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 Nine in the afternoon

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◆ Manuscrits : 261
◆ Arrivé(e) le : 01/02/2016
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Sujet: Nine in the afternoonJeu 25 Fév - 4:24

nine in the afternoon
looks like the end of history, it's just the end of the world



août 2015

Lorsqu'il ouvrit les yeux ce matin-là, la boule dans sa gorge était plus présente que d'ordinaire. Les coins de ses yeux, encore imprégnés de la fatigue de la veille, lui rappelaient avec douleur qu'il aurait dû regagner ses draps plus tôt au lieu de lutter. Contre quoi ? Contre qui ? Le sommeil. Simplement ça. Juste Morphée et ses berceuses, ses bras ou ses douces promesses. Ce dernier n'était pas payé à grand chose au final, quelques étreintes et le tour était joué ; sans doute pour cela qu'il fallait être bien sot pour tenter de lui résister, de lui échapper une poignée de minutes encore avant l'heure fatidique. Ceux qui n'avaient que ça à faire de leur temps n'avaient décidément pas à se plaindre. Il y avait des luttes plus nobles, des combats plus glorieux, des batailles plus dévastatrices que celles qu'on pouvait mener contre la lune et ses complices. Elliott Akerfeldt en était l'exemple vivant, la seule raison qui retenait son père de se plaindre tandis que ses paupières se séparaient difficilement, brûlantes, la commissure s'étant presque cicatrisée au cours des dernières heures d'inconscience. Arthur passa une main sur son visage, sa vision encore troublée par le réveil. Ou la vieillesse peut-être ? Non, ça il préférait encore le nier et faire comme si ce n'était pas en train de se produire. Il avait bien remarquer sa fâcheuse tendance à reculer ou rapprocher les dossiers de son nez pour essayer de déchiffrer certains caractères, mais cela ne l'alarmait toujours pas. Du moment qu'il pouvait lire ses mots croisés et les remplir en toute sérénité, ou qu'il ne rentrait pas dans les gens ou dans les murs (accident qui finirait forcément par arriver vue sa maladresse légendaire) il ne bronchait pas davantage et il n'y avait pas encore de quoi l'inquiéter. Et puis ce n'était rien, rien comparé à la boule qui lui occupait la gorge tous les matins.

Le colonel inspira profondément en se redressant, conscient qu'une fois encore, cette gêne ne pouvait être comparée à d'autres, plus douloureuses, plus puissantes encore. La même routine depuis des années, depuis qu'il était rentré avec son gamin dans les bras, ce petit bout de rien du tout sur lequel la terre avait décidé de se venger. Arthur était convaincu depuis des décennies que l'humanité toute entière avait contaminé la planète en débarquant et en détruisant ses prestigieuses richesses, en souillant la nature de son pied conquérant, en l'assassinant et en lui crachant à la figure. Toutes ces fourmis, cette vermine qui grouillait de par le monde était devenue le virus de la planète bleue, son seul fléau, sa gangrène, son cancer contre lequel il fallait riposter. Et tout était bon à prendre, pas vrai ? Les bambins à peine sortis du ventre de leurs mères, les gamins enfermés dans les hôpitaux, les femmes ayant eu l'audace d'essayer d'exister. Jusqu'à son fils, sa propre chair, son sang. Jusqu'aux poumons d’Elliott qui s’embrasaient, à vif, se consumant, menaçant de s'éteindre. Arthur baissa la tête. L'oxygène lui manquait à lui aussi, comme chaque matin. Comme à chaque réveil. Un coup d'œil à son téléphone portable. « Cette chaleur devient insupportable. Fais gaffe, il paraît que ça achève les petits vieux. :-* » Le colonel fut contraint de tourner son vieux téléphone dans tous les sens pour comprendre le message caché derrière la ponctuation aléatoire qui paraphait ce message. Elliott lui avait déjà expliqué qu'il s'agissait d’un smiley, mais comme à son habitude, Arthur ne parvenait pas à en discerner la subtilité. Il sourit néanmoins avant de répondre, demandant clairement des explications sur la signification de ces hiéroglyphes des temps modernes. Elliott était en vie. Elliott était encore en vie ce matin-là. Il pouvait respirer.

Le reste de la matinée fut semblable à un vertige, passant relativement trop vite entre les coups de fils incessants auxquels il s'efforçait de répondre lui aussi pour prêter main forte aux officiers, avant de regagner son bureau pour un rapide entretien avec un type dont il ne connaissait même pas le nom qui était en poste depuis trois mois et qui exigeait déjà une augmentation en raison de la charge de travail qu'ils avaient et du danger qu'ils encouraient à jouer au chat et à la souris avec un psychopathe connu à travers tout le pays. Arthur avait cru à une blague, se retenant de pouffer de rire dans son vieux fauteuil en cuir qu'il s'était offert après sa promotion de détective au sein de cette même brigade. Au fil des années, il n'avait fait que le trimballer d'un bureau à un autre en fonction des divers changements dans sa carrière, mais jamais il ne s'en était séparé. L'assise était maintenant branlante et le cuir était usé, râpé par certains endroits, presque arraché à d'autres. Bref, tout ça pour dire que les accoudoirs de son plus fidèle associé étaient soudainement devenus mille fois plus intéressants que ce crétin fini qui venait lui échauffer les oreilles avec ses histoires de fric pendant que le reste du monde était occupé à crever la gueule ouverte. Arthur s'octroya finalement une pause avant le déjeuner, profitant du calme qui régnait dans le commissariat quand tous les fonctionnaires abandonnaient leur poste afin d'aller se sustenter pour ressortir ses notes concernant l'affaire du Poète. Il y avait passé une bonne partie de la nuit et il avait la sensation d'être sur une bonne piste.

Quand il releva finalement la tête, il était treize heures et sept minutes très précises, et son estomac criait famine. Mais ce n'était qu'un détail, une futilité. « Mahoney ? Où est Mahoney à chaque fois qu'on a besoin de lui. Si c'est son jour de congé, je... » Oh, dans ce cas-là, Arthur ne se serait pas gêné et il aurait directement rejoint l'officier dans son appartement ou dans la demeure de son compagnon. « En patrouille près de la jetée mon colonel. Avec la foule qu'il y a ces temps-ci... J'imagine même pas l'enfer que ça doit être dans les voitures, faudrait vraiment penser à nous mettre la clim un de ces quatre. Vous pourriez pas faire ça, chef ? » Une autre requête de ce genre dans la journée, et cette fois c’était sûr, Arthur mettrait lui-même le feu au poste de police. Il ne répondit rien, ayant obtenu l’information dont il avait besoin, se précipitant vers son propre véhicule pour se rendre directement vers le premier site touristique de la ville. Le colonel se pointait les mains vides, pour une fois, oubliant de passer par la case ravitaillements avant de s’asseoir sur le siège passager du véhicule de fonction que l’officier Mahoney occupait. « J'ai besoin de vous, ça ne sera pas long. Mais je parie que je vais vous en mettre plein la vue, Mahoney. » Son discours pouvait prêter à confusion, surtout lorsqu’il se trouvait face à un homme dont il connaissait les préférences pour le même sexe. « Enfin, façon de parler, évidemment. » Arthur se dandina sur son fauteuil, excité comme une puce à l’idée de partager sa découverte. « Bon, je crois que j’ai une piste avec l’autre taré. Je crois qu’elle est pas mal. » Peut-être qu’il aurait du se rendre dans le bureau de son supérieur plutôt qu’ici... Et puis quoi encore ? Il en avait assez de passer pour l’illuminé de service et d’être considéré comme un vieux crouton ; Jesse aurait au moins la présence d'esprit de le remettre dans le droit chemin si besoin.

