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 Cold trail

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◆ Manuscrits : 2268
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
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Sujet: Cold trailMar 26 Jan - 20:20

cold trail

juillet 2015

Jesse avait beau travailler à la station de police de Fairhope depuis maintenant de nombreuses années, il ne s’était toujours pas fait au goût du café de l’immonde machine au bout du couloir. Pour quelques cents, on pouvait avoir sa dose de caféine et continuer avec les affaires de la journée. Le breuvage avait un goût amer, infect, brûlait la gorge et la plupart des nouvelles recrues toussaient pendant des jours après en avoir bu. Jesse continuait de tousser et il fit une grimace ce soir-là, récupérant son gobelet en plastique. La dose de sucre n’aida pas, ni la crème qu’il avait copieusement utilisé pour noircir le café. Son regard se posa sur la montre bien en vu de tous. Il était plus de vingt heures passées et il savait qu’il ne lui restait plus que quarante cinq minutes avant la fin de sa garde. Enfin techniquement, Jesse n’aurait pas dû être là. Officiellement, Jesse était dans sa voiture de patrouille avec Denis, tranquillement assis à côté du blond, en train de parcourir les rues de Fly Creek et de reporter tout comportement suspect. Denis n’avait pas posé de questions quand Jesse lui avait dit avoir des dossiers à trier à la station de police, ce n’était pas un comportement assez suspect pour éveiller les soupçons du blond. Denis s’en moquait, il avait fixé Jesse de ses yeux bleus avant de lui dire de ne pas trop passer la nuit sur ses dossiers et de saluer Adam pour lui.

Non, Jesse rentrait dans son appartement, le blond était de service aussi ce soir et s’il comptait bien appeler Adam quand ce dernier finirait par fermer son bar, il avait besoin de retrouver ses propres draps et de rester seul avec ses pensées. Jesse grimaça encore, jeta son gobelet dans la poubelle à proximité et retourna dans la pièce qu’il occupait depuis une bonne heure désormais. La police de Fairhope avait plusieurs lieux qui servaient de réserves et dont un débarras où plus personne ne venait. Une aubaine pour un jour où les locaux étaient pratiquement vides, la plupart des gens déjà chez eux, déjà en train de préparer leurs vacances et ce qu'ils allaient faire le 4 Juillet. Jesse avait trouvé le moyen de faire entrer une chaise dans cette pièce. Ce qui l’intéressait surtout, c’était la petite télé et son précieux lecteur de cassette qui était là, laissé à l'abandon. Il tira sur les pans de son uniforme après avoir fermé la porte derrière lui et se passa une main sur le crâne avant d’appuyer sur le bouton play. « Avant que nous commencions cet interrogatoire Miss Hall, je dois vous rappeler que vous avez le droit de demander la présence d’une tierce personne en utilisant le téléphone. Qu’il s’agisse d’un représentant de la loi choisi par vos soins ou attribué par le comté, vous pouvez… »  Sur l’écran, le visage de Willow faisait face à Jesse qui poussa un soupir et s’installa plus confortablement sur sa chaise.

Le métis ne faisait jamais les choses à moitié, et encore moins depuis qu’il bossait, discrètement et lentement sur l’affaire du Poète. Jesse faisait de son mieux pour rester concentré mais il comprenait pourquoi l’enquête stagnait dans un sens. Trop de corps, trop de tout, trop d’implication personnelle. Même voir l’interrogatoire de Willow ne le laissait pas indifférent. Il n’avait jamais cru à la culpabilité de la jeune fille mais tout de même… C’était difficile de rester détaché de la sorte. Pourquoi revenir en arrière ? Bonne question. Jesse était quasiment certain que quelque chose avait échappé à ses collègues de l’époque, un détail, une piste non explorée, il devait forcément y avoir quelque chose. Ce quelque chose, il espérait le trouver dans les enregistrements des interrogatoires ou dans les rapports de police. Ce lien, ce chainon manquant… Le Poète ne pouvait pas frapper au hasard, c’était impossible, le hasard n’existait pas vraiment, il y avait forcément un lien. Jesse en était certain, c’était cette certitude qui lui disait qu’il devait parler avec Tobias et encore cette affirmation pour ce qu’il cherchait en retournant en arrière et en reprenant l’enquête morceau par morceau.

Il observa Willow hocher la tête avant que l’inspecteur ne la reprenne et lui explique qu’elle ne devait pas hésiter à s’exprimer à haute voix et bien expliquer le plus clairement possible ce qui s’était passé. Que s’était-il passé en effet ? Sur le rapport les mots étaient simples : John Doyle, 21 ans, deuxième victime supposée du Poète. 21... C'était un nombre un peu trop bas, et Willow, quel âge avait-elle eut à l’époque ? Jesse poussa un soupir, écartant les pages du rapport et appuyant sur pause. Peut-être que regarder la video de quelqu'un qu'il connaissait si bien désormais n’était pas une si bonne idée au final. Il regarda la pile de cassettes et en choisit une autre. Jesse aurait aimé dire qu'il avait une méthode particulière de procéder mais non. Pour le moment, il avait regardé les interrogatoires de Ruby Swann, Laura Munoz et celui de cet arrogant de Deirdre Anderson. Il n’y avait rien à en tirer à part que Ruby était probablement pétrifiée et faisait de son mieux pour parler à la personne chargé de traduire le langage des signes. Laura ne ressemblait absolument pas à la femme d’affaires assurée qu'il avait déjà vue dans les locaux de l’association et Deirdre était juste… un connard fini. Mais assurément quelqu'un qui s’était retrouvé là au mauvais moment, aucun de leur récit à eux ne pouvait apporter à Jesse ce qu'il cherchait.

Et Willow non plus, si elle avait su quelque chose d’important à l’époque… elle l’aurait forcément dit pas vrai ?

