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 • Killer Conference

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bad blood - we live here

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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 22 Mai - 5:00

S’il avait louché sur la feuille que tendait Désirée à son grand brun, il s’en désintéressa vite, et l’énième remarque infantilisante que lui adressa la romancière ne le poussa pas vraiment non plus à s’attarder dessus. Non pas que ce ne soit pas transcendant, une feuille avec une virgule dessus, hein, ça valait franchement la peine d’être vénéré pendant des heures, mais il ne fallait pas pousser non plus, il comprenait l’idée. Qu’elle ait été placée là par le Poète lui-même ou par un petit malin qui profitait de la tendance pour se sentir important deux secondes, c’était du pareil au même, il y avait peu de chances d’en tirer quoi que ce soit. Au mieux, c’était de la pollution de la part du tueur qui semait tout un tas de trucs sans rapport avec le sujet, au pire rien du tout. Et puis … Il glissa un regard désabusé à ses côtés. C’était sans compter que même s’il y avait là une trace quelconque, il y avait fort à parier que Désirée la garde pour elle. Alors inutile de perdre du temps et de l’énergie à entrer dans leur petit jeu. Qu’ils en fassent un avion si ça les éclatait.

De toute façon, son attention fut vite détournée d’eux par un bruit sourd. Non loin de leur petit groupe d’asociaux, une jeune femme tentait visiblement d’ouvrir la porte. Et ne semblait pas particulièrement exceller dans cette discipline, maintenant que vous le dites. L’espace d’un instant, il se pencha légèrement pour voir ce qui coinçait, puis se trouva stupide. Putain, évidemment. En y pensant une seconde, ça paraissait logique. Comment ne l’avait-il pas vue venir ? Il n’aurait même pas à se salir les mains. Une simple poussée dans le bon sens et tout s’enflammerait tout seul. Maintenant, il suffirait de crier Bouh et la foule se chargerait toute seule de créer le chaos et de s’entretuer. Et de donner à son tueur en série local encore plus de pouvoir dans le processus, bien entendu. Cette réalisation eut beau le consterner … Il fallait bien admettre au Poète un certain sens du marketing.

Et voilà que tombait le Bouh en question. Merde, il aurait pensé avoir plus de temps. Quelques minutes au moins, le temps que le mot se propage qu’ils ne pouvaient pas sortir, que la panique monte d’un cran, un peu de torture psychologique avant l’apogée du truc, mais non. Il n’eut même pas quelques secondes, même pas le temps de se demander d’où venait la voix ou de voir ce qu’il y avait sur scène, même si les cris et les bruits de chaises violentées de partout laissaient peu de doute quant à la nature du spectacle. Agh, il avait merdé, il avait merdé, il … Il ne put même pas lever les bras que déjà un corps le tamponnait violemment. Puis un autre. Des membres, des ongles, des pieds, il pouvait difficilement distinguer les différents amas de chair qui l’entouraient. Le sang-froid qui lui avait coulé dans les veines jusque-là commençait à le quitter, et il tenta vainement de pousser à son tour, combat perdu d’avance qui n’aida en rien sinon à en énerver certains qui n’avaient vraiment pas besoin de ça. Son bras ripa contre une épaule qu’il tentait d’agripper, et il perdit l’équilibre.

Putain, si ça devait être comme ça qu’il mourrait, il allait vraiment l’avoir mauvaise. Et, vu d’ici, recroquevillé contre le sol à tenter de ramper hors de la mêlée, ça paraissait une forte possibilité. Sa respiration peinait dans la poussière et la chaleur. Il sentait le sang battre douloureusement derrière sa pommette, peut-être brisée par le sol ou par une chaussure, ses membres tremblaient. Et il aurait juré que quelqu’un avait marché sur sa main. Mon dieu, c’était tellement con, les gens. Pas forcément individuellement, mais il se passait toujours quelque chose quand on les mettait en tas. Argh… Quelques mètres, Jonathan Robert Mulligan. Quelques mètres pour se mettre à l’abri et souffrir le martyre tranquille. Il tira sur les muscles qu’il n’avait pas, grimaçant tout seul. Eh, quoi, ça aurait pourtant dû lui plaire, de sentir son instinct de survie se mettre en marche, lui qui était toujours à la recherche de frissons… Mais non, se faire piétiner n’était pas comme s’allonger sur un chemin de fer ou marcher sur une corniche. D’abord parce que ça faisait mal. Et puis parce qu’il avait perdu tout contrôle, et que rien ne le fichait plus en rogne que d’être transformé en victime. Aaouh… Pourvu qu’ils s’en souviennent, qu’ils avaient tué un pauvre gamin en tentant de sortir, cette bande de connards. Dans une tentative désespérée de croire en l’humanité, il tendit la main.

