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 • Killer Conference

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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 15:37

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


Tout le monde s'impatiente cela ne fait plus guère de doutes, même moi, je trouve que le maire met du temps à venir, trop de temps, vraiment beaucoup trop, mais sans doute peaufine-t-il son discours pour nous dire ce qu'il veut nous dire, pour que son annonce face l'effet d'un électrochoc à tout le monde, mais une chose est sûre, il ne dira pas que le Poète a été arrêté comme certain l'espère, ce sera même tout le contraire. Peut être va-t-il nous donner des moyens plus conséquents pour que tout cela s'arrête. Je sais, je crois que je rêve à ce niveau là, ça me semble être un doux rêve que jamais je n'aurais pour moi, je le sens bien. Mais le maire met trop de temps, personne ne vient annoncer sa venue. Je regarde l'heure, normalement, il devrait être là, du moins en théorie, en théorie, mais j'ai peur de ce qui va arriver. Mais pour cela, je dois me faire ma propre idée, alors je décide de me déplacer pour aller voir la scène, pour voir ce qu'il y a derrière ce rideau qui ne semble pas vouloir s'ouvrir. C'est fou, mais ça me turlupine. Et si le maire n'était pas là ? Et si le maire venait d'être tué par le Poète et qu'il se trouvait derrière ce rideau que personne ne semble vouloir ouvrir ? Et si nous avions simplement droit à un nouveau cadavre derrière ce rideau ? L'idée me traverse l'esprit, je vous l'avoue clairement, mais je me dis que je suis trop paranoïaque, que le maire va simplement venir, qu'il a un peu de retard, qu'il joue peut être avec nos nerfs pour faire une meilleure impression suite à ce discours qu'il va prononcer. Je me dirige donc vers la scène, je ne sais pas quoi en penser, mon cerveau tourne à plein régime, il tourne dans le vide pour le moment, parce que je ne sais pas ce qu'il y a derrière ce rideau, alors je peux réfléchir longtemps, sans certitude, ça ne rimera à rien du tout. Je comble donc le vide qu'il y a entre moi et la scène mais alors que je vais jeter un oeil derrière ce rideau noir, une bande groupies en chaleur me barre la route. Elles ont vues les journalistes, elles ont vues Peter et elles veulent leur instant de gloire, semble-t-il. Je me retrouve noyée au milieu de celles-ci. Je vais devoir leur montrer ma plaque et leur faire comprendre qu'elles doivent regagner leur place. Je siffle en mettant mes doigts dans ma bouche pour que le son soit suffisamment important pour que je puisse avoir leur attention. Sortant donc ma carte, je leur dis quelques mots.

" Mesdemoiselles. Veuillez regagner vos places. Ce n'est pas le moment de venir devant les journalistes. Laissez les faire leur travail. Laissez nous faire notre travail. Dépêchez-vous si vous ne voulez pas que je vous colle un pv sur le dos. Allez, et que ça saute ! "

Et j'insistais du regard, avec ma main leur montrant de regagner leur place. Et visiblement, elles comprenaient, à peu près ce que je voulais. Quand on parle de procès verbal avec une amende à la clé, ça fait tout de suite comprendre aux gens qu'ils doivent se calmer. Si elles revenaient, je n'hésiterais pas à leur en donner un, et je peux vous garantir qu'elles comprendront leur mal, parce qu'elles n'arriveront plus à s'asseoir tellement elles auront été délestées d'un argent qu'elles auraient pu mettre ailleurs. Je m'approchais donc de la scène pour voir ce qui se trouvait derrière le rideau.




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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 16:15

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


S'il y a une chose que tu regrette, c'est bien d'être venue aujourd'hui. Tu le regrette vraiment, mais tu ne peux plus faire machine arrière. Alors tu respire au mieux, tu respire le plus lentement, tu essaye, parce que malgré toi, ton rythme cardiaque a réussi à s'accélérer considérablement. Ce n'est pas encore au point tu es en train de courir un marathon, mais tu le sens, il a envie de sortir de ta poitrine, il veut aller plus loin, il veut s'échapper pour sortir de cette salle, mais tu le retiens prisonnier de ta cage thoracique. Il n'ira pas plus loin que le reste de ta carcasse. Heureusement, tu as la présence rassurante de ton médecin traitant à tes côtés. Pour le moment, sa présence est rassurante en tout cas, mais pour combien de temps ? Tu n'en sais strictement rien du tout. Mais pour le moment, tu te raccroches à cette branche là, elle ne semble pas très solide pour retenir ton poids, cela sera toutefois suffisant pour les minutes à venir. Pourtant, les portes de la mairie se referment, tu te sens prise au piège, parce que la salle est bondée, que tu te sens comme une sardine au fond de sa boite, serrée comme tout, mais ce n'est pas grave, tant qu'il n'y a pas de petit bonhomme en mousse. Le docteur Shelley semble toutefois ailleurs lui aussi, comme dans une autre dimension, à moins qu'il ne soit dans un autre univers, à moins qu'il ne vienne de se prendre un bus en pleine face. Tu dis cela parce qu'il a pâli d'un seul coup sans que tu ne comprenne pourquoi. C'était fou, mais cela ne te rassurait pas. Puis tu vis qu'il avait une barrette rose dans la main. Tu regardais alors autour de toi, il n'y avait presque pas de petites filles dans la pièce. Est ce que cela pourrait être ce que tu pensais ? Cet objet n'était pas là par hasard, et tout de suite tu sombrais dans la paranoïa, tu prenais peur, tu étais parcourue de frissons alors que la chaleur dans la salle commençait à être plus qu'importante. Ton souffle se fait court, tu te sens proche de défaillir, mais la voix du docteur te remet sur le droit chemin. Tu te dis que ce n'est rien, que ce n'est qu'une petite barrette, que le Poète n'est pas là, tu essayes de te le dire, tu te le répète tel un leitmotive dans ton esprit, mais il est déjà trop tard, ton cœur se tord de douleur. Tu es persuadée que tout cela n'est qu'une mascarade, que le Poète est dans la pièce, peut être même qu'il sera sur scène à la place du maire qui tarde beaucoup trop à venir pour toi. Si son annonce était si importante que ça, il n'aurait pas fait venir la moitié de la population de Fairhope dans cette pièce. Vous êtes fait comme des rats. Le piège va se refermer sur vous tous. Mais contrairement à beaucoup, cette idée te plait. Si le Poète faisait exploser cet endroit, tu t'en irais au repos éternel, celui que personne ne veut voir pour toi, parce qu'à chaque fois tes quelques amis sont venus te sauver. A moins que le Poète ne soit en train de diffuser un gaz inodore pour tous vous empoisonner, possible. Mais si l'idée que le Poète soit en train de tous vous tuer te plait, tu as des doutes. Il n'a jamais agit de la sorte, non. Du coup, ton cerveau repars dans un cycle paranoïaque, mais dans un style différent, celui où il va juste apparaître pour te torturer mentalement l'esprit, pour que ton moral retombe bien bas, et que tu cherches une nouvelle fois à mettre fin à tes jours.



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Sacha A. CraneSans Emploi
Brisée, tu es, brisée tu resteras, jusqu'au jour où tu ne le seras plus, ce jour là, tu seras morte, à n'en pas douter, tu ne vivras plus. Tu ne sais quand ton heure viendra, tu es juste certaine que tu le feras, à un moment donné, ou que le Poète se chargera de ta sentence, parce que tu es persuadée que ce jour-là, il t'aurais tuée toi si tu avais été dans la maison de la voisine. Depuis ton monde s'est arrêté, et toi tu continue à vivre, en t'enfonçant dans les abysses.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 18:03


Le monde était tel qu’il semblait difficile de trouver une place pour s’asseoir. Au fond, la foule s’amassait, tentant tant bien que mal d’avoir le peu de périmètres vital autour de chacun des protagonistes. Toutes les personnes importantes de la ville se trouvaient en ces lieux. Police, FBI, journaliste, écrivain... Tous attendaient avec impatience l’annonce que le maire allait faire. Pour Rickon, il ne s’agissait là que de soulever les esprits rien de plus. Qu’avait-on besoin d’apprendre de plus sur une affaire qui semblait stagner depuis déjà pas mal de mois ? « Excusez-moi, mon ami aimerait s’asseoir. » A son tour, Rickon adressa son plus beau sourire à l’homme qui se tenait aux côtés de Genesis. Bien évidemment ce dernier se leva sans rechigner. Qui l’aurait fait ? L’arrivée du club ici s’était en peu de temps apprise dans la ville. Peu était pour, d’ailleurs. Mais pour le moment, tout ce que Gil’ avait remarqué, c’était que les forces de l’ordre étaient bien trop occupées à la chasse au poète pour venir emmerder leur petit quotidien. Bien évidemment, dans un avenir proche, il faudrait prendre quelques dispositions, mais pour le moment inutile d’y songer plus que ça. « Poses tes fesses ici Rickon. » Contre toute attente, il ne chercha pas à contester, et s’assis sur la chaise désormais libre. Le Biker s’apprêta de nouveau à lui demander gentiment de quitter les lieux, que personne n’avait besoin de la voir ici, au risque d’encourir un potentiel danger quand une vive douleur sur son avant-bras droit se fit ressentir. « Hé !... » Il n’eu hélas le temps de finir sa phrase que Genesis s’empressa de coller sa bouche à hauteur de son visage afin que ses paroles ne soient pas entendues du reste de la foule. « T’es juste con ou tu le fais exprès ? Cette pièce est remplie de flics, je suppose que tu as ton arme en plus ! A la moindre connerie, ils vont t’envoyer au trou, cette histoire de tueur en série les mets certainement assez à cran pour te prendre comme victime. » Cette constatation eue, l’effet d’une pilule placebo sur ce dernier. « Regarde les Gen, ils sont bien trop occupés à chercher quelqu’un qui passe inaperçu pour le prendre comme cible. J’ai l’air de passer pour quelqu’un de discret ? Non. Alors prends tes affaires, lèves toi et on y va. » Apparemment, et au vu de la claque sur la nuque qu’il reçu, il était clair qu’elle ne l’écouterait pas. « Je ne bougerais pas d’ici de toute façon ! » Évidement. Qu’avait-il espéré de toute façon. Il ne lui restait plus qu’à prendre son mal en patience et guetter tout ce qui pourrait passer pour anormale en ces lieux. Et contre toute attente, tout l’était, anormal...

Leurs yeux se postèrent sur Peter, la seule personne qu’ils aient pu avoir en face d’eux. Rickon le jugea plutôt anxieux lui qui d’habitude se délectait à merveille de chacune des situations qui avaient à voir avec le poète. Il le remarquait d’ailleurs assez bien lors de leurs échanges respectifs. D’habitude, il a l’air hyper détendu, là, j’ai juste l’impression qu’il va faire une crise cardiaque ce beau blond… » Forcément, le sourire qui ponctua cette phrase ni n'était évidemment pas pour rien, Genesis savait quelque chose, et si ce n’était par lui, elle apprendrait tôt ou tard de quoi cela retournait. « J’sais pas. Peut-être qu’il a appris une mauvaise nouvelle.» Et si changer de sujet n’était pas la meilleure solution à faire, pour le moment cela suffirait, car pour tout avouer la chaleur dans cette pièce commençait à devenir plus qu’insupportable. « Tu ne trouves pas qu’il fait chaud ici ? » Plus que cette chaleur invivable, il y avait Peter. Peter qui n’était pas comme d’ordinaire, mal à l’aise, terriblement mal à l’aise. Peter qui semblait dialoguer avec son cameraman sans pour autant ne jamais lâcher la caméra des yeux. Et puis cette foutue foule qui n’arrêtait jamais de bouger. Cette foule qui ne faisait pas le même brouhaha ordinaire que l’on pourrait très bien entendre dans ce genre de festivité. Non là, il était plutôt question de chuchotements, de visages fermés, aussi blancs qu’un mort pour certains. Et si l’esprit de ces derniers s’enflammaient ? Si par malheur certains avaient comme lui une arme qui serait passée inaperçue aux yeux des policiers présents ? Le cerveau de Rickon cherchait inlassablement une solution quant à une possible sortie d’ici. Une sortie où ne serait-ce qu’un peu d’air histoire de respirer, parce qu’ici à coups sur quelqu’un finirait asphyxié. Et pourtant même prêt de la scène aucun panneau verdâtre lumineux ressemblant à celui d’une sortie de secours. Depuis quand cette salle n’a pas été mise aux normes bordel ? La porte d’entrée était bien trop loin pour que Gen et lui puisse sortir les premiers. Il ne restait plus que cette fenêtre. Présente sur la droite du Biker, tout au fond de la rangée dans laquelle ils se trouvaient tout deux. Elle ne semblait pas difficile à ouvrir, pourtant, il ressenti le besoin crucial d’aller vérifier par lui-même. Ce n’était pas sans compter les nombreux regards glaçants qu’il eut captés sur son passage. Mais c’était quoi leur putain de problème à eux tous ici ? Ce n’était pas sans compter les nombreux regards glaçants qu’il eut captés sur son passage. « Non mais ?! » Il se demanda si les gens qui étaient prêts de lui avait également vu ce qui s’était passé. Toutefois, il ne voulut pas alerter les foules plus que de raison. En vue de la chaleur ici, on assisterait bientôt à un meurtre de masse. Dans un ultime effort de protection envers Genesis, sa première réaction fut de la rejoindre au plus vite. Se posant exactement là où il se trouvait quelques minutes plus tôt, son visage se décala lentement vers cette dernière. « Il se passe quelque chose de louche ici, j’en mettrais ma main à couper. J’ai essayé d’ouvrir cette fenêtre là-bas, impossible, le volet s’est fermé aussitôt. Tout seul. Je suis persuadé que les issues vont très bientôt être toutes fermées, alors je répète ma question, tu es sure et certaine que tu veux rester ici ? » Cette fois, ce fut son regard azur qui la transperça. Il espérait tellement qu’elle accepte ce pourquoi il était venu ici. Et quand bien même sa réponse serait négatives, tout ce qui lui resterait comme réconfort est cette arme qui repose contre son flanc droit.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 19:28

Genesis n’avait jamais eu peur du poète, pas une seule fois elle ne s’était sentie en danger, elle n’aurait su dire s’il s’agissait là d’inconscience ou tout simplement d’excitation. Elle qui était tant habituée à affronter ce genre d’énergumène. Tout au long de sa carrière au FBI, elle dirigeait les interrogatoires, maniant l’art de la manipulation et du sang froid. Elle était dans une constante analyse de tout ce qui l’entourait et ce depuis la mort tragique de sa famille. Le poète ne l’impressionnait guère, elle se sentait toutefois désolé pour les victimes, notamment celles encore vivantes comme c’était le cas de sa cliente la jeune Swann. Elle prenait cela très à cœur et l’arrivée du Biker et accessoirement père de son enfant ne changeait guère la donne. Rickon aurait pu tout aussi bien se rouler au sol qu’elle n’aurait pas bougé d’ici. Au fond, peut-être qu’elle lui en voulait encore, la façon dont il avait rejeté l’idée d’être à ses côtés l’avait profondément blessé et elle s’était dit que Rickon et tout ce qui entourait ce grand blond devait devenir de l’histoire ancienne. Ce qui n’était pas le cas, puisque le jeune homme s’était octroyait le droit qu’il avait perdu depuis quelques mois : celui de pouvoir avoir un impact sur sa vie.  Néanmoins, le blond céda à son caprice et prit donc place aux côtés de la grande blonde bien décidée à comprendre la source de nervosité du journaliste dont elle ne voyait que le dos et les épaules tremblantes. Elle se risqua à questionner le biker à ce sujet. « J’sais pas. Peut-être qu’il a appris une mauvaise nouvelle. » Immédiatement Genesis fantasmait la mort du maire de la ville, à ses côtés une petite lettre charmante du poète. Elle souriait en coin, secouant son visage. «  Pauvre chou » Murmurait-elle en mimant une petite moue faussement désolée. Genesis n’était pas dans la compassion, rares étaient les moments où elle l’était d’ailleurs. Rickon, quant à lui, se faisait agité à son tour : « Tu ne trouves pas qu’il fait chaud ici ? » Genesis haussa ses épaules, observant la foule, elle comprenait pourquoi la chaleur était étouffante, les gens s’entassaient tels des fourmis. Si le poète voulait attaquer, pire, faire glisser du gaz chimique, ce dernier avait mis en place le plan parfait. « Un peu. » répondit-elle sans grande conviction.