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Sujet: Re: Cold trailLun 1 Fév - 0:51

Le commissariat de police de ce début de juillet n'avait plus rien à voir avec celui où elle avait erré, quelques mois plus tôt, à la sortie de la battue du Willow Lake, et de la découverte du dernier corps. Fraîchement assassiné et mis en scène pour leur bon plaisir. Puis mis en terre, pour quoi? Aujourd'hui, l'agitation était réduite au repérage de comportements suspects, aux habituels délits mineurs auxquels plus personne ne prêtait véritablement d'attention depuis que le Poète monopolisait toutes les ressources et toutes les attentions, et à la paperasse qui, elle, n'arrêtait jamais de s'entasser. Bien sûr, l'enquête continuait, suivait son cours, mais l'agitation post-mortem s'était tarie. Peut-être était-ce la fameuse rigidité cadavérique qui venait engourdir le corps policier. Peut-être qu'il n'y avait plus de carré de boue à retourner aux abords du lac, même s'ils semblaient s'évertuer à essayer. Peut-être qu'ils n'avaient plus personne à suspecter, à questionner, à détruire. Ou alors ils avaient trouvé. Et si ça s'était résolu, la nuit dernière, et qu'on avait oublié de la mettre au courant? Le silence, bien que préférable à la cacophonie désordonnée, n'apportait évidemment rien de plus. Que des questions auxquelles personne n'avait de réponse. Alors elle évitait de les formuler, de leur donner sens. Mais c'était difficile de s'en empêcher, alors qu'elle finissait de remplir un énième protocole, formulaire ou dieu savait quelles autres absurdités ils étaient allés inventer pour leur faire perdre du temps. Et une question: est-ce qu'il y avait vraiment des gens qui allaient lire ça d'un bout à l'autre? Et de deux: mais pourquoi?! Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'elle ait écrit mais pourquoi? en lieu et place de la date du jour. Soupir. Certes, elle avait demandé à avoir son 4 juillet. Expressément. Avec beaucoup d'insistance. Jusqu'à ce qu'on lui cède. Elle avait fait des promesses, assuré qu'elle serait à jour dans ses papiers et qu'elle serait calme (et elle l'avait été, ces derniers temps), et qu'elle pouvait même rendre un ou deux services s'il le fallait. Elle voulait cette soirée. Ca ne voulait pas dire qu'elle devait se farcir tout l'administratif du commissariat, si? Après avoir, très élégamment, mis du blanc et réécrit la véritable date, elle posa son stylo et s'étira dans un grognement, toujours très élégant, avant de ranger ses affaires pour se préparer à s'en aller.

Cette soirée, elle l'avait prévue depuis longtemps, avec Michaela et Louise, et elle n'aurait pas accepté qu'on lui dise non. Son amie en avait grandement besoin et, il fallait l'avouer, elle n'allait pas se priver de la distraction. Même si, ces derniers temps, elle n'avait vraiment pas à se plaindre. Quoi que soit véritablement sa relation avec Peter, tout allait pour le mieux. Leur univers était drastiquement différent de celui-là, plus chaleureux, plus coloré, plus drôle, et il n'y avait pas un jour où l'idée d'aller se perdre dans l'immense villa ne la remplissait pas d'une joie sans borne. Les rues et autres plages noircies de monde, voilà qui l'atteignait un peu. Surtout quand l'un d'entre eux allait jusqu'à la reconnaître, ayant bouquiné ses commérages pour venir gâcher la vie des citoyens de leur belle ville. Ceux qui pouvaient nommer les suspects, les familles et les victimes sur le bout des doigts, étaient des bêtes. Rien de plus, pour la jeune femme. C'était un comportement terriblement inconscient, de venir visiter un lieu parce que un tueur en série y sévissait. Pas y avait sévi, non non, y sévissait toujours, pas plus tard que quelques mois plus tôt. Willow, elle, aurait plutôt eu tendance à s'enfuir dans l'autre sens mais, après tout, elle n'avait à présent plus assez d'objectivité pour en parler. Les touristes ne voyaient pas ça comme faisant partie de la vie, comme impliquant de véritables personnes de chair et d'os qui se sentaient dévisagées et pointées du doigt. Ca n'était rien qu'une histoire de plus pour eux, une fable alléchante avec du sang et des poèmes, une comptine en temps réel dont ils pouvaient visiter le décor, rencontrer les acteurs. Une pièce de théâtre.

Chassant l'idée, après avoir déposé les documents qu'elle avait étudiés et/ou remplis, elle entreprit de se diriger vers la sortie. Et puis elle avait entendu du bruit. Ca n'était pas inhabituel, après tout, elle n'était pas la dernière dans les locaux. Mais elle s'était retournée malgré tout, cherchant la source du son. Qui semblait provenir d'une pièce dont elle ne connaissait l'existence que parce qu'on lui avait dit qu'elle ne servait à rien. Alors pourquoi est-ce qu'elle parlait, dans ce cas? Enfin, il semblait que ça parlait, elle ne pouvait pas comprendre un seul mot. Curieuse, elle s'approcha et toqua à la porte. Plus par principe que par politesse, puisqu'elle ouvrit aussitôt, sans attendre d'y être invitée. Si ça se trouve, il n'y avait personne, elle n'allait quand même pas être polie pour une porte de débarras. L'excuse trouvée, donc, elle était entrée, tombant aussitôt sur Jesse. «Ah oui il y a bien quelqu'un, hey, Jesse!» lança-t-elle aussitôt, curiosité momentanément oubliée. «Je savais pas que tu étais toujours là.» Très  momentanément. «Qu'est-ce que tu fais là-dedans, d'ailleurs?» Son regard passa de l'homme à l'écran, et son sourire faiblit considérablement. «Oh. Désolée, je te dérange peut-être du coup.» Elle eut un geste pour sortir. «Si tu veux je te laisse travailler, tu veux un jus-de-chaussettes du distributeur?»

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Sujet: Re: Cold trailJeu 11 Fév - 19:35

Willow. L’élève policière était probablement la dernière personne que Jesse s’attendait à voir ce soir, surtout pas quand il venait de la voir sur un écran il y a environ trois minutes de cela. Il aurait pu paraitre gêné ou autre chose mais Jesse ne s’embarrassa pas. Il ne faisait rien de mal, tous les policiers du monde le faisaient, passer par les vieux dossiers, passer par les archives, c’était normal. Il aurait préféré que personne ne pousse la porte de cette pièce mais pour Willow il eut un sourire, croisant les bras de sa poitrine. Il n’avait aucune raison de ne pas faire confiance à la brune, il en était certain. Même à l’époque quand la police de Fairhope avait tenté de la cuisiner, Jesse avait roulé des yeux, ne comprenant pas pourquoi on s’acharnait sur elle. « She’s just a kid, you really think she could have done all of that ? » Jesse n’était pas une personne qui voyait le bien partout ni même l’innocence sur le visage d’un enfant. Non, s’il avait appris quelque chose en grandissant c’était que le mal était partout et sous toutes les formes. Les apparences ne changeaient absolument rien, quelqu’un pouvait vous sourire un matin et vous cracher au visage le lendemain. Il n’y avait aucun moyen de le prédire, ça arrivait tout simplement. Les gens n’étaient pas foncièrement mauvais pour être mauvais non, l’être humain restait quelqu’un d’égoïste avant tout, même Jesse à sa manière l’était. Il se penchait sur cette affaire pour sa ville, pour son petit-ami, pour retrouver sa paix à lui. Des motifs totalement égoïstes. Mais humains.

