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 I've told you now

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bad blood - we live here

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Sujet: I've told you nowLun 14 Déc - 22:23

I've told you now

juin 2015

Depuis plusieurs minutes à présent, Jonathan fixait cette porte.
Juste du bois.
Rien d'effrayant. Il suffisait juste qu'il respire un grand coup et qu'il sonne. Suffisait juste.

Il respira un grand coup, inspiration puis expiration et remonta ses lunettes sur son nez comme à chaque fois qu'il était nerveux. Le brun avait d'excellente raison d'être nerveux aujourd'hui. De l'autre côté de cette porte se trouvait la raison de son retour à Fairhope et la seule femme qui ait jamais fait battre de son coeur. Mais c'était bien ça le problème, Jonathan avait beau tourner et retourner le problème dans sa tête, il savait que cette conversation ne pouvait pas bien se terminer. Il voulait voir la rouquine sourire et passer ses bras autour de son cou, il voulait la serrer contre lui et fermer un instant les yeux et se dire qu'il était enfin rentré chez lui. Sa mère avait proposé de venir avec lui, elle aurait préféré qu'il revienne vivre à la maison comme avant mais il avait fait non de la tête, se retenant de parler. Il savait dans le fond que s'il parlait à voix haute, il allait finir par dire oui et laisser sa mère prendre soin de lui et il n'allait jamais trouver le courage d'aller voir Michaela. Il allait retrouver son ancienne chambre et replonger dans les souvenirs d'une époque bien meilleure selon lui. Jonathan avait toujours eu une bonne mémoire et lorsqu'il avait rendu visite à ses parents alors qu'il était encore dans ses cartons, il avait fait un détour par sa chambre. Il avait été incapable de rentrer dans la pièce, avait préféré rester dans l'embrasure et il avait esquissé un sourire face aux dessins que Michaela et lui avaient fait sur le mur alors qu'ils étaient âgés de huit ans et qui était encore présent.

Cela avait commencé de la façon la plus innocente du monde, Jonathan qui voulait aider Michaela à apprendre sa leçon du jour. Ça, c'était les souvenirs heureux, s'il foullait vraiment dans sa mémoire, Jonathan pouvait les revoir, le jour de son départ, assis au bord du lit et... non ce n'était pas une bonne idée de rester ici. Son appartement était mieux, il avait goûté à une certaine liberté à l'université, entouré de ses paires et dans sa propre chambre. Il avait dû apprendre à se débrouiller par ses propres moyens en dehors des salles de classe et des laboratoires. Tout ça lui manquait, son bureau lui manquait, son tableau aussi, ses collègues, absolument tout. Jonathan avait promis à tous qu'il continuerait de travailler sur leur projet commun et qu'ils feraient des allers retours réguliers entre le Massachusetts et l'Alabama mais il ne se leurrait pas, il savait que rien ne serait pareil. Mais lui non plus n'était pas le même et il espérait qu'elle le voie.

C'était étrange de se dire que l'opinion d'une personne comptait autant pour lui et il savait qu'il l'avait déçue. Les quelques fois où il était venu à Fairhope, il avait senti les regards, la façon dont elle corrigeait parfois Louise pour lui expliquer que non, Jonathan n'était pas son père... Le brun s'en voulait bien entendu, il était rongé par la culpabilité qu'il était obligé de mettre de côté, pour continuer de vivre et parce qu'il l'aimait trop. Il pouvait le faire, taper à cette porte et l'inviter chez lui, ils pourraient rire du fait qu'ils étaient voisins et il donnerait son cadeau à Louise. Il prendrait la petite dans ses bras et ils les inviteraient toutes les deux dans son appartement pour des pizza ou pour ses célèbres macaroni au fromage que Micha critiquait toujours mais finissait par manger. Ce n'était pas simple, Jonathan était peut-être optimiste mais il n'était pas naïf à ce point-là. Il pouvait déjà voir le regard dur de Micha et cette façon qu'elle avait de chercher la main de Louise comme l'éloigner de lui... Il était là, il n'avait pas fait tout chemin pour se dégonfler devant une porte. Le brun passa une main dans ses cheveux et de l'autre il resserra le paquet cadeau. Sa mère avait trouvé un joli emballage rouge avec des étoiles dorées dessus pour Louise, le cadeau en question était une poupée en peluche qui avait de longs cheveux rouges comme Louise et comme sa mère. Il avait vu le jouet à l'aéroport et il s'était dit que c'était le cadeau parfait. Jonathan avait également quelque chose pour Michaela mais il n'avait pas osé le ramener avec lui. Chaque chose en son temps.  

Il était là, avec trois ans de retard pour tenir sa promesse. Il était là.
Aussi, Jonathan prit une profonde inspiration et appuya sur la sonnette.

