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 then i found you

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bad blood - we live here

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◆ Manuscrits : 150
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Sujet: then i found youMar 19 Avr - 20:28

then i found you



2 septembre 2015

La rentrée avait toujours été une période que le Rowling affectionnait particulièrement. C’était normal après tous, chez les Rowling, tous étaient des personnes réfléchies par nature et brillaient le plus souvent sur les bancs de l’école. Ça avait été le cas pour le père de Jonathan et c’était le cas également pour lui. Il avait de bons souvenirs d’épaules affaissées à cause du poids de son sac à dos, de l’odeur des cahiers neufs, des stylos qu’on sortait de leur boite le premier jour… Pas une seule ombre au tableau pour lui. Aujourd’hui, les rôles étaient inversés et il enfilait officiellement ses chaussures de professeur Rowling. Il avait cligné des yeux à plusieurs reprises quand un élève l’avait bousculé sur le campus il y a quelques jours de cela et avait lancé un bref : oh désolé professeur Rowling, avait de s’éloigner. Dans sa classe cet été, ça n’avait été que monsieur, c’était un peut-être un léger détail, mais le titre de professeur était d’ordinaire attribué à son père et le jeune homme avait réalisé comme ça, en quelques secondes, que c’était désormais son titre. C’était effrayant et excitant à la fois, le genre d’anomalies qui ne faisaient pas vraiment de sens, comme les trous noirs ou l’anti-matière, des choses qui fascinaient Jonathan.

« Garde ton enthousiasme pour ton premier cours Rowling. » murmura t-il, plus pour lui-même qu’autre chose. Son père lui avait confirmé que son cours avait suscité beaucoup d’engouement cet été et que grâce aux bouches à oreilles, un bon nombre d’étudiants allaient lui faire face aujourd’hui. Pas de doute, son père savait comment lui remonter le moral. Jonathan était motivé, il n’avait pas particulièrement peur, il avait passé la journée de la veille à trainer sur le campus quasiment vide, s’asseyant dans l’herbe mouillée et en respirant profondément, revenant sur sa vie à Fairhope ces dernières semaines. Les choses étaient toujours étranges entre lui et Micha, mais il acceptait peu à peu que la rouquine lui pardonnerait en temps et en heure, ce n’était pas vraiment de son ressort, il pouvait juste se contenter d’être un bon ami et essayer de vivre. Il avait essayé un peu plus, il avait embêté Pete et même tenter de sortir avec des filles de son âge, histoire de ne pas mourir idiot. Mais rien n’était plus important qu’aujourd’hui. C’était bien pour cette raison que Jonathan hésitait depuis plus d’une dizaine de minutes devant son miroir. Il avait l’habitude de porter les anciens costumes de son père, celui ci en revanche était neuf, tout l'était, de la veste bleu marine, au pantalon assorti, sans oublier la chemise blanche cachée sous un pull noir et la cravate rouge. Les vêtements n’étaient pas trop grands, n’avaient pas de super héro gravés dessus ça faisait plus… adulte.

L’ensemble lui donnait cinq ans de plus, au moins et il n’était pas certain que ce soit une bonne chose. Il avait presque l’impression de ne pas se reconnaitre et il hésitait à enfiler un jean. Histoire d’être un peu plus lui pour cette grosse journée. C’était tout lui de se poser des questions existentielles pour quelques heures de cours, rien n'était jamais simple dans la vie de Jonathan et son esprit lui disait qu'il était bon de se distancer de ses élèves, et une autre partie de lui rappelait qu'il était plus jeune que certains de ses dits étudiants... Un casse tête sans fin pour le jeune homme, il n’eut cependant pas le temps d’y réfléchir davantage, on sonnait à la porte. Jonathan fronça les sourcils et traversa en quelques enjambées la pièce principale de chez lui pour ouvrir la porte. Personne. Oh non. Le brun baissa les yeux avec une seconde de retard, un sourire apparut automatiquement sur son visage en voyant qui était venu le voir. « Bonjour Louise. » S’il n’avait pas été prudent, il aurait pu dire bonjour Michaela, la petite Kepner était un miroir assez dérangeant de sa mère, ayant même la même moue que Micha avait souvent arboré lors de leurs jeunes années. En la voyant ainsi, Jonathan fut ramené à une époque où les choses étaient plus simples et où lui et Micha marchait main dans la main pour se rendre à leur école. La rouquine avait été son ange gardien personnel pendant toutes ces années et dans le fond, le jeune homme était surpris de ne pas voir une version plus jeune de lui également devant la porte, les yeux rivés sur Louise, attendant la prochaine action de la dernière.

Louise fut tout aussi brève et directe que sa mère et Jonathan eut juste le temps d’attraper son sac et de le câler sur son épaule avant de se faire tirer dans l’appartement d’en face. « Louise, Louise ma chérie, je crois que je n’ai pas tout compris, tu veux que je vous accompagne où ça ? » Pas le temps de lui demander de répéter, il venait de lever les yeux vers Michaela et en quelques secondes, il se rappela pourquoi la voir était toujours aussi particulier, et surtout la tenue ridicule qu’il portait. Et professeur Rowling ou pas, Jonathan ne put s’empêcher de légèrement rougir.

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Sujet: Re: then i found youDim 8 Mai - 23:12

Les derniers mois avaient été un véritable combat. Contre Louise déjà, trop impatiente à l’idée de se rendre sur le chemin de l’école pour la première de sa vie, sautant sur le canapé à la moindre occasion, refusant de se coucher à l’heure et racontant sans cesse à qui voulait l’entendre qu’elle aurait bientôt des devoirs et qu’elle apprendrait à lire. Micha devait constamment la rappeler à l’ordre et lui rappeler qu’elle était encore trop jeune pour ça, trop jeune pour les vrais leçons et autres joyeusetés qui l’attendaient à l’école primaire. Pour l’instant elle se contenterait de quelques comptines, de nombreux dessins et de rares exercices qui lui permettraient d'apprendre à compter ou à retenir l’alphabet. Elle arrivait déjà à faire des L, signant tous ses dessins de ladite lettre avec tellement de précision et de fierté que Micha ne pouvait que se réjouir, même si les journées seraient dorénavant bien longues sans sa fille, même si elle devait se battre contre ses propres angoisses pour commencer doucement à laisser l’enfant prendre son envol. Ce n’était pas chose simple, et c’était d’ailleurs le combat le plus compliqué que Micha ait eu à affronter durant l’été. La crainte lui collait à la peau et nouait son estomac, ses rêves se tournant en véritables cauchemars quand elle imaginait recevoir un coup de fil de l’école maternelle lui annonçant que sa fille avait été retrouvée assassinée dans sa salle de classe, un dernier L laissé en souvenir par la petite sur la page vierge d’un cahier. La rouquine s’était parfois réveillée en sueur et en larmes avant de se précipiter dans la chambre de sa fille pour la regarder dormir et s’assurer qu’il ne lui était rien arrivé au creux de son sommeil qu’elle espérait tranquille. Elle avait failli appeler Jonathan à la rescousse au moins une fois, mais elle s’était trouvée ridicule, le poids sur ses épaules et la boule dans sa gorge l’empêchant de respirer convenablement. Elle s’était rassurée comme elle avait pu avant de se laisser retomber dans ses draps en se disant qu’elle devenait sans doute folle.

Ce matin-là, précisément le matin de la rentrée, elle se battait encore. Contre ses cheveux cette fois-ci, le peigne refusant de défaire les noeuds encore trempés qui emmêlaient sa chevelure rousse, Micha murmurant plusieurs non, non, non, non qu’elle s’efforçait de garder pour elle. Le stress la gagnait à nouveau et la moindre contrariété prenait rapidement des allures d'apocalypse, ses mains se mettant à trembler tandis que son esprit divaguait complètement, craignant le pire quand tout semblait pourtant aller pour le mieux. Louise était prête depuis un certain moment, vaquant à ses occupations dans le salon ; autant dire tout de suite qu’elle courrait autour de la table basse en poussant de hauts cris et en s’esclaffant pour un rien. De là où elle se trouvait, sa mère tentait de la calmer, lui répétant inlassablement de vérifier si son sac était bien fait, si elle avait bien récupéré ses cahiers, ses feutres et son goûter. Ce à quoi Louise refusait évidemment de répondre, préférant faire la sourde oreille, avant de mettre son album préféré dans la chaine hi-fi et prévenir le reste de l’immeuble de sa présence dans les locaux. Micha se précipita évidemment dans le salon pour éteindre la musique et s’accroupir afin de se retrouver face à sa fille, encore enroulée dans sa serviette de bain, ses cheveux humides ruisselant le long de ses épaules nues. « Louise Elisa Kepner, ce n’est pas une heure pour danser. Tu files mettre tes chaussures et vérifier ton sac pendant que je m’occupe de… Du reste, are we clear ? » On ne peut plus clair. Tellement clair qu’à peine Michaela avait-elle eu le dos tourné, sa fille était déjà partie.

