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 Immersion en pleine ville - Feat James

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Sujet: Immersion en pleine ville - Feat JamesMar 19 Jan - 16:42

Immersion en pleine ville

◆ Feat James ◆


Une petite pause ne me fera pas de mal, juste un verre, et puis ça ne devrait pas me déplaire de me glisser dans la population de la ville, pour une fois. Oui, ce soir, je ne suis pas d'astreinte, j'ai donc une soirée de libre. Le plus souvent, dans ces cas là, je me mets devant ma télévision, je regarde un film, une série, ou je joue à un jeu vidéo, des passes temps somme toute assez solitaire mais qui me conviennent à merveille puisque je vois du monde passer toute la journée ou presque. Je ne suis pourtant pas si asociale que cela, surtout que les journées sont très longues en terme d'ensoleillement en ce début juillet. La fête nationale est à présent terminée, je me suis amusée lors de ce quizz mais ce soir, je n'ai pas l'intention de faire la même chose. En vérité, je ne sais pas pourquoi je suis vraiment là. Est ce que je serais inconsciemment à la recherche d'un peu d'hygiène ? Non, du moins, je ne le crois pas, ce n'est pas quelques choses de vital pour moi même si, je l'avoue, parfois, j'ai quelques pulsions, mais rien d'extraordinairement différent des autres personnes à vrai dire. L'autre fois, j'ai été invité à une soirée chez un particulier, on m'a dragué, j'ai tenté de jouer le jeu, mais au final, ça n'est pas passé avec cet ancien joueur de hockey sur glace. Sans doute que je n'ai pas réussi à briser complètement la glace justement, à moins que ça ne soit autre chose, je ne saurais dire, mais c'est comme ça. Ce soir, en tout cas, je ne suis pas en chasse, loin de là même, disons que je me suis mise en phase d'observation, j'observe. Il y a de tous ici, vraiment, des personnes en apparence seule, des couples, des groupes d'amis, et puis moi qui suit vraiment seule pour le moment. Le barman l'a vue, alors s'il n'y a pas d'autres clients, il tente de me faire un peu la conversation. Je ne suis pas forcément une habituée des lieux mais pourtant il connait mon visage, parce qu'il est plus ou moins médiatique par rapport au Poète. Les journalistes traînent souvent autour des scènes de crimes, avec des caméras, ils essayent d'avoir le dernier scoop mais bien souvent, je ne suis pas celle qu'il faut aborder pour avoir ne serais-ce qu'une petite miette. Il y a notre porte parole qui est là pour ça, ou mon supérieur s'il juge qu'il doit intervenir devant un parterre de journaliste. Mais moi, je ne m'adresse pas à la presse, en tout cas, pas pour des questions en rapport avec le Poète alors que pourtant, je le poursuis depuis le début, depuis son premier meurtre, depuis toujours j'ai envie de dire. Mais ce soir, je n'ai pas envie de parler de lui, j'ai besoin de me changer les idées, parce que je le sais, je le sens, son prochain meurtre va se faire dans peu de temps, c'est mathématique, c'est même statistique. Nous sommes en juillet, Mary Wilson est morte depuis déjà trop de temps, les journalistes ne parlent plus de lui, ou alors, juste un petit article en page 17 ou 18, loin de l'actualité la plus chaude, et ce narcissique doit s'en rendre compte, alors il va frapper. J'aimerais que mes paroles ne soient pas prophétiques, mais malheureusement il n'est pas difficile de deviner cela. Alors ce soir, je suis là, assise dans un coin du bar, dans un fauteuil confortable, et j'observe mon monde. Je ne sais pas tout ce que ces personnes ont à se dire mais elles parlent entre elles, si bien qu'au bout de quelques minutes de présence ici, je me retrouve à être pratiquement la seule à ne pas être accompagnée par quelqu'un. J'aimerais me dire que je pourrais appeler du monde pour me tenir la chandelle, mais je ne vois pas vraiment qui serait tenté par venir ici. A la rigueur, ce serait pour me rendre chez eux, ou pour venir chez moi, mais dans un lieu public comme ça, non, ça ne le fera clairement pas. C'est comme ça, je n'y peux rien du tout. Alors tranquillement je sirote ma bière, avant de m'en aller, ou bien que quelqu'un ne se décide à m'aborder voyant que j'étais seule.

 



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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesMer 20 Jan - 22:54

«Tenez, je vous prescris quelque chose pour la toux. Vous devez être la seule personne de Fairhope à réussir à attraper froid en plein mois de juillet. On se fait avoir par les belles températures, il faut faire attention la nuit, ça redescend vite.» Il signa l'ordonnance et la tendit à la patiente face à lui. La jeune fille manqua de lui soupirer au nez, mais réussit par un mystérieux concours de circonstances à se retenir. A savoir qu'au même instant, elle avait remarqué qu'il s'était trompé dans la date, et s'était aussitôt employée à le lui faire rectifier, mettant ainsi fin à quelque lassitude qu'elle avait pu ressentir. «Oh, ça m'arrive tout le temps. Une fois, il y a un mois ou deux, j'ai fait un arrêt de travail jusqu'en 2003. C'est l'employeur du patient qui m'a rappelé.» Cette fois, la demoiselle avait haussé un sourcil franchement moqueur, puis s'était levée pour partir. Il l'avait saluée, raccompagnée, et s'était employé à faire un peu de rangement avant de s'en aller. Allez savoir comment son bureau finissait toujours par ressembler à un capharnaüm alors qu'il avait l'impression de passer son temps à le ranger. Peut-être que sa définition du rangement était à revoir mais, chez lui, cela s'était toujours plus ou moins apparenté à ce que les choses aient l'air rangées. Qu'est-ce qu'on en avait à faire si l'intégralité du placard nous tombait sur le museau dès que la porte s'ouvrait? Tant qu'il s'y retrouvait, ça importait peu s'il était le seul. Quelques papiers gentiment poussés sous le tapis, donc, et il se décida à fermer.

Deux étirements, un grognement et un craquage de vertèbres plus tard, il était fin prêt. Volets fermés, clef dans la serrure, et il était assis au volant de sa voiture. Ce matin, il avait été trop en retard pour se permettre de se déplacer à pied. Il aurait refusé d'admettre à qui que ce soit que, fréquemment, il allait toujours se perdre côté passager en s'étonnant de ne pas y trouver le volant. Il considéra quelques instants sa destination, mais l'idée de rentrer ne l'enchantait pas particulièrement. La journée avait été assez ennuyante pour qu'il n'aille pas se perdre entre un livre et une tasse de thé, lunettes de lecture et émission inintéressante pour bruit de fond. Définitivement pas alléchant, et pourtant, c'était un bon programme. D'autant qu'il avait entamé un très bon roman policier la veille, et qu'il avait commandé des nouveaux sachets de thé il y a une semaine et qu'il avait reçu le message de confirmation comme quoi ils l'attendaient sagement dans sa boîte aux lettres. Oui, lui aussi avait été le premier surpris de découvrir une nouvelle saveur, mais après tout, il se cantonnait à trois parfums depuis quelques années déjà, il n'avait pas la science infuse. Et ne lui demandez pas, parce que oui, il était plutôt fier de son jeu de mot. Mais tout cela, donc, ne l'intéressait pas, pas ce soir. Non, à la place, il gara sa voiture en plein centre ville, et parcourut les enseignes des yeux avant de se décider pour le Wasted Shots. Il salua chaleureusement l'homme barbu qui lui rendit son accueil, bien que plus modérément. S'il n'avait pas pour habitude de traîner dans les bars, il avait pour habitude de laisser une forte impression aux autres, suffisamment pour qu'on le reconnaisse après quelques passages seulement. Il aurait juré que c'était son accent, mais a priori l'expression vous êtes un drôle d'oiseau ne faisait pas référence à sa façon de chanter, alors il devait y avoir autre chose. Cet homme avait semblé ravi de discuter de sa barbe pendant une demi-heure, même si la question des miettes l'avait un peu vexé. A tort, si vous voulez l'avis de James.

