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 Panic attack -- Erika & Alice

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Sujet: Panic attack -- Erika & AliceJeu 24 Mar - 23:56


Panic attack

Agitated body in distress, I feel like I'm in danger, daily life is strangled by my stress

16 avril 2015

Samedi après-midi, le temps était clair, l'humeur d'Alice maussade. Ce matin, elle ne se sentait pas dans son assiette, la boule au creux de son estomac avait gonflé, bientôt prête à exploser. Malheureusement, cela faisait déjà plusieurs jours qu'elle grossissait, et n'avait pas l'air de vouloir s'en aller. Quand elle se concentrait, Alice la visualisait de la taille d'une balle de ping-pong, et se demandait comment quelque chose d'aussi opressant pouvait n'être en réalité que pure fiction. Chassant toutes les pensées négatives qui empoissonnaient son esprit, Alice réussit à se motiver: aujourd'hui, elle sortirait. Elle n'avait rien de prévu, pas d'amis, pas de rendez-vous. Mais elle irait en ville tout de même. Pas question de passer un nouveau week-end cloîtrée dans ce petit appartement.
Elle se souvenait d'une discussion avec une femme de son groupe de parole, celle qui lui avait conseillé de lire des bouquins religio-philosophico-spirituels. Alice avait longtemps rechigné face à ce genre de croyances, mais depuis quelques temps, cela la titillait un peu. Puisque rien dans ce monde ne valait vraiment la peine d'être vécu, peut-être y avait-il quelque chose d'autre, ailleurs, qui expliquait notre présence sur Terre. Et peut-être qu'aller faire un tour dans une librairie l'aiderait à y voir plus clair. Au moins, cela lui donnerait une bonne raison de sortir s'aérer.
Alice n'avait pas beaucoup d'argent sur son compte en banque ces derniers temps, malgré son nouveau job dans la police. Pourtant, elle enfila une paire de baskets, un anorak (son petit doigt lui disait qu'une averse était bien probable) et sortit de chez elle, sans oublier bien sûr de glisser un paquet d'anxiolytiques dans son sac à main, au cas où la boule déciderait d'éclater aujourd'hui.
Elle marcha d'un pas pressé en direction du centre-ville. Il lui semblait bien y avoir vu, quelques semaines auparavant, une librairie à l'apparence chaleureuse, dans le centre-commercial. Et puis au moins, si elle n'y trouvait rien d'intéressant, elle pourrait toujours aller faire du lèche-vitrines devant les autres boutiques. Mais sortir dans la rue n'était, pour Alice, pas de tout repos. Les trottoirs encombrés par les badauds, les klaxons de quelques taxis, les feux qui passent du rouge au vert... Tout est pour la jeune femme source d'angoisse, lorsqu'elle est en état de stress. Et depuis quelques jours – à vrai dire depuis les derniers méfaits du Poète – Alice était véritablement en état de stress. Elle se concentra donc sur son objectif, fit quelques détours par des rues calmes, se força à respirer à fond.
Une fois arrivée dans le centre d'achats, elle se dirigea d'un pas ferme vers la librairie en question, en poussa la porte et s'arrêta quelques secondes sur son pas. Elle ferma les yeux et poussa un profond soupir. Enfin arrivée. Enfin un peu de calme et de tranquillité. Quelques clients étaient bien présents, ainsi que la maîtresse des lieux, mais le silence est toujours de rigueur dans un tel endroit. Soudain rassérénée, la jeune femme s'avança parmi les rayons, jeta un oeil aux étiquettes, lut quelques quatrièmes de couverture, avant de trouver le rayon qui l'intéressait. "Mieux vivre ensemble", "Croire en soi", "Le Chemin du bonheur" et des tas d'autres ouvrages se côtoyaient, certains branchés religions africaines, d'autres spiritualité indienne. Alice ne savait lequel choisir, ne savait vers où chercher. De quoi avait-elle besoin véritablement ? Que cherchait-elle ? Qu'espérait-elle trouver dans un livre ? C'étaient des questions auxquelles elle aurait dû réfléchir avant. Pour se donner un peu de contenance, et du temps pour réfléchir, elle se continua sa visite et se dirigea vers un autre rayon.
Il s'agissait du rayon polar, thriller, roman noir... Mais elle ne l'avait pas encore remarqué. Elle attrapa un livre de couleur rouge et l'ouvrit au hasard. Ses yeux s'attardèrent sur un passage: "L'homme ne bougeait toujours pas. La pénombre camouflait ses traits, mais il respirait bruyamment. L'homme descendit les trois marches du véhicule, les pas lourds. Les lanternes l'éclairaient désormais suffisamment pour qu'on le distingue nettement. Le pyjama blanc de l'homme était parsemé de petits éclats rouges, de même que son visage. L'enfant vit alors ce que tenait son père à la main: un long couteau denté, tâché de sang. Il s'approchait, lentement, de plus en plus près, avec un sourire froid sur le visage". Sa vue se brouilla soudainement, la faisant lâcher le livre qui s'écrasa par terre dans un bruit sourd. A cela s'ajoutèrent les palpitations, les tremblements et les bouffées de chaleur qui lui étaient si familières. Bien vite, l'envie de vomir et l'impossibilité de respirer allaient elles aussi être de la partie. Alice se sentit défaillir, et prise d'une immense peur. Celle de mourir, à l'instant même, par le couteau denté de ce père sordide, ou bien par la main expérimentée du Poète. Peu importe, mais elle eut la certitude qu'elle était en train de vivre ses dernières secondes. La boule dans son ventre venait de se changer en une vague de terreur ; Alice était submergée.

