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 Bertram W. Crowley - I'm fine

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Sujet: Bertram W. Crowley - I'm fine Jeu 10 Sep - 21:10

Bertram Warren Crowley

◆ Sometimes, it's hard to accept the fact that you can't do it on your own...◆



◆ 10/03/86 - 29 ans
◆ En ville depuis 9 ans
◆ Américain
◆ Vendeur de Jeux Vidéo
◆ Célibataire
◆ Homosexuel
◆ Bad blood
◆ Rami Malek

entre les lignes

L'affaire : L'affaire du Poète... Bertram essaie de ne pas trop y songer, mais ses pensées anxieuses l'y ramènent inévitablement, comme une fatalité à laquelle il lui est impossible d'échapper.

Quand Bertram était venu s'installer à Fairhope, il espérait trouver du calme, de la tranquillité, de quoi se ressourcer et éviter d'alimenter l'angoisse qui le ronge perpétuellement. Il a appris à apprécier cette ville, son appartement, à se familiariser avec les lieux et à se sentir chez soi...

Quand le Poète a frappé, Bertram avait peine à croire à ce qui se déroulait si près de lui. Un tueur en série ? Ici ? Qui ? Pourquoi ? Comment ? L'idée d'être sa prochaine victime le poursuivait et le terrorisait.

Pire encore, il s'était persuadé, quelques jours durant, qu'il était plus fou encore que ce qu'il pensait et que, peut-être, il pourrait être sans le savoir le Poète de Fairhope... Entre ses cauchemars incessants, ses pensées agitées et sa tendance à s'emballer pour peu de choses, Bertram s'était laissé facilement convaincre par cette idée.

Heureusement pour lui, les autorités avaient pris peu au sérieux sa déposition emplie de failles et étaient parvenues à le rassurer. Malgré tout, l'affaire du Poète continue à l'obséder et il est persuadé, chaque matin, que la journée qu'il s'apprête à vivre pourrait bien être la dernière.

Caractère : Les personnes qui ne fréquentent que très peu Bertram s'accordent généralement à le décrire comme un bon jeune homme, toujours soucieux de bien faire et doué d'une discrétion appréciable. On loue régulièrement son implication dans son travail et au sein de la ville, son zèle et son sérieux.

Mais grattez un peu la couche, soulevez le masque et vous découvrirez alors toutes les insécurités, l'angoisse et cette touche de paranoïa accrue par l'affaire du Poète. Bertram est un jeune homme aussi fragile qu'instable, qu'un rien suffit à déstabiliser.

Hypersensible, il se laisse facilement dépasser par ses craintes et succombe régulièrement à des crises d'angoisse, en particulier lorsque personne n'est là pour le voir dans cet état. Il n'a aucune confiance en lui et cette dépréciation perpétuelle de lui-même l'empêche d'avancer et de trouver en lui la force de surmonter ses angoisses.

Il n'est pas rare qu'il se fasse marcher sur les pieds, incapable de protester ou d'oser lever la voix pour se défendre. Au lieu de cela, il se contente généralement de ravaler les paroles qu'il voudrait lancer et d'imaginer une scène plus flatteuse, où il pourrait jouer les super-héros et rabattre le caquet à tous ceux qui le piétinent de la sorte.

Depuis son plus jeune âge, il souffre d'un certain inconfort vis-à-vis des contacts physiques et de tout ce qui implique de partager un minimum d'intimité avec les autres. Il déteste qu'on le touche, évite les poignées de mains et fuit les câlins, qui tendent à le rendre anxieux plus qu'autre chose.

Il voudrait néanmoins réussir à dépasser toutes ses faiblesses, mais la tâche est ardue...

À savoir :

* Dès lors qu'il doit faire un peu plus que de la conversation banale, Bertram tend à avoir des réactions inappropriées, qui lui valent régulièrement des haussements de sourcil. Il rit ou sourit quand il ne le faut pas, s'attarde sur des points de la conversation à priori inintéressants et saute du coq à l'âne, entre autres attitudes.

* Il est passionné de jeux vidéo, en particulier de RPG et de jeux de simulation. Il est capable de passer des heures sur Bus Simulator sans que l'ennui ne le guette un seul instant.

* Il porte toujours les mêmes pulls défraîchis et ses vieilles vestes qui mériteraient définitivement un aller simple vers la poubelle. Il déteste la sensation de vêtements neufs sur sa peau et les habits élégants sont terriblement inconfortables pour lui. Ne parlez même pas de lui mettre une cravate, ces instruments de torture tout juste bon à s'étrangler !

