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 Curiosity killed the cat

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bad blood - fonda & admin

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◆ Manuscrits : 290
◆ Arrivé(e) le : 05/09/2015
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Sujet: Curiosity killed the catMar 1 Déc - 1:06

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Michaela n’avait pas franchement compris ce qui s’était passé. Ou peut-être que pour une fois, la rouquine n’avait tout simplement plus cherché à comprendre. Sa curiosité presque maladive la perdait quand la situation semblait urgente et désemparée ; ce qui relevait très certainement du miracle quand on la connaissait ou qu’on la fréquentait depuis un certain temps. Micha était le genre de personne curieuse au point de tendre l’oreille dès qu’un individu avait eu le malheur de décrocher son téléphone dans un lieu public. Aussitôt, elle mourrait d’envie de savoir qui pouvait bien se trouver à l’autre bout du fil, même si elle n’était nullement concernée, juste pour avoir le loisir de s’imaginer ce qui avait bien pu pousser la voix métallique émanant du combiné à vociférer de la sorte. Un mari trop absent que sa femme tentait encore vainement de rappeler à l’ordre ? Ou bien un conjoint peu consciencieux qui avait laissé trainer ses affaires sales sur le sol de la salle de bain quand la panière prévue à cet effet se trouvait juste sous son nez ? Peut-être que cette femme, visiblement très remontée, appelait pour faire savoir à son ami que le canapé l’attendait sagement et qu'il l’accueillerait à bras ouverts, mais pas elle, plus elle, ni même encore ses draps. Dans ces cas-là, Micha essayait d’étouffer son rire par tous les moyens, son coude réagissant sans qu’elle puisse vraiment le contrôler, ce dernier cherchant instinctivement à se cogner contre les côtes de Jonathan, son meilleur ami, celui qu’elle connaissait depuis l’enfance et qu’elle avait vu partir à l’autre bout du pays pour suivre un cursus universitaire des plus prestigieux. Celui qui était maintenant devenu la voix froide et métallique au bout du fil. Celui qu’elle ne prenait plus la peine d’appeler parce qu’elle savait d’avance qu’elle serait passablement déçue d’apprendre qu’il ne serait pas de retour avant plusieurs mois. Était-il au moins au courant que Micha avait quitté le domicile de ses parents pour s’installer dans le centre de Fairhope ? Rien n’était moins sûr, mais c’était bien le cadet de ses soucis dans ce genre de situation, et les sourires complices du jeune homme étaient bien vite remplacés par les ricanements de Louise.

Mais pas aujourd’hui. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir eu envie d’interpeller Genesis avant qu’elle ne disparaisse dans la même précipitation qui l’avait amenée à appeler Micha, quelques jours auparavant. La question lui avait brûlé les lèvres, s’arrêtant sur le bout de sa langue. Qu’est-ce qui se passe ? Gen, tout va bien ? La blonde avait du lire l’interrogation dans les yeux de la plus jeune, car elle lui avait répondu sans plus attendre, lui affirmant qu’elle serait de retour le plus rapidement possible, qu’il faudrait prendre soin de Priam en attendant, avant de lui faire savoir où se trouvaient toutes les affaires du garçon et quelles habitudes il ne fallait surtout pas rompre pour que l’enfant ne soit pas trop perturbé par le départ de sa mère. L’inquiétude prit alors le pas sur la curiosité. Ce n’était plus une histoire de savoir ou d’être mise au courant de ce qui ne la regardait pas, c’était maintenant une affaire de s’assurer que tout irait pour le mieux. C’était devenu aussi indispensable que l’air qu’elle respirait. Elle avait besoin que Genesis la rassure, l’apaise, lui promette de revenir en un seul morceau. Peu importait l’endroit où cette dernière pourrait se rendre et ce qu’elle comptait y faire, du moment qu’elle rentrait saine et sauve. La peur ne se fit pas plus clémente les jours qui suivirent le départ de Genesis, bien au contraire. La crainte continuait de secouer le pauvre coeur fragile de la rousse qui tâchait de veiller sur Louise et son futur époux du mieux qu’elle le pouvait. Car oui, malgré tout, les deux bambins continuaient d’affirmer haut et fort qu’il était impossible qu’ils soient un jour séparés, arrachant un sourire à Micha, attendrie de les voir aussi fusionnels, soupirant finalement en songeant aux promesses qu’elle avait autrefois faites à Jonathan, et celles qu’il avait eu le malheur d’énoncer en retour. Tant pis, ou peut-être tant mieux ; Louise et Priam découvriraient bien assez vite à quel point la vie pouvait parfois être cruelle et injuste. Surtout en ce moment avec cette histoire de tueur en série, de maniaque des mots et des vers, de dérangé de la poésie… Les progénitures de Gen et Micha ne comprenaient pas encore tout, mais la jeune Kepner, elle, avait bien saisi toute l’ampleur et la gravité de la situation. Avec un peu de retard, certes, mais elle avait rattrapé le train en marche et elle se retrouvait à présent enfermée dans le même wagon que le reste de la population de cette maudite ville, à ne rien pouvoir faire d’autre que s’inquiéter pour la blonde qui avait visiblement décidé de sauter en cours de route.

La jeune maman eut enfin la possibilité de respirer à nouveau lorsqu’elle ouvrit la porte, deux ou trois jours sans doute après l’incident dont elle ne connaissait toujours aucun détail. Ses poumons s’étaient remplis d’un seul coup, dans une inspiration presque douloureuse, la tension dans sa nuque et dans ses épaules s’effaçant aussitôt. Le soulagement poussa Micha dans les bras de Genesis, ses paupières se fermant comme si elle souhaitait se donner l’impression de prolonger un rêve dont elle se serait extirpée trop vite, chérissant la présence de l’autre femme, ravie de voir qu’elle ne l’avait pas inventée de toute pièce lorsqu’elle rouvrit enfin les yeux. « Est-ce que ça va ? » Il devait être tard, en tout cas suffisamment pour que les enfants soient déjà au lit, et ce n’était franchement pas plus mal étant donné les circonstances et la mine de Genesis. Micha n’attendit d’ailleurs pas la réponse de cette dernière pour reprendre afin d’inviter la blonde à aller s’installer pour se reposer ; elle en avait très certainement besoin. « Tu veux quelque chose ? Tu as soif ? Si, tu as soif, tu as forcément soif ; je vais te faire un thé et… Va t’allonger, je vais t’apporter ça. » Persuadée que rien n’allait, la rousse se précipita dans la cuisine en espérant que Genesis suivrait son conseil. Elle revint au galop dans la foulée, faisant volte face, plus nerveuse et angoissée que jamais. « Tu veux du sucre dans ton thé ? Et des madeleines ? Tu aimes ça les madeleines ? Sinon il reste du crumble qu'on a fait ce midi si tu préfères ? » Décidément, l’inquiétude avait vraiment pris le pas sur la curiosité…