Code by Fremione.

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Sujet: Re: Panic attack -- Erika & AliceLun 28 Mar - 19:40

Le mois d'avril s'écoulait d'une manière bizarre. Quelques jours avant la terrible mort de Mary Wilson, le 11 avril, et la pitoyable battue qui avait mené à la découverte inéluctable de son cadavre au milieu des bois et de la boue, on aurait pu croire que Fairhope était en sursis. Tout le monde retenait son souffle, comme pressentant l'imminence d'une tragédie. Ce nouvel épisode meurtrier n'avait donc pas été une surprise, mais lâchement pour certains, une délivrance. En général il s'écoulait du temps entre deux victimes et la population pouvait donc souffler,  l'épée de Damoclès au-dessus de sa tête pour l'instant bien retenue, jusqu’à la prochaine fois. Néanmoins un climat nauséabond de suspicion générale persistait. La battue n'avait pas été un lieu de comportement exemplaire pour tous, loin s'en était fallu. La ville en était sortie meurtrie, groggy.

La clientèle de la librairie ne faisait pas exception et tout le monde se regardait plus ou moins en coin, personne n'osant parler du sujet qui pourtant obsédait chacun. Les habitués étaient là mais peu flânaient, se contenter de venir chercher leurs journaux et magasines habituels sans demander leur reste. Seuls quelques badauds hantaient les rayons des livres, en quête d'un sujet de distraction. Erika vaquait à ses occupations, l'esprit bien entendu tourné vers le destin malheureux de cette jeune femme qu'elle ne connaissait pas, mais pour qui elle avait de la pitié, espérant que ses souffrances aient été brèves. Il n'y avait que la pensée de son fils qui parvenait à la distraire et à lui redonner le sourire.

La chaleur n'était pas encore très forte, aussi avait-elle laissé la porte fermée en ce samedi après-midi. L'ambiance était feutrée et les clients murmuraient à peine, laissant s'installer un silence propice à la lecture. Deux ou trois fauteuils étaient d'ailleurs occupés par des inconditionnels qui venaient presque quotidiennement. Tout en faisant le réassort de ses magasines, elle observait son petit monde. La seule personne qu'elle n'avait jamais vue était une blondinette ayant une petite vingtaine, toute menue et discrète, perdue dans un anorak un peu trop grand pour elle. Elle la salua comme tous les autres clients et la suivit des yeux vers le rayon 'bien-être spirituel'. Encore une qui ne sait pas où elle en est se dit-elle. C'est normal, avec ce cinglé dans les rues, on ne savait plus à quel saint se vouer. Alors quand ça ne va pas, les gens cherchent d'autres solutions, d'autres philosophies, d'autres religions pour se protéger, se rassurer. Depuis quelques années, c'était un des rayons qui marchait bien, se développant régulièrement. La petite demoiselle feuilletait les ouvrages d'un air absent, ne parvenant pas à sélectionner quelque chose de satisfaisant, les reposant l'un après l'autre après quelques secondes d'examen. Elle allait intervenir quand contre toute attente, la jeune femme décida de poursuivre sa visite vers d'autres ouvrages, les romans policiers, rayon le plus important de la boutique tant du fait de la passion de la maîtresse des lieux que de l'engouement du public pour ce genre littéraire. Erika retourna à ses magasines. En général, les clients savaient trouver leur roman frisson tous seuls.

Soudain, un bruit sourd, inhabituel, attira son attention. Elle vit alors nettement la jeune fille la bouche grande ouverte à quelques mètres d'elle, une expression de pure terreur sur ses traits délicats. Elle vit le livre par terre, les feuilles pliées par la chute, et les autres clients qui ne savaient comment réagir. Visiblement cette petite avait un problème. Erika s'approcha doucement d'elle, la saisissant par les épaules. Elle tremblait de tout son corps, transpirant abondamment, les yeux exorbités, les pupilles dilatées. Elle semblait absolument terrorisée. Elle la secoua légèrement, cherchant à lui faire reprendre pied avec la réalité. Pas de réaction. Elle secoua plus fort, ponctuant ses gestes de timides «Mademoiselle, ouhou, mademoiselle, ça va? Mademoiselle?» et ce de plus en  plus fort puisque la blonde ne réagissait toujours pas. Elle finit par lui donner une paire de claques qui eut le mérite de lui faire battre des cils. Elle recommença deux fois avant que la jeune femme se mette à hurler plus fort qu'une sirène. Elle continua alors à la secouer, sans ménagement cette fois.