Ce qu’il y avait dans l’esprit de quelqu'un qui déposait des corps aussi facilement et qui semblait s’amuser à jouer avec la police et avec tous ceux qui tournaient les yeux dans sa direction, ce qu’il y avait dans sa tête et dans son coeur, c’était au dessus de l’égoïsme. C’était la raison pour laquelle autant de personnes allait à l’église, pourquoi on avait des porte-bonheurs et qu’on faisait des prières. Humain ? Oui, ça l’était toujours, mais le problème n’était pas là, c’était le regard des autres sur ce comportement, les autres tellement prêts à jeter la pierre et à se défaire de ce comportement-là, les gens acceptaient rarement que l’être humain puisse être aussi horrible. On inventait des mots, monstre, psychopathe, poète. Des mirages qui ne faisaient qu’obscurcir la vérité. La vérité ? Le Poète était humain, il respirait, il vivait, un seul regard sur Willow avait suffi à Jesse pour qu’il se dise que non, ce n’était pas elle, pas elle qui respirait un air empoisonné. Il avait été content dans le fond de la voir rejoindre les rangs de la police.  « Hey comment tu vas ? Tu ne devrais pas être loin d’ici en train de t’amuser ?»  La plupart de ses collègues avaient profité de ce calme apparent pour se reposer et s’octroyer des vacances. Une erreur selon Jesse mais il pouvait comprendre. Tous pensaient avoir vu le pire, non, pour Jesse ceux qui avaient vu le pire était des personnes comme Willow, comme Laura et les autres familles brisées et les vies qui avaient été marquées à tout jamais.

Jesse eut un léger rire alors que la jeune fille lui proposait du café et il appuya sur le bouton pause du magnétoscope, se disant qu’une autre pause ne pourrait pas lui faire de mal. « Nan, j’ai déjà eu ma dose de jus de chaussettes, j’aimerais éviter d’en faire voir de toutes les couleurs à mon estomac. » Il porta une main à son ventre à cet instant et fixa la jeune femme qui lui demandait ce qu'il fabriquait là. Hmm… Elle était encore censée être en formation et il savait qu’il pouvait lui faire confiance. Ça n’était pas très utile de lui mentir. Jesse prit sa décision en trente secondes et il tira une chaise pour la brune. « Vas y assied-toi Willow. Et ferme la porte derrière toi. » Jesse se passa une main sur le crâne, geste synonyme de fatigue en l’occurence et il fit glisser une partie de la pile de dossiers vers Willow. Il savait que la jeune femme comprendrait très vite où il voulait en venir. « Je ne suis pas censé être là techniquement mais fais-moi une toute petite faveur et fais comme si je n’étais pas là ce soir. Comme si nous n'étions pas là ce soir. » Il eut un regard appuyé et poursuivit tout aussi naturellement. « Hmm… Tu pourrais peut-être m’aider, je suis en train de revoir des vieilles cassettes et des dépositions. Rien de trop suspect dans la tienne mais encore une fois, je ne t’ai jamais crue coupable. »

Une phrase qui pouvait paraitre complètement anodine mais de cette façon, il réitérait sa confiance pour sa collègue, au cas où le doute planait encore entre eux. Jesse préférait lever toute interrogation maintenant, il lui faisait confiance, assez pour qu’elle se joigne à sa petite enquête d’une nuit. Ou plutôt de quelques heures. « J’essaye d’avoir du recul, je me dis qu’il y a forcément une pièce du puzzle qui nous a échappée… tu vois ce que je veux dire ? Tu peux prendre des notes ou juste écouter. Tout ce qui parait suspect… on en parle.»  Jesse lança la video une nouvelle fois, c’était une autre déposition, avec une femme cette fois-ci et l’inspecteur lui présentait plusieurs pièces à conviction. C’était d’usage, pour rassurer les victimes parfois ou juste pour s’assurer de la provenance de tel ou tel objet. Un critérium en l’occurence, l’inspecteur sur l’écran récita le numéro de la pièce à conviction avant de demander à l’interrogée si elle reconnaissait ce qu’il lui montrait.

« Non. Je ne reconnais pas cet objet. Ce n'est pas à moi. »

L’inspecteur repoussa la pièce, passant déjà à la question suivante. Quoi ? Jesse fronça les sourcils, arrêtant la video. « Comme ça… » Il se tourna vers Willow, se demanda si c’était lui qui avait rêve ou non. « Tu as entendu ça ? »

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Sujet: Re: Cold trailMer 2 Mar - 10:59

La première fois qu'elle avait mis les pieds dans ce commissariat, elle n'avait pas imaginé qu'elle viendrait y travailler un jour. Même si, à dire vrai, elle n'avait pas été en état d'imaginer quoi que ce soit, à ce moment-là. Elle ne savait même pas comment elle était passée de l'appartement de John à la salle d'interrogatoire. S'il y avait eu des jours, entre temps, si on l'avait déposée, si elle avait mangé, dormi ou seulement respiré, ou si on l'avait chargée dans la voiture de police comme un sac de viande au fond d'un camion de livraison, directement après l'abattoir. Tout ce qui lui restait, c'était l'impression vivace, brûlante, qu'on venait de lui arracher quelque chose de vital, derrière les côtes, et que personne ne tentait de recoller les morceaux. Les yeux qui se tournaient dans sa direction n'avaient pas la lueur qu'elle aurait pu attendre, pas la chaleur, pas l'empathie, la compassion, quoi que ce soit. Non, juste des questions, des suspicions et l'idée désagréable que c'était elle qui avait balancé son propre morceau de chair six pieds sous terre. Et elle de se balader à cœur ouvert et saignant. Elle aurait juré qu'il devait rester des traces de sang encore aujourd'hui. Le sien et celui de tout ceux avant et après elle qu'on avait jamais accusés à tort alors qu'ils étaient victimes au même titre que les morts, peut-être même plus puisque eux, ils devaient continuer de respirer. Mais elle avait dépassé ça, pas vrai? Elle était, plus ou moins, passée de l'autre côté de la table d'interrogation. C'était un progrès, non? Même si ça voulait dire qu'elle pataugeait toujours dans les mêmes flaques de sang, et qu'elle triturait des plaies mal cicatrisées pour tenter d'appréhender l'incompréhensible.

