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 worth every minute

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bad blood - we live here

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◆ Manuscrits : 763
◆ Arrivé(e) le : 12/05/2015
◆ Âge : 31 ans
◆ Assoc. des Victimes : secrétaire
◆ Métier : Écrivain, romancière reconnue
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Sujet: worth every minuteMar 10 Mai - 20:56

worth every minute


septembre 2015

Il y avait des batailles qui étaient gagnées en une seule journée. Peut-être même en quelques heures. Mais ce n'était jamais ce genre d'histoires que les gens se penchaient pour lire, et certainement pas le type de contes qu'on prenait la peine d'écrire, oh que non. On se souvenait toujours des épreuves longues, celles ou le héro ressortait grandi sur le plan physique et sur le plan moral. Si ce n'était pas vraiment les romans que Désirée aspirait à écrire dans sa vie, et encore, elle était encore incapable de contrôler son inspiration pour le moment, elle devait avouer qu'elle rangeait définitivement Deirdre Anderson dans cette catégorie. C'était sûrement exagéré au possible, la métaphore ne correspondait probablement pas à son cher voisin mais ce n'était pas pour rien que Désirée insistait pour lui lancer un bonjour mielleux et rayonnant au possible à chaque fois qu'elle le croisait dans les couloirs de leur immeuble commun. Leur petit échange dans son appartement à lui remontait à quelques mois et Désirée estimait qu'il était de nouveau temps de se pencher sur le mystère qu'il était. Et surtout pour trouver une fissure dans son armure d'homme fier. Personne ne devenait je-m'en-foutiste à ce point sans une véritable raison et elle aurait beau user de tout son pouvoir d'imagination, parfois un peu de réalité était toujours bonne à prendre. Surtout quand Désirée avait de quoi irriter un peu plus son voisin, si elle n'en apprenait pas plus sur lui tant pis, la joute verbale pouvait être intéressante, au moins, face à lui, elle n'avait pas à prétendre.

L'invitation venait donc de sa part, les mots avaient juste été glissés dans sa boite au lettre la veille, l'adresse et l'heure du rendez vous soigneusement retranscrit par l'écriture ronde de Désirée. Une sorte de traitée de la paix, surtout quand on savait que Désirée ne se servait que de son ordinateur pour écrire en règle générale. La très nouvelle rouquine, même au bout de deux semaines elle n'était toujours pas habituée à sa propre couleur de cheveux, s'habilla en conséquence. Au moins, s'il devait se déplacer, elle lui donnerait une bonne raison de rester, et même s'il se croyait au dessus de la moyenne, Deirdre restait tout de même un homme. Et Désirée sut que son objectif avait été atteint au moment où elle rentra dans la boite la plus branchée de Fairhope et qu'elle eut le droit à quelques regards appréciateurs. Comme elle l'avait dit à Deirdre, toute femme digne de ce nom était parfaitement conscience de l'effet qu'elle avait, Désirée savait exactement que sa robe noire avait un décolleté plongeant mais pas trop pour mettre en avant les formes que la nature lui avait donnés, il en était de même pour la paire de chaussures qu'elle avait aux pieds et qui faisait un peu trop de bruit selon le Anderson. Preuve flagrante qu'on avait pas rien sans rien dans la vie. Même le maquillage de la romancière avait été soigneusement pensé pour mettre en avant sa nouvelle coupe de cheveux.

Désirée promena rapidement son regard inquisiteur sur l'endroit, se disant qu'elle n'aurait pas pu choisir plus ridicule si elle l'avait voulu, c'était tout simplement impossible, la discothèque se voyait branchée mais pour la New Yorkais qu'elle était, ce n'était qu'un peu de paillettes pour mieux faire semblant et pour faire croire que la vie pouvait être ce qu'elle n'était pas à Fairhope. La jeune femme ne mit pas très longtemps avant de se trouver une table, et sans attendre l'arrivée de son invité elle commanda un verre. Désirée n'était pas une grand fan d'alcool, si personne ne la regardait, elle se serait largement contentée d'un verre d'eau ou encore mieux mais rien, cependant le jeu des apparences allaient bien évidemment dans les deux sens et boire était presque sous entendu par sa tenue. Les minutes passèrent, assez rapidement vu qu'elle n'eut qu'à faire disparaitre la cerise que contenait son cocktail pour repérer la silhouette de son voisin. Il fallait admettre qu'il était attirant, c'était un bon point pour lui, pas de doute qu'ils s'accordaient bien ensemble, c'était presque dommage qu'ils soient ici pour ne pas se dire des mots doux... presque."Anderson... Par ici." Désirée se redressa un peu pour ne pas paraitre avachie et elle leva la main pour attirer son attention. "Je me suis dit que j'allais te laisser l'avantage de me faire attendre." Parce qu'il parait qu'arriver en retard c'est cool, se retint-elle d'ajouter avec une voix emprunte de sarcasme. Non, autant ne pas commencer tout de suite à l'attaquer, Désirée était quasiment certaine qu'il se lèverait si le ton de la conversation ne lui plaisait pas du tout. "Je ne pensais pas que tu allais venir pour tout te dire..." Autant commencer par un brin d'honnêteté pas vrai ? Ça arrivait si rarement chez la romancière. "Je n'ai même pas fait l'affront de te commander à boire et pourtant j'aurais pu...whisky ?"

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Sujet: Re: worth every minuteMar 10 Mai - 22:21


Worth every minute.