Ne se souciant de rien, Micha avait regagné la salle de bain pour tenter de dompter sa crinière pour la cent millième fois de son existence. Le long silence (trop long silence) qui avait suivi l’avait alertée. Plus de grabuge ni d’éclats de voix, plus de musique ni de plaintes, rien qui laissait croire qu’une petite fille de presque trois ans vivait entre ces murs. L’ultime cauchemar de toutes les mères du monde. Quand elle prit enfin conscience du problème, Michaela en fit tomber son peigne, regagnant le salon à grandes enjambées, appelant Louise, priant pour que tout ce qu’elle avait pu imaginé au cours des dernières semaines ne soit justement pas en train de se produire ; quand la porte s’ouvrit pour révéler une enfant déterminée et un Jonathan affublé d’un costume. La rousse eut le réflexe d’agripper sa serviette de toilette, juste pour s’assurer qu’elle ne tomberait pas au même moment, ses joues se teintant de la couleur de l’embarras face au jeune homme particulièrement mis en valeur par ses nouveaux vêtements. Mais pas de temps à perdre avec les apparences, l’urgence était ailleurs, et face aux réprimandes de sa mère, Louise croisait déjà les bras et faisait la moue. « Tu as dit que Jonathan il viendra avec nous alors je suis allée le chercher. » « Et moi je t’ai déjà expliqué qu’on ne sort pas de la maison sans sa maman. » La plus âgée finit par croiser le regard de l’invité surprise. « Est-ce que tu peux juste vérifier son cartable avec elle, le temps que je me prépare et que je… Que je m’habille. Ah, et vérifie aussi qu’elle a bien son goûter, et qu’elle met correctement ses chaussures et ses feutres, il faut aussi ses feutres et… Et je vais m’habiller. Voilà, je vais faire ça je… Je vais m’habiller. » Inspirant un grand coup, elle disparut dans sa chambre le temps de revêtir des habits décents. Le temps aussi pour Louise de tirer sur la manche de Jonathan pour qu’il se mette à sa hauteur, que ses petites mains d'enfant viennent se plaquer contre l'oreille du jeune professeur et qu’elle chuchote un secret le moins discrètement du monde. « Moi je crois bien que Maman a peur parce que je va à l’école. Et moi quand j’ai peur, Maman me fait un câlin. » Ponctuant ses propos d’un mouvement de tête approbateur, elle fila chercher ses affaires et mettre ses sandales, certainement fière de pouvoir continuer ce qu’elle avait commencé durant le barbecue qui avait eu lieu chez Peter durant l’été. Si elle avait pu, elle aurait même signé ces propos d'un grand L, qui voulait dire Louise...

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Sujet: Re: then i found youLun 30 Mai - 0:57

Jonathan avait depuis longtemps abandonné l'idée de contrôler ses joues et de ne pas rougir, c’était tout simplement impossible. Il avait accepté le fait qu’il avait un visage trop expressif et qu’on pouvait lire en lui comme un livre ouvert. Qu'il soit heureux ou triste, tout se voyait sans vraiment qu’il soit en mesure de faire quoi que ce soit. Cela lui avait porté préjudice de nombreuses fois et il aurait souhaité être de ceux qui étaient en mesure de cacher la vérité et surtout enfouir ce qu'il ressentait vraiment très, très loin. Mais même si son souhait venait à se réaliser, c’était tout simplement impossible de mentir ou de faire semblant devant Micha, c’était la personne qui le connaissait le mieux au monde, mieux que lui-même et parfois il s’étonnait de constater qu'elle n'avait pas encore compris à quel point elle était importante dans sa vie. C’était suffisamment visible pas vrai ? Peut-être que cela l'était à cette seconde précise alors que les joues du très jeune professeur devenaient d’un rouge aussi vif que celui de n'importe quelle tomate, il n’y avait pas vraiment d'autre moyen pour le décrire, alors que ses yeux se posaient sur Micha, uniquement vêtue d'une serviette et qui sortait de tout évidence de la douche. Jonathan aurait aimé dire qu’il était un parfait gentleman et qu'il avait tourné les yeux dans la seconde, mais non, il avait le souffle coupé et il était totalement hypnotisé par les mèches rousses de Michaela, surtout à ce moment précis ou ses cheveux semblaient avoir une vie propre.

Ce n’était probablement pas le bon moment pour songer à toutes les fois où ils s’étaient assis dans l'herbe plus jeunes, qu'elle avait ri aux éclats face à son ignorance pour les choses simples de la vie, ses cheveux caressant doucement la joue gauche de Jonathan, qui l'observait rire du coin de l’oeil et qui faisait en sorte de tout mémoriser. Oh mais il se rappelait de tout, il était content qu’on lui ai fourni un esprit comme le sien et il se rappelait encore du goût de la glace qu'ils avaient mangé, de la robe longue qu'elle portait, la façon dont elle se mordait les lèvres parfois ou encore comment ils avaient encore envahi ce carré d'herbe qui semblait leur appartenir non loin du lycée. « Je... is this a bad time ? » Quelque part, dans la partie la plus consciente et rationnelle de son cerveau, les connexions avaient été faites et des mots avaient quitté ses lèvres et il en fut content, ravi même. Il loupa néanmoins une partie de l’échange entre la mère et la petite fille, revenant seulement à lui quand Micha s’adressa directement à lui. Oui, Louise, premier jour d’école, oui. Jonathan hocha la tête, presque de façon automatique et il se força à ranger ses souvenirs au loin et à baisser les yeux vers Louise qui avait besoin de toute son attention. C’était un jour important pour elle et c’était bien pour cette raison qu’elle avait traversé le couloir pour venir le chercher, juste pour ça, pas vrai ? La petite semblait beaucoup plus intéressée qu’elle n’y paraissait et Jonathan se retrouva à son niveau, de nouveau rouge face au sous entendu qu'elle venait de faire. Les enfants sentaient bien le stress que subissait leur parent, ils étaient beaucoup plus réceptifs que les adultes sur ce point-là et Jonathan eut un maigre sourire. Il pouvait détecter une légère pointe d'inquiétude dans le ton de Louise, mais honnêtement, même s’il en mourrait d’envie, il ne se voyait pas prendre Micha dans ses bras. Ça aurait été trop pour lui, s’efforcer de penser à la rousse juste en tant qu’une amie était un exercice assez difficile en soit, il ne voulait vraiment pas s’exposer à la tentation et lamentablement échouer.

Il s’éclaircit donc la gorge et se concentra sur la petite fille, qui avait besoin de lui dans l’immédiat. « Laisse moi t’aider Louise. » Jonathan eut un geste pour les chaussures et une fois qu'il fit s’asseoir Louise, il l’aida à les enfiler très rapidement. Pour ensuite se pencher vers son sac et vérifier qu'il contenait tout le nécessaire, feutres et goûter en priorité. « Et toi ? J’espère que tu n’as pas peur d’aller à l’école, non je suis certain que non. Tu vas découvrir plein de nouvelles choses, n’oublie pas qu'il faut bien écouter ta maitresse et poser plein de questions …. et surtout promet moi de t’amuser, d’accord ? » Si Jonathan avait eu plus de temps, il aurait raconté à Louise son premier jour d’école et la nervosité qui l'avait saisi, juste avant qu’il ne se rende compte que tout le monde était au même niveau que lui et qu’il n’avait aucune raison de se sentir seul. Il se contenta d'un simple baiser déposé sur le front de Louise, Jonathan lui souhaitait bonne chance de cette façon et il se rendait aussi compte à quel point ne pas être en permanence près de la petite le pesait. C'était complètement ridicule, il ne s’agissait pas de sa fille et pourtant...  il ressentait un léger pincement au coeur en voyant la petite sourire ainsi, cartable sur le dos. Il pouvait comprendre la nervosité de Micha. Micha qui venait d’ailleurs de revenir dans le salon, beaucoup plus habillée et Jonathan put enfin la regarder dans les yeux cette fois-ci. « On est prêts et toi ? »