En s'asseyant à côté de Jesse, la porte fermée, elle se demanda distraitement comment tout cet équipement s'était retrouvé dans cette pièce et pourquoi personne n'y venait jamais. Mais après tout, ça n'avait pas grande importance. Surtout comparé à ce à quoi elle était en train de prendre part. C'était Jesse, alors elle oublia de se demander pourquoi il disait qu'ils n'auraient pas vraiment dû être là. «Je ne vois pas de quoi tu parles. De toute façon, je suis loin d'ici en train de m'amuser.»  Elle jeta un œil aux dossiers qui avaient glissé vers elle. Les dossiers en rapport avec l'affaire. Elle n'avait jamais eu la chance de s'en approcher d'aussi près. Du moins personne ne lui avait simplement demandé de s'y intéresser comme si elle pouvait apporter quelque chose. En accordant de l'importance à son regard, à ce qu'elle pouvait penser, trouver, soulever. C'était aussi pour cela qu'elle respectait autant Jesse, parce qu'il ne la considérait pas comme une gamine incapable qui traînait dans les pattes de ceux qui travaillaient vraiment. Non, il la voyait comme un individu pas inférieur aux autres, à lui-même, capable d'aider. Elle ne réussit qu'à lui offrir un léger sourire à sa dernière phrase. Les souvenirs se mêlèrent quelques instants au poids des mots de l'officier, et elle perdit le contrôle quelques secondes. Le remercier ne servirait à rien, il suffisait de lire la gratitude dans ses yeux.

Elle hocha la tête, signifiant qu'elle voyait bien là où Jesse voulait en venir. Sur autant de meurtres, c'était impossible qu'ils n'aient rien. Le tueur avait bien dû faire une erreur. Après tout, certains avaient survécu. Et puis quand bien même, il devait bien y avoir des éléments communs à toutes les victimes, outre les messages incompréhensibles qu'on retrouvait. Elle avait arrêté d'essayer de trouver un sens à ce carnage. Enfin, elle essayait d'arrêter, parce qu'il était assez difficile de simplement accepter le fait que cet individu existait, vivait dans la ville où elle avait toujours vécu, achetait sa nourriture dans les mêmes supermarchés qu'elle. Difficile de simplement accepter qu'elle ne comprendrait jamais le pourquoi. Pourquoi on leur arrachait des êtres aimés comme ça, au détour d'une nuit. Pourquoi on ne savait jamais quand s'y attendre, on ne savait jamais où s'y attendre. Peut-être que le dernier café de Jesse avait été drogué (oui, c'était invraisemblable, mais là n'était pas la question), peut-être que la prochaine fois qu'elle s'endormirait, elle ne se réveillerait qu'assez longtemps pour se voir mourir. Sans raison. «C'est bon, je suis prête,» lança-t-elle à Jesse pour lui signifier que toute son attention était rivée sur l'écran, même si elle ne savait pas vraiment ce qu'ils cherchaient.

«Entendu quoi?» Elle leva les yeux vers Jesse, surprise. Un peu inquiète, aussi, à l'idée d'avoir raté quelque chose d'important. Willow passa en revue les quelques phrases qu'ils avaient entendues. «Que c'était pas son crayon?» Elle feuilleta la pile de dossiers, à la recherche de cette femme. «Pourquoi, il a un lien avec le meurtre? On l'a retrouvé chez elle? Il nous faut son dossier?» Elle retourna encore quelques pages. «Le critérium a à voir avec la scène de crime? On sait pas d'où il vient?» Autrement, elle n'avait pas la moindre idée de ce que Jesse pouvait bien avoir entendu. Il valait mieux poser trop de questions que simplement lui dire qu'elle n'avait rien entendu qui lui paraissait suspect, après tout. Non? «Ah, là, je l'ai, si tu veux.» Elle avait enfin reconnu la personne sur une photo. «Ou c'est pas de ça que tu parles?» Elle espérait juste lui être plus une utilité qu'un handicap. Qu'il n'allait pas regretter de l'avoir invitée à s'asseoir, en somme.

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Sujet: Re: Cold trailJeu 24 Mar - 1:24

Plus jeune, sûrement quand il n’avait que douze ans, Jesse avait voulu être astronaute. Il y avait quelque chose qui lui plaisait là haut dans le ciel, il avait vu les fusées à la télévision un jour, les images de la planète bleue vu d'en haut et il s’était dit que tout devait être plus calme et silencieux de là haut, pas de cris, pas de portes qui claquent, pas d’odeur d’alcool. Il avait voulu s’envoler loin dans le ciel pour ne revenir que dans quelques années, en ayant vu des étoiles mourir et probablement avec quelques centimètres de plus. Ce rêve était parti tout aussi rapidement qu’il était arrivé et le métis n’y avait pas repensé depuis. Surtout pas quand à seize ans, il avait eu le rêve fou de faire parti d’une équipe de baseball et de se consacrer au sport de manière professionnelle. Cette envie là n’avait duré que six mois, mais il y avait tout de même songé, pensé à sa vie à New York et combien lui coûterait le billet d’avion. Ses objectifs personnels l’avaient mené vers la cuisine plus tard et puis quand il avait fini par se rendre compte qu’il ne pourrait jamais quitter Fairhope, qu’il était né ici et qu’on l’enterrerait probablement ici, il avait décidé qu’il était temps de se rendre utile. C’était dans cette seule optique qu'il avait franchi la porte de la station de police il y a quelques années de cela, question en tête et stylo à la main. Pas par désir ou par vocation, mais bien parce que c’était la chose la plus logique qu’il ait jamais faite dans sa vie.

