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 Talk me down

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overjoyed - fonda & admin

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Sujet: Talk me downMar 27 Oct - 17:57

talk me down
I wanna sleep next to you. And I wanna come home to you.
so come over now and talk me down



5 mai 2015

Cette maison était trop vide. Au point d’angoisser Adam qui osait à peine pousser la porte de sa demeure pour venir s’écraser sur le canapé du salon, le coeur lourd et la carcasse endolorie. Son regard balayait sans cesse le même décor, jonglant entre les coussins du canapé et la rangée de films entassés non loin de la télé ; et à chaque fois la même pensée venait lui ronger les méninges et réduire son cerveau en bouilli. Et s’il se retrouvait tout seul ? Vraiment tout seul. Sans Willow. Si elle décidait de faire ses valises elle aussi, n’y tenant plus, ne parvenant pas à vivre près d’une énième scène de crime ? Si elle partait tout simplement faire sa vie ailleurs, à l’image de leurs deux autres colocataires qui avaient récemment décidé de quitter la ville pour trouver un coin plus paisible ? Alors Adam se retrouverait là, entre ses fichus coussins et son lecteur DVD en sachant pertinemment que le pop-corn était bien trop sucré pour lui pour qu’il ait le plaisir de se noyer dans le maïs soufflé devant un bon navet qui l’aiderait à retrouver le sourire. Le barman soupira, baissant la tête pour contempler le creux de ses mains, ses paumes aussi vides que sa demeure. Il avait besoin de bruit, de monde autour de lui, d’un brouhaha constant et une bonne raison de rire à gorge déployée en écoutant les histoires des uns et des autres ; pas de ce silence pesant qui venait le saisir à chaque fois qu’il foulait le sol de sa maison, quand Willow était absente ou qu’elle devait retrouver le chemin du travail. Adam n’ouvrait son bar qu’une ou deux fois par semaine, conscient qu’il devait encore y aller progressivement et respecter les conseils de son médecin suite au malaise qu’il avait fait quelques semaines en arrière. Au moins il se changeait les idées de temps à autre, oui. Avant de rentrer justement, et de trouver la maison vide.

Plus de larmes sur ses joues cependant. Il avait suffisamment pleuré au cours du dernier mois et cela ne l’avait pas plus aidé qu’autre chose. Bien sûr, Willow avait été présente et le jeune homme avait parfaitement conscience que leur relation ne sortirait que fortifiée de cette période plus difficile à vivre que les autres, mais au milieu de la nuit, quand ses draps s’enroulaient autour de son cou pour venir l’asphyxier, plus lourds que jamais sur sa cage thoracique qui tentait malgré tout de se soulever, il n’y avait personne. Haletant, déboussolé, Adam se réveillait en sursaut à chaque fois, les tempes moites de sueurs froides qui refusaient pourtant de perler sur son front. Le souffle court, il tentait de reprendre ses esprits, sa tête se tournant instinctivement sur l’oreiller en espérant que ses yeux croiseraient le regard d’un autre. Mais non. Non. Adam était seul. Désespérément seul avec ses songes et il avait failli se résigner. Il avait failli déposer les armes et abandonner la bataille sans avoir pris le temps de mener le moindre combat. Son dernier échange avec Jesse lui avait définitivement fait trop de mal pour qu’il envisage quoi que ce soit, alors à quoi bon ? Il avait continué de mener sa vie en se raccrochant à tout ce qui pouvait supporter sa poigne fragile, le reste n’ayant soudainement plus la moindre espèce d’importance. Il fallait qu’il s’occupe de lui, qu’il aille mieux, qu’il avance. Qu’il se fasse à cette solitude qui serait bientôt permanente. Si elle ne l’était pas déjà.

Adam devait en avoir le coeur net. Fronçant les sourcils, ajustant machinalement ses lunettes sur le bout de son nez, il fallait qu’il sache une bonne fois pour toute parce qu’il ne pouvait plus supporter ce foutu silence qui lui donnait la migraine. Il fallait qu’il sache si le chapitre était véritablement clos afin de tourner définitivement la page et oublier l’officier, ses regards, ses mains et ses baisers. Il s’était redressé sans même s’en rendre compte, quittant cette pièce qui commençait sérieusement à avoir des allures d’habitation abandonnée, se dirigeant vers l’entrée pour aller activer l’alarme que Jesse avait eu la bonne idée de faire installer dans la colocation. Sans réfléchir davantage, il ferma la porte derrière lui pour aller se planter sur le perron, saluant au passage le voisin qui devait rentrer du boulot, attendant d’être sûr que la fameuse alarme soit en état de réagir à une éventuelle intrusion. Cinq minutes suffiraient amplement. Et tant pis si Jesse ne travaillait pas ce jour-là. Tant pis si c’était un de ses collègues qu’on chargerait sur les lieux du crime, il ferait semblant d’avoir vu passer un type louche ou il inventerait une excuse bidon qui pourrait rapidement faire le tour du commissariat et finir par atteindre Jesse qui s’inquièterait forcément pour le barman. Ainsi, Adam n’aurait plus qu’à attendre quelques jours pour que l’officier lui rende visite afin de s’assurer que tout allait pour le mieux. Ou peut-être que Jesse était de garde, qu’il était en patrouille avec son coéquipier, occupé à se goinfrer de donuts dans un coin de cette ville et qu’il serait dépêché en premier sur les lieux. Il n’y avait qu’un moyen de le savoir.

En s’aventurant à l’intérieur, Adam se planta à nouveau au milieu du salon, faisant de grands gestes pour s’assurer que l’alarme allait effectivement le repérer ; jusqu’à ce qu’elle retentisse finalement, l’obligeant à couvrir ses oreilles. Il souriait pourtant, imaginant déjà la tête de Jesse quand on lui dirait qu’un dispositif de sécurité avait transmis une alerte au commissariat. Il ricanait presque en se disant que le métis n’hésiterait sans doute pas une seconde quand il saurait qu’il s’agissait en réalité de l’adresse d’Adam. Faire croire qu’il était en danger de mort, il n’y avait bien que cela pour faire rappliquer le policier, de toute manière. Le barman attendit donc, patiemment, les yeux maintenant rivés sur la porte d’entrée qu’il avait délibérément laissé grande ouverte.