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Sujet: Re: Nine in the afternoonVen 4 Mar - 15:45

Jesse s'était réveillé avec un bras dans le vide.
Quelque chose d’assez anodin pour ne pas être remarqué pourtant, c’était la sensation de vide, de plonger vers quelque chose qui n’était pas au même niveau que lui qui l'avait réveillé. Pas les marmonnements quotidiens d’Adam dans son sommeil, pas même le fait que son réveil se soit manifesté trois fois non. Juste ce bras. Il avait ouvert les yeux pour se retrouver allongé sur le ventre, la bouche pâteuse et un bras dans le vide. Le métis ne se rappelait plus de son rêve, il aurait pourtant voulu, cela lui avait semblé important… sur le moment. Jesse était du matin, il avait toujours été du matin, pourtant il fallait bien une exception pour confirmer la règle et aujourd’hui, il avait dit non au jogging et s’était réveillé sous le jet d’eau de la salle de bain gigantesque d’Adam. Il avait préféré laisser le blond dormir, sans déposer un baiser sur son front, ne se faisant absolument pas confiance aujourd’hui. L’air était lourd, trop lourd et il avait la salle impression que tout lui pesait sur les épaules et que tout reposait sur lui, dans ses os. C’était une façon de voir les choses, une autre façon revenait à considérer le fait que Jesse était venu se coucher près de son petit-ami beaucoup plus tard que d’habitude.

I just need a minute, avait dit Jesse et bientôt, les minutes devant son ordinateur s’étaient transformées en heure et avant qu’il ne le réalise, il était déjà trois heures du matin. Jesse n’avait pas pensé au Poète, pour une fois, à peine planché sur le début de piste que Willow et lui avaient commencé à mettre sur pied, non, toute son attention avait été focalisée sur Adam et sur les besoins d’Adam. Il avait besoin de savoir comment est-ce que leur couple pouvait fonctionner et surtout comment il pouvait répondre aux moindres désirs de son petit-ami tout en ne paraissant pas ignorant. Fort heureusement, internet était une source d’informations… intarissable. Jesse savait qu’il pouvait demander ce genre de détails à Adam, lui demander la différence entre un type de collar et un autre, mais comme à chaque fois, Jesse avait besoin de faire les choses à sa manière. De se sentir un minimum en contrôle. Il avait toujours procédé ainsi, seul au début, et il était plus que déroutant de découvrir tout un monde qu’il ne connaissait pas.

La douche eut au moins l’effet positif de le réveiller et il enfila tout aussi rapidement son uniforme et renonça au café. Autant ne pas tout mélanger, le résultat aurait pu être des plus désastreux… n’est-ce pas ? À la surprise de Jesse, Denis l’attendait déjà devant la maison d’Adam et le métis fronça les sourcils en ouvrant la porte côté passager.
« … J’ai oublié quelque chose ? »
« Non mais vu que je ne te voyais pas arriver, je me suis dit que je pouvais venir te chercher. Pas besoin de passer au poste comme ça, surtout qu’on nous a assigné la jetée aujourd’hui. »
À ses mots, Jesse poussa un grognement, secondé par Denis et son haussement de sourcils, le blond démarrant déjà la voiture. Les deux policiers se mirent d’accord pour faire un arrêt plus que mérité à McDonalds avant d’emprunter le chemin de Beach Road. Jesse s’abstint de prendre du café encore une fois et opta pour du jus d’orange et à peu près tout ce qui contenait du bacon. « Je crois qu’on peut y aller. » marmonna le métis entre deux bouchés de son Mc-quelque chose, peu importe le nom de toute façon, le repas serait vite oublié.

Fairhope était une belle ville en été, le maire avait beau mettre l’accent sur les parterres de fleurs et leur belle université, les touristes ici n’avaient qu’une seule chose en tête : la mer. Ce qui était bien un cauchemar pour la police municipale, car qui disait vacances disait forcément enfant laissé sans surveillance, mauvais parking et quelques pickpockets audacieux. Et bien entendu, des heures passées dans une voiture avec une température trop élevée. Denis se gara rapidement et il tendit à Jesse sa paire de lunettes de soleil, signe qu’ils allaient être là pour longtemps. Leur métier consistait avant tout à effrayer les plus téméraires et aussi rassurer les autres. « Ça m’étonne de voir autant de monde je veux dire… » Denis n’avait pas besoin de finir sa phrase, Jesse savait de quoi il parlait, il y avait toujours un meurtrier en liberté, cela aurait pu freiner le tourisme et sérieusement affecter leur service mais… non. Les gens étaient là, soit, ce que Jesse répondit à l’autre officier, parce qu’ils voulaient avoir leur dose d’adrénaline en venant ici, soit parce qu’ils étaient de ceux qui préféraient ne pas se soucier de ce qui arrivait aux autres. Une conclusion partagée par les deux hommes. Les heures passèrent lentement, Jesse sortit se dégourdir les jambes et mettre quelques contraventions ça et là, heureux d’avoir trouvé quelque chose à faire. Il reprit sa place dans la voiture avec leur déjeuner du jour, qui fut tout aussi rapidement englouti. Ils parlèrent peu, Denis semblait avoir compris que Jesse était ailleurs et la radio fit la conversation pendant leur repas. Ce fut au tour de Denis de quitter le véhicule ensuite, il voulait faire mine de patrouiller sur le pont et d’identifier quelques comportements suspects. Le métis lui souhaita bonne chance, si comportement suspect il y avait, il doutait qu’il se trouve ici.

Jesse fut interrompu dans son train de pensées, qui concernait principalement Adam et le nombre de baisers qu’il allait déposer sur ses lèvres ce soir-là, par l’arrivée d’un visage familier. Jesse baissa le regard pour regarder Arthur par dessus ses lunettes, l’autre homme semblait avoir quelque chose de crucial à lui dire. « C’est une belle journée non ? »  répondit abruptement Jesse, parlant véritablement météo. Il réalise une seconde plus tard que son propos pouvait être mal interprété, il ne voulait pas se moquer d’Arthur non, il pensait vraiment que la journée était belle. Le métis était probablement un des seuls officiers de police qui ne voyait pas Arthur comme démodé ou hors jeu, même Denis haussait les épaules quand le colonel se retrouvait dans leur voiture de patrouille, le blond trop occupé à manger. « Je suis désolé j’ai un peu perdu la notion du temps, on me fait faire n’importe quoi ces temps-ci. » expliqua simplement Jesse. Peut-être que c’était la chaleur qui lui montait à la tête, ou simplement la vue. Depuis son pare-brise, il ne voyait que des visages heureux et le beau temps, difficile de se dire que quelqu’un voulait porter atteinte à tout cela. « Vous avez une piste, moi aussi… enfin je ne sais pas si on peut appeler ça une piste, bref… vu que vous nous avez ramené sur mon sujet préféré… vous d’abord colonel.»