«Tout va bien Mademoiselle, vous êtes dans la librairie Word's world à Fairhope. Comment vous appelez-vous? Que se passe-t'il? Répondez-moi!» La jeune femme finit par arrêter de crier, commençant toutefois à pleurer toutes les larmes de son corps. Elle l'entraîna doucement vers les fauteuils ou elle finit par réussir à l'asseoir. La jeune femme n'avait toujours pas dit un mot, mais la situation semblait maintenant sous contrôle. Quelques clients étaient partis mais les autres avaient laissé Erika se débrouiller une fois qu'ils avaient vu qu'elle s'occupait de la jeune perdue. La libraire laissa la jeune femme se calmer, restant auprès d'elle, lui frottant le dos d'un geste qu'elle pensait réconfortant.
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Sujet: Re: Panic attack -- Erika & AliceLun 4 Avr - 23:14

Prise de tremblements, totalement muette, Alice était incapable de faire le moindre mouvement, le moindre bruit. Mais sa respiration était forte et saccadée, et dans sa poitrine son coeur battait tel un tambour. C'était comme s'il cherchait à envoyer un petit peu de vie dans tout son corps à elle, à lui faire réaliser qu'elle appartenait toujours au monde des vivants. Alice prit appui sur l'étal devant elle pour ne pas défaillir. Au bout d'un moment qui lui semblait être une éternité, elle sentit une pression contre ses épaules, elle entendit une voix proche de ses oreilles. Les yeux fermés, coupée du reste du monde, enfermée dans sa peur comme dans une prison, Alice ne parvint pas à connecter avec la personne qui lui venait en aide. Les vagues de terreur l'assaillaient encore et encore, un peu plus douces à chaque fois, un peu plus espacées à chaque fois. Bientôt, la voix se fit plus forte, le contact physique aussi. Elle se sentit secouée, puis touchée au visage, une fois, deux fois. Cela provoqua en elle un déclic et lui coupa la respiration. Elle ouvrit grands les yeux et vit, tout proche d'elle, une inconnue. Enfin consciente de la situation (faire une crise de panique en lieu public était l'une de ces peurs qui pouvaient la tenir éveillée la nuit, tout comme se faire secouer comme un prunier par une inconnue), elle se mit à pleurer. Doucement d'abord, puis de plus en plus fort. De honte certainement, mais aussi de soulagement. En effet, il était désormais certain qu'elle n'était pas morte et ne mourrait pas dans la seconde à venir.
L'âme charitable qui se tenait à ses côtés la guida doucement jusqu'à un fauteuil et la fit s'asseoir. «Tout va bien Mademoiselle, vous êtes dans la librairie Word's world à Fairhope. Comment vous appelez-vous? Que se passe-t'il? Répondez-moi!» Alice eut besoin de quelques secondes pour se calmer et trouver ses mots. Elle parvint finalement à bredouiller: « P... Pardon... Excusez-moi, je... » Puis elle se tut. Comment expliquer ? Comment se justifier ? Elle ne pouvait décidément pas raconter à cette femme qu'elle ne dormait plus depuis la macabre découverte du 11 avril, que ce livre au sol avait fait remonter en elle d'affreux souvenirs. Mais puisqu'elle souhaitait l'aider, alors la blondinette pouvait bien lui indiquer où se trouvaient ses anxiolytiques. « Mes... Mes médicaments sont dans mon sac... s'il vous plaît... » Elle leva un doigt peu assuré en direction du sac marron au sol, pas très loin. La honte qu'elle éprouvait était à son comble. Elle qui était partie de chez ses parents depuis si longtemps et qui tentait bon an mal an de vivre sa vie sans l'aide de personne, venait à dépendre d'une jeune femme, sur son lieu de travail qui plus est. Décidément, elle aurait mieux fait de ne pas mettre le nez dehors aujourd'hui...
Une fois la boîte de comprimés en main, elle en avala deux fois la dose prévue pour ce genre de crises et adressa un sourire gêné à la jeune femme. Maintenant que son pouls était redevenu à peu près normal et que les gens avaient arrêté de la fixer, elle pouvait tenter d'engager une conversation disons... normale, avec celle qui lui avait porté secours. « Merci pour ce que vous avez fait. Je suis vraiment désolée d'avoir... ruiné la tranquilité de l'endroit... Si ça ne vous dérange pas, je vais rester un petit peu assise ici. » Pour la première fois de l'après-midi, elle osa la regarder dans les yeux. Elles espérait que la brune ne serait pas dérangée par sa présence, car elle doutait fort que ses jambes puissent la ramener chez elle. Et Alice préférait, de toute façon, attendre que les médicaments fassent effet.
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Sujet: Re: Panic attack -- Erika & AliceDim 10 Avr - 18:34