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Sujet: Re: Curiosity killed the catJeu 17 Déc - 22:15

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Hey blondie tu viens faire un tour ? Une phrase qui se bousculait à l’intérieur de son crâne, un sourire qui ne cessait de la faire souffrir encore et encore comme un vieux disque rayé qu’on ne pourrait arrêter. Blondie. Ce surnom ridicule que Jack lui avait donné dès ses huit ans, aux yeux de Genesis cela lui paraissait très réducteur, à la limite de la misogynie et pourtant son cœur ne cessait de redemander, d’espérer ne serait-ce qu’un instant qu’il serait là, assis à ses côtés souriant en l’appelant par ce fichu surnom ridicule. New York, Washington. Qu’importe l’endroit où son corps se serait trouvé, le vide restait le même. Rebecca l’avait soutenu, elle avait été auprès d’elle pendant tout ce voyage, elle se chargeait de prendre des nouvelles de son fils, de caresser l’épaule de Genesis lorsque cette dernière s’étouffait dans ses propres larmes. La blonde avait aperçu la tombe de la sœur du prince des bikers. Elle avait vu les larmes longer les joues de sa meilleure amie. A cet instant, elle avait réalisé que tout le monde mourrait autour d’eux, Rickon, Rebecca, Gilliam et elle n’étaient que des enfants du chaos. Elle se sentait comme le soldat sur le champ de bataille, rien ne pouvait la sortir de sa torpeur, elle n’entendait rien d’autre qu’une succession infinie de bourdonnements. Tel le mort près d’une mine sous le point d’exploser. Elle se sentait figée dans le temps et l’espace. Parfois, dans ses rares moment de lucidité elle revoyait le dos de Rickon, cette veste en cuir, cette odeur de tabac et elle réalisait à ses dépens qu’elle ne souhaitait qu’une chose, se blottir contre son torse et ne jamais bouger.

Bouger. Elle y était obligée, vivre aussi. Pour son fils, pour qu’il puisse sourire et vivre aussi innocemment que le ferait un enfant de trois an. Son visage était collé à la vitre du taxi qui la raccompagnait jusqu’à sa villa somptueuse en bord de plage. Il faisait nuit et elle ne vit que les ombres de nombreuses vagues qui s’écrasaient contre des rochers. Ses paupières s’étaient closes, elle songea à la contenance qu’elle devrait garder lorsqu’elle franchirait le seuil de sa porte, elle devait redevenir cette femme forte aux émotions cachées et enfouies au fond de son cœur. La voiture longeait les maisons qui se ressemblaient toutes, un concept de normalisation typiquement américain. Et lorsque la petite boite jaune s’arrêta devant sa demeure, elle espérait y voir une moto impressionnante et une carrure qui l’attendait les bras grands ouverts. Des mains qui caresseraient ses cheveux, une voix qui lui susurrerait des mots rassurant dans le creux de son oreille. Une présence forte, virile et aussi brute que celle de l’homme préhistorique.  
Mais, rien de tout cela ne l’attendait devant chez elle. Une faible lueur se dégageait de son salon, une lumière jaune qui passait furtivement au travers de rideaux blancs. Une silhouette semblait se déplacer nerveusement. Dans un soupire douloureux, la grande blonde sortit sa carcasse de la boite jaune, trainant sur son épaule un vieux sac de sport.

Son cœur se fracassait contre sa poitrine, pendant une fraction de seconde elle se laissa tenter par une crise cardiaque. Là, tomber contre le bitume, se briser en mille morceaux, était une idée plus que désirable aux yeux de la grande blonde. Elle redressa son sac sur son épaule, secouant son visage, ses clés cognant contre la peinture rouge de sa grande porte. Une seconde. Une simple seconde s’écoula entre le moment où elle plongea à l’intérieur et celui où la rouquine qui s’était occupé de son fils ne vienne se jeter dans ses bras. D’abord étonné, les bras pendus dans le vide qui lui faisait face, Genesis enlaça la jeune femme. Humant l’odeur rassurante, se berçant d’une chaleur humaine qui n’était qu’un mirage. De loin, elle pouvait être sa fille, une fille qu’elle aurait eu trop jeune, de près c’était une tout autre histoire, une relation paisible qui unissait deux mères seules. Bien que Genesis ne l’était plus tellement. « Est-ce que ça va ? » Le corps de la rousse s’était soudainement volatilisé. Genesis se sentait toujours au ralentit et le monde autour d’elle continuait d’être trop rapide. Elle hocha simplement son visage, mordillant sa lèvre inférieure, la gorge nouée à cause d’une réalité qui était d’une simplicité indécente. Non. Ça n’allait pas et rien n’irait plus jamais. De toute façon la jeune Michaela ne semblait pas désirer lui laisser le temps de rétorquer quoi que ce soit. « Tu veux quelque chose ? Tu as soif ? Si, tu as soif, tu as forcément soif ; je vais te faire un thé et… Va t’allonger, je vais t’apporter ça. » Les yeux de la rousse étaient une torture pour la blonde, elle paraissait immaculé de blanc, alors qu’elle, elle sentait la mort à des kilomètres. Des cernes remplaçaient son maquillage depuis plusieurs jours. Alors, le cœur fendu en deux, elle avait réussi à articuler un simple « oui… » Fébrile, fragile. Elle vit la petite silhouette disparaitre pendant quelques instants. Jetant ses clefs sur le côté, elle fit quelques pas, s’arrêtant devant la photographie qui avait frappé Rickon en plein visage lors de sa dernière visite. Priam. Un enfant souriant. Elle sentit soudainement une culpabilité assommante l’envahir de part et d’autre. Elle souhaitait prendre cet enfant, le serrer contre elle et le supplier de lui accorder son pardon.

Un autre pas, et de nouveau la rouquine lui barrait le passage. Genesis arqua un sourcil face à l’excitation angoissante de la jeune fille. « Tu veux du sucre dans ton thé ? Et des madeleines ? Tu aimes ça les madeleines ? Sinon il reste du crumble qu'on a fait ce midi si tu préfères ? »  Les mains froides de la blonde enlacèrent les frêles poignets de la rousse. « Michaela… » Ses iris épuisée s’ancrèrent dans celles nerveuses de son amie, une grande inspiration lui brûla les poumons. « Et si on allait s’asseoir toutes les deux ? Laisses tomber le thé, je voudrais juste m’asseoir avec toi et parler de tout ça. » Elle glissa sa main dans la sienne, trainant la rouquine jusqu’au canapé dans lequel elle se laissa sombrer. Revivant cette scène atroce, déchirante entre elle et le père de son fils. Un soupire d’aise s’échappait d’entre ses lèvres. « Je suis désolée pour l’inquiétude. Je suis allée à New York, sur la tombe de mon oncle récemment décédé… » Elle s’arrêta, sondant le regard de la rousse. Jusqu’ici les deux jeunes femmes ne parlaient que d’enfants et des pères de ces derniers, bien que Genesis masquait intentionnellement le mode de vie de Rickon, elle savait qu’aujourd’hui, face à cette jeune femme si inquiète, face à cette amie qui tenait énormément à elle, elle ne pouvait plus fuir son passé. D’autant plus que trois années de mensonges lui avaient appris que toute vérité finissait par éclaté. « Tu es certaine que tu veux savoir ? » Murmurait-elle, dans un souffle inaudible, le regard planté sur ses pieds.
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Sujet: Re: Curiosity killed the catDim 27 Déc - 15:27