Le blond se dégagea de sa place, suivi du regard de la jeune détective qui riait discrètement de cette carcasse imposante essayant de se créer un chemin au milieu des gens qui les entouraient. Elle soupira, les paupières lourdes d’impatience, lorsqu’elle posa pour la seconde fois son regard sous la place de Rickon. Un petit sac-à-main s’y trouvait, la détective tenta de se remémorer la personne qui se trouvait à cette place avant le Biker, un homme…peu concevable que ce sac ne lui ait appartenu. Peut-être était-il ici depuis bien plus longtemps. Elle posa donc son portable sur ses genoux et se pencha en avant pour le ramasser. Ouvrant ce dernier, non sans relever son regard à la recherche d’yeux curieux, elle attrapa le téléphone portable qui cachait une carte d’identité. Vérifiant que ce dernier était éteint, elle le posa sur ses genoux et tira la carte. L’instant d’après elle sentit son cœur se serrer dans le creux de sa poitrine. Le nom. Le prénom. Cette photographie. Tout laissait entendre qu’il ne s’agissait pas d’un canular, mais bel et bien de la carte d’identité de la dernière victime et sans doute de son téléphone portable. Genesis fourra ces derniers à l’intérieur de son sac-à-main, observant son entourage afin de s’assurer que ce geste ne fut vu de personnes. Pensive, elle fut tirée de ses songes par la voix rauque de son cavalier. « Il se passe quelque chose de louche ici, j’en mettrais ma main à couper. J’ai essayé d’ouvrir cette fenêtre là-bas, impossible, le volet s’est fermé aussitôt. Tout seul. Je suis persuadé que les issues vont très bientôt être toutes fermées, alors je répète ma question, tu es sure et certaine que tu veux rester ici ? » La blonde observa les fenêtres, les regards, les corps qui ondulaient dans la presque pénombre. Elle était persuadée qu’il s’agissait là de bien plus qu’une simple conférence de presse. Elle fit tomber sa tête lourdement sur l’épaule du Biker, mimant ainsi une scène tendre entre un couple, profitant de cet instant pour inspirer l’odeur rassurante de tabac froid. «  Je reste. Je crois que ça va devenir intéressant, et puis tu es là non ? Je vais écrire un message à Rebecca pour lui dire qu’on rentrera tard.» Elle releva son visage toisant l’homme sérieusement. Puis du bout des doigts elle pivota sur les touches tactiles de son portable

J’ai trouvé un sac dans lequel il y avait la carte d’identité de la dernière victime et je suppose son téléphone portable éteint. Pas de panique, personne ne m’a vu.

Elle attira le regard du blond sur l’écran de son portable, lui laissant quelques secondes pour le lire puis elle l’effaça. « Bon ! Dis-moi étant donné qu'on a l'air d'avoir du temps devant nous. Pourquoi tu es venu ici ? En fait j’ai du mal à comprendre puisque tu devais te tenir loin de moi pour le club et Gilliam. » Lui disait-elle avec cynisme avant de ranger son portable, songeant surtout à la façon dont elle allait se servir de cette trouvaille…
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Sujet: Re: • Killer ConferenceMar 10 Mai - 22:46

Le sarcasme de Liam était audible et cela fit bien sourire la romancière. Un point pour lui donc ? Elle lui accordait volontiers. Ils devaient prétendre en public, c'était souvent le cas d'ailleurs, rien que d'entendre la façon dont il évoquait Laura... Désirée savait que dans le fond, les motivations du médecin légistes n'étaient pas si innocentes que cela. Sans compter que cette petite réunion-là avait une saveur particulière, pour toutes les personnes présentes dans la salle d'ailleurs, Désirée se contenta donc d'hocher la tête et de répliquer un simple : "Tes paroles me vont droit au coeur Liam, vraiment." avant de tourner de nouveau son regard vers son téléphone. L'heure continuait de défiler, Désirée ne comprenait pas pourquoi ils étaient encore en train d'attendre que quelque chose se passe, est-ce que le maire de Fairhope aimait se faire remarquer ou pire attente? Elle n'en savait absolument rien, ça lui paraissait surtout stupide comme petit jeu de piste. Et à dire la vérité, si rien ne se passait ce soir, Désirée estimait que c'était une soirée perdue, c'était pour cette raison qu'elle n'avait eu qu'un sourire pour Jimmy qui lui aussi se trouvait à côté d'elle. Un sourire qui s'agrandit quand elle aperçut les mèches brunes de Shandra, la lieutenant tentait de mettre de l'ordre, visiblement, il y avait de l'agitation. Certaines personnes n'étaient tout simplement pas faites pour attendre pas de doute là dessus. "Hmm... je crois que je suis exactement à la bonne place." souligna Désirée, chuchotant pour Jimmy. Si c'était pour se faire marcher dessus, ça ne servait absolument à rien, les deux hommes qui l'entouraient, à savoir Jimmy et Liam étaient plus ou moins conscients du respect profond qu'elle avait pour le Poète. Et il serait donc aux premières loges pour chacune de ses réactions, un privilège vraiment. Et puis... Se retrouver sur la très longue liste du meurtrier ne serait vraiment pas la pire des choses qui pouvaient arriver à Désirée, loin de là, surtout qu'elle ne s'imaginait absolument pas avec des cheveux blancs, rien que cette simple pensée l'effrayait.

Mais ce n'était pas comme si le Poète allait débarquer au plein milieu de la foule pour se mettre à donner des coups de massue, n'est-ce pas ? Le regard de la rousse se promena sur la salle, sûrement à la recherche de quelque chose de plus intéressant et elle se surprit même à fixer le sol et les rangées de chaise. Plus aucune chaise n'était vide et elle plaignait la pauvre personne qui allait être en charge de nettoyer la salle. Son regard s'attarda sur un bout de papier, juste là par terre et Désirée se pencha pour aller la récupérer, la feuille fut vite dépliée...Juste une virgule en rouge, en plein milieu de la page, rien de plus. Un signe ? Quelque chose de complètement hasardeux ou un véritable indice ? Désirée eut un léger sourire et se pencha vers Liam, feuille à la main. "Tiens, monsieur le détective, regarde ce que j'ai trouvé, tu crois qu'il y a d'autres pages cachées, que tu sais qui nous envoie un message ?" Le ton était à moitié moqueur et pourtant presque sérieux. Désirée avait la certitude que quelque chose allait se passer ce soir,  le nier serait une belle bêtise, alors quoi... ils étaient condamnée à attendre sans absolument rien faire ?  Visiblement non, les volets électriques commençaient à se baisser peu à peu et une certaine obscurité envahi dans la salle. Ne tenant presque plus en place, la rousse se pencha vers Jimmy, joueuse. "Allez tu peux me tenir la main si tu as trop peur."

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"I had a vision, A vision of my nails in the kitchen, Scratching counter tops, I was screaming..."


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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 12 Mai - 23:25

Imperturbable.
Liam ne se laissa pas distraire, laissant une part de son cerveau distribuer des amabilités. L'autre part examinait soigneusement et attentivement la situation qui d'imperceptible en tangible et de tangible à indéniable, se dégradait par à coups. Il vit tour à tour les portes se fermer et la température monter, la climatisation étant éteinte ou déficiente, il ne savait pas. Il sentait juste une fine pellicule de sueur se former à ses tempes, humidifier ses petits cheveux et s’agglutiner dans son col, glisser de sa nuque à son dos, et il n'aimait pas ça. La sensation d'inconfort augmenta au fur et à mesure que les rires sonnaient faux, que les tons et les paroles plus ou moins chuchotées laissaient transpirer une sourde angoisse qui tirait et pâlissait les visages, notamment celui de cette jeune femme assise à côté du médecin de ville. Les gens ne tenaient pas en place, se dandinant nerveusement d'un pied sur l'autre, créant un rythme syncopé et bancal qui incommodait la vision globale que le légiste pouvait avoir de la salle, dérangeant les perspectives, masquant et dévoilant anarchiquement ses points d'observations choisis. Les choses s'accélérèrent avec cette ruée féminine et adolescente vers les journalistes et les caméras, qui apparemment apportaient une garantie de testostérone et d'attrait à leurs détenteurs. Le sourire crispé de Peter, pourtant d'habitude ravi de cette avalanche de falbalas lui mit la puce à l'oreille. Le lieutenant Sarmoise, qui avait entrepris d'aller vérifier si le Maire ne se cachait pas derrière le rideau, goûtant le spectacle d'une foule qui l'attendait, ou s'il n'y avait pas quelque macabre découverte à y faire, ou chose bizarre à y trouver, fut stoppée net par cette marée et fit la démonstration de son autorité avec brio, intimant avec succès aux jeunes écervelées de retourner s'asseoir. Le géant, ayant aussi visiblement trop chaud courrouça de nombreuses personnes qui durent se pousser pour laisser passer son imposante carrure, en chemin vers une fenêtre. Il revint aussitôt vers sa compagne, l'air contrarié et perplexe, déclenchant les mêmes réprobations qu'à l'aller, mais n'en ayant cure. Un pli d'inquiétude barrait son front, ce que Liam observa. Les gens s'agitaient, se baissaient, ramassaient des choses, faisant de drôles de têtes, sans que le Britannique ne saisisse exactement ce qui les mettait dans cet état. Toujours est il que le climat se dégradait. Chacun soupçonnait l'autre de mauvaise pensée, mauvaise action, d'être là, tout simplement, à siphonner l'air disponible.

Le babil de Désirée, teinté de sous-entendus et de sarcasmes aussi rouges et piquants que sa chevelure, alternait entre lui et le jeune homme. Les relations entre les deux étaient elles aussi teintées de rouge, mais pas le même. Désirée avait-elle eu une aventure avec son livreur? L'avait-elle dévoré en même temps que le plat apporté? Elle soufflait en tous cas vers lui un vent de danger sensuel et Liam en sourit. Il l'avait déjà vu faire, mante religieuse déguisée en sainte-nitouche avec ce regard si candide qu'elle affichait parfois pour tromper son monde. Il allait lui répondre quand elle se pencha et ramassa une feuille qu'il jugea anodine, pensant goguenard, que les femmes avaient la mauvaise habitude de ramasser tout ce qui attisait leur curiosité, telles des pies avec un pauvre bout de verre réfléchissant la lumière. Il changea évidemment d'avis quand la rousse partagea sa découverte avec lui, ce qui l'emplit fugacement de fierté.

"Tiens, monsieur le détective, regarde ce que j'ai trouvé, tu crois qu'il y a d'autres pages cachées, que tu sais qui nous envoie un message ?"
Le ton était ironique mais Liam perçut au-delà une vraie surprise et un soupçon d'inquiétude. Il pensait que l'écrivain n'était pas loin d'être incapable d'éprouver de la peur. Ils étaient identiques de ce point de vue là, et leur intérêt commun pour le Poète les rapprochait, bien plus que l'association de Laura, paravent de leur motivation profonde et inavouable, bien entendu. Néanmoins il la sentit subitement plus attentive, plus concentrée, même si elle plaisanta avec son livreur attitré. C'est comme si un prédateur s'était réveillé et attendait dans son coin en se léchant les babines. Décidément il y avait du spectacle ce soir.

«Montre moi ça, Désirée.» fit-il en sortant une paire de gants en latex de sa poche. Heureusement il en avait toujours plusieurs, ainsi que deux ou trois pochettes plastique, soigneusement pliées. Il regarda quelques secondes silencieusement cette virgule rouge, placée au milieu de la page, comme une césure dans un vers. Il répondit à la question de la jeune femme, tout en pliant la feuille en quatre, virgule en-dedans, bien à l'abri dans une pochette, qu'il mit dans sa poche sans plus de formalité, s'arrogeant ainsi un indice sous le nez de la belle. Il lui rendrait si elle le réclamait, mais pour l'instant, il était à lui. Un soupir de satisfaction émailla donc le début de sa phrase.

«Oui, je pense que c'est bien le Poète qui nous envoie un indice. Nous sommes au milieu d'une scène. Qui la joue? Continues à chercher, tu es spécialiste en pages du Poète, tu vas pouvoir écrire un livre dessus si ça continue.» Il faisait allusion à la battue où elle avait déjà trouvé des feuilles, de manière ironique, mais c'était un fait, Désirée trouvait des pages. Quelle importance celle-ci avait-elle? Cruciale, c'est ce qu'il pensait et c'est bien pour ça qu'il l'avait empochée.

Il continua à scruter la foule, revenant toujours à Peter qui regardait obstinément vers le plafond, vers quelque chose que Liam ne pouvait pas voir. Ce type était trop beau pour être honnête, avait l'air trop parfait pour l'être réellement et le rictus qu'il voyait sur son visage en lieu et place du sourire toujours affiché lui paraissait bien plus conforme à l'idée qu'il se faisait de ce charognard. Abandonnant Désirée et son chevalier servant, il fit quelques pas en crabe, cherchant la ligne du regard de Peter, se demandant bien ce qu'il pouvait fixer comme ça, ce qui pouvait l'inciter à faire cette tête décomposée. Le légiste finit par découvrir de profil une caméra de surveillance. Ainsi c'était l'objet de l’inquiétude du grand Peter. Une petite caméra de surveillance de rien du tout, braquée sur lui. Il dissimula un sourire. La star locale des plateaux avait quelque chose à cacher, sans quoi il serait en train de sourire, ravi d'être immortalisé sur une bobine supplémentaire. Il s'adossa de nouveau à son mur, près de Désirée qu'il ne voulait pas lâcher d'une semelle, au cas où un autre trésor tomberait entre ses doigts fuselés. Il décida de ne plus quitter Peter des yeux, lui consacrant presque la totalité de son attention.

La situation était étrange. Le maire se faisait attendre de manière inexplicable et une pointe d'inquiétude pour Jacob commença à se frayer un chemin dans son cerveau qui imbriquait tous les faits observés et qui, de plus en plus sur le qui vive, percevait l'anormalité des choses, bien conscient de ne pas avoir réellement de prise dessus, ce qu'il détestait au plus haut point.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceVen 13 Mai - 22:53