Une fois la jeune fille posée dans un fauteuil avec les mots réconfortants d'Érika à son oreille en plus de la main qui lui frottait le dos en de grands ronds apaisants, visant à décrisper ses muscles tétanisés, celle-ci s'apaisa peu à peu, laissant les larmes couler avec de moins en moins d'à-coups, signe que la situation était en voie d'amélioration. Quelques mots encore difficiles à sortir franchirent ses lèvres pour s'excuser, puis ce fut de nouveau le silence. La libraire s'interrogeait sur ce qui avait bien pu provoquer ce qui ressemblait à une crise de panique. Ses yeux cherchèrent à capter le titre de l'ouvrage que la blondinette avait lourdement laissé tomber. Impossible à dire mais elle reconnaissait la maison d'édition à sa couleur de couverture et à sa typographie particulière. Cette collection était réservée aux adeptes des grands frissons et si elle la laissait en libre accès, la 4ème de couverture ainsi qu'une affichette qui présentait le catalogue avertissait tout de même que ces livres n'étaient pas à mettre entre toutes les mains. La jeune fille était-elle tombée sur un passage particulièrement sanglant ou glauque? Un mot avait-il agit comme une Madeleine, ramenant à la surface un moment pénible, voire traumatisant? Elle laissa passer un peu de temps sans rien dire, juste là, à côté de la petite, pensant à son fils qu'elle avait maintes fois consolé ainsi quand petit, il avait peur du noir et se réveillait en hurlant au beau milieu de la nuit. Finalement, la jeune femme reprit un peu le dessus, lui demandant d'attraper son sac et d'y chercher des médicaments, tout en rougissant, les yeux encore remplis de larmes. Sans doute était-elle gênée par cette demande mais la brune ne lui laissa pas le temps de changer d'avis et plongea les mains dans la besace récupérée, attrapant à l'aveuglette quelques boîtes. Elle mit de côté une tablette de chocolat, des chewing-gum, du maquillage mais garda en main des médicaments qu'elle reconnut pour être des anxiolytiques car elle en avait pris après son divorce. Ainsi l'inconnue était sous traitement mais avait décider de s'offrir un trip sanglant, sadique et vecteur d'insomnies?

*Tss-Tss* pensa Erika, *Ces jeunes n'ont rien dans la caboche.*

Elle lui donna la plaquette dont la propriétaire goba deux exemplaires, sans eau, en une seule fois, signe d'une longue habitude. L'effet parut miraculeux puisque la jeunette se redressa, sécha ses larmes avec ses mains puis la regarda, toujours avec un air gêné, mais semblant aller bien mieux. Elle savait visiblement que la situation allait s'améliorer rapidement une fois que les molécules commenceraient réellement à agir, ce qui mentalement, la remettait en selle. C'était une bonne chose et Érika, maintenant passée l'inquiétude avait des questions qui lui trottaient dans la tête, qu'elle était bien décidée à poser, au moins quelques unes, puisque la petite était en quelque sorte sous sa responsabilité. Les autres clients avaient cessé de la regarder comme une bête curieuse et étaient de nouveau dans les rayons, respectant toutefois une sorte de périmètre de sécurité, laissant complètement le salon de lecture aux deux femmes. Si la jeune femme ne répondit pas aux questions qu'avait posé la libraire, elle prit tout de même de nouveau la parole, de façon plus sûre et claire cette fois-ci, osant enfin la regarder dans les yeux.

« Merci pour ce que vous avez fait. Je suis vraiment désolée d'avoir... ruiné la tranquilité de l'endroit... Si ça ne vous dérange pas, je vais rester un petit peu assise ici. »

«Bien sûr que vous pouvez rester là. Je vais vous chercher une tasse de thé, ça vous aidera. Il est encore tôt, vous pouvez rester là autant que vous voulez, je ferme à 18h00. Mais dîtes-moi, sans être indiscrète, que vous est-il arrivé là, tout à l'heure? Ça vous arrive souvent?»

Elle ne voulait pas brusquer la jeune fille et décida d'aller lui chercher la tasse promise, lui laissant le temps de réfléchir à ce qu'elle allait lui répondre. Plusieurs curieux lui posèrent des questions mais Érika les rembarra assez sèchement, les invitant à plutôt s'occuper de leurs lectures ou d'autre chose si cela ne leur convenait pas. Elle avait rarement vu des crises de cette ampleur et se demandait bien ce qui avait pu la provoquer. Elle observa son invitée du moment depuis son comptoir. Elle semblait perdue dans ses pensées, ayant son anorak encore fermé alors qu'elle avait visiblement trop chaud. De loin comme ça elle ressemblait à une petite fleur fragile, mais la libraire n'était pas dupe. Elle avait tout de même décelé de la détermination dans son regard et elle ne doutait pas que sous ses aspects de poupée de porcelaine elle cachait un tempérament assez fort. Elle était perturbée et avait peut-être des problèmes mais aussi certainement la volonté de les surmonter. Armée d'un plateau théière-tasse-lait-sucre-gâteaux secs, Érika retraversa son magasin et se posa sur le fauteuil en face de la blondinette, posant son remontant sur une petite table basse.

