout jamais et plus que jamais les mots prononcés cette nuit-là… Elle l’avait abandonné, lui, son père, avait quitté la ville car elle ne voulait pas d’eux, purement et simplement. Pas besoin de tourner autour du pot ou de faire dans la dentelle. C’était elle qui avait quitté Fairhope. Dans cette ville, Jesse avait également connu l’incertitude, le doute en poussant la porte de chez lui et en rentrant pour trouver son père complètement bourré sur le canapé, James proférant des insultes dans sa direction. Comment oublier celui qui se faisait maintenant appeler Peter, le grand journaliste, qui avait fait de son adolescence une course sans fin? Et les autres, ceux qui murmuraient, le pointaient du doigt à cause de sa couleur de peau, ses taches de rousseurs et cette façon qu’il avait de toujours vouloir faire tout seul.
Sauf que Fairhope ce n’était pas que ça. C’était les journées à courir sur la plage et à regarder le soleil se coucher en se disant qu’on n’avait rien fait mais que peu importe, ce n’était pas grave. C’était aussi parler de tout avec Jayla et se dire qu’ils pouvaient refaire le monde. C’était son premier baiser, son premier boulot, Denis, Adam… Il y avait des choses à garder. Le Poète avait jeté une ombre sur la ville, une ombre rouge, ensanglantée… mais il y avait autre chose ici, non?  « On a tous peur de quelque chose vous savez. » lança alors Jesse, la gorge sèche.

Son enquête était terminée, il avait trouvé Aiden, il pouvait se lever et expliquer à son supérieur que ce n’était qu’une crise de panique, le département pouvait envoyer un psychologue assermenté chez lui histoire de… Il pouvait faire tout ceci mais ce n’était pas le genre de Jesse de tout laisser tomber en plan. Juste parce qu’il avait fait son boulot. Ça, aussi ça faisait parti de son boulot, il en était persuadé. « On avait peur avant que cette affaire ne commence et on aura toujours peur bien après qu'on ait mis ce psychopathe derrière les barreaux. » Le Poète, l’économie, le chômage, se retrouver tout seul… Les gens avaient toujours peur de quelque chose et c’était ça qui faisait tourner le monde pas vrai? On bossait tous par peur de manquer d’argent et par peur de s’ennuyer, on dépensait ses sous par peur que tout le monde nous juge si on avait pas ce qu’il fallait et qu’on affichait pas une vie parfaite, on achetait une maison par peur d’être seul dans la rues, on se mettait en couple pour ne pas être simplement seul, on faisait des enfants pour laisser sa trace dans le monde et pour que personne ne nous oublie. C’était juste de la peur. Le but du jeu était principalement de garder la tête hors de l’eau et de ne pas se laisser submerger par tout ceci. De voir clair et d’avancer.

« À chaque fois que vous laissez la peur vous dominer, vous Le laisser gagnez Aiden. » Jesse pivota légèrement sur lui-même, fixant cette porte. Aiden avait-il peur de tout ceci, ou juste du Poète, juste celui qui gravait ces mots dans la peau des autres? Ça n’était qu’un autre facteur à prendre en compte, bien entendu, prétendre que le meurtrier n’était pas une menace, c’était des foutaises, il fallait être un minimum réaliste. Mais tout le monde devait se battre à sa manière. Jesse lui le faisait tous les matins en enfilant son uniforme, en attrapant son arme et en s’efforçant de coller un sourire sur son visage et d’aider. Jesse était dans le fond très terre à terre, il traitait les problèmes comme il venait, un seul à la fois, avec un esprit très clair. Penser à des choses qui échappaient à votre contrôle était une perte de temps. La terre tournait sur elle-même, c’était un fait qu’il avait appris à l’école, pourtant, ça n’avait absolument aucune sur sa vie à lui alors n’y pensait pas. Le Poète était dehors, mais y songer en permanence allait bloquer tout train de pensées et toute forme de… vie dans le fond.

