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 lullaby of birdland

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bad blood - fonda & admin

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◆ Manuscrits : 277
◆ Arrivé(e) le : 05/09/2015
◆ Âge : 19 ans
◆ Métier : Employée de cinéma, youtubeuse & maman
◆ Points : 456
◆ DC : Toto, Adam, Pete & Tutur
◆ Avatar : Sophie Turner


Sujet: lullaby of birdlandSam 5 Sep - 16:17

michaela jude kepner

◆ make it last forever you and i together
come on baby won't you hold on to me ◆



◆ 01/04/96 - 19 ans
◆ En ville depuis toujours
◆ Née sur le sol américain, sa mère est française et son père anglais
◆ Employée de cinéma, Youtubeuse et maman à plein temps
◆ Célibataire
◆ Hétérosexuelle
◆ Bad Blood
◆ Sophie Turner

entre les lignes

L'affaire : Elle n'a pas franchement eu le temps de s'en préoccuper, jonglant entre couches et biberons depuis Décembre 2012. Sans parler des cours qu'elle prenait à domicile en attendant de pouvoir commencer à travailler pour quitter la demeure familiale et s'installer avec sa fille dans le centre ville de Fairhope. En vérité, Michaela a vraiment pris conscience de la gravité de l'affaire il y a peu, suite à la mort de la petite Rose Howard. Son but ? Survivre, protéger Louise. Ne pas baisser les bras, garder le sourire et la tête haute ; comme tout le monde ici sans doute.

Caractère : Michaela est aussi jeune qu'elle est mature, aussi terre-à-terre qu'excentrique, aussi bavarde qu'à l'écoute, aussi patiente que dynamique. Sa grossesse a accéléré considérablement les choses, privant la jeune femme de son adolescence. Enfin ça, c'est ce que l'opinion publique s'accorde à dire ; cette partie de sa vie a juste été différente puisque Micha avait déjà un millier de responsabilités. Alors elle a grandit bien avant l'heure, faisant de sa fille sa priorité. Avec Louise, elle est tendre, attentive, prudente, mesurée, souriante, calme, posée. Face au reste du monde, Micha parle et rit fort. Elle trinque quand elle en a l'occasion, danse jusqu'au bout de la nuit quand elle parvient à dénicher une nounou. Elle est franche, impulsive, dit tout haut ce que les autres pensent tout bas et ne se laisse jamais marcher sur les pieds. Et Dieu seul sait à quel point la mère célibataire de dix-neuf ans a pu être la cible de bon nombres de discours désagréables et désapprobateurs. La rousse s'en fiche. Elle sait ce qu'elle vaut et les valeurs qu'elle souhaite transmettre à sa fille et ceux qui ne la prennent pas pour ce qu'elle est peuvent passer leur chemin.

À savoir : 01. Micha tenait un journal intime depuis l'âge de dix ans qu'elle a finalement laissé tomber à l'âge de 16 ans ; elle se confie maintenant à la caméra de son ordinateur ou de son téléphone et poste ses pensées sur internet. 02. Sa fille Louise Elisa Kepner est née le 12/12/12 vers 20h. Micha avait 16 ans. 03. Le père de Louise, de huit ans l'aîné de Micha, a repris la route deux mois avant la naissance de la petite, convaincu que Micha aurait du avorter. 04. Micha a vécu avec sa fille sous le toit de ses propres parents jusqu'à sa majorité. Après avoir été embauchée au cinéma de Fairhope, elle a fini par déménager et s'installer dans un appartement du centre ville. 05. Elle s'oblige à passer 30 minutes par jour à ne rien faire du tout, juste histoire de souffler et éviter le surmenage. 06. Michaela ne déteste pas les hommes, elle n'a simplement pas besoin de l'un d'entre eux dans sa vie. 08. Elle parle le français comme une vache espagnole et a naturellement hérité de l'accent anglais de son père. 09. Elle rêve secrètement de devenir actrice. 10. Elle n'a jamais considéré sa fille comme un obstacle ou un poids qui l'aurait privée de sa jeunesse ; Louise est, au contraire, sa plus grande force et sa raison d'être.



derrière l'écran

Pseudo : On me surnomme parfois Bernardo
Âge : 23 ans
Déjà un compte ici ? : Ça se pourrait bien...
Code du règlement : OK by Toto.
Où avez-vous connu le forum ? : Haha. Ha.
Un commentaire ? : Promis cette fois-ci c'est le dernier compte  zen

