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 • 4th of July : Peaceful Requiem

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pnj - poète de fairhope

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Sujet: • 4th of July : Peaceful RequiemSam 12 Déc - 15:16

independance day
Ruby L. Swann — Judith Horne — Aiden L. Tyler



4 juillet 2015, 21h

Une dizaine de rangées de chaises au milieu de la nature. Des bougies aux flammes vacillantes posées sur le devant de la scène montée spécialement pour l'occasion. Une scène loin d'être impressionnante, qui se veut modeste, proche du public, en harmonie avec la verdure qui l'entoure. Un piano à queue, des cuivres, des percussions, des cordes et des vents. Et le chef qui vient se placer devant l'orchestre, baguette à la main. L'hymne national d'abord, puis d'autres morceaux tout aussi connus et pas moins agréables. Entre deux salves d'applaudissements, une pause. On sert du champagne et des amuse-bouche aux convives qui ont bien voulu faire le déplacement.

Puis la musique reprend, arrachant les habitants à l'horreur de leur quotidien.


précisions
Ordre de passage : Ruby - Judith - Aiden
◆ Comme stipulé dans les inscriptions à cet event, vous vous êtes engagés à répondre à l'event dans un délai maximum d'une semaine.
◆ Si un membre tarde à répondre, un mp s'impose afin de savoir si le joueur en question souhaite sauter son tour. Si cette demande reste sans réponse, prévenez Toto par mp, et reprenez l'ordre de passage au joueur suivant.
◆ Pas d'agitation prévue pour cet event ; pas de nouvelle victime, simplement un bon moyen de se détendre. Le prochain sera plus mouvementé, c'est promis.
◆ Comme d'habitude, un sujet de flood est créé pour l'event. Enjoy ! bounce
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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemDim 13 Déc - 23:20

Ignore-les, ignore-les, ignore-les.

Ruby baissa les yeux vers sa coupe de champagne et respira un grand coup. Elle se força à se concentrer sur le chemin tracé par les bulles et par la musique environnante et l'air frais. L'atmosphère était plaisante en ce début de soirée et tout avait été pensé pour qu'une personne lambda puisse oublier ses problèmes en ce jour de fête nationale. La réalité était beaucoup plus difficile pour la brune. Elle se retint de lever les yeux pour chercher Marissa du regard. Son assistante était partie trouver un siège pour sa tante qui à cause de son âge et de la fatigue ne pouvait pas rester debout très longtemps. Cette dernière voulait être assise le plus près possible de l'orchestre pour pouvoir entendre la musique et profiter de la bonne compagnie. Ruby avait eu un sourire poli pour la femme plus âgée qu'elle en entendant cela. Elle ne voyait pas en quoi tout ce monde pouvait être qualifié de bonne compagnie mais ses nerfs étaient mis à rude épreuve depuis ces dernières semaines.

L'affaire avait pris possession de tous les aspects de sa vie et cela lui donnait la nausée. Elle se retenait d'appeler Genesis ou Cameron trois fois par jour à présent et quand elle ne pensait pas aux deux jeunes femmes, elle faisait de son mieux pour éviter Tobias et pour ne pas penser à sa soeur. Et encore, même ça... ce n'était pas suffisant. Des nouveaux visages avaient fait leur apparition dans Fairhope et pas que des visages amicaux, non. Il y avait cette nouvelle attraction à la mode, sur aller les traces du Poète ou quelque chose comme ça, ou n'importe qui pouvait suivre, de façon tout à fait imaginaire, les corps qu'avait laissés le meurtrier devant lui. Le tour passait bien entendu par Fairhope Avenue et Ruby s'était figée la première fois qu'elle avait vu le groupe de dizaines de touristes, appareil jetables en main, en train de prendre des photos d'elle et ses élèves à travers la baie vitrée du studio. Et ça, ce n'était pas le pire. Le pire c'était les questions qui venaient une fois le cours terminé.

"Et vous arrivez à vivre après ça ?"
"Vous êtes contente d'être en vie pas vrai ?"
"Pourquoi est-ce que vous n'avez pas accepté de donner des interview vous savez... comme Laura ? Vous aidez la police au moins ?"


Et Ruby n'était pas le genre de femme qui se mettait en colère, bien au contraire. On l'avait privée de voix, on l'avait privée de cri, elle avait appris à se faire discrète et à devenir presque docile. Toujours polie, toujours réfugiée derrière un air de piano dont les accords étaient plus souvent tendres et mélancoliques que dévastateurs. Elle avait eu une bonne raison d'en vouloir au monde au cours des années précédentes de sa vie mais jamais, elle n'avait jamais autant tremblÉ face à ce groupe de curieux et de pervers, car il n'y avait pas d'autre mots, et elle les avait mis à la porte, en silence. C'était déroutant, c'était vexant et triste de voir l'opinion des gens à son sujet. Si on pensait qu'elle avait refusé de coopérer.... C'était pitoyable. Ruby avait fait de son mieux, elle était la première à s'en vouloir car elle ne se rappelait de rien...

