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 • Willow Lake Search

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pnj - poète de fairhope

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◆ Manuscrits : 204
◆ Arrivé(e) le : 03/04/2015
◆ Âge : vous ne devinerez jamais
◆ Métier : tueur en série
◆ Points : 0
◆ DC : personne
◆ Avatar : le sang d'une victime


Sujet: • Willow Lake SearchDim 9 Aoû - 19:14

willow lake search



11 avril 2015, 11:45

Ils se pressent. Ils s’entasseraient presque. Misérables insectes. Au moins ils sont à leur place ici, au milieu de la nature, au bord de ce lac dont la surface semble trop calme. La pluie a cessé de s’écraser contre la terre et le bitume, mais la boue sur les rives se collent aux souliers de ces pauvres abrutis qui se rejoignent sous les arbres. Personne ne semble bouger pourtant, tout le monde murmure. Certains sont venus avec des cartes et des boussoles, d’autres ont pris de quoi plonger si les recherches sur la terre ferme ne donnent rien. J’en vois même qui tiennent des lampes torches, au cas où la nuit arrive trop rapidement et que la victime soit toujours introuvable.

Ils se regardent. Se dévisagent. Se contemplent. Ils savent. Évidemment qu’ils savent que je suis là, parmi eux. Que je les observe tandis que les traits de mon visage ne laisse pas transparaitre mon dégoût. Suis-je leur voisin ? La boulangère qu’ils croisent tous les matins ? Suis-je homme ou femme ? Suis-je le professeur de soutien de leur chère petite tête blonde ? Suis-je seulement humain ou juste une ombre ? Suis-je le vent et la tempête, la pluie et la foudre ? Je leur ai déjà répondu. Deux fois. Cinq fois. Dix fois. Je leur ai laissé mille indices. Mais ces demeurés ne voient rien. Ils se contentent de regarder, de fixer le vide comme si l’évidence aller leur sauter à la gorge d’un moment à l’autre. Ils attendent le départ, ils attendent qu’on les lâche dans la nature pour la piétiner de leur bêtise. Ils attendent, les bras croisés, le frisson les glaçant jusqu’à la moelle.

Une fois de plus, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Une proie supplémentaire qui se fait la malle alors qu’elle s’apprêtait à porter le verre contre ses lèvres. J’ai du bouger. J’ai du l’alerter d’une manière ou d’une autre pour que le récipient tombe contre le carrelage de la cuisine et qu’il se brise. J’ai voulu être trop rapide et le vers a glissé entre mes doigts, la rime m’a échappée. Quelques mots qui se sont mis à courir dans la nature, qui ont tenté d’alerter le voisinage pour s’en sortir. Je me souviens encore de ma main contre sa bouche pour la faire taire, pour lui laisser une dernière chance. Chance qu’elle n’a jamais obtenu. J’ai finalement réussi à faire tourner les choses à mon avantage. Elle attend elle aussi à présent. Quelque part au milieu de toute cette bouillasse qu’ils continuent de fouler sans se soucier du spectacle sur lequel ils s’apprêtent à tomber. Si seulement je pouvais, j’en rirais à gorge déployée. Je m’en ferais exploser les tripes de leurs tronches de cadavres.

Certains commencent à se diviser. On part en direction des bois derrière le lac, on fouille les bosquets sur les rives. On s’aventure sur le terrain de golf ou vers le dog park, au cas où je sois assez bête pour laisser trainer mon chef d’oeuvre dans de tels lieux. Ils feraient mieux de retourner la boue à main nue, ou de s’enfoncer dans la forêt.

J’espère qu’ils se perdront en route. J’espère qu’ils seront assez sots pour s’éparpiller à travers les terres. J’espère que l’un d’entre eux voudra bien me suivre, que je pourrais l’isoler. Après tout, la battue ne fait que commencer.





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Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 10 Aoû - 0:16

Jusqu'à sang. Jusqu'à la moelle, jusqu'à ce que ça disparaisse, que ça s'efface, que ça n'existe plus. Jusqu'à déraciner même le souvenir de cette nuit. Jusqu'à ôter toute trace, et toute réminiscence des événements, du sang qui coulait, de la mort, gluante et visqueuse qui menaçait de s'emparer de lui. Flic, floc. Mélodie du sang qui coule. Symphonie en pleurs majeurs. La sève, la vie qui s'écoule entre les planches, entre les doigts, entre les crans, entre les dents. Entre les larmes. Celles des victimes, des survivants endommagés, et des familles, et de tous les autres. Ça n'avait pas d'importance, rien n'avait d'importance. Plus rien n'avait d'importance. Plus depuis l'appel. Peut-être plus depuis longtemps déjà, mais l'annonce de la police avait terminé d'annihiler toute forme de pensée cohérente. Il avait gratté, au couteau, au cutter, au verre brisé, aux ongles abîmés et tachés de sang, à l'alcool et à l'acide. Il avait ravivé une vieille blessure, exposant la chair à vif, révélant la mutilation à son appartement tout entier, comme si l'endroit avait réussi à oublier, comme si les murs ne s'étaient pas imprégnés de sa terreur, et que chaque particule d'air ne respirait pas la même touffeur de cette nuit-là. A quoi pensait-il, déjà? A rien, à rien, au sang et à la plaie, aux lettres qu'on ne pouvait plus deviner, aux mots perdus dont il ne voulait rien savoir, marqués au fer rouge sur sa peau malade. Malade? Non, non, c'était autre chose. Quelque chose qui pourrait expliquer pourquoi il avait les pieds trempés, quelque chose d'important. Du moins, il croyait.

L'appel. Hm? Et voilà qu'il était debout, dans la boue, au milieu d'une foule assassine et charognarde. Quoi? Non, non, juste des gens rassemblés dans un but commun: pour que ça cesse. Mais ça ne cesserait jamais, pas vrai? Même s'ils trouvaient la fille, les gens n'arrêteraient jamais de mourir, pas vrai? Il n'aurait même pas dû entendre l'appel. Il se souvint d'avoir été occupé à désinfecter son intérieur tout entier, écoutant distraitement le son de la télévision de sa voisine de palier. Une vieille dame un peu louche, qui avait néanmoins eu la politesse de monter le son pour être certaine qu'il ne puisse pas rater l'information, même en y mettant tout son coeur. Willow Lake. Une victime de plus. Ca semblait s'arrêter là. Il n'y eut qu'un instant d'interruption, qu'un frémissement dans le geste, puis il frottait de nouveau le mur, tout allait bien. Sauf que ça n'était pas le mur. Mais pourquoi était-il là? Etait-il seulement là? Les quelques regards qu'il avait échangés avec d'autres habitants semblaient prouver que oui. Attends, quels regards? Mais est-ce qu'il était là tout entier? Est-ce que quelque chose, une part significative de son être n'avait pas mis les voiles? N'avait pas trouvé refuge le plus loin possible de toute cette horreur et ces bains de sang? Au fin fond d'une grotte, là où personne ne viendrait jamais le chercher, enfermé dans une cage dont il avait érigé les barreaux et jeté les clefs? Tout, tout au fond de sa tête, enterré au plus profond de ce qu'il était. Il n'y avait plus qu'une coquille, comme les mots marqués au feutre sur sa peau. Au feutre?

Il avait marché jusqu'ici, le pas déterminé et l'oeil vitreux, voilé, comme s'il n'y avait rien derrière la façade, qu'un gigantesque abîme. Les limbes, les lambeaux, le fond. Allez, arrête, reviens. Mais il n'y avait plus de retour en arrière. Quelque chose s'était déclenché, ou enclenché, et il n'en avait rien à faire. Il se tenait debout au milieu des autres, vaguement conscient de leur présence, de sa présence. Il y avait La fille, qui se répétait dans sa tête, mais sans se rattacher à rien. Quelle fille? Puis il croisait deux yeux, éteints, ou apeurés, et il se souvenait. L'appel. L'appel aux armes. Il observait les alentours, et il aurait presque eu l'air d'y faire attention. Les visages étaient froids, tendus, anxieux, résignés pour certains. Ceux qui cherchaient un cadavre, et pas une rescapée, recrachée par l'enfer, sortie des eaux tumultueuses du lac. Tumultueuses? La surface n'osait même pas trembler. Puis ceux qui y croyaient dur comme fer parce qu'ils n'avaient pas le choix. Aiden n'était ni des uns, ni des autres, et il ne savait même pas pourquoi il avait répondu présent. Il ne savait pas pourquoi il se tenait au milieu de ces silhouettes, de ce brouhaha. Ca n'importait pas beaucoup, finalement. Il était juste là.

Puis ils se disloquèrent, se dispersant comme une nuée de papillons, même s'ils ressemblaient plus à des vautours. Non, non, plutôt à des hordes de zombie se déversant en trop-plein, débordant dans toutes les directions, écervelés et sans but. Il entendait les voix crier, les chaussures piétiner la boue, la vanité de leur entreprise. Elle n'était qu'un symptôme du cancer qui rongeait la ville de Fairhope. La retrouver, ça n'était que retarder l'échéance, relancer le système immunitaire, ou ce qu'il en restait, pour combattre l'invasion encore un peu, toujours un peu plus, jusqu'au jour où ce serait impossible. Le bruit flasque de la rupture entre la semelle et la fange, ceux qui couraient sans savoir vers où, ceux qui se concertaient, qui avaient tout prévu, comme s'ils chassaient l'ours, le cerf. Sauf qu'ils chassaient le chiot, l'agneau, et que le loup rôdait. Aiden resta immobile, incapable de décider de la marche à suivre. Lorsqu'il baissa les yeux vers ses mains, il remarqua qu'il tenait une boussole. Dans la précipitation du départ, elle était tombée à un pas en diagonale vers la droite de là où il se tenait, rigoureusement immobile. Alors il s'était déplacé, curieux, et avait récupéré l'objet. Il le tournait entre ses doigts à présent, tentant de comprendre le déplacement de l'aiguille sans en sembler capable, abêti. Fasciné par les mouvements, il avait une fois de plus oublié le but de sa venue, et la caresse du vent le rappela à l'ordre. "Comment tu fonctionnes?" demanda-t-il à l'objet, dubitativement. Puis il avisa quelqu'un non loin de lui et éleva un peu la voix pour se faire entendre, "C'est à vous?" Parce qu'il n'en voulait pas. C'était inutile, et distrayant. Il ne pouvait pas se permettre d'être distrait s'il voulait, quoi faire, déjà?
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchVen 14 Aoû - 1:25

« Ça… C’est une paire de chaussures que je ne reverrais jamais. » murmura Désirée, légèrement attristée.

Oui, la blonde pensait à ses chaussures, rouges, vernies, achetées à sept cent dollars sur la cinquième avenue dans la grosse paume et petit accessoire qui venait compléter une collection de chaussures de grandes marques déjà bien fournies. Ses chaussures désormais couvertes de boue. Désirée poussa un profond soupir, repoussant quelques mèches de cheveux qui s’étaient collées sur son front légèrement couvert de sueur, avant d’enlever les dites chaussures et de les ranger dans son sac. Elle sentait le regard de Tobias sur elle, aussi vif et précis que sa colonne vertébrale et elle choisit de tout simplement l’ignorer se concentrant sur sa nouvelle tache: ne pas glisser dans la boue. Les alentours du lac était plus que dangereux mais Désirée apprécia rapidement la sensation de ses pieds nus contre ce sol boueux. Elle récupéra sa lampe torche qu’elle avait rangé sans gêne entre ses deux seins, libérant ainsi la pression et continua sa fouille des hautes herbes. La blonde avait passé une nuit blanche et elle comptait bien ne pas dormir avant deux décennies au moins. La soirée avait commencé très simplement, elle avait investi l’appartement de Tobias très tôt, envie soudaine de le voir? Non. Elle avait tout simplement envie d’écrire dans un nouvel environnement. Dans le noir, sans même se soucier de savoir où était Tobias, elle avait écrit, avec une vitesse folle, tapant sur son ordinateur les premières pages du récit qu’elle avait commencé à composer suite à la mort de Rose. La ville se remettait? Son cerveau lui bouillonnait, c’était difficile de garder une trace de tout alors Désirée devenait véritable esclave de son art, s‘interdisant de dormir.

Deux semaines que cela durait et elle alternait les allers retours entre le Starbucks du coin, son appartement et celui de Tobias. Caféine, silence, grognement de Tobias bien entendu, était son quotidien. Elle avait pris soin de respirer à une fréquence différente, elle voulait seulement être rassurée par le tic -tac que produisait ses doigts en pianotant sur les touches. C’était ça sa musique pour écrire et rien d’autre. Les choses avaient cependant changé en l’espace de quelques heures, radio, télévision, le matin n’était plus du tout tranquille.

Disparue.
Gone.
Missing.
Need help. Looking.

Désirée avait fermé son ordinateur, en plein milieu d’une phrase, chose qu’elle ne faisait jamais. Mais la donne avait changé, il la cherchait, il cherchait la victime donc quelque part, il le cherchait, lui le Poète.  « Il faut… mon dieu, il faut qu’on y aille. » Désirée trop bien organisée avait filé se changer, troquant le vieux t-shirt d’Iron Maiden d’Heath pour un pantacourt en jean et un débardeur violet. Pas de saison? Elle s’en fichait. Elle cacha ses cernes avec une bonne couche de fond de teint avant de tirer Tobias. Elle ne voulait pas savoir s’il ne comprenait pas. Il fallait qu’ils y aillent. Qu’ils participent à la fouille d’une manière ou d’une autre. Désirée avait pris le contrôle des opérations et ne supportant pas du tout le fait que Tobias cale dans son propre véhicule, elle lui avait piqué sa place, appuyant sur l’accélérateur avec une confiance folle. « Tu devrais venir chez moi en Indiana et conduire un tracteur coincé dans de la boue, là tu verras un vrai challenge. » avait soufflé la blonde. Beaucoup avaient répondu à l’appel et Désirée avait eut un sourire vorace en voyant quelques bénévoles de l’association de Laura. Bien entendu qu’ils étaient là, tout pour soulager les peines non.

Désirée n’avait parlé à personne, juste emprunté cette lampe et maintenant, elle la pointait vers le sol boueux. Désirée s’attendait à trouver un corps, de voir un indice supplémentaire avant d’alerter la police. Elle ne voyait pas d’issue positive. « Tu crois qu’on devrait chercher ailleurs? » Cette fois-ci, elle s’adressa à Tobias, parlant beaucoup plus fort, pensive. Peut être qu’ils faisaient tous fausse route.
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchDim 16 Aoû - 23:54

«Il est là.» Les mots s'étaient propagés dans le commissariat à toute vitesse, comme une traînée de poudre, enflammant tout sur son passage. Les bureaux s'étaient vidés, les têtes levées, on donnait l'adresse, on envoyait les équipes, tout le monde s'était tendu, s'était figé, la peur au ventre. Arriverait-on à temps? Pourrait-on la sauver? Toutes les fourmis s'étaient activées dans la fourmilière, grouillant, bourdonnant, tournoyant inlassablement dans l'attente, l'expectative. On attendait les ordres, les directives. Qu'on obtienne l'adresse. Que quelqu'un prenne les rênes et mène le cheval à sa destination à temps. Mais elle n'était pas là, elle avait disparue. La nuit, d'un calme olympien, était devenue tempétueuse, l'orage grondant au dehors, puis tout s'était tu, le commissariat se vidant de ses travailleurs, seulement pour les voir revenir désemparés et sans victime. Sans sauvetage. A présent, il fallait la trouver. Elle était perdue, perdue à jamais. A jamais? Non, non, ils devaient la trouver. La respiration sifflante, le corps maculé de sang, abîmée à jamais, mais en vie. Il le fallait. Willow avait craqué. Elle avait hurlé, hurlé à qui voulait bien l'entendre de faire quelque chose, de ne pas simplement rester là à taper sur des claviers et à susurrer des mauvais présages. Elle les avait suppliés de se dépêcher, de retourner la ville entière s'il le fallait, de faire n'importe quoi. De faire, simplement. De la retrouver, de ne pas la laisser mourir aux mains de ce psychopathe, de ce fou furieux. De ne pas laisser le compteur afficher un mort de plus, de ne pas laisser un autre cercueil descendre sous terre. N'importe quoi, elle aurait fait n'importe quoi.

Elle fut escortée dehors et saluée par une porte claquée en quelques minutes. Elle leur avait fait perdre leur temps, mais qu'est-ce que ça pouvait bien changer, ce n'est pas comme s'ils étaient en train de faire quelque chose, pas vrai ? Bien sûr, elle savait. La jeune fille savait très bien que chacun faisait tout ce qui était en son pouvoir pour retrouver cette pauvre âme, mais ça n'était pas suffisant. Ça n'était pas assez. S'en suivit une ronde macabre autour du quartier, de son quartier. Peu importe la taille de la cage, elle y était enfermée, et peu importait combien de fois elle se jetterait contre les barreaux, rien ne les ferait céder. Ils avaient l'illusion d'être libres, alors qu'ils étaient contrôlés par un tueur. Il insufflait la terreur dans le cœur de chacun, et tout ce que Willow pouvait faire, c'était arpenter les rues comme un prédateur, alors qu'elle n'était qu'une proie de plus. Elle tentait toutes les ruelles, tous les détours, tous les recoins qu'elle connaissait. Peut-être qu'à l'angle d'une rue, elle tomberait sur un cadavre, les yeux grands ouverts sur l'abysse éternel. Non. Pas un autre. Jamais d'autre. Elle ne voulait jamais affronter ça à nouveau. A peine se décida-t-elle à rentrer, à peine la porte fermée, la télévision allumée, on demandait de l'aide. On en appelait au bon cœur des citoyens. On partait en guerre. L'instant d'après, elle était repartie.