James s'installa momentanément au comptoir, commandant une bière, bien décidé à prendre quelques verres avant de rentrer. C'était avant qu'il ne tourne la tête et aperçoive une demoiselle assise seule dans son coin. Pas n'importe quelle demoiselle, une faisant partie de la police. Il en savait quelque chose. Mais ça ne changeait pas grand-chose, et s'il aurait vraiment dû gagner en méfiance depuis le temps, il ne lui fallut pas longtemps avant de s'approcher d'elle dans un sourire. «Bonsoir!» lança-t-il pour attirer son attention. «Vous attendez quelqu'un?» A première vue, elle n'en avait pas l'air, et d'ailleurs, il s'assit assez rapidement face à elle. «Alors, mademoiselle... Sarmoise, c'est ça? Des forces de l'ordre? Vous allez bien? Je peux m'asseoir au fait?» Il marqua un léger temps d'arrêt, le temps de considérer sa question. «D'ailleurs, c'est mademoiselle ou lieutenant, ici? Je me suis toujours demandé si vous gardiez votre titre même sans être en service.» Une nouvelle pause, une gorgée de bière, quelques mots au barman le temps d'offrir un deuxième exemplaire de ce qu'elle avait entre les mains à la jeune femme, et il reprit. «Parce que moi, par exemple, quand je vais quelque part, les gens m'appellent toujours Docteur, même si je les croise au rayon fromagerie du supermarché. Ils me disent "oh bonjour Docteur Shelley, non on n'est pas en train d'acheter douze paquets de chips." C'est pareil pour vous? Sans les paquets de chips, évidemment.» Un nouveau temps d'arrêt, le temps de respirer. «Je ne sais pas votre prénom par contre. Moi, c'est James. Eh, mais d'ailleurs, peut-être que vous êtes en service?» S'il y avait bien une chose qu'il savait faire, c'était trouver des sujets de conversation. L'idée d'avoir un peu de compagnie non-malade était alléchante.
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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesJeu 21 Jan - 2:55

Immersion en pleine ville

◆ Feat James ◆


Et comme je le pensais, quelqu'un tenta de m'aborder. C'était tellement prévisible, trop prévisible même, mais peut être que la rencontre serait agréable, n'est ce pas ? Oui, peut être que cela serait le cas après tout, je ne saurais vous dire, car il était resté un instant au bar avant de venir vers moi. En effet, il semblait avoir dans l'idée de rester accoudé au comptoir mais me voyant seul, il s'était permis de s'approcher de m'aborder et de parler, parler, parler. Monsieur me connaissait, un peu, ce que tout le monde connait à vrai dire, et il semblait en être fier. Il avait une sorte de petit accent, je ne saurais dire, mais en tout cas, il était différent de toutes les autres personnes que j'avais pu voir dans ce bar jusqu'à présent. Il ne ressemblait pas à un habitué mais peut être que je me trompais, après tout l'habit ne fait pas forcément le moine, n'est ce pas ? Je ne le connaissais donc pas, pas encore parce que quelques choses me dit qu'il va m'en dire beaucoup, trop sans doute mais ce soir, je n'aurais pas la désobligeance de l'arrêter en si bon chemin. Après tout, ne suis-je pas ici pour cela ? Oui, un peu, mais je ne m'attendais à rencontrer le docteur Shelley, James de son prénom. Mais dans un premier temps, il m'avait demandé si j'attendais quelqu'un, et je lui avais fait une petite moue négative pour répondre à sa question et il en profita pour s'asseoir en face de moi pour me parler. Je l'écoutais donc, voir ce qu'il avait d'intéressant à me dire, mais visiblement, la coquille d'oeuf était presque vide. Il se demandait s'il fallait m'appelait lieutenant ou mademoiselle dans la circonstance, comme si cela avait une quelconque importance alors que je ne suis pas en service, mais il se posait la question parce que les gens qu'ils croisaient au supermarché l'appelait quand même docteur alors qu'il n'était pas en consultation. Je souriais à propos des détails qu'il me donnait concernant les rayons où il pouvait croiser ces patients, si l'on pouvait dire les choses ainsi. Il me fit sourire en tout cas, même s'il semblait être bien trop bavard pour au final ne rien dire ou presque, il était pétillant, différent, peut être ce qu'il me fallait pour ce soir. Je lui montrais donc ma bière, comme la sienne d'ailleurs.

" Vous voyez James, si je suis en train de boire cette petite bière ambrée, c'est que je ne suis pas en service, je ne peux pas me permettre de boire ainsi si je suis en service. En ce qui concerne le fait de m'appeler lieutenant ou mademoiselle, cela n'a pas d'importance, je ne fais pas de fixette là dessus, disons que ceux qui me connaissent un peu m’appelleront Shandra quand je ne suis pas en service. Ceux qui me connaissent de loin m’appelleront plus facilement lieutenant à vrai dire, donc à votre convenance. Vous savez, il m'arrive aussi de croiser des personnes au supermarché, il ne faut pas croire que parce que je suis dans la police, je ne fais pas les choses comme tout le monde. "

C'est vrai, ce n'est parce que j'avais un travail peut être un peu plus spécifique que celui des autres que je n'allais pas au supermarché, que je n'allais pas aux toilettes ou ne je ne sais trop quoi. Les gens pensent parfois que nous n'agissons pas comme les autres, pourtant, je me verrais mal dire à un majordome ou une femme de m"nage d'aller faire mes courses à ma place. Surtout que j'aime bien m'acheter des petites choses qui ne sont pas forcément sur la liste, des friandises, des petits gâteaux. D'ailleurs en parlant de fromage, je me serais bien mangé un petit cheeseburger, mais il ne faisait pas cela ici. Tant pis, la petite faim attendra, parce que je sentais que ce bon docteur James Shelley avait de nombreuses choses à dire au lieutenant Shandra Sarmoise que j'étais. Je ne sais pas, une petite impression comme ça, alors autant tenter de rendre ce moment le plus agréable possible, n'est ce pas ?

 



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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesLun 1 Fév - 1:14

Elle ne semblait pas le connaître. C'était un soulagement pour le médecin, de voir que son nom n'était pas dans tous les esprits parmi les forces de l'ordre. Il préférait éviter qu'on l'associe trop à quoi que ce soit d'autre qu'à sa profession. Pas comme potentiel suspect, comme drogué ou comme meurtrier. Être inconnu, c'était reposant, en somme. L'inconvénient, c'était qu'il avait été un tantinet présomptueux, et avait plus ou moins approché le lieutenant Sarmoise en supposant qu'elle savait qui il était. Ce qui aurait pu être relativement embarrassant, s'il avait eu tendance à être embarrassé. Après tout, il s'était plus ou moins laissé emporter par son flot de pensées, comme à son habitude, présumant que le lieutenant voudrait bien l'y suivre simplement parce qu'elle l'aurait déjà vu. Ce genre de suppositions hasardeuses donnait lieu à bien plus de situations comme celles-ci qu'il n'y paraissait. C'était pourquoi, au lieu d'en être gêné, il se trouvait soulagé d'être un individu lambda, quoiqu'un peu pénible et insistant. Au moins, le lieutenant Sarmoise pouvait se rassurer, il l'avait approchée sans arrières-pensées.

Autre point positif, il n'avait pas pris de gifle ou de poing dans le nez. Ça aussi, ça lui était arrivé. Elle avait même daigné lui répondre. Il fit la moue en l'entendant démentir la possibilité de boire en service, haussant vaguement les épaules, comme si l'idée était si saugrenue que ça. Après tout, les clichés sur la relation charnelle entre les forces de l'ordre et l'alcool devaient bien venir de quelque part. Mais il n'allait pas débattre là-dessus avec un membre desdites forces de l'ordre. Même lui pouvait sentir que ce n'était pas la meilleure idée qu'il y ait sur le marché. Déjà elle poursuivait, de toute façon. Et, une fois de plus, il s'était trop précipité sur ses mots pour se faire comprendre. Il n'était pas complètement stupide. Bien sûr qu'elle faisait ses courses, elle n'était pas une superstar internationale ou un éminent membre du gouvernement. Quoique, de nos jours, avec les services proposés en ligne, il était assez facile de ne jamais mettre les pieds dans un supermarché. James aimait trop le contact des autres pour ça, mais il fallait admettre que c'était un gain de temps certain, et qu'il comprenait aisément qu'on puisse préférer cette méthode au caddie et aux rayons des magasins, et aux sacs à porter, et aux caisses qui n'avancent pas. Quand on était un peu plus doué que lui avec l'informatique, en tout cas. «Bien sûr que vous faites vos courses.» Il l'avait répété, un peu froissé qu'on puisse le penser si ignorant, ou bête, ou juste irréfléchi. Et, comme à chaque fois qu'il manquait de se faire comprendre, il se lançait dans des explications bien plus longues que nécessaires pour tenter de rectifier le tir. «Je voulais simplement dire que, vous, lorsque vous croisez quelqu'un au supermarché, ça leur importe peu qu'ils soient en train d'acheter douze paquets de chips puisque, dans la logique des choses, vous n'avez pas passé trente minutes à leur dire de faire attention à leur régime ou de ne plus manger de nourriture grasse, deux jours plus tôt. Vous, ça serait plutôt de les voir acheter des caisses et des caisses d'alcool alors que vous les avez déjà arrêtés ivres sur la voie publique, par exemple.» Pour appuyer son propos, il but une gorgée de sa propre boisson, avant de regarder le lieutenant dans un sourire.

