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 Playing matchmakers

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◆ Manuscrits : 718
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Sujet: Playing matchmakersJeu 14 Jan - 12:12

playing matchmaker



10 juillet 2015

« Parce que tu comprends, le problème avec ces deux-là, c’est que Jonathan est amoureux de Michaela depuis environ cent siècles. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’elle est pas raide dingue de lui, parce que vraiment… » Brandissant son doigt devant lui en guise de menace face à quiconque viendrait remettre son analyse en question, les sourcils de Peter s’arquèrent dans le même temps, un millier d’arguments se bousculant déjà dans sa tête au point de le laisser pantois. Ne trouvant plus les mots, il resta immobile un instant avant de retourner à la préparation de son barbecue, laissant certainement Willow sur sa fin. Non vraiment, depuis que le Poète n’était plus vraiment en service et qu'il ne faisait plus trop parler de lui, le journaliste avait tout le temps du monde à consacrer aux histoires d’amour des rares personnes qui voulaient bien encore trainer dans sa vie, et ce malgré ses nombreuses frasques et les méthodes barbares qu'il employait pour recueillir la moindre information. Il ne savait d’ailleurs plus exactement par quel miracle il avait réussi à convaincre le scientifique et la jeune mère célibataire de les rejoindre, lui et Willow, en ce soir de juillet, autour d’un verre, dans le jardin de sa villa depuis lequel on apercevait la mer. Le cadre jouerait sans doute en la faveur du conseiller matrimonial en devenir ; à moins qu’il ne soit chef de cuisine ce soir et que Willow se charge de rabibocher le couple spécialement mis à l'honneur ? Peter retrouva l’usage de ses cordes vocales entre deux bouts de viande qu’il alignait minutieusement sur des brochettes en bois. « C’est quand même con cette affaire. Ils en pincent l’un pour l’autre depuis des millénaires et y’en n’a pas un suffisamment intelligent pour briser la glace et juste… » Décidément, Peter se passionnait pour cette histoire d’amitié hors du commun qui devait absolument se solder par un mariage et de nombreux enfants, sans quoi il s’en rendrait sûrement malade. Mais au-delà de ça, ce n’était plus le destin tragique et brisé du couple en devenir qui l’avait stoppé net dans ses réflexions à haute voix ; c’était le regard de Willow.

La jeune femme lui arracha un sourire, malgré elle, sans vraiment le vouloir. Juste parce qu’elle existait, qu’elle était là, dans sa cuisine, à l’écouter piailler et s’emporter depuis, quoi… Des heures maintenant ? Non, seulement depuis qu’ils avaient ouvert les yeux. Ou peut-être encore un peu après, une fois sortis du lit, au début de l’après-midi, le blond se réjouissant de la voir quitter la pièce et vaquer à ses occupations sans se soucier de lui, s’appropriant les lieux, et grappillant un peu plus de place dans le coeur de Peter au fur et à mesure que les jours s’écoulaient. Les nuits semblaient raccourcir quand elle venait les teinter de son rire, quand elle le mettait au défit de faire les choses les plus loufoques qui soit, et qu’il la faisait taire en investissant ses bras et en s’accaparant ses lèvres. Le temps accélérait prodigieusement quand il lui posait des questions grotesques simplement pour l’entendre débattre sur des problèmes que l’humanité ne se poserait sûrement jamais ; mais il était ravi de constater qu'ils avaient au moins su y répondre. Et quand elle disparaissait dans l’encadrement de la porte, juste comme ça, parce que c’était l’heure ou autre chose, parce qu’ils avaient d’autres obligations que celles de rester de grands enfants cloitrés dans leur cocon haut de gamme, le blond soupirait en la regardant partir, priant pour que les minutes s’écoulent aussi rapidement en son absence ; que les aiguilles sur le cadran s’empressent de la ramener auprès de lui, contre son torse. Là où était sa place.

Mais peut-être que Peter en demandait trop ? Peut-être qu’elle regrettait sa solitude et qu’elle avait besoin de davantage de temps, davantage de lenteur ? Elle serait sans doute déjà partie si tel était le cas. Le journaliste croisa son regard. Bien sûr que Jonathan et Micha lui rappelaient étrangement deux autres crétins qui avaient perdu suffisamment de temps à tourner autour du pot avant de se laisser tomber corps et âme au coeur de ce dernier, avant de sauter dedans à pieds joints afin de s’accorder une chance. Willow avait été présente depuis si longtemps qu’il avait cessé de la voir, qu’il s’était interdit de le faire, pauvre éclopé qui continuait de claudiquer sans sa béquille, l’amputé du coeur qui avançait en répudiant le seul remède qui aurait pu panser ses maux. L’étoile perdue au milieu du ciel noir, cendre suspendue au-dessus du monde, neige éternelle refusant de regagner la terre. Sa petite évidence à lui. Sa seule raison d’avancer. Lui avouer ? Inutile. Elle l’avait déjà compris. Ou bien elle le lirait dans son regard.

Un léger rire lui échappa. « This could honestly be my next headline… Fairhope, la ville des couples qui s’ignorent. Non non, attends, j’ai mieux, attends… » Oubliant une fois encore ses nouvelles responsabilités de cuisinier, Peter abandonna ses brochettes au profit de la brune, comblant rapidement l’espace entre elle et lui, énonçant ses meilleures idées avant d’observer chacune de ses réactions. Évidemment, le blond avait à peine posé ses mains sur les hanches de Willow qu’il fut cette fois-ci interrompu par la sonnette ; et à en juger par les coups insistants que celle-ci recevait, ce devait être Louise et son impatience légendaire qui étaient en train de martyriser ce pauvre bouton qui n’avait strictement rien demandé à personne. Volant un baiser à sa moitié, le propriétaire des lieux s’empressa d’aller ouvrir la porte aux Kepner. « Mesdames, bonsoir. » Il kidnappa Louise sans plus attendre, l’enfant trépignant et sautant déjà sur place à l’idée de pouvoir se hisser sur les épaules du grand Peter. Invitant Micha à se mettre à l’aise -elle en aurait grandement besoin-, le blond se mit alors à hurler depuis l’entrée. « Willow, il y a un petit monstre qui vient de débarquer. J’en fais quoi ? Tu penses que je peux le faire rôtir et le donner aux invités ? » Le pire dans toute cette histoire? Peter n’avait même pas eu la décence de mettre un t-shirt. Non. Trop peu pour lui.

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Sujet: Re: Playing matchmakersMer 20 Jan - 22:35

Le ciel était au beau fixe. Aucun nuage en vue. Le mieux, le mieux, c'est que c'était véridique à plus d'un égard. A commencer par les températures merveilleuses qui halaient les peaux et donnaient aux cheveux un éclat nouveau, comme si le corps entier se réjouissait de l'été qui battait son plein et fleurissait. Les sourires qui bourgeonnaient au creux des joues luisaient sur les visages radieux, la brise qui vous poussait vers l'avant, où tout était enrobé de couleurs chaleureuses et douces. Les pieds dans l'eau, les yeux plantés vers l'avenir. Et puis il y avait la vie qui bourdonnait alentours, joyeuse et confiante. La ville de Fairhope, renaissant de ses cendres, qui respirait à nouveau au rythme des allées et venues des uns et des autres.

Des foutaises, tout ça. Ils étaient toujours coincés sur le même bout de terre boueux où les gens continuaient de mourir, où les vautours s'amassaient autour de leurs charognes en putréfaction, et où l'on tentait de se persuader qu'il faisait bon vivre à grands coups de faits divers. Fairhope brûlait sous le soleil comme si on l'avait jetée dans les flammes. Les cendres, on les avait balayées sous le tapis, on avait collé quelques plages, tout un écosystème de touristes morbides, deux animations çà et là. Les cœurs prétendaient s'alléger avec la longévité des jours, avec la couleur immuable et angoissante du ciel, mais à la vérité, ils se nécrosaient à petit feu. Bilan charmant.

Son ciel à elle, en tout cas, avait malgré tout pris une belle teinte estivale, et les quelques nuages qui restaient peuplaient le paysage sans l'encombrer, posés là comme faisant partie intégrale d'un décor nouveau où elle avait rapidement trouvé ses marques. Il y avait elle, moins la colère et les cris; il y avait le quotidien, sans les meurtres et l'angoisse; et puis il y avait Peter, moins le Poète et les bleus. Et moins le T-shirt, présentement, mais ça n'avait strictement rien à voir. La rédemption. Petite barque au milieu de l'océan, à la coque percée, à moitié submergée par les flots, qui venait d'apercevoir un lopin de terre au loin. C'était eux, rien qu'eux. Elle aurait pu en crever de bonheur. De traverser une pièce et de le trouver planté là, les sourires et les regards gratuits, offerts, à elle. Elle sentait quelque chose gonfler à l'intérieur, quand elle l'écoutait parler depuis des heures et qu'elle réalisait vaguement qu'elle avait oublié de s'ennuyer. Qu'elle s'était perdue, noyée tout entière quelque part entre son regard et les mouvements de ses lèvres. Il y avait toujours un éclat de rire qui vagissait au fond de sa gorge, à chaque instant prêt à s'épanouir sur sa langue, à lui claquer entre les dents et à s'évaporer dans l'air, toujours prêt à prendre la relève du précédent.

