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 Job dating Ft Colonel Åkerfeldt

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Sujet: Job dating Ft Colonel ÅkerfeldtVen 18 Mar - 22:18

Il était arrivé la veille de Chicago, avec seulement deux valises et un gros sac. Il avait laissé le superflu là-haut, donné beaucoup de choses tant à des amis qu'aux pauvres. Il était pressé et pas attaché aux biens matériels. Ce qu'il avait embarqué tenait donc en fringues, CD, livres et souvenirs de sa femme et de ses filles, c'est tout. Il avait largué les amarres et c'était très bien comme ça. Pour repartir de zéro, c'était nécessaire. Il ne s'était pas posé beaucoup de questions avant d'arriver à Fairhope, occupé avec les démarches, les abonnements, l'administratif et les préparatifs. En fait, il s'était réveillé un beau matin de jour de repos avec l'idée fixe de partir sur le champ, idée qui n'était pas passée après la douche, ni le café. Alors il avait foncé et mis son sens de l'organisation au service de ce déménagement éclair.  Il avait posé son barda dans un hôtel et mis le cap sur le commissariat sans même défaire quoi que ce soit. Il avait un peu repéré les lieux, déambulé parmi les gens du cru et les touristes, se faisant passer sans mal pour l'un d'entre eux d'ailleurs, avec sa peau bien blanche et ses questions pour s'orienter. Une boulangère l'avait envoyé à l'Office du tourisme où il s'était muni d'un plan et d'une palanquée de dépliants. Il était rentré à son hôtel tout collant de la moiteur estivale, harassé et fourbu après avoir fait le tour de la ville et dîné en bord de mer.

Le lendemain, il avait passé une chemise de lin blanche, un pantalon noir à pinces et une veste légère et s'était présenté au commissariat. Il avait fini, à force d'expliquer à ses interlocuteurs la raison de sa venue, par décrocher un rendez-vous en bonne et due forme avec le Colonel à la tête de ce petit monde. Petit monde en comparaison avec la ruche de Chicago où il officiait encore quelques jours auparavant, mais tout de même assez important pour créer ce parfum d'effervescence qu'il adorait et auquel il avait hâte de participer, si tenté qu'on veuille bien de lui, bien sûr. Il n'avait aucune lettre de recommandation, rien qui indiquait ses compétences, son statut. Il n'en avait pas  voulu, bien que son supérieur hiérarchique le lui en ait proposé une. Il voulait pouvoir faire ses preuves, comme un bleu. Il savait qu'il y avait de fortes probabilités qu'il commence comme officier de base et fasse le boulot dont personne ne voulait mais c'était le jeu et c'était comme ça qu'il voyait les choses. En plus, il en apprendrait bien plus sur les gens et la ville et son atmosphère comme ça. Et puis il aimait être au contact des gens. Chicago ne lui manquait pas et il y avait peu de chances que ça change, Poète ou pas. Sa femme et ses filles étaient partout avec lui et c'était ça l'essentiel. En déambulant dans les rues il avait déjà un peu pris la température et son œil exercé avait déjà repéré les quelques endroits à problèmes de la ville, les bars et restaurants branchés, les points de chute favoris des touristes et donc des pickpockets.

Le jour J, un brin nerveux, il avait repassé sa carrière en revue, noté mentalement les points importants à souligner. Il avait décidé qu'il fallait que son nouveau supérieur soit au courant de son passé et donc de ses fantômes et de ce que ça impliquait dans sa vie. Il avait des insomnies depuis des années maintenant, vivait tout seul depuis très longtemps et n'avait pas l'intention que ça change. Il était un bourreau de travail et avait déjà maintenant derrière lui une carrière bien remplie, émaillée de succès dont il était somme toute assez fier. Il s'annonça donc, et s'assit, les mains un peu moites, tant du climat tropical que d'une petite appréhension qu'il chassa du mieux qu'il put, puisant dans la force de sa confiance en lui, attendant que le Colonel Åkerfeldt vienne le chercher, fixant la porte de son bureau de son regard bleu et déterminé.
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Sujet: Re: Job dating Ft Colonel ÅkerfeldtLun 11 Avr - 14:00