Elle connaissait ce lac. Elle s'y était baignée, promenée, aventurée. S'était-elle baignée dans un lac tâché par la mort? Bien sûr que non. Elle n'était pas morte, pas encore. Ils pourraient la retrouver. Le terrain rendu glissant par la pluie qui venait de cesser rendait toute progression difficile, mais elle se devait d'avancer. Tous les efforts étaient déployés, mais Willow avait ce sentiment vivace que ça n'était pas assez, qu'ils se devaient de faire plus, qu'elle se devait de faire plus. Elle ne savait pas non plus si elle était là en tant que citoyenne ou membre des forces de l'ordre, mais elle ne se sentait ni l'un ni l'autre. Elle ne sentait pas grand-chose d'autre que cet abîme brûlant, ce désir d'obtenir justice, cette rage aveuglante qui la laissait pantelante, vacillante dans la boue. Elle les regardait, amassés là, autour d'une scène de crime, autour d'une tragédie, qu'elle qu'en soit l'issue, et se demandait si l'un d'entre eux avait les mains pleines de sang. Si l'un des visages, un de ceux qu'elle reconnaissait, ou un de ceux qui lui étaient inconnus, avait assassiné toutes ces personnes de sang-froid. Si quelque part, au milieu de tous ces volontaires, il y avait un traître, qui se riait d'eux et de leurs recherches, de leurs efforts désespérés pour y croire encore, pour ne pas céder à un vent de panique qui emporterait tout ce qu'ils avaient toujours été, aimé, connu, sur son passage. Et puis, elle ne se le demandait plus, elle le savait. Il est là. Quelque part, il jubilait, se gratifiant de leur désarroi, se pavanant au milieu de leurs efforts. Peut-être même participait-il aux recherches activement, offrant un sourire de réconfort, une main sur l'épaule, une étreinte pour apaiser les cœurs brisés. Irait-il jusqu'à s'enivrer de son prétendu pouvoir au point d'aller dire à la famille qu'on ferait tout ce qui était en notre pouvoir pour la retrouver, tout en piétinant son visage du talon ? Non, non. C'était la fille qu'il fallait trouver, pas l'assassin. Willow ne pouvait pas se permettre de penser au meurtrier.

A dire vrai, elle ne savait pas par où commencer. Tout cela la dépassait largement. Elle n'avait jamais voulu être entraînée là-dedans. Elle n'avait jamais voulu vivre dans la peur et la haine. Comment trouver quelqu'un, mort ou vif? Elle n'avait jamais su. Elle n'avait même jamais réussi à se trouver elle-même. Willow était désemparée. Ses yeux s'arrêtaient partout sans rien voir, comme aveuglés. Les arbres, le lac, les terres, les maisons. Ce n'étaient que des idées abstraites, puis elle aperçut Jesse, et le courage s'insuffla dans son corps à nouveau. Elle se précipita vers lui. «Je sais, je sais j'ai fait n'importe quoi cette nuit, mais tu crois vraiment que c'est le moment?» l'agressa-t-elle instantanément, posant un regard déterminé sur le policier. L'attaque est la meilleure des défenses, comme certains disent. La jeune fille réussit à se reprendre, et à simplement l'admettre: «Il faut qu'on la trouve, juste, juste... dis-moi quoi faire !» Quelle importance, s'il avait mille et une autres choses à faire ? «S'il te plaît, Jesse...» Quelle importance s'il n'avait pas de temps pour elle et ses débordements ? Il lui fallait un but, il lui fallait quelque chose à faire, à dire, à penser. Le reste n'avait pas d'importance.
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◆ DC : Désirée, Ruby, Jonathan, Jacob, Eva & Simon
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchSam 22 Aoû - 13:21

Jesse appellerait sûrement cela la nuit de l’enfer. Ou la journée de l’enfer. Le métis ne s’était pas encore décidé pour un titre. Il n’était pas romancier ou meme journaliste et il laisserait donc le soin aux vautours ici présent de trouver un titre. Lui… Il voulait juste que les choses se terminent bien tout le monde. Cet appel lui avait littéralement glacé le sang, il n’avait pas forcément apprécié qu’un de ses supérieurs repasse l’audio à tous les policiers. C’était censé être une nuit normale. Le Poète n’était pas en prison, certes, mais les choses semblaient repartir à la normale après le meurtre de Rose. Enfin… Personne ne savait plus vraiment à quoi s’attendre. Jesse ne savait pas vraiment si le département psychologique avait déjà tenté de dresser le profil du Poète mais tuer une enfant, ça devait entrer en ligne de compte non? Il ne savait pas, il n’était pas un expert, lui se contentait de faire ses rondes dans Fairhope. Lui et Denis venaient de rentrer de leur ronde. La conversation avait encore été complètement banale, ils s’étaient encore arrêtés au fast food du coin en chemin pour faire le plein de gras et de sodas trop sucrés. Avant, on leur donnait tout gratuitement mais même l’employé au drive avait eu l’air blasé et elle leur avait vite donné leur commande en espérant qu’ils partent le plus vite possible. Non, ils n’étaient plus des héros, plus du tout, c’était vraiment fini le temps de l’insouciance. Jesse s’était aventuré dans la station de police pour le café et pour la douche. Il voulait rejoindre Adam et ses draps et absolument rien d’autre. Bien entendu, les choses ne marchaient pas comme ça. Une fois que la police avait reçu l’appel, les choses s’étaient mises en marche. Jesse n’avait pas apprécié l’écart de Willow, non, il avait trouvé ça complètement déplacé et il n’avait pas réagi alors que deux de ses collègues l’avaient foutue à la porte dans les règles de l’art. Il avait soupiré. C’était pourtant toujours ce qu’il rappelait à la brune, première règle : ne pas paniquer. Le premier des idiots était capable de paniquer et de commettre un faux pas. Les tueurs comme le Poète n’était pas des idiots, ils ne faisaient pas d’erreur et il fallait donc garder son calme pour les comprendre. Jesse lui s’était contenté d’envoyer un sms à Adam.

Vérifie si tout le monde est rentré à la maison, au besoin appelle les et dis leur de rentrer. Ferme les portes à clés. Toutes les portes. Je vais rentrer tard. PS: ne m’appelle pas, je ne risque pas de décrocher, ils ont besoin de moi.

Et Jesse n’avait pas menti. Mais la traque aux fantômes continuait en plein jour semblait-il. Avec… de l’aide. Non, le métis ne comprenait pas ce que faisait des civils sur ce qui allait bientôt être une scène de crime. Il avait dit à Denis qu’il ferait mieux de se séparer, s’ils commençaient à parler ils allaient manquer un détail quelque chose. Jesse fixait le lac, il s’attendait à voir un objet de la vie de tous les jours dans l’eau qui avaient des couleurs de ténèbres sous la lumière du jour. Une montre, une paire de lunettes, une robe qui flottait, un corps… Le brun avait beau gardé son sang-froid, il pensait que c’était une bêtise. Chercher un corps? Oui. Impliquer des civils? Non. Le Poète était là, probablement, il devait être resté, tout ceci n’avait aucun sens si personne ne trouvait le corps pas vrai? Alors pour aider ou pour brouiller les pistes, le Poète devait être là. Il aimait bien la mise en scène, les scènes de crimes précédentes l’avaient prouvées, là, il devait juste jubiler et attendre quelqu’un trouve le dernier corps. Le nouveau chapitre de son histoire. Jesse fut tiré de ses pensées quand Willow entra dans son champ de vision. Visiblement, la brune ne reculait devant rien. Jesse n’eut le temps de rien dire qu’il se fit agresser verbalement. Il fronça les sourcils et fixa l’étudiante. Vraiment? Elle n’avait pas du tout compris comment il fonctionnait, et s’adresser à lui de la sorte après la nuit qu’il venait de passer la journée qui s’annonçait longue… non. « Non Willow. Je n’ai vraiment pas le temps et j’aimerais vraiment que tu baisses le ton quand tu t’adresses à moi genre vraiment. » dit Jesse avec un ton étrangement calme et posé. Il se retourna ensuite et lui montra les gens qui fouillaient les bosquets. « Tu vois ces groupe de civils là? Je suis désolé mais ils n’ont rien à faire ici, donc tu choisis un poste d’observation et tu prends un sifflet dans une des voitures de police et tu t’assures que tout le monde ne s’éloigne pas trop. »

Tout le monde dans la police de Fairhope avait un rôle crucial à jouer aujourd’hui, lui faire la morale ne faisait pas parti du plan. « Si tu en vois en train de faire les idiots ou de s’aventurer trop loin à ton gout tu vas les voir et tu leur dis de revenir ou de partir seulement si l’un d’entre eux à un téléphone portable. Voilà ce que tu fais mais pour le moment, je n’ai pas le temps de faire du baby-sitting okay? » Il lui adressa un regard sans équivoque avant de s’éloigner du bord du lac. Jesse se dirigea plutôt vers la forêt pour se rendre utile lui aussi, l’endroit n’avait pas encore été fouillé avec soin.

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Sujet: Re: • Willow Lake SearchSam 22 Aoû - 22:21

***** 09/04/15 – Irish Pub – vers 23h32 ****

Soir de repos. Sara Garner et Jayla Pearson étaient donc de sortie. La semaine avait été étrangement calme, mais loin d'elles de s'en plaindre! Après la découverte de Rose Howard, la lab tech avait eu du mal à s'en remettre. La scène du crime de la jeune Rose avait quelque chose d'insoutenable, non à cause d'un aspect sanglant, mais par la noirceur d'âme qu'elle révélait chez le tueur. Quel genre de monstre pouvait avoir l'esprit assez glacé pour s'attacher à soigner la mise en scène quand il venait d'ôter la vie à une enfant innocente? La jeune femme avait essayé de n'en rien montrer à son travail, mais face à son grand frère, la façade avait craqué. Ses larmes n'en avaient pas fini de couler ce soir-là chez David. Elle avait eu l'impression que l'horreur ne se terminerait jamais, qu'il n'y avait rien à faire pour arrêter ce Mal, et surtout, elle avait la certitude que pire les attendait. Pour la première fois, son frère s'était montré démuni à la rassurer. Le souvenir de l'écolière assise à son pupitre – à la même place qu'elle-même des années auparavant dans cette même salle de classe – avait hanté plusieurs de ses nuits. Se sentant à bout, la lab tech avait songé à donner sa démission… sans parvenir à faire le pas. Au fond d'elle, elle savait ne pouvoir décrocher et laisser tout ça derrière elle. Son sens du devoir lui interdisait de fuir. Elle se savait – malgré son manque de confiance en elle – compétente, l'une des meilleures dans son domaine.

Semaine après semaine, le calme apparent lui avait permis de prendre du recul. Ce jeudi soir, cela faisait presque deux mois sans activité du Poète. Le cours de la vie de Jayla avait repris et elle arrivait à reprendre plaisir dans une sortie entre copines. La première partie de soirée avait été dans un restaurant que Sara testait pour la première fois. Pour finir en beauté, les deux amies avaient décidé de prendre un dernier verre dans un pub irlandais. En attendant leur commande, Jayla regardait dans la rue à travers la vitre.
"C'est si tranquille…", remarqua-t-elle avec une pointe de nostalgie.

*Si seulement cela pouvait durer toujours*

Sachant que l'ambiance risquait d'être plombée si l'affaire du Poète venait sur la table, Sara interrompit le silence avec un sourire malicieux.
"Je me demandais quand tu allais enfin l'avouer. Howell est aux abonnés absents. Ça te manque de ne plus le voir?"
Ni une, ni deux, les yeux écarquillés de Jayla se braquèrent sur son interlocutrice.
"Non mais oh Sara, n’importe quoi !", réfuta énergiquement la demoiselle dès qu'elle crut que Sara – sa prétendue chère amie – sous-entendait qu'elle se languissait de l'autre emmerdeur de journaliste. "Qu'est-ce que tu raconte!? Je ne perds pas mon temps à penser à ce crétin.
Sara partit dans un rire.
"Inutile de monter sur tes grands chevaux, ma belle, je parlais de l'émission."
Jalya sentait ses joues chauffer. Quelle idiote d'avoir réagi de manière si excessive! Pour se donner contenance, elle attrapa le verre des mains du serveur qui s'apprêtait à le déposer devant elle. Et elle but… avant de se rappeler qu'elles trinquaient toujours. Sara eut cependant la charité de ne pas relever… sinon par un petit sourire en coin.
"Je la regarde juste pour me vider la tête... Je l'ai remplacée par une autre, ce n'est pas les émissions stupides qui manquent à cette heure.."
La sonnerie du téléphone de la flic interrompit la tentative pitoyable de justification de l'experte en criminalistique. Et en une minute, la bonne humeur de Sara fut supplantée par une tension palpable.

*C'est Lui?*

La policière raccrocha et se leva dans la foulée.
"Le Poète. Il faut que j'aille en renfort.", fit-elle en réponse à la question muette de son amie.
La technicienne en criminalistique se leva à sa suite.
"Je peux aider?"
L'acquiescement de la flic présageait une scène de crime, et donc une victime. Dans la voiture qui les amenait au 246 Shady Lane, Jayla eut les détails de la situation. Elle contacta alors le service de nuit du labo pour leur signaler qu'elle allait prêter main forte.


***** 10/04/15 – Willow Lake – vers 11h30 ****

Les bottes dans la boue, la lab tech observa les gens s'amasser. Pour tenir le coup et lutter contre son manque de sommeil, elle enchaînait les cafés depuis l'aurore. Après l'intervention dans l'habitation de la victime présumée du Poète, l'équipe de la police scientifique était retournée au labo sans corps, mais avec, entre autres, des échantillons de sang et des débris de verre à analyser. L’enquête, classée désormais en «disparition inquiétante», il fallait agir vite. Les heures de la victime était compté… pour autant qu'elle fut toujours en vie. Jayla gardait cet espoir. Ayant peu de champ d'action devant lui, le chef de la police avait opté pour une battue avec le concours des citoyens. Toutes les forces avaient aussi été mobilisées. Avant de se rentre au point de départ de la battue, Jalya avait fait un crochet par chez elle pour se changer et porter des vêtements plus appropriés qu'une petite robe de soirée et des escarpins. L'appel avait été largement diffusé, et la population y avait répondu en masse. Observant toujours la foule des arrivants, la lab tech regrettait qu'il y ait un monstre parmi la communauté solidaire de Fairhope… Sortant de ses pensées, elle pencha imperceptiblement la tête en croisant le regard de Jesse. Le visage du jeune officier était tendu et témoignait de la frustration que lui avait laissée l'intervention de la nuit.

Jaya termina son café et jeta l'emballage dans une poubelle à proximité. Après avoir réajusté les sangles de sa sacoche, elle rejoignit un groupe. Les autorités avaient équipé certains citoyens du nécessaire qui leur manquait et les renseignaient sur la façon de procéder. La mission était de retrouver une jeune femme ou un indice, toutefois, la prudence était de mise. Personne ne devait s'éloigner seul. Peu à peu les troupes se déployèrent, se dispersant dans la nature avec une zone à quadriller. Jayla partit avec son groupe dans la forêt.
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchVen 28 Aoû - 18:11

Un premier soupire s’échappa des lèvres de Tobias. Pour quelle raison étaient-ils là aujourd’hui ? Certes, une habitante était portée disparue depuis plusieurs heures maintenant, mais le secrétaire ne comprenait pas pour autant ce qui avait poussé Désirée à les entrainer jusqu’ici en cette matinée grise et maussade. Il n’avait pas bronché, grognant simplement en arrivant sur les lieux, remarquant la foule qui les avait imité et qui se rassemblait autour du lac de Fairhope. Mais à quoi bon ? Quel intérêt y avait-il à dénicher un autre cadavre ? Allaient-ils le ranger sagement avec les autres, six pieds sous terre, là où personne ne pourrait plus jamais le voir, comme un mauvais souvenir dont on aurait essayé de se débarrasser vainement ? Personne n’avait cherché Laurel quand elle avait cessé de respirer. Personne ne s’était rendu compte que les battements de son coeur s’étaient ralentis jusqu’à ce qu’ils ne soient plus. Personne n’avait entendu le silence pesant qui avait suivi sa mort. Le monde entier n’avait pas remarqué qu’un battement manquait à l’appel. Non, l’orchestre avait continué de jouer comme si la mélodie restait la même sans la présence de Laurel parmi les vivants. Alors Tobias se demandait bien ce qui avait pu changer et pourquoi diable il fallait rechercher cette autre victime. Ce n’était pas cruel, ce n’était pas méchant. Il n’aurait même pas souhaité que sa soeur soit à la place de la disparue ; il préférait largement savoir Laurel bien au chaud dans sa tombe que quelque part dans ces bois. C’était simplement un constat ; personne ne serait ravi de retrouver la pauvre femme. Autant la laisser en paix. Autant la laisser reposer sous une bonne couche de boue et oublier.

Le brun grogna une fois de plus lorsque ses tympans furent agressés par la voix de l’autre crétin de journaliste qui se tenait face à sa caméra, un micro entre ses doigts pâles. Lui non plus ne devait pas avoir beaucoup dormi, comme les forces de police. Tobias remarqua le teint blafard et la mine fatiguée de Howell, une lumière vive lui frappant le visage pour lui redonner un semblant d’apparence humaine. Une vaste mascarade, selon Tobias, qui pouvait presque voir le bec du vautour s’allonger au fil des secondes qui s’écoulaient. Peter devait avoir hâte de découvrir ce corps. Il devait exulter et l’ancien parolier braqua son regard sur lui durant quelques instants. « Nous n’avons toujours pas de nouvelles de la disparue, et comme vous pouvez le voir derrière moi, les habitants affluent de toute part pour porter main forte aux autorités. » Reporter de bas étage. En le voyant passer près de lui, Tobias avait manqué de lui faire un croche-patte, juste comme ça. Pour qu’il morde un peu la terre, cet abruti. Non, vraiment, Tobias ne portait plus le journaliste dans son coeur depuis que Désirée lui avait rendu visite directement dans ses studios. Un autre constat simple contre lequel l’homme ne pouvait plus lutter et qui n’avait de cesse de le faire grogner.

