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 • Killer Conference

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pnj - poète de fairhope

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◆ Manuscrits : 197
◆ Arrivé(e) le : 03/04/2015
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◆ Points : 0
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◆ Avatar : le sang d'une victime


Sujet: • Killer ConferenceMer 13 Avr - 2:14

killer conference



6 septembre 2015, 18:35

I am immortal.

Je les ai prévenu pourtant, ils le savent. Je l'ai gravé sur l'un d'entre eux pour m'assurer que le message serait assez clair, profondément ancré dans leurs crânes. Je les ai mis en garde, je leur ai assuré que je reviendrais. Certains n'étaient pas rassurés par mon absence, j'ai bien eu l'occasion d'entendre quelques murmures ou autres confidences sur mon passage. Moi-même je me prêtais parfois au jeu.

« Oh, vous savez, ça ne m'étonnerait pas qu'il revienne. Un fou pareil doit avoir une oeuvre à terminer, quelque chose du genre... Sinon pourquoi diable est-ce qu'on le surnommerait ainsi ? »

J'ai failli leur avouer que je n'avais jamais demandé ce surnom. À demi-mot, entre deux confidences, au détour d'une ruelle, en discutant avec ma chère voisine qui se barricade dans son appartement avec l'espoir que personne ne viendra s'attaquer à ses chats. Leur vie et la sienne n'ont aucune espèce d'intérêt à mes yeux.

Mon nom de scène, en revanche...

La scène. Justement. Ils doivent être en train de faire rentrer les citoyens à l'heure qu'il est. Pendant que je suis là, dans mon salon. Contrainte et forcée de partager un énième thé avec mon insupportable voisine qui m'assure qu'elle n'a pas réussi à mettre le nez dehors de toute la journée malgré le temps radieux. Je me surprends à la rassurer, jetant un regard en biais à l'un de ses chats qu'elle a eu l'audace de venir faire trainer sur mon canapé.

Je souris.

« Je suis certaine que lorsqu'il reviendra, ce sera pire que les fois précédentes. Je vous le dis Mademoiselle, j'en mettrais ma main à couper ; je sens ces choses-là. »

Elle ne croit pas si bien dire. Je réprimande un autre sourire, plus carnassier celui-ci. Elle et moi, nous connaissons la vérité.

Nous savons que je suis immortelle.





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◆ Manuscrits : 716
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
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◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: Re: • Killer ConferenceMer 13 Avr - 13:13

Il n’avait pas été le premier à avoir obtenu l’information ni à la relayer. À croire que l’alcool dans son système avait fini par avoir raison de lui la veille, et qu’il s’était effondré dans son canapé au beau milieu de la soirée sans être capable de se relever par la suite. Ou bien peut-être était-ce la fatigue qui avait fini par l’achever ? Dans les deux cas, et même si le journaliste trouvait une réponse à ces questions, il n’en serait pas moins irrité. La radio et la presse écrite avait eu un train d’avance et il s’efforça de le rattraper tout au long de la journée, remplaçant les nombreux sujets et reportages prévus sur les effectifs policiers déployés aux abords des établissements scolaires de la ville par un flash info sur la conférence surprise annoncée par la mairie directement sur le site de la municipalité. Peter n’avait même pas pris la peine de vérifier si la source était fiable, mais tant pis, il s’était aligné aux gros titres de ses confrères et il s’était empressé d’enfiler un costume approprié pour ce genre de direct avant de se rendre sur place avec une partie de son équipe. D’avance, il pouvait prédire que les citoyens se bousculeraient pour avoir l’honneur de se trouver dans l’assistance, alors autant prendre de l’avance et aller camper là-bas dès le début de l’après-midi.

Et Peter avait eu raison de se dépêcher. Certains attendaient déjà devant les portes, mais sa chère et tendre carte de presse lui avait permis d’aller prendre possession du coin réservé à Fairhope News, au côté d’autres chaines des comtés voisins. Le temps de mettre la caméra en place et de faire les derniers réglages, et il serait déjà à l’antenne, quelques heures avant le début de la conférence tant espérée par le reste de la population. Le blond répéta les mêmes choses en boucle jusqu’à ce que les portes s’ouvrent enfin au public et qu’une vague de citoyens déferlent entre les sièges, certains préférant aller s’installer tout au fond de la salle, debout contre le mur ou assis au milieu des rangées de chaises. Le brouhaha général empêchait quasiment Peter d’entendre la voix de son interlocuteur resté dans les locaux de la chaîne qui communiquait avec lui via une simple oreillette, mais ce n’était pas le plus gênant et le journaliste faisait tout son possible pour s’empêcher de coller un pain dans la tronche de ceux qui passaient devant la caméra histoire d’obtenir une seconde de gloire. Le premier qui avait le malheur de faire la moindre grimace allait entendre parler de lui.

Une goutte de sueur roula quelque part entre sa nuque et le bas de son dos. À moins qu’il s’agisse d’une véritable pluie d’angoisse, un seau d’eau qui lui soit récemment tombé sur la tête. Il se devait d’être à la hauteur et de ne pas faillir à sa réputation, quoi que ses confrères et les habitants puissent en dire, quoi qu’ils puissent en penser, les murmures et les regards en biais reprenant de plus belle à chaque fois que Peter avait le dos tourné. Si cette conférence s’avérait tout à fait banale et sans intérêt, il faudrait pimenter l’annonce du maire et le blond avait déjà une petite idée derrière la tête. À cette simple pensée, sa main se posa sur son torse pour vérifier discrètement si la poche intérieure de sa veste plus large que d’ordinaire ne lui avait pas fait défaut, et si tout était encore bien en place. Tout semblait en ordre, et le trentenaire tenta d’oublier l’angoisse qui faisait déjà frémir ses doigts et la chaleur insoutenable et étouffante de ce lieu de rendez-vous. Mais en vain.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceMer 13 Avr - 22:43

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


Notre céréale killer n'avait plus frappé depuis un petit bout de temps maintenant. Qu'attendait-il ? Franchement, je ne le savais pas, et ça ne me plaisait pas. Cela voulait-il dire qu'il avait décidé de rendre les armes ? Non, certainement pas, au contraire, peut être qu'il allait s'amuser à frapper, successivement, rapidement, dans des intervalles plus courts, nous laissant à peine le temps de respirer. C'était une hypothèse que je m'étais dites à moi-même. Je me souvenais pourtant parfaitement de ce qu'il avait pu nous transmettre comme message récemment. Il est immortel, il veut nous faire croire qu'il est immortel, mais il a des faiblesses, peut être une seule, et nous la trouverons ! Il le faut, ça ne peut plus durer. Quand je repense à ces victimes, je me dis que 2015 a pour le moment été pauvre en victime. "Seulement" deux sont à déplorées pour le moment, mais elles ont été marquantes, comme si le Poète privilégiait la qualité des meurtres à leur nombre. Depuis 2012, il y a en moyenne entre 5 et 7 victimes, enfin, environ. Parce que je suis persuadée que le Poète ne réussit pas à tout les coups, et que parfois, pris de panique, il a préféré laisser son oeuvre en plan, inachevée plutôt que de se faire prendre par la patrouille. Alors peut être qu'en vérité, il y a plus de victimes que cela, en tout cas, il y a eu bien trop de morts pour le moment, beaucoup trop même. Nous devons l'arrêter. Je dis bien nous, parce que je sais très bien que je n'y arriverais jamais seule. Je suis peut être douée, j'en conviens, mais je ne suis pas une super héroïne sortie tout droit d'un film Marvel. J'aimerais pourtant avoir des capacités de prémonitions ou capable de voir le passé des choses. Je me suis déjà imaginée agir de la sorte, en touchant les cadavres des victimes de revivre leurs dernières heures, de voir le Poète en direct, mais malheureusement, nous ne sommes pas dans cette dimension là, je n'ai pas de pouvoir, je ne suis qu'une simple humaine, aussi intelligente soit-elle.

Bref, pour le moment, nous étions pour ainsi dire dans l'attente du Poète. Il n'avait pas tué depuis un moment, il n'avait pris la vie d'un touriste, rien de tout cela, et ceux-ci s'en était allé, enfin, dans leur majorité. Il y avait bien un peu d'arrière saison, mais cela n'était jamais extraordinaire. Le maire avait donc décidé de se donner en spectacle à la mairie même pour une conférence spéciale. Le sujet ? Je n'en savais rien, mais à en croire ceux qui étaient mieux informer que nous, il allait parler de l'arrestation du Poète ou de quelques choses dans ce genre là. Evidemment, si le Poète avait été arrêté, j'en aurais été avertie, alors je savais très bien que ce n'était pas cela. Que voulait-il dire cependant ? Aucune idée. Mais cela ne me plaisait pas le moins du monde, c'était comme lors de la battue au lac. Il n'est jamais très bon d'impliquer trop de monde quand il s'agit de parler du Poète. Imaginez qu'il soit de mèche avec quelqu'un dans la salle et qu'une bombe explose ? Ce n'est pas les façons de faire du Poète pourtant, cette hypothèse avait traversée mon esprit. Cela n'arriverait pas, du moins, en théorie. Je serais quoiqu'il arrive aux premières loges pour voir ce qui se passera, observant la foule, l'observant attentivement pour voir si l'homme que j'avais pu voir sur toutes les scènes de crime serait là lui aussi. Peut être qu'il ne serait pas là, peut être que si, je ne savais pas, mais je serais attentive, il le fallait. La foule était déjà massée devant les portes de la mairie. Et lorsqu'elles furent ouvertes, ce fut un véritable ras de marée. Howell avait installé sa caméra. Bizarrement, il n'avait pas été le premier à parler de cette conférence, à croire que les informations qui lui avait donné un peu de lumières le mois dernier l'avait fait s'endormir sur ces lauriers. Je ne savais pas ce qu'il allait bien pouvoir dire, mais de là où je me trouvais, c'était presque drôle de voir les gens tenter d'avoir un instant de gloire devant la caméra.




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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: • Killer ConferenceSam 16 Avr - 20:33

Inspiration. Expiration.
Pour Désirée il n’y avait pas d’odeur plus enivrante que celle de l’encre et du papier. N’importe quel idiot aurait dit que c’était normal pour une romancière avec une liste d’ouvrages aussi longue que la sienne et pourtant, la plupart du temps, Désirée se retrouvait seule devant son ordinateur pour écrire, les pages étaient fictives, l’encre coulait du clavier électronique et tout s’enchainait. Son éditeur lui avait pourtant fait un joli cadeau en ce jour de Septembre et un fin sourire s’était dessiné sur le visage de Désirée alors qu’elle signait le paquet qui lui était tendu. « Ça a l’air important. » avait commenté le livreur, l’employé sûrement à la recherche d’un peu de contact humain, passer les gens devaient être bien barbant au bout d'un moment. « Oh ça l’est. » répondit l’écrivain en apposant une énième signature, était-ce la troisième ? probablement, sur ce fichu papier officiel. « Et vous arrivez au bon moment, je m’apprêtais à sortir… Vous avez encore beaucoup de courrier à distribuer ? Peut-être que vous pourriez faire un tour du côté de la mairie. » L’homme en face d’elle eut une grimace, expression de dégoût vite remplacée par des mots tout aussi crus : « Non, je déteste le monde et puis, s’ils n’ont pas attrapé ce psychopathe, je ne vois pas pourquoi je me déplacerais, tout ça c’est que du vent je vous dis. » Il semblait sûr de lui et ce fut avec cette même assurance qu’il finit par disparaitre de devant son palier, laissant la jeune femme seule.

Pas le temps de réfléchir, l’épaisse enveloppe fut vite ouverte et un autre sourire passa sur le visage de Désirée en voyant les mots dear cecilia dans une police élégante. La dernière version de son livre, un petit cadeau de Martin pour bien commencer la rentrée… que pouvait-elle espérer d’autre ? Oh il y avait bien quelque chose de plus important et ce fut pour cette raison qu'après avoir pris une photo des précieuses pages, Désirée enfila son trench coat et sortit de son appartement. Elle se retint d’aller taper à la porte de Deirdre pour frimer et lui demander si son inspiration à lui s’était montrée cet été mais non, elle n’avait vraiment pas envie d’arriver en retard. L’annonce avait secoué la petite ville aussi rapidement qu’un autre meurtre au final, piquant la curiosité de la romancière à vif; elle n’avait aucune once de respect pour le service de police de Fairhope ou même l’autorité au dessus du dit service de police, mais Désirée se devait d’y être, question de principe et juste histoire de s’assurer que l’histoire avançait bien dans son sens et non l’inverse. Il y avait du monde devant les portes, c’était à prévoir et Désirée fut contente de se fondre dans la masse pendant quelques secondes, ses mèches blondes désormais rouge sang lui conférant ce nouveau statut d’invisible. Elle avait renoncé à son blond il y a quelques semaines de cela, c’était presque symbolique dans un sens, comme si ses cheveux n’étaient qu’une extension de ses plus sombres pensées. Et moins de gens se retournait sur son passage et considérait son statut de suspecte, cette histoire là avait vite été étouffée dans l’oeuf au final, le lieutenant Sarmoise avait fait de son mieux mais... C'était juste un peu de poudre répandue par Peter, rien qu’elle ne pouvait effacer d’un souffle.