* Il adore les films romantiques et tente régulièrement de se persuader qu'il pourrait également aimer les films d'horreur. A chaque fois, c'est le même manège, il sort de son essai terrifié, persuadé que chaque recoin dissimule un monstre, un tueur, ou que sait-il encore, mais, pour une raison obscure, il persiste et s'acharne...

* Ses factures téléphoniques sont toujours excessives : il passe son temps à appeler des lignes de soutiens, SOS Amitié, Suicide, Dépression etc. pour avoir quelqu'un à qui parler et rassurer ses angoisses.

* Il rêve secrètement du Prince Charmant, mais il lui faut d'abord dépasser sa crainte de partager son intimité avec qui que ce soit. Il rêve de trouver quelqu'un capable de le protéger du monde extérieur et de l'aider à devenir une meilleure personne, plus à l'aise avec lui-même.

* Il est insomniaque et passe généralement ses nuits sur ses jeux vidéo ou à traîner dans les bars pour que les heures s'égrènent. Lorsqu'il parvient toutefois à s'endormir, il ne cesse de cauchemarder et se réveille généralement très rapidement, dans un état de panique.

* Il n'a plus le moindre contact avec ses parents depuis qu'il leur a révélé son homosexualité. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui l'ont poussé à déménager à Fairhope. Il souffre de cette situation, mais il ne veut pas faire le premier pas et estime que cela devrait venir d'eux.

* Il rêve de faire partie d'une grande bande d'amis, comme dans les films, mais il n'arrive pas à trouver le courage d'aller franchement vers les autres. Au lieu de cela, il se contente de regarder, de loin, et de marmonner des banalités courtoises.

* Il est généralement plus à l'aise avec les enfants qu'avec les adultes. Pour une raison qu'il ignore, les gamins s'attachent facilement à lui et il a une aisance pour les consoler ou leur donner le sourire.



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Sujet: Re: Bertram W. Crowley - I'm fine Jeu 10 Sep - 21:10

once upon a book

◆ You can't wake up, this is not a dream ◆




"Je crois que je les ai tués... J'ai leur sang sur mes mains. J'entends leurs cris de terreur. Je ressens leur douleur. Il faut que vous m'arrêtiez... C'est moi, le poète..."

Les doigts de Bertram s'entremêlaient frénétiquement dans le fil du téléphone,  tandis que le reste de son corps était parcouru de frémissements. Les yeux écarquillés, le souffle court, il semblait sur le point de succomber à une crise d'angoisse.

Son interlocuteur au téléphone laissa échapper un soupir las.

"On en a déjà parlé, Bert. Tu n'as rien fait de mal. C'est juste un cauchemar. Prends un verre, sors, fais quelque chose, mais arrête de nous faire perdre notre temps.

-Je vous dis que c'est moi ! Je m'en souviens, je...

-De quoi te rappelles-tu exactement, Bert ?"

Bertram réfléchit un bref instant, mit de l'ordre dans ses pensées, avant de pousser à son tour un soupir.

"C'est... C'était juste un rêve, hein ? Je veux dire... J'ai vraiment cru que j'étais en train de tuer quelqu'un. Mais je n'ai pas la force de décapiter qui que ce soit sans arme, c'est... c'est absurde.

-Bert, c'est la sixième fois que tu nous appelles cette semaine. T'es devenu une blague dans le service. T'as de la chance de tomber sur moi parce que mes collègues auraient sûrement été moins polis. Faut que t'arrêtes. Le jour où il va vraiment t'arriver quelque chose, personne ne te croira.

-Mais je..."

Le policier l'interrompit :

"Tu peux pas nous appeler chaque fois que t'entends un bruit suspect, que tu crois voir une ombre ou que tu fais un cauchemar. On a du boulot, un malade à arrêter et tu nous fais perdre notre temps. Ressaisis-toi, Bert !"

Bertram connaissait cette voix. Depuis l'affaire du Poète de Fairhope, il avait téléphoné à la police un nombre incalculable de fois et il était certain d'avoir parlé à cet homme plus d'une trentaine de fois. D'où la familiarité et les petits surnoms... C'était sûrement sa manière à lui de le rassurer...

"Je suis désolé. Je... J'ai vraiment cru que...

- Je sais. Tu devrais partir loin d'ici. Déménage, trouve-toi quelqu'un, fais ta vie ailleurs. Fairhope est en train de te rendre dingue."

