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 • Killer Conference

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pnj - poète de fairhope

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◆ Manuscrits : 197
◆ Arrivé(e) le : 03/04/2015
◆ Âge : vous ne devinerez jamais
◆ Métier : tueur en série
◆ Points : 0
◆ DC : personne
◆ Avatar : le sang d'une victime


Sujet: • Killer ConferenceMer 13 Avr - 2:14

killer conference



6 septembre 2015, 18:35

I am immortal.

Je les ai prévenu pourtant, ils le savent. Je l'ai gravé sur l'un d'entre eux pour m'assurer que le message serait assez clair, profondément ancré dans leurs crânes. Je les ai mis en garde, je leur ai assuré que je reviendrais. Certains n'étaient pas rassurés par mon absence, j'ai bien eu l'occasion d'entendre quelques murmures ou autres confidences sur mon passage. Moi-même je me prêtais parfois au jeu.

« Oh, vous savez, ça ne m'étonnerait pas qu'il revienne. Un fou pareil doit avoir une oeuvre à terminer, quelque chose du genre... Sinon pourquoi diable est-ce qu'on le surnommerait ainsi ? »

J'ai failli leur avouer que je n'avais jamais demandé ce surnom. À demi-mot, entre deux confidences, au détour d'une ruelle, en discutant avec ma chère voisine qui se barricade dans son appartement avec l'espoir que personne ne viendra s'attaquer à ses chats. Leur vie et la sienne n'ont aucune espèce d'intérêt à mes yeux.

Mon nom de scène, en revanche...

La scène. Justement. Ils doivent être en train de faire rentrer les citoyens à l'heure qu'il est. Pendant que je suis là, dans mon salon. Contrainte et forcée de partager un énième thé avec mon insupportable voisine qui m'assure qu'elle n'a pas réussi à mettre le nez dehors de toute la journée malgré le temps radieux. Je me surprends à la rassurer, jetant un regard en biais à l'un de ses chats qu'elle a eu l'audace de venir faire trainer sur mon canapé.

Je souris.

« Je suis certaine que lorsqu'il reviendra, ce sera pire que les fois précédentes. Je vous le dis Mademoiselle, j'en mettrais ma main à couper ; je sens ces choses-là. »

Elle ne croit pas si bien dire. Je réprimande un autre sourire, plus carnassier celui-ci. Elle et moi, nous connaissons la vérité.

Nous savons que je suis immortelle.





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◆ Manuscrits : 690
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
◆ Points : 333
◆ DC : Toto, Adam, Micha & Tutur
◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: Re: • Killer ConferenceMer 13 Avr - 13:13

Il n’avait pas été le premier à avoir obtenu l’information ni à la relayer. À croire que l’alcool dans son système avait fini par avoir raison de lui la veille, et qu’il s’était effondré dans son canapé au beau milieu de la soirée sans être capable de se relever par la suite. Ou bien peut-être était-ce la fatigue qui avait fini par l’achever ? Dans les deux cas, et même si le journaliste trouvait une réponse à ces questions, il n’en serait pas moins irrité. La radio et la presse écrite avait eu un train d’avance et il s’efforça de le rattraper tout au long de la journée, remplaçant les nombreux sujets et reportages prévus sur les effectifs policiers déployés aux abords des établissements scolaires de la ville par un flash info sur la conférence surprise annoncée par la mairie directement sur le site de la municipalité. Peter n’avait même pas pris la peine de vérifier si la source était fiable, mais tant pis, il s’était aligné aux gros titres de ses confrères et il s’était empressé d’enfiler un costume approprié pour ce genre de direct avant de se rendre sur place avec une partie de son équipe. D’avance, il pouvait prédire que les citoyens se bousculeraient pour avoir l’honneur de se trouver dans l’assistance, alors autant prendre de l’avance et aller camper là-bas dès le début de l’après-midi.

Et Peter avait eu raison de se dépêcher. Certains attendaient déjà devant les portes, mais sa chère et tendre carte de presse lui avait permis d’aller prendre possession du coin réservé à Fairhope News, au côté d’autres chaines des comtés voisins. Le temps de mettre la caméra en place et de faire les derniers réglages, et il serait déjà à l’antenne, quelques heures avant le début de la conférence tant espérée par le reste de la population. Le blond répéta les mêmes choses en boucle jusqu’à ce que les portes s’ouvrent enfin au public et qu’une vague de citoyens déferlent entre les sièges, certains préférant aller s’installer tout au fond de la salle, debout contre le mur ou assis au milieu des rangées de chaises. Le brouhaha général empêchait quasiment Peter d’entendre la voix de son interlocuteur resté dans les locaux de la chaîne qui communiquait avec lui via une simple oreillette, mais ce n’était pas le plus gênant et le journaliste faisait tout son possible pour s’empêcher de coller un pain dans la tronche de ceux qui passaient devant la caméra histoire d’obtenir une seconde de gloire. Le premier qui avait le malheur de faire la moindre grimace allait entendre parler de lui.

Une goutte de sueur roula quelque part entre sa nuque et le bas de son dos. À moins qu’il s’agisse d’une véritable pluie d’angoisse, un seau d’eau qui lui soit récemment tombé sur la tête. Il se devait d’être à la hauteur et de ne pas faillir à sa réputation, quoi que ses confrères et les habitants puissent en dire, quoi qu’ils puissent en penser, les murmures et les regards en biais reprenant de plus belle à chaque fois que Peter avait le dos tourné. Si cette conférence s’avérait tout à fait banale et sans intérêt, il faudrait pimenter l’annonce du maire et le blond avait déjà une petite idée derrière la tête. À cette simple pensée, sa main se posa sur son torse pour vérifier discrètement si la poche intérieure de sa veste plus large que d’ordinaire ne lui avait pas fait défaut, et si tout était encore bien en place. Tout semblait en ordre, et le trentenaire tenta d’oublier l’angoisse qui faisait déjà frémir ses doigts et la chaleur insoutenable et étouffante de ce lieu de rendez-vous. Mais en vain.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceMer 13 Avr - 22:43

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


Notre céréale killer n'avait plus frappé depuis un petit bout de temps maintenant. Qu'attendait-il ? Franchement, je ne le savais pas, et ça ne me plaisait pas. Cela voulait-il dire qu'il avait décidé de rendre les armes ? Non, certainement pas, au contraire, peut être qu'il allait s'amuser à frapper, successivement, rapidement, dans des intervalles plus courts, nous laissant à peine le temps de respirer. C'était une hypothèse que je m'étais dites à moi-même. Je me souvenais pourtant parfaitement de ce qu'il avait pu nous transmettre comme message récemment. Il est immortel, il veut nous faire croire qu'il est immortel, mais il a des faiblesses, peut être une seule, et nous la trouverons ! Il le faut, ça ne peut plus durer. Quand je repense à ces victimes, je me dis que 2015 a pour le moment été pauvre en victime. "Seulement" deux sont à déplorées pour le moment, mais elles ont été marquantes, comme si le Poète privilégiait la qualité des meurtres à leur nombre. Depuis 2012, il y a en moyenne entre 5 et 7 victimes, enfin, environ. Parce que je suis persuadée que le Poète ne réussit pas à tout les coups, et que parfois, pris de panique, il a préféré laisser son oeuvre en plan, inachevée plutôt que de se faire prendre par la patrouille. Alors peut être qu'en vérité, il y a plus de victimes que cela, en tout cas, il y a eu bien trop de morts pour le moment, beaucoup trop même. Nous devons l'arrêter. Je dis bien nous, parce que je sais très bien que je n'y arriverais jamais seule. Je suis peut être douée, j'en conviens, mais je ne suis pas une super héroïne sortie tout droit d'un film Marvel. J'aimerais pourtant avoir des capacités de prémonitions ou capable de voir le passé des choses. Je me suis déjà imaginée agir de la sorte, en touchant les cadavres des victimes de revivre leurs dernières heures, de voir le Poète en direct, mais malheureusement, nous ne sommes pas dans cette dimension là, je n'ai pas de pouvoir, je ne suis qu'une simple humaine, aussi intelligente soit-elle.

Bref, pour le moment, nous étions pour ainsi dire dans l'attente du Poète. Il n'avait pas tué depuis un moment, il n'avait pris la vie d'un touriste, rien de tout cela, et ceux-ci s'en était allé, enfin, dans leur majorité. Il y avait bien un peu d'arrière saison, mais cela n'était jamais extraordinaire. Le maire avait donc décidé de se donner en spectacle à la mairie même pour une conférence spéciale. Le sujet ? Je n'en savais rien, mais à en croire ceux qui étaient mieux informer que nous, il allait parler de l'arrestation du Poète ou de quelques choses dans ce genre là. Evidemment, si le Poète avait été arrêté, j'en aurais été avertie, alors je savais très bien que ce n'était pas cela. Que voulait-il dire cependant ? Aucune idée. Mais cela ne me plaisait pas le moins du monde, c'était comme lors de la battue au lac. Il n'est jamais très bon d'impliquer trop de monde quand il s'agit de parler du Poète. Imaginez qu'il soit de mèche avec quelqu'un dans la salle et qu'une bombe explose ? Ce n'est pas les façons de faire du Poète pourtant, cette hypothèse avait traversée mon esprit. Cela n'arriverait pas, du moins, en théorie. Je serais quoiqu'il arrive aux premières loges pour voir ce qui se passera, observant la foule, l'observant attentivement pour voir si l'homme que j'avais pu voir sur toutes les scènes de crime serait là lui aussi. Peut être qu'il ne serait pas là, peut être que si, je ne savais pas, mais je serais attentive, il le fallait. La foule était déjà massée devant les portes de la mairie. Et lorsqu'elles furent ouvertes, ce fut un véritable ras de marée. Howell avait installé sa caméra. Bizarrement, il n'avait pas été le premier à parler de cette conférence, à croire que les informations qui lui avait donné un peu de lumières le mois dernier l'avait fait s'endormir sur ces lauriers. Je ne savais pas ce qu'il allait bien pouvoir dire, mais de là où je me trouvais, c'était presque drôle de voir les gens tenter d'avoir un instant de gloire devant la caméra.




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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 14 Avr - 16:03

Conférence de presse. Annonce du maire. Peuple. Presse. Angoisses et futilités. Voilà comment j'aurais résumé ce qui m’attendait. Je n'avais aucune envie de quitter le poste pour me rendre dans cet endroit miteux, au milieu de gens avides de nouveautés et d'échecs. Parce que oui, soyons honnêtes, la gloire ça ne vend pas de journal. Seuls les malheurs donnent de la profondeur à ces tissus d'âneries. Le jour où le poète cessera de faire régner la terreur, et bien les niaiseries seront remplacées par d'autres. Les gens ont besoin d'animation pour vivre. Et même si l'angoisse d'une prochaine victime est importante, chacun se ruait sûrement pour lire les unes. Et riaient de l'échec de cette police incapable. Et j'avais envie de leur cracher à la gueule quand je sentais leurs regards inquisiteurs se poser sur nos uniformes. Nous n'étions pas des bêtes de foire. Et encore moins des incapables. J'avais envie de leur balancer un coup de pied dans les couilles pour chaque victime que j'avais pu sauver dans ma vie. Mais ces enculés ne se souvenaient que de celles qui avaient perdu la vie. A croire qu'au final, être dans la police n'avait rien d'héroïque. Nous n'étions que des incapables. Des trous du culs sans intelligences, incapables de résoudre une sanglante affaire. Tu veux quoi toi ? Mon uniforme ? Bah vas-y, prends le, va enquêter putain. Que je marmonne dans ma barbe en passant à côté d'un imbécile qui me fixe d'un regard cendré. J'évite l'affront direct. Celui que j'aurai privilégié quelques mois auparavant. Mais je ne peux plus. Je dois faire attention aux retombées médiatiques. Je me sens oppressé. En danger. Et sans doute un jour serai-je forcé de suivre. Ou de subir l'humidité des prisons.