Il s’imaginait la vie des gens normaux bien différente, pour eux qui pouvaient se permettre d’avoir des rêves, pourquoi venir s’enterrer ici ? Ils finiraient probablement couverts de poussières et ils ne seraient plus que des vieux dossiers qu’Alice triait à la fin de la journée. Enfin ça, c’était sûrement le plan pour beaucoup d’entre eux avant que le Poète ne vienne bousculer leur petite routine et ne les réveille à grands coups de scalpel. Jesse n’avait pas l’intention de se laisser dépérir ici, pas depuis qu’il avait Adam dans sa vie, et s’il y avait bien une chose qui n’avait pas changé, c’était son envie de se rendre utile. C’était bien pour ça qu’il était là, ses yeux rivés sur Willow à cette seconde précise, pour se rassurer et être certain d’avoir bien entendu l’élément le plus crucial de cette vidéo.  « … Je parle bien du crayon. » lâcha Jesse, ravi de voir que Willow suivait, il la complimenterait plus tard cependant, son esprit était déjà ailleurs. Ses pensées partaient trop vite et trop loin et il avait besoin de se concentrer pour voir où est-ce que son cerveau voulait en venir. Jesse prit une profonde inspiration, jouant avec son stylo, à la recherche des bons mots. « Je veux dire, si on y réfléchit… Les scènes de crimes ne sont des scènes de crimes que pour nous, pour le tueur ce sont quoi… de simples mises en scène, il sait qu’on va trouver les victimes dans cette position là et tout documenté, tout de l’appartement au corps à la famille, tout va être passé au peigne fin. » Jesse pouvait se revoir, le jour où il avait trouvé son premier corps, la procédure était la même, ne toucher à rien mettre des gants, appeler la station de police, dresser un périmètre de sécurité. D’une certaine façon, tout le maquillage que le Poète appliquait sur ses victimes après les meurtres était élevés au rang d’oeuvre d’art. C’était tragique mais c’était la vérité.

« Et ce tueur, je ne suis pas expert en psychologie ou quoi que ce soit, mais on peut dire qu’il aime les jeux, il aime savoir que la police est derrière lui, que toute la ville ne peut pas continuer de vivre sans savoir. » Sans savoir qui était vraiment caché dans l’ombre et qui s’introduisait chez les gens pour ne laisser que du silence et de la peine derrière lui. Tout était centré autour de lui, ce commissariat, la vie des gens, leur sourire, leur peur, absolument tout, il était difficile d’y échapper à Fairhope. N’importe quel maniaque pouvait se nourrir de ça, de cette anxiété environnante et continuer de frapper encore et encore. « … Repense à la battue, ce n’était qu’une … qu’une chasse au trésor pour lui, il savait qu’on allait trouver Mary Wilson comme ça, il a même laissé des indices… » N’avaient-ils pas trouvé des feuilles blanches couvertes du sang de Mary Wilson ? Le meurtrier n’avait-il pas laissé suffisamment de miettes de pain pour les guider jusqu’aux bords du lac ? C’était lui qui les guidait dans ce conte macabre et il fallait cesser de chercher à atteindre la fin de l’histoire mais bien se concentrer sur le personnage principal. « Et s’il avait fait ça … depuis le début, laissé des indices à chaque fois pour qu’on puisse faire le chemin, jusqu’à lui ? » Une théorie comme une autre, mais Jesse la formulait enfin à voix haute. « C’est ça que je cherche. Par exemple, ce crayon sorti de nul part et… » Il fouilla frénétiquement dans les dossiers, lisant les lignes au fur et à mesure qu’il parlait.  « Et John Doyle, qui a écrit son message avec un stylo bille rouge… et qui tenait un stylo noir quand on l’a retrouvé… »

Le métis se tourna de nouveau vers Willow, posant une autre question : « Où est passé le stylo rouge ? »  

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Sujet: Re: Cold trailVen 29 Avr - 0:00

Combien de fois elle s'était demandé ce que voulaient dire ces mots. Elle les avait tournés et retournés dans sa tête, les avait elle-même couchés sur le papier, essayant d'imaginer John faire la même chose, le mystérieux Poète l'y ayant forcé d'une manière ou d'une autre, tentant de visualiser l'expression de son visage, d'horreur ou de défiance? Elle avait imaginé sa main trembler, celle qu'il laissait courir dans ses cheveux, celle qu'elle avait tenu dans la sienne. Elle s'était tenue dans la position où elle l'avait trouvé, écrivant avec ou sans stylo, traçant parfois simplement les mots dans l'air, tentant de leur donner un sens, une signification quelconque. Je suis le crayon qui crisse, et qu'elle déchirait la feuille ou l'inondait de larmes. Alors elle essayait de voir ce qu'il avait vu, à travers ses yeux morts, elle essayait, allongée seule dans son lit, d'être lui, quelques instants, mourante et confuse et terrifiée et perdue et tellement, tellement seule. Est-ce que ça avait été ainsi pour lui? Est-ce qu'il s'était dit, en traçant les mots mortels, que s'ils ne s'étaient pas disputés, il n'en serait pas là? Est-ce qu'il lui en avait voulu? Des milliers de questions qui n'engendraient rien d'autre que des pleurs et plus de douleur, jamais de réponse. Elle s'était brûlé les yeux à regarder les deux phrases pendant des heures, les réécrivant, les décomposant jusqu'à ce qu'elles perdent tout leur sens, pas qu'elles n'en aient jamais eu un. Comment avait-elle pu porter aussi peu d'attention au stylo lui-même? Ca avait bien dû lui traverser l'esprit, parce que l'image lui revint en tête lorsqu'elle mentionna le critérium, comme marquée au fer sur sa rétine. Le cadavre et le stylo. Fugace, éphémère, et elle avait déjà oublié, écoutant Jesse avec attention.

De plus en plus, elle parvenait à considérer l'affaire dans son ensemble, et pas simplement en tant qu'attaque personnelle qui n'aurait fait défaut qu'à elle. Enfermée dans sa rage et son mal-être pendant tout ce temps, le Poète avait été presque uniquement son ennemi. Quelques années plus tôt, elle aurait probablement réagi négativement à la simple mention de jeu et de chasse au trésor. Miracle parmi les miracles, Willow commençait peut-être enfin à mûrir. Quoi qu'il en soit, elle parvenait à garder la tête froide et à suivre Jesse dans ses raisonnements sans s'offusquer ou se braquer. Pas qu'elle ait quoi que ce soit à apporter, elle ne voyait pas encore où il voulait en venir. Alors elle se contentait de hocher la tête aux bons endroits. La battue avait été une belle perte de temps et d'énergie, c'était certain. Chacun trouvant midi à sa porte et ses propres indices et leurres, comme une course d'orientation, et ils avaient tous couru dans tous les sens sans apercevoir la pauvre Mary Wilson qui n'avait même pas eu la chance d'être déjà morte. L'assassin les avait fait tourner en rond tout autour de la victime. Si c'était une chasse, les rôles étaient confus. Qui chassait vraiment qui?