L'homme raccrocha. Bertram resta immobile quelques instants, hypnotisé par la tonalité du téléphone, avant de raccrocher à son tour. Il se recroquevilla dans un coin de son appartement, tentant de reprendre le contrôle de son souffle et de ses émotions.

Partir de Fairhope ? Quitter son appartement, sa boutique, la ville, tout ce qui faisait sa vie ? Il... Il ne pouvait pas... Même si cela lui permettrait d'être à l'abri du Poète... Il ne pouvait pas.

Sa vie était ici. Depuis neuf ans, il habitait Fairhope. Déménager était inenvisageable, c'était... c'était accepter de perdre tous ses repères, sa routine, ses habitudes. Et il n'avait pas la force de le faire.

Autrefois, Bertram habitait à Boston, où il était né. Fils unique d'un père militaire et d'une mère enseignante, il avait vécu dans un cadre strict et réglementé, où l'on ne tolérait pas le moindre faux pas.

Le comportement du petit garçon devait être irréprochable et chaque étape de sa vie avait été planifiée avec soin. Les établissements scolaires qu'il fréquenterait, les études qu'il poursuivrait, le métier qu'il exercerait...

Son père avait même établi ses critères en ce qui concernait la future femme de son garçon, afin qu'il puisse mener une vie optimale et perpétuer dignement le nom de leur famille.

Au cœur de cette vie réglée au millimètre, Bertram étouffait. L'enfant aspirait à la liberté, au jeu, à pouvoir être un simple petit garçon sans le poids de l'avenir qui pesait sur ses épaules. Mais les aspirations de ses parents l'empêchaient de poursuivre cette voie.

Plongé perpétuellement dans le travail, il trouvait refuge chez l'un des rares amis qu'il était parvenu à se faire, prétendant faire ses devoirs avec lui alors qu'il se vidait l'esprit grâce aux consoles de jeux et aux cassettes que son camarade disposait.

Il n'était d'ailleurs pas totalement faux d'affirmer que l'équipement high-tech de son copain était la seule chose qui les reliait... A l'époque, tout du moins. Les choses changeraient quelques années plus tard, mais nous n'en sommes pas encore à cette partie de l'histoire.

L'éducation de ses parents avait fait de Bertram un garçon particulièrement renfermé, ne pensant guère qu'à l'avenir et étant incapable de savourer le présent. L'angoisse était sa compagne du quotidien et il se tuait à la tâche, sacrifiant ses nuits et ses temps de "liberté" pour espérer ne pas décevoir sa famille.

Après l'école, vint le collège, puis le lycée. Durant toutes ces années, Bertram fut étiqueté comme "l'intello bizarre" et fut généralement ignoré par ses camarades. Quelques uns d'entre eux lui trouvaient toutefois un certain d'intérêt et en firent leur victime privilégiée. Bertram gardait le silence, effrayé à l'idée que ses parents puissent penser qu'il était faible.

Heureusement, il avait son ami, qu'il continuait à voir régulièrement en-dehors des cours, Bertram ne souhaitant pas ternir sa réputation en lui imposant sa présence au lycée. Tant bien que mal, l'adolescent était parvenu à s'ouvrir à son camarade et à lui trouver de l'intérêt pour autre chose que ses jeux vidéo.

L'ami de Bertram était gentil, prévenant, attentionné. Il était le seul qui n'attendait rien de Bertram ou qui ne riait pas dans son dos à cause de ses tenues peu soignées, du malaise permanent qui se dégageait de lui ou des crises d'angoisse qui le saisissaient régulièrement.

A ses yeux, il était précieux. Et, sans le réaliser, Bertram tomba peu à peu amoureux de son ami, nourrissant à son égard des fantasmes et des pensées peu catholiques.

Lorsqu'il commença à en prendre conscience, Bertram refusa cette réalité. Il avait seize ans, un avenir programmé, une fille à trouver et à épouser qui conviendrait à ses parents... Il ne pouvait pas... Il... C'était impossible...

Il tenta de lutter contre lui-même, dans le secret, dans la solitude. Ce n'était que des pulsions, un dérèglement hormonal, une passade, ça ne durerait pas. Il devait juste cesser de s'écouter, se remettre dans l'axe et oublier ces pensées idiotes.

Mais il ne s'agissait pas d'une simple attirance passagère. Il était amoureux de son ami et sa préférence allait clairement vers les hommes. S'imaginer avec une femme lui était impossible.

Certes, la proximité et l'intimité avec qui que ce soit lui était difficile à envisager, mais cela le devenait d'autant plus lorsqu'il tentait de visualiser le futur avec une épouse, comme ses parents le souhaitaient.