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La rouquine ne connaissait pas la mort. C’était un concept trop vague pour elle qui n’était que joie, vie, entrain et énergie. Une petite boule de nerfs qui se froissait de temps à autre, capable d’emporter tout sur son passage quand on l’agaçait, un noeud d’angoisse et de mélancolie quand elle s’inquiétait pour l’avenir de sa fille et sa sécurité. Mais malgré tout, Micha n’avait jamais côtoyé la Faucheuse. Elle ne savait tout simplement pas ce qui l’attendait ni la réaction qu’elle aurait le jour où on lui annoncerait le décès d’un proche. Avec tout ce qui se produisait dans cette ville de fous, elle s’y préparait plus ou moins malgré elle, le même scénario affreux se reproduisant en boucle dans son esprit quand elle s’autorisait à songer à de telles choses. La mort de Louise était évidemment celle qu’elle se projetait en premier sur l’écran fermé de ses paupières, et la vision était insupportable, invivable. Il n’y avait qu’ainsi qu’elle avait compris qu’elle ne pourrait pas survivre à l’hypothétique départ prématuré de sa propre fille. Elle se serait arrêtée de respirer dans la foulée, ses jambes cédant à son poids, son coeur s'arrachant au reste de son corps. Et si, à l'inverse, le Poète décidait de s’acharner sur elle plutôt que sa progéniture, c’était sans doute triste mais elle savait que Louise trouverait quelqu’un pour s’occuper d’elle. Willow était sa marraine, et à moins qu’elle soit la cible d’un autre fou, elle était logiquement celle qui viendrait à s’occuper de la petite Kepner en cas de drame. Micha savait que son amie ne priverait l'enfant de rien, qu’elle ferait de son mieux pour l’élever sans lui faire perdre ses repères. Mais au-delà de ces scénarios catastrophes, la mort était un concept assez abstrait dans l’esprit de la jeune femme. Comment les gens pouvaient soudainement s’arrêter de respirer, par la force des choses, parce que le monde avait été plus fort qu’eux et qu’il avait décidé de leur arracher leur dernier souffle ? Le seul deuil que Micha avait du faire dans sa vie avait été celui de son ex, Andrew, le père de sa fille ; mais les circonstances avaient été bien différentes. Elle ne l’avait pas mis en terre, elle l’avait laissé partir et elle avait appris à le désaimer, à se défaire du peu de choses qui la raccrochait encore à lui. Il y eut Jonathan par la suite, mais elle n’avait pas envie de perdre son sourire en songeant encore à lui. Dans tous les cas, rien n’était définitif en ce qui la concernait. Ces deux énergumènes étaient encore debout quelque part dans un coin de la planète, susceptibles de revenir à tout moment ; l’accueil que Micha leur réservait était une toute autre histoire.

Malgré ses lacunes certaines en matière de pertes, Micha n’en restait pas moins présente. Certes, elle avait toute la peine du monde à se représenter ce que Genesis venait de perdre et la tristesse qui devait la traverser, mais elle n’allait sûrement pas abandonner le champs de bataille aussi facilement. Ce n’était tout simplement pas dans sa nature. Elle ne déposerait pas les armes tant que son amie n’aurait pas retrouver le sourire, tant qu’elle n’aurait pas poser un pied devant l’autre comme elle le faisait auparavant, le coeur léger et apaisé. Bien sûr, ce genre de miracle ne se produirait pas dans la minute, Micha en était bien consciente, mais elle avait tout le temps du monde à consacrer à celles et ceux qu’elle aimait et chérissait. Elle serait là le temps que son amie aille mieux, point barre. Se laissant guider jusqu’au canapé sans broncher, inquiète de savoir ce qui s’était passé, la vérité la paralysa une fraction de seconde avant qu’elle ne s’empresse de saisir la main de la blonde afin de lui prouver physiquement qu’elle était bel et bien présente à ses côtés, qu’elle ne la laissait pas tomber. Leurs sujets de conversation habituels étaient effectivement plus gais que ça, mais hors de question de fuir.

Les doigts fins de Micha se resserrèrent doucement autour de ceux de son amie, la pression se voulant douce et tiède, une main tendue au milieu du brouillard et des ténèbres qui étaient en train d’emporter l’aînée. « Je… Je suis désolée pour ton oncle. » C’était bête, vraiment complètement hypocrite de prononcer de tels mots dans un moment pareil, mais l’humanité entière s’évertuait à s’excuser pour la mort des autres, comme si cela pourrait les ramener d’une quelconque façon. Ce n’était évidemment pas le cas et Micha se mordit la lèvre, plus sincère que jamais pourtant, désolée de savoir que la jeune femme devait endurer une telle douleur. Assise au bord du canapé, elle était prête à plonger tête la première dans le même gouffre que Genesis si cela pouvait l’aider ; ou bien à la rattraper avant qu’elle s’y enfonce trop profondément. Elle se rapprocha de son amie, se retenant de venir replacer une de ses mèches blondes derrière son oreille, se disant que ce genre d’attention n’était peut-être pas la bienvenue dans un moment pareil. Micha ne savait tout simplement pas quoi dire ou faire, parce qu’elle n’avait jamais côtoyé la mort et que son odeur imprégnait encore les vêtements de Genesis, que son reflet dansait encore dans les yeux de cette dernière. « Je suis là, d’accord ? Je veux savoir ce qui s'est passé, ce qui ne va pas. Je suis là. » Elle avait failli insister davantage, se retenant d’ajouter qu’elle ne bougerait pas, qu’elle resterait à ses côtés jusqu’à ce qu’elle soit prête à habiter de nouveau seule ici avec son fils, dans cette grande demeure où le silence pouvait parfois paraître froid et effrayant. Elle se ravisa au dernier moment, préférant ne pas continuer à déblatérer des âneries, se sentant déjà suffisamment ridicule et impuissante comme ça. Son pouce caressa la main de Genesis. Quoi qu'il en soit, il était hors de question qu’elle abandonne.

