AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 • Willow Lake Search

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant


avatar

◆ Manuscrits : 3797
◆ Arrivé(e) le : 03/09/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : Lieutenant de police
◆ Points : 4040
◆ DC : Sacha
◆ Avatar : Kate Mara


Sujet: Re: • Willow Lake SearchVen 18 Sep - 0:32

Willow Lake Search

◆ Avec tout le monde ou presque ◆


La situation commençait à devenir mauvaise sur les bords du lac, je m'en rendais pleinement compte à présent. Mais qu'est ce que je pouvais y faire ? Une bonne femme avait blagué avec moi, et un hurluberlu avait choisi de me prendre mon arme à ce moment là. Il menaçait tout le monde puis finalement, il se menaçait lui-même avec mon arme. Il ne pouvait pas faire ça. A quoi cela allait-il l'arranger de mettre fin à ces jours ? Je tentais donc de l'apaiser au maximum. Alors qu'il ne semblait pas vouloir entendre raison, une personne arriva par derrière et l’interpella alors. Je n'avais pas vu Matthew participer à la battue, je ne pensais pas le voir au risque d'être à proximité du Poète, mais il était là et il allait m'appuyer face à cet homme qui voulait mourir. Si j'avais utilisé mes mots, ceux qu'il fallait dans ce genre de situation, lui allait peut être utiliser ces poings. J'allais le retenir mais non, il allait finalement utiliser les mots. A vrai dire, je n'aurais pas penser qu'il intervienne de cette façon, j'aurais plutôt penser qu'il allait rester dans son coin, mais non. Je n'aurais peut être pas du le laisser faire, mais de son statut de victime, l'homme arriverait à comprendre que sa situation n'était peut être pas la pire qui soit sur terre. Matthew était bien plus à plaindre même si c'était un véritable battant. Et là, il venait d'envoyer de belles droite dans la tête de ce suicidaire, de belles droites verbales. Je ne pouvais pas me permettre de dire des choses comme ça, mais lui, il n'avait plus grand chose à perdre. J'osais espérer que l'homme soit compréhensif, qu'il comprenne que ce n'est pas en faisant son intéressant que nous allions plus vite trouver le corps de cette pauvre femme. Si le poète était là, il devait se délecter de la scène, je pouvais presque entendre son rire jusqu'ici mais ce n'était que l'invention de mon cerveau. Il était peut être là, je ne pouvais pas le nier, mais il ne s'amuserait pas à rire à gorge déployée même s'il n'en pensait pas moins. Après les paroles de Matthew, je venais à sa hauteur et lui disait quelques mots que lui seul pourrait entendre.

" Merci d'être intervenu. J'espère juste que ce monsieur comprendra qu'il n'est pas le plus à plaindre. "

Et immédiatement je reportais mon attention sur cet homme suicidaire. Si j'étais croyante, je crois que j'aurais fait une petite prière à cet instant pour qu'il me tende mon arme et que nous reprenions simplement nos recherches. Mais je ne l'étais pas, je ne l'avais jamais été et ce n'est pas maintenant que je le deviendrais, croyez-le. De ce côté, les recherches étaient pour le moment vaine, sans doute que la jeune femme se trouvait à proximité dans la forêt, mais où exactement, c'était difficile de le savoir.



_________________


Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t299-shandra-olivia-sarmoise-is-here


avatar

◆ Manuscrits : 2177
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : détective, promu en décembre 2015
◆ Points : 285
◆ DC : Désirée, Ruby, Jonathan, Jacob, Eva & Simon
◆ Avatar : Jesse Williams


Sujet: Re: • Willow Lake SearchDim 20 Sep - 13:39

« Okay je vous suis alors…  Y’a d’autres policiers dans votre groupe au moins? Vous l’avez retrouvée la disparu ou vous vous tournez les pouces? Ça m’étonnerait pas vu les flics qu’on a dans cette ville… Sans vouloir vous insulter hein!… J’ai entendu quelqu’un crier y’a pas longtemps. Peut être qu’il faudrait essayer de retrouver Monsieur Howell, lui c’est clair qu’il aura trouvé quelque chose. »

Jesse grinçait des dents littéralement alors que l’homme et son outil de malheur venait juste de lui emboiter le pas dans les bois. Au moins, il avait accepté de la suivre se dit l’officier, c’était déjà ça. Mais l’homme ne voulait pas se taire et cela commençait à taper sur le système de Jesse. Il ne savait que ce n’était pas juste la fatigue qui l’irritait, c’était le fait d’avoir suivi une piste et tout ça pour se retrouver nez à nez avec un parfait abruti. Ce civil avait peut être abimer des preuves sans même sans rendre compte. Il en revenait à la question de Jayla, est-ce que tout ceci valait le coup si au final ils finissaient par retrouver la disparue? Jesse ne savait plus vraiment et il se disait que tout le monde avait perdu l’objectif principal de vue. Qui était de retrouver une femme qui avait de toute évidence perdu du sang. Jesse essayait de l’imaginer, est-ce qu’elle était vraiment là, à côté d’eux près du lac ou alors ils s’étaient complètement trompés de direction depuis le début? Ça serait bien une belle perte de temps.

« Hey… Hey! Vous savez où on va au moins Monsieur l’officier de police? »

Le titre sonnait presque comme une insulte dans la bouche de ce parfait inconnu et Jesse roula des yeux en s’arrêtant. Il n’avait pas pu faire plus de dix mètres pour s’éloigner de Jayla, et pourtant, dans la précipitation, il avait du se tromper de direction et partir ailleurs. Okay, il avait vraiment besoin de dormir et d’arrêter de fixer les alentours à la recherche d’une éventuelle trace de sang et se concentrer sur la direction qu’ils prenaient. « C’est  très simple, on va sortir de la forêt et on va rejoindre mes collègues, ils s’occuperont de vous et ensuite je reviendrai chercher les autres. » Marmonna Jesse plus pour lui-meme que pour l’autre homme. « Venez avec moi allez » Il se remit à marcher, espérant de nouveau tomber sur Jayla ou quelqu’un d’autre en uniforme. Dans un sens, Jesse eut ce qu’il voulait alors que sa route croisait celle d’un homme et d’une petite fille, visiblement effrayée, qui lui tenait la main. «Vous… On se connait non? » Jesse s’était adressé à l’homme qu’il avait déjà aperçu au bar d’Adam, la dernière fois qu’il avait fait son malaise et… où est-ce qu’ils s’étaient déjà croisé, déjà? Jesse fouilla sa mémoire et il remonta deux ans en arrière, une mission particulière, pour vérifier si un homme n’était pas mort à cause du Poète. « Tyler… Aiden Tyler c’est ça! » s’écria soudainement le policier, se demandant comment il avait fait pour ne pas le replacer plus tôt. Mais si, Aiden Tyler, cet homme anxieux au possible qui avait disparu pendant des jours mais pas parce qu’il était en danger, juste parce qu’il s’était enfermé chez lui. C’était difficile de croire qu’il était venu participer à la battue lui aussi, très difficile mais pas étonnant. Tout le monde était touché par cette affaire de près ou de loin.  Jesse se fit néanmoins une note mentale d’aller lui parler quand tout ceci serait une affaire terminée, ou au moins, lorsqu’ils auraient trouvé la disparue.

« Vous allez bien? Et elle, c’est votre petite fille? Quoi qu’il en soit, venez, il ne faut pas qu’on reste ici, un peu trop de monde commence à se perdre dans les bois et ça n’arrange en rien la recherche. Il reste encore des policiers ici, s’il y a des indices ils les découvriront… »

_________________
"we're going to hold doors open for a while, now we can be open for a while, forward, go back to your sleep in your favorite spot just next to me..."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t80-dear-old-world-is-it-too-late-to-get-a-refund http://aesthetics-blue.tumblr.com/


avatar

◆ Manuscrits : 688
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
◆ Points : 329
◆ DC : Toto, Adam, Micha & Tutur
◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: Re: • Willow Lake SearchDim 20 Sep - 19:58

Du café ou de la boue, Peter ne se souvenait plus très bien de ce qui était survenu en premier. Des cris, des bousculades, des mains de Jung sur le col de sa chemise encore intacte quelques instants auparavant, des hurlements près du lac, des piétinements incessants, des habitants dans la boue, de la cohue ou du chaos, le journaliste n’était plus certain de savoir dans quel ordre les évènements s’étaient déroulés au cours des cinq dernières minutes. Tout était allé trop vite, bien trop vite, même pour lui, habitué aux directs riches en rebondissements, aux situations extrêmes, aux montés d’adrénaline enivrantes. Il avait basculé, rencontrant le sol, la moitié du visage aussitôt recouverte d’une épaisse couche de terre poisseuse et humide, ses mèches blondes perdant évidemment de leur éclat au contact de la fameuse mélasse, révélant sans doute Peter sous son véritable profil. Sali, souillé, vautour affamé qui espérait trouver le cadavre de la disparue pour la donner en pâture aux milliers d’autres charognards plantés devant leurs écrans de télévision. Le contact avec les studios avait sûrement été coupé. Tant pis, ou peut-être tant mieux. Si personne ne pouvait le joindre depuis les locaux de la chaine locale de Fairhope, alors on tirerait rapidement des conclusions désastreuses et effrayantes, la ménagère s’agrippant à ses coussins en ingérant des quantité industrielles de chips et de glace bon marché en priant pour qu’il ne soit rien arrivé au beau Peter Christian Howell et son sourire charmeur. Parce qu’il n’y avait finalement que cela qui importait, pas vrai ?

Le blond avait toute la peine du monde à se tenir debout, ses chaussures n’étant franchement pas adaptées à ce genre d’environnement hostile, passant la manche de sa veste sur sa joue pour essayer de se débarrasser de la boue qui lui collait déjà à la peau, crachant, toussant afin d’évacuer la terre qui était venue se loger jusqu’entre ses lèvres. Douce ironie. Le reste n’avait plus aucune espèce d’importance à ses yeux. Peu importait les misérables crétins qui se bousculaient afin d’apercevoir le bout de bois aussi souillé que Peter à présent. Surpris par une sensation de brûlure, il sursauta avant de jeter un regard noir à celle qui en était à l’origine, tournant les talons pour laisser tous ces insectes se charger de s’enterrer vivants, s’enliser dans leur propre bêtise, dans la même bouillie qu’il leur servait justement tous les soirs au moment du dîner, tandis qu’il s’éloignait, regagnant la fourgonnette de fonction décorée aux couleurs de la chaine de Fairhope au sein de laquelle il avait très rapidement gagné en notoriété. Ouvrant une des portières arrière du véhicule, il observait ce qui se passait près du lac du coin de l’oeil avant de reporter son attention vers le groupe qu’il venait de quitter sans même tenter de tirer son équipe de cet enfer. Non, il préférait prendre ses distances, serrant les dents, convaincu que ses poings auraient pu venir s’écraser contre la mâchoire ou le nez du ou de la première venue s’il restait un instant de plus auprès de tous ces imbéciles. Laissant sa veste sur la banquette arrière, il mesura l’étendue des dégâts, ne prenant pas la peine de défaire les boutons de sa chemise avant de s’en débarrasser également pour revêtir une tenue de rechange qu’il gardait à disposition. Les directs étaient aussi imprévisibles que palpitants, et Peter prévoyait toujours de quoi se refaire une beauté, au cas où. De toute évidence, il ne pouvait plus revenir à l’antenne dans cet état, et même s’il avait à présent couvert ses épaules avec un épais gilet à capuche, ses cheveux nécessitaient une intervention d’urgence, sans parler du maquillage…

Il n’avait donc plus rien à faire ici. Plus de raison de tenir son micro. Plus de raison de recueillir les impressions des habitants. Plus de raison de demander à la voisine de la disparue de témoigner. Plus de raison d’importuner les autorités afin d'obtenir un avis d'expert sur la situation. Certains commençaient justement à quitter les lieux, désertant le lac en constatant que cette battue allait vite devenir une scène de crime si la population de Fairhope continuait de se piétiner de la sorte sans se soucier de son prochain. Tant mieux, cela faisait moins de monde sur les lieux et Peter ne pouvait être plus ravi. Il vérifia une dernière fois la batterie et la mémoire du caméscope qu’il venait de saisir avant de refermer le fourgon et de repartir en direction de la forêt, évitant soigneusement les rives du lac qui lui semblait bien trop risquées pour lui. Disparaissant derrière des buissons entre deux enjambées, il avançait lentement, se faufilant parmi les bois, trébuchant parfois sur des ronces qui lui barraient le chemin, le tenant bien loin de son but. Des murs pouvaient bien s’ériger devant lui, de toute façon le journaliste n’en n’aurait que faire, franchissant le moindre obstacle qui se trouvait sur son passage.

Il la filmerait. La gueule ouverte et les yeux écarquillés, le corps froid et rigide, un léger filet de sang roulant sur le coin de ses lèvres… Ou les poignets liés peut-être ? Non, elle devait sans doute tenir un bouquin et un stylo, sinon ce n’était pas le Poète, n’est-ce pas ? Sinon c’était un petit farceur qui s’amusait à passer des coups de fils anonymes peu de temps après minuit, juste pour mettre la ville à feu et à sang, la laisser se ronger, se gangrener sans l’aide de personne.

Lorsqu’il fut suffisamment loin, Peter mit sa caméra en marche, haletant, désespéré à l’idée de la trouver. Ou de croiser le prédatuer qui avait entrepris de dévorer sa proie avant de l'abandonner au milieu de la forêt.
Loup y es-tu?

_________________

another hero, another mindless crime
behind the curtain, in the pantomime



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t179-who-wants-to-live-forever#1553

pnj - poète de fairhope

avatar

◆ Manuscrits : 197
◆ Arrivé(e) le : 03/04/2015
◆ Âge : vous ne devinerez jamais
◆ Métier : tueur en série
◆ Points : 0
◆ DC : personne
◆ Avatar : le sang d'une victime


Sujet: Re: • Willow Lake SearchDim 27 Sep - 14:19

willow lake search



11 avril 2015, 13:35

J’aurais pu rester. J’aurais pu faire partie du groupe qui ne va sûrement pas tarder à tomber sur le corps. Celui de cette jeune femme qu’ils cherchent désespérément en priant pour que son coeur soit encore en train de s’agiter au creux de sa poitrine. Mais il n’en est rien. Son dernier souffle était pour moi. Juste pour moi, un cadeau qu’elle m’a offert, qui m’a inspiré le vers suivant, qui m’a arraché un sourire, un semblant d’humanité qui s’est égaré un instant sur mes lèvres. Je me souviens de ses dernières paroles, tandis qu’elle essayait de lutter pour faire rouler sa tête sur ses épaules afin de témoigner son refus. « Pas attachée… Je ne veux pas… Pas mourir… Comme ça… » Elle était belle, sa prière. Et je l’ai entendue, posant un doigt sur sa bouche, caressant sa joue pour la rassurer. Ils étaient merveilleux, ces mots ; ceux qui quittaient ses lèvres devenues violettes après avoir passé la nuit dans la froideur et l’humidité de la forêt. De jolis joyaux qu’elle me léguait juste avant de me confier son ultime expiration.