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Sujet: Re: Talk me downJeu 29 Oct - 14:58

❝ Je ne suis ni la mort ni la souffrance. Je ne suis ni la plaie ni la brulure. Je ne suis ni fou ni malhonnête. Je mens pour respirer. ❞
❝ Je suis le crayon qui crisse sur le papier, la virgule arrondie et courbée avant le point final. Je suis en toute chose et nulle part à la fois. ❞
❝ Je ne possède rien ❞
❝ Juste une perle pourpre. ❞

Jesse avait beau lire et relire ces phrases en boucle.... Il ne voyait pas. Vraiment pas. Lien ? Schéma invisible ? Le métis était certain que quelque chose lui manquait, quelque chose qui lui permettrait de donner un sens à tout cet ensemble de mots, de corps retrouvés un à un et de vies brisées. Il y avait quelque chose. Ce n'était pas le hasard. Le hasard n'existait pas. Encore une phrase signée James Mahoney mais dans ses quelques années de lucidité et d'absence totale d'alcool dans son système qu'il avait accordé à son fils, James n'avait pas été un père si mauvais. Il avait essayé et il avait partagé avec Jesse sa propre expérience de la vie et de ce que les gens étaient prêts à faire pour... rester en vie justement. James avait été un ancien Marines donc oui, il avait vu des choses plutôt horribles de son temps et il avait dit à son fils de profiter de la vie autant qu’il le pouvait. Il lui avait raconté des histoires de quelques combats, pour que son fils rejoigne les rangs de l’arme quelques années plus tard ? Non, Jesse savait au moins cela, son père n’avait jamais eu aucune attente pour sa progéniture, jamais. Quoi qu’il en soit, les récits de James lui revenaient parfois la nuit, encore plus ces temps-ci, maintenant qu’il était de retour dans son appartement et que la seule compagnie qu'il avait était son oreiller. Jesse ne s’en plaignait pas particulièrement, mais il devait avouer que cela était particulièrement dérangeant de s’endormir avec la voix de son père en train de lui compter des histoires.

Des histoires de soldats et de fusils qui avaient besoin d’être rechargés, il y avait eu cet homme qui avait eu peur toute sa vie de se faire tirer dans l’épaule et hasard ou ironie du sort, il avait reçu un sale coup en plein dans l’épaule gauche, qui lui avait paralysé le bras à vie. Donc non, le hasard n’existait pas vraiment. Et Jesse y pensait de plus en plus désormais qu’il se penchait sur l’affaire du Poète. Markus, chose qu’il n’aurait pas dû faire, lui avait donné un accès illimité aux vieux dossiers, ceux concernant les premières victimes. Jesse avait décidé de tout reprendre depuis le début. Sans a priori, sans se soucier de ce qui avait été fait sous la directive de personnes comme Shandra, il voulait faire les choses à sa manière. Ça aussi, il avait été très clair avec Markus, leur accord ne pouvait marcher que si Jesse avait un semblant de liberté. Il n’était pas son chien de garde ou même son homme à tout faire, ils étaient égaux dans cette histoire. Égaux dans ce merdier et dans cette ville où plus personne n’osait sortir la nuit.

La découverte de Mary Wilson dans les bois avait porté un coup de plus au moral des troupes, le métis savait que personne n’allait le dire mais… Les départs massifs de Fly Creek étaient suffisants et assez révélateurs. Personne ne se sentait en sécurité ici et les gens préféraient aller faire leur vie ailleurs plutôt que d’être la prochaine victime. Cette pensée n’avait jamais traversé l’esprit de Jesse mais… le métis pensait rarement à lui-même, lui et ses propres désirs passaient souvent au second plan, voilà pourquoi il se trouvait dans sa voiture de police, le visage de Laurel en face de lui. Jesse faisait des heures supplémentaires, un de ses collègues avait demandé à être muté dans une autre ville alors c’était lui qu’on avait appelé. Ça ne dérangeait pas vraiment le brun. Il n’avait pas besoin d’être seul en ce moment. Être seul voulait dire être dans son appartement, sans Adam. Le policier n’avait pas essayé de contacter son petit-ami depuis leur échange de sms, ça lui avait largement suffi pour se faire une bonne opinion de l’état d’esprit d’Adam. Et oui, Jesse s’était renfermé, détestant être poussé de la sorte et il était parti dans l’autre direction. Jesse savait qu’il était le plus têtu des deux dans le fond mais… Franchement ? Il s’en moquait à cette seconde précise, il avait besoin de respirer, il voulait penser à Adam, comme avant.

Ses sourires, ses anecdotes en fin de journée, la façon dont il s’endormait tout contre lui en pensant qu’il pouvait probablement disparaitre contre Jesse. Maintenant son coeur se serrait et il suffoquait à la simple pensée du barman, il voyait son visage déçu, et puis il le voyait les yeux fermés, étendu sur le sol de son bar, s’agrippant à lui pour respirer. La suite, Jesse ne voulait pas y penser, alors oui, il avait tout enfoui dans un coin de sa tête et quelque part un coin de son âme en se disant qu’il y reviendrait plus tard. Jesse n’aimait vraiment pas qu’on le pousse à bout, que ce soit James, Abigail ou Adam, il n’allait pas répondre. Il prit une gorgée de sa bouteille d’eau qui trainait sur le siège passager avant de se reconcentrer. Laurel Clyne. Elle avait été la première victime à être mutilée, la première qui n’avait pas été retrouvée en train d’écrire elle-même son message. Jesse se disait que c’était une piste comme une autre. Que s’était-il passé avec Laurel ? Avait-il été difficile de faire en sorte que la jeune fille de seulement dix sept ans se plie à la volonté de son bourreau ? Laurel devait être insoumise comme toutes les adolescentes, et avec un grand frère pareil… Jesse soupira, il savait où est-ce qu’il arrivait avec toutes ces conclusions, il allait devoir rendre une visite à Tobias. Le policier ferma les yeux et grogna à cette pensée. Le grand brun n’aurait certainement aucune envie de revoir un policier et certainement pas celui qui l’avait contraint à lâcher sa soeur ce jour de juillet fatidique.

« Mahoney… Jesse. Tu me reçois ? »

Jesse poussa un autre grognement et il jeta un coup d’oeil à sa radio. Il venait de passer plus d’une demi-heure à l’arrêt, ça ne pouvait pas être très bon signe.