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Sujet: Re: Curiosity killed the catMer 20 Jan - 16:56

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La mort était une chose subtile, elle n’avait ni odeur, ni présence, elle n’était rien d’autre qu’un trou noir aspirant tout et n’importe quoi sur son passage. Genesis y était habituée. Depuis sa plus tendre enfance la mort entourait l’aura de la grande blonde, ce fut en premier sa famille qui s’était laissé aspirer par cette chose, ensuite ce fut des hommes du gang de son oncle, enfin les victimes qu’elle observait de loin afin de trouver l’assassin qui se prenait pour dieu et finalement la mort s’en était prise à Jack. La mort n’épargnait rien ni personne, elle n’avait aucune pitié, parfois elle pouvait même se montrer d’une cruauté presque sidérante. Genesis en avait été témoin plus d’une centaine de fois, néanmoins aujourd’hui tout était différent, elle n’était plus cette enfant qui ne comprenait pas réellement cette chose, elle n’était plus cette agent de l’état qui parcourait les dossiers avec une pensée mécanique et purement professionnelle. Elle était simplement cette nièce qu’un homme avait chérie comme si elle était sa propre fille, cette femme qui perdait un repère de plus dans son monde déjà gorgé de sang et de doute. Elle ne ressentait plus aucune colère, plus aucune tristesse, sans doute avait-elle épuisée son quota de larme. Sans doute, oui. Elle ne ressentait rien d’autre qu’une immense anesthésie qui immobilisait son corps de part en part. Comme si tout cela n’était qu’un mauvais rêve, une épreuve qu’elle vivait au ralentit, elle flottait parmi ces humains heureux, tristes, en colères, frustrés. Elle flottait simplement.

La rouquine, elle, ne flottait pas, elle brillait de mille flammes, dans ses iris s’y dessinaient des formes d’inquiétudes, celles d’une mère. Celles semblables aux siennes lorsque Priam se blessait, lorsqu’il faisait une crise d’asthme ou encore lorsque ce dernier faisait des mauvais rêves. Genesis appréciait Michaela, bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé, elle si froide d’habitude s’était éprise de cette jeune maman surprotectrice, son monde n’était pas si loin de celui de Genesis, à la différence que pour la grande blonde le père de son enfant n’avait pas choisis de fuir. Elle l’avait fait pour lui. Tout lui paraissait éprouvant à présent, même les décisions qu’elle avait jugé rationnelle à une époque, lui paraissaient décousus de sens. Genesis chassa quelques longues mèches blondes dans un souffle chaud, tout en scrutant la petite rousse qui s’était assise à ses côtés. La maison était plongée dans un silence tel qu’elle pouvait entendre ses propres battements cardiaques. « Je… Je suis désolée pour ton oncle. » L’ancienne agent du FBI chassait l’image de cette tombe, sur laquelle dansait une faucheuse digne du gang de Jack, d’un battement de cil. Sa gorge se nouait lorsqu’elle y songeait et dès lors que l’étau se resserrait de plus en plus, elle sentait des larmes silencieuses qui ne demandaient qu’à être libéré. Ce n’était pas le moment, du moins pas aux yeux de la blonde qui aimait couvrir ses sentiments d’un masque de fer forgé. Ce n’était pourtant qu’une simple phrase typique, celle qu’on lui répétait encore et encore, celle qu’elle avait déjà entendu lorsqu’elle n’avait que huit ans. «  Moi aussi je suis désolée. » Murmurait-elle d’une voix étranglée. Elle était désolée pour Jack, pour ne pas réussir à lui rendre hommage convenablement. Pour le fait qu’à ses yeux sa mort sonnait comme une mauvaise blague et les conditions dans lesquelles il avait quitté son monde n’étaient pas les bonnes. Sans doute ne seraient-elles jamais bonne aux yeux de la grande blonde. Elle aurait aimé que ce ne soit pas l’été, que la neige recouvre tout sur son passage, y compris son cœur meurtri. Qu’une tempête de givre emporte tout sur son passage. Ce n’était pas le cas et ce ne le serait sans doute jamais. La mère de famille noua ses longs cheveux dans un chignon légèrement asymétrique ce qui soulignait d’autant plus les cratères qui se creusaient sous ses yeux au fil des jours. Les nuits étaient difficiles, le fantôme de Jack la hantait chaque soir et lorsqu’elle cherchait Rickon du bout des doigts, elle réalisait qu’elle l’avait perdu. « Je suis là, d’accord ? Je veux savoir ce qui s'est passé, ce qui ne va pas. Je suis là. » Genesis releva son visage, mordillant sa lèvre inférieur et réprimant un râle douloureux lorsque les doigts chauds de la rouquine entrèrent en contact avec les siens. Blancs. Froids. Sans vie. Un sourire digne d’une grimace se dessinait lentement sur son visage, un visage qu’elle releva d’un geste mécanique, plongeant son regard sur le plafond immaculé de blanc. Les mots fusaient, les images aussi, ce dos qu’elle aimait tant, ces yeux qui l’avaient fusillé et la douleur qui s’était dessiné sur ses traits bourrus la hantait. «  Le père de Priam est en ville. C’est lui qui est venu m’annoncer la mort de mon oncle. Il a appris qu’il était papa par la même occasion. Je sais bien que lui cacher l’existence de Priam était une erreur…mais » Elle soupira, baissant son visage d’un geste long et lourd et elle ancra ses iris dans celles de la rousse. «  Jack n’est pas mort de vieillesse, ni de maladie, ni d’un accident, il est mort assassiné comme un chien dans une ruelle, d’une balle dans le dos par des trafiquants d’armes. » La grande blonde étira légèrement ses épaules, soufflant légèrement pour se donner un peu plus de contenance, de contrôle. « Et Rickon, le père de Priam c’est ce qu’il fait, ce sont des bikers, des ogres qui vivent dans un monde bien à eux et je ne voulais pas de ça pour Priam, ni pour moi. Seulement, Jack est mort. Il était ma seule famille et je n’ai jamais eu autant besoin de lui que maintenant, et maintenant il me déteste. Le père de mon fils est un hors la loi qui finira certainement comme mon oncle… » La tension qui parcourait ses veines se relâcha soudainement et elle laissa son dos s’adosser  contre le canapé, lourdement, comme si ce corps n’était qu’une boite dans laquelle elle était enfermée.
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Sujet: Re: Curiosity killed the catVen 5 Fév - 3:10