«Mais c'est sans importance, après tout.» Et, vraiment, ça l'était. «Peut-être que vous, vous pouvez m'aider. Je cherche le titre d'un film depuis des jours, et personne n'a l'air d'avoir la moindre idée de ce dont je parle. Ce qui est très frustrant, au passage, mais absolument pas le sujet. C'est un très bon film, vraiment, je vous le recommanderai volontiers si je pouvais remettre le doigt dessus.» Quelques secondes de pause, comme s'il attendait qu'elle lui offre le titre comme par magie. «Ah, oui, j'ai failli oublier. C'est ce film où il y a ces deux hommes qui jouent double-jeu. Le policier informe les trafiquants de drogue ou les je-ne-sais-quoi, les criminels, et le voyou informe la police, et ils se tournent autour tout du long. D'excellents acteurs, aussi.» Il s'arrêta quelques instants. «Mais vous ne regardez peut-être pas ce genre de films.» Pensif, il contempla sa bière. «Je l'ai sur le bout de la langue. Ah, tant pis.» Un, deux, trois. «Il y a cette musique aussi, formidable, qui fait comme ça.» Et aussitôt, il se mit à chantonner l'air, tapotant la table en même temps. «Ce n'est pas important. Dites-moi si je vous importune.» Même si, franchement, il ne voyait pas en quoi une conversation amicale pouvait importuner, certains semblaient penser le contraire. «Pendant qu'on en parle, le dernier livre que vous avez lu?» Personne n'allait aller prétendre qu'il venait encore de changer de sujet. «Vous n'avez peut-être pas beaucoup le temps de lire, mais c'est une question rituelle. Je demande à tout le monde, pour élargir mes horizons. On n'est jamais trop cultivé, vous savez.» Il manqua de repartir dans une tirade expliquant les tenants et les aboutissants de cette déclaration, mais réussit à se taire, même si cela impliqua de reprendre une gorgée de bière.
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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesJeu 4 Fév - 1:38

Immersion en pleine ville

◆ Feat James ◆


En y repensant, le matricule complet de James me disait vaguement quelques choses : James Shelley. Mais je ne saurais remettre ceci dans un autre contexte que celui de maintenant, si vous voyez ce que je veux dire. Il était drôle, mais je n'étais pas persuadée qu'il le fasse exprès. A vrai dire, plus je l'écoutais, plus je me disais qu'il ne se rendait pas compte de son potentiel comique. Il faut dire que monsieur est docteur, autrement dit, il se prends peut être trop au sérieux. Mais vous voyez, s'il parlait comme ça devant un public, je suis presque sûre que ça pourrait les faire rire. La situation du supermarché est tellement ubuesque, que même si je ne me moque pas de lui, je souris devant ces propos sommes toute logique. S'il trouvait ça dommage de voir des types gras comme nous deux réuni acheter des kilos de chips au supermarché, il était logique que je n'apprécie pas un soûlard qui était en train d'acheter des litres et des litres de vodka par exemple. Le type sait qu'il a tendance à boire, et ensuite à prendre le volant, mais non, il continue d'acheter de l'alcool. Quand on est dépendant de quelques choses, on a du mal à s'en passer. J'avais de la chance, je n'étais dépendante de rien. Enfin, en disant cela, je me voile la face évidemment. Je suis dépendante du Poète, pour ainsi dire. Je suis du genre à vouloir tout faire pour avoir une piste, pour l'arrêter coûte que coûte. L'arrêter est quelques choses de plus important que moi-même. Mais là n'était pas la question. Il se mit à me parler d'un film dont il avait oublié le nom. Il voulait que je l'aide, mais je ne voyais pas comment faire avec la maigre description qu'il me faisait. Ma culture cinématographique n'est pas ce qui est le plus développé chez moi, en dehors des films de super-héros, et de quelques comédies, je ne regarde pas grand chose, je dois vous l'avouer. Je restais donc sur les Avengers, l’Ère d'Ultron que j'avais bien aimé. Je ne savais pas quel était le prochain à sortir à vrai dire, mais j'avais du me noter ça dans un coin de ma tête. Il me décrit donc un film de gangster, ce que je ne regarde pas spécialement, puis il me joua, chantonna une musique qu'il aimait bien dans le film, peut être celle du générique de début d'ailleurs, mais ce qu'il chantonnait ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. Cela devait se voir à ma tête, tantôt avec une moue dubitative, tantôt avec un regard plissé, comme si je cherchais dans ma tête ce que cela pouvait être. Mais non, je n'allais pas être d'une meilleure aide que les autres à qui il avait du jouer les mêmes répliques.

" Je suis désolé mais ce film de gangster ne me dit rien, et puis vous avez raison, ce n'est pas vraiment le genre de films que je regarde. Parfois ils sont réalistes, mais la plupart montrent de très gros stéréotype sur les policiers, comme celui de l'alcool. Rare sont les policiers alcooliques comme vous pouvez le penser. Il y a certains cas qui existe mais c'est une très petite minorité qui a ce problème là. Et si cela peut vous rassurer, vous ne m'importunez pas, au contraire, je vous trouve très divertissant James. "

Et je finis par un petit sourire. Je ne savais pas comment il prendrait la dernière remarque mais sortant de ma bouche, cela pouvait clairement s'apparenter à un compliment. Je n'en fais pas si souvent que cela, donc il devrait être fier, oui mais voilà, nous ne nous connaissions pas. Il me demanda alors le livre que je lisais, du moins si j'avais le temps de lire. Cela me fit sourire à nouveau. Je lisais, un peu, quelques pages souvent avant de m'endormir. J'avais ainsi lu la trilogie Hunger Games comme ça en quelques mois, mais aussi la saga Divergent. Le dernier livre que j'avais lu, je réfléchissais.

" Celui que je suis en train de lire actuellement a été écrit par Dan Wells, c'est Partials, je ne sais pas si vous en avez entendu parler, mais cela se passe dans un monde post apocalyptique ou un virus a tué la majorité de la population. C'est assez sympathique, je vous le recommande, enfin, si c'est votre genre de romans, parce que je ne sais pas ce que vous aimez lire, mais peut être que vous allez m'étonner. "

Ou pas d'ailleurs, mais cela n'avait pas d'importance, c'était avant tout pour nous cultiver, pour faire la conversation. J'étais en tout cas curieuse de savoir ce qu'un médecin pouvait bien lire comme genre de livre. Il m'arrivait parfois de lire des romans policiers, que je trouvais bien plus réalistes que la plupart des films sur le genre, mais je préférais de loin les dystopies, ces histoires se passant dans des mondes post apocalyptique, où les règles du jeu ne sont plus les mêmes que de nos jours.
 