J'avance, au milieu de la foule, me rapprochant d'un mur pour ne pas me sentir entassé au milieu d'un ramassis d'idiots. J'attends. Mais quoi, au juste ? Je sais très bien que le poète court encore. Je sais ce que le maire va dire. Je sais quelles seront les questions posées. Car les conférences s'enchaînent et se ressemblent. Je suis là pour faire bonne figure. Pour montrer que la police ne se cache pas. Paraît qu'il faut donner l'impression d'être actif. Mon cul ouais. Faut juste faire genre qu'on n'est pas dépassés. Quand bien même on coule. Hypocrisie quand tu nous tiens. Alors je suis là, adossé contre un mur, d'un air nonchalant. Je vais pas non plus faire genre que tout va bien hein. Faut pas pousser. Je fais acte de figuration. Bonjour Monsieur. Je suis l'officier Wellman. Je vais bien merci et vous. Oui oui nous avançons sur l'enquête. HAHA. Non en fait. NON ON AVANCE PAS. T'as vraiment cru ? Tu sais quoi ? En fait j'attends que le poète tue encore. Ouais. Je crois qu'au final c'est ce dont j'ai envie. Pour qu'on trouve enfin une putain de piste de merde qui nous emmènera jusque lui. Et voilà que je parle avec mon subconscient. Que je m'insurge contre les questions des autres, et contre notre impuissance. Si j'avais su un jour que ma mutation me mènerait ici, je te jure que j'aurais préféré rester dans mon ancienne ville. Proche de mes douloureux souvenirs mais loin de ce quotidien infâme et infecte. Je pue la drogue. Je pue l'impuissance. Je pue l'incapacité. J'aurai pu finir ma carrière sur un piédestal. Et voilà que j'ai préféré m'embourber jusqu'au cou. Ma vie s'est précipitée quand elle m'a quittée. Peut-être aurai-je mieux fait de ne pas essayer de tourner la page... Je n'aurai pas eu à me tenir ici, adossé contre un mur, attendant le discours plat d'un maire tout aussi incapable que moi.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceSam 16 Avr - 15:58

Jayla ne savait pas quoi attendre de cette conférence. Les journalistes misaient sur une annonce choc dans l'affaire du Poète. Ils avaient pour une fois raison, car le simple fait qu'il y ait des news à annoncer sur cette affaire était en soi un choc. Pour ce que la lab tech en savait, et il lui semblait être parmi les plus aux courants de l'avancée de l'enquête, il n'y avait rien de nouveaux depuis bien un bon mois. Les ultimes analyses prélevées à Willow Lake avaient rendues leurs conclusions au milieu de l'été. De nouveaux éléments avaient émergés, mais à l'heure actuelle, on ne pouvait pas encore les relier pour en tirer une piste probante. Jayla avait profité de l'accalmie estivale pour inventorier et mettre à jour les pièces à conviction dans cette affaire afin de les documenter le plus précisément possible. Si un jour, une preuve était nécessaire, elle saurait la retrouver en un clin d'œil!

En approchant de la Mairie, la jeune femme constata l'engouement citoyen. Ce n'était guère surprenant, dès qu'il était question du Poète, les habitants de Fairhope se soulevaient comme un seul homme. Elle s'intégra parmi ces anonymes qui se rendaient à la fameuse conférence. Ce jour-là, elle était en congé. Ou plutôt elle récupérait d'heures supplémentaires d'il y a quelques mois en arrière. Mis bout à bout, elle pouvait même s'absenter une bonne semaine, mais du coup on pouvait aussi bien fermer son département. Même sans grandes enquêtes en cours, on ne pouvait pas dire que l'équipe de scientifiques légaux chômaient. La vague d'exils hors de Fairhope avait frappé de plein fouet les membres de la police scientifique. On pouvait comprendre leur décision de s'éloigner de tout ça. Témoins privilégiés des scènes du crime du Poète, ils étaient aux premières loges pour étudier la facilité dans le meurtre et le manque de sentiment qui s'en dégageaient. Ce malade tuait sans distinction, sans remords… et surtout sans être inquiété. On réfléchissait à deux fois avant de se faire muter dans le labo qui butait depuis 3 ans dans l'impasse. Comme les places vacantes trouvaient rarement preneurs, travailler en sous-régime était devenu la norme… et l'appel sur le terrain devenait la norme dans les affectations de Jayla.

*Et pour ceux que ça intéresse, je n'aime pas ça!*

La lab tech ferma un instant les yeux et se secoua la tête à elle. Elle savait que tout le monde s'en fichait de ses préférences. Ce qui intéressait les gens, c'était qu'elle se bouge encore plus pour qu'enfin la police puisse brandir un début de piste dans l’arrestation d'un suspect. Quand elle rouvrit les yeux, elle intercepta le petit sourire de quelqu'un qui devait avoir compris qu'elle se faisait des dialogues dans sa tête, et s'en amuser. Un peu comme si elle avait été prise sur le fait, elle bascula le regard ailleurs avant de se détourner de tout son corps. Le groupe derrière qui elle marchait se concertait sur les bonnes places à conquérir. Gauche, droit, ou plein centre? Devant, derrière ou debout vers les sorties? Chacun allait de ses préoccupations. L'un pensait à avoir un bon angle pour filmer ou prendre le maire en photo. L'autre imposait à être dans le sillage des caméras TV et conseillait de s'entraîner à quelques poses allant de l'air intelligent et absorbé à celui de la surprise face à un scoop, en passant par une pose avec le sourie nonchalant et son bon profil. Un autre s'inquiéta de la suffocation dans la salle et préconisait une place près des sorties. Un dernier abonda, en faisant un parallélisme de mauvais goût sur les intentions du trio infernal de gazéifier tous les habitants… Avec la chaleur, Jayla préférait s'éviter une montée d'exaspération et accéléra pour dépasser cette bande de nigauds.

Au moment où elle atteignit les portes de la Mairie, celles-ci avaient été ouvertes depuis un certain temps. La file était cependant encore impressionnante. On avançait à petits pas dans un brouhaha d'excitation. Elle prit son mal en patience et balaya les gens à la recherche de têtes connus. Quand finalement, elle entra dans la vaste salle. Elle localisa immédiatement l'attroupement des médias qui attiraient toutes les curiosités. Elle plaqua une main sur son oreille irritée, après qu'à proximité, une hystérique se soit écriée un "Là-bas, il y a Peter!". Elle avait envie de lui répliquer un "Mais qu'est-ce qu'on s'en contrefout!".

*Non parce que ce n'est pas une rock star à ce que je sache*

Néanmoins, elle avait vrillé le regard dans la direction du journaliste… L'une de ces cibles du jour. Elle examina l'entourage du blondinet, mais elle ne repéra pas son autre cible du jour. Ça ne serait tarder sans doute? Figurez-vous qu'elle n'avait pas fait le déplacement uniquement pour la conférence. A vrai dire, si elle n'était intéressée que par la conférence, elle l'aurait suivie devant sa TV avec un bol de glaçons. Elle se serait ainsi épargné la foule, l'agitation et la fournaise.

*Qu'est-ce qu'ils attendent pour mettre à fond la clim'!?*

Elle s'était engagée sur la gauche, mais elle ne chercha pas à s’asseoir tout de suite. Son regard s'arrêta sur un homme appuyé contre un mur. Malgré le monde, ce dernier jouissait d'un périmètre d'air appréciable.

*Bien joué, Grizzli Wellman*

Elle aurait presque pu lui gratifier d'un applaudissement. Il s'en sortait bien le bougre! En cet instant, elle lui enviait son air patibulaire qui tenait inconsciemment les autres à bonne distance. Même sur elle, la dégaine de l'officier agissait comme un feu rouge et elle renonça à aller empiéter sur son espace. De toute façon, elle venait de remarquer la silhouette du lieutenant Sarmoise.
"Shandra, salut.", appela-t-elle en arrivant dans le dos de la jeune femme.
Depuis une sortie à Bird Sanctuary, elle avait appris à mieux connaître le lieutenant. Il lui avait donc semblé que la flic quadrillait du regard le moindre recoin des lieux.
"Tu es de service?"
Hasardeux de déduire d'après les vêtements de Shandra. À l'envers, Jayla portait des signes distinctifs quand elle était en service, tels que la blouse blanche, une sacoche de matériel ou son badge professionnel.
"Mais surtout, est-ce que tu sais de quoi il en retourne ici? Tu crois qu'on va entendre quelque chose de surprenant? Ou le Maire veut seulement faire le beau?"
Elle avait baissé la voix, même si on ne pouvait guère les entendre.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceSam 16 Avr - 20:33

Inspiration. Expiration.
Pour Désirée il n’y avait pas d’odeur plus enivrante que celle de l’encre et du papier. N’importe quel idiot aurait dit que c’était normal pour une romancière avec une liste d’ouvrages aussi longue que la sienne et pourtant, la plupart du temps, Désirée se retrouvait seule devant son ordinateur pour écrire, les pages étaient fictives, l’encre coulait du clavier électronique et tout s’enchainait. Son éditeur lui avait pourtant fait un joli cadeau en ce jour de Septembre et un fin sourire s’était dessiné sur le visage de Désirée alors qu’elle signait le paquet qui lui était tendu. « Ça a l’air important. » avait commenté le livreur, l’employé sûrement à la recherche d’un peu de contact humain, passer les gens devaient être bien barbant au bout d'un moment. « Oh ça l’est. » répondit l’écrivain en apposant une énième signature, était-ce la troisième ? probablement, sur ce fichu papier officiel. « Et vous arrivez au bon moment, je m’apprêtais à sortir… Vous avez encore beaucoup de courrier à distribuer ? Peut-être que vous pourriez faire un tour du côté de la mairie. » L’homme en face d’elle eut une grimace, expression de dégoût vite remplacée par des mots tout aussi crus : « Non, je déteste le monde et puis, s’ils n’ont pas attrapé ce psychopathe, je ne vois pas pourquoi je me déplacerais, tout ça c’est que du vent je vous dis. » Il semblait sûr de lui et ce fut avec cette même assurance qu’il finit par disparaitre de devant son palier, laissant la jeune femme seule.

Pas le temps de réfléchir, l’épaisse enveloppe fut vite ouverte et un autre sourire passa sur le visage de Désirée en voyant les mots dear cecilia dans une police élégante. La dernière version de son livre, un petit cadeau de Martin pour bien commencer la rentrée… que pouvait-elle espérer d’autre ? Oh il y avait bien quelque chose de plus important et ce fut pour cette raison qu'après avoir pris une photo des précieuses pages, Désirée enfila son trench coat et sortit de son appartement. Elle se retint d’aller taper à la porte de Deirdre pour frimer et lui demander si son inspiration à lui s’était montrée cet été mais non, elle n’avait vraiment pas envie d’arriver en retard. L’annonce avait secoué la petite ville aussi rapidement qu’un autre meurtre au final, piquant la curiosité de la romancière à vif; elle n’avait aucune once de respect pour le service de police de Fairhope ou même l’autorité au dessus du dit service de police, mais Désirée se devait d’y être, question de principe et juste histoire de s’assurer que l’histoire avançait bien dans son sens et non l’inverse. Il y avait du monde devant les portes, c’était à prévoir et Désirée fut contente de se fondre dans la masse pendant quelques secondes, ses mèches blondes désormais rouge sang lui conférant ce nouveau statut d’invisible. Elle avait renoncé à son blond il y a quelques semaines de cela, c’était presque symbolique dans un sens, comme si ses cheveux n’étaient qu’une extension de ses plus sombres pensées. Et moins de gens se retournait sur son passage et considérait son statut de suspecte, cette histoire là avait vite été étouffée dans l’oeuf au final, le lieutenant Sarmoise avait fait de son mieux mais... C'était juste un peu de poudre répandue par Peter, rien qu’elle ne pouvait effacer d’un souffle.

Son regard se porta d’ailleurs sur le journaliste, immanquable vu qu’il dépassait tout le monde d’une bonne tête et presque inconsciemment, Désirée le suivit à l’intérieur, il se dirigea vers la zone réservée à la presse et en allant se chercher un chaise, elle lança un simple « Oh notre vedette locale… Si la police a vraiment démasqué le tueur, le journal du soir sera intéressant. » le regard bien droit, sans un seul mouvement de tête pour Peter. Elle était certaine qu’il comprendrait ce qu’elle voulait vraiment dire, après tout, il fallait bien qu’elle le remercie d’avoir pris en charge cette preuve trop encombrante qu’elle avait caché pendant des mois chez elle... La romancière se trouva un siège dans une des rangées de chaise du milieu, ayant déjà que les questions commencent.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 17 Avr - 1:20


« Le Poète s'en prend aux personnes seules. »
C'était ce que se répétait Sandro depuis le début de la journée, pour se convaincre qu'aller à cette fichue conférence était obligatoire. Le tatoueur n'avait jamais aimé la foule. Trop de monde, trop de bruit, trop de... Trop. Lui, il aimait se retrouver en tête à tête avec son père, un ami, un client... Pas être entouré d'une centaine d'habitants fébriles à l'idée d'entendre une utopique nouvelle au sujet du tueur le plus connu de l'Alabama. S'il y avait des nouvelles susceptibles d'être divulguées au grand public, son père le lui aurait dit, or, celui-ci lui avait bien confirmé que rien de nouveau n'était arrivé depuis le mois dernier. Dès lors, Sandro avait décidé qu'assister à un discours qui n'exposerait probablement rien de nouveau ne l'intéressait pas, mais c'était sans compter sur Luke qui, en bon papa poule policier — très mauvaise combinaison si vous voulez son avis —, lui avait rappelé que leur psychopathe national frappait des individus seuls. Le jeune homme n'avait pas eu besoin de plus d'explications pour que la lumière se fît : avec les trois quarts des habitants à la Mairie, dont une grande partie des forces de l'ordre, le tueur aurait le champ libre, et les rares qui bouderaient la conférence seraient des victimes privilégiées. Luke lui ayant donc très bien fait comprendre qu'il n'avait pas d'autres choix que de se trouver dans la foule, c'était où il se trouvait en ce moment même, à moitié compressé entre deux hommes qui ne faisaient absolument pas attention à lui. Il estimait cependant que c'était en partie de sa faute ; réticent qu'il était à pointer le bout de son nez, il avait quitté son appartement à la dernière minute. Arriver pile à l'heure n'était jamais un bon plan quand il s'agissait d'une réunion de cette envergure. Pour s'assurer une mort par étouffement, il avait choisi la bonne horaire !

