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 Offers, potential and coffee. FT Shandra

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Sujet: Offers, potential and coffee. FT ShandraLun 14 Mar - 23:23

Mark était planté devant le tableau des annonces du commissariat, un gobelet de café à la main, à proximité de la grande pourvoyeuse d'excitants liquides aux goûts douteux. Le jus noirâtre du commissariat de Fairhope n'était pas très éloigné de celui de Chicago, mais il n'en était pas surpris outre mesure. Il s'attarda sur les petites annonces. Quelle que soit la décision du Colonel Åkerfeldt, il allait avoir besoin d'un point de chute de meilleure qualité et moins cher à la nuit que sa chambre d’hôtel, louée en plein période estivale donc touristique, donc hors de prix. Il cherchait donc une perle rare, un appartement à louer, assez spacieux même s'il était seul, et pas à l'autre bout de la ville. Il lui faudrait certainement aussi une voiture, et un club de sport.

Heureusement le panneau était assez grand et rempli et il en avait donc pour un moment. Son esprit vagabondait en même temps que ses yeux cherchaient ce qu'il lui fallait parmi les dizaines de feuilles accrochées parfois les unes sur les autres. Il avait tout plaqué du jour au lendemain, donné sa démission, acheté son billet d'avion, fait ses valises et rendu les clés de son meublé, le tout en deux jours. Quand il prenait une décision, il aimait que ça aille vite ensuite. Quand au processus qui l'avait amené à Fairhope, et non pas ailleurs sur la vaste carte des Etats-Unis, c'était complexe, et simple à la fois.

Depuis la mort de Suzie, sa douce moitié, et de Cassie et Jessica, ses adorables jumelles lors d'une fusillade dans le Centre commercial juste à côté de chez eux, il n'est plus le même. Il a en quelque sorte perdu sa raison de vivre. Ça fait huit ans maintenant. Ses petiotes auraient eu 20 ans. Quand il y pense, il en a les larmes aux yeux. Il ne s'est jamais remis de ce drame. Qui le pourrait d'ailleurs?  Il a commencé par changer d'affectation. Continuer à travailler dans le même département, avec les mêmes collègues, passer devant le bureau qu'occupait sa femme était au-dessus de ses forces et ses supérieurs l'avaient bien compris. Des stups il était donc passé à la criminelle. Il s'était accroché et même jeté à corps perdu dans ses nouvelles enquêtes pour oublier et s'occuper. Le problème est qu'il ne dormait que quelques heures, et encore mal en raison des cauchemars qu'il faisait. C'était au choix entre le souvenir de ses femmes, son frère et ses enquêtes, parfois éprouvantes. Il passa deux-trois ans comme ça. Il finit par demander à travailler de nuit. Il finit enfin par ne plus supporter son commissariat où les collègues changeaient tout le temps, ou personne ne se connaissait vraiment, où la jalousie était parfois cruelle, lui qui aimait travailler sur les dossiers laissés à l’abandon pour de multiples raisons, et sur lesquels il avait parfois obtenu quelques succès, s'attirant ainsi une bonne réputation, mais aussi des regards en coin et des discussions qui s'arrêtaient quand il arrivait. Et puis il en avait marre de cette grisaille permanente, de ce froid glacial l'hiver, des gens qui tiraient la tronche partout et tout le temps. Il en avait eu ras le bol et donc s'était réveillé un jour de congé avec cette envie de tout palquer, de tout envoyer balader.

Et voilà qu'il était à Fairhope, arrivé les mains dans les poches ou presque, heureux de changer de vie, de climat et d'ambiance, même s'il savait celle de sa ville d'adoption particulière depuis plusieurs années, depuis qu'y sévissait le Poète. Mais il se disait qu'il avait fait le bon choix, qu'il avait laissé pas mal de fantômes et de mauvais souvenirs là haut. Même si ses petites femmes resteraient pour toujours dans son cœur et sa mémoire, où qu'il soit, il était temps de tourner la page pour lui. Oh, attention, il ne cherchait personne pour partager sa vie, ça c'était fini, il ne voulait plus souffrir, mais disons qu'il voulait arrêter de porter son malheur en bandoulière et rien de tel que de changer de vie pour ça.  Il était donc content d'être dans cette petite ville d'Alabama et pensait bien s'y plaire, tueur en série excepté. Il avait grand besoin de soleil et la mer à côté était un cadeau dont il entendait bien profiter. Mais pour cela, il lui fallait une voiture. Son œil repéra une annonce intéressante et il allait s'en saisir quand il vit une jeune femme brune se diriger d'un pas décidé et rapide vers la machine à café.

*En voilà une qui sait ce qu'elle veut* pensa t'il.
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◆ Manuscrits : 3954
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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraSam 19 Mar - 16:48

Offers, potential and coffee.

◆ Feat Mark ◆



Le Poète attisait la curiosité de nombreuses personnes, je le savais bien, et cela même de la part de policier venant d'ailleurs. Ils avaient été un certain nombre à venir à Fairhope pour tenter d'avoir un bout de gras sur l'affaire, pour tenter d'avoir leur minute de gloire, mais beaucoup n'avaient pas fait long feu dans nos rangs, retournant de là où ils venaient, voyant le merdier dans lequel nous étions, surtout que du coup, ils ne participaient pas pleinement à l'enquête. Ils vivent ça de loin, en dehors de la bulle, ou alors ils ne font pas grand chose pour avoir la chance d'y rentrer. Il faut dire, qu'ils doivent refaire leurs preuves en arrivant ici, pour la plupart. Tout dépends de la façon dont ils arrivent ici et du tableau qu'ils ont dans leur dossier. Certains sont venus ici parce qu'ils n'avaient plus rien à perdre pour se relancer dans le métier, d'autres sont venus avec un dossier mieux armés. Je n'ai jamais été à la base de ce recrutement, je ne suis pas assez gradée pour ça, même si je vois vite qui fera l'affaire ou qui ne le fera pas avec une petite conversation. On me dit que j'arrive souvent à cerner les gens assez rapidement en général, et que je ne me trompe pas trop. On me dit même que parfois, je suis trop patiente avec certains, pour au final, un résultat en dessous des espérances. Cela s'était produit notamment avec la disparition de Bertram, ou plutôt un départ très discret de la ville. La libraire s'était fait du soucis, Erika Sheppard, elle était venue me voir, et nous avions fait en sorte de comprendre ce qui s'était passé. La majorité de mes collègues n'avaient rien fait pour l'aider, parce qu'ils jugeaient que cela n'en valait pas la peine, pourtant, j'avais eu du mal à croire que le jeune homme avait finalement décider de nous fausser compagnie, comme si un au revoir, ou un adieu serait trop difficile à supporter.