Il n’y avait pas à dire, c’était typiquement le genre de journée que le colonel abhorrait. Cloitré dans son bureau dont les murs commençaient à s’imprégner de l’odeur du café qu’il consommait en grande quantité afin de tenir pour les prochaines heures qui s’annonçaient particulièrement longues, il faisait un effort considérable pour se retenir de bailler devant les potentielles recrues qui défilaient depuis l’aurore. Courtois et souriant, il faisait de son mieux pour ne pas soupirer ni lever les yeux au ciel, préférant parfois se contenter d’une gorgée du liquide brun qui reposait sagement au fond de sa tasse, maquillant les apparences pour ne pas vexer une jeune femme désireuse de rejoindre son équipe ou un candidat uniquement intéressé par l’avancée de l’Enquête qui avait réussi à obtenir un entretien pour grappiller quelques infos. Les plus timides et indécis lui prenaient le plus de temps, bafouillant et se reprenant à maintes reprises, impressionnés de se retrouver au coeur de la fourmilière et voir grouiller toutes ces ouvrières. Certains s’attendaient à gravir les échelons rapidement, ou obtenir une place particulièrement bien payée en raison des dangers de la profession ; mais ceux-là tournaient vite les talons quand Arthur leur annonçait leur salaire de débutant, les horaires ingrats qu’ils allaient devoir faire pendant quelques années avant d'espérer pourvoir devenir Détective. Après tout, tant pis si il fallait en passer par là, il leur fallait bien quelqu’un pour leur annoncer la nouvelle et leur faire savoir qu’il n’y avait rien de glamour à rejoindre les forces de l’ordre. Tout ça c’était bon pour les séries télé, et il n’y avait franchement pas la place pour de telles niaiseries ici, surtout entre les quatre murs étroits du bureau du colonel.

La chaleur ne lui rendait pas non plus la tâche facile, mais peu importait. Les curriculum vitae défilaient sous ses yeux, les visages aussi. Il s’étonnait parfois que les photos qu’on avait choisi sur les fameux CVs ne soient pas du tout représentatifs de la réalité, et il fut même contraint de serrer les dents lors d’un entretien, à deux doigts de lâcher prise et de se mettre à rire, ses nerfs littéralement prêts à lâcher. Mais il n’en fit rien ; la perspective de perdre encore plus de temps sur ces fichus tâches administratives ne l’enchantait guère, et plus vite il serait débarrassé, plus vite il pourrait se pencher à nouveau sur l’affaire du Poète et tenter de trouver une nouvelle piste plus exploitable que les précédentes. La moindre minute était comptée sur ce genre d’enquête, et Dieu en personne ne devait même pas savoir à quel moment ce fou allait encore frapper. Secrètement, Arthur songea qu’une nouvelle victime ne serait pas malvenue ce jour-là, et qu’il serait toujours plus agréable de faire un pas de plus vers l’arrestation de ce maniaque plutôt que d’avoir à répéter les mêmes questions en boucle à un énième gamin paumé venu faire de la lèche. Certes, la pensée paraissait bien déplacée et Arthur pouvait entendre la voix de sa mère dans un recoin de son crâne ruisselant déjà de sueur en raison de la chaleur écrasante ; elle lui répétait une fois encore qu’on ne pouvait pas souhaiter la mort des gens, même pour rire. Cela ne se faisait tout simplement pas. Est-ce qu’Arthur s’en souciait encore ? Non. Une victime de plus ou de moins, après tout, tant pis, c’était ainsi depuis trois ans et ce n’était visiblement pas près de changer. Alors autant laisser le Poète laisser trainer des pièces de son fichu puzzle, il serait là pour passer derrière lui et les ramasser. Du moment qu’on ne lui arrachait pas son fils, le monde pouvait continuer de tourner normalement.

Arthur ouvrit la porte de son bureau. « Vous allez recevoir une réponse par mail dans la semaine, il n’est donc pas utile de surcharger les standards en appelant le commissariat tous les jours pour savoir si votre candidature a été retenue. » Serrant la main du candidat, il le gratifia d’un sourire qui semblait sincère, avant de relever la tête vers le reste de l’assemblée que constituaient les quidams regroupés dans la salle d’attente. « Suivant. » Est-ce qu’il avait au moins pris la peine de noter les noms des personnes avec qui il avait un entretien prévu ce jour-là ? Il les avait tous griffonné à la hâte sur un brouillon qu’il avait laissé trainer sur un coin de son bureau, et à chaque nouvelle tête, il rayait le nom qui allait avec pour savoir où il en était. « Entrez, installez-vous. » Le colonel n’était pas plus étonné que ça par l’âge de l’homme qui venait justement de se lever pour venir le saluer. Il en avait vu d’autres, et il ne serait certainement pas le dernier à faire le déplacement jusqu’ici. Quelques semaines en arrière, il s’était même entretenu avec un septuagénaire très motivé, qui souhaitait travailler bénévolement et qui avait évidemment beaucoup de temps libre et des enfants qui ne lui rendaient plus assez souvent visite pour qu’il parvienne à tuer l’ennui. Arthur avait failli céder, se disant qu’un retraité au standard ne serait pas spécialement mal venu, s’imaginant à la place de ce vieillard d’ici une petite quinzaine d’années, seul et perdu sans son fils qui ne serait certainement plus de ce monde d’ici là… Il avait fini par l’orienter quelques temps aux archives avant de lui trouver un poste à la mairie qui avait besoin de jardiniers volontaires pour entretenir les bois et les parcs de Fairhope suite au décès de Mary Wilson. « Vous êtes Monsieur... ? » Le colonel chercha sa liste, perdue entre des montagnes de dossiers qui lui restaient à traiter. Bientôt il faudrait qu’il recrute son propre assistant qui pourrait s’occuper des recrutements pendant qu’il déléguerait des affaires sans importance à ses officiers, afin qu’il puisse enfin se concentrer. « Vous avez votre CV sur vous ? » Arthur s’installa à son tour, saisissant sa tasse de café pour rapidement refaire le plein d’énergie avant le début des hostilités.