Celle qui la prit n’allait certainement pas restaurer sa foi, mais il resserra les doigts autour des siens tout de même ; et la laissa le tirer vers le haut, ignorant les plaintes de son corps qui ne le soutint que quelques secondes avant de l’écrouler dans la chaise qu’on lui présentait. A bout de souffle, il tenta un inventaire de tout ce qui avait été endommagé dans l’aventure, mais abandonna vite, inutile de se faire peur tout seul. Le plus urgent semblait de contrôler l’asthme qui lui naissait dans la poitrine, une autre mort débilos qu’il était déterminé à éviter. Où était son inhalateur ? Il ne savait plus s’il l’avait eu et lâché ou s’il ne l’avait juste pas pris. Quelque part à portée d’oreille, Désirée s’enquérait de savoir s’il allait bien. Il trouva ça ironique. Est-ce qu’elle s’en souciait, il ne savait pas. Ne saurait sans doute jamais. Il se força à la regarder, et sa tentative d’humour l’acheva complètement. Qu’est-ce qu’elle voulait, au juste ? Pourquoi maintenant ? Il la dévisagea comme s’il lui était poussé une seconde tête. Elle le séduisait. Il était là à lutter avec ses poumons et ses potentielles fractures, et elle, elle lui faisait du charme. C’était tellement absurde. Il en ressentit une pointe de pitié, et elle absorba toute fascination. C’était vraiment difficile pour elle de comprendre comment marchait un gens normal, hein ? Un fossé se creusa entre eux, et il ne fit rien pour le combler. Si on en était là, alors soit. Et voilà qu’on y arrivait, à ce qu’elle voulait. Un alibi. Au moins aurait-elle besoin de lui en vie …

Mais pourquoi ? C’était la vérité. Pourquoi prendre la peine de lui faire miroiter de l’affection juste pour dire la vérité ? Et puis il semblait clair que ce qui était sur scène y était depuis un bail, ce n’était pas comme si ça la disculperait… Il ne comprenait pas, mais il avait d’autres soucis et peu de conscience pour y réfléchir. Alors il haussa faiblement les épaules, et lui donna ce qu’elle voulait. Si elle voulait s’enfoncer dans le crâne qu’il était à elle, il ne voyait pas de raisons de la démentir. Pour l’instant. S’il raconterait la même chose à qui lui demanderait, ça, ça restait à décider. Sans doute, oui, parce qu’il était inutile de provoquer sa méfiance si l’enjeu n’en valait pas la peine… Mais il n’éprouvait pour elle aucune loyauté. Aucune.  

- … t-tu étais avec moi, de toute façon…

Quant au reste, elle pouvait aller se faire foutre. Il hocha sagement la tête, parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire, mais le geste était creux. Quelle garantie avait-elle qu’il partagerait ce qu’il savait avec elle, si un jour il mettait la main sur quoi que ce soit ? Tant qu’à utiliser quelqu’un, il valait mieux s’attendre à se voir rendre la pareille. Soit, pour ça, il faudrait d’abord qu’il réussisse à dépasser ce moment à tenter de se calmer pour ne pas crever d’asthme tout de suite, mais la décision restait réelle, en théorie. S’il s’en souvenait lorsque le bordel se serait un peu calmé.

De loin, il se demanda qui c’avait été, cette fois. S’il les connaissait.

… Tant que ce n’était pas Elliot ou Willow.