D'un mortel ennui, voilà comment Deirdre avait choisi de décrire ces derniers mois. Il en venait presque à regretter le temps où on le rendait coupable des pires délits possibles... Le Poète, au féminin désormais, mais tout de même, Anderson aurait presque pu désirer retourner en arrière pour retrouver un semblant d'amour propre. C'était son problème depuis le début, il détestait être dans l'ombre et préférait mille fois qu'on le méprise qu'on l'ignore. Forcément, ces dernières semaines avaient plutôt fait de lui un fantôme et c'était quelque chose qui pouvait sembler plus que déplaisant pour quelqu'un d'aussi présomptueux que lui. Il avait repris ses habitudes cependant. Comme on avait tendance à l'oublier, il pouvait de nouveau laisser sa démarche de charmeur faire le travail et il avait ainsi pu remettre sa vie sexuelle sur les rails, c'était déjà un bon point. Pour le reste, c'était beaucoup plus compliqué. Depuis qu'on l'avait évincé de l'université, Deirdre cherchait à se racheter une conduite puisqu'il se refusait à devenir un professeur de bas étage dans le second degré. Non, lui, il voulait briller auprès des étudiants influençables et il savait qu'il excellait en la matière, pourquoi s'en priver. Anderson espérait retrouver sa position dans les semaines à venir. Avec le Poète sous les feux de la rampe, il avait toutes ses chances. Pour le moment, Deirdre profitait de ce que la vie avait à offrir et il trouvait vite un certain attrait à ce mode de vie des plus passifs. Si ses parents le voyaient à traîner dans les coins mal famés, à chercher des passions là où on ne trouvait que des ennuis, pour sûr qu'ils auraient deux mots à lui dire mais Deirdre restait ce qu'il était, un indépendant. Malgré ses vacances forcées, il n'avait pas chercher à les recontacter, il était resté traîner à Fairhope, à refuser leurs appels comme un enfant gâté qu'il était plus que probablement. Peu importait, Deirdre savait ce qu'il voulait et en général, il l'obtenait sans trop de difficultés, pourquoi lui résister? Certaines personnes s'y essayaient mais la déroute était quasi obligatoire... Pour tout le monde, oui, sauf ces personnes qui piquaient son intérêt.

Il y en avait peu, Deirdre aurait presque pu les compter sur les doigts d'une seule main et tout cela n'avait pas l'air d'augmenter franchement au fil du temps. Dans cette fine liste, il y avait toujours sa voisine du dessus, une certaine Désirée qu'il n'avait pas vu depuis un certain temps. Deirdre avait passé un moment agréable lorsqu'elle avait frappé à sa porte sans crier gare. Bien entendu, il avait fallu qu'il cherche à la faire plier parce qu'il n'y avait que dans l'adversité que Deirdre y trouvait son compte et avec Désirée, il y en avait de l'adversité, plus qu'avec quiconque. Elle était écrivaine, lui avait raté sa carrière plus qu'autre chose même s'il était en passe de mettre en forme un nouveau manuscrit. Il ne le criait pas sur tous les toits, Anderson savait à quel point les rumeurs pouvaient provoquer des pannes d'inspiration et les plus cruelles par dessus le marché. Non, il faisait tout cela dans son coin, ne s'avouant certainement pas que sa petite discussion avec sa voisine quelques mois auparavant avait déclenché ses quelques neurones et sa plume dorée. Il la méprisait, c'était évident, elle et ses chaussures à talons aiguille qui avaient fait de sa vie un enfer, elle et son charisme mystérieux, elle et son aura mystique finalement. Quelle fut sa surprise de trouver une invitation écrite de sa main féminine dans sa boîte aux lettres. Deirdre l'avait croisée quelques fois au détour d'un couloir ou dans le hall mais le temps pressait toujours pour qu'une vraie conversation s'installe, c'était très certainement une occasion qui ne s présenterait pas à nouveau. Il avait hésité cela dit, Deirdre ne voulait pas lui donner la sensation d'être celui qui l'attendait, c'était leur petit jeu après tout de ne montrer que du dédain l'un envers l'autre alors que c'était surtout la curiosité qui menait leurs échanges.

Finalement, au dernier instant, Deirdre avait jeté un coup d'oeil à l'invitation avant de s'apprêter pour l'occasion. Désirée lui avait donné rendez-vous dans le club branché de la ville, enfin branché, c'était un bien grand mot vu la vile en question. Pourtant, Deirdre avait sorti le costume adéquat, laissant sa barbe de quelques jours dénoter avec sa coiffure impeccable et sa tenue où rien n'était laissé au hasard. Il avait conscience qu'il attirait les regards féminins, c'était un fait avéré quand il sortit de chez lui -déjà en retard bien entendu- pour se diriger vers le Fizzy. Il entra dans le club de son allure altière, repérant la silhouette de Désirée plus que ses boucles blondes qui avaient apparemment disparu. Deirdre eut un sourire narquois sur le coin des lèvres en s'approchant d'elle. "J'en attendais pas moins de madame l'écrivaine aux chaussures insupportables. Nouveau look?" Une question des plus rhétoriques bien entendu alors que la question des boissons arrivait sur le tapis. "Il n'y a que ça qui se boit, je te l'avais déjà sous entendu la dernière fois, me semble t-il." Et à peine la commande faite qu'on lui livrait son breuvage ambré sur un plateau. Deirdre n'y prenait guère attention, s'installant aux côtés de Désirée, non sans un regard énigmatique lancé à son égard. "Pourquoi ce rendez-vous soudain, ma chère? Ca fait des semaines que tu résistes tant bien que mal au manque de mon charme, c'est ça?" Il aurait pu le croire mais il se doutait bien que la jeune femme était tout aussi fière que lui à ce sujet. Tant mieux, tout cela laissait toujours présager des échanges intéressants... Ce soir, probablement plus que la fois dernière. 
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Sujet: Re: worth every minuteDim 22 Mai - 17:53