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Sujet: Re: Job dating Ft Colonel ÅkerfeldtLun 11 Avr - 19:48

Il ne s'était pas attendu à ça. La salle d'attente dans laquelle il prit place était bondée de gens de toutes sortes, hommes et femmes, jeunes et vieux, patients ou trépignant sur leur chaise. Certains faisaient les cent pas, signe qu'ils attendaient depuis un moment. Il avait rendez-vous à 17h30 et prit conscience que ce n'était pas un avantage. D'abord parce que le Colonel avait pris du retard au fil de ses rendez-vous, ensuite parce que d'expérience, on était moins attentif et moins patient en fin de journée qu'au début, ensuite parce que si tous venaient comme lui pour un entretien d'embauche, il devait peut-être revoir son ambition à la baisse. Oh certes il savait qu'il n'était pas attendu et pensait bien que le commissariat de Fairhope devait faire face à pas mal d'engouement en raison de la présence du Poète. Il voyait donc les candidats autour de lui triturer leur CV d'un air anxieux ou bravache, c'était selon. Il allait donc devoir être court, concis et clair pour retenir l'attention du recruteur et faire mouche. Il avait déjà la chance d'avoir obtenu un rendez-vous rapidement, alors autant s'estimer heureux! Il s'arma de patience, jaugeant qu'il avait environ une demie-heure d'attente devant lui. Il aperçut brièvement plusieurs fois le maître des lieux et en conclut aussi qu'il avait certainement dépassé la dose de café nécessaire, l'odeur du breuvage noir s'échappant par la porte du bureau en face duquel il était assis à chaque ouverture. Les personnes défilaient et Mark perçut rapidement l'inutilité d'être arrivé en avance. Finalement, le chef des opérations était ici aussi débordé que celui de Chicago, et quelque part cela le rassura, habitué à cette routine d'urgence, de surcharge de travail, de temps toujours trop court et manquant. Il en prit bonne note et décida de prendre son mal en patience, restant flegmatiquement assis sur son siège sans bouger d'un pouce, ce qui épatait visiblement les autres qui s'agitaient en s'éventant tout en le regardant de travers. Était-ce une journée dédiée au recrutement, une sorte de job-dating ou bien se cachait-il dans la foule des demandeurs d'autres types de rendez-vous? Impossible de savoir mais Mark pouvait sentir la nervosité chez tous, ce qui paradoxalement, le calma. Lui qui avait les paumes un peu moites à son arrivée était maintenant plus détendu et son immobilité relative lui permettait de moins souffrir de la chaleur.

Pendant cette attente forcée, son esprit dériva vers ce qu'il avait vu depuis la veille. Il avait sillonné la ville à pied, armé de son plan, couvrant une bonne partie du terrain, et finissant par la détente avec une promenade sur la plage. Il avait vu des touristes insouciants, des vacanciers détendus et venus ici pour passer de bons moments et oublier les soucis du quotidien, le travail, les factures. Il avait vu des gens souriants et heureux d'être là, s'offrant des glaces lapées goulûment sur le sable, entre deux éclats de rire. Il avait aussi vu des gens anxieux, regardant les autres d'un œil méfiant, soupçonneux et suspicieux et avait ainsi pu mesurer les ravages que le Poète avait fait dans la tête des citoyens locaux. Les commerçants avaient tout de suite perçu qu'il n'était pas du coin. Même s'il avait eu le bronzage ou l'accent adéquat, il savait qu'il aurait été perçu comme un étranger. Les gens percevaient ça à votre façon de chercher les informations, à vos changements de direction ou à votre hésitation, sans parler de l'intuition. Il avait alors répondu aux questions curieuses en disant qu'il était ici en tant que touriste, ce qui, au vu de la salle d'attente pleine, pouvait très bien être vrai en fin de compte.