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Sujet: Re: I've told you nowMar 15 Déc - 0:40

Le cri de Micha avait probablement percé le tympan de Peter qui se trouvait juste à ses côtés, complètement perdu, le regard dans le vague et sa main libre posée sur le front de la jeune femme, comme si sa détresse avait seulement été causée par une migraine banale, une fièvre quelconque, un virus passager qui la laisserait bientôt en paix après une bonne nuit de sommeil. Quoi que, la dernière solution avait des allures de vrai… Une fois sortie du ventre de sa mère, l’enfant qui se trouvait là depuis bientôt neuf mois ne viendrait plus tourmenter la pauvre Michaela. Plus de contractions, de complications liées à sa grossesse. Plus de douleurs abdominales ou de longues heures passées à espérer que sa progéniture se calme et arrête enfin de jouer au football avec ses organes. L’autre main de Peter avait été réquisitionnée par la rousse, s’agrippant à lui et Willow comme un naufragé au coeur de la tempête, perdue, craignant de ne pas survivre à la brûlure qui la traversait de part en part, qui la rendait folle. « Plus jamais, plus jamais! », hurlait-elle au personnel médical qui s’affairait autour d’elle pour préparer la salle de travail. Tout était arrivé trop vite. Elle ne savait même plus si elle se souvenait avoir perdu les eaux à un moment donné. Peut-être qu’elle avait confondu tout ça avec… Avec autre chose, et honteuse, elle avait préféré se taire avant de rejoindre les deux zigottos trop amoureux pour voir quoi que ce soit, trop souls pour réaliser que le monde que Micha portait était sur le point d’éclore. Peter avait tenu la main de la rouquine jusqu’au dernier instant, se tournant quand la vision du nouveau né lui paraissait insupportable, laissant à Willow le soin de couper le cordon - à moins que ce soit quelqu’un d’autre qui ait eu cette honneur, le journaliste ne s’en souvenait pas, trop occupé à observer le mur en reproduisant la respiration saccadée de Micha pour ne pas rendre tout ce qu’il avait bu ce soir-là. Le maïeuticien avait prononcé la date et l’heure de naissance de la petite Louise, et cette information avait eu l’impact de l’annonce d’un décès dans l’esprit de Peter qui se serait volontiers mis à hurler à son tour s’il avait pu, juste histoire de prier le ciel de bien vouloir le sortir de là.

Et puis le calme. Le nourrisson sur la poitrine gonflée de sa mère. Et puis, Louise. Ses mains minuscules et ses premiers sourires avaient mis tout le monde d’accord. Elle était belle, elle était parfaite. Micha avait pleuré. Longuement. Pendant ce qui semblait être plusieurs jours. C’était simple, il ne s’était littéralement pas passé un instant pendant la première semaine de la vie de sa fille sans que Micha ne fonde en larmes dès que Louise agrippait fermement son doigt, qu’elle gazouillait, qu’elle s’étirait dans son couffin, qu’elle prenait le sein, que ses petites lèvres minuscules s’étiraient en entendant la voix de sa mère. À chaque fois, la jeune maman était irrécupérable, consciente qu’il n’y aurait qu’elle pour se souvenir de ces moments-là, et personne d’autre. Pas d’Andrew ni de Jonathan, qu’elle aurait pourtant voulu nommé parrain. Juste Peter et Willow qui passaient quand leur emploi du temps le leur permettait, et qui s’inquiétaient sans trop se l’avouer, par peur que cela ne fasse que confirmer l’état de Micha. La vie avait ensuite repris ses droits. La jeune Kepner avait retrouvé sa chambre d’enfant, celle-là même où elle avait pris soin d’accrocher des photos de ses amis sur tous les murs, le visage de Jonathan prenant le plus de place parmi ceux des connaissances qu’elle n’avait plus croisé depuis que son ventre s’était arrondi. Les mois suivants, elle avait pris soin de tout ranger dans des albums qu’elle avait stocké au fin fond de cartons qu’elle emporterait avec elle quand elle pourrait enfin sortir de la demeure familiale. Quand elle pourrait enfin respirer. Quand elle ne serait plus contrainte de laisser Louise à sa propre mère pour que Caroline Kepner accepte de promener la petite. « Tu permets, je ne veux pas qu’on te voit avec une poussette, ou encore moins avec… Ça dans les bras, donc je vais la promener moi-même et tu vas aller faire tes devoirs, merci. » Est-ce que c’était comme ça dans tous les foyers ? Est-ce que c’était normal ? Micha aurait bien voulu poser la question à quelqu’un, n’importe qui, mais ces mots n’avaient jamais réussi à franchir ses lèvres à chaque fois qu’elle croisait le regard de Willow ou qu’elle trouvait le courage de répondre à un appel de Jonathan littéralement tombé du ciel. Elle avait rangé cette période de sa vie dans un coin de sa tête et s’était convaincue que ces longs mois avaient été les plus heureux de son existence, qu’elle avait été comblée par la simple présence de sa fille et que cela avait été largement suffisant.

Le lendemain de l’accouchement en revanche, Peter avait scruté l’écran de son téléphone portable en se demandant s’il devait prévenir celui qui avait promis d’être présent. Ce n’était pas à lui de le faire mais le blond ne pouvait se résigner à attendre qu’il rentre pour apprendre la nouvelle. Et pas question que Jonathan commette le moindre impair en achetant un jouet ou une peluche conçus pour les garçons, Michaela lui en voulait déjà suffisamment comme cela pour ajouter ce genre de détails à la longue liste des raisons pour lesquelles la rousse ne souhaitait pas le revoir avant la prochaine décennie. Quelques mots donc, rédigés à la hâte qu’il relut pourtant plusieurs fois avant de les envoyer au destinataire en soupirant. So her name is Louise and she smiles a lot. I don’t know how much she weighs or how tall she is, but she’s gonna be one hell of a girl, I can tell you that. Et avec les années, Louise n’avait certainement pas manqué de donner raison à Peter…