Il fallait reconnaitre que la simple présence de Deirdre ne passait pas inaperçue. Désirée avait beau ne pas avoir trouvé l’utilité d’un homme dans sa vie, en tout cas pas à cette seconde précise, mais rien qu’en voyant la démarche de Deirdre, la coupe de son costume et la nonchalance avec laquelle il se dirigea vers sa table, leur table dans le fond, était… assez agréable à regarder, elle devait lui accorder cela, et elle comprenait que beaucoup se laisse berner et se dise que cet homme-là pouvait les sauver. Les sauver avec quoi ? Avec son sourire ? Les baisers qu'il pouvait déposer dans le creux de leur cou ou les promesses qu'il pourrait formuler dans leur oreille ? Probablement. La rouquine remarquait bien les regards et celui plus qu’appréciateur que la serveuse eut pour Deirdre, Désirée se retint de rouler des yeux face au changement d’attitude ambiant. Il y avait bien une raison qui faisait que Deirdre ne pouvait pas vraiment lui marcher sur les pieds, la même qui faisait qu’il se trouvait là ce soir… À ses côtés. Désirée ne lui faisait pas perdre son temps, elle n’allait pas passer la soirée à le complimenter ou rendre les choses plus facile pour lui. Il n’était pas là pour la facilité pas vrai ? Il était là parce qu’il savait qu’elle trouverait toujours quelque chose à rétorquer, juste parce que, juste pour l’irriter un peu plus et avoir le dernier mot. C’était uniquement pour ça qu’il était là.

Désirée se passa une main dans les cheveux face à sa question, jouant le jeu quelques secondes et lui faisant croire que ce n’était rien que pour lui. « Oh tu as remarqué? Il n'y a pas que les chaussures qui sont neuves. » Le ton sonnait faux et elle savait que Deirdre était suffisamment intelligent pour entendre le sarcasme latent. Whisky ou pas, il pouvait le sentir. Désirée préférait continuer avec son cocktail sucré, se disant que le moins d’alcool elle buvait, mieux elle pourrait contrôler ses pensées, elle était loin de boire autant que lui et peut-être que l’inviter dans un bar était courir un risque mais… La jeune femme aimait à penser qu’il fallait toujours tout faire pour que son advers...interlocuteur soit à l’aise. C’était un minimum de politesse, un joli cadeau en fait, avant de pouvoir mieux le rabaisser. Car quelqu’un devait forcément avoir un ascendant sur l’autre pendant leur petit échange, sinon ça ne marchait pas vraiment, Désirée doutait qu’ils soient capables, l’un comme l’autre, d’avoir une conversation normale, non… La normalité c’était pour les gens ennuyeux, terre à terre, sans aucune imagination et ça ce n’était pas pour eux. Pas pour eux les écrivains. Elle prit le temps de finir son verre et de glisser un peu sur la banquette et de s’approcher un peu de lui avant de reprendre la parole. À cette distance, Désirée pouvait sentir son eau de Cologne et dire qu’il ne s’était pas rasé depuis quelques jours et cela la fit sourire plus qu’elle ne l’aurait imaginé. C’était son degré de nonchalance qui l’étonnait toujours, elle croyait qu’un homme comme lui devait faire plus attention mais non, les choses étaient vraiment différentes dans son monde à lui.

« Oui, c’est exactement pour ça que je t’ai invité Anderson, juste histoire de savoir si tu étais capable de maitriser autre chose que le look je viens de sortir de mon lit et pourquoi me presser, je ne fais rien de ma vie. Encore une fois Deirdre, tu n’es pas aussi beau que tu le penses.». Un mensonge, mais ce n’était qu’une petite digression juste histoire de garder la balle dans son camp. Elle l'avait convié ici ce soir pour une raison bien précise, quelque chose qui ne serait juste pas passé si elle l’avait dit au détour d’un couloir ou quand ils allaient tous les deux chercher leur courrier. « Et de quoi ça a l’air mon cher. On fête quelque chose, bien sûr qu’on fête quelque chose. Et quelque chose de spécial je peux te l’assurer.» Désirée eut un hochement de tête, son sourire désormais plein de promesses, elle en était certaine. La romancière aurait pu lui dire dans la seconde, mais elle voulait le voir chercher un peu, trouver une raison futile et se planter. Cela lui ferait du bien d’échouer de temps à autre, Désirée n’en avait pas le moindre doute. « Maintenant la question c'est est-ce que je te laisse deviner la raison de mon sourire et des prochains verres que je vais te payer, je veux dire avec un intellect aussi massif que le tien ça ne devrait pas être si difficile que ça, ou si je dévoile tout de suite. » Elle eut un autre sourire, du genre à faire pâlir de jalousie le Cheshire Cat avant d’héler la serveuse et de commander un autre verre pour elle. Cette fois-ci, le verre fut fournit avec une paille à la place des olives et la jeune femme coinça la dite paille entre ses lèvres et fixa Deirdre. « Qu’est-ce que tu préfères mon grand ? »

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Sujet: Re: worth every minuteMar 21 Juin - 21:31


Worth every minute.