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Sujet: Re: Nine in the afternoonMer 23 Mar - 19:01

La chaleur lui avait très certainement grillé les neurones. À moins que ce ne soit autre chose ? La faim sans doute. D’autant plus que la voiture de patrouille de Mahoney et son coéquipier dont Arthur perdait toujours le nom (pas par impolitesse, non, simplement à cause de sa mémoire qui commençait à lui jouer des tours tandis qu’il s’efforçait de se convaincre que cela n’avait aucun rapport avec son âge) refoulait le hamburger et la portion de frites on ne peut plus généreuse. Les narines du colonel furent donc gênées par ces effluves d’huile de friture dans un premier temps, plus étonné par le parfum qui embaumait la cabine en métal que par la réflexion de Jesse qui semblait tout aussi déboussolé que son aîné. Au final, cette absence cruelle de cohérence paraissait assez logique. Les forces de police passaient trop de temps enfermées entre quatre murs, à plancher sur une enquête qui ne manquait pas de les faire tourner en bourrique au point de les rendre chèvre. Ils étaient là, tous parqués les uns à côté des autres, à brouter la même pelouse en attendant de voir qui craquerait le premier. Arthur était d’ailleurs surpris de voir que le commissariat de police n’avait pas encore essuyé ses premiers suicides. En trois ans tout de même, il en connaissait un paquet qui se serait tiré une balle dans le crâne pour moins que ça, surtout après avoir découvert un corps puis un autre, puis un énième… À croire qu’ils étaient tous entassés, jetés dans un puits sans fond qui les recrachait à la surface de la planète dans un grondement répugnant, les entrailles de la terre vomissant ce qu’elle avait repris pour arracher des larmes aux familles, larmes qui nourrirait la boue et ainsi de suite. Arthur secoua la tête légèrement, visiblement perdu. Ça ne faisait aucun sens. Tout ce remue-ménage, ce brassage de méninges, toute cette agitation ne voulait rien dire. Ils étaient au pied du mur et il faudrait qu’ils finissent par se rendre à l’évidence.

Mais pas maintenant. Le vieux briscard avait encore plus d’un tour dans son sac et quand bien même on l’avait sagement rangé au fin fond d’un bureau poussiéreux et mal éclairé, il lui en faudrait davantage pour le détourner véritablement de son objectif. Arthur avait cruellement besoin d’une distraction, quelle qu’elle fut. Du moment que son cerveau pouvait se concentrer sur autre chose que la maladie de son fils, ses cellules nerveuses étaient relativement soulagées. Le colonel se rendait bien compte qu’il était horrible de se réjouir de la mort de concitoyens d’une manière ou d’une autre, mais que pouvait-il dire ? Il aurait donné sa vie pour celle d’Elliott, alors sans hésiter, il en aurait aussi donné des milliers d’autres. Arthur avait beau courir après du vent, il espérait secrètement qu’il ne cesse jamais de souffler afin de ne pas sombrer, afin de toujours pouvoir se focaliser sur d’autres victimes que celle qu’il avait élevé… Le colonel ne perdit pas une seconde de plus, s’éclaircissant la gorge, fourrant sa main dans les poches de son pantalon pour essayer d’y retrouver ses notes qu’il avait froissé et rangé quelque part sur lui, dans la précipitation. « Vous êtes tout excusé, croyez-moi je sais ce que c’est… », expira-t-il en fouillant à présent les poches arrières de son costume. « Et puisque vous m’y autorisez… » Dans un autre monde, le colonel était sans doute plus habile de ses dix doigts ; plus organisé aussi. Dans un autre univers, il se serait souvenu de l’endroit exact où il avait bien pu rangé ce fichu brouillon et il l’aurait sorti au moment idéal, dans un geste et un timing parfait, dignes des plus grands films Hollywoodiens. Au lieu de ça, il avait bien évidemment fallu que son coude cogne contre la portière du côté passager, que la douleur se propage de cette façon si particulière, presque électrique, un picotement profondément désagréable qui avait naturellement coupé Arthur dans son élan.

Prenant une grande inspiration pour calmer ses nerfs et ainsi aider son unité centrale à lancer une recherche dans tous les dossiers qu’elle avait en sa possession, le colonel finit par mettre la main sur son maudit chiffon sur lequel il avait effectivement laissé ses pensées vagabonder. « Bien, n’y allons pas par quatre chemins. Je me suis dit que si ce taré avec une histoire à raconter, ou un poème à écrire puisqu’on l’a surnommé ainsi, il devait forcément y avoir un lien entre toutes les phrases retrouvées sur les scènes de crime. Certaines fois plus évident que d’autres, j’en conviens, mais il doit y avoir un rapport logique quelque part sinon je n’y comprends définitivement plus rien. Par exemple, sur le bras d’une des victimes il était inscrit : « Je suis la braise incandescente ». Et qui est-ce qui meurt le mois suivant ? Luis Estrada, latino-américain. La braise, la chaleur, le Mexique… Je vois votre tête Mahoney, je la vois très bien et oui, oui c’est raciste, c’est totalement raciste, mais qui a dit que ce grand malade ne l’était pas ? Hein ? » Il baissa rapidement la tête vers son pense-bête avant de croiser le regard de l’officier à nouveau. « Ah, et cette jeune Ruby, parlons-en si vous voulez bien. Deux mois avant elle, une autre victime avait été découverte. Lila, je crois. « Je n’écris pas, je saigne. » Vous ne trouvez pas qu’il y a comme un léger rapport avec Ruby, muette, qui écrit sur une ardoise pour s’exprimer ? Qui elle-même a du écrire « Je crie », ce qui colle parfaitement au professeur de littérature qui la suivit, d’une certaine façon. Il devait forcément brailler sur ses élèves celui-ci… » Arthur s’autorisa enfin une inspiration plus que nécessaire. « Donc si vous me suivez jusqu’ici, on en arrive à la dernière phrase en date. « I am immortal. » À tous les coups, son prochain meurtre sera au cimetière. » Silence. « Alors ? Qu'est-ce que vous en dites ? » Le colonel fixa son interlocuteur, cherchant du soutien dans son regard, ou la moindre lueur qui lui permettrait d’en conclure qu’il ne s’égarait pas en chemin et qu’il était bel et bien sur la bonne voie. Sinon ? Il mettrait cela sur le compte de la chaleur ou de la faim, peu importait vraiment.

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Sujet: Re: Nine in the afternoonLun 11 Avr - 21:58

Jesse n'avait jamais imaginé sa vie ailleurs. Il n’avait jamais songé à s’établir loin de Fairhope et tenter de recommencer. Sa première excuse était son père évidemment, mais c’était plus une chaine qu’il s’était lui-même mis autour de la cheville qu’une véritable excuse. L’officier de police était certain que James ne verrait absolument aucune différence si son seul et unique fils était là ou non, question de bon sens. Les meurtres auraient pu le pousser à partir, à faire un carton pour ailleurs, demander à Adam de le suivre et juste … arrêter tout ça, arrêter de se voiler la face, de croire qu’on pouvait vivre normalement dans une telle atmosphère et avec une menace permanente au dessus de la tête. Peut-être que c’était le soleil ou les sourires des gens, ou juste celui d’Adam qui avait fini par avoir raison de Jesse, mais dans tous les cas il était encore là, comme aujourd’hui, dans cet uniforme qui lui collait à la peau.Il ne savait pas ce qu'il fichait encore là, ego mal placé, besoin de prouver quelque chose ? Non, le métis n’avait jamais été fait de ce bois-là, non… c’était juste qu’il y avait à faire, tout simplement, le brun était incapable de passer à autre chose quand il savait qu’il pouvait se rendre utile. Et c’était précisément le cas et ce fut bien pour ça qu’il baissa son miroir afin de voir Arthur et l’apparente agitation qui régnait dans ses traits, autant ne pas se donner un torticolis en tentant de résoudre cette affaire de meurtres.