Son regard se porta d’ailleurs sur le journaliste, immanquable vu qu’il dépassait tout le monde d’une bonne tête et presque inconsciemment, Désirée le suivit à l’intérieur, il se dirigea vers la zone réservée à la presse et en allant se chercher un chaise, elle lança un simple « Oh notre vedette locale… Si la police a vraiment démasqué le tueur, le journal du soir sera intéressant. » le regard bien droit, sans un seul mouvement de tête pour Peter. Elle était certaine qu’il comprendrait ce qu’elle voulait vraiment dire, après tout, il fallait bien qu’elle le remercie d’avoir pris en charge cette preuve trop encombrante qu’elle avait caché pendant des mois chez elle... La romancière se trouva un siège dans une des rangées de chaise du milieu, ayant déjà que les questions commencent.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 19 Avr - 19:36

Ça ne sentait pas bon. Pas littéralement, pas dans le véritable sens du terme. À moins que le mélange de parfums et de sueurs finisse par donner la nausée au colonel, mais après avoir passé plus d’une dizaine d’années dans les forces de police de Fairhope, son odorat avait appris à ne plus faire la fine bouche ; non seulement au bureau (surtout au bureau, quand ses grosses brutes de collègues oubliaient malheureusement l’utilité et les bienfaits du déodorant ou du dentifrice), mais aussi et surtout sur les scènes de crime. La mort avait cette empreinte olfactive particulière, capable d’anéantir tous les souvenirs de senteurs agréables et printanières, capable d’éradiquer tout ce qui était un tant soit peu appréciable. Et aujourd’hui, c’était bien ce parfum-là que le colonel pouvait percevoir, dissimulé entre deux eaux de toilette et quelques personnes âgées à l’hygiène douteuse. Cette odeur quasiment imperceptible, comme la fumée d’un feu dont il ne parvenait pas encore à déterminer l’origine. Les flammes allaient dévorer la mairie, il le sentait. C’était peut-être une intuition débile, sortie de nulle part, et tirée par les cheveux, mais rien n’était trop exagéré quand on vivait dans les rues qui avaient vu naître le Poète. Le colonel s’était même surpris à briefer ses équipes restées au poste, les ordonnant de rester près de leur téléphone et d’être sur le pied de guerre, prêt à partir en urgence pour la mairie si toutefois un drame se produisait dans les locaux municipaux. Arthur priait pour que ses intuitions soient mauvaises, pour qu’il se trompe, pour que tout se passe pour le mieux et que le maire annonce enfin la capture de ce crétin fini. Il aurait sûrement été mis au courant si cela avait été le cas, mais encore une fois plus rien ne l’étonnait à Fairhope, et il n’aurait pas été surpris si les fédéraux avaient fini par récupérer le dossier pour s’en attribuer tout le prestige. Dans le fond, ce n’était pas si grave, du moment que le Poète ne circulait plus librement dans les rues. Arthur n’aurait alors plus d’autre choix que de s’inquiéter pour son fils, à qui il avait catégoriquement interdit de venir ce jour-là parce que ça sentait définitivement le roussi.

Le colonel gardait l’oeil ouvert, scrutant tous les visages, essayant de les mémoriser. Il y en avait certains qu’il avait l’habitude de croiser, surtout quand il s’agissait d’en savoir plus sur cette satanée affaire, et il ne fut pas surpris de voir Peter et Miss Cravy en première ligne. L’espace d’un instant, il les soupçonna d’être à l’origine de ce carnage, suffisamment sournois et égocentriques pour devenir les parfaits suspects de cette enquête. D’autres regards croisèrent le sien, l’arrachant à ses pensées et lui rappelant la réalité de ce moment qui n’avait rien de particulièrement excitant ni agréable. Arthur sentait que les choses allaient mal tourner, c’était dans son sang, dans le battement approximatif de son coeur depuis qu’on avait ouvert les portes de la salle de conférence et que les individus s’y étaient installés sans que personne ait eu la présence d’esprit de les fouiller au préalable. Première erreur. Dans un pays où le port d’arme était légal, cela paraissait difficilement concevable ou acceptable, mais tant pis, puisqu’il fallait en passer par là pour le trouver, alors vraiment, tant pis. Le colonel avait dissimulé son gilet par balle et son arme sous sa veste, et la chaleur du lieu commençait à le lui faire regretter. Encore une fois, tant pis. Il préférait se concentrer sur le reste de cette masse qui grouillait, qui piaillait sans cesse, tandis que Peter continuait d’annoncer un discours éminent de la part du maire de la ville. Mais pas question de rester les bras croisés ici à ne rien faire qu’attendre.

Arthur commençât par se rapprocher de Shandra, saluant brièvement la jeune femme qui se tenait près d'elle d'un simple signe de tête. « Sans vouloir vous commander lieutenant, vous feriez mieux de garder un oeil sur la foule. Si vous avez votre téléphone, profitez-en aussi pour photographier la salle avant que… » Encore une fois il n’avait pas de preuves, il n’avait strictement aucune preuve. Et si le moindre civil l’entendait et s’affolait, c’était une petite centaine de crétins qui allaient se ruer d’un coup vers la sortie. À éviter. « C’est un conseil. », se reprit-il aussitôt, avant de l’abandonner pour rejoindre Wellman, reclus à l'autre bout de la pièce, seul contre un mur. « Combien d’officiers ont fait le déplacement au final ? Est-ce qu’on a encore des patrouilles dehors ? » Arthur sentit une goutte de sueur naître sur nuque, jetant un rapide coup d'oeil vers l'entrée de la salle. « Trouvez quelqu'un pour se mettre à l'entrée, refusez toute personne arrivant après 19 heures, c'est l'heure à laquelle le maire devrez faire son discours. Je suppose qu'il est dans son bureau et qu'il devrait descendre assez rapidement. Et si on ne limite pas l'accès, je sens que… Occupez-vous donc de ça Wellman, demandez à des civils si il faut mais ne restez pas là sans rien faire. » Le colonel n'était pas aussi sec d'ordinaire, mais le stress se lisait sur son visage. Et le pire était à craindre.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 21 Avr - 5:53

Tout ça n’était jamais qu’un cirque de plus au milieu du chaos. Ils étaient tous là, à s’agiter pour entrer, pour mieux voir, pour trouver une place assise, agglutinés les uns contre les autres, une armée de mendiants venus quémander une miette d’espoir, et on aurait dit qu’aucun d’entre eux ne réalisait à quel point tout ceci était vain. Pourquoi tout le monde s’accrochait aussi fort aux forces de l’ordre et aux médias alors que le problème les dépassait d’un bon gratte-ciel, ça, il n’aurait su le dire. Ou plutôt si, il savait. Ils n’avaient plus que ça pour entraver leur angoisse, après tout. Mais si tout le monde avait cessé de se regarder le nombril une seconde et tenté de se rendre utile, peut-être aurait-ce été moins évident pour le Poète de tailler dans leurs rangs... Autant dire qu’il n’y croyait pas trop. Il tripota machinalement le bouchon de son Sharpie, resté dans sa poche après un énième petit message insolent dans un recoin de rue. Dire qu’ils étaient des milliers contre un, et que le un continuait d’être du bon côté de la peur. C’était ça, qui était incroyable, non pas le maniaque qui se sentait puissant en massacrant des gamines, mais le pouvoir que les habitants lui avaient octroyé. Les habitants, et les médias… Il jeta un regard oblique aux journalistes qui s’entassaient dans leur coin, Peter Howell à leur tête. Bien évidemment. Il fallait bien reconnaître au bâtard de service une certaine diligence, dans son genre. Il était rentré mille ans avant tout le monde, alors que Jim n’en était encore qu’à repérer qui était là et qui entrait depuis sa place de parking. Bah. Il avait au moins l’avantage de son anonymat, et dans la cohue générale, personne n’avait fait attention au gamin ébouriffé qui se collait au mur du fond.

C’était le but. D’où, aussi, le fait qu’il ait laissé au placard ses usuelles vestes de motard au profit d’une tenue tellement basique qu’il aurait tout aussi bien pu être un Playmobil. Il se sentait légèrement à poil, là-dedans, sans couche de tissu pour le rendre un peu plus épais qu’une vague pellicule de coton… Mais bon. Au moins faisait-il encore plus jeune et inoffensif que d’habitude, et pouvait-il épier à sa guise. Quand il voyait les regards scrutateurs que lançaient les mémés au moindre jeune un peu anar sur les bords, il était bien content d’avoir fait au plus simple. Enfin, ça avait quelque chose de mignon, il supposait, qu’elles concentrent leurs suspicions sur les petits voyous encrés. Ça les occuperait un moment.

Il parcourut la salle du regard une énième fois, tentant vainement de repérer qui était où, accrochant à quelques rares têtes connues. Il n’était pas un immense fan des grands rassemblements, mais il fallait bien avouer que savoir autant de personnes impliquées au même endroit avait chatouillé sa curiosité. Et il y avait de fortes chances pour le Poète soit là aussi, alors c’était une bonne occasion de satisfaire sa paranoïa et de surveiller tout le monde. … Ce serait aussi une chance rêvée d’atteindre une centaine de gens en même temps, s’il virait impatient. Jimmy doutait que ce soit son style, lui qui prenait toujours grand soin de ses mises en scènes macabres. N’empêche. Dans un étouffoir pareil, mieux valait être près de la sortie et faire gaffe à ne pas se faire piétiner. A moins que la foule ne serve de couverture, justement ? Il serait compliqué de faire sa petite tambouille au milieu de tous ces gens, mais attraper quelqu’un et le tirer dans une salle vide… Bref. Toutes ces hypothèses ne faisaient rien avancer, pour l’instant. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était rester là et observer.

L’annonce du maire ? Il s’en contrefoutait. A tous les coups, ce serait juste du brassage d’air et des fausses promesses comme tous les politiciens en faisaient. Il était plus intéressé par ce que chacun en attendait, et ceux qui redoutaient l’annonce. Il jeta un coup d’œil à sa montre. Le principal intéressé ne devrait plus tarder, maintenant. Il se hissa légèrement sur la pointe des pieds. Cette salle contenait une petite centaine de potentiels tueurs et autres trafiquants en tous genre, et il y avait sûrement un tas de coins où il serait bon de laisser traîner ses oreilles, mais il avait du mal à quitter Howell des yeux. Ceci dit… La pensée que c’était probablement ce qu’il voulait le fit grimacer. Non, non, Howell était l’image. S’il prévoyait quoi que ce soit, il y avait peu de chances pour qu’il le fasse lui-même. Tant qu’à faire, il valait mieux garder un œil sur sa basse-cour.

En parlant de ça… Où était Désirée ? Il aurait pourtant été prêt à parier que c’était le genre d’évènements auxquels elle se devait de parader. Et une bonne mine d’inspiration macabre, aussi. Boaf, elle montrerait bien le bout de son nez à un moment ou à un autre. Peut-être se ménageait-elle un retard calculé, ou s’était-elle trouvé une chaise au premier rang, comme il se devait. Peu importait. Elle n’était pas sa préoccupation principale pour le moment.

Celle-là, il ne savait pas d’où elle allait sortir.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 21 Avr - 15:55

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


Les gens arrivaient, de plus en plus, et je sentais que mes collègues commençaient doucement, mais sûrement à être à cran, chose qui n'avait pas lieu d'être, à mon sens, pour le moment. Il faut dire que je ne savais pas ce que le maire avait à nous dire, mais ces propos pourraient-ils créer une émeute ? J'en doutais, et puis qu'avions-nous à craindre du Poète ? Il n'avait jamais attaqué en plein milieu d'une foule comme celle-ci, et je doute qu'il le fasse un jour, sauf s'il a décidé que la course-poursuite devait prendre fin. Mais il n'en avait clairement pas envie, pas encore, et il n'allait pas commettre aujourd'hui, une erreur qui lui vaudrait de se faire prendre. Peut être qu'il serait là cependant, dans la foule, au milieu comme un citoyen lambda pour nous narguer, comme il le fait chaque fois ou presque. Sans doute devait-il être là lors de la battue au lac, sans doute, mais il est clairement passé à travers les mailles du filet, comme toujours, pour le moment. Je restais accrochée au fait que nous arriverions à le trouver, que nous pourrions avoir droit à une petite erreur, qu'une petite faille se profile, que sa carapace finisse par se fissurer, à peine, mais que cela soit suffisant pour que la petite goutte de sueur, la petite goutte de sang soit là pour nous mener à lui. Peut être étaient-ils plusieurs comme le laisser présager Howell, il y a quelques jours à peine, peut être voulait-il simplement tirer la couverture à lui, comme toujours, même si là, je ne le sentais pas aussi à l'aise que d'habitude. Savait-il des choses que nous ne savions pas ? Serait-il un complice du Poète ? Serait-il le Poète lui-même ? Personnellement, je ne croyais en aucune de ces possibilités même si sur certains points il ressemblait au tueur de par sa médiatisation. Quand on parle du Poète, Howell n'est jamais loin. Mais, je ne vais pas me soucier de lui, s'il va bien ou s'il est en stress complet, c'est un peu le cadet de mes soucis, surtout qu'il ne sera pas le seul journaliste. J'observais alors Ian qui semblait en vouloir à la terre entière, ou quelques choses comme ça. Je le sentais de plus en plus à cran ces derniers temps, je ne sais pas comment il va finir à force, mais sans doute en dépression comme pas mal de monde. En fait, je suis l'une des rares à être là depuis le début, c'est comme ça que je suis devenue lieutenant, en resistant tant bien que mal à la pression de cette affaire, en ne perdant pas espoir. En tout cas, il ne faisait pas bon vouloir taper un peu de discussion avec Wellman, surtout quand il a l'air d'être levé de la pâte gauche, comme aujourd'hui. Je vis alors Jayla venir dans ma direction, tout du moins, alors que je me retournais, je la vis arriver dans ma direction. Elle me salua me demandant si j'étais de service ce qui me fit sourire. C'est vrai que je ne le porte pas forcément sur moi, mais je ne suis plus une simple officier de police alors je n'ai pas forcément d'uniforme à porter. Il me suffit de mon flingue et de ma carte. Je lui faisais donc oui de la tête, continuant à épier les moindres faits et gestes me paraissant dangereux. Elle me demanda alors la nature de cette conférence mais je n'avais pas été mise dans la confidence.

" Je ne sais pas exactement, je n'ai pas été mise dans la confidence, mais il me parait évident que le maire veut nous dire quelques mots sur le Poète. Après, je peux me tromper mais en dehors de cela, je ne vois pas ce qu'il pourrait nous dire d'intéressant. "

Mais peut être qu'il allait nous faire du blabla politique, je ne saurais dire, parce qu'en dehors du Poète, le maire n'avait pas à faire ce genre de conférence, du moins à mes yeux. Bref, je regardais un peu qui était là, et évidemment, il y avait des "habitués", du moins des personnes que je n'appréciais pas vraiment comme Cravy. Elle puait l'arrogance, mais bon, même si Howell l'avait mis sous le feu des projecteurs, tout le monde avait presque oublié alors que quelques jours auparavant, tout le monde aurait remarqué sa présence. Je la tenais du coin de l'oeil cependant, même si elle n'était pas le Poète, elle l'aimait un peu trop pour qu'elle soit complètement nette. Je vis aussi Winston, cette ex-agent du FBI, qui était aujourd'hui détective privée, qui aimait bien fourrer son nez partout, pire qu'une journaliste parfois. Mais mon attention se reporta alors très vite sur le colonel qui venait dans notre direction à Jayla et moi. Il semblait être aussi à cran, comme s'il craignait que l'annonce du maire puisse nous mettre à mal. Il n'avait pas tord là dessus, mais il fallait penser avant tout à la sécurité des personnes. Il me dit donc de prendre la pièce en photo, afin de peut être avoir le visage du Poète. Je le ferais, quand tout le monde sera assis, même si ce n'était qu'un conseil de sa part, je le sentais vraiment à cran. Je ne savais pas exactement le dispositif qui avait été mis en place pour aujourd'hui, je n'avais rien organiser, me contentant avant tout d'être à ma place ici, au milieu de la foule.