Deirdre ne pouvait toujours pas dire s'il adorait Désirée ou s'il la méprisait simplement. Elle avait toujours été son adversaire, la jeune femme aux chaussures à talons qui le rendaient agressif plus qu'autre chose. Sa voisine, voilà ce qu'elle était devenue et il devait supporter le fait qu'elle était bien plus reconnue que lui dans le monde de l'édition. Anderson avait toujours fait partie de ces envieux qui se sentaient bien dans leur peau en mettant plus bas que terre les gens plus faibles que sa personne. Il voulait s'aimer plus que tout et c'était un travail à temps plein, surtout après les désillusions qu'il avait dû surmonter depuis son arrivée dans cette ville maudite. Deirdre voulait croire qu'il valait mieux que cela, que cette image de tyran qu'on avait posé sur son visage et qui lui avait valu une mise à la porte pure et simple sans même vérifier ses antécédents auparavant. Il n'avait maltraité aucune femme, certes il était plus existe que la moyenne mais cela, il ne l'avait jamais franchement caché mais les femmes qu'il côtoyait, Deirdre se donnait plus de mal à leur faire du bien, pas l'inverse heureusement. Tout cela était passé, il avait dû effacer ses accusations, surmonter les regards malpolis de certaines personnes et il avait continué, se remotivant pour trouver son but maintenant qu'on lui avait retiré son avenir professionnel. Deirdre n'avait pas perdu son ambition, bien au contraire, il était même beaucoup plus remonté qu'avant et il avait toutes les cartes en main pour vivre son rêve. Il ne restait plus qu'à terminer son roman en cours pour enfin pouvoir faire clouer le bec à la blonde devenue rousse au cours de ces dernières semaines sans entrevue. Alors, non, Deirdre ne savait toujours pas s'il appréciait sa compagnie ou s'il avait envie d'en finir en l'espace de quelques minutes uniquement mais tout cela ne l'avait pas empêché de passer un temps précieux à s'apprêter parce qu'entre eux, le physique avait une place essentielle. C'était une manière de dominer l'autre, étaler ses atouts pour espérer le faire plier ou au contraire décamper, clairement il n'y avait rien de normal qui s'était formé dans leur alliance ou au contraire leur guerre silencieuse. Deirdre se sentait encore plus malsain en la compagnie de Désirée, parce qu'elle le poussait à devenir plus mauvais qu'à l'accoutumée, à se laisser aller à ses désirs les plus primaires sans s'inquiéter du bien être des gens qui devaient en souffrir à côté de lui. Il souriait à son interlocutrice, ayant cette envie de rire aux éclats de l'entendre parler de ses nouvelles acquisitions à ses pieds. "Tu as décidé de faire un combo chevelure-chaussures... Tu devais certainement en avoir marre de subir les quolibets sur la blonde platine, bon choix alors." Au moins, il y avait des éléments de leur relation qui n'avaient pas changé en quelques semaines: toujours à chercher à gratter la carapace de l'autre, à chercher à le faire sortir de ses gonds quand c'était une mission vaine. Désirée ne plierait pas, Deirdre ne plierait pas plus.

Ils étaient très certainement d'ores et déjà dans une impasse, à peine assis à la même table, un verre à la main. Pourquoi ce rendez vous? pourquoi maintenant? Deirdre se posait mille questions puisqu'ils n'étaient pas du genre à se rendre visite par simple courtoisie. Certes, ils étaient voisins et certes, leur dernière entrevue avait eu sa part de charme mais ils n'étaient pas du genre à socialiser pour des broutilles, l'un comme l'autre valaient plus que cela. Du moins, c'était ce que Deirdre aimait penser parce que dans le fond, personne ne connaissait personne dans cette ville, c'était d'autant plus vrai depuis que Le Poète sévissait et laissait son lot de victimes dans son sillage. Il n'y avait pas de voisins qui comptaient dans ce genre de circonstances: c'était chacun pour sa peau et c'était peut être un des traits qui caractérisaient le plus Deirdre, il avait toujours été seul et c'était peut être ce qu'il resterait jusqu'à la fin de ses jours comme il était incapable d'accepter ses propres failles et encore moins celles des autres. Pour le moment, il n'arrivait pas réellement à mettre la main sur celles de la miss Cravy, elle cachait bien son jeu, c'était l'hommage le plus majestueux qu'il pouvait lui rendre sans lui avouer, bien entendu. "De la médisance, Désirée? J'te pensais au delà de cela... On sait tous les deux que j'suis beaucoup de choses mais quelqu'un avec un physique désavantageux... C'tout ce que tu peux donner? T'as dû perdre de ta superbe depuis notre dernière rencontre." Deirdre s'en rappelait fort bien, ils avaient joué avec leur espace vital, s'invitant dans la sphère de l'autre comme si c'était tout à fait normal de s'user d'être si proche de quelqu'un. Il but une gorgée de son whisky, imposant sa grâce contre son siège, son regard bleuté coincé dans celui de la jeune femme, laissant son sourire taquin se poser sur ses lèvres. Elle voulait jouer, déjà, il aurait dû s'en douter. "Une occasion spéciale? Si seulement c'était fêter le fait que tu sois la prochaine victime de notre tueur préféré pour que j'sois débarrassé des nuances sonores venant du dessus de chez moi..." Dans le fond, il appréciait cela, c'était une routine qui l'exaspérait mais qui le rendait intensément vivant parce que cette femme là avait quelque chose de spécial quoiqu'il en dise. "J'aimerais bien jouer à ton petit jeu mais à part un nouveau livre en route ou quelque chose de cet acabit, j'suis pas sûr que t'aies grand chose à m'cacher, si? Dis moi, Désirée, pour voir si le whisky gratuit et la manière dont tu t'es apprêtée pour moi en valent le coup..." Deirdre avait détaillé les traits de son visage en prononçant ses quelques mots, insistant peut être un peu trop pour se montrer totalement honnête mais on ne changeait pas les bonnes habitudes, certainement pas entre eux deux en tout cas.
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Sujet: Re: worth every minuteMar 5 Juil - 19:50