« Hmm? » lâcha t-il simplement, s’emparant de l’appareil de malheur.
« Ravi de t’entendre aussi mon grand, est-ce que tu es loin de Fly Creek ? On a une alarme résidentielle qui s’est déclenchée et comme si on avait pas suffisamment de boulot on doit aller vérifier. J'te file l’adresse c’est… »

Le pied de Jesse trouva l’accélérateur avant même que son cerveau n’enregistre complètement l’information et il démarra en trombe, sirène sonnant et signalant sa présence à des kilomètres à la ronde. Adam. Il aurait adoré entendre une autre adresse, pas celle de la demeure d’Adam. Et si Willow était elle aussi au poste de police, que les autres locataires d’Adam étaient partis Dieu seul savait où et que le blond était seul ? Si le Poète en avait profité, juste parce que le blond était une cible facile et qu’il pouvait frapper une nouvelle fois dans ce quartier de la ville qu’il avait déjà souillé ? Jesse ne coupa même pas le moteur et il sortit de la voiture avec une précipitation certaine, le coeur battant la chamade. La porte d’entrée était ouverte et l’alarme retentissait à pleine puissance. Il ne lui en fallait pas plus pour s’imaginer le pire ou pour sortir son arme de son holster et enlever le cran de sécurité. Il ne le faisait pratiquement jamais et Jesse pouvait compter le nombre de fois où il avait été obligé de tirer sur les doigts d’une main. Ça n’arrivait jamais, c’était toujours Denis qui était un peu plus généreux avec ses propres tirs, pas lui, pas à Fairhope, il n’en avait pas besoin pas vrai ? Jesse ne se posa pas plus de questions et finit par pénétrer dans la demeure qu’il connaissait par coeur. Désactiver l’alarme ? Non, il devait d’abord trouver tous les occupants de cette maison et surtout trouver Adam. Ce qui ne fut pas une chose si difficile à faire au final, le blond était là, bien en vue à quelques mètres de lui.

Jesse se figea, ses yeux dans ceux d’Adam. Qui était là et qui était bien en vie. Il lui fallut une minute de plus pour enfin baisser son arme et pour comprendre que tout allait bien. Que ce n’était rien d’autre que du vent. Juste Adam qui se jouait de lui pour… pour… L’alarme retentissait toujours et Jesse poussa un soupir et il alla la désactiver lui-même. Quelqu’un allait téléphoner, le service de sécurité ou la police pour s’assurer qu’un policier était bien sur place. Oh I’m here, pensa Jesse. Le silence ne le réconforta pas pour autant, il rangea son arme à sa place avant de nouveau se tourner vers Adam. « Are you out of your god damn MIND ? Is this a fucking game to you ? You do know I’m working ? You do know I could arrest you for this Adam, hmm ? Do you actually know you could go to jail just for THIS ? »  Jesse était plus qu’en colère, ce n’était pas de la colère qui le faisait trembler comme ça non, il était dégoûté de voir à quoi Adam en était réduit à cause de lui et pour lui.

Mais, ce qu’il considérait comme étant pire que tout, il était ravi de voir qu’Adam était en vie et s’il ne se maitrisait pas autant, il aurait pu franchir la distance qui les séparait et l’embrasser.
Il aurait pu.

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Sujet: Re: Talk me downJeu 29 Oct - 16:29

Le barman supportait difficilement la vue des armes. Il fallait bien avouer qu’il en voyait rarement dans le cadre de son métier, contrairement au métis et ses collègues. Adam se cantonnait généralement aux quelques pistolets qu’il avait l’occasion de croiser dans les séries télévisées, mais il ne faisait pas partie de la majorité des américains qui avait fait le choix de se procurer un revolver pour tenter de se rassurer et se sentir plus en sécurité. Non, le métal glacé et lourd entre ses doigts l’aurait très certainement fait fuir. Il se serait mis à trembler par peur de ne pas savoir utiliser l’objet ou par crainte de le pointer vers autrui, manquer son propre pied ou finir par tuer un passant qui n’avait strictement rien demandé tandis qu’il essayait tant bien que mal de maîtriser l’appareil. Les armes n’étaient pas faites pour lui, et à part avec les mots, Adam ne savait tout simplement pas se battre. Du moins, il avait arrêté d’avoir recourt à toute autre forme de violence, laissant son passé là où il se trouvait, rangeant ses souvenirs de bagarres et d’affrontements quelque part au milieu de l’enfance bancale et compliquée qu’il avait eu. Les poings laissaient des marques, des bleus qu’il ne supportait pas, qu’il aurait pu redessiner les yeux fermés autour de ses poignets fragiles de gamin sauvé par les services sociaux. Adam ne savait pas vraiment qui il devait remercier, qui avait décidé de décrocher son téléphone un jour pour dénoncer la voisine qui maltraitait ce pauvre bambin qui continuait malgré tout de sourire et de parler, parler sans cesse, pour combler le silence pesant de l'abandon qui se profilait à l'horizon. Quelqu’un avait tiré la sonnette d’alarme ce jour-là aussi et il avait calmement suivi la dame qui était venu le chercher, trop jeune pour comprendre, pas assez vieux pour avoir des réminiscences suffisamment claires de cet instant.

Alors face au canon du revolver de Jesse pointé directement sur lui, son coeur avait manqué un battement et son sang n’avait fait qu’un tour. C’était lui que le policier tenait maintenant en joue ; à juste titre, oui, il le savait. Il était parfaitement conscient que c’était exactement ce qu’il avait cherché, qu’il avait provoqué ce qui était en train de se produire sous son propre toit. Ce n’était pas le métis qui l’effrayait, c’était le pouvoir qu’il tenait droit devant lui, entre ses doigts, prêt à appuyer sur la gâchette. C’était lui, le maître de la situation, celui qui avait les cartes en main, qui se refusait de les abattre pour faire languir Adam, ou juste pour l’énerver à son tour. Le barman n’en savait rien, il sentait simplement la peur l’envahir, provoquant un sursaut qu’il ne parvint pas à maîtriser, ses bras se levant instinctivement dans l’air avant qu’il se ravise tout aussitôt, les croisant ensuite sur sa poitrine pour se donner un peu de contenance et ainsi avoir l’air d’autre chose qu’un criminel de bas étage. Et alors, quoi ? Jesse avait le droit de débarquer avec son arme et ses états d’âme et Adam n’avait pas le droit de se servir de sa propre alarme au moins une fois, à bon escient qui plus est ? Si le plus jeune n’était pas satisfait de l’utilisation qu’il en faisait, il n’avait qu’à la faire retirer sur le champs après tout ; Adam trouverait tout de même le moyen de lui parler. Il le savait.