Marissa lui avait dit de ne pas penser à ça ce soir, elle était dans une robe que la jeune femme lui avait donné pour l'occasion et elle s'était prêté au jeu de la célébration. Rester dans son appartement à déprimer ou à taper dans son punching ball n'arrangeait absolument rien mais Ruby n'en pouvait plus d'être confrontée au regard des autres. Elle finit par relever la tête et pivota sur sa droite, pour ignorer le couple qui la pointait du doigt depuis cinq minutes déjà et elle vida sa coupe de champagne d'un trait. La brune regretta aussitôt son geste, elle n'était pas du tout habituée à l'alcool et le goût lui restait toujours sur la langue. Autant dire que cette seule et unique coupe allait lui suffire pour toute la soirée. Ruby poussa un soupir et finit par aller poser sa coupe vide. Son ardoise était dans son sac et elle s'en empara, car c'était son seul moyen de communication ce soir. Et elle était bien là pour parler un peu à sa manière... enfin à condition qu'on ne l'assimile pas automatiquement à une victime.
Ruby voulait juste être une femme normale, juste pour un soir.

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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemSam 19 Déc - 0:41


L’air un peu plus frais du soir, la délicate brise dans ses cheveux donnaient à Judith l’impression d’être vivante pour la première fois depuis longtemps. Elle évitait de penser à ce que les gens autour d’elle pouvaient trouver à dire la concernant. Elle espérait qu’on ne la pointe pas du doigt, qu’on ne chuchote pas sur son passage, qu’on la considère comme quelqu’un de normal et pas ce visage dans le journal ou à la télé. A la limite, qu’on l’ignore, qu’on la laisse dans son coin, cela irait très bien.
Régulièrement, pourtant, elle sondait les visages des convives en espérant ne rencontrer aucun regard suspicieux, n’y trouver personne de sa connaissance. Surtout pas Charlie. Déjà deux mois qu’il était parti, qu’il l’avait laissée seule face à tout ce qu’elle devait affronter en cette période difficile et elle ne pouvait même pas lui en vouloir, rejeter la faute sur lui, le tenir responsable. Elle était la seule coupable de leur rupture et loin d’être prête à l’assumer, elle l’avait évité depuis. A vrai dire, elle était même prête à fuir les lieux si elle devait se retrouver face à lui, ces lieux où elle avait tellement de souvenirs. Les bons comme les mauvais. Elle se rappelait des heures passées dans cette nature accueillante, ces heures où elle était loin d’être insouciante mais beaucoup plus que maintenant. Et pourtant, pour la première fois depuis des mois, elle se sentait bien, en sécurité. La musique l’apaisait, comme elle l’avait toujours fait.

Judith refusa poliment un verre de champagne qu’on lui proposait, elle ne buvait presque qu’exclusivement du jus d’orange. Elle ne se sentait pas vraiment à sa place, mais la musique qui retentissait dans la nature, c’était tellement beau qu’elle en oubliait le temps, les tracas. Ces moments de grâce où le futur n’assombrissait plus son humeur, où le présent comptait, étaient devenus si rares qu’il fallait les chérir et Judith, pour une fois, se serait presque senti le cœur léger. Elle tourna légèrement la tête à gauche et son regard intercepta malgré elle celui de la jeune femme qui se tenait près d’elle. Ce visage, elle le connaissait bien, celui d’une professeure de danse, victime rescapée du tueur en série qu’on la soupçonnait d’être. Elle esquissa un bref sourire, espérant que la jeune femme ne l’enverrait pas sur les roses, ne lui tiendrait pas rigueur du tapage médiatique, de son statut de suspecte. Peut-être pouvaient-elles n’être que deux amatrices de musique comme les autres ce soir, peut-être… « Bonsoir, » dit-elle simplement, timidement. Elle espérait de tout son cœur obtenir une réponse amicale.
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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemSam 26 Déc - 16:58

Je replace distraitement une mèche échappée de mon chignon tandis que j'observe les rangées de chaise, tentant de décider si je désire m'asseoir ou rester debout, me placer en retrait où nul ne me prêtera attention si je chante dans un souffle presque muet, ou si je veux être devant où je pourrai mieux observer les musiciens. Je ne sais pas, je veux juste passer une bonne soirée, savourer la musique dans une belle robe (et ma robe est belle, toute de soie noire, balayant mes chevilles à chaque pas, ses longues manches me protégeant de la fraicheur nocturne lorsqu'elle sera bel et bien arrivée, sa forme cache-cœur soulignant ma taille et mon décolleté, une robe parfaite pour assister à une représentation ou prendre part à un récital, ma robe préférée en dépit de sa couleur sombre), des fleurs piquées dans mon chignon m'enveloppant de leur odeur. Le verre d'eau entre mes mains rafraichit mes paumes tandis que je cherche les visages, et tente de saisir ce que tout ces gens font là. La plupart sont vêtus d'une manière qui indique clairement qu'ils sont des touristes, et se comportent comme tels, pointant les gens du doigt, buvant le champagne comme si il allait disparaître à n'importe quel instant, désintéressés tandis que la musique emplit l'espace.

Je ne comprends pas ce comportement tandis que mes jambes me font me mouvoir à travers la foule, verre vide d'eau remplacé par un verre plein, sirotant distraitement le liquide alors que je m'éloigne sans vraiment le réaliser des touristes dont les yeux m'effraient. On dirait des enfants au zoo, observant les animaux en cage sans se rendre compte qu'ils sont vivants et devraient se trouver en liberté et non ici. C'est effrayant, de me rendre compte que le Poète n'est pas la seule chose inquiétante ici. A leur façon, les touristes sont pires. Ils se nourrissent de la peur environnante, des ragots, des bribes de vie entraperçues. Comment est-ce qu'ils peuvent trouver ça normal, de venir ici et de pointer les suspects, les survivants, les gens du doigt, en disant les reconnaître, être sûrs qu'ils sont le Poète, qu'ils n'ont pas l'air bien inquiets ? C'est malpoli !