© potterbird
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bad blood - fonda & admin

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Sujet: Re: lullaby of birdlandSam 5 Sep - 16:19

once upon a book

◆ nothing you confess
could make me love you less ◆



you're just a small bump unborn
You are my one and only.
You can wrap your fingers round my thumb and hold me tight.


mai 2012
Micha baissait la tête, les yeux rivés sur le bout de ses pieds, penchant la tête pour observer les formes qu’elle avait dessiné sur le haut de ses converses qu’elle avait réussi à abîmer en un temps record. La rousse ne faisait pas attention aux adultes qui se tenaient auprès d’elle, non pas par timidité ou par tristesse, par dépit ou par crainte. Non, elle était simplement agacée, irritée par le comportement de sa propre mère qui reposait la même question pour la troisième fois au médecin assis en face d’elle. Oh, Micha se doutait bien que sa chère et tendre mère aurait échangé sa place avec ce spécialiste sans aucune hésitation, juste pour ne pas avoir à se coltiner sa propre fille, ses erreurs et sa nonchalance. Pourtant, cela ne pouvait être comparé à de l’insolence, mais le monde s’évertuait à dire que les gamines de seize ans qui émettaient le moindre avis étaient rebelles ou hystériques. Et Caroline Kepner ne voulait rien de tout cela sous son toit, encore moins ce qui l’attendait dans les mois à venir. Bouche bée et les yeux écarquillés comme si elle venait de voir un fantôme, elle n’osait plus bouger tandis que Micha faisait distraitement battre ses pieds jusqu’à ce que sa mère se soit enfin remise de la nouvelle. La lycéenne n’était pas moins surprise, mais elle n’avait pas l’impression que cela soit une mauvaise chose. Au contraire, elle avait bien senti que le monde paraissait différent, que les goûts et les odeurs provoquaient chez elle des multitudes de réactions flambant neuves, un peu comme si elle venait de débarquer sur terre ou qu’elle avait hiberner pendant les quinze dernières années et qu’on venait enfin de la laisser sortir de sa tanière. En vérité, c’était un peu l’effet que sa rencontre avec son petit ami lui avait fait, et depuis qu’il était là, elle avait la sensation d’avoir foutu une bonne droite à la planète pour qu’elle se mette à tourner dans l’autre sens. Andrew avait huit ans de plus qu’elle, un diplôme en poche et prévoyait de parcourir le monde pour entamer une carrière des plus brillantes dans des hôtels de luxe. Ils avaient déjà parlé de leur avenir qu’ils souhaitaient évidemment en commun, évoquant toutes les perspectives qui s’offraient à eux avec la volonté de voir leurs désirs se réaliser. Ce n’était pas fou ni irréfléchi, ce n’était pas un coup de foudre puérile et adolescent. Juste deux êtres qui s’étaient croisés par hasard et qui n’avaient pas envie de se lâcher de si tôt afin d’apprécier pleinement le bout de chemin qu’ils auraient l’occasion de parcourir ensemble. Elle lui avait avoué que le lycée n’était pas vraiment pour elle, qu'elle songeait à arrêter ses études quand cette année scolaire serait enfin terminée. Plus que quelques mois à tenir, la dernière ligne droite avant qu’ils puissent se tirer de ce bled où un taré avait déjà fait deux victimes, laissant leurs souvenirs derrière eux et s’offrant ainsi aux lendemains qui les attendaient loin d’ici.