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Tout semblait soudainement idiot et stupide. Oui, tout. De ce que Micha avait pu préparer ce matin aux enfants au petit-déjeuner, jusqu’au baiser qu’elle avait déposé sur leurs fronts avant de les coucher en passant par les réprimandes qu’elle avait pu leur faire lorsqu’ils avaient eu la brillante idée de tacher leurs vêtements. Et au-delà de tout ceci, avant même cette journée, c’était tout le reste de sa vie qui paraissait subitement insignifiant face aux propos de Genesis. Certes, elle était tombée enceinte à seize ans, mais elle n’avait pas du fuir le père de son enfant. Elle ne l’avait jamais craint. Elle n’avait jamais eu peur en sa présence ; ni pour elle, ni pour sa fille. Au lui de cela, Andrew s’était montré honnête, le plus franc du monde, incapable d’assumer cet enfant qu’il ne se sentait pas prêt à accueillir, faisant la promesse de sortir de l’existence de Michaela pour la laisser gérer cette grossesse seule ainsi que tout ce qui s’en suivrait. Les deux amants s’étaient contentés d’échanger leur point de vue longuement, dans le respect le plus total, par une nuit qui ressemblait étrangement à celle de leur rencontre. Le matin suivant il l’avait embrassé du regard, soupirant pour s’imprégner une dernière fois de son parfum avant de disparaitre et de lui souhaiter bonne chance pour la suite et pour la vingtaine d’années à venir. Il avait jeté un coup d’oeil à son ventre légèrement rebondi qu’on distinguait à peine sous un débardeur trop grand pour elle, et puis la porte s’était refermée sur eux, sur les souvenirs qu’ils avaient eu en commun, sur tout ce qu’ils avaient été, tout ce qu’ils n’auraient pas l’occasion de devenir. La rouquine lui avait recommandé de prendre soin de lui dans un murmure avant de regagner sa chambre, les joues déjà humides des larmes qu’elle s’était retenue de verser toute la nuit, la gorge serrée et la bouche étonnamment sèche et pâteuse. Elle avait posé une main sur son ventre et elle s’était excusée. Une fois. Juste une fois, pour ne pas trop insister, par peur que la culpabilité puisse se répandre dans ses veines et attaquer sa progéniture, encore au chaud dans l’oeuf, protégée par une coquille de chair.

Et puis le départ de Jonathan, la prison dorée dans laquelle Louise et elle avaient été enfermées. C’était bien le mot, et aujourd’hui plus que jamais, Micha en prenait réellement conscience. Elle ne connaissait rien, elle ne savait rien. Il n’y avait pas seulement la mort et le deuil dont elle y ignorait tout ; la vie restait également un parfait mystère aux yeux de la jeune fille. Elle s’efforçait pourtant de ne pas s’emballer, de ne pas bondir sur ses deux jambes ou de laisser parler sa stupéfaction avant de plaquer une main sur sa bouche bée. Elle restait là, immobile, observant les moindres faits et gestes de Genesis, se sentant particulièrement stupide à proférer des excuses qui n’avaient pas vraiment lieu d’être ; une fois encore. Elle tentait de maîtriser sa respiration alors que son propre monde s’écroulait peu à peu autour d’elle, que les mures semblaient s’effriter et que la demeure commençait à partir en lambeaux sous leurs propres yeux. Micha avait passé bien trop de temps cloitrée entre les quatre murs de sa chambre à regarder son ventre pousser, impatiente à l’idée d’être mère, avant de pouvoir accueillir sa fille sans finalement être autorisée à la promener de peur que le voisinage apprenne sa grossesse jugée précoce par ses parents. La rousse avait eu le droit de naviguer entre le salon et la cuisine, se faisant taper sur les doigts dès qu’elle ne préparait pas le biberon de Louise comme il fallait, ou que l’eau de son bain n’était pas à la bonne température. Pour se remonter le moral, elle trainait sur son ordinateur portable quand le nourrisson voulait bien s’endormir, généralement contre le sein de sa mère, agitant ses mains minuscules dans son sommeil et esquissant un sourire en entendant le coeur de Micha cogner contre son oreille. Micha continuait d'être active sur son compte YouTube, montant de nombreuses vidéos afin de relayer quelques conseils aux autres jeunes mères dans son cas, avant d’aller jeter un coup d’oeil sur les sites qu’elle gardait en favoris. Il lui arrivait bien d’apprendre une nouvelle un peu plus dure qu’une autre en zappant sur les chaines d’informations, lorsqu’elle était enfin seule et qu’elle avait accès à une télécommande, mais elle craignait sans cesse que Louise puisse retenir ce genre de choses, aussi jeune soit-elle ; alors elle changeait systématiquement de programme pour passer à autre chose et s’autoriser une émission plus gaie.

Mais face à Genesis, impossible de zapper. Et si toutefois elle avait pu, Micha ne l’aurait évidemment pas fait. La chute n’en n’était pas moins brutale, violente, bien qu’incroyablement longue. Le silence se fit. Un silence de mort ? Non. La peine était lisible dans le regard de Micha, parce qu’elle ne savait pas quoi faire. Parce qu’elle n’y connaissait rien et que tout le reste de sa vie n’avait pas la moindre importance face à ce que la blonde avait vécu. La plus jeune des deux femmes n’avait pas l’expérience nécessaire pour faire face à ce genre de tempête, de blizzard, d’ouragan qui venait de remuer tous les meubles dans la pièce à part elles deux, toujours assises sur ce canapé, les doigts de Micha serrant toujours ceux de Genesis. Que dire ? Que faire ? Micha ne devait plus penser à elle, non, cela lui était à présent interdit. Tant pis si elle était incapable, ce n’était pas le problème de Genesis. Son coeur prit alors la parole, plus inquiet que jamais. « Il faut prévenir les autorités. Il faut en parler à quelqu’un, on ne peut pas laisser les choses se faire sans bouger et… Non, il faut qu’on en parle. » Elle était déterminée, même si elle n’était plus vraiment certaine d’avoir tout compris. Un assassinat, un gang, un père hors la loi que Genesis avait tenté de fuir et auquel elle avait maintenant besoin de se raccrocher pour se secourir, pour ne pas se laisser attirer par le fond. « Je connais quelques personnes au commissariat si tu veux, vraiment. Je veux dire, pour ton oncle. Je suis sûre que les officiers feront le nécessaire, qu’ils préviendront au moins quelqu’un qui pourra retrouver le coupable. Je sais que ça ne le ramènera pas mais il a tout de même droit à une justice. » Son pouce caressa doucement le dos de la main de Genesis. « Et tu n’as pas à t’en vouloir Gen, tu as fait ce qui te paraissait juste pour ton fils. Tu as pensé à Priam d’abord et tant pis si son père te déteste à cause de ça. Tu as pensé à ton fils d’abord. Ni à lui, ni même à toi mais juste à Priam, et s’il ne comprend pas ça et qu’il ne peut pas te le pardonner, tu n’as pas besoin de lui. » Micha tenta d’hocher la tête pour appuyer ses propos, peu convaincue elle-même. Dieu seul savait ce dont elle serait capable si Andrew refaisait surface après toutes ces années ; elle ne jugeait aucunement Genesis et ce besoin irrépressible de se rapprocher du père de son enfant. Elle essayait simplement de lui donner la force d’aller de l’avant plutôt que de se réfugier dans le passé.  