Bref, aujourd'hui, j'allais donc m'intéresser à un nouveau collègue de travail, un certain Mark Shifflett, avec deux f et deux t. Pourquoi avait-il voulu venir ici ? Etait-il grillé auprès de ces ancien collègues pour repartir de zéro par ici ? Cela était-il un choix ? En avait-il marre des responsabilités ? Pensait-il que son problème se résoudrait en venant à Fairhope ? Avait-il seulement un problème ? Tant de questions, d'hypothèses que je me fournissais, pour tenter de le comprendre alors que je ne lui avais pas même adresser la parole, pas encore. Il était là depuis quelques jours à peine, il avait choisi le mois d'août pour arriver, ce qui en soit n'était pas un si mauvais choix que ça, même si au fond, je ne pense pas qu'un mois soit meilleur qu'un autre pour arriver ici. Le Poète était relativement discret depuis l'affaire Mary Wilson, il n'avait pas fait en sorte d'augmenter son rythme, il prenait son temps, comme toujours, comme pour ne pas faire d'erreurs, comme pour nous échapper, encore, pour pouvoir nous narguer. Allait-il s'amuser en dehors des sentiers battus cette fois-ci ? C'était une possibilité, mais je ne saurais dire qui allait être frappé et où il frapperait, mais nul doute que d'ici quelques semaines nous aurions un nouveau cadavre sur les bras. Je sais, c'est comme ça que ça marche, et rien n'échapperait à cette règle devenue immuable, intrinsèque avec le temps. Il était donc là, devant le panneau d'affichage, un gobelet de café à la main, scrutant une information pouvant peut être sortir du commun, ou toute information pouvant l'intéresser puisqu'il venait d'arriver en ville. Je ne savais pas s'il allait seulement rester ici très longtemps. Tout dépendrait sans doute du colonel, puisque j'avais cru comprendre qu'il avait passé son entretien avec lui et que donc, son futur dans un premier ici dépendait d'Arthur. Je n'avais pas pris le temps de lire le dossier de Shifflett, parce que je préférais ne pas avoir de préjugés quant à son expérience et les événements de sa vie. Je savais quelques petits choses, comme le fait qu'il venait de Chicago. C'est une belle ville pour ce que j'en sais, assez loin d'ici, autrement dit, pour lui Fairhope est clairement un nouveau départ, pour une raison qui m'échappait encore mais je saurais très vite. Je l'avais observer quelques instants devant le panneau d'affichage, et cela me donnait déjà des indications. Il semblait savoir ce qu'il voulait, c'était déjà une bonne chose. Un appartement à louer ? Une voiture ? Peut être qu'il avait déjà tout cela mais visiblement, il cherchait quelques choses dans ce goût là dans les annonces. Il allait prendre note de l'une d'entre elle lorsque je décidais d'aller me prendre un café, d'un pas décidé. Il m'observa du coin de l'oeil. Oserait-il m'aborder ? Je ne le savais pas, mais je ne lui laisserais pas le temps de tergiverser. Je choisissais mon café, injectant dans la machine un billet d'un dollar. Je tournais donc la tête vers lui, lui faisant un petit sourire. J'allais donc commencer mon inspection.

" Salut, moi c'est Shandra Sarmoise, je suis lieutenant ici, enchantée. J'ai cru comprendre que vous aviez passé un entretien avec le colonel ? Vous voulez nous rejoindre ici à Fairhope ? "

Et à cette premier salutation, ma main s'était dirigée dans sa direction pour qu'il s'en saisisse. Je ne savais pas ce qu'il allait me dire, mais ces premiers mots me diraient bien des choses à son sujet. Cette première impression sera-t-elle bonne ou mauvaise ? J'allais bientôt le savoir.


 


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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraMar 22 Mar - 22:41

Mark allait se saisir de l'annonce pour une voiture quand il repéra une brunette à la démarche bien décidée. Il la regarda inspecter la machine comme si elle cachait un monstre dans ses entrailles. Evidemment, tous les policiers savaient que choisir un café ou un thé était comme tomber de Charybde en Scylla. Il en avait d'ailleurs fait les frais ayant d'abord choisi un café allongé qui l'avait écœuré et failli lui perforer l'estomac de son acidité avant d'abandonner un thé imbuvable. Il la comprenait donc fort bien. Elle opta pour un café court, idéal pour obtenir sa dose de caféine avec le minimum de gorgées. Futée. Il avait fini par faire le même choix. A Chicago, c'était le café allongé qui était le meilleur, ici l'expresso. Pourquoi s'était-il donc figuré que tout était pareil avec ses satanées machines? Elles recelaient des mystères insondables. Il l'observa à la dérobée, ne voulant pas passer à peine arrivé pour un pervers ou un obsédé, ce qui revenait au même au final. Il déduisit qu'elle devait avoir déjà, malgré son jeune âge (il estima 25-30 ans), acquis un grade lui permettant d'arborer cette confiance en elle qu'il percevait. Elle devait donc avoir le caractère bien trempé et ne devait pas compter ses heures, l'épée de Damoclès d'un autre meurtre venant chaque jour ternir la satisfaction d'être déjà parvenue à cet endroit du parcours dans une carrière qui pouvait s'avérer prometteuse si elle réussissait, avec son équipe, à arrêter le Poète, ou terne et sans relief si elle n'y parvenait pas. Il connaissait ce genre d'amertume qui l'avait parfois empêché de savourer les choses simples de la vie, surtout depuis la mort de sa femme et de ses filles.  Il distinguait, maintenant que le café était coulé, de la curiosité dans l'attitude de la jeune femme et ne fut donc pas surpris de la voir se tourner vers lui, lui tendant la main tout en se présentant.

" Salut, moi c'est Shandra Sarmoise, je suis lieutenant ici, enchantée. J'ai cru comprendre que vous aviez passé un entretien avec le colonel ? Vous voulez nous rejoindre ici à Fairhope ? " 

Il sourit, appréciant son style franc et direct, cherchant à le mettre à l'aise, mais lui permettant, à la façon qu'il aurait de lui répondre, de lui donner bien des informations, et de commencer à le ranger dans une catégorie. Il n'était pas dupe, tout le monde faisait ça, les policiers à plus forte raison, leurs ramifications ayant autant de fond que le tonneau des Danaïdes, s'étendant à l'infini dans les méandres des classements, fiches et compilations mentales. Son esprit analytique ayant compris à qui il avait affaire, il lui répondit sur le même ton, attrapant sa main fermement mais avec délicatesse tout de même, se présentant à son tour.

«Bonjour, Shandra, ou devrais-je plutôt dire Lieutenant? Je suis Mark Shifflett. Je viens d'arriver en Alabama et oui, j'aimerais travailler ici, avec vous. Je viens de Chicago et je compte bien m'installer à Fairhope si le Colonel veut bien de moi.» Il sourit de toutes ses dents, allant même jusqu'à plisser ses yeux bleus, ce qui lui donnait un air rieur. «Enchanté! En tous cas.» Il poursuivit, désignant son gobelet: «Vous arrivez à avaler ce truc là? Chapeau!»

Il la regarda, attendant de voir comment elle allait réagir à son numéro de charme. Il savait qu'il pouvait passer pour un gentleman quand il s'en donnait la peine et il voulait mettre tous les atouts de son côté. En plus, elle avait vraiment l'air d'être une chouette fille, sympa et saine, ce qui ne courait pas les rues au bout de quelques années de carrière, surtout avec un cinglé pareil dans les rues, si elle travaillait sur cette affaire. Il attendait ses questions, sachant très bien qu'il lui avait donné du grain à moudre. Il chercha des yeux un banc ou des chaises, se disant que ce serait plus agréable pour discuter. Ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas pris le temps de faire ça, tout simplement: s'asseoir et discuter. Il regretta de ne pas l'avoir fait suffisamment avec certains de ses anciens collègues. Peut-être ne serait-il pas ici s'il l'avait pris, mais bon, tant pis. Il ne servait à rien d'avoir des états d'âme maintenant qu'il était là et qu'il avait décidé de tourner la page. Il regarda donc la jeune femme qu'il avait devant lui. Elle représentait son présent, ses choix et il allait peut-être travailler sous ses ordres. Elle avait donc toute son attention.

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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraMer 23 Mar - 1:54

Offers, potential and coffee.