Rester des heures assis et concentré sur la même chose, Sandro connaissait, c'était en quelque sorte son métier. Le problème ici, c'était justement qu'il n'avait rien sur quoi se concentrer. Son portable étant déchargé — Luke allait le tuer s'il essayait de l'appeler —, aucun jeu ne lui permettrait de passer le temps, pas plus que son carnet de croquis, qu'il avait laissé sur son canapé en partant. D'ailleurs, il espérait que Muffin ne s'était pas amusée à jouer avec. Généralement, la petite chienne était un amour, mais le tatoueur l'avait très rarement laissée seule dans l'appartement, elle avait l'habitude de le suivre partout. Résultat, il ne savait pas dans quel état il allait retrouver son chez lui en rentrant. Certes, il n'y était plus pour très longtemps mais qu'importe, c'était encore son appartement, et il apprécierait très moyennement que Muffin détruisît tout. L'ennui et l'angoisse, ajoutés à la chaleur de la pièce et l'agacement qui commençait à monter rendaient cette, pourtant courte, attente — comparée aux séances de cinq heures pendant lesquelles il tatouait un dragon sur le bras entier d'un homme — absolument insupportable. Il en avait assez, et son envie de partir n'en était que plus forte. Il songeait à se lever, pesant le pour — tout sauf Luke — et le contre — rien sauf Luke —, quand la luminosité commença à baisser.
Résigné, il se réinstalla contre le dossier de sa chaise, agacé, et croisa ses bras d'encre contre sa poitrine, pour immédiatement les laisser retomber sur ses jambes. Il faisait affreusement chaud, pourquoi personne n'ouvrait ces foutues fenêtres ? Après un rapide regard sur la pièce, il avait pu constater qu'elles étaient toutes hermétiquement fermées. Il souffla. Hors de question qu'il se levât ; non seulement il gênerait tous ceux de sa rangée mais en plus, il se verrait automatiquement prendre sa place. Il n'avait pas manqué le groupe de dindes gloussantes qui revenait du coin des journalistes et qui attendaient visiblement qu'une place se libérât, définitivement ou non, pour se jeter dessus. Il ne tenait personnellement pas à passer la conférence du maire adossé contre un mur. Pour une fois, le solitaire qu'était Sandro se trouvait plus en sécurité au milieu d'un groupe que seul, une grande première. Pourtant, un seul mouvement de foule et il était piétiné, ce n'était certainement pas sa petite taille qui allait dire le contraire. Mais pourquoi les gens paniqueraient-ils de toute façon ? Ce n'était pas comme s'il y avait une chance que le Poète s'en prît à eux : il s'en prenait toujours aux personnes seules. D'après ce qu'il entendit, personne ne partageait son opinion cependant. Étrangement, une bonne partie des habitants craignait visiblement une attaque du Poète, ce qui était complètement stupide selon lui. Mais c'était impossible, n'est-ce pas ? Depuis quand un tueur en série changeait-il de mode opératoire quand tout semblait marcher pour le mieux ? Non, c'était tout bonnement impossible et pourtant, une petite pointe d'inquiétude fit son apparition à la surface. Le tatoué avait toujours fait aveuglément confiance à son père, mais il savait également que celui-ci ne détenait pas la vérité absolue. Se pourrait-il que Luke se fût trompé et l'eût envoyé tout droit dans la gueule du loup en pensant le protéger ? Si c'était le cas, Sandro ne doutait pas que son père s'en voudrait toute sa vie.
Il secoua la tête. Mieux valait repousser ce genre de penser dans un coin de sa tête. Pour l'instant, tout cela n'était qu'hypothétique et le vrai problème, c'était l'attente. Après de longues secondes à livrer bataille contre sa timidité maladive, le jeune homme finit par se pencher vers son voisin.
« Excusez-moi... Est-ce que vous auriez l'heure, s'il-vous-plaît ? » demanda-t-il d'une voix qu'il voulait assurée, mais qu'il devinait bancale.
Comme toujours, on l'examina de haut en bas — il devrait s'y attendre maintenant —, le sourcil dressé d'un air perplexe. Oui, il savait, il ressemblait à un gangster mais sonnait comme un gamin de douze ans à la timidité maladive. Il savait. Pourtant, le vieil homme finit par lui adresser un petit sourire et en l'espace de deux minutes, Sandro avait le sentiment de connaitre toute sa vie. Il savait qu'il habitait dans le centre-ville, que ses enfants venaient lui rendre visite tous les samedis — sauf le plus jeune, qui venait le dimanche parce qu'il travaillait le samedi —, que sa femme était décédée l'an passé d'un cancer de l'estomac — Sandro avait bien essayé de lui présenter ses condoléances, mais il ne lui avait pas laissé placer plus de trois mots —, etc. En clair, le tatoueur s'était retrouvé embourbé dans une conversation qu'il n'avait absolument pas demandé et avec tout ça, il ne savait toujours pas quelle heure il était. Cependant, cette information lui paraissait beaucoup moins capitale qu'elle ne semblait l'être plus tôt. Il aurait mieux fait de céder quand sa timidité lui avait ordonné de rester silencieux et d'attendre. Parfois, la timidité avait du bon.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceLun 16 Mai - 18:23

En faction, Shandra s'était éloignée pour vaquer à son devoir. Le lieutenant ne savait pas ce qui se tramait, le colonel ne les avait pas mis au parfum, bref la lab tech avait regagné une place aussi informée qu'une citoyenne lambda. Pour un minimum de coordination, n'aurait-il pas été judicieux que le maire Young dévoile l'essentiel de ses intentions à la police au lieu d'ameuter la presse? Cultiver les mystères et se mettre en scène étaient vraiment le fond de commerce des hautes sphères! Chassant ses pensées peu corporate, elle revint à sa mission première. A savoir la surveillance des œillades entre Howell et l'indiscret du commissariat. Comme les fuites impliquaient des communications internes dont elle était l'expéditeur, Jayla avait à cœur de démasquer la taupe. Ne le cachons pas, elle avait des soupçons affutées du côté d'une jeune élève policière, l'agent Hall. La mistinguett avait une interprétation trop charitables sur les agissements de Howell.

*Viendras-tu, viendras-tu pas, viendras-tu, viendras-tu pas*, chantonna-t-elle en balayant la salle.

Curieusement, le journaliste vedette ne posait pas comme à son habitude devant une audience, mais montrait des signes de… trac?
"C'est libre?"
Un rapide sourire et un léger hochement de tête, et elle revint à sa surveillance. Egalement dans sa ligne de mire: l'écrivain Cravy? On pouvait en douter un instant avec le radical changement de couleur de chevelure.
"C'est peut-être une complice du Poète. Tu rêves toujours d'un dîner avec elle? La digestion risque d'être douloureuse."
"Si elle doit être ma dernière vision, il y a pire. Qu'elle m'achève de sa plume, je succomberai heureux!"
Les chuchotements peu discrets confirmèrent donc l'identité de la rouquine. À bout de patience? En tout cas, l'écrivain se leva, attirant sur elle des regards admirateurs et d'autres plutôt envieux. Jayla l'aurait bien imitée maintenant que les places autour d'elle s'étaient peuplées, grignotant ainsi le peu d'air dont elle disposait. Toutefois, elle se contenta de suivre la belle des yeux… jusqu'à s'en tordre le cou. Cravy et Haynes, voilà une inquiétante association! De quelle nature pouvait être l'entente de ces deux êtres à l'ego surdimensionné? Comme le légiste respirait l'antipathie, elle le pensait sans vie personnelle. Elle avait grandement tort. Des femmes plutôt bien fichues pouvaient rechercher sa compagnie sans la menace d'un couteau sous la gorge!? Elle se massa la nuque, légèrement moite. Puis son regard navigua à nouveau dans l'assistance. Le déploiement de la police à l'intérieur de la mairie ne semblait pas très conséquent en comparaison des journalistes. Howell, nerveux au point de prier le ciel. Dans sa ronde, le colonel Åkerfeldt affichait une mine tendue. Près de la scène, Shandra disciplinait des adolescentes. Un peu plus loin, le Dr Shellby se baissa au sol. Au fond, Cravy et Haynes s'échangeaient des sourires, qui bizarrement lui glaçaient le sang. La prof de crimino' Winston semblait piquer du nez, mais sans doute était-elle plutôt sur son téléphone. Et… Jayla avait gentiment marre de zieuter l'assemblée avec cette chaleur à crever! De plus, le bourdonnement des bavardes commençait à terriblement l'ennuyer. Que bidouillait le maire Young pour ne pas encore apparaître? Il y avait des limites à se faire attendre, même pour Monsieur le Maire!

Depuis que les portes s'étaient fermées, Jayla avait l'impression que l'air s'était drastiquement raréfié. Tout lui donnait chaud, à commencer par la montée d'impatience qui bouillonnait dans les rangs. Dans la rangée devant elle, un homme demanda l'heure, tandis que plus loin, un autre avait essayé d'ouvrir une fenêtre… Jayla vit leur espoir respectif déçu. Quelque chose se passa néanmoins. Les stores s'abaissèrent, plongeant lentement la salle dans la pénombre.
"Ça va enfin commencer.", annonça sa voisine.
"Espérons…"
Le silence s'est installé, les regards braqués vers la scène… Puis les discussions repartirent de plus belles, et le mécontentement commençait à gronder. Beaucoup n'en pouvaient plus de cette attente interminable. Jalya souffla d'impatience, et surtout de chaud. Clairement, elle était proche du malaise. On pourrait s'étonner qu'un rat de laboratoire comme elle, flanche la première, mais son labo était un milieu de vie bien ventilé et avec de l'espace plus qu'il n'en fallait. Rien à voir avec cette fourmillante salle de mairie.

*Trop c'est trop, j'en peux plus!*

Son cerveau s'était figé autour d'une image: un verre d'ice tea avec supplément de glaçons. Il lui fallait se lever et sortir d'ici, maintenant et tout de suite!
"Excusez-moi.. Pardon..excusez-moi.. Désolée, merci… Pardon, merci… Désolée, merci…"
En sortant de la rangée, elle respirait déjà un peu mieux. A l'aide de la lumière qui filtrait, elle se guida dans le couloir jusqu'à la grande porte. Son salut. Immédiatement, elle la poussa de toutes ses forces… Puis la tira avec la même vigueur… et finalement, s'échina dessus dans tous les sens. Mais rien à faire ça coinçait.

*POURQUOI??!!*

Ce n'était pas un casse-tête chinois. C'était donc absurde qu'après avoir épuisé les deux seules possibilités, la porte résistait. Et encore plus absurde d'imaginer qu'on ait bloqué la sortie. C'était contraire à toutes normes de sécurité. Elle retenta sa chance de plus belle. Le bruit de son manège attira des regards, mais elle se moquait de paraître ridicule, bloquée devant une simple porte.

*Ouvre, ouvre, ouvre-toi, à la fin!*

Subitement un froid la transperça. Elle retint son souffle. Avait-elle bien entendu?!! Une voix sans corps venait d'annoncer: "Je suis le Poète, et je suis venu pour vous tuer."!!?? Le silence qui régna, suggéra qu'elle n'était pas la seule en plein effroi. Pour avoir suivi les analyses de la bande son recueilli à la battue de Willow Lake, la voix métallique lui était familière. Le Poète, aucun doute. Toutes les issues étaient bloquées. Ce scénario cauchemardesque était-il bien en train de se dérouler??! Ses réflexions se bousculèrent, mais tout se précipita alors dans un désordre menaçant. Des gens se levèrent dans le fracas de chaises qui se renversent. Des "C'est le Poète!!!" ou encore des "Il va nous tuer!!!" accompagnés de "On va mourir!!!" se répondaient en écho dans la salle. En un instant, un amas d'ombres s'était rué vers la sortie et assiégea la grande porte. Une femme hurla sur Jayla pour qu'elle ouvre la porte.  
"Attendez.. Du calme! Calmez-vous, je vous en prie.. Restez calme!"
L'appel à l'ordre de Jayla se noya dans les "Je ne veux pas mourir, poussez-vous de là, laissez-moi sortir!!!" et autres "On est enfermé!! C'est la fin, on va mourir!!!". Elle se fit bousculer sans ménagement. Sa respiration devint difficile, saucissonnée de tous les côtés par des gens paniqués. Des pleures et des appels au secours de gens en plein crise de panique emplirent la salle. Ceux qui d'abord avaient gardé leur calme, se laissa contaminer par une peur irrationnelle. En gros un chaos sans nom s'était abattu dans la mairie.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 19 Mai - 22:23

killer conference



6 septembre 2015, 19:17

Les portes et les volets d’abord. Puis ma voix, dans la pénombre. Un appel macabre qui en a sans doute fait frissonner plus d’un.

Je jette un regard à la vieille horloge qui va certainement s’effondrer à force de battre la mesure.

Le rideau a du enfin tomber.

J’entends d’ici la voix du colonel, ou d’une autre fourmi en tenue d’officier ; debout sur le devant de la scène pour appeler au calme, donner l’ordre aux autres flics de noter les identités de tout le monde. De relever chaque empreinte. D’emmener tous les habitants présents au commissariat pour prendre leurs déclarations.

Ils vont se noyer dans leur propre paperasse. Ils vont perdre un temps fou. Ils vont y passer des semaines entières, sans doute même des mois. À se torturer, à retourner la pièce dans tous les sens pour essayer de la mêler au reste du puzzle et me mettre la main dessus. Ils vont causer leur propre perte, foncer droit dans le mur. Et c’est exactement ce dont j’ai besoin. De confusion, de sentiment d’insécurité. De temps.

Ils vont s’agiter comme des mouches autour d’un cadavre. Parlons-en justement. Du corps qui se vide lentement de son sang, les chevilles ligotées à une chaise, la tête lourde sur un vieux bureau qui grince tout seul, attaqué par les mites. Le corps dont les avant-bras sont marqués, dont la tempe est sertie d’une croix pourpre. Le corps inconscient qui pourrait se laisser succomber s’ils n’agissent pas rapidement, si l’ambulance n’arrive pas à temps. 

Mais le colonel a du au moins tâter le pouls de la victime, pas vrai ?
Tandis que dans la foule, certains le reconnaissent déjà.

« Mais c’est… »

Non, ce n’est plus un homme.
C’est une mare de sang.





explications
Comme lors du sujet commun du Willow Lake, des bonus et malus ont été attribués à chacun de manière aléatoire (sauf en cas d’avantages remportés lors de concours ou animations).

Vous êtes priés de prendre ces informations en compte dans vos RPs. Il ne s’agira jamais d’évènements trop handicapants, ils sont surtout là pour pimenter vos actions, faire durer le suspens, mais aussi parfois favoriser la création de liens entre certains d’entre vous.

bonus
Shandra a précédemment été dérangée par un groupe d’adolescentes et n’a donc rien pu voir, ni découvrir le cadavre avant que le rideau ne s’ouvre. Elle se trouve néanmoins aux premières loges avec le colonel.
Arthur a cherché le pouls de la victime et elle est encore vivante.
Rickon tente de briser une vitre avec la crosse de son arme.
Sandro reconnaît immédiatement la victime, même à cette distance, et tente de se rapprocher de la scène pour se manifester auprès du colonel et de la lieutenant afin d’identifier formellement la victime.
Genesis parvient à conserver sa trouvaille.

malus
◆ En raison d’un mouvement de foule très important vers le fond de la salle ainsi que la sortie, Jayla et Jimmy sont bousculés et ont peine à se relever.
Sacha semble pétrifiée sur sa chaise et James est contraint de l’abandonner pour se rendre sur la scène où Arthur lui demande de porter assistance à la victime.

◆ Certains habitants se mettent devant la caméra de Peter pour que la scène ne puisse être filmée, par respect pour les proches de la victime. Le journaliste en profite pour échapper aux regards.
◆ Dans la confusion et le chaos le plus total, Liam perd le papier tendu par Désirée.
Désirée reste aux côtés de Jimmy, visiblement mal en point suite aux bousculades.


Pour les questions, remarques et/ou suggestions, il y a toujours le sujet de flood consacré au sujet commun. Bonne chance pour la suite.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 19 Mai - 22:26

Sa bouche était trop sèche, ses lèvres brûlées par ses inspirations. Il essayait vainement d'ouvrir les yeux, de relever la tête mais elle paraissait bien lourde, incapable de tenir sur son socle, comme si on lui avait tranché pour la poser là, sur le bord d'un bureau. Ses sourcils se froncèrent. Ce n'était pas possible. Il ne sentirait plus sa gorge se nouer ni ses entrailles se serrer si seulement on l'avait mutilé de la sorte. Lever les paupières, les ramener vers les étoiles afin de voir si le ciel était toujours bleu. Il ne savait pas pourquoi il avait besoin de vérifier une telle chose, ni pour quelle raison cela lui tenait particulièrement à coeur. Peut-être que la teinte des cieux pourrait le rassurer. Peut-être que s'il faisait encore jour, alors tout n'était pas encore perdu et qu'il n'était tout simplement pas enfermé entre quatre planches de bois, près à être mis en terre pour l'éternité. Cet affreux songe aurait du le faire tressaillir, l'extirper de ce demi-sommeil en sursaut ; mais ses poumons restèrent immobiles, suivant la même cadence ralentie que depuis qu'on avait déposé son corps ici, à la merci de la foule sans doute terrorisée devant le spectacle de ses bras habillés d'une couche de sang trop épaisse et trop opaque pour que quiconque puisse y lire les inscriptions qu'un fou était venu y graver.

Ses pupilles s'agitaient sous la couche de peau tendue qui recouvrait ses yeux, cherchant la lumière, l'extérieur. La preuve que tout n'était pas terminé. Et à chaque expiration pourtant, ses épaules s'affaissaient encore davantage, se laissant vaincre par ce qui lui attaquait les méninges depuis qu'il s'était fait surprendre au beau milieu de sa cuisine. Le four. C'était certain, la cuisson de ses biscuits au gingembre serait ratée et il n'aurait plus qu'à tout recommencer. Fichu migraine qui avait eu raison de lui. La douleur vive contre sa tempe lui laissait penser qu'il s'était sans doute cogner au coin de la table dans sa chute. Ce qui expliquait le poids surprenant de son front qui avait très certainement doublé de volume. Et ses lunettes ? Elles aussi avaient du souffrir le martyr, une branche tordue et les verres fendus. Avec le peu de force qui lui restait, Adam priait pour que des bris ne se soient pas égarés trop près de sa rétine, que la violence du choc ne l'ait pas rendu aveugle. Panique. Le four. Le gingembre. La brûlure. L'obscurité. Ivre d'angoisse, il tenta d'émettre un son, un souffle ou un soupir, une plainte, n'importe quoi qui puisse laisser penser qu'il était encore vivant. Est-ce qu'il avait encore oublié de prendre ses médicaments ? Si Jesse débarquait et qu'il le trouvait dans cet état, l'officier ne pourrait plus le laisser faire un pas sans vérifier le moindre de ses faits et gestes. Et Adam s'était juré qu'il serait à la hauteur cette fois-ci, qu'il ferait attention, qu'il se protégerait de ses étourderies, en parfait distrait qu'il était. Se relever avant que Willow, Sandro ou Jesse le trouve dans cet état. Se relever, l'urgence était bien là.