Appuyée contre le chambranle d'une porte ou d'une autre, elle écoutait les mélopées qu'il récitait, spectatrice d'une représentation où elle n'osait pas toujours prendre la place qu'on lui avait désigné. Alors, parfois, elle restait sur le seuil, comme une invitée éphémère, avant d'apercevoir dans un soupir d'aise l'un de ses vêtements étalé sur le canapé derrière lui, et de se souvenir qu'elle faisait partie de la danse. Aujourd'hui, à s'affairer dans la cuisine à ses côtés, entre deux regards béats, elle n'avait pas de doute. S'ils fonçaient toujours à toute vitesse, elle ne voyait plus le mur qui arrêterait leur élan, disparu derrière le plus gros défi qu'ils s'étaient lancés à ce jour, s'aimer sans s'abîmer, sans s'écorcher les mains, le cœur et la tête. Et peut-être, peut-être qu'ils arriveraient à panser les plaies qui suintaient au fond de leurs mémoires. A l'horizon, des mèches dorées, des yeux bleus brillants, des bouches ouvertes sur des sourires et des âneries, et de la route à perte de vue.

La fascination de Peter pour les affaires de cœur de Michaela et de Jonathan l'amusait beaucoup, si l'on écartait le fait qu'elle n'était pas absolument enchantée par l'idée. Mais le blond avait manifesté son désir de les rapprocher avec tant de véhémence qu'elle avait bien été obligée de se laisser convaincre, admettant à voix basse que, peut-être, il avait raison. Avant d'aller lui subtiliser une étreinte, ou un baiser, juste comme ça, parce qu'elle pouvait. Comme elle le faisait souvent, entre deux phrases. Si la tache de rapprocher Micha et Jonathan semblait titanesque, les bras de Peter autour de ses hanches la rendaient simplissime, et son babillage incessant avait vite fait de lui faire penser à autre chose. Quel que soit le titre, l'accroche, tout valait mieux que de s'acharner sur une victime ou une famille, sur un suspect ou quoi que ce soit du même acabit, et elle ne pouvait qu'acquiescer.

La sonnette retentit, retentit, un baiser, retentit, retentit encore, et encore, et revint enfin au silence lorsque Peter finit par atteindre la porte d'entrée, Willow restée derrière quelques instants pour pourvoir à la préparation de leur soirée, qui avait avancé sans doute un peu plus lentement que prévu, quelques interruptions impromptues venant s'insérer çà et là entre une brochette, une feuille de salade et un verre d'eau. Elle récupéra dans les placards suffisamment de verres pour tout le monde. «Non, non tu devrais le garder pour le dessert, avec une boule de glace,» qu'elle avait répondu, se fendant d'un nouveau sourire alors qu'elle rencontra Micha à mi-chemin entre la cuisine et l'entrée. Willow salua la jeune mère chaleureusement, avant d'apercevoir le monstre en question  et son cheval de fortune. «Mais tu m'avais pas dit que ce petit monstre avait l'air aussi délicieux!» Elle se tourna de nouveau vers Micha, «Tout va bien?» Parce qu'après tout, si Peter et elle allaient simplement passer une soirée entre amis, il en allait différemment de leurs deux plus jeunes invités. Willow s'était même demandé si Peter avait prévenu chacun des deux partis de ses plans machiavéliques, ou ne serait-ce que de la présence de l'autre. Si c'était le cas, elle ne pouvait que saluer ses talents de médiateur pour avoir réussi à les convaincre de s'asseoir l'un en face de l'autre pour passer un bon moment. Elle voyait la tension d'ici, en gros volutes de fumée qui iraient se mêler à celle du barbecue. Sauf si, évidemment, ils atteignaient leur objectif. «Allez vous installer, si vous voulez, je nous ramène quelque chose à boire en attendant.» Et, de nouveau, elle disparaissait dans la cuisine, allant chercher de quoi les abreuver en fredonnant une chanson. Peut-être que le ciel était vraiment au beau fixe, après tout.

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Sujet: Re: Playing matchmakersMer 27 Jan - 15:41

A, B, C, D, I, T, V…

L'enfant avait insisté pour grimper dans les bras de sa mère alors qu’elles approchaient de la demeure du journaliste. Louise n’avait même pas eu besoin de parler, non ; elle s’était contentée de sautiller sur place en agitant les bras et les mains, récitant l’alphabet à toute vitesse, du moins le peu de lettres qu’elle connaissait dans un ordre plus que douteux. Elle avait l’habitude de l’entendre dans ses comptines préférées tous les soirs avant de s’endormir, quand sa mère laissait tourner une cassette audio dans la vieille radio qu’elle avait elle-même utilisé quand elle était à peine plus âgée que Louise. Alors son cerveau avait fait le reste, et elle avait déjà retenu quelques chansons, incapable de comprendre de quoi il s’agissait pour autant. De toute manière, elle ne se posait pas de questions. Son monde miniature n’était fait que de peluches et de dessins, de rares réprimandes de la part de Micha quand elle refusait de se calmer ou d’aller au lit, de bonbons et de vêtements très colorés. Depuis peu, elle avait pris la fâcheuse habitude de sucer son pouce, histoire de remplacer la tétine dont sa mère essayait de la priver petit à petit. Seulement pour dormir, lui disait-elle quand elle la confisquait alors que Louise coloriait dans le salon de leur appartement. La petite se contentait de hocher les épaules la plupart du temps, avant de trouver un bouchon de stylo ou un de ses doigts qui pourrait faire l’affaire, en lieu et place de l’objet qu’on venait de lui retirer. Au grand dam de Micha, évidemment, qui ne pouvait pas se permettre de couper la main de sa fille pour qu’elle cesse de porter son pouce à sa bouche. Mais ce détail était bien loin d’être la seule chose dont la mère s’inquiétait ces derniers temps.

Louise l’avait bien remarqué. Elle ne comprenait pas tout mais elle ne pouvait s’empêcher de constater malgré elle. Elle lisait l’inquiétude sur les traits de sa mère dès qu’elle entrait dans une pièce sans s’annoncer, sans prévenir, sans que Micha ait le temps de s’habituer ou se préparer à sa présence. À moins que ce ne soit pas de l’inquiétude ? De la peur peut-être ? Cela avait sans doute un rapport quelconque avec ce que les adultes en costumes ne cessaient de raconter à la télévision. Sinon pourquoi Micha se précipiterait-elle sur la télécommande à chaque fois que Louise avait le malheur de s’amuser avec ledit objet, laissant ses dessins animés favoris sur une chaine pour voir ce qui se tramait sur les autres ? Même quand tonton Peter apparaissait entre deux téléfilms, Louise n’avait pas le droit de le regarder, de l’écouter parler, croisant les bras et boudant à chaque fois que Micha tentait de lui expliquait pourquoi les discours de son oncle d’adoption n’étaient pas faits pour elle. Mais au-delà de tout ça, il y avait autre chose. Louise n’était pas stupide, elle était simplement trop jeune pour mettre des mots sur les émotions qu’elle voyait défiler dans les yeux apeurés de sa mère, ou bien encore sur le visage de leur nouveau voisin. Elle l’avait vu passé une fois ou deux, tandis qu’elle tenait fermement la main de sa mère en attendant que celle-ci ouvre la porte de chez elles ; et pas un mot, pas un son n’avait quitté les lèvres de Jonathan. Pas même quand Louise avait esquissé un sourire radieux, ravie de le revoir enfin. Et elle n’avait pas compris pour quelles raisons elle n’avait pas eu le droit de le suivre, pourquoi c’était comme ça et pas autrement. Elle avait beau questionner sa mère, aucune réponse ne parvenait à la satisfaire. Jamais.

Alors tant pis. Louise avait fini par renoncer, se disant qu’elle comprendrait plus tard, quand le monde paraitrait bien moins impressionnant et qu’elle ne serait plus obligée de tendre le cou pour croiser le regard des adultes. Surtout Peter. Ce géant. À chaque fois qu’elle le croisait, Louise était abasourdie, surexcitée à l’idée de grimper sur ses épaules. Parfois, quand ils étaient chanceux et qu’ils se retrouvaient dans des lieux publics bien moins spacieux que la villa Howell, la gamine n’avait plus qu’à tendre le bras au-dessus de sa tête pour toucher le plafond. Et tout devenait possible soudainement. Oui, tant pis si elle ne comprenait pas tout ; au moins, de temps à autre, elle avait l’impression de voler. Elle ne prêta pas plus attention à ce que disait Willow, se contentant de ricaner aux remarques qui étaient directement adressées à son destrier, avant d’ordonner à ce dernier de se mettre à galoper dans le salon. Chose que Peter se mit à faire sans plus tarder, incapable de résister aux ordres de l’enfant et à ses rires qui raisonnaient contre les murs de marbre de la demeure, tournant frénétiquement autour de Willow et Micha pour mieux les abandonner par la suite au profit du reste de la pièce à vivre. « On fait aller. » Louise eut à peine le temps de voir un sourire se dessiner sur les lèvres de sa mère, ce même sourire triste qu’elle avait pris l’habitude de croiser depuis quelques semaines. Mais la discussion s’arrêta là, Peter faisant déjà signe à Micha de le suivre vers le jardin, Louise s’agrippant un peu plus fermement aux cheveux du blond qui n’avait pas l’air de protester outre mesure. « Aller hop, mademoiselle. File jouer pendant qu’on finit de tout préparer. Vous êtes en avance, non ? » Louise vit sa mère hocher les épaules avant de déguerpir, ravie d’avoir un lopin de terre, un royaume rien qu’à elle qu’elle allait pouvoir explorer tout au long de la soirée, jusqu’à ce que le soleil se couche.

Mais la sonnette retentit à nouveau et Louise se précipita vers la porte, Peter sur ses talons. Elle n’avait pas besoin de comprendre ce qu’elle et Micha faisaient ici, non. Ce n'était pas nécessaire. Elle voulait simplement être assez grande pour pouvoir tirer sur la poignée et laisser entrer le bonheur quand Micha s'évertuait à lui claquer la porte au nez. Et l'accueillir à bras ouverts.