Ils vont bien finir par la trouver. Pour ça, je leur fais confiance. Ils découvrent toujours les cadavres avec une facilité déconcertante. Même si je l’avais enterrée, ils auraient retourné le terrain entier afin de lui offrir une sépulture décente. Je ris. Ces crétins ne la cherchent pas pour elle, pas pour la sauver, pas pour saluer sa mémoire ou lui rendre hommage. Non, ils la cherchent pour eux. Pour se rassurer si toutefois elle est encore vivante, pour se donner une bonne raison de quitter la ville si jamais elle est bel et bien morte. Mais plus que toute autre chose, ils la cherchent pour pouvoir me mettre la main dessus. Ce n’est pas elle qu’ils cherchent, c’est moi. Juste moi. Il y a vraiment de quoi rire. Oui, vraiment.

En attendant, c’est bien elle qu’ils trouveront. Au pied d’un arbre, assise, les jambes légèrement écartées, les bras ballants et les paumes tournées vers le ciel, les doigts couverts de son propre sang, la tête baissée, encapuchonnée, couverte d’un masque. Des vêtements amples aux couleurs sombres. Un gilet tâché au niveau de l’abdomen, là où j’ai laissé ma trace, ma marque. La suite de mon récit. Ils la trouveront sans vie, entourée de feuilles vierges frémissantes parfois souillées de son sang, un enregistreur dans la main diffusant toujours les mêmes mots en boucle. Comme s'il s'agissait de moi qu'on avait assassiné au milieu de la nature. Comme si je m'étais donné la mort. Elle me ressemblait trop. Beaucoup trop.

Et ces mots qui se répètent sans cesse et s'évaporent dans la grisaille.
Inlassablement.

Je suis le Poète. Je suis venu pour vous tuer.
Écrivez : je suis immortelle.




explications
Le hasard aura voulu que personne n’achète l’action qui permettait de se retrouver nez à nez avec le cadavre. Désirée a cependant acquis l’action qui permettait de s’en rapprocher. La logique veut donc qu’elle soit celle qui découvre le corps.

Comme au tour précédent, des bonus, des malus, et la possibilité (très limitée) de dépenser ses points ce tour-ci.

(Il est à noter qu'en anglais, langue originale du Poète, l'inscription sur le ventre de la victime (encore cachée jusqu'à ce que quelqu'un ouvre la fermeture éclair du fameux gilet) est donc "I am immortal", ce qui ne permet pas de déterminer le sexe du tueur.)

bonus
◆ À force de suivre les feuilles, Désirée finit par tourner le corps de la disparue.
◆ Un homme tente de récupérer l'arme du suicidaire se trouvant au bord du lac par la force. Un coup part dans le vide mais heureusement, personne n’est touché. Shandra et Matthew parviennent à rétablir le calme et maitriser ces deux hommes.
Jesse et Aiden finissent par confier la petite fille à ses parents.
Peter, Markus, Erika, Liam et Jayla sont épargnés pour ce tour.


malus
Tobias se tort sévèrement la cheville.

Elyan est interpelé par un jeune homme qui prétend avoir vu le fameux Tom qu'il recherche.
Imogen se met à paniquer sérieusement et est contrainte de s'asseoir un instant, retardant Willow et Zoey par la même occasion.


dépenser ses points
◆ chercher de l'aide et tomber sur Désirée et Tobias - 40 points 

◆ tenter de quitter la battue et trébucher près du cadavre - 60 points
◆ entendre la voix de l’enregistreur et s’en rapprocher - 80 points


L'étau se resserre et trois d'entre vous (en plus de Désirée) pourront dépenser leurs points pour se rapprocher du cadavre, une fois celui-ci découvert par Désirée. Pour les questions ou plus d'infos, c'est dans le flood du Willow Lake que ça se passe, comme d'habitude.
Merci de lire toutes les informations avant de poster ! blaz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 723
◆ Arrivé(e) le : 12/05/2015
◆ Âge : 31 ans
◆ Assoc. des Victimes : secrétaire
◆ Métier : Écrivain, romancière reconnue
◆ Points : 707
◆ DC : Jesse, Ruby, Jonathan & Jacob
◆ Avatar : Scarlett Johansson


Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 28 Sep - 16:44

Est-ce que c’était vraiment Laurel qui tirait les ficelles ? Est-ce que dans le fond, elle avait été incapable de passer de l’autre côté, comme le voulait la légende, les contes qu’on racontait aux enfants, et qu’elle avait choisi, volontairement de rester ici. Peut être que c’était dans l’ombre de Tobias, peut être que c’était sa main glacée d’adolescente qui venait serrer le cœur de  son frère parfois pour le maintenir réveillé, peut être que c’était le vent qui faisait se balancer les feuilles. Ou alors c’était Désirée qui commençait à devenir folle. Vraiment folle. Et ses propres défauts et ses propres failles se mêlaient avec celles de Tobias et ils dansaient tous ensemble et qu’au final, il n’y avait rien d’autre qu’eux dans cette forêt ? Non, la blonde se refusait à le croire et si ce n’était pas la police ou quelqu’un encore plus mal intentionné qu’eux, quelqu’un finirait forcément par la trouver. Elle ne réalisait même pas qu’elle tirait la main de Tobias à présent, de la même façon dont il avait tiré la sienne quelques minutes auparavant, elle aurait été incapable d’expliquer d’où lui venait cette soudaine force, cet élan, mais c’était là et…« Tobias je… » Désirée voulait lui dire qu’il y avait encore une feuille là, sur le sol, elle voulait se pencher pour la ramasser mais Tobias poussa un grognement différent des autres. Elle avait l’habitude des grognements et des intonations du brun mais celle-là en particulier ne présageait rien de bon. Elle se tourna vers lui, perplexe. « Ça va ? » La réponse vint rapidement et non, Tobias s’était tordu la cheville, ils s’étaient trop hâtés, trop précipités sans doute et voilà que ce géant était contraint de s’asseoir dans là, sans pouvoir avancer. « Okay… Okay. Je vais aller par là, voir s’il n’y avait vraiment rien et ensuite j’appellerai quelqu’un, regarde, tu peux même le faire toi, tiens je te donne mon téléphone portable, je devrai avoir du réseau. » Marmonna rapidement la blonde en fouillant dans son sac, elle mit le téléphone portable entre les mains de Tobias et s’éloigna, un pas, deux pas…

« Tobias… dis moi que tu peux la voir s’il te plait. »

La voir. Elle.
Leur but, leur… victime.
Désirée s’était figée pendant quelques secondes face à la vision qu’elle avait, le souffle court, le son de cette voix si informelle et si distante lui parvenant à pleine puissance.

 « Je suis le Poète. Je suis venu pour vous tuer.
Écrivez : je suis immortelle. »


Il était venu pour elle. Il était venu pour la tuer elle et Désirée avait comme l’impression que ces mots, ceux du Poète, sa note en quelque sorte, venaient d’être hurlés à son oreille. Désirée ne savait même pas comment elle savait que la disparue venait d’être promue de morte, et si elle respirait encore?… Non.  L’écrivain en doutait, elle était assise là, tranquillement, au pied d’un arbre, les jambes écartées, dans des vêtements visiblement trop grands pour elle, reposant là, quelque chose dans la main, au milieu des feuilles que Désirée avait suivies. C’était… magnifique. Oui, c’était le premier mot qui lui était venu à l’esprit et la blonde ne le regretta pas. Il était venu la voir, Il lui avait fait une tombe dans les bois et avait fait en sorte que personne ne la loupe. C’était magnifique pas vrai ? Il avait sûrement été là pendant toute la fouille, à les épier et à les observer, juste pour s’assurer que quelqu’un voit de quoi Il était capable et qu’Il était au-dessus de tout ceci. Au-dessus de leur regard, de leur loi, de leur justice, de leur compréhension, au dessus de toutes les barrières qu’on pourrait lui imposer. Désirée s’était figée quoi, trente secondes, une minute tout au plus et elle réagit à retardement, se disant qu’elle était idiote de rester là. On allait venir, ils n’étaient pas les seuls ici. Des policiers fouillaient activement la zone, cette vipère de Liam ne devait pas être loin et Peter et son parfait brushing et son caméraman aussi. « Non. » souffla t-elle, personne ne devait Le trouver, Il devait continuer, Il n’avait pas encore fini.

La blonde se précipita vers le corps, ayant pris sa décision, pas du tout rebutée par la proximité de la mort. Dans sa hâte, Désirée finit par tomber elle-même et ses à quatre pattes muée par sa propre folie qu’elle arriva devant la victime. C’était un enregistreur qu’elle avait dans les mains mais ça n’intéressait pas Désirée, non. Elle attrapa rapidement quelques-unes des feuilles blanches et les fourra dans son sac. Ensuite, le souffle court, elle lui ôta sa capuche et son masque. Le masque termina dans son sac aussi, personne ne pourrait faire des tests dessus et personne ne pourrait rien savoir. Désirée remarqua autre chose, là, sur la tempe de la jeune femme, un symbole, une croix…?Plus le temps, pas le temps, se dit la blonde avant de reculer. On arrivait, l’enregistreur allait forcément attirer l’attention de quelqu’un pas vrai ? Désirée recula encore, toujours accroupie à quelques mètres du cadavre, elle ferma soigneusement son sac et se tourna vers Tobias qui avait dû la voir faire. Pour lui, ce fut un sourire, un sourire pour dire merci, un sourire pour ses propres démons. Le sourire dura une fraction de secondes avant qu’une des mains de la blonde se referme en un poing prêt à frapper, elle inspira profondément avant de se donner un coup dans le ventre. La douleur arriva, mais aussi et surtout les larmes au coin de ses yeux qui roulèrent peu à peu sur ses joues.

« … Oh secours ! Mon dieu ! Par ici ! »  Désirée leva le regard vers le nouveau venu et elle se leva lentement, ravie de voir ses mains légèrement couvertes de boues et elle s’agrippa à l’arrivant, effrayée et apeurée. « Vous, vous êtes de la police ? Est-ce que… Peu importe mon dieu,  on vient de la trouvez, elle est là, je crois qu’elle est morte mon dieu… aidez nous, mon ami est blessé il va avoir besoin d’aide pour marcher je crois je… je…  vous croyez qu’il est encore là ? »
La blonde connaissait la réponse à cette question mais… elle n’était pas elle là, non, juste une citoyenne concernée qui venait de trouver un corps.
Une chose affreuse, vraiment.

_________________

"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t164-i-ve-never-seen-a-diamond-in-the-flesh

Invité


 Invité


Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 28 Sep - 18:30

    Imogen voudrait être ailleurs, à cet instant. Loin de ces bois, loin de tout ce monde, loin de ces policiers, ces habitants et les découvertes macabres qu’ils pouvaient encore faire. Imogen voudrait être à Fairhope Avenue, avec la fleuriste, devant la télévision dans l’arrière-boutique. Ou seulement enfermée chez elle, loin des informations que Peter Howell pouvait retransmettre aux ménagères curieuses. Mais elle était coincée ici, tétanisée par la peur, perdue au milieu des bois avec deux camarades de fortune aussi impuissantes qu’elle. Tandis que la policière s’éclipsait derrière l’immense saule pour retrouver le point de repère de l’indice au pied de l’arbre, la blonde s’appliquait à rassurer Imogen. Mais elle était totalement sourde, pendant quelques secondes. Son esprit s’était replongé dans les méandres de ses souvenirs les plus sombres et douloureux. Le stylo plume, elle connaissait son utilisation, autant que les autres personnes présentes ici. Elle en connaissait la marque, les dégâts, la trace indélébile qu’elle laissait sur la peau et l’esprit.

    A cet instant précis, elle aurait voulu avoir Markus à ses côtés. Il était la seule personne ici et partout ailleurs à pouvoir comprendre l’état dans lequel elle était. Parce que pour ses camarades, elle n’était que Rosamund, une simple citoyenne qui avait eu le malheur de tomber sur un stylo ensanglanté. Pour Markus, elle serait Imogen, une victime du Poète qui avait rencontré ses démons d’antan au pied d’un arbre. Elle n’aurait pas à lui expliquer l’angoisse qui lui tordait les tripes, elle n’aurait pas à lui expliquer pourquoi sa peau brûle étrangement au niveau du bras, et pourquoi elle a l’impression de sentir cette odeur familière de rouille et le sel autour d’elle, comme un bain de sang juste sous son nez.

    Pour l’heure elle est avec Zoey –elle connait enfin son prénom, grâce à la policière- qui tente comme elle peut de la calmer. En temps normal elle aurait certainement repoussé le bras enroulé autour de ses épaules. D’abord parce qu’elles ne se connaissaient pas, mais aussi parce que le moindre contact physique dont elle n’avait pas conscience et une totale maitrise pouvait la faire sursauter. Cette fois pourtant, Imogen accepta cette semi-étreinte, plus ou moins rassurante. Les deux jeunes femmes réunis, elles parlaient du sifflet, du premier peloton loin devant eux, de quitter les bois et retourner vers toutes les voitures et les agents de police. Peu importe l’idée, dans l’immédiat, Imogen ne se sentait pas bien. Le cœur au bord des lèvres, elle prenait de longues inspirations pour calmer les nausées qui la menaçaient. C’était insoutenable.