◆ Feat Mark ◆


J'avais bien vu qu'il m'avait vu comme je l'avais moi-même vu prendre un café et observer les petites annonces. Je ne savais pas cependant pourquoi il voulait venir à Fairhope. Venait-il avec une belle recommandation de la part de là où il était auparavant ? Allait-il repartir pour ainsi dire en bas de l'échelle pour refaire ces preuves ? Je ne savais pas, pas encore mais je le saurais sans doute très vite même s'il me semblait être quelqu'un d'assez affûté, bien qu'un peu usé. Il avait dans la quarantaine bien tassée sans doute, plus âgé que moi donc, ayant une expérience différente de la mienne. En dehors de Fairhope et Montgomery, je ne connaissais pas grand chose à vrai dire même si j'avais pu faire quelques stages durant mes études. Mais les stages ne sont pas vraiment le reflet de la vie. C'est lorsque j'ai commencé à faire mes preuves que j'ai acquis de l'expérience, des petites enquêtes que personne ne voulait, parfaite pour une bleue comme moi à vrai dire. Je me suis prise la tête à chercher des choses que le commun des mortels n'aurait pas pris la peine de regarder. C'est comme ça que je me suis fait la main et que j'ai réussi à trouver les cadavres dans les placards, à débusquer les petites souris cachées dans les murs, à voir que la poussière avait été simplement mise sous le tapis. Qu'en était-il donc de Mark ? Quelle était son histoire ? Sa poignée de main était franche, mais pas trop rude non plus, comme une main de fer dans un gant de velour. Puis il se présenta donc. Il venait donc de Chicago. La mention de cette ville m'étonna un peu. Qu'est ce qu'un gars de Chicago venait faire ici ? C'était une très bonne question, et je n'avais nullement la réponse à vrai dire. Il semblait enchanté de me rencontrer, avec un petit sourire que je qualifierais de charmeur, sans plus avant de me parler du café. Je souriais à cette remarque.

" Je crois que je me suis habitué à boire ce qui sort de cette machine. Quand il vous arrive de boire plusieurs tasses dans la journée, le goût n'a plus tellement d'importance, c'est presque comme de l'eau. Enfin, le meilleur reste l'expresso, les autres sont assez mauvais, mais je crois que vous avez pu vous en rendre compte. Qu'est ce qu'un homme de Chicago est venu faire à Fairhope ? Pour un changement, c'est un sacré changement je dois dire. "

Et je lui servais aussi un petit sourire, de politesse plus que d'autres choses. Je voulais en savoir plus sur lui, sans pour autant qu'il puisse avoir l'impression d'être suspecté de meurtre même s'il devait être bien rodé à ce niveau là. En fonction de sa réponse, je saurais sans doute à quoi m'attendre de sa part même si le premier contact avait été agréable, il pouvait bien caché son jeu, comme de l'insubordination par exemple, ou de la violence, je ne saurais dire. De toute façon, j'avais pleinement confiance au jugement du colonel. S'il pensait que Mark pouvait apporter quelques choses par ici, alors il le prendrait dans l'équipe, même en bas de l'échelle.


 


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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraDim 27 Mar - 22:58

Elle lui répondit tout simplement, en prenant son temps, démentant son pas pressé et déterminé. Ainsi, si elle s'était décidée à traverser cette salle d'un si bon pas, ce n'était certainement pas pour un bon café, mais pour le voir, lui. Il l’intriguait donc. Intéressant. Elle cacha l'intérêt précis de sa venue en lui parlant d'une façon fort badine des affres du café de cette machine, avant d'en arriver à l'essentiel:

"Qu'est ce qu'un homme de Chicago est venu faire à Fairhope ? Pour un changement, c'est un sacré changement je dois dire. " 

Il haussa tout simplement les épaules, comme si un changement de presque 1500 kilomètres était une bagatelle qu'il s'offrait tous les jours ou presque. Non seulement cela représentait un gros changement mais il misait une partie de son avenir en venant ici. C'était un nouveau départ mais il avait tout de même quelques idées derrière la tête et un but, sans que ce soit une idée fixe pour autant. Le Poète était important mais malheureusement les années et l'expérience avaient apporté à Mark la certitude que ce meurtrier arrêté il y en aurait un autre après. Peut-être pas à Fairhope, il ne le souhaitait pas, mais dans les environs, La Nouvelle Orléans ou Mobile n'étant pas très loin. La Nature a horreur du vide, plus de vingt ans de carrière le lui avaient appris. Il avait donc de l'ambition, de par son âge, ses qualités professionnelles et ses faits d'arme. Il ne pensait pas duper la jeune femme qu'il avait devant lui quant aux raisons d'un tel bouleversement et au choix précis de Fairhope et il n'allait pas insulter son intelligence en tournant autour du pot. Il était en plus assez sûr que d'autres étaient venus et repartis peut-être depuis que les meurtres avaient commencé puis continué sans arrestation. Il n'allait pas se présenter comme un nouveau shérif ou un super-flic qui allait leur amener le Poète en deux temps-trois mouvements. Non. Il n'en avait pas la prétention. Peut-être d'ailleurs qu'il ne travaillerait jamais sur cette affaire, ou peut-être que comme ses potentiels nouveau collègues, il allait faire chou blanc et poursuivre un fantôme, en quête d'indices. Mais en tous cas il allait proposer ses services. Il allait éviter aussi de lui parler de sa femme et de ses filles; il ne voulait pas être larmoyant ou inspirer de la pitié; il avait toujours fui ça et évité de la susciter. Il préféra donc jouer la carte de l'humour et lui parler de son métier, de son parcours, de flic à flic. Ça elle comprendrait.

«Ah, c'est donc ça! Je vous intrigue! Et bien, vous savez, on m'a parlé de vous!» Il s'amusa de ses yeux soudain grands ouverts. «Non je plaisante, bien entendu! N'ayez pas peur! Venez vous asseoir quelques minutes, avec ces affreux cafés, que je vous explique un peu pourquoi je suis là. L'été dernier j'étais à La Nouvelle Orléans au moment où cette pianiste, Elena Snyder, s'est faite assassiner par le Poète. J'étais en vacances mais la nouvelle m'est tout de même parvenue par les journaux.  Ça m'a intéressé, déformation professionnelle, vous savez de quoi je parle! Donc, une fois mon séjour fini et rentré à Chicago, je me suis penché un peu sur ce cas, sur ce qu'on sait, nous, du moins, ce à quoi j'avais accès de là-haut. Vous me suivez? Vous savez, je fais ce métier depuis vingt-trois ans maintenant. J'en ai quarante-cinq et j'aime toujours autant traquer les salopards de ce type. Pardon pour mon langage, mais il n'y a que comme ça que j'appelle ces types. Alors, voilà, disons que la vie a fait que je suis parti de Chicago et que me voilà. Je suis à peu près sûr que je ne suis pas le premier à m'amener la bouche en coeur, jurant la main sur le palpitant que je vais vous aider à l'arrêter. Mais je ne vais pas vous dire ça. D'abord parce que ça ne dépend pas de moi mais du Colonel, ensuite parce que s'il m'embauche, il ne va certainement pas me mettre sur cette affaire de suite. Il va falloir que je fasse mes preuves et c'est normal. Mais je vous le dit comme je l'ai dit au grand patron, c'est pour le Poète que je suis là.  Ça ne vous étonne pas tellement, pas vrai?» conclut-il en souriant et en avalant une gorgée de son café désormais froid.
Elle avait raison, au bout d'un moment, on se fichait pas mal de ce qu'on avalait, tout simplement parce que l'esprit est déjà ailleurs, persuadé d'avoir reçu la dose de caféine demandée, peu importe son goût ou sa température. Il attendit la prochaine série de questions, regardant autour de lui, prenant ses repères dans cette sorte de cafet' qu'il espérait être bientôt la sienne.
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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraMar 29 Mar - 17:24

Offers, potential and coffee.