« À chaque fois que vous vous enfermez dans votre appartement, que vous disparaissez... Il gagne, c'est comme s'Il était dans votre appartement avec vous… » Et ça devait bien l’amuser, de passer entre les mailles de la justice et de la raison et voir l’atmosphère pesante de la ville. Se nourrissait-Il de tout ceci? Est-ce que le meurtrier était content? Jesse s’en fichait bien, ils allaient finir par le coincer et lui passer les menottes et ce serait une histoire oubliée. « C'est comme si vous étiez déjà mort. »

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Sujet: Re: Dead InsideMer 16 Sep - 0:14

Tout le monde a peur de quelque chose. C'est ce qu'avait dit cet homme, ce policier, bravement venu le secourir de sa propre camisole. Cela voulait dire que, pour tout un chacun, il y avait cette chose insurmontable qui les paralysait et leur ôtait toute volonté. Cette petite chose, ou cette immensité, qui leur causait une chute de pierres dans l'estomac, et qui les rivait sur place, les clouant au sol pour qu'ils ne puissent se relever. Mais ils y parvenaient. Les éléments non-effrayants s'entraidaient pour remettre l'apeuré sur ses pieds, et tout finissait par rentrer dans l'ordre. Comment faire lorsque l'on avait peur de tout? Qu'absolument tout, la moindre brise, le moindre son, nous laissait pantelant de terreur sur le comptoir d'un bar, le carrelage de la salle de bain ou n'importe quel trottoir? Où pouvait-il aller puiser la force de se remettre sur ses jambes, d'ouvrir la porte et d'embrasser le monde? Pouvait-il aller la chercher dans la voix de l'officier? Suffisait-il de s'accrocher à son discours et de se laisser remorquer jusqu'à la surface? Aurait-il assez de force pour les tirer tous les deux? Tous les deux? L'officier n'avait-il pas peur, également?

Plus il observait les murs, autour de lui, plus ils lui semblaient exigus, inhabitables. Plus ils semblaient se refermer sur lui-même, l'emprisonnant au milieu des souvenirs et des monstres, des assassins et des absences. Toutes ces personnes qui s'absentaient, qui partaient pour quelques temps et ne revenaient jamais. Toutes ces personnes qui n'avaient jamais mis les pieds dans sa tombe, qui n'avaient jamais pris la peine de visiter son caveau. Les murs frêles où il allait rester jusqu'à ce qu'ils l'écrasent. Jusqu'à ce qu'il disparaisse avec eux. Les murs tâchés de sang, de mort, tâchés par la peur. Elle avait laissé ses empreintes, partout. Sur toutes les portes, les tables, les chaises, toute la vaisselle, les draps, les tapis. Elle le regardait, le scrutait, les dents prêtes à lui sectionner la carotide au moindre faux pas. S'il avait été moins terrifiant de sortir, il aurait changé de lieu, il serait parti vivre ailleurs. Mais finalement, c'était bien plus simple de rester rivé dans le passé, de rester lové autour de son propre cadavre. C'était beaucoup plus simple que d'affronter la réalité. Déménager, ç'aurait été admettre, admettre que c'était arrivé, qu'il avait été victime. Admettre qu'il avait failli mourir, et qu'il avait peur. Admettre que l'odeur de son propre sang, de sa propre peur, s'était incrustée dans tous ses vêtements. Et il ne ferait jamais ça. Il ne pourrait jamais aller au devant de la scène, se retourner et hurler à la vie qu'il était toujours là, et prêt à se battre. Jamais.

"On ne l'aura jamais," commenta-t-il à mi-voix, abattu. Il n'était qu'une ombre, une ombre qui se déplaçait plus vite qu'ils ne le pourraient jamais, une ombre qui avait toujours un, deux, trois, morts d'avance. Une ombre meurtrière. N'y avait-il que ça? Le monde se résumait-il à cela, à présent? Des ombres et des morts? C'était l'impression, c'était le ressenti qu'il avait. Comme si tout s'était figé dans le temps, dans l'instant, pour laisser au meurtrier le plaisir et le loisir d'exercer son art et son pouvoir sur les pauvres âmes effarées qui le regardaient sans pouvoir le comprendre, sans être capable de saisir, de voir ce qui venait subitement les arracher à la vie, la famille. Qui venait les transformer en œuvres d'art, ou en bêtes de foire. En attractions, pour les touristes, pour la police, tous ces gens qui tentaient de reconstituer le puzzle, qui admiraient son oeuvre sans même le vouloir. Était-il une pièce de ce puzzle? Un morceau de carton qui s'était égaré sous la table, sur lequel on finirait par remettre la main? Sur lequel on finirait par remettre la lame, affûtée et implacable?

Son interlocuteur pouvait bien dire ce qu'il voulait, il avait déjà gagné. Il avait gagné au moment où Aiden avait rouvert les yeux ici même, incapable de se mouvoir. Le Poète l'avait coincé dans sa toile, et ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne s'asphyxie. De mois, de semaines, peut-être de minutes. Une, deux. Il avait le souffle coupé, quelques instants, quelques instants de plus. Pourrait-il ouvrir la bouche à nouveau? Et pourquoi les murs s'étaient encore rapprochés? S'il ouvrait la porte, s'il sortait maintenant, est-ce qu'il survivrait? Est-ce qu'il pourrait respirer à nouveau?