En observant le blond partir, il avait tourné la tête vers… Comment s’appelait-il déjà ? Une voix lui souffla la réponse tandis qu’une brise fraiche vint lui piquer les joues. Aiden. Il avait fallu que Tobias croise le regard de ce type pour que sa soeur se manifeste, chose qu’elle n’avait fait que trop rarement depuis qu’il s’était emporté dans le restaurant où il avait partagé un petit-déjeuner avec Désirée. Les sourcils froncés, Tobias récupéra sèchement la boussole de l'autre homme comme si elle lui avait toujours appartenu sans faire le moindre commentaire, ses yeux se plongeant toujours dans ceux du fameux Aiden. Se pouvait-il que ce dernier ait des souvenirs en commun avec Laurel pour qu’elle revienne lui chuchoter son prénom dans un moment pareil ? Avaient-ils partagé d’autres choses que de simples instants ? Le regard de Tobias se faisait d’autant plus dur quand Désirée le tira finalement de ses pensées, la boussole d’Aiden fermement blottie dans la paume de sa main. Tobias répondit à la blonde d’un signe de tête, emboitant le pas à une parfaite inconnue (Jayla) et un homme au visage plutôt familier (Jesse), entrainant ainsi Désirée vers la forêt, se souciant bien peu de savoir si Aiden allait les suivre maintenant qu’il lui avait confisqué sa boussole…
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchDim 30 Aoû - 23:35

Les recherches prenaient forme. L'on voyait des policiers, des hautes figures de l'autorité, ou du moins des gens qui en donnaient l'impression, qui prétendaient l'être, pour donner une illusion de sécurité. C'était de la poudre aux yeux, une vaste mascarade, une farce pour laquelle même Aiden ne tomberait pas. Il voyait clair dans leurs gestes prétendument assurés et leurs commentaires murmurés à leurs semblables. Ils avaient un troupeau de bétail à diriger, mais ils n'avaient que l'apparence de bergers. Depuis son poste d'observation, immobile, il analysait, il déduisait, il apprenait. Ainsi savait-il à présent qu'ils étaient complètement dépassés par les événements, quoique ce constat aurait pu être fait à propos de sa personne. Il les regardait tous, s'agitant, comme des insectes, mais il avait déjà pensé à ça. Son esprit tournait en boucle, sans arriver à penser à quoi que ce soit de nouveau. Ensuite, il y avait les papillons, les vautours, les zombies. Il avait déjà parcouru ce chemin, il avait déjà exploré toutes ces idées dans leurs moindres détails. Peut-être qu'il avait appuyé sur Stop? C'était peut-être une télécommande qu'il avait dans les mains. Une qui arrêtait le temps, comme dans un film. Peut-être qu'il avait appuyé sur Replay, et qu'il revivait les instants en boucle. Mieux valait celui-là qu'un autre. Cet instant de chambardement valait mieux que l'horreur très organisée du Poète.

C'était comme de regarder un spectacle, un ballet. Toutes les silhouettes qui s'agitaient dans un chaos presque calculé, presque poétique. N'était-ce pas là ce qu'Il voulait, après tout? Cette danse macabre glaçait les os du britannique, l'angoisse en bande sonore, les vêtements drapant les inquiétudes plutôt malhabilement. L'on pouvait trop aisément lire à travers. Les froissements des corps, les cernes, les bras croisés, les teints cireux. Aiden ne pouvait penser qu'à ça. Qu'à tous ces gens rassemblés ici, comme des bêtes à l'abattoir, attendant la faux sans le savoir. Attendait-il aussi? Bien sûr, il était dans l'expectative du pire et, pour la treizième fois depuis qu'il était arrivé, il se demandait pourquoi il était venu. Il ne prenait même pas la peine de chercher! Il ne voulait même pas trouver cette fille, morte ou vive! Il y avait eu cet instant, cette miliseconde de courage et de citoyenneté, ce micro-moment de pure folie qui l'avait convaincu que c'était une bonne idée! Et maintenant, il était coincé là, avec un objet plus ou moins ensorcelé dans les mains, et son cerveau venait de se mettre en veille! Il voulait disparaître. Là, sur l'instant. Si ce machin pouvait arrêter le temps, peut-être qu'il pouvait faire ça aussi, non?

Tout d'un coup, l'objet quittait ses mains et tout revenait à la normale, son regard croisant celui de... Oh. Il lui fallut réunir tout son courage pour rester sur place, sans détaler comme un voleur. Il faut dire aussi que ses jambes auraient refusé le moindre mouvement à part de s'affaisser lourdement sous lui, mais il se contenta de soutenir le regard de Tobias pendant une, deux, tro- deux secondes et demi. Après quoi il avala sa salive douloureusement, les yeux meurtriers (et c'était rien de le dire) de l'autre homme toujours rivés sur lui. Instinctivement, il porta sa main à sa blessure, vérifiant que les mots étaient illisibles, qu'ils étaient effacés. Mais ça n'avait pas suffi, bien sûr. Ils étaient sur elle aussi. Juste une, juste une stupide histoire. Juste une stupide, stupide histoire qui finissait dans le sang, comme toujours. Pourquoi viendrait-il ici? Qu'est-ce qu'il lui voulait? Le tuer? Finir le travail? Là-bas, dehors, au milieu de la foule. Par accident? Non, non. D'ailleurs, Tobias s'en allait déjà, suivant un groupe. Pour les tuer, eux aussi? Mais non! La fille, la fille! Laurel. Non, l'autre fille.

A la tête de ce groupe, et c'était le seul visage familier du lot, du moins le seul qu'il apercevait, il y avait ce type, du bar, un ou deux mois plus tôt. Jesse. Lui ne devait pas faire équipe avec le tueur, pas vrai? Aiden serait déjà mort, sinon. Peut-être qu'il pourrait être protégé au milieu de cet assemblement largement hétéroclite. La panique faisait couler une sueur glacée le long de son dos, et soudain, la solitude devenait pesante, insupportable. Et puis, Tobias lui avait pris sa roue de secours, à présent. Il lui fallait quelqu'un, il lui fallait des gens. Qu'on l'oublie. Qu'il disparaisse. Pour de bon? Non, non. Et s'ils étaient tous dans le coup? Non, sûrement pas. Pas tous les habitants, pas tout le groupe qu'il venait d'élire, à l'unanimité, comme sa nouvelle maison pour les sombres heures à venir. Ce n'était pas possible, il ne pouvait pas être si malchanceux. Si? Il se précipita à leur poursuite, se retournant toutes les sept secondes (c'était une moyenne) pour vérifier s'ils étaient suivis.
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 31 Aoû - 0:58

Bon dieu mais que faisait t'il ici ? Loin de tout environnement propre, la nature le répugnait. A ses côtés un policier pressa la pointe de son stylo sur un calepin usé tandis que des crachas inaudibles sortaient du talkie-walkie qui pendait à sa ceinture. Non vraiment il ne voyait pas ce qu'il venait foutre là. C'était au cas où...Mais au cas où quoi bon dieu ? Qu'une bande de jeunes ou de braves gens retrouvent le corps sans vie de cette femme ? La belle affaire vraiment, il serait tout aussi bien à attendre dans son laboratoire. Au lieu de ça il se trouvait au beau milieu de la boue avec d'affreuses bottes en plastique qui lui remontaient jusqu'au cheville. Et si elle était encore en vie il ne pouvait pas y faire grand chose. A part sans doute...Non, il ne devait pas toucher au travail de Poète, de SON Poète. Ils étaient ridicule a courir ainsi dans tous les sens. Une de plus ou de moins quelle sorte d'importance ? Petites fourmis. Braves gens. C'est fou le nombre de personnes qui se croient impliquées dans cette affaire. Un peu en hauteur, adossé contre une voiture de patrouille le bon médecin légiste regarde d'un œil amusé les groupes se former et s'enfoncer dans les bois, ou se perdre dans le lointain vers les rives du lac. Il songea l'espace d'un instant qu'ils feraient de bons sujets d'étude mais fut brutalement ramené à la réalité par le charmant acolyte qu'on lui avait infligé.

« On y va Doc, faudrait pas trop se disperser »

Mon pauvre ami, tu sais où tu peux te la mettre ta promenade en foret ?

« Oui oui je vous suis... »

Ils lui avaient dit que c'était au cas où...ils voulaient faire au plus vite pour éviter qu'un imprudent ne compromette les potentiels indices. Comme si un être humain normalement constitué allait bouger un cadavre. Un cadavre ça se respecte et ça se traite avec des trésors de respect, surtout quand on a affaire à une œuvre aussi complexe que celle du Poète. Maugréant silencieusement contre le temps et les policiers, l'esprit de Liam sautillait gaiement comme un enfant allant au parc d'attraction pour la première fois. Qu'on retrouve cette femme vivante ou non lui importait peu, il préférait même qu'on la trouve plus morte que vive. Avoir accès à un corps en avant première...On se serait cru à une inauguration d'un tableau de grand maître. La Joconde, La vierge à l'enfant...de quel art est il question ici ?

« On prend à droite Doc, on renforce le groupe 4. »

A vos ordres. Il avait envie de lui enfoncer une branche dans l’œil. S'enfonçant à la suite de son ami bien armé pour une cueillette de champignon Liam commençait tout juste à entrevoir les visage de ceux qui l'entourait. Un mélange hétéroclite, au milieu des uniformes et des vêtements civils, il trouvait que sa blouse blanche et ses gants jurait avec le reste. Pour le camouflage et la discrétion on repassera. Un peu plus loin les premiers cris se firent entendre, les héroïques sauveteurs commençaient leurs recherches, inutiles certainement. Pitié que ça se termine vite. Qu'on trouve le cadavre de cette pauvre cruche a demi rongé par l'eau ou par une bestiole et qu'on le laisse faire ce qu'il savait faire de mieux, regarder la mort et se dire, en son fort intérieur, à quel point elle pouvait être magnifiée par des hommes d’exception. Il crut reconnaître au milieu de la cohue quelques visages familiers, des flics qu'il avait dut vaguement croisés lors des réunions et des briefing et des collègues tout aussi peu familier à ses yeux, lui qui travaillait généralement en solo. Il reconnu aussi la silhouette bien connue de Désirée S. Cravy. Un visage quelque peu familier dans une foule d'inconnus et d'incompétents le rassura un temps, mais le fait qu'il s'agisse de cette arriviste lui ôta bien vite tout sentiment de contentement. De tous ceux qui intéressaient de prêt au Poète, elle était celle dont il se montrait le plus jaloux.

Il marchait toujours, suivant un chemin préétabli à l'avance par les autorités compétentes. Ces mêmes autorités qui avaient décidés de le coller dans la boue. Mais on ne va pas encore se le répéter n'est ce pas Liam ?
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 31 Aoû - 17:47

Qu'est-ce qui pouvait motiver quelqu'un à massacrer des dizaines de personnes? Qu'est-ce qui faisait qu'un individu quelconque se mettait à laisser des cadavres dans son sillage? En fallait-il beaucoup? Suffisait-il d'un rien? C'était un concept que Willow n'arrivait pas à accepter. Que l'on se décide, subitement, à assassiner des gens, à les enlever, à les lacérer, juste pour faire passer un message? Incompréhensible, qui plus était! Elle avait passé des nuits entières à y réfléchir. Elle avait mis toutes les phrases bout à bout. Elle avait tenté de les mélanger, elle les avait lues à voix haute, la boule au ventre, en priant pour que ses voisins de chambrée ne l'entendent pas, elle les avait griffonnées, en rouge, en vert. Rien n'y faisait, ça ne prenait pas forme. Ca ne lui évoquait rien d'autre qu'un grand malaise et une envie de pleurer. Venaient alors les autres questions: Comment ferait-elle? Qui choisirait-elle? Qu'écrirait-elle? Comment couvrirait-elle ses traces? Et si toutes ces questions avaient trouvé des réponses, plus ou moins vite, plus ou moins valables, l'une d'entre elles restait en suspens. Pourquoi? Elle avait tenté d'éplucher toutes les raisons possibles et imaginables, mais rien ne semblait pouvoir la pousser à tuer autant de personnes sans aucun lien entre elles. Elle n'avait certes jamais eu la fibre artistique, mais elle supposait qu'il y avait des limites à l'excentricité de l'art. Willow pouvait comprendre un meurtre, peut-être deux. Motivés par l'argent, la jalousie, la haine, l'amour, la colère. Elle pouvait même concevoir que l'on prenne le temps de le prévoir, de le préparer, mais le concept même du tueur en série la laissait sans voix. Et pourtant, de la voix, elle en avait. Elle s'en servait à tort et à travers pour tenter de se faire une place. Mais ça, ça c'était au-delà de ses capacités.

Jesse parvint à la sortir de ses réflexions. Il arrivait toujours à la ramener dans sa case, à sa place. Pourtant, elle ne voulait rien tant que protester. Dire qu'elle pouvait aider, qu'elle ne supporterait pas de rester sur la touche, qu'elle devait faire quelque chose. Elle voulait taper des pieds et froncer les sourcils, elle aurait presque pu se rouler sur le sol en poussant des cris. C'était ce qu'il y avait au fond d'elle, ce besoin enfantin de contredire, d'exister. Il n'avait pas sa place ici, et certainement pas maintenant. Elle n'avait pas sa place, ici. Elle devait s'effacer, pour une fois. «Oui, monsieur.» Les morceaux se recollaient. Elle reprenait forme humaine. Elle reprenait consistance. Elle aurait voulu lui dire merci, et pardon, mais elle n'était pas encore prête, et elle avait une mission, maintenant. Ce n'était pas exactement la mission la plus importante, mais c'était mieux que rien, pas vrai? Elle s'élança vers l'une des voitures désignées par son supérieur, et y récupéra un sifflet avant de héler le fameux groupe en leur recommandant sans trop de conviction de ne pas trop s'éloigner à moins d'avoir un téléphone portable. Parce qu'un téléphone portable avait totalement sauvé la vie de cette jeune femme, hein ? Et puis, le tueur devait bien se douter qu'ils auraient trop peur pour aller trop loin, alors il l'avait bien gentiment mise en évidence au bord de la route avec des gros panneaux lumineux et des flèches. C'était bien connu, il était toujours prévenant, et il pensait aux autres. D'ailleurs, ce n'était pas vraiment de sa faute s'ils mouraient, pas vrai? D'habitude, les tableaux et autres feuilles de papier ne hurlaient pas de douleur sous son crayon, qu'y pouvait-il? Willow secoua la tête, chassant toutes les pensées inutiles, encombrantes. Si elle était parfaitement honnête, elle était terrifiée. Et terriblement mal à l'aise. Il était forcément quelque part, celui qui avait plus ou moins ruiné sa vie, et elle ne savait pas où, et elle ne savait pas qui, et elle ne pouvait rien faire, une fois de plus.

Elle patrouilla un peu, rappelant quelques personnes à l'ordre avec l'air aussi assuré qu'elle pouvait avoir. Puis ses yeux tombèrent sur une caméra, et sur, inévitablement, Peter. Autant elle l'appréciait vraiment, autant elle avait beaucoup de mal à accepter le chemin qu'il avait choisi. Pas qu'elle puisse y faire grand-chose, mais de le regarder se rouler dans les malheurs des autres avec sa plastique parfaite et son sourire calculé, ça lui soulevait presque le cœur. Pas l'émission en elle-même, mais de voir le succès et le plaisir qu'il en tirait, même s'il y avait bien d'autres choses en dessous des apparences. Il faisait tant d'efforts pour le cacher que Willow oubliait parfois qu'il existait cette autre facette de Peter. Elle lui lança un sourire à moitié sincère et repéra ensuite qu'un groupe s'était formé, avec Jesse et quelques visages qu'elle avait aperçus ou non, notamment celui qui avait hérité du statut de suspect après elle. Après un dernier coup d’œil aux alentours, elle estima que les gens avaient été suffisamment informés et surveillés, et elle se décida à suivre les autres, histoire de se rendre utile. D'autres patrouillaient toujours, ce n'était pas comme si elle pouvait faire une différence, de toute manière. Il y avait des risques que personne ne capte sous les arbres, en plus, alors vraiment, à quoi bon?