Son gémissement fut happé par un cri qui manqua de lui arracher les tympans. À moins que ce ne soit le sifflement persistant depuis plusieurs minutes qui venait d'amplifier entre les parois de son crâne endoloris ? Ses paupières s'entrouvrirent à peine, et en arrière-plan, des formes floues et grotesques qui semblaient s'agiter dans tous les sens. Des fantômes. Ça y est, c'était fini, Adam était forcément mort. Il n'y avait pas d'autre solution pour expliquer tout ce remue-ménage. Il répéta l'opération, clignant une deuxième fois des yeux pour faire état de ce qui se trouvait près de lui. Il ne vit que le sang sous ses ongles et sur ses bras aux manches déchirées. Ce devait être un cauchemar. C'était forcément un cauchemar. Au diable le réveil, il valait mieux qu'il se rendorme. Demain matin, le ciel serait bleu et ses biscuits encore tièdes l'attendraient sagement dans une assiette, si Willow, Sandro et Jesse prenaient seulement la peine de lui en laisser... Demain matin, tout irait pour le mieux, et le cauchemar serait déjà loin.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 19 Mai - 23:15

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


J'allais avancer vers la scène, vers ce rideau, il le fallait parce que je sentais que quelques choses était en train de se tramer, quelques choses de louche, quelques choses de fou. Le Poète allait-il faire son apparition ? Non, ça n'aurait pas de sens, aucun sens même, mais alors ? Qu'allait-il se passer ? Je n'en savais encore rien, pourtant, je n'allais pas mettre beaucoup de temps à le comprendre, non. Le rideau tomba, du moins, il s'ouvrit sur une victime du Poète. Et merde. Comment avait-il fait ça ? Il se joue de nous, il se fout ouvertement de notre gueule. Non, mais je rêve. J'ai envie de retourner toute la pièce, tout le monde ici pourrait être le Poète, tout le monde, tellement de suspect, tellement de temps que nous allons perdre. Il est fort, encore plus malin que je ne le pensais. Comment allons-nous faire pour l'avoir ? Je n'en sais rien, mais cette mise en scène était merveilleuse, je lui donnerais bien un oscar pour cela, pour le prix de la meilleure mise en scène. Il ne manquait plus qu'une petite musique d'ambiance pour couronner le tout. Si j'en avais le culot, je ferais bien vibrer mon téléphone avec une marche funèbre, mais ce serait rendre gloire plus qu'il n'en faut à ce demeuré, à ce fou furieux, à ce je ne sais trop quoi tellement il n'y a pas de mots pour le décrire. Putain, fait chier, vraiment et encore, je reste polie. Le maire n'était pas en retard il ne devait pas venir, je ne savais même pas où il pouvait être, je ne le savais pas, mais clairement pas ici. Peut être qu'on venait de le mettre au courant de la supercherie. Mais le Poète ne pouvait pas agir seul, ce n'était pas possible, impossible. Il avait des complices dans toute la ville pour que la population se soit déplacée en masse comme ça pour écouter le maire. Mais le maire ... Bref, ce n'était sans doute pas sa faute, à moins qu'il ne soit complice de tout cela ? Le maire complice du Poète ? Je n'arrivais pas à y croire mais tout me semblait possible. J'étais tellement énervée de m'être fait bernée de la sorte que je n'avais pas fait plus attention que ça à la victime. Pourtant, je le connaissais un peu. Il y a quelques jours, il s'était fait prendre pour un voleur dans le centre commercial. Mais je n'avais fait attention, il y avait trop de sang, mais pour le moment, il était en vie ce qui était une bonne chose, non ? Oui, sans doute, c'était mieux ainsi. Pourquoi lui ? Pourquoi ? Parce que tout le monde le connait plus ou moins c'est ça ? Parce que le Poète en agissant de la sorte touche absolument tout Fairhope et pas une petite partie de la population. Mais pourquoi ? Tant de questions qui se bousculaient dans ma tête, si peu de réponses, voire carrément aucune réponse. La foule était en délire dans la salle, je ne savais pas comment faire. Moi qui arrive à garder mon calme en général, je devais bien avouer que j'étais dépassée par les événements. Je ne savais pas par où je devais commencer. Je me contentais pour le moment de me mettre dans la ligne de mire de la caméra de Howell pour qu'il ne filme pas la victime, parce que je le connais le bougre, il le fera sans hésiter. J'étais déjà en train de décéder intérieurement par rapport à la masse de boulot qui se présageait. Tout le monde ici était suspect, il allait falloir garder tout le monde pour savoir qui était là, et qui pourrait prochainement manqué à l'appel. Le colonel était là, heureusement. Une ambulance était déjà en train d'arriver. Je prenais des photos de la scène, histoire de pouvoir analyser tout cela à posteriori. Il y avait tellement de choses à faire ...





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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: • Killer ConferenceVen 20 Mai - 23:59


À présent, tout était source de distraction pour le jeune tatoueur, bien trop timide pour demander à son voisin de se taire. Il n'écoutait donc plus vraiment et laissait son regard impatient virevolter d'un bout à l'autre de la salle. Ce fut finalement un bruit de chaises déplacées, mêlé à plusieurs voix, qui attira son attention. Il se tourna pour trouver une jeune femme se frayant un chemin hors du rang derrière lui, ponctuant son cheminement de "pardon" et "excusez-moi". Certaines personnes reculaient leur chaise sans faire d'histoire, mais pour la plupart, ils râlaient. Un effet secondaire de la chaleur, combinée à l'attente sans doute. Désespérément à la recherche d'une occupation qui pourrait l'aider à patienter, il la suivit du regard pour la voir s'engouffrer dans le couloir qui menait à la sortie. Il fronça les sourcils. Pourquoi sortir à cette heure alors qu'ils attendaient déjà depuis un petit moment ? Il n'eut pas le temps de réfléchir à la question qu'une voix s'éleva, terrifiante et annonçant leur fin à tous :
« Je suis le Poète, et je suis venu pour vous tuer. »
Dès lors, Sandro perdit complètement le fil des événements, pétrifié sur sa chaise. La voix du Poète, lugubre, avait eu l'effet d'une bombe sur l'assemblée d'habitants. Des hurlements s'élevaient des quatre coins de la pièce, des chaises avaient été renversées, certains pleuraient et d'autres, tout aussi terrorisés qu'il l'était, serraient leurs proches dans leurs bras. Mais la seule chose à laquelle pouvait penser le jeune homme, c'était que son père avait eu tord. Terriblement tord. Il l'avait jeté dans la gueule du loup et maintenant, il allait mourir. Pourtant, Sandro ne lui en voulait pas, il était simplement malade à l'idée que son père se sentît responsable de sa mort jusqu'à la fin de sa vie. Puis une énième personne le bouscula et il reprit conscience en manquant de s'étaler sur le sol. Il devait sortir d'ici. Il se mit en mouvement, suivant la foule qui se hâtait vers la sortie. Il devait sortir, se sauver, survivre. Il ne pouvait pas laisser son père — et Muffin. Pas maintenant qu'il avait vraiment l'impression de vivre une vie, pas maintenant qu'il sortait de sa chrysalide pour embrasser le monde. Il dut cependant se rendre à l'évidence : d'après l'agglutinement dans le couloir, personne ne pouvait sortir. Cela voulait-il dire que la jeune femme qu'il avait vue s'y engouffrer quelques secondes plus tôt était restée coincée et n'avait pas pu sortir non plus ? Ayant noté qu'elle avait l'air angoissée, il espérait qu'elle était toujours debout sur ses deux jambes. Un malaise dans ce genre de mouvement de panique pouvait signer votre mort par piétinement, et il ne voulait surtout pas y penser. Puis une petite idée se fraya un chemin dans son esprit : et si c'était elle, le Poète ? Et si elle était sortie pour refermer derrière elle, quittant le lieu du crime en laissant périr derrière elle tous les potentiels témoins de sa présence ? Cette idée lui donna la chair de poule malgré la chaleur étouffante et il ressentit le besoin de s'éloigner de toute cette masse d'individus perdus et terrorisés. Il ne pouvait plus respirer.
Puis il se tourna vers la scène et découvrit l'inimaginable. Voilà pourquoi les gens hurlaient, voilà pourquoi personne ne réussissait à rester calme. Le rideau de l'estrade avait été ouvert, dévoilant un vieux bureau sur lequel était affalé un homme ensanglanté. Le sang gouttait sur le sol de ses avant-bras mutilés et Sandro savait, il savait que c'était l'œuvre du Poète. Cependant, il savait quelque chose de plus terrible encore, quelque chose qui fit remonter son cœur dans sa gorge. Il couvrit sa bouche d'une main tremblante, comme désireux d'étouffer un cri pourtant muet, et les larmes s'échappèrent de ses yeux sans qu'il ne pût rien y faire. Il savait que le cadavre n'était autre que celui de son ami, celui d'Adam. Comment était-ce possible ? Adam devait faire des biscuits ou Dieu savait quoi ! Il ne pouvait pas être là, ce n'était pas logique, ce n'était pas normal, ce n'était pas juste !
Sans réfléchir, il se précipita vers le colonel, les yeux brouillés de larmes et le nez coulant, déblatérant des paroles sans queue ni tête alors qu'il nageait à contre-courant dans la marée de cadavres ambulants qui cherchaient désespérément une sortie. Il avait envie de leur hurler qu'il n'y avait pas d'échappatoire possible, que si le Poète avait tué le plus gentil de tous les adultes de cette ville, alors jamais il n'y aurait aucune porte de secours.
Il finit par percuter quelqu'un. Le colonel ? Quelqu'un d'autre ? Il n'était pas sûr, tous les visages étaient le même à travers ses larmes : celui d'Adam et d'encore Adam, celui qu'il arborait dans la mort, à l'instant même.
« Adam... Il faut appeler Jesse... Prévenir qu'Adam... Il est mort ? Au mon dieu, est-ce qu'il est mort ? Vous devez appeler Jesse... C'est Adam... Il n'est pas mort, n'est-ce pas ? Je vais téléphoner à Jesse... Adam...»
Ça n'avait aucun sens. Ce n'était qu'un enchaînement de hoquets, une litanie qu'il répétait encore et encore, sans cesse. Pourquoi se mettre dans un tel état pour un homme qu'il connaissait depuis à peine quelques mois ? Il ne le connaissait pas si bien, alors pourquoi perdre tous ses moyens à l'idée qu'Adam fût mort ? Sandro avait une réponse à cela : parce qu'Adam était Adam, et ça répondait à tout.
Fébrile, il sortit son téléphone. Il devait appeler Jesse. Cependant, ses mains tremblaient tellement qu'il le laissa tomber. Il regarda l'appareil s'écraser au sol et se disloquer d'un air hébété. C'était stupide, son téléphone était déchargé et il n'avait même pas le numéro de Jesse.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceSam 21 Mai - 10:25

 « Fuck. »

Ça ne lui arrivait pas si souvent que ça de jurer, de se laisser aller à ce genre de vocabulaire grossier et pour le moins excessif. Mais vu les circonstances, on lui pardonnerait. Vu les circonstances, il savait que l’outrage se noierait entre les cris, les appels au secours et les plaintes désespérées. Il avait tourné la tête dans l’autre sens presque instinctivement, ne souhaitant pas observer le spectacle du bétail affolé qui se parquait petit à petit contre les portes et les fenêtres à la recherche d’air, d’une issue. Un frisson lui glaçât le sang, lui figeant l’échine. Évidemment que le Poète pouvait tous les tuer d’un seul coup, ça ne lui ressemblait pas mais après tout qui pouvait savoir où il s’arrêterait un jour ? Alors Arthur avait détourné les yeux de ce cauchemar, essayant de rester stable et de ne pas se faire emporter par un mouvement de foule, une vague d’esprits désemparés qui serait venu le saisir et l’engloutir sans crier gare. Les conduits d’aération. Voilà ce qu’il fallait repérer. Juste au cas où, juste pour vérifier qu’il en existait au moins un ou deux. Le reste ? Il ne préférait pas encore l’imaginer, son regard quittant un point puis un autre, s’efforçant de garder son calme alors qu’il se trouvait dans l’oeil même de la bourrasque. Jusqu’à ce qu’il se retourne complètement, faisant maintenant face à la scène, l’injure quittant ses lèvres, ses paupières se fermant un instant, prenant une grande inspiration. Comme s’il souhaitait que celle-ci soit la dernière, qu’elle ne soit pas teintée de l’horreur dont il était témoin une fois encore. Il s’avançât machinalement vers la scène, le pas déterminé et le torse bombé pour ne pas qu’un crétin le fasse flancher en lui rentrant dedans avec toute l’énergie du désespoir.

La distance entre le corps et lui avait vite été comblée, le colonel arrivant à la hauteur du lieutenant Sarmoise, cherchant quelque chose à dire, un ordre à donner, incapable de reconnaître le corps même d’aussi prêt, un simple soupir s’échappant de ses lèvres sèches, la tension dans ses épaules ne se dissipant pas le moins du monde. Il n’avait plus rien à confier ; à quoi bon, pas vrai ? Ils allaient continuer d’essayer jusqu’à ce que la ville entière soit décimée, jusqu’à qu’ils crèvent tous et que les journaux titrent « La fin de l’espoir et la mort de la justice à Fairhope ». Ses doigts trouvèrent instinctivement le cou de la victime. Comme à chaque fois. Comme la centaine d’autres fois où il avait du coller sa main contre la chair à peine tiède ou glacée d’un énième cadavre. Ce jour-là néanmoins, il manqua de se briser la nuque en relevant la tête sous l’effet de la surprise, son regard croisant celui de Shandra. « Il est vivant. », confia-t-il pour eux-mêmes uniquement. Personne ne pouvait les entendre d’ici de toute manière, confinés dans leur bulle glauque et morbide. « Essayez de joindre les secours. Dites leur de venir avec quatre ou cinq ambulances. Voire plus. Je suppose qu’il y aura d’autres corps que la foule aura piétiné qui seront dans un mauvais état. Sans parler des malaises, des crises d’angoisse et des coups reçus dans les mouvements de foule... Dites leur de venir avec beaucoup, beaucoup de bras. » Il se baissa vers le mort encore chaud, encore brûlant de vie. « Monsieur si vous m’entendez, serrez ma main. Si vous m’entendez, agrippez ma main. » Les barreaux que formaient les doigts d’Adam bougèrent à peine, effleurant ceux du colonel avant de renoncer.

« Adam... Il faut appeler Jesse... Prévenir qu'Adam... Il est mort ? Au mon dieu, est-ce qu'il est mort ? Vous devez appeler Jesse... C'est Adam... Il n'est pas mort, n'est-ce pas ? Je vais téléphoner à Jesse... Adam…  » Arthur en avait presque oublié le reste du monde, le reste de la foule qui continuait de s’agiter en contre-bas pour essayer de survivre. Et cette putain de voix métallique qui revenait marteler leurs crânes par à coups, se taisant un moment avant de se manifester encore et encore, une rengaine insupportable, une menace, une sentence intolérable. « Calmez-vous, il est encore vivant. » Ce n’était pas un ordre, non, seulement des mots qui lui échappaient par habitude. « Respirez jeune homme, il va s’en sortir. Je vous promets qu’il va s’en sortir. » Des paroles en l’air qu’il proférait sans même plus les comprendre. Il jeta un rapide coup d’oeil à Shandra, lui confiant ce gamin complètement perdu d’un signe de tête, ne laissant pas la panique l’envahir, barrant la route aux autres offenses qui voulaient quitter le seuil de ses lèvres. Bordel de merde. Adam. Adam. Presque en équilibre sur le bord de la scène, il domina la foule, cherchant un allier du regard, ne prêtant aucune attention au reste de la marée. « James ! JAMES ! » Il dû s’y reprendre à plusieurs fois pour être finalement entendu, s’époumonant, interpellant évidemment une bonne dizaine d’autres quidams au passage en hurlant un prénom aussi commun. « Rapplique-toi ! » Adam. Adam. La cruauté, l’horreur de la situation lui avait fait oublié le reste, avait voilé ses yeux d’un épais rideau noir pour l’empêcher de mettre un prénom sur cette énième victime, pour ne pas s’y attacher, pour ne pas que son coeur s’emballe et qu’il perde le contrôle. Le gamin en avait lâché son téléphone, et maintenant le colonel lui-même ne savait pas s’il allait parvenir à composer le numéro du commissariat. Pourtant ses doigts ne tremblaient pas. Par habitude.