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Sujet: Re: Curiosity killed the catSam 16 Avr - 12:15

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Les doigts de Michaela étaient brulants. Genesis pouvait sentir le pouls de la jeune femme cogner contre ses propres doigts glacés. Michaela n’était que chaleur et naïveté. Si jeune et déjà mère. Genesis savait que beaucoup de personnes sous-estimer la rouquine et particulièrement la mère de cette dernière. Pourtant, la blonde glaciale avait vu en Louise une enfant heureuse, pleine de vie, aimante et très mature pour son âge. Michaela ne connaissait que cette ville et les ruelles de cette dernière, elle ne connaissait pas le vaste monde. Les monstres qui se cachent sous des sourires aguicheurs et les gens biens d’apparences effrayantes. Son oncle se situait dans cette seconde catégorie. Jack avait ces deux longues cicatrices de part et d’autre de ses lèvres, cela lui donnait l’air d’avoir un sourire mesquin gravé sous sa peau. Enfant elle s’amusait à toucher du doigt ces stigmates. Jamais cela n’avait effrayé Genesis. Non. L’ombre ne lui avait jamais fait peur à l’instar de la lumière. Elle n’avait jamais eu à ressentir la peur puisqu’elle savait Jack quelque part. Cette pensée ne faisait que la confronter un peu plus avec la réalité. Jack n’était plus et ne serait plus jamais. Aujourd’hui elle n’avait que Priam et Rickon. Et, elle savait que sa relation avec Rickon ne serait jamais au beau fixe. Ils étaient maudits.

Elle était comme léthargique. Loin de tout. Seule la voix aiguë et pleine d’émotions de la rouquine réussissait à la faire tenir pied. « Il faut prévenir les autorités. Il faut en parler à quelqu’un, on ne peut pas laisser les choses se faire sans bouger et… Non, il faut qu’on en parle » Genesis relava ses yeux rougis en direction du visage de la rousse. Un visage pris de panique, un visage qui ne comprenait pas que dans ce monde il n’y avait ni noir, ni blanc, seulement d’innombrables nuances. Genesis ouvrit ses lèvres, le regard incrédule, toutefois la rousse ne lui laissa ni le temps, ni la force de protester. « Je connais quelques personnes au commissariat si tu veux, vraiment. Je veux dire, pour ton oncle. Je suis sûre que les officiers feront le nécessaire, qu’ils préviendront au moins quelqu’un qui pourra retrouver le coupable. Je sais que ça ne le ramènera pas mais il a tout de même droit à une justice. » Genesis sentait son estomac se tordre, tel le serait celui de l’étudiant face au jury. Elle songeait aux mots de Rickon, silencieuse. Une balle pour sauver un jeune prospect. Une embuscade des russes. C’était la vie. La triste vie d’un motard hors la loi. Une vie et une fin qu’elle avait toujours souhaité éviter pour son fils. Justice ne sera jamais complétement faite aux yeux de Genesis et elle savait mieux que personne à quel point la police était impuissante face au crime organisé. C’était l’offre qui se modulait à la demande. Des armes, toujours plus d’armes dans les rues.



Genesis s’était muée dans un silence. Dire les choses les rendait réelles. Ainsi la présence de Rickon était réelle. Elle se souvenait parfaitement de son odeur de tabac froid, de la chaleur de sa peau, de son regard colérique la nuit où il avait appris pour Priam. Elle se souvenait aussi des traits d’inquiétudes qui s’étaient dessinés sur sa peau lorsqu’il avait appris pour l’asthme de son fils et de la sincérité de ses mots. Toutefois, Genesis restait Genesis et cette carapace était toujours présente. « Et tu n’as pas à t’en vouloir Gen, tu as fait ce qui te paraissait juste pour ton fils. Tu as pensé à Priam d’abord et tant pis si son père te déteste à cause de ça. Tu as pensé à ton fils d’abord. Ni à lui, ni même à toi mais juste à Priam, et s’il ne comprend pas ça et qu’il ne peut pas te le pardonner, tu n’as pas besoin de lui. » Le pouce de la rousse caressait sa peau laiteuse ce qui fit frissonner la grande blonde. Elle souriait, d’un sourire qui tenait plus d’une horrible grimace. Sentant les larmes lui monter, elle les chassa d’un mouvement de tête. Ce fut à son tour de prendre les mains de la rousse dans les siennes. « La police est inutile. Jack est mort dans une embuscade, ce trafic et ce mode de vie dépasse le commun des mortels. Jack n’aurait jamais voulu qu’un flic enquête sur sa mort. C’est au club de faire les représailles. Au club et seulement au club. » Il s’agissait de leur monde, de règles qui dépassaient les gens comme Genesis, Rebecca ou Michaela. Genesis appuya ses mots d’un regard sévère. Puis, elle laissa son dos sombrer contre le dossier de son canapé. « En réalité, j’ai voulu dire à Rickon qu’il avait un fils, mais le jour où j’y suis allée, il était en compagnie d’une des nombreuses femmes qui tournent autour des bikers. Ils attirent les femmes, ils ont quelque chose de fascinent, d’attirant. Je ne saurais dire quoi, en tout cas lorsque j’ai vu cette femme j’ai eu envie de l’écraser avec ma voiture, parce que l’égoïste que je suis ne peut accepter une autre femme que moi dans sa vie. Le paradoxe est que j’aurai pu lui dire et me comporter comme une adulte, car il ne s’agissait plus de Priam, ni du club, mais seulement de moi et moi seule. Et j’ai décidé de partir pour me venger en quelque sorte. » Elle se souvenait parfait de ses doigts qui avait enlacé le volant, de la rage qui s’était abattue sur elle lorsqu’elle avait vu cette femme. « Je sais que j’aurai toujours besoin de lui dans ma vie. Avant, je ne voulais juste pas l’avouer car Jack était le pont qui me reliait à Rickon, aujourd’hui il n’y a plus de pont et je suis obligée de l’admettre. Seulement le pas est trop grand et la peur qu’un soir un flic m’appelle pour m’annoncer la mort de Rickon est une croix trop lourde à porter. » Elle enlaça son propre corps de ses bras. « Je refuse de voir son corps étalé contre le bitume, je refuse de plus jamais pouvoir sentir son odeur, de ne plus jamais m’égosiller contre lui. Je refuse juste de le perdre. C’est totalement égoïste, ce n’est pas pour Priam, c’est avant tout pour moi. » Elle s’était mise à rire nerveusement, les mots sortaient sans qu’elle ne puisse les contrôler et étrangement ça lui faisait du bien. « Il accepte Priam, plus que je ne l’aurais imaginé, il ira le chercher à l’école, donc il ne faudra pas t’inquiéter si jamais tu vois…attends… » Genesis se pencha et tira une vieille boite à photographies dans laquelle se trouvait des photos d’elle et de Rickon lorsqu’ils étaient enfants, d’elle et de Jack à la naissance de Priam. D’elle et de Rickon dans leurs plus belles années, elle, assise sur la moto de ce dernier vêtue de sa large veste, lui, clope au bec, cheveux blonds dévorants son visage. « C’est lui. » murmurait-elle tout en posant le doigt sur Rickon. « Un géant bourré de testostérone. » Cette fois-ci son rire fut plus doux, harmonieux. « Lorsque Priam l’a vu, il lui a parlé de Louise pendant au moins cinq minute…c’était assez adorable. » Elle toisa la jeune fille du regard et souffla. « Je suis désolée de t’embêter avec mes états d’âmes Michaela. »
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Sujet: Re: Curiosity killed the catJeu 12 Mai - 4:31