Il en était là dans ses réflexions quand la personne qu'il avait repérée comme étant juste devant lui se leva et s'engouffra dans le bureau, répondant au doux appel de "Suivant.". Il en déduisit que le Colonel avait peut-être perdu la liste nominative de ses rendez-vous ou qu'il ne voulait pas s'encombrer avec, réduisant l'appel de son prochain rendez-vous au lapidaire mais efficace «Suivant», charge à celui-ci de saisir l'occasion sous peine de voir un autre anonyme lui souffler la place. Pragmatique. C'était aussi ce qui se dégageait de cet appel. Cet homme ne faisait pas dans le sentiment, du moins pas avec sa salle d'attente, ce qui expliquait aussi la nervosité des jeunes bleus qui imaginaient peut-être un dragon dans cet antre caféiné caché derrière une porte banale... Mark décida de se préparer de manière à répondre aussitôt au prochain appel afin de ne pas faire attendre son potentiel supérieur hiérarchique, du moins l'espérait-il. Il avait pris la précaution d'emporter avec lui son curriculum vitae ainsi que les grandes lignes des plus grosses affaires sur lesquelles il avait travaillé, au cas où la curiosité demanderait à être satisfaite.

Lorsque la porte s'ouvrit de nouveau et que le Colonel prit congé du candidat précédent, Mark était donc prêt et se leva tranquillement. Il tendit la main tandis que le gradé l'accueillait. Il s'installa donc, présentant les feuillets demandés tout en déclinant son nom.

«Bonjour Colonel, je suis Mark Shifflett, enchanté. Tenez, voici mon CV. Je viens de Chicago.»

Il regarda le fauteuil, fatigué mais sans doute confortable, les dossiers entassés en piles sur le bureau, les étagères et grignotant en piles à l'équilibre hésitant l'espace au sol. Pas de doute, cet homme avait du pain sur la planche et ces entretiens d'embauche l'épuisaient, le poussant à chercher de l'énergie dans sa tasse de café. Il sourit, attendant poliment d'être invité à prendre la parole, bien droit dans son siège, regardant son vis-à vis prendre connaissance de son parcours.
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Sujet: Re: Job dating Ft Colonel ÅkerfeldtDim 8 Mai - 23:24

Le colonel se demandait souvent s’il n’avait pas déjà croisé la route du Poète. Pas simplement par le biais du travail ou sur les scènes de crime, pas non plus lors de la battue organisée autour du Willow Lake. Non, dans ces cas-là il se doutait fortement de la présence du bourreau, sinon à quoi bon faire régner le chaos et semer la terreur si ce n’était pas pour venir observer l’impact de son « oeuvre » sur les misérables citoyens sans défense qui n’avaient strictement rien demandé. Et c’était franchement rageant d’imaginer le tueur en série parmi la foule sans savoir à quoi il pouvait ressembler. C’était plus que frustrant de ne pas pouvoir le chopper par le col et lui filer une bonne droite ; au moins ça, avant un procès digne de ce nom et une sentence à la hauteur de ses crimes. Mais au-delà de ça, Arthur commençait presque à devenir parano en dehors du boulot. Un inconnu sur sa route venant lui quémander une cigarette ? Le boulanger au coin de la rue ? Le serveur qui lui avait apporté le plateau de fruits de mer qu’il avait commandé dans un des meilleurs restaurants du coin quelques jours auparavant ? De potentiels suspects. Tous autant qu’ils étaient, du moment qu’ils respiraient et qu’ils étaient en bonne condition physique pour empoisonner, assassiner et graver quelques mots dans la chair d’autrui, le colonel envisageait de les interroger, de passer leurs demeures au peigne fin. Au final, c’était peut-être bien la seule solution qui leur restait : boucler toute la ville, interdire qui que ce soit de quitter le comté et procéder à la fouille de chaque foyer. Il n’y avait que comme ça qu’ils pourraient finir par trouver un indice, aussi maigre soit-il, afin d’avancer sur cette maudite enquête qui refilait des migraines à tout le commissariat.