" Ne vous en faites pas colonel, avec les caméras et les journalistes qu'il y a ici, nous aurons sans doute une bonne vision d'ensemble, mais je prendrais quelques photos toutefois. "

J'aurais voulu lui en dire plus pour tenter de le rassurer, mais il était déjà partie en direction de Wellman sans doute, et c'était effectivement le cas. La salle se remplissait, de plus en plus, elle arriverait bientôt à saturation. Le maire ne tarderait plus, en théorie. Nous serions tous pendu à ces lèvres, même si j'avoue être plus préoccupée par les personnes en présence dans le coin, par ces personnes qui pourrait être dangereuses, en dehors de Cravy et Howell, j'entends. J'avais déjà remarqué la présence d'un homme sur toutes les scènes de crime, peut être que ce n'est qu'un simple habitant de la ville, peut être que c'est plus, mais j'avais sa tête en mémoire, si je le voyais, je l'aurais à l'oeil, on ne sait jamais.





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Sujet: Re: • Killer ConferenceVen 22 Avr - 1:10

Killer Conference

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Le Poète n'avait pas frappé depuis plusieurs mois, tu commençais, doucement, mais sûrement à reprendre un peu du poil de la bête. Ton cancer avait été pris à temps, fort heureusement pour toi et le traitement faisait effet, le cancer ne gagnait pas de terrain sur ton corps, même si le traitement te retournait l'estomac à chaque fois ou presque. Les jours où tu avais ton traitement, tu ne mangeais donc plus rien, et même si parfois tu criais famine, ton estomac te remerciais. Mais aujourd'hui n'était pas un jour comme celui-ci, alors tu pouvais te permettre de manger un peu, chose que tu faisais, pas de la grande cuisine, mais une petite préparation de pesto que tu adorais, avec un petit morceau de viande de boeuf. Bref, tu ne savais pas quoi faire de ta journée, quand tu décides d'allumer ta tablette pour regarder les informations, priant pour qu'on ne parle pas du Poète, priant pour qu'aucun corps ne soit découvert depuis peu. Mais si on parle de lui, c'est en pointillé, le maire de la ville va faire une conférence en ce 6 septembre. Tu viens d'avoir 27 ans depuis quelques jours, tu te demande quel cadeau le maire veut bien te faire, mais ça ne te plait pas. Tu as peur de ce qu'il pourrait annoncer, tu as peur de ce qu'il va dire, parce que cela sera potentiellement à propos de ton ennemi juré, à propos du Poète. Pourtant, tu te sens assez forte pour prendre l'air et te rendre à la mairie. Le Poète n'a pas frappé depuis plusieurs mois, peut être que le maire va annoncer que la police a réussi à lui mettre la main dessus. Dans ce cas là, tu ne saurais comment réagir, parce que ta vie perdrait un peu de son sens. Parce que oui, tu te sais dépressive, mais ce n'est pas qu'à cause du Poète même s'il a accentué ton mal en tuant Ruth, ta voisine à l'époque. Tu te dis que peut être il s'est trompé de porte, que peut être il t'en voulait, à toi, et pas à cette pauvre femme. Tu n'as jamais été sa victime directe, mais tu es pourtant l'une de ces victimes, un dommage collatéral pour ainsi dire. Tu regarde alors ce que tu vas mettre pour sortir dehors. Tu ne sais pas trop mais finalement, peu importe le style, ce n'est pas important. Tes doigts tombent donc sur une robe noire. Tu ne vas pas à un enterrement jeune fille, non ? Pourtant, tu l'enfile sans te poser plus de question. Si ton apparence a pu compter durant ta scolarité, depuis, tu n'y fais plus tellement attention pourtant cette robe est très belle, t'arrivant au dessus des genoux ayant des manches assez courtes, ne laissant pas apercevoir la commissure de ta poitrine. Elle est assez légère parfaite pour la fin de l'été. Tu prends donc un chapeau blanc avec une petite plume noire. Tu ajoutes à cela une paire paire de ballerines noires. Cela fera largement l'affaire, tu en es convaincue. Tu regarde l'heure qui est affiché sur l'horloge. Il va y avoir du monde, mais tu décides de t'y rendre en voiture quitte à te garer loin de la mairie. Et effectivement, c'est noir de monde. Cela ne te plait pas, cela te fait peur, un peu. Et s'il était là pour te tuer ? Non, ce n'est pas possible, il ne va pas tuer au milieu de tant de monde, si ? Et s'il avait prévu de tuer le maire pendant son annonce ? Tu commence à trembler, tu as peur alors tu fermes les yeux et tu respires, de grandes bouffées d'air pour réduire ton rythme cardiaque. Tout va bien se passer. Tu commence toutefois à te demander si tu as bien fait de venir, mais tu ne veux plus reculer, pour une fois que tu étais décidée à faire quelques choses. Tes mains tremblent toujours un peu, mais ta respiration et ton rythme cardiaque sont à peu près à un niveau convenable. Tu t'avance, il reste encore quelques places assises. Tu vois quelques têtes que tu connais, un peu, que tu as déjà aperçue en tout cas, et tu te place là, au milieu de la salle, sur la droite. Tu n'es pas la première, mais tu n'es pas la dernière, le maire n'est pas encore là, et d'autres arrivent. Tu poses tes mains sur tes genoux, et tu essaye de sourire un peu. Tu enlève ton chapeau que tu laisse finalement par terre à côté de tes pieds puisque des personnes viennent de s'asseoir à tes côtés. Il n'y a plus qu'à attendre, en espérant que tu ne fasses pas une crise de panique, mais pour le moment, ça va, tu tiens le coup, mais pour combien de temps ? Personne ne saurait le dire.




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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 24 Avr - 23:08

Curiosity killed the cat,

L'homme, de par sa nature, recherche tout particulièrement la paix et la sécurité de son foyer et de sa personne. Il ne saurait s'épanouir dans un sentiment de danger et de menace, et aspire à la sérénité confortable qu'apporte une existence sans inquiétude. James ne valait pas mieux que son prochain, et s'évertuait à poursuivre cet objectif naturel qui, dans sa situation, se résumait en trois mots dont il ne maîtrisait pas exactement les implications: faire profil bas. Il lui était difficile de se départir de sa nature profonde, celle qui le poussait constamment à chercher le contact et la chaleur des conversations, et de regarder au sol plutôt que d'observer les visages alentours. Il était plus du genre à abattre les murs pour être remarqué qu'à les raser pour passer inaperçu. Malgré tout, il s'était fait une raison, et avait accepté l'idée que pour persister à Fairhope, il lui faudrait rentrer le menton et traverser dans les clous, s'il n'avait pas envie de se remettre à courir. Et il l'avait fait sans trop de fausses notes, l'absence du Poète signifiant que les forces de l'ordre lui lâchaient un peu la bride. James avait retrouvé un sentiment, factice, de sécurité. Il s'était laissé bercer, apaiser par la quiétude des journées qui défilaient sans meurtre. Du coup, quel mal y avait-il à aller se balader vers la mairie un dimanche après-midi?

Le dimanche était un jour ennuyeux, de toute manière, et il n'était pas enclin à refuser la distraction. De plus, quoi de mieux qu'une foule d'inconnus pour en devenir un? Passer pour encore un de ces citoyens qui prétendaient qu'ils ne se droguaient pas à l'information glauque, qu'ils ne se nourrissaient pas du frisson d'angoisse qui suivait toutes les déclarations relatives au Poète. Il aurait pu se contenter de le suivre à la télévision, bien sûr. Mais tous les yeux seraient rivés sur le maire et ses révélations, les siens y compris. Personne n'irait lui prêter d'attention. Le médecin ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais il évitait de faire des conjectures. Les nouvelles ne seraient sans doute pas bonnes. Il n'était pas si optimiste que ça. Alors pourquoi prendre le risque de rassembler autant de monde au même endroit? Certes, le meurtrier préférait ses victimes isolées, mais le carnage de Mary Wilson, auquel il avait sagement évité de participer, aurait dû mettre la puce à l'oreille des autorités compétentes. Les rassemblements comme ceux-là étaient néfastes, l'intelligence de l'assemblée étant inversement proportionnelle au nombre d'individus présents. James songea avec appréhension que, en plus, en Amérique, n'importe lequel de ces fous pouvait se mettre à tirer sur tout le monde, et qu'il aurait probablement le temps de faire des dégâts avant que la police ne le maîtrise. Vive le second amendement. Après, il n'était pas paranoïaque pour autant, alors l'idée fut sagement rangée dans un coin de sa tête. C'est ainsi que, poussé par sa curiosité, il s'avança dans la foule.

Parcourant des yeux l'assemblée, il aperçut quelques visages familiers, des voix connues dans le brouhaha. Il aurait évidemment été difficile de faire autrement dans une si petite ville, et chacun avait sans doute pu faire le même constat en arrivant. Il aperçut Arthur, mais le colonel semblait bien occupé, et James était pourvu d'assez de bon sens pour ne pas aller l'interrompre et le distraire, lui qui semblait dans tous ses états. Personne n'avait vraiment l'air tranquille, d'ailleurs. Beaucoup de gestes entraperçus indiquaient un malaise. Les jambes qui tressaillaient, les regards inquiets. La foule sentait-elle un danger quelconque? James avisa finalement une place sur la droite, à côté de l'une de ses patientes, et il s'y dirigea aussitôt, s'asseyant à côté de la jeune femme. «Bonjour, mademoiselle Crane!» lança-t-il cordialement en direction de sa voisine. «Comment ça va, ces temps-ci?» C'était plus ou moins son devoir, et puis il avait beau dire ce qu'il voulait, il prenait forcément ce genre de situations à cœur. Se distancier, c'était beau sur le papier, mais beaucoup moins aisé dans la vie de tous les jours, lorsqu'il suivait les patients au fil de leur vie. De ce point de vue-là, la chirurgie était bien plus simple. «Ca me fait plaisir de vous voir sortir un peu, en tout cas.» Bien sûr, la voir sortir pour autre chose qu'une conférence en rapport avec le psychopathe qui la fauchait toujours sur son passage, ça lui aurait fait encore plus plaisir, mais il n'allait pas faire le difficile. Il ne restait plus qu'à attendre. Il espérait quand même que ça vaudrait le déplacement. Pas qu'il avait autre chose à faire, mais il aurait sûrement pu trouver.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceMer 27 Avr - 20:23

killer conference



6 septembre 2015, 19:00

Ils brassent du vent. Ils courent après du vide. Ils vont s’épuiser à la tache, les pauvres bougres. Ils vont finir par manquer d’air à force de courir après la brume.

Je reprends une gorgée de thé avant de relancer la conversation. Le tout est de ne pas partir d’ici trop vite, de ne pas quitter l’appartement de ma voisine avant que tout soit terminé, qu’elle ait allumé son téléviseur pour se mettre à trembler dans son fauteuil en découvrant les unes des journaux et ce qui s’est produit à la mairie de Fairhope.

Il faut que je sois là, qu’on puisse témoigner de ma présence ailleurs que sur le lieu de l’agression, comme à chaque fois. J’ai mes petits alibis aux quatre coins de Fairhope, de vulgaires pions que j’utilise, que je place comme bon me semble sur l’échiquier ; moi la Reine, dont les pouvoirs sont infinis.

Je jette un coup d’oeil à l’horloge. Les portes ont du se fermer. Ils doivent attendre, sagement. Plus que quelques minutes avant le début du spectacle. Quelques instants supplémentaires avant que le masque ne tombe, qu’ils s’aperçoivent que le maire ne fera pas le déplacement, qu’il n’a jamais été prévu qu’il soit présent.

J’espère que le monde entier a les yeux braqués sur Fairhope.

J’espère qu’ils retiennent leur souffle.
Il n’est pas encore l’heure de rendre le dernier… Pas encore.





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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 28 Avr - 17:42

Killer Conference

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L'heure tournait, doucement, mais sûrement, presque trop tranquillement même devrais-je dire, mais à présent la pièce était pleine à craquer, les portes venaient de se refermer, il est 19h, le maire ne devrait plus trop tarder à venir pour donner son discours. Personne ne sait ce qu'il va bien pouvoir dire, même si on le suppose. De qui d'autres pourrait-il parler si ce n'est du Poète ? Peut être qu'il va simplement parler de lui-même, dire qu'il va démissionner de son poste et que de nouvelles élections vont avoir lieu, peut être qu'il va donner de nouveaux moyens au commissariat pour que nous puissions avoir la chance d'avoir le Poète. Peut être qu'il va nous dire que le Poète c'est lui et qu'il se rends aux autorités. Peut être ... Il y avait trop de possibilités, et aucune réponse de crédible, de possible. Je ne savais pas quoi en penser, vraiment, je ne savais pas, j'étais dans l'ignorance comme tout le monde, et ça ne me plaisait pas. Si j'étais présente en tant que lieutenant de police, j'étais aussi présente en tant que simple habitante de la ville pour savoir ce que le maire avait à nous dire. Avait-il seulement quelques choses d'intéressant à dire ? Je ne savais pas, pas du tout même. Pourtant j'observais la foule, les visages, je me disais que peut être ils seraient confiants, mais la plupart restait soucieux, soucieux de ce qui pourrait arriver à vrai dire. Mais que pouvait-il arriver ? Nous étions en train de brasser de l'air, du vent depuis tellement de temps à cause de ce Poète de malheur, nous n'étions plus à une nouvelle déception près, pourtant, je gardais cet espoir, qu'un jour il ferait une véritable erreur et que nous réussirions à l'avoir, une bonne fois pour toute. Il n'est jamais trop tard, sa cavale ne durera pas indéfiniment, et si je dois attendre encore des années avant de l'avoir, j'attendrais même si ma patience sera une nouvelle fois mise à rude épreuve. Mais j'avais énormément de patience, trop peut être, je ne saurais dire, mais j'étais là, persévérante pour lutter contre cet individu complètement fou qui sévissait depuis trop longtemps et qui à ce rythme là, sévirait pendant encore de longs mois. Mais une fois qu'il sera arrêté, je pourrais me dire que cette affaire est derrière moi et que j'ai réussi à faire quelques choses de ma vie contre lui. Je ne saurais dire cependant de quoi je devrais être la plus fière. Mais ce jour là n'était pas encore arrivé. Et puis qui sait ? Peut être que le Poète allait encore nous ridiculiser ici devant les caméras du maire, peut être que je me fourvoyais, je ne saurais même pas quoi dire si jamais cela arrivait. Mon regard était attentif au moindre geste suspect, au moindre comportement n'étant pas dans une droit ligne de conduite. Mais si tout le monde était excité à l'idée de l'annonce qu'il y aurait ici, tous était assez calme, agissant de façon logique. Cela ne me plaisait pas, presque comme si tout était justement trop calme, beaucoup trop calme, même pour quelqu'un qui n'est pas forcément paranoïaque.