◆ Feat Mark ◆



La conversation autour de la machine à café n'était qu'un prétexte bien entendu, mais il avait été devant celle-ci lors de mon moment de libre, alors j'en avais profité pour faire véritablement connaissance, comme pour bien commencer notre relation, ou alors comme pour se dire que cela allait démarrer sur un quiproquo, ou simplement une mauvaise entente, je ne saurais dire. Je devais le cerner avant de m'avancer dans une direction ou une autre, voilà tout. En fonction de ces premières réponses à mes premières interrogations, je lui avais donc poser une autre salve de questions, une seule en vérité mais qui amener plusieurs réponses à vrai dire. Je verrais ainsi s'il compte, ou non s'intégrer chez nous, parce qu'il pouvait donner une réponse fuyante, me prouvant qu'il ne nous faisait pas encore confiance, ou une réponse sans langue de bois, et c'est bien entendu cette dernière que j'apprécierais le plus, mais bon, du moment que j'en savais davantage sur lui, cela me conviendrait, peut être pas parfaitement, mais je saurais revenir vers lui, prochainement pour en apprendre plus. Je mettais peut être les deux pieds dans le plat, mais je ne voyais pas comment faire pour ne pas passer à côté de choses importantes. Vous allez me dire que je pourrais me contenter de lire son dossier, et c'est vrai, mais ce n'est pas ce que j'apprécie. Parce que les dossiers sont parfois un peu surfait. Je veux dire, les informations n'ont rien de mieux que celles que l'on vous donne en direct. Les meilleurs informations que nous avons sur le Poète sont celles qu'il a bien voulu nous donner en direct, en nous appelant notamment. Mais même dans ces circonstances là, ça n'a pas été suffisant, mais c'est comme ça, que voulez-vous. Mark allait-il prétendre être celui qui le trouvera ? Possible, je ne savais pas, il n'avait l'air d'être ce genre de flic là, trop sûr de lui, mais peut être que son arrogance ne se voit pas à travers son physique, cela me semble possible, même si en général, cela se voit mieux que sur lui. Il semblait vouloir communiquer avec humour, mais pas ce genre d'humour en dessous de la ceinture comme certains le faisait si bien ici, non, un autre genre d'humour qui semblait être meilleur. Il me dit donc qu'on lui avait parlé de moi. Je feignais de ne pas réagir mais un sourcil sourcilla justement à cette information. Bon, mon regard m'avait trahi, je me demandais bien qui avait pu lui parler de moi, à Chicago, à moins que ça ne soit juste ici, je ne saurais dire, mais son sourire me fit comprendre avec ces paroles que ce n'était qu'une petite boutade. Il me proposa de m'asseoir donc pour boire ce café entre nous, comme si finalement, il voulait avoir une véritable conversation avec moi-même. J'écoutais donc ce qu'il avait à me dire, et visiblement, c'était bien le Poète qui l'avait mis sur la voie de Fairhope, comme beaucoup trop de monde finalement, mais je le laissais continuer, pour avoir le fin mot de l'histoire même si cela me décevait un peu. Et le reste de son discours le fut tout autant, même si je ne montrais rien. Sa venue ici était donc comme celle d'un certain nombre avant lui. Pourquoi ce Poète les intriguait-li tant que ça ? Si j'avais été loin de Fairhope, à Chicago par exemple, je ne pense pas que je me serais amusé à venir ici pour être au plus proche de ce type qui tue sans qu'on ne réussisse à l'avoir. Je serais resté avec mes soucis là-haut, parce qu'il doit bien y avoir de quoi ronger son os, n'est ce pas ? Quelques choses me disait qu'il y avait autre choses que le Poète pour lui cependant, comme si finalement, il y avait un peu plus d'espoir qu'il ne soit pas comme les autres.

" Effectivement, je ne suis guère surprise de cette réponse, pourtant, j'ai comme l'impression qu'il y a autres choses derrière tout ça, n'est ce pas ? Il n'y a pas que le Poète qui vous fait venir à Fairhope, je me trompe ? "

Je pouvais me tromper effectivement, mais je ne sais pas, j'osais espérer que l'homme se trouvant devant moi, n'était pas simplement là pour se montrer, parce que je pense qu'à quarante-cinq ans, il a déjà fait ces preuves, qu'il n'a plus grand chose à prouver, alors pourquoi venir se griller ici ? Parce que pour moi, quand on a une bonne situation de la où l'on vient et que l'on tente d'arrêter le Poète, on vient simplement se griller, pour que plus personne ne veuille de vous ailleurs par la suite. Il voulait peut être se dire qu'ici, en dehors du Poète, la vie est plus tranquille, que la ville est plus petite, qu'il y a plus de soleil, mais je ne le voyais pourtant pas comme un pré-retraité. S'il avait dix ans de plus, j'en douterais mais là, ça me parait un peu tôt, alors j'étais persuadé qu'il y avait plus que le Poète dans son escarcelle pour s'en aller loin de son précédent point de chute. Encore, s'il venait d'une brigade étant à une centaine de kilomètres, je me dirais, pourquoi pas, mais là, le changement était pour ainsi dire radical, et peut être même plus que ça. Que se cachait-il derrière tout ça ? Je verrais bien ce qu'il me dira, ce qu'il pensera de cette question, et s'il saura me dire la vérité, ou me convaincre de celle-ci, parce que pour le moment, j'étais pour le moins, un peu dubitative même s'il restait très agréable.

 


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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraDim 3 Avr - 14:38

Mark regarda par la fenêtre. Evidemment il était tombé sur une petite curieuse perspicace qui visiblement avait autre chose à faire que d'aller potasser ses dossiers. Evidemment il constituait une distraction pour elle, une oasis de questions sans risque ni conséquences. Evidemment il ne pouvait pas lui répondre honnêtement parce qu'il ne la connaissait que depuis cinq minutes et que c'était une potentielle collègue et qu'il ne voulait surtout pas d'un regard de pité sur le pitoyable vieux chien battu qu'il était parfois quand il pensait à sa femme et ses filles. En même temps il ne voulait pas qu'elle se fasse de fausses idées sur les raisons qui l'avaient poussé à migrer vers le sud, tel un oiseau en manque de chaleur et de soleil. Il ne voulait pas qu'elle pense qu'il était grillé là-haut et qu'il était venu se refaire une virginité professionnelle. D'abord parce que c'était faux mais qu'en plus les dossiers voyagent, à la vitesse de la lumière maintenant. S'il avait voulu cacher quoi que ce soit, un mail puis deux ou trois clics auraient pu ruiner ses efforts en une seconde. Pas crédible et elle devait le savoir aussi. La question était donc plus personnelle et visait à le connaître un peu mieux, sans qu'il décèle la moindre méchanceté ou curiosité mal placée, malsaine chez ce jeune lieutenant. Il décida de ne dire qu'une partie de la vérité. Après tout, il avait le droit d'avoir son jardin secret, ses réserves et ses non-dits. Il inspira profondément, regarda ses pieds puis de nouveau dehors avec un sourire mi-dépité mi-désabusé. Il n'était jamais à l'aise quand il s'agissait de parler de lui et ce n'était pas ici que ça allait changer, il le savait, d'autant plus qu'un inconnu suscitait toujours des questions. Il allait donc devoir rôder son discours assez vite s'il restait, de manière à satisfaire le besoin maladif des gens de connaître tout de lui en trois minutes chrono, tout en gardant le plus important pour lui. Et le mieux était de répondre de façon courte et de poser lui aussi des questions. Et à ce petit jeu, il était assez fort. Le sourire s'accentua, étirant brièvement les coins de sa bouche. Il se tourna vers la jeune femme, prenant quelques secondes pour la regarder avant de lui répondre. Comment le considérait-elle? Comme un vieux débris venu finir sa carrière avec une canne à pêche dans son bureau, pressé de faire ses heures avant que d'aller s'allonger au soleil, une casquette sur les yeux? Comme un arriviste sans foi ni loi, prêt à tout pour se faire mousser, prenant la pose avec chaque suspect arrêté, avide des caméras et clichés bon marché à la une du canard local? Visiblement non, il aurait senti son dédain sinon. Il soupira.

«Ah le sixième sens féminin! Vous avez raison. Je suis aussi venu pour fuir une femme. Je n'ai plus envie de la croiser tous les matins en allant travailler et Chicago est trop petit pour que nous y soyons tous les deux. Je sais ça fait encore très cliché mais c'est comme ça. Il y a deux raisons pour lesquelles j'ai quitté le Grand Nord, elle et le Poète. Besoin de recommencer à zéro, de changer d'air, de ne plus croiser son ombre. Besoin de revivre et de voir la vie devant moi.»