Maintenant que je suis éloignée d'eux, cachée derrière des gens, je me permets d'observer rapidement les gens près de moi. La professeure de danse, si gracieuse quand elle bouge, une jeune femme qu'il me semble avoir vu pointée du doigt en ville, murmures l'accompagnant, d'autres visages encore. J'hésite à franchir les quelques pas qui me séparent d'elles, à les saluer, avant de décider de rester où je suis. J'aurai aimé qu'Hana ou Shandra soient là, pour pouvoir me dissimuler à leurs côtés et simplement écouter la musique, certaine qu'elles me protégeraient. Je ne connais pas la femme près de la professeure de danse, et je ne suis pas certaine d'où j'en suis avec l'instructrice. Mieux vaut rester à, légèrement détachée, tandis que je prends de petites gorgées d'eau et écoute la musique, oscillant doucement avec elle et chantonnant à l'arrière de ma gorge.
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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemLun 28 Déc - 0:10

«Tu viens, un point c'est tout.» Il avait ouvert la bouche pour protester, se débattre vainement contre la poigne puissante de sa tante, mais c'était sans espoir, aussi Aiden avait acquiescé, marmonnant quelque chose à propos d'une torture alors qu'il s'éloignait en râlant, déposant son assiette sale dans l'évier. «Ca te fera du bien.» Et il avait dû se mordre la langue pour ne pas lui rétorquer que se faire brutalement assassiner par un fou furieux n'allait pas lui faire de bien. Il avait simplement débarrassé la table, ignorant du mieux qu'il le pouvait le nœud qui s'était déjà formé au fond de son estomac. «Ecoute, j'ai deux réservations, mais la personne avec qui je devais y aller... Disons que ça n'a pas marché entre nous.» Il avait rétorqué qu'en fait il était le plan B, et que vraiment, c'était agréable d'être aussi important à ses yeux, ce à quoi elle avait sagement évité de répondre. Parce qu'après tout, elle n'avait pas vraiment d'obligations envers lui.

Et puis elle avait disparu. La traîtresse l'avait amené jusque là, et il avait même osé se réjouir à l'idée d'une nouvelle expérience tant elle en avait vanté les mérites sur le chemin, et puis elle s'était éclipsée. Apparemment, elle avait finalement trouvé mieux à faire que de souffrir ce merveilleux spectacle dans ce joli cadre avec lui. «Va t'asseoir, je te rejoins,» qu'elle avait dit, ses pas la menant déjà jusqu'à un visage qui devait lui être familier. Aiden n'aurait rien voulu d'autre que de la suivre et de ne pas la lâcher d'une semelle, mais la fermeté dans son regard semblait le lui avoir tout bonnement interdit. S'il avait su le dire, il aurait jugé que la vitesse à laquelle leurs bouches s'ouvraient, et les mouvements qui accompagnaient les phrases semblaient lui interdire de s'approcher d'eux-mêmes. Il parcourut les alentours des yeux, planté quelque part légèrement à l'écart des allées de chaise, la musique un bruit de fond presque distant tandis qu'il cherchait l'endroit stratégique où se positionner.

Le problème résidait dans l'essaim de suceurs de sang qui emplissait beaucoup de sièges. Les touristes et leurs langues bien pendues, leurs yeux vicieux et leurs doigts fourchus. Il avait peur. Peur qu'ils le reconnaissent, qu'ils le pointent du doigt comme ils le faisaient pour ces deux jeunes femmes aux visages familiers. Tristement familiers, puisqu'il ne les connaissait que par le biais de l'assassin. Assassin à cause du quel il craignait d'être reconnu. Cela aurait voulu dire que les mots, les aveux qui lui avaient échappé avaient fini par trouver des oreilles avides. Mais non. On ne lui prêtait pas d'attention, aussi se laissa-t-il glisser jusqu'au groupe de visages locaux. Une victime et une suspecte, même s'il ne l'imaginait pas coupable. Ca ne comptait peut-être que pour lui, son opinion, mais cela lui permettait au moins de s'approcher sans trop de crainte.

Quelque part sur le chemin, il avait récupéré une coupe de champagne. Et en avait bu une partie, apparemment. Une fois à proximité, il pivota pour tenter d'apercevoir sa tante, lui faire savoir où il était, mais d'après ce qu'il voyait, elle semblait toujours engrossée dans sa conversation, et elle lui tournait le dos. Il soupira et avisa une paire de chaises encore libre et s'adressa à la jeune femme qu'on avait suspectée d'une acte atroce. «Bonsoir. Excusez-moi, est-ce que ces places sont libres?» Il désigna les deux sièges à sa gauche. Une jeune femme était toujours débout, relativement proche des places libres, aussi fit-il un geste dans sa direction pour attirer son attention. Peut-être qu'elle faisait partie du petit groupe déjà installé là. Il fit un autre mouvement vers la chaise, lui demandant plutôt maladroitement si c'était sa place. Peut-être qu'il venait accidentellement de lui indiquer de venir s'asseoir. Tant pis. Il risquait de finir la soirée seul, de toute manière. Il finit par prendre place. «C'est plus agréable ici qu'au milieu de ces touristes.» Ça n'était dit à personne en particulier, mais suffisamment fort pour que ses voisines puissent l'entendre, au cas où quelqu'un ressentirait la même chose. Ne serait-ce que pour la musique et les musiciens, faire silence ou faire doucement était la moindre des choses.
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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemMer 30 Déc - 18:46