Non. Non, ce... ce n'était pas ce qu'il voulait. Mais ce qu'il désirait n'avait pas d'importance, n'est-ce pas ? Il devait se conformer à la volonté de ses parents. Devenir une bonne personne. Suivre le chemin tracé pour lui.

Deux années durant, il rongea son frein, chercha à faire taire cette voix de plus en plus forte en lui, à être cet adolescent normal et studieux qu'on souhaitait qu'il soit. Mais il craqua.

Ce jour-là, il était chez son ami et, comme d'habitude, jouait avec lui sur l'une de ses consoles. C'est là que son camarade lui avoua son coup de cœur pour l'une des filles de leur classe, une cheerleader populaire et répondant parfaitement aux canons de beauté tels qu'ils sont conçus à notre époque.

Cette même fille qui faisait de la vie de Bertram un enfer et qui ignorait jusqu'à la présence de son ami, qui le traiterait probablement comme son esclave et profiterait de son amour crédule et naïf pour le piétiner...

Bertram avait craqué. Il s'était dévoilé, espérant que quelque chose se passerait, que son ami réaliserait l'erreur qu'il s'apprêtait à faire, qu'il accepterait ses sentiments et les partagerait. Mais ce ne fut pas le cas.

Perturbé, ne sachant que faire, il avait demandé à Bertram de rentrer chez lui. Et Bertram l'avait fait, le coeur brisé, l'estomac noué, avec l'impression que le ciel lui était tombé sur la tête, que rien de pire ne pourrait lui arriver. Et pourtant...

Le lendemain, au lycée, les têtes se retournaient vers Bertram. Des murmures sur son passage, des regards dégoûtés ou intrigués, quelques rires... Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu'il avait été trahi. Que tout le monde était au courant. Que sa couverture était brisée et qu'il avait cessé d'être, aux yeux de tous, le parfait petit élève studieux et banal.

Il était le sujet de toutes les conversations, sur toutes les lèvres. Son ami n'osait même plus lui retourner son regard et se contentait de l'ignorer, comme s'ils ne se connaissaient pas, comme s'ils n'avaient jamais rien partagé. La rumeur s'était amplifiée, prétendant que Bertram avait coincé le jeune homme dans les toilettes du lycée, avait tenté de le violer.

Quand ce bruit-là était parvenu à ses oreilles, Bertram n'avait pas pu le supporter. L'angoisse l'avait emporté et, victime d'une violente crise d'angoisse, avait été conduit à l'hôpital, où ses parents étaient venus le chercher. Ses parents qui, eux aussi, avaient entendu la rumeur...

Lorsqu'ils furent de retour à la maison, Bertram, rongé par la peur, le doute et la honte, s'expliqua dans un murmure terrifié à ses parents. Il fit face aux reproches de son père, aux larmes de sa mère, ne broncha pas quand Mr Crowley le gifla avec toute la force dont il était capable.

Rendez-vous fut pris chez un thérapeute, pour lui faire sortir ces "cochonneries" de la tête. Bertram pensait sincèrement que le psy qu'il consultait allait lui reprocher son comportement, lui conseiller de se trouver une fille, lui asséner qu'il devrait être un meilleur fils... Mais ce ne fut pas le cas.

L'homme, au contraire, semblait horrifié par ce que l'adolescent subissait auprès des siens. Il lui parla longuement pour le convaincre qu'il n'avait rien fait de mal et qu'il ne méritait aucune "punition", qu'il n'avait pas à être "guéri".

Il lui transmit l'adresse d'un foyer qui pourrait l'accueillir, lui promit de contacter un ami pour lui trouver du travail et lui suggéra de se détacher de sa famille, le plus vite possible. Il aurait souhaité pouvoir en faire plus, contacter les autorités, dénoncer le comportement des parents de Bertram, mais le père du jeune homme était un militaire respecté, à la carrière admirable.

Le thérapeute n'était même pas certain qu'il parviendrait à faire témoigner Bertram contre lui et était sûr que la voix de l'adolescent ne ferait pas le poids face à celle d'un homme médaillé, un héros de guerre. La fuite était l'issue la plus sûre.

Envers et contre tout, Bertram aimait tendrement ses parents. Il espérait que, un jour, ils changeraient d'avis à son sujet et qu'ils pourraient à nouveau former une famille aimante... Mais ce n'était pas possible pour l'instant. Bertram devait partir. Commencer une nouvelle vie, ailleurs. Se donner une nouvelle chance.