Il termina sa tirade en touillant inutilement son café. Il ne prenait jamais de sucre dedans, et le gobelet était vide. Seules quelques gouttes froides et amères y subsistaient, sans intérêt. Il releva la tête, il en avait assez dit pour qu'elle ne pose plus de question sans être indiscrète, et à moins qu'il ait raté un épisode, il n'était suspecté de rien. Il sourit enfin, plus détendu maintenant que ce cap était passé. Oh elle aurait encore des questions, mais elle ne les poserait plus qu'une fois qu'ils se connaîtraient mieux. Il avait besoin de temps de toute façon pour se livrer. Il était un peu comme une échalote, la peau plus fine et sensible que celle d'un oignon, vite à vif si on y prenait pas garde en abordant des sujets trop personnels, bien qu'il fasse attention à ne pas laisser grand chose paraître. Il fallait le connaître pour savoir comment s'y prendre et ce moment était encore loin d'arriver, même si la jeune femme avait l'air douce et agréable. Il lui avait dit la vérité, n'entrant tout simplement pas dans les détails. A son tour maintenant de lui en dire un peu sur elle. Il se leva et alla chercher deux nouveaux expressos, lui tendant son gobelet en se rasseyant:

«Et vous? Racontez-moi un peu pourquoi vous êtes devenue policier? Ça fait longtemps que vous êtes ici?»

Deux questions bateau mais d'après sa manière de répondre, elle lui en dirait beaucoup. Il allongea ses longues jambes devant lui, lui signifiant qu'il avait tout son temps, son regard continuant à balayer l'espace en attendant qu'elle parle.
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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraJeu 21 Avr - 16:48

Offers, potential and coffee.

◆ Feat Mark ◆


Le Poète, et puis quoi encore ? Non, il n'y avait clairement pas que le Poète pour qu'un homme de son âge se risque à Fairhope, si loin de "chez lui" si loin de ce qu'il avait toujours connu depuis des années. Moi, j'étais née ici, et si j'avais fait mes études et acquis un peu d'expérience en dehors de la ville j'étais revenue ici, sans doute pour ne plus jamais en repartir vu ce qui se passait, du moins, pas tant que le Poète sera dehors, c'est une certitude. Et puis qui sait ? Si jamais nous réussissons à avoir le Poète, peut être qu'il aura eu le temps de former des disciples pour continuer son oeuvre ? Je ne sais pas s'il serait de ce genre, aussi égocentrique à vrai dire. Mais cela ne m'étonnerait pas vraiment. Cela ne faisait cependant partie que d'une tentative d'hypothèse le concernant. Pour le moment, je parlais avec Mark qui venait d'arriver récemment en ville et qui avait passé son entretien avec le colonel qui jugerait s'il était apte ou non à nous rejoindre. Il réfléchit quelques instants avant de me répondre plus concrètement. Oui, le Poète l'avait attiré dans ces filets, comme bien d'autres avant lui, se faisant prendre dans ces nombreux pièges mais il fuyait aussi une femme. J'analysais ces paroles, et cela me fit sourire lorsqu'il me dit que Chicago était trop petit pour eux deux. Il ne voulait plus croiser son ombre. Ainsi donc, il fuyait un fantôme, du moins, c'est ce que je lisais entre les lignes, même s'il restait assez énigmatique, en disant suffisamment pour que je ne pose pas plus de questions à ce niveau là mais restant intriguant pour faire tourner mon cerveau à plein régime ou presque. Je ne disais rien de plus pour le moment, sans doute avait-il perdu sa femme, sans doute était-il veuf, depuis peut être un moment et que le Poète représentait une sorte d'exutoire ? Celui ou celle qui avait tué sa femme n'avait peut être jamais été retrouvé, du coup, il voulait se venger en tentant d'avoir notre tueur en série ? Possible, cette hypothèse tenait la route même s'il ne venait pas ici dans ce but là. Il ne pouvait plus rester à Chicago parce que le souvenir de sa femme était trop présent sans doute, alors au lieu de ressasser tout cela, il avait opté pour un nouveau départ, dans un autre endroit, vierge de souvenirs concernant celle qu'il avait aimé. C'était une stratégie qui se tenait. Moi, aussi j'avais des souvenirs d'être que j'aimais, mais je ne pourrais pas partir d'ici sans que le Poète ne soit arrêté, ça ne m'était pas venu à l'idée, ça me semblait même inconcevable. Plutôt que de s'enliser là-haut, il avait donc préférer venir ici pour tenter d'avoir une nouvelle dynamique. Je me trompais peut être, il avait choisi Fairhope, un peu par défaut, à moins que ça ne soit pour lui un nouveau défi à relever après avoir réussi à avoir le tueur de sa femme. Mais avait-elle était seulement tuée ? N'était-elle pas simplement morte d'une maladie ou d'un "banal" accident de la route ? Je ne savais pas, et pour le moment, je ne lui poserais pas la question de vive voix, parce que nous ne nous connaissons pas encore vraiment. Alors que mon cerveau analysait encore ces propos, il me retourna donc la question, comme je m'y attendais. Après tout, c'est un peu donnant donnant, n'est ce pas ?

" Je crois que c'est une histoire de famille. Mon père était dans la police, alors j'ai grandi dans ce milieu, à avoir peur pour lui parfois, à prendre pour ainsi dire part à des enquêtes. Mon père s'amusait à me poser des questions qui semblaient bizarres, mais je savais que cela avait un rapport avec ce qu'il faisait. Du coup, j'ai fait des études en criminologie. Je n'ai jamais vraiment quittée Fairhope, je suis née ici, alors le Poète je le connais, du moins, je connais ces meurtres à défaut de le connaître lui. "

Parce que si j'arrivais à le connaître lui, peut être que certaines choses seraient plus simple. Je ne suis pas profiler mais même les meilleurs n'ont pas réussi à tirer un profil type de ce tueur, parce qu'il semble tuer au hasard dans la population de la ville : des vieux, des jeunes, des hommes, des femmes, des droitiers, des gauchers ... Pourtant, il devait bien y avoir un point commun entre toutes ces victimes ! Je ne sais pas ce que cela pourrait être, un mot partagé avec lui, un regard. Il est si fou que cela pourrait être tellement de choses. Peut être que vous avez eu la malchance de le croiser au rayon lessive du supermarché du coin, que vous lui avez fait l'offense de prendre la même que lui et que ça ne lui a pas plus. Tellement de possibilité.

" Mais dites moi, pourquoi avoir choisi le Poète ? Je veux dire, pour un nouveau départ, il y avait sans doute mieux que Fairhope et son tueur en série qui reste introuvable depuis plus de trois ans. Miami cela aurait pu être bien ou Seattle, Dallas, la Nouvelle-Orléans ... Je ne vais pas vous faire toutes les villes qui pourraient être sympathique à visiter. Pourquoi ici plus particulièrement ? "

La question se voulait beaucoup plus précise même si elle n'était pas forcément plus indiscrète. J'avais toujours du mal à comprendre ceux qui n'étaient pas du coin, qui venaient de si loin pour prendre part à l'enquête, ça me dépassait presque. Moi, si je n'étais pas d'ici, je ne me serais jamais amusée à venir pour enquêter dessus.
 