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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesLun 8 Fév - 22:37

Divertissant, ça lui convenait comme qualificatif. Non content de passer un moment agréable en compagnie d'une personne qui n'était ni malade, ni fatiguée, ni là pour son renouvellement, ni constamment en train de se plaindre, il se trouvait que la personne en question s’accommodait volontiers de sa présence. Pour ce soir, il n'aurait pas vraiment pu demander mieux. La journée avait été longue et usante, et quelques bons mots étaient plus que les bienvenus. Certes, dans des jours plus glorieux, il aurait préféré quelque chose comme impressionnant, intelligent, doué, ou plein de mérite, mais il avait revu ses attentes à la baisse et, en si peu de temps et de mots, paraître divertissant était bien plus gratifiant que paraître idiot ou lourd ou pénible. Il n'était pas assez humble pour prétendre qu'il se fichait de ce que les autres pensaient de lui. Il avait été chirurgien, après tout. Passer d'une carrière potentiellement brillante à un pauvre médecin de campagne au fin fond des Etats-Unis était déjà assez déprimant en soi pour qu'il n'aille pas se faire soupirer au nez à chaque fois qu'il tentait une conversation. Enfin, après tout, il était le seul responsable. Et tout n'était pas détestable dans sa nouvelle vie, au contraire. Au moins, il n'importunait pas le lieutenant Sarmoise. Pour ce soir, il se contenterait de ça. Et ce, même si elle non plus n'avait pas retrouvé le titre de ce film qu'il cherchait depuis des jours.

«Partials. Non, jamais lu. Je n'y manquerai pas.» Il n'avait pas de genre de livres, tout comme il n'avait pas de genre de films, ni de genre de musiques. Certes, ses choix favoris se rassemblaient dans des catégories, mais il s'évertuait à ne pas s'y enfermer et à continuer de s'intéresser aux autres propositions. Aussi, s'il avait un faible pour les romans policiers, il se ferait un plaisir de lire le livre qui lui était recommandé. Même s'il fallait avouer qu'il avait une dent contre ce genre de récits, mais c'était probablement parce qu'il était homme de science, et que l'idée qu'un virus anéantisse l'espèce humaine lui faisait grincer les dents. Parce que ça le rendait inutile, et incapable. Mais après tout, tout le monde avait besoin de sa petite remise en perspective de temps à autre. «Mais c'est vrai que tout ce qui est virus/maladie, ce n'est pas ce que je préfère. Je préfère ne pas penser à l'éventualité que la médecine et la science se feront un jour dépasser par la maladie, mais je le lirai.» Il hocha la tête consciencieusement, sortit de sa poche un petit carnet où il nota le titre et l'auteur, à côté des nombreux autres qui y figuraient déjà, certains annotés d'une croix s'il les avait lus.

«Je ne suis pas sûr de vous surprendre en disant que j'essaye de m'intéresser à tous les genres.» Il gratta pensivement son début de barbe. «Mais après tout, tous les auteurs construisent des personnages, des intrigues, des univers, et ça, ça, ça c'est fascinant. Pareil pour le cinéma, ou même la musique et la peinture! Mais je m'éloigne du sujet. J'avoue avoir tendance à lire plus de policiers qu'autre chose, ceux avec des intrigues complexes, pas la banale course-poursuite entre un flic stéréotypé et un tueur cruel et sans pitié qui est toujours en avance sur le bon policier jusqu'à ce que ce dernier fasse la découverte capitale qui va changer la situation et lui donner l'avantage et bla bla la mort, la fin.» Une respiration, de temps à autre, entre deux phrases lancées rapidement. Il avait tendance à s'emballer lorsqu'il s'agissait de sujets qui le passionnaient. «J'aime un tueur bien pensé.» Peut-être pas la meilleure des formulations devant le meilleur des publics, après tout. «Un personnage bien construit, c'est la clé d'un bon livre. La meilleure histoire, tous genres confondus, est fichue si les personnages ne sont pas à la hauteur.» Sourire exalté. «Comme dans celui que j'ai commencé. Je vous le recommande volontiers si vous lisez le français. Je ne sais pas s'il a été traduit. C'est Article 122-1, de David Messager. Brillant.» Il s'arrêta juste avant de se lancer dans l'explication de l'histoire qui faisait mention d'un tueur en série, jugeant qu'il était plus sage de ne pas amener le sujet sur le tapis.

«Ce qui m'épate, c'est qu'on puisse se souvenir de publicités entendues à la radio une fois il y a vingt-cinq ans, mais pas de ce qu'on a mangé mardi dernier au dîner.» Il s'était surpris à chercher le titre de son film à nouveau,  puis le contenu de son repas de la semaine dernière, en vain. «Le cerveau, c'est quand même drôlement mystérieux.» Il plongea à nouveau dans sa bière. «Hey, d'ailleurs, à ce propos, vous avez déjà dîné? Je ne sais absolument pas quelle heure il est.» Il héla un serveur pour commander une seconde bière. «Vous reprenez quelque chose? Je vous l'offre, pour la compagnie.»
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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesJeu 11 Fév - 19:05

Immersion en pleine ville

◆ Feat James ◆


La soirée allait donc se faire en compagnie d'un des médecins de la ville, le docteur James Shelley. Je ne suis pas du genre à me rendre souvent chez le médecin à vrai dire, et le mien n'était pas lui, mais cela n'avait pas d'importance, ce soir, notre travail n'entrerait pas en ligne de compte, ou alors rapidement, vaguement, un peu mais pas trop, tout simplement. Je venais donc de lui dire que je le trouvais divertissant. Je ne saurais dire si c'était le bon moment, mais c'était ce qu'il serait pour moi ce soir, un divertissement que je n'aurais pas pensé trouver en venant ici, voyez-vous. C'est comme ça, parfois on tombe sur les bonnes personnes et je crois que c'est le cas pour lui comme pour moi. Peut être que j'aurais pu tomber sur un lourd dingue qui aurait tenté de me draguer jusqu'à ce que je lui dise que j'étais lieutenant de police et là, il aurait été refroidi directement mais James ne semblait pas faire partie de cette catégorie, étrangement presque. Mais peu importe à vrai dire, je lui faisais donc part du dernier roman que je lisais alors que lui aimait les romans policiers. J'en lisais aussi parfois, disons qu'ils reflètent plus facilement nos vies, par rapport justement aux films. Parfois, j'ai du mal à finir certains romans, parce que justement, ils sont bourrés de stéréotypes que je n'aime pas, mais comme c'est un roman policier, je me surprends toujours à les terminer pour savoir si j'avais raison sur ma théorie à propos du tueur. Parfois, il nous manque un élément pour que l'on soit sûr que c'est lui ou lui le tueur mais presque tout le temps, je sais qui sera le tueur en fin de compte. Mais parfois les auteurs réussissent à me bluffer, surtout parce qu'ils ont gardé sous le coude, le petit détail dévoilé vers la fin, le petit détail qui peut détruire toutes une théorie. Le docteur me dit donc qu'il lirait ce roman, qu'il n'y manquerait pas même, alors que je ne l'obligeais absolument à rien du tout, mais bon, il agissait comme il le désirait. Sa remarque suivante me fit sourire. C'est vrai que de son point de vue, cela ne devait pas faire plaisir de voir que la maladie avait dépassé la médecine, il en allait de même avec les romans policiers mal écrits. James lui lisait donc plus facilement les romans policiers, je m'attendais donc à ce qu'il me pose des questions peut être entre la fiction et la réalité mais peut être qu'il s'abstiendrait, je ne saurais vous dire, il était tellement bavard. Il me dit donc qu'il aimait les histoires un peu plus recherchées, pas celle où il y a le gentil flic qui finit par arrêter le méchant. Il me recommanda alors un livre que je ne connaissais pas, mais j'allais faire comme lui, en le notant sur mon téléphone. Je verrais s'il est traduit en anglais, parce que mon français est assez mauvais, depuis le temps de l'école, j'ai eu le temps d'oublier. A la rigueur, si nous étions frontalier avec le Canada, je ne dis pas, mais là, ce n'était pas le cas du tout, nous en étions loin.

" Je ne sais pas s'il est traduit dans notre langue, mais je regarderais ça, après tout, je ne suis jamais contre un bon roman policier comme vous dites. Nous avons de bons auteurs dans notre pays, mais les français ne sont pas mauvais là dedans. "

Même si je n'avais pas de noms précis en tête à vrai dire. Je retiens les histoires, mais pas forcément les auteurs sauf si j'ai déjà lu plusieurs de ces romans. Il sembla revenir sur le film qu'il cherchait en me parlant de la publicité qu'il avait entendue il y a très longtemps sans se souvenir du repas qu'il avait pu prendre il y a quelques jours. Le cerveau et ces mystères, mais il était clairement mieux placé que moi pour cela. Il me demanda si j'avais déjà mangé et c'était le cas, ne sachant pas quelle heure il était. Il avait du venir ici après sa journée de travail sans doute.