La nuit venue, il avait rassemblé ses affaires, pris un peu d'argent, laissé un mot à ses parents en leur assurant qu'il les aimait et qu'il deviendrait quelqu'un de bien, même s'il ne serait pas conforme à ce qu'ils souhaitaient pour lui. Et il était parti.

Il avait trouvé une place temporaire dans le foyer conseillé par son thérapeute, fini ses études par correspondance avant de trouver une place dans une boutique de jeux vidéo, tenu par l'ami dont son psy lui avait parlé.

Le salaire n'était pas grandiose, mais il lui permit de trouver un appartement et de s'y installer. Bertram était libre. Mais son éducation avait laissé des traces. Le jeune homme était anxieux, craintif, terrifié à l'idée de prendre des initiatives. Il n'osait plus accorder sa confiance à qui que ce soit et cachait sa sexualité comme une tare, un défaut, une honte.

Ses nuits étaient troublées et il ne cessait de rêver que son père allait le retrouver, le ramener chez lui, le battre, peut-être l'enfermer à vie. Chaque jour était synonyme d'angoisse. Mais également de petits bonheurs.

Celui de réussir à accomplir son travail, qui lui plaisait sincèrement. Celui de jouer jusqu'au bout de la nuit, s'il le désirait. De boire, de manger ce qu'il souhaitait, d'aller où il voulait, sans aucune restriction. C'était effrayant et, en même temps, si excitant...

Après deux années de cette vie, le magasin où il travailla gagna progressivement en succès. Son propriétaire décida d'ouvrir une petite succursale dans sa ville natale, Fairhope, et proposa à Bertram d'en devenir le gérant. Malgré son jeune âge, tout juste vingt ans, Bertram était mature, responsable, zélé et désireux de bien faire. Son patron était certain de faire le bon choix et lui accordait une confiance presque aveugle.

Le jeune homme accepta immédiatement cette opportunité. Fairhope lui semblait être une ville tranquille, parfaite pour s'installer, bien loin de l'agitation et du bruit des grandes cités. Il pourrait se ressourcer, éloigner ses angoisses, peut-être, enfin, vaincre ses peurs et parvenir à aller vers les autres... Trouver sa place, quelque part.

Il s'installa alors à Fairhope, pour les neuf années qui allaient suivre. La petite boutique tournait relativement bien, Bertram faisait tout ce qu'il pouvait pour la promouvoir et attirer les clients, ce qui lui permettait de faire un chiffre d'affaires qui, bien qu'il n'avait rien d'exceptionnel, était tout à fait acceptable.

Peu à peu, il était parvenu à s'ouvrir aux autres, à se faire quelques camarades, à défaut d'amis, à vivre, tout simplement. Peut-être serait-il prêt, bientôt, à chercher cet amour dont il rêvait, à trouver en quelqu'un la complicité, la compréhension et l'affection qu'il n'avait jamais reçu...

Puis il y eut l'affaire du Poète. L'horreur. L'incompréhension. La peur. Et les cauchemars, de plus en plus nombreux. Jusqu'à ce que le doute ne l'étreigne, un doute irrationnel, mais ô combien convainquant... Et s'il avait commis toutes ces horreurs ? Et si, après toutes ces années d'oppression, d'angoisse et de stress, il avait finalement craqué et libéré sur les autres sa rage, sa frustration... sa folie ?

Il connaissait vaguement Laura Clyne, la dernière victime en date, pour l'avoir vu passer devant sa boutique quelques fois. Est-ce qu'il... Est-ce qu'il l'avait tuée ? Est-ce qu'il avait commis toutes ces monstruosités ? Lui ?

Après le doute, il y avait eu les cauchemars. Des rêves atroces, qui l'avaient persuadé du pire. Il avait contacté la police, arguant qu'il était le Poète, qu'il fallait l'arrêter, l'enfermer, le tuer, peut-être. Mais il suffit de quelques minutes de conversation pour désamorcer la situation.

A Fairhope, on savait que Bertram était fragile, prompt à la panique, qu'une petite secousse lui fera craindre l'éruption d'un quelconque volcan ou un tremblement de terre dévastateur. Il était peureux, instable, facilement effrayé.

Difficile pour la police de prendre ses déclarations au sérieux, d'autant plus qu'il avait un alibi pour chacun des meurtres, n'avait aucun lien avec la plupart des victimes et que ses tentatives d'explications pour les convaincre du contraire étaient erratiques, sans logique et très éloignées du mode opératoire du tueur.