    Elle aurait bien voulu partir, maintenant que la policière en parlait plus sérieusement que jamais. Elle avait l’air franchement peu rassurée par la situation, et par conséquent, elle provoquait inconsciemment cette réaction en chaîne chez Imogen qui sentait une forme d’angoisse la ronger de plus en plus. Tellement, qu’elle ne se sentait plus de tenir sur ses jambes. La jeune femme se sentait affreusement nauséeuse, en plus de voir ses propres mains trembler comme des feuilles soulevées par le vent. Sans aide, elle se sépara de Zoey et trouva une place sur un tronc d’arbre coupé, en interceptant les prémisses des vertiges jouer avec son équilibre. Consciente de la crise d’angoisse qui secouait son corps frêle, elle ne pouvait néanmoins calmer son cœur déjà emballé, ni les spasmes de douleur qui lui tordaient le ventre. Sa respiration était hachée, courte et vaine, un instant, ou longue, pleine et suffisante, mais ce n’était pas assez pour son corps qui réagissait étrangement mal. La forêt était un endroit plutôt calme, mais ses tympans battaient si fort qu’ils la rendaient sourdes et la déstabilisais d’une certaine manière, sans qu’elle ne puisse piper un mot à ses camarades. Elle aurait aimé être ailleurs, loin d’ici. Si elle n’était pas aussi stupide, elle serait chez elle en sécurité, loin des crises d’angoisses qu’elle n’avait plus eues depuis plus d’un an. Elle aurait aussi voulu s’excuser auprès des deux jeunes femmes, qui avaient mieux à faire qu’à gérer une habitante angoissée. Surtout la policière, qui avait l’air plus désemparée que jamais. Est-ce qu'une autre personne aurait si mal réagit à la vue du stylo ? Comment aurait réagit la photographe, par exemple ? Selon elle, mieux. Elle aurait gardé son sang-froid, comme la policière parce que c'est son boulot qui le lui ordonnait. Elle cherchait seulement à savoir si cette crise d'angoisse était le résultat de la simple vue du sang sur la plume, ou parce que cette vision apportait son lot de mauvais souvenirs. Les deux femmes devaient probablement la prendre pour une pauvre fille bien fragile, et elle détestait ça. Si seulement elle n'était pas venu aujourd'hui...
Revenir en haut Aller en bas

fonda - lost in the fire

avatar

◆ Manuscrits : 6180
◆ Arrivé(e) le : 15/03/2015
◆ Âge : 32 ans
◆ Décédé le : 3 Mars 2016, suite à une altercation avec les forces de police
◆ Métier : ancien biographe et parolier puis secrétaire
◆ Points : 720
◆ DC : Adam,Pete,Micha & Tutur
◆ Avatar : Tree Pace


Sujet: Re: • Willow Lake SearchMar 29 Sep - 19:17

Le bruit avait résonné jusqu’au creux de ses tympans, l’écho se répandant autour d’eux, les enveloppant un instant au cours duquel Tobias se figea avant que la douleur ne le frappe, lancinante, insupportable, brûlante au point de lui couper le souffle et l’empêcher de produire le moindre son. À part pour grogner une énième fois, la note ne traduisant certainement pas ce qu’il était en train de vivre ; ou plutôt de subir. Sa cheville l’avait lâché, là, en plein milieu de la boue, perdu au coeur de la forêt, sa main se resserrant avec tout autant de violence autour des doigts de Désirée. Il n’avait plus osé bouger, ou peut-être tout simplement qu’il n’en n’avait plus la force, qu’il n’était plus capable de faire le moindre pas ? C’était un signe, sans doute. De toute évidence, sa course ne se serait pas arrêtée ici si quelque chose qui les dépassait complètement ne l’avait pas souhaité. Pas de divinité dans le monde de Tobias, en tout cas pas celles que le commun des mortels avait pris l’habitude de vénérer. Non, ç’en était une autre qui parvenait à le pousser en avant, à le convaincre qu’il devait continuer à mettre un pied devant l'autre ; et elle avait décidé qu’il était temps de s’arrêter, de poser les deux genoux à terre pour demander pardon. Voilà pourquoi il souffrait. Parce que le moment était venu pour lui de serrer la mâchoire au point d’avoir la sensation que son crâne allait bientôt exploser. Parce que c’était son heure, c’était son tour, à lui de rendre des explications en se tournant vers les branches des arbres en espérant apercevoir un peu de bleu entre les feuilles. Elles lui donnaient l’impression d’être couvertes de boue, elles aussi, que le monde entier était en train de s’enliser en même temps qu’il perdait l’équilibre et qu’il se laissait tomber vers le sol, les paumes tendues vers l’avant pour offrir tout ce qu’il possédait ; le vide, le vent, la nature, l’univers. Le peu de bon sens et de conscience qu’il lui restait. Son âme. Tout, et pourtant si peu, pour ne pas dire rien.

Désirée lui avait laissé son téléphone portable et Tobias n’avait pas su quoi en faire. Non, il n’était plus là, plus suffisamment présent pour comprendre qu’il devait appeler à l’aide ou au secours. Il songeait à Laurel, puisque c'était bien elle qui les avait mené jusqu’à cet endroit précis, et Tobias ne savait pas encore pourquoi. Il ne comprenait pas, il n'avait jamais compris. Alors il essayait de prouver sa bonne foi en montrant patte blanche, en baissant la tête et en murmurant des paroles que seul lui pouvait entendre. Il la priait de revenir pour le hanter à nouveau, pour que sa voix raisonne dans sa tête comme autrefois, qu’elle se refuse à le quitter ; il ne s’emporterait plus, il n’essaierait plus jamais de négocier quoi que ce soit, si seulement elle revenait, si seulement elle existait à nouveau. La voix de Désirée l’interpella alors, le tirant de ses supplications. Tobias tourna la tête trop brusquement, la brûlure gagnant maintenant sa nuque. Il s’apprêtait à rouspéter, à lui dire qu’il ne voyait plus rien, qu’il ne voulait plus voir, qu’il ne souhaitait qu’entende. Il s’apprêtait à grogner une nouvelle fois afin de lui faire savoir qu’il se fichait éperdument de ce pourquoi elle l’appelait. Quand il l’aperçut justement, les bras ballants et le corps sans vie.

Non. Non, mille fois non.
Non, non, non. La tête de Tobias n’avait de cesse de faire des allers-retours, ses lèvres répétant ce même mot en boucle. Il fallait qu’il se relève, qu’il l’atteigne, qu’il puisse la voir et la toucher, embrasser ses lèvres une dernière fois. C’était sa soeur, juste là, devant eux. Ils l’avaient retrouvée morte, laissée à la merci des charognards, le visage recouvert d’un masque affreusement blanc qui contrastait bien trop avec la boue dans laquelle il était en train de se noyer. Non, avait-il dit à Désirée alors qu’elle s’approchait, qu’elle s’appropriait cette dépouille qui n'appartenait qu'à lui puisqu'elle lui revenait de droit, qu’elle lui appartenait, qu’elle ne devait être approchée par personne d’autre que lui. Juste lui, juste lui. Non, non, non. Il se débattait presque, essayant tant bien que mal de se remettre debout pour rejoindre la blonde qui se chargeait déjà de souiller la pauvre défunte en laissant trainer ses pattes n’importe où, récupérant feuilles et masque sans demander son reste, sans même jeter le moindre regard vers Tobias qui agrippait la terre à pleines poignées tel un chien enragé sur le point de se ruer sur sa victime. Il avait observé Désirée se donner un coup dans le ventre et il s’était dit que c’était une bonne chose, qu’elle avait eu raison, qu’il l’aurait fait à sa place. Qu’il l’aurait assassinée s’il avait eu l’occasion de pouvoir se tenir debout sur ses deux jambes. Parce que c’était pour ça qu’ils étaient là, pour ça que Laurel les avait mené jusqu’ici. Elle ne supportait plus la présence de l’écrivain dans la vie de Tobias et il était maintenant temps de s’en débarrasser pour finalement laisser la blonde croupir au milieu des arbres en train de moisir et de se décomposer à vue d’oeil, alimentant les immenses flaques de boue qui les emprisonnaient. Désirée fit semblant d’être attristée par cette découverte, oubliant à nouveau le brun qui allait sûrement mourir en ces lieux, lui qui avait manqué à sa mission. Lui qui n’avait pas compris ce que sa soeur avait essayé de lui dire. « Pardon. », murmura-t-il pour imiter la brise qui faisait trembler sa chair. « Pardon, pardon, pardon… » Et pour la première fois depuis la mort de Laurel, les larmes étaient venues lui brûler le coin des yeux, s’étalant sur son visage, perlant le long de ses joues, s’écrasant sur le sol pour alimenter la terre déjà humide, l’immense flaque de boue qui les maintenait prisonniers. L’arbre était tombé, déraciné, pourri jusqu’à la moelle. Il avait tout perdu.  
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t83-i-slithered-here-from-eden http://potterbird.livejournal.com

Invité


 Invité


Sujet: Re: • Willow Lake SearchMar 29 Sep - 23:01

Le légiste venait de ravir la trouvaille de la lab tech sans s'embarrasser de d'abord demander la permission. Ça encore, passe! Après tout la jeune femme l'avait consulté, il se devait d'examiner la pièce à conviction. Mais était-ce nécessaire son "je pense que pour une fois vous avez vu juste"?

*N'empêche fort. Il me gonfle. Invariablement*, constata-t-elle, presque blasée par l'évidence.

Le changement de décor ne changea en rien la dynamique de ses interactions avec Liam Haynes. Une fois de plus, ce dernier parvenait à la pousser à le maudire. Ne pouvait-il pas prendre l'initiative d'arrondir les angles? Oh bien sûr de son côté, elle pourrait ne pas prendre la mouche à la moindre remarque… mais s'il y avait bien un point sur lequel elle se montrait particulièrement suscept-sensible, c'était quand on émettait un doute sur ses compétences professionnelles. Cependant, ses lèvres se pincèrent, emprisonnant ses mots. Dans la mesure où elle arrivait à se contenir, elle préférait se garder de faire des vagues avec ses collègues.

*Mais attendez de voir*

Elle imaginait déjà la satisfaction que lui procurait l'arrosage de son increvable Chlorophytum avec le café glacé de Haynes… Le citoyen les interpela pour vider son sac, et lui rendre le sien par la même occasion. Jayla le raccrocha sur ses épaules, plus que perplexe. D'une attention sélective, elle n'avait pas vraiment prêté attention à son histoire de frère perdu de vue. Mais du peu qu'elle avait écouté, il lui semblait que le frère était adulte… Alors pourquoi tant d'inquiétude? Les environs grouillaient de monde, on l'aurait entendu appeler à l'aide s'il avait besoin d'être secouru. Le regard de la technicienne devint interrogateur… En fait, elle tiqua sur le visage du jeune homme qui lui sembla soudain familier... Où l'avait-elle déjà aperçu?

*Le médium de chez Howell*

Honteuse d'être une spectatrice assidue de l'émission de Howell, elle détourna brièvement le regard comme si ses yeux pouvaient la trahir. Le citoyen les accusa de s'intéresser plus aux morts qu'aux vivants… Ma foi elle était bien en peine de le contredire. De part leur métier respectif, Haynes et elle œuvraient plutôt à la paix des morts, en effet.
"Soyez raisonnable… ", grommela-t-elle mollement quand l'homme décida de quitter leur trios.
Elle n'avait guère d'arguments, et surtout elle était lasse de maintenir un semblant d'organisation dans cette battue. La plupart du temps, elle exécutait son travail dans l'environnement aseptisé du labo. Elle aimait le contrôle que ce lieu lui procurait. Et dans ces bois, le contrôle, elle n'en avait clairement aucun! Un peu indécise sur la suite à donner au départ du civil, elle chercha le regard du médecin légiste… qui visiblement, ne se sentait pas concerné par l'idée d'apporter un soutien à leurs collègues des forces de l'ordre. A quelque part, elle lui enviait son détachement.

"Mmm.." , acquiesça-t-elle distraitement en récupérant le scellé.
Elle n'était pas tranquille de laisser les gens se balader seuls, mais elle se rassura en se disant que l'homme tomberait vite sur un policier.
"Oh mais vous alors!", le gronda-t-elle dans un souffle d'exaspération.
Elle secoua la tête pour lui signer sa désapprobation. Autant elle n'aurait pas réagi si les paroles offensantes de Haynes impliquaient uniquement un policier qu'elle ne connaissait pas vraiment, autant là elle se devait de ne pas cautionner le dénigrement qu'il avait aussi étendu à l'officier Mahoney. Le légiste sembla se moquer de son mécontentement, voire même de s'en ficher puisqu'il lui tourna le dos. Certes sa réplique n'en imposait pas des masses, mais si on connaissait la discrétion de Jayla, le simple fait qu'elle ait réagi ne manquerait pas d'étonner. Elle fixa le dos du légiste… Rha que cela la démangeait de lui donner un coup de pieds, juste pour lui apprendre un peu le respect des autres. Au lieu de céder à cette tentation, elle devança Liam, puis leva le bras et balaya l'air pour attirer l'attention.
"Officier, par ici, s'il vous plaît! J'ai trouvé quelque chose."

Sans doute espérait-t-il la découverte de la disparue, car elle lut la déception du policier quand elle lui avait tendu le sachet avec les gants.
"Au moins ce sang-là, vous pourrez l'exploiter."
"Que voulez-vous dire..?"
Est-ce qu'on avait trouvé du sang ailleurs? Le policier déplia sa carte. Il montra une croix vers l'entrée de la forêt.
"Une branche avec du sang a aussi été trouvé, ça a créé du remue-ménage."
Le policier ne put pas l'informer sur ce qui était advenu de la branche et lui demanda plutôt d'indiquer où elle avait trouvé les gants pour marquer l'endroit d'une croix sur la carte.
"On devrait revenir en arrière. Je dois récupérer cette branche."
Elle savait que ses deux compagnons ne verraient sans doute pas l'importance  de ce bout de bois. Mais pour elle, c'était une preuve potentielle, ou du moins une pièce à conviction qui pouvait se révéler important. On ne pouvait exclure que le sang ne soit pas celui du Poète. Qui sait si la victime n'avait pas réussi à blesser son agresseur?
Elle regarda tour à tour ses interlocuteurs. Elle ne pouvait partir seule. Le policier sembla vouloir l'accompagner, ce qui était suffisant pour elle.
Revenir en haut Aller en bas


avatar

◆ Manuscrits : 4262
◆ Arrivé(e) le : 05/08/2015
◆ Âge : 24
◆ Assoc. des Victimes : Membre
◆ Métier : Elève policière
◆ Points : 1270
◆ DC : Aiden, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Willa Holland


Sujet: Re: • Willow Lake SearchMer 30 Sep - 0:16

Sa gestion de la situation était terrible, elle en avait bien conscience. Ses phrases entrecoupées de regards inquiets, de respirations étranglées, la soudaine proximité qu'elle avait avec ses deux comparses enlacées, comme si elle voulait se fondre en elles pour ne plus avoir ce poids sur les épaules, ne plus avoir cette responsabilité qui perçait un trou au fond de son crâne, qui susurrait qu'elles ne sortiraient jamais de cette forêt, qu'elles allaient mourir comme cette pauvre fille. Qu'elles finiraient par s'écrouler de fatigue et s'entretuer à coups de pelle avant que la tension ne redescende, qu'elles sortent de là et ne se revoient plus jamais. Que quelqu'un, un jour, retrouverait leurs trois corps, sans personne pour les identifier, déformés, bouffés aux vers. Vides. Willow voulait frapper, elle voulait agir, elle voulait partir. Qu'importait s'ils ne la trouvaient pas. Qu'importait si elle restait là, à la merci des bêtes et des vautours qui rôdaient dans les bois. Les animaux viendraient la manger, grignoter sa chair flétrie et froide, et les vautours viendraient la souiller, clamer l'outrage, l'horreur, quand ils n'auraient ressenti qu'un frisson grisant, qu'une curiosité malsaine, la même qui avait poussé toutes ces âmes à s'égarer dans les bois. A quoi ça ressemble, un cadavre? Qui pouvait honnêtement penser la trouver vive? Qui s'imaginait tomber sur une petite fleur aux pétales arrachés qui sursauterait en les voyant, une prière à mi-voix au bord des lèvres? Ne me faites pas de mal. Mais personne n'attendait ça. Ils savaient tous que la victime ressortirait de cette forêt sous une bâche, les flashs des caméras et les exclamations exaltées du public qui se presserait autour pour obtenir un morceau de peau. Violée, même dans la mort. Charognards.