" Oui, j'ai déjà mangé, mais si vous voulez prendre quelques choses, ne vous gênez pas pour moi. Ce n'est vraiment pas un soucis. Je prendrais une bière également puisqu'on me l'offre généreusement. "

Et je souriais au serveur qui repartait aussitôt. Je pouvais me le permettre de toute façon, je n'allais pas boire comme un trou, ce n'est pas mon genre.

 



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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesMer 16 Mar - 23:47

Tant pis, il mangerait plus tard. En rentrant du bar, ou peut-être au beau milieu de la nuit, ou même le lendemain matin, lorsque la faim finirait par le rattraper. S'il avait été une adolescente, il aurait été absolument ravi de son métabolisme, qui lui permettait toutes les variations de régimes sans souffrir les variations de poids. Allez comprendre que s'il sautait deux repas puis mangeait trois tonnes de nourriture, il ne prenait pas un gramme. Il était d'ailleurs plus facilement en train de maigrir que de prendre du poids, ce qui était, par contre, un inconvénient lorsque l'on avait des habitudes alimentaires aussi erratiques que les siennes. Pas que ça l'ait jamais préoccupé mais on le lui avait régulièrement fait remarquer. Ses parents étaient allés jusqu'à s'inquiéter d'une éventuelle anorexie, à l'époque où ils s'en souciaient encore, mais c'était simplement un caprice du sort et il avait eu tôt fait de les rassurer en montrant plus encore de joie et de bonne humeur, effaçant leurs inquiétudes d'un quelconque numéro ou tour de passe-passe qu'il aurait improvisé quelque part entre la salle de bains et la porte d'entrée, pour le bon plaisir de leurs yeux faussement exaspérés, où l'on décelait toujours cet amusement un rien moqueur dont il se repaissait à l'époque. Epoque à laquelle, dans cette situation, il n'aurait peut-être pas hésité à se lancer dans un pseudo spectacle de marionnettes avec les bières vides. Mais le temps avait fait son œuvre, et il se contenta de suivre le courant de ses pensées, s'exclamant après un silence, «Ca s'est drôlement rempli! C'est fou le monde qu'il y a, j'adore l'été. Les touristes rendent cette ville beaucoup plus joyeuse! Même si pour vous, il doit y avoir toute cette foule à surveiller, plus de vols, d'excès de vitesse et d'ivresse sur la voie publique. Et le bruit, il doit y avoir des gens qui se plaignent du bruit. Il y a toujours des gens qui se plaignent du bruit, en général.» En effet, le bar s'était considérablement empli depuis qu'il était arrivé et bien mal lui en aurait pris de s'en plaindre. «Même si leur présence est plutôt morbide, quand on y pense. C'est comme ces visites des endroits où Jack l'Eventreur a frappé, sauf que c'était pas en 1888.» A dire vrai, il avait fait ladite visite dans sa jeunesse avec un bon ami, mais une fois encore ça n'avait rien à voir. De toute manière, il refusait de penser que presque tous les touristes étaient là uniquement pour ça. Pour une fois que Fairhope ressemblait à une vraie ville.

«Oh! En parlant de cerveau...» Il s'interrompit juste le temps de remercier le serveur qui déposait leurs boissons sur la table. «A la vérité, notre tête est tellement plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur. C'est vrai! Tenez, par exemple, en fermant les yeux, vous pouvez laisser votre imagination vous emmener beaucoup plus loin que ne le peuvent nos moyens de transport actuels!» Ses changements de sujet erratiques ne devaient plus vraiment la surprendre, maintenant. «Et toute cette imagination tient dans un cerveau d'1.5 kilos!» Il n'avait de cesse de s'émerveiller de la mécanique humaine. Notamment pour le cerveau et ses merveilles. Peut-être qu'il aurait pu se spécialiser en neurochirurgie, mais c'était surtout les capacités qui l'intéressaient. «Je ne sais pas si tous ces discours du 'on n'en utilise que 10%' sont vrais. Ce qui est sûr, c'est que si on savait l'utiliser correctement, l'homme, au sens d'être humain, serait sans doute encore plus inventif et intelligent. Tout, tout est là, il nous suffirait de pouvoir le comprendre.» Comprendre et demander étaient ses deux grands passe-temps, mais il se faisait aussi une joie de partager ses pensées et ses interrogations, même celles qui n'avaient pas de réponse. Un bon mystère était aussi attrayant qu'une explication claire et simple.

«Tenez, c'est comme les rêves, et les pensées par exemple! J'ai toujours voulu demander à quelqu'un, mais l'occasion ne s'est jamais présentée.» Il prit un instant pour chercher ses mots pour exprimer clairement son questionnement. «J'ai deux questions: d'abord, est-ce que vous rêvez en couleur? Ou alors vous savez que c'est rouge, bleu etc, mais il y a comme un voile gris devant? Personnellement, j'ai le voile. Tout est plus ou moins gris, même si c'est rouge écarlate ou que je regarde directement le soleil. Il faut pas d'ailleurs, pas plus de quelques secondes, sinon ça vous crame la rétine.» Heureusement que ses dossiers médicaux étaient mieux rangés que sa tête. Enfin, à peu près. «Et l'autre, c'est pour la pensée. Vous pensez comment? Avec une voix dans votre tête, ou alors, hm, des images peut-être? Ou des phrases? Je sais que moi je combine la voix et la lecture. Par exemple, quand je pense rapidement, dans le 'feu' d'une action, c'est des pensées parlées. Mais quand je prends le temps de réfléchir, tout s'écrit.» Il aurait pu prétendre qu'il avait pris la liberté de répondre avant elle au cas où la question lui semble trop personnelle, histoire de prouver que lui pouvait en parler sans gêne. Il aurait pu. Mais la vérité, c'était que le sujet l'enthousiasmait grandement, et d'avoir enfin trouvé l'occasion de ressortir le débat du fin fond de sa tête lui donnait envie de parler sans jamais s'arrêter. «C'est absolument fascinant!» Peut-être que ça ne fascinait que lui, mais dans ce cas, au moins l'un des deux serait diverti, ce qui faisait la moyenne. C'était un score plutôt honorable.
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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesMer 23 Mar - 1:18

Immersion en pleine ville

◆ Feat James ◆


Oui, j'avais déjà manger, contrairement à lui visiblement, mais bon, nous ne nous étions pas vraiment donné rendez-vous pour accorder nos violons à ce niveau puisqu'on ne se connaissait pas avant ce soir, tout du moins, je ne le connaissais pas, et lui me connaissais de vue, parce que mine de rien, je suis un visage assez médiatique dans cette ville. Même si je ne suis pas celle qui s'adresse aux médias en règle générale, il m'arrive de passer devant la caméra, et ceci depuis un moment maintenant. Je suis presque la seule à avoir survécu à ces années poétiques, comme je les appelle parfois. Elles n'ont rien de poétiques pourtant, mais elles sont sous le signe de cet odieux tueur en série que l'on appelle le Poète, alors elles sont devenues poétiques dans un sens, si nous pouvions appeler cela ainsi bien entendu. Je gardais cette réflexion pour moi, mais je sentais que James avait des choses à me dire, beaucoup de choses, comme s'il n'avait pas assez parler avec ces patients durant la journée. Enfin, je ne sais pas, peut être qu'il était assez sérieux avec eux et qu'en dehors de ce cadre, c'était une vraie pipelette. Si certains soirs cela m'aurait déplu, ce soir ne faisait pas partie de ces soirs là, au contraire, il m'amusait et mine de rien, ça ne me faisait pas de mal. Certes, notre ami le Poète est calme depuis quelques semaines, mais cela ne restera pas éternellement ainsi, j'en suis à peu près sûre. Peut être qu'il est partie en Australie se faire dorer la pilule, mais qu'il reviendra bientôt pour vaquer à ces occupations favorites, à savoir tuer quelqu'un pour narguer en beauté la police, pour me narguer moi. Heureusement, je ne prends pas cette histoire personnellement même si je pourrais commencer à le croire à vrai dire. Nous ne sommes pas très nombreux à être sur cette affaire depuis le tout début. James remarqua alors que le bar s'était considérablement rempli depuis son arrivée. Il faut dire que nous sommes au début de la soirée, autrement dit, les gens affluent pour passer un bon moment, comme lui et moi. Cela me fit sourire quand il me dit que les touristes rendaient notre travail plus difficile mais cela n'était pas forcément significatif. Evidemment, Fairhope était un peu plus habitée, mais le travail restait le même. Il n'était pas rare de voir parfois des gens sur d'anciennes scènes de crimes, ou à proximité. Il ne fait aucun doute que de nombreuses personnes doivent être non loin du Willow Lake et de sa forêt pour voir la scène la plus fraîche, si on pouvait dire cela comme ça. Heureusement tous les touristes ne sont pas là pour ça.