Micha ouvrit la porte, ses longs cheveux dévalant ses épaules dans de belles cascades rousses, son sourire se figeant lorsqu’elle croisa le regard de… Son voisin. Il n’était rien de plus maintenant, pas vrai ? Rien de moins non plus. Juste le type à lunettes qui habitait au fond du couloir, au bout de son couloir, dans l’immeuble ou elle avait réussi à se reconstruire après que ses remparts, ses fortifications, et même ses fondations aient décidé de se faire la malle au moment où elle avait justement eu besoin d’être protégée. Elle ne prononçât pas le moindre mot, un soupir la quittant, ses yeux roulant dans leurs orbites. Elle ne s’attarda pas sur sa silhouette. Elle n’avait pas envie de la détailler. Elle ne voulait pas voir sa mâchoire dessinée, ses épaules légèrement plus larges, ni les preuves  naissantes d’une barbe qu’il aurait pu laisser pousser s’il l’avait souhaité. Non. Jonathan était quelque chose d’autre, pas ça, pas cet inconnu, ce voisin binoclard qui essayait tant bien que mal de faire connaissance avec les autres habitants de l’immeuble. Jonathan était plus jeune, maladroit, timide et, plus que tout, Jonathan n’était pas là. Jonathan n’était plus là. Les yeux clairs de la rouquine s’attardèrent sur le paquet cadeau avant de remonter vers son propriétaire. « Elle est née le 12 décembre, pas au mois de juin. But of course, you wouldn’t know. »

Louise agrippa la porte à son tour, trop curieuse pour ne pas la tirer et révéler l’identité de l’invité mystère. Et le prénom de l’homme sur les lèvres, l’enfant avait tendu les bras vers lui, tandis que sa mère croisait les siens sur sa poitrine, résignée, faisant déjà demi-tour. Elle n’était pas prête, vraiment pas prête à affronter le passé qu’elle avait mis tant d’effort à oublier pour essayer d’aller de l’avant ; pour se reconstruire.

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Sujet: Re: I've told you nowDim 27 Déc - 12:16

Il l'avait toujours trouvée belle, jamais une seule fois son regard ne s’était posé sur Michaela sans qu'il ne se dise qu'elle était la plus belle femme du monde. De façon innocente ou d’une façon tout aussi unique avec les années, Jonathan était toujours pris de court par la beauté de la rouquine. Il aimait tout, il aimait ses sourires, la façon dont ses sourcils se soulevaient lorsqu’elle était prise d’une soudaine émotion et ses cheveux qui n’en finissaient pas. Ils étaient souvent détachés et ils se baladaient au gré du vent, ayant leur vie propre, Micha s’était plaint quelque fois, avait dit que ce n’était pas pratique et il avait haussé les épaules avant de lâcher qu’il la trouvait magnifique comme ça et qu’il ne l’imaginait pas autrement. Il y avait eu un silence dont seuls les adolescents avaient le secret et ils étaient rapidement passés à autre chose, Micha changeant soudainement de conversation. C’était la même émotion, alors qu’il se tenait là, devant chez elle et qu’il avait le coeur lourd. Pendant quelques secondes, il oublia pourquoi est-ce qu’il se sentait coupable et pourquoi est-ce que tout était si compliqué. Elle était là, elle était belle, il pouvait la prendre dans ses bras s’il voulait et … Non, il ne pouvait pas, Jonathan était sans doute optimiste mais il savait être réaliste et aussi bien qu’il connaissait les trois cents premières décimale de pi, il savait que cette expression là signifiait que non, les choses n’étaient pas comme avant.

Elle roula des yeux et eut un soupir à son égard et Jonathan fit de son mieux pour ne pas flancher et lui adresser un maigre sourire. Il pouvait lire en elle comme personne et il savait qu'elle n'était pas particulièrement contente de cette apparition soudaine. Jonathan pouvait comprendre, elle avait réussi à retrouver un semblant d’équilibre et il venait tout ruiner avec sa chemise trop grande et son cadeau. Il déglutit difficilement aux mots de la rouquine, il pouvait jouer les braves autant qu’il voulait, l’avis de Michaela était sûrement le plus important pour lui, qu’il veuille l’accepter ou pas. Il avait déjà essayé de se défaire de son emprise par le passé mais le chemin était long et difficile et plus que tout, Jonathan n’était pas certain de vouloir se défaire de cette main qu’elle avait serré sur son coeur. Il était habitué, tout allait bien, ça ne faisait plus si mal que ça.  « Je sais je … » La voix de Jonathan n’était pas si faible que cela et il fit de son mieux pour tendre l’objet à la mère mais Michaela n’en avait que faire et elle s’éloigna rapidement. Trop rapidement et Jonathan fit de son mieux pour continuer de sourire, sourire face. La petite lui tendait déjà les mains et Jonathan se baissa légèrement pour pouvoir la prendre dans ses bras et entrer dans l’appartement.  « Hey Princesse. » Quand il voyait Louise, quand il l’avait dans ses bras de la sorte, il comprenait pourquoi Micha s’était accrochée à cette petite vie, il voyait tout dans ses yeux et ça l’émerveillait autant qu’un ciel plein d’étoiles. Louise était un miracle, un tout petit miracle qui n’était que l’oeuvre de Michaela, et elle avait plus que le physique de sa mère, elle avait son entrain, ses sourires et ce truc dans son regard. Elle était absolument adorable et Jonathan ne pouvait pas imaginer son existence ou celle de Micha sans la petite fille, c’était impossible. Peut-être que oui, peut-être que le scientifique en lui pouvait concevoir une autre réalité où Louise n’existait pas, où il avait fini par rendre visite à Micha de temps à autre et où elle s’était mariée avec Andrew et qu’ils étaient heureux. Le bonheur de Micha était la seule chose vraie dans l’univers de Jonathan quelque part et ce même si cela voulait dire que le sien n’existait pas, il n’était pas égoïste au point de vouloir être celui qui mettait des sourires sur le visage de Michaela. Non, ici, c’était le rôle de Louise.  