La question finale de Jesse lui fit l'effet d'un piège qui se serait refermé sur elle. Pas simplement une trappe qui claque derrière soi, mais plutôt les crocs d'un piège à ours plantés dans le mollet. Un instant, elle eut l'impression qu'elle l'avait tué après tout, et que cette histoire de stylo était la dernière pièce du puzzle visant à faire tomber son empire de poussière et de sang. Ou plutôt, elle avait l'impression d'être un animal en face des phares d'une voiture lancée à pleine vitesse dans sa direction. Pas le temps d'esquiver, même pas le temps d'y penser, qu'elle serait déjà balayée. C'était d'autant plus stupide que Jesse devait bien savoir qu'elle n'avait pas la réponse et qu'elle n'avait rien à se reprocher dans cette histoire. Mais l'esprit suivait son propre chemin et, dans toute son intelligence, manquait parfois cruellement de logique. Le cadavre et le stylo. Qu'est-ce qu'elle en avait eu à foutre de savoir où était ce foutu stylo rouge, hein? Bien sûr, tout était différent maintenant.

«Donc on cherche... quoi?» Willow n'avait pas honte de l'avouer, elle avait rapidement détourné le regard pour se concentrer sur l'écran du téléviseur avant de regarder les dossiers à nouveau. «D'autres indices qu'il aurait laissés ou plutôt des informations sur d'où peut bien venir ce critérium ou... où est passé le stylo?» Elle n'avait jamais été particulièrement brillante, c'était un fait. Jamais très douée à l'école, jamais très convaincue qu'elle allait dans la bonne direction en s'engageant dans des études, jamais très à l'aise assise dans une boîte huit heures par jour à écouter quelqu'un d'autre parler, jamais très inspirée pour les dissertations et autres examens. Mais à présent, assise dans cette petite pièce avec l'officier, on pouvait au moins dire qu'elle faisait l'effort de réfléchir. «Tu penses qu'il l'a pas juste jeté?» Mais évidemment, elle ne pensait plus qu'à ce stylo. «Et si c'est un jeu pour lui, alors l'assassin n'aurait pas d'intérêt à le garder en, en trophée ou autre.» C'était presque plus difficile à dire dans sa tête. «Il y en a qui font ça, non?» Ou alors elle regardait trop de séries télévisées, c'était possible aussi. A nouveau, elle parcourait les dossiers des yeux sans trop savoir ce qu'elle cherchait. Combien d'entre eux avaient fait la même chose, espérant que la solution apparaîtrait en grosses lettres sur l'une des pages? Elle s'arrêta finalement, les yeux fixés sur un énième dossier sans réponse. «Ce qui veut dire...» Elle n'avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait bien vouloir dire, et elle n'avait pas encore les capacités de se mettre à la place d'un taré pareil qui s'amusait à tresser des liens invisibles avec des stylos billes et des critérium comme si c'était ce qui se faisait de mieux dans le monde de l'écriture et de la symbolique. «Qu'il veut qu'on le retrouve, peut-être.» Elle se ferait un plaisir de lui enfoncer dans l’œil, quand ils les trouveraient, stylo et psychopathe. «Qu'il nous l'a laissé quelque part?» S'ils les trouvaient. Elle referma le dossier qu'elle avait ouvert pour fixer son regard sur Jesse. «C'est ça que tu veux dire? C'est à ça que tu penses?»
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Sujet: Re: Cold trailDim 15 Mai - 16:33

Pour la première fois depuis le début de l'affaire, Jesse avait l'impression de voir correctement. Le malaise sous jacent et la panique soudaine que lui inspiraient toujours le Poète étaient presque sous contrôle. Presque. Mais néanmoins, il respirait, le sang affluait tranquillement vers son cerveau et les connexions se faisaient peu à peu. Le métis ne s'était jamais considéré comme particulièrement intelligent ou de perspicace, il vivait sa vie et se laissait dicter par son instinct, par ses tripes. Jesse était avant tout un homme d'action, qui jugeait les gens en fonction de leurs actes plus que leurs mots. C'était la vie qui lui avait appris à devenir ainsi, à ne pas se laisser démonter par chacune des insultes ou des piques qu'on pouvait lancer dans sa direction, mais plutôt de porter son regard bleuté sur la façon dont les gens se mouvaient. Et chaque corps qui tombait et qui était découvert par la police était donc une entaille de plus dans... sa foi dans l'humanité toute entière ? Probablement. C'était peut-être un peu excessif mais Jesse ne faisait guère dans la demi-mesure, il était capable de comprendre les erreurs de beaucoup, pardonner les fautes et surtout les siennes mais... que penser de quelqu'un capable de s'introduire chez les gens, pour tuer de sang froid, pour effacer toute trace, déplacer les corps alors que l'odeur et sûrement la présence de la mort était encore là, dans la pièce ? Tout ça pour quoi ? Pour son propre plaisir malsain.

Ce n'était pas des pensées dans lesquelles il avait particulièrement envie de se plonger, et pourtant, il en était là, avec de l'eau jusqu'aux chevilles, s'efforçant de ne pas baisser la tête ou remarquer la forte odeur de fer, pour ne pas se rendre compte que ce n'était pas que de l'eau qui recouvrait son uniforme de policier, mais quelque chose de bien différent. Ou alors, il en était là parce que dans le fond, lui aussi était complètement fou, à tourner et retourner les mêmes noms dans sa tête en boucle.  La voix de Willow le ramena presque à la réalité, les deux pieds bien ancrés dans le commissariat. Son esprit dériva un court instant sur Adam qu'il allait retrouver dans quelques heures, son sourire, ses cheveux blonds qui allaient caresser la peau de Jesse nue quand ils seraient dans leur lit. Rien que ça, c'était suffisant, c'était une raison supplémentaire d'espérer et de respirer. La première question de la brune était justifiée et Jesse haussa les épaules. Peut-être qu'il avait un peu trop tiré sa théorie par les cheveux. Mais l'élève continua son raisonnement et ses question avant de se tourner une dernière fois vers Jesse. "C'est exactement ce que je pense Willow." finit par répondre le métis. "Je pense que nous avons tous les éléments depuis le début, ils sont juste perdus au milieu de pleins d'autres informations inutiles comme si..." C'était un jeu en fait, se dit Jesse la seconde d'après. Un énorme jeu, ça ne devait être que ça pour le meurtrier, un jeu de piste. Et dans ce genre de chasse au trésor en quelques sortes, il fallait toujours laisser la possibilité de trouver la solution, d'avoir la bonne piste, mais cachée au milieu d'erreur trop grosses pour ne pas être loupées et d'autres plus subtiles que l'on pouvait aisément confondre avec la vérité.

