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 you just gotta let it be, let it be, let it be

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◆ Manuscrits : 221
◆ Arrivé(e) le : 19/04/2016
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Sujet: you just gotta let it be, let it be, let it be Mar 10 Mai - 21:50

you just gotta let it be, let it be, let it be

Il y a quelques chose dans l'air du commissariat, je le remarque à partir du moment où je passe la porte.

Ou alors c'est mon imagination qui me joue des tours, où c'est le fait que la nuit dehors s'étire et qu'il ne me semble pas avoir vu une seule étoile. Peut-être pour ça qu'il pleut. Je n'en sais rien, il faudrait que j'allume ma télévision pour regarder les news, même si on sait tous que le bulletin météo va être interrompu par la prochaine bribe d'information concernant le "sanglant meurtrier de la ville de Fairhope." On l'appelle Le Poète. Un surnom ridicule si vous voulez mon avis, mais personne ne m'a vraiment demandé mon avis, je me contente de sourire et d'encaisser, répéter que ce n'est rien, que tout va s'arranger, que bientôt, on pourra tous penser à l'été à Fairhope et à se précipiter de nouveau sur la plage sans penser à autre chose. Mes pensées dérivent vers Jessica pendant une dizaine de secondes, il est tard, elle est probablement penchée sur son bureau en train de corriger des copies, je devrais la rejoindre, probablement pour me pencher vers elle et déposer un baiser dans son cou. Juste histoire de. Pour avoir de la force, pour retrouver la raison pour laquelle je me lève le matin et me dire que cette affaire de meurtres n'en sera bientôt plus une. Mais je suis là, bien droit dans mes pompes et je viens juste de fermer mon parapluie, au moment où l'employé qui est à l'accueil reconnait ma tête visiblement.

Jacob Young, oui, le maire, je passe ma vie au commissariat ces temps-ci. Il faut bien comprendre qu'il n'est pas normal pour un représentant municipal de se mêler des affaires de la police, ça reste avant tout une situation urgence, mais avec la découverte de chaque corps, après chaque disgrâce de la police eh bien... l'urgence est arrivée bien vite. Trop vite, tellement vite que personne n'a eu le temps de s'habituer et maintenant je me retrouve avec un sale goût dans la bouche à chaque fois que j'en parle. Comme si c'était moi la cigarette et que ce putain de psychopathe était en train de me faire disparaitre. "Bonsoir." Mes pensées, encore une fois, ne dépassent pas l'enveloppe charnelle, tout reste consigné, bien au chaud, dans mon crâne, là où elles ne peuvent pas s'échapper. Personne n'a besoin de savoir que ce bon vieux Jacob n'est rien d'autre qu'un loup trop fatigué pour cette danse. J'ai passé le cap de la trentaine il y a quelques années, alors peut-être que oui, peut-être que Jessica a raison, j'exagère un peu. J'abandonne mon propre débat intérieur l'espace d'un instant pour répondre à la question silencieuse de l'employé qui me fixe à présent. "Est-ce que vous pouvez me dire si Liam Haynes est encore dans les parages ?" Je pose la question mais mon regard est posé sur l'horloge derrière l'officier de police, les minutes défilent lentement, rien ne peut changer ça, quoi qu'il advienne le temps passera toujours et dans quelques minutes je finirai par repartir. On m'indique la morgue, bien entendu, ça ne me dérange pas outre mesure, la vue du sang ne m'a jamais dérangé, on va dire que j'ai dû m'y habituer bien malgré moi. Et puis... les scènes de crimes du Poète ne sont pas les plus horribles que j'ai pu voir dans ma vie, au moins, notre psychopathe notoire fait dans le bon ton, on peut lui reconnaitre ça. Encore une pensée qui ne franchira jamais la barrière de mes lèvres tiens.

Je m'enfonce dans les dédales du commissariat de police, je ne rencontre que des mines lasses et blasées et ça ne m'étonne guère. La porte de la morgue fait un peu trop de bruit selon moi, mais Liam est bien là, impossible de le manquer avec sa grande silhouette. Je n'ai jamais vraiment su si je devais me réjouir de savoir que c'était lui qui allait bosser sur l'enquête désormais, dans le fond, qu'est-ce que ça change ? Il faut bien que le travail soit fait. Je m'éclaircis la gorge pour annoncer ma présence, tout ceci n'a rien d'une visite officielle, non, sinon je ne serais pas venu aussi tard. "Vous avez un instant à m'accorder ? Faute de meilleure expression, je crois qu'il faut qu'on parle vous et moi." À peine les mots dans l'air que j'ai envie de les attraper pour demander au docteur s'il n'a pas une cigarette à la place.