Finalement, il parvint à pénétrer dans l'enceinte du bâtiment et se dirigea immédiatement vers une chaise libre — ce qui commençait déjà à se faire rare. Comme à leur habitude, ses tatouages attiraient les regards, tantôt curieux, tantôt méfiants, quand ils n'étaient pas tout simplement dégoûtés. Il ne l'avait pas non plus joué très finement, puisque sa chemise blanche, qui collait légèrement à sa peau déjà moite — quelqu'un avait-il pensé à mettre en marche la climatisation ? —, laissait entrevoir l'encre de son dos, de ses épaules, de son torse et de son ventre. Il était un voyou aux yeux des autres, ni plus ni moins.
Assis sur sa chaise, à peu près en plein milieu de la salle — ce qui l'ennuyait grandement —, il se permit d'examiner la pièce. Repérer Peter Howell et son armée ne fut pas difficile. C'était hallucinant de voir à quel point les caméras pouvaient avoir soit un pouvoir d'attraction, soit un pouvoir de répulsion. Certains voulaient à tout prix passer à l'antenne, certains fuyaient le champ comme la peste, on était rarement dans l'entre-deux. Pour sa part, Sandro appartenait à la seconde catégorie. Son physique attirait déjà suffisamment les regards, il n'avait pas besoin de se retrouver sur tous les écrans de Fairhope. Son regard accrocha ensuite sur quelques silhouettes familières, des collègues de son père. Il hésita à aller les saluer, puis se ravisa. Il ne les connaissait pas plus que cela, et un "voyou" discutant avec un policier ferait probablement un peu tâche. De plus, s'il voulait garder sa place assise, il ferait bien de ne pas bouger de là. Il s'enfonça donc un peu plus dans le fond de son siège, les bras croisés sur sa poitrine — automatisme défensif pour tenir les autres éloignés. Il ne voyait aucun de ses — peu nombreux — amis, ce qui ne l'étonnait pas plus que cela. Avec une telle assemblée, il était difficile de remarquer tout le monde.

Honnêtement, il voulait rentrer. Mais parce qu'il avait promis à son père qu'il ne serait pas le prochain cadavre sur la longue liste du Poète, il se força à réfréner cette idée. Peut-être allait-ce être une conférence intéressante, qui savait ? Bon d'accord, il n'y croyait pas une seconde, mais il devait avouer qu'il aurait bien aimé que quelqu'un trouvât les mots justes pour les rassurer. « La police est sur le coup » ? Merci bien, il était au courant, mais il avait suffisamment discuté de ce sujet avec son père pour savoir que les forces de l'ordre n'étaient ni surhumaines, ni mediums. « Des patrouilles circulent » ? Ils avaient tous vu que ça n'empêchait en rien ce psychopathe de poursuivre son macabre dessein. Malheureusement, personne n'avait les mots pour apaiser qui que ce fût, et Sandro ne doutait pas qu'il en serait de même ce jour-ci également.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 17 Avr - 9:40

Arizona avait entendu parler de la conférence de presse qui avait lieu aujourd'hui à la mairie. En même temps, qui n'en n'avait pas entendu parler ? Il fallait rester terré chez soi, ne jamais sortir pour ne pas être au courant de la prise de parole du maire de Fairhope à propos du Poète. En ville, tout le monde en parlait. Il faut dire que ce détraqué mental en terrorisait plus d'un. Qui aurait pu penser que des crimes de ce genre se produiraient dans une ville aussi tranquille que Fairhope ? En s'installant ici, il y avait maintenant quatre ans, la jeune femme n'aurait jamais pu imaginer que les choses prendraient une telle tournure. Arizona était bouleversée depuis le décès de Mary dont elle était une bonne cliente. Bien entendu, elle l'était un peu plus chaque fois qu'elle entendait parler de ce criminel, mais la mort de Mary l'avait beaucoup affectée. La jeune femme était détective, elle enquêtait au service des particuliers sur tout un tas d'affaires qui ne concernaient pas les forces de l'ordre. Elle était apparentée à une fouine qui s'introduit dans la vie des gens au risque d'y semer, parfois, le chaos total, mais elle s'en fichait, après tout, des gens faisaient appel à ses services. En parallèle, elle menait sa petite enquête personnelle autour du Poète et avait l'ambition d'écrire un roman à son propos. Elle ne prétendait pas être romancière, non loin de là, elle s'intéressait beaucoup à la littérature et à l'écriture, mais à titre purement personnel. Elle avait étudié la criminologie et aurait rêvé d'intégrer les forces de Police, mais pour le moment elle travaillait à son compte et se contentait de sa petite vie. Elle avait bien conscience qu'elle pourrait, peut être, finir par devenir la cible du Poète, dans la mesure où elle vivait seule. Vous me direz, des tas de gens vivent seuls, mais Mary en faisaient partie et bien qu'elle ait une vie tout à fait ordinaire, le Poète s'en était pris à elle, sans raison apparente.

Arizona s'était arrêtée boire un café avant de se rendre à la mairie, habitude qu'elle avait prise avant de se rendre quelque part. Une heure avant le début de la conférence de presse, la jeune femme arriva sur les lieux. Elle s'attendait à y voir beaucoup de monde, et ce serait peut être une bonne occasion pour elle d'y rencontrer quelques personnes auprès desquelles elle pourrait glaner quelques informations. Elle avait décidé d'arriver en avance afin de pouvoir choisir une place au fond de la salle, ne souhaitant pas être vue à la télévision. Malgré ce que l'on pouvait penser d'elle, elle était quelqu'un de timide et préférait éviter d'être au premier rang. Sur place, la salle était déjà bien remplie. Les journalistes étaient tous là, assis au premier rang, certains préparaient les questions qu'ils allaient poser au maire alors que d'autres se contentaient d'attendre patiemment. Il y avait aussi les policiers de la ville, facilement reconnaissables bien que certains n'étaient pas vêtus d'uniformes. Enfin, les citoyens de Fairhope étaient venus en nombre eux aussi, tout le monde voulait savoir ce que le maire avait à dire. Y avait-il eu des avancées dans l'enquête ? Allait-on apprendre que le Poète avait encore frappé ? La jeune femme ne le pensait pas, les nouvelles allaient bien plus vite que ça ici. Elle se demandait donc ce que le maire aurait à leur dire. Elle trouva une place libre au fond de la salle de conférence et décida de s'y installer. Elle coupa le son de son téléphone et attendit patiemment que le maire face son entrée.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 17 Avr - 19:15

Remarquablement ironique cette histoire fut la première pensée de Genesis lorsqu’elle eut vent de l’existence même de cette conférence de presse. Toutefois, cette dernière piquait légèrement sa curiosité, d’autant plus depuis qu’elle enquêtait à titre officieux sur le poète pour le compte d’une victime. Rickon avait protesté, jurant que cette conférence ne ferait que la mettre sur le devant de la scène et ferait d’elle une proie parfaite. Ses mots avaient touché la jeune femme. Pas au point de l’en dissuader et de réduire au silence ses vieux réflexes d’agent du FBI. Ainsi elle embrassa son fils avant de sortir de sa large villa dans un jean noir, escarpins rouges vifs et chemiser assortie. Ses boucles dansaient au grès du vent de Septembre qui s’abattait sur la ville. Annonçant certainement un automne frais. Dans la voiture de luxe qui la déposa devant la mairie elle recouvra une dernière fois ses lèvres d’un rouge piquant. La sceptique qu’était la blonde n’espérait rien de cette conférence de presse, elle savait qu’il s’agissait le plus souvent de noyer le poisson, d’exposer les forces de police pour faire genre. Il s’agissait surtout d’un événement pour rassurer la population. Elle soupira, faisant glisser sa main pâle dans sa toison. Une inspiration plus tard, elle se trouva à l’intérieur de la salle de conférence.

Son regard balaya cette dernière dans un premier temps, elle ne connaissait personne, si ce n’était la jeune policière avec qui elle entretenait des rapports très peu cordiaux. Le journaliste favori ou détesté de cette ville et aussi subtile connaissance du père de son fils à ce qu’elle avait cru entendre. La grande blonde décida de se mettre au plus loin de Shandra, espérant que cette dernière ne vienne pas la déranger dans son rôle de détective privé, toutefois Genesis s’approcha du journaliste, posant son corps sur une chaise derrière le journaliste. Un sourire courtois avait suffi à faire partir un jeune curieux de sa place. Elle entrecroisa ses jambes, sortit son téléphone portable et commença à lire ses mails. Certains étaient d’étudiants en panique à l’approche de la dernière ligne droite, d’autres étaient ceux de vieux collègues du FBI qui s’intéressait de près à cette affaire sans pour autant avoir le pouvoir légal d’intervenir. Elle leva son regard en direction du journaliste, le voyant en compagnie d’une rouquine à la plastique de rêve elle esquissa un sourire en coin. Genesis n’aimait pas particulièrement la foule et encore moins la bureaucratie, mais elle était ici en guise de repérage, elle trouvait simplement le fait que ce Peter la forçait se questionner sur les rapports qu'il entretenait avec le père de son fils extrêmement amusant. 
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Sujet: Re: • Killer ConferenceLun 18 Avr - 19:25


D’ordinaire, ce genre de rassemblement n’avait jamais réellement convaincu Rickon. Une conférence de presse sur la tragédie même ? Le coupable encore en vie ? Rien de plus pour piquer sa curiosité, pour attirer ses foudres, où si ce n’est ça, simplement pour flatter son égo. Pour sur, dans quelques jours, les gros titres annonceront la mort d’un habitant de Fairhope. Parce que cela lui remuera le sang, parce que cela lui réchauffera le coeur, ou tout simplement parce que l’envie qu’on parle de lui encore et encore se fera ressentir toujours plus. Alors pourquoi avoir garé sa moto devant la mairie ? Pourquoi suivre le mouvement comme le plus parfait des moutons de cette ville et prendre le risque d’être une possible victime de cette ordure ? Genesis. 

Aussi loin qu’il se souvienne, Genesis a toujours été celle qui lui faisait prendre des décisions à la va vite. Des choix non réfléchis. Parfois idiots, il en était conscient. Mais que valait l’idiotie contre la vie même de cette femme ? Du bout de sa chaussure, il écrasa son mégot, puis s’ensuivit ce signe distinctif qui le caractérisait tant : une main dans sa crinière blonde pour tenter de dompter ce qui s’appelait plus communément chevelure. Un regard sur la droite lui permit d’apercevoir la voiture rouge vive de Genesis. Toujours à l’heure. Dernière expiration de fumée et Rickon se rendit d’un pas plutôt assuré vers ce qui semblait être le porche. 

Beaucoup de monde, trop de monde, se tenaient déjà présent. L’air ambiant commençait à se saturer, l’attente même de ce discours enflait tous les esprits. Rickon ne connaissait pas grand monde ici, hormis Peter, qu’il salua d’un mouvement de tête au loin. Préférant garder ses distances, il ne mit cependant que très peu de temps avant d’apercevoir cette silhouette qu’il connaissait par coeur. Son pas vif l’amena jusqu’à cette dernière, bousculant une où deux personnes au passage sans prendre la peine même de s’excuser. « Gen ? » Son corps la surplombait de toute sa hauteur, et pourtant elle ne déniait toujours pas lever son nez de son téléphone. « On s’en va. » Exigeant ? Peut être. Toujours est-il que sa présence ici la mettait en danger. Et plus que tout elle mettait également la vie de son fils en péril. Il connaissait le meurtre, il savait le gout que pouvait prendre la vengeance. Si le Poète la prenait pour cible, il avait beau être ce qu’il est, même lui ni changerait pas grand chose. Pourtant, au fond de lui, le Biker savait qu’elle ne bougerait pas un pouce de cette chaise.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 19 Avr - 19:36

Ça ne sentait pas bon. Pas littéralement, pas dans le véritable sens du terme. À moins que le mélange de parfums et de sueurs finisse par donner la nausée au colonel, mais après avoir passé plus d’une dizaine d’années dans les forces de police de Fairhope, son odorat avait appris à ne plus faire la fine bouche ; non seulement au bureau (surtout au bureau, quand ses grosses brutes de collègues oubliaient malheureusement l’utilité et les bienfaits du déodorant ou du dentifrice), mais aussi et surtout sur les scènes de crime. La mort avait cette empreinte olfactive particulière, capable d’anéantir tous les souvenirs de senteurs agréables et printanières, capable d’éradiquer tout ce qui était un tant soit peu appréciable. Et aujourd’hui, c’était bien ce parfum-là que le colonel pouvait percevoir, dissimulé entre deux eaux de toilette et quelques personnes âgées à l’hygiène douteuse. Cette odeur quasiment imperceptible, comme la fumée d’un feu dont il ne parvenait pas encore à déterminer l’origine. Les flammes allaient dévorer la mairie, il le sentait. C’était peut-être une intuition débile, sortie de nulle part, et tirée par les cheveux, mais rien n’était trop exagéré quand on vivait dans les rues qui avaient vu naître le Poète. Le colonel s’était même surpris à briefer ses équipes restées au poste, les ordonnant de rester près de leur téléphone et d’être sur le pied de guerre, prêt à partir en urgence pour la mairie si toutefois un drame se produisait dans les locaux municipaux. Arthur priait pour que ses intuitions soient mauvaises, pour qu’il se trompe, pour que tout se passe pour le mieux et que le maire annonce enfin la capture de ce crétin fini. Il aurait sûrement été mis au courant si cela avait été le cas, mais encore une fois plus rien ne l’étonnait à Fairhope, et il n’aurait pas été surpris si les fédéraux avaient fini par récupérer le dossier pour s’en attribuer tout le prestige. Dans le fond, ce n’était pas si grave, du moment que le Poète ne circulait plus librement dans les rues. Arthur n’aurait alors plus d’autre choix que de s’inquiéter pour son fils, à qui il avait catégoriquement interdit de venir ce jour-là parce que ça sentait définitivement le roussi.