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Sujet: Re: Playing matchmakersMer 3 Fév - 21:47

« Ah oui… Il va aussi me falloir les dernières données du mois d’Avril, je ne comprends pas pourquoi est-ce que je ne les ai pas reçues. Tu diras à Kelsie que je sais que c’est assez pénible de devoir passer trois soirs de suite devant un écran mais elle savait dans quoi elle mettait les pieds en nous rejoignant et… Maman ! »

Jonathan adorait sa mère. Comme personne. Si on devait décerner l’award du fils à maman de l’année, de la décennie, il recevrait sans problème le trophée et il commencerait par remercier sa mère pour l’avoir élevé et l’avoir poussé plus d’une fois à faire ce qu’il n’osait pas faire. Sauf que refermer son ordinateur portable en plein milieu d’une conversation avec son équipe n’était pas la meilleure chose à faire et le brun eut un air choqué pendant quelques secondes. Air qui redoubla face au sourire de sa mère.

« Tu vas être en retard mon chéri, et tu sais ce qu’on dit chez nous à propos des gens en retard… »

Jonathan poussa un soupir, un vrai, ennuyé et appuyé qui ne lui échappait jamais et il dut écouter sa mère se lancer dans un grand discours sur la politesse. Il considéra réciter toutes les décimales de pi qu’il connaissait pour ne pas avoir à entendre le sermon, ou encore pire, rouvrir son ordinateur portable mais il savait que sa mère allait le fusiller du regard s’il le faisait. Jonathan aurait dû savoir que revenir dans son ancienne chambre pour l’été était une mauvaise idée. Il s’était juré que ce n’était que l’affaire d’un week-end et maintenant, il était de retour depuis quatre jours. Quatre longs jours où sa mère lui avait demandé des nouvelles de Michaela en permanence. L’appel de Peter avait été une véritable délivrance, pour ne plus penser à des excuses ou se réfugier dans les cours à préparer ou ses notes. Le coeur n’y était pas vraiment et de toute façon, Jonathan réfléchissait mieux la nuit, c’était bien connu. Il pouvait se pencher devant son ordinateur ou son tableau et chasser une certaine rouquine de son esprit pendant quelques heures. C’était plus simple, il se disait qu’au moins Micha dormait et qu’elle ne pouvait pas lui en vouloir comme ça. C’était un peu lâche mais Jonathan le vivait bien. Peter l’avait sorti de cette semi léthargie en l’appelant et en lui proposant de se réunir chez lui, Jonathan avait dit oui, il savait qu’il avait besoin de sortir et il n’était pas du genre à refuser la compagnie de Peter.

Peter était le roi du cool comme le brun aimait bien l’appeler, plein de bonnes intentions, un brin rongé par ses propres problèmes mais qui ne l’était pas dans le fond. Trainer avec Peter lui remontait le moral et puis il n’avait pas besoin de trop essayer. Peter savait qu’il était un rat de bibliothèque fini et c’était tant mieux.
« Jonathan Keith Rowling est-ce que tu m’écoutes ? »
« … Oui maman et tu as raison je devrais y aller je vais finir par être en retard. » dit le brun en se levant machinalement et s’étirant.
L’opération dura plus que nécessaire, sa mère refusa qu’il quitte le domicile sans avoir pris une bonne douche, un bon point pour sa mère. Mais ensuite, ses vêtements n’étaient pas assez bien. Jonathan avait roulé des yeux, avancé l’argument qu’il ne s’agissait que de Peter et il avait réussi à filer avec son t-shirt à l’effigie d’Iron Man et un jean qui avait connu de meilleurs jours, à la seule condition qu’il amène quelque chose. Sa mère avait déjà tout prévu et Jonathan se retrouva à trainer des pieds en allant chez Peter, saladier dans les mains. Tel qu’il connaissait Peter, ça n’allait pas être nécessaire mais tout avait été bon pour quitter le domicile familial. Jonathan se fit également une note mentale de demander au blond s’il pouvait envahir une de ses chambres d’amis. Le brun pouvait être très discret et il se disait qu’au moins, sa mère verrait qu’il faisait des efforts. Elle ne pouvait tout simplement pas accepter le fait qu’elle avait donné naissance à un génie complètement asocial… Jonathan avait peu d’amis, il le savait et pas du tout le désir de s’en faire de nouveau, déjà qu’il avait du mal avec les anciens.

Éviter Michaela devenait un art à présent, il avait mémorisé dans sa tête les heures à laquelle la porte face la sienne s’ouvrait et quand il entendait les discussions des deux rouquines. Les murs étaient fins et parfois il avait envie de se joindre à elle, de réciter l’alphabet avec Louise ou juste de l’écouter raconter sa journée. Il avait failli une fois, enfin non, il avait failli aller tout avouer à Michaela, incapable de dormir et de penser, il avait été réveillé par un mauvais rêve. Il avait été à deux doigts de taper à la porte de Micha et d’attendre qu’elle daigne lui ouvrir, elle et son regard inquisiteur. I know this is crazy, I can’t sleep, I’m in love with you and I’ve been in love with you since I was fourteen. C’était complètement fou en effet, peut-être que Peter aurait un remède contre ça. Jonathan avait presque un sourire complètement idiot sur le visage en y pensant, presque, mais il préféra sonner à la porte de Peter. Dire que le brun avait l’air complètement désintéressé en fixant cette porte était un euphémisme, sa mère détestait cet air qu'il avait souvent, Jonathan appelait ça du détachement émotionnel et elle préférait dire qu’il boudait. « J’ai ramené de la salade de m… » Le brun était réputé pour être intelligent et pas qu’un peu, en quelques secondes il avait repéré Peter et son absence de t-shirt -see, king of cool - et quelques centimètres plus bas, Louise heureuse d’ouvrir la porte au nouveau venu. Jonathan et Louise échangèrent un regard de surprise et Jonathan rattrapa la petite à temps alors qu’elle trouvait naturellement son chemin dans ses bras.  « Bonjour Miss Kepner. » Là, Jonathan n’avait plus l’air aussi désintéressé et il sentit son humeur morose s’envoler un peu en sentant les bras de Louise autour de son cou. Les questions fusèrent automatiquement, la rouquine en avait des tas et Jonathan la regarda parler pendant une longue minute avant de dire quoi que ce soit. Oui, elle lui avait manqué. Au lieu de répondre il déposa un baiser sur le front de Louise et se tourna vers Peter.  

« Tiens aide-moi, j’ai ramené de la salade de maïs... hein Monsieur-j’ai-oublié-de-mentionner-la-liste-complète-des invités. » Jonathan donna le saladier à Peter et le suivit à l’intérieur de la maison. « Pardon Louise tu disais…? » Le coeur du brun s’était accéléré tout seul et à partir du moment où il passa dans le jardin et que son regard se posa sur Michaela, le reste ne devint que du brouillard. Et lui qui pensait que Peter allait lui fournir un remède pour son coeur blessé… Il s’était lourdement trompé.  « J’ai ramené de la salade de maïs. » se sentit obligé de répéter Jonathan, comme un vieux disque rouillé.

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"...The universe is so big and yet so small. Both things are true you know, it keeps expanding but at the same time you can chat with someone at the other side of the planet... You might want to call that a miracle."
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Sujet: Re: Playing matchmakersJeu 25 Fév - 3:09

Le blond faillit fondre sur le pas de sa porte. Oui, lui, cette espèce d’armoire à glace sur pattes qui passait son temps à énerver la population de Fairhope ou à tenir les objets hors d’atteinte de Willow, le bras levé dans les airs en espérant que cela l’inciterait à venir se coller contre lui, sur la pointe des pieds, pour tenter de récupérer son bien. Lui, le grand dadais aux larges épaules qui en impressionnait plus d’un dès qu’il avait le malheur de mettre les pieds dans un bar ou dans une pièce à échelle humaine. Au moins, dans sa villa, il se mêlait parfaitement à cet immense décor fait de marbre et de carrelages, aussi extravagant et travaillé que le propriétaire. Mais le tout manquait évidemment de chaleur, de sincérité, d’authenticité, d’un côté rustique qu’on aurait pu trouver dans d’autres demeures. Pas de portraits sur les murs, pas de photos ni de souvenirs entassés dans un coin. Quelques bouquins, mais même ceux-ci étaient rares, perdus dans un bureau à l’étage, une bibliothèque ridicule quand on connaissait la superficie totale du terrain sur laquelle la villa avait été construite. Un téléviseur immense en revanche, qui ne suffirait bientôt plus au journaliste qui prévoyait d’investir dans un rétroprojecteur d’ici peu. À moins qu’il ne se décide plutôt à le mettre directement dans sa chambre ? Le projet devait encore prendre le temps de murir dans son esprit, et ce n’était certainement pas le moment de songer à tout cela. Non, au diable les apparences pour le reste de la soirée, il serait lui-même et personne d’autre. Et face à l’enthousiasme de Louise lorsque celle-ci ouvrit la porte à Jonathan, Peter ne pouvait se retenir d’esquisser un sourire ravi, presque comblé d’avoir au moins pu réunir ces deux-là sans causer une troisième guerre mondiale dans la foulée, à deux doigts de fondre littéralement sur le pas de sa porte devant tant de douceur et d'affection. Il s’effaça, le saladier de Jonathan en sécurité entre ses mains, ne manquant pas de remercier le brun pour cette recette originale qu’il avait réalisé lui-même et sans l’aide de qui que ce soit, sans aucun doute. Le journaliste se permit également un « Nice shirt by the way » pour le moins ironique avant de disparaitre en cuisine où il retrouva Willow.