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Sujet: Re: you just gotta let it be, let it be, let it be Dim 5 Juin - 20:04

Il est tard. C'est cette heure que le Docteur Haynes préfère. Celle où ceux qui n'ont plus rien à faire à la morgue sont partis, aussi vite finalement que ceux qui ont eu quelque chose à y faire dans la journée. Personne n'aime cet endroit, à plus forte raison le soir quand l'odeur des produits, détergents et parfums n'arrive plus à masquer celle, tenace, de la mort; quand les peurs et l'imagination transfigurent les ombres et allongent les dernières minutes du jour, laissant un goût amer dans la bouche pour ceux qui repassent la porte dans l'autre sens, dans le bon sens, vers le monde des vivants, celui des mensonges cherchant à narguer la faucheuse et retarder son arrivée par des expédients tous aussi vains les uns que les autres. C'est cette heure qu'il préfère, où il est enfin seul dans son antre, où il n'a plus à grimacer un vague sourire, où il n'a plus à composer avec les gens qui travaillent avec lui, où il n'a plus à refréner son agacement de la lenteur avec laquelle ils effectuent leur besogne. C'est l'heure où il a le temps: de travailler (vite et sans interruption), de penser au Poète sans craindre un regard interrogateur sur les classeurs des différents meurtres ouverts, de ruminer sur sa vie et les femmes qui l'ont trahi, sur la manière qu'il a eu de se venger d'elles. L'heure aussi de penser à après. Après le Poète, après cette petite vie rangée et insoupçonnable, insupportable. C'est l'heure des projets et Liam n'est jamais mieux pour y penser qu'à cet endroit et à cette heure, où seul le tic-tac tranquille et immuable de l'horloge murale perturbe le silence.
Entre vingt heures et minuit, c'est l'heure des dossiers compliqués, des recherches minutieuses, des analyses précises, des visites impromptues. Quelques âmes perdues viennent le voir le soir, en général en catimini. Celui qui passe la porte ce soir ne s'est pas donné cette peine, même si l'horaire annonce une discussion officieuse. Jacob A. Young. Le Maire de la ville. S'il s'est donné la peine de venir, c'est qu'il a besoin d'autre chose que ce qui est écrit dans son dernier rapport. Il apporte avec lui l'odeur de la pluie, mêlée à celle plus âcre de ses cigarettes et de son parfum. Le tout forme une combinaison surprenante et agréable, contrebalancée par la lassitude de sa voix. Jacob est fatigué. Ça se voit, ça s'entend, ça se perçoit.

"Vous avez un instant à m'accorder ? Faute de meilleure expression, je crois qu'il faut qu'on parle vous et moi."

Liam fronce les sourcils. Depuis maintenant deux ans que les deux hommes se connaissent, il ne l'a jamais vu comme ça. Il suspend sa main au-dessus du rapport qu'il allait signer, debout devant sa paillasse. Il rebouche son stylo et l'aligne soigneusement avec les autres, bien accroché à la poche de sa blouse. En général, Jacob est plus positif. Si ses propos sont toujours amers et cyniques, il y a toujours une pointe d'humour qui arrive à surnager dans cette aura qui l'entoure. Là, rien. Juste de la lassitude et des questions qui s'annoncent. Le légiste va vers le coin cuisine, attrape deux verres qu'il remplit d'eau gazeuse. Il en tend un au Maire et va s'asseoir sur une chaise, tout en en désignant une autre de la main.

«Asseyez-vous Jacob, et buvez cette eau gazeuse. Elle vous rafraichira le gosier avant de parler.»

Pas de bonjour, pas de ronds de jambes. Droit au but, c'est ce qu'il appréciait avec le brun. L'eau gazeuse était un clin d’œil parce qu'il savait que ce n'était pas ce dont rêvait son visiteur. Mais il n'avait pas d'alcool ici, ni chez lui d’ailleurs, il avait horreur de ça. C'était néanmoins un geste cordial et amical qu'il ne réservait pas à tout le monde, c'était le moins qu'on puisse dire. Tout en sirotant son verre, le blond se demandait ce qui pouvait à ce point assombrir l'humeur de l'édile. Le Poète? Oui mais pas seulement. Le pouvoir de nuisance du meurtrier était bien entendu bien connu et très pesant mais ne suffisait pas à lui seul. Y avait-il quelque chose de nouveau qui n'était pas encore parvenu jusqu'à lui et dont Jacob venait lui parler? Non, peu probable. L'ego du maire aurait pour cela nécessité, exigé,  une conférence de presse et les rayons du soleil, pas sa sombre morgue un soir de pluie.  Des raisons plus personnelles? Peut-être. Mais si c'était une histoire sentimentale, le légiste n'était plus équipé pour éprouver de la compassion, de la mansuétude ou de la compréhension. Sa mère et surtout sa femme, avaient bien fait les choses de ce côté là. Il était donc intrigué par la mine plus que morose de son vis-à-vis.