Le colonel gardait l’oeil ouvert, scrutant tous les visages, essayant de les mémoriser. Il y en avait certains qu’il avait l’habitude de croiser, surtout quand il s’agissait d’en savoir plus sur cette satanée affaire, et il ne fut pas surpris de voir Peter et Miss Cravy en première ligne. L’espace d’un instant, il les soupçonna d’être à l’origine de ce carnage, suffisamment sournois et égocentriques pour devenir les parfaits suspects de cette enquête. D’autres regards croisèrent le sien, l’arrachant à ses pensées et lui rappelant la réalité de ce moment qui n’avait rien de particulièrement excitant ni agréable. Arthur sentait que les choses allaient mal tourner, c’était dans son sang, dans le battement approximatif de son coeur depuis qu’on avait ouvert les portes de la salle de conférence et que les individus s’y étaient installés sans que personne ait eu la présence d’esprit de les fouiller au préalable. Première erreur. Dans un pays où le port d’arme était légal, cela paraissait difficilement concevable ou acceptable, mais tant pis, puisqu’il fallait en passer par là pour le trouver, alors vraiment, tant pis. Le colonel avait dissimulé son gilet par balle et son arme sous sa veste, et la chaleur du lieu commençait à le lui faire regretter. Encore une fois, tant pis. Il préférait se concentrer sur le reste de cette masse qui grouillait, qui piaillait sans cesse, tandis que Peter continuait d’annoncer un discours éminent de la part du maire de la ville. Mais pas question de rester les bras croisés ici à ne rien faire qu’attendre.

Arthur commençât par se rapprocher de Shandra, saluant brièvement la jeune femme qui se tenait près d'elle d'un simple signe de tête. « Sans vouloir vous commander lieutenant, vous feriez mieux de garder un oeil sur la foule. Si vous avez votre téléphone, profitez-en aussi pour photographier la salle avant que… » Encore une fois il n’avait pas de preuves, il n’avait strictement aucune preuve. Et si le moindre civil l’entendait et s’affolait, c’était une petite centaine de crétins qui allaient se ruer d’un coup vers la sortie. À éviter. « C’est un conseil. », se reprit-il aussitôt, avant de l’abandonner pour rejoindre Wellman, reclus à l'autre bout de la pièce, seul contre un mur. « Combien d’officiers ont fait le déplacement au final ? Est-ce qu’on a encore des patrouilles dehors ? » Arthur sentit une goutte de sueur naître sur nuque, jetant un rapide coup d'oeil vers l'entrée de la salle. « Trouvez quelqu'un pour se mettre à l'entrée, refusez toute personne arrivant après 19 heures, c'est l'heure à laquelle le maire devrez faire son discours. Je suppose qu'il est dans son bureau et qu'il devrait descendre assez rapidement. Et si on ne limite pas l'accès, je sens que… Occupez-vous donc de ça Wellman, demandez à des civils si il faut mais ne restez pas là sans rien faire. » Le colonel n'était pas aussi sec d'ordinaire, mais le stress se lisait sur son visage. Et le pire était à craindre.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 21 Avr - 5:53

Tout ça n’était jamais qu’un cirque de plus au milieu du chaos. Ils étaient tous là, à s’agiter pour entrer, pour mieux voir, pour trouver une place assise, agglutinés les uns contre les autres, une armée de mendiants venus quémander une miette d’espoir, et on aurait dit qu’aucun d’entre eux ne réalisait à quel point tout ceci était vain. Pourquoi tout le monde s’accrochait aussi fort aux forces de l’ordre et aux médias alors que le problème les dépassait d’un bon gratte-ciel, ça, il n’aurait su le dire. Ou plutôt si, il savait. Ils n’avaient plus que ça pour entraver leur angoisse, après tout. Mais si tout le monde avait cessé de se regarder le nombril une seconde et tenté de se rendre utile, peut-être aurait-ce été moins évident pour le Poète de tailler dans leurs rangs... Autant dire qu’il n’y croyait pas trop. Il tripota machinalement le bouchon de son Sharpie, resté dans sa poche après un énième petit message insolent dans un recoin de rue. Dire qu’ils étaient des milliers contre un, et que le un continuait d’être du bon côté de la peur. C’était ça, qui était incroyable, non pas le maniaque qui se sentait puissant en massacrant des gamines, mais le pouvoir que les habitants lui avaient octroyé. Les habitants, et les médias… Il jeta un regard oblique aux journalistes qui s’entassaient dans leur coin, Peter Howell à leur tête. Bien évidemment. Il fallait bien reconnaître au bâtard de service une certaine diligence, dans son genre. Il était rentré mille ans avant tout le monde, alors que Jim n’en était encore qu’à repérer qui était là et qui entrait depuis sa place de parking. Bah. Il avait au moins l’avantage de son anonymat, et dans la cohue générale, personne n’avait fait attention au gamin ébouriffé qui se collait au mur du fond.

C’était le but. D’où, aussi, le fait qu’il ait laissé au placard ses usuelles vestes de motard au profit d’une tenue tellement basique qu’il aurait tout aussi bien pu être un Playmobil. Il se sentait légèrement à poil, là-dedans, sans couche de tissu pour le rendre un peu plus épais qu’une vague pellicule de coton… Mais bon. Au moins faisait-il encore plus jeune et inoffensif que d’habitude, et pouvait-il épier à sa guise. Quand il voyait les regards scrutateurs que lançaient les mémés au moindre jeune un peu anar sur les bords, il était bien content d’avoir fait au plus simple. Enfin, ça avait quelque chose de mignon, il supposait, qu’elles concentrent leurs suspicions sur les petits voyous encrés. Ça les occuperait un moment.

Il parcourut la salle du regard une énième fois, tentant vainement de repérer qui était où, accrochant à quelques rares têtes connues. Il n’était pas un immense fan des grands rassemblements, mais il fallait bien avouer que savoir autant de personnes impliquées au même endroit avait chatouillé sa curiosité. Et il y avait de fortes chances pour le Poète soit là aussi, alors c’était une bonne occasion de satisfaire sa paranoïa et de surveiller tout le monde. … Ce serait aussi une chance rêvée d’atteindre une centaine de gens en même temps, s’il virait impatient. Jimmy doutait que ce soit son style, lui qui prenait toujours grand soin de ses mises en scènes macabres. N’empêche. Dans un étouffoir pareil, mieux valait être près de la sortie et faire gaffe à ne pas se faire piétiner. A moins que la foule ne serve de couverture, justement ? Il serait compliqué de faire sa petite tambouille au milieu de tous ces gens, mais attraper quelqu’un et le tirer dans une salle vide… Bref. Toutes ces hypothèses ne faisaient rien avancer, pour l’instant. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était rester là et observer.

L’annonce du maire ? Il s’en contrefoutait. A tous les coups, ce serait juste du brassage d’air et des fausses promesses comme tous les politiciens en faisaient. Il était plus intéressé par ce que chacun en attendait, et ceux qui redoutaient l’annonce. Il jeta un coup d’œil à sa montre. Le principal intéressé ne devrait plus tarder, maintenant. Il se hissa légèrement sur la pointe des pieds. Cette salle contenait une petite centaine de potentiels tueurs et autres trafiquants en tous genre, et il y avait sûrement un tas de coins où il serait bon de laisser traîner ses oreilles, mais il avait du mal à quitter Howell des yeux. Ceci dit… La pensée que c’était probablement ce qu’il voulait le fit grimacer. Non, non, Howell était l’image. S’il prévoyait quoi que ce soit, il y avait peu de chances pour qu’il le fasse lui-même. Tant qu’à faire, il valait mieux garder un œil sur sa basse-cour.

En parlant de ça… Où était Désirée ? Il aurait pourtant été prêt à parier que c’était le genre d’évènements auxquels elle se devait de parader. Et une bonne mine d’inspiration macabre, aussi. Boaf, elle montrerait bien le bout de son nez à un moment ou à un autre. Peut-être se ménageait-elle un retard calculé, ou s’était-elle trouvé une chaise au premier rang, comme il se devait. Peu importait. Elle n’était pas sa préoccupation principale pour le moment.

Celle-là, il ne savait pas d’où elle allait sortir.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 21 Avr - 12:36

Dans l’idée, Genesis espérait un rebondissement digne d’une série télévisé. Le poète qui se dévoile devant et sous le nez de la police, ce qui aurait fait rire la grande blonde. Ce n’est pas qu’elle détestait la police, bien au contraire puisqu’elle-même était jadis un chien du gouvernement, ce que Genesis n’appréciait pas en revanche c’était l’air prétentieux qui pendouillait comme un gros filet de morve sous leurs narines respectives. Ces poulets prenaient les civiles pour des idiots. Le maire ne valait pas mieux aux yeux de la blonde, surfer sur la vague des meurtres pour se redorer le blason et avoir un égo si surdimensionné qu’il l’empêchait de quémander de l’aide à des forces de l’ordre autre que sa petite équipe paraissait pathétique aux yeux de la blonde. Elle secoua son visage tout en continuant de pianoter sur son clavier tactile ne prêtant pour le moment aucune attention à ce qui l’entourait. Au fond, elle comprenait Jack à présent, le dégout qu’il avait pour les forces de police, la hargne avec laquelle il vivait et se battait dans son propre monde apparaissait comme étant quelque chose d’admiratif pour elle. Un nouveau soupire, des paupières mi-closes et une voix rauque qui l’interpella. « Gen ? » Une grimace se dessina sur le visage de porcelaine de la détective, elle mordilla sa lèvre inférieure sans pour autant relever son visage de son téléphone portable. Rickon était ici, elle dû contenir une impulsion lorsque son cœur se mit à battre la chamade. Non pas qu’elle était heureuse de sa présence, seulement qu’elle le trouvait idiot de s’être pointé ici. «  On s’en va. » Cette fois-ci, elle avait réagi. Posant délicatement son portable sur ses genoux, elle releva son visage et toisa le blond d’un air sévère.

Sa main se posa sur l’avant-bras du biker. Cet idiot, irréfléchis, n’avait même pas pris la peine de cacher cette large veste de cuir, ce qui pouvait paraitre pour ces idiots de flics une provocation. Après tout, ils avaient été si idiots, qu’ils avaient arrêté le frère d’une victime sous prétexte que ce dernier était amoureux de cette dernière. Son regard glacée se fit insistant, elle pencha son visage sur son voisin et murmura « excusez-moi, mon ami aimerait s’asseoir. » L’homme toisa le géant blond et se retira non sans soupirer. Elle souriait inclinant son visage en guise de remerciement, bien qu’elle ait conscience que ce retrait était dû à la carrure et l’air effrayant du grand blond. « Poses tes fesses ici Rickon.  » Lui ordonnait-elle sans prendre la peine d’entendre ce qu’il avait à lui dire. Une fois que la résignation du Biker était présente, elle lui pinça profondément la peau de son avant-bras. « T’es juste con ou tu le fais exprès ? Cette pièce est remplie de flics, je suppose que tu as ton arme en plus ! A la moindre connerie ils vont t’envoyer au trou, cette histoire de tueur en série les mets certainement assez à cran pour te prendre comme victime.  » Elle le gifla doucement sur sa nuque avant de soupirer. « Je ne bougerais pas d’ici de toute façon !  » Avait-elle protesté avant de poser son regard sur le journaliste qui semblait nerveux. Ses lèvres s’approchèrent de l’oreille de Rickon et elle murmura « D’habitude il a l’air hyper détendu, là j’ai juste l’impression qu’il va faire une crise cardiaque ce beau blond…tu penses qu’il sait quelque chose à propos de tout ce mystère ? » Elle pencha son visage sur le côté, offrant son plus beau sourire de petite peste à l’homme qu’elle aimait.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 21 Avr - 15:55

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


Les gens arrivaient, de plus en plus, et je sentais que mes collègues commençaient doucement, mais sûrement à être à cran, chose qui n'avait pas lieu d'être, à mon sens, pour le moment. Il faut dire que je ne savais pas ce que le maire avait à nous dire, mais ces propos pourraient-ils créer une émeute ? J'en doutais, et puis qu'avions-nous à craindre du Poète ? Il n'avait jamais attaqué en plein milieu d'une foule comme celle-ci, et je doute qu'il le fasse un jour, sauf s'il a décidé que la course-poursuite devait prendre fin. Mais il n'en avait clairement pas envie, pas encore, et il n'allait pas commettre aujourd'hui, une erreur qui lui vaudrait de se faire prendre. Peut être qu'il serait là cependant, dans la foule, au milieu comme un citoyen lambda pour nous narguer, comme il le fait chaque fois ou presque. Sans doute devait-il être là lors de la battue au lac, sans doute, mais il est clairement passé à travers les mailles du filet, comme toujours, pour le moment. Je restais accrochée au fait que nous arriverions à le trouver, que nous pourrions avoir droit à une petite erreur, qu'une petite faille se profile, que sa carapace finisse par se fissurer, à peine, mais que cela soit suffisant pour que la petite goutte de sueur, la petite goutte de sang soit là pour nous mener à lui. Peut être étaient-ils plusieurs comme le laisser présager Howell, il y a quelques jours à peine, peut être voulait-il simplement tirer la couverture à lui, comme toujours, même si là, je ne le sentais pas aussi à l'aise que d'habitude. Savait-il des choses que nous ne savions pas ? Serait-il un complice du Poète ? Serait-il le Poète lui-même ? Personnellement, je ne croyais en aucune de ces possibilités même si sur certains points il ressemblait au tueur de par sa médiatisation. Quand on parle du Poète, Howell n'est jamais loin. Mais, je ne vais pas me soucier de lui, s'il va bien ou s'il est en stress complet, c'est un peu le cadet de mes soucis, surtout qu'il ne sera pas le seul journaliste. J'observais alors Ian qui semblait en vouloir à la terre entière, ou quelques choses comme ça. Je le sentais de plus en plus à cran ces derniers temps, je ne sais pas comment il va finir à force, mais sans doute en dépression comme pas mal de monde. En fait, je suis l'une des rares à être là depuis le début, c'est comme ça que je suis devenue lieutenant, en resistant tant bien que mal à la pression de cette affaire, en ne perdant pas espoir. En tout cas, il ne faisait pas bon vouloir taper un peu de discussion avec Wellman, surtout quand il a l'air d'être levé de la pâte gauche, comme aujourd'hui. Je vis alors Jayla venir dans ma direction, tout du moins, alors que je me retournais, je la vis arriver dans ma direction. Elle me salua me demandant si j'étais de service ce qui me fit sourire. C'est vrai que je ne le porte pas forcément sur moi, mais je ne suis plus une simple officier de police alors je n'ai pas forcément d'uniforme à porter. Il me suffit de mon flingue et de ma carte. Je lui faisais donc oui de la tête, continuant à épier les moindres faits et gestes me paraissant dangereux. Elle me demanda alors la nature de cette conférence mais je n'avais pas été mise dans la confidence.