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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 28 Avr - 19:50

Killer Conference

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Pourquoi est ce que tu as décidé de venir ici ? Pourquoi ? Vraiment, plus le temps passe dans la pièce, plus tu te le demande, tu aurais mieux fait de rester chez toi, mais c'est comme ça, tu ne peux pas faire autrement, surtout que l'heure arrive où ils vont fermer les portes, alors sauf en cas d'extrême urgence, tu sais qu'ils ne les rouvriront pas. Tu as peur, intérieurement, tu bous mais tu fais en sorte que ça ne se voit pas trop extérieurement parlant. Tu sais que si la conférence s'éternise trop, tu ne seras pas bien, mais c'est un peu un test que tu te fais à toi même. Tu ne sais pas si tu le réussiras, très honnêtement, tu l'ignore mais tu vas faire au mieux. Finalement, la place qui était préalablement libre se retrouve occupée par le docteur Shelley ce qui te rassure un peu. Tu le connais bien, enfin, tu as déjà eu l'occasion de lui parler, souvent, et tu lui fais confiance, alors mine de rien, cela te rassure un peu qu'il soit là, il saura quoi faire si jamais ça ne va pas bien de ton côté. Alors tu réussis à lui faire un petit sourire. Il est maigre, mais il est présent, ce qui reste presque incroyable mais en ce moment, tu es plutôt dans une spirale positive, mais même quand c'est positif pour toi, tu reste friable, fragile, tu le sais bien, demain, tout peut repartir dans une terrible spirale négative.

" Docteur Shelley. Je pense qu'on peut dire que ça va bien et vous même ? "

Et un autre petit sourire qui s'affiche sur ton visage. Si cela n'avait pas été une tête connue sans doute que tu ne l'aurais pas affiché, mais il semblerait que tu sois sur une bonne voix, tu arrives à faire des efforts concernant autrui, même avec de simples connaissances. Il sait que tu es dépressive, que tu fais partie de ces dépressifs qui vont bien un jour et qui perdent pieds le jour d'après. Il le sait clairement, il te fait la remarque, qui se veut encourageante. Il est si rare de te voir à ce genre d'événements en temps normal en même temps. Tu lui fais un nouveau petit sourire.

" J'essaye de faire au mieux en tout cas. "

Oui, vraiment au mieux, tu as déjà dépassé tes espérances, et tu espères que cela ne te retomberas pas dessus, parce que mine de rien, intérieurement, tu as peur, peur de ce que le maire pourrait annoncer, dire à propos du Poète, mais tu es là, pas simplement devant ta télévision. Tu sauras bien vite si cela est une bonne idée.





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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 1 Mai - 0:07

Il y avait une tension palpable dans l'air et si Désirée avait sorti son téléphone portable de la poche de son manteau, plus pour s'occuper les mains qu'autre chose, elle n'était pas focalisée sur l'écran de son smartphone bien au contraire. Tous les bonbons sucrés du monde ne pouvaient pas lui faire perdre sa concentration ni oublier l'endroit où elle se trouvait. Elle avait remarqué le couple de personne âgées qui venaient de s'asseoir à sa droite. Ils voulaient les meilleures places visiblement, espérant, priant que le Maire les sorte de la tourmente, après tout, c'était un homme très charmant, certes, il n'était pas de Fairhope mais cela ne voulait pas dire qu'il n'en avait strictement rien à faire de ce meurtrier qui était encore libre, n'est-ce pas ? Désirée eut un maigre sourire pour ses voisins, se laissant bercer par leur discussion de couple qui n'avait rien de privé au final vu le volume auquel ils parlaient. La rouquine remarqua également du mouvement au niveau des membres des forces de l'ombre, un homme de taille importante, du genre qui aurait fait de l'ombre à Tobias, s'adressait à Shandra. Avait-il des informations qui manquait au reste de l'équipe? Désirée était curieuse, curieuse de savoir ce qui se murmurait dans les rangs de police. Savaient-ils vraiment quelque chose de plus, quelque chose de plus qu'elle ? Elle en doutait sincèrement, mais Désirée n'allait pas se vanter en public et surtout pas avec autant de monde d'avoir réussi à réunir des indices importants. Elle n'était probablement pas plus proche du tueur en série que ces chers policiers, mais au moins, elle était honnête avec elle-même sur ce point.

Son regard se porta presque automatiquement sur Liam et ses jambes également immanquables quand le médecin légiste fit son entrée dans la salle de conférence. Oh ça, c'était bien un cafard qu'elle aurait aimé écraser sous son ongle. La romancière eut un fin sourire en se disant qu'il aurait adoré tomber sur Mary Wilson lui-même et lui retirer son masque pour pouvoir identifier le corps. Il ne l'avait pas fait, c'était Désirée qui l'avait battu, encore une fois et qui continuerait probablement de le faire. Elle n'avait pas pu le narguer pour ce simple fait, afficher un air suffisant serait sa seule arme. Le sourire de la jeune femme s'agrandit lorsque ses yeux passèrent de Liam à Jimmy. Elle eut pour lui un geste de la main... Avant de réaliser que non, il ne pouvait définitivement pas la reconnaitre, avec son blond, il avait été impossible de ne pas voir une femme comme Désirée, désormais... Elle était presque invisible. C'était une pensée réconfortante mais les femmes comme elle ne restaient jamais bien longtemps dans l'ombre et elle le prouva en se levant. "Excusez moi." dit Désirée dans un sourire charmant au possible, quittant sa rangée. Elle remarqua à peine que les portes se refermaient, pourtant, son esprit d'écrivain se complaisait dans cette notion, être enfermé ici avec tous ces gens, certains de parfaits inconnus, d'autres de simples connaissances... C'était la scène de crime parfaite n'est-ce pas ? Elle ne pouvait pas être la seule à l'avoir remarqué, tout ce monde, tous ces yeux et en même temps, le pire des désastres pouvait arriver en quelque minutes. C'était en vérité terriblement excitant et c'était peut-être pour cela que Désirée se planta devant le livreur avec un franc sourire le visage, peut-être déplacé considérant la situation... Pas besoin de trop faire semblant devant Jimmy ou devant Liam, pas vrai ?

"Tu me cherches Jimmy ?... J'avoue que je ne pensais pas te voir à ce genre d'évenements, comment est-ce que la ville va faire pour se nourrir sans toi ?" Désirée croisa les bras, marquant une pause pour chercher un siège libre près du jeune homme. Elle ne trouva rien d'autre que Liam, pour qui elle eut un bref signe de tête, un signe de respect simple et poli. "Liam. Toujours un plaisir." Un mensonge à peine voilé, mais elle préférait savoir le légiste ici plutôt que sur une piste qu'elle ne pouvait pas suivre. "Dis moi est-ce que tu sais si cette chère Laura va faire une apparition et nous gracier de sa présence ou pas ? Quoi que je ne sais pas, elle pourrait faire de l'ombre au maire." Small talk, c'était tout ce que Désirée pouvait faire pour combler le vide et attendre que l'inévitable se produise.

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"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 5 Mai - 14:25

Il avait le regard vide et le front bouillant. Pas de fièvre non, rien d'inquiétant, juste une vague d'angoisse contagieuse qu'il avait récupéré du reste de la foule. Ou qu'il était en train de transmettre sans le vouloir, malgré lui, en croisant des regards au hasard parmi les quidams qui s'installaient. Peter sortit du champs, tournant le dos à la caméra entre deux prises, jetant un oeil discret à son téléphone portable pour voir quelle heure il pouvait bien être, oubliant l'horloge accrochée juste au-dessus de la scène dans la précipitation. Le stress ne l'aidait pas, bien au contraire. Il en avait les mains moites et le coeur battant, frappant sa poitrine avec tant de force qu'il envisageait d'aller voir un médecin une fois toute cette conférence terminée pour se faire retirer définitivement l'organe. Peut-être devait-il l'offrir à quelqu'un qui en ferait meilleur usage, un véritable malade, un type dont le front recouvert de sueur était encore plus pâle que le sien. Il essayait de se faire une raison, de se dire que la couche de fond de teint qui recouvrait ses pores y était pour beaucoup dans cette impression d'étouffement. Mais dans le fond, il savait bien qu'un peu de maquillage ne pouvait être à l'origine de ces quelques tracas.

Le blond reprit l'antenne quelques secondes avant la fermeture des portes, annonçant fièrement aux téléspectateurs que la conférence allait bientôt commencer. Un sourire faussement sincère, une parole en l'air et la promesse de les retrouver en direct après le discours du maire pour revenir sur les propos de ce dernier et débattre tous ensemble, puis un autre commercial break censé vendre des céréales et du dentifrice à tous ces vautours décérébrés. Peter en profita pour observer la foule qui se pressait pour trouver les derniers sièges libres, des groupes d'amis entiers se séparant les uns après les autres pour aller occuper les dernières places vacantes au milieu d'une mare de chaises déjà surpeuplée. Voilà, c'était ça qu'Il voulait. Ce que le Poète voulait. Si Peter avait été à sa place, si toutefois il avait eu le cran d'être à sa place, voilà ce qu'il aurait recherché avant tout. Le chaos, la confusion. Dans quelques instants, quand le maire annoncerait un fait banal et sans grand importance et qu'il serait reparti, le Poète dégainerait dans la foule et en poignarderait sûrement un, puis un deuxième et un autre, ainsi de suite comme un vulgaire jeu de dominos. C'était bien pour cette raison que Peter avait pris son arme avec lui ce jour-ci, qu'il la gardait fermement accrochée à sa ceinture, dissimulée sous la veste de son costume qui lui tenait beaucoup trop chaud, et qui lui permettait de cacher autre chose de bien plus précieux et de bien plus gênant...

Dans un coin de la pièce, le colonel faisait signe à la foule de dégager le passage près des issues de secours. Lui aussi avait vite compris ce dont il s'agissait. Pas juste une simple conférence. Quelque chose allait se produire et ce ne serait pas beau à voir. Des seaux entiers de sang déversés sur les habitants ? Le sang des victimes passées, le sang avec lequel le Poète n'avait pas encore eu l'occasion d'écrire son fameux chef-d'oeuvre. Du sang qui imprégnerait leur propre chair, du sang qui les lierait forcément tous à cette foutue histoire... Du sang partout, et Peter voyait rouge en lisant la même crainte dans les yeux du colonel. Il s'était rapidement intéressé à cet homme dans le cadre d'un reportage, mais cette piste n'avait rien donné d'intéressant. Il avait simplement trouvé un mariage foireux et un fils malade à en crever. Vraiment, rien de captivant pour les chiens affamés postés devant leurs écrans de télé qui se goinfraient de chair tiède et d'horreur. « Mike ? » Son regard avait dérivé sur autre chose, ailleurs. Le cadreur se pencha pour apparaitre enfin de derrière sa caméra. « Pourquoi... Pourquoi est-ce que les caméras de sécurité sont éteintes ? Est-ce que c'est moi ou... » Peter faisait de son mieux pour ne pas lever constamment les yeux vers le plafond, là où il s'était mis en quête de trouver des trappes susceptibles de déverser des litres de sang sur la foule quelques instants auparavant, capturé par son propre délire. Le Mike en question s'inquiéta d'une telle information. « Je crois... Je crois que c'est nous, sa caméra de surveillance. »

Peter scruta la foule, interdit, tellement tendu qu'on aurait dit qu'il était sur le point de se briser. Ne pas faire de faux pas. Pas aujourd'hui. Pas quand le Poète comptait sur lui, que le monde avait les yeux braqués sur lui. C'était excitant, non ? Non. Plus maintenant. C'était affreusement terrifiant, et Peter craignait que sa voix ne se mette bientôt à trembler.

Voilà, c'était précisément ça, que le Poète voulait.


dépenser ses points

◆ trouver un sac à main - 20 points
◆ regarder sous les chaises - 30 points 

◆ suivre le regard de Peter - 40 points
◆ tenter d'ouvrir une porte - 50 points
◆ demander l'heure à son voisin - 60 points
◆ se rapprocher de la scène - 70 points
◆ regarder à ses pieds - 80 points
◆ essayer d'ouvrir une des fenêtres - 90 points
◆ chercher un accès vers les coulisses - 100 points
◆ sentir une main saisir son bras - 110 points

Pour savoir comment dépenser vos points lors de ce sujet commun, rendez-vous dans le sujet de flood consacré à la conférence. Merci de lire toutes les informations avant de poster !
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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 8 Mai - 22:44

Le médecin pianotait rapidement sur sa cuisse, un rythme quelconque et erratique. Comme tout un chacun dans cette salle, il aurait vraiment souhaité que le maire se présente devant eux avec un psychopathe enchaîné et un aller-simple pour la prison sans espoir de revoir le jour. Voire la peine de mort, mais James n'était pas sciemment capable de souhaiter la mort d'un être humain, aussi vicié soit-il, aussi monstrueux. Sans doute des restes du côté religieux de sa famille, ajoutés à sa fonction principale qui était de soigner, et de sauver. D'ailleurs, il s'était souvent demandé ce qu'il faisait dans un état qui appliquait la peine de mort, mais ce n'était pas comme si Fairhope était connue pour son taux de criminalité et son nombre d'exécutions. Malgré tout, quelque chose laissait penser que, peine de mort ou non, ça n'était la raison de cette conférence, et c'était l'agitation palpable des forces de l'ordre. Il n'était pas familier avec les membres de la police, mais s'ils avaient réussi à capturer le Poète, même si l'information était récente et tenue secrète pour une raison obscure, certains seraient au courant, non? Dès lors, est-ce qu'ils se comporteraient comme des rats pris au piège? Il imaginait qu'une telle victoire aurait fait du bruit et laissé des sourires sur au moins un ou deux visages. Fairhope n'était pas assez grande pour qu'un tremblement de terre secoue un côté de la ville sans que l'autre ne le sache. Pas assez grande pour étouffer un événement de cette envergure. Certainement pas quand la ville entière s'arrêtait de respirer dès que le Poète était mentionné, que chacun avait une vague appréhension en regardant les informations. Que les journalistes avaient enfin de quoi repaître leurs appétits voraces. Alors quoi?