Est-ce qu’il se rendait seulement compte qu’il laissait échapper un ou deux compliments parmi la vague d’insultes ? Désirée en doutait largement et ce n’était pas comme si la rouquine allait l’arrêter pendant qu’il était lancé, non, elle préféra écouter Deirdre, un demi-sourire sur le visage, sirotant son verre comme si c’était quelque chose qu’elle faisait tous les soirs et ce, sans en subir les conséquences le lendemain matin au réveil. Oh, elle aurait bien voulu que les choses soient aussi faciles que ça, mais la romancière et son cher voisin se moquaient bien de ce qui était réel ou pas, tout ce qui comptait c’était leur petit jeu d’apparences et de savoir qui allait repartir avec la tête haute. Raison ou pas d’ailleurs, leur petit échange de la dernière fois n’avait été que les préliminaires, elle en était certaine et Désirée posa ses grands yeux bleus, presque froids, presque inquisiteurs sous la lumière tamisée du club et elle laissa échapper un rire, un vrai en l’écoutant parler de sa mort à elle. Par le Poète. Comme si c'était quelque chose qui pouvait la faire trembler. Le pauvre fou, si Deirdre pensait l’effrayer ou la blesser comme ça, il empruntait la mauvaise voix, et peut-être qu’un jour, si son instinct concernant le jeune homme était le bon, elle lui confierait probablement qu’elle ne se voyait pas vieillir. C’était cliché, ça ferait sûrement couler de l’encre sur la romancière un peu fêlée qu’elle était, mais rien que de s’imaginer avec une ride, ça, ça la faisait un peu trembler. Ce n’était pas qu’une simple question de vanité non, dans le fond, la rousse savait qu’elle n’était pas si jolie que ça, mais bien un paradoxe auquel elle ne voulait pas avoir à faire. Elle ne voulait pas vraiment penser à l'emprise que le temps pourrait avoir sur elle, c'était presque trop... cruel.

Mais comment le lui expliquer ? À lui qui pensait tout savoir d’elle, qui croyait la connaitre après un simple coup d’oeil ? C’était un homme, impossible de lui en vouloir pour son jugement, c’était certain. « Oh ne dis pas ça Deirdre, ça pourrait bien finir par arriver et je suis certaine que je te manquerai… » Elle s’était rapprochée, encore, parce que c’était le genre de chasse qui nécessitait qu’elle y mette un peu du sien si elle voulait finir par capturer sa proie. La main droite de Désirée s’attarda sur le col de la chemise probablement hors de prix du brun et elle eut une expression un peu plus douce. « Toi, tu t’ennuierais mon cher, je suis certaine que tu viendrais à mon enterrement, de façon ironique, pour rappeler au monde que je n’ai eu que ce que je méritais et peut-être faire un feu de joie avec mes propres ouvrages sur ma tombe, n’est-ce pas ? » Peut-être que Désirée pourrait exiger qu’il le fasse dans tous les cas, et surtout dans le cas où elle finissait enfin par utiliser cette arme dont elle avait le permis, histoire d’en finir une bonne fois pour toute, certes, pas de la façon la plus propre du monde, mais au moins le travail serait fait. Mais pas la peine d’avoir des pensées aussi négatives par vrai ? L’humeur ne s’y prêtait pas vraiment, ni l’alcool, après tout cela aurait été dommage de gâcher un aussi bon whisky. Aussi, la rouquine déposa un baiser sur sa joue droit, laissant une marque de rouge à lèvres sur sa barbe naissante avant de s’écarter. « J’avoue avoir été prévisible sur le coup mais nous sommes bien là pour fêter un de mes prochains nouveaux succès, le livre sort en décembre, le trois si je ne me trompe pas, tu veux que je te fasse envoyer une copie en avance ? »

Le sourire de la jeune n’était pas complètement hypocrite, elle aurait bien voulu avoir son avis de lecteur avisé et de professeur également, Désirée savait très bien qu’il avait lu plus de ses bouquins qu’il n’aimerait l’admettre et qu’il se précipiterait sûrement sur le prochain. Un ouvrage assez étrange selon son éditeur, elle avait prévenu Martin cependant, lui avait dit de ne pas manger ou de ne pas lire le bouquin la nuit, Désirée était fière de son oeuvre au final, ne l’aurait modifiée pour rien au monde et c’était bien la première fois qu’elle avait hâte de retrouver son nom sur les étagères de librairies. C’était le genre de sentiment qui ne pouvait pas être remplacé par rien d’autre au monde. Il devait être bien placé pour le savoir. « Il faut bien qu’on se soutienne entre écrivains, non ? » Même si la liste d’ouvrages du brun n’était pas aussi longue que la sienne, ils faisaient tout de même parti du meme club, et ça il ne fallait pas vraiment l’oublier. Désirée passa un bras autour de ses épaules, comme s’ils avaient été amis à une époque. Comme si« D’ailleurs à ce propos je me suis procurée une copie de ta nouvelle, oui j'ai commencé à bien faire mes recherches, j’espère que tu travailles sur la suite, hmm ?»  Une pique facile ? Sûrement, mais Désirée préférait prendre la main.