"Ici?" Le mot s'était étranglé dans sa gorge alors qu'il lança des regards paniqués aux alentours pour s'assurer d'être seul. "Il ne peut pas, il ne peut pas être ici." Il tremblait à nouveau. De tout son corps. "Il ne peut pas être encore ici," supplia-t-il, tournant en rond sur lui-même pour tenter d'apercevoir l'assassin. Pour tenter d'en saisir un aperçu, avant de mourir. Il était venu le remettre dans sa petite encoche, au milieu de la phrase, du paysage ou du personnage de son tableau. "Vous- vous l'avez laissé entrer." Puis il parvint à se ressaisir. La porte était restée close. Personne n'avait pu la franchir. Personne n'avait pu passer à travers les murs, se faufiler dans les aérations comme un poison dans les veines. C'était une phrase. Une simple phrase. Mais peut-être était-il déjà mort? Peut-être qu'ils ne le savaient simplement pas encore. Peut-être qu'ils le découvriraient lorsque la porte s'ouvrirait, puisqu'il était à présent convaincu qu'elle finirait par s'ouvrir, qu'il le veuille ou non. Et peut-être qu'il le voulait, au fond? Peut-être qu'il ne voulait que ça. Avant d'être happé. Avant de mourir. "Je ne suis pas mort." Constat victorieux, presque douloureux. "Je ne suis pas-"

Et soudain, une supplique, à demi-mots.
"Sortez-moi de là."
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Sujet: Re: Dead InsideMar 29 Sep - 0:38

Jesse jouait quitte ou double à cet instant présent. Il ne voyait pas vraiment comment cette après-midi pouvait avoir une fin parfaite ou même heureuse. Il ne pouvait pas vraiment y en avoir dans un monde où la vue d’un homme en uniforme n’apportait pas de la joie dans les cœurs mais bien de la peur et de la crainte. C’était impossible dans ces conditions, même lui s’en rendait compte. Aiden pouvait très bien rester enfermé chez lui à vie, ne pas sortir, dire à Jesse que non, ce n’était pas solution et le considérer comme un cadavre n’avait absolument rien de très encourageant. Le métis aurait très bien pu le comprendre, il ne savait même pas comment il aurait réagi lui-même dans ce genre de situations. Si ça avait été lui de l’autre côté de cette porte, c’était vrai, juste quelques changements à faire dans sa vie, un jour de moins, un jour de plus et cela aurait pu être lui de l’autre côté. Aurait-il fait confiance à quelqu’un? Est-ce qu’il l’aurait laissé Adam le tirer de ses propres angoisses et de ses propres peurs?
Jesse avait sa fierté avant tout, c’était quelque chose qui allait finir par le perdre, il le savait, mais c’était comme ça qu’il fonctionnait. Il n’y avait aucun honte à demander de l’aide, il le voyait bien aujourd’hui et sans se vanter, il se disait qu’Aiden avait eu de la chance de tomber sur lui et pas sur un de ses idiots de collègues. Qui lui aurait fait la morale ou quelque chose dans ce genre-là. Certains pouvaient être tellement brusques et ça Jesse en avait parfaitement conscience. Mais d’un autre côté… Aiden pouvait ouvrir la porte et… Et peut être le laisser voir son visage, qu’il mette enfin une expression visage derrière cette voix étranglée et ces paroles si défaitistes. Aiden ne pouvait pas juste rester une photo en noir et blanc sur un dossier qui ne disait absolument rien sur lui dans le fond. Ce n’était pas… pas humain.