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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraSam 23 Avr - 20:25

Elle mit un petit moment pour me répondre, juste le temps certainement d'ordonner ses pensées, d'en livrer un peu mais pas trop sur elle de manière à satisfaire ma curiosité. Après tout, qui sait si nous allions réellement travailler ensemble? Le Colonel pouvait très bien décider de ne pas me prendre et dans ce cas je ne resterai peut-être pas à Fairhope. Ce serait dommage parce que ce que j'avais vu de la ville me plaisait bien et cette Shandra avait l'air sympa. Si ça se trouvait, tout le commissariat était à son image, simple et chaleureux. Auquel cas, ça le changerait de Chicago où les relations avec ses collègues étaient devenues épineuses dans certains cas. Il aspirait de toute façon à des relations saines. Elle finit par prendre la parole, bien plus longuement que les premières fois, ce qui lui fit plaisir aussi:

" Je crois que c'est une histoire de famille. Mon père était dans la police, alors j'ai grandi dans ce milieu, à avoir peur pour lui parfois, à prendre pour ainsi dire part à des enquêtes. Mon père s'amusait à me poser des questions qui semblaient bizarres, mais je savais que cela avait un rapport avec ce qu'il faisait. Du coup, j'ai fait des études en criminologie. Je n'ai jamais vraiment quittée Fairhope, je suis née ici, alors le Poète je le connais, du moins, je connais ces meurtres à défaut de le connaître lui. " 

Ce qu'elle lui dit ne le surprit pas, bien souvent on était policier de génération en génération. De plus elle avait conservé cette curiosité naturelle que son père avait repérée et encouragée. Il avait su lui en donner le goût et lui avait montré comment l'utiliser. Elle poursuivit, amère quant à l'irruption du Poète dans sa vie, qui gâchait les existences et la ville tout entière. Elle mourait d'envie de l'arrêter et de le coller derrière des barreaux pour pouvoir enfin de nouveau respirer sans crainte. On sentait le dépit de n'avoir aucune piste, rien à se mettre sous la dent, rien pour aiguiller les recherches dans une direction plutôt qu'une autre. La volonté d'être utile et de le démontrer était palpable. Alors la question suivante sembla naturelle:

" Mais dites moi, pourquoi avoir choisi le Poète ? Je veux dire, pour un nouveau départ, il y avait sans doute mieux que Fairhope et son tueur en série qui reste introuvable depuis plus de trois ans. Miami cela aurait pu être bien ou Seattle, Dallas, la Nouvelle-Orléans ... Je ne vais pas vous faire toutes les villes qui pourraient être sympathique à visiter. Pourquoi ici plus particulièrement ? " 

Bonne question, à laquelle la réponse était fluctuante. Passée la décision de partir, Fairhope c'était presque naturellement imposée pour prendre ce nouveau départ auquel il aspirait tant. Oui pourquoi pas une autre ville, pourquoi celle-ci? Il y avait malheureusement dans le pays de nombreux points de chute où il pouvait exercer son métier, avec moins de risques pour sa carrière. S'il parvenait à y entrer, la police de Fairhope, engluée dans cette affaire sans piste pouvait très bien être synonyme de sables mouvants pour lui, de fin de carrière marquée par l'échec. Il y avait pensé, le meurtrier sévissant depuis si longtemps en toute impunité. Il ne pensait pas que son arrivée allait permettre de débloquer la situation. Non, il n'était pas Sherlock Holmes et n'allait pas se gratter la tête en regardant à droite à gauche et s'écrire en tendant l'index vers une personne «C'est lui! Voilà les preuves, c'est lui le Poète». Non il n'était pas ce genre d'homme ni de policier. Alors quoi? Que répondre honnêtement à cette jeune femme qui avait la politesse de venir discuter avec lui, pour satisfaire sa curiosité certes, mais avec douceur et sans indiscrétion. Mark tourna la question dans sa tête et finit par se lancer.

«C'est sûr, il y a de belles villes dans notre pays. J'ai pas mal voyagé aux Etats-Unis d'ailleurs et en dehors parce que je savais très bien que je ne resterai pas indéfiniment à Chicago. Mais, vous savez, quand j'ai pris la décision de m'en aller, j'ai tout de suite pensé à Fairhope. Peut-être parce que j'avais aimé La Nouvelle Orléans mais que je l'ai trouvée étouffante. J'ai aimé me promener en bateau dans la baie, discuter avec les gens pendant mes vacances. Alors je me suis dit pourquoi pas? Et en plus il y a le Poète. Ce n'est pas ma motivation principale pour venir ici. Vous ne me croirez sans doute pas, mais j'ai tout simplement aimé le coin. Par contre, j'aurais pu choisir Daphné, Bon Secour, Mon Louis de l'autre côté de la baie. Mais non, j'ai choisi Fairhope. Et là c'est pour le Poète. Si je peux travailler sur cette affaire, je ferai de mon mieux pour vous aider à le coincer. Je ne suis pas un super flic, je n'ai pas de baguette magique. Je vous aiderai comme tout policier sur cette affaire, parce qu'elle me tient à cœur. Il s'en prend à tout le monde et personne n'est à l'abri, même pas vous, même pas moi. Il s'en est pris à des gens sans défense, une enfant, une retraitée... Voilà. Je suis là pour ça. Et si on l'arrête? Je resterai là je pense. Comme je vous l'ai dit, j'aime le coin.»

Il lui sourit franchement, prêt à détailler pourquoi il se sentait comme un poisson dans l'eau ici.
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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraJeu 28 Avr - 18:19

Offers, potential and coffee.

◆ Feat Mark ◆


Il en avait su sur moi bien plus que précédemment, mais je ne lui avais pas tout dit non plus, non, je ne lui avais dit que le plus important, ce que tout le monde ou presque connaissait de moi au commissariat et même en ville. Tout le monde savait que j'étais lieutenant et fille de, même si ce dernier élément s'était plus ou moins perdu avec l'arrivée du Poète en ville. Il avait rabattu les cartes et je m'étais fait et forgé ma propre identité, même si on pouvait voir dans certaines de mes façons de faire, ces façons à lui. Il m'avait appris les ficelles du métier, et moi, je les tirais à présent toute seule pour faire au mieux. S'il n'y avait pas le Poète, on aurait pu dire que ma carrière était excellente, sans fausses notes, mais il était arrivé, pour nous pourrir la vie, complètement, assurément même devrais-je dire. Mark avait du le sentir dans mes propos d'ailleurs, il avait du comprendre que je vivrais mieux sans ce tueur, mais que je faisais avec et que ça ne me réussissait pas trop mal. Mon boulot était pour le moment ma vie, je ne m'amusais pas trop à m'éparpiller comme le font certains, non, je ne suis pas dans ce genre là. Je préfère restée focaliser sur peu de choses pour mieux réussir et cela s'était fait pour tout un tas de petites enquêtes, mais celle du Poète était bien trop épineuse malgré mon talent. Si je pouvais avoir des visions du futur ou des choses comme ça, ce serait plus simple, mais ce n'est évidemment pas le cas, qu'est ce que vous croyez. Je ne suis pas devin, malheureusement, j'ai envie de dire parfois. Je lui demandais donc ouvertement pourquoi il nous avait choisi, pourquoi ici, pourquoi Fairhope, pourquoi le Poète ? Sa réponse ne devait pas être mauvaise quoiqu'il arrive mais j'avais quand même quelques doutes, je ne savais pas trop quoi en penser, pourquoi se rapprocher d'un nid à embrouilles de cette façon ? J'écoutais donc sa réponse qui ne me paraissait pas très convaincante. Ainsi, il aimait le coin où nous étions et s'il avait choisi précisément Fairhope, c'était pour la beauté du paysage en plus de la présence de notre tueur en série. Ouais, peut être parce que j'ai vécu ici toute ma vie mais je trouve que le paysage est assez basique pour ainsi dire, commun. Je ne connais pas Chicago donc je ne peux pas comparer mais j'étais persuadée que cela ne devait pas être si différent d'ici. Un lac remplace l'océan, voilà la seule différence majeur à mes yeux en dehors du Poète et de la taille de la ville. Néanmoins, il avait le droit de vouloir changer de ville, ce n'était pas pour autant que j'allais le prendre de mon piédestal ou que j'allais spécifiquement lui faire de cadeaux, non. S'il faisait une erreur et que je le voyais, je le lui dirais, comme pour tous, même si je suis plus jeune que certains de mes collaborateurs. Que lui dire donc après cela ? Je ne savais pas trop, j'avais à mon sens fait le tour du personnage, du moins, j'en savais suffisamment pour le moment. En tout cas, j'appréciais son humilité, celle qui me faisait dire que cela devrait bien se passer avec lui dans l'équipe, qu'il n'allait pas vouloir à tout prix tout chambouler comme ça avait été le cas de certains qui avait été très rapidement remis en place par leurs supérieurs.