«Voilà pour vous. Ça ira?»
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Sujet: Re: Panic attack -- Erika & AliceDim 24 Avr - 15:44

Une fois les médicaments gobés, Alice souffla un bon coup. Désormais, tout ne pouvait qu'aller mieux. Il lui fallait seulement un peu de temps pour que le traitement fasse effet. Avec un peu de chance, d'ici 20 minutes elle serait sur pieds et capable de rentrer chez elle. La femme qui l'avait tirée d'affaire la regardait avec un beaucoup d'intérêt, ce qui dérangeait la jeune Alice. Celle-ci se doutait bien qu'elle avait les yeux larmoyants, les cheveux en bataille, les joues rouges à cause de la chaleur. Pourtant, la jeune femme se fichait en général de ce à quoi elle pouvait ressembler. Elle ne faisait pas partie de ces filles qui passaient une demi-heure devant le miroir chaque matin, qui se recoiffaient dans les vitres des magasins ou faisaient du shopping par pur plaisir. Nature était son maître mot.
La jolie brune qui se tenait près d'elle lui assura qu'elle pouvait rester assise ici jusqu'à l'heure de la fermeture si nécessaire. Elle lui posa aussi quelques questions sur le malheureux incident qui venait de se produire. Heureusement, elle n'attendait pas de réponse immédiate et fila lui préparer une tasse de thé chaude. A la proposition de la boisson, Alice n'avait eu qu'à hocher la tête et afficher un sourire reconnaissant. Décidément, elle était bien tombée. Tandis que la femme préparait le thé en question, Alice cogita. Comment répondre à ses questions ? La blonde évitait à tout prix - et avec tout le monde - de parler de choses personnelles. Elle laissa son regard tomber dans le vide et ses pensées vagabonder. Elle tenta d'inventer une excuse qui tienne la route et qui soit un petit peu moins flippante que mon-père-était-un-tortionnaire-et-votre-livre-horrible-là-m'a-rappelé-de-mauvais-souvenirs. D'autant plus que ce n'était pas la véritable raison, et cela elle ne pouvait se le cacher. Les derniers méfaits du Poète avaient aussi quelque chose à voir avec ses troubles anxieux. Malheureusement aucune excuse béton n'arrivait à émerger de son esprit embrumé par les médicaments. Elle se sentait déjà comme sur un nuage, la tête pleine de coton, et avait l'impression que tout autour d'elle allait au ralenti.
Lorsque la propriétaire des lieux revint avec la tasse, Alice revint à la réalité. Elle leva vers elle des yeux emplis d'amitié, tendit les mains lentement vers la tasse de thé chaude et émit un petit soupir d'aise. Voilà quelque chose qui allait la requinquer. Elle se laissa retomber en arrière contre le dossier moelleux du fauteuil et porta la tasse à ses lèvres. Le liquide lui brûla la langue mais elle s'en fichait. Elle but goulûment le breuvage magique et ferma les yeux, soudain empli d'un immense bien-être. Elle se fit la remarque qu'elle avait un peu abusé sur les anxiolytiques et qu'il faudrait qu'elle se tienne bien, maintenant qu'elle s'était déjà ridiculisée en public.
Toujours les yeux fermés, un sourire apaisé collé au visage, elle se chargea de répondre aux interrogations de sa sauveuse: Ma très, très, très chère madame. A moins que vous ne débarquiez tout juste d'une galaxie lointaine, vous devez être au courant de ce qui se trame dans cette charmante petite ville... Elle ouvrit de grands yeux et les braqua sur son interlocutrice. Oui oui, je vois que vous savez très bien de quoi je veux parler ! Du Poèèèète... chuchota-t-elle en jetant des regards à droite et à gauche, afin d'être sûre que personne ne l'entendait. Et bien moi, depuis les derniers événements, je n'en dors plus la nuit ! Je fais des cauchemars, des insomnies ! s'exclama-t-elle en se redressant. Et lorsque je tombe sur un livre tel que celui-ci, qui parle de meurtres et de sang, dit-elle en montrant l'ouvrage en question du pouce, et bien j'en tombe à la renverse ! En disant cela, elle se laissa retomber lourdement dans le fond du fauteuil, s'éclaboussant par la même occasion. Elle poussa un long soupir de satisfaction, referma les yeux et réemprunta un sourire benêt.
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Sujet: Re: Panic attack -- Erika & AliceSam 30 Avr - 17:55

Pendant qu'elle préparait la tasse de thé, le lait et le sucre, sortait une assiette et disposait dessus des petits gâteaux destinés à requinquer son invitée impromptue elle se demandait ce qui avait bien pu causer cette frayeur intense qui avait amené la jeune femme au bord de l'évanouissement. Ce qu'elle lui préparait était une dose de réconfort à l'ancienne, mais la libraire se demandait si elle n'aurait pas mieux fait d'appeler les pompiers ou de l'allonger par terre en attendant qu'elle reprenne ses esprits. C'est donc emplie de doute et d'un soupçon de culpabilité qu'Erika retraversa son magasin vers le coin salon où elle avait installé la blondinette, ignorant les regards curieux, les chuchotis et les questions des badauds restants. Elle pensait aussi aux médicaments que la petite anxieuse avait gobés tout rond comme des bonbons, s'interrogeant sur la dose, la puissance du médicament, à quelle fréquence elle en prenait, etc... son cerveau générant les questions les unes après les autres sur un rythme qu'Erika connaissait bien: elle était stressée par la situation et pour faire bonne mesure, son imagination en tandem avec sa curiosité tournaient à plein régime. Il serait peut-être judicieux de lui demander si elle voulait qu'on appelle son médecin. Lui saurait évidemment quoi faire avec sa patiente. Elle hocha la tête, satisfaite de sa trouvaille, tout en déposant son plateau sur la petite table, son cerveau se concentrant sur cette tâche toute simple mais déjà tendu vers la suite.