" Je ne sais pas exactement, je n'ai pas été mise dans la confidence, mais il me parait évident que le maire veut nous dire quelques mots sur le Poète. Après, je peux me tromper mais en dehors de cela, je ne vois pas ce qu'il pourrait nous dire d'intéressant. "

Mais peut être qu'il allait nous faire du blabla politique, je ne saurais dire, parce qu'en dehors du Poète, le maire n'avait pas à faire ce genre de conférence, du moins à mes yeux. Bref, je regardais un peu qui était là, et évidemment, il y avait des "habitués", du moins des personnes que je n'appréciais pas vraiment comme Cravy. Elle puait l'arrogance, mais bon, même si Howell l'avait mis sous le feu des projecteurs, tout le monde avait presque oublié alors que quelques jours auparavant, tout le monde aurait remarqué sa présence. Je la tenais du coin de l'oeil cependant, même si elle n'était pas le Poète, elle l'aimait un peu trop pour qu'elle soit complètement nette. Je vis aussi Winston, cette ex-agent du FBI, qui était aujourd'hui détective privée, qui aimait bien fourrer son nez partout, pire qu'une journaliste parfois. Mais mon attention se reporta alors très vite sur le colonel qui venait dans notre direction à Jayla et moi. Il semblait être aussi à cran, comme s'il craignait que l'annonce du maire puisse nous mettre à mal. Il n'avait pas tord là dessus, mais il fallait penser avant tout à la sécurité des personnes. Il me dit donc de prendre la pièce en photo, afin de peut être avoir le visage du Poète. Je le ferais, quand tout le monde sera assis, même si ce n'était qu'un conseil de sa part, je le sentais vraiment à cran. Je ne savais pas exactement le dispositif qui avait été mis en place pour aujourd'hui, je n'avais rien organiser, me contentant avant tout d'être à ma place ici, au milieu de la foule.

" Ne vous en faites pas colonel, avec les caméras et les journalistes qu'il y a ici, nous aurons sans doute une bonne vision d'ensemble, mais je prendrais quelques photos toutefois. "

J'aurais voulu lui en dire plus pour tenter de le rassurer, mais il était déjà partie en direction de Wellman sans doute, et c'était effectivement le cas. La salle se remplissait, de plus en plus, elle arriverait bientôt à saturation. Le maire ne tarderait plus, en théorie. Nous serions tous pendu à ces lèvres, même si j'avoue être plus préoccupée par les personnes en présence dans le coin, par ces personnes qui pourrait être dangereuses, en dehors de Cravy et Howell, j'entends. J'avais déjà remarqué la présence d'un homme sur toutes les scènes de crime, peut être que ce n'est qu'un simple habitant de la ville, peut être que c'est plus, mais j'avais sa tête en mémoire, si je le voyais, je l'aurais à l'oeil, on ne sait jamais.





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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: • Killer ConferenceVen 22 Avr - 1:10

Killer Conference

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Le Poète n'avait pas frappé depuis plusieurs mois, tu commençais, doucement, mais sûrement à reprendre un peu du poil de la bête. Ton cancer avait été pris à temps, fort heureusement pour toi et le traitement faisait effet, le cancer ne gagnait pas de terrain sur ton corps, même si le traitement te retournait l'estomac à chaque fois ou presque. Les jours où tu avais ton traitement, tu ne mangeais donc plus rien, et même si parfois tu criais famine, ton estomac te remerciais. Mais aujourd'hui n'était pas un jour comme celui-ci, alors tu pouvais te permettre de manger un peu, chose que tu faisais, pas de la grande cuisine, mais une petite préparation de pesto que tu adorais, avec un petit morceau de viande de boeuf. Bref, tu ne savais pas quoi faire de ta journée, quand tu décides d'allumer ta tablette pour regarder les informations, priant pour qu'on ne parle pas du Poète, priant pour qu'aucun corps ne soit découvert depuis peu. Mais si on parle de lui, c'est en pointillé, le maire de la ville va faire une conférence en ce 6 septembre. Tu viens d'avoir 27 ans depuis quelques jours, tu te demande quel cadeau le maire veut bien te faire, mais ça ne te plait pas. Tu as peur de ce qu'il pourrait annoncer, tu as peur de ce qu'il va dire, parce que cela sera potentiellement à propos de ton ennemi juré, à propos du Poète. Pourtant, tu te sens assez forte pour prendre l'air et te rendre à la mairie. Le Poète n'a pas frappé depuis plusieurs mois, peut être que le maire va annoncer que la police a réussi à lui mettre la main dessus. Dans ce cas là, tu ne saurais comment réagir, parce que ta vie perdrait un peu de son sens. Parce que oui, tu te sais dépressive, mais ce n'est pas qu'à cause du Poète même s'il a accentué ton mal en tuant Ruth, ta voisine à l'époque. Tu te dis que peut être il s'est trompé de porte, que peut être il t'en voulait, à toi, et pas à cette pauvre femme. Tu n'as jamais été sa victime directe, mais tu es pourtant l'une de ces victimes, un dommage collatéral pour ainsi dire. Tu regarde alors ce que tu vas mettre pour sortir dehors. Tu ne sais pas trop mais finalement, peu importe le style, ce n'est pas important. Tes doigts tombent donc sur une robe noire. Tu ne vas pas à un enterrement jeune fille, non ? Pourtant, tu l'enfile sans te poser plus de question. Si ton apparence a pu compter durant ta scolarité, depuis, tu n'y fais plus tellement attention pourtant cette robe est très belle, t'arrivant au dessus des genoux ayant des manches assez courtes, ne laissant pas apercevoir la commissure de ta poitrine. Elle est assez légère parfaite pour la fin de l'été. Tu prends donc un chapeau blanc avec une petite plume noire. Tu ajoutes à cela une paire paire de ballerines noires. Cela fera largement l'affaire, tu en es convaincue. Tu regarde l'heure qui est affiché sur l'horloge. Il va y avoir du monde, mais tu décides de t'y rendre en voiture quitte à te garer loin de la mairie. Et effectivement, c'est noir de monde. Cela ne te plait pas, cela te fait peur, un peu. Et s'il était là pour te tuer ? Non, ce n'est pas possible, il ne va pas tuer au milieu de tant de monde, si ? Et s'il avait prévu de tuer le maire pendant son annonce ? Tu commence à trembler, tu as peur alors tu fermes les yeux et tu respires, de grandes bouffées d'air pour réduire ton rythme cardiaque. Tout va bien se passer. Tu commence toutefois à te demander si tu as bien fait de venir, mais tu ne veux plus reculer, pour une fois que tu étais décidée à faire quelques choses. Tes mains tremblent toujours un peu, mais ta respiration et ton rythme cardiaque sont à peu près à un niveau convenable. Tu t'avance, il reste encore quelques places assises. Tu vois quelques têtes que tu connais, un peu, que tu as déjà aperçue en tout cas, et tu te place là, au milieu de la salle, sur la droite. Tu n'es pas la première, mais tu n'es pas la dernière, le maire n'est pas encore là, et d'autres arrivent. Tu poses tes mains sur tes genoux, et tu essaye de sourire un peu. Tu enlève ton chapeau que tu laisse finalement par terre à côté de tes pieds puisque des personnes viennent de s'asseoir à tes côtés. Il n'y a plus qu'à attendre, en espérant que tu ne fasses pas une crise de panique, mais pour le moment, ça va, tu tiens le coup, mais pour combien de temps ? Personne ne saurait le dire.




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Sujet: Re: • Killer ConferenceVen 22 Avr - 19:42

La conférence du Maire. La nouvelle lui avait fait hausser un sourcil et brièvement détourner le regard du microscope où il regardait un prélèvement. Le babillage des laboratoires et secrétaires se poursuivit sans qu'il y fit plus attention. Pourquoi une conférence? Quelle nouvelle ce pantin allait-il bien pouvoir annoncer? Sur le front de l'enquête, aucune, il en était certain. Ses collègues policiers seraient venus fanfaronner ou bien il aurait appris LA grande nouvelle d'une minuscule avancée à peine celle-ci arrivée, ébranlant l'édifice d'un brouhaha d'auto-satisfaction. Or il n'avait rien entendu. Donc c'était politique, de l’esbroufe, du vent. Il se concentra de nouveau sur son travail, bien plus important à ses yeux que ces peccadilles. Toutefois, l'information continua de trotter dans sa tête, faisant son chemin dans son cortex tel un ver dans une pomme, finissant par réveiller définitivement sa curiosité sociale, bien léthargique ces temps-ci.

Il soupira et ayant fini son examen, éteignit l'appareil, consigna les résultats dans l'ordinateur qu'il mit en veille en attendant son retour. Il parti tel quel, avec sa blouse blanche passée sur son complet sombre, passant la main dans ses cheveux courts mais dont les ondulations avaient le don de faire de nœuds, même à cette longueur, ce qui l'amena à programmer un prochain passage chez le coiffeur tant qu'il y pensait. Son apparence vérifiée et réordonnée (la rangée de stylos dans la poche de sa blouse parfaitement alignée), il passa les portes de la Mairie et se dirigea vers la foule qui se massait déjà à l'entrée de la salle, appâtée par les caméras et la promesse de sensationnel, soulignée par la présence de ce poseur de Howell. Il grogna, désapprouvant cette présence inopportune et pourtant bien prévisible. Comment imaginer un événement, aussi bénin soit-il, sans le brushing impeccable de ce guignol? Il se rinça l’œil sur ses assistantes et la foule des midinettes en quête d'une miette du sourire de ce play-boy. Il passa au reste de l'assistance, remarquant bon nombre de policiers, en tenue ou pas, ayant le sourire ou pas, faisant bonne figure ou pas. Il nota la présence de nombreux habitants, badauds en mal d'informations sur la traque qui avait lieu maintenant depuis des années et qui assombrissait l'humeur de tout le monde. Il nota une présence étrange; un couple mal assorti mais pourtant évident entre une poupée blonde soignée jusqu'au bout des cils et un biker au blouson cachant mal sa carrure. Le contraste était saisissant et Liam s'interrogea deux secondes sur cette association surprenante, la blonde ayant l'air de mener la barque car faisant visiblement obéir le colosse qui s'assit, contraint et forcé. Il passa à une autre scène, saisissant la complicité entre le vieux colonel et la jeune commissaire ambitieuse mais pas dénuée de talents. Pas de trace du Maire pour le moment. La température montait doucement, tant par la chaleur que les spots des caméras dégageaient que par l'électrisation de l'assistance, lassée d'attendre, tendue vers l'espoir d'une bonne nouvelle, crispée par la crainte que le Poète ne profite évidemment de cette réunion pour sortir tranquillement commettre un nouveau meurtre, les rues étant vides, les commerces déserts et les absents rivés à leur poste de télévision.