Jesse écouta son ainé sans l’interrompre, un air perplexe sur le visage, se demandant où Arthur voulait en venir avec tout ça. Jesse pouvait avancer sans aucune honte qu'il avait suffisamment vu les dossiers et les noms des victimes et des éventuels suspects pour savoir de qui Arthur lui parlait exactement mais … Il n’avait pas l’impression que sa théorie tenait. C’était un petit peu trop tiré par les cheveux, et cela sous entendait que le Poète connaissait déjà l’identité de sa prochaine victime quand il s’introduisait chez quelqu’un. Hmm… Jesse fit une moue, il n’était pas un expert, il ne faisait confiance qu’à ses tripes dans le fond, mais cela ne correspondait pas vraiment à l’idée du meurtrier qu’il avait. Il voyait quelqu’un de méthodique et d’ordonné, se lancer comme ça dans une chasse à la prochaine personne ça semblait trop… trop… trop risqué. « Eh bien… » Jesse se passa une main sur son crâne rasé, à la recherche des bons mots. Il aimait bien ces petites conversations dans sa voiture, il était assez flatté par le fait qu’Arthur se sente suffisamment à l’aise pour venir parler au simple officier de police qu’il était, il ne voulait cependant pas le froisser ou encore insulter son intelligence comme beaucoup le faisait au commissariat. « J’avoue que je suis d’accord avec vous sur certains aspects de vos théories. » Oui, il y avait bien un lien, les mots n’étaient pas là au hasard, comme il l’avait dit à Willow il y a quelques semaines de cela, ce tueur en série tentait de leur raconter une histoire et chaque corps était une syllabe, un mot, une phrase et une page, alors oui… Pour le tueur, il y avait forcément une certaine logique.

« Ce n’est pas du hasard, il doit y avoir un lien entre tous les victimes, je suis d’accord et je ne parle pas de lien forcément apparent, le tueur doit avoir créer un lien avec ses phrases ou avec autre chose.» Pour le brun, c’était définitivement autre chose qui liait tous les meurtres.« Et c’est complètement raciste au fait… Mais ça ne marche pas avec toutes les victimes je pense je veux dire…Rose a été forcée d’écrire je suis l'innocence sur un cahier, quel est le rapport avec Mary Wilson ? Les bois dans lesquels on l’a retrouvé ? Les feuilles de papiers qui entouraient le corps? » Et encore, Jesse n’en était pas sûr, ces dernières avaient été retrouvées avec des traces du sang de la victime. Jesse fronça les sourcils, signe apparent de sa réflexion, l’officier de police à la recherche de ce fil invisible qu’aucun des deux ne voyait, mais que le meurtrier avait bien laissé derrière lui. « Et pareil pour le prédécesseur de Rose, Leon Duncan, avec le message écrit dans son dos… quel est le rapport avec la petite Rose…? » À ce moment précis, le regard bleuté du jeune homme se posa sur une gamine du même âge que Rose, qui tenait la main de ce qui devait être sa mère, les deux ayant une conversation animée qu’il n’entendait pas. Probablement sur le reste de la journée. Jesse eut un soupir, Rose Howard était partie beaucoup trop tôt. « Je crois qu’il va falloir chercher ailleurs Colonel. Et je me permettrai d’ajouter que votre théorie implique que nous ayons retrouvé tous les corps… On ne sait pas si ce taré a sévi hors de l'Alabama, ça dure depuis trois ans, j’imagine que notre cher Poète s’est préparé un minimum avant. » Jesse marmonna sa phrase, sans vraiment y penser, tant de théories dans sa tête, elle sortait sans qu’il ne puisse les contrôler... « J’ai une théorie également, on s’est penché dans les archives avec Willow, je ne sais pas si vous voulez l’entendre. »

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Sujet: Re: Nine in the afternoonMar 19 Avr - 18:21

Le colonel avait retenu son souffle l’espace d’un instant, suspendu aux lèvres de Jesse qui s’apprêtait à mettre un point final à son premier aveu. Certains aspects de ses théories n’étaient donc pas complètement stupides, il n’avait pas perdu autant de temps à cogiter pour rien. Drôle de retournement de situation ; l’officier qui devait confirmer les pistes de son supérieur plutôt que l’inverse. En vérité tant pis, cela n’avait pas la moindre importance aux yeux d’Arthur ; il considérait le gamin comme son égal, convaincu qu’il entamait une grande carrière, que son charisme et ses méninges sauraient l’aider à grimper tout en haut de l’échelle. Le colonel ne serait sans doute plus là pour le voir mais tant pis, sa porte resterait grande ouverte pour quiconque souhaiterait encore lui rendre visite avant qu’on le mette en terre, non loin de la tombe de son fils. Crap, voilà qu'il y songeait à nouveau. Il fallait qu’il se sorte cette pensée de la tête, qu’il se l’extirpe du crâne pour la poser quelque part en priant qu’elle ne viendrait plus le hanter avant quelques décennies supplémentaires. C’était à se demander s’il n’espérait pas secrètement que le Poète vienne lui entailler la tempe à l’aide de son arme de prédilection afin de le soulager une bonne fois pour toute. Au moins ce serait dans l’ordre des choses, au moins il n’aurait pas à regarder son fils se flétrir, voir la fleur se dépérir avant que d’avoir à regretter son parfum.

Certains aspects de ses théories paraissaient donc exploitables ; oui, mais ? Arthur attendait patiemment ce qui allait suivre, persuadé que la confidence suivante viendrait tout remettre en doute. Ce ne serait que la millième fois que le cinquantenaire se verrait forcé de tout recommencer après avoir tiré de gros traits gras sur ses brouillons, il commençait à être habitué ; mais il savait qu’il préférait largement qu’on soit honnête avec lui plutôt qu’on lui laisse perdre son temps, son énergie, et qu’on le fasse passer pour un crétin fini face à ses propres supérieurs quand viendrait enfin l’heure de faire le bilan de ses investigations et celles de ses troupes. Quelqu’un de mal intentionné en aurait sûrement profiter pour vanter les mérites du colonel pour qu’il continue de se perdre et s’enfoncer désespérément dans le labyrinthe où ils étaient tous en train de s’embourber, mais Jesse n’avait pas ce coeur-là et tandis qu’il reprenait la parole pour donner son opinion, les yeux d’Arthur balayait l’horizon, scrutant les passants sans vraiment les observer. Le rapport avec Mary Wilson ? Oui, la question valait bien la peine d’être posée et il n’avait pas suffisamment approfondi ses recherches pour relier ce meurtre à sa propre théorie. Ses sourcils se froissèrent donc tandis qu’il relisait ses notes, essayant tant bien que mal de lire entre les lignes alors que Jesse évoquait maintenant le meurtre du jeune Duncan. « Peut-être que Mary Wilson était vierge. » Haussement d’épaules. Cette piste n’était pas moins crédible que les autres dans le fond, puisqu’ils ne savaient tout simplement pas où ils allaient. « Après tout, il me semble que personne n’a vérifié. Je ne sais même pas si les légistes continuent de s’assurer que les dernières victimes n’aient pas été abusées sexuellement, ça sert forcément à notre taré notoire. Que ce soit pour ça ou pour autre chose d’ailleurs, on n’est pas assez rigoureux de manière générale. Pas autant que lui. »

Soupir. Parfois Arthur se demandait si un fou pareil au sein de la brigade n’aurait pas fini par résoudre l’enquête en deux temps, trois mouvements. Ils étaient là à se vautrer dans la boue et la poussière, à se rouler dans les bottes de foin en croyant pouvoir y dénicher une aiguille. Le Poète aurait pris le taureau par les cornes depuis longtemps et l’affaire aurait été close au bout d’un ou deux meurtres seulement. Mais avec une équipe de bras cassés comme la leur, rien n’avançait, tout restait au point mort et la population commençait à asphyxier. Le colonel balaya la conversation d’un revers de main, froissant son brouillon pour le ranger dans la poche dont il l’avait extirpé, se dandinant sur son siège avant de se rasseoir, le buste tourné vers Jesse, se tenant presque dos à la fenêtre du véhicule dans lequel ils se trouvaient. « Mais bref, je vois où vous voulez en venir Mahoney et évidemment, vous n’avez pas tort. Il faudra que j’étudie cette piste un peu plus sérieusement pour voir ce que ça donne, mais une fois de plus, je doute avoir résolu quoi que ce soit. Ce serait bien que quelqu’un songe à demander aux commissariats des comtés voisins si de tels meurtres ont été commis dans leurs coins… Ce crétin a sûrement dû s’entrainer ailleurs avant de venir exposer son chef-d’oeuvre chez nous, comme vous le suggérez justement. » Ou peut-être qu’il avait un complice au sein même de la police de Fairhope ou d’une autre ville, un type bien planqué qui s’amusait à mettre un bordel sans nom dans les preuves et autres comptes rendus d’autopsie histoire de mener les autorités par le bout du nez et les laisser dans l’ombre. « Dîtes-moi votre théorie, ça m’intéresse. Vos cerveaux sont nettement plus frais que le mien, vous réfléchissez sûrement plus vite. » Sourire aux lèvres, Arthur essayait de prendre le tout avec bonne humeur. Comme pour laisser rentrer le soleil dans leur boîte en métal. Comme pour se convaincre que tout n’était pas encore perdu.