" Je ne sais pas si vous allez être avec nous sur l'affaire, mais je suis sûre que si c'est le cas, ça devrait bien se passer. Enfin, beaucoup sont venus tentés leur chance mais ils sont repartis en se cassant les dents. Nous verrons bien si vous avez les reins assez solides pour supporter la pression. En tout cas, si jamais vous sentez qu'elle est trop forte, j'aurais quelques petits endroits sympathiques à vous conseiller. "

Moi, je luttais de façon différente selon les moments contre cette pression qui régnait ici. Parfois, je m'en prenais à des zombies ou d'autres bestioles de ce genre là sur ma console de jeux vidéos, parfois, j'allais mangé un morceau dans un des restaurants de la ville, parfois, simplement boire un verre avec des inconnus ou presque. C'est comme ça que j'avais fait la rencontre de James d'ailleurs. Il n'est pas mon médecin traitant, mais en dehors de son nom je ne le connaissais pas et ma foi, il est fort intéressant bien qu'un peu trop bavard cependant. En tout cas, même si je ne pensais pas constamment au Poète, il était toujours là, dans un coin de ma tête, me demandant si je ne le connaissais pas, s'il n'était pas mon voisin, ce genre de choses.
 


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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraVen 6 Mai - 17:29

La jeune femme semblait septique en écoutant la tirade du grand blond. Et pourtant il était sincère, n'étant pas seulement là pour le Poète. Il avait choisi cette ville pour lui dans un premier temps mais il était persuadé que de pouvoir être heureux là ensuite, après que cette affaire soit terminée. Sa carrière avait été plutôt bien remplie et il n'aspirait pas encore à la retraite, non pas encore! Mais il n'avait plus envie d'un milieu aussi anxiogène qu'à Chicago. Il voulait du soleil et des gens qui sourient, des affaires normales et la vie qui va avec. Il estimait avoir eu une vie dure jusqu'ici, marqué par les deuils, les coups durs au boulot, un commissariat-usine. Des raisons simples mais que personne ne pouvait vraiment croire ou comprendre au premier abord, sans le connaître vraiment. Mais ici personne ne le connaissait alors ses phrases le faisaient paraître comme un arriviste de plus, servant des balivernes pour se faire accepter. Il aimerait pouvoir être embauché pour démontrer qu'il était un homme simple aspirant à une vie plus saine et loin de toutes les horreurs qu'il avait vécu. Il avait besoin d'un havre de paix et s'était fixé sur Fairhope, faisant abstraction du Poète en cela, persuadé qu'il ne pourrait pas nuire indéfiniment. Drôle de choix? Oui évidemment pour qui ne connaissait pas les cartes de sa vie.

Il regarda cette sorte de cafétéria, les policiers ou les agents administratifs qui y allaient et venaient, les sourires échangés, les blagues, les cafés offerts, même mauvais, la bonne entente détendue mais travailleuse qui se dégageait de ce lieu. Il ne voyait pas un paradis, il n'était pas si naïf tout de même, mais un endroit où il était plaisant de travailler malgré la pression de cette affaire, où les gens se parlaient, échangeaient autre chose que de l'animosité ou le dossier en retard. Il se disait qu'il serait bien, là, content d'une routine ronronnante une fois le cinglé sous les verrous. Peut-être bien qu'une fois qu'il aurait passé du temps dans cet endroit, qu'il aurait chassé ses démons, il aurait envie d'autre chose, de plus d'action. En tous cas, maintenant, là, pour les mois à venir, il ne se voyait pas ailleurs qu'à Fairhope. Il sourit à la jeune femme. Elle lui plaisait bien; elle était franche et directe et c'est quelque chose de si simple et si rare mais qu'il appréciait particulièrement.

Le jugement de Salomon tomba, il avait visiblement passé son examen minutieux sans encombre et il ne put que tomber d'accord avec elle:

" Je ne sais pas si vous allez être avec nous sur l'affaire, mais je suis sûre que si c'est le cas, ça devrait bien se passer. Enfin, beaucoup sont venus tentés leur chance mais ils sont repartis en se cassant les dents. Nous verrons bien si vous avez les reins assez solides pour supporter la pression. En tout cas, si jamais vous sentez qu'elle est trop forte, j'aurais quelques petits endroits sympathiques à vous conseiller. " 

Il sourit encore plus largement. Elle ne faillait pas à ses habitudes, exprimant tout de go ce qu'elle pensait. Il admirait quelque part les gens qui fonçaient comme ça, s'exprimant sans crainte et facilement, lui qui pesait souvent chaque mot et n'en prononçait pas beaucoup. Cette conversation était un record de volubilité pour lui, mais il fallait bien en passer par là pour se faire connaître et pourquoi apprécier et embaucher, d'autant que ce c'était pour une fois agréable et naturel.

«Merci Shandra. Je suis certain aussi que ça se passera bien si le Colonel veut bien de moi. Je suis un homme simple qui ne va pas vous compliquer la vie. Repartir si je ne suis pas pris? Non je ne pense pas. Comme je vous l'ai dit, je suis attaché à Fairhope. Le Poète a été une grosse motivation supplémentaire pour me lancer et me décider à venir. Et puis la pression, je connais, je n'en ai pas peur et je sais la gérer sans fausse modestie.»

Il regarda un peu autour de lui, surpris par sa dernière phrase. Sa gentillesse semblait sans bornes et ça le touchait mais il était aussi un peu gêné. Sans aucune arrière pensée, il réalisait que ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas passé un moment avec une femme en dehors de son travail, même avec une collègue. Il faudrait sans doute qu'il se débrouille pour inviter une tierce personne pour qu'il se sente à l'aise. Il n'aimait pas être le centre unique des attentions de quelqu'un et d'ailleurs il était là en ce moment un peu embarrassé, à parler de lui ainsi aussi longuement. Il n'en avait ni l'habitude ni le goût.  En même temps il se faisait peut-être des idées. Elle avait dit qu'elle lui «indiquerait quelques endroits sympathiques», pas qu'elle y viendrait avec lui! Il secoua la tête, consterné par ses pensées.

«Et bien c'est très gentil de me proposer vos petits secrets comme ça! Je n'hésiterai pas à vous demander où vous vous réfugiez en cas de trop de pression ou d'un coup de blues. Merci en tous cas!»

Il décida de continuer dans la confidence, puisqu'elle lui faisait relativement confiance.

«En général quand ça ne va pas, je pars nager. Autour de Chicago, si vous faites un peu de voiture, il y a beaucoup de lacs, d'endroits où vous pouvez vous ressourcer, être tranquille, penser à autre chose qu'à l'enquête en cours par exemple. Je pense qu'ici ça va être un peu pareil. Peut-être que j'achèterai un bateau aussi...»

Ce qu'il cherchait à lui dire c'était que aller dans un pub était pour lui quelque chose d'occasionnel qui finalement le détendait peu, à moins qu'il ne soit en compagnie de personnes qu'il appréciait. Dans ce cas là, ce genre d'endroits pouvait être très agréable.
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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraJeu 26 Mai - 14:29

Offers, potential and coffee.