«De quoi faut-il que nous discutions? J'ai tout mon temps, je vous écoute.»

En effet, les visites de Jacob étaient rares mais souvent fructueuses et leur collaboration était en général bonne. Pourquoi celle-ci ferait-elle exception?
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Sujet: Re: you just gotta let it be, let it be, let it be Jeu 16 Juin - 2:04

Je suis les mouvements de Liam, et j’ai presque envie de sourire. Il se demande sans doute ce que je fabrique ici, aussi tard. C’est un homme intelligent, il peut suivre ma logique comme un grand et se douter que c’est une affaire bien plus personnelle et discrète qui m’amène ici. À contre coeur. Franchement, si c’était pour penser ça, j’aurais dû rentrer direct chez moi. Mais je me résigne, je reste là, les deux pieds plantés sur le sol, et je le regarde bouger, j’écoute les gouttes de pluie, qui quelque part me rassurent et je le regarde encore une fois. Un verre d’eau vraiment ? Ça a le don de me faire sourire. « Est-ce que j’ai l’air de quelqu’un qu’il faut qu’on materne docteur Haynes? » Je laisse tomber les manières de politesse, les bons discours pour les âmes en peine et ce genre de conneries. Adieu le maire, il se fait tard, il faut bientôt dire bonjour à Jacob, et Jacob, le vrai, se fout de tout et à juste envie d’une bonne nuit de sommeil. Et quelque chose de plus fort que de l’eau, c’est certain. « Non vous savez quoi, ne répondez même pas à la question. » Là encore, je compte sur son cerveau et son massif intellect -je ne suis pas sarcastique je vous assure- pour faire l’addition et se rendre compte du ridicule de son geste.

Liam essaye de paraitre humain quand quelqu’un est présent, c’est presque comme un mécanisme de défense. Contre quoi ? Pour se protéger des yeux de qui ? J’ai presque envie d’agiter ma main devant son visage et de lui dire que je m’en fous. Complètement et royalement, mais les conversations philosophiques seront pour un autre jour je suppose, hein ? « Je suis là pour vous parlez de Laura. » Je lâche simplement dans un autre soupir, Laura Munoz, ou celle qui a survécu, ou le visage de tous les espoirs de Fairhope. Penser à la brune m’exaspère, j’ai dû me farcir une dizaine d’interview d’elle pour comprendre là où elle voulait en venir. Oui, son histoire est horrible, mais les tragédies arrivent tous les jours, et tout le monde ne passe pas à la télé pour faire vivre et revivre son histoire. Partager autant, je trouve ça presque malsain et répugnant… Si ça avait été moi… Hmm, si ça avait été moi, j’aurais sûrement demandé au meurtrier de finir le travail, avec une balle dans la tête, bim, comme ça, de la matière grise de Jacob sur le sol, un peu sur les murs et dans des recoins qui donneront du fil à retordre à l’équipe de nettoyage. Juste parce que.  

Bref, je suis là pour parler de Laura Munoz, pas par gaieté de coeur qu’on s’entende bien, mais bien parce que la police soupçonne que le meurtrier essaye de se glisser dans l’association des victimes. Juste parce qu’il parait que les psychopathes, ou les sociopathes je ne sais plus, ont ce genre de comportement. Et envoyer un officier de police de manière officielle serait trop louche, les gens crieraient tout de suite au scandale et à l’atteinte des libertés et tous ces autres concepts abstraits dont tout le monde se moque bien dans le fond. L’être humain est un animal compliqué, c’est certain, Liam doit en savoir plus que moi sur le sujet, il fait un métier que je ne comprends pas dans le fond, j’estime qu’il n’y a pas besoin de fouiller ou d’ouvrir pour comprendre qu’une personne finit par mourir sous le coup de sa propre bêtise, tout simplement. « Vous devez savoir pour l’association des victimes… je serai présent pour l’inauguration officielle tout ça. On m’a dit que vous alliez vous joindre à la cause en tant que bénévole. Simple rumeur ou c’est avéré ? » Je ne poserais pas la question si ce n’était pas important, ce que le médecin légiste fait de son temps libre ne regarde que lui, j’empiète un peu sur sa vie privée, ça ne me plait pas, mais je n’ai pas vraiment le choix. « Vous avez le droit de mentir … mais… pour le bien de l’enquête tout ça, il serait bon que je sache. » Le ton est désintéressé au possible, fatigué aussi, il faut bien l’avouer, cette affaire traine, alors si je peux faire quoi que ce soit pour aider mes confrères policiers, je le ferai. Ça ne veut pas dire que je dois en avoir quelque chose à faire, pas vrai?