Les gens, le contact, être sociable, tout ceci, c’était le monde de l’inconnu pour Ruby qui n’avait jamais su comment évoluer dans le monde des adultes. S’il y avait eu des enfants présents, elle aurait su quoi faire pour pouvoir communiquer avec eux mais là… Avec les habits élégants, l’atmosphère, le champagne… Elle ne savait pas. La plupart des gens aimaient attribuer cela à son handicap mais la brune savait que c’était faux. Sa mère l’avait déjà trainée dans des associations, dans des groupes pour sourds et muets et elle avait vu que les gens privés d’un sens ne réagissait pas tous comme elle. Ils ne se terraient pas et ils ne se cachaient pas des yeux du monde, bien au contraire, ils attrapaient ce monde qu’on essayait de leur prendre de force avec leur deux mains et ils s’y accrochaient. Ruby en était là de ses pensées, à se demander si ce genre de soirée était la bonne opportunité pour commencer lorsqu’on l’aborda. Elle sourit par politesse à la brune qui se tenait à coté d’elle avant de sortir son ardoise de son sac. C’était le moment où jamais pour se lancer.

Bonsoir.
Un simple mot pour commencer la conversation et Ruby enchaina, essayant de trouver quelque chose de léger à répondre. Quelque chose de banal, de normal et qui ne traduirait pas toute l’étrangeté de la situation pour elle. La professeure de danse était bien contente que sa main ne tremble pas alors qu’elle écrivait les mots suivants.
Belle soirée, n’est-ce pas ?
Elle montra une fois de plus son ardoise à la nouvelle venue puis pointa du doigt l’orchestre. Qui jouait encore. Le chef d’orchestre était livré à sa propre danse, silencieuse, en rythme avec la musique et il semblait perdu, ailleurs dans la musique. Ruby connaissait cette sensation et si ses pointes se trouvaient dans son sac, elle savait bien qu’elle ne pouvait pas les sortir dans la seconde. Pas de pliés ou d’arabesques pour se sentir à l’aise ce soir. Son regard se reporta sur son interlocutrice, elle remarqua également qu’on les observait et Ruby finit par détailler la jolie brune et son visage fin. Il ne lui fallut que quelques minutes de silence pour la replacer et presque instantanément, les mots mâchés par la presse lui revirent en mémoire.

Je vous ai déjà vue dans les journaux, Judith c’est ça ?
Ruby était presque certaine d’avoir raison. Judith avait été suspectée d’être le meurtrier sanglant après la découverte du corps de Rose Howard. Une victime de plus sur la liste et une vie brisée de nouveau. Ça ne l’étonnait guère que ce soit Judith qui soit venue la trouver dans la foule, elles étaient toutes les deux à la dérive et toutes les deux avec une part d’elle-mêmes qui était partie à ce meurtrier. Volée, empruntée et jamais rendu. Ruby fut prise d’un élan d’affection pour la professeur qui se tenait à ses côtés, elle aurait pu l’éteindre mais le contact physique n’était pas son fort, elle pouvait discuter avec Judith, son ardoise à la main. Elles n’étaient pas seules cependant et elles avaient beau être debout, on commençait à investir les chaises à proximité. Ruby repéra du regard une autre jeune femme au visage familier et un homme qui venait de leur demander s’il pouvait s’asseoir. Ruby lui signala d’un hochement de tête que oui, les places étaient libres et autant qu’elles soient occupées par quelqu’un qui avait des manière. Pas comme une majorité des gens présents. L’homme semblait partager son avis et Ruby eut un mouvement de tête, plus vigoureux que le précédent et écrivit rapidement cette fois-là encore.

Je suis bien d’accord avec vous. À croire que tous les gens les plus malpolis du monde on décidé de venir voir Fairhope pour leurs vacances. Niveau classe c’est genre zéro.
Elle montra le message aux deux jeunes femmes et à l’homme. Tous originaires de Fairhope ou dans le cas de Ruby, en ville depuis assez longtemps pour être dérangés par cet afflux soudain de nouvelles têtes. Tout ce que Ruby voulait, plus que tout, c’était oublier ses problèmes ce soir et parler à des gens qui ne la prendrait ni pour une victime ni pour une folle. Elle pouvait commencer avec les personnes qu’elle avait en face d’elle.
Avant que quelqu’un d’autre me présente, je suis Ruby Swann et je suis juste venue passer une bonne soirée. Et vous?
Oui, Ruby faisait la conversation, où était donc Marissa pour voir cet exploit ? La danseuse ne la chercha pas du regard, ayant pour une fois depuis trop longtemps, la situation sous contrôle.

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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemMer 27 Jan - 22:25

Aiden n'avait pas l'âme d'un artiste. Jamais eu. Il ne s'était jamais exprimé à travers de grandes éclaboussures de peinture, à travers des chansons, des phrases griffonnées à la hâte quand l'inspiration ou le mal-être vous prenaient au dépourvu. Il n'avait jamais trouvé, dans l'art, sous aucune de ses formes, d'exutoire, d'échappatoire, quoi que ce soit que tous les artistes, talentueux ou non, prétendaient trouver dans un nouveau couplet ou dans des nuances de ciel bleu. Le fait qu'il n'ait jamais trouvé à s'exprimer par quel autre moyen que ce soit n'était définitivement pas à l'ordre du jour. Mais plus que de ne pas se trouver dans la création, il ne recevait rien de la création des autres. La plus belle toile, le chant le plus puissant, les phrases les plus expressives, le film douze fois primé, il n'y avait rien. Cela ne soulevait, chez lui, ni dégoût, ni attrait, ni curiosité. Rien que du temps passé posé là, à regarder, écouter, lire, toucher, à se demander ce que les autres pouvaient bien y trouver. Ou plutôt, à se demander pourquoi lui n'y trouvait rien. A se demander quel était son problème, puisque comme dans tous les aspects de sa vie, Aiden était propice à l’égocentrisme. Pourtant Dieu savait qu'il pouvait se haïr.