« Tu étais passé où hein ? Et c’est pour moi ça ? » Il fut tiré de ses pensées par la petite en personne et il la posa sur le sol, dans le salon, avant de lui tendre son cadeau. Jonathan resta au même niveau que Louise, un maigre sourire sur le visage. « Oui, c’est pour toi, j’espère qu’elle te plaira. » Il était sincère, le cadeau n’était vraiment pas une vaine tentative d’excuse, non, ça aurait été une insulte pour les deux femmes, il voulait juste faire un peu parti de la vie de Louise et la faire sourire comme toutes les autres petites filles de son âge, rien de plus, rien de moins. Louise lui adressa un regard intrigué, fixa sa mère quelque secondes presque pour lui demander son accord avant de s’attaquer au papier cadeau. Jonathan l’aida un peu sur la fin et vit son visage s’émerveiller face au jouet. La poupée finit rapidement entre les mains de Louise qui lui fit des baisers sur ses deux joues. « Elle a les cheveux comme maman et moi. » « Oui exactement comme ta mère et toi. » confirma Jonathan. Louise était plus que ravie de son cadeau et ce n’était pas la seule chose qu’elle voulait montrer à Jonathan. Non, il y avait ses dessins, ses petits livres que sa mère lui lisait et même qu’elle comprenait tout, tout comme une grande et comme Jonathan qui était à l’école des très très grands. Sa première question sur son absence, Louise semblait l’avoir oubliée et Jonathan la regarda partir en courant en direction de sa chambre, la petite désireuse de montrer tous ses progrès à Jonathan. Le brun se redressa avec un sourire, ses yeux rivés sur l’endroit que Louise avait occupé il y a quelques secondes... Elle était exactement comme sa mère. Il tourna la tête vers Micha et presque automatiquement, le stress probablement, il remonta sa paire de lunettes sur son nez. « J’ai aussi quelque chose pour toi, mais ce n’est pas ton anniversaire non plus et je n’essaye pas de… je… » Jonathan avait beau être perspicace et intelligent, dans une situation telle que celle-ci, il ne trouvait pas les bons mots. Il ne savait pas comment lui dire qu’elle lui avait manqué, qu’il avait été un idiot et qu’il l’aimait. Il l’aimait tellement qu’il avait dû la ranger dans un coin de son esprit pour ne pas souffrir, il l’aimait et même s’il n’avait jamais rien fait pour lui montrer il en avait toujours eu envie, envie de lui tenir la main et de la faire sourire et trouver une étoile dans le ciel que personne n’avait jamais trouvé et la nommer après elle. Il voulait toutes ces choses à la fois mais il savait bien que c’était trop tard, qu'il aurait dû se manifester avant de fuir, plus de ça maintenant à présent, elle avait une vie à elle, sans lui.

« Bref, je suppose que tu sais déjà que je suis ton nouveau voisin. » termina Jonathan, un peu plus sûr de lui-même. « C’est permanent. » ajouta aussitôt le jeune homme pour faire disparaitre les doutes qu’elle pouvait avoir. Mais même lui savait qu’elle n’avait aucune raison de le croire et il était certainement celui qui était le plus peiné par cette situation. Si au moins, à défaut d’avoir la femme qu’il aimait, il pouvait récupérer sa meilleure amie, les choses retrouveraient un semblant de réalité.

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Sujet: Re: I've told you nowDim 27 Déc - 15:40