Par corrélation, il était plutôt légitime de se demander si le Poète ne foulait pas fréquemment le sol des services de police. Après tout, c’était la planque idéale et le meilleur moyen de brouiller les pistes en faisant disparaitre des preuves ou en en créant d’autres bien inutiles. Mais difficile de pouvoir porter des accusations envers ses confrères ; c’était prendre le risque de passer pour un illuminé si la piste en question ne menait strictement nulle part. On ne pouvait tout simplement pas se permettre de passer les menottes à un collègue sans avoir mené une enquête précise et pointilleuse, à la limite de l’obsession. Il ne fallait pas non plus se frotter à un gradé trop important, sans quoi le flic en question s’empresserait de faire appel à ses connexions pour se sortir de ce mauvais pas et ruiner la carrière de celui qui avait eu l’audace de le mettre au piloris. Pour l’instant donc, ils étaient une bonne centaine de crétins à faire comme s’ils étaient tous honnêtes et les mieux intentionnés du monde mais il faudrait qu’ils se trainent dans la boue les uns après les autres d’ici peu. Il serait alors bien moins facile de montrer patte blanche…

Même alors qu’il s’apprêtait à faire passer un entretien à une énième personne ce jour-là, son esprit dérivait encore et toujours vers ce cher et tendre Poète, incapable de stopper ses réflexions et s’empêcher de songer à l’affaire. Il saisit le curriculum vitae de l’homme qui venait de s’installer en face de lui, après avoir fermé la porte grinçante de son bureau exigu aux relans de café froid. Arthur ne fut pas étonné de voir que son interlocuteur n’était pas originaire de la région. « Pourquoi Fairhope ? » Le colonel connaissait déjà la réponse. Cela ne changeait jamais ; soit les plus timides prétextaient que les plages de sable fin les avaient attirés ici, soit les moins hypocrites répondaient qu’ils étaient là pour arrêter le Poète, qu’une contribution même minime à cette enquête historique ne pouvait être qu’un avantage pour leur carrière à peine lancée. Dans tous les cas, le cinquantenaire devait faire un effort considérable pour se retenir de soupirer, se mordant presque la lèvre pour s’empêcher de répondre qu’il n’y avait rien de prometteur ici, que la nature elle-même allait finir par rendre l’âme, que l’air serait bientôt létal et qu’il ne resterait plus que leurs fantômes pour habiter les rues de la ville. Enchanté ? Le colonel ne l’était pas franchement de rencontrer un énième suspect potentiel, ou une future recrue prétentieuse. Car à en juger par le CV de ce fameux Mark, il était loin d’en être à son coup d’essai et il avait déjà fait ses preuves ailleurs, loin des plages sanglantes et glauques de Fairhope. « Je n’ai pas de poste pour un gradé, je n’ai qu’un job d’officier à vous proposer. Vos références sont bonnes et je vois que vous venez de loin, mais il faudra faire vos preuves ici avant d’espérer obtenir votre propre bureau. » Il releva la tête vers l’autre homme. « Si c’est un problème, je crains que cet entretien n’aille plus loin. » Franc et expéditif. Il se devait de l’être s’il ne voulait pas perdre son temps inutilement, et la tache s'avérait de plus en plus compliqué.

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Sujet: Re: Job dating Ft Colonel ÅkerfeldtMar 24 Mai - 0:03

Minuté. Le Colonel semblait avoir avalé un chronomètre et menait le début de l'entretien tambour battant, enchaînant une question et l'annonce to de go qu'il n'avait de poste de gradé à pourvoir et qu'en gros si ça ne lui convenait pas, il pouvait très bien repasser la porte dans l'autre sens. Une minute? Une minute trente à tout casser, entrée, survol du CV et invitation à aller voir l'herbe plus verte ailleurs comprise. Un record? Non, il pensait que son vis à vis pouvait même être plus expéditif encore, expérience oblige. Mais il n'était pas un bleu alors il avait eu le droit à quelques secondes de plus. S'il en était content? Bah, il savait bien comment cela se passait donc n'était finalement pas surpris. C'était juste le langage direct qui changeait. Pas d'emballage mielleux, de mots vides. Direct, sec et précis. Il appréciait.

Mark sourit. Il avait vu juste le Colonel n'avait pas le temps. Il était énervé d'être vissé à son fauteuil alors que les piles de dossier ne cessaient de croitre dans son dos. Les secondes s'égrenaient et le Poète était dans les rues de sa ville et ça, n'importe quel policier, gradé ou non, jeune ou vieux ne pouvait le tolérer. Il le comprenait fort bien et sentait les fourmis de l'excitation d'une enquête lui picoter les jambes. Oh oui ça lui manquait. Recommencer sa carrière ici en tant que simple officier? Pourquoi pas? Il se fichait bien du grade pourvu qu'il puisse se rendre utile, faire son métier et vivre ici. Il trouverait bien le moyen de monter les échelons, ayant confiance en ses capacités et son travail. S'il pouvait renforcer les équipes certainement surchargées de travail du Colonel en étant simplement homme de base, et bien soit. En plus il ferait certainement des choses qu'il n'avait plus faites depuis vingt ans au bas mot et cela lui servirait de cure de jouvence.