« Mahoney ? Passez moi Mahoney bordel. » Les cent pas. L’attente. Le coup d’oeil vers James pour voir où il en était. « Mahoney, je suppose que vous avez déjà reçu quelques appels ? Bien. Il faudra une cinquantaine d’hommes ici. Appelez ceux qui sont d’astreinte, faites venir tous ceux que vous trouvez, appelez aussi les gradés. Cette centaine de contrôles d’identité et tous ces relevés d'empreintes ne vont pas se faire en deux minutes. » Pas de boule dans la gorge, juste le coeur qui continuait de palpiter. « Dites aux gars d’éteindre leurs téléphones personnels. Certains de leurs proches bloqués ici vont essayer de les contacter. S’ils répondent, ils seront impliqués personnellement dans l’affaire, on sera obligés de les interroger aussi, ils seront virés de l'enquête et on a autre chose à faire que perdre nos hommes. » Le Poète avait bien calculé son coup. Enflure. Fumier. « Il me faut aussi une dizaine d’hommes à l’hôpital. Coupez votre téléphone et allez attendre à l’hôpital avec ceux que vous trouverez. Dites leur bien que ce sont les ordres. Coupez tous les téléphones, est-ce que c'est bien compris ? » James était enfin là. « Et Mahoney ? » Il aurait voulu le mettre en garde. Lui dire de se blinder, de se préparer au pire, à voir tout ce qu’il avait de plus cher déchiré aux quatre vents, offert à la mort et aux vautours. Il aurait voulu trouver les mots pour lui confier qu’il avait retrouvé l’innocence dont ils avaient parlé brièvement dans une voiture de fonction, à peine quelques semaines en arrière ; qu’il l’avait retrouvée là, les bras tendus vers la foule, laissant des litres de sang pour seul souvenir. Mais rien, à part le picotement aux coins de ses yeux et un soupir trop las, trop lourd qui lui bloquait la poitrine. « Je compte sur vous. » Un soupir, et puis il raccrocha, à présent suspendu aux lèvres de James et à son diagnostique. Comme d’habitude.

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i don't care if it hurts, i'll pay my weight in blood to feel my nerves wake up. so love me now or let me go, let me feel these high and lows before the doors to my heart close. show me that i'm human, make me feel something.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceSam 21 Mai - 12:17

Tout s'était écroulé à une vitesse folle. Un instant, il serrait dans sa paume une barrette anodine, son imagination faisant le reste et peuplant son esprit de fantômes et d'accusations, et l'instant suivant, c'était le chaos. Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire ce qui était en train de se passer. Dans le désordre, les portes avaient refusé de s'ouvrir, la foule semblait soudain incapable de tenir en place, puis les volets s'étaient fermés. Tout escaladait et s'enchaînait à la manière d'une pièce de théâtre trop bien orchestrée, et il se demanda avec inquiétude qui tirait les ficelles de cette représentation. Il se demanda si c'était bien le maire comme on le leur avait fait croire. Inquiétude était cependant un euphémisme presque blasphématoire pour le sentiment d'angoisse et de terreur qui venait lui comprimer la poitrine. Pour ses côtes qui venaient de s'effondrer sur elles-mêmes, rendant le passage de l'air laborieux, chaque inspiration se heurtant aux os brisés. Pourtant, ça n'était rien encore. Rien de plus que la sueur dans la paume de sa main, tachant la barrette qu'il avait besoin de faire disparaître, rien de plus que l'obscurité soudaine qui s'associait à cette irrépressible sensation d'enfermement que les plus téméraires n'auraient pas su ignorer, et James était tout sauf téméraire, tout sauf courageux. Et puis, au milieu de ça, il y avait les moutons égarés qui s'agitaient sans savoir pourquoi, se ruant à droite et à gauche dans l'espoir d'apercevoir un guide, sans doute ou, juste, juste une porte de sortie. Si la peur n'était pas une maladie, elle était contagieuse et transmissible par l'air.  L'air irrespirable et putride que tous salissaient de leur angoisse et de leur curiosité et il semblait que même les optimistes, ceux qui s'étaient aventurés là dans l'espoir d'une bonne nouvelle, avaient viré de bord. La peur avait tout contaminé, tout sali, sournoisement et rapidement, faisant son nid dans la tête de tous les habitants assez stupides pour se rassembler ici.

Et puis la voix mécanique avait retenti, et il n'avait même pas réalisé qu'il avait oublié de respirer jusqu'à récupérer son souffle tant bien que mal, grappillant quelques miettes d'air de-ci de-là, mais tout l'air semblait avoir fichu le camp. Le Poète venait de frapper, son slogan terrifiant résonnant au milieu des hurlements et de la sueur. Le peuple de Fairhope s'était levé, pas comme un seul homme, pas comme un front uni prêt à se défendre, mais comme un troupeau de bêtes, courant et piétinant à foison dans leur panique aveugle. Un seul but en tête, un seul instinct, primitif, animal et grotesque, survivre. Sortir. L'homme n'était plus homme, n'était plus l'être supérieur, s'il l'avait jamais été, il était redevenu la proie, l'apeuré, le gibier. James avait bondi de sa chaise sans savoir pourquoi, répondant sans doute au même besoin primal que les autres, puis il avait vu Sacha, figée sur place, rivée sur sa chaise par des clous imaginaires plantés dans les jambes. Il n'avait même pas pris garde au corps qui causait toute cette panique, au sang qui s'écoulait, à la vie précieuse qui se balançait au bout d'une corde. Respirations erratiques et regards désordonnés, il s'était penché vers la jeune femme. «Sacha, Sacha, ça va aller.» Voix tremblante et jambes instables, il était peut-être celui qui croyait le moins à ses propres inepties. «Sacha, venez, les secours vont arriver. Vous devriez vous mettre à l'abri pour ne pas vous f-» Il n'y avait pas d'abri, il n'y avait pas d'espoir, et si les secours arrivaient, qui savait combien de temps cela prendrait, combien d'entre eux pourriraient-là, entrailles exposées par une semelle ou une autre, le corps meurtri d'ecchymoses et de croûtes de sang séché. Mais ça n'était pas pour ça qu'il avait arrêté sa phrase en plein milieu, la suite de ses mots se devinant sans grand peine. Il avait cru entendre son prénom.

La voix d'Arthur traversa la multitude de cris, parvenant jusqu'à lui en même temps que la scène qui se jouait à guichets fermés. Ses yeux se posèrent enfin, enfin seulement, sur le corps qui reposait sur le bureau, puis sur le visage d'Arthur, et il avait lancé un vague, «Ne vous inquiétez pas» presque insultant à la jeune femme pétrifiée à ses côtés. L'homme était encore vivant. Dès lors, rien d'autre ne comptait, et il avait aussitôt commencé son long périple jusqu'à l'avant de la salle, lançant à quiconque lui barrait la route des «Poussez-vous! Je suis médecin!» agressifs qui avaient au moins le mérite de lui faire gagner un peu d'espace et il aurait vraiment juré que cette salle était moins longue il y a cinq minutes. Il finit par rejoindre la victime, qu'il reconnut finalement en s'approchant de plus près, mais il n'avait pas de temps à perdre. Pas le temps de réaliser que c'était un être vivant de chair et d'os et que par-dessus le marché il le connaissait.

Quand il finit par arriver sur scène, tout le reste autour de lui s'était réduit à un bourdonnement sourd en arrière-plan, et seule sa respiration lui parvenait. Il n'y avait que lui, le patient, et la vie qu'il devait sauver. Il mit le frisson malsain d'excitation sous le compte de l'appréhension et de l'horreur, mais il aurait été malhonnête de prétendre que la situation n'avait rien de grisant. Oh, ça n'avait rien d'une opération, rien d'un bloc, rien d'habituel, mais il était monté sur cette scène avec pour seul but de sauver une vie, et putain ce que ça lui avait manqué. D'abord, ne pas déplacer le corps. «Que personne ne le bouge!» Il avait hurlé, sans doute, simplement parce qu'il avait vu des gens mourir à cause d'imprudences comme celles-là. Attester des dégâts. Vérifier les signes vitaux. Pouls, pupilles. Son propre pouls s'était emballé, les doigts tremblants apposés sur la carotide d'un autre. «Faible et filant, très faible.» Affolé mais éteint. Les mots n'étaient destinés à personne, de simples annotations mentales à mesure qu'il faisait les observations. Après avoir écouté la respiration, faible mais régulière, du jeune homme, il n'avait pas besoin de libérer les voies respiratoires. Vu l'angle auquel pendait sa tête, surtout, surtout, en cas de fracture d'une vertèbre, il fallait éviter qu'elle n'aille atteindre la moelle épinière; paraplégie. Les urgentistes s'en chargeraient, maintenir la rigidité du cou, et ainsi de suite, il n'avait pas assez de bras compétents et les risques étaient trop gros. «Adam?» Il dirigea la lumière de l'écran de son téléphone vers l’œil du patient, lui maintenant ouvert de l'autre main. «Dilatation des pupilles, OK. Hey, tu m'entends? Les secours arrivent.» Ca non plus, ça n'était destiné à personne. Peut-être simplement à lui-même, pour se rassurer devant son impuissance. Pas d'outils, pas de sortie, rien, rien qu'il ne puisse faire. Son regard glissa sur les bras du jeune homme, le sang coagulé déversé par litres. L'addition était mauvaise. La drogue combinée à la perte de sang et dieu savait depuis combien de temps il était là à baigner dans son propre sang pendant que les petites gens se plaignaient de la chaleur. «... Il est diabétique. Merde, il est diabétique!» Information récoltée par hasard, au détour d'une conversation, qu'il avait notée sans s'en rendre compte. Qui allait peut-être lui sauver la vie. L'hyperglycémie, contrairement à l'hypoglycémie, ne le tuerait pas. «Hey, hey! Il lui faut du sucre. De l'eau sucrée, ou du jus de fruits. Avec une paille, si possible.» Sa voix avait repris de l'assurance, retrouvant ses repères, donnant les ordres et les indications avec tout le calme dont il était capable. La panique engendrait la panique, il pouvait toujours espérer que le calme engendrerait le calme. «Si les secours arrivent rapidement, il devrait s'en sortir.» James avait relevé les yeux vers Arthur. «Il va avoir besoin d'une transfusion, et il lui faut du sucre, mais il devrait s'en sortir.» Il se refusait à penser aux circonstances qui avaient amené le patient dans un tel état. Ca n'était pas son travail de penser à ça, et une telle mise en scène l'horrifiait beaucoup trop pour qu'il se risque à y penser. Les enquêteurs se chargeraient de ça quand ils l'interrogeraient avec toujours plus de suspicion, imaginant son intervention comme une tentative de se disculper, de se faire bien voir. Pour l'instant, le silence qu'il s'était imposé céda de nouveau la place à la discorde, aux hurlements et aux pleurs. «Si quelqu'un est grièvement blessé dans la mêlée, en attendant les secours, amenez-le ici, à l'abri, que je vois si je peux faire quelque chose. Vérifiez fréquemment qu'Adam respire toujours, et il me faut ce sucre.» Il les voyait d'ici, les soupçons. Autant d'ordres, autant d'assurance, un sang-froid pour le moins inattendu, pour un simple médecin de campagne? Mais qu'ils aillent au diable, pour la première fois depuis longtemps il avait eu l'impression de faire la différence. S'ils survivaient. Tous.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceSam 21 Mai - 21:05

« Liam Haynes laisse moi te dire que tu es un idiot fini… moi écrire un livre sur le Poète ? L’histoire est déjà en train de s’écrire. » murmura Désirée en voyant Haynes s’éloigner. Et la romancière avait raison. Personne n’avait besoin d’elle comme narrateur et elle venait juste de conclure que ce médecin légiste était définitivement une tache plus qu’une ombre au tableau. Liam ne comprenait rien du tout, pas vrai ? On était le six septembre et l’atmosphère de cette salle était lourde. La date était déjà marquée d’une croix rouge dans le calendrier de Désirée, à cause de la conférence, à cause du Poète, à cause du sang qui s’apprêtait à être versé et parce qu’elle aimait bien la symbolisme. Elle avait eu raison, bien sûr que oui, tout clochait depuis le début, certes Fairhope était une petite ville mais si le maire avait quelque chose à dire, pourquoi ne pas profiter d’une interview chez Howell, de la sécurité des caméras et des publicités de temps à autre ? Mentir face à une caméra était un exercice très facile selon la romancière, elle l’avait fait de nombreuses fois pendant ses campagnes de promotion, la télévision… c’était quelque chose de trop loin, de trop plastique, de trop… impersonnel, quelque chose que les gens pardonnaient plus facilement, qui avait vraiment envie d’être confronté à la réalité ? Surtout quand la réalité voulait dire être coincé dans une salle, en sentant les coudes de son voisin le plus proche frotter contre les siens alors qu’on tentait de trouver une position confortable. La réalité était… trop frappante, trop cruelle, trop crue et surtout, surtout beaucoup trop bruyante. Bruyante, comme une voix automatisée qui raisonnait dans toute la salle.

Le Poète était là et il était là pour tuer. En une seule seconde, Désirée fut renvoyée des mois en arrière, face au corps de Mary Wilson, sagement assise au pied d’un arbre, paisible dans un sens. Il n’en était rien, aujourd’hui, elle n’était pas seule et si corps à trouver il y avait, elle ne serait pas la première à se pencher sur le pauvre malheureux. La rouquine fut sur ses deux pieds en un brève instant, le mouvement plus un réflexe nerveux qu'autre chose, les gens étaient prévisibles et s’il y avait bien quelque chose que cette annonce allait provoquer c'était la panique, une bonne dose d’adrénaline allait décharger et couler dans les veines de tous et les coeurs allaient battre, et les questions allaient venir. Le Poète ici, ils allaient donc tous mourir dans cette sale ? Et le maire, où donc était Jacob ? Et que cachait donc ce rideau ? Qui y avait-il sur cette scène ? Où était donc la sortie la plus proche? Le chaos le plus total. Dans un sens, c’était beau, probablement ce que le meurtrier voulait depuis le début, leur rappeler qui tirait les ficelles et qui pouvait vraiment les faire trembler. Désirée avait réalisé une seconde avant son voisin qu’elle se trouvait près de la sortie et dans un geste quasi automatique, elle retira sa paire de talons aiguilles et fit de son mieux pour trouver un endroit stratégique. Son plan d’action était simple, laisser ses pauvres imbéciles cogner et hurler contre les portes et obtenir quelques secondes supplémentaires. Son propre coeur battait, mais pas dominé par la peur, mais bien par l’excitation. Et si, chose complètement naïve, le meurtrier était là, s’il jouait la comédie parmi eux, s’il cognait à la porte, ou s’il se précipitait vers la scène. On disait souvent que les tueurs revenaient sur leur scène de crime, et s'il était là, pour s’assurer que tout avait été mis en place et pour se délecter de leur peur et de leur stupidité. Désirée eut un sourire, juste un, qu'elle cacha derrière sa main gauche, elle avait très sincèrement envie d’éclater de rire et d’aller dire aux gens que non, il ne serait pas aussi simple de sortir, mais à quoi bon ?