Jesse tourna les talons pour aller s’occuper de ce bruit qui commençait à percer les tympans du pauvre barman, lui qui était pourtant habitué au brouhaha et aux discussions incessantes au sein de son propre établissement. Sans parler des soirées très agitées ou certains groupes d’étudiants se mettaient à hurler à la nuit tombée, des soirées karaoké ou des nombreuses fois où Adam avait poussé le volume à fond pour son propre plaisir. Mais rien à voir cette fois-ci, ils n’étaient pas là pour se réjouir de quoi que ce soit. Ils étaient définitivement dans l’impasse depuis un mois voire plus, alors oui, Adam avait décidé de mettre un point final au silence et il avait déclenché la procédure d’urgence. Jesse rangea son arme, vociférant comme il savait si bien le faire tandis qu’Adam restait de marbre, les joues déjà rougies par la colère qui reprenait maintenant le dessus sur le reste, les battements de son coeur se répercutant contre ses tempes, partout dans son corps. La mâchoire serrée et la gorge nouée, il déglutit difficilement, son regard ne se montrant pas plus tendre que celui de son interlocuteur, ses bras toujours repliés contre son torse. Il ne se laissa même pas le temps de respirer, c’était bien peu nécessaire. Chaque seconde était compté et Dieu seul savait combien de temps Jesse allait bien vouloir rester dans ce salon avant de s’évaporer à nouveau, de fuir autre part, sans doute pour aller engager un type aux allures d’armoire à glace qui servirait de garde de corps au pauvre petit Adam sans défense. Mais l’officier garderait ses propres bras pour lui. Ah ça, quand il s’agissait d’hausser le ton pour se faire entendre ou s’assurer que le trentenaire resterait en vie au moins une journée de plus, il y avait du monde, mais lui offrir le soutien dont il avait besoin en ce moment ? Non, c’était trop compliqué visiblement. C’était trop demandé, comme tout ce qu’Adam faisait, pas vrai ? Trop bavard, trop excentrique, trop extraverti. Trop, trop, trop. C’en était trop justement, et il en avait eu assez.

Il ne s’était même pas vu agripper ce coussin pour le jeter en direction de Jesse, ne se souciant pas de savoir s’il avait réussi à l’atteindre. Adam en avait marre, il était sur le point d’abandonner, purement et simplement, mais le brun ne réagissait pas davantage, se souciant plutôt du panier de cupcakes que son petit ami lui avait apporté au commissariat ou de l'alarme qu'il venait de déclencher plutôt que du reste. Ex petit-ami ? Adam ne préféra pas y songer, se saisissant d’un autre coussin pour lui faire subir le même sort qu'au précédent. « What else did you want me to do, huh ? Don’t tell me you would have picked up your phone if I’d called, we both know that’s not true. » C’était son doigt qu’il pointait maintenant vers l’autre homme. « And please, go ahead, arrest me, put me in jail or whatever. It’s not like you would talk to me anyway and I already feel like I’m behind bars since you… Completely shut down. » Adam ajusta rapidement ses lunettes, le coeur prêt à exploser. « You gave me no other option here Jesse, this is your fucking mess okay ? You’re so concerned about my well being that the only way I can actually see you and talk to you is when I’m close to being dead or something. » Ses mains tremblaient, sa voix aussi. Pas de stress, lui avait répété son médecin. Surtout, pas de stress. « But what if I was Jesse, huh ? What if you came here and I was lying on the floor and I was dying ? Then what ? Would you have said you were sorry then ? Do you think it would have been enough for you to actually talk to me if I would have been bleeding to death ? » Il fallait qu’il s’assoit, il le sentait. Ses jambes cherchaient déjà le bord d’une chaise ou de son canapé. Il fallait qu’il se calme, qu’il respire, et qu’il ne laisse surtout pas couler les larmes qui lui brûlait le coin des yeux. « The only thing you care about is when or how I’m gonna stop breathing, otherwise you don’t care at all. Otherwise I’m way too optimistic for you. Otherwise I’m just a fucking burden on your shoulders with my stupid cupcakes and whatnot. You just don’t care Jesse, you think you do but that’s just in your head, trust me. You don’t care about the fact that I can’t open the bar anymore or that I have to go to the doctor every other damn day to make sure I’m getting better. You don’t care that I can’t sleep at night anymore because I’m scared and worried. » Adam ne lui laissait pas le temps de parler. Il fallait que ça sorte une bonne fois pour toute afin que les mots cessent de se répéter en boucle dans sa tête. Il fallait qu’il en finisse, vraiment. « But what’s all this to you, hm ? I mean, poor little optimistic Adam who can't get a good night sleep, huh ? Who cares, people are having it worse and people are dying around here so I should be grateful I’m still walking and breathing. I should probably be happy that you’re worried I might end up on that killer’s list at some point and that you're putting so much effort in trying to protect me at all costs. But the truth is, I’m not, I'm not happy at all, I’m scared, I’m sick and most of all, I miss you so much it actually hurts. And that is what’s actually killing me, Jesse. »

Adam souffla avant de tourner le dos à Jesse, contournant le canapé pour finalement s’asseoir, les jambes dans le même état que le reste de son corps. Oh, il se doutait de ce qui l’attendait. Il savait que Jesse allait se remettre à lui faire des leçons de moral ou qu’il allait se murer dans son silence avant de disparaitre. Il savait, et la douleur dans sa poitrine n’en n’était que plus profonde et insoutenable. Il ôta ses lunettes pour les laisser trainer sur la table basse avant d’essuyer ses yeux d’un revers de manche. Non, il refusait que d'autres larmes viennent rouler sur ses joues. Plus pour ça. Plus pour Jesse.

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Sujet: Re: Talk me downMar 3 Nov - 22:53

Jesse respira un grand coup après sa tirade, seulement pour être réveillé et ramené à la réalité par le coussin qu’Adam venait de jeter dans sa direction. Qui fut suivi d’un autre. Le métis fronça les sourcils et il fixa le blond, prêt à lui redemander s’il avait perdu la tête. Ce n’était pas son Adam. Il avait l’air fatigué, ailleurs. Jesse savait qu’il avait contribué à tout ceci, il avait passé suffisamment de nuits à regretter ses mots et à ranger ses débuts d’excuses dans un coin dans sa tête. Jesse ne fuyait pas pour faire du mal à Adam, non, il partait tout simplement pour mieux revenir. Pour faire le point et revenir se présenter devant le blond avec les bons mots et les bonnes formules pour exprimer son point de vue. Jesse n’était pas un novice des disputes. Oh que non. Il avait l’habitude des portes qui claquent et des cris, il avait connu ça dès son plus jeune âge. Ses parents pensaient probablement qu’il était profondément endormi mais il y avait des choses que même des songes d’enfants ne pouvaient vraiment faire disparaitre. Il était familier avec ce genre de chansons, ce genre de danse en quelque sorte. Il aurait voulu... dans un sens avoir plus de sagesse et ne pas reproduire les mêmes schémas et les mêmes bêtises encore et encore. Il était juste lui et cette colère qui passait dans ses veines et qui était dans son regard alors qu’il fixait son petit-ami… Elle était à lui.