La joie était lisible sur les traits de son visage, et quand bien même la perspective de griller des saucisses pour la première fois de l’année le mettait particulièrement en joie, autre chose se cachait derrière le sourire de Peter. Il se précipita vers la fenêtre, observant ses convives le plus discrètement possible ; avec un peu de chance, on ne remarquerait pas les deux yeux fixés sur toute la petite troupe, la carrure impressionnante qui se dessinait derrière la vitre, le torse nu qui finirait par mettre les gens mal à l’aise à un moment donné si le blond ne se décidait pas à le couvrir dans les plus brefs délais. « Ça va marcher. J’en suis sûr. Regarde, Louise est déjà en train de lui voler ses lunettes et… Mon Dieu. » Les deux mains de Peter se plaquèrent instinctivement sur sa bouche, enfermant le bruit très viril qui s’apprêtait à lui échapper, retenant sa respiration dans le même temps, comme si la moindre expiration allait alerter les énergumènes qui discutaient au dehors. Enfin, ce n’était pas vraiment le verbe approprié ; en tout cas, s’ils s’adressaient la parole, Peter ne pouvait rien entendre de là où il se trouvait et il était ravi de voir que son ersatz de masque avait évité à son souffle d’embuer le verre contre lequel il allait bientôt se cogner s’il continuait de s’avancer de la sorte. « Willow ? Willow, viens voir, regarde. » Peut-être était-elle sur le point de quitter la pièce pour rejoindre tout ce beau monde ; peut-être qu’elle avait clairement quelque chose de mieux à faire que de s’extasier devant trois individus qui s’efforçaient de cohabiter et de partager le même air en attendant qu’on vienne les secourir et les sortir de leur silence inconfortable, mais pas Peter. Et il mourrait d’envie de partager ce merveilleux spectacle avec la jolie brune. « Non, non, tu as tout raté, tu aurais du voir ça… » La déception dans sa voix. Comme s’il avait dix ans à nouveau. Comme s’il avait failli fondre devant un tel spectacle. Again. « Louise lui avait pris ses lunettes et bien sûr, puisque mademoiselle ne voulait pas les lui rendre, Micha les a récupéré elles-mêmes avant de les remettre sur le nez de Jonathan. See ? It’s working, I’m telling you it’s working. This is my master plan all coming to life, right there. » Les joues de Micha paraissaient aussi rouges que sa chevelure, et il était peut-être temps de sauver la mise en rejoignant le futur couple et l’enfant qui leur tenait compagnie.

Peter fit demi-tour sans réfléchir, le saladier de Jonathan toujours blotti entre ses mains, ses épaules toujours nues, son sourire toujours intact. À croire qu’il s’apprêtait à passer la soirée devant l’une de ses séries favorites et qu’il avait hâte d’en savourer le moindre des rebondissements. « Jonathan a apporté de la salade de maïs. » Une information dont les Kepner étaient visiblement déjà au courant, mais qui ne manqua pas de faire sourire Micha, cette dernière se risquant enfin à parler à quelqu’un d’autre que sa fille maintenant que Peter et Willow les avaient rejoint. « Il pourra dire merci à sa maman. » La rouquine n’était visiblement pas dupe, bien qu’amusée malgré tout par ce qui paraissait être la chose la plus anodine du monde. Peter acquiesçât d’un signe de tête, conscient qu’il n’était pas au courant de tout, posant le saladier sur la table déjà dressée avant d'effectuer plusieurs aller-retours entre la cuisine et le barbecue qui se trouvait non loin du reste de la bande. « Asseyez-vous, prenez place. Faites comme chez vous. Je m’occupe de la viande, ma femme ici présente s’occupe de vos boissons. Et Louise s’occupe de placer tout le monde et de rester très loin du barbecue qui brûle très fort, n’est-ce pas Louise ? » Il se tourna vers l'enfant, oubliant bien vite les confidences qu'il venait de faire face à Louise qui assignait déjà un siège à chacun autour de la table. Sa femme ? Oui, bon, il y allait peut-être un peu fort mais il n’y avait pas vraiment de doute dans son esprit. Si ça ne marchait pas avec Willow, alors ça ne marcherait avec personne et il finirait seul avec son barbecue dernier cri, sa main droite, et sa bouteille de whisky - et toujours rien sur ses épaules. Tout le monde savait pertinemment qu'il plaisantait de toute façon. À moins que ?

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Sujet: Re: Playing matchmakersVen 29 Avr - 22:27

Peter était fier de ses manigances, à en juger par l'expression absolument extatique qu'il arborait. La jeune femme ricana en le voyant revenir se placer au point d'observation stratégique le moins discret de l'histoire de la création. C'était comme ces enfants, dans les films, qui descendaient les escaliers avec le silence d'un éléphant pour surprendre le Père Noël en train de délivrer des cadeaux. Il aurait été tout aussi bien caché s'il avait ouvert la fenêtre et fait de grands signes. Mais ça, ça n'était que l'avis de Willow, et elle allait bien se garder de lui dire. Quoi que, elle aurait pu suggérer, sur un ton de confidence, qu'il verrait mieux accroupi derrière la fenêtre ou caché derrière une plante verte, juste pour voir s'il se laissait convaincre et qu'il se lançait en mission d'agent secret pour les espionner, mais elle le laissa à ses ruses et autres stratagèmes pour aller apporter les boissons qu'elle était venue chercher. Elle aurait pu se retourner à l'appel de son nom, et faire le chemin dans l'autre sens pour contempler l'étendue du malaise que le grand blond avait causé, si seulement elle n'avait pas eu les bras chargés de bouteilles, se demandant avec une pointe d'inquiétude si tout allait arriver en un seul morceau jusqu'à la table. Du coup, elle l'abandonna à son espionnage, persuadée qu'il ne lui en voudrait pas trop s'il remarquait seulement son départ, tout concentré qu'il était sur le jeune ''couple en devenir'' qu'il avait décidé de sponsoriser.

Rire au dépend des autres, c'était mal. Tout le monde le savait. Willow la première se défendait de rire lorsque quelqu'un chutait ou lorsqu'une situation embarrassante arrivait aux autres. Du moins, elle essayait. Parce que la scène qui se jouait devant elle lui demandait beaucoup d'efforts et de retenue. Le visage de Michaela était aussi rouge que le costume du super-héros dont Jonathan portait le T-shirt, -l'idée l'amusait beaucoup- , et le Jonathan en question n'avait pas l'air beaucoup plus dans son élément. Elle déposa sa cargaison sur la table avant de saluer le nouvel arrivant chaleureusement. Après tout, même elle devait bien avouer que la situation était absolument adorable, et ses a priori au sujet de Jonathan étaient purement subjectifs. Peter les rejoint bientôt, toujours dévêtu, parce qu'apparemment c'était plus malin de faire flamber des braises et griller des saucisses en exposant le plus de peau possible aux brûlures. La salade de maïs déposée sur la table, Willow s'éclipsa le temps d'aller chercher des ustensiles pour la servir. Peter invita tout le monde à s'asseoir, à s'installer et

Quoi? Allez savoir si c'était une explosion, un arrêt cardiaque ou une mini-catastrophe nucléaire qui la fit s'arrêter en plein mouvement, qui n'était heureusement qu'un geste pour se saisir d'une bouteille et commencer le service. Elle eut vite fait d'ignorer la vive chaleur qui la fit très certainement gagner le club des joues-rouges, et d'attraper la bouteille précédemment mentionnée, non sans un regard pour l'homme qui avait continué son discours comme si de rien n'était. Elle s'appliqua donc à se convaincre que c'était sa joie intense qui avait parlé pour lui et qu'il ne fallait peut-être pas y accorder trop d'importance. Eviter de verser dans l'hystérie qu'elle sentait ramper le long de sa colonne vertébrale. «Qui veut quoi?» reprit-elle pour se distraire. Elle se concentra donc sur les invités de Peter, leurs invités. «S'il n'y a pas ce que vous voulez, il nous reste d'autres choses au frais à l'intérieur. N'hésitez pas.» Il était encore là, ce nous qui s'immisçait là tellement naturellement, comme s'il était parfaitement à sa place. Peut-être qu'il l'était, bien sûr qu'il l'était, elle préférait éviter de trop y réfléchir. Se contenter de vivre le moment, c'était déjà amplement suffisant, elle aurait tout le temps du monde pour ses réflexions au beau milieu d'une nuit quelconque ou dans un éventuel débriefing d'après-soirée avec Micha, comme les filles savaient en faire.