Ces quelques secondes de réflexion pendant que le colonel parlait lui permirent de prendre sa décision. Comme il allait vivre tout seul et n'avait pas besoin de grand chose et qu'en plus il avait un petit pécule, il pouvait bien se permettre la différence de salaire avec son ancien poste. Il décida donc de sauter sur l'occasion et de répondre le plus succinctement et efficacement aux questions, afin que chacun gagne du temps et passe aux choses sérieuses: des démarches pour Mark et la suite de sa longue journée pour le Colonel, la salle d'attente étant encore loin d'être vide, lui laissant peu de répit, raison du traitement expéditif dont il gratifiait le grand blond. Il choisit cependant soigneusement ses mots, tout impair signifiant la porte avec une rapidité implacable, sans joker évidemment.

«J'ai choisi de venir à Fairhope pour enquêter si possible sur le Poète, autant être franc avec vous. Je viens de Chicago mais j'ai entendu parler de ce meurtrier. Si je peux vous aider à le coincer j'en serais ravi. Et si pour ça je dois repasser par la case départ et être simple officier, ce n'est pas grave. Vous avez certainement besoin d'hommes pour faire le travail de base et cela ne me dérange pas. Il faut bien le faire. Et si en plus vous avez besoin d'un coup de main sur l'Affaire qui vous préoccupe jour et nuit, je suis là. J'ai déjà travaillé sur ce genre de cas.»


Rapide et limpide aussi de son côté. Sans ego susmentionné de sa part, il savait que sa candidature était intéressante. Il n'avait pas prévu qu'il n'y aurait pas de poste d'officier de disponible mais ça n'était pas grave en soi. Toutes les forces de police devaient avoir pour mission d'ouvrir l’œil et de signaler toute chose incongrue et donc, en plus de leurs tâches classiques, participaient elles aussi de manière indirecte à l'affaire. Et puis en cas de nouvelle victime tout le monde était mis à contribution, il le savait bien. En plus, il n'était pas forcément là que pour le Poète, alors il avait son temps pour retrouver un grade, il n'était pas pressé. Et c'était là aussi qu'il voulait tranquilliser le Colonel Åkerfeldt, il n'était pas carriériste, pas arriviste, à peine ambitieux. Il savait ce qu'il valait et que donc tôt ou tard, il aurait une promotion, peu importe donc le temps que ça prendrait. S'il n'y en avait pas, et bien tant pis.

«Vous savez, j'ai occupé le poste de Lieutenant autrefois. Je suis parti pour diverses raisons, et j'ai recommencé à la base. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive. Je sais être patient. Si vous avez besoin d'un officier tout de suite, je suis disponible.»

Il prenait un peu plus de temps que le Colonel pour dire les choses, mais elles étaient maintenant claires entre les deux hommes. Au gradé de faire son choix. S'il n'était pas retenu, Mark serait forcément déçu et devrait reconsidérer certaines choses, mais il avait décidé de s'installer à Fairhope, alors... Il était sûr qu'il n'aurait pas bien longtemps à attendre, ayant observé l'homme pendant qu'il lui répondait. Il était étonnant qu'un si grand impatient ait consenti à s'asseoir derrière un bureau. Il y avait quelque chose là qui l'intriguait. Peut-être que s'ils avaient l'opportunité de faire connaissance, Mark comprendrait pourquoi le Colonel était coincé derrière ses dossiers, à boire son café amer entre deux rendez-vous.
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Sujet: Re: Job dating Ft Colonel ÅkerfeldtDim 26 Juin - 21:13

Arthur avait bien envie de lui répondre que non, même en arrivant tout droit de Chicago, il ne pouvait pas avoir bossé sur ce genre d’enquête. Ce n’était pas possible. Il n’y avait qu’un Poète, qu’une ville aussi paumée que Fairhope pour laisser courir un meurtrier de cet acabit dans ses rues. À New York ou ailleurs, ils auraient déjà mis la grosse pomme en quarantaine, contrôlé chaque entrée et sortie de tous les individus, enfermé tous les potentiels suspects, voire mis à mort un paquet d’entre eux juste au cas où, histoire de s’assurer que le psychopathe ne pourrait plus s’aventurer dans leurs demeures. Aux quatre coins du pays, on avait sans cesse les yeux braqués sur la municipalité du fin fond de l’Alabama, le doigt toujours pointé sur eux afin de démontrer à quel point ils étaient incapables et débordés. Mais même en faisant débarquer les fédéraux, personne ne parvenait à coincer ce taré, c’était bien la preuve que l’humanité avait à faire à un nouveau fléaux, une pandémie de mots et de cadavres contre laquelle ils ne pouvaient strictement rien. Alors Arthur fixait le potentiel officier en se disant que non, il n’avait jamais rien vu de tel, et qu’il n’aurait pas l’occasion de recroiser ce genre de meurtrier à chaque coin de rue. Évidemment, c’était ce qui l’avait attiré ici au final, comme bon nombre de gamins surexcités à l’idée de pouvoir se retrouver nez à nez avec un corps et avoir la sensation de vivre dans un jeu vidéo grandeur nature. Au moins, ce Shifflett connaissait le métier, ce n’était pas une sorte de curiosité morbide qui l’attirait ici. Il savait plus ou moins à quoi s’attendre, et il n’aurait pas besoin d’être formé sur les bases d’un métier qu’il avait déjà pratiqué au cours de la dernière décennie.