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Sujet: Re: then i found youDim 26 Juin - 21:05

Quelque part elle savait. Elle avait toujours su. Elle avait simplement oublié de l’admettre. Simplement. Pourtant non, rien n’était simple. Ce n’était plus aussi facile qu’à une certaine époque. Elle avait surpris certains regards, et elle avait répondu par les mêmes évidences, mais ils y étaient tous deux restés aveugles, sans doute par crainte plutôt que par souhait. Quand on faisait le calcul, c’était dingue le nombre d’années, de mois et de minutes gâchés, et pourtant dans le fond ce n’était pas plus mal. La vie était passée par là, ils avaient chacun fait leur bout de chemin et leurs erreurs, et ils s’étaient retrouvés peu après, encore imprégnés de tout ce qu’ils ne s’étaient jamais avoué, ce qu’ils n’oseraient jamais se dire. Encore fallait-il que Micha ouvre les yeux, qu’elle réalise clairement ce qui était en train de se produire. Elle, qui s’efforçait de faire comprendre à Louise que Jonathan n’était pas son père, mais à quoi bon ? Il n’y avait pas de différence entre Andrew et le reste de la planète, entre le blond et le brun ; l’un comme l’autre, ils n’avaient pas voulu Louise, pas autant que sa mère. L’enfant était arrivée et elle avait ravi les coeurs, elle les avait volé pour les rafistoler, à grand renfort de sparadraps et d’éosine, de dessins multicolores et de baisers innocents, avant de rendre aux grands ce qui leur appartenait, en n'oubliant pas de s’assurer que leurs plaies allaient vite cicatriser. Ce ne serait pas étonnant si Louise devenait médecin au final, elle avait commencé à guérir sa mère et le reste de son entourage depuis le premier jour, et encore aujourd’hui, elle était celle qui s’amusait à recoller les morceaux entre Jonathan et Micha. Ces deux-là étaient trop occupés à se manquer, à se rater de peu alors que tout pourrait leur sourire si seulement la rousse admettait enfin qu’elle préférait encore se couper une main plutôt que de voir son ami d’enfance tenir celle d’une autre fille. C’était sans doute trop tard pour l’avouer maintenant, pas vrai ? Sans doute.

Micha se précipita dans la salle de bain, faisant de son mieux pour se sécher, réalisant avec stupeur que la chaleur d’août ne les avait pas encore complètement quitté, les gouttes d’eau se mélangeant à celles de sueur qui prenaient vie sur sa peau diaphane. Un coup de brosse dans ses cheveux afin de venir à bout des horribles noeuds qui abimaient sa tignasse aux pointes encore humides, et puis un chignon pour ne pas perdre trop de temps ; Micha se concentra ensuite sur sa tenue qui lui fit regretter de ne pas avoir été plus studieuse durant les cours de gymnastique qu’elle avait reçu tout au long de sa scolarité. Il n’y avait bien que les stylistes pour se dire qu’une fermeture éclair au beau milieu du dos pouvait être pratique, quand en vérité ce ne pouvait être que l’oeuvre de Satan en personne. La jeune femme rouspéta, manquant au passage de faire tomber ce qui trainait sur les étagères plantées à hauteur de ses coudes ; encore une autre idée qui valait son pesant de cacahuètes, l’architecte devait être un ami très proche du couturier qui avait confectionné ce bout de tissu en forme de robe. Un peu de maquillage, très discret, juste histoire de dire qu’elle avait eu le temps de s’occuper d’elle et de sa fille avant de sortir de chez elle pour se rendre à l’école de Fairhope, simple petite piqure de rappel pour faire taire toutes les mamans qui auraient eu envie de la montrer du doigt et de critiquer sa tenue, sa façon d’éduquer sa fille, et son mode de vie dans une même respiration. Micha n’avait même pas pris la peine de répondre à la question de Jonathan avant de disparaitre, laissant le père et sa fille dans le salon pour régler les derniers préparatifs.

Oh wait.

La rousse écarquilla de grands yeux, seule face à son reflet dans le miroir, tétanisée d’abord puise amusée par cette pensée complètement tirée par les cheveux. Elle la balaya rapidement, retrouvant Jonathan et Louise là où elle les avait laissé, saisissant son sac à main et enfilant des ballerines en un rien de temps. Pas de talon pour elle, non merci ; elle voulait bien faire un effort pour avoir l’air de la maman coquette, mais Micha avait ses propres limites. « On peut y aller. »

Évidemment, Louise monopolisa l’attention sur le trajet, ne laissant aucune occasion aux adultes de se manifester, sautillant sur place avant de se faire rappeler à l’ordre, Jonathan et Micha s’exprimant d’une seule et même voix quand il s’agissait de la rattraper parce qu’elle venait de leur lâcher la main à quelques mètres d’un passage piéton. L’incident loin derrière eux, la petite reprenait ses longs récits, parlant de dinosaures, répétant à tout bout de champs qu’elle avait hâte de se faire des amis, des amis comme Maman avec Jonathan quand ils étaient petits, des amis avec lesquels elle ferait de jolis dessins et qui viendraient manger son gâteau d’anniversaire avec elle en décembre, quand elle fêterait officiellement ses trois ans. La cours de récré s’était profilée au loin, avant de devenir réelle. Micha remarqua tout de suite les officiers qui avaient laissé leurs uniformes au poste de police pour ne pas effrayer les gamins, lui rappelant aussitôt ce qui se tramait en ville, ce qui s’était produit entre les murs de l’école primaire quelques mois auparavant. Louise s’était alors jetée sur Jonathan en premier, traçant les contours de son visage et murmurant un « Et si personne il aime les dinosaures et que personne il veut en parler avec moi, tu voudras bien qu'on en parle tous les deux, dis ? », avant de passer plus de temps encore dans les bras de sa mère à ne rien faire d’autre que lui assurer qu’elle serait très, très sage et qu'elle écouterait toujours la maîtresse.

Et puis la sonnerie retentit. Stridente, comme dans le souvenir des deux aînés. Micha fit de son mieux pour dissimuler les larmes restées en suspens aux bords de ses yeux clairs. « This feels weird, doesn’t it ? » Elle avait l’impression qu’ils étaient restés coincés derrière les barreaux de cette école, que leur mémoire était là, quelque part, en train de se débattre, suffocante. « I mean… Not just Louise going to school just… » Il lui semblait que c’était hier, et pourtant non. Tout avait changé et le vent ne soufflait plus dans le même sens ; et s’ils restaient trop longtemps plantés là, les officiers finiraient par les trouver suspects. « The whole thing, I don’t know. It’s weird. I just… I feel… I feel weird right now. » Elle soupira, avant de lui accorder un regard. Enfin. « You ? »

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Sujet: Re: then i found youJeu 30 Juin - 11:48

Dans des moments tels que celui-ci, Jonathan se rendait compte qu'il était vraiment revenu à Fairhope. Ce n'était pas juste illusion de son esprit, il ne rêvait pas d'avoir Micha proche de lui alors qu'il se trouvait à des kilomètres d'elle, non, elle était là. Et pourtant, ça n'avait pas des allures de réalité, il y avait quelque chose de plus dans ce petit appartement, quelque chose de plus tendre et de plus doux, quelque chose de moins... amer aurait-il dit. Peut-être que c'était tout simplement Louise, son sourire et ses phrases incessantes, la petite toujours à la recherche de quelque chose, d'une réponse, ou d'un autre sourire sur le visage de quelqu'un. Peut-être que c'était la petite rouquine en effet, ou alors c'était autre chose. Peu importe, Jonathan était incapable de rationaliser ça, ou le fait qu'il se sentait plus ici chez lui qu'ailleurs, quand il était près des deux Kepner. Un sentiment dans le fond bien égoïste, il était déjà content de pouvoir échanger quelques mots avec Micha, le reste... il ne savait pas si le reste reviendrait un jour, pour l'instant c'était déjà bien. Et il avait esquissé un demi-sourire en voyant la mère de famille plus que prête, un air presque adulte passant sur son visage. Il ne fit aucun commentaire, il ne lui dit pas à quel point il la trouvait jolie dans sa robe, non, il garda toute remarque pour lui et se contenta de suivre Micha et Louise. Plus concerné par les pas de Louise qui se faisaient trop rapides parfois et qui devaient être stoppés. Mais Jonathan et Micha veillaient bien et le professeur resserra la petite main de Louise dans la sienne, juste quelques secondes, juste pour ne pas qu'elle s'échappe et qu'elle reste en sécurité.