Ils parvinrent à le convaincre qu'il était innocent, qu'il ne pouvait pas avoir accompli ces meurtres, que c'était impossible. Mais lorsqu'il cessa de croire qu'il était le Poète, la peur de devenir sa victime le saisit à la gorge.

Bertram devint l'ombre de lui-même, terrifié par le moindre bruit, saisi par le moindre mouvement. Il se méfiait de tout et de tout le monde et, malgré l'irrationalité de la chose, continuait régulièrement à penser qu'il pouvait être à l'origine de tout ceci.

Ses nuits étaient remplies de cauchemars et ses angoisses s'amplifiaient à chaque nouvelle victime découverte. Il ne trouvait un vague réconfort qu'en appelant des hotlines comme SOS Amitié ou SOS dépression, qui lui permettaient d'entendre une voix rassurante et de chasser brièvement ses craintes.

Il en était persuadé. Un jour ou l'autre, le Poète viendrait pour lui... Si tel n'était pas le cas, la vérité finirait par éclater au grand jour. Le monde cessera de le considérer comme innocent et le verrait comme celui qu'il est vraiment : un jeune dégénéré, vaincu par ses angoisses, responsable de la mort de tous ces pauvres gens...


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Sujet: Re: Bertram W. Crowley - I'm fine Jeu 10 Sep - 21:12

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Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: Bertram W. Crowley - I'm fine Jeu 10 Sep - 21:16

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Sujet: Re: Bertram W. Crowley - I'm fine Jeu 10 Sep - 21:17

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Sujet: Re: Bertram W. Crowley - I'm fine Jeu 10 Sep - 21:17

Bienvenue dans les parages :luv:

J'espère que tu passeras de bons moments par ici !! hug J'en connais quelques uns qui risquent d'aller t'embêter dans ton magasin de Jeux Vidéos ^^

En tout cas si tu as la moindre question sur le contexte ou quoi que ce soit d'autre, n'hésite surtout pas !! bounce

Bon courage à toi pour la rédaction de ta fiche et encore bienvenue !!!! warrior
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Sujet: Re: Bertram W. Crowley - I'm fine Jeu 10 Sep - 21:17

Bienvenue parmi nous  hihi
C'est un excellent choix d'avatar, ici  :wow:
Quel l'inspi soit avec toi, camarade !
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Sujet: Re: Bertram W. Crowley - I'm fine Ven 11 Sep - 17:06

Bienvenue Bertram!^^
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fonda - lost in the fire

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Sujet: Re: Bertram W. Crowley - I'm fine Ven 11 Sep - 20:52

Bertram W. Crowley a écrit:
Il connaissait vaguement Laura Clynel, la dernière victime en date, pour l'avoir eu comme cliente, une fois ou deux.

On parle bien de Laurel Clyne, la soeur de Toto? ^^ Ça m'étonnerait qu'elle soit déjà passée dans son magasin, mais je chipote pas pour ce détail, il a pu connaitre une autre victime de cette façon whislte

En tout cas, pauvre Bertram, j'aimerais pas être à sa place, mais on s'occupera bien de lui... Promis hug Je te souhaite donc officiellement la bienvenue parmi nous, bon jeu par ici :luv:


congratulations !



Félicitations, te voilà officiellement validé(e) ! Tu vas donc pouvoir déambuler dans les rues de la ville comme bon te semble. Sauf si tu crains de tomber sur une plume particulièrement... Inspirée.

Mais puisque tu respires encore, il est temps de t'occuper de toute la paperasse un peu ennuyeuse auprès des autorités locales. Ainsi, tu peux commencer par recenser ton métier avant de te trouver un logement.

Tu peux ensuite ouvrir ton répertoire afin de créer des liens avec les autres personnages ou poster dans les demandes de rp pour te trouver un premier partenaire de jeu.

Si tu as été validé(e) avant le 15 du mois en cours, sache qu'il faudra également songer à te recenser pour ce mois-ci.

Dans tous les cas, le staff reste à ta disposition pour la moindre question et te souhaite de passer d'agréables moments sur le forum.

N'oublie pas de rester sur tes gardes... Sait-on jamais.
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Sujet: Re: Bertram W. Crowley - I'm fine Ven 11 Sep - 20:54

Oh sorry, j'ai juste vu que c'était une adolescente, j'ai pas cherché plus loin, je peux modifier ce détail si tu veux ^^. Merci pour la validation !

Edit : j'ai modifié ce point, encore désolée x).
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Bertram W. Crowley - I'm fine

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