Un soupir à moitié assumé plus tard, James avait finalement reposé ses mains sagement à côté de lui, vérifié que son téléphone était bien mis en silencieux pour ne pas interrompre le discours du maire, et promené son regard une nouvelle fois sur la salle. Puis il avait recommencé le même cirque une nouvelle fois, et s'était trouvé complètement désœuvré. Alors il avait voulu réajuster son costume, avait réalisé que pour une fois il l'avait troqué contre des vêtements plus confortables, et s'était donc employé à vérifier la tenue en question, son regard se perdant vers le bout de ses chaussures qu'il avait dû oublier de nettoyer depuis un moment. Il fallait dire qu'elles étaient vieilles, il faudrait qu'il pense à aller en racheter. Probablement les mêmes, s'il pouvait les trouver, c'était pratiquement les seules dans lesquelles il se sentait à l'aise. Il devrait en acheter plusieurs paires d'un coup, s'il avait l'occasion. Ca lui éviterait de risquer de ne plus les trouver. Un éclat de lumière lui fournit la distraction tant attendue. «Tiens..»

C'est uniquement par ennui qu'il s'attarda sur le petit objet qui avait reflété la lumière un instant, à côté de sa chaussure. Il n'avait pas exactement pour habitude de ramasser tout ce qui traînait, il avait remarqué que cela prendrait un temps considérable, qu'il n'avait d'habitude pas. Sauf aujourd'hui, évidemment. Alors il se pencha, faisant attention de ne pas se cogner ou pousser d'autres personnes, et récupéra ce qui s'apparentait à une barrette. Il se redressa trop vite, trop tendu, l'accessoire fermement pincé entre deux doigts dont les extrémités devenaient déjà blanches. Imbécile. Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte à quel point il était ridicule. A quel point le Poète et ses méfaits les avaient, lui et les autres, rendus complètement paranoïaques. Ce n'était pas parce qu'il y avait une rose sur la barrette qu'il fallait le voir comme une attaque personnelle, ou simplement comme une menace. Plein de petites filles avaient pu la perdre. Plein de petites filles qui n'étaient pas Rose. Pauvre fleur, piétinée en pleine floraison, cueillie trop tôt. Et dire qu'il l'avait vue, pas si longtemps auparavant, souriante et joyeuse, comme tous les enfants devraient l'être. Peut-être qu'elle l'avait consulté pour la grippe, une allergie, un vaccin peut-être. Trivial et merveilleux, et évidemment, évidemment qu'ils étaient à nouveau remontés jusqu'à lui. L'hostilité croissante des policiers était compréhensible, mais pas moins pesante. S'ils décidaient qu'ils voulaient vraiment fermer l'enquête? Qu'il ressemblait suffisamment à un coupable pour qu'ils puissent dormir la nuit? Heureusement qu'il avait travaillé toute la journée, ce jour-là. Mais cette barrette n'avait rien à voir, et la sueur qui lui coulait dans le dos n'avait rien à voir non plus. Un homme innocent n'aurait certainement pas aussi rapidement fait disparaître la barrette dans la paume de sa main, si? Le poing serré autour du petit objet, il n'aurait pas été étonné s'il avait subitement pâli. Il espérait simplement que personne n'avait vu son irrationnelle attaque de panique. Qui n'était absolument pas apaisée par le fait qu'il y avait peu de petites filles dans la salle. Il était juste paranoïaque, il le savait. Qu'est-ce que ça prouverait, de toute manière? Quel intérêt ça pouvait avoir? Il avait juste réagi avec exagération. Ca lui arrivait, parfois. Rien d'inquiétant. Elle était peut-être là depuis longtemps. Probablement. «J'espère que ça va bientôt commencer.» Il l'avait plus dit pour lui-même, pour se distraire de ses inepties, pour (se) donner l'impression qu'il n'était pas soudainement très mal-à-l'aise.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 3:54

Ils avaient fermé les portes. Il ne savait pas pourquoi ce simple fait, pourtant prévisible, lui mettait autant de tension au creux du dos. Sans doute n’était-il vraiment pas habitué à faire partie d’une foule, ou la perspective de cracher du sang en pleine salle bondée de pipelettes ne le ravissait-elle pas vraiment… Mais il y avait autre chose. Il aurait juré qu’il y avait autre chose, autre chose qui ne le concernait pas directement. Ce n’était pas un mystère, au fond, remarquez. Le simple fait de rassembler autant de joueurs dans la même pièce, sous l’égide du même sujet macabre qui les titillait déjà, avait quelque chose de profondément malsain. C’était à se demander s’il ne faisait pas partie du lot, lui aussi, lui qui avait cru malin d’être là dans l’espoir de glaner une information quelconque, ou une piste sur laquelle commencer à fouiner… Est-ce que le fait qu’il ne prenait aucun plaisir à l’œuvre du Poète le différenciait vraiment des autres personnages qui gravitaient autour de l’intrigue ? Il n’en était pas complètement sûr, et la pensée ne le ravissait pas franchement. Mais bon. Ce n’était jamais là que du sentimentalisme de comptoir. Il allait de soi que dans ce genre de circonstances, prendre la main était bien plus important que de savoir dans quel but. Les intentions de chacun étaient quasi hors-sujet, quand on y pensait… Encore une fois, l’histoire serait écrite par le vainqueur. … Et pour l’instant, le Poète semblait être le seul à en connaître la grammaire.

Désormais coincé ici à attendre que quelque chose parte en sucette, Jim poussa un profond soupir à travers le crépitement de ses poumons. Quel bordel. Si le but était de prouver au monde que Fairhope restait une communauté organisée face à la menace d’un seul individu hors de contrôle, le moins qu’on puisse dire, c’était que la démo ratait sa cible d’un bon kilomètre. D’ailleurs, il ne savait pas desquels s’inquiéter, ceux qui s’angoissaient tout seuls et paraissaient prêts à piétiner n’importe qui pour échapper à cette fournaise, ou ceux qui étaient trop à l’aise. L’un ou l’autre, quelque chose allait finir par péter, et il ne savait plus trop ce qu’il ressentait à cette perspective. De la curiosité morbide, sûrement. De la pitié pour ceux qui se trouveraient dans le chemin, aussi. Mais est-ce qu’il n’aurait pas dû avoir peur, surtout ? Il n’avait pas peur. Il regardait les gens se mordre les mains et agiter les genoux sans vraiment comprendre. Soit tout le monde savait quelque chose qu’il ne savait pas, soit il était bienvenu dans le club des tarés du village. Ou les deux. Il aurait dû être le premier à paniquer, pourtant, catarrheux qu’il était prisonnier d’une petite boîte remplie de monde, mais non. Du malaise physique, ça, il avait. De la nervosité, de l’excitation, de la tension et toutes sortes de sentiments complètement pas à leurs places, oui. Mais l’attitude de certains lui semblait quand même profondément démesurée. A quoi ils s’attendaient, une bombe ? A moins qu’ils n’aient un nouveau psychopathe-surprise sur les bras, il concevait difficilement comment une grande boucherie fiévreuse s’inscrirait dans la logique soignée et rigoureuses de leur serial killer local.

Et d’ailleurs… Oh bah tiens, en parlant de figures publiques un peu trop à l’aise. Il lui adressa un sourire, sans savoir lui-même s’il était sincère ou pas. A croire qu’elle le tirait un peu plus aisément vers l’ambiguïté qu’il n’aurait eu envie de l’admettre. Mais bref. Nouvelle couleur de cheveux, hein ? Voilà qui était … drastique. Il se fit la remarque que paradoxalement, ça lui ressemblait plus. Et que, d’un point de vue purement masculin et au moins partiellement attiré par le sexe féminin, il votait pour. Mais inutile de lui dire, elle se savait déjà suffisamment importante comme ça. « Tu me cherches ? » C’était qu’elle avait un peu raison, en plus, il s’était demandé où elle était rendue. Désirée, quoi. Inutile de s’en offusquer, il commençait à prendre l’habitude. Même s’il devait bien avouer qu’il ne se serait jamais attendu à ce qu’elle l’aborde en public. Et encore moins à ce qu’elle reste l-… C’était lui, ou elle cherchait à se poser, là ? Il devait avoir raté un épisode, ils étaient carrément potes, maintenant ?

Avant qu’il ne puisse poser la question, cependant, elle avait changé d’interlocuteur. Le grand brun à côté de lui. Il n’avait aucune idée de qui c’était, mais il suivit l’échange quand même, tant qu’à faire. Liam. Super génial. C’était quoi, son intérêt, dans la vie ? Et de qui parlait-on, au juste ? Laura… Ça lui disait quelque chose, il voyait vaguement sa tête, Laura … Ohhh non. Son rapport à Désirée avait quelque peu enterré cette information, mais il ne put s’empêcher un léger rire lorsqu’elle lui revint au cerveau. Ouip, Laura Munoz, Laura et son association soi-disant bien-pensante dont Désirée faisait partie. Ça aurait dû le déranger, mais il était déjà trop parti pour ça, et l’ironie de la chose dépassait de loin le politiquement correct. Le simple fait qu’il ait toujours pour Désirée la même fascination, après l’aperçu qu’il avait eu de son esprit légèrement désaxé, dépassait de loin le politiquement correct. Alors à quoi bon se battre contre le cynisme ? Il baignait déjà dedans.

Il écouta à peine la réponse que lui fit « Liam ». Il haussa des sourcils blasés à ce qu’il prit pour une tentative de drague mal foutue, et roula des yeux jusqu’au plafond avant de retourner à Désirée, sujet un peu plus épais que l’accent anglais de service.

- …. BREFFFF. Vous êtes sûre que vous voulez nous rejoindre au fond ? Devant, on vous verrait mieux.

Pour dire vrai, il doutait que qui que ce soit réussisse à l’ignorer, maintenant qu’elle brillait comme un phare avec son roux très rouge… Mais c’était bien là ce qui le gênait. L’intérêt de l’auteur à succès pour sa petite personne le rendait très visible, d’un coup. Lui donnait une importance qu’il aurait préféré éviter. Et lui donnait un accès sur ce qu’elle savait, aussi, comme le prouvait ce petit échange avec Liam. Compromis, compromis…

Peut-être était-ce le prix à payer pour avoir une chance de faire une différence. En tous cas, il n'aimait pas ça.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 15:37

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


Tout le monde s'impatiente cela ne fait plus guère de doutes, même moi, je trouve que le maire met du temps à venir, trop de temps, vraiment beaucoup trop, mais sans doute peaufine-t-il son discours pour nous dire ce qu'il veut nous dire, pour que son annonce face l'effet d'un électrochoc à tout le monde, mais une chose est sûre, il ne dira pas que le Poète a été arrêté comme certain l'espère, ce sera même tout le contraire. Peut être va-t-il nous donner des moyens plus conséquents pour que tout cela s'arrête. Je sais, je crois que je rêve à ce niveau là, ça me semble être un doux rêve que jamais je n'aurais pour moi, je le sens bien. Mais le maire met trop de temps, personne ne vient annoncer sa venue. Je regarde l'heure, normalement, il devrait être là, du moins en théorie, en théorie, mais j'ai peur de ce qui va arriver. Mais pour cela, je dois me faire ma propre idée, alors je décide de me déplacer pour aller voir la scène, pour voir ce qu'il y a derrière ce rideau qui ne semble pas vouloir s'ouvrir. C'est fou, mais ça me turlupine. Et si le maire n'était pas là ? Et si le maire venait d'être tué par le Poète et qu'il se trouvait derrière ce rideau que personne ne semble vouloir ouvrir ? Et si nous avions simplement droit à un nouveau cadavre derrière ce rideau ? L'idée me traverse l'esprit, je vous l'avoue clairement, mais je me dis que je suis trop paranoïaque, que le maire va simplement venir, qu'il a un peu de retard, qu'il joue peut être avec nos nerfs pour faire une meilleure impression suite à ce discours qu'il va prononcer. Je me dirige donc vers la scène, je ne sais pas quoi en penser, mon cerveau tourne à plein régime, il tourne dans le vide pour le moment, parce que je ne sais pas ce qu'il y a derrière ce rideau, alors je peux réfléchir longtemps, sans certitude, ça ne rimera à rien du tout. Je comble donc le vide qu'il y a entre moi et la scène mais alors que je vais jeter un oeil derrière ce rideau noir, une bande groupies en chaleur me barre la route. Elles ont vues les journalistes, elles ont vues Peter et elles veulent leur instant de gloire, semble-t-il. Je me retrouve noyée au milieu de celles-ci. Je vais devoir leur montrer ma plaque et leur faire comprendre qu'elles doivent regagner leur place. Je siffle en mettant mes doigts dans ma bouche pour que le son soit suffisamment important pour que je puisse avoir leur attention. Sortant donc ma carte, je leur dis quelques mots.

" Mesdemoiselles. Veuillez regagner vos places. Ce n'est pas le moment de venir devant les journalistes. Laissez les faire leur travail. Laissez nous faire notre travail. Dépêchez-vous si vous ne voulez pas que je vous colle un pv sur le dos. Allez, et que ça saute ! "

Et j'insistais du regard, avec ma main leur montrant de regagner leur place. Et visiblement, elles comprenaient, à peu près ce que je voulais. Quand on parle de procès verbal avec une amende à la clé, ça fait tout de suite comprendre aux gens qu'ils doivent se calmer. Si elles revenaient, je n'hésiterais pas à leur en donner un, et je peux vous garantir qu'elles comprendront leur mal, parce qu'elles n'arriveront plus à s'asseoir tellement elles auront été délestées d'un argent qu'elles auraient pu mettre ailleurs. Je m'approchais donc de la scène pour voir ce qui se trouvait derrière le rideau.