Le temps était vite passé pas vrai ? Jonathan connaissait le chemin vers l'école par coeur, il se demanda un instant s'il allait croiser sa propre mère, avant de réaliser que c'était au tour de Louise de partir. Déjà. Dire qu'il y a quelques battements de cils Micha lui annonçait qu'elle était enceinte et qu'elle allait le dire à Andrew sans plus tarder. Aucune trace du plus âgé à présent, malheureusement, mais cela ne voulait pas dire que Louise n'était pas aimée ou choyée, bien au contraire. Les mains de Louise sur son visage lui rappelèrent ce simple fait et il observa les deux rouquines se dire au revoir, se sentant presque de trop. Ça semblait trop intime comme moment, aussi il tourna la tête, respirant profondément, ne voulant pas espionner un instant aussi précieux que celui-ci. Il rangea ses mains dans ses poches, pensa à autre chose et Jonathan ne tourna la tête que pour voir la silhouette de Louise s'éloigner, son sac sautillant presque avec elle. Il y eut un instant de silence, sûrement causé par l'absence de Louise et le brun eut un regard pour Micha. Et il ne réfléchit pas à son geste suivant, c'était un réflexe, il avait passé des années aux côtés de la jeune fille, à observer le moindre de ses faits et gestes, il la connaissait, il savait quand elle était triste. Et même si Micha n'allait jamais l'admettre à voix haute, cette journée serait difficile pour elle. Quoi qu'il en soit, Jonathan se rapprocha de Micha et lui prit la main gauche avec la sienne, pourquoi il ne savait pas, mais c'était tout ce qu'il pouvait faire, pour... pour lui dire qu'il était là. Cette fois-là. Il pouvait serrer la main de sa meilleure amie. Une maigre consolation, pas vrai ?

"... Don't worry, I get what you mean." Pas besoin de le dire, oui, un jour ça avait été eux, dans cette cour, dans cette école, et puis ils s'étaient rencontrés, Micha avait pris sa défense et il s'était accroché à cette nouvelle amie, sans savoir qu'elle allait devenir la seule femme qu'il serait en mesure d'aimer. Il avait presque envie que Louise ne rencontre jamais quelqu'un de similaire, pour ne pas avoir à passer par les doutes, l'incertitude et les nuits passées à culpabiliser. Tout ça pour quoi ? Pour se retrouver sur le pas d'une porte. "I guess we really are old." déclara Jonathan. Sans réaliser le ridicule de la situation, sans réaliser qu'ils n'avaient que dix-neuf ans. Mais ils faisaient plus adultes que la plupart des parents, peut-être pas à cause de leur apparence encore naïve et innocente, mais leur coeur avait été marqué c'était certain. Jonathan détourna son regard de la maternelle, rester plantés là n'aidait vraiment pas et il tira légèrement sur la main de Micha, ses joues devenant rouges en même temps. "Come on,  let me buy you a coffee or just breakfast, I have time before my first classes and something tell me you didn't eat anything this morning." Pas besoin d'être un genie pour savoir que Micha avait fait passer Louise en premier et que la matinée avait été mouvementée. Il était temps de profiter du fait que les rues de Fairhope étaient pratiquement désertes, après tout, c'était la rentrée pour tout le monde, y compris pour la police. Jonathan avait remarqué la présence constante de cette force silencieuse, il savait que le but était de faire de la prévention, mais le malaise restait là et il était impossible d'avoir une pensée positive ainsi. Ça n'aidait pas forcément le moral de Micha, c'était certain. Il lui tint la porte du petit dinner ouverte, il ne lui avait pas vraiment demandé si la destination lui allait, mais ils avaient dépensé tellement d'argent de poche ici par le passé ici, alors autant continuer n'est-ce pas ? "You can order anything you want... I'm just gonna stick to orange juice, I'm way too nervous to drink coffee."

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Sujet: Re: then i found youMer 3 Aoû - 21:29

Il lui semblait que c’était hier qu’elle avait baissé la tête pour observer le bout de ses orteils et que son regard s’était heurté à la sphère qu’était devenu son ventre. Une jolie bosse, comme si elle était tombée. Ce n’était pas loin d’être la vérité, la pauvre adolescente s’étant jetée corps et âme entre les bras d’un homme avec la sensation d’exister, de naître seulement, de respirer pour la première fois. Elle se souvenait encore des soirées passées à ne rien faire que froisser ses draps, ses yeux plantés dans les siens et leurs mains jointes, indissociables l’un de l’autre, unis jusque de leurs soupirs. Les baisers du blond, ses mains sur ses hanches, sa façon de l’observer avant de froncer les sourcils, pensif, perdu entre ce qu’ils étaient et ce qu’ils risquaient de devenir si le destin ne les séparait jamais. La suite de l’histoire était déjà connue de tous, et elle s’achevait devant la grille de l’école maternelle ; la suite sautillait distraitement dans la cour pour rejoindre ses camarades, et tandis que Louise agrippait la main d’un autre enfant pour disparaitre à l’intérieur du bâtiment, elle avait senti la chaleur de la paume de Jonathan dans la sienne. La boucle était bouclée, non ? Ils se retrouvaient au début. Tout ce qui s’était produit avant n’avait pas la moindre importance dans le fond, il ne restait que le futur, les centaines de pages blanches qu’ils n’avaient pas encore souillé de leur existence. Impossible de prédire ce qu’ils pourraient écrire. Micha voyait bien quelques phrases se dessiner, des ébauches, le commencement d’une ère nouvelle ; mais rien de précis ni de concret. Rien de rassurant ou d’apaisant alors qu’elle venait de confier sa fille pour la journée, soudainement submergée par la possibilité d’avoir autant de temps devant elle sans savoir qu’en faire.

La rousse ne lâcha pas la main de son ami tout de suite. Elle attendit d’être loin de l’école, au coin d’une rue, au détour d’un carrefour où le portail et la cour n'étaient plus visibles, où elle ne serait plus tentée de faire demi-tour pour aller chercher sa fille et la garder contre elle jusqu’à la fin des temps. Micha s’obligea à prendre une grande inspiration, un peu en retrait par rapport à Jonathan, comme s’il était obligé de l’arracher à sa progéniture pour être certain d’avoir toute son attention. Elle était à moitié là, restée auprès de Louise qu’elle imaginait souriante, ravie d’ouvrir son cahier flambant neuf ou d’agripper un stylo pour esquisser un poisson sans dépasser les traits qui traçaient le contour de la mare. L’institutrice aurait sûrement besoin de la rappeler à l’ordre une fois que l’enfant se sentirait suffisamment à l’aise pour se mettre à bavarder avec sa voisine - d’ici quelques heures, en somme. Peut-être qu’on lui laisserait dessiner ce qu’elle voudrait pour cette première journée, et sans aucun doute, elle ferait un dinosaure au cou gigantesque histoire de le percher à moitié dans les étoiles. Dans les mois qui viendraient, Louise apprendrait ensuite à signer ses oeuvres, et puis viendrait le temps d’apprendre à lire et à écrire. Non, définitivement Micha n’était pas là, égarée dans ses pensées. Son coeur était resté avec sa fille, et il fallut que Jonathan lui tienne la porte du dinner où ils avaient l’habitude de trainer depuis la plus tendre enfance pour qu’elle revienne enfin à la réalité. « Orange juice is fine for me too. I’m not feeling that well either. »