Micha finit par relever la tête pour constater que personne dans cette pièce n’avait osé bouger durant les trente dernières secondes. Finalement, elle avait trouvé une bonne raison de prendre ses distances avec les salles de classe et les cours interminables auxquels elle était contrainte d’assister. Elle soupira, passablement ennuyée par la mine outrée de sa mère. Toute cette histoire faisait sens. Les nausées, les longues siestes qui ne la reposaient guère. Et cette sensation étrange au creux de son ventre. « Le médecin te l’a déjà dit trois fois. Je suis enceinte de deux mois, c’est comme ça, ça arrive. On n’a pas du faire attention, Andrew devait avoir la tête ailleurs et moi aussi. » Si elle n’avait pas eu peur que sa mère manque de faire une crise cardiaque, la rousse n’aurait pas hésité à raconter la vérité, déclarant qu’ils étaient sûrement un peu éméchés le soir de la conception de cet enfant, et ivres des baisers passionnés qu’ils échangeaient, ils avaient du commettre l’erreur qui habitait son ventre à présent. Erreur qui n’en n’était pas une. Qui n’en serait jamais une. Micha haussa les épaules, croisant les bras sur sa poitrine, jugeant qu’il n’y avait pas de problème. Non, vraiment ; elle avait rarement été aussi heureuse qu’à cet instant justement, et si Caroline n’était pas venue tout gâcher, elle aurait déjà rejoint Andrew pour lui confier qu’un bout de sa chair allait venir au monde d’ici quelques mois. « ...Tu... Tu ne comptes quand même pas le garder ? Michaela ? Tu ne vas pas faire ça ? » Le monde entier dirait qu'elle avait répondu positivement juste pour emmerder sa mère, mais il n'en n'était rien. Peut-être que cet enfant était un accident, peut-être qu'ils ne l'avaient pas prévu, que rien n'était calculé. Mais Micha le désirait plus que tout, maintenant qu'elle était sûre qu'il était bien là, au chaud dans son ventre. Ce n'était pas seulement la vie qui poussait en elle, c'était l'évidence même. Elle se leva avant de tendre la main au médecin pour le remercier, annonçant qu'elle reviendrait vers lui pour les prochaines échographies. Et se tournant vers sa mère, elle récupéra son manteau avant de croiser le regard de Caroline Kepner qui semblait dévastée, détruite à l'idée d'être déjà grand-mère. « Qu'est-ce que tu attends ? Rentrons. »



hush, it's okay
Dry your eyes.


juin 2014
Elle s’était enfin arrangée pour trouver quelqu’un qui pourrait garder Louise, les grands-parents de l'enfant refusant d’être trop présents dans la vie de cette dernière - ce qui les arrangeait bien dans le fond, eux qui n’avaient que faire de ce que leur propre fille allait devenir. Depuis qu’ils l’avaient vue arborer un ventre parfaitement rond au sein de leur demeure, les conversations s’écourtaient, la complicité n’était plus de mise et les regards en biais devenaient presque insupportables. Tant pis, se disait Micha. Ils n’étaient plus sa famille à présent. Il n’y avait plus que Louise pour avoir de l’importance dans sa vie, et quelques rares amis qui ne lui avaient pas tourné le dos après que la nouvelle se soit répandue comme une trainée de poudre au sein du lycée. Même Andrew était parti. Pas comme ça, pas du jour au lendemain ; non, ils avaient discuté longuement, ils avaient passé des nuits entières à se maintenir éveillés pour qu’ils puissent évoquer tout ce que cette grossesse allait pouvoir engendrer comme quantités de bonheurs et de problèmes. Andrew n’était pas prêt, elle ne voulait pas vivre avec l’idée qu’elle avait laissé tomber. Deux opinions bien différentes qui se défendaient l’une et l’autre mais qui ne pouvaient naturellement pas cohabiter. Alors Andrew avait fini par faire ses valises, comme prévu, grimpant dans un avion pour recommencer sa vie ailleurs. Micha s’était longuement demandé si il avait pleuré une fois l’engin planant dans les airs. Est-ce qu’il se souviendrait seulement de la forme de son ventre quand il serait à l’autre bout du monde ? Et puis elle était passée à autre chose, regagnant sa chambre d’adolescente, arrachant les posters qui y trainaient. Pas question que sa fille habite dans une pièce qui prouvait à la planète entière qu’elle était encore trop jeune pour être mère. Elle avait même donné quelques coups de pinceaux sur les murs pour rafraichir le tout. Elle aussi repartait sur de nouvelles bases, consciente que si elle voulait rester chez les Kepner, il lui faudrait continuer d’apprendre et suivre les cours de professeurs particuliers payés pour venir lui faire la classe à domicile. Soit. Non, ses parents ne se montraient pas soudainement généreux envers elle ; ils cherchaient juste un prétexte de plus pour la garder enfermée chez eux, le temps qu’elle accouche et que son abdomen reprenne sa forme initiale. Ils avaient tellement honte qu’ils auraient certainement pu se faufiler dans un trou à rats si on leur en avait donné la possibilité. 