Elle lui tournait le dos. Simplement parce qu’elle ne voulait pas voir, qu’elle ne voulait pas le voir là, dans son appartement, accroupi devant sa fille le temps de lui offrir un cadeau. Micha avait fait volte-face, se tournant, les sourcils froncés pour voir de quoi il s’agissait, offrant un bref signe de tête à sa fille qui se demandait si elle pouvait déchirer le papier sans risque. À quoi bon lui interdire ? Et puis pour quelle raison ? Non, elle ne pouvait pas faire machine arrière, elle ne pouvait que laisser tout ça se produire, prise au piège, un sentiment nouveau roulant dans ses veines ; du dégoût, sans doute. Et la seule chose qu’elle pouvait bien s’autoriser, c’était détourner le regard, faire comme si cet instant n’avait jamais existé, comme si Louise n’avait pas pris plaisir à découvrir l’objet qu’on lui léguait, comme si ses petites mains n’avaient pas agrippé les doigts de Jonathan pour lui montrer ses dessins, pour lui parler de ses contes favoris. Elle avait fini par filer dans sa chambre mais Micha savait qu’elle serait vite de retour. Elle connaissait sa fille mieux que personne, bien mieux que lui qui s’était dit qu’une poupée aux cheveux de la même couleur que les Kepner serait la preuve suffisante qu’il était de retour et qu’il serait enfin présent pour elles. Trop tard. Elles avaient déjà appris à se débrouiller seules, à se lever chaque matin sans personne à leurs côtés, Louise se précipitant vers l’armoire de sa mère pour choisir les vêtements que l'adulte devrait mettre ce jour-là tandis que la rouquine faisait de même pour sa fille. Elles se dépêchaient pour prendre leur petit-déjeuner, Micha renonçant souvent à avoir quelque chose dans le ventre avant de quitter leur appartement, pressant le pas jusqu’à la crèche quand elle n’avait pas d’autres solutions et qu’elle n’avait trouvé personne pour garder sa fille ce matin-là. Et elle tremblait en lâchant la main de Louise. Il n’y avait pas eu une fois où elle n’avait pas tremblé. Le premier jour, elle avait même pleuré sur le chemin du travail, convaincue qu’un fou allait lui voler sa fille et qu’elle la retrouverait morte dans la cour du petit établissement de quartier, ou ailleurs dans cette foutue ville. Elle avait tenté de se raisonner, elle avait essayé de maitriser sa respiration du mieux qu’elle le pouvait, mais à chaque fois qu’elle abandonnait Louise, elle mourrait encore davantage et l’air commençait à lui manquer. Tout ce qu’elle savait, c'était qu’elle priait chaque nuit pour que ce fou ne débarque jamais sur le pas de sa porte ; elle priait le ciel, les étoiles ou n’importe quoi d’autre. Mais par pitié, qu’il ne les trouve jamais.

Il avait pourtant fini par le faire. C’était un autre type d’homme qui se tenait quelque part derrière elle, dans son salon, mais il était bien venu pour l’assassiner, non ? À se tenir là, bêtement, à déblatérer des mots qui n’avaient plus le moindre sens dans l’esprit de Micha. Un cadeau pour elle ? Lequel ? Sa présence ? Son retour ? Oh please. Elle appelait plutôt ça un cauchemar et elle sentait déjà son coeur qui tentait vainement de quitter sa poitrine pour aller s’écraser entre ses mains. Peut-être qu’elle aurait du agripper un couteau pour se l’arracher elle-même et lui tendre. Non, ce n’était pas exagéré ; c’était à l’image de tout ce qu’il avait manqué en n’assistant pas à la naissance de Louise. Un petit coeur s’extirpant de son corps dans la douleur, dans la sueur et les larmes. Un petit coeur qu’elle avait fabriqué toute seule, sans l’amour de personne d’autre, qu’elle avait senti battre au creux de son ventre rebondi. Un petit coeur qui battait dans un autre corps maintenant, un petit coeur pimpant qui se réjouissait de voir Jonathan débarquer ici après avoir entendu parler de lui si souvent. Mais celui de Micha s’était arrêté au moment où elle avait eu le malheur d’ouvrir la porte, et vraiment, elle rêvait de lui foutre l’organe sanglant entre les bras pour voir ce qu’il pourrait en faire, pour voir s’il était capable d’élever un bout de chair vivant et cognant contre lui. Bien sûr que non. Monsieur avait été trop occupé à résoudre des équations pour se douter que la peau de Micha la brûlait encore parfois, le souvenir trop vif, trop frais pour que ses chairs ne s’en souviennent pas.

Elle restait immobile, imperturbable face à son évier. Juste au cas où. Parce qu’elle avait soudainement la nausée et le moindre mot qu’il prononçait se gravait littéralement sur chaque parcelle de son être. C’était lui le fou, le tueur dont tout le monde parlait. Elle doutait qu’un autre puisse être capable de la blesser aussi profondément. Le dernier aveu du brun manqua de lui faire rendre son repas. Permanent. Micha s’était retenu de lui en mettre une, là, sur le champs, de faire claquer sa main contre sa joue pour qu’il sente à quel point elle avait mal, à quel point elle avait envie de hurler, de lui mettre les trois dernières années de sa vie dans la tronche pour que la punition cogne contre sa mâchoire pour les prochaines semaines à venir. Ses doigts se resserrèrent, essayant d’agripper tant bien que mal le rebord de cet évier pourtant trop épais pour être saisi. Elle avait envie de lui dire que rien n’était jamais permanent, que le soleil avait beau promettre de se lever tous les matins, parfois il laissait place aux nuages gris et à l’orage ; que la mer paraissait calme avant de venir engloutir les hommes ; que son ventre avait grossi avant de redevenir vide ; que même Louise finirait par faire ses valises un jour, quand elle serait suffisamment grande et prête à affronter le monde et à le marquer à sa façon. Mais non, évidemment que non, elle ne pouvait pas répondre ça. Pourquoi essayer de lui expliquer quelque chose qui ne lui avait même pas effleuré l’esprit ? Si elle s’était mise à parler en formules mathématiques, peut-être qu’il aurait pu comprendre que ce qu’il disait ne faisait strictement aucun sens et que le résultat ne changerait pas miraculeusement juste parce qu’il venait compléter l’équation physiquement, pour une fois. Qu’il parte, qu’il fasse semblant de faire le mort comme il savait si bien le faire. Qu’il se préoccupe de ses cours et de ses élèves. Qu’il la laisse tranquille. Qu’il reste le souvenir qu’elle chérissait, et pas ce voisin envahissant qu’elle maudissait plus que tout.