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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 26 Mai - 15:24

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


Trop de choses à faire, c'était clairement le cas, et cela ne me plaisait pas. Le Poète avait du s'en donner à coeur joie, vraiment pour torturer ce pauvre homme qui n'était pas encore mort fort heureusement, même si cette mise en scène était une nouvelle fois grotesque, mais terriblement machiavélique. Je ne comprenais cependant pas pourquoi il ne l'avait tout simplement pas tuer. Est ce que cela était volontaire ? Est ce qu'il voulait que nous le trouvions en vie ? Possible, je ne saurais dire ce qu'il en était, mais il jouait clairement avec nos nerfs. Si je savais me montrer patiente, là, j'étais au bord de l'implosion, parce que c'était la première fois que je trouvais une victime de la sorte. Lors de la battue au Willow Lake, il s'en était fallu de peu pour que nous trouvions la victime en vie, quelques minutes, tout au plus. Là, que se serait-il passé si le rideau ne s'était pas ouvert ? Le pauvre Adam se serait vidé tranquillement de son sang sans que nous puissions rien y faire ? Sans doute, mais ce n'était à présent plus le cas, cependant, si les secours n'arrivaient pas, il finirait par mourir. Le colonel me demanda alors d'appeler les secours ce que je fis immédiatement, leur disant de venir à la mairie avec le plus de monde possible, parce que nous avions une victime gravement blessée, mais il allait y avoir des dommages collatéraux à n'en pas douter. Un jeune homme venait de venir vers nous, je ne le connaissais pas vraiment, quoique, il me semblait qu'il était le tatoueur de la ville, non ? Il connaissait la victime et nous disait donc d'appeler Jesse qui était rester au commissariat si je ne m'abuse. Le colonel lui dit de se calmer, lui annonçant qu'il n'était pas encore mort. Enfin, pas encore, mais s'il ne recevait pas des soins rapidement, je ne pourrais pas lui garantir sa survie. Il avait visiblement perdu pas mal de sang quand même. Le colonel me fit comprendre du regard que je devais m'occuper du tatoueur. Je le regardais dans les yeux alors que tremblant, il venait de faire tomber son téléphone.

" Calmez-vous. Je viens d'appeler les secours, ils arrivent, Adam va s'en sortir, c'est un battant, il ne peut pas mourir. Regardez-moi. Calmez-vous, nous allons appeler Jesse, ne vous en faites pas. "

J'essayais d'être la plus convaincante possible, même si je ne savais pas si cela ferait son effet. Je le regardais plus déterminée que jamais à faire en sorte que les secours arrivent vite, qu'Adam ne meurt pas. J'entendis alors le colonel appeler James. C'était un des médecins de la ville et il devait être là, dans la foule.

" Voyez, un médecin arrive déjà pour s'occuper de votre ami. Ne vous en faites pas, cela va bien se passer. "

Je ne savais pas cependant quel serait son diagnostic, mais le spectacle n'était pas beau à voir, c'était une certitude, mais le Poète avait plus que savamment bien calculé son coup. Où se trouvait le maire ? Cette question resterait en suspens car nous avions plus urgent à faire pour le moment. Le colonel avait donc donner ces ordres à Mahonney, je n'avais pas entendu clairement ce qu'il lui avait dit, mais visiblement, les communications allaient être coupées. Nous allions avoir besoin de tout le monde parce que toutes les personnes présentes dans la salle étaient de potentiels suspects. C'était la merde, plus que jamais. Le Poète devait être par là, s'amusant sans doute de la situation. Espèce d'enfoiré ! James commença donc à l'examiner. Visiblement, il lui fallait du sucre. C'est bête d'habitude, je me trimbale mon café et mon sucre sur moi, mais pas aujourd'hui. Mais nous étions à la mairie, il devait bien y en avoir quelques parts ? Mais où ?





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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: • Killer ConferenceJeu 26 Mai - 15:47