Je vous l’ai dit, il fait nuit, plus de faux semblant.

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Sujet: Re: you just gotta let it be, let it be, let it be Lun 25 Juil - 18:08

Liam sourit, le récipient en main et observe Jacob. Il sait que le verre d'eau n'est pas le bienvenu et envisage même un instant qu'il va se le prendre en pleine poire, si le Maire a vraiment passé une mauvaise journée ou s'il veut montrer un peu de sa noirceur intime. Il sait très bien que c'est un geste conventionnel, un certain égard, un respect et aussi un gage de reconnaissance. Si le légiste est là, c'est évidemment grâce à ses capacités, mais aussi grâce à son aîné, et ce verre d'eau, mi-provocation, mi-geste d'allégeance est là pour le rappeler, en filigrane. Finalement il ne s'en tire pas si mal, Jacob choisissant l'ironie faussement offusquée tout en posant le godet loin de ses yeux. « Est-ce que j’ai l’air de quelqu’un qu’il faut qu’on materne docteur Haynes? »

Le ton et l'attitude laissent voir de la fatigue, de l'énervement et de la frustration. Tout ceci éveille la curiosité de Liam pour qui ces sentiments sont de vieux compagnons qu'il a appris à maîtriser et à utiliser. Il y a quelque chose qui dérange visiblement son vis-à vis, quelque chose d'assez important pour l'empêcher de rentrer directement chez lui pour se servir un bon verre de whisky avec un bon cigare et de s'affaler sur son canapé, cravate jetée et chemise ouverte, les pieds déchaussés sur la table basse, le feu de cheminée qui crépite pour chasser l'humidité, avec un morceau de jazz pour le détendre et compléter le tableau. Voilà comment il visualisait là tout de suite ce que désirait Jacob. Au lieu de ça, il était là, assis sur une méchante chaise bien raide, dans sa morgue, à cette heure tardive, sur le point de formuler ce qu'il avait ruminé toute la journée, voir plus. Les soupirs ajoutés laissent entendre que ce sujet lui a causé une bonne migraine et lui a pourri l'existence depuis qu'il a surgi sur le tapis. Liam attend patiemment, silencieusement. Il sait que l'édile est venu pour lui demander quelque chose et qu'il ne partira pas sans sa réponse. Mais Jacob prend son temps, ce doit être épineux, quelque chose qu'il doit demander, ou qu'il répugne à dire. Peu importe, pour Liam il est encore tôt et il a tout son temps, personne pour l'attendre et souligner d'un ton acerbe qu'il est en retard et que le dîner est froid. Il croise ses longues jambes devant lui et met les mains derrière sa tête, détendu mais attentif.

« Je suis là pour vous parlez de Laura. »

La phrase claque dans le silence et s'il ne bouge pas d'un poil, attendant la suite, le cerveau du blond se met à tourner, compulsant d'un doigt connaisseur le dossier de la Première Victime Vivante. Viennent aussi les interviews que la piquante brune a données, attirant les caméras, les journalistes et les paparazzis charognards comme des papillons par une lumière trop vive. Elle est devenue une star, le symbole de la résistance à la barbarie bouchère du Poète, l'autre figure de Fairhope. Que veut Jacob ? Le ton laisse entendre qu'il ne porte pas la Mexicaine dans son cœur et qu'il désapprouve le battage médiatique qu'elle fait. Évidemment il ne peut pas le dire, même ici, du moins pas aussi crûment qu'il le voudrait. Alors quoi ? Liam se tait toujours, le Maire va devoir se jeter à l'eau.  

« Vous devez savoir pour l’association des victimes… je serai présent pour l’inauguration officielle tout ça. On m’a dit que vous alliez vous joindre à la cause en tant que bénévole. Simple rumeur ou c’est avéré ? »  Une petite pause, puis « Vous avez le droit de mentir … mais… pour le bien de l’enquête tout ça, il serait bon que je sache. »

L'Anglais se redresse et croise le regard noir du brun.

«C'est ça qui vous a embêté toute la journée et que vous avez eu tant de mal à me demander ? Allons Jacob, on commence à bien se connaître même si ça ne fait pas longtemps que je suis là… Vous mentir ? Mais pourquoi ? »

Le ton est désinvolte, un tantinet moqueur et il a bien conscience de profiter de l'embarras du premier magistrat mais ne peut s'empêcher de savourer cette gourmandise. En même temps il ne comprend vraiment pas ce qui dérange dans cette histoire. Le maire doit soupçonner qu'il ne fera pas du simple bénévolat et que son intérêt est bien plus profond et inavouable  et il se garde bien pour l'instant de poser la question du pourquoi, Liam n'étant pas connu pour ses actes de philanthropie. Là-dessus c'est bien vu, mais les véritables raisons qui le poussent à agir ainsi ne seront connues que de lui seul. Personne, même dénué comme lui de scrupule ou de sens moral, même pas Jacob ne saura jamais vraiment. Le mieux est donc d'afficher des raisons vertueuses, au-dessus de tout soupçon, au-delà du vice et des viles pensées qui motivent réellement Liam. Il se leva et pensivement alla constater à la fenêtre que la pluie tombait toujours, tambourinant inlassablement contre la fenêtre. Il revint et se rassit tout en regardant l'autre homme.