Les boissons servies, elle attrapa les pinces à salade qu'elle avait plantées dans le plat rapporté par Jonathan, et entreprit d'en verser dans chaque assiette, «Louise, tu veux de la salade de maïs amenée par Jonathan?» L'information avait peut-être été suffisamment relayée, mais il lui semblait que de la salade de maïs serait plus alléchante pour l'enfant si elle précisait à nouveau qu'elle venait du jeune homme. Puis elle finit par prendre place et, incapable de retenir le commentaire plus longtemps, se tourna vers Peter et son barbecue et son torse nu. «Fais attention de pas te brûler quand même.» Elle avait bien pensé à essayer de rendre la phrase plus drôle, ironique ou un rien moins sérieuse, mais le fait était que son inquiétude était réelle. Elle piocha dans les gâteaux apéritifs, et contempla pensivement les deux jeunes adultes en se demandant si c'était à elle de relancer la conversation. Quelqu'un allait bien devoir briser la glace, ils n'allaient pas se regarder en chiens de faïence pendant toute la soirée. L'inconvénient, c'était qu'elle n'était pas née avec un arc et toute la panoplie de Cupidon, et qu'elle se trouvait un peu démunie. La seule phrase qui lui venait à l'esprit était un horrible "alors alors, vous allez vous mettre ensemble ou quelque chose?" qui lui faisait grincer des dents rien que d'y penser. Elle opta plutôt pour un classique «Est-ce que vous avez quelque chose de prévu pour cet été?» Vacances, sorties, naissances, expositions, mariages, elle était ouverte à toutes les réponses.
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Sujet: Re: Playing matchmakersLun 16 Mai - 18:01

Louise prit son nouveau job très à coeur. Elle n’avait pas encore quitté les bras de Jonathan qu’elle gesticulait déjà dans tous les sens, faisant de grands gestes, pointant les sièges du doigt et prononçant les prénoms de chacun avec un enthousiasme non dissimulé. Peter se retrouva évidemment le plus près possible de la chose impossible à prononcer qui brûlait, Willow à sa droite, Jonathan à sa gauche, et Micha en face du journaliste. « Et tu vas t’asseoir où jeune fille, hmm ? », avait alors demandé la mère, se rapprochant de sa progéniture sans se soucier à qui appartenait les bras qui continuaient de la porter. Ce à quoi l’enfant répondit simplement par un prénom, et comme si elle avait véritablement besoin d’illustrer ses propos, elle passa fermement ses bras autour du cou de l’intéressé, risquant certainement de l’étrangler. Les genoux de Jonathan seraient donc ceux sur lesquels Louise élirait domicile pour le reste de la soirée - ou tout du moins, une bonne partie. Ce qui ne serait sans doute pas très pratique pour le brun qui devrait développer une technique particulière pour réussir à se nourrir sans garnir la chevelure de Louise de grains de maïs et autres joyeusetés à portée de main. Mais la jeune Kepner semblait tellement ravie qu’on ne pouvait pas lui faire l’affront de l’isoler sur sa propre chaise, pas vrai ?

Les invités prirent donc place où on les avait placé, s’installant sans rechigner, Micha ne se refusant pas à un fond de vin blanc proposé par Willow, tandis que Peter n’avait de cesse de faire des allers-retours entre la cuisine et le barbecue, chargeant l’engin de charbon et de vieux journaux où son prénom était sans doute cité au moins une dizaine de fois, avant de finir par mettre le feu à l’ensemble. Le spectacle surprit Louise qui n’y était clairement pas habituée, mais l’incident fut bien vite oublié et elle se concentra ensuite sur le sirop de fraise que sa mère lui avait préparé, hochant vigoureusement la tête pour répondre à sa marraine qui lui proposait de la salade de maïs. Il fallait gouter à tout, c’était sa maman qui l’avait dit. Et tandis qu’on la réprimandait suite à l’utilisation de ses minuscules doigts en guise de fourchette, Peter saisissait enfin les premières brochettes et autres morceaux de viande pour les poser sur la grille, bombant fièrement le torse avant d’agripper sa bière, ne se retournant même pas pour répondre à sa femme (terme qui n’avait pas étonné Louise plus que cela. Après tout, il suffisait de se tenir par la main pour être marié, non ?), la gratifiant d’un très poétique « Honey, I know how to handle my meat. » qui eut au moins le mérite de faire ricaner les plus âgés. Louise ne releva pas, seulement parce que ce genre de subtilités lui échappaient encore, remarquant que cela semblait néanmoins du goût de tout le monde, et qu’il serait donc très approprié de ressortir cette même phrase un autre soir, quand sa mère lui donnerait son bain ou qu’elle lui prendrait encore le couteau des mains pour couper sa viande à sa place.

Les instants suivants furent consacrés à Peter, que l’enfant observait depuis les genoux de Jonathan, un peu perdue face à ce géant dont les bras paraissaient plus épais que les cuisses de sa propre mère. Entre deux bouchées, elle baissa la tête pour jeter un coup d’oeil à ses biceps, constatant qu’elle était bien petite face au reste du monde ; mais ce n’était pas grave, il y avait toujours Peter et ses bras, Jonathan et ses lunettes de super-héros aux pouvoirs insoupçonnés, Willow et ses potions magiques ou encore Micha et sa longue chevelure de feu. C’était suffisant pour la protéger, l’empêcher de faire des cauchemars ou faire fuir les garçon de sa future classe ; parce qu’il fallait bien avouer que la plupart d’entre eux se fichaient éperdument d’avoir l’air intelligent et qu’ils préféraient jouer au ballon ou se pousser dans la boue. Ce que Louise appréciait elle aussi, elle le faisait simplement avec davantage de classe et de panache - du moins c’était ce qu’elle pensait, sa mère n’était évidemment pas toujours du même avis quand elle retrouvait les robes et les souliers flambant neufs de sa fille dans un piteux état. Le reste de la conversation parut assez vague. Il fallait dire aussi que Louise n’écoutait que d’une oreille. Les grands parlaient de vacances et Micha évoquait l’idée d’aller passer plusieurs journées à la plage pour pique-niquer, avant de déclarer que Louise irait au centre aéré une à deux fois par semaine pour s’habituer à l’école qui arriverait bien vite, qu’elle pourrait sans doute s’y faire des amis et ramener de jolis souvenirs en pâte à sel à la maison. La gamine était ailleurs, un peu perdue dans ses pensées, le coude nonchalamment posé sur la table et la tempe dans la paume de sa main, retenant ainsi ses longs cheveux roux d’aller trainer vers son assiette.

Elle releva la tête avant d’être oubliée, se penchant dangereusement vers l’arrière pour se laisser retomber sur le torse de Jonathan, le menton tendu vers lui. « Est-ce que les éléphants ça mange du maïs ? Et les girafes ? Ça mange quoi les girafes ? » Sans doute avait-elle bien fait d’intervenir à ce moment précis, juste après que Micha se soit tournée vers son ami d’enfance, les joues teintées d’un rouge profond tandis qu’elle lui demandait si un déjeuner sur la plage dans les semaines à venir ne serait pas de trop. Mais petite Louise avait décidé qu’il était temps de lui prêter attention à nouveau, et sa mère devrait sans doute attendre pour obtenir une réponse digne de ce nom.

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Sujet: Re: Playing matchmakersLun 30 Mai - 17:39

Jonathan aurait pu maudire Peter, avant de se dire qu’il était intelligent et qu’il aurait dû voir venir cette petite manigance à des kilomètres. Le grand blond était plus ou moins au courant de ce qu’il ressentait pour Michaela, le brun n’avait jamais osé le formuler à voix haute en présence de Peter mais il y avait des signes et surtout des confidences qui ne trompaient pas. Quand il lui parlait des cheveux de Michaela dès que Peter lui faisait ingurgiter la moindre goutte d’alcool… ça n’aidait pas en effet. Donc l’étudiant ne pouvait pas vraiment blâmer Peter d’essayer de… eh bien d’arranger un peu les choses entre lui et Micha. Il avait sûrement eu vent de leur dispute et cela ne faisait absolument rien pour arranger la couleur des joues du Rowling, la dernière chose qu’il voulait c’était qu'on se sente désolé pour lui. Michaela avait raison de lui en vouloir, c’était bien lui qui avait fait des promesses qu’il n’avait pas tenues et personne d’autre c'était tout, mais ce n'était pas de la gêne qui envahissait Jonathan à cet instant précis mais bien autre chose. À dire vrai, il était content d’être là, et il ne pouvait même pas en vouloir à Peter d’essayer, et à en juger par la remarque de Micha sur la fameuse salade de la famille Rowling, sa présence ne gênait pas. Jonathan pouvait donc respirer et arrêter de s’accrocher à son saladier comme si sa vie en dépendait.

Il gratifia Willow d’un bonjour et autres formules de politesse et se laissa guider dans la demeure du Howell qu’il connaissait par coeur évidemment. Lui qui pensait que ce barbecue ne s’agissait que d’une excuse pour que Peter puisse montrer ses talents à tous n’avait pas complètement tort et il ne demanda pas au plus âgé que lui s’il avait besoin d’aide. S’il y avait bien une chose que Peter maitrisait, c’était son barbecue. Il ne lui restait donc plus qu’à s’asseoir et faire de son mieux pour paraitre comme un adulte normal. « Juste du coca pour moi, ça ira très bien, merci. » répondit tout simplement le brun à Willow, qui semblait faire office de maitresse de maison en cet instant. Il avait tout de même un sourire au coin des lèvres et il se dit intérieurement que Peter et Willow semblaient être perdus dans leur propre monde, et que ça, personne ne semblait en parler. Quelque part, Jonathan les enviait, ils avaient l’air tellement à l’aise l’un avec l’autre, il se demandait si un jour il aurait ça avec quelqu’un. Le Rowling préféra donc s’asseoir et laisser Louise envahir ses genoux plutôt que de se laisser dominer par des sombres pensées, c’était un beau jour d’été, le début de l’été même, pourquoi penser à autre chose ? Il eut cependant un franc sourire face à la question de Willow, il se disait que la brune allait probablement passer son été ici et en compagnie de Peter et son absence de t-shirt. Jonathan ne dit rien de tout cela, gardant un oeil sur le blond du coin de l’oeil, et il répondit automatiquement : « Et je n'ai rien du tout prévu de cet été, à part la grande réunion de ma famille à la fin du mois prochain, ma mère va sûrement tous vous inviter d’ailleurs, si vous voulez me voir en train de me faire malmener par mes cousins, c’est un spectacle que je vous recommande. » Le pire c’était qu’il n’exagérait pas, et Micha était bien placée pour le savoir, la famille Rowling était grande et en sa qualité de petit dernier, oui du haut de ses dix-neuf ans, Jonathan subissait le pire et le meilleur à la fois. D’un côté, sa mère faisait en sorte que tout le monde soit à l’aise et mange à sa faim, en particulier son seul et unique fils et de l'autre il y avait ses cousins, cousines, tantes et autre famille éloignée, qui avait une vie, qui s’émerveillaient toujours de Jonathan et de sa physique et coulaient des regards plus qu’appuyés en direction Michaela qui était souvent là. La rousse faisait partie intégrante de la famille et Jonathan n’avait même pas osé lui en reparler, peut-être qu’elle ne voudrait pas faire le déplacement cette année.