Une exclamation, Aiden semblait prendre conscience des mots de Jesse. Non, bien sûr que non, le tueur en série n’était pas dans son appartement, c’était juste Jesse qui avait déformé la réalité, histoire de lui aussi rentrer dans la tête d’Aiden. Deux pouvaient jouer à ce jeu et loin d’être un ange sur son épaule qui était là pour lui faire miroiter des rêves d’un quelconque paradis ou de jours meilleurs, Jesse était là pour le ramener à la réalité. Tout simplement. « Non vous n’êtes pas mort Aiden, vous êtes en vie alors ne Le laissez pas gagner vous pouvez tout à fait vous en sortir d’accord? » Jesse semblait être le plus déterminé des deux, presque comme s’il connaissait cet homme-là dans le fond. Non, il ne le connaissait pas, mais pas besoin de connaitre toute la vie complète de quelqu’un pour s’en soucier. Une vie était une vie, tout simplement. Ce n’était pas une question de sexe, d’âge, de couleur de peau, non, une vie était une vie. Jesse se leva, le jeune officier de police se décolla de la porte d’entrée et, accroupi, il se tourna vers cette fameuse porte qui le séparait d’Aiden. Son regard clair se porta sur cet espace, ce tout petit interstice entre la porte et le sol, il y avait quoi, un centimètre? Moins? Peu importe c’était assez pour Jesse qui n’hésita pas et passa sa main, ou plutôt quelques doigts comme s’il pouvait atteindre l’autre homme. « On ne se connait pas je sais, mais vous pouvez me faire confiance, je peux vous aider juste pour aujourd’hui, vous pouvez ouvrir la porte et sortir. » Insistant? Le policier l’était de plus en plus, mais Aiden avait explicitement demandé son aide, pour la première fois depuis vingt minutes alors oui, c’était important à présent, très important.  

« Juste cinq minutes et vous verrez qu’on est bien mieux ici et que ça ne sert à rien de se cacher pendant des jours. Vous pouvez continuer à vivre, à aller au boulot, voir vos amis tout ça… Je suis certain que ça ne vous amuse pas non plus de rester à l’intérieur. » Le Poète n’aurait pas celui-ci et Jesse rentrerait à la station de police pour annoncer la bonne nouvelle et dire que c’était une simple erreur, c’était comme ça que devait se terminer la journée. Aiden allait respirer un grand coup et retourner à ses tâches quotidiennes le lendemain, Jesse en était persuadé. Il ne savait même pas pourquoi est-ce que c’était devenu si crucial pour lui tout d’un coup, c’était comme ça, une personne de moins coincée dans le noir non? Oui, ça leur ferait une belle revanche à tous les deux pas vrai?  « Allez y ouvrez. » Juste une simple pression sur la poignée de porte et voilà? Jesse finit par retirer sa main et par se lever complètement.  « Je recule et voilà!» Et voilà, il était libre pour quelques minutes de plus et plus tout seul… pas vrai?

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Sujet: Re: Dead InsideMar 6 Oct - 0:20

Même s'il clignait des yeux, même s'il cessait de respirer une, deux, trois, quatre, cinq secondes, la porte était toujours close. Fermée au dehors et à tous ces rêves depuis longtemps inaccessibles. Depuis que mots s'étaient gravés, indélébiles et inoubliables. Toutes les portes, les barrières, les murs, s'étaient refermés, resserrés, pour sauver, protéger, secourir, le petit restant de lui qui vagissait encore quelque part à l'intérieur du cadavre. L'infime partie qui avait survécu, accroché à ses os comme au rebord d'une falaise, inconsciemment déterminée à survivre. Alors vite, vite, vite, elle se devait d'être défendue et bien gardée, à tout prix. Même s'il fallait l'enfermer dans la terreur et l'angoisse. Même s'il fallait bloquer la lumière et raréfier l'air, même s'il fallait l'étouffer. La suffoquer. Et il avait grandi, poussé les murs de sa cage, qui semblaient soudain trop petits, trop étroits. Mais la porte restait désespérément fermée.

C'était une drôle de danse que celles des deux hommes. Des mots qui se lançaient aux travers des murs, si bien ceux faits de briques que ceux érigés par un esprit malade. L'aliéné, le reclus, qui les évitait de plus en plus mal, jusqu'à se précipiter à leur rencontre, croulant, -ou s'élevant?- sous leur poids, leur sens. Les phrases s'efforçaient d'arracher une réaction, un effort, comme depuis de longues minutes déjà. Les implications sinuaient jusque dans les ramifications de l'esprit les plus masquées, les plus voilées. Et le besoin montait, montait, montait. Inaperçu. Aiden tournait en rond. L'immobilité, l'inanité qui avait été sa compagne pendant de nombreuses heures d'attente passive, semblait soudainement répugnante. Peut-être, peut-être qu'il y avait tellement de vie, au fond de lui, qu'il allait exploser s'il n'ouvrait pas cette porte, non?