La musique jouée par l'orchestre, donc, n'avait pas d'influence sur lui, mais que personne ne vienne froncer les sourcils et dire qu'il aurait mieux fait de laisser sa place à des gens qui en auraient profité puisque, à l'évidence, à part quelques irréductibles, personne ne semblait vraiment en profiter. Entre ceux avec le doigt pointé, l'étonnement, la fascination, et ceux que l'on pointait, la gêne, la lassitude, les musiciens recevaient sans doute trois fois moins d'attention que ce qu'ils auraient mérité. Apparemment, il n'était pas le seul à trouver que ces visages inconnus gâchaient l'ambiance, puisque c'est ce qu'indiqua l'ardoise de l'une des demoiselles dont il s'était approché. La victime, celle dont l'appel à l'aide avait été silencieux. Il hocha la tête après lecture. «Ils me rendent malade...» Le monde dans les rues, les voix incessantes, les curieux, tout ça lui donnait des sueurs froides lorsqu'il y pensait trop, ou qu'il se retrouvait coincé au milieu d'un attroupement de touristes au milieu de la rue. L'avantage, avec la composition de ce groupe, était qu'a priori, tous allaient vouloir garder le sujet aussi loin des meurtres que possible, et c'était tout ce dont il avait besoin. «Enchanté. Moi, c'est Aiden.» Il informa ses deux interlocutrices, même s'il préféra taire son nom de famille. Après tout, l'on n'était jamais à l'abri des micros et autres espions, même si la musique et l'environnement reculé lui permettaient de se sentir un peu moins épié. «Et je suis totalement d'accord pour la bonne soirée!» Il était venu parce qu'on l'avait obligé, certes, mais personne n'était obligé de le savoir. «Sans les touristes, ce cadre serait parfait.»

Un morceau s'acheva, tous se mirent à applaudir, Aiden suivant le mouvement. «C'est la première fois que je vois une telle manifestation,» constata-t-il alors que la musique s'était arrêtée quelques instants. Il n'en avait pas vu beaucoup, étant donné qu'il ne pouvait pas se tenir au milieu d'une foule, mais soit. Un homme passa leur proposer du champagne et des petits fours, ce que le brun refusa poliment. Qui savait ce qu'on avait pu mettre là-dedans. D'ailleurs, se précipiter sur le champagne avait été un rien suicidaire, mais il était toujours vivant, aux dernières nouvelles, donc il allait tâcher de ne pas trop y penser. Même pas de nœud dans le ventre quand il pensait que sa tante l'avait abandonné à son sort. «C'est une bonne alternative aux feux d'artifice, je trouve.» Dont il avait horreur. D'ailleurs, cette période entière lui était assez désagréable, majoritairement parce qu'à chaque pétard, il avait l'impression que c'était lui qui explosait. Mais ce soir, pas d'explosions, rien qu'un brin de musique, quelques phrases échangées. Il pourrait presque s'en sortir.
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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemMer 10 Fév - 23:17

Le cadre parfait. Aiden avait sans aucun doute raison, sans la présence de ces yeux inconnus, des chuchotements et des regards à peine voilés, cela aurait été une soirée parfaite. Ici, l’air étouffant de l’été n’était pas encore arrivé en ce début de soirée et la musique était agréable. Ruby finit par s’asseoir sur la chaise juste à côté du brun, son regard également tourné vers les musiciens alors qu'un autre morceau s’achevait. Une autre ballade pour qui voulait bien écouter. J’aurais détesté les feux d’artifice. Trop de bruit. Répondit très sincèrement Ruby, gravant rapidement les mots sur son ardoise. Le bruit n’était pas une chose particulièrement positive dans le monde de la danseuse et elle n'avait jamais compris ce qu’il y avait d’enivrant à regarder quelque chose exploser dans le ciel ou voir quelque chose qui finissait par éblouir par la rétine. Elle se souvenait que même très jeune elle trouvait cela dérangeait, lors des soirées en famille où elle était toujours obligée de se rendre, dans une jolie robe et une main dans celle de sa mère. Lors de son premier feu d’artifice, Ruby n’avait eu que neuf ans et pourtant elle se rappelait avoir demandé à ses parents s’ils pouvaient rentrer à la maison, la petite fille qu’elle était à l’époque agitant les doigts pour leur faire comprendre que ce n’était pas le meilleur endroit du monde pour elle. Les yeux tournés vers un ciel qu’elle ne pouvait pas atteindre, ça semblait tellement ridicule et futile de rêver, peut-être que déjà à l’époque elle avait compris l’énorme perte de temps que c’était que de se représenter être là haut, comme ses lumières éternelles et comme les étoiles mêmes.