«Hé, vous là, avec l'appareil, ça va pas bien non?!» La jeune femme s'arrêta net sur sa route en entendant le bruit caractéristique d'un appareil photo. Elle était, en un mot, outrée. Comment pouvait-on oser prendre des photos dans un moment pareil? «Vous avez vraiment rien de mieux à faire?!» Il lui fallait très peu de choses pour attiser sa colère, mais elle réussit à regagner le contrôle et regarda un peu plus attentivement la personne coupable. «Zoey?» Sa cousine, ou quelque chose comme ça. Elle n'avait pas exactement pris le temps d'y penser. Peut-être que son père l'avait appelée pour la prévenir, mais elle avait passé plus de temps à lui hurler dessus qu'autre chose, alors c'était un peu confus. Peut-être qu'elle l'avait vue, une sorte de réunion de famille un peu sordide. Non? Quelque chose à propos d'une tante et d'une cousine. «Désolée. Hm, tu devrais faire attention à tes passe-temps, quand même.» Qui a dit qu'elle manquait de tact et de diplomatie? Elle réussit de justesse à empêcher un autre commentaire de lui échapper, et opta pour une toute autre phrase. «Tu allais avec ce groupe?» Elle désigna le groupe de Jesse d'un signe de tête, et s'élança à leur suite, essayant d'éviter de se faire repérer, tout de suite par son supérieur hiérarchique. Hey, elle avait toujours le sifflet, après tout, ce n'était pas si mal, si? Histoire d'attirer la victime, au beau milieu de la forêt et de la boue. Ou mieux, le tueur. Peut-être qu'elle pourrait lui planter dans l'oeil?
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 31 Aoû - 20:09

Le silence pesant des préparatifs s'éternise durant le trajet. Personne n'ose lâcher le moindre mot, à croire qu'on a peur de pointer ce qui plombe réellement l'ambiance, ce qui nous pend au nez. Les cadavres s'entassent à Fairhope, au point qu'il serait temps de penser à changer le nom de la ville car, de l'espoir, il n'y en a plus vraiment. Encore que, cette battue pourrait prouver le contraire. Ou bien n'est-ce qu'une illusion que l'on s'offre en s'unissant dans cette recherche. Car les chances de trouver la jeune femme en vie... On tente de forcer un optimisme qui se meurt en se rendant utile, si on l'est réellement. Mon oncle a la mine sombre lorsqu'il descend de la voiture et qu'il file échanger quelques mots avec un officier tandis qu'on sort à notre tour de la jeep. Je me sens pataude à présent qu'on est sur les lieux et fais donc la seule chose que je maîtrise, prendre des clichés de ce qui se déroule sous mes yeux. Ma tante a ri jaune en me voyant prendre la sacoche de mon appareil. « Tu ne vas quand même pas prendre des photos, si ? » Dans sa bouche, ça sonnait si déplacé, écœurant, même. Sauf que mon but n'est pas de photographier du croustillant – encore moins du sanglant, si sang il y a – je pense juste immortaliser ce moment. Une battue. Une putain de battue. Comme on en voit à la télé – c'est aussi le cas pour les tueurs en série, vous me direz. Cela n'arrive pas tous les jours, loin de là. Je capture simplement les gens regroupés qui discutent à voix basses, l'ambiance fébrile, la tension palpable. L'inquiétude qui se lit sur certains visages, l'impatience d'autres. J'en profite également pour photographier le lac si paisible malgré l'agitation qui l'entoure.

L'agitation s'intensifie, les gens continuent d'affluer. Les murmures croissent, mes oreilles bourdonnent. Je grince des dents à la vue des caméras, du présentateur qui doit jubiler intérieurement. Est-ce qu'ils comptent souiller leurs souliers ? Se joindre à la foule ou juste l'observer ? La seconde option semble être la plus réaliste et ça m'agace. Sans réelle raison, au fond, juste par principe, parce que c'est Peter. Je me rapproche d'un petit groupe, laisse pendre mon appareil autour de mon cou. Des consignes sont données, du matériel distribué. On écoute, on hoche la tête, on se tait. De parfaits petits soldats, sans les flingues et l'ordre de tuer, évidemment, mais l'image reste là, dans un coin de ma tête. Je repère des cheveux blonds, reconnais la silhouette et me rapproche doucement de Désirée. Je garde mes distances, reste muette, mais le simple fait de ne pas être dans un groupe de parfaits inconnus me rassure, ce qui n'est pas négligeable vu ce qu'on s'apprête à faire, vu ce qu'on risque de trouver. Je maintiens un petit périmètre que je scrute, que je décortique des yeux à chaque pas et ne peux m'empêcher de sourire amèrement à la question de la blonde que j'entends malgré moi, me doutant qu'elle ne m'est pas adressée. Je me l'étais moi-même posée, quelques minutes plus tôt. Je ne suis pas franchement optimiste de nature, j'ai beau avoir gardé un côté naïf, je sais tout de même que la vie est loin d'être un conte de fée. Ajoutez dans l'équation un serial killer... « Est-ce qu'on doit chercher, tout court? » Celle-là aussi me trotte dans la caboche. Ai-je envie de trouver cette fille ? Ai-je envie d'être spectatrice d'une telle découverte ? Je suis certes blindée, un brin, mais pas à ce point. Je hausse les épaules, pousse un léger soupir et m'applique à mettre un pied devant l'autre, mes prunelles braquées sur le sol.

Plus loin, des voix se font entendre, mais pas assez pour que je décrypte ce qui se dit. Je tourne la tête, m'arrête, fascinée par ces personnes réparties un peu partout. J'en suis émue, aussi, je trouve cela dommage qu'il ait fallu de telles circonstances pour nous réunir autour d'un même but. Par habitude, je prends de nouvelles photos, restant à la traîne par rapport au groupe. Un nouvel éclat de voix perce le silence dans mon crâne. Je sursaute lorsque je réalise que je suis visée, me tourne. Je plisse les yeux le temps que mes neurones face un lien entre son visage et son nom. Depuis mon retour, mon oncle s'est acharné à me faire reprendre contact avec la famille, avec les habitants. A coup de ''Mais si, souviens-toi''. Tellement de visage à associer, de souvenirs à déterrer. L'uniforme soulève le brouillard et ça me revient. Willow. Je fronce le nez au ''passe-temps'' mais ne relève pas. Après tout, elle joue bien au gendarme et au voleur, non ? « Pardon. Je suis un peu distraite aujourd'hui. » Que je me contente de répondre à cette remarque plutôt blessante avant de marcher sur ses pas pour rejoindre le groupe. J'hésite quelques secondes avant d'oser lui adresser à nouveau la parole. « Quelles sont les chances de la trouver saine et sauve ? » Je questionne la flic en devenir et non la cousine, mes yeux de nouveau rivés au sol. Peut-être ont-ils de nouvelles informations, depuis l'appel.
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 31 Aoû - 21:24

willow lake search



11 avril 2015, 12:15

Ils devraient se méfier. Après tout, ils ne savent pas sur quoi ils risquent de tomber, et tandis que mon regard suit ceux qui s’enfoncent dans la forêt, je me demande si je vais pousser le vice en leur emboîtant le pas. Juste pour observer leurs réactions de pauvres mortels condamnés lorsqu’ils seront suffisamment loin de la foule, encerclés par les bois, là où la lumière n’ose même plus s’aventurer à travers l’épais manteau de feuilles, coincée à la cime des arbres. Ils se sentiront piégés sous ce couvercle, au milieu de la nature, à patauger dans la boue, à l’endroit exact où ils méritent de rester. De croupir. Il n’y en a pas un que je souhaiterais sauver. Non, vraiment. Aucun.

On m’interpelle. Je tourne finalement la tête et perd le groupe de vue, observant maintenant la jeune flic qui se détache du troupeau. Bon nombre de fois j’ai eu envie de l’entendre gémir en laissant mon scalpel courir sur sa peau, mais je sais que chacune de ses inspirations est une torture depuis que j'ai tué sa moitié. Autant la laisser en vie pour la voir s’étrangler dans son propre chagrin. Je sais qu’elle me cherche. Je sais qu’elle n’attend que ça. Me mettre le grappin dessus pour se venger sans doute. Qui n’en rêve pas ? J’ai presque envie de la prendre contre moi pour lui susurrer la vérité, lui avouer que personne ici n’en sortira indemne. Si seulement elle savait.

Si seulement ils savaient. Si seulement ils savaient qu’ils ne cherchent pas uniquement le corps de la disparue mais aussi le visage de celle qui l’a tuée.

C’est moi. Le Poète. Celle qui les a tué. Douce ironie.
Je réponds, la mine fermée. Intérieurement, je ris. J’exulte.
Ils cherchent un assassin. Mais moi je suis la mort. La meurtrière.




explications
Afin de faire avancer les sujets communs plus rapidement et les pimenter encore davantage, les interventions du Poète seront désormais plus courtes mais vous informeront des bonus et malus attribués à chacun de manière aléatoire (sauf en cas d’avantages remportés lors de concours ou animations).

Vous êtes priés de prendre ces informations en compte dans vos RPs. Il ne s’agira jamais d’évènements trop handicapants mais comme dit précédemment, ils sont surtout là pour pimenter vos actions, faire durer le suspens, mais aussi parfois favoriser la création de liens entre certains d’entre vous.

Au prochain tour, il vous sera possible de dépenser vos points en achetant des actions qui vous rapprocheront de la jeune femme disparue, ou au contraire vous en éloigneront.

Attention, n’oubliez pas par ailleurs que les nouveaux indices sur l’identité du Poète qui vous sont donnés dans la narration ne sont pour l’instant pas connus de vos personnages. Ces détails sont simplement là pour vous tenir en haleine, vous autres, petits joueurs derrière vos écrans.

bonus
◆ En arrivant dans les bois, Willow découvre une branche couverte de sang.
Jesse, Jayla et Zoey sont épargnés pour ce tour.

malus
◆ En trébuchant sur une racine, Liam manque de tomber dans la boue mais se rattrape au dernier moment en agrippant Aiden. 

Désirée est contrainte de s'arrêter, son pied s'étant coincé dans la boue.
Tobias reste aux côtés de Désirée. Le reste du groupe les devance.


Pour les questions, remarques et/ou suggestions, il y a toujours le sujet de flood consacré au sujet commun. Bonne chance pour la suite.
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 31 Aoû - 23:06

Elle ne connaissait pas Zoey. C'était un fait, avéré et indéniable. Elle l'avait vue, certes. Plusieurs fois, très certainement. Elle avait dû faire une bise, marmonner quelque chose, lancer un sourire, et retourner se servir un verre, sans demander l'autorisation à personne, elle n'avait plus quinze ans, merci beaucoup. Mais cette femme était une inconnue pour elle. Une inconnue, a priori plutôt sordide puisqu'elle prenait une potentielle scène de crime en photo. D'ailleurs, Willow ne savait même pas pourquoi elle s'était radoucie et avait plus ou moins clos le sujet en s'apercevant qu'elles étaient liées. Ce n'était pas comme si la famille avait une importance prépondérante dans sa vie. Pas depuis que... presque toujours, en fait. Mais ça ne comptait. Ce n'était pas là que Willow voulait en venir. Ils étaient en train de faire une battue, à la recherche, potentiellement, d'un cadavre. Et par potentiellement, elle entendait qu'il y avait très peu de chances qu'il en soit autrement. Quel intérêt aurait-il eu à la laisser en vie? Pour qu'elle puisse aller marmonner n'importe quel minuscule détail alors qu'il l'avait pour lui toute seule, et que personne ne semblait sur le point de la retrouver? Alors qu'elle avait appelé à minuit trois, et qu'il était dix heures du matin? A ce stade, la jeune fille souhaitait presque qu'elle soit morte, qu'on ait mis fin à ses souffrances, parce que dix heures aux mains de ce malade? Non. Ca n'était pas le but. Le but était que, elle n'avait jamais été aussi contente de marcher aux côtés d'une inconnue. De ne pas être seule. Sauf si c'était elle et qu'elle venait jubiler, prendre des photos des réactions des gens, mais Willow ne pensait pas à ça. Elle pensait simplement qu'il était plus agréable de s'élancer à la poursuite d'une tueur en série à deux que toute seule.

«Saine et sauve?» Elle fit écho à la photographe, surprise. Quelles étaient les chances? Elles étaient nulles, du moins en ce qui concernait Willow. Elle ne voyait pas comment il était pensable que la jeune femme, ayant appelé à l'aide à 00h03, soit en vie, alors saine! L'expression lui aurait presque fait grincer les dents, mais elle n'était pas là en tant que personne. Elle était là en tant que force de l'ordre. Elle se devait de les représenter, au moins un peu. Ils cherchaient un cadavre, eux aussi, mais ils ne pouvaient pas abandonner absolument tout espoir de la retrouver en vie, sinon, à quoi bon organiser une battue? A quoi bon réunir des centaines d'empreintes pour venir ruiner d'éventuelles preuves? Non, ils devaient se permettre d'y croire. Si elle avouait à Zoey qu'il n'y avait pas d'espoir, qu'est-ce qui empêchait la jeune femme de faire demi-tour, et de la laisser patauger seule dans la boue ? Combien d'entre eux étaient là pour sauver quelqu'un? Combien venaient à la chasse au cadavre ? Pas qu'elle soit effrayée de rester seule, bien sûr. Mais il y avait ces picotements à l'arrière de la nuque, ceux qui vous disent que tout va mal, et que vous ne pouvez ignorer complètement. Ceux qui vous disent que vous n'êtes pas seul(e). Willow pouvait sortir une réponse typique des autorités qui n'en savent rien, comme ce qu'on entendait à la télé. «Les chances sont minces, mais elles exist-... »

Elle s'arrêta net, attrapant instinctivement le bras de Zoey pour qu'elle fasse halte à ses côtés. Plissant les yeux, elle se pencha vers le sol, elle n'était pas certaine de vouloir voir ça. Là, par terre, un peu à l'écart, une branche. Soit. Soit. Tout allait bien, alors ? Une branche, dans une forêt. Elle inspira et expira profondément, et tira sur sa manche pour saisir l’extrémité du morceau de bois sans s'impliquer. Tout traversait son esprit à toute allure. Il me faut des gants, ils vont trouver mes empreintes, la fille est morte, je vais mourir, qu'est-ce que je fais, qu'est-ce que je fais, qu'est-ce que je fais!! «C'est... plein de sang.» C'était un constat sans équivoque et elle était presque certaine qu'il lui fallait une médaille. Non, elle ne pensait à rien de tout ça. Si elle avait été douée, si elle avait su, elle aurait pu suivre la trace, prélever un échantillon, garder son sang-froid, trouver la victime. Pour l'instant, pour quelques secondes, minutes, elle ne put que lever les yeux désespérément vers Zoey, tenant toujours la branche par une extrémité, le sang tachant son gilet bleu. Elle se sentit complètement impuissante, esseulée et désespérée pendant une, deux, trois, quatre, cinq secondes. «Il faut qu'on trouve où ça mène.» La détermination reprenait le dessus. La rage de vaincre. «Sauf si tu préfères rattraper les autres?» Ca lui importait peu à présent, elle avait une piste.

Willow reposa la branche presque exactement là où elle l'avait trouvée, histoire d'avoir un point de repère si jamais elles finissaient par se perdre. «Tu peux peut-être photographier ça, par contre?» Willow admit ça à contrecœur. La jeune policière hésita à nouer son gilet autour d'un arbre pour attirer l'attention d'autres, mais ils penseraient que c'était celui de la victime et cela lui amènerait sans doute plus de problèmes que de solutions. Elle reprit ensuite ses recherches, peinant à distinguer quoi que ce soit au milieu de la boue et des branches. «Par là, je crois...» annonça-t-elle en s'enfonçant dans la forêt. Ce dont elle était à peu près certaine, et c'était la seule chose dont elle était certaine, c'est qu'elles ou qu'elle n'allaient pas dans la même direction que les autres. Ils finiraient sûrement par se rejoindre, pas vrai? Elle aurait vraiment aimé avoir Jesse sous la main, là, tout de suite. Les traces de pas semblaient formelles. Qui suivait qui, au final?
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 31 Aoû - 23:46

Jesse était déjà venu dans cette partie de la ville. Bien entendu qu’il était déjà venu ici, il connaissait Fairhope comme sa poche. Et pourtant… Pourtant la ville brillait sous un jour nouveau, pourtant ils avançaient tous comme des ombres dans le brouillard tissé par le Poète. Il devait les observer… Il ou elle d’ailleurs, Jesse n’en savait rien dans le fond et ça l’énervait. Profondément. Il se sentait épié, observé et en même temps, il ne pouvait pas vraiment se retourner et voir qui l’observait au loin. Parce qu’ils n’étaient pas plus avancés qu’au début de cette affaire et que ça aussi, dans le fond, ça l’irritait. On lui avait dit d’être patient, ses supérieurs lui avaient affirmé que le Poète finirait par commettre une erreur. Il faisait tous des erreurs pas vrai? Jesse avait envie de rouler des yeux et leur faire comprendre que non, il ne pouvait pas vraiment traiter cela comme une affaire de meurtre banale. Trois ans que ce salopard leur filait entre les doigts, si les méthodes normales fonctionnaient vraiment, il serait déjà derrière les barreaux et la petite ville tranquille serait de nouveau tranquille. Donc non, les méthodes conventionnelles ne marchaient pas. Et Jesse ne pouvait pas refaire le monde alors qu’il s’avançait dans cette forêt au sol boueux. Il marcha sur une branche qui craqua un peu trop fort à son goût et il tourna la tête à sa droite puis derrière lui. Son coeur s’accéléra bien malgré lui, la simple résultante de la fatigue et de la marche. Il était alerte, il remarquait tout, sa gorge le lançait parce qu’il avait soif et son uniforme était trop lourd sur son dos.

