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 "Ceux qui vivent sont ceux qui luttent" Peter

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Sujet: "Ceux qui vivent sont ceux qui luttent" PeterLun 2 Mai - 15:30


Ceux qui vivent sont ceux qui luttent

Aujourd'hui, tous les crimes du monde se déroulent en direct, et nous sommes toujours aussi passifs. Peut-être même encore plus, parce que côtoyer de telles saloperies jour après jour nous anesthésie.
Un journaliste et un hors la loi ensemble, vous avez dit impossible ? Faut croire que non. Depuis ce fameux soir d’avril, dans un bar peu recommandé de la ville de Fairhope, s’était entendu deux gars que tout opposait littéralement. Alors pourquoi Rickon s’est-il entiché de ce journaliste qui pronait davantage la vérité et l’information que la sécurité de sa propre vie ? Peut être bien parce que ce n’était pas tout à fait le cas. Faut dire que Peter, derrière l’image qu’il cherchait à véhiculer sur lui, cherchait davantage à se foutre dans des bordels pas possibles. Ce soir là en était un parfait exemple et d’après ce que Rickon avait pu en voir, peu d’habitant semblaient l’apprécier. Le passage de Peter dans le bar avait suscité de nombreuses insultes à son encontre, et Rickon peut enclin à perdre la seule source fiable sur le poète qu’il savait abordable, s’était empressé de sauver les fesses du journaliste. D'après les habitants de Fairhope, Peter aurait pu être sans soucis le Poète. Après tout, il était bien ressortit du bois le visage rempli de bleus. Pour Rickon, il s'agissait simplement de trouver de quoi se mettre sous la dent. Ils leur fallait un coupable. Peter avait été le favoris. De cette soirée, était née une entente cordiale, que tout deux savaient plus profondes qu’ils n’auraient pu oser l’avouer. Ce qu’il aimait tant chez ce type ? Son audace. Sa façon magistrale d’aller envoyer chier le monde lorsque l’occasion se présentait. Sa façon d’aller jusqu’au bout des choses, même si celle-ci était contre l’éthique. Et si un monde ne les séparait pas, ces deux là auraient pu très bien devenir très proches.

C’est ainsi que chaque premier dimanche de chaque mois, tous deux se retrouvaient au fin fond du bois, Rickon tentant d’apprendre à Peter la meilleure manière de se défendre, en contre partie de quoi ce dernier lui laissait ici et là quelques informations sur le poète et l’avancement de l’enquête. Ce n’était bien sur pas grand-chose, ni de quoi devancer la police, qui l’aurait pu ? Mais assez pour savoir Genesis et son fils en sécurité. Assez pour savoir que pour le moment tout était calme. Trop calme d’ailleurs. Encore plus depuis que Rickon savait que Genesis s’était impliquée personnellement dans cette enquête meurtrière. Il avait été contre bien sûr, mais essayer d’aller lui faire entendre raison … Gilliam avait même essayé de lui faire comprendre que des gars du club pouvant veiller sur elle si la blonde en ressentait le besoin. Et bien évidemment, toujours selon lui, cela n’aurait pas du tout parue bizarre qu’une enquêtrice de l'affaire du poète se balade en ville avec cinq gros baraques derrière elle, armés de la tête au pied et portant fièrement le cuir du club. Cela n'aurait fait qu'aggraver la venue des Son's en ville. Et pour tout avouer, les emmerdes ce n'était jamais réellement Gil' qui s'en chargeait. Du moins pacifiquement parlant. Il était plutôt du genre rentre dedans. 

En ce dimanche de septembre, la pluie était au rendez vous. Assez pour être contraignante quant à l’entrainement au tir de Peter. Faut dire qu’à l’ombre des feuilles, et avec le torrent d’eau qui s’écoulait de ces dernières, on y voyait pas grand-chose. Pourtant il y avait bien une chose que ces deux là n’avaient pas encore essayée. Le combat à mains nues. Seul problème, le journaliste allait très certainement être peu enclin à la chose même. Surtout si cela consistait à abimer son joli minois qui passait régulièrement à la télé. Cependant, savoir se servir d’une arme est une chose, se battre en est une autre. Et s’il y a bien une chose dont Rickon était sur, c’est que l’un comme l’autre peut vous sauvez le cul quand la situation l’exige.

Le journaliste semblait en retard. La deuxième cigarette qui pendait aux lèvres du Biker depuis son arrivée dans les bois pouvait en témoigner. Peu différent des autres fois, où ils s'étaient retrouvés ici en fait. En effet, Peter n’était pas très connu pour le respect des horaires. D'ailleurs, Rickon se souvint parfaitement de la première fois où il lui avait donné rendez vous ici. Peter peu rassuré par l'aspect de cette rencontre, avait jugé bon de faire trois fois le tour du lieu de rendez vous, avant de se rendre compte qu'il ne s'agissait en rien d'un piège de la part du Biker. Ce ne fut que quelques minutes plus tard, qu'un moteur de voiture se fit entendre sur la gauche. Relevant le haut de sa casquette noire, qui lui permettait de se protéger de la pluie, Rickon émit un rictus lorsqu'il reconnut Peter derrière le volant. Comme d’ordinaire, ce dernier était impeccablement coiffé, même sa tenue du dimanche semblait être faite pour travailler sans avoir à se salir les mains. Le blond le laissa tranquillement s’avancer vers lui. Espérant que pour une fois il serait du genre coopératif quant à l’exercice qu’il avait en tête pour lui.
acidbrain
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◆ Manuscrits : 725
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
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◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
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Sujet: Re: "Ceux qui vivent sont ceux qui luttent" PeterJeu 2 Juin - 17:25