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Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 16:15

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


S'il y a une chose que tu regrette, c'est bien d'être venue aujourd'hui. Tu le regrette vraiment, mais tu ne peux plus faire machine arrière. Alors tu respire au mieux, tu respire le plus lentement, tu essaye, parce que malgré toi, ton rythme cardiaque a réussi à s'accélérer considérablement. Ce n'est pas encore au point tu es en train de courir un marathon, mais tu le sens, il a envie de sortir de ta poitrine, il veut aller plus loin, il veut s'échapper pour sortir de cette salle, mais tu le retiens prisonnier de ta cage thoracique. Il n'ira pas plus loin que le reste de ta carcasse. Heureusement, tu as la présence rassurante de ton médecin traitant à tes côtés. Pour le moment, sa présence est rassurante en tout cas, mais pour combien de temps ? Tu n'en sais strictement rien du tout. Mais pour le moment, tu te raccroches à cette branche là, elle ne semble pas très solide pour retenir ton poids, cela sera toutefois suffisant pour les minutes à venir. Pourtant, les portes de la mairie se referment, tu te sens prise au piège, parce que la salle est bondée, que tu te sens comme une sardine au fond de sa boite, serrée comme tout, mais ce n'est pas grave, tant qu'il n'y a pas de petit bonhomme en mousse. Le docteur Shelley semble toutefois ailleurs lui aussi, comme dans une autre dimension, à moins qu'il ne soit dans un autre univers, à moins qu'il ne vienne de se prendre un bus en pleine face. Tu dis cela parce qu'il a pâli d'un seul coup sans que tu ne comprenne pourquoi. C'était fou, mais cela ne te rassurait pas. Puis tu vis qu'il avait une barrette rose dans la main. Tu regardais alors autour de toi, il n'y avait presque pas de petites filles dans la pièce. Est ce que cela pourrait être ce que tu pensais ? Cet objet n'était pas là par hasard, et tout de suite tu sombrais dans la paranoïa, tu prenais peur, tu étais parcourue de frissons alors que la chaleur dans la salle commençait à être plus qu'importante. Ton souffle se fait court, tu te sens proche de défaillir, mais la voix du docteur te remet sur le droit chemin. Tu te dis que ce n'est rien, que ce n'est qu'une petite barrette, que le Poète n'est pas là, tu essayes de te le dire, tu te le répète tel un leitmotive dans ton esprit, mais il est déjà trop tard, ton cœur se tord de douleur. Tu es persuadée que tout cela n'est qu'une mascarade, que le Poète est dans la pièce, peut être même qu'il sera sur scène à la place du maire qui tarde beaucoup trop à venir pour toi. Si son annonce était si importante que ça, il n'aurait pas fait venir la moitié de la population de Fairhope dans cette pièce. Vous êtes fait comme des rats. Le piège va se refermer sur vous tous. Mais contrairement à beaucoup, cette idée te plait. Si le Poète faisait exploser cet endroit, tu t'en irais au repos éternel, celui que personne ne veut voir pour toi, parce qu'à chaque fois tes quelques amis sont venus te sauver. A moins que le Poète ne soit en train de diffuser un gaz inodore pour tous vous empoisonner, possible. Mais si l'idée que le Poète soit en train de tous vous tuer te plait, tu as des doutes. Il n'a jamais agit de la sorte, non. Du coup, ton cerveau repars dans un cycle paranoïaque, mais dans un style différent, celui où il va juste apparaître pour te torturer mentalement l'esprit, pour que ton moral retombe bien bas, et que tu cherches une nouvelle fois à mettre fin à tes jours.



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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 22:46

Le sarcasme de Liam était audible et cela fit bien sourire la romancière. Un point pour lui donc ? Elle lui accordait volontiers. Ils devaient prétendre en public, c'était souvent le cas d'ailleurs, rien que d'entendre la façon dont il évoquait Laura... Désirée savait que dans le fond, les motivations du médecin légistes n'étaient pas si innocentes que cela. Sans compter que cette petite réunion-là avait une saveur particulière, pour toutes les personnes présentes dans la salle d'ailleurs, Désirée se contenta donc d'hocher la tête et de répliquer un simple : "Tes paroles me vont droit au coeur Liam, vraiment." avant de tourner de nouveau son regard vers son téléphone. L'heure continuait de défiler, Désirée ne comprenait pas pourquoi ils étaient encore en train d'attendre que quelque chose se passe, est-ce que le maire de Fairhope aimait se faire remarquer ou pire attente? Elle n'en savait absolument rien, ça lui paraissait surtout stupide comme petit jeu de piste. Et à dire la vérité, si rien ne se passait ce soir, Désirée estimait que c'était une soirée perdue, c'était pour cette raison qu'elle n'avait eu qu'un sourire pour Jimmy qui lui aussi se trouvait à côté d'elle. Un sourire qui s'agrandit quand elle aperçut les mèches brunes de Shandra, la lieutenant tentait de mettre de l'ordre, visiblement, il y avait de l'agitation. Certaines personnes n'étaient tout simplement pas faites pour attendre pas de doute là dessus. "Hmm... je crois que je suis exactement à la bonne place." souligna Désirée, chuchotant pour Jimmy. Si c'était pour se faire marcher dessus, ça ne servait absolument à rien, les deux hommes qui l'entouraient, à savoir Jimmy et Liam étaient plus ou moins conscients du respect profond qu'elle avait pour le Poète. Et il serait donc aux premières loges pour chacune de ses réactions, un privilège vraiment. Et puis... Se retrouver sur la très longue liste du meurtrier ne serait vraiment pas la pire des choses qui pouvaient arriver à Désirée, loin de là, surtout qu'elle ne s'imaginait absolument pas avec des cheveux blancs, rien que cette simple pensée l'effrayait.

Mais ce n'était pas comme si le Poète allait débarquer au plein milieu de la foule pour se mettre à donner des coups de massue, n'est-ce pas ? Le regard de la rousse se promena sur la salle, sûrement à la recherche de quelque chose de plus intéressant et elle se surprit même à fixer le sol et les rangées de chaise. Plus aucune chaise n'était vide et elle plaignait la pauvre personne qui allait être en charge de nettoyer la salle. Son regard s'attarda sur un bout de papier, juste là par terre et Désirée se pencha pour aller la récupérer, la feuille fut vite dépliée...Juste une virgule en rouge, en plein milieu de la page, rien de plus. Un signe ? Quelque chose de complètement hasardeux ou un véritable indice ? Désirée eut un léger sourire et se pencha vers Liam, feuille à la main. "Tiens, monsieur le détective, regarde ce que j'ai trouvé, tu crois qu'il y a d'autres pages cachées, que tu sais qui nous envoie un message ?" Le ton était à moitié moqueur et pourtant presque sérieux. Désirée avait la certitude que quelque chose allait se passer ce soir,  le nier serait une belle bêtise, alors quoi... ils étaient condamnée à attendre sans absolument rien faire ?  Visiblement non, les volets électriques commençaient à se baisser peu à peu et une certaine obscurité envahi dans la salle. Ne tenant presque plus en place, la rousse se pencha vers Jimmy, joueuse. "Allez tu peux me tenir la main si tu as trop peur."

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"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 19 Mai - 22:23

killer conference



6 septembre 2015, 19:17

Les portes et les volets d’abord. Puis ma voix, dans la pénombre. Un appel macabre qui en a sans doute fait frissonner plus d’un.

Je jette un regard à la vieille horloge qui va certainement s’effondrer à force de battre la mesure.

Le rideau a du enfin tomber.

J’entends d’ici la voix du colonel, ou d’une autre fourmi en tenue d’officier ; debout sur le devant de la scène pour appeler au calme, donner l’ordre aux autres flics de noter les identités de tout le monde. De relever chaque empreinte. D’emmener tous les habitants présents au commissariat pour prendre leurs déclarations.

Ils vont se noyer dans leur propre paperasse. Ils vont perdre un temps fou. Ils vont y passer des semaines entières, sans doute même des mois. À se torturer, à retourner la pièce dans tous les sens pour essayer de la mêler au reste du puzzle et me mettre la main dessus. Ils vont causer leur propre perte, foncer droit dans le mur. Et c’est exactement ce dont j’ai besoin. De confusion, de sentiment d’insécurité. De temps.

Ils vont s’agiter comme des mouches autour d’un cadavre. Parlons-en justement. Du corps qui se vide lentement de son sang, les chevilles ligotées à une chaise, la tête lourde sur un vieux bureau qui grince tout seul, attaqué par les mites. Le corps dont les avant-bras sont marqués, dont la tempe est sertie d’une croix pourpre. Le corps inconscient qui pourrait se laisser succomber s’ils n’agissent pas rapidement, si l’ambulance n’arrive pas à temps. 

Mais le colonel a du au moins tâter le pouls de la victime, pas vrai ?
Tandis que dans la foule, certains le reconnaissent déjà.

« Mais c’est… »

Non, ce n’est plus un homme.
C’est une mare de sang.





explications
Comme lors du sujet commun du Willow Lake, des bonus et malus ont été attribués à chacun de manière aléatoire (sauf en cas d’avantages remportés lors de concours ou animations).

Vous êtes priés de prendre ces informations en compte dans vos RPs. Il ne s’agira jamais d’évènements trop handicapants, ils sont surtout là pour pimenter vos actions, faire durer le suspens, mais aussi parfois favoriser la création de liens entre certains d’entre vous.

bonus
Shandra a précédemment été dérangée par un groupe d’adolescentes et n’a donc rien pu voir, ni découvrir le cadavre avant que le rideau ne s’ouvre. Elle se trouve néanmoins aux premières loges avec le colonel.
Arthur a cherché le pouls de la victime et elle est encore vivante.
Rickon tente de briser une vitre avec la crosse de son arme.
Sandro reconnaît immédiatement la victime, même à cette distance, et tente de se rapprocher de la scène pour se manifester auprès du colonel et de la lieutenant afin d’identifier formellement la victime.
Genesis parvient à conserver sa trouvaille.

malus
◆ En raison d’un mouvement de foule très important vers le fond de la salle ainsi que la sortie, Jayla et Jimmy sont bousculés et ont peine à se relever.
Sacha semble pétrifiée sur sa chaise et James est contraint de l’abandonner pour se rendre sur la scène où Arthur lui demande de porter assistance à la victime.

◆ Certains habitants se mettent devant la caméra de Peter pour que la scène ne puisse être filmée, par respect pour les proches de la victime. Le journaliste en profite pour échapper aux regards.
◆ Dans la confusion et le chaos le plus total, Liam perd le papier tendu par Désirée.
Désirée reste aux côtés de Jimmy, visiblement mal en point suite aux bousculades.


Pour les questions, remarques et/ou suggestions, il y a toujours le sujet de flood consacré au sujet commun. Bonne chance pour la suite.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 19 Mai - 22:26

Sa bouche était trop sèche, ses lèvres brûlées par ses inspirations. Il essayait vainement d'ouvrir les yeux, de relever la tête mais elle paraissait bien lourde, incapable de tenir sur son socle, comme si on lui avait tranché pour la poser là, sur le bord d'un bureau. Ses sourcils se froncèrent. Ce n'était pas possible. Il ne sentirait plus sa gorge se nouer ni ses entrailles se serrer si seulement on l'avait mutilé de la sorte. Lever les paupières, les ramener vers les étoiles afin de voir si le ciel était toujours bleu. Il ne savait pas pourquoi il avait besoin de vérifier une telle chose, ni pour quelle raison cela lui tenait particulièrement à coeur. Peut-être que la teinte des cieux pourrait le rassurer. Peut-être que s'il faisait encore jour, alors tout n'était pas encore perdu et qu'il n'était tout simplement pas enfermé entre quatre planches de bois, près à être mis en terre pour l'éternité. Cet affreux songe aurait du le faire tressaillir, l'extirper de ce demi-sommeil en sursaut ; mais ses poumons restèrent immobiles, suivant la même cadence ralentie que depuis qu'on avait déposé son corps ici, à la merci de la foule sans doute terrorisée devant le spectacle de ses bras habillés d'une couche de sang trop épaisse et trop opaque pour que quiconque puisse y lire les inscriptions qu'un fou était venu y graver.

Ses pupilles s'agitaient sous la couche de peau tendue qui recouvrait ses yeux, cherchant la lumière, l'extérieur. La preuve que tout n'était pas terminé. Et à chaque expiration pourtant, ses épaules s'affaissaient encore davantage, se laissant vaincre par ce qui lui attaquait les méninges depuis qu'il s'était fait surprendre au beau milieu de sa cuisine. Le four. C'était certain, la cuisson de ses biscuits au gingembre serait ratée et il n'aurait plus qu'à tout recommencer. Fichu migraine qui avait eu raison de lui. La douleur vive contre sa tempe lui laissait penser qu'il s'était sans doute cogner au coin de la table dans sa chute. Ce qui expliquait le poids surprenant de son front qui avait très certainement doublé de volume. Et ses lunettes ? Elles aussi avaient du souffrir le martyr, une branche tordue et les verres fendus. Avec le peu de force qui lui restait, Adam priait pour que des bris ne se soient pas égarés trop près de sa rétine, que la violence du choc ne l'ait pas rendu aveugle. Panique. Le four. Le gingembre. La brûlure. L'obscurité. Ivre d'angoisse, il tenta d'émettre un son, un souffle ou un soupir, une plainte, n'importe quoi qui puisse laisser penser qu'il était encore vivant. Est-ce qu'il avait encore oublié de prendre ses médicaments ? Si Jesse débarquait et qu'il le trouvait dans cet état, l'officier ne pourrait plus le laisser faire un pas sans vérifier le moindre de ses faits et gestes. Et Adam s'était juré qu'il serait à la hauteur cette fois-ci, qu'il ferait attention, qu'il se protégerait de ses étourderies, en parfait distrait qu'il était. Se relever avant que Willow, Sandro ou Jesse le trouve dans cet état. Se relever, l'urgence était bien là.