Les ailes du moulin brassaient de la peur, et la jeune policière avait, sans le vouloir, créé un vent de panique, celle-ci s'infiltrant chez l'inconnue bien plus que de raison, sans doute. La brindille chancela dans la brise, et avant que Willow ait réalisé l'ampleur de la terreur, Rosamund était assise. Rosamund s'offrait aux monstres et aux loups, et la policière secoua la tête. Elle voulait la tirer par le bras. Elle voulait les traîner toutes les deux derrière elle, pour peu qu'elles se remettent en mouvement. Elle aurait voulu les laisser là. Mais et si quelque chose arrivait? Non. Elle s'était promis de les sortir de là vivantes, elle s'était promis de n'avoir de cesse de chercher tant que cette jeune femme n'était pas retrouvée. Seulement, elle ne pouvait pas le faire seule. Elle en était incapable. Tout comme Rosamund qui semblait incapable de se raisonner, de se reprendre. Dire qu'elle comprenait aurait été mentir. Willow ne comprenait pas. N'y avait-il pas plus important que sa propre personne, à l'instant? Ne pouvait-elle pas faire l'effort de continuer, pour la simple éventualité que la pauvre victime soit en train de se vider de son sang? Willow ne saisissait pas. L'angoisse avait toujours pris d'autres chemins, chez elle, se faufilant sous les portes pourtant closes pour lui glacer le sang. Mais elle combattait. Vaillamment. Elle ne pouvait pas accepter de se laisser atterrer par un stylo plume. Aussi comment aurait-elle pu comprendre?

«Il faut qu'on bouge.» C'était murmuré, alors qu'elle faisait les cent pas devant Rosamund, résistant tant bien que mal à l'envie de la secouer jusqu'à ce qu'elle se relève, jusqu'à ce qu'elle se défende. Willow pouvait tenter, elle pouvait essayer de comprendre, de se plier, quelques instants, de tendre une oreille attentive, d'offrir quelques mots. «Rosamund.» Trop dur. Trop sec. Elle secoua la tête, fit quelques pas supplémentaires. Elle aurait pu leur dire de rester là, qu'elle allait trouver de l'aide. Mais elle n'était pas prête à les laisser seules. Pas quand l'une d'entre elles n'était pas en pleine possession de ses moyens. «On va sortir de cette forêt.» Elle s'était agenouillée face à la jeune femme, s'immobilisant pour la première fois depuis plusieurs minutes, le bout des doigts sur les genoux de la brune. «Tu vas te relever. Lentement, et on va aller chercher de l'aide. C'est promis.» Dire que sa voix était chaleureuse et rassurante aurait été mentir également, mais elle ne se sentait pas de faire mieux, à cet instant. «On va tous sortir de là.» Puis elle se releva, se tourna à moitié au hasard vers un coin de la forêt. «Mais il faut qu'on se remette en route. Maintenant.»

Après s'être assurée qu'elle allait être suivie, que son discours avait fonctionné ou que Zoey avait été plus efficace qu'elle, elle s'enfonça de nouveau dans les bois. «On va finir par tomber sur quelqu'un, ou même sur la sortie.» C'était simplement pour briser le silence. Elle aurait très bien pu dire qu'elles auraient fini par tomber sur un arbre, ou sur la morte. Tout ce qui importait c'était de parler, prouver aux autres, et à elle-même, qu'elle n'était pas encore tout à fait morte, qu'elle était bien là, les deux pieds sur terre. Alors qu'elle continuait d'avancer, quelqu'un d'autre se prouvait vivant. On appelait à l'aide, et Willow était forcée d'admettre que sa première pensée fut oh non. Elle ne voulait plus aider autrui, elle voulait simplement la présence rassurante de Jesse, ou de n'importe lequel des policiers, n'importe quelle forme d'autorité, de... mains boueuses qui s'accrochaient à elles comme un poupon à sa mère. Non. Non. La femme qui se relevait face à elle avait l'air terrifiée, mais ce fut simplement la suite de son discours qui la poussa à la chercher des yeux, à porter son regard alentours, et à la voir. Elle entrouvrit la bouche, sans doute pour hurler, sans doute pour pleurer. Sans doute pour s'écrouler sur le sol et attendre que quelqu'un d'autre lui prenne les mains et lui dise que ça allait aller. Mais elle savait à quoi elle s'engageait en mettant le pied dans cette forêt. Elle savait que la vision serait la même, et ce bien que la douleur soit moindre. C'était un corps sans vie. C'était John, accroché à son bureau, c'était la douleur folle, l'anéantissement. Tout qui lui remontait en mémoire, les tripes au bord des lèvres. Elle voulait toucher son visage, la convaincre de se réveiller, comme elle l'avait fait pour lui. Peut-être serait-elle plus clémente? Peut-être qu'elle ouvrirait les yeux?

Willow se laissa submerger par toutes ses émotions, le regard rivé sur la morte, tous les vivants effacés de la surface de la Terre. Pendant, une, deux, trois, quatre, cinq, six secondes. Puis elle se força à oublier. «Je suis de la police.» Ce n'était qu'à moitié vrai, ce n'était qu'à moitié un mensonge.  A l'instant, c'était bien plus un mensonge que la vérité. Elle ne valait certainement pas mieux qu'eux. Elle n'avait certainement pas les réponses, pas les solutions. «S'il vous plaît, je... je voudrais que tout le monde reste calme.» Elle remarqua seulement l'homme, en larmes. Elle le connaissait, elle en était certaine. Lui aussi avait porté les accusations des autres, lui aussi avait été accusé à tort alors qu'il était tout autant victime qu'elle l'avait été. Accusé d'avoir tué quelqu'un à qui il avait tenu, qu'il avait tenu tout contre lui, comme elle l'avait fait. Mort et vif. L'âme à vif, la mort dans l'âme. Mais il pleurait. «Je pense que nous sommes en sécurité ici à présent.» Elle aurait voulu dire que tout ça n'avait été qu'un jeu, et que personne n'était en sécurité nulle part, mais ils étaient suffisamment nombreux pour avoir une chance de s'en sortir si d'aventure il décidait de s'en prendre à leur groupe à nouveau. «Mademoiselle, vous êtes blessée aussi? Vous n'avez pas touché au corps?» Elle avait des milliers de choses à dire, à faire, à penser. «Monsieur, monsieur vous pouvez vous lever?» A l'évidence, non. Tobias? N'était-ce pas là son nom? «Tobias, c'est ça? Je suis désolée.» C'étaient les seuls mots qui venaient. Elle aurait pu dire que tout irait bien. Que tout allait s'arranger, que tout pouvait s'arrêter maintenant qu'elle était trouvée. Maintenant qu'elle était vraiment morte. Ils allaient tous pouvoir sortir. Survivre. Mais ça n'allait pas. Pas devant elle, pas devant lui. Pas maintenant. «Zoey, je voudrais le sifflet.» Elle tendit la main en direction de sa cousine. Peu lui importait l'état dans lequel elle et Rosamund était à présent.

Une fois son instrument récupéré, elle souffla de toutes ses forces.
Elle appelait les secours, elle appelait les vautours.
Et, enfin, elle osa poser à nouveau les yeux sur elle.
Et c'était trop.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t248-whirlwind


avatar

◆ Manuscrits : 3797
◆ Arrivé(e) le : 03/09/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : Lieutenant de police
◆ Points : 4040
◆ DC : Sacha
◆ Avatar : Kate Mara


Sujet: Re: • Willow Lake SearchMer 30 Sep - 23:00

Willow Lake Search

◆ Avec tout le monde ou presque ◆


Le temps file entre nos doigts à une vitesse folle. Je suis éveillée depuis trop de temps, mais je tiens le coup, je le dois, je dois sauver cette ville, je dois la sauver de ce tueur en série qui sévit depuis maintenant trop de temps. Mais ce poète est décidément trop fort, il a pour ainsi dire des longueurs d'avance sur nous en permanence, et il s'amuse à nous narguer. Ce coup de téléphone y ressemblait en tout cas. Mais il nous avait amené sur une piste très sérieuse et le cadavre d'une jeune femme se trouvait par ici, non loin du lac, parce qu'il ne faut pas se leurrer, elle est morte, j'en suis persuadée. Si nous l'avions trouvée immédiatement, peut être qu'elle aurait eu sa chance se survivre, mais vu le temps qui s'était écoulé, c'était bien trop tard pour trouver une personne vivante. Mais pour le moment, j'avais d'autres chats à fouette malheureusement. Un homme complètement irrationnel avait réussi à me subtiliser mon arme. J'avais tenter de le raisonner, en douceur. Matthew était arrivé pour m'aider et l'homme semblait avoir été convaincu par ces propos. Je pensais que cela allait se finir de la sorte mais non. C'était trop beau pour être vrai. Si le suicidaire semblait avoir compris que la mort ne résoudrait en rien ces problèmes et ceux de sa famille, de ces proches, un autre homme tenta de me prendre mon arme par la force alors que le suicidaire venait de me la tendre pour de bon. Alors que j'allais l'avoir en main, il força le passage pour se saisir de l'arme. C'est comme ça qu'un coup est partie dans le vide mais heureusement pour tout le monde l'arme était braquée vers le sol et la balle se figea dans celui-ci, au milieu de la boue. J'assénais alors un coup de poing dans la mâchoire de l'individu qui tomba au sol, reprenant ainsi mon arme. Autant je n'avais pas l'intention de poursuivre l'homme suicidaire pour de quelconques faits, autant cet homme là aurait à répondre de son geste. Est ce que nous étions trop proche de la vérité pour qu'il tente de faire quoique ce soit ? Avait-il un rapport quelconque avec le Poète ? Ou étais-ce simplement un opportuniste ? Un fou à lié dans un asile ? Je ne savais pas, et pour le moment, je ne pouvais pas me permettre de perdre du temps avec lui. Je lui passais les menottes et le confiait à un officier de police. Je lui donnais ordre de ramener cet individu au poste afin de le mettre en cellule, je réglerais son cas plus tard, pour le moment, j'avais une jeune femme à trouver, sans doute, son corps sans vie, mais comme je n'avais aucune preuve, je ne pouvais vraiment le dire même si j'en étais presque certaine au vue de ce que nous avions pu faire par ici. Je sais, le Poète n'a pas tué toutes ces victimes, il y a même étrangement beaucoup de victimes encore en vie, mais nous n'avons pourtant pas le moindre indice sur qui il est. Pourtant, nous étions loin des sentiers battus, loin de tout ce que nous avions pu voir avant concernant ces victimes. Elles étaient toutes dans un endroit clos, chez elle, ou sur leur lieu de travail, pas en pleine nature. Intérieurement, je me posais tellement de questions. Est ce que ce crime là n'était pas un peu plus personnel que les autres ? Je veux dire, pourquoi avoir laissé la victime par ici ? Est ce que cela avait une signification plus particulière ? Qu'est ce que nous devions y comprendre ? Je n'en savais rien, mais j'avais une idée derrière la tête. Je crois me souvenir d'une petite cabane dans les bois, une cabane de pécheur peut être ? Et si le poète avait mis le cadavre dans cette cabane ? Est ce que cette cabane existait toujours d'ailleurs ? Je ne sais pas, mais je crois me souvenir où elle se trouve à peu près. C'est peut être une idée complètement folle, mais je me dis que j'aurais du y penser avant plutôt que de me dire que le cadavre pouvait être dans le lac. Je regarde Matthew qui est encore à mes côtés.

" J'ai peut être une idée mais je ne sais pas si elle serait bonne. En tout cas, ça ne coûte rien d'essayer. Je ne sais pas si tu veux me suivre, où si tu préfère rester ici avec mes collègues pour tenter d'apaiser un peu plus la foule. "

Mais je n'attendais pas spécialement de réponses. Je ne savais pas s'il me suivrait même si je lui faisais confiance sur le coup. Nous avions réussi à calmer la situation, sans lui, peut être que les choses se seraient déroulées d'une façon différente, moins positive, je ne saurais dire. En tout cas, arme en main pour que personne ne me la prenne, je me mettais à courir en direction de cette pseudo cabane dont j'avais un vague souvenir de mon enfance. Elle devait être en ruine, peut être que ce n'était plus qu'un amas de planches près d'arbres, mais ça ne me coûtait plus rien d'essayer. Je me mettais donc à courir le plus rapidement possible dans cette direction, mais alors que je venais à peine de rentrer dans la forêt, je ne me souvenais plus de la direction à prendre. Il faut dire que la dernière fois où je suis venue ici est lointaine, la forêt à terriblement changer, beaucoup trop pour que les quelques repères que je pouvais avoir soit encore là. Mais peu importe, je ne vais pas réduire la cadence tout de suite, non, pas encore, je dois me rapprocher d'elle, le plus rapidement possible, même si l'espoir est bien faible. Je dois la retrouver, je dois la sauver. Je dois faire mon possible pour que la liste des victimes ne soit pas plus importante. Je passe peut être sans le savoir à côté de personnes que je connais, au moins de vue, si ce n'est plus que cela évidemment. C'est alors que j'entends une sorte de voix bizarre. Je viens de courir sur plusieurs centaines de mètres, je me dis que mes oreilles me jouent peut être des tours, je me le dis mais en vérité, ce bruit devient de plus en plus fort, comme si on me parlait dans le creux de l'oreille. Je suis en train de devenir folle, ca y est, je deviens folle, j'entends des voix venir à moi. Je regarde autour de moi, et derrière un arbre, c'est là que je les vois. Une blonde est à proximité du cadavre. Que fait-elle ? Serait-elle une complice du poète ? Est-elle simplement trop curieuse ? Je ne sais pas trop, mais elle me parait suspect. Imogen et Zoey ne sont aussi pas loin puis le son du sifflet de Willow arrive à mes oreilles. Elle est là, contre cet arbre. Mon coeur semble louper un battement mais je me ressaisie immédiatement. Il va falloir maintenant interroger ces personnes présentes, la blonde et l'homme qui semble avoir du mal à se contenir devant le cadavre. Je ne les connais pas vraiment, j'ai déjà du les apercevoir en ville, mais au delà de ça, je ne les connais pas spécialement. Bref, j'arrive à côté d'eux, essoufflée. Je n'ai pas vu de trace de la cabane, peut être qu'elle n'existe plus, mais ça n'a plus d'importance. Il y avait déjà trop de monde par ici.