Il laissa les deux femmes parler de leur propre plan et il eut un léger sourire alors que les yeux de Micha se posaient sur lui, elle évoquait un déjeuner sur la plage et Jonathan se demanda l’espace d’un instant si l’invitation était pour lui et uniquement pour lui. « Je.. » Il ne put finir sa phrase, l’espace d’un instant, avec les yeux de Michaela posés sur lui, Jonathan avait oublié que Louise se trouvait aussi près de lui, il sursauta légèrement et se traita mentalement d’idiot avant de déposer un baiser sur le front de la petite. « Je pense que ça mange de l’herbe ma chérie… » Jonathan répondit d’abord à la fille, il savait que Louise ne supporterait pas d’être ignorée bien longtemps et la proposition de Micha l’avait fait rougir. Ce n’était sans doute rien, Micha faisait un effort, chose qu’il aurait dû apprécier, sa meilleure amie lui manquait cruellement après tout et prétendre le contraire aurait été mentir de façon éhontée. Plutôt que de répondre directement à Micha, il resta concentrée sur Louise. « Ça te dirait d’aller à la plage un de ses jours ? J’ai une super bonne technique pour faire des châteaux de sable, ta mère peut le confirmer. » Il laissait la petite décider, si elle acceptait sa présence alors, il viendrait.

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Sujet: Re: Playing matchmakersMer 29 Juin - 4:19

Le journaliste ne s’était jamais vraiment posé la question de savoir s’il aurait des enfants un jour ; la réponse s’était imposée à lui, l’évidence l’avait saisi comme une violente envie de respirer, et il avait rangé la pensée dans un coin de sa tête. Ce n’était tout simplement pas fait pour lui, ça ne lui correspondait aucunement. Et puis quoi, si c’était pour finir avec une balle dans le crâne et la cervelle éparpillée sur une dalle de béton, il ne voyait pas franchement l’intérêt. Il avait déjà pourri-gâché la vie de son géniteur, hors de question d’en faire de même avec un nourrisson. Ce genre de machin restait rarement petit très longtemps de toute façon, ça poussait sans qu’on s’en rende compte et ça finissait par faire des conneries, par boire un peu trop et par griller un feu rouge fatal juste pour impressionner les copains. Ce n’était pas envisageable, pas humain de vouloir donner la vie dans un monde où on s’acharnait à la reprendre, où il suffisait de traverser la rue ou de s’endormir paisiblement sur son canapé pour ne pas voir le soleil se lever le lendemain et devenir un souvenir douloureux dans les mémoires des vivants. Alors non, Peter refusait d’être de ceux qui allait passer le restant de leurs jours à se faire un sang d’encre pour un bout de chair qui n’avait même pas conscience de son existence durant les premiers instants de sa vie.

Jusqu’à ce que. Jusqu’à ce qu’elle soit là, qu’elle caresse son visage et qu’elle lui fasse oublier le reste. La poussière, la boue, les planches de bois qu’on avait fait disparaitre dans les entrailles de la terre à l’image des numéros de magie les plus sinistres. Spectacle macabre qui se rejouait en boucle dès qu’il fermait les paupières. Pourtant, elle avait réussi à les effacer, à les remplacer par d’autres clichés, et à chaque fois qu’il s’endormait, il pouvait tracer les contours de ses lèvres sans aucune peine. Même dans son sommeil, dans les ténèbres les plus obscures, elle était réelle et palpable. Et quand ils n’étaient plus qu’un corps, qu’une seule et même âme à bout de souffle, il s’était surpris à songer à la forme que pourrait prendre leur amour s’ils l’autorisaient à s’installer entre eux, barricade arrondie qui ne ferait que les rapprocher. Ça n’était pas arrivé souvent, mais il y avait cru tout de même l'espace d'un bref instant, en ce sourire qu’il ne pouvait qu’imaginer, ces mains minuscules et ce rire surgissant du futur qui pourrait finalement donner un sens à toute cette mascarade. C’était avec elle ou ça n’existait pas.

La question de Louise arracha un sourire au blond qui se tenait dos au reste de la troupe, son coeur manquant de s’écraser contre ses côtes alors que la pensée le traversait à nouveau sans qu’il puisse le contrôler. Parce qu’il s’était dit que l’enfant serait sans doute ravie d’avoir quelqu’un avec qui jouer et courir dans le jardin durant ce genre de dîner. Un jour. Peut-être. Et puis il s’était concentré sur autre chose, sur des éléments plus importants (la viande), nécessaires (la viande) et dont il maitrisait au moins le sort (la viande). Il perçut l’hésitation dans la réponse de Jonathan, et il leva les yeux au ciel sans que personne ne puisse le remarquer, convaincu qu’ils riraient ensemble de son éternelle timidité le jour où le brun passerait la bague au doigt de sa rousse. Car s’il y avait bien une certitude, c’était celle-ci. Peter finirait peut-être dans un sale état - après tout c’était dans son sang, pas vrai ? - mais les Rowling auraient leur happy ending. Et ils le méritaient franchement. « Oui, on ira à la plage. » L’enfant avait répondu à la question de l’adulte sur un ton qui se voulait presque agacé, sûrement vexée qu’on ose seulement lui demander quand la réponse paraissait limpide et flagrante. « Même que Maman elle fait pas des châteaux, elle fait des grottes. » Peter fit volte-face alors que Micha se lançait dans une longue tirade pour justifier la déclaration de sa fille, expliquant à qui voulait l’entendre que c’était beaucoup plus simple de faire un gros tas de sable avec un simple trou pour l’entrée et la sortie que de se lancer dans la construction d’un palace que les vagues viendraient de toute façon démolir peu de temps après ; ses joues rouges trahissaient cependant sa gêne à l’idée de ne pas être aussi douée en architecture que les autres parents.

Déposant la première tournée de brochettes sur la table, Peter fut finalement au centre de l’attention - et il le fallait bien, hors de question de ne pas faire honneur au plat de résistance. « Voilà pour vous. Pour prendre des forces avant vos grottes de sable et compagnie. Et servez-vous autant de fois que vous voulez, vous êtes dix fois trop maigres, vous allez finir par vous envoler. » Ses muscles saillants ne manquaient pas de rappeler la quantité impressionnante de protéine que Peter pouvait ingurgiter en un seul repas, et une bonne partie de ce qui se trouvait sur ce barbecue finirait probablement dans son propre estomac, mais au moins on ne pourrait pas lui reprocher de ne pas avoir partagé un minimum. Même la petite Louise s’était mise à gesticuler dans tous les sens avant d’être rappelée à l’ordre par Micha qui s’affairait déjà à lui couper des bouts de viande en plus petits morceaux dans une assiette ; avant d’être stoppée dans son élan en remarquant que Jonathan était occupé à faire exactement la même chose de son côté, arrachant un rire gêné à la rousse, Peter constatant une fois de plus qu’il avait vraiment bien fait de les inviter tous les deux ce soir-là.

Louise continuait d’accaparer Jonathan, Micha et Willow semblaient absorbées par leur conversation, et Peter pouvait enfin se récompenser avec un première brochette qui ne le rassasierait pas le moins du monde. Discrètement, et sans un mot, le dos de sa main effleura celui de Willow. Juste comme ça. Pour que sa peau se souvienne qu’elle était bel et bien là. Qu’elle n’était pas un rêve.

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Sujet: Re: Playing matchmakersJeu 11 Aoû - 23:23

Finalement, après de longues négociations que l'enfant réfutait en bloc les unes après les autres, elle finit par accepter d'aller se coucher à une seule condition. Certes, il était probablement déjà beaucoup trop tard, mais l'heure n'avait absolument aucun impact sur la motivation de Louise à rester exactement là où elle était jusqu'au creux de la nuit, ce moment mystérieux où seuls les adultes étaient autorisés, où l'on recalait les enfants à grands coups de va au lit et de mets-toi en pyjama, tentant de faciliter la nouvelle avec des encore cinq minutes qui laissaient croire que l'on était privilégié. Non, Louise n'avait cure de ces préoccupations qui étaient définitivement réservées aux grands, l'excitation et l'agitation se chargeant de maintenir la fatigue à distance pour le moment ; ses termes étaient simples, elle voulait que Jonathan l'accompagne. Dès lors que tout le monde était tombé d'accord avec elle, ce qui ne prit en tout et pour tout que quelques secondes, elle était partie se coucher avec sa mère et Jonathan sans broncher, prenant tout de même garde à dire longuement au revoir aux deux autres adultes présents sur les lieux. Willow en avait donc profité pour remettre un peu d'ordre sur la table, emmenant la pile d'assiettes à l'intérieur, non sans prêter une oreille attentive au processus du coucher, et notamment à la voix de Jonathan qui semblait raconter une histoire probablement sortie tout droit de son imagination, puisqu'à la connaissance de la jeune femme, les livres pour enfants ne peuplaient pas exactement la demeure de Peter. Et ce, même si elle eut un frisson en l'imaginant lire une histoire à une petite tête blonde blottie dans ses bras musclés. Plutôt que de s'arrêter pour y penser, elle récupéra un gilet, parce que c'était forcément la fraîcheur nocturne qui l'avait fait frissonner, et rien d'autre.