Ne pas le laisser gagner. "Oui," répondit-il, presque à mi-voix, pour lui-même, pour Lui, même. Pour l'assassin qui rôdait entre ses murs, comme un avertissement. Il ne gagnerait pas. Aiden pouvait revenir du bon côté. Revenir chez les vivants. Ou ne serait-ce qu'y mettre les pieds pour la première fois, eux qui avaient toujours été rivés au fond de sa tombe. Ne serait-ce que faire un pas, vers l'avant. Terrifiant. Dans le noir, un pied devant l'autre. Sans savoir, sans rien y voir. Et alors? Il était vivant, ne faisaient-ils pas tous ça? Avancer à l'aveuglette en attendant de rencontrer un obstacle? Il ne le saurait probablement jamais. Il ne savait rien. Juste qu'il avait besoin d'air, et vite. Une grande bouffée d'air corrosif, qui viendrait lui irriter les poumons pour lui rappeler ce savoir qui venait de lui apparaître, il était vivant. Vivre, vivre faisait bien plus peur qu'attendre patiemment dans un rai de lumière, projeté par le sourire carnassier d'un psychopathe. Vivre voulait dire avoir mal, s'ouvrir à la possibilité de se blesser, de toute perdre, à nouveau. Sauf qu'il n'avait rien à perdre, pas vrai? Sortir du cocon, les ailes atrophiées, difformes. Mais prêtes à battre. En fallait-il plus?

Sa gorge était sèche, ses paumes moites, alors qu'il piétinait le sol à la recherche de l'élan. Celui qui lui permettrait d'appuyer sur la poignée, et de se laisser happer. Et si... Mais non. Il n'y avait plus de place pour le doute, il n'y avait plus que le bout du tunnel, et le chemin pour y accéder. Le policier l'attendait de l'autre côté. Il pouvait lui faire confiance. Et pour une fois, il y croyait. L'homme voulait lui venir en aide. Autrement pourquoi s'échiner à lui faire ouvrir la porte? Pourquoi pas la détruire ou la crocheter? Alors oui, peut-être qu'il pouvait prendre le risque. Se laisser tomber, et voir si quelqu'un le rattrapait. Dans le pire des cas, il retomberait au fond de son cercueil, au milieu des vers et autres insectes qui lui tenaient compagnie, qui lui grignotaient le bout des doigts. Ouvrir la porte.

"D'accord." C'était laisser l'eau briser la digue, c'était laisser le loup au milieu des moutons, le raz-de-marée raser la ville. C'était laisser le sang circuler dans les veines, laisser une chance au monde. Une de plus. Une de trop? C'était exaltant autant que c'était effrayant. La tête lui tournait et il songea qu'il pourrait avoir une crise cardiaque, la main sur la poignée. Qu'il pourrait mourir sans jamais voir autre chose que l'intérieur des murs salis de son foyer. Un foyer où plus aucun feu ne brûlait, un foyer qui n'était que cendres et souvenirs. Et la pensée le fit bondir.

La porte s'ouvrit à la volée.

Comme s'il cherchait à échapper aux flammes, comme si la mort lui courait après. Mais rien ne sortit, et même pas lui. Il s'arrêta sur le seuil, tétanisé. Voilà à quoi ressemblait le monde. Toujours le même corridor immonde, les mêmes portes. Il avait la poignée au bout des doigts, ç'aurait été si facile de la refermer. De la claquer et de prétendre que cet instant d'égarement n'était jamais arrivé. Le policier était là, comme il l'avait dit. Mais pourquoi? Que pouvait-il bien vouloir? "Je, j'ai..." bégaya-t-il, hésitant. Il lâcha la poignée et recula, recula dans la chaleur presque foetale de son chez lui. A lui. "Qu'est-ce que j'ai fait?" A Lui. Les yeux écarquillés, et il avançait à nouveau. "Vous pouvez pas le laisser entrer, vous pouvez pas le laisser ici!" Il regardait l'homme qui l'avait forcé à affronter sa peur, et il aurait simplement souhaité que rien ne bouge. Que le temps reste cette même entité immuable qu'il était devenu depuis deux semaines, que tout reste clos, et surtout sa porte. Quoi que? L'air frais qui s'était engouffré à l'intérieur alors qu'il ouvrait la porte le fit frissonner. Puis inspirer. Vivement, profondément. "Je ne suis pas mort?" Un mantra, hésitant, comme s'il n'y croyait plus vraiment. "Vous pouvez pas me laisser ici."