Etre seul dans ce genre de situation était une erreur, il savait que Denis était resté en arrière. Le blond avait juste quelque chose, de sa carrure à son sourire, il était devenu champion dans l’art de rassurer les gens. Heureusement, il assumait bien ce poste, c’était difficile avec un co-équipier comme Jesse. Ce n’était pas que le brun était accro à l’adrénaline non, il aimait juste être utile. C’était pour ça qu’il était flic. « Hey Pearson! » Le métis venait d’apercevoir une silhouette familière, là, parmi les arbres aux allures plus décharnés et plus squelettiques que d’ordinaire. Pas de doute, son imagination lui jouait des tours mais il rejoint tout de même Jayla et les trois civils qui l’accompagnaient. Jesse ne leur prêta absolument aucune attention, il n’était pas là pour jouer les bons samaritains aujourd’hui. Non, son boulot était de retrouver la disparue, les messages réconfortants viendraient ensuite.  « Enfin un visage connu j’ai l’impression de ne voir que des civils depuis ce matin. » souffla Jesse en se penchant vers la technicienne. Dire qu’il connaissait Jayla était un bien grand mot. Ils se fréquentaient depuis l’époque du lycée et pourtant, ils se contentaient toujours de se saluer de loin. De temps à autre, le brun lui laissa un café sur son bureau, en souvenir du temps où ils se racontaient leurs problèmes respectifs et où ils pouvaient refaire le monde assis sur un banc. Cette époque semblait tellement loin à présent.  « … Des civils et notre célébrité locale bien entendu. » termina amèrement Jesse. Il avait aperçu Peter avant de rentrer dans les bois. Bien entendu que cette vermine ambulante était là avec sa caméra. Encore une chose dont Jesse refusait de parler. Mais… Il pouvait ignorer le journaliste le temps d’une matinée, il avait mieux à faire là tout de suite.

Il emboita donc le pas de Jayla, son regard à l’affut du moindre élément crucial à leur recherche. Il s’arrêta une première fois alors qu’une sonnerie de portable retentissait dans les bois, une des personnes qui les suivait visiblement et une autre fois lorsqu’il entendit le bruit distinctif de quelqu’un qui manqua de tomber sur le sol -Liam & Aiden-. Jesse ne put réprimer le soupir qui finit par s’échapper de ses lèvres. Principalement de la fatigue et de la frustration. Il était debout depuis plus de douze heures maintenant et sa patience était complètement épuisée. « Dis moi que je ne suis pas le seul à ne pas être enchanté de voir autant de monde ici… Je trouve que c’est juste une mauvaise idée. » Ils n’avaient pas besoin d’amateurs pour ruiner leur scène de crime, absolument pas. Pas besoin qu’on piétine les indices ou qu’on les prenne en photo. Dans la tête de Jesse, tout ceci allait mal se terminer.  « Mais promis si je trouve quoi que ce soit, je laisserais la technicienne que tu es s’en charger et je ferai tout pour éloigner toute personne qui ne porte pas un uniforme. »  Lança t-il, toujours en parlant à Jayla. Le temps semblait être contre eux, ça Jesse en était certain, le Poète avait une longueur d’avance.

La question était de savoir où est-ce que ce jeu de piste allait les mener.

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Sujet: Re: • Willow Lake SearchMar 1 Sep - 3:07

Les alentours du Willow Lake étaient, d'ordinaire, sources de relaxation, d'apaisement. Aiden pouvait se promener sous les arbres, s'arrêter au bord du lac. Prendre le temps d'humer l'air frais. Laisser la paisibilité calmer les nerfs, détendre le visage, apaiser les maux. Laisser la nature reprendre ses droits, reprendre le devant de la scène. Se promener dans la forêt, regarder les oiseaux, les couleurs, les feuilles des arbres rougissantes aux prémices de l'automne. Flâner au milieu des arbres centenaires et réfléchir à la vanité de la vie, à la petitesse de n'importe quelle entreprise. Réaliser, avec un effroi grandissant, que l'on n'est rien, que l'on ne sera jamais rien et que tout perdurera après tout, nous balayant comme si nous n'avions jamais existé. Etre saisi d'angoisse devant l'immensité, devant la toute-puissance de la nature. Ensuite, évidemment, manquer d'air, voilà un comble, et paniquer à l'idée d'être enfermé dans une forêt qui ne sentirait pas une pauvre bête coincée entre ses branches. Débouler sur une sortie par hasard et mettre soixante dix-sept minutes à s'en remettre. Rien qu'une balade ordinaire, en soi.

Alors imaginez la même promenade, sans les couleurs chatoyantes des feuilles, les pieds dans la boue, un tueur aux trousses, un cadavre dans le sillage, et avec la peur au ventre. A présent, multipliez ce sentiment de malaise par dix, et vous approchez de la moitié de la terreur ressentie par Aiden alors qu'il s'enfonçait dans les bois avec des inconnus. Il n'aurait pas été jusqu'à dire qu'il avait les jambes tremblantes et le cœur affolé, mais c'est sans doute parce que personne n'aurait prêté attention à ce qu'il disait. Chacun était dans ses propres investigations, ou du moins ses propres pensées, conversations et autres occupations, et le britannique était concentré uniquement sur sa survie et sa respiration. Ce qui, si on lui demandait son avis, était déjà pas mal. Il aurait voulu s'enfuir en courant dans l'autre sens, mais il avait peur de ce qu'il pouvait y avoir derrière eux, maintenant qu'ils étaient plus loin dans les bois. Il allait être obligé de les suivre jusqu'au bout, à présent. Il ne pouvait pas risquer de se perdre ou de se faire attaquer. La forêt semblait plus menaçante encore que d'habitude. Tout semblait plus imposant, plus étouffant. Peut-être que le ciel gris et la pataugeoire qui servait de sol n'aidaient pas. Le ciel était lourd, bien qu'il ne pleuve plus. L'air était lourd, mais c'était peut-être juste le ressenti d'Aiden qui entrait en compte. L'instinct grégaire s'était apaisé, et, finalement, il aurait souhaité être resté là-bas, parfaitement figé, à attendre, seul. L'inéluctable, la mort, l'assassin, la morte. Mais il ne l'avait pas fait, et tout ce qu'il lui restait à faire, c'était espérer de toutes ses forces qu'il ne tombe pas dessus.

Tout à coup, elle le tira violemment vers le bas, le faisant glisser. Il tenta, assez vainement, de regagner ses appuis, mais finit inévitablement par s'écrouler dans la boue. Il se débattit pour reculer vivement, voulant échapper à la poigne d'acier de la dépouille. Qui était en fait un homme, tout à fait vivant, en blouse blanche, ou initialement blanche, puisque la boue n'avait pas épargné l'autre individu qui avait entraîné Aiden dans sa chute. "Qu'est-ce que vous me voulez?!" demanda-t-il précipitamment. Il sauta sur ses pieds, prêt à se défendre ou détaler, sachant qu'il aurait plus rapidement tendance à choisir la seconde option. Puis l'idée lui apparut comme un miracle. "Oh, désolé," continua-t-il. Ne pas éveiller les soupçons. C'était la clé. Si c'était un piège, il ne devait pas tomber dedans. S'il voulait l'attirer pour l'étouffer dans la boue ou l'assommer à coups de pierre, ou dieu sait quelle autre méthode barbare, il ne devait pas montrer sa peur. Les prédateurs pouvaient la sentir. Il n'alla pas jusqu'à offrir son aide à l'autre homme, qui, d'ailleurs, dénotait fortement avec l'atmosphère, avec l'environnement. Quoi que s'il ajoutait son cadavre à celui à trouver, au moins les autres ne seraient pas venus pour rien. Un frisson. "Ils vont s'éloigner, on ferait bien de pas perdre de temps." Il aurait voulu éviter de tourner le dos à un potentiel ennemi, mais se retrouver seul avec ne semblait pas être une bien meilleure option, aussi se remit-il en chemin, trottant presque pour rattraper Jesse, qui était le seul visage connu du lot. Les quelques foulées précipitées n'étaient pas nécessaires, et il rejoint son troupeau rapidement. Même si troupeau était un bien grand mot pour désigner les deux chefs de file et les quelques autres brebis éparpillées derrière. Surtout, l'important était de rester derrière, et de ne pas les perdre. Le reste finirait par se résoudre tout seul, pas vrai? Ou il pouvait aussi s'enfuir pendant qu'il était encore temps et avant qu'ils ne lui révèlent être tous des complices du Poète. Mais il fallait encore qu'il y réfléchisse.
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchMar 1 Sep - 18:29

Il avançait vite, ses yeux voletaient d'une branche à un talus en passant par le moindre recoin à la recherche d'un bras décomposé ou d'un visage blafard. Il ne voulait qu'une chose, retrouver cette idiote. Il espérait qu'elle soit morte, une autre victime dans laquelle il pourrait puiser d'importants indices qui le conduirait jusqu'au Poète, ma foi si cette greluche en avait réchappé...tant pis. Plus le groupe devant lui avançait dans les bois plus l’atmosphère se faisait oppressante, en dehors des appels plus ou moins lointains des sauveteurs policiers et civils, la nature semblait comme endormie, à croire que les piafs sentaient l'hostilité. On parle souvent de ce fameux 7eme sens des animaux. Y a qu'a voir quand se profile des tornades ou des tremblements de terre. Il faut croire que l'homme n'a pas cet instinct de survie. Ou peu. C'est pour ça qu'on se retrouvait avec des cadavres de femmes au beau milieu des bois, même pas fichues de se défendre par elle même. Mais quelle joie et quel bonheur que de se pencher au dessus d'elle et de mesurer toute l'étendue de sa bêtise et de contempler cette chaire blanche à la recherche de la moindre trace. Tout à ses pensées il n'avait même pas remarqué qu'il avait distancé son garde du corps, qui devait traîner la patte sous le poids de son matériel, pauvre chose si fragile. Il c'était engouffré sous l'ombre des arbres sans s'en apercevoir. Il avait laissé de côté sa mauvaise humeur pour se concentrer sur d'autres points bien plus cruciaux. Comme par exemple la nouvelle phrase que le tueur laisserait sur le corps. Il avait encore en tête le dossier de la petite Rose Howard, ce même dossier qu'il avait rangé avec beaucoup de soin sur l'étagère de son bureau avant de le photocopier pour son petit plaisir personnel. Cela faisait presque 2 mois qu'il n'avait rien à se mettre sous la dent et cette attente était de plus en plus insoutenable au fur et à mesure que les cadavres s'empilaient dans les chambres froides.

« Nom de... »


Son pied s'enfonça un peu trop loin dans un tas de terre meuble, lui faisant perdre l'équilibre de façon très impromptue. Son bras se tendit par réflexe agrippant au passage la première chose un toi soit peu solide, qui, l’espérait il, l’empêcherait de finir dans la boue. Peine perdue. Il sentit le poids s’affaissait avec lui, tandis que ses yeux se rapprochaient un peu trop près du sol. Il parvint tout de même à éviter le pire, son genoux droit buta violemment avec le sol, lui arrachant une grimace, mais sa tête conserva toute son intégrité. Il allait pester violemment contre cette fichue branche incapable de le sauver de cette humiliation quand, levant les yeux, il se rendit compte que c'était tout une personne qu'il avait entraîné avec lui dans sa chute. Personne ma foi un brin sur la défensive. Il resta muet face à son interlocuteur surprise, qui devait l'être autant que lui au final.

« C'est plutôt à moi de m'excusez pour le désagrément... »

Le jeune homme devait avoir au moins une dizaine d'année de moins que lui et après de brèves excuses détala comme un lapin vers les autres membres du groupe un peu plus en avant, laissant Liam se relever seul et pester contre le monde entier. Ne pas s'éloigner des autres...mais enfin que croyait il ce mioche ? Que l'on se trouvait dans la forêt du grand méchant loup ? Qu'il était la version masculine du petit chaperon rouge ? Il passa une main nerveuse sur sa blouse avant de pousser un soupir de découragement. Il vit son camarade d'infortune rejoindre un policier situé devant lui. Se remettant en route, sa monotonie brisée, il ne laissa voir sa mauvaise humeur, reprenant le masque impassible qu'on lui connaissait habituellement. Il ne rêvait actuellement que d'une chose, prendre un café glacé, les yeux plongés au dessus d'une montagne de paperasse. Son pas s’accéléra davantage à la promesse de cette alléchante gourmandise et cette promesse de calme.

« Vivement qu'on la trouve et qu'on me l'embarque dans un camion réfrigéré celle là. »

Et cette pensée le fit sourire en coin. Se dégageant de la partie boueuse et de tout autre terrain où il aurait pût y laisser encore un peu plus de son pantalon ou de sa blouse il s'enfonça davantage dans les bois, laissant son esprit vagabonder au loin.
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchMar 1 Sep - 21:01


    Il est neuf heures quand Imogen prend connaissance des derniers évènements. Si seulement elles pouvaient être bonnes…  Avec le recul, elle a appris à ne plus chercher la moindre info sur le Poète, sur Fairhope. Faire sa vie loin de tout ce boucan autour du tueur, c’était pour le bien de sa santé mentale. Elle peignait moins de toiles en rapport avec son agression, elle dormait mieux, elle mangeait mieux. Alors ne pas regarder le journal télévisé, ou taper son nom sur un moteur de recherche, c’était ce qu’elle avait fait de mieux jusque-là. Du moins, c’est ce dont elle voulait se persuader.

    Fairhope Avenue était plutôt calme pour un vendredi matin. A cette heure-ci, les rues sont un tantinet animées, en général. Parfois même, Immy doit arrêter son footing pour ne pas être gênée par les passants. Sur le chemin du retour pour son appartement, la jeune femme profite de ce calme étrange pour s’arrêter chez la fleuriste du coin, Madame Kingsley. Une bonne femme, soixantaine, les cheveux tout juste grisonnant. Quelques mots échangés entre elles, et les voilà qu’elles parlent du Poète. Jamais Imogen n’a réellement eu l’occasion de discuter de cela avec quiconque, excepté son père.

    - Vous êtes au courant ? Une jeune fille vient de disparaître. Ils pensent qu’il est derrière tout ça.
    - Et toute la populace est partit à sa recherche hein, répondit l’artiste avec sarcasme et hésitation.
    - C’est bien ça, figurez-vous. Ils sont tous partit au Willow Lake, apparemment. La police est déjà sur les lieux. Peut-être que les recherches seront plus fluctuantes, je ne sais pas, commenta la fleuriste d’un air pensif.

    Imogen aurait préféré avoir tort. Elle aurait préféré qu’on lui dise que tout ça n’était qu’une blague. Que le Poète avait enfin arrêté, qu’il s’était caché pour ne plus recommencer. Mais à trop prendre ses rêves pour des réalités, la jeune femme se voit affronter de nouveau ses vieux démons. Il est toujours là, évidemment. Il s’en était pris à une gamine, il y a quelques mois de ça. La pauvre enfant.

    - Excusez-moi Madame Kingsley, je dois y aller.

    Et sans attendre plus longtemps, la brune quitta la boutique pour rejoindre son appartement au plus vite. Il fallait qu’elle retrouve les habitants et qu’elle participe aux recherches. Il fallait qu’elle retrouve cette pauvre fille.

    *****

    Il est près de midi passé lorsqu’Imogen arrive sur les lieux. Les voitures de polices sont garées, et tandis que certains officiers restent près de leurs véhicules, d’autres errent un peu plus loin. Elle aperçoit des habitants, qui discutent entre eux, avec les autorités, là, au milieu des bois. La jeune femme ne reconnait personne, du moins à première vue. Elle voit seulement des têtes, des curieux principalement, qui doivent certainement se demander ce qu’ils font ici. Elle-même se pose cette question. Qu’elle idée d’impliquer les habitants dedans ? Parce qu’elle en est sûre, il est là. Quelque part. Il a besoin de voir toute cette agitation autour de lui. Et tout le monde vient de se jeter dans la gueule du loup. Elle pourrait en dire de même pour elle, mais… mais c’est différent. C’est par nécessité personnelle. C’est sa première chance, pour faire avancer les choses à sa manière. Peut-être trouvera-t-elle un indice, sur le chemin.
    Pour se donner le courage d’avancer, Imogen se doit de prendre une grande inspiration. Là, elle remplit d’air ses poumons, et expire plus lentement. L’idée de faire quelque chose en rapport au Poète lui donne des sueurs froides. Voilà pourquoi elle avait refusé de venir au Ruth Williams Charity Ball, quelques mois avant. Là aussi elle n’était pas sûre de vouloir être entourée de toutes ces personnes. Sauf que cette fois-ci, c’était l’occasion en or. Il avait certainement fait une erreur. Dans l’urgence du moment, il aurait laissé tomber quelque chose. Ou elle, peu importe.

    Sans traîner des pieds plus longtemps, Immy avança enfin, d’un pas plus déterminé. Plus assuré. Au moins, s’il était là, il verrait qu’elle allait très bien. Qu’elle n’avait pas du tout peur. En avançant au fur et à mesure, elle aperçoit Tobias. Le type qui est venu toquer chez elle pour la remercier. Le mec bizarre qui lui a offert un gâteau. Au moins ses intentions étaient tout à fait honorables. Il était avec cette jeune femme (Désirée), une belle blonde plantureuse. Elle faisait presque tâche dans ce tableau sombre. Une tête à être journaliste, avec cet air affuté. A la recherche du détail, de l’info. Mis à part Clyne, Imogen ne connaissait personne dans le groupe. Mais elle fut rapidement tirée hors de ses pensées, en voyant cette autre femme, un peu à l’écart, en train de prendre des photos. Travaillait-elle pour le journal local ? C’était tout de même curieux, de prendre des photos pour un autre usage, sinon. Il n’y avait absolument rien de fantastique, dans ce décor. Juste des hommes et des femmes, réunit pour un même but. Une première, il fallait le souligner. C’était peut-être pour ça, qu’elle prenait des photos. Quoiqu’il en soit, une autre femme, plus jeune, la héla pour arrêter d’utiliser son appareil photo. Une policière ? Tiens, c’est curieux. Les rangs de la police avaient grandi en deux ans, on dirait.