◆ Feat Mark ◆


Il était là pour le Poète, ça me semblait finalement logique. Je ne savais pas si le colonel le mettrait sur l'affaire avec nous, mais si jamais c'était le cas, Mark devra bien faire attention, et puis, il va falloir résister à la pression, parce qu'on ne s'en rends pas compte, mais quand on est dedans, elle est difficile à gérer. Je ne m'en sortais pas trop mal à ce niveau là d'ailleurs. En tout cas, il n'était pas désagréable comme cela avait pu être le cas de certains nouveaux arrivants, vous savez, ceux qui se pensent meilleurs que les autres, se disant qu'ils pourraient arrêter le Poète comme ça, en claquant des doigts. Mais si c'était aussi simple, cela se saurait. Le Poète est quelqu'un d'intelligent, plus que la moyenne sans doute, c'est une certitude, parce qu'il sait comment agir, où agir, en permanence. Il a un train d'avance, et même si parfois nous arrivons à gagner un wagon, il vous relègue deux trains derrière avec sa prochaine victime. Plus le temps passe, plus les incertitudes sont grandes, plus les questions augmentent, moins de réponses nous avons. Mark n'y changerait rien, il en avait visiblement conscience me disant que tout était entre les mains du colonel et que la pression ne lui faisait pas peur. Bien, tant mieux pour lui, mais si jamais il ne la supportait pas l'espace d'une soirée ou quelques choses comme ça, je pourrais lui indiquer où boire un verre tranquillement sans se ruiner. Moi, quand ça n'allait pas, c'était soit ça, soit je m'amusais sur ma console de jeux vidéos, à tuer du zombie, ou à me prendre pour Lara Croft ou d'autres jeux vidéos de ce genre. Visiblement pour Mark, c'était la nage qui le détendait. Je ne suis pas vraiment adepte de cela. Je veux dire, pas vraiment même s'il m'arrive d'aller à la plage et donc de nager un peu mais ce n'était pas ce que je faisais pour me détendre en cas de trop plein. Non, je le faisais pour me détendre quelques fois dans l'année. La période estivale était propice à cela, peut être que je profiterais de l'arrière saison cela dit. En septembre, quand les touristes ne sont plus là, c'est plus agréable. Il me parla également d'un bateau. Cela me paraissait ambitieux, mais s'il avait quelques économies de côté, pourquoi pas.

" Après tout, chacun fait comme il veut pour lutter contre la pression, chacun à ces méthodes. Moi, j'aime bien boire un verre, ou jouer à un jeu vidéo, vous c'est faire du bateau ou nager un peu. J'espère en tout cas que tout cela sera positif pour vous, ce serait tellement dommage d'avoir quitter Chicago pour Fairhope et de se retrouver sans emploi. Ce fut un plaisir Mark, je reste persuadée que nous nous croiserons prochainement. "

Regardant l'heure sur mon téléphone, je voyais clairement qu'il était temps pour moi de reprendre le boulot, de gérer un peu de paperasse, rien de très important, mais quelques choses à faire au plus vite pour pouvoir passer à autres choses. Je le saluais donc, quittant le petit espace de détente. C'était une première rencontre qui s'était bien passée, seul l'avenir nous dira si les choix de Mark seront payants pour lui, mais je ne pense pas que le colonel le mette à la rue, il y a toujours besoin de monde ici, ne serais-ce que pour apporter une autre vision des choses.

 


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Sujet: Re: Offers, potential and coffee. FT ShandraSam 18 Juin - 0:03

Oui, ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas bavardé ainsi, qu'il n'avait pas lié connaissance avec quelqu'un de manière aussi naturelle et agréable, qu'il n'avait pas discuté avec une femme sans arrière pensée, juste pour le plaisir de découvrir l'autre, qu'il n'avait pas été accueilli de manière aussi chaleureuse et désintéressée. Elle ne savait pas s'il allait être embauché, et pourtant elle était venue lui souhaiter la bienvenue et jauger un peu aussi le nouveau venu qu'il était. La chaleur des gens du Sud n'était pas une légende, elle était réelle et il en avait eu déjà quelques aperçus, même si on le dévisageait de prime abord. Il avait reçu des conseils, de l'aide pour s'orienter, une offre de le déposer à l'office du tourisme, des sourires et de la bonne humeur, de la courtoisie et de la bienveillance. Oh il avait aussi croisé des méfiants et des grincheux, des timides et des grognards qui pestaient contre les touristes, catégorie dans laquelle tous l'avaient rangé jusqu'ici. Dans l'ensemble il était tout de même conforté dans son choix, bien persuadé qu'il avait eu raison de partir de cet enfer de Chicago qu'il ne pouvait plus voir en peinture et où il avait fini par être si malheureux. Il était content d'avoir suivi son intuition et son envie de venir ici et pensait pouvoir ici rebâtir quelque chose de nouveau, dans un climat plus serein et plus sain, si on faisait abstraction du Poète. Bien sûr, celui-ci était l'alibi professionnel qui l'avait poussé à faire des milliers de kilomètres pour venir se poser sur les rivages de Fairhope et c'était une motivation puissante mais finalement secondaire, une sorte de cerise sur le gâteau. Le principal était bien Fairhope et sa baie, son cadre et ses habitants, la Nature et ce qu'il avait envie d'y faire. Y trouver aussi un moyen d'exercer son métier était un plus qui l'avait fait se décider plus tôt qu'il ne l'avait songé au départ, mais il en était content. S'il pouvait d'une manière ou d'une autre contribuer à arrêter cette ordure qui polluait la ville par son existence et sa malfaisance, alors il était plus que partant.

La jeune femme, prévenante en plus que d'être chaleureuse s'inquiétait de son bien-être en cas de sur-pression. Ah si seulement elle avait pu savoir ce qu'il avait traversé et subi dans sa carrière, elle ne se serait pas soucié de lui ainsi. Il en avait vu d'autres, mais cette délicatesse et cette gentillesse le touchèrent et l'émurent. Elle ne se détendait visiblement pas de la même manière que lui et paraissait surprise de la façon dont il s'y prenait. Apparemment l'activité physique ou le contact avec la Nature n'étaient pas son truc. Soit. Dommage de vivre dans un si bel endroit et ne pas en profiter. Peut-être que la vague estivale de touristes l’éloignait provisoirement des plaisirs des balades en bord de mer ou d'une virée en bateau, il l'espérait en tous cas et pensait bien dénicher quelques endroits que les touristes n'envahissaient pas, parce que trop difficile d'accès par exemple, ou trop loin des sentiers battus. Mark était un spécialiste pour dénicher ce genre de perles rares où finalement seules quelques rares personnes persévérantes venaient. Son goût pour la solitude le poussait à chercher ces havres de paix isolés du tumulte. En même temps, il essaya de s'imaginer assis sur un canapé en train de jouer à la console et il se mit à rigoler doucement. Pour dissiper tout malentendu, il rassura Shandra:

«Je ris parce que j'essaie de m'imaginer en train d'essayer de me détendre en jouant à un jeu de baston, tapant comme un fou sur la manette! Ah non, je crois que ce serait pire finalement! On a tous nos petits trucs pour relâcher la pression, c'est ça le plus important. En plus si vous vous éclatez avec les jeux, c'est bien pour vous, ça vous défoule.»

Visiblement la rencontre touchait à sa fin puisqu'il la vit regarder l'heure sur son téléphone. Combien de temps s'était écoulé? Vingt minutes, une demie heure, quelque chose comme ça. Elle avait certainement pris une pause plus longue que ce qu'elle avait prévu au départ et maintenant ses dossiers la rattrappaient et s'étaient invités dans son esprit, se rappelant à son bon souvenir. En tous cas, il apprécia qu'elle ait passé autant de temps avec lui, comme ça, juste pour voir, pour l'accueillir et découvrir un peu qui il était. Il se leva et la remercia quand elle prit congé de manière toujours aussi amicale:

"J'espère en tout cas que tout cela sera positif pour vous, ce serait tellement dommage d'avoir quitter Chicago pour Fairhope et de se retrouver sans emploi. Ce fut un plaisir Mark, je reste persuadée que nous nous croiserons prochainement."

 
«Merci Shandra, ravi d'avoir fait votre connaissance, vraiment. Et effectivement, j'espère que nous nous recroiserons, ici même. Ce serait l'idéal! Ça voudrait dire que j'ai réussi à convaincre le Colonel et que peut-être je travaillerai sur l'affaire du Poète. Qui sait? Gardez toujours cette gentillesse en tout cas, c'est une chose précieuse. Bonne fin de journée!»

Il la laissa partir vers ses dossiers et se replongea dans la recherche d'une voiture sur le panneau des annonces, l'esprit encore accaparé par cette sympathique rencontre. Il y voyait un bon présage et repartit confiant du commissariat.
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Offers, potential and coffee. FT Shandra

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