Tout le monde s’accordait à croire que Peter cherchait les emmerdes. Non, vraiment, elles le trouvaient depuis toujours, mais il ne les provoquait pas vraiment. Il s’était habitué à ce qu’elles pointent le bout de leur nez, qu’elles viennent frapper à sa porte pour s’installer confortablement entre les murs de sa piaule d’adolescent, dans sa propre demeure, dans la vie de ceux qu’il chérissait ; et puis elles restaient là à le contempler, l’air de rien, avec un petit sourire narquois qui traduisait une certaine joie de retrouver le blond afin de le fourrer dans des situations particulièrement inextricables. Il avait dû naître comme ça. De toute façon, à chaque fois qu’il fallait donné une explication à quelque chose, on finissait inévitablement par blâmer le ventre rebondi des pauvres mères. C’était déjà bien difficile de porter le monde, de le façonner du bout des hanches, mais si en plus il fallait se coltiner la culpabilité qui allait avec, le boulot ne valait pas franchement le coup, si ? La mère de Peter aurait sans doute répondu qu’elle n’aurait échangé son fils pour rien au monde. Pas même le jour de sa mort, quand il s’agrippait fermement à sa main pâle et malade en promettant de ne pas pleurer, et qu’il avait trahi sa promesse à l’instant exact où elle avait rendu son dernier souffle, ses lèvres étirées vers le ciel alors qu’elle se laissait enfin bercer par la Faucheuse. Elle n’aurait pas regretté non plus de l’avoir mis au monde en le voyant à la télé, déblatérant mensonge sur mensonge pour appâter le téléspectateur et le faire frissonner ; pas non plus après qu’il se soit mis à boire son poids en alcool le jour où il avait découvert son père mort dans le garage de la maison familiale, d'une balle qu’il s’était lui-même planté dans le crâne en espérant peut-être qu’une idée plus agréable viendrait ensuite y germer. Non, il ne fallait certainement pas blâmer Peter, ni sa génitrice. Il s’était habitué à endosser le rôle du parfait connard dont personne ne voulait, et il fallait avouer que ça lui allait plutôt bien. En contrepartie il récupérait les emmerdes des autres et il composait avec.

Ces rendez-vous dominicaux avec Rickon visaient justement à lui apprendre à se défendre, à se protéger de ce qui aurait pu lui arriver si toutefois le mécanicien n’était pas venu lui prêter main forte durant le mois d’Avril dernier, mois particulièrement peu clément avec la population de Fairhope. Enfin, Peter s’autorisait à toucher une arme sans frémir, sans repenser à la cervelle explosée de son paternel, éparpillée sur les murs du garage. Le contact du métal froid et lourd entre ses doigts l’avait d’abord effrayé - il fallait être fou pour ne pas craindre la mort et le pouvoir qu’elle conférait, et celui qui pouvait l’affronter du premier coup sans trembler n’avait rien d’humain. Peter avançait, les yeux rivés sur la route, distrait par la pluie qui s'abattait lourdement sur le pare-brise, comblant la distance entre lui et Rickon qui l’attendait toujours au même endroit. Depuis quelques temps maintenant, ils avaient été obligés de ralentir la cadence : même au fin fond de la forêt, le bruit des tirs avaient eu le malheur d’attirer l’attention de certains promeneurs ou d’habitants du quartier de Fly Creek. Il fallait donc rester discret, faire profil bas une fois encore. Peter n’avait pas besoin de ça pour qu’on le soupçonne déjà d’être le serial killer à la plume meurtrière, ce n’était pas la peine d’en rajouter une couche avec toutes ces séances d’entrainement qui n’avait rien d'effacé. Un soupir lui échappa tandis qu’il sortait enfin du véhicule, la capuche de son pull déjà trempée comme si on venait tout juste de lui renverser un seau d’eau sur le haut du crâne. Temps de chien, l’entrainement s’annonçait particulièrement difficile. 


Quelques instants et une poignée de main plus tard, Peter était enfin prêt, fidèle au poste, maussade et encore sous l’effet des dizaines de bières qu’il s’était enfilé la veille pour une raison dont lui seule avait le secret. En vérité, ce n’était plus les emmerdes qui pointaient le bout de leur nez depuis quelques mois, mais bien l’ennui. Plus de Poète à l’horizon, aucun nouveau reportage à faire qui n’ait pas déjà été vu, et l’impression amère de tourner sans cesse en rond comme un vulgaire poisson dans un bocal minuscule. « Tu as prévu quoi aujourd’hui ? » Peut-être n’était-il tout simplement pas d’humeur, dans le fond ? Il y avait des jours avec et des jours sans, et il lui semblait bien que la pluie avait commencé à s’imprégner dans chacun de ses pores pour ensuite imprégner ses os… Contrairement à l’opinion générale, Peter était très ponctuel en temps normal, et son léger retard - dont il ne s’excusa pas pour autant - était clairement dû à son état d’esprit du jour. Sans doute ne s’était-il pas rendu compte que c’était devenu de plus en plus fréquent quand il allait rejoindre Rickon, agacé d’avance à l’idée de devoir échanger des bribes d’informations contre un apprentissage digne de ce nom. Et quand le Poète préférait rester discret, forcément, les nouvelles se faisaient de plus en plus rares, et Peter devait se lancer dans une véritable gymnastique mentale pour que Rickon ait quelque chose à se mettre sous la dent à chaque fois qu’ils se séparaient. Le mécanicien n’espérait peut-être pas que cela soit systématique, mais Peter faisait de son mieux pour honorer sa part du contrat, constatant ses progrès plutôt rapides. « Tu veux pas plutôt aller boire une bière ? » Chassez le naturel, il revient au galop.

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