"Comme si le tueur voulait nous pousser à fouiller." Il insista volontairement sur le dernier mot, son regard sur le petit écran. Les forcer à ouvrir les yeux et voir, voir là où il se trouvait, là où il se terrait. Et si... si avec un peu de jugeote et de réflexion, ils étaient en mesure de savoir où et quand allait avoir lieu le prochain meurtre ? "Imagine que le tueur est tout mélangé, je veux dire... on sait qu'il est très intelligent, et comme ça, on a aucun moyen de suivre ses mouvements. Ou d'avoir des vraies preuves, vu que potentiellement, tout le monde les aura contaminées." Les meurtriers faisaient toujours des erreurs, voilà ce qu'on leur apprenait pendant leurs études et ce que Willow devait souvent lire dans ses livres. Celui-là était d'un genre nouveau et il semblait avoir considéré cette option. Il avait une longue avance sur eux, trois ans pour être plus précis. "Il faut qu'on reprenne tout depuis le début." conclut tout simplement Jesse. Ses doigts fouillièrent frénétiquement dans les dossiers de tous les victimes pour revenir à celui de Ruth Williams, la première victime présumée. Il ne termina pas son geste cependant, il venait de jeter un coup d'oeil à son téléphone portable pour voir l'heure, puis enfin vers le visage de Willow. Un sentiment de culpabilité l'envahit, il ne voulait pas vraiment lui en demander plus, elle avait sûrement perdu plus que lui avec toute cette affaire et encore plus en rejoignant les rangs de la police."Enfin... ça c'est si tu veux bien m'aider, rien ne t'oblige à te lancer dans tout ça avec moi."

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Sujet: Re: Cold trailDim 22 Mai - 23:43

Willow n'avait jamais fait partie de rien. Depuis que son ballon avait conduit sa mère à la mort, le crâne contre le pare-brise, elle avait à peine fait partie de sa propre famille. Des années durant, l’œil de son père avait souvent glissé sur son visage sans trouver la force de s'y arrêter, et elle, dans sa quête d'affection, de se heurter aux murailles que son amusement avait construites. Aux remparts que son père avait érigés sans vraiment le vouloir, incapable de trouver en lui la force de la pardonner, sans pour autant pouvoir s'avouer qu'il la tenait responsable. Sans doute qu'ils en avaient tous les deux souffert, privés de communication et du lien qu'ils croyaient indestructible entre eux. Il aurait cependant été faux et injuste de dire qu'elle avait tout de suite compris qu'il ne lui pardonnerait jamais, faux de dire qu'elle n'avait pas dépensé tous ses efforts pour qu'il la regarde avec amour à nouveau, alors qu'il n'avait eu qu'à se barricader derrière de la froideur et des regards fuyants, reportant toute son attention sur son petit frère. Puis elle avait trouvé John, au détour qu'un cours inintéressant ou d'un autre, et elle avait cru faire partie de quelque chose. Cru qu'elle avait trouvé sa place, à ses côtés. Pendant un moment, l'illusion était parfaite. Et puis celui que l'on ne surnommait pas encore le Poète avait frappé, l'arrachant à son tout, la laissant, si jeune, déjà ivre de désespoir et de solitude. Elle en avait oublié les disputes, elle en avait oublié qu'envers et contre tout, son petit-ami avait décidé de mettre les voiles. Elle avait beau se rassurer en se disant qu'elle avait finalement décidé de le suivre, elle n'aurait probablement été qu'un poids qu'il aurait traîné derrière lui, parce qu'elle s'accrochait à lui de toutes ses forces. Ca n'était pas un tout, il y avait John, et une gamine apeurée qui s'épanouissait dans son ombre, qui avait entamé des études parce qu'il allait le faire, qui allait partir parce qu'il allait le faire. Qui savait, si elle l'avait trouvé vivant, s'il l'aurait laissée le suivre, s'il n'avait pas décidé que quoi qu'il arrive, il partirait seul. Avec le recul, elle voyait les fissures et les taches dans ce qu'elle avait cru être la perfection.

Quand les yeux de son père avaient finalement trouvé les siens à nouveau, le corps sans vie de John Doyle emporté dans un sac noir, elle avait vu dans son regard l'accusation. Son innocence importait peu, c'était, d'une manière ou d'une autre, de sa faute. A travers ses propres larmes, elle avait lu elle en a tué un autre dans l’œil de son père. Il ne l'avait évidemment pas formulé, il n'avait rien d'un monstre, mais il n'avait pas pu s'empêcher de le penser. Là, et seulement là, avait-elle compris qu'elle n'aurait de son père que son nom, et que c'était peut-être mieux de simplement arrêter de chercher. Peut-être, d'une certaine façon, elle les avait tués, et que c'était ce qui arrivait à ceux qui lui faisaient une place à leurs côtés. Mais, trois ans plus tard, si le souvenir de John lui laissait toujours une douleur brûlante au fond du ventre, elle avait enfin trouvé sa place. Dans son exil et sa perte, elle avait trouvé Peter, Michaela, et elle avait trouvé Adam et grâce à lui, Jesse. Sans eux, elle serait peut-être toujours en train de haïr le vent, le monde, simplement parce qu'il avait continué de tourner sans elle. Sans Jesse, elle ne serait pas assise là, dans les rangs de la police, à s'acharner malgré les difficultés, à s'efforcer de changer. Mais, au final, c'était la perspective d'attraper le Poète qui lui avait fait sauter le pas, et qui la faisait tenir. Et voilà qu'elle était là, même pas encore diplômée, assise dans une pièce avec les dossiers de l'affaire, ne serait-ce que pour un soir.