Mais ce soir-là, elle avait enfin prévu de sortir un peu. Louise avait dix-mois et Micha s’octroyait du temps libre, confiant la prunelle de ses yeux à Jonathan, un ami d’enfance dont elle n’avait jamais cessée d’être proche. Elle avait mis près de vingt minutes à lui expliquer tout ce dont sa petite Lou raffolait pour s’assurer que leur soirée ne se passerait pas trop mal et qu’ils pourraient en profiter tous les deux. Et puis évidemment, les choses avaient mal tourné. La rousse avait poireauté pendant deux longues heures sur un banc de la ville, près de la plage, là où elle avait prévu de rejoindre un jeune homme de son âge pour se rendre chez une connaissance qu’ils avaient en commun et qui prévoyait de donner une fête digne de ce nom. Peu importait le motif, en vérité. Elle était là, fixant la mer, remarquant que le soleil était maintenant en train de se coucher à l’horizon. Que faisait Lou ? Elle dormait sans doute. Et Andrew ? Il avait sûrement trouvé une jolie blonde qu’il chérissait au point d’en oublier qu’il avait une fille qui grandissait quelque part. Sans lui. Tant mieux, se dit Micha qui tira alors sur les manches de son gilet pour que la brise fraiche ne lui gèle pas les os. Elle retrouva ensuite le chemin de la maison où elle avait grandi, laissant la garde de Louise à son meilleur ami, juste pour ce soir. Juste cette nuit. Non, sa fille n’était pas une erreur, même si la terre entière cherchait à lui faire admettre le contraire à chaque fois qu’elle essayait d’aller de l’avant.

Ses jambes l’avaient guidée jusqu’à sa chambre à coucher, et la vue troublée par des larmes qu’elle ne parvenait pas à s’expliquer, elle avait allumé son ordinateur pour s’enregistrer comme elle avait pris l’habitude de le faire durant sa grossesse et depuis son accouchement. Quitte à être cloitrée dans cette prison dorée, autant essayer de communiquer avec l’extérieur et faire savoir à d'autres adolescentes qu’elles n’étaient pas toutes seules à subir les changements de leurs corps, qu’elles étaient chanceuses dans leur galère, et qu’elles pouvaient toujours s’échanger mille et un conseils sur la maternité quand les adultes qui les entouraient se contentaient de les juger sans jamais rien leur expliquer. Micha n’était pas idiote et sa fille n’était pas une erreur, et elle savait qu’elle n’était pas la seule à avoir choisi la vie qu’elle menait actuellement. Sa chaine sur le plus célèbre site d’hébergement de vidéos rameuta une centaine d’abonnés ; peut-être un peu plus. Suffisamment pour alerter la presse en la personne de Peter Howell, journaliste d’une chaine locale de Fairhope qui lui avait proposé une interview. Elle avait vite compris que l’homme n’avait strictement rien de plus intéressant à se mettre sous la dent et qu’il se devait d’étoffer le contenu de ses programmes creux et insipides. Qu’à cela ne tienne, Micha avait accepté sur un coup de tête, se disant que cela ne lui serait que bénéfique, que les habitants de la ville où elle était née s’intéresseraient peut-être à son histoire aussi banale qu’atypique au final. Et surtout, elle espérait que cette brève médiatisation lui permettrait d’atteindre des gamines de son âge qui avaient terriblement besoin de quelqu’un à qui se confier.