Son gémissement fut happé par un cri qui manqua de lui arracher les tympans. À moins que ce ne soit le sifflement persistant depuis plusieurs minutes qui venait d'amplifier entre les parois de son crâne endoloris ? Ses paupières s'entrouvrirent à peine, et en arrière-plan, des formes floues et grotesques qui semblaient s'agiter dans tous les sens. Des fantômes. Ça y est, c'était fini, Adam était forcément mort. Il n'y avait pas d'autre solution pour expliquer tout ce remue-ménage. Il répéta l'opération, clignant une deuxième fois des yeux pour faire état de ce qui se trouvait près de lui. Il ne vit que le sang sous ses ongles et sur ses bras aux manches déchirées. Ce devait être un cauchemar. C'était forcément un cauchemar. Au diable le réveil, il valait mieux qu'il se rendorme. Demain matin, le ciel serait bleu et ses biscuits encore tièdes l'attendraient sagement dans une assiette, si Willow, Sandro et Jesse prenaient seulement la peine de lui en laisser... Demain matin, tout irait pour le mieux, et le cauchemar serait déjà loin.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 19 Mai - 23:15

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


J'allais avancer vers la scène, vers ce rideau, il le fallait parce que je sentais que quelques choses était en train de se tramer, quelques choses de louche, quelques choses de fou. Le Poète allait-il faire son apparition ? Non, ça n'aurait pas de sens, aucun sens même, mais alors ? Qu'allait-il se passer ? Je n'en savais encore rien, pourtant, je n'allais pas mettre beaucoup de temps à le comprendre, non. Le rideau tomba, du moins, il s'ouvrit sur une victime du Poète. Et merde. Comment avait-il fait ça ? Il se joue de nous, il se fout ouvertement de notre gueule. Non, mais je rêve. J'ai envie de retourner toute la pièce, tout le monde ici pourrait être le Poète, tout le monde, tellement de suspect, tellement de temps que nous allons perdre. Il est fort, encore plus malin que je ne le pensais. Comment allons-nous faire pour l'avoir ? Je n'en sais rien, mais cette mise en scène était merveilleuse, je lui donnerais bien un oscar pour cela, pour le prix de la meilleure mise en scène. Il ne manquait plus qu'une petite musique d'ambiance pour couronner le tout. Si j'en avais le culot, je ferais bien vibrer mon téléphone avec une marche funèbre, mais ce serait rendre gloire plus qu'il n'en faut à ce demeuré, à ce fou furieux, à ce je ne sais trop quoi tellement il n'y a pas de mots pour le décrire. Putain, fait chier, vraiment et encore, je reste polie. Le maire n'était pas en retard il ne devait pas venir, je ne savais même pas où il pouvait être, je ne le savais pas, mais clairement pas ici. Peut être qu'on venait de le mettre au courant de la supercherie. Mais le Poète ne pouvait pas agir seul, ce n'était pas possible, impossible. Il avait des complices dans toute la ville pour que la population se soit déplacée en masse comme ça pour écouter le maire. Mais le maire ... Bref, ce n'était sans doute pas sa faute, à moins qu'il ne soit complice de tout cela ? Le maire complice du Poète ? Je n'arrivais pas à y croire mais tout me semblait possible. J'étais tellement énervée de m'être fait bernée de la sorte que je n'avais pas fait plus attention que ça à la victime. Pourtant, je le connaissais un peu. Il y a quelques jours, il s'était fait prendre pour un voleur dans le centre commercial. Mais je n'avais fait attention, il y avait trop de sang, mais pour le moment, il était en vie ce qui était une bonne chose, non ? Oui, sans doute, c'était mieux ainsi. Pourquoi lui ? Pourquoi ? Parce que tout le monde le connait plus ou moins c'est ça ? Parce que le Poète en agissant de la sorte touche absolument tout Fairhope et pas une petite partie de la population. Mais pourquoi ? Tant de questions qui se bousculaient dans ma tête, si peu de réponses, voire carrément aucune réponse. La foule était en délire dans la salle, je ne savais pas comment faire. Moi qui arrive à garder mon calme en général, je devais bien avouer que j'étais dépassée par les événements. Je ne savais pas par où je devais commencer. Je me contentais pour le moment de me mettre dans la ligne de mire de la caméra de Howell pour qu'il ne filme pas la victime, parce que je le connais le bougre, il le fera sans hésiter. J'étais déjà en train de décéder intérieurement par rapport à la masse de boulot qui se présageait. Tout le monde ici était suspect, il allait falloir garder tout le monde pour savoir qui était là, et qui pourrait prochainement manqué à l'appel. Le colonel était là, heureusement. Une ambulance était déjà en train d'arriver. Je prenais des photos de la scène, histoire de pouvoir analyser tout cela à posteriori. Il y avait tellement de choses à faire ...





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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: • Killer ConferenceSam 21 Mai - 10:25

 « Fuck. »

Ça ne lui arrivait pas si souvent que ça de jurer, de se laisser aller à ce genre de vocabulaire grossier et pour le moins excessif. Mais vu les circonstances, on lui pardonnerait. Vu les circonstances, il savait que l’outrage se noierait entre les cris, les appels au secours et les plaintes désespérées. Il avait tourné la tête dans l’autre sens presque instinctivement, ne souhaitant pas observer le spectacle du bétail affolé qui se parquait petit à petit contre les portes et les fenêtres à la recherche d’air, d’une issue. Un frisson lui glaçât le sang, lui figeant l’échine. Évidemment que le Poète pouvait tous les tuer d’un seul coup, ça ne lui ressemblait pas mais après tout qui pouvait savoir où il s’arrêterait un jour ? Alors Arthur avait détourné les yeux de ce cauchemar, essayant de rester stable et de ne pas se faire emporter par un mouvement de foule, une vague d’esprits désemparés qui serait venu le saisir et l’engloutir sans crier gare. Les conduits d’aération. Voilà ce qu’il fallait repérer. Juste au cas où, juste pour vérifier qu’il en existait au moins un ou deux. Le reste ? Il ne préférait pas encore l’imaginer, son regard quittant un point puis un autre, s’efforçant de garder son calme alors qu’il se trouvait dans l’oeil même de la bourrasque. Jusqu’à ce qu’il se retourne complètement, faisant maintenant face à la scène, l’injure quittant ses lèvres, ses paupières se fermant un instant, prenant une grande inspiration. Comme s’il souhaitait que celle-ci soit la dernière, qu’elle ne soit pas teintée de l’horreur dont il était témoin une fois encore. Il s’avançât machinalement vers la scène, le pas déterminé et le torse bombé pour ne pas qu’un crétin le fasse flancher en lui rentrant dedans avec toute l’énergie du désespoir.

La distance entre le corps et lui avait vite été comblée, le colonel arrivant à la hauteur du lieutenant Sarmoise, cherchant quelque chose à dire, un ordre à donner, incapable de reconnaître le corps même d’aussi prêt, un simple soupir s’échappant de ses lèvres sèches, la tension dans ses épaules ne se dissipant pas le moins du monde. Il n’avait plus rien à confier ; à quoi bon, pas vrai ? Ils allaient continuer d’essayer jusqu’à ce que la ville entière soit décimée, jusqu’à qu’ils crèvent tous et que les journaux titrent « La fin de l’espoir et la mort de la justice à Fairhope ». Ses doigts trouvèrent instinctivement le cou de la victime. Comme à chaque fois. Comme la centaine d’autres fois où il avait du coller sa main contre la chair à peine tiède ou glacée d’un énième cadavre. Ce jour-là néanmoins, il manqua de se briser la nuque en relevant la tête sous l’effet de la surprise, son regard croisant celui de Shandra. « Il est vivant. », confia-t-il pour eux-mêmes uniquement. Personne ne pouvait les entendre d’ici de toute manière, confinés dans leur bulle glauque et morbide. « Essayez de joindre les secours. Dites leur de venir avec quatre ou cinq ambulances. Voire plus. Je suppose qu’il y aura d’autres corps que la foule aura piétiné qui seront dans un mauvais état. Sans parler des malaises, des crises d’angoisse et des coups reçus dans les mouvements de foule... Dites leur de venir avec beaucoup, beaucoup de bras. » Il se baissa vers le mort encore chaud, encore brûlant de vie. « Monsieur si vous m’entendez, serrez ma main. Si vous m’entendez, agrippez ma main. » Les barreaux que formaient les doigts d’Adam bougèrent à peine, effleurant ceux du colonel avant de renoncer.

« Adam... Il faut appeler Jesse... Prévenir qu'Adam... Il est mort ? Au mon dieu, est-ce qu'il est mort ? Vous devez appeler Jesse... C'est Adam... Il n'est pas mort, n'est-ce pas ? Je vais téléphoner à Jesse... Adam…  » Arthur en avait presque oublié le reste du monde, le reste de la foule qui continuait de s’agiter en contre-bas pour essayer de survivre. Et cette putain de voix métallique qui revenait marteler leurs crânes par à coups, se taisant un moment avant de se manifester encore et encore, une rengaine insupportable, une menace, une sentence intolérable. « Calmez-vous, il est encore vivant. » Ce n’était pas un ordre, non, seulement des mots qui lui échappaient par habitude. « Respirez jeune homme, il va s’en sortir. Je vous promets qu’il va s’en sortir. » Des paroles en l’air qu’il proférait sans même plus les comprendre. Il jeta un rapide coup d’oeil à Shandra, lui confiant ce gamin complètement perdu d’un signe de tête, ne laissant pas la panique l’envahir, barrant la route aux autres offenses qui voulaient quitter le seuil de ses lèvres. Bordel de merde. Adam. Adam. Presque en équilibre sur le bord de la scène, il domina la foule, cherchant un allier du regard, ne prêtant aucune attention au reste de la marée. « James ! JAMES ! » Il dû s’y reprendre à plusieurs fois pour être finalement entendu, s’époumonant, interpellant évidemment une bonne dizaine d’autres quidams au passage en hurlant un prénom aussi commun. « Rapplique-toi ! » Adam. Adam. La cruauté, l’horreur de la situation lui avait fait oublié le reste, avait voilé ses yeux d’un épais rideau noir pour l’empêcher de mettre un prénom sur cette énième victime, pour ne pas s’y attacher, pour ne pas que son coeur s’emballe et qu’il perde le contrôle. Le gamin en avait lâché son téléphone, et maintenant le colonel lui-même ne savait pas s’il allait parvenir à composer le numéro du commissariat. Pourtant ses doigts ne tremblaient pas. Par habitude.

« Mahoney ? Passez moi Mahoney bordel. » Les cent pas. L’attente. Le coup d’oeil vers James pour voir où il en était. « Mahoney, je suppose que vous avez déjà reçu quelques appels ? Bien. Il faudra une cinquantaine d’hommes ici. Appelez ceux qui sont d’astreinte, faites venir tous ceux que vous trouvez, appelez aussi les gradés. Cette centaine de contrôles d’identité et tous ces relevés d'empreintes ne vont pas se faire en deux minutes. » Pas de boule dans la gorge, juste le coeur qui continuait de palpiter. « Dites aux gars d’éteindre leurs téléphones personnels. Certains de leurs proches bloqués ici vont essayer de les contacter. S’ils répondent, ils seront impliqués personnellement dans l’affaire, on sera obligés de les interroger aussi, ils seront virés de l'enquête et on a autre chose à faire que perdre nos hommes. » Le Poète avait bien calculé son coup. Enflure. Fumier. « Il me faut aussi une dizaine d’hommes à l’hôpital. Coupez votre téléphone et allez attendre à l’hôpital avec ceux que vous trouverez. Dites leur bien que ce sont les ordres. Coupez tous les téléphones, est-ce que c'est bien compris ? » James était enfin là. « Et Mahoney ? » Il aurait voulu le mettre en garde. Lui dire de se blinder, de se préparer au pire, à voir tout ce qu’il avait de plus cher déchiré aux quatre vents, offert à la mort et aux vautours. Il aurait voulu trouver les mots pour lui confier qu’il avait retrouvé l’innocence dont ils avaient parlé brièvement dans une voiture de fonction, à peine quelques semaines en arrière ; qu’il l’avait retrouvée là, les bras tendus vers la foule, laissant des litres de sang pour seul souvenir. Mais rien, à part le picotement aux coins de ses yeux et un soupir trop las, trop lourd qui lui bloquait la poitrine. « Je compte sur vous. » Un soupir, et puis il raccrocha, à présent suspendu aux lèvres de James et à son diagnostique. Comme d’habitude.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceSam 21 Mai - 12:17

Tout s'était écroulé à une vitesse folle. Un instant, il serrait dans sa paume une barrette anodine, son imagination faisant le reste et peuplant son esprit de fantômes et d'accusations, et l'instant suivant, c'était le chaos. Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire ce qui était en train de se passer. Dans le désordre, les portes avaient refusé de s'ouvrir, la foule semblait soudain incapable de tenir en place, puis les volets s'étaient fermés. Tout escaladait et s'enchaînait à la manière d'une pièce de théâtre trop bien orchestrée, et il se demanda avec inquiétude qui tirait les ficelles de cette représentation. Il se demanda si c'était bien le maire comme on le leur avait fait croire. Inquiétude était cependant un euphémisme presque blasphématoire pour le sentiment d'angoisse et de terreur qui venait lui comprimer la poitrine. Pour ses côtes qui venaient de s'effondrer sur elles-mêmes, rendant le passage de l'air laborieux, chaque inspiration se heurtant aux os brisés. Pourtant, ça n'était rien encore. Rien de plus que la sueur dans la paume de sa main, tachant la barrette qu'il avait besoin de faire disparaître, rien de plus que l'obscurité soudaine qui s'associait à cette irrépressible sensation d'enfermement que les plus téméraires n'auraient pas su ignorer, et James était tout sauf téméraire, tout sauf courageux. Et puis, au milieu de ça, il y avait les moutons égarés qui s'agitaient sans savoir pourquoi, se ruant à droite et à gauche dans l'espoir d'apercevoir un guide, sans doute ou, juste, juste une porte de sortie. Si la peur n'était pas une maladie, elle était contagieuse et transmissible par l'air.  L'air irrespirable et putride que tous salissaient de leur angoisse et de leur curiosité et il semblait que même les optimistes, ceux qui s'étaient aventurés là dans l'espoir d'une bonne nouvelle, avaient viré de bord. La peur avait tout contaminé, tout sali, sournoisement et rapidement, faisant son nid dans la tête de tous les habitants assez stupides pour se rassembler ici.