Killer Conference

◆ Feat tout le monde ◆


Tu sais que tu n'aurais pas du venir, tu le sais clairement. C'était une bien mauvaise idée, une idée terriblement mauvaise mais tu es là. Heureusement pour toi, tu es avec un visage familier qui te rassure, un peu, juste ce qu'il faut pour le moment, mais tu as peur, tu sens que ça ne durera pas longtemps. Tu observes ton monde, il semble qu'il soit en train de partir dans une direction qui va te faire mal, et inconsciemment ou presque ton regard est attiré par cette jeune femme noire de peau. Elle semble paniquée, et elle te fait avoir quelques sueurs froides. Tu te sens proche de l'apoplexie. Tu sens que ton coeur va lâcher, que tout ton corps va te lâcher. Tu le sens, tu le sais même, cela va se produire. Et cette jeune femme annonce quelques choses qui commence déjà te faire défaillir. Tu regarde autour de toi, tu te demande qui est le Poète. Tu regarde tout ces visages, certains sont calmes, paisibles, mais d'autres sont complètement apeurés. Certains veulent sortir de la salle mais la porte ne s'ouvre pas. Tu déglutis difficilement, parce que ce n'est pas encore le clou du spectacle. Ce n'est que le premier rebondissement avant une nouvelle péripétie. Tu n'as pas la force de bouger, tu es là sur ta chaise, tes jambes sont pleines de fourmis, et ce n'est pas tout, on dirait qu'elles sont comme un coton, tu es pétrifiée par ce que tu as entendu, et c'est alors que le rideau s'ouvre, laissant place à un corps sur la scène. Tu pousse un cri strident, tu as peur, mais ton corps se retrouve totalement incapable de réagir. Tu as néanmoins la force de regarder James qui est ton seul rempart pour ne pas partir vers des contrées plus lointaines. Ton regard est tout simplement mortifié, totalement apeuré, tu es proche de la rupture, tu le sens. Mais James est là pour te soutenir. Tu ne remarquais même pas qu'il semblait lui aussi apeuré. Mais grâce à ce pilier, même si tu étais figée sur place, tu ne sombrais pas complètement. Il te dit quelques choses d'incompréhensible à tes oreilles, alors que tu le voyais s'éloigner de toi. Ton seul pilier venait de foutre le camp. Tu regardais autour de toi, tu aurais bien voulu le suivre pour être en sécurité avec lui. Cette sécurité aurait été toute relative pourtant. Puis ton regard croisa celui d'une femme qui semblait être avide de sang, comme un regard qui vous glace. Tu ne la connaissais pas, sans doute ne t'avait-elle même pas vu dans la foule mais son regard te fit perdre pied, lançant ton imagination paranoïaque dans des confins lointains, dans des lieux où tu n'étais plus qu'un corps inerte. Tu perdais complètement pied, tu sentais alors comme un coup dans ta poitrine, ton coeur était en train s'emballer à moins que ça ne soit ta respiration qui se coupait, à moins que ... Puis, tu te sentis partir t'effondrant inconsciente sur ta chaise à cause du trop plein, inerte tu étais alors que personne ne semblait se soucier de toi, tu venais de perdre connaissance, et finalement tu te sentais enfin à ta place. Peut être que tu as bien fait de venir ici, peut être que tu viens de faire une crise cardiaque et que tu as enfin réussi à rejoindre les morts, à moins que tu ne sois simplement qu'endormie, parce que soudain, tu rêves que tu as rejoint les autres victimes du Poète dans leur paradis rien qu'à elles, et que tout le monde le vit bien, que tout le monde se sent bien, et qu'ils sont ravis de t'accueillir. Tu revois ton ancienne voisine qui semble à la fois heureuse et triste de te voir ici. Tu n'as plus conscience de ce qui se passe autour de toi, tu ne sais plus rien, peut être que l'on s'occupe de toi, peut être que ton corps est simplement piétiné par les personnes apeurées, peut être que tu es vraiment morte ...



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Brisée, tu es, brisée tu resteras, jusqu'au jour où tu ne le seras plus, ce jour là, tu seras morte, à n'en pas douter, tu ne vivras plus. Tu ne sais quand ton heure viendra, tu es juste certaine que tu le feras, à un moment donné, ou que le Poète se chargera de ta sentence, parce que tu es persuadée que ce jour-là, il t'aurais tuée toi si tu avais été dans la maison de la voisine. Depuis ton monde s'est arrêté, et toi tu continue à vivre, en t'enfonçant dans les abysses.
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Sujet: Re: • Killer ConferenceLun 30 Mai - 17:11

Il n’avait rien eu le temps de voir, le troupeau se dispersant aussitôt le rideau tombé, la foule se précipitant vers la sortie principale où les issues de secours, bousculant tout sur son passage, prenant parfois un malin plaisir à renverser le matériel des journalistes venus en nombre ce jour-là pour immortaliser le discours du maire. Si seulement. Si seulement les dizaines de caméras braquées sur le demi-mort avaient véritablement eu le pouvoir de le réveiller, le teint radieux et la mine enjouée. Mais rien de tout cela n’était possible, pas même envisageable. Il fallait compter sur autre chose, même si Peter essayait tant bien que mal de protéger ce qui se trouvait encore sur ce trépied, sa paume trouvant la poignée de la caméra afin de récupérer l’objet et pouvoir la braquer sur le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau, le cadavre sur la scène. C’était sans compter sur le colonel et ses fourmis qui se regroupaient autour du corps, comme des drosophiles appâtées par l’odeur de la chair en décomposition, le vautour se chargeant quant à lui de trouver le bon angle pour fondre sur sa proie. Et il aurait dû se montrer plus attentif, plus prudent aussi sans doute, les habitants de Fairhope s’élevant face à lui, le retenant de faire une erreur qu’il allait regretter avant même d’avoir eu le temps de la commettre. Ses mains moites lâchèrent la caméra, la culpabilité attaquant déjà le bout de ses ongles, jusqu’à venir pourrir sa moelle, tandis que son regard se posait sur la nouvelle victime.