Exactement comme elle, ce soir-là. Caméra en marche, elle s’était mise à parler, les mots lui échappant, la dépassant presque. « Ça ne va pas. Ça ne va vraiment pas bien du tout… Je ne sais plus ce qui se passe, je comprends plus rien. Je comprends pas ce que j’ai fait de mal. C’est grave si j’aime ma fille peut-être ? Ça doit être ça, j’en sais rien… Je suis à bout, je suis fatiguée, j’en ai marre… Je veux juste arrêter de me justifier deux minutes et m’occuper de Lou, qu’elle grandisse bien, qu’elle soit heureuse et puis le reste on s’en fout non ? On s’en tape un peu de savoir si je suis tombée enceinte de mon mec ou du premier venu, si la capote a craqué ou si c’était voulu. Qu’est-ce qu’on s’en fout sérieusement. Elle est là, elle est belle. Elle sourit. Elle marche. Hier elle m’a fait un joli dessin, un dessin qui n’avait aucun sens à mes yeux, juste un gros gribouillis noir sur une feuille blanche, une tache qui faisait presque peur. Et elle me l’a tendu en me disant que c’était le loup, le grand méchant loup, et qu’il avait des grandes dents et… Et je sais pas, elle est là et elle s’exprime et elle donne du sens à tout. Elle fait sa petite vie de gamine et elle me raconte des bêtises et elle rigole pour rien, dès qu’une bulle de savon touche son nez ou que le chien du voisin court après sa queue tout seul dans leur jardin ; mais surtout elle donne un sens à tout ce qui n'en n'avait pas avant. Et je sais pas pourquoi je dois me justifier. Je sais pas pourquoi je dois expliquer sans arrêt les mêmes choses. Pourquoi je dois marteler le crâne des gens et leur répéter sans cesse que je l’ai voulue bordel, qu’elle se suffit à elle-même. Elle est parfaite, mais non, on me tombe dessus sans arrêt parce que je suis trop jeune. On fait des réflexions dans le parc dès que je passe avec ma poussette, et plus tard elle pourra les comprendre. Des femmes préviennent leurs ados qu’il ne faut pas finir comme moi, et j'aimerais juste leur dire d'aller se faire voir mais ça nous desservirait plus qu'autre chose. Non, ça c’est sûr, il faut pas finir comme moi ; le bonheur c’est dangereux. Faut croire que c’est ça, ouais. Quand je pense que si je l’avais pas eue, j’aurais peut-être pas voulu de gosse avant d’avoir trente-cinq balais, et on m’aurait rabâché le contraire à longueur de journées. Le nombre de nanas à qui on dit qu’elles doivent se dépêcher parce qu’elles vont finir par être trop vieilles, et qu’une femme sans enfant c’est triste et misérable, c’est une ratée, une perdue, une moins que rien, un ventre dont personne n’a voulu. Moi je l’ai juste eue un peu plus tôt que la moyenne et c’est tout. Ça ne va pas plus loin que ça. Et entre nous, ça ne va pas, tout court. Ça ne va plus du tout… » La voix enrouée, elle avait essuyé ses joues humides d’un revers de la manche avant d’arrêter l’enregistrement. Hésitante, elle avait finit par refermer son ordinateur, abandonnant l’objet sur son bureau au profit de son lit où Micha préféra se réfugier sous sa couette.

Elle ne posta jamais cette vidéo. Elle ne versa plus jamais la moindre larme.



but if you close your eyes
Great clouds roll over the hills, bringing darkness from above.
But if you close your eyes, does it almost feel like
nothing changed at all?


février 2015
Une année de plus. Une année au cours de laquelle Micha avait remué ciel et terre pour se trouver un boulot, travaillant au cinéma de Fairhope où elle vendait billets et pop-corn, profitant parfois de quelques séances privées avec ses collègues. Les Kepner faisaient l’effort de s’occuper de leur petite-fille, maintenant qu’elle était mobile et qu’elle parvenait à s’exprimer clairement. Enfin, aussi clairement qu’une petite fille qui allait fêter son troisième anniversaire à la fin de l’année… La vie s’écoulait paisiblement et bientôt Micha eut les moyens de faire ses cartons pour quitter la cellule où elle commençait sérieusement à dépérir. Quelques maigres affaires qu’elle entassa rapidement dans un coin tandis qu’elle épluchait toutes les annonces de logements qu’elle dénichait sur internet. Incroyable le nombre d’appartements libres en centre ville de Fairhope, à croire que tout le monde fuyait la ville, elle qui pensait que l’artère principale de la municipalité était surpeuplée.

Elle comprit bien des mois plus tard qu’elle avait commis une grossière erreur. Oui, celle-ci en était une. Une vraie. Mais pas moyen de faire marche arrière, pas vrai ? Pas moyen de se pointer sur le palier de ses parents pour les supplier de lui refaire une place auprès d’eux le temps que les autorités attrapent le taré qui rodait en ville et qui tuait tout ce qui avait forme humaine ou qui avait l’audace de respirer. Elle ne savait pas, elle ne se doutait pas que le type qui avait fait deux morts quelques années en arrière avait réussi à passer entre les mailles du filet, faisant bon nombre de victimes au fur et à mesure que les jours s’écoulaient. Micha se pencha sur l’affaire après être restée paralysée devant l’école primaire, serrant la main de sa fille dans sa paume alors qu’elles se promenaient innocemment sur le trottoir d’en face. Elle avait vu ce fameux journaliste annoncer que le corps d’une enfant de dix ans avait été retrouvé sans vie dans une salle de classe, et les nombreuses bougies et autres bouquets et dessins déposés devant le portail de l’établissement ne faisaient que confirmer la macabre nouvelle. Trois ans en arrière on lui apprenait qu’elle donnerait la vie ; trois ans plus tard elle réalisait que la mort les attendait au tournant.