C'est pourquoi Liam ne s'assit pas. Il resta sur le qui vive, debout au fond de la salle, posé non loin d'un maigrichon souffreteux qui n'avait visiblement plus très longtemps à attendre la faucheuse, au son de sa toux. Il voulait pouvoir partir à tout moment, n'écartant pas l'idée qu'on ait besoin de lui, profitant de son poste pour observer les gens. Il était comme au spectacle et les conversations chuchotées tournant à vide l'amusaient. Il ferma les yeux, se concentrant sur ses dossiers qu'il avait abandonnés pour l'occasion, se sentant coupable de cette inutilité mais excité par l'idée folle qu'avant de commettre son crime, le Poète pourrait peut-être se mêler à la foule des anonymes et se marrer un peu en entendant toutes les inepties qu'on racontait sur lui. Séduit par cette théorie, il continua la logique en imaginant le Poète ayant commis son meurtre appeler la Mairie pour le signaler. A coup sûr ce grand dadais de journaliste en perdrait son sourire, navré de ne pas être, encore une fois, au bon endroit. Qui serait la victime cette fois-ci? Le meurtrier ne semblait n'avoir aucune préférence, ce qui déroutait les enquêteurs, échappant à tout schéma, suivant une logique si particulière que pour l'instant personne ne l'avait comprise, ni même appréhendée. Liam avait retourné toutes les enquêtes dans tous les sens, demandé le double de tous les rapports, compulsé les liasses de documents de long en large, en vain. Il rêvait de comprendre, de trouver le truc qui le rapprocherait de son idole, de son modèle. Une telle perfection dans la maîtrise, un tel sens du détail et si peu de pistes, même fausses, une telle longévité sans être inquiété l'épatait, lui qui connaissait les tueurs en série et leurs histoires sur le bout des doigts, en ayant déjà rencontré plusieurs, obligation professionnelle et officielle oblige, fascination personnelle dissimulée bien sûr.

Il attendait donc quelque chose de cette conférence outre les mots creux et convenus du Maire et prenait donc son mal en patience, bercé par le babil sans importance de la foule autour de lui.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 24 Avr - 23:08

Curiosity killed the cat,

L'homme, de par sa nature, recherche tout particulièrement la paix et la sécurité de son foyer et de sa personne. Il ne saurait s'épanouir dans un sentiment de danger et de menace, et aspire à la sérénité confortable qu'apporte une existence sans inquiétude. James ne valait pas mieux que son prochain, et s'évertuait à poursuivre cet objectif naturel qui, dans sa situation, se résumait en trois mots dont il ne maîtrisait pas exactement les implications: faire profil bas. Il lui était difficile de se départir de sa nature profonde, celle qui le poussait constamment à chercher le contact et la chaleur des conversations, et de regarder au sol plutôt que d'observer les visages alentours. Il était plus du genre à abattre les murs pour être remarqué qu'à les raser pour passer inaperçu. Malgré tout, il s'était fait une raison, et avait accepté l'idée que pour persister à Fairhope, il lui faudrait rentrer le menton et traverser dans les clous, s'il n'avait pas envie de se remettre à courir. Et il l'avait fait sans trop de fausses notes, l'absence du Poète signifiant que les forces de l'ordre lui lâchaient un peu la bride. James avait retrouvé un sentiment, factice, de sécurité. Il s'était laissé bercer, apaiser par la quiétude des journées qui défilaient sans meurtre. Du coup, quel mal y avait-il à aller se balader vers la mairie un dimanche après-midi?

Le dimanche était un jour ennuyeux, de toute manière, et il n'était pas enclin à refuser la distraction. De plus, quoi de mieux qu'une foule d'inconnus pour en devenir un? Passer pour encore un de ces citoyens qui prétendaient qu'ils ne se droguaient pas à l'information glauque, qu'ils ne se nourrissaient pas du frisson d'angoisse qui suivait toutes les déclarations relatives au Poète. Il aurait pu se contenter de le suivre à la télévision, bien sûr. Mais tous les yeux seraient rivés sur le maire et ses révélations, les siens y compris. Personne n'irait lui prêter d'attention. Le médecin ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais il évitait de faire des conjectures. Les nouvelles ne seraient sans doute pas bonnes. Il n'était pas si optimiste que ça. Alors pourquoi prendre le risque de rassembler autant de monde au même endroit? Certes, le meurtrier préférait ses victimes isolées, mais le carnage de Mary Wilson, auquel il avait sagement évité de participer, aurait dû mettre la puce à l'oreille des autorités compétentes. Les rassemblements comme ceux-là étaient néfastes, l'intelligence de l'assemblée étant inversement proportionnelle au nombre d'individus présents. James songea avec appréhension que, en plus, en Amérique, n'importe lequel de ces fous pouvait se mettre à tirer sur tout le monde, et qu'il aurait probablement le temps de faire des dégâts avant que la police ne le maîtrise. Vive le second amendement. Après, il n'était pas paranoïaque pour autant, alors l'idée fut sagement rangée dans un coin de sa tête. C'est ainsi que, poussé par sa curiosité, il s'avança dans la foule.

Parcourant des yeux l'assemblée, il aperçut quelques visages familiers, des voix connues dans le brouhaha. Il aurait évidemment été difficile de faire autrement dans une si petite ville, et chacun avait sans doute pu faire le même constat en arrivant. Il aperçut Arthur, mais le colonel semblait bien occupé, et James était pourvu d'assez de bon sens pour ne pas aller l'interrompre et le distraire, lui qui semblait dans tous ses états. Personne n'avait vraiment l'air tranquille, d'ailleurs. Beaucoup de gestes entraperçus indiquaient un malaise. Les jambes qui tressaillaient, les regards inquiets. La foule sentait-elle un danger quelconque? James avisa finalement une place sur la droite, à côté de l'une de ses patientes, et il s'y dirigea aussitôt, s'asseyant à côté de la jeune femme. «Bonjour, mademoiselle Crane!» lança-t-il cordialement en direction de sa voisine. «Comment ça va, ces temps-ci?» C'était plus ou moins son devoir, et puis il avait beau dire ce qu'il voulait, il prenait forcément ce genre de situations à cœur. Se distancier, c'était beau sur le papier, mais beaucoup moins aisé dans la vie de tous les jours, lorsqu'il suivait les patients au fil de leur vie. De ce point de vue-là, la chirurgie était bien plus simple. «Ca me fait plaisir de vous voir sortir un peu, en tout cas.» Bien sûr, la voir sortir pour autre chose qu'une conférence en rapport avec le psychopathe qui la fauchait toujours sur son passage, ça lui aurait fait encore plus plaisir, mais il n'allait pas faire le difficile. Il ne restait plus qu'à attendre. Il espérait quand même que ça vaudrait le déplacement. Pas qu'il avait autre chose à faire, mais il aurait sûrement pu trouver.

but satisfaction brought it back.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceMer 27 Avr - 20:23

killer conference



6 septembre 2015, 19:00

Ils brassent du vent. Ils courent après du vide. Ils vont s’épuiser à la tache, les pauvres bougres. Ils vont finir par manquer d’air à force de courir après la brume.

Je reprends une gorgée de thé avant de relancer la conversation. Le tout est de ne pas partir d’ici trop vite, de ne pas quitter l’appartement de ma voisine avant que tout soit terminé, qu’elle ait allumé son téléviseur pour se mettre à trembler dans son fauteuil en découvrant les unes des journaux et ce qui s’est produit à la mairie de Fairhope.

Il faut que je sois là, qu’on puisse témoigner de ma présence ailleurs que sur le lieu de l’agression, comme à chaque fois. J’ai mes petits alibis aux quatre coins de Fairhope, de vulgaires pions que j’utilise, que je place comme bon me semble sur l’échiquier ; moi la Reine, dont les pouvoirs sont infinis.

Je jette un coup d’oeil à l’horloge. Les portes ont du se fermer. Ils doivent attendre, sagement. Plus que quelques minutes avant le début du spectacle. Quelques instants supplémentaires avant que le masque ne tombe, qu’ils s’aperçoivent que le maire ne fera pas le déplacement, qu’il n’a jamais été prévu qu’il soit présent.

J’espère que le monde entier a les yeux braqués sur Fairhope.

J’espère qu’ils retiennent leur souffle.
Il n’est pas encore l’heure de rendre le dernier… Pas encore.





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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 28 Avr - 17:42

Killer Conference

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L'heure tournait, doucement, mais sûrement, presque trop tranquillement même devrais-je dire, mais à présent la pièce était pleine à craquer, les portes venaient de se refermer, il est 19h, le maire ne devrait plus trop tarder à venir pour donner son discours. Personne ne sait ce qu'il va bien pouvoir dire, même si on le suppose. De qui d'autres pourrait-il parler si ce n'est du Poète ? Peut être qu'il va simplement parler de lui-même, dire qu'il va démissionner de son poste et que de nouvelles élections vont avoir lieu, peut être qu'il va donner de nouveaux moyens au commissariat pour que nous puissions avoir la chance d'avoir le Poète. Peut être qu'il va nous dire que le Poète c'est lui et qu'il se rends aux autorités. Peut être ... Il y avait trop de possibilités, et aucune réponse de crédible, de possible. Je ne savais pas quoi en penser, vraiment, je ne savais pas, j'étais dans l'ignorance comme tout le monde, et ça ne me plaisait pas. Si j'étais présente en tant que lieutenant de police, j'étais aussi présente en tant que simple habitante de la ville pour savoir ce que le maire avait à nous dire. Avait-il seulement quelques choses d'intéressant à dire ? Je ne savais pas, pas du tout même. Pourtant j'observais la foule, les visages, je me disais que peut être ils seraient confiants, mais la plupart restait soucieux, soucieux de ce qui pourrait arriver à vrai dire. Mais que pouvait-il arriver ? Nous étions en train de brasser de l'air, du vent depuis tellement de temps à cause de ce Poète de malheur, nous n'étions plus à une nouvelle déception près, pourtant, je gardais cet espoir, qu'un jour il ferait une véritable erreur et que nous réussirions à l'avoir, une bonne fois pour toute. Il n'est jamais trop tard, sa cavale ne durera pas indéfiniment, et si je dois attendre encore des années avant de l'avoir, j'attendrais même si ma patience sera une nouvelle fois mise à rude épreuve. Mais j'avais énormément de patience, trop peut être, je ne saurais dire, mais j'étais là, persévérante pour lutter contre cet individu complètement fou qui sévissait depuis trop longtemps et qui à ce rythme là, sévirait pendant encore de longs mois. Mais une fois qu'il sera arrêté, je pourrais me dire que cette affaire est derrière moi et que j'ai réussi à faire quelques choses de ma vie contre lui. Je ne saurais dire cependant de quoi je devrais être la plus fière. Mais ce jour là n'était pas encore arrivé. Et puis qui sait ? Peut être que le Poète allait encore nous ridiculiser ici devant les caméras du maire, peut être que je me fourvoyais, je ne saurais même pas quoi dire si jamais cela arrivait. Mon regard était attentif au moindre geste suspect, au moindre comportement n'étant pas dans une droit ligne de conduite. Mais si tout le monde était excité à l'idée de l'annonce qu'il y aurait ici, tous était assez calme, agissant de façon logique. Cela ne me plaisait pas, presque comme si tout était justement trop calme, beaucoup trop calme, même pour quelqu'un qui n'est pas forcément paranoïaque.





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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 28 Avr - 19:50

Killer Conference

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Pourquoi est ce que tu as décidé de venir ici ? Pourquoi ? Vraiment, plus le temps passe dans la pièce, plus tu te le demande, tu aurais mieux fait de rester chez toi, mais c'est comme ça, tu ne peux pas faire autrement, surtout que l'heure arrive où ils vont fermer les portes, alors sauf en cas d'extrême urgence, tu sais qu'ils ne les rouvriront pas. Tu as peur, intérieurement, tu bous mais tu fais en sorte que ça ne se voit pas trop extérieurement parlant. Tu sais que si la conférence s'éternise trop, tu ne seras pas bien, mais c'est un peu un test que tu te fais à toi même. Tu ne sais pas si tu le réussiras, très honnêtement, tu l'ignore mais tu vas faire au mieux. Finalement, la place qui était préalablement libre se retrouve occupée par le docteur Shelley ce qui te rassure un peu. Tu le connais bien, enfin, tu as déjà eu l'occasion de lui parler, souvent, et tu lui fais confiance, alors mine de rien, cela te rassure un peu qu'il soit là, il saura quoi faire si jamais ça ne va pas bien de ton côté. Alors tu réussis à lui faire un petit sourire. Il est maigre, mais il est présent, ce qui reste presque incroyable mais en ce moment, tu es plutôt dans une spirale positive, mais même quand c'est positif pour toi, tu reste friable, fragile, tu le sais bien, demain, tout peut repartir dans une terrible spirale négative.

" Docteur Shelley. Je pense qu'on peut dire que ça va bien et vous même ? "

Et un autre petit sourire qui s'affiche sur ton visage. Si cela n'avait pas été une tête connue sans doute que tu ne l'aurais pas affiché, mais il semblerait que tu sois sur une bonne voix, tu arrives à faire des efforts concernant autrui, même avec de simples connaissances. Il sait que tu es dépressive, que tu fais partie de ces dépressifs qui vont bien un jour et qui perdent pieds le jour d'après. Il le sait clairement, il te fait la remarque, qui se veut encourageante. Il est si rare de te voir à ce genre d'événements en temps normal en même temps. Tu lui fais un nouveau petit sourire.

" J'essaye de faire au mieux en tout cas. "

Oui, vraiment au mieux, tu as déjà dépassé tes espérances, et tu espères que cela ne te retomberas pas dessus, parce que mine de rien, intérieurement, tu as peur, peur de ce que le maire pourrait annoncer, dire à propos du Poète, mais tu es là, pas simplement devant ta télévision. Tu sauras bien vite si cela est une bonne idée.