« Oui je vais être un des bénévoles de l'Association des victimes du Poète. Je vais voir si je peux les aider. Il n'y a rien à cacher et on vous a bien informé ! Il se peut même que je donne de l'argent pour  leur mettre le pied à l'étrier. Laura se chargera sans doute d'en récolter d'autre plus tard, c'est juste pour commencer. »

Voilà qui devrait donner du grain à moudre à Jacob et devrait annoncer d'autres questions, d'autant plus qu'il parle de l'Association des victimes, pas de l’Association de Laura, nuance importante chargée de brouiller encore les pistes et de détourner les soupçons d'un intérêt particulier pour la brune. Le légiste  se pencha en avant et posa ses coudes sur ses genoux et sa tête dans ses mains, confortablement installé, plus réveillé que jamais. Les visites du Maire étaient toujours intéressantes.
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Sujet: Re: you just gotta let it be, let it be, let it be Mer 17 Aoû - 1:39

Je pense que Liam me croit plus vieux, plus sénile et plus bête que je ne le suis vraiment. Je veux bien l’admettre, cette enquête m’affaiblit. Moi, ma carrière, mon image, mon mariage. Tout devient un peu plus bancal à chaque corps découvert, plus moyen de se réfugier derrière la beauté de Fairhope, de ses parcs bien propres, de sa plage au sable fin non… Chaque meurtre ramène son lot de questions, son lot de larmes et bien entendu une quantité fâcheuse de sang. Et il faut alors revêtir son plus beau costume noir et jouer le jeu, cacher sa colère et être là pour les familles, pour la police, pour tout le monde. Jessica fait ça bien mieux que moi je dois l’avouer, si ce n’était pas pour sa présence, je ne saurais pas quand je dois paraitre solennel et quand je dois paraitre concerné. Moi aussi j’ai du mal à contrôler mes expressions sous le coup de l’émotion, j’ai du mal à remettre de l’ordre et à évaluer mes priorités. Je reste désespérément humain. Mais Liam fait une grossière erreur en s’adressant à moi avec de telles familiarités, comme si on avait fait un bout de chemin ensemble, comme si on se connaissait vraiment. Non, je ne sais rien de l’Anglais et il ne faut pas qu’il croit que juste parce qu’il connait mes discours et mes tours de passe-passe, il m’a cerné. Ce vieil ours a encore plein de tours en réserve. « Désolé de vous décevoir docteur Haynes mais vous n’occupez pas la moindre de mes pensées, j’avais mieux à faire aujourd’hui. » Je fais simplement remarquer, mon ton complètement las et désintéressé. Non Liam, je ne suis pas gêné d’être là, je m’en fiche, je m’en fiche vraiment, je sais que je vais te demander un service, je sais que tu vas faire semblant d’agiter la queue comme un toutou qui veut bien obéir à son maitre, mais qu’en réalité tu voudras quelque chose en retour.

Parce que c’est comme ça que tourne le monde et qu’on obtient jamais rien sans rien.
Principe élémentaire.

J’aurais juste voulu être chez moi, j’aurais souhaité que les rues de Fairhope soient aussi calmes et sécurisées que je les ai moi-même connues à mon arrivée. Tout mais pas ça. Liam finit enfin par me confirmer ce que je sais déjà et j’hoche la tête, plus par réflexe qu’autre chose, il veut aider. Les mots semblent presque vrais, mais je ne pense pas qu’on peut vraiment attendre de l’aide d’un homme qui a choisi de consacrer à l’étude des morts. Est-ce juste de le juger à cause de sa profession ? Sûrement pas. Est-ce que je vais me gêner pour le faire ? Non, il y a quelque chose de quasiment reptilien à son métier et je suppose qu’il le sait, il est loin d’être stupide, oh que non… « Et ce que vous faites de votre agent vous regarde, je viens vous demander quelque chose d’un peu plus délicat… Parce que nous nous connaissons si bien.» C’est à mon tour d’être hypocrite visiblement vu la façon dont j’insiste sur le dernier mot. Si Liam veut que je cesse de lui faire perdre son temps et que j’abrège, je veux bien, volontiers même, on peut cesser tout de suite cette mascarade et tous rentrer chez soit dans dix minutes, ça me va également. « Je suis là pour vous parler de Laura. On sait tous les deux que cette association va attirer tous les curieux et les tarés que Fairhope sait engendrer, en plus de notre taré préféré à tous mais… » Mais ce n’est pas ça qui nous inquiète moi et le chef de la police.