Elle émergea de son état de presque euphorique aux exclamations d’un homme qui proclamait qu’il était médecin. Oh, il y avait donc un corps, quelque part sur la scène, mais des mètres et un véritable barrage humain la séparait de la dernière oeuvre du Poète et la jeune femme savait évaluer ses options. Tenter de savoir qui était la victime était exclu et complètement idiot, il lui fallait autre chose. Comme… « Jimmy… » Son regard se posa sur le jeune homme et elle arriva près de lui en quelques enjambées, une partie d’elle navrée de le voir étaler sur le sol. Elle lui tendit la main et sans attendre de réponse particulière, elle le força à se lever un minimum et tira une chaise, une des seules qui n’avaient pas été renversées pour qu’il puisse s’asseoir. Il aurait pu se demander d’où elle tirait toute cette force mais là encore, c’était des choses dont Désirée ne souhaitait pas parler. Elle se força à ressentir quelque chose, à prendre une expression peinée, de montrer autre chose qu’un sourire béat. « Est-ce que tu vas bien ? » murmura t-elle à l’adresse du livreur. Question stupide, elle le savait, mais c’était ce que quelqu’un de normal aurait fait, n’est-ce pas? « Tu vois que me tenir la main n'était pas une si mauvaise idée que ça au final. » Une pique ironique avant qu’elle ne dépose un baiser sur son front, ce n’était pas l’inquiétude, ou le fait qu’ils étaient amis qui justifiait ce soudain élan d’affection non, c’était juste que devant ce garçon pale et maigrichon, Désirée ne voyait qu’une autre opportunité, une issue de secours. « Est-ce que tu peux marcher au moins ? Ça n’a pas vraiment d’importance, tout ce qui compte c’est que si la police me demande où j’étais, j’étais avec toi. » Ce sourire encore, celui qu’elle avait dit à Tobias de cacher en toute circonstance qui apparaissait sur son visage juste pour Jimmy, elle passa une main dans les cheveux du brun, presque surprise du presque silence qu’il y avait dans la salle alors qu’à quelques mètres d’eux, un homme venait d’enfoncer son épaule dans la porte pour l’ouvrir. « Essayez de briser une fenêtre ! Mais faites nous sortir de là. » Une autre exclamation qui contrastait totalement avec le visage désormais impassible de Désirée. Sortir, mais pour quoi faire au juste ? N’étaient-ils pas venus pour avoir plus d'informations sur le Poète, cette bande de curieux maladifs et pervers ? Ils allaient tout avoir en plus, et gratuitement. « Tu sais ce qu’on dit, on a rien sans rien… » conclut Désirée. Elle détacha son regard de la porte un instant avant de poursuivre. « Et, si tu as une très forte envie de sortir, je te prierai de la réprimer, la soirée ne fait que commencer, si ça ne te dérange pas de m’aider à garder un oeil sur Liam et sur notre journaliste préféré…. Question d’intérêts personnels dira t-on. » Elle n’avait absolument pas conscience du seul coeur qui battait trop faiblement dans la salle, le seul, le seul qui était vraiment en train de lutter et le seul qui avait vraiment souffert. Celui d’Adam à quelques mètres de là, celui qui essayait désespérément de pomper du sang. Mais très franchement ? Pour Désirée, ça n’avait pas la moindre importance.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 22 Mai - 5:00

S’il avait louché sur la feuille que tendait Désirée à son grand brun, il s’en désintéressa vite, et l’énième remarque infantilisante que lui adressa la romancière ne le poussa pas vraiment non plus à s’attarder dessus. Non pas que ce ne soit pas transcendant, une feuille avec une virgule dessus, hein, ça valait franchement la peine d’être vénéré pendant des heures, mais il ne fallait pas pousser non plus, il comprenait l’idée. Qu’elle ait été placée là par le Poète lui-même ou par un petit malin qui profitait de la tendance pour se sentir important deux secondes, c’était du pareil au même, il y avait peu de chances d’en tirer quoi que ce soit. Au mieux, c’était de la pollution de la part du tueur qui semait tout un tas de trucs sans rapport avec le sujet, au pire rien du tout. Et puis … Il glissa un regard désabusé à ses côtés. C’était sans compter que même s’il y avait là une trace quelconque, il y avait fort à parier que Désirée la garde pour elle. Alors inutile de perdre du temps et de l’énergie à entrer dans leur petit jeu. Qu’ils en fassent un avion si ça les éclatait.

De toute façon, son attention fut vite détournée d’eux par un bruit sourd. Non loin de leur petit groupe d’asociaux, une jeune femme tentait visiblement d’ouvrir la porte. Et ne semblait pas particulièrement exceller dans cette discipline, maintenant que vous le dites. L’espace d’un instant, il se pencha légèrement pour voir ce qui coinçait, puis se trouva stupide. Putain, évidemment. En y pensant une seconde, ça paraissait logique. Comment ne l’avait-il pas vue venir ? Il n’aurait même pas à se salir les mains. Une simple poussée dans le bon sens et tout s’enflammerait tout seul. Maintenant, il suffirait de crier Bouh et la foule se chargerait toute seule de créer le chaos et de s’entretuer. Et de donner à son tueur en série local encore plus de pouvoir dans le processus, bien entendu. Cette réalisation eut beau le consterner … Il fallait bien admettre au Poète un certain sens du marketing.

Et voilà que tombait le Bouh en question. Merde, il aurait pensé avoir plus de temps. Quelques minutes au moins, le temps que le mot se propage qu’ils ne pouvaient pas sortir, que la panique monte d’un cran, un peu de torture psychologique avant l’apogée du truc, mais non. Il n’eut même pas quelques secondes, même pas le temps de se demander d’où venait la voix ou de voir ce qu’il y avait sur scène, même si les cris et les bruits de chaises violentées de partout laissaient peu de doute quant à la nature du spectacle. Agh, il avait merdé, il avait merdé, il … Il ne put même pas lever les bras que déjà un corps le tamponnait violemment. Puis un autre. Des membres, des ongles, des pieds, il pouvait difficilement distinguer les différents amas de chair qui l’entouraient. Le sang-froid qui lui avait coulé dans les veines jusque-là commençait à le quitter, et il tenta vainement de pousser à son tour, combat perdu d’avance qui n’aida en rien sinon à en énerver certains qui n’avaient vraiment pas besoin de ça. Son bras ripa contre une épaule qu’il tentait d’agripper, et il perdit l’équilibre.

Putain, si ça devait être comme ça qu’il mourrait, il allait vraiment l’avoir mauvaise. Et, vu d’ici, recroquevillé contre le sol à tenter de ramper hors de la mêlée, ça paraissait une forte possibilité. Sa respiration peinait dans la poussière et la chaleur. Il sentait le sang battre douloureusement derrière sa pommette, peut-être brisée par le sol ou par une chaussure, ses membres tremblaient. Et il aurait juré que quelqu’un avait marché sur sa main. Mon dieu, c’était tellement con, les gens. Pas forcément individuellement, mais il se passait toujours quelque chose quand on les mettait en tas. Argh… Quelques mètres, Jonathan Robert Mulligan. Quelques mètres pour se mettre à l’abri et souffrir le martyre tranquille. Il tira sur les muscles qu’il n’avait pas, grimaçant tout seul. Eh, quoi, ça aurait pourtant dû lui plaire, de sentir son instinct de survie se mettre en marche, lui qui était toujours à la recherche de frissons… Mais non, se faire piétiner n’était pas comme s’allonger sur un chemin de fer ou marcher sur une corniche. D’abord parce que ça faisait mal. Et puis parce qu’il avait perdu tout contrôle, et que rien ne le fichait plus en rogne que d’être transformé en victime. Aaouh… Pourvu qu’ils s’en souviennent, qu’ils avaient tué un pauvre gamin en tentant de sortir, cette bande de connards. Dans une tentative désespérée de croire en l’humanité, il tendit la main.

Celle qui la prit n’allait certainement pas restaurer sa foi, mais il resserra les doigts autour des siens tout de même ; et la laissa le tirer vers le haut, ignorant les plaintes de son corps qui ne le soutint que quelques secondes avant de l’écrouler dans la chaise qu’on lui présentait. A bout de souffle, il tenta un inventaire de tout ce qui avait été endommagé dans l’aventure, mais abandonna vite, inutile de se faire peur tout seul. Le plus urgent semblait de contrôler l’asthme qui lui naissait dans la poitrine, une autre mort débilos qu’il était déterminé à éviter. Où était son inhalateur ? Il ne savait plus s’il l’avait eu et lâché ou s’il ne l’avait juste pas pris. Quelque part à portée d’oreille, Désirée s’enquérait de savoir s’il allait bien. Il trouva ça ironique. Est-ce qu’elle s’en souciait, il ne savait pas. Ne saurait sans doute jamais. Il se força à la regarder, et sa tentative d’humour l’acheva complètement. Qu’est-ce qu’elle voulait, au juste ? Pourquoi maintenant ? Il la dévisagea comme s’il lui était poussé une seconde tête. Elle le séduisait. Il était là à lutter avec ses poumons et ses potentielles fractures, et elle, elle lui faisait du charme. C’était tellement absurde. Il en ressentit une pointe de pitié, et elle absorba toute fascination. C’était vraiment difficile pour elle de comprendre comment marchait un gens normal, hein ? Un fossé se creusa entre eux, et il ne fit rien pour le combler. Si on en était là, alors soit. Et voilà qu’on y arrivait, à ce qu’elle voulait. Un alibi. Au moins aurait-elle besoin de lui en vie …

Mais pourquoi ? C’était la vérité. Pourquoi prendre la peine de lui faire miroiter de l’affection juste pour dire la vérité ? Et puis il semblait clair que ce qui était sur scène y était depuis un bail, ce n’était pas comme si ça la disculperait… Il ne comprenait pas, mais il avait d’autres soucis et peu de conscience pour y réfléchir. Alors il haussa faiblement les épaules, et lui donna ce qu’elle voulait. Si elle voulait s’enfoncer dans le crâne qu’il était à elle, il ne voyait pas de raisons de la démentir. Pour l’instant. S’il raconterait la même chose à qui lui demanderait, ça, ça restait à décider. Sans doute, oui, parce qu’il était inutile de provoquer sa méfiance si l’enjeu n’en valait pas la peine… Mais il n’éprouvait pour elle aucune loyauté. Aucune.  

- … t-tu étais avec moi, de toute façon…

Quant au reste, elle pouvait aller se faire foutre. Il hocha sagement la tête, parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire, mais le geste était creux. Quelle garantie avait-elle qu’il partagerait ce qu’il savait avec elle, si un jour il mettait la main sur quoi que ce soit ? Tant qu’à utiliser quelqu’un, il valait mieux s’attendre à se voir rendre la pareille. Soit, pour ça, il faudrait d’abord qu’il réussisse à dépasser ce moment à tenter de se calmer pour ne pas crever d’asthme tout de suite, mais la décision restait réelle, en théorie. S’il s’en souvenait lorsque le bordel se serait un peu calmé.

De loin, il se demanda qui c’avait été, cette fois. S’il les connaissait.

… Tant que ce n’était pas Elliot ou Willow.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 26 Mai - 15:24

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


Trop de choses à faire, c'était clairement le cas, et cela ne me plaisait pas. Le Poète avait du s'en donner à coeur joie, vraiment pour torturer ce pauvre homme qui n'était pas encore mort fort heureusement, même si cette mise en scène était une nouvelle fois grotesque, mais terriblement machiavélique. Je ne comprenais cependant pas pourquoi il ne l'avait tout simplement pas tuer. Est ce que cela était volontaire ? Est ce qu'il voulait que nous le trouvions en vie ? Possible, je ne saurais dire ce qu'il en était, mais il jouait clairement avec nos nerfs. Si je savais me montrer patiente, là, j'étais au bord de l'implosion, parce que c'était la première fois que je trouvais une victime de la sorte. Lors de la battue au Willow Lake, il s'en était fallu de peu pour que nous trouvions la victime en vie, quelques minutes, tout au plus. Là, que se serait-il passé si le rideau ne s'était pas ouvert ? Le pauvre Adam se serait vidé tranquillement de son sang sans que nous puissions rien y faire ? Sans doute, mais ce n'était à présent plus le cas, cependant, si les secours n'arrivaient pas, il finirait par mourir. Le colonel me demanda alors d'appeler les secours ce que je fis immédiatement, leur disant de venir à la mairie avec le plus de monde possible, parce que nous avions une victime gravement blessée, mais il allait y avoir des dommages collatéraux à n'en pas douter. Un jeune homme venait de venir vers nous, je ne le connaissais pas vraiment, quoique, il me semblait qu'il était le tatoueur de la ville, non ? Il connaissait la victime et nous disait donc d'appeler Jesse qui était rester au commissariat si je ne m'abuse. Le colonel lui dit de se calmer, lui annonçant qu'il n'était pas encore mort. Enfin, pas encore, mais s'il ne recevait pas des soins rapidement, je ne pourrais pas lui garantir sa survie. Il avait visiblement perdu pas mal de sang quand même. Le colonel me fit comprendre du regard que je devais m'occuper du tatoueur. Je le regardais dans les yeux alors que tremblant, il venait de faire tomber son téléphone.

" Calmez-vous. Je viens d'appeler les secours, ils arrivent, Adam va s'en sortir, c'est un battant, il ne peut pas mourir. Regardez-moi. Calmez-vous, nous allons appeler Jesse, ne vous en faites pas. "

J'essayais d'être la plus convaincante possible, même si je ne savais pas si cela ferait son effet. Je le regardais plus déterminée que jamais à faire en sorte que les secours arrivent vite, qu'Adam ne meurt pas. J'entendis alors le colonel appeler James. C'était un des médecins de la ville et il devait être là, dans la foule.

" Voyez, un médecin arrive déjà pour s'occuper de votre ami. Ne vous en faites pas, cela va bien se passer. "

Je ne savais pas cependant quel serait son diagnostic, mais le spectacle n'était pas beau à voir, c'était une certitude, mais le Poète avait plus que savamment bien calculé son coup. Où se trouvait le maire ? Cette question resterait en suspens car nous avions plus urgent à faire pour le moment. Le colonel avait donc donner ces ordres à Mahonney, je n'avais pas entendu clairement ce qu'il lui avait dit, mais visiblement, les communications allaient être coupées. Nous allions avoir besoin de tout le monde parce que toutes les personnes présentes dans la salle étaient de potentiels suspects. C'était la merde, plus que jamais. Le Poète devait être par là, s'amusant sans doute de la situation. Espèce d'enfoiré ! James commença donc à l'examiner. Visiblement, il lui fallait du sucre. C'est bête d'habitude, je me trimbale mon café et mon sucre sur moi, mais pas aujourd'hui. Mais nous étions à la mairie, il devait bien y en avoir quelques parts ? Mais où ?





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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 26 Mai - 15:47

Killer Conference

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Tu sais que tu n'aurais pas du venir, tu le sais clairement. C'était une bien mauvaise idée, une idée terriblement mauvaise mais tu es là. Heureusement pour toi, tu es avec un visage familier qui te rassure, un peu, juste ce qu'il faut pour le moment, mais tu as peur, tu sens que ça ne durera pas longtemps. Tu observes ton monde, il semble qu'il soit en train de partir dans une direction qui va te faire mal, et inconsciemment ou presque ton regard est attiré par cette jeune femme noire de peau. Elle semble paniquée, et elle te fait avoir quelques sueurs froides. Tu te sens proche de l'apoplexie. Tu sens que ton coeur va lâcher, que tout ton corps va te lâcher. Tu le sens, tu le sais même, cela va se produire. Et cette jeune femme annonce quelques choses qui commence déjà te faire défaillir. Tu regarde autour de toi, tu te demande qui est le Poète. Tu regarde tout ces visages, certains sont calmes, paisibles, mais d'autres sont complètement apeurés. Certains veulent sortir de la salle mais la porte ne s'ouvre pas. Tu déglutis difficilement, parce que ce n'est pas encore le clou du spectacle. Ce n'est que le premier rebondissement avant une nouvelle péripétie. Tu n'as pas la force de bouger, tu es là sur ta chaise, tes jambes sont pleines de fourmis, et ce n'est pas tout, on dirait qu'elles sont comme un coton, tu es pétrifiée par ce que tu as entendu, et c'est alors que le rideau s'ouvre, laissant place à un corps sur la scène. Tu pousse un cri strident, tu as peur, mais ton corps se retrouve totalement incapable de réagir. Tu as néanmoins la force de regarder James qui est ton seul rempart pour ne pas partir vers des contrées plus lointaines. Ton regard est tout simplement mortifié, totalement apeuré, tu es proche de la rupture, tu le sens. Mais James est là pour te soutenir. Tu ne remarquais même pas qu'il semblait lui aussi apeuré. Mais grâce à ce pilier, même si tu étais figée sur place, tu ne sombrais pas complètement. Il te dit quelques choses d'incompréhensible à tes oreilles, alors que tu le voyais s'éloigner de toi. Ton seul pilier venait de foutre le camp. Tu regardais autour de toi, tu aurais bien voulu le suivre pour être en sécurité avec lui. Cette sécurité aurait été toute relative pourtant. Puis ton regard croisa celui d'une femme qui semblait être avide de sang, comme un regard qui vous glace. Tu ne la connaissais pas, sans doute ne t'avait-elle même pas vu dans la foule mais son regard te fit perdre pied, lançant ton imagination paranoïaque dans des confins lointains, dans des lieux où tu n'étais plus qu'un corps inerte. Tu perdais complètement pied, tu sentais alors comme un coup dans ta poitrine, ton coeur était en train s'emballer à moins que ça ne soit ta respiration qui se coupait, à moins que ... Puis, tu te sentis partir t'effondrant inconsciente sur ta chaise à cause du trop plein, inerte tu étais alors que personne ne semblait se soucier de toi, tu venais de perdre connaissance, et finalement tu te sentais enfin à ta place. Peut être que tu as bien fait de venir ici, peut être que tu viens de faire une crise cardiaque et que tu as enfin réussi à rejoindre les morts, à moins que tu ne sois simplement qu'endormie, parce que soudain, tu rêves que tu as rejoint les autres victimes du Poète dans leur paradis rien qu'à elles, et que tout le monde le vit bien, que tout le monde se sent bien, et qu'ils sont ravis de t'accueillir. Tu revois ton ancienne voisine qui semble à la fois heureuse et triste de te voir ici. Tu n'as plus conscience de ce qui se passe autour de toi, tu ne sais plus rien, peut être que l'on s'occupe de toi, peut être que ton corps est simplement piétiné par les personnes apeurées, peut être que tu es vraiment morte ...