" Il va falloir évacuer les lieux. Je vais appeler des renforts. Nous allons nous occuper de votre ami qui s'est blessé. Willow, tu as du matériel sur toi ? Il faut élaborer un périmètre de sécurité avec un cordon. "

Je prends mon téléphone portable, et j'appelle du renfort disant que j'avais trouvé le cadavre même si je n'avais pas été la première sur les lieux, que Willow était arrivé avant moi, et que cette blonde là aussi. Mais pour le moment, elle ne m'inspirait pas confiance, pas du tout même.

" J'espère que vous n'avez touché à rien au moins ? Si jamais c'est le cas, je pourrais vous faire arrêter pour complicité, mais je suppose que tout est en ordre. "

Et quand je dis cela, je m'adresse à la blonde, celle qui est aussi belle qu'une déesse, mais qui me semble aussi fourbe qu'un démon, je ne sais pas pourquoi, mais c'est ce que son visage m'inspire. En tout cas, je lui fais signe de s'éloigner du corps. Les policiers vont arrivés dans notre direction pour établir le périmètre si Willow n'a pas déjà commencé à faire son travail à ce niveau là. Il va y avoir tout un tas de choses à faire. Je prends une paire de gant en latex que j'ai toujours dans la poche. Je prends quelques photos avec mon téléphone portable, un peu partout autour de la victime pour tenter de ne rien rater dans ces premiers instants. Jayla était aussi de la partie, elle doit avoir du matériel pour analyser tout cela. Je l'appelle du coup personnellement pour lui dire de venir dans ma direction. Je ne sais pas si elle a son téléphone sur elle, s'il capte bien dans le coin, mais elle fait partie de ces personnes de confiance qui pourront être là rapidement. Le téléphone sonne mais elle ne décroche pas. Je laisse un message lui expliquant ma position, espérant qu'elle a son matériel avec elle et qu'il n'est pas resté à la voiture.

Je ne me préoccupe alors plus que du cadavre. J'essaye d'analyser au mieux ce que je vois. Elle est assise au pied de cet arbre, elle a l'air paisible, mais c'est presque normale puisqu'elle ne peut plus bouger. Ces jambes sont légèrement écartées, mais je ne peux pas qu'il y a eu un quelconque abus à ce niveau là, sinon, ce serait bien une première, mais après tout, ce crime bien qu'étant l'oeuvre avérée du poète à en croire ce que dit l'enregistreur vocal, ne ressemble pas tout à fait aux autres. Nous sommes dans la nature, nous ne sommes pas dans une pièce close. Pourquoi le poète l'a tuée ici ? Aurait-elle réussi à s'enfuir loin de chez elle ? Le Poète l'aurait-il finalement suivi jusqu'ici pour faire sa besogne ? C'est une possibilité. Peut être qu'elle a tenté de se défendre et qu'elle a réussi à griffer notre tueur. Je n'y crois pas une seule seconde mais je me dis que c'est une possibilité. Les paumes tournées vers le ciel, ces mains sont couvertes de sang, mais ce doit sans doute être le sien, notre tueur ne se serait pas allé à faire une négligence si importante, ça n'aurait pas de sens quoiqu'il en soit. Elle a la tête baissée, regardant le sol. Ces vêtements amples avec cette capuche ne ressemblent pas tellement à son style. Le poète aurait-il décidé de lui refaire une beauté ? Aurait-il décidé de lui faire un petit changement de look ? La jeune femme serait-elle simplement venue courir dans la forêt pour tomber malencontreusement sur le poète ? Je n'écarte aucune hypothèse, mais j'ai du mal à croire que cette jeune femme porte des vêtements comme ceux-ci de façon quotidienne. Enfin, à ce niveau là, je peux largement me tromper. Il y a des feuilles non loin d'elle, preuve que notre poète à laisser sa petite trace. Rapidement, j'observe alors la tempe de la jeune femme pour vérifier qu'il s'agit bien de notre tueur et pas d'un imitateur. Sa signature est bien présente, malheureusement ...




_________________


Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t299-shandra-olivia-sarmoise-is-here


avatar

◆ Manuscrits : 2177
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : détective, promu en décembre 2015
◆ Points : 285
◆ DC : Désirée, Ruby, Jonathan, Jacob, Eva & Simon
◆ Avatar : Jesse Williams


Sujet: Re: • Willow Lake SearchMar 6 Oct - 13:09

« Nan lui c’est pas mon Papa, c’est un monsieur qui m’aide, j’ai perdu mon papa et maman dans les bois. On était venu aider la dame qui est coincée dans les bois, je veux pas être coincée ici moi aussi… »
« Ouais ça serait bien si on pouvait la retrouvez quoi. Et les parents de cette gamine. »


« … Suivez-moi »
Jesse avait parlé, enfin, il ne s’adressait pas à l’homme et à sa paire de cisaille qui le suivait toujours, plus par dépit qu’autre chose Jesse le savait, et il ne s'adressait pas non plus à cette petite fille qui tenait fermement la main d’Aiden. Non, il ne parlait qu’à Aiden et son regard avait croisé brièvement celui de l’autre homme avant qu’il fasse un signe de tête au reste du groupe. Cette fois-ci, le policier ne cherchait pas à s’enfoncer dans les bois non, il faisait l’opposé, il fallait sortir ce groupe de la forêt car tout ceci commençait vraiment à avoir des allures de ridicule. Quelqu’un pouvait être blessé et Jesse n’était pas plus proche de retrouver la disparue que cette nuit. Il en avait parfaitement conscience. Il espérait juste que quelqu’un la trouve et si possible pas un civil. Jayla devait avoir eu plus de chance… ou pas. Le métis s’en voulu pendant une poignée de secondes, il avait fini par laisser tomber la technicienne pour une piste qui au final n’en était pas du tout une. Il se fit une promesse intérieure d’aller lui rendre visite dans sa partie du département de police. Déjà parce que Jesse n’était pas le genre de personne qui laissait tomber les gens comme ça et puis ensuite parce qu’il estimait que c’était la bonne marche à suivre. Il songea un instant à Markus et à sa proposition. Une proposition qu’il allait finir par accepter au vu de l’avancement de l’enquête. Cette matinée n’avait fait que confirmer ses dires, les personnes en charge de l’enquête du Poète ne savait vraiment pas ce qu’elles faisaient. Et cette fouille en était la preuve la plus flagrante. Jesse hocha la tête, perdu dans ses propres pensées et il fut ramené à la réalité quand son talkie walkie se manifesta. Ou plutôt la voix de Denis, qu’il aurait reconnu entre mille finit par lui parvenir dans un crépitement singulier.

« Jesse? Jesse tu m’entends? J’en sais rien, j’ai l’impression que tout marche encore moins que d’habitude. Bref, ils l’ont trouvée. Je ne sais pas où tu es mais je suis sur la rive et j’essaye de faire sortir les civils des bois, c’est officiellement une scène de crime. »

Une scène de crime. Donc ils avaient trouvé un corps et non quelqu’un encore en vie, dans tous les cas les secours allaient venir, puis les personnes chargées de l’enquête et la police scientifique et… Tout allait devenir source d’indices. Jesse attrapa talkie et il appuya sur le bouton marche avant de répondre. « Jte reçois cinq sur cinq, je m’apprête à sortir des bois j’ai trois civils avec moi, jte rejoins. » Et Jesse fut bien content d’apercevoir l’eau du lac quelques instants plus tard. L’homme au cisailles en profita pour s’éloigner de lui et en le maudissant ainsi que tout le département de police de Fairhope. Jesse ne préféra pas relever et il se concentra pour retrouver les parents de la fillette, cela fut une chose plus facile que prévue vu qu’elle se précipita d’elle-même dans les bras de sa mère qu’elle avait reconnu au loin. Jesse se contenta d’hocher la tête avant de se tourner vers Aiden qui était toujours là. « Je… » Jesse se retrouvait soudainement à cours de mots, leur précédente rencontre lui revenait en mémoire. Le jeune homme en face de lui n’avait pas vraiment changé, peut être qu’il avait gagné un ou deux centimètres de plus, ou c’était l’imagination de Jesse qui lui jouait des tours. Quoi qu’il en soit, la différence était là. La première fois qu’ils s’étaient rencontrés, Aiden était un homme terrorisé qui s’était enfermé dans son appartement et maintenant il participait activement à l’enquête. Jesse se souvenait qu’à l’époque, il y a environ un an de cela, il s’était demandé ce qui terrorisait vraiment Aiden. Et le revoir ici. Non, le policier ne croyait pas au hasard, plus depuis qu’un meurtrier avait mis à mal la tranquillité de Fairhope.

« Vous devriez rentrer chez vous on l’a retrouvée alors… On va bloquer le périmètre. » Jesse se maudit aussitôt pour ces mots qui n’avaient rien de rassurant. « Mais… il faudrait qu’on se parle, ça m’a fait plaisir de vous revoir... Tenez mon numéro. » Jesse sortit rapidement un stylo d’une de ses poches et son carnet qui devait normalement lui servir à noter tout comportement suspect. Au lieu de cela, il griffonna rapidement son numéro de téléphone et il tendit le tout à Aidan. « C’est Jesse. N’hésitez pas à m’appeler. » Il lui lança un dernier clin d’oeil avant de s’éloigner à son tour. Il trouva rapidement Denis et ce qui avait commencé comme une fouille se transforma rapidement en évacuation.

_________________
"we're going to hold doors open for a while, now we can be open for a while, forward, go back to your sleep in your favorite spot just next to me..."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t80-dear-old-world-is-it-too-late-to-get-a-refund http://aesthetics-blue.tumblr.com/


avatar

◆ Manuscrits : 688
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
◆ Points : 329
◆ DC : Toto, Adam, Micha & Tutur
◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: Re: • Willow Lake SearchMar 6 Oct - 17:39

Il n’avait rien eu le temps de voir. Pour ne pas dire qu’il n’avait strictement rien vu. Peter avançait presque à tâtons, lui qui allait trop vite pour la nature et qui était rapidement freiné par les éléments. La boue d’abord, évidemment. Cette foutue boue. À croire que toute la misère du monde s’était répandue aux abords du lac de Fairhope pour que la terre devienne aussi liquide et impraticable. À croire que le Poète avait passé le mot au ciel afin que les nuages se mettent à pleurer sur leur ville. Mais le coeur de Peter restait intact, bien au chaud dans sa cage d’os et de chair, battant vigoureusement comme s’il criait à son propriétaire de continuer à aller de l’avant. Il se rattrapait généralement au dernier moment, les mains couvertes de boue, utilisant un pan de son gilet à capuche encore épargné pour tenter de nettoyer la lentille de sa caméra de secours. Il filmait tout ce qu’il trouvait, le moindre caillou, la moindre empreinte de pas encore imprimée dans ce sol moisi dont l’odeur commençait sérieusement à lui monter au nez et lui attaquer les narines. Il s’agrippait aux branches quand cela était nécessaire, remerciant sa mère de l’avoir fait aussi grand et robuste avant de s’entraver dans un tas de ronces qui le ramenait une fois de plus vers l’avant, le retenant un instant, le temps qu’il parvienne à se libérer de l’emprise du buisson, tirant parfois sur son pantalon sans se soucier de ce qu’il en adviendrait.

Le journaliste avait avancé sans se poser davantage de questions, espérant de tout coeur qu’il serait le premier à pouvoir tomber sur le cadavre de la morte. Ou mieux encore, la trouver vivante pour qu’elle prononce ses derniers mots face à sa caméra. Est-ce qu’il aurait tremblé, frissonné si cela avait été le cas ? Non, pas plus que ça. Pas plus que le jour où sa mère avait serré une dernière fois sa main au creux de la sienne en souriant à peine, lui murmurant des aveux qu’il n’avait jamais pu entendre. La disparue n’était rien pour lui, pas même une lointaine cousine. Juste une image qu’il pourrait diffuser sur tous les écrans de la nation sans se préoccuper de l’impact que celle-ci pourrait avoir sur l’ensemble des vivants. Et si elle était déjà morte et bien… Il s’arrangerait pour que la scène soit suffisamment effrayante. Pas question de filmer une scène de crime qui n’en valait pas la peine. Il lui fallait du sanglant, du tragique. Si elle était enceinte, c’était un plus. Le monde entier raffolait des jeunes mères de famille sacrifiées, moins des étudiants au teint foncé. Ils n’étaient que des noms évoqués rapidement dans les journaux télévisées, mais une femme blanche dans la fleur de l’âge à qui on ôtait la possibilité de connaître les joies de la maternité ? Atroce. Tout simplement insoutenable. Affreux au point de faire exulter le vautour qui continuait de s’enfoncer dans les bois sans savoir vers quoi il se précipitait exactement.

C’est alors qu’il entendit le cri strident d’un sifflet, hurlement qui manqua presque de le faire sursauter, faisant de son mieux pour ne pas perdre l’équilibre une fois de plus au milieu de cette patinoire naturelle. Quelqu’un devait être en danger. Danger de mort ? Avait-on laissé la disparue attachée à un arbre, la langue coupée, seulement munie d’un sifflet pour qu'elle puisse faire savoir au reste de l'humanité qu’elle respirait encore ? Peter tremblait. L’angoisse sans doute, mêlée à l’excitation qui envahissait ses veines et qui le rendait fou. Peu importait ce que c’était dans le fond, elle pouvait bien être pendue par les pieds au milieu de la forêt, il voulait simplement capturer l’éclat de désespoir qui scintillait dans ses yeux, vacillant comme la flamme d'une bougie juste avant de s'éteindre. Il voulait simplement que les ménagères à travers tout le pays se paralysent au point de ne plus être capable d’aller travailler demain matin, histoire de rester plantées toutes la journée devant leurs maudits écrans de télévision, pour ne plus regarder que lui, lui, et encore lui, Peter Christian Howell. Mais même en continuant d’avancer, il n’avait rien vu. Il n’avait strictement rien eu le temps de voir. Des silhouettes s’étaient dessinées à quelques dizaines de mètres de lui, le forçant à accélérer le pas. Et puis, derrière lui, une voix qui le força à tourner la tête trop violemment pour ne pas lui arracher un grognement dans le même temps. « Si, je te dis que c’est lui… Avec sa putain de caméra. » Deux hommes, armés. Deux flics dans leurs uniformes, leurs matraques bien visibles, accrochées à leur ceinture. Deux insignes brillants sur leurs poitrines. Le reste était allé trop vite. L’un d’entre eux s’était contenté d’avancer en levant les yeux au ciel, tandis que le deuxième avait rapidement vérifié si des inconnus pouvaient encore les apercevoir dans ce coin avancé de la forêt, agrippant rapidement le col de Peter avant de lui écraser sa haine en pleine figure, bouillonnant de rage. Le blond tenta de se défendre, sa caméra roulant sur le sol, faisant de son mieux pour ne pas être amoché davantage. « Calme-toi putain, on n’a pas besoin d’un deuxième cadavre ! » ordonnait l’autre quelque part dans le dos de Peter qu’on finit par laisser à même le sol, épuisé, couvert de boue, le sang ruisselant de son nez. « T’avise pas de t’approcher du corps ou je te jure que je te fais bouffer ta caméra. » reprit ensuite le premier flic, dans un sale état lui aussi.