Il ne pouvait pas fuir à présent, Adam l’avait attrapé, emprisonné, capturé son coeur de telle façon que même s’il allait courir des dizaines de kilomètres, qu’il mettait un océan de distance entre eux, il se sentirait toujours prisonnier. Parce qu’il était cloué sur place par ses sentiments pour le blond. Tellement qu’il resta là et qu’il écouta ses cris, ses supplices et ses réclamations, l’index d’Adam pointé sur lui. C’était lui qui les avait conduit dans cette impasse, lui le monstre d’inattention qui menaçait d’arrêter Adam mais qui dans un sens l’avait déjà mis au pied du mur. Jesse le fixa encore, ravalant ses mots et sa salive alors que le blond s’exprimait plus honnêtement qu’il ne l’avait jamais fait. Jesse manqua de l’interrompre alors qu’il parlait de sa propre mort, de son propre corps sur le sol de cette maison. Non. Adam ne pouvait pas parler de sa propre fin de manière aussi légère, c’était une fin qui ne convenait pas à Jesse et si Adam finissait en terre, il fallait… Il fallait qu’on l’enterre avec, tout simplement, il n’y avait pas d’autres alternatives, il le voyait à présent, tellement qu’il dut se concentrer pour respirer, regardant Adam s’asseoir, le barman déstabilisé par la force de son discours. Chut, plus de mots, Jesse avait envie de lui dire de se taire, car tout ce qu’il disait faisait beaucoup trop mal et que Jesse ne voulait pas l’entendre dans le fond, il voulait qu’Adam se taise car il n’était pas prêt. Il n’était pas prêt à entendre tout ça et pourtant il n’y avait aucun moyen de faire taire Adam, alors il était là, pour encore une minute, encore une seconde.

Jesse eut les larmes aux yeux quelques secondes plus tard et il en prit seulement conscience alors que le blond ôtait ses lunettes pour s’essuyer les yeux. Okay. Jesse respira une fois, deux fois avant de venir se planter devant lui, devant ce canapé. Il haussa un sourcil, ses yeux clairs, d’un vert vif poignant à cet instant et il prit une autre inspiration.« You want to talk… Okay Adam, let’s fucking talk. You and me right now. » Pour prouver sa bonne foi, Jesse sortit son insigne de l’intérieur de son uniforme et il la posa sur la table basse. Son holster et son arme furent les suivants et il finit par croiser les bras, son regard toujours posé sur Adam. « You’re done, you’re feeling better, hmmm ? » Si Adam attendait que Jesse le rassure et lui apporte toutes les réponses qu’il désirait entendre, il se trompait et lourdement. Le métis était tout aussi perdu que lui et il avait eu envie, il avait eu besoin de cette pause pour faire le point mais visiblement, son silence était aussi dur et froid que de l’acier. Et c’était ça qui causait de la peine à Adam. Il n’allait plus se taire une minute de plus donc. « You think I don’t care about you ? You’re wrong, I’ve never cared this much in my entire life so don’t you try to tell me that I’ll be happier with you dead. Don’t even talk about you being dead. You think I would finally find some sort of peace Adam ? Are you fucking nuts ? It would drive me insane to know that somebody did hurt you. And that’s coming from someone who’s not used to care at all okay… »

Jesse détestait la façon dont Adam parlait de leur relation. Avait-il fini ? Voulait-il fermer la porte pour toujours sur Jesse ? Le policier n’avait pas réalisé que c’était une option, un simple choix pour eux. Ça ne l’était pas pour lui, prendre ses distances et faire sortir Adam de sa vie étaient deux choses complètement différentes. Et il n’était pas prêt pour la dernière option. Absolument pas. Pas quand on savait que le blond était sa préoccupation numéro un.  « And yeah, let’s talk about your health. Do you ever wonder why I worry so fucking much ? It’s not just the perks of dating a cop. No, you never let me in, you could just tell me that you need to rest or that you need some time off instead of hiding. What do you think this is ? You think I walked in this blind ? Not knowing who you were ? That’s why I’m with you stupid. » Si Jesse avait été dans le même état qu’Adam il y a quelques minutes, il se serait fait un plaisir de lui envoyer un coussin dans la figure aussi mais il n’en fit rien. Pas besoin d’en rajouter des tonnes, il allait dire ce qu’il avait sur le coeur, toutes les choses qui le tracassaient depuis des semaines et partir si Adam l’exigeait. C’était tout ce qui lui restait de toute façon. « But don’t think for a second… no, don’t even think that I’m going to sit down while you work your ass and your life off in your bar and you neglect the rest. You think I enjoyed being called by a complete stranger because my boyfriend wasn’t feeling okay ? Because you had passed out ? At work ? And would you have taken care of yourself if that particular incident didn’t happen ? » Bien sûr que non, pensa sombrement Jesse. Adam était tellement préoccupé par son bar, son petit-ami et ses locataires qu’il s’oubliait lui-même. Adam voulait tellement bien faire, contenter tout le monde, faire en sorte que chacun trouve sa place dans son monde et ne se sente pas délaissé. Il ne s'accordait jamais le même soin et ça Jesse ne l’avait jamais compris. Ce n’était pas à lui de poser la question s’était-il dit, il le ferait pour Adam et voilà. Ce n’était pas aussi simple; la série de meurtres et de corps retrouvés ne rendaient en rien les choses faciles. Ni pour Adam, ni pour Jesse. Ils ne pouvaient plus être un couple normal dans cette ville.  

« We both know the truth Adam and I know I have my defaults and I’ve made mistakes but if you don’t take care of yourself, I’m sure as hell going to worry. I’m sorry, I can’t turn it off okay ? Just like I don’t like being pushed. I’ve been pushed by enough people as it is, I don’t like being pushed okay ? » Il le répéta avec insistance, se disant que s’il n’aimait pas autant Adam, il aurait déjà fait demi-tour. Si quelqu’un d’autre avait tenté ce genre de manèges… il aurait déjà été menotté depuis longtemps, c’était certain. « And about that day at the police station, I freaked out, so what? You think I like it when people talk shit about me, no I don’t. So I didn’t want any of those close minded jerks to judge you or claim that you aren't perfect. » Jesse décroisa les bras, le coeur trop lourd pour être contenu dans le fond. Il révélait enfin le fond de sa pensée, se disant que ça n’aurait pas vraiment de sens pour Adam.  « Because you are. » murmura enfin le policier avant de s’éclaircir la gorge.  « But yeah… Anything else on your chest ? »

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Sujet: Re: Talk me downDim 8 Nov - 6:57