Elle ne prêta même pas attention à la carte qu’elle connaissait par coeur, s’affalant sur la table qu’ils avaient choisi, la tête dissimulée entre ses bras, sa longue chevelure rousse emprisonnée, le chignon n’ayant clairement pas besoin d’artifice pour gagner en volume. Une serveuse s’approcha d’eux pour prendre la commande, et tandis que cette dernière tournait déjà les talons pour leur apporter ce qu’ils souhaitaient, Micha émergea, écoutant les grondements que produisait son ventre vide plutôt que ce qui se passait dans sa tête. « On second thought, I’ll have bacon and fried eggs. I hate scrambled eggs, I don’t even know how people eat these… Anyway, I’ll also have cheesecake. And he’s gonna need something to take away, cookies should be fine. And… Yeah, orange juice, like he said. » Elle hocha la tête avant de regarder Jonathan. « You need to eat, or at least have a bite. And if you really can’t, then you’ll have something in case you really do get hungry at some point. » Machinalement, elle tenta de remettre une mèche derrière son oreille, mèche qui n’était pas là, puisque coincée à l’arrière de son crâne. Il faudrait qu’elle s’habitue à ce que les choses changent, sans quoi elle finirait par perdre la raison ou perdre trop de temps à se noyer dans sa mélancolie. « I guess you don’t want to talk about today, right ? Let’s get that out of your mind for a little while. » Les premiers plats arrivaient, Jonathan se retrouvant seul face à son verre et son sachet de cookies à emporter alors que Micha n'aurait clairement pas assez d'un seul corps pour tout engloutir. « So, how’s summer been ? » Une première bouchée, un peu forcée, et puis le reste suivit avec appétit. « Done anything we haven’t talked about yet ? » Et plus elle se remplissait, plus avait la sensation de sentir son ventre grossir, une petite bulle, une jolie cloque qui ne l’empêcherait plus de voir ses pieds avant bien longtemps…

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Sujet: Re: then i found youDim 11 Sep - 22:30

Jonathan se rendait compte qu’il n’avait jamais eu à remonter le moral de Micha. Non, la force de la nature, c’était elle. C’était toujours elle qui avait crié pour deux, qui avait ri pour deux alors que lui se contentait de vivre sur la touche et d’attendre que quelque chose arrive. La vie au lycée n’avait pas été faite pour lui et il l’avait lentement accepté. Accepté que savoir avec qui il allait aller au bal de promo n’avait pas la moindre importance, tout comme savoir quelle était la dernière tendance en manière de portable ou quelque chose d’aussi futile. Son esprit et ses pensées avaient toujours été à des kilomètres de Fairhope, toujours, trop loin pour être entendues ou pour être comprises. Il y avait cependant une seule personne que le brun avait laissé entrer dans sa sphère et c’était bien Michaela. C'était elle qui avait réussi à briser les barrières et faire en sorte de le rendre moins timide, toujours elle qui prenait l'initiative et même s'il détestait la voir aussi désemparée, les mots ne venaient absolument pas. La parti la plus rationnelle du Rowling lui dirait que les craintes de la mère était tout à fait justifié, c’était un grand pas en avant, autant pour elle que pour Louise, et l’inquiétude qu’elle ressentait n’était qu’un mécanisme de défense mis en place par son corps afin de protéger la petite. Et pourtant, il aurait voulu la rassurer, il aurait voulu la faire rire, sourire, comment ? Il ne savait pas, il n’avait jamais eu ce genre de problème, un autre homme aurait su, peut-être qu’Andrew aurait su...

Jonathan regretta aussitôt cette pensée et il la chassa aussi rapidement qu’elle était arrivée. Penser au père biologique de Louise dans un moment pareil n’allait pas du tout arranger la situation, il n’était pas là, ce n’était pas sa main que Louise avait serré ce matin mais bien celle de Jonathan. Et pourtant, il resta bien droit de son coté de la table et fixa la masse rousse que formait les cheveux de Micha, sans savoir quoi dire. C’était presque frustrant, mais en tant qu'ami, il avait peu à lui offrir à part sa simple présence. Cette fois-ci, il ne repartait plus et il avait bien décidé de s’établir à Fairhope sur le long terme. Une pensée qui aurait pu le terrifier il y a des années de cela, mais Jonathan avait vite fait son deuil et avait réalisé au cours des dernières semaines que ses rêves n’étaient pas incompatibles avec la vie à Fairhope. Il n’avait plus rien à fuir désormais, il serait là pour sa meilleure amie et ce même si ça impliquait de ranger ses propres sentiments au placard. C’était bien ça que grandir voulait dire pas vrai ? La serveuse arriva près de leur table et Jonathan sursauta légèrement en voyant Micha émerger de sa torpeur. Elle commanda pour eux deux et il hocha la tête. « … Thank you Micha. Yeah... I think I’m gonna get the cookies, for later. »

Le menu n’était plus devant lui et Jonathan put observer Micha pendant les quelques minutes qui suivirent et il décida que non, décidément, il n’aimait pas voir ses cheveux rangés ainsi, ce n’était pas vraiment… elle au final. Ni cet air triste d’ailleurs, ou cette façon qu’elle avait de passer d'un sujet à un autre, comme si elle cherchait juste à s’occuper l’esprit pendant quelques minutes et pas réellement écouter. « I want to talk about it, why wouldn’t I, you’re my best friend Micha I… » I wanna tell you everything, mais Jonathan sentait que les mots auraient été trop lourds de sens, aussi il ne termina pas sa phrase et lui adressa un maigre sourire. « I should ask you how you are, I know it’s a hard day for you, but we don’t have to talk about that either… » Ils ne parleraient pas des choses importantes, ils seraient insouciants pendant quelques heures avant de retourner à leur problème respectif. Jonathan ne voulait vraiment pas ajouter à sa peine et être celui qui en faisait trop. Il demeura silencieux une poignée de secondes supplémentaires et après avoir but une gorgée de jus d’orange, il leur trouva un sujet de conversation un peu plus léger. « It’s been a long summer, mostly spent in front of my computer, or at the beach with you. My mum tried to throw one of those dinners party with all the family but apparently most of my relatives are away this year so yeah… no big Rowling reunion, which is a relief you know ? And what else… well my thesis is coming along very well and I think I should have enough data to be published very soon… but that’s boring we don’t have to talk about that… what else ? » Micha était la seule personne du monde, avec sa mère, qui pouvait dire qu'elle avait vu Jonathan ainsi, sans vraiment aucun barrière, sans rougir et avec le rythme de sa voix et le flots de ses paroles qui suivaient son train de pensée rapide et précis. Il était presque lui-même à cette seconde et il continua ses marmonnements pendant encore quelque minutes supplémentaires, lui racontant comment son père et lui s'était lancé dans la réparation de sa vieille voiture. Il l’ennuya avec le noms compliqués des différentes parties du moteur avant de changer encore une fois de sujet. « Oh… I had a date one week ago with a girl named Emma, it went pretty well, we’re probably gonna go the cinema next week. » Les joues de Jonathan s'étaient légèrement rosies, mais comme il l'avait dit à Peter après le rendez vous, il ne fallait pas en faire des montagnes. Il était temps qu'il commence à se comporter comme un garçon de son âge et il n’allait pas se promener avec son coeur brisé pendant des années. Lui et Micha étaient amis, rien de plus. « Other than that, you haven’t missed much. »

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Sujet: Re: then i found youLun 12 Sep - 11:34

Elle était assise là, à ne rien faire d’autre que l’écouter penser à voix haute, et déjà le noeud dans son estomac se défaisait petit à petit, Jonathan tirant sur la ficelle invisible pour que le tout se déroule et que les angoisses disparaissent. Momentanément, bien sûr ; une fois qu’ils auraient chacun repris leur chemin, la rouquine savait pertinemment qu’il faudrait qu’elle gère son stress à nouveau, et ce ne serait pas une mince affaire. En attendant elle savourait ses paroles en même temps que son petit déjeuner pour le moins copieux, souriant pour l’encourager à poursuivre son récit, ne l’interrompant que pour poser une ou deux questions peu pertinentes mais qui prouvaient néanmoins son intérêt pour cette conversation. Et en se perdant dans ses yeux, elle se souvint soudainement des quelques lignes d’un journal qu’elle avait retrouvé dans un coin de son armoire, perdu au fond d’un carton rempli de vieilles fournitures scolaires et autres cahiers abimés sur lesquels ses cursives étaient restées intactes. Micha ne savait pas vraiment pour quelle raison elle songeait à ça subitement ; peut-être parce qu’elle voyait encore le visage de gamin dans les traits à peine plus adultes de Jonathan. Peut-être parce qu’il avait gardé les mêmes manies, et si cela n’avait pas été pour sa voix plus grave et plus mature, elle aurait eu l’impression de déjeuner avec l’enfant de ses souvenirs.