Et s'il était vraiment mort, après tout?
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Sujet: Re: Dead InsideMar 13 Oct - 15:07

Jesse n'avait jamais ressenti un tel degré de nervosité. Ce sentiment, bien palpable, qui le faisait un peu trembler et qui venait se déposer sur sa peau et qui n'allait peut-être jamais le quitter. C'était quitte ou double et il se demanda un instant si les gens qui jouaient au loto ou aux autres jeux de chance dans les casinos ressentaient ce même degré d'excitation et d'incertitude. Oui, c'était incertitude, le mot qu'il cherchait. Jesse ne s'était jamais senti comme cela auparavant, il n'avait eu aucune raison de le faire. La vie du brun était quelque peu monotone quand on y pensait au final. Il n'était pas le genre d'homme qui avait des hobbies hors norme. Il aimait courir, écouter de la musique, faire le ménage chez lui et cuisiner. De temps à autre, quand Jesse se sentait d'humeur particulièrement festive, il allait boire un bon coup dans un bar et il se rappelait alors le bon vieux temps avec Denis, quand ils avaient été plus jeunes et qu'ils pouvaient boire leur poids en alcool sans se soucier des conséquences. C'était ce que Jesse pouvait qualifier de soirées agitées. Même avant l'affaire du Poète, son boulot était plat. Ça se résumait à surveiller de près les soirées étudiantes, faire en sorte que les quelques mendiants de la ville n'importunent pas les habitants, mettre une ou deux contraventions en cas d'un dépassement de vitesse ou quelque chose de ce style. Rien ne l'avait préparé à l'arrivée du Poète, rien ne les avait préparé à l'arrivée du Poète.

Oh, Jesse savait que les plus religieux que lui essayaient d'y voir un signe, quelque chose, mais le brun se disait que c'était une explication un peu trop tirée par les cheveux. Et que c'était juste pour se réconforter. Il ne croyait pas particulièrement en Dieu, on l'avait forcé à aller à l'église dans sa jeunesse et il avait rapidement arrêter à l'adolescence, car il estimait avoir mieux à faire que de supplier une entité invisible. Les gens étaient corrompus par nature et si ce Poète s'était mis à tuer c'était tout simplement par désir personnel, il n'y avait pas de logique, c'était probablement difficile à avaler mais, chose qu'on apprenait très vite en devenant policier, n'importe quel idiot était capable de tuer, ça n'était pas quelque chose de si difficile au final. Ce qu'Aiden était en train de faire en revanche, sortir de sa torpeur, démêler les fils joyeusement tissés par son esprit et son anxiété, ça, ça demandait plus d'effort, ça demandait plus de courage et de volonté et...

Le coeur de Jesse fit un bon lorsque la porte s'ouvrit à la volée. Littéralement. Ça n'était pas une réaction qu'il avait anticipé et il passa en quelques secondes de la surprise la plus totale au soulagement. Aiden en face de lui, tout aussi sonné et désarçonné par le dehors et parce ce qu'il venait de faire semblait-il. "Non vous n'êtes pas mort." répondit automatiquement Jesse. Et puis, se retint d'ajouter le policier, si vous êtes vraiment mort, j'ose espérer que vous imaginez quelqu'un d'autre qu'un policier qui tente de vous faire sortir de chez vous. Mais Jesse n'était pas là pour se moquer, il devait rassurer Aiden, ouvrir la porte était une première étape. Faire un pas dehors était la suivante.  "Vous pouvez marcher?" demanda le policier. Il inspecta rapidement Aiden sous tous les angles, à la recherche d'une blessure quelconque. Les personnes de ce type avaient souvent tendance à avoir des "petits accidents" et à se blesser. Jesse ne détecta rien de grave ni aucune blessure qui demandait un soin particulier, aussi il offrit un sourire à Aidan avant de tendre les bras comme pour lui montrer le dehors, rien à voir avec son appartement. "Il y a un café au coin de la rue, venez je vous offre un truc. Ou deux. Quelque chose me dit que vous en avez bien besoin." Jesse dit cela en lui tendant la main, ses yeux dans ceux d'Aiden. Il savait à quel point il était important d'avoir quelqu'un pour vous tendre la main, au propre comme au figuré, dans ce genre de moments. Et c'était ce que Jesse comptait faire, et forcer Aiden à avaler quelque chose de consistant, un sandwich, un verre d'eau, du café. Il allait également lui donner le contact de la psychologue qui travaillait avec le commissariat de police et pourquoi pas l'adresse de l'association des victimes fondées par Laura Munoz, Aiden ne pouvait pas être la seule personne nerveuse depuis que toute cette affaire avait commencé, oh que non.

Et Jesse dans tout ça? Il était juste content de pouvoir faire son boulot et de pouvoir aider quelqu'un, ni plus, ni moins.
sujet terminé

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