Le colonel se refusa un soupir, un énième, pour ne pas montrer à quel point il était lassé par ces journées de recrutement, par ces piles de dossiers qui prenaient la poussière, par toute cette paperasse qu’il devait brasser sans cesse ; et ces éternelles questions qu’il posait en boucle toute la journée, au point qu’elles perdent quasiment leur sens, qu’elles deviennent aussi banales que le reste, qu’elles ne veuillent plus rien dire alors qu’elles franchissaient ses lèvres. Il considéra l’homme qui lui faisait face, longuement cette fois-ci, au lieu de se perdre entre les lignes de ses expériences professionnelles passées et les noms des enquêtes qu’il avait déjà résolu, affaires qui ne lui évoquaient rien de particulièrement familier puisqu’il n’avait pas quitté Fairhope depuis qu’il avait mis les pieds ici. En se perdant dans le regard de ce Mark (après tout, son prénom était écrit noir sur blanc sur le CV que l’intéressé venait de lui remettre), il se demandait ce qui pouvait bien pousser un homme à fuir à l’autre bout du pays. Arthur n’était pas si curieux que cela dans le fond, et il ne se serait aucunement permis de poser la question à haute voix, mais il se mettait à la place de l’ancien lieutenant l’espace d’un instant. Peut-être que s’il avait vécu ailleurs, le colonel aurait fini par faire ses valises après le départ de sa femme et l'hypothétique décès prématuré de son fils. Peut-être qu’il en aurait fait de même si la vie n’avait pas été tout à fait clémente avec lui ; ou beaucoup moins qu’elle l’était à présent.

Le brun se redressa. Après tout, pourquoi ne pas laisser sa chance à cet homme-là ? Encore une fois, il avait au moins le mérite de connaître les bases du métier d’officier, il aurait sans doute besoin qu’on lui rafraichisse un peu la mémoire et qu’on calme ses ardeurs s’il se mettait à jouer au lieutenant. Pas de place pour les cow-boys ici, juste des hommes qui tentaient de s’en sortir du mieux qu’ils le pouvaient. Une profonde inspiration plus tard, Arthur trancha enfin, après un long silence aussi pesant que la chaleur dans ces locaux de police. « Vous commencez lundi. Présentez-vous à sept heures, on vous fournira un uniforme et vous aurez une semaine pour faire vos preuves. Si tout se passe bien, on signera ensuite toute la paperasse. Pour l’instant vous serez dans les locaux. J’espère que vous vous souvenez comment gérer un standard téléphonique. » Il rangea le CV et la lettre de motivation du quarantenaire dans sa pile de candidats acceptés, entremêlant finalement ses doigts entre eux, retournant son attention vers celui qui ferait bientôt officiellement partie de ses troupes. « Des questions ? » L’entretien avait été vite expédié, mais que personne ne s’y méprenne ; il ne s’agissait aucunement de négligence de la part du colonel. Au contraire, il n’avait pas pour habitude d’embarrasser ses hommes en prenant des détours. Direct et franc, voilà ce qu’il était. Tant pis si ce n’était parfois pas au goût de tout le monde.

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i don't care if it hurts, i'll pay my weight in blood to feel my nerves wake up. so love me now or let me go, let me feel these high and lows before the doors to my heart close. show me that i'm human, make me feel something.