    Des groupes commençaient déjà s’enfoncer dans les bois, alors l’artiste peintre ne perdit pas une seconde pour rejoindre les deux femmes. Aléatoirement. Elles avaient l’air d’être bien partie. Puis, une photographe et une policière, ça pouvait être utile pour avancer la recherche. C’est à ce moment qu’elle réalisa qu’elle n’avait rien sur elle. Pas de boussole, pas de lampe, pas de papier note. Rien. Une vraie touriste. Dans un soupir, elle suivit les deux femmes, un peu en retrait. Pour ne pas les déranger, pour ne pas s’immiscer dans le groupe. Elle n’avait rien pour être utile, pour le moment.Elle qui pensait qu'elles ne trouveraient rien de particulier... La plus jeune du groupe tombe finalement sur une branche ensanglantée. Cette vision déclenche des frissons qui lui parcourent l'échine, de la tête aux pieds. Elle se rappelle de son propre sang, par terre dans son atelier, sur sa peau taillée à vif, ses vêtements, ... Les mots lui manquent presque. Entre parler et régurgiter son petit-déjeuner, son coeur balance.

    - Vous... Vous ne pensez pas qu'on devrait... récupérer ça ? J'en sais rien, le prélever en guise de preuve... Pour ne pas le laisser traîner. Une bête pourrait peut-être passer et tout foutre en l'air, ajouta-t-elle pour justifier son intervention en suivant la policière et la photographe plus loin dans les bois.

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Sujet: Re: • Willow Lake SearchMar 1 Sep - 21:34

Le temps que met Willow à répondre en dit long. Oui, d'accord, ma question était stupide, naïve. Ce qui est, en soi, un bon signe, non ? Je ne suis pas totalement défaitiste, peut-être même que j'ai toujours une étincelle d'innocence, enfouie quelque part en moi, une étincelle qui aurait survécu aux coups portés, aux services sociaux peu efficaces, à la jungle new-yorkaise. J'ai peu de cicatrices physiques, la majorité est psychologique. Ne pas se fier aux apparences. Elles sont trompeuses, dangereuses et peuvent vous foutre dans le pétrin. Si une personne semble blanche comme neige, elle peut tout aussi bien masquer un côté sombre que vous ne voulez jamais découvrir. Comme ma mère. Comme le gars, à première vue sans histoire, que j'avais rencontré à mon arrivé à New-York et qui s'était révélé être un dealer manipulateur en quête de nouveaux clients. Comme le type débonnaire qui vivait dans mon immeuble et qui a été arrêté pour pédophilie. Alors ouais, j'ai quelques difficultés à faire confiance, je ne suis pas facile d'approche, je montre parfois un peu trop vite les dents. Les gens s'y cassent les leurs, perdent parfois patience. Mais c'est malgré tout un bon moyen, aussi, de voir qui en vaut la peine, qui s'accroche assez dans ce monde où l'éphémère domine, où tout n'est plus que question de nombre d'amis sur facebook, de followers ou d'abonnés sur les autres, où on ne se connaît plus vraiment, où on limite les efforts, où on se contente de peu, de temporaire. Je ne critique pas, je comprends l'attrait des réseaux sociaux, ils me sont utiles dans mon métier, pour percer, mais les amis, la famille, ce sont ceux qui se pointent lorsqu'on les appelle en urgence, même à une heure du matin. Ceux qui sont présents y compris dans les pires moments, quand vous n'êtes pas de bonne compagnie, quand vous luttez pour garder la tête hors de l'eau, et non ceux qui vous tolèrent tant que vous êtes divertissants mais qui vous délaissent dès que vous avez un coup de mou. La confiance, comme l'amitié ou l'amour, ça se travaille, ça se cultive, ça ne tombe pas du ciel. Ça demande du temps, de la sueur. Et il paraît que je suis douée pour faire suer les gens, hé. Cependant, depuis mon retour, je tente d'être moins dure, plus ouverte. Mais je sens que Willow ne va pas me faciliter les choses. On semble aussi perdues l'une que l'autre dans cette histoire de famille, aussi peu douées niveau relationnel. Donc, oui, je parle à l'apprentie flic et non à la cousine. Et, en toute logique, elle me répond comme telle. Avant de s'interrompre, avant de m'attraper.

Etant donné le contexte, son uniforme, un frisson me prend violemment et je me fige. Je me retiens de hurler des '' QUOI ? QUOI ?! '' paniqués, mais ça n'aiderait personne, surtout pas moi. C'est Willow qui aspire au badge, aux responsabilités qui vont avec, dont celles de défendre et protéger. Je calme mon palpitant à coup de longues inspirations, reste stoïque, les pieds plantés dans le sol tandis qu'elle se penche, qu'elle observe quelque chose qui échappe à ma vue. Lorsqu'elle parle de sang, le mien quitte mon visage, je deviens livide. Un sentiment débile de culpabilité me prend aux tripes, m'accuse d'avoir tout déclenché avec ma question idiote. Je reste interdite lorsque je vois enfin le bout de bois et ce rouge opaque qui le macule. La vue du sang ne me dérange pas, cela ne m'a jamais dérangé, le sang c'est naturel, au fond. Se couper, voir une goutte perler, ça ne me fait ni chaud ni froid. Mais ce sang-là... Est-ce le sien ? Il y en a beaucoup, trop. Sur une putain de branche, dans les bois. J'ouvre la bouche à plusieurs reprises mais rien n'en sort, seul l'air rentre. Qu'attend-elle de moi à me regarder, bon sang ?! Et je manque de m'étrangler face à son idée. ''On'' ? Une minute ! Je ne suis qu'une simple photographe, pas Columbo. Je ne suis pas non plus une froussarde, le problème n'est pas là. J'ose me croire à l'abri, ma cousine est là, d'autres ne sont pas loin, donc oui, je pense être en sécurité, ce sang ne me menace pas, il est juste de très mauvaise augure pour la disparue. « Et te laisser seule ? Bien sûr... faudrait pas plutôt appeler du monde ? Signaler la branche avant de faire autre chose ? » J'en suis presque venue à dire d'appeler les adultes tellement je suis perdue. « Appeler les Experts ? Avec leurs mallettes et tout le tralala ? » Participer à une battue, ok. Remonter des traces de sang, moins ok. Mon désarroi ne l'atteint pas, elle semble déterminée. Et, tandis que je m'apprête à répondre sagement à sa requête judicieuse, que je me saisis de l'appareil, que je l'allume, une jeune femme nous rejoint et soulève à son tour le problème de cette foutue branche. « Sinon, on attend gentiment que quelqu'un débarque en sachant vraiment quoi faire de ce truc. » L'union est censée faire la force. Trois cerveaux devraient valoir plus qu'un, pas vrai ? Sauf que nous ne sommes pas préparées à une réelle découverte, clairement. Je mitraille la branche et ce qui l'entoure avant de réaliser que Willow s'éloigne de nous. « Ou pas. » Je suis partagée entre l'envie de rester là, attendre de l'aide, ou coller au train de ma cousine. Je lance un regard hésitant à la nouvelle venue, puis repose mes prunelles sur le bout de bois et pousse finalement un long soupir. « Bon bah... » Je hausse les épaules et suis le mouvement. J'accélère même le pas pour ne pas me faire trop distancer. « Personne n'aurait une radio, par hasard ? Pour les avertir, au moins ? » Je me sens de moins en moins rassurée, pas depuis la trouvaille et ne parlons pas de la tournure que prend cette battue...
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchMer 2 Sep - 0:34

Chaque journée était une page blanche dans sa tête. Chaque page était, à l'origine, organisée par heure et/ou par événement. Ca, c'était le schéma de base. C'était une journée enfermée à l'appartement quand elle n'avait rien à faire, rien à boire, personne à aller voir et qu'il pleuvait des cordes. A la fin de la journée, il y avait dans chaque case un bref résumé de l'heure, et des petits dessins parce qu'elle s'ennuyait. C'était la feuille de base, l'organisation normale des choses. Lorsque c'était plus mouvementé, il y avait des ratures, des débordements, elle écrivait sur la table à côté, elle détaillait, tentait de ranger, d'organiser, d'analyser. Elle essayait de mettre de l'ordre dans ce bazar, elle essayait vraiment. C'était beaucoup moins propres, c'était moins bien noté, les idées s'enchaînaient sans se suivre, il y avait quelques fautes. Bon. C'était acceptable. Aujourd'hui, à peine au milieu de la journée, la page était noircie de mots qui avaient traversé son esprit à toute vitesse. Rien n'avait de sens. Les mots n'étaient pas finis, les idées ne prenaient même pas forme, ne prenaient même pas le temps de naître. Il n'y avait plus aucune place pour la réflexion. Il n'y avait que l'instant, et l'instinct, et ce n'était sans doute pas une bonne chose, étant donné les merveilleuses décisions qu'elle avait prises jusqu'ici et qui l'avaient conduite à cet endroit à cet instant. L'instinct suivait la piste, comme un chien de chasse, mais un chien de chasse sans aucunes compétences en la matière, qui n'avait que la volonté sans être certain que ça suffise. Et l'instant hurlait « Sang » de sa grosse voix crissante dans ses oreilles, tant et si bien qu'il n'y avait plus que ça qui comptait.

«Oui, voilà, fais ça.» Allez savoir à qui ça s’adressait réellement, même Willow n'aurait su le dire. Elle était bien trop occupée à scruter le sol pour déceler de nouvelles traces. C'était sans doute pour la nouvelle venue, vers qui elle n'avait même pas relevé la tête. Quelle nouvelle? Elle n'était pas certaine que c'était bien Zoey qui avait parlé, mais elle ne pouvait pas penser à tout. Elle ne pouvait penser à rien d'autre qu'à sa piste. Oubliée l'inaptitude. Une petite voix tentait vainement de lui faire prendre le temps de considérer ses options, d'être prudente. De ne pas se jeter bêtement dans la gueule du loup, mais le loup l'avait déjà mordue et mâchée depuis longtemps, elle ne le craignait plus. Alors au diable la voix de la raison. Elle jeta un regard en arrière, les maigres leçons qu'elle avait apprises se rappelant à elle. Elle n'était pas certaine de pouvoir laisser des civils, mais elle fut ravie, ce qui était un bien grand mot, de constater qu'au moins Zoey allait la suivre. L'autre inconnue, quant à elle, devait bien les avoir rejoint et dérangées, ou du moins interpellées pour quelque chose. «On devrait éviter de se séparer. Pas de radio, j'ai un sifflet si besoin.» Mais quelle professionnelle elle faisait. Un sifflet, très utile. Histoire de causer une hystérie collective, histoire de déclencher la panique sous-jacente dans ses propres rangs. Oui, c'étaient ses rangs désormais. Mais déjà elle reprenait la piste, s'enfonçant de plus en plus dans les bois bien trop silencieux à son goût. Pas qu'elle s'y connaisse particulièrement en matière de forêt, mais même les écureuils devenaient glauques. Et si l'un d'entre eux avait été éventré par un Poète en colère et disséminé çà et là pour les mener en bateau? Ce n'était pas envisageable. D'ailleurs, elle ne l'avait pas envisagé. Ce n'était qu'un immense gribouillage sur la page du jour.

Une branche craqua quelque part sur sa droite, et Willow aurait vraiment aimé pouvoir porter une arme. Quoi que non, c'était une très mauvaise idée. Elle finirait par avoir plus de victimes que le Poète en un temps record, dont les trois quarts par accident lors de son arrestation pour la première, sans doute. Mais qu'est-ce qu'elle faisait là? Pourquoi venait-elle se traîner dans la boue alors qu'elle n'avait rien à faire là? Le problème était qu'elle n'avait rien à faire nulle part. Cela faisait longtemps qu'elles marchaient, et elle ne savait vraiment pas que la forêt était si grande et menaçante. Et maintenant, elles faisaient quoi, au juste? «Je crois que ça s'arrête par ici.» A dire vrai, elle n'était pas certaine que les traces menaient ici. Elle avait eu l'impression de suivre des traînées, des taches de sang. Ca aurait été dommage de faire tout ça pour rien, tout de même. Trébuchant dans la boue, le nez presque au ras du sol pour déceler quelque chose. «Après, peut-être qu'il y a quelque chose qui peut nous aider quelque part.» Elle se tourna vers ses camarades d'infortune, «On devrait chercher dans le coin, on est peut-être proches.» Bien sûr, peut-être qu'elles n'avaient jamais été aussi loin, mais depuis quand se devait-elle d'exprimer ses mauvais présages au monde? Écoutant ses propres conseils, elle se dirigea vers un petit talus pour l'examiner. «S'il y a un problème, criez. On reste par là de toute façon.» Elle ne savait pas depuis quand elle donnait des ordres, mais personne n'était obligé de l'écouter, après tout, elle ne faisait que son travail. Pour une fois.
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchMer 2 Sep - 3:24

La boue commençait à s’agglutiner sur les semelles de ses chaussures hors de prix, séchant et formant de grosses plaques répugnantes sur le cuir noir d’ordinaire parfaitement ciré. Et Peter avait beau secoué ses guiboles dans tous les sens, cette satanée bouillie ne voulait pas le quitter, ralentissant chacun de ses pas, l’empêtrant un peu plus à chaque fois qu’il reposait le pied par terre, l’alourdissant davantage à chaque fois qu’il tentait d’aller de l’avant. La métaphore était d’autant plus appréciable quand on connaissait l’homme, lui qui servait ce genre de purée infâme et répugnante tous les soirs au moment du dîner aux téléspectateurs affamés qui se tenaient devant leur petit écran, pauvres bestiaux asservis et abrutis qui ne connaissaient visiblement pas mieux. Peter était arrivé sur les lieux depuis trop longtemps ; depuis qu’un collègue lui avait passé un coup de fil peu de temps après minuit pour lui faire savoir qu’il y avait eu une autre victime. Vivante, cette fois-ci. Et qui avait eu le temps de prévenir la police. Le grand blond avait reposé sa bière, la quatrième ce soir-là à en juger par les cadavres qui trainaient sur la table basse de son salon suffisamment grand pour pouvoir abriter son ego. Le reste avait été trop rapide ; ou trop lent sans doute. Une éternité qui lui avait claqué entre les doigts et dans laquelle il était toujours bloqué, empêtré comme dans des sables mouvants, l’état de ses chaussures en étant le parfait exemple.

Un ultime sourire à la caméra et son collègue éteint le projecteur. Coupure pub. Il venait d’interviewer une mère de famille qui se tenait près du lac, l’étendue d’eau calme se trouvant juste derrière elle tandis qu’elle racontait à Peter tous les sacrifices qu’elle avait du faire pour venir ici aujourd’hui. Laisser ses gamins seuls, barricadés dans leur demeure, et appeler son patron pour faire savoir qu’elle ne serait pas présente ce jour-là pour ouvrir sa caisse à la supérette de son quartier. Le journaliste hochait la tête, essayant vainement de chasser sa migraine par la même occasion, se montrant compatissant face à la caméra. Mais en vérité, cette pauvre quarantenaire était bien sotte d’accepter de témoigner à visage découvert pour énoncer toutes ces vérités. Tant pis pour elle, c’était bon pour la ménagère et les affaires de Peter qui avait rendu l’antenne en affirmant que les recherches n’avançaient pas et qu’il espérait pouvoir revenir avec de nouvelles informations après une page de réclames. « Cynthia ? Où est Cynthia bordel, je vais pas me faire mon raccord maquillage tout seul. Et je t’en prie William, arrête de me foutre cette putain de perche dans la face où la prochaine fois je te la bouffe. » Ingrat ? Non, simplement fidèle à lui-même. Il avait l’habitude que le commun des mortels le prenne pour le pire des goujats quand il se montrait essentiellement sûr de lui et de ce qu’il attendait de son émission.

Les nerfs à vifs, Peter quitta le bord du lac pour se diriger vers son propre véhicule en espérant pouvoir y dénicher la moindre dose de caféine qui lui permettrait de tenir dix secondes supplémentaires sans se mettre à hurler et à retourner la boue de ses propres mains. Il croisa le chemin de Willow qui repartait déjà dans l’autre direction, vers la forêt. Peut-être qu’elle ne le remarqua pas. Ou peut-être qu’elle avait décidé de ne pas le remarquer ? Ce n’était pas bien grave dans tous les cas, il fallait juste que le blond trouve un moyen de s’hydrater avant de reprendre l’antenne et… Non. Il s’arrêta net, les yeux rivés sur ses godasses dégueulasses qu’il avait envie d’enlever sur le champs. Après tout, si il les laissait trainer là, il pourrait sans doute prétendre qu’il les avait trouvé, qu’elles appartenaient à la victime et… Non. Encore une fois, non. La disparue était une femme, et Peter était persuadé qu’elle ne chaussait pas du quarante-trois, contrairement à lui. Quelle idée aussi d’être aussi grand. Les mains posées sur ses hanches, le journaliste soupira, tournant une nouvelle fois la tête vers Willow qui s’adressait à… Il la connaissait. Bordel, ce visage lui disait quelque chose. Zoey, non ? Et puis une autre femme, une brune (Imogen), un profil connu lui aussi. Il fallait qu’il les rejoigne, qu’il sache ce qu’il se passe. Qu’il supplie Willow de lui fournir plus de détails sur ce qui était en train de se produire.