Déterminé à l’idée de ne pas relever la tête, Adam resta immobile au bord de ce canapé, les mains frottant vigoureusement ses cuisses comme s’il essayait de contenir ses larmes en stimulant une partie de son corps qui n’avait strictement rien à voir. Ou peut-être cherchait-il tout simplement à se conforter au milieu de ce champs de bataille ; car même si Jesse venait de poser son arme sur la table basse, bien en évidence dans son champs de vision, le blond savait pertinemment que le sang allait couler et qu’il y aurait des victimes. Restait encore à savoir qui des deux hommes allait véritablement se retrouver en première ligne, lequel des deux allait poser un genou à terre avant l’autre, et lequel finirait livré en pâture aux vautours et aux corbeaux. Oui, quelque chose lui disait que le combat allait être rude et qu’il faudrait peut-être prévoir des renforts, ou juste des munitions supplémentaires si les mots ne lui venaient plus. Bien sûr, Adam avait déjà eu la bonne et brillante idée d’en gaspiller deux inutilement quand il s’était mis à tirer sur Jesse sans relâche, les balles explosant dans sa bouche, ricochant contre ses dents et sur ses lèvres, la poudre s’égarant au coin de ses yeux alors qu’il continuait d’appuyer sur cette foutue gâchette qu’il ne contrôlait même plus. Ainsi, il ne lui restait plus qu’un seul et unique coussin et plus assez d’air pour extérioriser toutes les cartouches qui trainaient quelque part entre son coeur et ses côtes ; coussin qui se trouvait par ailleurs à l’autre bout du canapé et qu’Adam n’envisageait pas d’aller saisir afin d'éviter de paraître atrocement ridicule ou mélodramatique à souhait. Alors il restait planté là, comme un idiot, campé sur ses positions, croisant les bras sur sa poitrine pour se blinder, pour contrer les balles perdues qui allaient encore venir se loger là où elles n’étaient ni conviées, ni souhaitées.

Et le blond avait bien fait. Il fortifia même son armure de pacotille à l’aide de ses jambes qu’il recroquevilla contre son torse, ses bras encerclant ses tibias comme si le simple fait de les laisser traîner plus longtemps près du sol aurait pu attirer une mine antipersonnel se trouvant dans le périmètre. Plus rien ne pouvait l’atteindre, ainsi protégé des éventuelles attaques de l’autre homme qui se battait avec les mêmes instruments qu’Adam, ses douces lèvres autrefois si clémentes faisant maintenant office de canon. Le barman ne releva pas les yeux, pas une seule fois. Certes, Jesse était en train de lui faire comprendre à quel point il tenait à lui et à quel point il lui était interdit d’évoquer sa propre mort parce que le brun ne pouvait tout simplement pas le supporter, mais Adam faisait mine de ne pas entendre. Ou de rester hermétique à cette pluie d’aveux aussi lourde que les pluies tièdes et acides au coeur d’un été torride et étouffant. Il s'interdisait de laisser transparaitre quoi que ce soit parce qu’il refusait de laisser le moindre reproche l’atteindre une fois de plus. Machinalement, sans même s’en rendre compte, il s’agitait donc pour se retenir de relever le menton vers son interlocuteur, fronçant sans cesse les sourcils avant de témoigner son mécontentement d’un geste répété de la tête. Toute cette conversation n’avait pas grand intérêt au final, et Adam aurait très bien pu s’en sortir sans toutes ces explications qui ne menaient visiblement à rien.

Jusqu’à ce que Jesse prononce le mot qui fâche et que le regard d’Adam soit irrémédiablement attiré par celui de l’officier. Évidemment qu’il allait lui ressortir son vieux couplet sur son état de santé et… Le blond se figea ; véritablement, cette fois-ci. Plus un mouvement ne venait l’animer, plus un son ne venait franchir ses lèvres, plus un souffle ne venait brûler ses poumons. Il resta interdit face au discours de Jesse, les questions de l’officier fusant sans qu’Adam puisse rien faire, ses remparts se brisant un à un pour mieux se laisser retomber à l’endroit où ils se trouvaient à l’origine. Plus d’armure ni de protection, où allait bien pouvoir atterrir la prochaine balle ? Pas en plein coeur, non, pas là. Il sentait déjà l’organe se fendre dans sa poitrine, pas besoin d’une douleur supplémentaire. Ou peut-être que si ; au moins cela lui donnerait l’impression que tout ce qu’il ressentait était fondé, qu’il ne se contentait pas d’inventer sa peine puisqu’elle était bien réelle, qu’elle embrasait tout ce qu’elle pouvait trouver sur son passage. Flamme vorace et dévastatrice. Et pourtant… Pourtant, Jesse avait raison et cette pensée finit d’achever Adam. Les traits de son visage s’apaisant peu à peu, l’éclat dans le fond de ses yeux se fit moins glacial, le blond réalisant qu’il avait lui aussi sa part de responsabilité dans toute cette histoire. Que pouvait-il dire pour sa défense ? Rien. Plaider coupable, purger sa peine et payer sa dette ; voilà les seules options qu’il lui restait. Il pouvait aussi tenter de se faire l’avocat du diable et ainsi avouer à son juge qu’il agissait de la sorte en raison de l’éducation instable qu’il avait reçu tout au long de son enfance misérable. Mais à quoi bon ? Ça ne changerait rien. Jesse avait raison.

Le reste devint vite un mauvais souvenir. Adam fixait tantôt le vide avant de chercher un phare et de tomber sur les yeux clairs de Jesse, pupilles où miroitaient les gouttes d’un océan qui ne s’était encore jamais répandu sur ses joues par le passé. Non, Adam ne pouvait se résoudre à l’imaginer en train de pleurer ; certainement pas. Pas lui. Pas le soldat, le seul d’entre eux qui se tenait encore debout malgré la bourrasque qui venait de les saisir et les emporter en une fraction de seconde. Ou plus. Une éternité, sans doute. Le barman porta sa paume jusqu’à son visage pour essuyer les restes de la détresse qui l’avait saisie à la gorge, effaçant les ruines de ce qu’ils avaient failli être. Morts, anéantis, comme deux crétins. Deux cadavres pathétiques, deux pantins désarticulés sur le plancher. Le silence les enveloppa, la trotteuse sur le cadran de l’horloge semblant se paralyser avec eux. Adam se décida à s’éclaircir la gorge après un instant, le regard fuyant mais pas encore éteint. « You’re right… I mean about the… » L’admettre à haute voix n’était pas chose simple. Il soupira, l’inspiration suivante lui insufflant enfin suffisamment de courage pour relever la tête vers Jesse. « You’re just… You’re right. The doctor said I should take it easy and rest but I… None of this would have happened if I’d listened to you in the first place and I’m… I’m sorry, I should have. Because you were right about that. » Plus sincère que jamais, Adam finit par se relever à son tour, affrontant l’homme qui lui faisait face ; il lui devait au moins ça, ne serait-ce que pour lui montrer qu’il acceptait de faire un pas en avant. Jesse était à peine plus grand que lui, la différence paraissait dérisoire, mais malgré tout, Adam avait sans cesse l’impression de se tenir face à un univers tout entier, son univers, auquel il s’était greffé. Lui, pauvre terrien, misérable mortel, minuscule fourmi. Et les constellations sur les joues du brun ne faisaient que confirmer ses pensées. « Can you just… » Il n’osait pas demander. Non, il n’aimait pas avoir à le faire mais tant pis. L’aîné laisserait sa rancoeur de côté l’espace d’un instant, c’était dans leur plus grand intérêt.

