AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 You just need to learn how to have fun

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

Invité


 Invité


Sujet: You just need to learn how to have funMer 24 Fév - 1:19


Sandro

Sandro adorait venir chez Michaela. C'était le bazar, certes, mais son propre appartement n'était pas mieux. Il avait manqué de se casser la figure au moins vingt mille fois en marchant sur un jouet et ses orteils le faisaient souffrir à force de rencontrer les Legos qui jonchaient le sol, certes, mais c'était la preuve que Louise était là. En fait, entrer dans l'appartement de la jeune femme lui rappelait simplement tout un tas de souvenir de son enfance. De son enfance avec ses pères en tout cas. Il ne pouvait pas dire qu'il se souvenait de beaucoup des moments passés avec sa mère ; ils étaient peu nombreux et il était un peu jeune pour s'en souvenir correctement. Toujours est-il que ses parents avaient été géniaux, et Sandro trouvait que son amie l'était tout autant. S'occupée d'une petite fille, à un si jeune âge... Parfois, il oubliait qu'elle était plus jeune que lui tant elle lui paraissait responsable et mature. Il n'y avait qu'à voir la fille pour deviner que la mère était quelqu'un de formidable, le tatoueur l'avait remarqué au premier coup d’œil. Louise était un amour, il avait fallu moins de cinq secondes pour que le jeune homme en fût totalement gaga, puis la puce avait adopté Muffin et Sandro avait cru mourir tellement l'enfant avait l'air adorable avec la petite chienne dans ses bras. Il avait également toujours trouvé étrange qu'elle n'eût pas peur de lui. Avec tous ses tatouages, il avait plutôt tendance à faire fuir les enfants — et les adultes aussi d'ailleurs, à croire qu'il avait vraiment une tête de délinquant... —, mais Louise faisait exception à la règle. En fait, les nombreuses lettres et symboles sur sa peau semblaient plutôt la fasciner. Il avait beaucoup rit quand elle lui avait dessiné un soleil sur la joue au feutre jaune et plaisanté avec Micha sur le fait que sa fille était une tatoueuse en devenir ; il avait beaucoup moins rit quand après une douche et de longues minutes de frottements intensifs, sa joue était devenue rouge, sans pour autant abandonner sa jolie couleur jaune. Depuis, il avait appris à se tenir éloignée d'une Louise inspirée.

La petite était également une chipie. Elle avait, un soir, décidé de kidnapper Muffin, et Sandro avait fini par passer toute la soirée chez les Kepner. Ils avaient commandé des pizzas, lancé le DVD de Frozen que, Sandro en était sûr, Louise avait déjà vu une centaine de fois au moins et plaisanté à propos de tout et de rien. C'était presque devenu un rituel finalement, Louise ayant compris que le brun ne pouvait pas résister à ses beaux yeux et sa bouille d'ange. Résultat, chaque fois qu'il demandait à Micha si elle pouvait lui garder la petite boule de poils noire qui le suivait partout, il demandait également s'il devait amener quoi que ce fût, sachant pertinemment que sa fille allait encore lui faire les yeux doux pour qu'il restât.
Sandro était donc arrivé pour, officiellement, récupérer Muffin avec des pizzas dans les bras, puisque c'était son tour de régaler tout le monde. Ils avaient mangé comme à leur habitude devant un film, et Sandro songea que ces moments allaient lui manquer une fois chez Adam. Pour le moment, Micha et lui étaient pratiquement voisins, mais une fois qu'il vivrait à Fly Creek, les choses risqueraient de changer un peu. Bien sûr, il ne renoncerait probablement pas à ces petites soirées tranquilles avec la jeune maman et sa fille, mais peut-être qu'elles auraient lieu moins souvent. Il profita donc à cent pourcent de cette soirée et quand il fut l'heure pour Louise de se coucher, il en fut presque triste. Mais il lui souhaita bonne nuit et laissa Michaela la coucher. Ce fut quand elle revint qu'il se rendit compte que Muffin avait disparu. Techniquement, la petite chien était dans l'appartement, il n'avait donc pas à s'inquiéter, mais elle était encore jeune et il n'avait pas forcément envie qu'elle fît ses dents partout chez Micha. Il finit par la trouver dans la chambre de Louise, roulée en boule au pied du lit de la petite. Bon... Il n'était pas parti lui... Au moins, elle n'était pas montée sur le lit.
« Soooo... I was about to go but my dog is sleeping with your daughter. Can I stay here a little more ? »
En réalité, c'était une question sans vraiment en être une. Il l'avait prononcée comme une supplication, sur le ton de la plaisanterie, mais en même temps, il n'avait pas envie de la déranger. Sandro ne doutait pas une seconde qu'elle devait être épuisée. S'occuper d'un enfant en bas âge, seule, de surplus, n'était certainement pas une mince affaire. Il lui laissait donc une occasion de lui dire qu'elle était fatiguée et qu'elle préfèrerait qu'il s'en allât, la jeune femme savait qu'il ne le prendrait pas mal.
Revenir en haut Aller en bas