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Sujet: Re: worth every minuteDim 24 Juil - 0:59


Worth every minute.

Deirdre aurait adoré qu'elle se taise, ne serait-ce que quelques minutes pour pouvoir l'admirer sans risquer de perdre le peu de santé mentale qu'il conservait encore en écoutant ses âneries. Il avait conscience que Désirée était une femme intimement intelligente et c'était tout à fait le genre de personnes dont il se méfiait au quotidien, surtout au sein de la population féminine. Deirdre avait tendance à mépriser les jolies filles qui usaient de leur cervelle, c'était un danger pour les hommes comme lui qui laissaient leur charisme légendaire faire le travail sans avoir besoin de martyriser un surplus de neurones pour arriver à ses fins. Avec la jeune Cravy, ce n'était pas quelque chose qui arriverait, elle était bien trop craintive avec l'ex professeur de la faculté pour qu'il ne puisse gagner d'un simple sourire. Deirdre n'avait donc aucun intérêt à se fatiguer au moindre orage mais plutôt de continuer à supporter les piques subtils de l'écrivaine jusqu'à trouver la faille pour la vaincre.Avait-il vraiment envie d'en arriver là ? La conclusion de leur affaire était incertaine mais dans tous les cas, ce ne serait pas quelque chose d'agréable si Deirdre laissait la rousse mener la danse. De toute manière, il détestait se faire mener à la baguette, il préférait amplement diriger les échanges ou au moins donner l'impression à son interlocutrice qu'il se laissait faire quand c'était surtout une tactique comme une autre pour arriver à ses fins. Anderson s'attendait à peu de choses avant ce rendez-vous mais peut être que les intentions de Désirée étaient moins pures qu'il n'avait pu l'envisager.

Pour le moment, ils s'amusaient à martyriser les sens de l'autre et c'était un jeu qui plaisait énormément à Deirdre. Si Désirée lui indiquait qu'elle allait fatalement lui manquer si elle était amenée à disparaître avec les agissements du Poète, le jeune brun ne pouvait que rire de ce genre d'issues. « Toi, me manquer ? Cela aurait plus l'air d'une libération, tu ne crois pas ? Après tout, la cause principale de mes migraines, c'est ta présence à l'étage du dessus... » C'était probablement un mensonge, il avait trouvé une adversaire de taille en la personne de l'auteure et sans elle, son monde avait l'air bien plus vide que par le passé. Bien entendu, Deirdre n'irait jamais jusqu'à confesser que cette femme pouvait lui manquer, elle était une épine dans le pied plus qu'autre chose et peut être qu'il serait plus qu'heureux de dire adieu à ses maudits talons et ses expressions mesquines. « Un petit autodafé sur ta pierre tombale, me donne pas des idées alléchantes comme ça... Tu pourrais le regretter. » C'était tout à fait le genre d'actions dont Deirdre était capable vu à quel point il se fichait des conventions et du regard des gens. Il était probable qu'il se fasse arrêter par la police mais depuis les soupçons qu'on avait eu sur lui avec l'affaire du Poète, il n'en avait que faire en réalité. Sur le moment, il regardait Désirée qui s'était collée à lui jusqu'à en être presque indécente, lui ne bougeait pas d'un cil, persuadé qu'en posant son regard brumeux sur celui de la rousse, l'effet se ferait naturellement.

Il la charmait, il ne l'avouerait pas mais c'était quelque chose qu'il avait en tête à cet instant là, peut être parce que ce jeu interminable auquel ils s'adonnaient était ce qu'il y avait de plus attrayant à ses yeux ces temps ci. « Même si je refuse, tu me l'enverras, non ? C'est pas ta distraction principale de vouloir que je te lise et te dise à quel point tu es merveilleuse ? Si tu penses vraiment atteindre ce succès là... » L'ironie était l'arme la plus utilisée entre eux, Deirdre souriant à la rousse quand elle laissa la trace de son rouge à lèvres sur son visage angélique. Il osa poser une main sur la sienne à l'issue de cette petite joute alors que la jeune femme enchaînait en faisant remarquer qu'ils faisaient partie du même club. Bien entendu, Deirdre avait conscience qu'elle essayait de se glorifier par la présente, ce qui lui permettait aisément de surenchérir. « Vraiment, on se soutient ? Je pensais surtout qu'on jouait, toi et moi... » Il ne mentait même pas en prononçant ces quelques mots. Ils avaient l'air d'éprouver un certain plaisir à se rapprocher physiquement tout en se méprisant verbalement. Deirdre osa passer sa main de celle de la jeune femme à sa cuisse lorsqu'elle mentionna les suites de sa dernière nouvelle. « Ne sois pas si impatiente d'être dans ma tête, à défaut du reste... La suite viendra bien assez tôt, crois moi, c'est sur le feu. Je te ferais le malin plaisir de t'offrir une copie moi aussi, on se fera des échanges de bons procédés comme ça, Désirée... Je sais à quel point le fait qu'on soit sur la même longueur d'ondes tous les deux te tient à cœur, n'est-ce pas ? » C'était l'inverse bien évidemment mais Deirdre voulait en jouer parce que tout se passait bien à cette soirée et qu'il lui fit un regard profond à ce moment là. « Je t'autorise même à repasser chez moi à l'occasion pour vérifier l'avancée des travaux, je sens bien que ma présence t'a manqué vu l'excès de bruit qui vient du dessus ces derniers jours... Pas la peine d'autant attirer mon attention, je te vois, Désirée. » Effectivement, il la regardait en avalant une autre portion de whisky avec une classe presque criminelle. Ces deux là étaient hors du commun, probablement dans le pire sens du terme.
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Sujet: Re: worth every minuteDim 7 Aoû - 15:29