« Can you say you’re sorry? Not about why you said those things at the station… I get it now okay, I really do it’s just… It’s… Please, say you’re sorry? And I’ll take care of myself. I mean, at least I’ll try. I promise I will.  » Il sentait les bras de Jesse l’attirer, les battements de son propre coeur le poussant vers l’avant. Adam avait besoin d’être là, juste ; pour s’assurer que chaque étreinte serait plus longue que la précédente, et qu’elle ne serait plus écourtée par l’amertume qui cherchait à les éloigner pour de bon. Le blond était trop près à présent pour faire marche arrière, de toute façon. « I’m sorry… », murmura-t-il une fois encore, sans savoir si cette expiration était pour lui-même ou si elle était plutôt adressée à Jesse. « I’m sorry. »

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Sujet: Re: Talk me downJeu 12 Nov - 18:15

Jesse avait le coeur qui battait un peu trop fort pour une simple conversation. C’était de nouveau comme lorsqu’il allait courir des kilomètres et qu’il ralentissait progressivement le rythme. Son coeur continuait de pomper et de pomper des litres de sang, sa respiration saccadée suivant la cadence, alors qu’il tentait de ralentir tout ça et de revenir dans le moment présent. Ça ne fonctionnait pas aussi facilement, Jesse devait être le premier à le savoir et pourtant il voulait quand même essayer. Il avait presque honte de ce coeur qui battait fort, tellement fort, comme s’il tentait de se rapprocher d’Adam. C’était bien le cas car même si son discours était désordonné et confus, Jesse restait Jesse et il savait qu’il ne restait pas grand chose de lui s’il faisait sortir Adam de sa vie. Pas grand chose, enfin pas de quoi être fier dans le fond et le métis ne voulait pas trop s’attarder là-dessus. Peut-être qu’il avait plus de difficultés que le blond à exprimer ses sentiments, qu’il était plus réservé par moments, ça ne changeait pas le fait qu’il était là pour une raison. Qu’il avait hurlé pour une raison et qu’il était prêt à le faire une nouvelle fois. Il avait vu de quelle façon Adam s’était braqué, comme si chacun de ses mots le poussait un peu plus dans ses retranchements, mais … avait envie de lui dire Jesse, c’était ça la vérité, quelque chose de moche, quelque chose de sale et qui n’était pas forcément bon à entendre ou bon à être vécu.

Il était mort d’inquiétude pour Adam, il ne pouvait pas juste ranger sa maladie dans un coin de sa tête et ne pas y revenir, ça faisait parti de lui. Il pouvait concevoir que le blond ne voulait pas que cela le définisse, ça Jesse l’avait compris, mais ils pouvaient trouver des solutions qui convenaient à tout le monde. Au lieu de se voiler la face et de foncer droit dans le mur et finir avec Jesse qui faisait de son mieux pour garder Adam conscient. Cela aurait été le corps de James entre ses mains, il n’aurait pas réagi de la même façon. Il s’en moquait, il se fichait de ce vieu reflet de lui-même qui méritait tout ce qui lui arrivait, il ne voulait pas lui être redevable, donner la vie n’était pas quelque chose de si extraordinaire, n’importe quel crétin pouvait baisser sa braguette et mettre une femme enceinte. Ce n’était pas ce qui comptait pour Jesse. Il voulait savoir et voir qui était capable de laisser une empreinte dans son coeur. Celle d’Adam était indélébile et elle n’allait jamais partir, Jesse ferait de son mieux pour garder cette cicatrice à vie, mieux qu’une blessure de guerre, comme une médaille. Adam se levait et Jesse se retint de reculer, il n’était pas prêt pour être si proche du blond et surtout pas si ce dernier allait encore lui faire des reproches. The hell with that, se dit Jesse, qu’ils en finissent et qu’Adam comprenne que son petit-ami était têtu et borné au possible.

Il fixa les yeux d’Adam encore remplis de larmes et il lâcha enfin un souffle: le barman lui donnait raison. Jesse n’avait pas de quoi être contenté ou fier, il n’avait pas à l’être pour cette raison. Oui, il avait raison et Adam se faisait passer après les autres, une grosse erreur selon Jesse. Adam était au moins parti voir son médecin, Jesse se mordit la lèvre inférieure, il se retenait de lui demander les détails de cette consultation mais peut-être que ça ne le regardait pas. Adam se rapprochait encore et le coeur de Jesse continuait de battre la chamade. Jesse comprenait la requête du blond, il comprenait et ça lui faisait mal dans un sens car il n’avait pas l’habitude d’être dans ce genre de situations, de position. À vif de la sorte.  « I… » Adam était sa faiblesse, probablement sa seule faiblesse, et quand il voyait le blond ainsi, il se demandait s’il s’en rendait compte. Peut-être. Ou alors Jesse se prenait trop la tête et il se posait les mauvaises questions. Peut-être que ce n’était pas si mal que ça qu’Adam le voit vulnérable et sache ce qui lui faisait du mal et ce qui pouvait le faire réagir, peut-être que Jesse pouvait vraiment baisser sa garde et lui faire confiance, et pas juste un peu ou à moitié, mais complètement. Peut-être. Le métis en avait presque la tête qui tournait tant il pensait et repensait à tout ça, ses yeux rivés sur les lèvres d’Adam, cherchant un autre moyen de soulager son coeur que de l’embrasser. Il n’y en avait pas d’autre. Le blond était là devant lui.

Jesse ne put se l’interdire une minute de plus et un de ses bras encercla Adam pour le rapprocher de lui. Le policier lâcha une profonde inspiration en sentant le torse de l’autre homme contre le sien. Il était rassuré par cette proximité. Adam était là. Son Adam. De son autre main libre, Jesse lui caressa la joue gauche avant de déposer un baiser au coin des lèvres du blond, comme il le faisait parfois quand il voulait déranger le barman dans son sommeil. « I’m sorry I'm such an idiot and it’s difficult to talk to me, and I’m sorry I just run into the other direction sometimes I just… I’m sorry too, I never meant to hurt you. » Jesse murmurait ces mots, sincère au possible, ses yeux dans ceux d’Adam. « I need you to take care of you and I’ll help. And I’ll do my best to talk to you more and tell you when something is wrong and… »  Il pouvait faire un effort. Il pouvait arrêter de fuir quand il pensait qu'il était envahi par des émotions trop sales et trop indignes d’Adam, car c’était ça le fond du problème. Il avait tellement peur qu’Adam voit qui il était vraiment qu'il faisait de son mieux pour l’éloigner du vrai Jesse. Mais le vrai Jesse avait des émotions, il se fâchait et plus que mesure mais il aimait Adam, oui, il l’aimait.  « I need this to work. Us. I need us to be okay. » affirma Jesse, respirant presque, puisant sa force dans ces mots-là.  « That’s… You’re the only thing that makes actual sense now so … I need this to work. »  

Quelque part, le téléphone sonna mais Jesse s’en moquait complètement, il n’y avait rien de plus important qu’Adam et il posa ses lèvres sur celle du blond pour le prouver.