Pas besoin de lui dire à qui appartenait cette paire de lunettes et ces litres de sang, Peter était suffisamment près de la scène pour que les traits de ce visage endormi le ramène dans une demeure de Fly Creek qu’il avait l’habitude de venir polluer de sa présence. Putain de merde. L’inspiration suivante fut plus désespérée que les autres, ses doigts se mettant à frémir, l’échine soudainement aussi rassurée que le reste des son corps. Un regard bref, et une pensée plus rapide que les autres qui vint lui marteler le crâne si brusquement qu’il en eut la migraine. Instinctivement, sa main se plaqua contre son torse, à l’endroit où le butin qui s’y trouvait pouvait directement le relier à cette énième scène de crime. Merde. En une fraction de seconde, l’affaire était devenue personnelle. Une fois sorti d’ici, on lui poserait tout un tas de questions comme les certaines d’autres habitants, on prendrait sa déposition, ses empreintes digitales, on procéderait à une fouille minutieuse et… Impossible qu’on le trouve avec ça, avec ce que Désirée elle-même lui avait refilé, ce qu’elle avait volé à Mary Wilson sur son lit de mort naturel. Impensable, surtout quand le chemin à faire pour remonter jusqu’à lui paraissait bien rapide. Adam. Willow. Peter. Ou plus logique encore, on remonterait dans son enfance et on lui découvrirait un passé avec un certain Mahoney, une amertume et une animosité communes qui justifieraient que le journaliste s’en prenne à la moitié de l’officier. La conclusion lui retourna l’estomac, et en dernier recours, le blond profita de la cohue pour se précipiter contre le sol, rampant entre les chaises à la recherche d’un bout de tissu, d’un bout de papier quelconque qui lui permettrait d’extirper la preuve de son costume sans laisser d’empreinte dessus, avant de la laisser trainer au milieu de la pièce, à la merci des flics qui finiraient bien par la découvrir une fois la mairie vide et le calme revenu. Un ou deux talons avaient rencontré son corps au passage, foulant ce qui était encore vivant sans se soucier de ce dont il s’agissait, laissant à la traine ceux qui ne parvenaient pas à reprendre leur souffle au milieu de cette marée humaine.

Une fois sa mission accomplie, Peter roula sur le dos, protégeant son visage déjà amoché à l’aide de son bras, ses yeux cherchant les hauts-parleurs qui continuaient de diffuser la même rengaine sordide, les repérant rapidement malgré la foule d’habitants qui se pressaient vers la sortie pour tenter de survivre. Une chance qu’il ait déjà passé plusieurs longues minutes à observer le plafond tout à l’heure, il n'eut alors aucun mal à en discerner deux, puis un troisième, avant de mettre un temps fou à dénicher le dernier. La suite ? Sa carrure et ses larges épaules furent un véritable atout pour l’aider à se hisser à nouveau sur ses deux jambes sans se faire emporter. Le devant de la scène était quasiment désert, à part pour les corps tétanisés qui avaient eu le réflexe de se recroqueviller à même le sol dans l’espoir sans doute qu’on les y enterre encore plus rapidement, les mains plaquées sur leurs oreilles pour ne plus entendre l’affreuse voix métallique qui leur glaçait le sang. Plus qu’une solution, pas vrai ? Tout allait trop vite de toute manière, il n’y avait pas une seule seconde à perdre, et du fait du déplacement quasi-instantané de la foule vers le fond de la salle, Peter pouvait presque entendre le médecin réfléchir de là où il se trouvait. Il se réconfortait en se disant qu’il n’y avait pas d’autre solution, pas d’autre issue que celle-ci. Les mains frémissantes, il agrippa son arme, s’en saisissant pour la braquer vers un haut-parleur, la première détonation couvrant la voix impersonnelle du tueur, Peter devant s’y reprendre à deux fois pour les détruire l’un après l’autre et que revienne le silence. Un silence glacé.