Alors Peter était resté là, allongé dans la boue, le goût du fer lui attaquant la langue, un sourire sur les lèvres en songeant à la disparue.
Au moins à présent il savait.
Il savait qu’elle était morte.

_________________

another hero, another mindless crime
behind the curtain, in the pantomime



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t179-who-wants-to-live-forever#1553


avatar

◆ Manuscrits : 276
◆ Arrivé(e) le : 27/06/2015
◆ Âge : 28
◆ Décédé le : 16 Mars 2016
◆ Métier : Au chômage
◆ Points : 239
◆ DC : Willow, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Gareth David-Lloyd


Sujet: Re: • Willow Lake SearchMer 7 Oct - 23:26

Promesses et mensonges dans le creux de la main. La fillette, promesse d'avenir, suivait, perdue et apeurée, sa petite main accrochée à la sienne, mensonge jusqu'à l'os. Sa chair pure agrippée à sa crasse, son immondice. Noir sur blanc. Rouge, rouge sang sur blanc, sur l'immaculé. Maculée, elle l'était. Couverte d'une boue infâme qui voulait la souiller également, qui avait voulu l'avaler, pour qu'elle reste mourir ici, au cœur des bois, pour abreuver l'horreur. Une enfant morte pendant la battue. Les deux ailes de l'oiseau, arrachées. Mais il ne la laisserait pas mourir. Il suffisait de rester avec l'officier de police qu'il avait rencontré en chemin. Jesse. Ne l'avait-il pas toujours sorti des situations inextricables? Un œil attentif sur l'homme aux cisailles, vérifier qu'il n'allait pas taillader sa trouvaille, la fleur qu'il avait ramassée au hasard d'un détour, d'un égarement de plus. Par moments, il se demandait pourquoi il suivait Jesse comme son ombre. Pourquoi depuis plusieurs minutes, il glissait dans les pas du policier, une main agrippée à la sienne, sueur et boue mêlées. L'idée le traversait, fugace, puis il y avait ce sentiment étrange, cette impression presque agréable, trop nouvelle et trop vivace pour être acceptée, qui criait confiance et qui se faisait lyncher. Et pourtant...

Une voix crépitante l'avait éveillé, le tirant vaguement de son néant, juste assez pour entendre qu'ils l'avaient trouvée. C'était tout ce qui importait, de toute façon, non? Il replongea, pieds et poings liés. Il n'avait plus à penser au corps. Il n'avait pas à y penser. Ses doigts se serrèrent sur ceux de la petite fille, comme si c'était elle, le corps, traîné derrière lui comme une ancre qui l'attirait toujours plus vers le fond, le fond. Mais sa petite voix commentait çà et là, lui rappelant qu'elle était bel et bien là, que ce n'était pas elle qu'ils avaient trouvée. Qu'elle n'était pas une scène de crime, comme il ne l'avait jamais été non plus par chance, par miracle, par erreur. Parce que ça n'était que ça. Il vivait parce que l'assassin n'était qu'un homme, parce que l'assassin s'égarait encore parfois. C'était la seule raison pour laquelle ses murs respiraient encore, pour laquelle aucune banderole jaune n'avait  barré la porte, tenté de cacher la vérité aux yeux des autres. Elle était bien mieux cachée maintenant. Derrière ses sursauts et ses angoisses, la vérité était tapie dans l'ombre, pas exposée aux yeux du monde. Aux yeux avides d'un monde avili. Non, elle était au chaud, protégée, calfeutrée sous le déni et la peur. A l'abri.

L'eau était une bénédiction. Apercevoir les rives boueuses du lac, les gens amassés, l'air sali par la mort qui s'engouffrait à nouveau dans les poumons était ce qu'il avait ressenti de plus exaltant aujourd'hui. Enfin, depuis ces quelques trop longues heures, il pouvait respirer. Peut-être même qu'en se concentrant, il pourrait humer le doux fumet du corps qui commençait à moisir, rongé par la terre visqueuse et collante, aux yeux sans vie, peut-être, et non. L'homme-ciseaux s'éloignait, déjà, insultant et maudissant celui qui lui avait permis de sortir. Bientôt, sa main se trouva nue, vide de tout contact, et un sursaut lui fit réaliser que l'enfant avait couru se jeter dans les bras d'une mère éplorée. Tous partaient tout à coup, et il se retrouvait bientôt seul avec Jesse. Il aurait sans doute pu rester là, à attendre, pendant quelques heures de plus. Les gens grouillaient toujours comme des nuées de papillons, de fourmis qui rampaient dans la boue, sauf qu'elles étaient rouge à présent. Rien n'avait changé, les hommes et les âmes agités, les policiers tentant de maintenir un semblant d'ordre. Tout ce qui changeait, c'était elle.

"Merci," répondit-il, un peu hésitant en récupérant un numéro de téléphone dont il ne se servirait probablement jamais. Peut-être, éventuellement, l'enregistrer pour ne pas s'affoler si d'aventure l'appareil venait à vibrer en affichant un numéro inconnu. S'il disait Jesse, c'était tout de suite moins effrayant, moins terrifiant. S'il disait Jesse, il pouvait ne pas dire menace. Il pouvait ne pas exploser. Peut-être. Mais soit, il n'avait plus qu'à rentrer, à présent. L'homme était parti, la victime était morte quelque part au milieu des arbres, et les policiers s'efforçaient de maintenir le calme et de diriger tout le monde dehors, alors qu'ils les avaient appelés à l'aide eux-mêmes. Il était sans doute un peu tard pour les chasser. Elle était morte, de toute façon. La paix avait regagné son cœur, son corps. Enfin, elle ne peinait plus. Plus rien que les autres.

La mère de la petite lança un regard mitigé dans sa direction et, quelques instants plus tard, un officier le pria de s'éloigner de la scène, ce qu'il fit aussitôt, prenant le chemin de son appartement comme s'il venait d'aller chercher du pain, la boue et l'horreur gratuits grâce à sa carte de fidélité. Un traumatisme tous les dix points. Fidèle à Lui. Toujours.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t217-aiden-l-tyler-scarred

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 723
◆ Arrivé(e) le : 12/05/2015
◆ Âge : 31 ans
◆ Assoc. des Victimes : secrétaire
◆ Métier : Écrivain, romancière reconnue
◆ Points : 707
◆ DC : Jesse, Ruby, Jonathan & Jacob
◆ Avatar : Scarlett Johansson


Sujet: Re: • Willow Lake SearchDim 11 Oct - 16:23

Désirée avait vu juste.
Les autorités étaient déjà là et elle s'éloigna de la jeune brune à laquelle elle venait de s'agripper avec une expression de pure panique sur le visage. La jeune femme n'avait jamais pris un seul cours de comédie de sa vie, elle aurait dû, elle aurait pu faire carrière dans le cinéma sans aucun problème mais pour le moment, Désirée était sa propre spectatrice et juge. À la question est-ce qu'elle était blessée, la romancière fit simplement non de la tête, son regard ne quittant pas la jeune policière. Elle n'eut pas un seul regard pour Tobias qui se lamentait au sol et que l'officier de police semblait connaitre, non. Elle la fixait elle et de temps en temps ses yeux dérivaient vers le corps. Le corps allait rapidement devenir la priorité de tout le monde, on allait dresser des barrières, empêcher quiconque de la voir, est-ce que Désirée allait devenir témoin d'infortune? Elle songea un très court instant à Peter qui aurait adoré être là avec sa caméra pour pouvoir filmer la défunte sous tous les angles et annoncer sa mort à la population de Fairhope, il aurait probablement adoré cela. Mais non, pas de journalistes, juste des policiers qui semblaient tout aussi désemparés et tous aussi choqués. Enfin... Le coup de sifflet de l'officier de police fit légèrement sursauter Désirée qui resserra sa poigne sur son sac à main. Est-ce qu'elle craignait d'être découverte? Non, absolument pas, les larmes perlaient sur ses joues n'étaient pas encore sèches et elle en avait encore au coin des yeux. Willow, la jeune policière s'appelait Willow et une autre brune arriva rapidement, essoufflée et s'adressa à elle. Sa supérieure? Probablement, Désirée s'éloigna d'un pas, prête à laisser les deux jeunes femmes régler les détails de l'enquête et du petit meurtre en privé. Ça, ça ne l'intéressait pas, elle avait fait sa part du boulot, enfin, de ce qu'elle estimait être juste. Ils n'arriveraient pas à Le rattraper, elle le savait, ils allaient identifier la victime, prévenir sa famille, ses proches et Peter se ferait une joie de révéler son identité et Laura voudrait que ses bénévoles montent au créneau pour rassurer toute la ville de Fairhope.

"J'espère que vous n'avez touché à rien au moins ? Si jamais c'est le cas, je pourrais vous faire arrêter pour complicité, mais je suppose que tout est en ordre. "

Les mots étaient acides et le masque de Désirée faillit se briser en instant. Juste une seule seconde, elle ne connaissait pas cette commissaire ou peu importe son rang et elle n'en avait aucune vie à l'heure actuelle. Si elle avait été elle-même, elle lui aurait adressé un sourire charmant avant de partir. Mais non. Désirée continua de jouer son rôle et sa bouche se transforma en un o parfait alors que son visage passa de la tristesse à l'incompréhension la plus totale. "Je suis là pour vous aider! C'est vous qui nous avez demandé de fouiller les bois! Et vous voulez passer les menottes à celle qui vient de trouver le corps...?! Décidément oui, le service de police de Fairhope est tombé bien bas. Je crois que vous avez mieux à faire pour le moment et merci de tenter de me rassurer surtout... Espèce d'idiote. Et vous avez intérêt à aider mon ami, il s'est quand même blessé en tentant de faire VOTRE boulot." Ce n'était qu'un demi-mensonge mais qui était bien convaincant et dit sur le ton parfait et Désirée s'éloigna des deux jeunes femmes, énervée au possible et se dirigeant vers Tobias. Elle fut contente lorsque quelques secondes plus tard après son petit éclat de colère un autre policier visiblement vienne s'enquérir de l'état de Tobias. Un policier de sexe masculin bien évidemment. Parce que les hommes étaient tellement prévisibles et prompt à croire n'importe quoi. Chose qui l'arrangeait aujourd'hui.

La blonde avait les bras croisés sur sa poitrine et le regard braqué sur cette brune à la langue bien pendue qui venait de se pencher sur le corps. Elle ne trouverait rien et Désirée était d'autant plus fière de son petit coup. Elle tourna la tête et haussa un sourcil parfaitement dessiné alors que l'officier de police parvenait à mettre Tobias sur ses deux pieds. Visiblement, l'état du brun était plus grave qu'elle ne l'avait estimé et le policier leur parla d'une ambulance qui attendait à la sortie des bois. "Nous sommes venus avec sa voiture, je vais vous suivre avec." conclut la brune en suivant Tobias et le policier loin de la scène de crime. Elle eut un dernier regard pour le corps mais son visage se transforma en une expression indéchiffrable qui demeura inchangée jusqu'à ce qu'ils quittent le paysage que formaient les arbres. Le lac et encore plus de boue les accueillirent et Désirée observa la cohue qui se formait à présent dans ce lieu qui allait devenir mythique. Ça avait été une matinée productive au final.

_________________

"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t164-i-ve-never-seen-a-diamond-in-the-flesh

pnj - poète de fairhope

avatar

◆ Manuscrits : 197
◆ Arrivé(e) le : 03/04/2015
◆ Âge : vous ne devinerez jamais
◆ Métier : tueur en série
◆ Points : 0
◆ DC : personne
◆ Avatar : le sang d'une victime


Sujet: Re: • Willow Lake SearchLun 12 Oct - 16:25

willow lake search



11 avril 2015, 14:02

Il faut que je prenne du recul. Je sens bien que je m'essouffle. Évidemment, je ne déserte pas le champs de bataille, hors de question de disparaitre pour de bon. Mais il me faudra du temps après cette nuit. Je suis humaine moi aussi, après tout. Rire. Je suis bien la seule à l'être dans ce fichu zoo.

Il faut bien l'admettre ; ils ont failli m'avoir cette fois-ci. Je vois encore les gyrophares s'agiter au creux de la nuit noire pendant que je m'occupais d'elle. Il me faut du temps, il faut que je me prépare davantage. Pas question que je me mette à bâcler le travail simplement parce qu'ils m'attendent au tournant. Ils sont trop préparés dans leur désorganisation, il n'y a plus aucun effet de surprise.

J'ai hâte de les voir se torturer pendant les prochains mois, à se demander si je n'ai tout simplement pas orchestré mon propre meurtre, à se dire que je me suis donnée la mort au milieu de la forêt, mon enregistreur dans une main, le ventre déchiré. J'ai hâte de voir lesquels vont continuer à me chercher malgré tout, ceux qui prieront pour mon retour.

Jusqu'à ce qu'ils ne craignent plus rien. Jusqu'à ce qu'ils oublient que je suis toujours en vie, au milieu de la foule, prête à frapper une nouvelle fois. Et quand ils baisseront leur garde, le sang coulera, plus pourpre que jamais.

Au moins, ils ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas prévenus.
Je suis immortelle.




explications
Au cours de ce sujet commun, vos personnages ont eu l'occasion de découvrir une nouvelle scène de crime ainsi que divers indices. Afin que vous puissiez explorer des pistes IRP, voici les résultats des analyses transmises une dizaine de jours après la découverte du cadavre de Mary Wilson, 33 ans.

résultats d'analyses
Chez la victime :
◆ Le verre d'eau brisé dans la cuisine de la victime contenait de la drogue en quantité suffisante pour endormir la victime.
◆ Du sang a été retrouvé sur les bouts de verre ; il s'agit de celui de la victime.
◆ L'armoire de la victime semble avoir été fouillée.
◆ Des pages de livres ont été déchirées et les ouvrages ont ensuite été remis à leur place dans la bibliothèque de la victime.