Elle trouva sa petite protégée bien calée dans le fauteuil où elle l'avait laissée, l'air un peu perdue. Les molécules se chargeaient déjà visiblement de la détendre, imprimant sur son visage un relâchement qui lui donnaient un air à la fois apaisé et shooté. La libraire fut surprise de la rapidité d'action du remède. Pour que ce soit si rapide, peut-être avait-elle dépassé la dose?  Elle lui tendit une tasse de thé pleine, que la jeune fille attrapa prestement et entreprit de boire goulûment, sans tenir compte de la température, comme si le breuvage anglais était le nectar des dieux, le remède à tout, le Saint-Graal. Rassurée sur son état, Erika s'assit et se servit aussi une tasse de thé, ne l'avalant pas avec autant de rapidité car il était brûlant, mais appréciant la sérénité et le réconfort qu'il apportait après tous ces événements. Si elle n'avait pas été aussi bouleversée que la jeunette, elle n'avait pas non plus l'habitude de jouer les Saint-Bernard dans sa boutique, ni de gifler ses clients pour qu'ils reprennent leurs esprits. Cette pause était la bienvenue et elle voulait la mettre à profit pour en découvrir plus sur les raisons de cette crise. Pour le moment elle ne disait rien, observant le sourire s'afficher sur son visage, elle-même se laissant aller au fond de son fauteuil, bénéficiant elle aussi de cette accalmie, grignotant un petit gâteau au passage. Elle ne s'attendait donc pas à ce que la demoiselle lui dit, ni le ton qu'elle employa pour le faire.

Ma très, très, très chère madame. A moins que vous ne débarquiez tout juste d'une galaxie lointaine, vous devez être au courant de ce qui se trame dans cette charmante petite ville...

A ces mots, Erika se redressa, posa sa tasse maladroitement sur le guéridon. Elle observa stupéfaite la blondinette qui gardait les yeux fermés. Visiblement les cachets la mettaient dans un drôle d'état et si ce qu'elle disait reflétait certainement ses pensées, le ton révélait clairement qu'elle n'était plus en possession de ses moyens, ce qui se confirma quand elle ouvrit les yeux. Ceux-ci étaient grands et ronds comme des soucoupes, un peu vitreux, fixés inexorablement sur elle, alors qu'elle continuait à parler:
Oui oui, je vois que vous savez très bien de quoi je veux parler ! Du Poèèèète... tout en regardant autour d'elle, l'air paranoïaque, baissant le ton en même temps, craignant qu'on ne l'entende. Elle continua toutefois, comme si une fois lancée il lui était impossible de s'arrêter, comme si les mots devaient absolument sortir.
Et bien moi, depuis les derniers événements, je n'en dors plus la nuit ! Je fais des cauchemars, des insomnies ! Interloquée la libraire eut enfin le fin mot de l'histoire. Et lorsque je tombe sur un livre tel que celui-ci, qui parle de meurtres et de sang et bien j'en tombe à la renverse !

Erika resta un moment sans rien dire, stupéfaite et ébahie, observant la jeune femme silencieusement, partagée entre l'envie de lui donner une bonne paire de claques et de la flanquer dehors et celle d'appeler son médecin car il était évident que la petite avait besoin d'être soignée. Les répercussions de l'affaire du Poète sur les gens étaient là bien visibles et elle ne pouvait que constater les dégâts. Elle regarda dans la boutique. Heureusement personne n'avait entendu la discussion ni le ton employé, sans ça, certains clients auraient carrément appelé l'asile, persuadés que la fille était folle. Il y avait aussi la solution d'appeler un taxi pour la ramener chez elle. De toute façon, il fallait qu'elle trouve un moyen de faire partir cette encombrante mauvaise surprise, qui lui prenait en plus un temps fou. La mansuétude dont elle avait fait preuve était étrangement remerciée mais cela laissait du grain à moudre pour plus tard. Il faudrait peut-être qu'elle songe à mettre certains livres dans une pochette spéciale pour que le premier venu n'aie pas la possibilité de tomber sur des mots que leur cerveau n'était pas capable d'encaisser, certaines personnes étant visiblement irresponsables. Elle en voulait à cette jeune inconsciente qui, se sachant tout de même perturbée par l'affaire n'avait rien trouvé de mieux que d'ouvrir un livre de tueur en série, particulièrement gore, et ce malgré l'avertissement très clair qui prévenait de la tonalité très sombre de la série de livres disposés sur la table. Elle n'arrivait pas à se décider de quoi faire avec cette jeune femme dont elle ne connaissait toujours pas le nom et qui avait les yeux fermés. Elle finit tout de même par se pencher vers elle, lui attrapant les deux mains et la secouant très légèrement. Il ne fallait pas qu'elle s'endorme mais elle ne voulait plus la brusquer. Il s'était donc passé dix-vingt secondes depuis les derniers mots, la brune ayant pris sur elle pour ne pas réagir au quart de tour, se vexer ou la prendre pour une timbrée complète, sachant que c'étaient les cachets qui étaient responsables de cette tirade incroyable.  Elle décida de rester dans le même ton que la jeune femme, pour ne pas lui faire perdre le fil.