Elle sentit une larme rouler sur sa joue, buttant contre sa lèvre inférieure qui s’était mise à trembler. « How can you even... » Un murmure étouffé qu’elle avait eu du mal à prononcer, la gorge nouée par la peine. « How dare you ? » Micha essuya sa joue d’un revers de manche avant de lui faire face à nouveau, le regard froid et humide. « I don’t care how long you’re staying, you said you would be here and you weren’t. And I don’t know what made you stay over there, I don’t know what was so important that you couldn’t even bear to be with us when she was born. It was probably the most important day in your life otherwise you would have been there to share mine, right ? » Elle le détestait d’être capable de la mettre dans cet état, vraiment. Elle le haïssait. « Do you know how many times I had to tell her you’re not her father ? Do you know how long it took her to understand that ? And you thought showing up on our doorstep without even warning me was a good enough idea ? We could have done this another way, the three of us could have met in her favorite restaurant or anywhere else really. But no, of course not. You had to show up here, in our home, with a stupid present and your stupid face. And now what ? She’s gonna think you’re gonna live here and it’ll all be ruined and I’ll have to tell her over and over again that you’re not staying with us, that you never will. Cause that’s what you do Jonathan. Your promises are shallow and you keep leaving and there is no fucking way I’m ever going to let my own daughter go through that. I know what it feels like and I can take the pain for the both of us - but she can’t, and I can’t let it happen. » Ses mains tremblaient et elle ne savait même plus si elle prenait la défense de sa fille ou la sienne. Les deux à la fois, sans doute. Tout se mélangeait dans son esprit et il n’y avait bien que la manche de son pull pour venir trouver ses larmes et les effacer alors qu’elles continuaient de naitre et de se répandre sous son regard bleuté. « God, I can’t even look at you right now. You’re just… » La main plaquée contre sa poitrine, elle tenta de prendre une grande inspiration pour se calmer mais la tentative désespérée fit plus de dégât qu’autre chose. À bout de souffle, elle lui adressa un dernier regard avant de se raccrocher au rebord de l'évier, seule chose qui la maintenait encore debout. « You're no better than the rest of them. You’re just a quitter. »

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Sujet: Re: I've told you nowJeu 7 Jan - 17:35

Jonathan avait besoin d’un miracle.
Voilà ce qui lui fallait, un simple et tout petit miracle qui pouvait faire en sorte que tout redevienne comme avant. Que la peine et la tristesse quittent le coeur de Micha, et qu’elle se retourne pour le regarder et qu’elle comprenne qu’il avait toujours voulu être là, se tenir là, à ses côtés, que ce soit dans la peine ou dans la tristesse. Son esprit n’était pas fermé et envahi par la science au point même de ne pas comprendre les miracles, non, Jonathan rêvait encore, il s’émerveillait encore devant des choses simples et par bien des points, il était encore innocent. Il était resté ce petit garçon qui avait hésité la première fois que sa main s’était glissée dans celle de Michaela, alors qu'elle le guidait, experte, chez lui, faisant en sorte que rien ne lui arrive. Il n’avait pas compris à l’époque, pourquoi est-ce qu’elle tenait tant à ce qu’il rentre chez lui en un seul morceau, ses vêtements non dérangés et ses livres intacts mais il lui avait tout de même souri. Il avait murmuré un merci et lui avait demandé si elle voulait venir jouer dans sa chambre. Même à l’époque, même à sept ans, Jonathan s’attendait à ce qu’elle dise non. Michaela était tout simplement autre chose, il n’y en avait pas deux comme elle et il n’y en avait certainement pas dans son monde. Elle était bruyante, tête en l’air parfois, très têtue et voulait tout, tout de suite. Mais elle avait dit oui, pour une raison qui lui avait toujours échappé, elle avait dit oui et s’était laissée guider dans la demeure des Rowling, prête à découvrir l’univers de Jonathan. Elle en faisait partie, depuis cette après-midi là, de cet univers et du monde de Jonathan et elle n’était jamais partie. Non, pas elle qui était si pleine de vie et qui faisait battre son coeur. Pas elle qu’il avait blessée et elle qu’il aimait.

Juste un miracle pour que tout s’efface et pour revenir en arrière et lui confier à quinze ans, encore nerveux et timide qu’elle faisait battre son coeur. À cet âge, Jonathan avait eu tout un discours de prêt. Il avait demandé la veille à son père comment savoir si on était amoureux et la réponse lui avait plu et il s’était dit qu’il ressentait ça pour Michaela. Il devait lui dire pas vrai ? Mais non, elle était sa force et son courage mais elle était également sa plus grande faiblesse. Il avait été trop faible et ses idées et son discours étaient morts alors qu’il trouvait sa place à côté de l’adolescente et qu’elle continuait de parler. Il n’avait pas pu lui dire et il savait qu’il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Mais un miracle pouvait rectifier les choses. Il y en avait bien de temps à autre, juste une petite étincelle, une étincelle qui créait la vie, qui créait l’univers, qui créait une étoile tellement unique qu’elle finissait par servir de lumière et de phare pour toute une espèce entière. Ça existait, il en voyait tout le temps dans son métier et il ne voyait pas pourquoi est-ce qu’on ne pouvait pas lui accorder cela. Il en avait besoin car il savait que depuis longtemps ses propres mots à lui n’étaient pas suffisants, ils n’étaient plus suffisants pour contenter le coeur de Michaela...