La rouquine avait la naïveté de ceux qui n’ont rien vu, mais elle avait vécu tout de même ; un peu. Entre deux inspirations douloureuses et des soupirs teintés d’une certaine fatigue. Elle avait hurlé en même temps que la lune, arrachant les tympans de celles et ceux qui se trouvaient à ses côtés, criant, suant au point de ne plus se souvenir exactement si c’était la main de Peter ou de Willow qu’elle avait agrippé cette nuit-là, quand elle avait eu la sensation que Louise allait lui arracher la moitié de ses entrailles en luttant pour voler son premier souffle. Elle avait senti les larmes salées perler le long de ses joues pâles, perdue entre la joie et la souffrance, l’incompréhension, le choc et la peine de ne pas rentrer en compagnie du père de la petite, comme bon nombre de femmes venues accoucher une dizaine de jours avant Noël. Micha était rentrée avec son cadeau mais personne avec qui le partager, personne avec qui se réjouir de son existence, de sa présence ; personne vers qui se tourner quand sa progéniture se mettait à gesticuler dans tous les sens, offrant ses premiers sourires au reste du monde. De beaux bouquets qui fanaient bien vite entre les quatre murs de la chambre que Micha n’avait plus le droit de quitter. Pourtant Louise était belle, elle était parfaite, et il n’y avait plus aucune raison de ne la garder que pour elle. Mais tant pis dans le fond, la jeune femme avait fini par prendre sa revanche, après bien des années et autant de souffrance. Et même si elle restait naïve parce qu’elle ne connaissait rien du reste du monde, elle avait créé le sien, et c’était tout à son honneur.

Évidemment, la jeune maman s’efforçait encore et toujours de ne pas écarquiller de grands yeux. Elle n’avait pas besoin d’en rajouter, la situation était suffisamment émouvante comme cela. Genesis avait déjà le courage et la patience de se confier, il n’était pas question d’avoir des réactions disproportionnées ou complètement déplacées ; mais Michaela ne se serait jamais doutée de telles choses. Ces histoires-là étaient bonnes pour les reportages à la télé ou les films diffusés dans les salles obscures où Micha travaillait justement (c’était dire si elle avait l’habitude de ce genre de scénario). Jamais ne se serait-elle doutée que quelqu’un sur cette planète puisse avoir un destin semblable aux personnages qu’on projetait sur écrans géants. Elle se risqua tout de même à froncer les sourcils à l’évocation de l’autre femme, celle que Genesis avait surprise rodant autour de son Rickon, et elle s’empêcha de faire la réflexion à haute voix, mais Micha se disait que la blonde exagérait sans doute sur ce coup-là. À moins que ? Non, vraiment, quand elle s’imaginait face à un Andrew potentiellement entouré de jolies jeunes femmes, Micha ne se sentait pas plus vexée que cela. Agacée, certes, mais rien qui ne puisse être réglé avec une bonne gifle marquant la joue de l’intéressé. Si on tournait autour de Jonathan par contre, sa réaction serait toute autre sans le moindre doute. Elle avait pris l’habitude de le défendre depuis leur plus tendre enfance, il lui paraissait assez logique de continuer à lui venir en aide au milieu d’une horde d’adolescentes écervelées qui en pincerait pour sa timidité et ses lunettes et… Oui, clairement, Micha aurait pu avoir envie de renverser une pimbêche en voiture ou de commettre un meurtre si toutefois cette dernière s’était attaquée à Jonathan, mais le coeur avait parfois ses raisons, pas vrai ?…

Les mains de Genesis quittèrent les siennes l’espace d’un instant, la blonde s’enlaçant par ses propres moyens, Micha en profitant pour frotter ses cuisses presque nerveusement, toujours attentive aux propos que tenaient son amie. Et puis les photos, que la rousse prit plaisir à découvrir, émerveillée par le visage enfantin de Genesis et de ce garçon, par leurs sourires et leur bonheur évident. « Il ressemble à… À un ami. Le parrain de Louise, il lui ressemble vraiment. » Pas la peine de dire de qui il s’agissait, Peter Howell était presque devenu une insulte dans les rues de Fairhope, ce dont le journaliste se réjouissait certainement secrètement. La rousse se mit à ricaner à l’évocation de sa fille, ravie de constater que Louise n’était pas la seule à parler de son petit camarade à tout bout de champs. Il ne serait d'ailleurs pas surprenant que ces deux-là finissent par vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants, mais c'était là une tout autre histoire qu'ils avaient encore le temps de conter… « Et tu ne m’embêtes pas du tout, je t’assure, je suis là pour ça aussi, pas seulement quand tout va bien et que tout est parfait… Je suis là aussi quand ça va mal. Surtout quand ça va mal, en fait. » Elle tenta un sourire, aussi sincère que les autres, se dandinant sur le canapé pour se remettre à l’aise. « Mais tu sais Gen, peut-être que ce ne serait pas si mal si tu le laissais entrer un peu plus dans ta vie. Je veux dire… Je te comprends, vraiment. C’est normal de s’inquiéter pour ceux qu’on aime. Avec tout ce qui se passe dans cette fichue ville, moi aussi je finis par ne plus dormir et par me demander ce que je ferais si Louise n’était plus là et… Et rien que d’y penser je… Je ne sais pas, ça me fait mal, j’ai envie de me rouler en boule et de pleurer pendant des heures. Mais dans le fond c’est assez… Assez stupide, tu ne penses pas ? S’inquiéter n’est pas forcément une mauvaise chose, s’empêcher de vivre en est une autre, et à force d’imaginer ce qui pourrait arriver à Rickon, tu vas finir par te rendre malade. Et au final, pardon de le dire, mais quand il ne sera plus là, vraiment plus là dans trente ou quarante ans - ou peut-être même plus -, tu regretteras de ne pas avoir passé plus de temps avec lui quand tu le pouvais encore. Et ce sera reparti pour un tour, mais cette fois-ci tu seras rongée par les regrets et tu n’iras pas de l’avant non plus et… »