«Mademoiselle. Ici la Terre, m'entendez-vous? Ici Erika. Comment vous appelez-vous? Où habitez-vous? Répondez! Allo? Allo?»

Elle lui tenait les mains et les secouait en cadence, doucement, pour ne pas l'effrayer. Ce qu'elle voulait, c'est qu'elle continue à lui parler, quitte à entamer un dialogue surréaliste.
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Sujet: Re: Panic attack -- Erika & AliceLun 6 Juin - 23:02

Alice avait fini par relâcher la pression. Les médicaments aidant, elle avait dit à voix haute ce qui lui pourrissait la vie depuis de nombreuses semaines. Ce n'était pas tout, bien sûr, mais c'était le principal. Le Poète. Elle qui passait un grande partie de ses jours au commissariat lisait son nom partout, sur les fichiers comme sur les lèvres, et vivant au sous-sol, qui était comme habité par sa présente. A Fairhope, les petites histoires de drogue, vol à l'étalage ou violence conjugale n'étaient qu'au second plan car tout le monde, policier ou badaud, n'attendait qu'une chose: une péripétie, quelque chose de nouveau à se mettre sous la dent. Et Alice, bien malgré elle, ne dérogeait pas à la règle.
Affalée dans le fauteuil, les yeux clos, la tasse encore chaude dans les mains, un sourire idiot collé au visage, elle se sentait mieux. Elle avait comme expulsé quelque chose de lourd à porter depuis longtemps. Elle se sentait tout à coup beaucoup plus légère. Faire part de ses doutes, angoisses ou problèmes n'avait jamais été sont fort. Mais depuis qu'elle voyait un psychologue, elle s'y entraînait, c'était même le but du jeu. Seulement, le faire avec une inconnue, dans un lieu public était inédit. Sans les anxiolytiques, elle ne l'aurait certainement jamais fait. Après sa tirade, de longues secondes s'écoulèrent, pendant lesquelles elle profita du silence environnant, des voix chuchotées, des pages tournées. Et puis, elle sentit un contact chaud contre ses mains, et celles-ci être doucement secouées. Alice remua la tête et rouvrit les yeux. Elle adressa un grand sourire – chose rare – à la femme désormais assise à ses côtées.

Oui oui, je vous entends, je vous en faites pas, lui dit-elle d'une voix rassurante, consciente de la peur qu'elle avait pu lui causer depuis son arrivée dans la boutique. Je me prénomme Alice, et je n'habite pas bien loin d'ici... Je dirais, 15 ou 20 minutes à pied, oui. Mais je préfère me déplacer à vélo, c'est tellement plus agréable vous ne trouvez pas ?

Elle fit une pause, toujours aussi souriante, ses yeux plongés dans ceux de son interlocutrice. Elle était un peu trop dans les vappes pour déceler l'agacement dans les yeux de celle-ci, ou même pour se rendre compte qu'elle se mettait en spectacle, et de manière assez peu honorable.

Et comment vous vous appelez, vous ? C'est une bien jolie librairie que vous avez là. C'est vous la proprio ou vous n'êtes que salariée ? Je travaille au commissariat moi... Oh ne faites pas cette tête ! Dit-elle avant d'éclater de rire. Je ne traque personne, je suis aux archives, c'est bien plus tranquille. Et puis, je n'aimerais pas être mêlée de trop près à... vous savez !

Elle fit un clin d'oeil à la libraire, comme si celle-ci était désormais dans la confidence.
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Sujet: Re: Panic attack -- Erika & AliceDim 24 Juil - 18:56

Le temps ne passait pas à la même vitesse selon les personnes et les situations, Erika l'avait bien compris depuis le temps. Parfois étiré à l'infini, il n'en finissait pas de passer ou bien, pressé par on ne savait quel chose, il filait à toute vitesse. Pour l'heure, il s'étirait trop lentement aux yeux de la libraire qui ne savait pas comment aider de manière efficace la jeune femme à reprendre pied dans la réalité. Non qu'elle la dérange, elle avait fini par comprendre qu'elle n'était pas en danger. Ses réactions étaient bonnes même si elle était shootée par les médicaments qu'elle avait avalés. Elle pouvait donc sans risque la laisser dormir un peu dans son fauteuil, ce ne serait pas la première à faire une sieste à cet endroit-là! Ce qui retenait la brune était encore et toujours sa curiosité. L'étrange tirade de la petite, le ton conspirateur la scotchaient aussi efficacement que si elle avait annoncé connaître l'identité du Poète. Elle était donc là, assise aux côtés de la blondinette, lui tenant les mains, attendant qu'elle se manifeste de nouveau. Pour celle-ci, le temps paraissait cotonneux, filandreux, sans consistance ni réalité, perdue dans le confort ouaté des molécules chargées de la détendre. Elle paraissait suspendue, complètement relâchée dans son fauteuil, un sourire extatique aux lèvres, mais avec des cernes creusés sous ses paupières closes, chargés de souligner que tout n'allait pas si bien finalement.