Le pas déterminé, il arriva rapidement à la hauteur de la brune -damn, son nom lui échappait, et pas moyen de remettre le nom dessus dans la précipitation- voyant les deux autres femmes disparaitre plus profondément dans les bois. Il baissa la tête, presque essoufflé, passablement étourdi après la nuit qu’il avait passé à ne rien faire qu’attendre, n’ayant rien d’autre à filmer que les gyrophares affolés des voitures de police. « Est-ce que c’est… » Du sang ? Oui. C’était exactement ça. Putain. Putain de… Bordel de merde. « William ramenez vous putain, ramenez vous !! » Il avait hurlé au point de s’en perforer un poumon, ou point de s’en fissurer les côtes. Vite. Son oreillette. « Mademoiselle, il faut vous décaler. On va prendre l’antenne d’ici une seconde. », dit-il en s’adressant à Imogen, se voulant le plus aimable et le plus rassurant possible ; il se souviendrait de l’endroit où il l’avait croisée une autre fois. Son micro. Vite. Le projecteur. La caméra. Retour dans cinq, quatre, trois, deux…

« Ici Peter Howell pour Fairhope News, en direct du Willow Lake où la battue a actuellement lieu. Je peux dors et déjà vous faire savoir qu’il y a du nouveau ici, nous avons trouvé une branche qui aurait pu servir au tueur pour frapper la victime. Rien ne nous indique qu’il s’agisse du sang de cette dernière, mais les images parlent d’elles-mêmes. Attention, merci d’éloigner les plus jeunes des écrans de télévision. Âmes sensibles s’abstenir. » Willow allait le tuer. Willow allait l’émasculer et lui faire bouffer ses bijoux de famille quand la population viendrait rapidement se regrouper autour de ce fichu bout de bois. Mais Willow n’était plus dans les parages, alors tant pis pour elle, et tant mieux pour Peter dont l’équipe essayait de rassurer la foule qui commençait à s’agiter en s'attroupant petit à petit à ses côtés.

Et si cette branche n’était qu’un piège ? Un appât posé là par le tueur pour faire diversion ? Et si le véritable danger était ailleurs ? Ou pire encore, juste sous leurs pieds, prêt à leur exploser à la figure, faisant des dizaines de morts et de blessés en un instant ? Le sang de Peter ne fit qu’un tour.

Et s’ils mourraient tous par sa faute ?

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Sujet: Re: • Willow Lake SearchMer 2 Sep - 12:04

L'affluence au point de départ de la battue était telle qu'il devenait malaisé pour les policiers de maintenir un semblant de discipline dans les rangs des habitants. Jayla abandonna définitivement l'idée de collecter des indices exploitables. Elle se rappela la mission: priorité était de retrouver une disparue. Pour le reste, ce n'était de toute façon pas dans cette nature sauvage qu'il y aurait les meilleures chances de dénicher un élément qui ferait avancer l'enquête. Se mettant en action, la lab tech rejoignit un trio de citoyens à qui on avait désigné la zone de la forêt.
"Vous êtes de la police?", s'enquit une femme de son groupe qui marchait à sa hauteur.
Les deux autres braquèrent leur regard de leur côté, sans doute curieux de la réponse.
"Pas exactement. Technicienne de labo pour la police technique et scientifique."
Jayla ne s'étonna pas d'avoir été "repérée". Elle ne portait pas sa combinaison intégrale blanche ou un blouson de travail, mais le badge à sa taille et sa sacoche avec un sigle caractéristique donnaient de bonnes pistes sur son affiliation avec les forces de l'ordre.
"Ah!", s'exclama un des deux hommes. "Les Experts.", rajouta-t-il en trouvant judicieux de mettre ses lunettes de soleil avec un air grave et pénétré. Jayla capta l'allusion au personnage de série TV dont l'homme avait fait l'imitation, mais préféra ne rien montrer.
"Faites bien attention à regarder où vous posez les pieds.", mit-elle en garde sur un ton qui ne les encouragea pas à poursuivre sur des babillages.
Il ne s'agissait ni d'une balade champêtre ni d'une journée portes ouvertes de la police, elle n'était pas là pour faire ami-ami ou partager sur l'intérêt de son métier.

Bien engagés dans la forêt, chacun zieutait l'environnement à chaque pas, quand le deuxième homme du groupe poussa un cri de triomphe.
"J'ai trouvé quelque chose, là!", pointa-t-il vers un buisson.
Aussitôt Jayla plongea sa main dans une poche de sa sacoche afin de retirer ses gants.
"Ne touchez à ri-.."
Trop tard. L'homme avait bondi et s'était emparé de sa trouvaille comme s'il participait à une chasse au trésor. Les deux autres s'étaient regroupé vers lui et examinaient tour à tour le butin. Finalement l'objet atterrit dans les mains gantées de la lab tech. Elle reconnut un vieux chouchou. Au vue de son état de saleté, l'attache avait été perdue plusieurs mois, voire années auparavant.
"Vous croyez que c'est à la victime?", questionna la femme, excitée par la découverte.

*Sois indulgente, ce sont des amateurs*, tempéra-t-elle son irritation grandissante.

N'empêche que c'était quand même de sacrés abrutis! Déjà si cela avait été une preuve, ils l'avaient foutu en l'air en le manipulant à plein doigts. Heureusement, ce n'était rien de tel. Outre son usure, le chouchou avait en motif de petites coccinelles… dignes d'un accessoire pour fillette de dix ans à tout casser!
"On devrait le montrer? C'est un premier indice, non?"

*D'accord. Je ne vous suffis pas. Faut aussi que vous fassiez perdre du temps à tout le monde*

"Le journaliste, on devrait lui montrer."
Le visage de Jayla se tendit. Elle n'avait vu dans le rassemblement qu'une manifestation d'un élan de solidarité des habitants de Fairhope. Ces trois-là la déchantèrent. A quoi cela rimait de compromettre une scène de crime pour satisfaire des nigauds en quête de célébrité éphémère? Ce n'était pas dans son tempérament de perdre son sang froid pour si peu, mais le manque de sommeil avait raison de sa patience. Sa désapprobation lui échappa sous un regard noir.
"Écoutez-moi bien. Ce n'est pas un indice. Si vous voulez rendre service, mettez-le à la poubelle et rentrez chez vous, pour ce que vous êtes utiles!", les congédia-t-elle sèchement.
Elle sursauta légèrement quand elle entendit son nom. Elle tourna la tête et aperçut, un visage familier et un repère dans sa vie: Jesse. A son oreille, le policier partagea sa lassitude d'avoir dans les pattes ce tas de civils. Quelques minutes plus tôt, elle aurait exprimé un jugement plus modérée quant à l'utilité des citoyens.
"Ne m'en parlez pas, Officier. J'ai là trois spécimens de premier choix.", grinça-t-elle entre ses dents, mais néanmoins assez distinctement pour être comprise de ses trois comparses.
Dans un contexte officiel, elle adoptait un langage formel pour s'adresser à Jesse et le vouvoiement était donc de mise. Il ne fallait pas se fier à cette formalité pour déterminer la nature de ses relations avec ses collègues. Elle agissait de même avec Sara, qui au vu et au su de tout le monde, était clairement une amie.

Penauds mais en même temps en pétard, les trois citoyens hésitèrent sur ce qu'il y avait de mieux à faire, finalement, ils rebroussèrent chemin. Si un micro leur passait sou nez, ils ne se gêneraient sans doute pas pour vider leur sac et fulminer contre l'ingratitude de certains représentants des forces de l'ordre. Pas mécontente d'en être débarrassée, Jayla les observait encore s'éloigner quand le policier releva la présence du journaliste Howell.

*Ah oui celui-là, comble de tout!*

Mais elle réprima son exaspération; ils avaient des fouilles à reprendre. Qu'importe le cirque que devait faire Howell devant sa caméra, tant que cela n'empiétait pas sur les recherches.
"Toute cette boue nous fera peut-être la faveur de le faire s'étaler en direct.", se contenta-t-elle de souhaiter en esquissant un petit sourire dans lequel transparaissait de la malice.
Elle ne se douta pas que quelque instant plus tard, sa malédiction s'exauça sur une cible un peu en arrière de Jesse et elle. Elle ne sut pas non plus que la victime n'était autre que ce crâneur de Liam Haynes, sans quoi son sourire aurait découvert ses dents…

Jesse soupira et exprima sa contrariété quant à l'utilité du renfort apporté par les habitants.
"Si ruiner une scène de crime est le prix pour la retrouver vivante, ce n'est qu'un moindre mal, tu ne penses pas..?", fit l'experte criminalistique sans relever la tête de son inspection.
Mais elle l'entendait bien le manque de conviction dans ses propres paroles. Plus les heures s'écoulèrent, moins les pronostics étaient optimistes. Les statistiques tendaient à montrer qu'il n'y avait déjà plus d'espoir avant même le début de cette battue.
"Les voies d'en haut sont impénétrables.", fit-elle en parlant de la hiérarchie et des enjeux à gérer qui dépassaient le cadre de l'enquête même.
Nul doute que les autorités avaient dû mettre la pression sur le chef de la police pour qu'il donne un signe fort à la population.
"Si tu veux mon avis, cette battue est un coup d'épée dans l'eau. Une mise en scène politique pour redonner un semblant de pouvoir d'action aux habitants."
Elle espérait que cela en vaudrait le coup et que l'enquête n'en pâtirait pas trop.

Le policer arracha un sourire à la jeune femme, toujours le nez plongé dans les feuillages et les bottes enfoncées dans la vase.
"Et moi je promets, si le Poète se pointe devant nous, de laisser le héros que tu es, te charger de lui faire avaler la boue."
Soudain, son sourire s'évanouit. Elle crut que le serial killer avait répondu à son appel en voyant déboulé un homme seul. Le jeune homme ne semblait pas vraiment menaçant, mais paraissait tout de même louche. Elle jeta un coup du côté de Jesse pour essayer de déceler ce que le policier en pensait de ce type.
"Vous allez bien?", demanda-t-elle pour commencer, interloquée par la nervosité que l'homme dégageait… Et toute la boue qui entachait ses vêtements.
Avait-il été attaqué? Ou avait-il attaqué quelqu'un… et s'apprêtait-il à recommencer avec eux?
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchMer 2 Sep - 13:37

Il ne voulait plus avancer. Non vraiment, à quoi bon ? Pour trouver quoi ? Le cadavre d’une victime supplémentaire ? Et qu’est-ce qu’ils feraient ensuite ? Tobias récupérerait le corps. Il n’y avait pas d’autre solution, pas d’autre alternative envisageable. Il ne prendrait même pas le temps d’examiner la scène de crime et se saisirait du cadavre, la gardant entre ses bras pour la rassurer une dernière fois avant que son âme s’échappe et qu’elle rejoigne les souvenirs d’un être aimé afin de les hanter. Il fallait bien quelqu’un pour la border, pour la guider jusque dans le monde des morts, là, six pieds sous terre, sous ce manteau de boue dans lequel ils pataugeaient en espérant qu’il la retrouverait en vie. Pas Tobias. Il préférait qu’elle soit déjà morte, qu’elle n’ait pas à souffrir les questions des vivants, qu’elle ne soit pas contrainte d’offrir ses larmes au reste du monde, à cette population trop inhumaine pour comprendre ce qu’elle avait vécu. Tobias la prendrait sous son aile comme on prend un enfant égaré par la main pour le ramener à ses parents. Seulement, lui, il la mènerait vers la mort afin de la déposer en son sein. Voilà la seule chose qui le tenait encore debout, chaque mouvement se voulant presque mécanique à force de se débattre avec la terre humide qui lui collait aux basques. Soldat de chair et de sang avec un peu trop de plomb dans la tête, il marchait au pas, le sol marquant le rythme avec lui.

Tobias baissa les yeux vers sa boussole. Sa boussole, elle n’appartenait à personne d’autre et le secrétaire avait déjà oublié à qui il l’avait subtilisée. Avec un peu de chance, il s’était sûrement mis dans le crâne qu’il l’avait trouvée chez lui, quelque part dans un coin de sa maison, entre deux coussins du canapé sans doute, ou juste à côté de ses clés de voiture qu’il avait confié à Désirée pour qu’elle les conduise ici. Dans le fond, ce détail-là n’avait pas d’importance. La seule chose qui en avait, c’était cette aiguille. Cette fichue pointe qui s’agitait dans tous les sens. Ou peut-être qu’elle restait au même endroit tandis que Tobias faisait tourner l’objet dans ses mains ? Dans tous les cas, le brun enrageait, grognant et marmonnant des termes incompréhensibles ou qui n’existaient tout simplement pas. Il en avait oublié Désirée. Juste l’espace d’un instant, une fraction de seconde, mais il avait réussi à s’ôter Désirée de l’esprit en se concentrant sur sa boussole.

Jetant un rapide coup d’oeil derrière son épaule, Tobias constata rapidement que Désirée ne l’avait pas suivi, qu’elle s’était même retrouvée bloquée dans la boue, à quelques mètres de là. Revenant sur ses pas, relevant parfois la tête pour voir comment la blonde allait bien pouvoir s’en tirer, ses yeux continuaient inlassablement de se poser sur sa boussole. Il ne savait même pas si Désirée l’avait appelé pour qu’il ralentisse, pour qu’il fasse demi-tour pour venir la sortir de ce piège ; il ne connaissait plus rien à part cette fichue boussole. Il y avait un indice là-dedans. N’importe quoi, mais quelque chose. Ça semblait évident maintenant et Tobias se demandait par quel miracle il ne l’avait jamais remarqué par le passé. Une fois à hauteur de la blonde, il s’exprima distinctement pour la première fois de la journée. « Il y a quelque chose avec cette boussole. Je le sens. » Et Tobias ne plaisantait pas. Évidemment qu’il était plus sérieux que jamais. Dead serious, serait sans doute l’expression la plus appropriée. Ne prenant pas la peine de regarder Désirée pour voir si elle parvenait à retirer son pied de la boue, il fit un léger écart pour aller s’asseoir sur un rocher qui paraissait bien minuscule face à sa carrure imposante.

Retournant l’objet qu’il tenait entre les mains dans tous les sens, il finit par regarder la blonde après quelques instants, les sourcils froncés. « Si je te sors de là, on rentre. Je ne veux plus continuer, et la dernière fois c’est toi qui a décidé. C’est toi qui a décidé la dernière fois, c’est à mon tour cette fois-ci. C’est moi qui décide, et je ne veux pas continuer, pas aujourd’hui. Je veux rentrer et partir. » Cette boussole voulait lui parler, il pouvait le sentir. Elle ne rêvait que de cela, se faufiler dans le crâne de Tobias pour lui apprendre son langage et le guider. Mais vers quoi ? Il la caressait doucement, l’effleurant du bout des doigts pour tenter de la rassurer. « Tant pis pour la fille, il faut suivre la boussole. Il faut suivre cette boussole, Désirée. Je le sens. Je le sens vraiment et aujourd’hui c’est moi qui décide, et si tu ne veux pas alors tu resteras dans la boue et tu ne sauras jamais où la boussole aurait pu nous emmener. » Une expiration un peu trop longue et profonde et Tobias sentit sa lèvre inférieure trembler. Elle n’avait plus bouger depuis la mort de Laurel, et s’il ne serrait pas bientôt les dents, sa vision finirait par se brouiller. « Je ne veux pas continuer, je ne veux pas continuer, je n’ai pas envie. Je veux rentrer ou suivre la boussole. Il faut suivre la boussole, Désirée. » Il le répéterait jusqu’à ce que l’écorce des arbres se retrouve imprégnée du moindre de ses mots. Il le répéterait sans cesse, jusqu’à ce que mort s’en suive. « Il faut suivre la boussole pour retrouver Laurel. » Une éternité qu’il n’avait pas prononcé son prénom, même dans un murmure, et il avait senti tout son corps s’agiter, parcouru d’un frisson. Un sanglot ? Non. Juste la certitude que la voix de sa petite soeur se trouvait quelque part dans cette forêt et qu’ils devaient la retrouver, qu’il l’entendrait à nouveau s’ils suivaient la boussole. Et tant pis si Désirée ne voulait pas être du voyage. Tant pis. Il avait trouvé une autre guide.
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchJeu 3 Sep - 0:36

Il avait suffi d'un cri. Un hurlement venu d'ailleurs, peut-être même de lui-même. Non, non c'était plus lointain, plus distant. C'était informe, inaudible, et au fond, était-ce vraiment même quelque chose? L'environnement lui faisait douter de tout, tout semblait féerique, merveilleux. Ou peut-être plutôt cauchemardesque. Oui, c'était le terme. Chaque minuscule événement pouvait être une fantasmagorie, une illusion, un mirage. Ou un rugissement, un vagissement, un murmure. Était-ce un murmure? Non, non ça avait tout annihilé. Une clameur montée du fond des âges. Ou du fond de ses entrailles. Ouvrir la bouche sur du rien, sur du néant, et produire un son pour se défendre corps et âme, pour essayer de s'extirper de la cage, de la fange, de la boue, de la boue? Partout où il regardait, il n'y avait plus que ça. Plus que cette terre humide et gluante qui s'accrochait à vous pour vous avaler tout entier. Pourtant, il marchait sagement, à sa place, derrière les autres. Il n'était pas seul. Ils étaient protégés. Puis ils étaient tombés, et Aiden était boueux. Et alors qu'il avait repris sa place dans la meute, il sentait les cordes vocales vibrer, il sentait que tout se tordait. Les arbres, les visages, ou plutôt les dos, les autres. Tout. Et lui? Il avait entendu un cri. Il put combattre le besoin irrépressible une, deux, peut-être trois minutes. Trois minutes d'enfer à contrôler ses membres tremblants, à sentir la chaleur lui monter aux joues, au cerveau, la touffeur, la touffeur insupportable sous les arbres. Il se concentrait sur Jesse qui marchait devant lui en discutant, et il se demandait vaguement s'il se souvenait de lui parce qu'il l'avait attaqué. Parce qu'il avait aperçu son visage dans le sang et l'épouvante, et que dans la boue et l'effroi, il se souvenait enfin. Il revoyait presque, à présent, sa présence dans son appartement, l'horreur, l'angoisse.