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Sujet: Re: Nine in the afternoonMar 17 Mai - 16:54

Jesse avait grimacé à la remarque d'Arthur sur Mary Wilson. Peut-être que c'était une réaction complètement stupide, mais il n'avait pas du tout le même rapport avec la mort qu'avec son ainé. Ce n'était pas quelque chose qui aurait dû être aussi présent dans le monde de Jesse. Et pas même quand son père se balançait gentiment entre la vie et la mort dans un hôpital à une demi-heure de route d'ici. James Mahoney pouvait crever en pleine nuit, Jesse était certain que cela ne l'affecterait pas, c'était ce que son âme d'homme borné lui disait. Parfois il y songeait, se disait qu'au final, ça serait la meilleure solution si son paternel partait comme ça, persuadé que sa femme était juste partie faire les courseS et que son fils avait juste réussi sa vie et lui avait juste donné une ribambelle de petits enfants qu'il allait voir bientôt. Pour une personne atteinte d'une maladie neurodégénérative, le cerveau de James avait bien travaillé et s'était chargé de remplir les blancs à sa place, allant sûrement puiser dans son coeur pour y dénicher ses rêves. Pourtant, ce n'était pas ça la vérité, ce n'était pas Jesse qui brillait à un poste de médecin ou quelque chose comme ça, c'était juste son cher fils, qui était coincé là dans sa voiture, à se demander pourquoi la silhouette blonde de Denis avait disparu de son champ de vision, après tout son collègue était sigrand, oui qui était en train d’avoir une pensée pour son petit-ami. Et puis il y avait Arthur, qui était là plus pour vider son sac qu'autre chose, Jesse en avait parfaitement conscience, mais ça ne le dérangeait pas particulièrement à dire la vérité.

Le plus vieux allait droit au but, sans vraiment se soucier de si cela allait choquer et aller déranger, plus qu'un trait de caractère, Jesse se disait que c'était l'âge qui faisait ça, qui donnait un peu de perspective, le reste... devait paraitre affreusement ridicule après, n’est-ce pas ? Alors il se disait que oui, si Arthur lui parlait cela voulait dire que le respect allait dans les deux sens. « On sait tous les deux que cela n'a absolument rien à voir avec ça. » finit par dire Jesse quand le colonel arrivait à ses propres conclusions concernant son âge. Jesse roula un peu des yeux, il ne cherchait pas forcément à rassurer Arthur loin de là, mais pour lui son âge n'était pas un handicap bien au contraire « Pour ma part, je n'ai pas trop envie de vous ranger dans la catégorie de vieux dinosaure. » Ce qui en langage Jesse voulait dire qu'il se moquait bien de l'opinion des autres concernant Arthur et qu'il continuerait de le traiter... comme une personne normale, sans vraiment faire de différence. Et puis exposer ses propres théories sur le meurtrier de la ville était quelque chose d'assez privé pour Jesse, il n'en parlait même pas à Denis, qui pourtant avait tout le respect et l'admiration de Jesse. Plus que des collègues, ils étaient amis et le métis savait qu'il n'avait pas besoin de parler plus du boulot, ça ne pourrait pas être quelque chose de bon. Après l'arrestation de Tobias, le brun avait évité le regard de son collègue pendant deux bonnes semaines,  il s’en souvenait encore pour dire, des centaines de question au bord des lèvres : est-ce que tu aurais vraiment tiré s'il avait fait un pas de plus ? Tu aurais été prêt à mettre un homme à terre comme ça, sans poser plus de questions, sans savoir ni pourquoi ni comment ? L'atmosphère avait été tendue entre eux pendant trop longtemps et Jesse avait fini par diffuser toute cette tension en proposant qu'ils aillent boire une bière tout simplement.

Lui parler de tout ce qu'il avait en tête en ce moment était exclu donc, c'était plus facile de prétendre et se gaver de snacks aux nombres de calories affolantes, dans un sens, cette voiture de police était un peu une zone neutre. La présence du colonel sur la banquette arrière changeait complètement la donne, Jesse en avait parfaitement conscience et ce fut bien pour cette raison qu’il laissa ses pensées dériver vers Willow. De la culpabilité l’envahit d’abord, il avait vraiment l’impression de lui en demander trop, s’il avait été à la place de la jeune femme il y a quelques années, quand il avait été lui-même en formation, il aurait sûrement haussé un sourcil face à son supérieur direct avant de lui dire d’aller chercher quelqu’un de plus compétent, sûrement. Jesse était un peu trop naïf à cette époque, une chose qui avait failli causé sa perte à plusieurs reprises. « On a commencé à réfléchir et on s'est dit qu'en fait, il faudrait arrêter de chercher des éléments externes, la police a tous les indices je veux dire. » Jesse marqua volontairement une pause, il replia ses lunettes de soleil rapidement et les rangea dans la boite à gant et fixa Arthur dans son rétroviseur.  « Il y a des éléments qui manquent de chaque scène de crimes quand on y pense et qu’on regarde bien. et c'est peut être des détails... mais vous savez ce qu'on dit hein ? » Une autre pause, pas parce que Jesse aimait être particulièrement dramatique mais bien parce qu’il détestait ce qu'il s’apprêtait à dire. « The devil is in details »

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Sujet: Re: Nine in the afternoonDim 19 Juin - 10:19

Le problème c’était que le colonel ne savait pas où chercher, qu’il ne savait plus où chercher. Les pistes se croisaient en s’emmêlaient les unes aux autres, une énième piste l’extirpant d’une première pour le mener autre part et finalement le faire atterrir au coeur du néant. Il se noyait dans ses propres analyses, ses rapports qui commençaient à s’entasser sur un coin de son bureau, prenant la poussière, le tas bientôt suffisamment haut pour cacher le cinquantenaire du soleil, pour le soustraire à la lumière, l’enfouir un peu plus profondément dans le creux de l’enfer auquel il était destiné depuis toujours visiblement. À quoi bon nier à présent ? C’était comme ça, c’était ainsi. Ici et pas ailleurs, son coeur et ses jambes l’avaient mené jusqu’à Fairhope en pensant pouvoir y vivre. Sombre idiot, il était venu creuser sa tombe, retournant suffisamment de terre pour voir les cadavres s’entasser dans la fosse avant que vienne son heure, avant qu’il tire le bon numéro et que ce soit enfin son tour de se faire dévorer par la vermine. Il voyait son fils se tenir au bord du gouffre, en équilibre sur la tranche, là où la terre s’évanouissait et le néant reprenait ses droits. Il voyait les victimes du Poète se retourner dans la boue, hantées par les souvenirs de tout ce qu’elles n’avaient pas pu découvrir ; il voyait le corps rongé de la petite Howard, la graine minuscule qui garnirait sûrement le cimetière d’un rosier éternel dans son sommeil. Il voyait tout ça, la chaleur tapant contre sa nuque fragile et fatiguée, les gouttes de sueur roulant trop fréquemment sur son front moite et plissé ; il voyait tout ça et ça l’empêchait clairement d’avancer, de faire un pas de plus vers la solution de ce mystère qui n’en n’était pas un. Non, c’était un carnage. C’était l’horreur qui se plantait là, qui les observait tandis qu’ils s’affairaient à la tâche et qu’ils creusaient tombe après tombe. Mais la couche de terre n’était jamais assez épaisse pour oublier.