Moi, je crains que Laura se serve de cette association pour mener son enquête de son côté, elle semble déjà avoir son petit lot de fan et je sais que certains seraient prêt à tout pour mettre la main sur celui qui a osé blessé la petite poupée de l’Amérique. Et puis, choses encore plus dérangeant, notre tueur en série pourrait décider de jouer les bénévoles, histoire de se rapprocher encore plus et de finir le travail, pour de bon. « J’ai besoin que vous gardiez un oeil sur cette gentille petite association bénévole. » Je lâche enfin, expliquant la véritable raison de ma venue. « Ça ne sera pas officiel bien sûr, si vous acceptez, et si on vous pose la question, vous n’êtes qu’un simple bénévole… si vous acceptez bien sûr. » Je le répète encore une fois avant de me taire et de fixer Liam. Je connais la suite de ce genre d’affaire, après la proposition, c’est le marchandage et les négocations et quelque part, je suis curieux de savoir ce qu’il va me demander.

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Sujet: Re: you just gotta let it be, let it be, let it be Sam 17 Sep - 12:57

Jacob n’aime pas l’humour de Liam, sa façon de lui parler, sa familiarité. Il le voit bien, ça le heurte. C’est étonnant parce que c’est une des choses qu’on lui a apprises de suite lorsqu’il est arrivé aux États-Unis. Les gens sont tactiles, se tapent sur l’épaule, se tutoient et se chambrent. Pas là, pas ce soir, pas avec Jacob. Quelque part, il refuse la main tendue, le jeu de l’étranger à l’aise comme un poisson dans l’eau. C’est étrange et ça intrigue le légiste qui retrouve comme on respire son flegme tout britannique. Pas de faux semblants. Pas de salamalecs ni d’esbroufe. Juste deux hommes au début de la nuit pour parler de choses sérieuses. Tous ses sens aux aguets, le blond écoute et attend.

« Désolé de vous décevoir docteur Haynes mais vous n’occupez pas la moindre de mes pensées, j’avais mieux à faire aujourd’hui. »

Liam ne bouge pas d’un poil, ne dit rien, ne réagit pas aux paroles du Maire. Il ajuste intérieurement, range, catégorise, modifie. L’ironie glisse sur lui. Rien ne peut l’atteindre, son cuir est trop dur, trop épais et impénétrable, sauf pour quelques rares qui perçoivent les quelques failles qu’il n’a pas encore comblées. Ces mots révèlent cependant que l’édile ment mal. Oh, certes le légiste n’était pas le centre de ses pensées, peu importe, ce n’est pas important. C’est Laura qui l’a accaparé toute la journée, mais… Mais pour trouver la solution à son problème il a songé à lui. Et il est là, en train de donner des leçons de modestie, comme à la parade. Il en rajoute d’ailleurs une couche avec l’argent, puis un brin de condescendance parsemée d’hypocrisie. Ah, voilà le politique dans toute sa splendeur. Toi mon électeur, je te méprise mais te cajole quand j’ai besoin de toi, tout en te faisant comprendre que tu ne représentes rien pour moi, même pas l’énergie et le temps dépensés pour te convaincre, avant d’abandonner toutes mes promesses une à une. Pareil pour toi dont j’ai besoin et que je laisse comme une vieille chaussette ensuite. Jacob n’avait jamais pris ce visage jusqu’ici et si le légiste  avait encore eu un cœur et de l’empathie, il aurait été déçu. Peut-être se serait-il même senti trahi et aurait réagi. Mais non, pas de cœur, de sentiment, de réaction. Juste des paramètres à changer, un masque à ranger. Au moins c’était plus franc, malgré la componction. Un léger sourire, ironique lui aussi, vient à peine modifier son profil pour couronner ce constat.