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Sujet: Re: Job dating Ft Colonel ÅkerfeldtLun 22 Aoû - 23:06

Le temps semblait suspendu dans ce bureau, accéléré par la diction rapide, sèche et précise du colonel quand il prenait la parole d’un ton inquisiteur ou au contraire ralenti  lorsqu’il réfléchissait, même si cette action était rapide et efficace elle aussi. Cette salle d’interrogatoire d’un genre particulier semblait être à là mesure de son propriétaire. Elle était là depuis longtemps mais ronronnait d’une routine bien huilée et qui avait fait ses preuves. Chaque temps, même celui de la réflexion était savamment pesé et l’on sentait les rouages de la décision mûrement réfléchie faire entendre leur délicat cliquetis, aboutissant à une étincelle dans le regard du gradé. Mark se demanda qu’elle serait la sentence même s’il n’envisageait pas  sérieusement une fin de non recevoir, rebuffade qui le surprendrait tout de même. Il se revit plus jeune dans des circonstances analogues, attendant  le bon vouloir de son supérieur hiérarchique. Il n'avait alors pas les nerfs aussi solides ni le même vécu et beaucoup moins d'expérience et avait donc vécu ce moment de façon bien moins sereine. L'avantage qu’il avait aujourd’hui hormis les années de métier était sa vision des choses et de la vie, le recul qu’il avait et l'importance qu’il donnait aux choses.  S’il tenait quand même quelque part à  décrocher ce poste au sein de la police de Fairhope, peu importe le grade, ce ne serait pas non plus le fin du monde s’il ne l’obtenait pas. L'idée saugrenue de se lancer en free lance l’avait effleuré durant son trajet d’avion, moyen d'envisager toutes les possibilités, juste au cas ou. Même s’il ne portait pas les détectives privés dans son cœur, le fait de penser, juste un instant, une reconversion dans cette branche l’avait fait reconsidérer son avis sur cette profession. Certains n'avaient peut-être pas eu le choix ni l'opportunité qu’il avait la chance d’avoir aujourd’hui.

Ce temps d'introspection passé pendant que le colonel décidait de son avenir lui semblait assez irréel, à des années lumière de Chicago. Ça tenait sans doute à l'atmosphère, la température, la chimie du lieu. En tout cas il en sortit confiant tandis que le gradé reprenait la parole. Mark voyait bien d’autres séries de questions se formuler en rang serré dans l’esprit du grand ponte, mais soit par volonté de ne pas être indiscret soit par manque de temps, elles ne franchirent pas ses lèvres, retournant d’un pas contrarié dans sa mémoire, attendant une occasion qui viendrait peut-être un jour pour se manifester à  nouveau. Le ton lapidaire reprit le pouvoir, égrenant le temps à  chaque syllabe, simple énoncé de la décision prise :  

« Vous commencez lundi. Présentez-vous à sept heures, on vous fournira un uniforme et vous aurez une semaine pour faire vos preuves. Si tout se passe bien, on signera ensuite toute la paperasse. Pour l’instant vous serez dans les locaux. J’espère que vous vous souvenez comment gérer un standard téléphonique. »

En cinq phrases sa prochaine semaine, période d’essai pendant laquelle il devrait faire des preuves étincelantes, fut organisée, pique comprise. Le standard téléphonique allait être son prochain horizon, lui qui était plutôt un taiseux et qui n’aimait pas trop cet outil de communication, pratique cependant au demeurant. Il sourit. Le colonel n’aurait pas pu trouver grill plus adapté, si inconfortable pour Mark. Mais celui-ci savait que tout d’abord il n'avait pas intérêt à se plaindre sans ça la place lui passait sous le nez tout simplement, que secundo le vieux briscard n’avait peut-être pas dégotté cette place par hasard, habitué à jauger les gens rapidement, et que tertio s’il se débrouillait bien, il y aurait forcément mieux après,  fut-ce la circulation .

Mark sourit enfin vraiment , se détendant, preuve que finalement il était un poil stressé. Le colonel ne lui laissa cependant pas le temps de souffler, passant à un tout aussi lapidaire  « Des questions ? » appelant évidemment à une réponse négative. Pas par impolitesse mais parce que le temps était compté et que maintenant que la décision était prise, l'esprit du plus âgé était déjà tourné vers autre chose .

« Non colonel, pas de question. Simplement merci de me donner ma chance. J'espère pouvoir vous montrer que vous avez raison. Nous aurons peut-être aussi un jour l’occasion de discuter mais je ne vais pas abuser plus de votre temps. Merci de m'avoir reçu et bonne fin de journée.»

Le grand blond se leva, non par incorrection  mais parce qu’il voyait bien que son vis-à-vis n’attendait que ça, faisant attention à ne bousculer aucune pile de  dossiers. Ce n’était que quelques minutes mais elles allaient changer sa vie. Considération banale, cliché ? Pas vraiment quand on connaissait Mark. Sa vie était parsemée de ce type de rencontres,  atypiques et déterminantes qui en quelques instants influaient sur des années voire sur son existence toute entière. Il savait donc la fière chandelle qu’il devait à son aîné et au lieu de ronchonner contre le caractère expéditif de cette entrevue, il la prit comme une chance. Et la moindre des choses pour remercier cet homme serait de travailler d'arrache-pied pour l'aider à  coincer le Poète. Ça il savait faire.
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