Elle se revoyait, agrippant son plus beau stylo, s’appliquant pour écrire à chaque fois les mêmes mots, ses récits débutant toujours par « Cher Journal, », comme si les pages de son cahier allaient un jour pouvoir lui répondre. Elle remettait à chaque fois une mèche de cheveux derrière son oreille avant de mordiller le bout de son stylo, cherchant l’inspiration, ou surtout les bons mots pour faire savoir à son fidèle compagnon à quel point cette journée avait été agréable, inoubliable ou détestable. Parfois, elle mettait le plus grand soin à coller des emballages de bonbons, des croquis de sa chambre et autres trouvailles fabuleuses, la légende parlant souvent d’elle-même. « Jonathan est venu à la maison et nous avons mangé des bonbons qui piquent très fort, tu aurais vu sa grimace ! J’ai collé le sachet des bonbons sur l'autre page ! » Une photo, de temps en temps, qu’elle avait réussi à chipper à sa mère dans l’un des nombreux albums de la famille. Une autre, que la mère de Jonathan lui avait offert avec un petit mot écrit au dos pour son anniversaire, où Jonathan et elle s’amusaient à faire les pitres pour l’objectif. Il y en avait même une où ils avaient perdu de longues minutes à essayer de voir à quoi Jonathan ressemblerait si Micha lui prêtait ses cheveux, et ils en avaient ri aux larmes en voyant le résultat. À l’époque du collège, les souvenirs étaient devenus de moins en moins fréquents, jusqu’à ce que Micha n’écrive plus que ses coups de gueule, avant de poser son stylo et de passer au numérique, se confiant finalement plus facilement à sa caméra que par écrit.

Elle était retombée sur ce journal comme un chercheur d’or pouvait tomber sur une pépite ; de façon inattendue, presque inespérée, avec la sensation qu’elle venait de découvrir un véritable trésor d’une richesse inestimable. Pourquoi n’en n’avait-elle pas parlé au brun ? Oh, sûrement parce qu’elle avait oublié de le faire, entre deux pique-niques sur la plage et les questions incessantes de la plus curieuse des petites filles… Voilà qu’elle avait donc la nouvelle sur le bout de la langue, prête à la partager à la moindre occasion, une fois son bacon totalement disparu de son assiette et son verre vide ; une fois bien repue, en somme, et le discours de Jonathan terminé. Elle se doutait qu’il serait ravi d’apprendre qu’une telle chose existait, et qu’ils prendraient ensuite un malin plaisir à consulter cette Bible dès que l’occasion se présenterait. Maintenant que Louise irait à l’école quasiment chaque jour de la semaine, les deux amis réussiraient bien à trouver un créneau entre le boulot, la fac, la thèse, la réparation de la vieille voiture de Monsieur Rowling et… Micha manqua d’avaler de travers. Si elle écrivait encore, pas de doute que cette Emma en aurait payé le prix fort sur les pages d’un cahier qu’elle souhaitait garder intime.

« I didn’t know you were dating. » Agrippant une serviette en papier, elle s’essuya le bord des lèvres à la manière des vieilles dames un peu coincées qu’on voyait d’habitude dans des lieux plus sélectes. « That’s good news. » Elle n’en pensait pas un mot. Pas un seul. Et il n’était pas nécessaire de connaître Micha depuis plusieurs décennies pour s’en rendre compte. « I mean yeah, good for you. I suppose Emma is the perfect kind. » Le problème, c’était qu’elle ne pouvait plus s’arrêter, les mots lui échappant au fur et à mesure qu’elle les prononçait. Sauf qu’elle n’était pas seule, assise au bureau de sa chambre d’enfant, un stylo à la main, loin des regards et des oreilles indiscrètes. Elle était face à Jonathan et il fallait qu’elle se taise avant que la situation n’empire, qu’elle le repousse une énième fois, qu’il reparte à l’autre bout du pays, et qu’ils ne s’adressent plus jamais la parole. « I’m glad you told me really. And how did you guys meet ? » Un sourire particulièrement hypocrite et toujours pas la moindre once de sincérité dans sa voix. « No you know what, don’t even bother telling me. » Impossible de comprendre pourquoi elle se mettait dans un tel état pour si peu, ni pour quelle raison elle avait décidé de se lever pour aller régler la note, sans rien ajouter, sans un regard vers Jonathan. Tout ce qu’elle savait, c’était que le noeud dans son estomac était revenu, plus gênant que lorsqu’ils étaient entrés ici, et qu’il avait même réussi à migrer vers sa gorge. Décidément, il n’y avait plus rien à écrire sur eux, la page était visiblement déjà tournée depuis longtemps.

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Sujet: Re: then i found youMer 5 Oct - 1:13

Jonathan ne savait pas vraiment comment la conversation avait dérivé sur sa vie amoureuse. C'était définitivement un sujet de conversation qu'il ne maitrisait pas. Un sujet qui lui échappait tout court et auquel il avait toujours été particulièrement réfractaire. Il fallait voir la façon avec laquelle il avait enfoncé ses doigts dans ses oreilles quand Peter avait essayé de lui décrire de quelle façon s'occuper de sa femme ou comment faire quand on se retrouvait dans l'intimité avec cette dernière. Les dessins du Howell étaient particulièrement choquants ... Et oui quelque bières avaient été impliquées cette nuit, plus pour Peter que lui, le brun tenait très mal à l'alcool et cela avait pour seul effet de le faire rougir encore plus que d'ordinaire et lui donner en vie d'écrire en binaire et dessiner des nuages d'électrons et de se rouler en boule contre Micha et... bref. L'alcool n'était pas fait pour lui. Et il connaissait la théorie, comme il l'avait dit à Pete, la pratique c'était autre chose, il avait dix-neuf ans et il n'avait jamais rien partagé avec qui que ce soit. Il n'avait jamais embrassé personne, jamais considéré aller plus loin. Parce que ça n'était pas lui. Ça impliquait un certain confort et une familiarité qu'il n'avait trouvé avec personne. Enfin, sauf avec Micha.

Mais Jonathan avait rangé tout ça au placard le jour où Andrew avait fait son apparition et encore plus quand Micha avait été enceinte. Ça n'était pas près d'arriver, eux deux, ils resteraient amis pour la vie et ça, c'était plus précieux que le reste. Quand les choses tournaient mal, c'était d'une amie dont il avait besoin. « It just sort of happened. » fut la seule explication de Jonathan qui rougissait au fur et à mesure que cette conversation. Il ne remarqua pas tout de suite le changement de ton de Micha. Non, il était trop occupé à se rejouer la soirée dans sa tête, il y avait eu un ou deux silences gênés, mais le diner avait été plutôt... bien ? sympa ? sans prise de tête ? Jonathan n'avait pas vraiment de mots, il ne s'était pas senti idiot, ou trop intelligent quand le sujet de conversation avait dérivé sur sa thèse et Emma avait été en mesure de lui poser des questions et même comprendre ses références de Star Trek qui auraient pu paraitre totalement obscures pour certains. I think it went well, avait dit Jonathan au téléphone à Peter après le fameux diner. « I met her on c... » La question était purement rhétorique et Jonathan fronça les sourcils face à l'air complètement fermé de Micha. C'était elle qui lui avait demandé de ses nouvelles ... non ? Et ça aussi, ça faisait partie de sa vie. Ou alors parler de sa vie amoureuse était barbant ? Jonathan aurait pu lui faire remarquer qu'il ne s'était jamais plaint d'entendre toutes les qualités d'Andrew et qu'il avait su montrer conciliant mais soit, ça ne comptait visiblement pas... Le Rowling était passablement irrité, Micha devait bien savoir que ça n'était pas un sujet facile à aborder pour lui, il ne comprenait une fois de plus pas ses réactions. À croire que oui, son départ avait tout changé, ils avaient perdu ce truc, ce truc qu'il faisait qu'en un seul regard il était capable de dire son état et de savoir ce qui pouvait la faire sourire ou au contraire qui l'avait contrarié.