Toujours immobile, Liam attendait la suite, légèrement agacé par le ton employé. Ce n’était pas parce qu’il était plus âgé que le brun avait tous les droits, surtout chez lui. Il sentait bien le mépris et l’incompréhension de ce qu’il était. Sans doute que pour lui, un médecin légiste était un médecin raté, une anomalie. Cependant il était bien content de le trouver au moment des meurtres et de lire ses rapports, si détaillés. Il laissa filer, bien décidé à ne plus laisser de prise maintenant. L’édile devrait naviguer à vue, c’est tout ce qu’il avait gagné. Il allait en arriver aux faits, enfin. Pas que le praticien s’ennuyait, non pas du tout. Il collectait les informations sur l’homme qu’il avait en face de lui, écoutant le souffle, humant l’haleine, regardant le teint, observant l’état, dressant son tableau clinique de façon méthodique, avec ce qu’il percevait. Jacob avait oublié qu’il se trouvait d’abord et avant tout chez un médecin, fut-ce celui des morts. Pour un peu, Liam l’allongerait pour l’ausculter, surtout son cœur, mais pas sûr qu’il apprécierait d’être sur une table d’autopsie, même cinq minutes. Tant pis.

Laura Munoz. C’est elle qui l’intéresse, qui est le centre de ses préoccupations. Pourquoi ? Visiblement pas pour elle, mais à cause d’elle. A cause de tous les curieux et les tarés que Fairhope sait engendrer, en plus de notre taré préféré à tous» que l’Association peut attirer. Liam ricane dans sa tête, il rit même à gorgé déployée. Mr Young sait-il qu’il a devant lui un de ces grands tarés, un autre tueur, un autre gros gros problème à ajouter sur ses larges épaules ? Probablement pas. C’est ça qui rend Liam heureux finalement,  d’être le loup dans la bergerie. Il ne bouge toujours pas, pas un muscle, poussant le Maire à se dévoiler un peu plus, à exposer vraiment ce qu’il attend de lui, à demander, malgré ses réticences.

« J’ai besoin que vous gardiez un oeil sur cette gentille petite association bénévole. » « Ça ne sera pas officiel bien sûr, si vous acceptez, et si on vous pose la question, vous n’êtes qu’un simple bénévole… si vous acceptez bien sûr. »

Liam ne bouge toujours pas. Il n’a pas envie de rentrer dans le jeu du Maire, de marchander, de se vendre comme un politique devant ses électeurs. Que dire ? Non ça ne m’intéresse pas, trouvez quelqu’un d’autre. Pas crédible. Oui et je veux une place dans votre équipe après avoir minaudé un quart d’heure. Non merci. Et en plus Jacob n’a aucune idée de ce dont Liam aurait besoin, ce qui lui ferait plaisir, et il ne doit surtout pas le savoir. Alors pas de jeu tout simplement. Pas de prise à offrir, pas de  "vous vous avez fait ça pour moi contre telle chose, vous vous souvenez ?". Un service en appelle un autre et une servitude s’installe facilement, insidieusement. Pas de laisse sur son cou, il est un loup, pas un toutou qu’on appâte avec un sucre. Il se redresse et se lève, debout devant sa chaise et devant son aîné qu’il toise un bref instant, juste parce qu’il le peut et parce que c’est sa nature. Il pèse ses mots, d’un ton calme et posé, raisonnable.

«Bien sûr qu’il faut surveiller Laura et tous ceux qui sont dans l’Association. Je le fais déjà. J’ai tout noté depuis que j’y suis, on pourra regarder plus tard si ça vous intéresse.  Si je suis rentré dans la danse, c’est bien parce que le petit manège de cette jolie brunette remue tout le monde et attire les convoitises. Et puis, peut-être que notre "taré préféré" comme vous l’appelez voudra rendre une deuxième visite à notre Victime. Je vous ferai parvenir mes rapports au fur et à mesure. Mais vous devriez demander quelques hommes patrouillent les jours de réunion,  ce serait plus prudent pour tout le monde. »

Bien entendu, un peu de suffisance débordait de ses propos et si Jacob le demandait, il pouvait fournir de suite le classeur où il rangeait soigneusement ses comptes rendus et ses notes. Il avait anticipé cette demande et gardé pour lui les réflexions les plus intéressantes, hors de portée et chiffrées. Il s’attendait à autre chose que l’édile n’avait pas demandé et ne comprenait pas vraiment pourquoi il ne l’avait pas demandé ce si peu de choses de but en blanc en arrivant au lieu de prendre ces chemins de traverse. Il se permit donc de terminer par un conseil et de faire savoir qu’on ne l’achetait pas. Rapidement cependant, il comprit qu’il pourrait être dans son intérêt de mordre à l’hameçon de Jacob, juste pour voir quelle importance Laura revêtait à ses yeux, à l’aune de ce qu’il proposerait en échange, pour mieux le connaître aussi.

«Je comprends qu’elle vous dérange, elle et ses petits copains aux bonnes intentions, enfin, pas si bonnes que ça. Vous voulez juste que j’observe, c’est tout ?»