bad blood - fonda & admin

avatar

◆ Manuscrits : 290
◆ Arrivé(e) le : 05/09/2015
◆ Âge : 19 ans
◆ Métier : Employée de cinéma, youtubeuse & maman
◆ Points : 490
◆ DC : Toto, Adam, Pete & Tutur
◆ Avatar : Sophie Turner


Sujet: Re: You just need to learn how to have funMar 15 Mar - 23:44

La rouquine s’efforçait de faire en sorte que l’appartement soit toujours rangé. Oui, aussi fou que cela puisse paraître, elle mettait un point d’honneur à ce que tout soit bien en place, même en cas de visite surprise. Tous les soirs, une fois sa fille couchée, elle s’accroupissait dans le salon pour ramasser le moindre jouet, toutes les peluches et autres gadgets en tout genre qui jonchaient le sol et qui manqueraient de la faire valdinguer à l’autre bout de la pièce si toutefois elle avait le malheur de trébucher sur le premier bout de plastique venu. Et puis c’était une question de fierté, elle qu’on jugeait sans cesse pour son jeune âge et son célibat se devait d’être exemplaire sur tous les autres fronts, là où elle pouvait encore exceller. Qu’on la pointe du doigt parce qu’elle était seule et à peine entrée dans l’âge adulte était deux choses qu’elle ne pouvait certainement pas nier et contre lesquelles elle ne pouvait strictement rien ; mais tout le reste ? Elle pouvait gérer. C’était même son devoir de montrer et de prouver au monde qu’elle était capable d’élever sa fille, parce qu’elle l’avait voulue, qu’elle l’avait désirée, et qu’elle refusait de laisser croire le contraire. Alors elle trimait, comme toutes les mères célibataires à travers ce foutu monde, à quatre pattes sur le plancher pour aller récupérer une tête de Lego sous la table basse. Elle trimait aussi chaque matin au moment de coiffer sa fille dont les longs cheveux roux s’emmêlaient autant que les siens, en prenant soin de ne pas lui faire mal. Elle s’arrangeait pour que les habits de la petite ne paraissent pas froissés comparés à ceux de ses camarades de crèche, en attendant que septembre arrive et qu’on veuille bien la laisser rejoindre les bancs de l’école maternelle de Fairhope. Cela allait donc sans dire, être mère était un combat de chaque instant, et surtout lorsqu’elles avaient de la visite. Ami proche ou vague connaissance, le résultat était le même. Il fallait être parfaite.

Jusqu’à ce que la porte de la chambre de Louise ne soit refermée, que l’estomac de Micha soit plein à craquer - elle hésitait très franchement à ouvrir le bouton de son pantalon tant elle avait l’impression que son abdomen allait bientôt exploser à cause de toute la pizza qu’elle avait ingérer ce soir-là - et que Sandro ne revienne pour annoncer que Muffin dormait paisiblement dans la chambre de l’enfant. Le sourire de la jeune femme s’élargit. Évidemment, songea-t-elle ; si Louise ne l’avait pas kidnappé, voilà qui aurait été véritablement étonnant. La mère semblait fascinée par le caractère de sa fille ainsi que par ses manies, et elle se demandait si Louise tenait vraiment d’elle ou plutôt de son père biologique qui devait vivre paisiblement à l’autre bout de la planète sans même se soucier d’elles. Parfois, Micha se demandait si Andrew lui manquait vraiment ou s’il s’agissait simplement d’une illusion, d’un sentiment de mélancolie absurde provoqué par sa solitude et rien d’autre. Peut-être que s’il était resté, elle n’aurait pas pu supporter son regard en vieillissant, ni sa façon de parler à leur fille, sa vision du monde, l’éducation qu’il aurait souhaité transmettre à Louise. Peut-être que s’il était resté, l’enfant n’aurait pas été la même, plus sage, plus introvertie, plus tranquille. Moins elle, moins Louise. Peut-être que ce n’était pas plus mal dans le fond, et Micha pouvait se rassurer et respirer à nouveau, sans craindre que son coeur ne s’emballe en songeant à ce que sa vie aurait pu être si toutefois les choses s’étaient déroulées différemment. Elle n’y pouvait plus rien à présent, et tout ce dont elle pouvait s’assurer, c’était de savoir si elle avait elle-même grandi avec ce caractère de cochon. Jonathan avait sans doute la réponse à cette question, et il s’en souvenait certainement mieux qu’elle. Voilà, Micha avait au moins réussi à trouver un prétexte pour rendre visite à son ami, maintenant qu’ils avaient à moitié brisé la glace lors d’un dîner chez Peter.