Jesse semblait trouver l'idée qu'ils avaient tous les éléments bien plus réjouissante qu'elle. Elle, elle ne voyait pas exactement la nouvelle possibilité, elle voyait surtout toutes les opportunités ratées. Elle voyait que s'ils avaient tout, et qu'ils n'avaient rien trouvé, leurs chances de trouver maintenant n'étaient pas accrues, et que cela témoignait de leur incapacité. La brune avait malgré tout appris à ne pas formuler de telles accusations, et l'idée de reprendre tout depuis le début était aussi sensée qu'une autre, vu le manque de progression de l'enquête et les échecs cuisants qu'ils essuyaient à chaque confrontation avec le Poète. Ainsi ils pourraient s'imprégner de l'enquête, avoir une vue d'ensemble, sentir le sang des cadavres encore chaud sur leurs doigts, et, qui sait, peut-être trouver enfin toutes les pièces du puzzle. Elle ne répondit pas et se contenta de se mettre à chercher les premiers dossiers à son tour. La voix de Jesse l'arrêta dans sa fouille, et elle se tourna vers lui, un dossier entrouvert entre les doigts. Faire partie de ça, c'était tout ce pourquoi elle avait rejoint les forces de l'ordre, là où elle aurait pu se résigner et travailler dans un supermarché ou un autre en attendant que le temps fasse son oeuvre, attendant misérablement que l'ennui et l'alcool finissent par avoir raison d'elle. C'était plus d'importance qu'on ne lui en donnerait avant longtemps, des années probablement, et ils trouveraient sans doute à dire qu'elle était trop impliquée pour avoir un raisonnement objectif et un comportement convenable. C'était pour ça qu'elle était là.

Elle considéra son collègue pendant quelques secondes, analysant la question. Bien sûr, il allait lui falloir revivre des moments terriblement douloureux, revoir des images qu'elle aurait préféré oublier à jamais. Elle le savait très bien, mais si elle avait été capable d'oublier, d'accepter et de baisser les yeux, elle n'aurait pas choisi ce chemin. Elle avait aussi la possibilité de simplement continuer sa formation, puis son travail, en regardant les autres chasser celui qu'elle avait maudit si longtemps. De se dire constamment qu'elle avait laissé passer l'opportunité de faire ce qu'elle voulait faire depuis que John était mort: Mettre un visage et un nom sur le Poète, et son corps au fond d'une boîte. «Si tu veux bien de moi,»  avait-elle simplement répondu. S'y lancer, c'était également accepter d'y consacrer beaucoup de son temps, c'était ne pas tourner la page. «Dis-moi juste ce que tu veux que je fasse.» De toute façon, elle aurait eu du mal à faire demi-tour maintenant.

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Sujet: Re: Cold trailLun 30 Mai - 22:30

"Willow...." Peut-être que quelque part, il existait une autre ville nommée Fairhope. Une Fairhope qui n'avait pas été secouée par le malheur, par les corps décharnés, par la peine et par toutes les tragédies qu'on voyait bien trop souvent dans les séries télévisées du petit écran. Peut-être qu'ailleurs, quelque part, Jesse était rentré chez lui depuis longtemps, qu'il élaborait quelques plans pour le week-end avec Adam blotti contre lui, le blond riant aux éclats, insouciant et sans absolument aucune raison de s'inquiéter. Willow était encore à la fac, probablement en train d'envoyer des sms à John pour trouver un bon moyen de ne pas stresser avant ses examens. Tous les deux devaient être loin du commissariat de police dans cette vie-là, loin des vieux dossiers pleins de poussière... et si ce n'était que les dossiers couverts de poussière, il devait y également avoir leurs coeurs à eux, fatigués, vieillis avant leur âge, avant leur temps et avant leur heure. Ce n'était pas le genre de vie dont on rêvait et la question de Jesse qui était presque suspendue dans l'air était là pour une bonne raison.

Pour que Willow fasse demi-tour, quitte la station de police et essaye d'avoir un semblant de vie normale, qu'elle tente d'effacer l'empreinte que ce psychopathe, ce taré, avait laissé dans sa vie... était-ce seulement possible ? Si ça l'était, il aurait probablement fallu remonter la course du temps et combattre cet ennemi malicieux au possible, c'était bien entendu une chose qu'ils ne pouvaient pas faire, alors Jesse lui proposait une issue de secours maintenant. Elle pouvait encore reculer, retourner retrouver Howell, même si ça aussi c'était quelque chose que Jesse ne comprenait une fois encore pas, et essayer de se faire plus discrète et tout oublier. Mais, Jesse était loin d'être stupide, à force de côtoyer la jeune femme à la station de police il commençait à la connaitre et il savait très bien qu'elle n'allait pas reculer et repartir maintenant. Elle aurait pu le faire dès qu'il avait posé la première question ou dès qu'il lui avait montré les cassettes qu'il regardait en boucle depuis quelques instants maintenant. Ses yeux bleus étaient donc ancrés dans ceux de Willow et Jesse eut un maigre sourire face à sa réponse.  "Je n'aurais pas pu rêver meilleure partenaire." dit tout simplement Jesse, sincère. Le compliment était réel, ce n'était pas pour rien qu'il avait accepté de s'occuper de la future policière au sein du commissariat, rare était ceux qui acceptait de former "les petits jeunes" comme ils aimaient bien les appeler.

Jesse n'avait pas oublié le sentiment d'impuissance complète et totale qui l'avait habité quand il avait mis les pieds au commissariat, portant son uniforme pour la première fois. Peu importe les gens autour, peu importe les heures de cours et l’entrainement, il avait été content quand le visage souriant de Luke Dowen s’était penché sur lui et sur Denis et qu’il leur avait fait faire un tour complet du commissariat. Trop de personnes oubliaient de là où elles venaient, Jesse ne pouvait pas le faire, ses racines, son coeur, ses déceptions et tous ses espoirs étaient à Fairhope. Il ne pouvait pas juste toute effacer d’un claquement de doigt t se refaçonner un nouveau coeur, ça n fonctionnait pas vraiment comme ça.  "And I mean it." insista Jesse, il ne voulait pas vraiment qu’elle croie qu'il ne pensait pas ce qu’il disait bien au contraire. Jesse finit par poser sa main droite sur une de celle de Willow et il la serra, peut-être pour lui dire merci, peut-être pour rassurer la jeune élève et saluer son courage en même temps. C'était tout cela à la fois, c’était certain et au lieu d’étaler davantage les dossiers devant Willow, Jesse préféra les ranger dans la pile qu’ils formaient il y a quelques heures auparavant. "Pour le moment rien, on va rentrer chez nous et profiter d'une bonne nuit de sommeil." Ils avaient besoin de prendre du recul et de respirer un grand coup pour ne pas tourner en rond et se perdre sur la piste du Poète, c’était certain. "Et on va tout reprendre depuis le début. Toi et moi."

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