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 Cityscape

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◆ Manuscrits : 4870
◆ Arrivé(e) le : 05/08/2015
◆ Âge : 24
◆ Assoc. des Victimes : Membre
◆ Métier : Elève policière
◆ Points : 1260
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◆ Avatar : Willa Holland


Sujet: CityscapeMar 7 Juin - 15:07


septembre 2015




Lorsqu'Amelia ouvrit la porte, Willow ne savait toujours pas exactement ce qui l'avait prise. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'il fallait qu'elle fasse quelque chose et que n'importe quoi était toujours mieux que rien. Que la haine et l'angoisse qui la faisaient trembler, parfois, au milieu de la nuit, ne lui laisseraient aucun répit, aucun repos. Depuis qu'Adam avait été vidé de son sang, mis à nu, à découvert et vulnérable à la vue de tous, l'abattement se bataillait avec la colère pour avoir le contrôle. Tantôt silencieuse, amorphe, tout à fait décidée à ne rien faire du tout; et l'instant d'après brûlant d'un feu ravageur, rage sans nom qui la laissait parfois chancelante, l'estomac vide et une traînée acide au fond de la gorge. Ce feu-là poussait à l'action, insistant, exigeant rétribution, explication, revanche. Les flammes avaient demandé, et elle avait répondu de la seule manière qu'elle connaissait pour ne pas se brûler ; elle avait écouté, déniché l'idée, sourires dorés perdus au milieu d'ordures couleur cendres.

C'était la photographie posée sur son bureau. D'Adam et elle, couverts de farine et souriant aux éclats après une mésaventure culinaire ou une autre. La brune avait passé ses doigts sur l'image, effleurant le visage figé de son colocataire, plus vivant dans son cadre que dans son lit d'hôpital. Puis elle avait repensé à une phrase qu'Amelia avait dite, un jour, à propos de la photographie. Elle semblait incapable de se rappeler des détails, et au bout de quelques secondes, ça n'avait plus d'importance, elle avait pris une décision. En quelques minutes, elle avait quitté l'immense bâtisse où elle ne remettrait pas les pieds tant qu'Adam ne serait pas revenu, préférant la chaleur feutrée des bras de Peter à la solitude et le vide de cette maison. Et elle s'était mise en route pour l'appartement de son amie, la photographie logée au fond de son sac. Il devait y avoir quelque chose sur l'une de ses photos, c'était obligatoire. Willow en avait besoin.

Arrivée sur Fairhope Avenue, la soirée avançait tranquillement, les étudiants timides après les événements ayant eu lieu à la mairie. Rare étaient ceux qui osaient s'aventurer dehors. Pour l'instant. Elle en voulait à ceux qui étaient dehors, buvant un verre, babillant sur tel ou tel sujet non important, profitant de la vie alors que le Poète avait fait une nouvelle victime. Elle avait réussi à s'empêcher d'interpeller le premier quidam venu pour lui faire la morale, pour remplir ses poumons d'un air si vicié d'insultes et si putréfié par ses mots qu'il en mourrait, là, sur le trottoir, sans plus jamais oser s'amuser. Voilà qui ferait passer aux autres l'envie de vivre au mépris de ceux qui périssaient, sous la lumière des projecteurs. Mais elle se contenta de les ignorer, serrant les poings. Bien sûr, la vie suivait son cours, peu importait aux autres si les eaux étaient rouge sang, peu importait aux autres si un membre détaché ou un corps putréfié, rejoignait la surface au détour d'un remous. Ils se laissaient porter par le courant. Voilà pourquoi elle avait besoin de s'occuper l'esprit, de se concentrer sur autre chose que ses pensées morbides et meurtrières. Ayant atteint l'appartement, elle grimpa jusqu'au bon étage, profitant de l'entrée d'un des locataires pour s'introduire dans le bâtiment sans avoir à sonner. Puis elle frappa. Un, deux, trois fois. Et encore six. Et elle réussit à contenir son impatience. Jusqu'à ce que la porte s'ouvre. «Ah, super, t'es là.» Voilà qu'elle débarquait sans prévenir, aussi déterminée qu'on pouvait l'être, prête à demander la lune sans accepter, ni même concevoir, l'idée qu'on puisse lui dire non. A peine la porte ouverte, elle s'était engouffrée à l'intérieur. «Il faut que je te demande un service.» Elle ne s'embarrassait pas de cérémonie, de bons mots ou de politesses, elle n'avait jamais été connue pour ça. Willow suivait ses idées où qu'elles la mènent, poussant plus que contournant ceux qui se trouvaient sur son chemin. Et puis Amy était son amie, elle avait toutes les raisons du monde de croire qu'elle accepterait de l'aider. «Tu prends un peu tout en photo, pas vrai? Je peux les voir?» Elle leva vers l'autre jeune femme, qui la dépassait d'au moins dix centimètres, un regard troublé. «C'est vraiment important.» Et bon dieu, ça l'était.
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