Offre de service supplémentaire, à prendre ou à laisser, dont l’étendue dépendait de l’imagination du Maire et de sa morale, de ce qu’il était prêt à faire ou à faire faire… Et il n'était plus l'obligé.
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Sujet: Re: you just gotta let it be, let it be, let it be Jeu 27 Oct - 0:48

« Juste de l’observation. » Je glisse simplement, las, une main dans les cheveux. Sommes-nous parvenu à un terrain d’entente ? Non, ça j’en doute largement, tant que je n’ai pas entendu de confirmation de sa part, je ne peux pas me permettre d’espérer. C’est bien une des premières choses que j’ai appris en tant qu’avocat, la vérité se trouve toujours dans tout ce que les gens n’osent pas vous dire. Toujours. Pas au fin fond de leur iris, pas auprès de leur dieu devant lequel ils s’agenouillent tous les soirs mais bien dans les silences. Et ceux de Liam en disent long, tout comme cette façon quasi robotique qu’il a de ne pas bouger. Chose qui me dérange outre mesure et je sais pourquoi. Le médecin légiste a une maitrise complète et parfaite de lui-même et c’est bien ça qui m’effraie le plus. La plupart des gens n’ont pas ce contrôle et c’est d’ailleurs ce qui cause leur perte. Ce qui cause toujours ma parte. Ma femme appelle ça mes mauvais jours mais j’ai bien peur qu’il s’agisse de bien plus que ça. Ça vient de plus profond, beaucoup plus loin, quelque part là où aurait du se trouver mes tripes, ou alors c’est au milieu des boyaux et autres viscères qui me servent à me tenir droit et qu’on s’empressera de m’arracher une fois que je serais mort. Ça ne me rassure pas et je sais que peu importe la conversation, Liam aura un ascendant supérieur. Moi je pourrais toujours… succomber sous le coup de l’émotion et hausser le ton, lui probablement pas. Il est toujours bon de reconnaitre ses faiblesses n’est-ce pas ? Encore une chose que j’ai appris à la barre.

J’hausse les épaules aux prochains mots du médecin et je me permets de l’interrompre. Il n’a pas bien compris la situation, il ne saisit pas à quel point j’ai les pieds et les mains liées dans cette affaire qui devient de plus en plus sale et ce de jour en jour. Je ne viens vraiment pas pour une visite de courtoisie ou parce que j’en ai envie. « Non Liam c’est ça le problème, je ne peux pas avoir un inspecteur posté devant les portes de l’association à chaque petite réunion. C’est de l’argent jeté par les fenêtres et il s’agit avant tout d’une association bénévole et certains diront que la police en a suffisamment fait pour cette pauvre fille. » Je peux déjà entendre sans aucun problème la voix narquoise de Peter, alors qu’il agite sa caméra de malheur au nez d’un pauvre policier qui essaye de faire son travail. Ou alors le scandale que pourrait nous faire Laura, en proclamant que c’est une atteinte à ses libertés et ses droits fondamentaux. Ce qui dans le fond serait totalement vrai. C’est à m’en donner mal à la tête et j’ai déjà passé trois nuits à noyer ça sous de l’aspirine et avec mon vieil ami Jack Daniel. Chose qui n’aide vraiment personne et qui donne une excuse à Jessica pour m’envoyer dormir sur le canapé. « C’est là que vous intervenez, vous seul, vous passerez pour le bon samaritain de l’histoire au final. » Et ce n’est pas ce que Liam veut dans le fond ? Se fondre la masse, passer pour quelqu’un de bienveillant, normal ? Je le sais, il le sait, est-ce qu’on peut arrêter de jouer à cette charade et passer aux choses sérieuses. Il commence à se faire tard et je pensais qu’avec lui au moins, je pourrais m’épargner la danse de la négociation, mais visiblement non. La musique commence à s’éterniser pourtant et je sais que je manque de rythme, de tempo, de tout, tant pis, précipitons les choses.« Bien sûr, personne ne peut savoir mais je suis certain que vous mentez mieux que personne, non ? »  La flatterie, avec une pointe de sincérité, peut-être qu’il le prendra mal, peut-être qu’il ne s’en offusquera pas, impossible de prévoir avec Liam, cependant, il faut que nous avançons, ou du moins qu’il me laisse le faire, quitte à ce que ce soit pour foncer dans un mur, cela restera un bon début.

« Donc c’est un oui de votre part si je ne m’abuse ? » J’ose, j’abat ma dernière carte, je pousse mon fou à travers le dédale de noir et blanc, que lui dire de plus, que lui proposer. « Sauf si ce ne sont pas vos termes et que vous attendez à ce que je délivre quelque chose en échange. » L’annonce est plus que brutale est claire et de cette façon, pas de moyen de faire croire que nous parlons d’autre chose. S’il a besoin d’une carotte au bout d’un bâton pour le motiver, je serais ravi de lui fournir la carotte, plus que ravie même.

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