Et puis la voix mécanique avait retenti, et il n'avait même pas réalisé qu'il avait oublié de respirer jusqu'à récupérer son souffle tant bien que mal, grappillant quelques miettes d'air de-ci de-là, mais tout l'air semblait avoir fichu le camp. Le Poète venait de frapper, son slogan terrifiant résonnant au milieu des hurlements et de la sueur. Le peuple de Fairhope s'était levé, pas comme un seul homme, pas comme un front uni prêt à se défendre, mais comme un troupeau de bêtes, courant et piétinant à foison dans leur panique aveugle. Un seul but en tête, un seul instinct, primitif, animal et grotesque, survivre. Sortir. L'homme n'était plus homme, n'était plus l'être supérieur, s'il l'avait jamais été, il était redevenu la proie, l'apeuré, le gibier. James avait bondi de sa chaise sans savoir pourquoi, répondant sans doute au même besoin primal que les autres, puis il avait vu Sacha, figée sur place, rivée sur sa chaise par des clous imaginaires plantés dans les jambes. Il n'avait même pas pris garde au corps qui causait toute cette panique, au sang qui s'écoulait, à la vie précieuse qui se balançait au bout d'une corde. Respirations erratiques et regards désordonnés, il s'était penché vers la jeune femme. «Sacha, Sacha, ça va aller.» Voix tremblante et jambes instables, il était peut-être celui qui croyait le moins à ses propres inepties. «Sacha, venez, les secours vont arriver. Vous devriez vous mettre à l'abri pour ne pas vous f-» Il n'y avait pas d'abri, il n'y avait pas d'espoir, et si les secours arrivaient, qui savait combien de temps cela prendrait, combien d'entre eux pourriraient-là, entrailles exposées par une semelle ou une autre, le corps meurtri d'ecchymoses et de croûtes de sang séché. Mais ça n'était pas pour ça qu'il avait arrêté sa phrase en plein milieu, la suite de ses mots se devinant sans grand peine. Il avait cru entendre son prénom.

La voix d'Arthur traversa la multitude de cris, parvenant jusqu'à lui en même temps que la scène qui se jouait à guichets fermés. Ses yeux se posèrent enfin, enfin seulement, sur le corps qui reposait sur le bureau, puis sur le visage d'Arthur, et il avait lancé un vague, «Ne vous inquiétez pas» presque insultant à la jeune femme pétrifiée à ses côtés. L'homme était encore vivant. Dès lors, rien d'autre ne comptait, et il avait aussitôt commencé son long périple jusqu'à l'avant de la salle, lançant à quiconque lui barrait la route des «Poussez-vous! Je suis médecin!» agressifs qui avaient au moins le mérite de lui faire gagner un peu d'espace et il aurait vraiment juré que cette salle était moins longue il y a cinq minutes. Il finit par rejoindre la victime, qu'il reconnut finalement en s'approchant de plus près, mais il n'avait pas de temps à perdre. Pas le temps de réaliser que c'était un être vivant de chair et d'os et que par-dessus le marché il le connaissait.

Quand il finit par arriver sur scène, tout le reste autour de lui s'était réduit à un bourdonnement sourd en arrière-plan, et seule sa respiration lui parvenait. Il n'y avait que lui, le patient, et la vie qu'il devait sauver. Il mit le frisson malsain d'excitation sous le compte de l'appréhension et de l'horreur, mais il aurait été malhonnête de prétendre que la situation n'avait rien de grisant. Oh, ça n'avait rien d'une opération, rien d'un bloc, rien d'habituel, mais il était monté sur cette scène avec pour seul but de sauver une vie, et putain ce que ça lui avait manqué. D'abord, ne pas déplacer le corps. «Que personne ne le bouge!» Il avait hurlé, sans doute, simplement parce qu'il avait vu des gens mourir à cause d'imprudences comme celles-là. Attester des dégâts. Vérifier les signes vitaux. Pouls, pupilles. Son propre pouls s'était emballé, les doigts tremblants apposés sur la carotide d'un autre. «Faible et filant, très faible.» Affolé mais éteint. Les mots n'étaient destinés à personne, de simples annotations mentales à mesure qu'il faisait les observations. Après avoir écouté la respiration, faible mais régulière, du jeune homme, il n'avait pas besoin de libérer les voies respiratoires. Vu l'angle auquel pendait sa tête, surtout, surtout, en cas de fracture d'une vertèbre, il fallait éviter qu'elle n'aille atteindre la moelle épinière; paraplégie. Les urgentistes s'en chargeraient, maintenir la rigidité du cou, et ainsi de suite, il n'avait pas assez de bras compétents et les risques étaient trop gros. «Adam?» Il dirigea la lumière de l'écran de son téléphone vers l’œil du patient, lui maintenant ouvert de l'autre main. «Dilatation des pupilles, OK. Hey, tu m'entends? Les secours arrivent.» Ca non plus, ça n'était destiné à personne. Peut-être simplement à lui-même, pour se rassurer devant son impuissance. Pas d'outils, pas de sortie, rien, rien qu'il ne puisse faire. Son regard glissa sur les bras du jeune homme, le sang coagulé déversé par litres. L'addition était mauvaise. La drogue combinée à la perte de sang et dieu savait depuis combien de temps il était là à baigner dans son propre sang pendant que les petites gens se plaignaient de la chaleur. «... Il est diabétique. Merde, il est diabétique!» Information récoltée par hasard, au détour d'une conversation, qu'il avait notée sans s'en rendre compte. Qui allait peut-être lui sauver la vie. L'hyperglycémie, contrairement à l'hypoglycémie, ne le tuerait pas. «Hey, hey! Il lui faut du sucre. De l'eau sucrée, ou du jus de fruits. Avec une paille, si possible.» Sa voix avait repris de l'assurance, retrouvant ses repères, donnant les ordres et les indications avec tout le calme dont il était capable. La panique engendrait la panique, il pouvait toujours espérer que le calme engendrerait le calme. «Si les secours arrivent rapidement, il devrait s'en sortir.» James avait relevé les yeux vers Arthur. «Il va avoir besoin d'une transfusion, et il lui faut du sucre, mais il devrait s'en sortir.» Il se refusait à penser aux circonstances qui avaient amené le patient dans un tel état. Ca n'était pas son travail de penser à ça, et une telle mise en scène l'horrifiait beaucoup trop pour qu'il se risque à y penser. Les enquêteurs se chargeraient de ça quand ils l'interrogeraient avec toujours plus de suspicion, imaginant son intervention comme une tentative de se disculper, de se faire bien voir. Pour l'instant, le silence qu'il s'était imposé céda de nouveau la place à la discorde, aux hurlements et aux pleurs. «Si quelqu'un est grièvement blessé dans la mêlée, en attendant les secours, amenez-le ici, à l'abri, que je vois si je peux faire quelque chose. Vérifiez fréquemment qu'Adam respire toujours, et il me faut ce sucre.» Il les voyait d'ici, les soupçons. Autant d'ordres, autant d'assurance, un sang-froid pour le moins inattendu, pour un simple médecin de campagne? Mais qu'ils aillent au diable, pour la première fois depuis longtemps il avait eu l'impression de faire la différence. S'ils survivaient. Tous.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceSam 21 Mai - 21:05

« Liam Haynes laisse moi te dire que tu es un idiot fini… moi écrire un livre sur le Poète ? L’histoire est déjà en train de s’écrire. » murmura Désirée en voyant Haynes s’éloigner. Et la romancière avait raison. Personne n’avait besoin d’elle comme narrateur et elle venait juste de conclure que ce médecin légiste était définitivement une tache plus qu’une ombre au tableau. Liam ne comprenait rien du tout, pas vrai ? On était le six septembre et l’atmosphère de cette salle était lourde. La date était déjà marquée d’une croix rouge dans le calendrier de Désirée, à cause de la conférence, à cause du Poète, à cause du sang qui s’apprêtait à être versé et parce qu’elle aimait bien la symbolisme. Elle avait eu raison, bien sûr que oui, tout clochait depuis le début, certes Fairhope était une petite ville mais si le maire avait quelque chose à dire, pourquoi ne pas profiter d’une interview chez Howell, de la sécurité des caméras et des publicités de temps à autre ? Mentir face à une caméra était un exercice très facile selon la romancière, elle l’avait fait de nombreuses fois pendant ses campagnes de promotion, la télévision… c’était quelque chose de trop loin, de trop plastique, de trop… impersonnel, quelque chose que les gens pardonnaient plus facilement, qui avait vraiment envie d’être confronté à la réalité ? Surtout quand la réalité voulait dire être coincé dans une salle, en sentant les coudes de son voisin le plus proche frotter contre les siens alors qu’on tentait de trouver une position confortable. La réalité était… trop frappante, trop cruelle, trop crue et surtout, surtout beaucoup trop bruyante. Bruyante, comme une voix automatisée qui raisonnait dans toute la salle.

Le Poète était là et il était là pour tuer. En une seule seconde, Désirée fut renvoyée des mois en arrière, face au corps de Mary Wilson, sagement assise au pied d’un arbre, paisible dans un sens. Il n’en était rien, aujourd’hui, elle n’était pas seule et si corps à trouver il y avait, elle ne serait pas la première à se pencher sur le pauvre malheureux. La rouquine fut sur ses deux pieds en un brève instant, le mouvement plus un réflexe nerveux qu'autre chose, les gens étaient prévisibles et s’il y avait bien quelque chose que cette annonce allait provoquer c'était la panique, une bonne dose d’adrénaline allait décharger et couler dans les veines de tous et les coeurs allaient battre, et les questions allaient venir. Le Poète ici, ils allaient donc tous mourir dans cette sale ? Et le maire, où donc était Jacob ? Et que cachait donc ce rideau ? Qui y avait-il sur cette scène ? Où était donc la sortie la plus proche? Le chaos le plus total. Dans un sens, c’était beau, probablement ce que le meurtrier voulait depuis le début, leur rappeler qui tirait les ficelles et qui pouvait vraiment les faire trembler. Désirée avait réalisé une seconde avant son voisin qu’elle se trouvait près de la sortie et dans un geste quasi automatique, elle retira sa paire de talons aiguilles et fit de son mieux pour trouver un endroit stratégique. Son plan d’action était simple, laisser ses pauvres imbéciles cogner et hurler contre les portes et obtenir quelques secondes supplémentaires. Son propre coeur battait, mais pas dominé par la peur, mais bien par l’excitation. Et si, chose complètement naïve, le meurtrier était là, s’il jouait la comédie parmi eux, s’il cognait à la porte, ou s’il se précipitait vers la scène. On disait souvent que les tueurs revenaient sur leur scène de crime, et s'il était là, pour s’assurer que tout avait été mis en place et pour se délecter de leur peur et de leur stupidité. Désirée eut un sourire, juste un, qu'elle cacha derrière sa main gauche, elle avait très sincèrement envie d’éclater de rire et d’aller dire aux gens que non, il ne serait pas aussi simple de sortir, mais à quoi bon ?

Elle émergea de son état de presque euphorique aux exclamations d’un homme qui proclamait qu’il était médecin. Oh, il y avait donc un corps, quelque part sur la scène, mais des mètres et un véritable barrage humain la séparait de la dernière oeuvre du Poète et la jeune femme savait évaluer ses options. Tenter de savoir qui était la victime était exclu et complètement idiot, il lui fallait autre chose. Comme… « Jimmy… » Son regard se posa sur le jeune homme et elle arriva près de lui en quelques enjambées, une partie d’elle navrée de le voir étaler sur le sol. Elle lui tendit la main et sans attendre de réponse particulière, elle le força à se lever un minimum et tira une chaise, une des seules qui n’avaient pas été renversées pour qu’il puisse s’asseoir. Il aurait pu se demander d’où elle tirait toute cette force mais là encore, c’était des choses dont Désirée ne souhaitait pas parler. Elle se força à ressentir quelque chose, à prendre une expression peinée, de montrer autre chose qu’un sourire béat. « Est-ce que tu vas bien ? » murmura t-elle à l’adresse du livreur. Question stupide, elle le savait, mais c’était ce que quelqu’un de normal aurait fait, n’est-ce pas? « Tu vois que me tenir la main n'était pas une si mauvaise idée que ça au final. » Une pique ironique avant qu’elle ne dépose un baiser sur son front, ce n’était pas l’inquiétude, ou le fait qu’ils étaient amis qui justifiait ce soudain élan d’affection non, c’était juste que devant ce garçon pale et maigrichon, Désirée ne voyait qu’une autre opportunité, une issue de secours. « Est-ce que tu peux marcher au moins ? Ça n’a pas vraiment d’importance, tout ce qui compte c’est que si la police me demande où j’étais, j’étais avec toi. » Ce sourire encore, celui qu’elle avait dit à Tobias de cacher en toute circonstance qui apparaissait sur son visage juste pour Jimmy, elle passa une main dans les cheveux du brun, presque surprise du presque silence qu’il y avait dans la salle alors qu’à quelques mètres d’eux, un homme venait d’enfoncer son épaule dans la porte pour l’ouvrir. « Essayez de briser une fenêtre ! Mais faites nous sortir de là. » Une autre exclamation qui contrastait totalement avec le visage désormais impassible de Désirée. Sortir, mais pour quoi faire au juste ? N’étaient-ils pas venus pour avoir plus d'informations sur le Poète, cette bande de curieux maladifs et pervers ? Ils allaient tout avoir en plus, et gratuitement. « Tu sais ce qu’on dit, on a rien sans rien… » conclut Désirée. Elle détacha son regard de la porte un instant avant de poursuivre. « Et, si tu as une très forte envie de sortir, je te prierai de la réprimer, la soirée ne fait que commencer, si ça ne te dérange pas de m’aider à garder un oeil sur Liam et sur notre journaliste préféré…. Question d’intérêts personnels dira t-on. » Elle n’avait absolument pas conscience du seul coeur qui battait trop faiblement dans la salle, le seul, le seul qui était vraiment en train de lutter et le seul qui avait vraiment souffert. Celui d’Adam à quelques mètres de là, celui qui essayait désespérément de pomper du sang. Mais très franchement ? Pour Désirée, ça n’avait pas la moindre importance.

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"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


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