Arthur fronçât les sourcils, pour la millième fois de la journée sans doute, se chargeant maintenant de trouver le mouchoir que son fils avait brodé à ses initiales. Un vieux cadeau de fête des pères qu’Elliott lui avait tendu entre deux inspirations difficiles, une matinée de plus partagée entre les machines et les éclats de rire douloureux. Le quotidien. L’horreur. Il parvint à retrouver le bout de tissu d’une valeur inestimable quelque part dans une poche de son pantalon, s’épongeant discrètement le front tandis qu’il croisait le regard de Jesse et qu’il laissait le temps aux déclarations du plus jeune de s’ancrer profondément dans un coin de son cerveau ralenti par les dizaines d’années passées à fonctionner sans relâche. « De quels genres d’éléments parlez-vous exactement ? » Il rangea son mouchoir, toujours concentré sur leur conversation malgré la chaleur et le monde qui grouillait au dehors. « Vous avez remarqué quelque chose en particulier ou vous en êtes toujours aux suppositions ? » En y songeant, c’était assez évident de toute manière. Vu la quantité d’informations que les forces de police avaient réussi à regrouper durant les trois dernières années, il était strictement impossible qu’il leur manque quoi que ce soit pour interpeler le coupable.

Le colonel soupira ; de toute façon, quelle différence cela pouvait faire si toutefois Jesse et Willow avaient trouvé de nouveaux éléments ? Il faudrait sûrement revoir tout depuis le début, se lancer sur d’autres pistes, revoir les hypothèses, les affiner, envoyer d’autres officiers sur le terrain, repasser les scènes de crime au peigne fin… « Je crois surtout qu’il y a trop de fuites, qu’on en dit trop à la presse, que la plupart des officiers du commissariat sont corrompus, sans parler des gradés. J’ai du mal à m’imaginer que ce type-là puisse s’en sortir depuis trois ans sans l’aide de personne. Impossible. Tout simplement impossible. Ou alors ce serait du jamais vu. » En y songeant, elle était peut-être , la seule piste qu’il ne s’était jamais autorisé à approfondir. Par crainte sans doute, inconsciemment tout du moins… Son pessimisme légendaire l’incita presque à alerter Jesse, à le prévenir de sa mise à mort prochaine si toutefois il s’aventurait sur ce terrain glissant, s’il disparaissait subitement, happé par les sables mouvants de la hiérarchie. « Mais dites-moi toujours, je vous écoute. Je me doute que tout le monde loupe beaucoup de choses sur cette affaire et que ce fou est en liberté parce que nous ne sommes pas assez précis, pas aussi précis que lui en tout cas… » Il ne faisait que radoter, que dire à haute voix ce que tout le monde savait et répétait en boucle depuis trois ans. « Bref, dîtes-moi. Quels sont les détails auxquels vous faites allusions ? Qu'est-ce que vous avez remarqué ? » Peut-être que Jesse était son dernier espoir ? Qu’il lui redonnerait suffisamment de raison d’y croire avec cette nouvelle piste, avec ses hypothèses ; suffisamment pour ne pas baisser les bras, tout plaquer et disparaitre pour prendre une retraite bien méritée.

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Sujet: Re: Nine in the afternoonDim 26 Juin - 16:00

Le ton défaitiste d’Arthur aurait pu être contagieux ou encore déprimant si Jesse n’était pas arrivé aux mêmes conclusions il y a des semaines voir des mois de cela. Entendre quelqu’un d’autre faire les mêmes suppositions que lui à haute voix était dans un sens un peu réconfortant, le métis avait surtout envie de sourire au colonel et de lui dire qu’il avait encore beaucoup de choses à dire au sein du commissariat. Le brun ne préférait tout simplement pas se lancer dans ce genre de conversations, il avait beaucoup à dire sur la façon dont était dirigé ce commissariat, alors il n’allait certainement pas commencer maintenant. Il faisait beaucoup trop chaud pour se lancer dans des conversations où ils essayaient de refaire le monde, tous les deux en train de suer sur les banquettes en cuir du véhicule de police. Ils n’allaient certainement pas changer le système, Jesse le savait, tout comme il savait qu’une fois le Poète derrière les barreaux, tout le monde redeviendrait égoïste et égocentrique et qu’aider son prochain ne voudrait tout simplement plus rien dire. Les gens était prévisibles à ce point, mais c’était la nature humaine qui voulait ça, Arthur ne pouvait tout simplement pas en vouloir aux gens parce qu’ils étaient humains. Il allait se donner des migraines s'il faisait ça. « Je pense que vous êtes trop dur avec certaines recrues. » commenta le métis après une longue minute de silence, il préféra nuancer un minimum son propos, il ne voyait pas les choses tout en noir et blanc en ce qui concernait l’affaire du Poète. Malheureusement, tout était beaucoup plus compliqué.

« On en dit sans doute trop dans la presse, Peter sait des choses qu’il ne devrait juste pas savoir, quelqu’un doit lui filer des infos de temps à autre, et si ce n’était que ça le problème. » Jesse se passa une main sur son crâne rasé, il pesait toujours le pour et le contre dès que Howell était concerné, une partie de lui avait juste envie de coller son poing dans la figure du journaliste et de le faire jusqu’à ruiner son beau sourire complètement faux et plastique. Et d’un autre côté, il se disait que ça ne valait pas la peine, autant laisser Peter dépérir dans son coin, sans la moindre dose d’attention, peut-être que ça serait encore pire que tout. Jesse eut un soupir et il écarta Peter de son esprit, chose qu'il faisait toujours, se disait qu’il y reviendrait plus tard. Il fallait bien comprendre que pour Jesse, Peter n’était pas juste un journaliste à la télévision, c’était un mauvais souvenir, une piqure de rappel d’un passé qu’il aurait bien voulu oublier et enterrer, tuer meme à coup de pelles s’il le pouvait. Car dans le fond, la réalité n’était jamais aussi belle que la vérité qu'elle représentait, bien sur que non. Évidemment que non, c’était sans doute pour cette raison que le Poète de fairhope avait réussi à faire couler autant de sang, au début c’était juste quelques lignes dans les journaux, la police qui disait de ne tout simplement pas s’inquiéter, et puis un corps, et encore un autre. Ils auraient mieux fait d’avoir leur piqure de rappel avant. « Je pense surtout qu’aucun de nous n’était prêt Colonel, Fairhope… c’est ça. »

Jesse eut un signe de tête pour la plage et le sable blanc qui s’étendait devant eux. Son regard se posa enfin sur Denis qui était en train de donner des directions à un groupe de touristes visiblement. Le blond était de corvée et soudainement, Jesse était bien content d’être dans la voiture avec Arthur. Son propos restait vrai, pour beaucoup, Fairhope restait une ville tranquille, où tout ce qu’on pouvait faire c’était aller à la plage et espérer l’arrivée du soleil et de quelques vagues. « C’est la plage, une ou deux contraventions de temps à autre. » Jesse parlait de lui, de Denis, de tous, de leur vie, trois ans en arrière, quand il n’y avait rien d’autre à la télévision, quand les discours du maire étaient juste là pour annoncer la prochaine rénovation d’une aile de l’université ou quelque chose de ce genre. Quand lui et Adam étaient encore des colocataires qui s’échangeaient des sourires furtifs et que le reste n’avait pas d’importance. « Ça n’a jamais été autre chose avant cette série de meurtre. » Il employait le même ton las qu’Arthur, peut-être pour montrer leur propre bêtise à tous, la sienne, celle d’Arthur, de Denis, de tout le monde. « Notre poète a changé la donne comme personne, pour ça il faut le reconnaitre il est doué. » Jesse haussa les épaules, il savait qu’Arthur n’allait pas mal interprété son propos et le prendre pour un fan du poète. « Je pense surtout qu’il a tout planifié aux détails près, des années mêmes avant de frapper et qu’il sait très bien pourquoi Fairhope. Et je parle de petites choses, comme le stylo rouge avec lequel John Doyle a été forcé d’écrire …. et je suis toujours convaincu que tout a dérapé avec Laurel Clyne. »