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Brisée, tu es, brisée tu resteras, jusqu'au jour où tu ne le seras plus, ce jour là, tu seras morte, à n'en pas douter, tu ne vivras plus. Tu ne sais quand ton heure viendra, tu es juste certaine que tu le feras, à un moment donné, ou que le Poète se chargera de ta sentence, parce que tu es persuadée que ce jour-là, il t'aurais tuée toi si tu avais été dans la maison de la voisine. Depuis ton monde s'est arrêté, et toi tu continue à vivre, en t'enfonçant dans les abysses.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceLun 30 Mai - 17:11

Il n’avait rien eu le temps de voir, le troupeau se dispersant aussitôt le rideau tombé, la foule se précipitant vers la sortie principale où les issues de secours, bousculant tout sur son passage, prenant parfois un malin plaisir à renverser le matériel des journalistes venus en nombre ce jour-là pour immortaliser le discours du maire. Si seulement. Si seulement les dizaines de caméras braquées sur le demi-mort avaient véritablement eu le pouvoir de le réveiller, le teint radieux et la mine enjouée. Mais rien de tout cela n’était possible, pas même envisageable. Il fallait compter sur autre chose, même si Peter essayait tant bien que mal de protéger ce qui se trouvait encore sur ce trépied, sa paume trouvant la poignée de la caméra afin de récupérer l’objet et pouvoir la braquer sur le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau, le cadavre sur la scène. C’était sans compter sur le colonel et ses fourmis qui se regroupaient autour du corps, comme des drosophiles appâtées par l’odeur de la chair en décomposition, le vautour se chargeant quant à lui de trouver le bon angle pour fondre sur sa proie. Et il aurait dû se montrer plus attentif, plus prudent aussi sans doute, les habitants de Fairhope s’élevant face à lui, le retenant de faire une erreur qu’il allait regretter avant même d’avoir eu le temps de la commettre. Ses mains moites lâchèrent la caméra, la culpabilité attaquant déjà le bout de ses ongles, jusqu’à venir pourrir sa moelle, tandis que son regard se posait sur la nouvelle victime.

Pas besoin de lui dire à qui appartenait cette paire de lunettes et ces litres de sang, Peter était suffisamment près de la scène pour que les traits de ce visage endormi le ramène dans une demeure de Fly Creek qu’il avait l’habitude de venir polluer de sa présence. Putain de merde. L’inspiration suivante fut plus désespérée que les autres, ses doigts se mettant à frémir, l’échine soudainement aussi rassurée que le reste des son corps. Un regard bref, et une pensée plus rapide que les autres qui vint lui marteler le crâne si brusquement qu’il en eut la migraine. Instinctivement, sa main se plaqua contre son torse, à l’endroit où le butin qui s’y trouvait pouvait directement le relier à cette énième scène de crime. Merde. En une fraction de seconde, l’affaire était devenue personnelle. Une fois sorti d’ici, on lui poserait tout un tas de questions comme les certaines d’autres habitants, on prendrait sa déposition, ses empreintes digitales, on procéderait à une fouille minutieuse et… Impossible qu’on le trouve avec ça, avec ce que Désirée elle-même lui avait refilé, ce qu’elle avait volé à Mary Wilson sur son lit de mort naturel. Impensable, surtout quand le chemin à faire pour remonter jusqu’à lui paraissait bien rapide. Adam. Willow. Peter. Ou plus logique encore, on remonterait dans son enfance et on lui découvrirait un passé avec un certain Mahoney, une amertume et une animosité communes qui justifieraient que le journaliste s’en prenne à la moitié de l’officier. La conclusion lui retourna l’estomac, et en dernier recours, le blond profita de la cohue pour se précipiter contre le sol, rampant entre les chaises à la recherche d’un bout de tissu, d’un bout de papier quelconque qui lui permettrait d’extirper la preuve de son costume sans laisser d’empreinte dessus, avant de la laisser trainer au milieu de la pièce, à la merci des flics qui finiraient bien par la découvrir une fois la mairie vide et le calme revenu. Un ou deux talons avaient rencontré son corps au passage, foulant ce qui était encore vivant sans se soucier de ce dont il s’agissait, laissant à la traine ceux qui ne parvenaient pas à reprendre leur souffle au milieu de cette marée humaine.

Une fois sa mission accomplie, Peter roula sur le dos, protégeant son visage déjà amoché à l’aide de son bras, ses yeux cherchant les hauts-parleurs qui continuaient de diffuser la même rengaine sordide, les repérant rapidement malgré la foule d’habitants qui se pressaient vers la sortie pour tenter de survivre. Une chance qu’il ait déjà passé plusieurs longues minutes à observer le plafond tout à l’heure, il n'eut alors aucun mal à en discerner deux, puis un troisième, avant de mettre un temps fou à dénicher le dernier. La suite ? Sa carrure et ses larges épaules furent un véritable atout pour l’aider à se hisser à nouveau sur ses deux jambes sans se faire emporter. Le devant de la scène était quasiment désert, à part pour les corps tétanisés qui avaient eu le réflexe de se recroqueviller à même le sol dans l’espoir sans doute qu’on les y enterre encore plus rapidement, les mains plaquées sur leurs oreilles pour ne plus entendre l’affreuse voix métallique qui leur glaçait le sang. Plus qu’une solution, pas vrai ? Tout allait trop vite de toute manière, il n’y avait pas une seule seconde à perdre, et du fait du déplacement quasi-instantané de la foule vers le fond de la salle, Peter pouvait presque entendre le médecin réfléchir de là où il se trouvait. Il se réconfortait en se disant qu’il n’y avait pas d’autre solution, pas d’autre issue que celle-ci. Les mains frémissantes, il agrippa son arme, s’en saisissant pour la braquer vers un haut-parleur, la première détonation couvrant la voix impersonnelle du tueur, Peter devant s’y reprendre à deux fois pour les détruire l’un après l’autre et que revienne le silence. Un silence glacé.

Les vivants s’étaient précipités vers le carrelage, avant que Peter ne lève calmement les bras en l’air, sur ordre du colonel qui le tenait en joue depuis la scène. « Lâchez votre arme, Howell. » Sa voix s’écrasait contre les murs. Plus un seul bruit dans toute la pièce. « Que les blessés se manifestent et s’approchent de la scène. Et par pitié, libérez les accès pour que les renforts puissent ouvrir les portes sans blesser personne. Restez calmes pendant que les officiers commencent à relever vos identités. » Peter ne montra aucune forme de résistance, posant son arme avant de rester immobile jusqu’à qu’on se dévoue pour venir lui passer les menottes, le regard braqué sur Adam qui n’avait pas bougé d’un millimètre. Le blond eut du mal à déglutir. Pas de doute, c’était devenu personnel ; et si Willow avait eut le malheur de se retrouver en lieu et place du barman, Peter aurait sûrement vider son chargeur sur les innocents, priant pour qu'une balle perdue atteigne enfin le Poète.


Spoiler important à lire :
 

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 2 Juin - 16:50


L’air ambiante, elle devenait insupportable, presque irrespirable tant les gens se mettaient à s’affoler créant une atmosphère lourde et pénible. Rickon n’était pas du genre à paniquer, loin de là. Mais ici, dans ce lieu, tout lui donnait envie de fuir et l’incapacité à réaliser cette action le mettait dans un état non habituel. Pire encore, le fait d’essuyer tous ces regards et tous ces chuchotements sur son passage l’avait rendu aigri. Son corps, affalé sur la chaise, fut accompagné d’un grommèlement quant à son annonce à Genesis qu’il se tramait quelque chose ici. A rappeler que jusque-là, son instinct ne lui avait jamais quasiment porté défaut. Gilliam ne cessait d’ailleurs d’en remercier le ciel pour ça. A la différence, qu’aujourd’hui, il était purement et simplement présent dans ce foutu merdier, la mère de son fils avec. « Je reste. Je crois que ça va devenir intéressant, et puis tu es là non ? Je vais écrire un message à Rebecca pour lui dire qu’on rentrera tard. » Il était là certes, et le poids de l’arme gelée contre son flanc le rassurait quelque peu, mais cette foutu ambiance qui régnait ici ne cessait de l’inquiéter. Un seul homme contre une marée humaine pouvait très bien avoir la meilleure défense possible, il n’en viendrait jamais à bout. Il lui fallut un instant avant de voir le regard de Genesis se porter avec attention sur lui. Puis le Biker comprit qu’il devait à son tour baisser le regard vers le téléphone de la blonde et lire ce qui y était inscrit. Contre toute attente, il dut se relire mentalement le message intérieurement avant d’en comprendre toute l’intégralité et les conséquences que cela pouvait avoir. Et là, où son cerveau lui intimait fortement de lui crier dessus en lui annonçant qu’elle était complètement folle à se lancer corps et âme en solo dans cette enquête ses lèvres restèrent muettes et il hocha négligemment la tête en signe d’acceptation.

« Bon ! Dis-moi étant donné qu’on a l’air d’avoir du temps devant nous. Pourquoi es-tu venu ici ? En fait j’ai du mal à comprendre puisque tu devais te tenir loin de moi pour le club et Gilliam. » Et c’est là qu’il comprit. Comprit qu’elle avait tout saisie de travers, qu’il aurait aimé lui expliquer que concilier les deux n’étaient pas quelque chose tout compte fait d’infaisable. Cette nuit-là, l’annonce d’avoir un fils l’avait perturbé au point de se sentir incapable de d’apprendre à le connaitre en plus de gérer son éducation. Maintenant que cela venait de se faire presque naturellement, il savait que tout ce qu’il avait pu lui sortir était simplement et purement faux. Mais le temps n’était pas à leur disposition, puisque les lumières commencèrent à s’éteindre, et qu’une voix glaciale envahie la salle. Le poète. Eh bien, fallait croire qu’il avait vu juste. Derrière lui, les cris s’intensifièrent, et quand tous cherchèrent une sortie pour s’enfuir de cette salle, son visage las resta braqué sur le devant de la scène. Le rideau rouge ne s’était pas encore levé. Pourtant, Rickon était persuadé que derrière celui-ci se tenait quelque chose. Comme un clou du spectacle et que le spectacle lui-même était pour le moment en train de se dérouler dans cette salle. Genesis resta également sur sa chaise, les yeux rivés sur ce qui était en train de se passer autour d’eux.

Et puis en quelques secondes tout s’intensifia. Le rideau se leva, la foule en état d’alerte ne remarqua pas de suite ce qui se trouvait à présent sous leurs yeux. Un homme, ensanglanté, inconscient était ligoté sur une chaise. Tout prit peu à peu de son sens. Le poète avait réussi à les attirer là. Tous sans exception. Et d’une quelconque manière que cela soit, il venait de leur prouver qu’ils n’étaient autres que ses propres marionnettes. Cela eu le don de toucher quelque peu l’égo de Rickon. Depuis quand, quelqu’un pouvait et avait tout droit sur lui ? Non décidément cela ne pouvait être ainsi. Se levant de sa chaise, il intima à Genesis de rester ici pour ne pas avoir à la chercher partout lorsqu’il reviendrait la chercher. Remontant à contre-courant une foule inquiète et apeurée, Rickon ne prit pas attention à ce qui se passait sur scène et encore moins au fait qu’un médecin était venu en aide à la victime. Un certain Adam apparemment. Le seul objectif du blond : cette putain de fenêtre qui devait finir par s’ouvrir coûte que coûte. Une fois devant cette dernière, il extirpa son arme de son holster, la foule n’y prêtant même pas attention. Puis à l’aide de la crosse il commença à cogner le carreau. De plus en plus fort jusqu’à l’apparition d’une fissure dans la vitre. Quelques secondes plus tard, le carreau venait de céder. N’éveillant aucune curiosité de la part des personnes présentes tant ceux-ci étaient préoccupés par ce qui se passait sur scène tout en reculant vers l’entrée de la pièce afin de dénicher une sortie le plus vite possible. La voix triomphale et glaçante du poète résonnait en boucle, laissant une trace indéniable sur chacune des personnes présentes ici. Comment l’oublier ? Maintenant que la fenêtre était ouverte, il ne restait plus qu’à Rickon le soin d’ouvrir le volet métallique. Une chaise, il lui fallait une chaise. Sans doute pas l’idée du siècle mais ce fut hélas la seule qui lui traversa l’esprit. Se retournant vers la salle, un regard au loin lui permis de remarquer que Gen’ l’observait, puis il agrippa le dossier d’une chaise vide et dans lequel il mit toute la force nécessaire pour venir la faire cogner contre le rideau de fer dans un mouvement de rotation. Une fois, puis une deuxième fois…. Puis ce fut une rafale de coups de feu qui vint accompagner le raffut que lui faisait. Cette action eu néanmoins le don de faire taire cette voix pétrifiante. Un rapide coup d’œil dans la direction des tirs, et Rickon aperçu Peter, l’arme à bout de bras. Fallait croire que ses leçons en tir portaient leurs fruits. De son côté le Biker, après maintes reprises, avaient fini par faire céder le volet, réduisant ce dernier en quelque chose qui ne ressemblait pas à grand-chose. Dehors, la nuit venait d’envelopper en tout point la ville, et le seul son qu’on pouvait entendre au loin, était les gyrophares des secours qui allaient arriver d’un instant à l’autre. Enfin une délivrance commençait à s’entrevoir. Une délivrance qui n’aurait certainement pas le même gout pour tout le monde…

Lorsque Rickon voulut rejoindre Genesis, il fut obligé de passer devant la scène, de passer devant Peter qui avait fini par lever les mains au ciel, l’arme au sol. Un colonel de police, tenant en joue le journaliste. Au cours de l’année, ce dernier n’avait eu de cesse d’être la proie facile des habitants quant à cette histoire de meurtre. Ce fut même le pourquoi de leur rencontre. Et contre toute attente, l’aversion que portait généralement Rickon pour toutes personnes fouinant un peu trop dans la vie des gens s’était transformée en une affection pour ce type. Il aurait voulu leur crier d’aller s’occuper du vrai responsable et d’arrêter de s’en prendre aux personnes qui voulaient tout comme eux trouver le vrai coupable. Mais en cette soirée plutôt sanglante, le mieux qu’il puisse faire pour lui, pour Genesis pour son fils et le club s’était de se taire. Il ne lâcha néanmoins pas son regard de Peter, tentant de capter le sien, lui signifiant qu’il était de son côté. Genesis vint le tirer de la culpabilité qu’il sentait monter en lui de ne rien pouvoir faire pour cet homme qu’il appréciait. « La fenêtre à gauche de nous, elle est ouverte. On se tire de là. » La procédure ou pas. Il savait qu’en franchissant cette fenêtre, la foule ne tarderait pas à suivre ses pas, laissant ici la pauvre victime, le médecin, les personnes incapables de bouger tant la peur avait réussi à les tétaniser sur place, et Peter…

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 2 Juin - 19:55

Elle se délectait de cette trouvaille, semblable à une enfant qui venait de découvrir les premiers cadeaux de Noël déposés sous le sapin. Cette sanglante découverte attisait la curiosité de Genesis, à tel point qu’elle laissa l’une de ses barrières sombrer, prononçant avec cynisme la constatation de ce que lui avait dit Rickon la dernière fois où ils s’étaient vus. C’est donc avec un cynisme provoquant qu’elle se délectait de sa trouvaille, guettant le moindre signe chez le Biker. Elle fut rapidement déçue car interrompue dans sa fouille visuelle par des hurlements partiellement recouverts par une voix mécanisée. Le poète. Le seul et l’unique s’exprimait. Un frisson d’excitation parcourait l’échine de la blonde. Elle releva son visage de l’épaule large du biker, portant toute son attention sur le rideau rouge. Elle n’entendait plus les bruits de la foule, encore moins la voix du poète, seul ses battements cardiaques qui s’entrechoquaient contre sa cage thoracique résonnaient à l’intérieure de son crâne. Elle n’avait pas ressenti de sensations semblables depuis le FBI, lorsqu’elle se trouvait face à des tueurs en séries vicieux, immondes, résidus de ce qu’était le monde.