Un peu perdue dans ses pensées quand Sandro ressurgit enfin, elle sursauta presque en le voyant à nouveau débarquer, se ressaisissant aussitôt et se redressant, elle qui était jusqu’alors affalée sur le canapé du salon, sans se soucier du monde environnant. Son regard se posa sur le capharnaüm qui régnait, et la mère entreprit alors de ranger, comme à son habitude, regroupant chaque type de jouet dans la boite appropriée, relevant la tête seulement pour s’adresser à Sandro qui attendait une réponse digne de ce nom. Elle venait de refermer une caisse pleine de figurines d’animaux en plastique quand elle soupira, se tournant vers son ami, fatiguée par cette routine quotidienne. « You know what ? Tomorrow’s my day off. And I think we have something to celebrate. » Micha sourit, restant volontairement évasive et mystérieuse, se dirigeant alors vers le coin cuisine ouvert sur son salon, fouillant dans ses placards à la recherche de la seule et unique bouteille de vin qu’elle avait en sa possession. « Yes we do. » Hochant la tête, elle attendait de voir si Sandro allait réussir à assembler les pièces du puzzle par lui-même. « Rumor has it you’re moving in with Louise’s godmother. » Micha ne lui avait probablement jamais dit que Willow, sa future colocataire, était en effet la marraine de sa propre fille ; et Peter, le fameux journaliste détesté du reste de la ville, en était également devenu l’heureux parrain. « It’s a small town. », dit-elle pour expliquer le fait qu’elle soit déjà au courant de toute l’affaire, avant d’attraper deux verres à pieds. « So, are you in ? »

_________________

there's nothing i wouldn't give just to be by her side. there's nothing i wouldn't take just to keep her safe at night. she's perfectly amazing, amazingly perfect. she's my everything, my greatest strength.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t310-lullaby-of-birdland#4366

Invité


 Invité


Sujet: Re: You just need to learn how to have funMer 25 Mai - 16:37


Sandro

C'était toujours surprenant de voir à quel point l'appartement semblait changer une fois Louise endormie. C'était comme si tout se figeait, dans l'attente d'un nouvel éclat de rire qui n'arriverait jamais. Si Sandro n'avait pas conscience d'à quel point Micha était épuisée, il se serait certainement demandé si ce soudain silence n'était pas too much pour elle. Après tout, elle vivait en permanence dans les rires et les jeux, alors c'était probablement étrange de ne rien entendre à part le silence une fois le soir venu. Mais il devinait aisément que cela devait être un soulagement avant tout, un signe qu'enfin, on pouvait se reposer.
En la voyant, il ne pouvait s'empêcher de penser à sa mère. Micha était probablement beaucoup plus forte mentalement que Viola et parfois, il se demandait comment aurait été sa vie si sa mère n'était pas une droguée, si elle avait su comment s'occuper de son bébé. Il se demandait comment aurait été sa vie sa mère avait été comme son amie. Il ne s'amusait pas à comparer Viola à Michaela, parce qu'assurément, il en viendrait à détester sa mère, alors qu'il ne la connaissait même pas. Il ne voulait pas ça. À la place, il préférait se réjouir que Louise eût une maman comme Micha. Elle n'était peut-être pas la meilleure, mais elle donnait tout ce qu'elle pouvait — et même plus encore — pour le bien de sa fille. Personne n'aurait pu souhaiter plus pour ce petit bout de chou.