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Sujet: Re: Nine in the afternoonJeu 4 Aoû - 21:18

Arthur préféra ne rien dire et se dandiner sur son siège une millième fois. Peter avait beau être ce qu’il était, il allait puiser les informations directement à la source, et qu’on le veuille ou non, cela aidait forcément le Poète d’une manière ou d’une autre. À force de semer la discorde, c’était toute la ville qui récoltait les fruits de l’incompétence de la police, surpassée, mise à rude épreuve entre l’enquête qui n’avançait définitivement pas et les appels trop nombreux qui étaient clairement devenus ingérables. Arthur avait les chiffres ; il était bien placé pour constater ledit carnage. Et mine de rien, la ou les taupes qui se faufilaient dans les dédales du commissariat afin d’éplucher les dossiers pour les offrir en pâture au vautour du petit écran n’avaient clairement pas compris ce qu’elles risquaient. À moins qu’elles ne se sachent protégées, en sûreté. La piste avait été étudiée des centaines de fois et toujours écartée, mais le colonel persistait : le tueur avait forcément des complices, sans quoi il serait déjà derrière les barreaux. Les officiers de police n’étaient peut-être pas suffisamment formés, mais entre ceux qui débarquaient d’autres grandes villes au taux de criminalité beaucoup plus élevés, et les fédéraux qui venaient mettre leur nez dans cette affaire, cela faisait un bail qu’ils n’avaient plus aucune excuse crédible à fournir.

« Évidemment qu’il a tout planifié. », bougonna-t-il plus pour lui que pour Jesse qui ne le prendrait sûrement pas trop mal s’il se laissait sombrer dans sa morosité habituelle. « Il savait forcément qu’on serait dépassé par les évènements et qu’il avait plutôt intérêt à s’attaquer à Fairhope plutôt qu’à New York ou LA. » Il tourna la tête, tenté de soupirer jusqu’à ce que ses poumons soient finalement vide, mais ça n’aiderait sans doute personne. Filant vers l'extérieur, son regard se posa sur une jeune femme à la chevelure rousse et la peau bien trop pâle, accompagnée de sa fille et de celui qui était probablement le père de la progéniture. Il fronçât les sourcils, croyant reconnaître des amis d’enfance de son fils, mais il ne s’attarda pas davantage, s’égarant déjà dans ses pensées, songeant à tous les autres parents qui avançaient avec l’angoisse de perdre leurs enfants depuis qu’un fou rodait dans les parages. « Et puis il serait passé presque inaperçu dans une grande ville. Il se serait noyé entre trois autres faits divers du même genre avant de se retrouver au trou et de tomber dans l’oubli. Ce qui n’aurait pas été plus mal, comme vous en conviendrez. » Arthur avait presque oublié à quel point il était utile d’avancer à deux pour que les réflexions se répondent et fassent écho l’une à l’autre. Il n’y avait guère qu’au travers du regard des autres qu’on apprenait, finalement.

« Fairhope était la ville rêvée. Je veux dire, niveau symbolique, on ne pouvait pas rêver mieux. Lui qui attache une importance aux mots… Je suis quasiment sûr que le choix de la ville est un indice à part entière. Une autre phrase peut-être ? Je n’en sais rien, j’ai un mauvais pressentiment. Vous allez peut-être me dire que je suis complètement fou et que je ne suis plus en âge de cogiter, mais j’ai peur de ce qu’il essaie de nous dire en commettant tous ces crimes dans nos demeures et nos lieux publics. » Il s’octroya un soupir, bien mérité celui-ci. « He’s probably trying to tell us no hope is fair here anymore. Or maybe he’ll find an even darker way to express it ? If there’s something worse than killing our own children, that is. » Il releva la tête pour croiser le regard de Jesse dans le rétroviseur. « Je pense tout haut, arrêtez-moi si je divague. But you know, I get the feeling he’s trying to take away all the things that we love. And what if all his victims represented something each in their own way ? The old, the young, the innocent… Je ne sais pas, s'il n'existe aucun lien entre les victimes, ni de suite logique, peut-être qu'il collectionne malgré tout, et qu'il s'attaque à nos symboles ; d'où Fairhope. » Il chercha le brouillon sur lequel il avait griffonné quelques pistes avant de prendre le véhicule de Jesse en otage ; et le conducteur avec. Sa main gauche se chargea ensuite de tâter toutes les poches dont il était le propriétaire afin de dénicher un stylo qu’il devait garder sur lui en toute occasion, au cas où ses élucubrations le mèneraient un jour vers une véritable piste, son esprit le ramenant alors à ce que Jesse évoquait plus tôt, avant qu’il ne se lance dans un discours interminable. « Mais vous disiez… Le stylo de John Doyle ? What about it ? » Même s’il avait voulu, et même s’il avait été bien plus jeune, sa mémoire n’aurait pas pu retenir tous les détails de cette maudite enquête, et certains points lui échappaient encore parfois. « Et qu’est-ce que vous voulez dire par dérapé ? Les premiers meurtres ne suffisaient pas pour être considéré comme des dérapages ? Ou alors je vous ai mal compris. » Maudit stylo qui avait disparu, il faudrait donc qu’il fasse confiance à ses méninges pour cette fois-là.

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Sujet: Re: Nine in the afternoonDim 28 Aoû - 13:29

Jesse aurait préféré qu’Arthur se taise, vraiment. Il ne savait pas si c’était la combinaison de la chaleur ou juste les mots de l’ainé qui étaient juste, mais le métis se disait que c’était trop. C’était juste… trop. Il aurait voulu enlever son uniforme et peut-être se joindre la masse de touristes et tremper ses pieds dans l’eau froide, peut-être trop froide d’ailleurs, mais juste pour ne pas oublier qu’il y avait autre chose que des marres de sang à Fairhope, autre chose que les corps disposés par un esprit déviant juste parce que. Jesse eut une pensée pour Adam et il l’annihila tout aussi rapidement, il ne voulait pas trainer le blond dans la boue, sachant que le barman était au dessus de tout ça. Au dessus de la peine, au dessus de la douleur et au dessus de tout ce qui n’allait pas dans cette putain de ville. Jesse y avait songé, surtout depuis qu’il connaissait Adam, surtout depuis que lui tenir la main était devenu indispensable, il y avait songé à prendre sa voiture et à embarquer le blond loin d’ici. Juste rouler quelques kilomètres dans sa voiture, juste pour s’éloigner de tout et pour pouvoir respirer. Pour réaliser qu’il y avait des gens qui rêvaient d’autre chose, qui avaient vraiment de l’espoir et qui vivaient tranquillement et qui avaient des préoccupations autre que la peur qui régnait à Fairhope. Peut-être qu’ils s’inquiétaient pour leur impôt, pour savoir si leur enfants allaient réussir à intégrer une bonne école, ce genre de choses complètement triviales et ennuyeuses. Hors c’était exactement ce dont Jesse avait besoin, une bonne dose d’ennui, devenir vieux en pensant uniquement à sa retraite et ... c’était tout.