La musique en revanche… Ruby pouvait s’y retrouver. Je crois que c’est mieux comme ça, moins de monde, les gens qui veulent de l’animation iront dans des bars je suppose. La professeur de danse se distinguait du lot, même là, c’était ça limite, le maximum de monde qu’elle pouvait supporter et elle ne se sentait pas… bizarre, ce n’était certes pas sa place mais effacer les mots de son ardoise face à Aiden ne semblait pas aussi hors norme en fait. Dans un endroit plus bondé, il était souvent difficile d’expliquer pourquoi elle devait avoir recours à ce genre de méthode et elle laissait souvent tomber les explications pour se murer dans un silence sourd avec un faux sourire sur le visage.Et je dois vous dire que vous êtes la première personne que je vois refuser une coupe de champagne ce soir Aiden, et pourtant j’ai l’oeil. Peut-être qu’elle avait enfin trouvé la seule personne qui se disait aussi que le champagne n’allait pas forcément de paire avec la célébration. On m’a encouragé à boire ce soir mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Ruby écrivit cela avant de chercher Marissa du regard, elle s’étonnait de ne pas avoir vu la brune revenir vers elle.

Un éclat de rire et Ruby finit par apercevoir son assistante en pleine conversation avec un des serveurs de la soirée, un ami à elle ? Probablement, la jeune fille avait moins de filtres que Ruby et elle réussissait à s’imposer plus facilement dans une conversation. Ruby semblait cependant avoir trouvé une personne qui ne semblait pas rebutée à l’idée de lire des mots sur une ardoise, beaucoup la regardaient perplexe pensant que c’était une excuse pour se cacher, non. C’était ça, sa voix. La musique changea, un autre air plus discret et Ruby montra la scène du doigt alors que de l’agitation se faisait ressentir. Je crois qu’on prépare quelque chose. Ruby eut à peine le temps de montrer son ardoise à Aiden cette fois-ci qu’un murmure général se faisait entendre alors qu’on apportait de grandes cages sur scène, les cages contenant des colombes d’un blanc immaculé. Le spectacle ne faisait que commencer c’était certain et Ruby observa fascinée, cette nouvelle sorte de danse très organisée qui se dessinait devant leur yeux. La brune se demanda depuis combien de temps les animaux attendaient dans leur cage, une bien triste pensée qui ne dura que quelques secondes, quelques secondes avant la liberté et les applaudissements de la foule.

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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemMer 16 Mar - 23:31

Son père l'avait plus ou moins considéré comme étant handicapé pendant de nombreuses années, c'était peut-être de là que venait son comportement complètement naturel face à l'ardoise de la jeune femme assise à ses côtés. Bien sûr, ça n'avait pas grand-chose à voir, son père l'avait pris pour un idiot congénital, d'après ses propres mots (après, il avait voulu reformuler sa phrase pour y inclure une insulte qui ne le rendait pas fautif, mais l'absence de réaction de l'adolescent l'avait juste fait soupirer et tourner les talons), pendant longtemps. Mais il avait grandi avec cette idée dans un coin de sa tête, alors qui aurait-il été pour avoir un comportement désobligeant ou gêné envers la jeune femme? Au contraire. Et quelque part, c'était presque plus simple de discuter avec Ruby qu'avec quelqu'un doué de voix. Dans les voix, il y avait des intonations, de la colère, de la rage, il y avait de la violence et des vibrations qu'une craie sur un tableau n'avait pas. Certes, peut-être que les mots changeaient de forme selon les émotions, les traits se faisant plus secs, plus brefs et plus appuyés si la jeune femme était en colère, mais il était sans doute assez difficile de retranscrire correctement ses émotions. Ce qui devait être terriblement frustrant pour elle, mais qui, il fallait l'avouer, arrangeait bien Aiden, qui n'avait pas à interpréter chacun de ses mots comme étant une menace de mort à son encontre. Certes, leur conversation n'avait rien des grands débats et autres sujets enflammés dont se gorgeaient les autres, mais le ton calme et cordial était sans doute tout ce dont ils avaient besoin. Aiden préférait largement des heures de discussion impersonnelle et sans émotions à dix minutes d'un échange animé, aussi intéressant ce dernier puisse être. Même si des heures était une exagération de sa capacité de sociabilisation.

Bien sûr, il n'allait pas aller lui expliquer les raisons de sa non-consommation. Ils n'en étaient pas là, et le brun avait appris à ses dépends que ce genre de comportement ne se rangeait pas dans la catégorie normale à laquelle il s'efforçait d'appartenir. Les longs regards qu'il avait reçus pour réponse avaient parlé d'eux-mêmes. Aussi, il se contenta de sourire et de suivre son regard jusqu'à une jeune femme qui riait. «Vous aussi, on vous a plus ou moins abandonnée ici?» A son tour, il chercha sa tante du regard et se demanda un instant si elle ne l'avait pas fait exprès pour le 'forcer à faire des efforts'. Ca n'aurait pas été la première fois, en revanche, c'était bien la première fois qu'il  y avait un résultat positif. D'ordinaire, il passait le reste de son temps d'exil à essayer de se faire oublier. Pas ce soir. Peut-être qu'elle avait raison, finalement? En tout cas, ce qui était certain, c'était qu'il comptait bien profiter de ce sentiment de paisibilité qui l'accompagnait en ce soir de fête nationale.

