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 Hotel Paranoia

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◆ Manuscrits : 278
◆ Arrivé(e) le : 27/06/2015
◆ Âge : 28
◆ Décédé le : 16 Mars 2016
◆ Métier : Au chômage
◆ Points : 257
◆ DC : Willow, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Gareth David-Lloyd


Sujet: Hotel ParanoiaMer 8 Juin - 8:01

Welcome to the Hotel Paranoia



septembre 2015


Ça n'arrêterait jamais. Poursuivi, constamment, à chaque instant, chaque millième d'éternité. Chassé d'un bout à l'autre d'une ville qui avait tenté de l'assassiner. A travers les rues traîtresses, la semelle battant les pavés, pataugeant dans les traces de sang indélébiles des chapitres précédents, des morts étalés là, dans les souvenirs, dans les mémoires, dans les journaux. En gros caractères, pour attraper l’œil, pour choquer, marquer, interdire d'oublier. Et comment oublier? Aiden déambulait comme un zombie, possédé, hanté par ce nom et cette présence. Fantôme meurtrier posé sur son épaule, marchant dans ses pas, devant lui, sous ses pieds, sous ses yeux, au-dessus de lui, à ses côtés. A l'intérieur. Ectoplasme sanglant qui dégoulinait dans son crâne, salissant les pensées les plus simples, se rongeant un chemin de broussailles et de ronces, forêt inextricable en son for, son fort intérieur. Labyrinthe en huis-clos. Et voilà qu'Aiden y était piégé, piégé, piégé. Incapable de trouver une sortie qu'il avait lui-même effacée, capable seulement de se heurter aux limites physiques de l'autre monde, celui où il oubliait de vivre. Et de s'écrouler de fatigue. C'était ce qui approchait. Deux, trois nuits sans sommeil, perdu dans les méandres d'un cauchemar éveillé ou d'un autre, l'épuisement guettait, crocs acérés prêts à mordre. Dans sa tête, il y avait rentre et jamais qui se hurlaient dessus sans prendre le dessus.

Il ne vouait plus à son appartement que de la méfiance, persuadé que le monstre viendrait à nouveau y trouver repaire, persuadé qu'un autre ou un autre finirait par se repaître des restes du pauvre, pauvre Aiden qui tombait un peu plus fou à chaque seconde qu'il passait à y penser. Pourtant, par fierté, par angoisse, il ne s'était pas résolu à déménager, s'infligeant chaque fois qu'il parvenait à y aller de regarder ses murs et de se dire j'ai failli mourir. Mais cela faisait trois jours que la méfiance s'était transformée en veillée suspicieuse, et il arpentait les couloirs et les pièces toute la nuit durant, refusant de fermer l'oeil, refusant de baisser sa garde. Les cafés brûlants se succédaient au fond de sa gorge, suivis et complétés par autant de boissons énergétiques qu'il possédait. Aiden faisait la guerre au sommeil, et il était en train de perdre. Déjà, la réalité avait commencé à perdre sens. Pas qu'il lui en ait jamais trouvé beaucoup. Elle perdait sens et forme, sans qu'il trouve la force de poser sa tête sur l'oreiller et de se laisser massacrer par des ombres. S'allonger sur son lit, poser la tête au fond du cercueil, bras croisés et yeux fermés. Non, non, non, il ne pouvait pas, pouvait pas rester là. La perspective, l'idée, la simple pensée était insoutenable.

Le troisième jour, le soir venu, il n'avait même pas pu mettre la clé dans la serrure. Une peur sans nom l'avait laissé étourdi dans les escaliers, et il n'avait su que faire demi-tour, maudissant tout ce qu'il était. Et puis il s'était mis à courir. Pressentiment, stupidité, paranoïa, la terreur qui lui brûlait la peau semblait aussi réelle que le Poète, et il en avait après lui. A nouveau à l'extérieur, il s'était résolu à trouver refuge dans un hôtel. Il y avait bien toujours quelqu'un, dans un hôtel? Il serait mieux là-bas, mieux là-bas qu'ici, que dehors, que chez lui. Alors il avait marché, sous la pluie, le pas vif et les coups d’œil furtifs, jusqu'au premier hôtel venu. Peu de gens devaient encore louer des chambres, les vacances terminées et les touristes repartis. Porte poussée, il s'avança, vite, précipitamment, vers la réception, curieux de ne voir personne. Curieux, d'abord, puis inquiet. L’œil affolé. Il avisa une jeune femme dans la salle commune adjacente, et oublia de s'arrêter pour réfléchir. Il était tard, il faisait presque nuit. «Hey, hey, vous savez où est le personnel?» Mots rapides, inquiets. Mort rapide. «Il me faut une chambre, il me faut absolument une chambre. Vous avez une chambre?» Ca ne faisait pas grand sens, même et surtout dans sa tête. La fatigue lui martelait les tempes, ses cheveux lui dégoulinaient le long du visage, les spectres toujours à ses trousses. La nuit au détour d'un couloir.

Le réceptionniste en question réapparut, Aiden se dépêchant de louer une chambre pour la nuit. Rasséréné, clé en main, les siennes rangées inutilisées au fond de sa poche, il se tourna à nouveau vers la demoiselle qu'il avait plus ou moins agressée. Il était naturellement poli, mais ses instants de perdition avaient tendance à l'oublier. «Excusez-moi. C'est juste...» Et là, sans raison, sans aucune raison valable, il s'était assis à côté d'elle, juste pas encore tout à fait prêt à affronter l'obscurité. Assis, affalé, pas de grande différence. «J'avais un peu peur de passer la nuit dehors.» Peur de passer la nuit dedans. Peur de ne pas passer la nuit. Peur de la nuit. Peur.
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