Les vivants s’étaient précipités vers le carrelage, avant que Peter ne lève calmement les bras en l’air, sur ordre du colonel qui le tenait en joue depuis la scène. « Lâchez votre arme, Howell. » Sa voix s’écrasait contre les murs. Plus un seul bruit dans toute la pièce. « Que les blessés se manifestent et s’approchent de la scène. Et par pitié, libérez les accès pour que les renforts puissent ouvrir les portes sans blesser personne. Restez calmes pendant que les officiers commencent à relever vos identités. » Peter ne montra aucune forme de résistance, posant son arme avant de rester immobile jusqu’à qu’on se dévoue pour venir lui passer les menottes, le regard braqué sur Adam qui n’avait pas bougé d’un millimètre. Le blond eut du mal à déglutir. Pas de doute, c’était devenu personnel ; et si Willow avait eut le malheur de se retrouver en lieu et place du barman, Peter aurait sûrement vider son chargeur sur les innocents, priant pour qu'une balle perdue atteigne enfin le Poète.


Spoiler important à lire :
 

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Sujet: Re: • Killer ConferenceMer 8 Juin - 0:37

« … Si seulement c’était aussi simple Jimmy. » murmura la rousse, ses yeux se promenant sur la salle qui avait des allures de chaos. Du reste, de l’expression presque écoeurée du jeune homme, elle ne le remarqua pas. La romancière n’en avait que faire de ce qu’il pouvait bien penser d’elle de toute façon, arrondir les angles, c’était bon pour les personnages de.… eh bien de roman tout simplement. Ce qu’ils vivaient ce soir avait des allures de réel et Désirée était certaine qui si on ne faisait rien dans quelques instants une odeur de sang frais allait envahir les narines de beaucoup, peut-être qu’elle exagérait, peut-être que c’était déjà fait mais dans tous les cas, cela n’allait pas être beau à voir. Les gens avaient toujours des réactions peu normale quand la mort était si près. Mais c’était ce qu’Il voulait pas vrai ? Décidément, tout ça faisait de moins en moins de sens, plus son esprit retournait le problème dans tous les sens et plus elle se disait que quelque chose manquait. C’était trop brouillon, trop… impersonnel, et avec autant de monde, les chances de tuer était mince. Quel était le jeu alors ? Pourquoi toute cette fumée… Où était donc le feu ?  Au moment où cette pensée lui traversa l’esprit, le bruit caractéristique de coup de feu, justement, envahit la salle et Désirée eut le réflexe presque immédiat de se courber et de se protéger la tête. Mourir à cause d’une balle perdue maintenant aurait été idiot, très idiot même et surtout… surtout quand il s’agissait de Peter Howell à qui on était en train de passer les menottes.

Au moins cela avait eu l’effet de propagé un calme plat et presque tendu dans la salle, les yeux de tous rivés sur le blond. Désirée ne put s’empêcher, elle roula des yeux, il fallait compter sur le journaliste pour interrompre ses réflexions et elle sortit son téléphone portable de son sac, voyeuse comme on le luit avait appris et elle prit une photo de Peter qui surplombait de loin l’officier de police en face de lui et qui aurait pu se faire violence, mais il ne le fit pas et il se laissa docilement faire, juste là sur la scène. « … Pour la postérité. Ça fera un bon fond d’écran. » Lâcha platement Désirée, elle rangeait l’information dans un coin de sa tête, se demandant encore une fois si Peter avait voulu aider et faire avancer la situation ou juste montrer qu’il avait bien les mains libres. Trop de questions sans réponses, il lui fallait de l’air frais, c’était certain. La foule commençait à se disperser, les ordres des policiers enfin suivis, on aidait les gens qui avaient été bousculés à se relever et au bout de deux minutes de rétablissement générales les portes furent enfin ouvertes. Pour dévoiler plus de policiers et la rousse distingua les lumières d’une ambulance au loin. La fête était définitivement finie, le casse-tête administratif allait commencer maintenant pour la police de Fairhope. « Tu es sûr que ça va ? » La jeune femme s’intéressa de nouveau à Jimmy. « Si tu as besoin de soin, c’est par là je crois… dans tous les cas ils vont nous demander nos noms et compagnie… une longue soirée en perspective donc. » Un commentaire tout aussi plat que le précédent et Désirée remarqua à peine le brancard qui passait trop près d’eux. Une victime qu’elle connaissait? Probablement.