Elle finit par se retourner, le regard froid et accusateur, Jonathan cloué sur place, par la culpabilité et par les mots. Il savait ce qu’elle allait lui dire et elle ne le déçut pas, il resta figé sur place, sans aucun moyen de fuir ou de se défaire de toutes les réalités auxquelles elle le confrontait. Il lui avait dit qu’il serait là le jour de son accouchement et il avait été dans un autre état. Et toutes les fois où Michaela l’avait appelé et qu’il avait été pris par une classe ou par une expérience, Jonathan avait laissé son téléphone sonné et il l’avait rappelée bien plus tard. Et quand il leur rendait enfin visite, qu’il prenait Louise dans ses bras, qu’il la faisait sourire sans y penser, parce qu’il le pouvait... Tout ça laissait des traces et il avait fui avant de pouvoir assumer les conséquences. Mais c’était trop tard. Il le voyait dans son regard et dans ses larmes qu’elle tentait de lui cacher et d’essuyer. Jonathan ne pouvait pas lui dire je t’aime dans l’immédiat, il aurait eu l’air idiot. Il l’aimait tellement, tellement qu’il en avait mal et qu’il avait été contraint de s’éloigner pour se protéger lui. Il avait été égoïste il le savait, ça avait été tellement logique à l’époque. Elle avait quelque chose avec Andrew, quelque chose qu’il ne pourrait jamais lui donner, il avait envoyé les papiers d’admission pour le MIT avec les larmes aux yeux se disant qu’elle ne remarquerait même pas son absence. Qu’il n’était que futile et accessoire dans sa vie. Alors qu’elle ne savait pas… Micha ne savait pas qu’il n’était rien sans elle et qu’il ne vivait que pour des moments comme celui-ci, elle l’insultait et le blâmait de tout, elle lui parlait également et il prenait donc le bon comme le mauvais.

Elle avait tout de lui et pouvait absolument tout faire, le rendre triste, le rendre heureux, lui donner envie d’être meilleur ou lui donner envie de tout laisser tomber. Elle pouvait tout faire. Mais il n’avait pas le droit de demander, il lui avait fait trop mal et ses actions avaient fini par entacher la vie de Louise qui venait tout juste de commencer. Jonathan aussi avait les larmes aux yeux, priant quelque part qu'elle soit en train de parler d'un autre, que sa colère soit dirigée vers quelqu'un d’autre mais non, il n’y avait personne d’autre que lui comme fautif, lui et lui seul.  « I … I never meant to hurt you Micha I swear. You or Louise, I just wanted you to be okay and to be happy and I swear those words are not empty. » La voix de Jonathan était brisée et il s’étonnait lui-même de ne pas pleurer. Non, il ne le méritait pas, il ne laisserait pas les larmes rouler sur ses joues, il ne voulait pas lui donner une autre opportunité de le détester ou de le traiter de lâche. « I’m here. » murmura le brun. Il ne voyait pas quoi dire d’autre, c’était la seule chose qu'il était venu lui dire. Il pensait bien faire, pour elle comme pour Louise, il pensait qu'il y avait encore quelque chose à rattraper et à sauver. « And I know you have no reason to believe me for saying that or … You don’t. You’re right. » Même lui pouvait voir la faute dans son raisonnement et dans sa logique, Micha avait raison, de défendre sa fille, de ne pas l’aimer lui, de le mettre à la porte. « I’ll just… Go… Tell her I… Tell her I had to leave because of work or something, it’s kinda the truth and I’ll be out of your life, both of your lives for good. » Partir encore, partir pour regagner son petit appartement et tenter de se faire silencieux au possible, pour qu’elles ne remarquent pas qu'il était là. Il allait juste devenir un fantôme, trop perdu pour faire quoi que ce soit d’autre et trop faible pour essayer, juste un fantôme, l’ombre passée de Jonathan.  

« I really did miss you. That’s not a lie. I missed you every day. » Micha lui manquait, sa meilleure amie, celle qui souriait, qui lui piquait ses lunettes mais… l’heure n’était plus à tout ceci.
Il remonta ses lunettes et fit demi-tour, sortant de cette demeure dans laquelle il n’avait pas été invité.

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Sujet: Re: I've told you nowJeu 14 Jan - 11:58

Fébrile, ses jambes allaient bientôt la lâcher. Et pour être honnête, elle en rêvait. Craquer, juste un instant. Céder sous son propre poids, se laisser tomber, se briser en mille éclats sur le sol et se soustraire au reste du monde pour les prochaines heures. Bien sûr qu’elle en avait envie, qu’elle en mourrait chaque jour un peu plus, son coeur ne battant plus comme avant. Non, il ne remuait plus de la même manière ; à présent, il semblant la pincer, appréciant de lui faire savoir qu’elle était encore vivante et prête à ployer sous le poids de toute cette tristesse, cette peine qu’elle avait accumulée au cours des trois dernières années. À moins que la mélancolie se soit installée encore plus tôt ? Dans la cour de récré, lorsqu’elle comprit que les larmes n’attireraient l’attention de personne et qu’on la traiterait de pleurnicharde. Puis plus tard, quand elle réalisa que ces mêmes sanglots lui vaudrait le doux surnom d’hystérique. Elle n’avait pas le droit à l’erreur, elle était née avec ce fardeau-là. Celui d’être femme, d’être le monde, de lui donner naissance, et d’être sans cesse écrasée par les talons conquérants de quelques hommes qui pensaient que leurs désirs étaient des ordres, se fichant bien du reste. Ses propres parents l’avaient enfermée dans ce schéma malsain, lui faisant croire que sa condition de mère était honteuse, la séquestrant durant des jours qui devinrent vite des mois. Il n’y avait pas d’autres mots, pas d’autres moyens de l’expliquer. Ils l’avaient privée du monde extérieur en guise de punition, pour lui faire comprendre à quel point il était répugnant de profiter de la vie à son âge ou de la porter. Et elle n’avait pas flanché ; ou peut-être juste une fois, quand les lumières étaient enfin éteintes et qu’il n’y avait plus eu que son ordinateur pour l’écouter, pour enregistrer sa peine sans pouvoir l’apaiser.