L'histoire de Michaela et de Jonathan était complètement différente de la leur, mais comme la leur, elle ne savait pas trop quand elle avait commencé. Ni même si elle avait seulement commencé. Celle des deux plus jeunes s'écrivait depuis longtemps, sans faute et sans rature, jusqu'à ce qu'ils se mettent à les enchaîner, sautant des chapitres avant que les mots ne se bousculent à nouveau, violemment, têtes baissées, et pourtant elle n'avait encore jamais eu l'occasion de démarrer. Celle des hôtes de la soirée hésitait, avait peur de s'écrire, craignant qu'ils se perdent s'ils se trouvaient, craignant qu'ils se blessent s'ils se cherchaient. Les mots avaient peur de sauter le cap, terrifiés à l'idée de devoir s'arrêter d'écrire un jour. Ils avaient contemplé ce qu'il se passait entre cette petite brune et ce grand blond, incapable d'appeler ça une histoire, sans savoir quel autre nom lui donner. Et si aujourd'hui les pages étaient toujours blanches, c'était parce qu'ils s'importaient trop pour oser le formuler. De peur que les mots ne se brisent, que la mine du crayon ne casse en atteignant la feuille. L'amour suspendu dans le vide. Parce que c'était de l'amour, et c'était une histoire. Et l'apprentie policière se surprenait parfois à y croire avec une ferveur presque religieuse. La chute serait vertigineuse et mortelle, les mots dégringolant au bas de la page pour s'y écraser, incohérents et incompréhensibles. Elle avait pris le risque sans même le savoir.

Willow était retournée dehors auprès de Peter, se glissant derrière sa chaise avant de le capturer entre ses bras, l'informant sur un ton de confidence de l'avancée de la situation à l'intérieur, les mots glissés près de son oreille au cas où l'un d'entre eux soit en train de ressortir. Ou simplement pour trouver une excuse pour s'approcher un peu plus de lui, le tout pour capturer ses lèvres cette fois. Elle avait mille excuses si elle l'embrassait mille et une fois. Il y avait toujours une fois de plus. Tout ce qu'elle espérait, c'était qu'il n'y ait jamais une fois de trop. C'était beaucoup plus que ce pour quoi ils avaient signé lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Personne ne l'avait prévenue. Qu'est-ce qu'elle était censée faire d'un futur? «Ton plan fonctionne plutôt bien,» avait-elle ensuite annoncé, se laissant tomber dans la chaise adjacente, toujours à portée de ses bras. Si Michaela n'était pas encore convaincue, Louise, elle, avait déjà adopté Jonathan, puisqu'elle l'avait à peine lâché de tout le repas, monopolisant fréquemment toute l'attention du brun, que ça n'avait pas l'air de déranger le moins du monde. «Est-ce qu'il y a une phase deux?»

«Elle s'est endormie?» C'était ce que le retour des deux invités semblait prouver alors qu'ils reprenaient place autour de la table, le calme reprenant le dessus sur les conversations animées qui avaient ponctué le repas. «Ca y est Jonathan, tu as perdu ta plus grand fan.» La subtilité n'avait jamais vraiment été son fort. «Je ne sais pas vous, mais j'ai beaucoup trop mangé.» Même si, à dire vrai, trop manger était l'une de ses activités favorites, le léger inconfort apporté par un estomac trop rempli était bien incapable de rivaliser avec le plaisir de manger son poids en brochettes de viande et en dessert. Surtout en dessert. «Vous le dites s'il vous faut quoi que ce soit ou si vous avez froid ou quelque chose.» Souvent, personne n'avait froid en même temps qu'elle, principalement parce qu'elle était particulièrement frileuse, et ce malgré les températures chaudes de Fairhope, ou peut-être justement à cause de ces dernières. Elle vivait toujours avec un gilet à portée de main, au cas où ils perdraient un degré. Et s'ils en perdaient deux, c'était une excuse de plus pour se rapprocher de Peter.

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Sujet: Re: Playing matchmakersVen 2 Sep - 23:27

Les flammes de la chevelure de Louise dansaient derrière elle, la petite sautillant d’un pied sur l’autre pour guider Micha et Jonathan à l’étage après avoir embrassé leurs hôtes chaleureusement. Pas besoin qu’on lui explique, elle commençait à connaître la demeure de Peter par coeur, et elle savait exactement ce qu’elle trouverait derrière chaque porte. Sans crainte, elle s’était donc précipitée vers la poignée tout au fond du couloir, laissant aux adultes le soin de découvrir un plafond parsemé d’étoiles phosphorescentes que le journaliste avait sûrement collectionné en achetant des centaines de paquets de céréales. Sur le lit aux draps clairs, une unique peluche peuplait cette chambre d’ami que le propriétaire avait redécoré sans en parler à personne, ne confiant ce secret qu’à la principale intéressée. Le parrain de l’enfant avait hésité à venir y entasser de nombreux jouets pour que l’ours se sente moins seul, mais c’était prendre le risque de s’habituer à la présence de la gamine, à ses rires et à ses peines. C’était prendre le risque de vouloir combler le silence et son absence par une autre petite tête rousse ou blonde aux pommettes roses et aux cris stridents. Et si on lui avait demandé, Louise aurait naturellement été ravie d’avoir enfin quelqu’un avec qui se rouler dans l’herbe et faire des bêtises.

Pour l’heure, elle était trop occupée à se hisser sur la pointe des pieds pour montrer à ses parents où elle allait dormir cette nuit. Ses parents. L’idée ne lui avait pas traversé l’esprit en ces termes exactement, mais Louise n’avait pas fait de différence ce soir-là ; elle avait choisi de ne pas en faire. Après tout, elle ne savait pas vraiment à quoi ressemblait un papa, ce que ça faisait dans la vie à part avoir les joues qui piquent et la voix grave. Ce qui était assez déroutant au final, et la petite s’était souvent vue pointer les passants du doigt en demandant à Micha s’il s’agissait enfin de son géniteur ; la mère était naturellement ravie de passer pour une femme facile qui s’était probablement tapé toute la ville au point que sa propre fille ne parvienne pas à différencier son père d’un inconnu. Jonathan était gentil, il était présent, ou en tout cas, il avait essayé de l’être. Ça ne le dérangeait pas de dessiner des dinosaures, de répondre aux questions sur les giraffes, d’aller pique-niquer ou de promettre qu’ils iraient bientôt au zoo tous ensemble pour que Louise puisse s’agiter devant la cage des lions en croyant que cela suffirait pour leur donner envie de lui courir après pour la dévorer. Alors ça lui convenait, et si on lui avait posé la question, Louise aurait sûrement répondu qu'elle était d'accord pour qu'il devienne officiellement son papa.

« Je veux une histoire avec des moutons dedans. Et aussi un bébé. Un bébé mouton. Qui a un papa, et le bébé mouton fait des bulles de savon quand il prend le bain. Des bulles magiques. » Elle avait commencé l’histoire, l’imposant presque à Jonathan, assis sur le bord du lit, son embarras invisible dans le regard de la plus jeune, Micha se trouvant juste derrière lui, souriant et se disant que le physicien avait déjà eu à faire à une Louise une bonne décennie en arrière ; il saurait comment gérer ses exigences et son imagination débordante. Ils étaient trop près pour que leurs épaules ne se frôlent pas, mais ils étaient trop occupés pour s’en rendre compte, toute leur attention accaparée par le modèle réduit qui s’endormait paisiblement en serrant son ours tout contre elle. Leurs regards se croisèrent ensuite. Sûrement. Micha ne s’en souvenait déjà plus. Elle avait entrouvert la bouche, sentant ses joues rosir, puis elle s’était relevée à toute vitesse, mettant tout ceci sur le compte de la chaleur ou le verre de vin blanc qu’elle avait bu un peu trop vite entre deux brochettes avant de coucher Louise. Elle avait dévalé les marches à toute vitesse, rejoignant leurs hôtes en premier. « Elle s’est endormie, indeed. C’est rarement une mince affaire avec elle, mais Jonathan a réussi à… you know. » Elle cherchait son verre du regard. « Et je n’ai pas froid, merci. Au contraire. Enfin je veux dire, il fait chaud. Puisque c'est l'été. Donc forcément, il fait plus chaud que d'habitude. » Si elle continuait de buter sur chacun des mots qu’elle prononçait, Peter et Willow finiraient bien par croire qu’il s’était effectivement passé quelque chose à l’étage et ce n’était certainement pas le but de la manoeuvre. La rousse voyait déjà le journaliste hausser un sourcil pendant que son sourire s’élargissait. Pour toute réponse, elle préféra se resservir un verre, réalisant - un peu tard - qu’il s’agissait sûrement d’une bien mauvaise idée… « Don't you have a pool or something by the way ? »

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Sujet: Re: Playing matchmakersDim 11 Sep - 22:17

Jonathan se rappelait encore du monde lorsqu’il avait l’âge de Louise. Le monde un peu grand un peu effrayant des adultes, tandis que lui essayait de se faire sa toute petite place à lui, avec ses lunettes qui descendaient trop souvent sur son nez, ses crayons de couleurs et les épais volumes de la bibliothèque de son père. Il se souvenait très bien des dizaines de questions qui trottaient encore dans son esprit à ce moment là, sa mère qui tentait encore de tout canaliser et bien entendu, la présence de Micha. Avec son cartable bien en place sur ses épaules, sa queue de cheval toujours bien propre et sa détermination à faire sourire Jonathan. L’étudiant ne l’aurait jamais assez dit, Louise était le portrait craché de sa mère et c’était peut-être pour cette raison qu’il serrait cette petite au creux de ses bras et qu’il avait autant de mal à la laisser partir. Ou parce qu’il se sentait responsable. Ou tout simplement parce qu’il tenait à elle. Oui, Micha avait eu raison, il n’avait pas été là lors des étapes les plus importantes de la vie de Louise, il avait manqué beaucoup et pourtant, il savait se contenter de peu. Comme le premier sourire que la petite lui avait adressé, ou la première fois qu’elle avait essayé de lui piquer ses lunettes, chose que tous les enfants faisaient à un certain âge, et surtout, il ne pouvait pas oublier à quel point elle avait buté sur son prénom. Passant de « athan » à « yonathan » pour enfin prononcer les bonnes syllabes. Il ne pourrait jamais oublier, on pouvait lui reprocher beaucoup de choses, mais Jonathan était bien content que Louise fasse partie de sa vie.