Elle respira, marquant enfin une véritable pause. « Je sais que ce ne sont pas trop mes affaires et ça ne me regarde pas tant que ça dans le fond, mais c’est juste mon avis, ça vaut ce que ça vaut. En attendant je pense que tu devrais le laisser entrer dans ta vie. Pour de vrai. Tant pis si ce n’est que pour deux jours, ou deux semaines ou deux décennies. Du moment qu’il est là. Qu’ils sont là, lui et Priam. » Michaela hocha la tête, juste pour appuyer ses propos, les teintant d’un léger sourire, pas certaine que Genesis écoute vraiment ses conseils. Au moins, elle aurait eu le mérite d’avoir essayé. « En tout cas je t’assure que tu ne m’embêtes pas. »

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Sujet: Re: Curiosity killed the catSam 28 Mai - 23:04


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Elle avait longtemps cru, à tort, être intouchable, se murmurant à elle-même que la vie l’avait déjà amochée, qu’il ne pourrait y avoir pire que tout ça, hormis la disparition de son enfant. Elle s’était dit capable de gérer l’absence du père de son fils dans sa vie, elle s’était imaginée le revoir et l’encaisser la mâchoire serrée et l’air désinvolte. Elle n’avait simplement jamais songé au fait que son oncle et ange gardien ne quitte cette planète avant d’avoir au moins vécu un siècle. Maintenant que c’était chose faite, elle devait vivre avec un goût amer au fond de sa gorge et une frustration logée dans son bas ventre. Elle devait aussi comprendre que le père de Priam était ici, qu’il risquait de partir à un moment ou un autre et qu’elle devait donc réussir à l’oublier tout en le laissant entrer dans la vie de son fils. Elle s’était donc rendue compte qu’elle avait eu tords sur toute la ligne, qu’elle n’était ni invincible, ni insensible. Elle n’était qu’une humaine, une mère ayant fait son lot d’erreurs, une mère qui portait certainement trop de culpabilité sur ses épaules depuis quelques mois. Une mère qui faisait de son mieux, parce qu’être parent ne s’apprend pas dans les livres, il n’y a pas de grandes lignes, c’est simplement de l’improvisation au jour le jour. S’il y avait bien une personne sur cette planète qui comprenait cela, c’était Michaela. La rouquine était de la même trempe parentale que l’était Genesis, en dépit de son jeune âge, elle connaissait les nuits blanches, le fantôme que laisse le père de son enfant, les angoisses que cela provoque au quotidien, la pression lorsque l’enfant pose tout un tas de questions sur ses origines, sur son père. Michaela était une bouffée d’oxygène pour la jeune femme qui venait à peine de poser les pieds dans sa grande maison vide.

Michaela était assez éloignée de Genesis pour comprendre la situation sans pour autant qu’elle ne puisse émettre un jugement sur le père de son enfant. Aux yeux de Genesis il était donc plus simple de se confier à la jeune femme ou bien était-ce simplement à cause de toute cette accumulation d’émotions de ces derniers jours ? Elle l’ignorait. Le fait était que la blonde s’était laissée aller, ce qui était rare, très rare lorsqu’on connaissait Genesis. Elle, la femme au cœur de pierre. C’est alors que les photographies se trouvèrent sous ses propres yeux, éveillant en elle une mélancolie étouffée au fil du temps. Rickon et elle. La blondeur de leur cheveux, les sourires, les regards, une main l’une dans l’autre, des baisers tendres malgré leur esprit déchiré. Elle l’avait aimé, de tout son pouls, de toute son âme. Aujourd’hui encore, elle le savait, elle l’avait toujours su, à la naissance de son fils l’amour qu’elle éprouvait pour Rickon s’était décuplé. Elle était à la fois la plus heureuse des femmes et certainement la plus malheureuse en y songeant. « Il ressemble à… À un ami. Le parrain de Louise, il lui ressemble vraiment. » Genesis releva son regard, ce dernier se posa sur une photographie où Rickon enlaçait ses hanches, son menton était délicatement posé sur l’épaule de Genesis, ses longues mèches blondes rongeaient ses joues. Son cœur bondit soudainement, elle mordilla sa lèvre inférieure. « Oh ! D’apparence alors ! Rickon est vraiment unique. Oui unique c’est le mot. » Une pointe de fière s’était logée dans l’intonation avec laquelle elle appuyait sur l’adjectif. Tout était unique chez lui, de son physique, à sa personnalité absolument trop sérieuse, à cette voix rauques abîmée par le tabac. Genesis tenta d’étouffer l’envie de l’appeler sur le champ, de courir jusqu’à chez lui, de lui dire tout ce qu’elle aimait chez lui, elle se contentait alors simplement de réunir quelques photographies dans le creux de sa main. « Et tu ne m’embêtes pas du tout, je t’assure, je suis là pour ça aussi, pas seulement quand tout va bien et que tout est parfait… Je suis là aussi quand ça va mal. Surtout quand ça va mal, en fait. » Un sourire ignoble se dessina sur le visage de Genesis. Elle murmura « Et tout va mal. » Plus pour elle-même qu’autre chose. Sourire lui faisait encore mal, notamment lorsqu’elle songeait à cette pierre tombale qui prenait le soleil, cette pierre au nom de son oncle. La rouquine s’agita légèrement, soudainement les mots fusèrent et s’imprégnèrent dans le système nerveux de la blonde tel l’ancre le ferait sur une page blanche. Michaela avait raison. Plus que raison même. Il était peut-être temps de le laisser entrer dans sa vie, d’ouvrir son cœur, de le laisser toucher du bout des doigts ses cicatrices. De lui vider son sac, peut-être que s’il acceptait, s’il l’aimait encore, elle lui murmurerait enfin sa peur, ce traumatisme, la façon dont ce tueur fou s’en était pris à sa famille. L’odeur des corps et peut-être que pour la première fois, ses larmes pudiques se montreraient devant lui.

D’un geste brutale, néanmoins teinté de douceur, Genesis enlaça la rouquine, posant sa tête contre la sienne, elle la serra de longues minutes, leur corps respectif partiellement éclairé par la lueur des lampadaires extérieurs. « Merci Michaela. Je suis là aussi tu sais ! » Voix tremblante, échine frissonnante, Genesis chassait ses larmes naissantes en caressant la toison de feu de la jeune fille. Elle se redressa, éclaircissant sa voix maladroitement, elle riait nerveusement avant de réunir toutes les photographies et de les déposer dans la boite. « Et si on allait se coucher ? Demain je compte bien passer du temps avec Priam et Louise, si on les emmenait dans un parc d’attraction hum ? » Elle se leva, étirant son corps, en se dirigeant jusqu’à la chambre de Priam, elle observa le corps de son fils qui dormait, sa poitrine se soulevait au rythme régulier de sa respiration. Elle fut attirée par l’idée de l’éveiller, l’enlacer contre son corps. Néanmoins elle ne fit rien, souriant à Michaela avant de la remercier d’un dernier regard et elle se dirigea jusqu’à sa chambre où son corps épuisé et courbaturé plongea dans les draps blancs. Puis, elle sombra délicatement dans un sommeil de plomb, non sans cauchemars.
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