Jesse finit par lever ses yeux bleus vers son rétroviseur, son regard sur Arthur, qui ne lui avait jamais paru aussi vieux qu’à cet instant. Jesse n'avait jamais posé la question, tout le département savait plus ou moins pour le fils du colonel, mais il n’en avait jamais parlé avec lui personnellement, ça ne le regardait pas tout simplement. Il se demandait juste quand Arthur avait le temps pour de telles pensées, en plus de tout le reste. « Je pense que … vous y pensez trop justement. » Le ton était presque un ton de reproche mais Jesse tourna la tête, qu’il colla contre sa propre vitre, pour essayer de songer à autre chose. Mais il était clair que cette affaire était devenue personnelle pour un peu trop de gens, s’il comprenait les motivations de Willow, celles d’Arthur lui étaient totalement étrangères. « Ce n’est pas sain, tout ça, tout ce qu’on fait… et je crois que c’est juste exactement là où il venait nous mener, qu’on joue son jeu, qu’on joue le jeu du meurtrier et qu’il a une longueur d’avance parce qu’on le laisse imposer les règles, tout simplement. » Chose que Jesse disait et répétait depuis la battue. Sauf que personne ne l’écoutait, et que maintenant que l’été était revenu, c’était reparti pour un tour semblait-il. Ça le fatiguait de répéter les mêmes erreurs depuis maintenant quatre ans, personne n’en était ressorti plus grand ou plus intelligent, c’était certain. « Je parle du département de police en règle générale, pas seulement de vos décisions, mais celles des lieutenants, celles des détectives. Bien sur que ça a été planifié, bien entendu qu’une petite ville comme celle-ci est le lieu parfait… alors pourquoi est-ce qu’il nous file entre les doigts ? »

Le paradoxe et l’ironie étaient risibles, Arthur devait forcément le reconnaitre. « Parce qu’on ne regarde pas au bon endroit. » Là encore une évidence, pas pour tout le monde semblait-il. Sinon on aurait pas fait passé des heures de garde à vue à Willow, ou alors sur cet écrivain de pacotille qui ne devait être là que pour se faire un peu de publicité. « Un stylo rouge qui disparait, personne ne se dit que c’est bizarre, le fait que soudainement, le meurtrier décide de graver ses mots dans la chair de la victime non plus... »esse en revenait à Laurel Clyne, pour lui il était clair qu’il y avait un élément pourtant simple, qu’ils avaient manqué. « I think something went deeply wrong with Laurel, whether it was something the murderer planned or something else. He got cocky, he got … wrong. I don’t know, I can feel it… I really think we missed something there, and we should talk to Tobias Clyne some more. » conclut-il sur un ton sans équivoque, regardant de nouveau Arthur. S'il avait envie de se lancer dans une chasse aux sorcières inutiles, il pouvait toujours s’amuser à traquer le Clyne.

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Sujet: Re: Nine in the afternoonSam 3 Sep - 19:32

Il était vexé. D’une certaine manière, sans qu’il puisse véritablement l’expliquer, le colonel s’était vexé, tournant la tête pour observer le monde qui déambulait au dehors tandis que Jesse lui faisait part de son point de vue. Non, il n’avait pas l’impression d’y penser trop. Juste ce qu’il fallait pour ne pas flancher, pour ne pas que ses pensées convergent à nouveau vers la douleur qui se répandait dans sa cage thoracique, vers la tumeur qui l’étouffait lentement, au fur et à mesure que les poumons de son fils s’affaiblissaient. Il redoutait le coup de téléphone de l’hôpital comme la peste ; et encore, la comparaison n’était pas assez forte. Le moindre cancer n’était rien face à ce qui l’arrachait un peu plus au commun des mortels de jour en jour. C’était la suite logique, l’évidence même : c’était à lui de tomber malade et de finir au fond d’un trou, certainement pas à Elliott. Il aurait préféré savoir son fils orphelin plutôt qu’atteint par un mal incurable. Il aurait préféré se sacrifier, si seulement on lui avait laissé le choix. Alors forcément, la moindre diversion était bonne à prendre et tout ce qui pouvait l’éloigner un tant soit peu de ses préoccupations quotidiennes était un véritable don du ciel. À croire que sa propre incompétence venait uniquement du fait qu’il se refusait à attraper le Poète pour ne pas avoir à se replonger dans la misère qu’était son propre quotidien ? Il n’en savait rien, mais les propos de Jesse l’avait contraint à se poser la question et il n’était plus aussi intéressé par cette conversation qu’il l’avait pu l’être au départ.

« You’re probably right. » Vexé, mais pas non plus stupide, il ne pouvait pas nier qu’il y avait forcément du vrai dans le discours de Jesse. Le Poète cherchait visiblement à les mener par le bout du nez et ils se laissaient faire, entrant dans le jeu du meurtrier. Il y avait sûrement d’autres décisions à prendre, plus importantes et plus efficaces que celles qu’ils avaient déjà prises. Il y avait sûrement plus intelligent que d’arrêter les habitants sans réfléchir pour avoir tout le loisir de les interroger pour finalement les laisser repartir comme ils étaient venus. Il y avait une autre issue que celle que les forces de police avaient programmé pour le reste de la population, et enfermer les pions un à un en espérant tomber sur le bon n’aiderait personne. Il fallait arrêter de le traquer, de le poursuivre, mais se concentrer sur ce qui était déjà écrit, noir sur blanc, sur la chair des victimes qui avaient eu la chance de survivre et celles qui croupissaient sous terre. Peut-être que le Poète avait toujours eu le souhait d'en venir à cet extrême, mais peut-être aussi que Jesse avait raison et qu’il s’était passé quelque chose avec Laurel Clyne que personne n’avait réussi à expliquer jusqu’à présent.

Le silence s’installa. Pénible. Pesant. Aussi éreintant que la chaleur insupportable du mois d’Août. Arthur s’épongea le front à nouveau, faisant disparaître le mouchoir en tissu dans la poche de son pantalon. Il ne parvenait plus à réfléchir sereinement, sans se dire qu’il faisait fausse route et qu’il mènerait ses équipes droit dans le mur une fois encore, sans se dire qu’il ne ferait pas perdre de précieuses minutes aux officiers et lieutenants en charge de l’enquête, et plus que jamais, ils avaient besoin de temps pour anticiper les actions du Poète et le prendre à son propre piège. « We probably missed something, I mean… Yeah. » Il avait soudainement l’impression amère d’être trop vieux pour son métier, pas assez expérimenté, lui qui s’en était sorti jusqu’ici avec quelques dossiers tragiques mais jamais rien de cette ampleur ou de cette envergure. La relève allait le happer, l'avaler tout cru et l’oublier bien plus rapidement que prévu, et soudainement, la présence de Jesse n’avait plus rien de rassurant. Non pas qu’il craigne le métis, ses ambitions ou ses raisonnements, mais il ne pouvait que constater leur différence d’âge. On privilégierait toujours la jeunesse sur l’expérience, et le colonel redoutait une mutation prochaine pour le forcer à la démission.

« You should go talk to Clyne. Spend some time with him. I feel like he’s not going to open up otherwise. He barely even said anything when we interrogated him, the man needs his time. I don’t know, you’re smart, you’ll know how to figure it all out and make him speak after a while. » Ses doigts agrippèrent la poignée intérieure de la portière. « Évidemment, je veux un premier rapport sur mon bureau d’ici trois mois, juste histoire de rendre le tout officiel. Et si vous n’avez toujours rien de nouveau dans trois mois, on avisera. » La chaleur manqua de l’écraser tandis qu’il s’extirpait de la cage métallique. « Keep me updated and just… Good luck, I guess. » Il le salua poliment d’un signe de tête avant de claquer la portière, regagnant son propre véhicule, pas plus éclairé qu’au début de cet échange.

sujet terminé

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Nine in the afternoon

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