Bientôt, Ruby pointa la scène du doigt, et il suivit le mouvement. Le commentaire de Ruby tomba à point nommé, et le murmure général le rappela à la scène, où les oiseaux se préparaient à prendre leur envol. Ils n'avaient pas bien dû comprendre pourquoi on les trimballait comme ça, pourquoi on les retenait. Mais surtout, surtout, «Je me demande où elles vont.» Si une connaissance sommaire des oiseaux aurait pu lui dire que selon la saison, l'inclinaison du sol ou la couverture médiatique de l’événement, ils prendraient telle ou telle direction, il n'y connaissait strictement rien, et à part les regarder battre des ailes et constater qu'ils arrivaient à rester en l'air, il ne pouvait pas déduire grand-chose. Il les suivit des yeux quelques instants, applaudissant parce qu'il le fallait, et se tourna à nouveau vers Ruby. Il aurait bien demandé pourquoi ils applaudissaient des animaux qui n'avaient rien fait d'autre que de fuir vers des terres moins dangereuses, mais il se doutait que l'on applaudissait plus le spectacle et les efforts mis en œuvre que la réponse naturelle d'une proie qui se voit offrir une porte de sortie. «Ils n'ont pas fait les choses à moitié!» s'exclama sincèrement le brun alors que la foule ne parvenait pas à regagner son calme, les conversations s'animant. «Ca, au moins, ça symbolise bien l'indépendance.» Plus que les feux d'artifice, c'était certain. La musique reprit le pouvoir sur les murmures des gens, et l'excitation laissa place à une satisfaction agréable. «Comme quoi, on n'a pas besoin d'être bruyant pour être libre.» Il regarda à nouveau en l'air, cherchant les oiseaux du regard. Ca n'était pas dit particulièrement pour Ruby même si, maintenant qu'il y pensait, c'était peut-être mal formulé. Mais il avait aussi (et surtout) pensé à lui-même et son propre silence qu'il lui arrivait de questionner, ces derniers temps. Pas ce soir, apparemment.
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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemDim 3 Avr - 18:39

Probablement très loin de Fairhope. avait écrit rapidement Ruby à la question d’Aiden, oui, les oiseaux étaient enfin libres, libres de voler au loin et de ne plus jamais revenir dans leur cage. C’était ce que Ruby ferait si elle avait des ailes pour voler et assez de courage pour le faire, et surtout, si elle n’avait pas de cicatrices sur sa peau. Car c’était bien ça qui la retenait à Fairhope, ses cicatrices, les coups de scalpels que le poète avait laissé dans sa peau, gravé à tout jamais sur sa chair et dans son âme. Elle savait qu’elle ne pourrait pas quitter la ville, qu’elle ne serait pas complètement libre tant que le meurtrier n’était pas derrière les barreaux. Ce n’était pas par esprit de vengeance ou quoi que ce soit du genre, elle avait juste besoin de savoir que celui qui lui avait pris une partie de sa vie ne pourrait plus jamais le refaire. Et peut-être que là alors, elle pourrait s’envoler et partir, tout comme les colombes. Le spectacle était beau et un peu magique dans un sens et la professeur de danse classique ne voyait pas très bien le rapport avec le 4 Juillet, peu importe, elle appréciait le moment, elle se disait que cela valait le coup de faire un effort, d’être loin de chez elle, dans une jolie robe qu’elle n’allait pas remettre avant des années et de parler à quelqu’un qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam.

C’était ça, sa thérapie en quelque sort, être dehors, jour après jour, continuer de vivre et de ne pas se laisser abattre ou ronger par la culpabilité. Les conversations reprirent facilement après le spectacle, les applaudissements laissant place à une sorte de murmure assez agréable, une autre sorte de musique en somme, de la musique que Ruby pouvait vraiment apprécier. Oui, j’aurais vraiment détesté les feux d’artifice. Elle comprenait parfaitement ce qu’Aiden voulait dire à ce propos, la paix dans le silence, les gens avaient tendance à en faire un peu trop ces derniers temps, qu’il s’agisse des simples habitants ou des touristes, tout ça pour quoi ? Ruby ne comprenait pas vraiment. Son regard se perdit dans la foule et elle finit par apercevoir Marissa qui parlait à un des serveurs, elle pouvait sentir la proximité dans leurs regards et dans leurs gestes. Elle se demanda un instant si son assistante connaissait le jeune homme ou si elle venait de le rencontrer, peu importe, l’étudiante avait cette capacité de sympathiser avec tout le monde, une capacité qui rendait Ruby jalouse parfois. Elle tourna la tête à sa droite, l'institutrice semblait avoir trouvé quelqu’un avec qui discuter, ce qui ne laissait plus qu’Aiden et elle. Un des serveurs s’approcha d’eux avec un plateau d’amuse-bouche et la brune fit un signe poli de la tête pour décliner l’offre, ce n’était pas vraiment son genre de nourriture, vraiment pas, c’était un peu trop pompeux pour elle. Ce n’est vraiment pas de la nourriture...c’est mal si j’ai envie de manger autre chose ? Ruby se posait plus la question à elle-même qu’à Aiden en fait, son régime alimentaire était des plus chaotiques et elle se demandait si elle pouvait ingurgiter autre chose pour le moment ou pas… Elle pouvait toujours essayer pas vrai ?

Elle se tourna vers Aiden et repensa à Marissa, la jeune fille n’était pas la seule qui pouvait sympathiser avec un parfait inconnu, Ruby en était certaine. Vous venez ? Je vous invite. Elle proposa cela, et quelques secondes après le rouge lui montait aux joues, elle fut bien contente que cela ne soit pas visible avec sa couleur de peau. Une fois qu’elle fut certaine qu’Aiden ait bien lu les mots de craie blanche, elle les effaça rapidement avant d’écrire. Ou alors on peut danser, je suis prof de danse, je ne sais pas si je vous l’ai dit, alors ça vous fera un cours gratuit. Et oui dans le cas de Ruby, il s’agissait bien d’une tentative pour détendre l’atmosphère.