Michaela était épuisée, n'importe qui aurait pu en attester en la voyant complètement affalée dans son canapé. Sandro s'en voulut presque de lui avoir demandé s'il pouvait rester un peu plus longtemps. Après tout, récupérer Muffin n'avait rien de sorcier, il pouvait très bien la prendre sous son bras et rentrer. Puis elle se mit à ranger et vraiment, le tatoueur songea qu'être parent était un travail qui nécessitait beaucoup beaucoup beaucoup d'heures supplémentaires. Donc il s'agenouilla à ses côtés et se chargea de récupérer tout ce qui avait glissé sous les meubles, découvrant au passage que le canapé était un véritable trou noir à jouet. Tout y disparaissait, c'était incroyable. « We do? » Il releva la tête, toujours à plat ventre sur le sol pour essayer de récupérer dieu savait quoi sous ce foutu canapé. « Il faut vraiment que tu m'expliques comment tu fais pour ne pas être cassée. J'ai ramassé trois briques et demie à quatre pattes et j'ai déjà l'impression de mourir. Vingt-trois ans et déjà vieux, je ne veux pas me voir dans trente ans. » Il se retourna sur le dos dans un grognement d'agonie exagéré pour ne plus bouger et fermer les yeux. Il ne plaisantait même pas, il avait déjà mal au dos. C'était probablement à force de rester toujours dans la même position, penché en avant pour dessiner. Que ce fût au-dessus d'une feuille pour ses croquis ou au-dessus d'un corps pour ses œuvres, il n'adoptait certainement pas la bonne position pour atteindre les cinquante ans avec un dos en bonne santé. Peut-être que c'était génétique également, il ne savait pas. Ce n'était pas comme s'il pouvait demander à ses parents biologiques de toute façon. Il se souvenait à peine de sa mère, et personne ne savait qui était son père, peut-être même que Viola ne savait pas non plus.
Il finit par ouvrir un œil pour voir son amie sortir une bouteille. Ça, c'était inattendu. Il ne savait même pas que Micha buvait. « Okay, so what is it? Aux dernières nouvelles, ce n'est ni ton anniversaire, ni le mien. » Il se releva avec réticence — lui aussi avait trop mangé, et il devait avouer que rester allongé lui aurait bien plu —, une main dans son dos avant de s'étirer. « Je ne la connais même pas, tu sais. » Il n'exagérait pas le moins du monde. Il connaissait surtout Adam, mais il ne pouvait pas dire qu'il le connaissait aussi bien que Micha ou Jonathan pour autant. Quant aux deux autres, il avait déjà croisé Jesse à plusieurs reprises mais ne le connaissait pas plus que ça et la troisième — Willow, s'il se souvenait bien —, il ne l'avait jamais vu. Son prénom avait probablement été prononcé une fois par le barman, mais c'était tout. Maintenant qu'il y pensait, c'était assez inconscient d'emménager dans une maison pleine d'inconnus alors qu'un tueur en série rôdait. Mais Adam lui avait toujours paru être un homme de confiance, et Jesse était officier de police — et Luke l'adorait —, pas de quoi s'inquiéter donc. « Too small in my opinion... » Et bien sûr qu'il voulait parler des meurtres qui touchaient émotionnellement tout le monde, parce que chacun des habitants de Fairhope avait au moins croisé une fois l'une des victimes du Poète. « Of course I'm in! C'mon, we're talking about wine! » Sandro n'était pas un très grand fêtard, mais récemment, il avait découvert que boire un peu de temps en temps n'était vraiment pas mal. Et puis il savait apprécier les bonnes choses et d'après l'étiquette de la bouteille que tenait Micha, il pouvait dire que même si ce n'était pas un grand cru qui coûtait la peau des fesses, un bras et trois yeux et demi, c'était définitivement un bon vin.
Revenir en haut Aller en bas

bad blood - fonda & admin

avatar

◆ Manuscrits : 290
◆ Arrivé(e) le : 05/09/2015
◆ Âge : 19 ans
◆ Métier : Employée de cinéma, youtubeuse & maman
◆ Points : 490
◆ DC : Toto, Adam, Pete & Tutur
◆ Avatar : Sophie Turner