Sur la scène de crime, au coeur de la forêt :
◆ Aucune trace de lutte près du corps.
◆ Aucune empreinte de pas identifiable près du corps.
◆ Elle tenait l'enregistreur dans sa main gauche.
◆ La croix a été faite sur sa tempe droite.
◆ La victime portait une paire de chaussures masculines de taille 43.
◆ Elle portait visiblement des vêtements qui lui appartenaient.
◆ Des marques autour de ses chevilles laissent penser que la victime devait initialement être attachée.
◆ Des plaies ont été retrouvées sous ses pieds, indiquant que la victime aurait marché sur les bouts de verre trouvés dans sa cuisine.
◆ L'ADN d'un homme non identifiable a été retrouvé sous ses ongles.
◆ Elle ne présente aucune trace de violence sexuelle.
◆ La victime est morte des suites de ses blessures.
◆ Heure estimée du décès : 11 avril 2015 vers midi.

Les indices que vos personnages ont trouvé au cours du sujet :
(ces résultats sont également exploitables, si, et seulement si, vous choisissez de faire analyser ces indices)

◆ Gants trouvés par Jayla : sang de la victime.
◆ Stylo plume trouvé par Imogen : sang et empreintes digitales de la victime.
◆ Livre trouvé par Liam : il ne s'agit pas du sang de la victime, ADN masculin non identifiable.
◆ Feuilles de papier trouvées près du corps : sang de la victime.
◆ Masque subtilisé par Désirée : il s'agit bien du masque porté par le Poète.


Si besoin, on se retrouve dans le flood du Willow Lake.  blaz
Merci à vous tous d'avoir participé en si grand nombre à ce deuxième sujet commun qui reste ouvert jusqu'au dimanche 18 octobre afin que vous puissiez poster vos conclusions!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

overjoyed - we survived

avatar

◆ Manuscrits : 858
◆ Arrivé(e) le : 10/09/2015
◆ Âge : 36
◆ Assoc. des Victimes : Ancien bénévole et membre
◆ Métier : Ouvrier de chantier
◆ Points : 896
◆ DC : Aiden, Willow, James, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Jake Gyllenhaal


Sujet: Re: • Willow Lake SearchMar 13 Oct - 22:08

Maintenant qu'il était débarrassé de tous ces policiers et autres bien-pensants qui prétendaient vouloir retrouver une survivante, il tournait en rond, appelant son frère au hasard. Ceux qu'il avait laissé, d'ailleurs, ne faisaient même pas semblant. Ils se contentaient de se précipiter sur la première pièce à conviction venue comme un chien affamé sur un morceau de viande, et Elyan soupira de lassitude, ses yeux scrutant une énième branche d'arbre, ou peut-être était-ce toujours la même? Les hommes se nourrissaient du malheur des autres. D'aucun aurait trouvé le constat, ou même l'idée, dérangeant. Ils se repaissaient, festoyaient dans le sang des innocents, dînaient en riant au milieu des cadavres, se resservant d'un peu d'horreur pour s'aider à tenir la journée. Parce que si c'était lui, alors ce n'était pas moi, ou elle, ou qui que ce soit qui avait de l'importance. Les informations ne parlaient jamais de tous les petits miracles quotidiens qui auraient pu redonner du baume au cœur, non, ils arrosaient le peuple de meurtriers et de guerres lointaines et incompréhensibles qui se passaient ailleurs.

On l'avait hélé, prétendant avoir vu l'homme qu'il recherchait avec léthargie. Il suivit le jeune qui l'avait interpellé, se disant que changer de décor ne pouvait pas lui faire de mal. Il avait l'impression d'être toujours entouré par les dix mêmes arbres, et il aurait tellement voulu être chez lui, pourquoi est-ce qu'ils en avaient appelé à tous les citoyens, de toute manière? Comme s'ils pouvaient faire autre chose que tout gâcher. Peut-être qu'ils l'auraient trouvée vivante, sans le peuple pour la faire suffoquer. Sauf qu'ils ne l'avaient pas trouvée, pas vrai? Si elle était sagement morte dans sa cuisine, son salon ou même son jardin, il serait peut-être toujours en train de dormir. Pas là à ruiner ses habits pour un imbécile pas foutu de rester hors du danger. Mais non, il avait fallu qu'elle disparaisse, qu'elle vienne crever quelque part au milieu des arbres et de la fange, sans prévenir personne. Quelle garce. Il serra les dents. Ça aurait évité bien des ennuis à tout le monde s'il avait simplement fallu attendre que quelqu'un vienne toquer chez elle et la trouve ainsi. Il n'aurait pas eu à annuler en précipitation les quelques rendez-vous qui allaient lui rapporter de l'argent, il n'aurait pas eu à se perdre.

Ce n'était pas lui, et il lui fallut faire un effort pour ne pas juste repartir comme il était venu et abandonner son frère à son sort. L'effort en question était de ne pas trébucher sur une racine en essayant vainement de retrouver son chemin. Il se serait perforé la mâchoire tant il serrait les dents.  Le bas de son pantalon s'accrocha dans une branche et se déchira un peu et, vraiment, il partirait sans lui. Ca lui importait peu, il ne savait même pas pourquoi il avait pris la peine de venir jusqu'ici le chercher. Et puis cet adolescent qui le mettait au défi d'entrer en contact avec un écureuil mort, vraiment, il lui aurait volontiers éclaté le crâne contre un rocher à plusieurs reprises, s'il avait été violent.

Bientôt, il croisa un officier de police, et alors qu'il allait se précipiter sur son savoir comme la pauvreté sur le pain, ce dernier lui lança un regard désapprobateur et le somma de se diriger vers la sortie. «Quoi? Vous voulez plus qu'on la retrouve?» On l'informa alors qu'elle avait été retrouvée, et qu'il devait maintenant se dépêcher de sortir de là, le tout en marmonnant quelque chose à propos de ces saletés de civils, et en l'escortant jusqu'à l'orée du bois. Il n'avait évidemment pas vu Tom. Soupir. Le chemin fut ponctué des conversations de l'officier avec son talkie-walkie, et des maigres commentaires qu'il lui faisait, de temps à autre, et Elyan aurait simplement voulu lui dire de se taire. Qu'il avait compris que les civils dans les bois, pas cool; que les cadavres dans la forêt, pas cool; que perdre un match de foot, atroce ; et que son compte en banque dans le rouge, monstrueux. A la vérité, il n'avait pas arrêté de lui parler, comme s'il avait senti les vannes s'ouvrir et qu'il avait ce besoin imminent de laisser ses troubles sortir. Elyan avait l'habitude, il faisait cet effet aux gens. Il voulait faire cet effet aux gens. Mais pas là. Pas maintenant.

Dès qu'il aperçut l'objet de sa tourmente, au milieu de la foule rassemblée à l'orée du bois, que les forces de l'ordre tentaient de contrôler, il fondit sur lui comme un rapace sur sa proie, lui attrapant le bras presque férocement. Ç’aurait été mentir que de dire que sa poigne avait été plus forte que ce qu'il voulait. Le frère en question sursauta, puis lui sourit, à la manière admiratrice qu'Elyan n'avait jamais supportée, et ce malgré ses brusqueries et ses accès de violence. Il n'était jamais enclin aux coups et aux accès de colère, sauf avec lui. Comme s'il sentait une vanne s'ouvrir, et qu'il avait ce besoin imminent de laisser la rage sortir. Il avait l'habitude, Tom lui faisait cet effet. Là. Maintenant. «Tu refais ça, je te descends.» Un policier leur jeta un regard inquisiteur, et Elyan lâcha son frère. «Elle est morte, Ely.» C'était dit au milieu des larmes. «Y'avait tout ce monde, mais elle est morte quand même.» Il voulait juste rentrer, et dormir. Ou manger. Ou boire quelque chose. Il aurait même bien voulu lire dans les lignes de la main, si on le sortait d'ici. «Tu t'attendais à quoi?!» Il lui cracha presque son venin au visage, s'éloignant déjà de la meute de charognards. «T'auras qu'à aller mettre des fleurs sur sa tombe..» Et il partit sans un regard en arrière. Qu'elle repose en paix, parce que lui n'avait certainement pas pu, avec toutes ces conneries.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t786-wrapped-in-guilt


avatar

◆ Manuscrits : 3797
◆ Arrivé(e) le : 03/09/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : Lieutenant de police
◆ Points : 4040
◆ DC : Sacha
◆ Avatar : Kate Mara


Sujet: Re: • Willow Lake SearchJeu 15 Oct - 0:59

Willow Lake Search

◆ Avec tout le monde ou presque ◆


La victime était à présent trouvée, nous allions pouvoir renvoyer les gens chez eux. C'était la blonde qui avait trouvé le corps, il faudra que je lui pose quelques questions, enfin, j'avais tâté le terrain et visiblement, elle n'était pas de très bonne humeur, peut être qu'elle avait ces règles où je ne sais quoi mais si elle me paraissait suspecte, avec de tels propos, elle l'était encore plus. J'avais envie de lui coller une amende pour outrage à agent, mais j'avais mieux à faire comme elle me le disait si bien. Ce n'était pas mon idée de faire venir les gens dans la forêt. J'aurais bien voulu le lui cracher à la figure mais j'avais tellement plus urgent à faire, c'était une évidence. Bref, elle s'était dirigé vers son ami et un de mes collègues s'occupait de leur cas. J'osais espéré qu'il prenne leur déposition mais ça m'étonnerait quand même. Il ne semblait pas faire partie du gratin de notre belle police. Peu importe la ville est petite, j'arriverais sans soucis à retrouver leur identité, surtout à elle, surtout elle. Et si je venais de faire partir le Poète ? Après tout, rien ne prouve que ce n'est pas une femme ? Mais le Poète aurait-il pris volontairement autant de risques ? Peut être qu'elle est arrivé pour protéger son ami qui s'était fait mal ? Peut être que le Poète a été négligeant sur le coup et qu'il s'est fait mal à la cheville ? Vu qu'ils étaient près de ce corps là, les doutes étaient permis mais peut être pas pour longtemps. Peut être que leur alibi pour les autres meurtres serait assez solide pour les disculper. Bref, je me pencherais sur leur cas prochainement, mais il ne fait aucun doute qu'ils sont dans un coin de ma tête. Je me pose déjà tellement de questions. A croire que notre Poète le fait exprès. Toujours plus de questions, jamais de réponses, où alors d'infime micro réponses sur un élément peu pertinent, mais même cela ressemblait à une victoire.

J'observais donc le corps, les alentours, visiblement la victime avait été déposée délicatement ici, pas de traces apparentes de luttes à premières vues, mais bon, peut être que je loupe quelques choses, je ne fais pas partie de la police scientifique, je ne fais pas partie de ces laborantins comme Jayla. Elle saurait vous dire plein de choses sans doute mais bon, si la science peut servir pour confondre des suspects, jusqu'à présent, elle ne nous a pas aidé à trouver le Poète, et depuis trois ans, ça commence à me peser. J'étais là pour la première victime, et je suis encore là pour la dernière victime, enfin dernière jusqu'à ce qu'une prochaine apparaisse comme par magie. Je m'attends à voir la prochaine victime fin juin, début juillet, ce qui veut dire que nous avions peu de temps avant que le tueur ne refasse surface. Peut être que je le connais en plus, c'est ça qui me rends folle. En tout cas, une chose était certaine, nous avions bien à faire au Poète, parce que la tempe était bien formellement marquée du même signe, de son signe, de sa marque distinctive. S'arrêtera-t-il seulement un jour de tuer ?





_________________


Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t299-shandra-olivia-sarmoise-is-here

Invité


 Invité


Sujet: Re: • Willow Lake SearchSam 17 Oct - 17:13

    La policière avait l’air totalement désemparée. Sa voix trahissait une forme de stress. Peut-être que la situation était inédite pour elle… Ils disent souvent qu’ils ne voient jamais deux fois la même chose. C’est ce que Markus disait souvent, quand elle essayait de l’apaiser avec une grosse affaire. On ne s’habitue jamais. Mais elle… La policière… Elle devait être toute nouvelle, en fait. Sauf qu’Imogen n’avait pas le temps d’y penser un peu plus, car le groupe devait quitter les lieux. Trouver quelqu’un. Des gens. Peu importe qui, tant que cette personne pouvait nous sortir de ce cauchemar. La brune marchait aux côtés de Zoey, avec suffisamment de distance pour se sentir seule avec elle-même. Ce n’était probablement pas la meilleure idée du siècle, que de se laisser seule avec ses démons et ses pensées noires ; mais elle ne voulait pas non plus de toute cette attention qu’elle a attirée, à ses dépens, dans une crise d’angoisse incontrôlable. La simple idée –quoique plus compliqué en pratique- de quitter ces bois permettait à la jeune femme d’avancer, et de tenir bon. Après quoi, elle irait chez elle pour se couler un bain, appeler son père en pleurs, ou simplement dormir. Fermer les yeux pour fuir cette affreuse réalité.

    Mais pas tout de suite. Le destin –ou la poisse- le voulait autrement. Des cris brisent le silence terrifiant que la jeune policière a cherché à combler de deux-trois mots précédemment. Sans un regard, elles avancent toutes vers ce qu’elles pensent être la source… C’est à cet instant, avec de grands pas rapides, poussées par l’urgence et la peur de tomber nez à nez avec une nouvelle monstruosité, qu’elles font la rencontre de deux personnes. Trois personnes. A demi prostré, Imogen reconnait Tobias, ce grand homme qui a pris soin de venir à sa rencontre pour lui adresser quelques remerciements. A quelques mètres à peine, il y a cette blonde plantureuse, froissée par la douleur et les larmes. A côté d’elle, c’est une autre histoire. Quelqu’un d’autre, visage plus serein, apaisé presque. Comme une figure lumineuse et apaisante, pour contraster avec la noirceur de ce tableau grotesque. Un ange souillé, par la violence d’un homme fou.

    La policière parle, encore et toujours. Sa voix manque d’assurance, et voilà qu’Imogen en a maintenant la certitude : c’est une nouvelle recrue. Elle a l’air si hésitante, prise de court, déboussolée. Sauf qu’elle n’y pense déjà plus. Qu’est-ce que cette information va changer, dans ce moment d’horreur ? Les voilà tous abasourdis, autour de la victime. Ils l’ont enfin trouvé. Enfin. Morte. La vie l’a quitté, et plus personne ne sait quoi faire. Pourquoi toute cette mascarade ? Cet élan de solidarité, cette bonne foi en l’homme ? Avec un peu de patience, les autorités l’auraient trouvé, sans mêler les habitants à tout ça. Mais là encore, Imogen s’y attarde peu. Là, tout de suite, elle voudrait presque ses jambes à son cou et disparaître une bonne fois pour toute. Rentrer, prendre ses affaires et monter dans le prochain avion en direction de l’Europe. Elle rentrerait en Pologne, une bonne fois pour toute, loin des horreurs de Fairhope. Elle en voulait à cette belle ville d’être le théâtre de ses plus grandes peurs aujourd’hui.