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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 1 Mai - 0:07

Il y avait une tension palpable dans l'air et si Désirée avait sorti son téléphone portable de la poche de son manteau, plus pour s'occuper les mains qu'autre chose, elle n'était pas focalisée sur l'écran de son smartphone bien au contraire. Tous les bonbons sucrés du monde ne pouvaient pas lui faire perdre sa concentration ni oublier l'endroit où elle se trouvait. Elle avait remarqué le couple de personne âgées qui venaient de s'asseoir à sa droite. Ils voulaient les meilleures places visiblement, espérant, priant que le Maire les sorte de la tourmente, après tout, c'était un homme très charmant, certes, il n'était pas de Fairhope mais cela ne voulait pas dire qu'il n'en avait strictement rien à faire de ce meurtrier qui était encore libre, n'est-ce pas ? Désirée eut un maigre sourire pour ses voisins, se laissant bercer par leur discussion de couple qui n'avait rien de privé au final vu le volume auquel ils parlaient. La rouquine remarqua également du mouvement au niveau des membres des forces de l'ombre, un homme de taille importante, du genre qui aurait fait de l'ombre à Tobias, s'adressait à Shandra. Avait-il des informations qui manquait au reste de l'équipe? Désirée était curieuse, curieuse de savoir ce qui se murmurait dans les rangs de police. Savaient-ils vraiment quelque chose de plus, quelque chose de plus qu'elle ? Elle en doutait sincèrement, mais Désirée n'allait pas se vanter en public et surtout pas avec autant de monde d'avoir réussi à réunir des indices importants. Elle n'était probablement pas plus proche du tueur en série que ces chers policiers, mais au moins, elle était honnête avec elle-même sur ce point.

Son regard se porta presque automatiquement sur Liam et ses jambes également immanquables quand le médecin légiste fit son entrée dans la salle de conférence. Oh ça, c'était bien un cafard qu'elle aurait aimé écraser sous son ongle. La romancière eut un fin sourire en se disant qu'il aurait adoré tomber sur Mary Wilson lui-même et lui retirer son masque pour pouvoir identifier le corps. Il ne l'avait pas fait, c'était Désirée qui l'avait battu, encore une fois et qui continuerait probablement de le faire. Elle n'avait pas pu le narguer pour ce simple fait, afficher un air suffisant serait sa seule arme. Le sourire de la jeune femme s'agrandit lorsque ses yeux passèrent de Liam à Jimmy. Elle eut pour lui un geste de la main... Avant de réaliser que non, il ne pouvait définitivement pas la reconnaitre, avec son blond, il avait été impossible de ne pas voir une femme comme Désirée, désormais... Elle était presque invisible. C'était une pensée réconfortante mais les femmes comme elle ne restaient jamais bien longtemps dans l'ombre et elle le prouva en se levant. "Excusez moi." dit Désirée dans un sourire charmant au possible, quittant sa rangée. Elle remarqua à peine que les portes se refermaient, pourtant, son esprit d'écrivain se complaisait dans cette notion, être enfermé ici avec tous ces gens, certains de parfaits inconnus, d'autres de simples connaissances... C'était la scène de crime parfaite n'est-ce pas ? Elle ne pouvait pas être la seule à l'avoir remarqué, tout ce monde, tous ces yeux et en même temps, le pire des désastres pouvait arriver en quelque minutes. C'était en vérité terriblement excitant et c'était peut-être pour cela que Désirée se planta devant le livreur avec un franc sourire le visage, peut-être déplacé considérant la situation... Pas besoin de trop faire semblant devant Jimmy ou devant Liam, pas vrai ?

"Tu me cherches Jimmy ?... J'avoue que je ne pensais pas te voir à ce genre d'évenements, comment est-ce que la ville va faire pour se nourrir sans toi ?" Désirée croisa les bras, marquant une pause pour chercher un siège libre près du jeune homme. Elle ne trouva rien d'autre que Liam, pour qui elle eut un bref signe de tête, un signe de respect simple et poli. "Liam. Toujours un plaisir." Un mensonge à peine voilé, mais elle préférait savoir le légiste ici plutôt que sur une piste qu'elle ne pouvait pas suivre. "Dis moi est-ce que tu sais si cette chère Laura va faire une apparition et nous gracier de sa présence ou pas ? Quoi que je ne sais pas, elle pourrait faire de l'ombre au maire." Small talk, c'était tout ce que Désirée pouvait faire pour combler le vide et attendre que l'inévitable se produise.

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"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 1 Mai - 18:45

Renfrogné dans son coin, attendant que le temps passe, Liam avait fermé les yeux, posé à côté de ce jeune homme, noyé par le brouhaha de la salle. De temps en temps il jetait un coup d’œil dans une direction précise, faisant un focus, prenant des instantanés qu'il classait dans sa mémoire, avant de retomber dans sa léthargie apparente. Il attendait. Clic. Peter Howell en train de s'éponger le front, mordillant sa lèvre. Nerveux? Pourquoi?  Quelques minutes. Clic. Un géant blond qui s'asseyait, morigéné par une non moins blonde jeune femme, au regard froid. Intéressant. Une dispute. Pourquoi? Quelques minutes. Clic. Shandra Sarmoise en pleine discussion. Du nouveau? Quoi? Quelques minutes. Une rousse flamboyante qui se lève. Qui? Désirée Cravy... pourquoi rousse?

Liam examinait chacun de ses instantanés avant d'ouvrir les yeux et d'en prendre un autre, répondant en son for à chaque question qu'il se posait. Il avait la réponse à une bonne partie d'entre elles, soit en observant, soit en écoutant, soit parce que depuis le temps qu'il était à Fairhope, il en savait long sur chacun, sur les cachotteries et petits secrets de quelqu'un ou quelqu'une. Venir ici était aussi un bon moyen de mettre sa base d'informations à jour, de faire de nouvelles connexions tout en se faisant oublier. Ce n'était pas parce que la salle était pleine qu'il s'était installé là, debout contre un mur. Non, c'était pour mieux voir, entendre, ressentir les choses et il n'était pas déçu par ce que ses oreilles récoltaient, par ces focus.

Tout le monde parlait du Maire chacun annonçant par ses commentaires sa couleur politique. Il entendait tout et son contraire. Des gens qui avaient confiance en lui, qui le voyaient comme le seul capable de faire rempart au Poète, comme s'il avait su protéger la population depuis trois ans. Des gens qui voulaient sa peau, rêvant de prendre sa place mais sans songer aux responsabilités qui allaient avec. Globalement des parleurs. Ces conversations de rue ou de bistrot, ça dépendait, touchaient aussi la police, chacun donnant son sentiment sur l'efficacité ou l'inefficacité de celle-ci suivant le point de vue. Ces radotages permettaient au légiste de prendre la température de Fairhope, d'opérer un diagnostic sur son état, de juger de sa fébrilité. Tout le monde cherchait à combler l'attente de ce rendez-vous rarissime avec l'édile qui n'organisait que très rarement ce genre de réunion. Lui comme d'autres connaissait relativement bien le Maire et savait donc que 19h n'était qu'une indication. Jacob A. Young était un homme très occupé et pouvait très bien être accaparé par une tâche au-delà de cet horaire. C'est pourquoi, même si les portes venaient de se fermer peu avant l'heure dite, Liam attendait, se relaxant dans son petit jeu d'observations, ne faisant preuve d'aucune impatience, son visage flegmatique au repos, ses longues jambes croisées, ses bras également, posé sur sa poitrine, prenant soin toutefois de ne pas froisser sa blouse impeccable.

Cette relative sérénité fut un peu gâchée par le babil inintéressant de l'écrivain aux cheveux maintenant colorés avec son voisin de mur, qui visiblement était livreur. Ainsi Mademoiselle Cravy se faisait livrer ses repas à domicile. Intéressant et peut-être utile pour plus tard... Que mangeait donc cette intrigante? Au vu de sa minceur, pas grand chose. Il se prit à l'imaginer en train de dévorer une feuille de salade, recouverte de radis et de concombre, égaillée par l'exotisme d'une tranche de tomate. Il ouvrit les yeux et gratifia la jeune femme d'un sourire, lui même se trouvant salué d'un signe de tête et d'une brève salutation. Que cette péronnelle allait-elle bien lui dégoter comme méchanceté? Il attendit, le sourire aux lèvres. Elle l'amusait avec son sentiment de supériorité et ses grandes manières. Finalement elle était d'humeur badine aujourd'hui, n'étant même pas mordante. Il fut déçu mais n'en laissa rien paraître.

"Dis moi est-ce que tu sais si cette chère Laura va faire une apparition et nous gracier de sa présence ou pas ? Quoi que je ne sais pas, elle pourrait faire de l'ombre au maire."

«Désirée, ravi de te voir, comme toujours. Je crois que nous avons assez avec une Arlésienne, à savoir le Maire. Laura semble trop occupée pour nous honorer de sa présence, mais je suis comblé avec la tienne.»

Par perfidie, il lui décocha un vrai grand sourire. Avec cette femme dans les parages, tout pouvait arriver. Elle était elle même un des personnages de ses romans (qu'il ne lisait jamais, se contentant d'un résumé, il avait d'autres choses à faire), il en était persuadé. Il était étonné qu'elle se soit levée de sa bonne place pour venir le saluer. Elle avait forcément quelque chose derrière la tête. Mais pour la faire mariner, Liam referma les yeux, le visage lisse et apaisé, reprenant son attente, les oreilles aux aguets. Il était sûr qu'elle allait ajouter quelque chose, ou bien qu'il n'allait pas tarder à se passer quelque chose. Dans ce cas, pouvoir surveiller cette fouine aux belles allures était une bonne chose.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 5 Mai - 14:25

Il avait le regard vide et le front bouillant. Pas de fièvre non, rien d'inquiétant, juste une vague d'angoisse contagieuse qu'il avait récupéré du reste de la foule. Ou qu'il était en train de transmettre sans le vouloir, malgré lui, en croisant des regards au hasard parmi les quidams qui s'installaient. Peter sortit du champs, tournant le dos à la caméra entre deux prises, jetant un oeil discret à son téléphone portable pour voir quelle heure il pouvait bien être, oubliant l'horloge accrochée juste au-dessus de la scène dans la précipitation. Le stress ne l'aidait pas, bien au contraire. Il en avait les mains moites et le coeur battant, frappant sa poitrine avec tant de force qu'il envisageait d'aller voir un médecin une fois toute cette conférence terminée pour se faire retirer définitivement l'organe. Peut-être devait-il l'offrir à quelqu'un qui en ferait meilleur usage, un véritable malade, un type dont le front recouvert de sueur était encore plus pâle que le sien. Il essayait de se faire une raison, de se dire que la couche de fond de teint qui recouvrait ses pores y était pour beaucoup dans cette impression d'étouffement. Mais dans le fond, il savait bien qu'un peu de maquillage ne pouvait être à l'origine de ces quelques tracas.

Le blond reprit l'antenne quelques secondes avant la fermeture des portes, annonçant fièrement aux téléspectateurs que la conférence allait bientôt commencer. Un sourire faussement sincère, une parole en l'air et la promesse de les retrouver en direct après le discours du maire pour revenir sur les propos de ce dernier et débattre tous ensemble, puis un autre commercial break censé vendre des céréales et du dentifrice à tous ces vautours décérébrés. Peter en profita pour observer la foule qui se pressait pour trouver les derniers sièges libres, des groupes d'amis entiers se séparant les uns après les autres pour aller occuper les dernières places vacantes au milieu d'une mare de chaises déjà surpeuplée. Voilà, c'était ça qu'Il voulait. Ce que le Poète voulait. Si Peter avait été à sa place, si toutefois il avait eu le cran d'être à sa place, voilà ce qu'il aurait recherché avant tout. Le chaos, la confusion. Dans quelques instants, quand le maire annoncerait un fait banal et sans grand importance et qu'il serait reparti, le Poète dégainerait dans la foule et en poignarderait sûrement un, puis un deuxième et un autre, ainsi de suite comme un vulgaire jeu de dominos. C'était bien pour cette raison que Peter avait pris son arme avec lui ce jour-ci, qu'il la gardait fermement accrochée à sa ceinture, dissimulée sous la veste de son costume qui lui tenait beaucoup trop chaud, et qui lui permettait de cacher autre chose de bien plus précieux et de bien plus gênant...

Dans un coin de la pièce, le colonel faisait signe à la foule de dégager le passage près des issues de secours. Lui aussi avait vite compris ce dont il s'agissait. Pas juste une simple conférence. Quelque chose allait se produire et ce ne serait pas beau à voir. Des seaux entiers de sang déversés sur les habitants ? Le sang des victimes passées, le sang avec lequel le Poète n'avait pas encore eu l'occasion d'écrire son fameux chef-d'oeuvre. Du sang qui imprégnerait leur propre chair, du sang qui les lierait forcément tous à cette foutue histoire... Du sang partout, et Peter voyait rouge en lisant la même crainte dans les yeux du colonel. Il s'était rapidement intéressé à cet homme dans le cadre d'un reportage, mais cette piste n'avait rien donné d'intéressant. Il avait simplement trouvé un mariage foireux et un fils malade à en crever. Vraiment, rien de captivant pour les chiens affamés postés devant leurs écrans de télé qui se goinfraient de chair tiède et d'horreur. « Mike ? » Son regard avait dérivé sur autre chose, ailleurs. Le cadreur se pencha pour apparaitre enfin de derrière sa caméra. « Pourquoi... Pourquoi est-ce que les caméras de sécurité sont éteintes ? Est-ce que c'est moi ou... » Peter faisait de son mieux pour ne pas lever constamment les yeux vers le plafond, là où il s'était mis en quête de trouver des trappes susceptibles de déverser des litres de sang sur la foule quelques instants auparavant, capturé par son propre délire. Le Mike en question s'inquiéta d'une telle information. « Je crois... Je crois que c'est nous, sa caméra de surveillance. »

Peter scruta la foule, interdit, tellement tendu qu'on aurait dit qu'il était sur le point de se briser. Ne pas faire de faux pas. Pas aujourd'hui. Pas quand le Poète comptait sur lui, que le monde avait les yeux braqués sur lui. C'était excitant, non ? Non. Plus maintenant. C'était affreusement terrifiant, et Peter craignait que sa voix ne se mette bientôt à trembler.