Mais là, aujourd’hui, au moment où il prononçait ces mots, elle avait envie de se laisser glisser sur le sol, se libérer de son corps et sentir son âme la quitter. Elle aurait tout donné pour s’asseoir un instant, la tête entre les bras, le coeur entre les mains et les larmes salées pleuvant sur ses joues. On comparait souvent ses longs cheveux roux à de jolies flammes, mais la jeune femme mourrait d’envie de les éteindre pour ne plus jamais les voir danser. Elle aurait tout donner pour qu’il ne soit pas venu ce jour-là, pour qu’il n’ait pas toqué à sa porte, pour qu’il ne prononce pas ces mots-là. C’était plus simple avant, quand il était bien trop loin pour qu’elle puisse véritablement lui en vouloir. C’était plus facile quand il n’était plus qu’un numéro dans un répertoire, un bouton sur lequel appuyer pour décrocher ou décliner l’appel. Pas quand il était dans son salon et qu’il lui promettait de ne plus mettre les pieds chez elle, pas pour les décennies à venir, pas pour le reste de leur vie. Le départ d’Andrew avait été une épreuve et Micha du affronter sa grossesse seule, mais tout ceci n’était rien face aux confessions de Jonathan. Rien. Et bien sûr qu’elle les avait provoqué, bien sûr qu’elle était la seule responsable, qu’elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Peut-être qu’elle aurait du simplement hocher la tête et accepter les cadeaux et la présence de Jonathan auprès d’elles. Peut-être qu’elle aurait du se taire et le laisser exister dans la vie de sa fille, même l’espace d’un cours instant, une fraction de seconde avant qu’il disparaisse de nouveau. Après tout, à quoi bon la protéger à tort et à raison, envers et contre tous ? À quoi bon attendre qu’elle soit adolescente pour se rendre compte de ce qu’était un homme et de ce qu’on lui promettrait avant de la salir ? Elle aurait du laisser Louise se réjouir de la présence du brun un peu plus longtemps, ne serait-ce que pour garder un excellent souvenir de lui. Au moins un.

Michaela ne savait plus. Elle voulait simplement s’allonger et ne plus se relever. Mais non. Non. Elle ne pouvait pas, elle n’avait pas le droit. Jonathan allait rentrer chez lui et s’arranger pour ne plus les croiser, pour ne plus avoir à se soucier d’elles, pour ne plus se mêler de leurs vies alors qu’elles continueraient de voir son nom sur l’une des boîtes aux lettres, dans le hall de leur immeuble. Alors que la porte de son appartement serait au bout de leur couloir. Alors qu’elles pourraient l’entendre rentrer chez lui après une longue journée de travail. Et déjà, Micha pouvait prédire que Louise aurait envie de se précipiter au dehors pour courir dans ses bras et pour lui demander comment s’était passée sa journée. Quand l'enfant serait enfin scolarisée, elle ne perdrait pas une seconde pour aller lui raconter tout ce qu’elle savait, pour lui chanter les comptines que la maîtresse lui aurait appris. Ladybird, ladybird fly away home, your house is on fire and your children are gone. Micha n’y pourrait rien. Interdire sa fille de sortir de chez elles et ainsi reproduire le schéma infâme dans lequel la rousse avait grandi ? Pas question. Jamais. Alors tant pis ; rester niaisement là, recroquevillée, au moins jusqu’à ce que sa fille arrive, qu’elle la retrouve seule dans le salon, Jonathan quittant déjà la pièce pour regagner sa demeure. Mais non. Il fallait rester droite, il fallait rester debout, il ne fallait pas céder. Même après la pire des tempêtes et des bourrasques. Surtout pas.

La rousse essuya rapidement ses larmes, remuant la tête pour chasser ce qui lui nouait la gorge et qui l’empêchait de respirer. Un sourire. Puis l’enfant dans l’encadrement de la porte, ses bras minuscules chargés de pochoirs et de feutres, rappelant à Micha qu’elle était sa priorité, qu’elle le serait toujours. « Je t’ai déjà dit de faire plusieurs trajets quand tu es chargée, miss Kepner. » La question fatidique ne tarda pas à franchir les lèvres de Louise et Micha répondit en posant un baiser sur son front, prétextant que Jonathan avait du retourner au travail en urgence. Rien de plus. Et en s’asseyant sur leur canapé pour se mettre à dessiner, la mère eut la certitude que bientôt, le brun ne serait plus qu’un vague souvenir. Une fois encore.

sujet terminé

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