La rousse ne réfléchit pas davantage, agrippant sa fille, la gardant contre elle, comptant ses pas jusqu’à son appartement sans savoir pourquoi. Parce qu’elle en avait besoin. Besoin d’un chiffre rond et parfait, là, maintenant. N’importe quoi qui pourrait la rassurer. Elle ne disait rien, répondait calmement aux questions de Louise sans l’inquiéter, sans l’alarmer. « Maman a juste oublié son écharpe, et qu’est-ce qui se passe quand on oublie son écharpe ? » La petite fut ravie d’avoir l’occasion de prouver qu’elle avait bien retenu la leçon, levant les bras en l’air en s’écriant qu’on attrapait un rhume quand on ne se couvrait pas suffisamment. Micha sourit, songeant qu’on se faisait également attraper par un autre virus quand on trainait un peu trop longtemps dans les rues de cette ville de malades. Elle était rentrée pour retourner la toile et fouiller sur le net, cherchant le moindre article sur le fou furieux qui terrorisait celles et ceux qui avaient eu la chance d’avoir eu le temps de se plonger dans les médias depuis le début de cette horrible histoire ; celles et ceux qui s'étaient tenus un minimum informés et qui n'avaient pas vécu recroquevillés bien au chaud dans leur bulle. Évidemment qu’il y avait des dizaines et des centaines de reportages, de vidéos, de témoignages… Évidemment qu’elles étaient coincées là, toutes les deux. Mais Micha s’efforça de ne rien laisser transparaitre, de garder ses inquiétudes et ses doutes pour elle. Peut-être qu’en retrouvant la trace d’Andrew, elles pourraient repartir avec lui ? Non, elles n’avaient pas besoin de lui. Elles pouvaient s’en sortir sans sa présence. Elles pouvaient survivre, juste parce qu’elles avaient cette force ancrée au plus profond de leur chair, et qu’aucun poète ne pourrait venir y graver la moindre injure. Elles pouvaient survivre, et elles y parviendraient.


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Sujet: Re: lullaby of birdlandSam 5 Sep - 16:25

Re-bienvenue hiii bigcoeur
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Sujet: Re: lullaby of birdlandSam 5 Sep - 16:27

re-re-re-re-bienvenue par ici brille :luv: :luv: :luv: :wow: :wow: :wow: hug

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Sujet: Re: lullaby of birdlandSam 5 Sep - 17:18

Personnage qui a l'air bien farfelue, rebienvenue et have fun avec Michaela!^^
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Sujet: Re: lullaby of birdlandSam 5 Sep - 17:34

Re-bienvenue dans le coin hihi

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Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: lullaby of birdlandSam 5 Sep - 22:47

excited excited
Bonne rédaction heart2

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tell me did you see the news last night

ps: J'aime les artichauds
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bad blood - fonda & admin

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Sujet: Re: lullaby of birdlandDim 6 Sep - 16:27

:luv: Merci à vous tous hug
J'essaie de terminer tout ça au plus vite pour venir vous embêter avec des liens pour changer a
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Sujet: Re: lullaby of birdlandLun 7 Sep - 22:10

Craquer c'est si bon hehe1 reeeeeeeeee
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fonda - lost in the fire

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Sujet: Re: lullaby of birdlandMar 8 Sep - 3:37

Je vois pas de quoi tu parles. hehe1 Et puis ça m'arrive rarement... a
auto-validation bonsoir cache


congratulations !



Félicitations, te voilà officiellement validé(e) ! Tu vas donc pouvoir déambuler dans les rues de la ville comme bon te semble. Sauf si tu crains de tomber sur une plume particulièrement... Inspirée.

Mais puisque tu respires encore, il est temps de t'occuper de toute la paperasse un peu ennuyeuse auprès des autorités locales. Ainsi, tu peux commencer par recenser ton métier avant de te trouver un logement.

Tu peux ensuite ouvrir ton répertoire afin de créer des liens avec les autres personnages ou poster dans les demandes de rp pour te trouver un premier partenaire de jeu.

Si tu as été validé(e) avant le 15 du mois en cours, sache qu'il faudra également songer à te recenser pour ce mois-ci.

Dans tous les cas, le staff reste à ta disposition pour la moindre question et te souhaite de passer d'agréables moments sur le forum.

N'oublie pas de rester sur tes gardes... Sait-on jamais.
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