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pnj - poète de fairhope

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Sujet: Re: • Killer ConferenceDim 12 Juin - 18:47

killer conference



6 septembre 2015, 19:58

Mon thé est presque glacé. Et je me doute que leur sang l'est aussi.

Ils ont du mourir face à la découverte macabre. Certains ont du trépasser au moment même où leurs yeux se sont posés sur la carcasse de ce barman.

Le pauvre homme n'a rien demandé, il avait l'air d'être apprécié. Mais qu'est-ce que j'y peux ? À force de s'attacher, on finit par perdre ce qu'on a de plus précieux. Cette leçon vaut bien un carnage sans doute ?

On entend les sirènes au loin, les secours qui s'agitent et se pressent, qui passent et repassent dans la rue. La voisine s'inquiète, ses chats se mettent à miauler. Saleté de bestiaux.

Elle allume son téléviseur datant sûrement d'une des deux guerres. Elle n'a pas besoin de chercher longtemps pour voir les caméras postées devant la mairie, ce cher Peter qu'on sort menotté, et toutes ces fourmis enveloppés dans leurs couvertures de survie.

Il pleut sur leurs joues, et le ciel ne partage même pas leur peine.

Mais le plus triste dans cette histoire, c'est que mon thé est presque glacé.





explications
Au cours de ce sujet commun, vos personnages ont eu l'occasion de faire partie intégrante d'une nouvelle scène de crime. Afin que vous puissiez explorer des pistes IRP, voici les résultats des analyses transmises une dizaine de jours après la découverte du corps inconscient de Celestine Adam Miller.

résultats d'analyses
Dans la salle de conférence :
◆ Le sang retrouvé un peu partout dans la salle de conférence est bel et bien celui de la nouvelle victime, C. Adam Miller.
◆ Les empreintes de Peter C. Howell ont été retrouvées sur le masque découvert dans la salle de conférence, ainsi que l'ADN de Mary Wilson et celui d'une autre femme non identifiable.
◆ Les forces de police ont procédé au relevé des empreintes et d'ADN de la plupart des témoins. Une minorité ont réussi à échapper à ce contrôle.
◆ Une cellule spéciale a été ouverte par les forces de police et l'hôpital de Fairhope, psychologues et officiers se chargeant de recueillir le plus de témoignages possibles.

Sur la victime :
◆ La quantité de sang perdu par la victime ne permit pas à la centaine de témoin de lire ce qui avait été écrit sur son avant bras droit.
◆ La victime était également affublée d'une croix sur la tempe gauche, clairement visible pour une trentaine de témoins seulement (ceux qui se tenaient le plus près de la scène ou qui ont rejoint le corps).
◆ Les cordes ont laissé des traces autour des chevilles de la victime.
◆ La victime présentait plusieurs hématomes au niveau du visage.
◆ Aucun ADN n'a été retrouvé sous ses ongles.
◆ La victime ne présentait aucun signe d'abus sexuel.
◆ Après une analyse sanguine, les médecins ont pu conclure que la victime avait bien été droguée.

Perquisitions de la demeure et du lieu de travail de la victime :
◆ Aucune trace de lutte sur ces lieux.
◆ La présence de plusieurs ADN sur le lieu de travail de la victime ne permet pas de conclure à la présence du Poète (le bar étant très fréquenté par la population locale).
◆ Les verres et autres récipients présents sur ces deux lieux ont fait l'objet d'analyses, et aucune trace de drogue n'a été détectée.

Les indices que vos personnages ont trouvé au cours du sujet :
(ces résultats sont également exploitables, si, et seulement si, vous choisissez de faire analyser ces indices)

◆ Portable retrouvé par Genesis : il s'agit du téléphone d'Adam Miller que celui-ci avait perdu lors du Ruth Williams Charity Ball organisé en Janvier 2015.
◆ Carte d'identité retrouvée par Genesis : il s'agit bien de l'authentique carte d'identité de Mary Wilson.
◆ Feuilles retrouvées par Liam et Désirée : il s'agit d'un canular, des signes de ponctuations tracés au stylo rouge sur des feuilles.


Pour ceux qui voudraient encore poster leur propre conclusion, il vous reste une semaine pour le faire avant que le sujet ne soit verrouillé de manière définitive. En attendant, n'oubliez pas de laisser vos impressions et commentaires directement dans le flood de la conférence...

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