L'instant d'après, il détalait dans l'autre sens. Il n'y avait pas eu à réfléchir, et il ne l'avait certainement pas fait. Il ne pouvait pas suivre le meurtrier à la trace, si? Il ne pouvait pas marcher consciemment et docilement à la mort. Il ne pouvait pas rester dans la boue à se faire envelopper et enterrer. Piétiner. Se faire marcher dessus, écraser, se faire essuyer sur les paillassons de tous ceux qui rentreraient bredouilles. La boue, la boue qui s'infiltrait partout, il la sentait dans ses chaussures, sur ses jambes, les paumes de ses mains. Et il courait, courait à en perdre haleine, aussi vite que le terrain le lui permettait, n'évitant qu'à peine arbres, branches et autres racines qui se tenaient en travers de sa route. Il courait comme s'il avait la mort aux trousses, et sa respiration sifflante ne faisait que l'affoler de plus belle. Il n'y voyait rien, et il avait senti la lame acérée de l'assassin lacérer son visage à plusieurs reprises, alors qu'il ne réussissait pas à éviter les branchages. La panique avait fait son chemin, colonisé et envahi tout ce qu'il était, de sorte qu'à l'instant, alors qu'il filait à travers les bois sans savoir vers où, il n'y avait plus rien d'autre. Rien que cette sensation de tomber, tomber dans le vide, dans la boue. Cette sensation d'être enchaîné, incapable de se défaire de ses liens, incapable de seulement se débattre, incapable, incapable. Prisonnier. Prisonnier de ces bois qui n'avaient pas de fin, qui n'avaient pas de sortie. Les chemins s'étaient refermés derrière lui, des murs de boue, de tourbe, d'ordures. Des murs faits de sang, de mort et de fange. Et il courait, courait, les jambes lourdes et le cœur au bord des lèvres. C'était sans fin, c'était insensé, c'était impensable. Encore. A force de se heurter à des murs, il finirait sans doute incapable du moindre mouvement. Paralysé.

Mouvement. Son. Des choses existaient toujours en dehors de sa course folle. Des choses mouvantes et vivantes, sans doute. Des bruits qui filaient à travers ses oreilles bien trop vite pour qu'il les saisisse, mais cela ressemblait à des voix, non? Des vraies? Le souffle lui manquait vraiment, mais cela ne l'empêcha pas de débouler à toute allure sur un attroupement des plus dérangeants. Dire qu'il avait atterri dans quelqu'un serait plus exact. Il aurait même pu dire que le peu d'air qui restait dans ses poumons l'avait quitté quand il avait percuté quelqu'un de plein fouet. Ça l'avait stoppé net dans son élan. Le temps que l'air revienne, que sa vue se stabilise, il remarqua qu'il se tenait dans le champ de vision d'une caméra, et que la personne dans laquelle il avait foncé n'était autre que ce présentateur du dimanche. Peter. Qui l'avait harcelé par le passé. A peine arrêté, Aiden ne voulait plus que courir à nouveau. Voilà qu'il se trouvait là à présent, pantelant, trempé de sueur et de boue, le visage griffé çà et là par des branches. Y avait-il plus cliché? Aurait-il pu plus mal tomber? Au milieu de la foule, des visages avides. Qu'est-ce qu'ils faisaient là, d'abord? Lui avaient-ils tendu un piège? Il voulait disparaître, s'enfuir à tout jamais. Il aurait pu se mettre à prier, là, tout de suite, pour que ces fichues caméras soient éteintes. "Désolé," murmura-t-il en direction du présentateur. Puis il souhaita de toutes ses forces s'éclipser discrètement et rapidement par là d'où il était venu, ignorant le murmure et les regards de la foule qui perçaient un trou dans son dos. Seulement la soudaine retombée, le calme inattendu, ses jambes instables, le laissaient planté là. Bouge. Il réussit à se remettre en mouvement et disparut du champ de la caméra pour aller s'appuyer, ou plutôt s'écrouler contre un arbre un peu plus loin, pour y récupérer mourir en paix. Il avait la vie sauve, il pouvait se réjouir. Pour l'instant...
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Sujet: Re: • Willow Lake SearchJeu 3 Sep - 18:32

Willow Lake Search

◆ Avec tout le monde ou presque ◆



Une jeune femme qui disparait alors que je suis de garde, cela ne me parait plus tellement étonnant à vrai dire, je dirais que ce n'est même pas étonnant, c'est presque prévisible. Pourtant, nous ne sommes qu'à Fairhope, mais un fou s'est emparé de la sérénité de la ville, enfin, je dis un fou mais c'est peut être une folle, car jusqu'à présent, nous n'avons même pas réussi à établir le profil de ce poète tellement les indices sont maigres. Il n'existe pas de profil sur ce type tellement il semble s'amuser à tuer au hasard. Il tue n'importe qui, que ce soit un vieillard ou une petite fille, c'est d'autant plus triste. Mais à chaque fois, il a un message à laisser, une partie de son poème comme nous le pensons depuis que nous avons fait le lien entre ces victimes. Mais peut être qu'ici, le cas n'a rien à avoir avec ce tueur en série. Peut être que nous avons juste à faire à une jeune femme qui s'est perdue, ou qui est partie sans prévenir personne. Peut être que cette femme disparue est la poète, qui sait ? Peut être pas d'ailleurs. Il faut dire que j'ai élaboré tellement de théories que ce poète pourrait bien être un extraterrestre venu sur terre pour délivrer un message. C'est un éclaireur qui annonce la venue des siens. Je sais, on n'est pas dans X-Files, mais voilà, parfois, je me dis que ce fantôme est tellement fort pour couvrir ces traces qu'il pourrait être n'importe qui. Je suis devenue tellement méfiante avec le temps. Il n'y guère qu'à Zoey que je fais confiance. Mais peut être que je suis tellement folle que je suis le poète. Non, je n'ai pas encore sombré dans la folie, rassurez-vous, mais parfois, j'ai l'impression que je n'en suis pas loin. Je sais que certains enquêteurs ont des affaires fil rouge qui durent plus longtemps que cela, mais là, ça fait quand même trois années que nous lui courrons après. Bref, cela ne sert à rien de parler de ce tueur en série puisque nous ne savons rien du tout de lui. Mais ce 10 avril 2015 semble marquer un nouveau tournant ou pas à vrai dire. Ce coup de fil est quand même dérangeant, très dérangeant, trop dérangeant pour que l'on ne pense pas à ce fichu poète. La population avait donc été mobilisée. Je trouvais que cela n'était pas une bonne idée, mais je n'avais pas pouvoir sur cela. Si nous faisons cela pour chaque disparition, et bien alors nous n'allons jamais nous y retrouver. Si cela se trouve, des habitants vont trouvés la jeune femme, morte évidemment, sinon ça ne serait pas drôle et ils vont mettre à mal la scène de crime, même si le crime n'a pas été vraiment commis ici. Oui, je le sens mal, mon instinct me le dicte. Et si le poète en profitant pour tuer une personne qui se serait esseulée durant les recherches ? Parce que oui, je suis convaincue que le poète sera parmi nous pour cette petite battue. Si j'ai bien compris quelques choses c'est qu'il aime le spectacle, alors devant tout cela, s'il en est bien à l'origine, il va vouloir découvrir la réaction des gens découvrant le corps. Mais ce sera tellement l'agitation que personne ne le remarquera faire demi-tour alors que la police foncera sur le cadavre de la jeune femme. Ce narcissique va encore nous filer entre les doigts, mais n'est ce pas normal après tout ? On ne sait rien de lui alors que cela fait trois ans que nous sommes après lui. Avec toutes ces personnes, c'est pire que de chercher une aiguille dans une botte de foin, on ne sait même pas à quoi ressemble l'aiguille.

Bref, je me rends avec les autres là où la jeune femme était sensée se trouver pour la dernière fois, près du Willow Lake. Ce lac m'a toujours apaisé quand j'étais gamine, je ne sais pas pourquoi. Il a été aussi l'oeuvre de baignade nocturne avec une totale nudité évidemment, sinon ce ne serait pas drôle. On est venue ici avec des garçons, on s'est amusés par de chaudes nuits d'été. Alors que le malheur semble s'abattre une nouvelle fois sur la ville, je me surprends à sourire de ce souvenir alors que le poète n'était pas encore à l'oeuvre. Sans doute qu'il était déjà là, présent dans la ville mais qu'il était encore calme, qu'il n'avait pas encore envie de tuer, qu'il n'avait pas encore perdu l'esprit. Peut être que le poète est un garçon que j'ai frustré en sortant avec une belle jeune femme. C'est peut être ma faute s'il a commencé à tuer, parce que j'ai rompu avec lui, ou avec elle peut être même. J'avoue, je n'ai jamais écartée dans ma tête la possibilité qu'il soit une femme, mais ça me parait tellement improbable. Disons que si j'avais à mettre un pièce sur une femme, j'en mettrais 99 sur un homme. Mais c'était peut être là toute la perfidie du personnage, allez savoir. Des groupes se forment, des groupes partent en direction de la forêt, là où il serait le plus probable que la jeune femme se trouve, si seulement elle est encore ici, parce que même pour cela je doute, fortement. Je me dis que si c'est l'oeuvre du poète, que peut être il nous envois sur une fausse piste pour faire sa besogne ailleurs, pendant que la moitié de la ville est à la recherche d'une jeune femme qui est en train de se faire trucider chez elle. Cela m'a effleuré l'esprit bien entendu, au milieu de milliers d'autres possibilités. Nous sommes sur son terrain de jeu. La pluie, la boue n'aident pas à y voir clair en plus de cela. Mais je porte une tenue bien confortable de toute façon. Une paire de basket noire, un jean bleu, un pull bordeaux et une petite veste marron. Rien d'extraordinaire, mais j'ai mon holster près si jamais je dois dégainer mon flingue pour tirer sur quelqu'un. Tout le monde ou presque s'en est allé en direction de la forêt. C'est ce que la logique indiquerait de faire, c'est ce que je devrais faire, mais non, je n'en ai pas envie. D'ailleurs, certains habitants ont vue mon hésitation, du coup, je me retrouve avec une petite tripotée d'une dizaine d'habitants. Je leur propose de m'aider à scruter les bords du lac. Je me dis que peut être nous pourrions trouver des traces de pas indiquant une lutte, peut être que nous pourrions trouver une main qui dépasse de l'eau, un doigt peut être, quelques choses d'insignifiant. Peut être que cette disparition n'est pas une véritable disparition, peut être qu'elle n'est là que pour nous faire venir ici, et trouver un autre cadavre, avec une nouvelle inscription, qui sais ? Non, mais même ce n'est pas très logique avec son mode opératoire, quoique. Peut être que la jeune femme était ici et que le tueur l'a surprise dans cet endroit où elle se trouvait seule. Mais que ferrait-elle ici en plein mois d'avril ? Elle ne sait pas qu'un tueur en série rode en ville ? Les gens sont parfois si imprudent, c'est de la folie. Bref, je passe dans ma tête le mode opératoire du tueur, il est bien possible que l'on tombe sur une victime qui  le respectera malheureusement même si je vois mal comment il aurait pu amener une chaise par ici. Mais bon tout est possible, si l'acte était prémédité, qu'il a observé les habitudes de la victime, ça me semble probable. Enfin bon, tout est tellement probable que si je n'avais pas cette force de volonté de l'arrêter, je pense que j'aurais fuit Fairhope depuis longtemps pour lui échapper. Qui sais, peut être que je suis sa prochaine victime ? Pensée en l'air, ou pensée prémonitoire ?  



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Sujet: Re: • Willow Lake SearchVen 4 Sep - 22:03

Désirée ne s’était vraiment pas attendue à ce que Tobias lui donne une réponse formelle et claire. Le grand brun n’était pas content d’être là, la romancière avait compris le message et elle se retint de répondre qu’elle l’avait juste trainé ici parce que sa présence était rassurante. Personne ne pouvait vraiment passer à côté des larges épaules de Tobias et on ne pouvait définitivement pas le louper avec sa taille. C’était le but. Tobias était son phare, son ancre dans ce bordel et la blonde savait que ce n’était probablement pas la meilleure idée de se trouver ici. Elle le savait mais tant pis. Elle ne pouvait pas expliquer ou rationaliser ce truc, ce truc qui la faisait trembler dès que le Poète était concerné de près ou de loin. C’était plus que de la curiosité malsaine, c’était plus poussé que ça, c’était un truc qui rampait sous sa peau et qui la guidait et qui la faisait avancer, c’était ce qui la faisait écrire et qui faisait qu’elle était elle. Désirée avait admis après sa dernière entrevue avec Eve que personne ne pouvait comprendre. C’était quelque chose qui n’appartenait qu’à elle dans le fond, qui était logé dans son crâne et qui la rendait folle. Elle seule. Elle se moquait bien du regard des autres dans ce genre de cas et elle était prête à dire non à tout, et même repousser Tobias pour pouvoir continuer d’avancer et obtenir ne serait-ce que la moindre miette sur le meurtrier. N’importe quoi, mensonge ou vérité, tout était crucial dans un moment tel que celui-ci, tout était primordial à ses futurs écrits et à la futur elle.

Les bois ne lui inspiraient rien de bon cependant, il n’y en avait pas beaucoup de là où elle venait, elle était plus habituée aux champs, aux hautes herbes mais peu importe. Pied nu, elle marcha à la suite de Tobias et des autres, perdus dans ses pensées, le coeur battant la cadence. Tout ceci ne rimait à rien pas vrai? Personne n’allait retrouver de survivante. Certes, il y avait eu Laura et quelques autres personnes mais le Poète n’était pas stupide au point d’attirer l’attention sur lui comme ça. Ou alors c’était voulu. Quoi que, le premier meurtre, ça avait été le onze janvier, il y a trois ans, rien de spectaculaire, une retraitée. Et puis ensuite un étudiant, Laurel le sept juillet de la même année et…   « Oh… » Désirée venait de s’arrêter net, les pieds dans la boue réalisant soudainement quelque chose. Les meurtres, les jours… Ce n’était pas… Il y avait quelque chose là. Il y avait définitivement quelque chose là et le Poète savait toujours quand frapper. Bien sûr quoi oui, il savait exactement quand. Un fin sourire se dessina sur le visage de Désirée, un sourire quasiment dément alors qu’elle récitait à demi-voix les morts. Mon dieu, oui, comment avait-elle fait pour passer à côté de ça? Comment la police avait fait pour passer à côté de ça? Désirée aurait pu éclater de rire, elle aurait vraiment pu mais lorsqu’elle essaya de bouger, elle n’y parvint pas. « Damn it. » La blonde baissa les yeux pour constater qu’un de ses pieds était coincé sous la boue. Elle tenta de bouger une nouvelle fois et manqua de perdre l’équilibre. Elle avait été tellement sonnée par sa découverte qu’elle n’avait pas fait attention. « Tobias je… » Tobias était revenu sur ses pas pour elle. Et quelqu’un criait. Peter freaking Howell. Il y avait de l’agitation à quelques mètres d’eux et elle ne pouvait pas bouger. Merde. Merde. Elle avait peut-être fait la découverte du siècle sur l’affaire mais si Peter avait découvert un corps, c’était autre chose. Elle le maudit entre ses dents et respira profondément avant de se tourner vers Tobias.

Oh Tobias.

Elle avait été tellement accaparée par le Poète qu’elle avait oublié son premier spécimen d’observation. Le Clyne. Il était une priorité aussi et elle ne pouvait pas l’oublier, cela aurait été tellement ingrat de privilégier le Poète à lui. C’était ses deux fous et elle ne pouvait pas abandonner l’un pour l’autre elle le savait, mais la situation était urgente. Aussi, la blonde hocha lentement la tête et articula des excuses. « Tu as raison, tu as tout à fait raison, c’était mon tour la dernière fois et maintenant c’est à toi. Je suis désolée, je n’ai pas suivi les règles, ma curiosité a repris le pas sur tout le reste et je ne t’ai pas écouté… » Elle était vraiment désolée et elle rangea ses mèches blondes derrière ses oreilles avant de poursuivre. « Tu sais comment je suis, je voulais juste voir si je pouvais avoir des informations ailleurs… » Et Désirée en avait eu, pas de la façon espérée mais quand meme. Elle tourna la tête alors qu’on s’approchait d’eux. Elle reconnut sans aucun problème un des employés du bureau de poste et elle lui offrit un maigre sourire.

« Vous allez bien madame? »
« Oui, oui, ne vous inquiétez pas, en revanche, tenez… » Désirée était toujours pleine de ressources et pas dérangée par le fait qu’elle commençait à légèrement s’enfoncer dans la boue, elle décocha son sac de son épaule et fouilla dedans. Rouge à lèvre, chaussures, bouteille d’eau… ah! son fameux appareil photo, et tout le monde lui avait dit de passer au numérique. Elle tendit l’appareil plus qu’archaïque au nouveau venu. « Vous voyez cet idiot blond-là bas? Oui, Peter, le journaliste, ça m’arrangerait que vous le suiviez et que vous preniez en photo tout ce qu’il filme je vous donne… tenez cent dollars? Deux cent? » Désirée sortait les billets en meme temps qu’elle parlait.
« Juste pour des photos? » demanda l’homme, quelque peu surpris.
« Oui, oui, rendez vous demain devant le bureau de poste, vous me rendez mon appareil et je vous payerai encore, okay? »
Il hocha la tête, tout sourire et s’élança sans hésiter vers Peter et son équipe. Une bonne chose de faite ça c’était certain. Désirée se tourna enfin vers Tobias lui tendant la main.

« Voilà. Allons y Tobias, aide moi à sortir de là, allons retrouver Laurel okay? »  dit-elle sur un ton un peu plus léger.

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