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Sujet: Re: Talk me downLun 7 Déc - 14:31

Du prochain battement de son coeur ou de l’air dans ses poumons, Adam ne savait pas exactement lequel avait disparu en premier. Leurs regards ne faisant plus qu’un, le barman restait immobile, espérant que la réaction de l’officier ne se ferait pas attendre davantage ; que ce dernier allait prononcer les mots qu'il attendait désespérément depuis plusieurs semaines, pour que le poids qui emprisonnait sa poitrine et qui l’empêchait de respirer convenablement puisse finalement s’envoler. Des excuses, juste ça. Même à demi-mot, mais des excuses tout de même, le pansement sur la plaie encore ouverte. Adam ne savait pas vraiment si c’était son coeur ou plutôt son ego qui avait été touché lorsque Jesse lui avait fait comprendre que tout le monde ne pouvait pas être comme lui, aussi débordant d’optimisme au point d’en être devenu naïf et aveugle. Peut-être qu’il avait été atteint ailleurs, il ne parvenait pas à déterminer l’origine de ce mal qui commençait à le ronger, mais il pouvait le sentir se répandre et gagner du terrain au fur et à mesure que les jours s’écoulaient, ses larmes roulant sur ses joues quand la réponse ne lui apparaissait toujours pas assez clairement. Jesse avait-il simplement heurté sa sensibilité ? Est-ce cela avait été son seul et véritable but ? Est-ce qu’il avait mérité d’entendre une telle chose ou est-ce que… Adam retint son souffle. Il n’avait plus besoin de savoir. S’il s’était blessé en tombant bêtement de vélo, il ne se serait pas mis à réfléchir pendant des heures sur le pourquoi du comment de ce qui lui avait écorché le genou. Il aurait mis ça sur le compte de son inattention ou de la gravité, avant d’aller panser sa blessure et de laisser la bicyclette dans un coin jusqu’à ce qu’il soit prêt à l’affronter à nouveau. Ainsi, le jeune homme ne demandait pas d’explication ; il n’en demandait plus. Il en avait déjà eu et il avait compris. Il avait maintenant besoin qu’on l’aide à se relever et qu’on soigne la chair écorchée.

La seconde suivante parut presque interminable. Pendu aux lèvres de Jesse, il ne s’était même pas rendu compte qu’il avait fait un pas en avant lorsque ce dernier ouvrit la bouche une première fois, un seul son s’en échappant. Adam ne comprenait plus ses propres réactions, celles de Jesse lui échappaient encore davantage. Mais le plus déroutant dans cette histoire, c’est que jamais Adam n’avait vécu de telles disputes par le passé. Oh, c’était bien arrivé au foyer, avec d’autres gamins turbulents de son âge, mais ce n’était pas arrivé depuis ce qui semblait être des millénaires. Et encore moins avec ses précédentes relations, les ordres de ses anciens amants ne pouvant être contestés. Peut-être que c’était encore ce dont il avait besoin, même avec Jesse ? Peut-être qu’il s’était leurré et que ce genre de relation sans aucune règle n’était toujours pas faite pour lui ? Cette pensée lui arracha une expiration particulièrement douloureuse, rendue brûlante par le silence interminable du métis qui s’avançait pour… Non. Le blond aurait voulu reculer. Vraiment. Quitter les bras de Jesse sans plus attendre. Fuir. Ce n’était pas ce qu’il avait demandé, et même si le barman n’exigeait rien, il avait espéré que Jesse pourrait comprendre ce dont il avait véritablement besoin. Et ce n’était pas ça, en tout cas pas maintenant. Pas dans l’immédiat. Dans quelques minutes peut-être, quand l’officier se serait enfin excusé et que les poumons et le coeur d’Adam auraient repris du service. Il sentit ses joues rougir au contact des lèvres de l’autre homme, réprimant une pensée contentée par ce baiser. Non, il avait décidé qu’il n’apprécierait pas le geste, ce n’était pas pour que son corps s’embrase dès qu’il se retrouvait pressé contre le torse de Jesse. À croire que ce dernier avait manqué à Adam bien plus qu’il n’aurait pu l’envisager.

Adam regardait ailleurs, le vide sans doute, le meuble dans le coin de la pièce, les sourcils froncés. Non, il boudait. Il attendait des excuses et… Elles ne mirent pas plus longtemps avant de se manifester, le regard du barman irrémédiablement attiré par celui de Jesse, son Jesse, lui arrachant même un sourire tandis qu’il se résignait et qu’il baissait sa garde, ses propres bras se réfugiant autour du cou du métis, prolongeant le baiser de ce dernier avant de laisser reposer sa tête sur l’épaule rassurante de son homme. Pour une raison qu’il ne parvenait pas à comprendre lui-même, un léger ricanement lui échappa, sans doute un rire de contentement. Il ne serait plus seul le soir, et quand bien même Jesse ne serait pas dans les parages, Adam pourrait l’appeler pour lui raconter sa journée et lui expliquer avec précision pourquoi il avait manqué de s’arracher les cheveux en servant son dernier client avant de fermer son bar, bien plus tôt que d’ordinaire. À moins qu’ils évoquent d’autres choses, que leurs sujets de conversation évoluent et qu’ils en viennent à discuter des anciennes relations d’Adam et ce dont il avait besoin ? Il avait encore le temps d’y réfléchir. Pour l’instant, la tête blottie dans le cou de son Jesse, le blond s’enivrait de son parfum, un sourire indélébile s'éternisant sur ses lèvres fines. « I love you. » Il avait énoncé cette vérité à demi-mot sans espérer de réponse. Ce n’était pas nécessaire pour que la réciproque soit vraie, ce n’était pas nécessaire de l’entendre. Le faire savoir semblait mille fois plus important. « We’ll be alright. And I mean it this time. » Ses lèvres s’égarèrent dans le cou de Jesse.

Il respirait à nouveau.


sujet terminé

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