« Is everything okay ? » La rouquine se levait déjà, pour régler la note visiblement et Jonathan jeta un regard bleuté à leurs plats à moitié entamés et après avoir poussé un profond soupir, il suivit Micha. Il ne pouvait pas la laisser partir comme ça, pas sans avoir une vraie explication. Aussi, Jonathan n'hésita pas une seule seconde à se lever et à saisir la main de Micha quand elle passa près de lui, forçant la jeune fille à le regarder. « Okay... did I say something wrong ? I know you are stressed and I really wanted you to think about something else than Louise. I mean I know you are worried, and ... are you still mad about the other stuff ...  Because you were right okay, I know I should have been here. » C'était sans doute la première fois que Jonathan admettait à voix haute ce que tous pensaient, mais la différence c'était qu'il en avait assez d'être désolé pour quelque chose qu'il ne pouvait pas contrôler. Il ne regrettait pas d'être parti, non il était parti pour lui, pour son futur, pour ses propres rêves et ça personne ne pourrait le lui enlever. Ce n'était pas de sa faute si Andrew était parti, ni de sa faute si les parents de Micha avaient préféré sauver les apparences. Il ne pouvait pas changer le passé, seulement aller de l'avant. « And I don't want to act like it's okay. I know it's not. I just thought we could start over. I miss my best friend. » termina t-il, la fatigue perceptible dans sa voix tandis qu'il lui lâchait enfin la main.

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Sujet: Re: then i found youSam 5 Nov - 0:27

Si elle avait pu prédire l’avenir, peut-être qu’elle aurait pu respirer. Peut-être qu’elle aurait pu tout simplement se rasseoir sans avoir à se demander pourquoi ses doigts s’étaient mis à trembler depuis que Jonathan lui avait avoué qu’il avait rencontré quelqu’un, pourquoi ses mains étaient soudainement moites, pourquoi elle voulait juste courir le plus vite et le plus loin possible de cette ville sans se retourner ; comme il avait pu le faire par le passé. Si elle avait eu le pouvoir de prédire, de pouvoir se rassurer en ne se contentant pas seulement d’imaginer mais bien d’affirmer, elle aurait pu savoir qu’elle était celle avec qui Jonathan allait finir sa vie, qu’ils auraient une ribambelle de bambins tous plus rouquins les uns que les autres (à l’exception d’un seul, peut-être ?), qu’ils auraient une maison avec un vaste jardin au fond duquel Micha se ferait un plaisir de cultiver quelques légumes, expliquant comment elle procédait à ses enfants passionnés par la simple idée qu’une graine puisse un jour se transformer en jolie fleur. Si l’idée avait pu germer dans l’esprit de Micha, elle n’en serait pas là, les joues rosies par la colère, ou sans doute était-ce de la jalousie, le regard durci par les reproches qui restaient suspendus à ses lèvres. Mais rien de tout ça ne pouvait naitre ou survivre tant qu’elle n’avait pas réalisé ce qui la dérangeait vraiment dans les propos de celui qui n’était encore et toujours qu’un ami. D’enfance, ou le meilleur qui soit, peu importait dans le fond ; le dénominateur restait commun, et il n’était rien qu’un ami. Et il allait bientôt lui échapper pour la deuxième fois.

Elle agrippa rapidement ses affaires restées sur la banquette qu’elle occupait quelques instants auparavant, prenant le temps de vérifier si elle n’oubliait rien, hochant la tête de droite et de gauche à chaque fois qu’il avait le malheur d’ouvrir la bouche pour ajouter le moindre mot. Ses yeux roulaient dans ses orbites sans qu’elle ne parvienne à les contrôler, ses soupirs quittant ses lèvres avec tant d’insistance qu’on aurait pu en ressentir les effets dévastateurs à l’autre bout du restaurant. « Start over ? » Ça ne faisait aucun sens, strictement aucun sens. Ni ce qu’il disait, ni ce qu’elle ressentait à ce moment précis. « Start over, you say ? » Elle-même ne comprenait pas pourquoi elle s’acharnait de la sorte, répétant avec rancoeur ce qu’il avait déjà établi. « I mean, I don’t see the point when you’ve clearly moved on already. » Étrangement, Micha n’avait jamais mis autant de temps à remettre sa veste, s’y reprenant presque à plusieurs reprises tant elle était énervée, ses propres bras ne semblant plus vouloir répondre aux ordres pourtant simples qu’elle leur donnait chaque jour. « You know what… Just… Whatever… You do your thing and I’ll do mine, that’s fine. » Les têtes avaient commencé à se tourner vers eux, mais la rouquine ne semblait pas les remarquer pour autant, ses prunelles braquées sur Jonathan et sur les restes du petit-déjeuner qu'elle ne mangerait pas pour des raisons évidentes.

« Go kiss that girl if that’s what you want to do, who cares ? » Les boutons de sa veste étaient respectivement à leur place, il ne lui restait plus qu’à nouer sa ceinture autour de sa taille, avant de récupérer son sac à main et de disparaitre au coin de la rue comme si elle n’était jamais venue, qu’elle n’avait jamais croisé Jonathan ce jour-là, qu’ils n’avaient jamais déposé Louise devant l’école pour son premier jour. « Not me, I don’t care. I don’t care at all. Go be with that girl, seriously, that’s all you need apparently so go ahead Jonathan, you have my blessing. » Était-ce de la déception qu’on pouvait lire dans ses yeux ? Pas vraiment, non, c’était autre chose. Comme une plaie plus profonde, une fissure dont elle n’avait jamais eu conscience avant que son ami d’enfance ne lui fasse un tel aveu. Elle pouvait l’imaginer disparaitre à nouveau, s’éloignant vers l’horizon pour se changer en souvenir. La dernière fois, elle avait réussi à le chasser de sa mémoire, au moins suffisamment longtemps pour ne plus avoir à avancer de manière incertaine, pour que sa démarche ne soit plus bancale et que Louise soit toujours capable de se reposer sur elle. Mais cette fois-ci ? Cette fois-ci, elle n’aurait pas les épaules suffisamment fortes pour supporter ce poids-là. Qu’il parte pour de bon, et qu’il ne lui fasse plus la moindre promesse. « Date that girl, see if I care. She’ll probably make you happy, cause obviously I can’t. » Sa voix tremblait. Parce que l’avenir paraissait trop flou, trop incertain dans le regard de Jonathan, et qu'elle risquait de s'y perdre…

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Sujet: Re: then i found youMar 13 Déc - 11:49

 « No. » Jonathan était debout également, le coeur battant, les poings serrés. Il n’avait jamais eu autant conscience de ses lunettes qui glissaient sur son visage, ou la façon dont il respirait, ou comment ses nouvelles chaussures lui faisaient vraiment mal aux pieds… Il était conscient de tout, comme si ses neurones avaient décidé de réveiller la partie dormante de son cerveau et de tout lui faire ressentir. Comme si… comme si sa vie allait s’arrêter là, si Jonathan ne prenait pas soin de soulever sa poitrine et d’y expulser de l’air vieilli pour y faire rentrer le nouveau, tout allait s’arrêter ... C’était ridicule, il le savait, mais c’était le seul moyen que son corps avait trouvé pour pallier à la profonde blessure causée par les mots de Micha. Et de la colère qui était passée sur son visage, une irritation qui était contagieuse et pour la première fois depuis… des années, Jonathan était en colère contre elle.

Ça n’était jamais arrivé en réalité, elle trouvait toujours le moyen de le faire sourire, ou alors c’était lui qui lui jetait un regard et se rappelait de la façon dont elle faisait battre son coeur, comment elle le défendait toujours ou le fait qu’elle ne s’était jamais moqué de lui. Mais c’était bien de la rancoeur dans les poumons de Jonathan, juste là, dans sa poitrine, alors qu’il entendait Micha parler de son éventuel premier baiser avec une légèreté qui l’assommait presque. Elle ne savait pas, ils n’en avaient jamais parlé et Jonathan ne lui avait jamais fait ce genre de confidences. La rouquine ne savait pas qu'il avait scellé ses lèvres et s’était juré que son premier baiser ferait du sens, il n’y aurait peut-être pas de pause, peut-être pas d’étincelle comme dans le film, mais le moment serait spécial pour lui, pour la personne concernée. « We’re not doing this. » La voix de Jonathan était étrangement calme et posée, c’était un ton qu’elle ne lui connaissait pas, qu’il utilisait généralement dans les couloirs du MIT, avec des gens en mesure de suivre son train de pensées incessant. Jonathan s’était renfermé sur lui-même, poussé à bout par tout, mais surtout par elle. Par celle qu’il aimait tant. C’était injuste, tordu et le jeune homme se demanda l’espace de quelques secondes s’ils retrouveraient un jour un semblant de paix, si une de leur conversation ne finirait pas forcément sur une dispute. « It’s not fair Michaela, we’re not doing this. »