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Sujet: Re: • 4th of July : Peaceful RequiemDim 24 Avr - 22:45

Parfois, Aiden se laissait penser que le poison ne viendrait pas d'une nourriture qu'on le forcerait à ingurgiter ou que personne n'essaierait de l'assassiner dans son sommeil ou lors de son voyage hebdomadaire au supermarché du coin. La mort ne viendrait pas de l'extérieur. Elle était déjà dans ses veines, liquide incolore, indolent, insolent, circulant librement dans son corps depuis ce jour qui n'était célèbre pour personne d'autre. Sur la pointe de la lame, le venin répandu comme une traînée de poudre, qui, petit à petit, faisait son bonhomme de chemin, se nourrissant de sa terreur et de ses angoisses, charognard vorace. L'emprise s'étendait, inatteignable, incurable, indétectable. L'assassin n'avait pas fui, il jouait simplement avec sa proie, amusé par la lutte vaine et pathétique. Et, alors qu'il arriverait en haut de la pente, la lueur d'espoir devenant, l'espace d'un instant, la certitude d'une réussite, il s'effondrerait, et mourrait, dégringolant jusqu'en bas à nouveau, sans aucune chance de se relever. Dans ces moments-là, il savait qu'il allait mourir, alors à quoi bon craindre l'extérieur? Bien sûr, il confinait cette idée aux murs de son appartement, pour éviter de jamais se croire en sécurité.

L'univers, dans sa cruauté, s'amusait, de-ci de-là, à cracher des individus dysfonctionnels à la surface de la Terre, et à les regarder, toute leur vie durant, s'estropier, s'atrophier, s'altérer, se mutiler pour rentrer dans un moule qui ne leur convenait pas. Les créatures sortaient des mêmes chairs épuisées, des mêmes mères tremblantes que les autres, normaux, conformes, quelques instants. Puis le dysfonctionnement, qui s'offrait le luxe d'être personnalisé, venait se greffer à l'enfant, ralentissant sa course, effaçant tous les plans, toutes les cartes, les indications, tous les panneaux, à la manière d'un boulet à la cheville. L'abêti lâché là, l'esquinté au milieu des autres, incapable de les imiter, de les suivre, de les comprendre. Il avait beau tourner, tourner et tourner, l'horizon ne contenait aucune réponse. Alors le brouillon clopinait, dans un sens et puis l'autre, désespérément à la recherche de quelque chose qui donnerait un peu de sens à tout le reste. Et puis, de temps à autre, sur le chemin, au hasard d'un nouveau pavé craquelé, d'un nouveau trottoir encombré, ou encore d'un concert en plein air, l'on croisait un autre de ces êtres pour qui tout était difficile et, pour les quelques instants où les chemins se rejoignaient, la peine se muait en sourire.

Un instant après Ruby, il déclinait l'offre du serveur à son tour. Parce que s'il y avait une chance que le poison ne vienne pas de l'intérieur, alors il ne pouvait pas prendre de risque. Il ne savait plus trop quand ça avait commencé. Tout ce dont il se souvenait, c'était d'avoir amené la fourchette à sa bouche, au milieu d'un restaurant quelconque, sa tante fidèlement assise en face à discuter comme elle seule savait le faire, et l'idée l'avait frappé de plein fouet, laissant les aliments suspendus en l'air pendant de longues secondes avant de les rediriger avec tout le calme dont il était capable vers leur point de départ. La femme assise face à lui avait froncé les sourcils, et avait voulu le questionner mais sa panique l'avait conduit dehors, à l'air libre, et elle n'avait eu d'autre choix que de le suivre, désemparée. L'angoisse s'était lacée autour des côtes, et n'avait plus qu'à serrer, serrer, serrer jusqu'à ce qu'il ait réellement l'impression d'étouffer. Après, il avait fui les restaurants comme la peste. Irrationnel, comme tout le reste. Un poids de plus à ses chaînes. C'était à se demander pendant combien de temps encore il pourrait déambuler sans s'épuiser ou trébucher.

Poids qu'il lui fallait à présent cacher ou exposer, puisqu'il semblait toujours impossible à soulever. Aussi bien qu'il puisse se sentir. Il chercha, pour la énième fois, sa tante des yeux mais, ne la trouvant pas, fit un choix. Un léger rire lui échappa en lisant la phrase suivante sur l'ardoise de la jeune femme. «J'ai déjà dîné avant de venir. J'imaginais pas une opportunité pareille.» Ce n'était pas complètement impossible, après tout. Certaines personnes dînaient tôt, non? «Mais je vous accompagne volontiers, je crois que je serais un très mauvais élève de toute manière.» Sauf si une planche en bois pouvait être considérée bonne danseuse. Il lui arrivait de ne même pas savoir où étaient les limites de son propre corps, alors de là à aller danser, il y avait tout un monde qu'il ne tenait pas à traverser. «Vous êtes venue en voiture?» Il l'avait dit en se levant, initiant ce qui s'apparentait à l'une des plus folles aventures de sa vie à Fairhope. Lui-même n'avait pas le permis, n'en ayant absolument pas l'utilité pour le peu de trajets qu'il effectuait dans une semaine, sa tante était la personne motorisée, et elle avait tout bonnement déserté. «Personnellement, j'ai perdu mon chauffeur quelque part dans la foule, mais le temps est propice à la promenade. On devrait trouver quelque chose.» C'était comme ça qu'on se sentait, quand on était normal? Aiden appréciait le ressenti. Ainsi il quittait donc la scène et ses sentiers battus, en compagnie du professeur de danse. Deux survivants, se réjouissant d'un petit bout de vie au nez et à la barbe de l'assassin. «Vous avez un endroit particulier en tête?»
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