Si ce qu'elle disait était vrai, et elle n'avait pas de raison de mettre sa parole en doute avec ce qu'elle voyait, ce poison qui coulait dans les veines de la ville et qui laissait ses empreintes indélébiles sur la peau des victimes était la cause de son malaise. Elle ne savait que trop bien les effets du stress et de la panique qui parfois emplissait de terreur les yeux des habitants. Elle en parlait avec beaucoup de ses clients, partageant avec eux ce sentiment de ne pas être à l'abri, jamais, de ne pas savoir quand, où, comment et qui serait le prochain de la liste. Alors elle comprenait très bien ce que cette petite ressentait et elle ne pouvait que compatir et même partager son sort, même si de son côté, elle n'en était pas arrivée à ce stade d'anxiété. Elle faisait tout ce qu'elle pouvait pour continuer à mener une vie la plus normale possible. Et puis elle avait son fils. Pour lui, elle n'avait pas le droit de baisser les bras, de montrer ses failles et faiblesses. Il était sans le savoir sa bouée de sauvetage, son chemin et son cap. Si elle portait souvent à bout de bras avec son sourire et ses gâteaux, sa gentillesse et son oreille patiente ses clients c'est bien parce qu'il était là. Qui était là pour cette petite? Qui lui donnait de la force? Elle avait l'air paumée, échouée, au bout du rouleau.

Enfin elle se décida à réagir et à parler de nouveau, créant encore la surprise chez Erika. Alice puisque c'était comme ça qu'elle se prénommait n'avait toujours pas la langue dans sa poche et sous ses airs de sainte-nitouche, affirmait un petit caractère des plus piquants, sans doute débridé par les particules médicamenteuses qui relâchaient son corps et déverrouillaient son esprit. Ainsi cette fille de l'air habitait Fairhope et sillonnait la ville sur sa bicyclette. Intéressant. Elle ferait plus attention désormais en voyant une jeune femme sur un vélo. Le ton effronté reparut une fois l'information donnée, à croire que c'était une seconde nature, ce qui finissait par amuser la brune contre toute attente. Elle ne pouvait pas mal prendre ce qu'Alice lui disait, son insolence étant complètement sapée par le fait qu'elle était vautrée dans son fauteuil, aussi inoffensive qu'une petite fille malgré la bravade.

Et comment vous vous appelez, vous ? C'est une bien jolie librairie que vous avez là. C'est vous la proprio ou vous n'êtes que salariée ? Je travaille au commissariat moi... Oh ne faites pas cette tête ! Dit-elle avant d'éclater de rire. Je ne traque personne, je suis aux archives, c'est bien plus tranquille. Et puis, je n'aimerais pas être mêlée de trop près à... vous savez! 


Erika resta silencieuse quelques secondes, le temps de recoller les morceaux. Alice était quelqu'un d'anxieux et sensible, elle travaillait aux archives où elle voyait passer les dossiers du Poète. Elle était sous anxiolytiques et avait disjoncté en lisant la jaquette d'un livre parlant de meurtres sadiques. Bon, au moins le tableau était complet. Il ne lui restait qu'à lui apporter un oreiller et un plaid pour qu'elle se repose avant d'être à nouveau d'attaque. Elle répondit donc avec gentillesse et un grand sourire à cette petite peste qui d'ordinaire devait bien cacher son caractère et son mordant.

« Je suis Erika Sheppard et la librairie m'appartient. Contente que vous alliez mieux. Restez-là autant que vous en avez besoin. Ceci dit, il faudrait que vous alliez voir votre médecin, je crois que ce qu'il vous donne ne vous réussit pas... ou vous en prenez trop. Et puis, je me doute que vous allez me dire que ça ne me regarde pas, mais si travailler aux Archives est trop pénible pour vous au point ne vous empêcher de dormir, il faudrait que vous fassiez autre chose....et puis que vous évitiez les romans policiers, surtout ceux-là.» fit-elle en désignant la table sur laquelle Alice avait pris le livre qui avait tout déclenché.

Le ton était un peu moralisateur mais après tout elle avait certainement l'âge d'être sa mère et puis elle lui avait fait une de ces peurs qu'elle n'était pas prête d'oublier. A voir comment elle allait réagir.
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Sujet: Re: Panic attack -- Erika & Alice

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Panic attack -- Erika & Alice

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