La blonde retenait son souffle, les iris pétillantes lorsque le rideau se leva, elle ressemblait presque à ces jeunes filles en fleurs qui attendaient l’apparition de leur chanteur favoris. Hélas, ici, il n’y avait ni chanteur aux paroles dégoulinants d’amours, non, un corps frêle et sanglant fit son apparition. Aussi égoïste que cela fut-il, Genesis n’arrivait pas à détacher son regard de cette œuvre. Elle semblait comme collée à cette chaise, le cœur battant à vive allure tandis qu’elle vit quelques personnes s’élancer au secours de la victime. Le blond lui ordonnait de ne pas bouger et elle acquiesça d’un mouvement de tête sans prendre la peine de le regarder. Soudain, elle songea aux indices, à l’importance de ces derniers. Elle regarda autour d’elle, plus loin une jeune femme venait de s’évanouir, quelques personnes se levèrent, se bousculèrent. Alors la grande blonde pencha son corps en avant, tirant son sac à main, elle glissa le portable de Mary à l’intérieur de son sous-vêtements en dentelle noir, personne n’oserait fouiller sa poitrine voluptueuse. Quant à la carte d’identité, elle la glissa à l’intérieur de son pantalon, dans la lingerie qui enrobait sa hanche droite. Elle glissa sa veste sur ses épaules, non sans se faire bousculer. Une fois son stratagème mis en place, elle porta son attention sur le père de son enfant. Ce dernier se battait sauvagement avec la vitre, elle souriait. Non plus parce qu’elle trouvait le poète des plus ingénieux, mais parce qu’elle aimait Rickon. Cela lui était apparu comme ça, là, à cet instant précis. Elle se remémorait les paroles de Michaela, puis celles de Rebecca. Il était ici, malgré toute l’horreur qu’il ressentait pour la foule et le commun des mortels, il était venu ici.

Des coups de feu se mirent à résonner, faisant sursauter la blonde de sa chaise. Elle pencha son corps en avant, observant à présent Peter sur le point de se faire arrêter. L’idiot venait de se mettre à nouveau dans une situation pénible, sans compter qu’il était le suspect parfait depuis un long moment à ce qu’elle avait compris. Néanmoins, la profiler l’élimina personnellement de la liste des suspects, cet homme était bien trop peu froid et calculateur pour être le poète, après tout il paniquait et ce depuis le début de la soirée. Malgré tout, son anxiété pouvait prouver qu’il était au courant de tout cela depuis le début. Un point d’interrogation s’ajouta à sa longue liste, mais elle fut vite attirer par l’arme que le journaliste détenait. Elle priait intérieurement pour qu’elle ne vienne pas du club de biker, sans quoi Rickon courrait droit dans le mur. Par ailleurs le blond de posa devant elle. « La fenêtre à gauche de nous, elle est ouverte. On se tire de là. » Cette fois-ci, elle se leva sans rechigner, il n’y avait plus rien à voir si ce n’était une foule en panique, un corps à peine vivant et un pauvre journaliste totalement hystérique. « Ok, je te suis. » Elle glissa sa main dans la sienne, collant son corps contre celui du biker afin de se protéger des mouvements de foules.

Lorsqu’ils furent à hauteur de la fenêtre la blonde laissa en premier lieu Rickon glisser son corps par la fenêtre, à son tour elle tenta l’expérience et se coupa légèrement la joue droite. « Merde ! » Grommelait-elle avant d’inspirer une grande bouffée d’air frais. Elle posa son regard sur le barrage de police. Ils ne devraient pas partir avant une bonne heure. « Bon on échappera pas à ça ! Je te propose une soirée au bord de la plage avec bière comme au bon vieux temps histoire de fêter cette soirée mémorable » Pour la première fois depuis longtemps elle lui offrit un sourire sincère. « Enfin après qu’on soit passé à travers tout ça. » Elle enlaça un peu plus la main du Biker contre la sienne. Décidément, cette soirée était pleine de surprise. Des meilleurs d’ailleurs.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceMer 8 Juin - 0:37

« … Si seulement c’était aussi simple Jimmy. » murmura la rousse, ses yeux se promenant sur la salle qui avait des allures de chaos. Du reste, de l’expression presque écoeurée du jeune homme, elle ne le remarqua pas. La romancière n’en avait que faire de ce qu’il pouvait bien penser d’elle de toute façon, arrondir les angles, c’était bon pour les personnages de.… eh bien de roman tout simplement. Ce qu’ils vivaient ce soir avait des allures de réel et Désirée était certaine qui si on ne faisait rien dans quelques instants une odeur de sang frais allait envahir les narines de beaucoup, peut-être qu’elle exagérait, peut-être que c’était déjà fait mais dans tous les cas, cela n’allait pas être beau à voir. Les gens avaient toujours des réactions peu normale quand la mort était si près. Mais c’était ce qu’Il voulait pas vrai ? Décidément, tout ça faisait de moins en moins de sens, plus son esprit retournait le problème dans tous les sens et plus elle se disait que quelque chose manquait. C’était trop brouillon, trop… impersonnel, et avec autant de monde, les chances de tuer était mince. Quel était le jeu alors ? Pourquoi toute cette fumée… Où était donc le feu ?  Au moment où cette pensée lui traversa l’esprit, le bruit caractéristique de coup de feu, justement, envahit la salle et Désirée eut le réflexe presque immédiat de se courber et de se protéger la tête. Mourir à cause d’une balle perdue maintenant aurait été idiot, très idiot même et surtout… surtout quand il s’agissait de Peter Howell à qui on était en train de passer les menottes.

Au moins cela avait eu l’effet de propagé un calme plat et presque tendu dans la salle, les yeux de tous rivés sur le blond. Désirée ne put s’empêcher, elle roula des yeux, il fallait compter sur le journaliste pour interrompre ses réflexions et elle sortit son téléphone portable de son sac, voyeuse comme on le luit avait appris et elle prit une photo de Peter qui surplombait de loin l’officier de police en face de lui et qui aurait pu se faire violence, mais il ne le fit pas et il se laissa docilement faire, juste là sur la scène. « … Pour la postérité. Ça fera un bon fond d’écran. » Lâcha platement Désirée, elle rangeait l’information dans un coin de sa tête, se demandant encore une fois si Peter avait voulu aider et faire avancer la situation ou juste montrer qu’il avait bien les mains libres. Trop de questions sans réponses, il lui fallait de l’air frais, c’était certain. La foule commençait à se disperser, les ordres des policiers enfin suivis, on aidait les gens qui avaient été bousculés à se relever et au bout de deux minutes de rétablissement générales les portes furent enfin ouvertes. Pour dévoiler plus de policiers et la rousse distingua les lumières d’une ambulance au loin. La fête était définitivement finie, le casse-tête administratif allait commencer maintenant pour la police de Fairhope. « Tu es sûr que ça va ? » La jeune femme s’intéressa de nouveau à Jimmy. « Si tu as besoin de soin, c’est par là je crois… dans tous les cas ils vont nous demander nos noms et compagnie… une longue soirée en perspective donc. » Un commentaire tout aussi plat que le précédent et Désirée remarqua à peine le brancard qui passait trop près d’eux. Une victime qu’elle connaissait? Probablement.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 12 Juin - 18:47

killer conference



6 septembre 2015, 19:58

Mon thé est presque glacé. Et je me doute que leur sang l'est aussi.

Ils ont du mourir face à la découverte macabre. Certains ont du trépasser au moment même où leurs yeux se sont posés sur la carcasse de ce barman.

Le pauvre homme n'a rien demandé, il avait l'air d'être apprécié. Mais qu'est-ce que j'y peux ? À force de s'attacher, on finit par perdre ce qu'on a de plus précieux. Cette leçon vaut bien un carnage sans doute ?

On entend les sirènes au loin, les secours qui s'agitent et se pressent, qui passent et repassent dans la rue. La voisine s'inquiète, ses chats se mettent à miauler. Saleté de bestiaux.

Elle allume son téléviseur datant sûrement d'une des deux guerres. Elle n'a pas besoin de chercher longtemps pour voir les caméras postées devant la mairie, ce cher Peter qu'on sort menotté, et toutes ces fourmis enveloppés dans leurs couvertures de survie.

Il pleut sur leurs joues, et le ciel ne partage même pas leur peine.

Mais le plus triste dans cette histoire, c'est que mon thé est presque glacé.





explications
Au cours de ce sujet commun, vos personnages ont eu l'occasion de faire partie intégrante d'une nouvelle scène de crime. Afin que vous puissiez explorer des pistes IRP, voici les résultats des analyses transmises une dizaine de jours après la découverte du corps inconscient de Celestine Adam Miller.

résultats d'analyses
Dans la salle de conférence :
◆ Le sang retrouvé un peu partout dans la salle de conférence est bel et bien celui de la nouvelle victime, C. Adam Miller.
◆ Les empreintes de Peter C. Howell ont été retrouvées sur le masque découvert dans la salle de conférence, ainsi que l'ADN de Mary Wilson et celui d'une autre femme non identifiable.
◆ Les forces de police ont procédé au relevé des empreintes et d'ADN de la plupart des témoins. Une minorité ont réussi à échapper à ce contrôle.
◆ Une cellule spéciale a été ouverte par les forces de police et l'hôpital de Fairhope, psychologues et officiers se chargeant de recueillir le plus de témoignages possibles.

Sur la victime :
◆ La quantité de sang perdu par la victime ne permit pas à la centaine de témoin de lire ce qui avait été écrit sur son avant bras droit.
◆ La victime était également affublée d'une croix sur la tempe gauche, clairement visible pour une trentaine de témoins seulement (ceux qui se tenaient le plus près de la scène ou qui ont rejoint le corps).
◆ Les cordes ont laissé des traces autour des chevilles de la victime.
◆ La victime présentait plusieurs hématomes au niveau du visage.
◆ Aucun ADN n'a été retrouvé sous ses ongles.
◆ La victime ne présentait aucun signe d'abus sexuel.
◆ Après une analyse sanguine, les médecins ont pu conclure que la victime avait bien été droguée.

Perquisitions de la demeure et du lieu de travail de la victime :
◆ Aucune trace de lutte sur ces lieux.
◆ La présence de plusieurs ADN sur le lieu de travail de la victime ne permet pas de conclure à la présence du Poète (le bar étant très fréquenté par la population locale).
◆ Les verres et autres récipients présents sur ces deux lieux ont fait l'objet d'analyses, et aucune trace de drogue n'a été détectée.

Les indices que vos personnages ont trouvé au cours du sujet :
(ces résultats sont également exploitables, si, et seulement si, vous choisissez de faire analyser ces indices)

◆ Portable retrouvé par Genesis : il s'agit du téléphone d'Adam Miller que celui-ci avait perdu lors du Ruth Williams Charity Ball organisé en Janvier 2015.
◆ Carte d'identité retrouvée par Genesis : il s'agit bien de l'authentique carte d'identité de Mary Wilson.
◆ Feuilles retrouvées par Liam et Désirée : il s'agit d'un canular, des signes de ponctuations tracés au stylo rouge sur des feuilles.


Pour ceux qui voudraient encore poster leur propre conclusion, il vous reste une semaine pour le faire avant que le sujet ne soit verrouillé de manière définitive. En attendant, n'oubliez pas de laisser vos impressions et commentaires directement dans le flood de la conférence...

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Sujet: Re: • Killer ConferenceVen 24 Juin - 20:54

Un semblant de calme régna subitement dans la mairie. Jayla releva lentement la tête et ses mains plaquées sur ses oreilles glissèrent le long de sa chevelure. Les mains sur son cœur qui battait à tout rompre, elle observa les alentours. La stupeur se lisait sur son visage. Le déroulement de ces dernières minutes n’avait pas de sens. Pourquoi à une conférence de presse du maire, la voix du Poète avait-elle empli la salle ? Les coups de feu étaient-ils réellement l’œuvre d’Howell ? Quelle tragédie se jouait sur l’estrade ? Elle essaya de rassembler ses pensées.

D’abord chahutée au gré de la cohue, elle avait ripé au sol en perdant perdit l’équilibre dans une tentative d’éviter un coude dans sa face. Le spectacle de sa chute ne manqua pas de cocasserie, toutefois, dans le chaos, aucun témoin ne sembla y avoir assisté. Tant bien que mal elle avait commencé à se redresser quand des coups de feu avaient retenti. Instinctivement, elle s’était accroupie. Son mouvement fut suivi par d’autres, et notamment ceux qui hurlaient à la mort en tambourinant vainement sur les grandes portes. Dans ce silence momentané, la voix du colonel Akerfeldt avait tonné un rappel à l’ordre. L’autorité naturelle de ce dernier avait eut un effet anesthésiant. Peu à peu, une once de bon sens était revenu aux esprits désemparés.

Une main se proposa devant les yeux de la lab tech. Autour d’elle, d’autres manifestations de solidarité fleurissaient.
"Merci…", parvint-elle à articuler.
"Rien de cassé ?"
"Non.. Je vais bien.. Juste une peu secouée… Mais ça va maintenant.", assura-t-elle.
De toute façon, elle n’avait pas le temps de se préoccuper d’elle. À l’intérieur, il y avait peu de représentants de l’ordre, elle devait aller prêter main fort. Vers la scène, les choses semblaient être sous contrôle. La rumeur d’un cadavre circulait, mais Jayla n’apercevait pas Haynes dans ses œuvres, au contraire, il lui semblait distinguer le docteur Shelley. Qui que soit la victime, elle devait encore respirer…

"Votre attention.", clama-t-elle.
Elle s’était fait violence pour incarner une certaine autorité. À force d’être appelée sur le terrain, elle avait parfois été amenée à éloigner les badauds. Elle puisa dans ses expériences passées pour se confronter aux gens qui s’étaient amassée au fond de la salle.
"Je suis Jayla Pearson de la police scientifique. Gardons notre calme, les renforts sont en chemin. Vous l’avez entendu, écartez-vous des portes. Les blessés doivent d’abord être accompagnés vers la scène. Les autres, je vais vous demander d’aller vous signaler vers l’agent là-bas. Il va prendre vos identités. Si vous trouvez un objet qui ne vous appartient pas, ne le touchez surtout pas. Venez me trouver, d’accord ?"
Le message sembla passer. Les citoyens de Fairehope s'organisèrent.

En retrait, Jayla tamponna délicatement son front avec un mouchoir. Elle ne devait pas craquer. Elle ne devait pas penser à la victime, aux horreurs qu’on lui avait fait subir, à son état critique, non, elle devait garder l’esprit focus. Avant de s’approcher de la scène, elle appela le labo pour renseigner ses collègues sur les besoins sur place.
"Madame!"
On lui tira sur la manche. Elle pivota pour découvrir une adolescente.
"Venez, mes copines et moi, on a trouvé quelque chose."
Jalya boucla prématurément son appel et suivit la jeune fille. À destination, d’autres lycéennes étaient rassemblés autour… d’un masque ? À défaut de son badge qu’elle laissait chez elle lors de ses congés, elle avait toujours sur elle une paire de gants en latex et des pochettes plastiques de diverses dimensions dans son sac à main.
"Vous ne l’avez pas touché ?"
Il semblait que non. Braves filles ! Elle enfila ses gants et s’accroupit au sol. Un masque en soi n’avait rien d’étrange. Cependant, celui-ci n’était pas un masque de fête, mais plutôt le genre qu’on porte à Halloween… Dans le doute, il était à considérer comme une pièce à conviction. Elle le glissa dans un scellé.

Au dehors, on entendit le hurlement des sirènes qui s’intensifia. Comme Jayla ne pouvait plus retarder, elle se résolut à se rendre vers la scène de crime. Depuis l'innocente petite Rose, elle redoutait à chaque fois qui elle allait découvrir cette fois...
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