Il avait mordu à l’hameçon, sûrement un peu trop fort mais ce n’était pas Désirée qui allait s’en plaindre. Le spectacle était plutôt agréable à regarder, et là, elle ne parlait pas que de la plastique de Deirdre, non, elle voyait également les efforts qu’il faisait, pour la détester et lui rendre la monnaie de sa pièce. Le pire, c’est qu’il croyait qu’il était doué, mais il n’en était rien. Il croyait presque l’avoir cernée, presque avoir réussi à la capturer, mais Deirdre devait arrêter de penser que ce jeu allait être facile. Il devait vraiment commencer à se dire qu’elle ne se laisserait pas avoir comme ça, pas après quelques piques et un sourire échangé et quelques compliments bien placés. Désirée n’était pas du genre à s’envoyer des fleurs, non, la rouquine se voyait comme elle était, ni plus ni moins, mais elle estimait qu’elle n’était pas de celles qui tombaient facilement dans les filets d’un prince un peu trop charmant. Surtout pas quand il arrivait à boire du whisky avec une telle aisance, ce qui cachait forcément quelque chose. Est-ce que l’alcool avait fini par s’infiltrer dans tout son système ? Par se diluer dans ses veines ? Est-ce qu'il en était ressorti plus grand ? Est-ce que c’était ça qui lui permettait de se tenir à ses côtés avec une telle arrogance et sa main qui se perdait déjà trop bas ? Peut-être.

Désirée ne fit aucun mouvement pour l’arrêter, ne se déroba pas au toucher et le laissa prendre, voiler, ce qu'il croyait déjà avoir gagné. Deirdre restait un homme après tout et s'il était uniquement guidé par le désir qu'il avait pour elle, la partie s’avérerait plus que monotone. Parce qu’elle avait déjà joué à ces jeux-là, déjà laissé des hommes prendre ce qu'il voulait pour seulement quelques minutes de plaisir, et ce n’était pas rentable, pas si intéressant que ça. Cette mystérieuse chose dont tout le monde parlait, le sexe, l’amour, ça ne l’avait fait que l’effleurer et elle ne le considérait que comme un rite de passage, pas comme quelque chose d’essentiel et de vital au final. « Tu sais très bien que je t’enverrai une copie, ne tournons pas autour du pot. » conclut simplement Désirée. Elle le regarda finir son verre de whisky et posa sa main sur celle de Deirdre, juste là contre sa cuisse, et se rapprocha encore de lui, la rousse était si près de lui cette fois-ci qu'elle pouvait dire avec précision à quel point ses yeux étaient bleus, et compter sans aucune difficulté le nombre de sourcil qu’il avait.  « Et encore une fois Anderson… arrête de croire que tu as la moindre idée de ce qui se passe dans ma tête. » murmura Désirée, presque comme une menace. Oui, elle voulait le décortiquer, le comprendre, mais pas comme une idiote, pas en s’offrant à lui comme plat de résistance et en le regardant avaler goulument les morceaux de ce qui avait jadis été son âme. Pas comme ça, ça ce n’était que pour les perdantes, celle qui n’était pas en mesure de penser comme elle, qui perdraient sûrement la raison si elles entendaient les pensées les plus noires de la romancière. C’était bien pour ça qu’il devait lire son prochain ouvrage, pour avoir une petite idée du chaos et du labyrinthe dans lequel il s’apprêtait à pénétrer, juste pour comprendre, la comprendre.

« Tu penses que je n’attends que ça hmm ? Le moment où tu seras assez généreux pour me laisser rentrer dans ton appartement pour qu’on le fasse sur ton bureau et pour que tu prétendes quelques minutes après que ça n’a pas la moindre importance ? » Est-ce qu’elle se mettrait à genoux devant lui dès qu'ils auraient passé la porte en s’échangeant des baisers fiévreux ? Est-ce que Désirée le supplierait lui dégrafer sa robe et elle lui montrerait même comment faire ? Est-ce qu’il la soulèverait avant qu'ils ne viennent s’écraser contre un mur, leur coeur battant en unisson parce qu'ils refusaient tout simplement de se lâcher ? Non, tout ça, c'était trop prévisible. « Dans tes rêves Deirdre… » lâcha Désirée, s’écartant enfin et retrouvant une distance honorable. Elle respira un grand coup, ignorant les effluves d’alcool et croisant les bras sur sa poitrine, elle ne savait pas d'où venait cette frustration soudaine, parce qu'il ne comprenait pas, ne voyait pas rapidement où elle voulait en venir ? Probablement. C’était un sentiment nouveau pour Désirée, en général, personne n’était digne d'une explication dans son monde. « Ça serait cliché et très … plat de ma part de n’attendre que de ça de ta part mais je te blâme pas, je suppose que les femmes te rangent très vite dans la catégorie des hommes à éviter lorsqu’elles ont bu un verre de trop. » La liste des conquêtes de Deirdre devait être longue, beaucoup plus longue que celles de Désirée, mais ce n'était pas une compétition. « Mais j’ai prévu autre chose pour toi mon grand. »

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Sujet: Re: worth every minuteDim 21 Aoû - 17:10


Worth every minute.