" J'ose espérer que tous les touristes qui viennent ici ne sont pas là que pour ça, mais aussi pour la mer qui n'est pas loin, et les paysages du coin qui ne sont quand même pas si moche que ça quand on habite New York par exemple. "

Enfin, peut être que c'était le cas, ou pas, je ne saurais dire, parce que je doute qu'il existe une statistique à ce sujet là. Mais on ne peut pas nier qu'une bonne partie des touristes sont là pour affronter le Poète, ou quelques choses dans ce genre là. C'était un peu triste mais bon, au moins, les commerces de la ville ne pouvaient pas s'en plaindre. Puis il se mit à parler de cerveau, alors que le serveur nous apportait nos bières du coup. J'en prenais immédiatement une gorgée, comme si le fait de parler avec lui me donnait plus soif qu'en temps normal. Le cerveau, les rêves, les pensées semblaient être des sujets de préoccupations importants pour lui. Je devais bien avouer ne jamais y avoir réfléchi, mais maintenant qu'il me posait la question, j'y réfléchissais. Comment étaient mes rêves ? Je dirais qu'il n'y a pas de voile, que tout est assez colorés, de même pour les pensées. Je me parle à moi-même, mais rien de plus, du moins, je crois.

" Je ne me souviens pas forcément de tous mes rêves, je dois vous l'avouer, mais j'ai souvenir de nombreuses couleurs, qu'elles sont même assez vives, qu'il n'y a pas de voile comme vous dites. Ce ne sont pas des nuances de gris non plus, mais je visualise bien du vert pour l'herbe des prés, le bleu du ciel, le rouge orangé du soleil couchant, mais aussi le noir qui se trouve au fond des gouffres. En ce qui concerne mes pensées, je crois que je me parle à moi-même, quoique, parfois, je dois visualisé les situations quand je pense à celle-ci, donc un peu de tout ça à la fois. Je ne crois pas que l'on puisse dire que je lis mes pensées, quoique, je ne vois pas une grosse différence avec les phrases que je me dis à moi-même, ça revient au même, non ? Enfin, je trouve. Je ne suis pas vraiment experte en la matière, donc ... "

Et je laissais ma phrase en suspens parce que finalement, je ne savais pas quoi dire d'autres à ce sujet. Je ne m'étais jamais amusée à réfléchir comment était mes rêves et mes pensées. Mais puisqu'il me demandait, je lui avais répondu, simplement, avec la sincérité qui me caractérisait en temps normal.

 



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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesMar 3 Mai - 13:50

Il avait beau ne jamais accorder beaucoup d'importance aux pensées des gens, il était capable d'entendre quand ses élucubrations n'emballaient pas la foule. Parce que lancer des idées comme celles-là n'avait que peu d'intérêt si personne n'allait les étayer et les commenter, si personne n'allait alimenter le débat. Tout le monde ne partageait pas ses centres d'intérêt, il avait bien été obligé de le remarquer, au fil des ans. Ou plutôt, la plupart des gens n'étaient pas fascinés par tout et rien. Il y avait ce pour quoi ils éprouvaient un intérêt certain, et tout le reste. Parfois, les sujets qu'il choisissait tombaient dans les mauvaises catégories. Il sentit bien que c'était visiblement le cas du lieutenant de police, même si elle avait généreusement fait l'effort de lui offrir une réponse. «Ne faites pas attention à mes digressions,» lança-t-il dans un sourire en reprenant une gorgée de bière. Il n'avait jamais été un grand buveur, mais depuis qu'il avait quitté Londres, il s'efforçait de boire le moins possible, histoire de s'éviter des problèmes, et de s'éviter de prendre un verre et un autre et toujours un verre de plus jusqu'à ce que quoi, cette fois? Qu'il écrase quelqu'un avec sa voiture en rentrant ivre d'un bar quelconque? Non. Et s'il croisait l'un de ses patients, en ville? C'était loin d'être absurde, et la rumeur d'un médecin alcoolique ne lui ferait certainement pas de la bonne publicité. Et il aurait du mal à effectuer quelque autre métier que ce soit.

«Dites-moi plutôt, d'où est-ce que vous venez? Vous êtes du coin?»  Pourquoi, de toutes les villes des Etats-Unis, il avait atterri dans l'une des seules où un tueur en série avait décidé de s'installer? Pourquoi celle-là, alors qu'il en avait traversé quelques unes? Il aurait même pu se choisir une plus grande ville, comme Boston ou New-York, ç'aurait sans aucun doute été bien plus aisé de disparaître là-bas qu'ici, mais après les événements tragiques, il avait besoin de calme, de sérénité et surtout, surtout, besoin d'éviter le stress et d'attirer l'attention. Il aurait difficilement réussi à plus mal choisir. Si au début la vie à Fairhope était simplement ennuyante, le Poète était rapidement venu pimenter le quotidien d'un certain James Shelley qui avait mis au moins un an avant de naturellement se retourner à la mention de ce nom qui n'était pas le sien. La ville était jolie, ça l'avait aidé à choisir. Elle avait l'air paisible, tranquille. Peut-être que la première personne à qui il avait parlé ici lui avait souri, avait été sympathique, il ne lui en avait pas fallu plus pour décider de s'installer. Peut-être un peu plus, parce que la campagne ne l'avait absolument jamais attiré, les petites villes et petits villages étaient plus ou moins synonymes de cauchemar. ''Si tu ne fais pas ci, ou ça, tu vas passer une semaine chez tes grands-parents, à la campagne.'' Disons qu'il avait fallu rajouter à ça la lassitude de fuir et une longue réflexion, et il était décidé. «Vous n'avez jamais pensé à partir?» Explorer le monde, aller passer des concours de FBI ou quelque chose comme ça, le lieutenant semblait en avoir les capacités. «Quand même, tant qu'on est dans les rêves: est-ce que c'était votre rêve, de faire partie des forces de l'ordre? Ca vous est venu naturellement?» Il avait trouvé un nouveau point d'intérêt. Lui-même avait considéré la police, mais sa complexion était bien trop pacifiste pour espérer percer. Or, il n'avait jamais eu l'intention de se lancer dans quelque chose pour rester en bas de l'échelle. «N'hésitez pas à m'arrêter si jamais mes questions vous dérangent.» Il le disait par formalité, vraiment, il ne s'attendait jamais à ce que quelqu'un lui réponde de but en blanc de la fermer de de décamper.«Vous prenez des vacances, cet été? Histoire de vous aérer un peu l'esprit? Je pense que je vais fermer une semaine ou deux, mi-août, personnellement, pendant la période creuse.» James n'avait jamais été très amateur de ces périodes de vacances, mais désormais il les attendait impatiemment. «Celle qui est censée être creuse, du moins. Je ne sais pas ce que les gens ont par ici, mais mon cabinet ne désemplit pas cette année.» Il faut dire que l'approvisionnement en médecins était assez pauvre par ici. Ils préféraient naturellement se diriger vers des zones plus intéressantes, plutôt que d'aller se perdre dans une aussi petite ville. En plus, le moral des habitants était loin d'être au plus haut, alors l'un dans l'autre il était toujours débordé. Et toujours en retard, aussi. Mais c'était encore une autre histoire.
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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesJeu 26 Mai - 14:01