Voilà, c'était précisément ça, que le Poète voulait.


dépenser ses points

◆ trouver un sac à main - 20 points
◆ regarder sous les chaises - 30 points 

◆ suivre le regard de Peter - 40 points
◆ tenter d'ouvrir une porte - 50 points
◆ demander l'heure à son voisin - 60 points
◆ se rapprocher de la scène - 70 points
◆ regarder à ses pieds - 80 points
◆ essayer d'ouvrir une des fenêtres - 90 points
◆ chercher un accès vers les coulisses - 100 points
◆ sentir une main saisir son bras - 110 points

Pour savoir comment dépenser vos points lors de ce sujet commun, rendez-vous dans le sujet de flood consacré à la conférence. Merci de lire toutes les informations avant de poster !
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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 8 Mai - 22:44

Le médecin pianotait rapidement sur sa cuisse, un rythme quelconque et erratique. Comme tout un chacun dans cette salle, il aurait vraiment souhaité que le maire se présente devant eux avec un psychopathe enchaîné et un aller-simple pour la prison sans espoir de revoir le jour. Voire la peine de mort, mais James n'était pas sciemment capable de souhaiter la mort d'un être humain, aussi vicié soit-il, aussi monstrueux. Sans doute des restes du côté religieux de sa famille, ajoutés à sa fonction principale qui était de soigner, et de sauver. D'ailleurs, il s'était souvent demandé ce qu'il faisait dans un état qui appliquait la peine de mort, mais ce n'était pas comme si Fairhope était connue pour son taux de criminalité et son nombre d'exécutions. Malgré tout, quelque chose laissait penser que, peine de mort ou non, ça n'était la raison de cette conférence, et c'était l'agitation palpable des forces de l'ordre. Il n'était pas familier avec les membres de la police, mais s'ils avaient réussi à capturer le Poète, même si l'information était récente et tenue secrète pour une raison obscure, certains seraient au courant, non? Dès lors, est-ce qu'ils se comporteraient comme des rats pris au piège? Il imaginait qu'une telle victoire aurait fait du bruit et laissé des sourires sur au moins un ou deux visages. Fairhope n'était pas assez grande pour qu'un tremblement de terre secoue un côté de la ville sans que l'autre ne le sache. Pas assez grande pour étouffer un événement de cette envergure. Certainement pas quand la ville entière s'arrêtait de respirer dès que le Poète était mentionné, que chacun avait une vague appréhension en regardant les informations. Que les journalistes avaient enfin de quoi repaître leurs appétits voraces. Alors quoi?

Un soupir à moitié assumé plus tard, James avait finalement reposé ses mains sagement à côté de lui, vérifié que son téléphone était bien mis en silencieux pour ne pas interrompre le discours du maire, et promené son regard une nouvelle fois sur la salle. Puis il avait recommencé le même cirque une nouvelle fois, et s'était trouvé complètement désœuvré. Alors il avait voulu réajuster son costume, avait réalisé que pour une fois il l'avait troqué contre des vêtements plus confortables, et s'était donc employé à vérifier la tenue en question, son regard se perdant vers le bout de ses chaussures qu'il avait dû oublier de nettoyer depuis un moment. Il fallait dire qu'elles étaient vieilles, il faudrait qu'il pense à aller en racheter. Probablement les mêmes, s'il pouvait les trouver, c'était pratiquement les seules dans lesquelles il se sentait à l'aise. Il devrait en acheter plusieurs paires d'un coup, s'il avait l'occasion. Ca lui éviterait de risquer de ne plus les trouver. Un éclat de lumière lui fournit la distraction tant attendue. «Tiens..»

C'est uniquement par ennui qu'il s'attarda sur le petit objet qui avait reflété la lumière un instant, à côté de sa chaussure. Il n'avait pas exactement pour habitude de ramasser tout ce qui traînait, il avait remarqué que cela prendrait un temps considérable, qu'il n'avait d'habitude pas. Sauf aujourd'hui, évidemment. Alors il se pencha, faisant attention de ne pas se cogner ou pousser d'autres personnes, et récupéra ce qui s'apparentait à une barrette. Il se redressa trop vite, trop tendu, l'accessoire fermement pincé entre deux doigts dont les extrémités devenaient déjà blanches. Imbécile. Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte à quel point il était ridicule. A quel point le Poète et ses méfaits les avaient, lui et les autres, rendus complètement paranoïaques. Ce n'était pas parce qu'il y avait une rose sur la barrette qu'il fallait le voir comme une attaque personnelle, ou simplement comme une menace. Plein de petites filles avaient pu la perdre. Plein de petites filles qui n'étaient pas Rose. Pauvre fleur, piétinée en pleine floraison, cueillie trop tôt. Et dire qu'il l'avait vue, pas si longtemps auparavant, souriante et joyeuse, comme tous les enfants devraient l'être. Peut-être qu'elle l'avait consulté pour la grippe, une allergie, un vaccin peut-être. Trivial et merveilleux, et évidemment, évidemment qu'ils étaient à nouveau remontés jusqu'à lui. L'hostilité croissante des policiers était compréhensible, mais pas moins pesante. S'ils décidaient qu'ils voulaient vraiment fermer l'enquête? Qu'il ressemblait suffisamment à un coupable pour qu'ils puissent dormir la nuit? Heureusement qu'il avait travaillé toute la journée, ce jour-là. Mais cette barrette n'avait rien à voir, et la sueur qui lui coulait dans le dos n'avait rien à voir non plus. Un homme innocent n'aurait certainement pas aussi rapidement fait disparaître la barrette dans la paume de sa main, si? Le poing serré autour du petit objet, il n'aurait pas été étonné s'il avait subitement pâli. Il espérait simplement que personne n'avait vu son irrationnelle attaque de panique. Qui n'était absolument pas apaisée par le fait qu'il y avait peu de petites filles dans la salle. Il était juste paranoïaque, il le savait. Qu'est-ce que ça prouverait, de toute manière? Quel intérêt ça pouvait avoir? Il avait juste réagi avec exagération. Ca lui arrivait, parfois. Rien d'inquiétant. Elle était peut-être là depuis longtemps. Probablement. «J'espère que ça va bientôt commencer.» Il l'avait plus dit pour lui-même, pour se distraire de ses inepties, pour (se) donner l'impression qu'il n'était pas soudainement très mal-à-l'aise.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 3:54

Ils avaient fermé les portes. Il ne savait pas pourquoi ce simple fait, pourtant prévisible, lui mettait autant de tension au creux du dos. Sans doute n’était-il vraiment pas habitué à faire partie d’une foule, ou la perspective de cracher du sang en pleine salle bondée de pipelettes ne le ravissait-elle pas vraiment… Mais il y avait autre chose. Il aurait juré qu’il y avait autre chose, autre chose qui ne le concernait pas directement. Ce n’était pas un mystère, au fond, remarquez. Le simple fait de rassembler autant de joueurs dans la même pièce, sous l’égide du même sujet macabre qui les titillait déjà, avait quelque chose de profondément malsain. C’était à se demander s’il ne faisait pas partie du lot, lui aussi, lui qui avait cru malin d’être là dans l’espoir de glaner une information quelconque, ou une piste sur laquelle commencer à fouiner… Est-ce que le fait qu’il ne prenait aucun plaisir à l’œuvre du Poète le différenciait vraiment des autres personnages qui gravitaient autour de l’intrigue ? Il n’en était pas complètement sûr, et la pensée ne le ravissait pas franchement. Mais bon. Ce n’était jamais là que du sentimentalisme de comptoir. Il allait de soi que dans ce genre de circonstances, prendre la main était bien plus important que de savoir dans quel but. Les intentions de chacun étaient quasi hors-sujet, quand on y pensait… Encore une fois, l’histoire serait écrite par le vainqueur. … Et pour l’instant, le Poète semblait être le seul à en connaître la grammaire.

Désormais coincé ici à attendre que quelque chose parte en sucette, Jim poussa un profond soupir à travers le crépitement de ses poumons. Quel bordel. Si le but était de prouver au monde que Fairhope restait une communauté organisée face à la menace d’un seul individu hors de contrôle, le moins qu’on puisse dire, c’était que la démo ratait sa cible d’un bon kilomètre. D’ailleurs, il ne savait pas desquels s’inquiéter, ceux qui s’angoissaient tout seuls et paraissaient prêts à piétiner n’importe qui pour échapper à cette fournaise, ou ceux qui étaient trop à l’aise. L’un ou l’autre, quelque chose allait finir par péter, et il ne savait plus trop ce qu’il ressentait à cette perspective. De la curiosité morbide, sûrement. De la pitié pour ceux qui se trouveraient dans le chemin, aussi. Mais est-ce qu’il n’aurait pas dû avoir peur, surtout ? Il n’avait pas peur. Il regardait les gens se mordre les mains et agiter les genoux sans vraiment comprendre. Soit tout le monde savait quelque chose qu’il ne savait pas, soit il était bienvenu dans le club des tarés du village. Ou les deux. Il aurait dû être le premier à paniquer, pourtant, catarrheux qu’il était prisonnier d’une petite boîte remplie de monde, mais non. Du malaise physique, ça, il avait. De la nervosité, de l’excitation, de la tension et toutes sortes de sentiments complètement pas à leurs places, oui. Mais l’attitude de certains lui semblait quand même profondément démesurée. A quoi ils s’attendaient, une bombe ? A moins qu’ils n’aient un nouveau psychopathe-surprise sur les bras, il concevait difficilement comment une grande boucherie fiévreuse s’inscrirait dans la logique soignée et rigoureuses de leur serial killer local.

Et d’ailleurs… Oh bah tiens, en parlant de figures publiques un peu trop à l’aise. Il lui adressa un sourire, sans savoir lui-même s’il était sincère ou pas. A croire qu’elle le tirait un peu plus aisément vers l’ambiguïté qu’il n’aurait eu envie de l’admettre. Mais bref. Nouvelle couleur de cheveux, hein ? Voilà qui était … drastique. Il se fit la remarque que paradoxalement, ça lui ressemblait plus. Et que, d’un point de vue purement masculin et au moins partiellement attiré par le sexe féminin, il votait pour. Mais inutile de lui dire, elle se savait déjà suffisamment importante comme ça. « Tu me cherches ? » C’était qu’elle avait un peu raison, en plus, il s’était demandé où elle était rendue. Désirée, quoi. Inutile de s’en offusquer, il commençait à prendre l’habitude. Même s’il devait bien avouer qu’il ne se serait jamais attendu à ce qu’elle l’aborde en public. Et encore moins à ce qu’elle reste l-… C’était lui, ou elle cherchait à se poser, là ? Il devait avoir raté un épisode, ils étaient carrément potes, maintenant ?

Avant qu’il ne puisse poser la question, cependant, elle avait changé d’interlocuteur. Le grand brun à côté de lui. Il n’avait aucune idée de qui c’était, mais il suivit l’échange quand même, tant qu’à faire. Liam. Super génial. C’était quoi, son intérêt, dans la vie ? Et de qui parlait-on, au juste ? Laura… Ça lui disait quelque chose, il voyait vaguement sa tête, Laura … Ohhh non. Son rapport à Désirée avait quelque peu enterré cette information, mais il ne put s’empêcher un léger rire lorsqu’elle lui revint au cerveau. Ouip, Laura Munoz, Laura et son association soi-disant bien-pensante dont Désirée faisait partie. Ça aurait dû le déranger, mais il était déjà trop parti pour ça, et l’ironie de la chose dépassait de loin le politiquement correct. Le simple fait qu’il ait toujours pour Désirée la même fascination, après l’aperçu qu’il avait eu de son esprit légèrement désaxé, dépassait de loin le politiquement correct. Alors à quoi bon se battre contre le cynisme ? Il baignait déjà dedans.

Il écouta à peine la réponse que lui fit « Liam ». Il haussa des sourcils blasés à ce qu’il prit pour une tentative de drague mal foutue, et roula des yeux jusqu’au plafond avant de retourner à Désirée, sujet un peu plus épais que l’accent anglais de service.

- …. BREFFFF. Vous êtes sûre que vous voulez nous rejoindre au fond ? Devant, on vous verrait mieux.

Pour dire vrai, il doutait que qui que ce soit réussisse à l’ignorer, maintenant qu’elle brillait comme un phare avec son roux très rouge… Mais c’était bien là ce qui le gênait. L’intérêt de l’auteur à succès pour sa petite personne le rendait très visible, d’un coup. Lui donnait une importance qu’il aurait préféré éviter. Et lui donnait un accès sur ce qu’elle savait, aussi, comme le prouvait ce petit échange avec Liam. Compromis, compromis…

Peut-être était-ce le prix à payer pour avoir une chance de faire une différence. En tous cas, il n'aimait pas ça.
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