Et la petite réussit à le captiver avec ses histoires pendant tout le repas, à tel point qu’il en oublia de manger et il fit la même moue que Louise en constatant qu’il était déjà aussi tard. La petite ne quitta pas les bras de Jonathan avant d’arriver dans son lit et il esquissa un sourire en voyant la chambre que Peter avait de tout évidence préparé pour elle. Tout le monde était attaché à cette petite et le brun espérait qu’elle se rendait compte que les quatre adultes présents sous ce toit ce soir était définitivement sa famille. Jonathan esquissa un sourire à la requête de Louise, il jeta un bref coup d’oeil à Micha, il remarqua tout, la façon dont ses joues étaient légèrement rosies et cette mèche de cheveux qui ne tenait jamais en place. Il aurait pu se pencher et la remettre derrière son oreille, mais il ne le fit pas et se concentra sur Louise, rangeant cette idée stupide au placard. « Okay, okay… alors c’est l’histoire de Lola, le bébé mouton… qui à un papa mouton qui s’appelle John, et une maman mouton qui s’appelle Mary. Et Lola, le bébé mouton donc était une grande amatrice de bêtises, elle adorait jouer dehors et se rouler dans la boue, et ce même si elle abimait sa jolie laine blanche… » Le récit dura un peu plus de vingt minutes, Louise fermant peu à peu les yeux avec un sourire aux lèvres. Jonathan la fixa pendant quelques secondes supplémentaires, se disant qu’il ne connaitrait jamais la fin des aventures de Lola et il se tourna enfin vers Micha. Peut-être que le silence était trop gênant, ou c’était sûrement parce que Jonathan s’apprêtait à s’excuser, mais Micha finit par quitter la chambre et Jonathan la suivit, après avoir poussé un soupir. Ils en parleraient plus tard, n’est-ce pas ?

Jonathan rejoint le reste du groupe quelques minutes après et il adressa un sourire à Willow avant d’hausser les épaules. « … C’était facile, Louise aime autant les histoires que moi alors. » Et au final, cela faisait une pause pour tout le monde, autant pour elle que pour lui. Mais sans la présence de Louise et sans son perpétuel sourire, Jonathan ne savait pas quoi faire, ses yeux bleus ne cessaient de dériver vers Micha, avec des excuses au bord des lèvres. Il ne pouvait plus blâmer Peter là, s’il se sentait coupable ou s'il avait envie de s’excuser ce n’était que de sa propre faute. Et pourtant, il savait que ce n’était ni le lieu ni le moment, mais ses yeux revenaient d’eux-mêmes vers Micha. L’étudiant fixa le groupe pendant quelques secondes, loupant presque la blague de groupe et il finit par lâcher abruptement un simple : « Je vais faire du thé, est-ce que quelqu’un veut quelque chose ? » Une question qui ne trouverait probablement jamais de réponse, mais il explicita sa demande quelques secondes plus tard. « Tu peux venir m’aider Micha ? » Ses yeux bleus se posèrent sur Willow et Peter; Jonathan n’hésita pas une seconde supplémentaire et il s’empara de la main de Micha, en direction de la fameuse cuisine.  « … Me suis dit qu’on pouvait les laisser être un peu tous les deux vu que voilà. » Vu que Peter n’avait plus son t shirt depuis longtemps et qu'il avait de toute évidence tout fait pour que Michaela et Jonathan se retrouvent seuls. « Et désolé si c’est bizarre, je ne savais pas que Peter t’avait invitée, non pas que je n’ai pas envie de te voir je… » Jonathan mettait vraiment les pieds dans le plat, chose qu’il n’avait pas prévu de faire, autant recommencer depuis le début. « Ça m’a manqué, les étés comme ça, tu te souviens quand on restait à la plage tard le soir à regarder les étoiles et à manger des ours en gélatine ? Si je me souviens bien, tu as d’ailleurs déclarer cette nuit là que tu pouvais manger des ours gélatine toute la vie. »

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Sujet: Re: Playing matchmakersMer 12 Oct - 23:38

Il faisait beau. Trop beau pour être vrai ? C’était pourtant bien ainsi qu’on énonçait le dicton, qu’on le répétait avec bien trop de conviction, les iris illuminées par des milliers de galaxie, le souffle court et les doigts encore frémissants. Un peu comme ce soir-là. Les étoiles étaient fermement agrippées à leur rideau bleuté, déterminées à ne jamais rejoindre les pauvres damnés qui étaient encore attablés, même après quelques minutes. Heures ? Même Peter avait hésité à aller chercher une simple chemise ou un vêtement légèrement plus épais pour se couvrir les épaules et ainsi s’épargner quelques piqures de moustique. Le propriétaire des lieux s’était également permis d’aller récupérer des bougies qui trainaient aux quatre coins de sa demeure afin de les déposer au centre de la table qu’ils occupaient toujours près du barbecue, sur la terrasse de sa villa. Sans doute pour répondre aux étoiles, leur faire écho, leur renvoyer un peu de lumière et de chaleur pour qu’elles puissent apprécier le spectacle à leur tour depuis leur perchoir divin. La plus belle restait assise à ses côtés, et le journaliste n’avait de cesse d’échanger des regards complices avec cette dernière, ne serait-ce que pour avoir le plaisir de la voir lever les yeux vers le ciel et contempler les astres qui s'y reflétaient alors…

Le vin blanc n’avait franchement pas réussi à Micha. Elle avait mis un temps fou à aider Jonathan dans la cuisine, sans savoir quoi faire ni sur quel bouton appuyer, prête à tremper son sachet de thé dans sa tasse sans même prendre la peine de retirer l’emballage en plastique qui le recouvrait. La pauvre rouquine avait rougit à tel point que ses joues avaient soudainement eu la même couleur que la teinte de sa chevelure, et elle s’était empressée de faire diversion en priant pour que Jonathan n’ait rien remarqué. Évidemment, le brun s’était occupé de tout, un peu égaré lui aussi, mais visiblement ravi de pouvoir s’isoler quelques instants avec sa meilleure amie, sans avoir à supporter les regards insistants de Peter, ni les sourires attendris que ce dernier avait à l’égard de sa moitié. Le blond n’avait d’ailleurs pas résisté à l’envie d’espionner les deux plus jeunes invités de la soirée, s’approchant de la cuisine sur la pointe des pieds afin de ne pas manquer une miette de leur conversation qui devait sans doute être particulièrement palpitante. Il avait invité Willow à le suivre - ou plutôt s’agissait-il d’une obligation, d’un devoir conjugal d’un nouveau genre ? Et les deux amants s'étaient presque aussi rapidement éclipsés en voyant que la conversation de Jonathan et Micha suivait son court sans l’aide de personne, et qu’ils pouvaient rester dans la même pièce sans qu’aucun meurtre ne soit commis.

Micha avait fini par redescendre de son petit nuage, évoquant avec plaisir des souvenirs qu’elle avait en commun avec le physicien, le trainant vers l’extérieur après une bonne trentaine de minutes passés dans leur coin pour raconter fièrement à Willow et Peter comment elle avait réussi à obtenir une meilleure note que lui un jour - ce n’était véritablement arrivé qu’une seule fois - et qu’elle avait même gardé sa copie en souvenir. Sans parler des nombreuses promenades entre l’école et leurs demeures respectives, quand Micha faisait peur à Jonathan à chaque fois qu’elle voulait s’égarer n’importe où, grimper aux arbres ou marcher en équilibre sur les rebords des murets. Elle se rappelait du jour où ils avaient trouvé un beau billet vert sur le trottoir, qu’ils avaient perdu de longues et précieuses minutes à culpabiliser d’avoir découvert un tel trésor en sachant qu’il devait sans doute manquer à quelqu’un d’autre à présent, avant de se précipiter dans le magasin de bonbons le plus proche. C’était peut-être pour cette raison-là que Micha était maintenant officiellement dégoutée des ours en gélatine, et autres sucreries du même genre dont elle avait clairement abusé par une après-midi brumeuse et quelconque.

Des étoiles dans les yeux de tous, des regards, des rires. Le bonheur de savoir Louise en sécurité, étalée de tout son long en travers de son lit, son ours en peluche pour seule couverture. Il faisait beau - ou tout du moins, il avait fait beau avant que le ciel ne se noircisse, qu’il se couvre et que le monde chavire. Il restait tout de même quelques lueurs d’espoir qui étincelaient dans les cieux. Mais c’était trop beau, pas vrai ?

Trop beau pour être vrai.

sujet terminé

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Playing matchmakers

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