Immersion en pleine ville

◆ Feat James ◆


Le sujet ne me passionnait pas, c'était un fait, mais je ne voulais pas lui montrer une forme d'irrespect qui ne m'allait pas bien, alors je lui répondais, même si ma réponse ne devait pas être forcément des plus convaincantes, mais je ne m'étais jamais posé de questions sur ce sujet là proprement dit. Disons qu'avec mon travail, c'est un peu le cadet de mes soucis, genre vraiment. Je ne me préoccupe pas de mes rêves. Du coup, il l'a sentie et m'a dit de ne pas faire attention à ses digressions qui me semblaient être quand même sympathique à écouter. Je ne savais pas s'il parlait comme ça à tout ces patients, mais au moins, ils ne pouvaient pas s'ennuyer avec lui, c'était un fait. Il partit donc dans une direction totalement opposée, me demandant si j'étais du coin. Parfois, j'avais envie de dire que malheureusement j'étais du coin, parfois, je trouvais que c'était tout le contraire, que j'étais fière d'être ici, et d'avoir réussi à tenir malgré les circonstances. Mais je ne savais pas vraiment sur quel pied danser. Devais-je me dire qu'être originaire de Fairhope était une bénédiction ou plutôt une malédiction avec ce Poète traînant dans le coin ? Que serait devenue ma carrière sans lui ? Je n'en sais strictement rien, peut être que j'aurais finie par mettre les voiles devant tant de banalités, mais ce n'était pas le cas, car ce cher Poète savait comment nous occuper, tout le temps, et tellement un leitmotiv, il revenait quand on pensait pouvoir avoir encore un peu de répit. Quand est ce que je le croiserais ? Dans quelques semaines sans doute, il doit être en train de préparer un coup magistral, à n'en pas douter.

" Je suis originaire de Fairhope, oui. J'ai fait mes études ailleurs, mais je suis originaire du coin. Et vous, où étiez-vous avant de venir ici ? "

Parce que même si je ne me souvenais plus de la date de son arrivée ici, il n'était pas originaire de la ville, si je ne me trompais pas. D'où venait-il cependant ? Je n'en savais rien, mais sans doute me le dirait-il à présent que je lui avais retourné la question. Puis, il me demanda si je n'avais pas songé à partir, si je m'étais voué dès ma jeunesse à embrasser une carrière dans la police, tout un tas de questions qui ressemblaient presque à un interrogatoire, mais qui montrait à quelques parts son intérêt pour moi. Retiendrait-il cependant tout ce que je pourrais lui dire ? Faisait-il cela dans le but de combler la conversation parce qu'il n'aimait pas quand il y avait un blanc durant celle-ci ? Mais si je lui répondais, j'allais lui retourner les questions bien entendu.

" Vous savez James, je ne suis pas restée tout le temps à Fairhope, j'ai fait mes études à New York, j'ai été un temps à Montgomery aussi, puis je suis revenue ici quelques temps avant que le Poète n'arrive en ville, tout du moins qu'il ne signe ces premiers meurtres. Donc, je suis allé voir ailleurs, durant mes études, j'ai visité quelques villes aux alentours de New York. Mais j'aime bien ma petite ville. Je pourrais m'y faire si je devais partir dans une grande, ce ne serait cependant pas comparable à ici. Et vous, quelles villes avez-vous traversées avant de tomber ici ? "

Je marquais une pause dans mes réponses à ces questions. Je pourrais lui parler de mon père, mort il y a déjà trop longtemps même si cela ne fait que trois ans, ce sont déjà trois années de trop à mon sens. Il n'était pas si vieux que ça, il ne méritait pas de se faire emporter par un fichu cancer. Mon coeur se serra en repensant à lui même si devant James, rien n'y paraissait. Je voulais éluder la question, mais finalement, je lui répondais.

" La police, cela m'a toujours attiré, il faut dire que c'est un peu dans la famille, du coup, je m'y suis presque naturellement mis dedans et j'adore ça. Et vous la médecine ? Quand vous étiez petit, vous aimiez sans doute jouer au docteur, non ? "

Oui, la question avait été tourné de façon un peu plus humoristique, mais elle était bien là. Je ne savais pas s'il avait voulu devenir médecin dès son plus jeune âge, comme moi, peut être que cela lui était venu après cela dit. Il me demanda alors si j'allais prendre des vacances, mais ça ne serait pas le cas, je n'en avais pas pris réellement depuis que le Poète était venu d'ailleurs, du moins, pas plus de trois ou quatre jours d'affilée, par ci, par là quoi. Concernant les vacances, je ne pourrais pas lui retourner la question, puisqu'il y avait répondu avant moi.

" Je ne vais pas prendre de vacances, non. La période estivale est toujours une période assez tendue et compliquée. Et puis, avec ce tueur en série, nous devons être toujours sur le qui vive. Après, je suis célibataire, donc ça aide aussi, je n'ai pas de famille derrière moi pour me dire quoi faire. Mais si vous voulez prendre des vacances, fin août ce n'est pas mal je pense oui. "

Un mal pour un bien peut être. Bien entendu, il y avait toujours ma mère que j'appelais de temps en temps, ou alors je passais quelques heures avec elle pour faire des courses ou dans notre maison, enfin dans la sienne, celle où j'avais grandie. J'irais sans doute un ou deux jours à la plage aussi, ça ne pourra pas me faire de mal, mais je n'appelle pas ça des vacances, juste un peu de repos, mais pas trop longtemps, parce que je sais que je risquerais de gruger, de penser à ce Poète, de me dire que je pourrais être utile ailleurs et tout.


 



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Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesVen 3 Juin - 15:11

C'était le souci, avec les questions personnelles, c'était qu'elles vous revenaient souvent au visage, appelant à la même confidence que l'on avait exigé de l'autre. Quelques fois, l'autre était suffisamment fasciné par sa propre personne pour en oublier de s'intéresser à qui que ce soit, et parfois, il fallait parader et glisser entre les questions sans avoir l'air de se défiler. Pourtant, il aurait adoré se perdre en détails et anecdotes, mais tout ça, c'était évidemment de l'histoire ancienne. Il hocha la tête en apprenant que Shandra était bel et bien de Fairhope. La ville était très jolie, mais bien trop calme à son goût, quoi que la période et les touristes semblaient laisser penser le contraire. Lui-même était un enfant de la ville, élevé et construit au milieu des tours et d'une vie qui filait à toute vitesse à côté de lui, courant au rythme des métros et autres taxis qui partageaient les rues avec les cyclistes et les bus. Il avait été modelé à l'image de sa ville, inarrêtable, infatigable, les voitures défilant sur les routes comme le sang dans ses veines, irriguant le cœur insatiable qui pulsait en son sein. «Je vivais en Angleterre, avant. Puis il était temps de prendre un nouveau départ, j'imagine.» Ses erreurs l'avaient chassé, le faisant fuir à l'autre bout du monde parce qu'il n'avait pas eu les tripes d'accepter son sort et d'assumer ses erreurs. Qu'il n'avait pas eu le courage de regarder dans l’œil du mari éploré tout en défendant sa propre cause. Il voguait toujours dans des eaux claires, à l'abri des conflits et des problèmes, les remettant à plus tard à défaut de les régler.

«Je suis passé par New-York également avant de m'arrêter ici.» Loin d'être fier de cette partie-là de sa vie, il pouvait malgré tout l'avouer. Parmi toutes les pauvres âmes qui déambulaient sur les trottoirs de cette ville infernale, il était passé inaperçu, même dans ses déboires. Déboires à cause desquels il ne s'était pas définitivement arrêté là-bas. Trop de tentations. Pourtant plus simple pour se fondre dans la masse, pour disparaître, il savait qu'il retomberait dans les mêmes chemins, descendant jusqu'aux enfers en un rien de temps. Alors il avait continué, s'éloignant encore un peu plus du vieux continent et du passé. «J'ai fait plusieurs villes aux Etats-Unis avant de passer par ici au hasard, mais l'atmosphère de Fairhope m'avait vraiment plu dès le départ, même si contrairement à vous le calme m'a surpris.» Au passé, bien sûr, parce que l'atmosphère était lourde depuis que le Poète sévissait, mais elle avait probablement compris ce à quoi il faisait allusion, de toute manière. Il n'y avait pas une personne qui ne soit pas touchée, de près ou de loin, et il fallait être aveugle et sourd pour ignorer l'influence qu'avait le Poète sur la ville. Et encore, son poison s'était répandu dans l'air, dans les sursauts de tout un chacun, le son des verrous et la peur qui naissait au fond des ventres. Même les morts devaient la sentir gratter à la porte de leurs cercueils. «Le plus important, c'est d'aimer ce que vous faites! Beaucoup de personnes viennent me voir en me disant qu'elles ne supportent pas leur travail, c'est vraiment dommage.» Ceux qui ne trouvaient jamais leur voie et ceux qui ne pouvaient pas la suivre. Lui, il l'avait trouvée et suivie, s'accrochant aux branches même dans les moments de doute. «Non, à vrai dire j'étais plutôt du genre à sauver des chatons dans des arbres. Et puis il a fallu venir nous chercher, le chat et moi.» C'était dit sur le ton de la plaisanterie, mais c'était réellement arrivé, au détail près que le chat, lui, avait réussi à regagner la terre ferme tout seul.