Il se surprit lui-même en attrapant son attaché-case, il ne voulait pas salir un de leurs endroits préférés au final, il voulait partir, la prendre par la main et l’entrainer dehors. Il ne fit aucune de ces choses là, et resta bien droit, son regard bleuté posé dans celui de Micha, Jonathan incapable de cligner des yeux. « There might be a lot of things I did wrong, and you can keep blaming me all you want but I’m right here. I’m trying here. » Jonathan marqua une pause, sa voix se brisant, c’était triste à dire, mais il aurait pu avoir les larmes aux yeux s’il n’était pas complètement dépassé par la situation. Comment est-ce qu’elle ne pouvait pas voir qu’il était le même, le même petit garçon qui tentait de lui faire comprendre la logique de ses bandes dessinés à huit ans, une main déjà perdue dans la chevelure de Micha. Il était celui qui lui avait fait promettre de ne jamais se couper les cheveux, celui qui avait jeté des cailloux à sa fenêtre le matin d’examens importants pour savoir si elle avait réussi à dormir, celui qui l’avait regardé partir… « If this is not the version of me you wanted then… there’s nothing I can do for you. » Jonathan hocha la tête pour appuyer son propos et il poursuivit avec ce même ton calme et plat : « Cause I’m done feeling guilty. » Il l’avait dit à Peter, ses yeux rivés sur le Howell et ses bières. Il ne pouvait pas continuer comme ça, sa vie ne pouvait pas déjà être ruinée à dix neuf ans. Est-ce qu’il regrettait de ne pas avoir été là ? Oui, mais il avait été plus jeune à l’époque, terrifié et la seule chose qu’il avait faite était d’essayer de réaliser un rêve de gosse. Ni pus, ni moins.

« I’m done Micha, I can’t keep doing this, it hurts too much, I’m sorry, I can’t undo the past. » La finalité dans tout ça était Louise et à quel point elle avait changé leur vie et qu’elle rendait Micha heureuse, pas vrai ? Non, ce n’était pas ça le plus important. « And guess what ?  Neither can you. You think I’m the only one who was blind and didn’t see ? You have no idea. » Non, Jonathan n’avait pas donné la vie, mais il avait ses propres blessures, lui aussi avait eu son coeur brisé en voyant la seule femme qui ait jamais aimé dans les bras d’un autre. Qui lui avait menti, qui l’avait abandonnée. « I would have thrown everything away to make you happy. You. Just you. » Les larmes arrivèrent enfin, au bord des yeux du brun et il se dépêcha de les essuyer, il ne voulait pas qu’elle croie un instant que tout ceci le rendait triste non, c’était la fatigue, la déception et voir qu’elle ne pouvait pas tourner la page qui le fatiguait. Il parvint à se reprendre et lui offrit un maigre sourire. « But I guess we’ll never know. » lacha t-il, la gorge sèche. Jonathan sortit machinalement son porte-feuille et lança quelques billets sur la table, déjà prêt à partir. Lui dire qu’il l’aimait maintenant aurait été tellement inutile. « Have a good day I guess... » murmura le brun avant de s'éloigner, le coeur lourd.

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"...The universe is so big and yet so small. Both things are true you know, it keeps expanding but at the same time you can chat with someone at the other side of the planet... You might want to call that a miracle."
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Sujet: Re: then i found youMer 14 Déc - 23:10

Elle ne savait pas vraiment si son coeur venait d’imploser dans sa poitrine ou s’il s’était tout simplement arrêté de battre. Dans les deux cas, il était certain que la sensation n’était pas celle qu’elle aurait du ressentir en s’aventurant ici avec Jonathan ce matin-là. Chaque mot prononcé raisonnait en écho contre les murs de cette prison, à moins qu’ils ne rebondissent contre les parois de son propre carne, par pur sadisme, pour se délecter de sa souffrance et s’en moquer. La rouquine n’aurait pas su expliquer pour quelle raison exactement est-ce que ses genoux s’étaient mis à trembler, pourquoi ses poings s’étaient serrés en même temps que sa mâchoire. Elle était prête à déguerpir, et voilà qu’il prenait ses jambes à son cou juste avant elle ; mauvaise habitude dont il avait du mal à se défaire, visiblement. Que pouvait-elle dire ? Elle connaissait le dessin de sa nuque par coeur, et c’était à chaque fois ce qui restait imprégné sur le fond de sa rétine pendant des mois, jusqu’à ce qu’il daigne l’appeler, ou qu’il passe par Fairhope pour rendre visite à sa mère. Ça n’avait même pas eu le temps de durer plus d’une seconde et il avait déjà trouvé mieux. Après tout, Micha se doutait bien que ce n’était pas particulièrement difficile de tomber sous le charme d’une jeune femme plus intelligente, plus apprêtée, moins marquée par le temps et ses erreurs passées, moins seule, plus drôle, plus fine ; la femme parfaite qui lui crachait son bonheur au visage sur toutes les publicités placardées aux quatre coins de la ville, qui lui renvoyait la même hypocrisie en pleine poire afin de mieux la faire culpabiliser et la faire consommer encore davantage.

Mais là n’était pas le propos, elle n’était juste pas ça, et elle ne savait pas pourquoi elle s’était mis en tête qu’elle pourrait au moins l’être aux yeux de Jonathan, qu’elle l’avait toujours été quelque part, et que tout s’effondrait, tout s’écroulait autour d’elle sans qu’elle puisse rien maitriser. Peut-être qu’elle devrait faire ses valises à son tour ? Après tout, il n’y avait bien qu’elle pour rester bêtement plantée ici, les yeux rivés vers l’horizon en se demandant où Andrew pouvait être, ce qu’il était devenu, s’il avait enfin décidé de coiffer ses cheveux sans cesse en bataille ou s’il ne trouvait jamais le temps de le faire. À confondre le regard de Jonathan avec celui d’un inconnu croisé au hasard dans les rues de Fairhope, par une nuit d’été où elle aurait justement eu besoin de ses bras pour se soustraire aux regards du reste de la ville et pleurer un bon coup. Pour oublier qu’elle était mère, qu’elle avait des responsabilités, qu’elle ne pouvait plus inviter n’importe qui dans sa vie sans voir le coeur de Louise se flétrir en même temps que le sien. Ne jamais montrer la peine, la garder fièrement pour elle et ne pas la partager par peur de la transmettre à sa fille sans le vouloir ; elle qui avait du porter Louise en priant chaque jour pour que la mélancolie ne soit pas héréditaire.

Elle s’égarait encore. Parce que tout ça allait beaucoup trop vite. Et le départ approchait, et au fond d’elle, malgré la colère et tout ce qui pouvait l’animer, elle savait pertinemment qu’elle n’aurait pas la force de le retenir. S’il ne voulait plus être là, alors à quoi bon ? Il méritait d’être heureux avec Miss Parfaite, et elle avait sa fille, c’était suffisant. C’était suffisant. Elle expira pour se libérer du poids qui lui nouait les entrailles et qui l’empêchait de respirer sans craindre de rendre l’âme, croisant brièvement le regard de Jonathan, ses explications semblant bien lointaines soudainement. Que dire ? Que faire ? Rien. Il n’y avait bien que dans les films qu’elle aurait eu la force de lui prendre la main pour le retenir, pour s’excuser sans que sa voix ne se mette à trembler, qu’elle aurait pris la peine de se blottir entre ses bras afin de lui demander pardon, de tout oublier et de recommencer depuis le début. Mais elle ne savait pas où était le début, puisque tout n’avait été que fin avant même qu’ils aient l’occasion de commencer. Et ce qu’il disait ne faisait pas le moindre sens, elle n’y comprenait plus rien. Elle mit tout ça sur le compte de l’émotion, son cerveau lui jouait sûrement des tours et son unité centrale s’était déconnectée du reste de son corps.

Peut-être qu’ils ne sauraient jamais. Voilà. Il avait raison, cela résumait très bien les choses. Peut-être qu’ils ne sauraient jamais. Tant pis, elle s’était déjà fait une raison. Et du moment qu’elle le savait heureux, ce n’était pas si grave. Elle pourrait vivre avec le regret, tant que quelqu’un s’occupait au moins de lui. Le reste importait bien peu dans le fond. « Have a good day. », répondit-elle alors qu’il était déjà parti.

Sa seule raison de rester à Fairhope était en train de la fuir.

sujet terminé

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