Sujet: Re: You just need to learn how to have funDim 26 Juin - 20:56

La rousse essayait vainement de se plonger dans ses souvenirs pour retrouver le dernier instant où elle avait laissé ses lèvres tremper dans la liqueur. Mais le problème avec l’alcool, c’était justement qu’on l’oubliait au moment même où il se manifestait, endormant les méninges et engourdissant la langue de tout un chacun, laissant le mal se répandre dans les veines de ses victimes afin de s’assurer qu’elles ne pourraient plus rien faire à part se resservir un verre, puis un autre, puis un suivant pour oublier celui qui précédait, puis un dernier. Ce genre de pessimisme n’avait pourtant pas sa place dans l’univers de Micha, il n’y avait plus sa place, pas même pour une malheureuse seconde. Elle s’inquiétait pour sa fille, elle se faisait un sang d’encre pour son avenir, pour leur avenir, pour tous ceux qu’elle aimait et qu’elle chérissait terriblement, mais jamais elle ne se laisserait aller à la boisson ou à une quelconque autre substance pour régler ses problèmes et calmer ses angoisses. Non, le bon vin, la bouteille qu’elle gardait précieusement depuis un bail, ce n’était pas fait pour être bu, c’était fait pour être partagé et dégusté. Certains s’accorderaient sûrement à dire que l’occasion n’était pas si exceptionnelle que cela dans le fond, et que ça ne valait pas le coup d’ouvrir ce cru relativement raisonnable pour son prix peu onéreux ; la rousse ne l’entendait tout simplement pas de cette oreille. Les meilleures occasions étaient bien celles du quotidien, celles qu’on ne prenait pas le temps d’apprécier, celles qui nous filaient parfois entre les doigts sans qu’on ait la chance de les saisir.

En voyant Sandro se débattre pour tenter d’aller extirper des jouets dissimulés sous le canapé, Micha ne pu s’empêcher de sourire, partant elle-même à la recherche du seul tire-bouchon qu’elle possédait, et qu’elle avait sans doute utilisé une ou deux fois, juste pour fêter sa pendaison de crémaillère et trinquer pour son dix-neuvième anniversaire loin de ses parents et de leur pavillon aux allures de prison. La rousse ne prit pas la peine d’expliquer au jeune homme la façon dont elle parvenait à joindre les deux bouts et à ne pas s’écrouler de fatigue ; déjà parce qu’ils avaient repris la parole chacun à leur tour et que la discussion battait son plat, mais aussi parce que la réponse paraissait tellement évidente à ses yeux qu’elle ne s’était pas embarrassée avec des explications particulièrement banales. Elle tenait par la force des choses, parce que c’était ainsi. Elle tenait parce qu'elle n'avait pas d'autre solution, parce qu’elle avait choisi de garder Louise et de l’accueillir dans sa vie, alors il n’était pas question de faire subir sa décision à sa fille. Il n’était pas envisageable que la petite puisse souffrir de la fatigue de sa mère, qu’elle soit grondée ou punie à tort et à travers juste pour que Micha obtienne un peu de repos et de répit. Avec le temps, Louise avait appris à sentir ces choses-là de toute façon, et l’amour allant dans les deux sens, il était déjà arrivé à l'enfant de remonter la couverture sur les épaules de sa mère endormie sur le canapé du salon, avant de s’armer de sa peluche préférée pour regagner sa chambre et son lit par ses propres moyens.

« Tu verras, ils valent le détour. Willow et les autres, je veux dire. » Elle entreprit d’enfoncer le tire-bouchon dans le liège après avoir séparé la bouteille de vin de son opercule. « Enfin, tu connais déjà Adam. Mais Willow n’est pas devenue la marraine de Louise par hasard, comme tu peux l'imaginer. » La spirale avançait, jusqu’à s’immobiliser finalement. « Tu verras sans doute Peter assez souvent aussi. C’est le parrain de Louise. Et accessoirement, le copain de Willow. Je ne sais même pas si le terme copain est approprié dans ce cas-là, à mon avis ils vont finir mariés, tu les verrais tous les deux… » La bouteille fut enfin ouverte. « Ça te dit peut-être quelque chose, non ? Peter est assez connu dans Fairhope. Pas franchement apprécié, pour ne pas dire que tout le monde le déteste, mais connu quand même… » Elle versa le vin blanc dans les deux verres posés l’un à côté de l’autre sur le bar de la cuisine, ce dernier donnant directement sur le minuscule salon où Sandro se tenait toujours. « Anyway, voilà pour toi. » Elle tendit un verre, un léger sourire adoucissant ses traits. « À la tienne ! »

_________________

there's nothing i wouldn't give just to be by her side. there's nothing i wouldn't take just to keep her safe at night. she's perfectly amazing, amazingly perfect. she's my everything, my greatest strength.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t310-lullaby-of-birdland#4366



 Contenu sponsorisé


Sujet: Re: You just need to learn how to have fun

Revenir en haut Aller en bas
 

You just need to learn how to have fun

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: in the den :: archives :: écrits inachevés-