Il avait effectivement du mal à imaginer le commissariat se désemplir, ses membres quittant leurs enquêtes pour venir s'échouer au bord de l'eau, ou sur un autre continent, laissant leur ville, leurs amis, leurs familles derrière eux, à la merci du tueur en série qu'on le soupçonnait parfois d'être. Même si elle prenait des vacances, Shandra n'arriverait probablement pas à se reposer, même si elle n'avait ni famille ni conjoint. Elle avait juré de protéger et de servir, pourtant la police n'arrivait à protéger personne des atrocités du Poète. «Oui je comprends, essayez quand même de vous garder un peu de temps pour vous. La ville a besoin de vous en forme.»

Il termina son second verre, jeta un coup d’œil à l'heure et s'étira brièvement. «Bon, il commence à se faire tard.» D'autant plus qu'il n'avait toujours pas mangé et qu'il commençait à le ressentir. «Je vais vous laisser, et laisser à quelqu'un d'autre le loisir de tenter sa chance.» Sa phrase fut accompagnée d'un clin d'oeil, bien conscient que la plupart des hommes l'aurait abordée dans un but tout autre que de lui faire la conversation, s'ils l'osaient. «Ca m'a fait plaisir de vous rencontrer en tout cas.» Il héla un serveur pour demander l'addition et pouvoir payer leurs consommations.
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Sujet: Re: Immersion en pleine ville - Feat JamesJeu 9 Juin - 23:04

Immersion en pleine ville

◆ Feat James ◆


Ainsi, j'en apprenais un peu plus sur le médecin originaire donc d'Angleterre. C'était presque étrange qu'il se soit tourné vers Fairhope pour fuir, quitter son pays d'origine. Quand on fait un aussi grand voyage, c'est que l'on quitte ou que l'on fuit quelques choses, peu importe quoi, peu importe la raison, on ne veut clairement plus y faire face, c'est une évidence. Qu'est ce qu'il avait pu quitter dans son Angleterre natale ? Je ne savais pas, et je ne le connaissais pas assez pour demander cette confidence, surtout qu'il avait parlé de nouveau départ, alors son ancienne vie ne voulait pas venir gâcher la nouvelle ou simplement se mêler à celle-ci. Je n'avais jamais eu besoin d'un nouveau départ pour ma part, jamais, disons que Fairhope était dans mes veines, et que depuis que le Poète était là, j'y étais plus accrochée que jamais, simplement parce que je me vois mal abandonné les habitants, que je connais bien parce que l'affaire est difficile. Non, je n'ai pas peur de l'adversité, aussi dure soit-elle et le Poète est l'adversaire le plus redoutable qu'il m'a été donné de croiser dans ma vie. Parce que oui, je suis persuadée de l'avoir croisé, à un moment ou un autre, je l'ai croisé, c'est une certitude, mais quand et où ? Impossible de savoir tellement il nous nargue, tellement il semble avoir une longueur d'avance sur nous à chaque fois. Dans cette forêt, il avait jugé d'un parfait timing pour que la victime se meurt peu de temps avant que nous arrivions devant elle. Cravy avait découvert le corps, c'était presque indécent, comme si elle avait su où il se trouvait, et ça m'énervait, trop, grandement. Mais que pouvais-je y faire ? Sincèrement, rien, je n'avais pas de preuves de sa complicité, je n'avais pas de preuve que le Poète pouvait-être elle, rien. C'était sans doute une impasse de plus, il y en avait eu tellement, que je ne cherchais même plus à les compter, elles s'entassaient juste dans un coin, jusqu'au jour où l'une de ces impasses ressortira parce que nous sommes passés à côté de quelques choses, d'une bouche d'égout qui nous aurait permis de passer de l'autre côté du mur, dans l'antre du Poète, dans le plus profond de son âme. Mais non, il n'y avait pas eu de plaques de ce genre pour nous détourner de ces impasses là, parce que le résultat était tout le temps le même. De toute façon, je suis presque sûre que le Poète frappera avant la fin de l'été, peut être après le départ des touristes, dans ces eaux là mais impossible de prévoir quoique ce soit, ni où, ni comment, ni même pourquoi ... Mais je me perdais en conjoncture quand James me dit qu'il était passé aussi par New York avant de venir ici. J'étais encore plus surprise de cela, pourquoi être passé de la ville à al campagne comme cela ? Mais je n'eus pas le temps de lui poser la question qu'il était déjà en train de m'en dire plus. Il avait fait plusieurs villes, et c'était finalement le calme de Fairhope qui l'avait happé jusqu'à nous tous ici. Ce calme semblait l'avoir décidé à rester ici, parce que finalement, il lui allait bien, sinon, il ne serait pas ici depuis quoi cinq années ? Peut être plus que ça, le temps passe vite, mais il me semble qu'il était clairement là avant l'apparition du Poète. Dire que dans notre petite ville, il y avait probablement un natif qui avait décidé de faire sa loi, pour se faire mousser par la presse, pour faire en sorte que la police devienne folle, qu'il nous fasse tourner en bourrique. Le Poète n'était peut être pas natif de Fairhope, mais en tout cas, pour connaître aussi bien la ville, il y avait passé du temps durant son enfance, peut être ces vacances d'été, ou alors il avait déménagé ici avec ces parents voilà quelques années. Peut être que c'était un grand-père qui était revenu sur ces terres natales après avoir longtemps vécu ailleurs. Mon esprit était repartie en conjoncture inutile sur ce tueur, me faisant presque oublier la présence de James à mes côtés. Il ne semblait donc pas se destiner à la médecine mais c'était ce qu'il avait finalement fait. Je lui disais donc que je ne prendrais sans doute pas vraiment de vacances, pas plus de quelques jours de off comme je le disais, ça me suffisait parce que de toute façon, mon esprit était trop accaparé par ce fichu Poète. Il est toujours là à penser à lui, à imaginer des milliers d'hypothèses le concernant. La Poète est parmi nous, c'est une certitude, mais il est trop malin, doté d'une intelligence supérieure, prévoyant de trop nombreuses choses pour que nous gagnions vraiment du terrain sur lui. Parce qu'à chaque fois que nous pensions nous rapprocher de lui, à chaque fois que nous avancions d'un pas, peu de temps après nous reculions de deux, et ainsi de suite sans jamais nous rapprocher, jamais. On ne sait même pas s'il est un homme ou une femme, on se doute de quelques bricoles, mais nous ne sommes sûrs de rien du tout. Puis le médecin me dit qu'il allait s'en aller parce qu'il se faisait tard. J'en profitais pour regarder mon téléphone. Il n'avait pas tord, demain, ma journée est techniquement assez light, mais elle est bien là, alors j'allais faire comme lui.

" Je pense que personne ne tentera sa chance, je vais moi aussi rentrer chez moi, je pense que c'est plus raisonnable, si je veux être en forme demain. Je n'ai pas besoin de prendre des vacances, mais de bonnes nuits de sommeil ça aide à rester sur le qui-vive. Le plaisir est partagé en tout cas. "

Il appela un serveur pour payer les consommations. Je donnais ma part également, le serveur n'avait qu'à garder pour lui ce qu'il y aurait en trop. Je me levais donc observant à nouveau mon téléphone. Oui, il me semblait être bien de rentrer chez moi, pour regarder un film, ou lire à nouveau le dernier dossier concernant le Poète, ou peut être le premier, ou le cinquième ... Peu importe, de toute façon, ça ne changera rien, n'est ce pas ?


 



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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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