    Tremblante, Imogen ne parvenait à détacher son regard de la victime. Impossible de savoir si elle ressentait de la tristesse ou une forme de jalousie pour cette femme morte. En tout cas, ce semblant de fascination avec laquelle elle contemplait la victime fut court, car elle reconnue la voix de Shandra derrière son dos. Bientôt la commissaire passait devant elle, coupant le regard fixe qu’Imogen portait au visage du cadavre. C’est alors qu’elle fut prise d’un puissant sentiment de culpabilité. Pourquoi cet intérêt soudain pour la mort, pour le travail du Poète ? Elle retombait dans ce mode de réflexion qui avait rythmé ses journées, il y a deux ans. Les tableaux peints de noir et de rouge, les articles de presse au sujet du tueur, l’historique de recherches Internet truffées de forums et sites en tout genre, … C’est à présent ce sentiment de culpabilité qui lui tordait l’estomac. Elle devait quitter cette forêt et vite, car sa vision lui faisait défaut. Maintenant, le visage de la morte, qu’elle trouvait étrangement « beau » se transformait en une horreur sans nom. Elle remarquait enfin quelques détails macabres qui lui rappelaient tristement qu’elle aurait pu être cette personne, et qu’on ne l’aurait probablement pas retrouvée aussi vite.

    Il fallait qu’elle quitte cet endroit, et c’est sans un mot qu’elle disparue à grandes enjambées. Voilà que ce besoin urgent d’air lui nouait la gorge, pendant qu’elle rebroussait chemin jusque vers le bord du lac. Ses doigts fins frottaient nerveusement cette empreinte sur sa tempe, cette croix boursoufflée, tandis qu’elle manquait de trébucher à plusieurs reprises à cause de ses jambes tremblantes. Elle n’avait plus peur à présent. On l’avait retrouvée. Le Poète ne devait plus être dans les parages. Peut-être qu’il regardera les premiers flashs infos qui suivront cette découverte. Mais pour l’heure, Imogen recherchait son confort. Du calme, de la stabilité. Loin du Willow Lake et de Fly Creek.

    Sortir d’ici.
    De l’air.
    Trouver Markus.

    Il ne lui fallait que ça.
Revenir en haut Aller en bas

Invité


 Invité


Sujet: Re: • Willow Lake SearchSam 17 Oct - 22:40

"Allez on y va.", incita l'experte criminalistique, avec une impatience affichée.
Depuis qu'elle avait appris la découverte d'une pièce à conviction dans la nature, elle avait l'impression d'entendre un tic tac dans sa tête. D'après le peu d'informations du policier, elle pressentait un cafouillage autour de cette potentielle preuve et de tel ratage… ben on ne pouvait plus se permettre sur cette enquête!
"Montrez-nous le chemin Officier Browni-ner. On vous suit Officier Brauner!", essaya-t-elle de se rattraper avec un enthousiasme décalé.
Aussitôt brandi en poing en avant, elle fit retomber son bras et porta ses mirettes du côté du légiste, des fois qu'il aurait quelque chose à dire. N'importe quoi ferait l'affaire... Car là, elle se sentait gênée à plus d'un titre. Ne connaissant pas beaucoup l'officier Ernie Brauner, elle ne voulait pas qu'il se méprenne à son égard. Le pire serait qu'il l'associe à Haynes, alors qu'en vérité, elle ne manquait ni de considération ni de respect envers les gens avec qui elle devait collaborer. Si elle avait failli l'appeler Brownies, c'était à cause de sa nouvelle collègue Kirsteen qui avait la manie d'affubler tout le monde de surnoms au lieu de mémoriser leur nom.

En chemin pour retourner à proximité de la lisière de la forêt, Jayla repensa aux différents endroits où des indices avaient été retrouvés. Si le Poète s'était débarrassé des gants une fois leur utilité à terme, on pourrait penser que son méfait devait avoir lieu dans le périmètre. Et s'ils n'avaient rien trouvé d'autre, est-ce que cela présageait d'une bonne issue pour la victime? Elle allait partager ses réflexions avec Brauner, mais celui-ci était en liaison avec un collègue aux abords du lac. Elle ne saisissait pas tout de la situation là-bas, mais il semblait que le commissaire Sarmoise était aux prises avec un homme armé. Le bruit d'un coup de feu éclata dans l'appareil. Jayla eut un soubresaut et accourut vers Brauner qui s'était stoppé. Elle posa sa main sur le bras qui tenait le talkie-walkie. En attente d'entendre la suite et de savoir ce qui s'était passé… Le suspense ne dura pas. Le policier à l'autre bout rassura; le coup n'avait pas fait de blessé et les troubleurs de l'ordre étaient désormais maîtrisés. La tension retomba comme un soufflet.

Le silence régnait dans le groupe qui avait repris la route. Faire la conversation n'était pas nécessaire entre des personnes qui se connaissaient peu ou ne s'appréciaient guère. Toute leur énergie portait à tenir la cadence plus soutenue, même si la boue les refrénait toujours. Dans leur progression, le talkie de Brauner se remit à grésiller. Entrecoupée, la communication finit par fixer le sort de la disparue.
"Elle est retrouvée. Morte…"
Les mots de Brauner avaient du mal à percuter dans le cerveau de la lab tech. A croire qu'au fond, elle avait toujours gardé l'espoir de parvenir à la sauver à temps. On ne la laissa pas le temps de gérer ses états d'âme, il fallait s'activer de rejoindre la scène de crime. Brauner prenait les indications en regardant sa carte. Jayla essaya aussi de se repérer afin d'aider le policier, mais elle n'avait clairement pas son sens de l'orientation. D'autres groupes les rallièrent. Si la lab tech accueillait volontiers d'autres représentants de l'ordre, elle grimaça à la vue des civils qui les accompagnaient. Une fois le lieu du crime situé, il fut rapidement décidé que Brauner s'occuperait d'amener la technicienne et le légiste vers la dépouille retrouvée. Les autres organisaient l'évacuation des civils.

En route vers l'endroit de la découverte macabre, Jayla sentit soudainement d'imperceptibles vibrations contre son flanc. Sans ralentir l'allure, elle glissa sa main dans sa sacoche à la recherche de son téléphone. Quand elle se saisit de l'appareil, il ne vibrait plus. Elle consulta l'écran. Elle venait de rater un appel de Shandra. Elle écouta son répondeur. Le premier message venait de Kristeen. Comme la plupart des ses collègues, l'experte en toxicologie était restée au labo pour les premières analyses des prélèvements retrouvés chez la victime. A son oreille, elle entendit sa collègue s'horrifier du sort de la branche maculée de sang qu'elle voyait être piétinée en direct sur la TV. Jayla serra les dents et pesta intérieurement contre le journaliste Howell. Son espoir de sauver cette pièce à conviction mourut en un instant. Puis elle écouta le message de Shandra qui l'informait de la découverte du cadavre de la disparue. Machinalement, elle acquiesça pour confirmer qu'elle avait son matériel. Ces deux appels l'avaient rendue encore plus impatiente d'atteindre la destination, mais les dérapages sur la boue lui rappelèrent que toute précipitation était à proscrire. De toute façon ses bottes en caoutchouc ne lui auraient pas permis de courir aisément. Lisant en diagonal, elle prit connaissance des sms que David avaient envoyés tout au long de la journée. Visiblement son frère n'était pas tranquille de la savoir dans les bois avec un serial killer en embuscade. Elle tapota quelques lignes pour le rassurer et se promettait de l'appeler dès qu'elle aurait une minute à elle.

Finalement elle aperçut de nombreuses silhouettes se détachèrent entre les arbres. Il y avait un attroupement de policiers qui sécurisaient un périmètre, tandis que d'autres éloignaient les civils trop curieux. Brauner partit de son côté sans que la lab tech s'en préoccupe. La jeune femme disparue n'était plus qu'à quelques mètres et l’appréhension du cadavre l'accaparait toute entière.

*On y est…*

Passant sous la banderole de sécurité, toute impatience quitta Jayla. Bien que le Poète ne les ait pas habitués à des massacres barbares, elle redoutait néanmoins la vue de ce crime. Cela n'a jamais été le sanguinolent qui la remuait, mais l'expression du Mal. Aussi, alors que la "beauté poétique" recherchée dans les mises en scène du Poète en fascinait – voire en émerveillait – certains, sur elle, l'effet était diamétralement opposé. Ces mises en scène lui glaçaient le sang. Et cela ne manqua pas non plus cette fois-là. D'ailleurs le présage menaçant répété en boucle par une voix désincarnée en augmentait l'horreur de la scène à ses yeux. Elle reprit conscience avec le présent en voyant Liam se rendre vers le corps.

*Je dois me rassembler.. et vite*

La lab tech déposa sur un coin d'herbe sa sacoche et l'ouvrit. Les deux autres de la scientifique qui avaient aussi participé à la battue la rejoignirent. Pendant qu'ils enfilèrent gants et combinaison blanche intégrale, ils échangèrent leurs informations et s'organisèrent. Afin de permettre à l'équipe légiste de déplacer le corps, il fallait d'abord prendre les photos et consigner l'enregistreur. Jayla s'occupa de le délogea avec précaution avant d'enfin taire cette voix qui semblait presque les narguer. Elle scella ensuite l'appareil pour l'envoyer en examen approfondi d'empreintes et d'analyses audio. Elle respira mieux en voyant le corps emporté à la morgue. Elle n'avait pas cherché à entendre les premiers constats de Haynes, elle craignait d'apprendre qu'il y avait eu un espoir de lui prêter secours, que cette battue n'aurait pas été vaine s'ils l'avaient tous mieux gérée.

*Faites que cette pauvre femme n'ait pas vécu ses dernières heures dans cette maudite forêt, mais qu'elle soit morte depuis la nuit dernière...*
Revenir en haut Aller en bas


avatar

◆ Manuscrits : 4262
◆ Arrivé(e) le : 05/08/2015
◆ Âge : 24
◆ Assoc. des Victimes : Membre
◆ Métier : Elève policière
◆ Points : 1270
◆ DC : Aiden, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Willa Holland


Sujet: Re: • Willow Lake SearchSam 17 Oct - 22:42

D'un instant à l'autre à présent, elle allait se réveiller. Sursauter dans son grand lit, se frotter les yeux, et retourner dormir. Rien de tout cela n'aurait été vrai. Elle avait inventé le sang, la mort, l'enregistrement, la morte. Son esprit avait, pour une raison obscure, monté ce scénario de toutes pièces. Elle en était le marionnettiste fou, pas un protagoniste malmené. Pas une poupée faite de chiffons sales et de restes, dont les morceaux tenaient ensemble par quelques points de colle fragiles, quelques sutures maladroites. Pas un pantin aux ficelles tirées par des mains pleines de sang, pleines de mort. Elle ne pouvait pas être ça. Il fallait qu'elle ait le contrôle, un minimum, non? Tout ne pouvait pas être que mascarade et faux-semblants, pas vrai? Alors elle allait s'éveiller, soupirer, boire un verre d'eau fraîche, et s'en retourner à son quotidien tourmenté. Ca n'allait sûrement plus tarder, parce qu'elle avait posé ses yeux torves sur Willow, et tout s'était comme figé. Ca n'arrivait pas, dans la vraie vie, pas vrai? La morte venait de lui transpercer le corps, d'un regard qui n'était posé nulle part.

Tout le reste était passé comme dans un rêve. Bientôt, elle avait aidé à établir un périmètre de sécurité, aidé à guider les civils affolés hors des bois. Le calme était revenu s'asseoir sur elle, l'écrasant sous le silence, qui devenait refuge. Elle déposait les armes. Sa seule arme était sa voix, les mots qu'elle lançait à tue-tête, au hasard, pour atteindre quiconque tentait de s'approcher de trop près de ce qu'il y avait vraiment sous la colère et l'animosité: des plaies qui ne voulaient pas cicatriser, la chair vive et sanguinolente, où le silence plantait ses griffes dès qu'il en avait l'occasion. Cependant, cette fois, accrochée à sa propre dépouille, il se faisait abri, il se faisait camisole. L'isoler, la couper de cette réalité. Alors, elle pouvait écouter un tel lorsqu'il lui disait d'aller par-là, prévenir un tel que ceci, se contenter de suivre les ordres, patiemment, à la lettre. C'était très certainement une bénédiction pour tout ceux qui la côtoyaient, même si quelque chose avait dû se briser au fond de ses tripes. L'une des dernières branches qui la maintenaient au-dessus d'un puits d'acide, peut-être, ou simplement l'espoir.

Une fois le périmètre établi, les civils sous contrôle, elle s'était entendue expliquer en détails à qui de droit leur expédition et leurs trouvailles, ne mentionnant que de manière très évasive la branche. Puis elle glissa le stylo sanglant dans l'un des sacs à preuves, donna les noms des civiles avec lesquelles elle avait partagé son cauchemar. Zoey et Rosamund, qui avaient disparu dans la foule, avalées par les vagues boueuses et rougeâtres qui avaient chassé le peuple hors des bois. Et elle cessa de bouger. Immobile, comme la jeune femme qu'ils avaient trouvé entre les arbres. Plus personne ne devait marcher sur la scène de crime, certainement pas elle. Elle avait laissé trop de moments de sa vie sur des scènes de crime, elle avait perdu trop de respirations sur des cadavres, trop d'instants qu'elle ne récupérerait jamais, trop d'images marquées au fer dans sa mémoire.

«Rentre chez toi, Willow.» Elle avait hoché la tête, mit un pied devant l'autre, et hésité. Elle ne voulait pas rentrer. Elle voulait un but, une direction, quelqu'un qui tirait les ficelles. Que quelqu'un tire les ficelles contre lesquelles ses bras soudain trop lourds ne se défendaient plus. Mais elle avait obéi. Dans la voix, on n'avait pas voulu d'elle, là-bas. Jamais elle n'avait été plus disposée au travail, mais qui souhaitait prendre le risque, dans une telle situation? Alors on la laissait ramener chez elle tout le sang qu'elle avait vu, les yeux morts. Elle s'était contentée de rentrer, d'aller se taire au fond de ses draps. Et d'attendre. Qu'enfin, quelque chose, au fond d'elle, se mette en mouvement. Le barrage céda quelques heures plus tard.

Et elle se mit à pleurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t248-whirlwind
 

• Willow Lake Search

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

 Sujets similaires

-
» WILLOW (Tonka) 1988
» Blue Lake
» [Want to buy] Willow PCB (Capcom)
» [Help] problème de sprites qui scintillent avec Willow
» E.V.O. - SEARCH FOR EDEN

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: the city that we loved :: fly creek :: willow lake-