Deirdre avait toujours eu cette tendance à laisser le jeu prendre le pas sur ce qui aurait dû normalement compter: la vie adulte, les responsabilités, le destin. Non, il n'était pas prêt à se laisser mener par le bout du nez par un concept qui n'apportait que très rarement le bonheur si on y regardait de plus près. Le jeune homme de lettres préférait amplement ne rien laisser au hasard, se complaire dans sa notoire stupidité en profitant de tous les vices qu'il pouvait trouver parce que c'était bien plus simple de vivre de cette manière là que de rêver en grand. Il aurait aimé pouvoir dire qu'il avait des projets, que quelqu'un ou quelque chose l'attendait quelque part et que ce simple fait le rendait meilleur mais c'était bel et bien faux. Deirdre ne croyait pas au destin, il ne croyait en rien et c'était peut être cela le véritable problème. Il avait l'impression que tout lui était dû en conséquence et c'était pour cette raison qu'il était aussi antipathique avec les gens assurément. Avec les femmes, c'était encore pire parce qu'il ne voulait pas avoir à essuyer de refus, question d'ego ou de principe, allez savoir, et c'était ce qui le poussait à être toujours dans l'excès. Au fond, il adorait plaire mais il détestait qu'on prenne le temps de s'inquiéter de ce qu'il cachait derrière ses expressions doucereuses et ses manières de faux gentleman. Au moins, Deirdre ne croyait pas en être un: il savait ce qu'il voulait et ce n'était franchement pas grand chose.

Une seule personne sur cette planète en avait véritablement conscience et c'était avec elle que Deirdre était en train de passer la soirée. Il aurait pu rester dans son coin, faire tout pour éviter le contact parce qu'il savait à quel point cette fausse rousse pouvait être dangereuse derrière ses airs innocents et son envie cachée de le tuer assurément. Pourtant, il ne pouvait pas s'en empêcher, il fallait qu'il soit proche, il fallait qu'il joue parce que c'était le fond de sa personne et qu'il n'avait aucun moyen de parer aux défauts qui prenaient toute la place dans son coeur. Désirée n'avait pas l'air d'avoir envie de le stopper non plus, alors peut être que le jeu en valait la chandelle au bout du compte, ce toucher sur la cuisse de l'écrivaine, le fait qu'elle rajoute sa propre main sur celle de Deirdre en s'approchant jusqu'à l'indécence. Elle avait raison, ils n'avaient aucune raison de tourner autour du pot parce que l'évidence était nette: Désirée lui enverrait son livre et Deirdre le lirait, avec la certitude collée au fond des entrailles qu'il déchiffrerait le moindre mystère que sa voisine avait à revendre. Ce serait une quête vaine mais il s'y adonnerait avec plaisir vu le sourire qu'il lui offrit après ses paroles alors que le combat reprenait. Non, il ne savait pas ce qu'elle cachait mais Deirdre partageait cette folie avec elle, celle qui lui meurtrissait le moindre neurone et qui le poussait au pire des exactions sans même subir la moindre once de culpabilité. Quelque part, ils étaient de la même trempe. "Je ne m'en vantais pas, ma chère... Mais je sais, contrairement aux autres, qu'y a quelque chose de dangereux là dedans... Et ça m'intéresse." Il pointa un doigt interrogateur vers le cerveau de la rousse. Oui, Deirdre savait qu'elle n'était pas tendre et que le moindre secret qu'elle avait était hors de portée pour le commun des mortels... Mais peut être pas pour lui.

En attendant de déchiffrer tout ce qu'il pouvait y avoir au fond de l'âme obscure de la jeune Désirée, Deirdre avait une autre quête, simplement profiter de ce moment là, peut être même faire croire à sa voisine qu'il jouait dans la même cour qu'elle. Ils étaient aussi tordus l'un que l'autre, c'était un fait avéré depuis leur rencontre mais rien n'était amené à se terminer s'ils continuaient à se comporter de la sorte l'un envers l'autre. Une querelle, de la séduction, ce petit quelque chose en plus qui aurait pu faire peur à un public quelconque, mais ils n'étaient que deux au milieu de la foule et Deirdre ne comptait pas changer cela, même pas pour profiter d'un moment de débauche avec elle. Il pouvait lui faire croire cependant qu'il n'avait que cela en tête, Deirdre pouvait tout faire pour prolonger le mystère de leur joute. "Non, je crois avant tout que tu te plies à aucun de tes désirs parce que t'as peur de leur nature... Mais tant mieux alors, mes rêves resteront plaisants quand ta réalité restera morne, Désirée." La distance était de nouveau de rigueur mais Deirdre n'arrêtait pas de sourire. Il n'arrêterait jamais de le faire avec elle parce que le trouble ne pouvait pas exister en lui, pas même lorsque Cravy tentait de le faire ressortir pour gagner la bataille. Non, ils avaient tant à accomplir ensemble et cela, Deirdre en était persuadé. "Tu pourrais pas te tromper plus que ça, mais j'ai la certitude que tu le sais déjà." Et Deirdre ne buvait plus, son regard concentré dans celui de la rousse. Ses desseins étaient sombres, très certainement, mais il était attiré dans la brèche bien évidemment. "Ah oui, et quels sont tes plans pou moi alors ? Ne tournons pas autour du pot comme tu le dis si bien, vas y, je t'écoute." Et Deirdre était toute ouïe effectivement, avec cette femme là, il le serait probablement toujours.
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Sujet: Re: worth every minute

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