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 • Live on Fairhope News

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Sujet: • Live on Fairhope NewsLun 13 Juin - 8:36

Live on Fairhope News
entretien avec Jacob young



16 septembre 2015

Direct dans dix, neuf...

Le décompte avait toujours la même emprise sur son rythme cardiaque qui s'accélérait soudainement, tandis que la maquilleuse s'affairait, repassant une dernière couche de poudre sous le regard profond de Peter, essayant tant bien que mal de faire disparaitre les horribles cernes qu'il trainait depuis une dizaine de jours. Il fallait bien avouer que la cellule dans laquelle il avait du dormir pendant toute la durée de sa garde à vue n'avait pas été des plus comfortables, et puis les journées s'étaient ensuite enchainées sans qu'il puisse rien faire. Adam était cloué à son lit d'hôpital, mais personne ne pouvait empêcher le monde de continuer de tourner malgré tout. À moins de s'y mettre à plusieurs ? Peut-être qu'il aurait du demander à Jesse, à Willow, et autres âmes brisées qui s'étaient données rendez-vous autour de ce lit d'hôpital ; peut-être qu'il aurait du leur demander s'ils étaient capables de se mettre à courir à toute vitesse avec lui pour tenter de faire tourner la terre dans l'autre sens. Avec un peu de chance, Adam serait plus vite sorti de cet enfer, cet hôpital que Peter n'avait que trop fréquenté durant la majeure partie de son enfance.

Un soupir lui échappa, tandis que son regard se posait enfin sur le maire, installé juste en face de lui. « Je vous préviens, je ne vais pas vous ménager. Enfin je suppose que je ne vous apprends rien. » En vérité, c'était bien la première fois que Peter regardait ses fiches en se demandant ce qu'il foutait ici, si c'était vraiment ça qu'il attendait. Qu'on compte les secondes jusqu'à son apparition sur des centaines d'écran à travers la ville ou le pays. À quoi bon ? S'il était le prochain sur la liste du Poète, qui serait là pour le mettre en terre ? Et quel souvenir laisserait-il ? Au moins Adam avait eu cet impact, il avait provoqué cette réaction dans le coeur des citoyens, comme si on se rendait soudainement compte que les victimes ne méritaient vraiment pas de partir. Peter n'avait rien accompli de si respectable dans le fond. Il ferait sans doute mieux de se ranger, de dire adieu aux projecteurs, aux caméras et...

Trois, deux...

À la manière d'un pantin ou d'une vulgaire marionnette, Peter retrouva automatiquement le sourire, se tenant bien droit face à la caméra n°1 tandis que la musique du générique retentissait et qu'on commençait déjà à lui souffler des ordres dans l'oreillette.

« Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonsoir. Ce soir, en direct de Fairhope News, nous recevons Jacob Young, Maire actuellement en fonction dans la ville de Fairhope. » Peter se tourna à nouveau vers l'intéressé, sa coiffure et son sourire ne bougeant pas d'un poil, à la façon d'une figurine en plastique. « Monsieur le Maire, bonsoir. Vous êtes avec nous ce soir pour revenir sur la tragédie qui a boulversé les citoyens de Fairhope, une fois encore. Le dangereux serial killer activement recherché par nos forces de police a à nouveau frappé le six septembre dernier, aux alentours de dix-neuf heures. Une quinzième victime avérée a été retrouvée cette fois-ci dans les locaux de la mairie de Fairhope, et plus précisément dans la salle de conférence, où des centaines de citoyens attendaient une déclaration publique de votre part, déclaration qui concernait justement le déroulement de cette affaire. » Et soudainement, Peter revoyait les traits abimés d'Adam qui avait peine à sourire sans grimacer tout aussitôt, le barman faisant de son mieux pour remonter le moral des troupes. En vain.

« Alors si vous permettez Monsieur le Maire, pourquoi ne pas être intervenu dès l'annonce de cette fausse conférence, le matin même ? Si vous n'étiez pas à l'origine de ce communiqué, vous vous êtes certainement douté de la macabre mise en scène qui allait suivre ? En tant qu'ancien avocat, vous y avez sûrement songé. » Dans le fond, il fallait bien l'admettre ; c'était devenu personnel.


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OUINON

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Sujet: Re: • Live on Fairhope NewsJeu 16 Juin - 1:02

Je crois que je sens encore la cigarette.
J’ai fumé presque de manière semi automatique trois cigarettes avant de passer au maquillage. Pour cette foutue émission. Que les choses soient claires, je n’ai pas envie d’être ici. Non, pas ici, ni ailleurs … La moitié de la ville veut ma tête sur un plateau et l’autre moitié attend que j’abandonne le poste de maire. Ça leur ferait bien plaisir je le sens, que je raccroche, que je laisse tomber en plein milieu, je suis peut-être quelqu’un de particulièrement pessimiste, mais je ne compte pas laisser la ville en plus mauvaise état que je ne l’ai trouvée. C’est un peu ma Fairhope en quelques sortes. Qui va très mal en ce moment, qui boite et qui hurle, à un point tel que je suis incapable d’en dormir la nuit.

Une autre victime et cette fois-ci en grande pompe, comme une grande claque dans la figure en fait, et pas du genre qui fait du bien. On s’éclipse pour un jour, on revient et c’est le foutoir. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais certainement pas à ça. Je suis allé le voir, Adam Miller, dans son lit d’hôpital, pour une photo officielle et des excuses plus sincères. Loin des caméras et loin de la dizaine de personnes qui me suit, presses et officiers et autres dignitaires pompeux, juste lui et moi. Des excuses, parce que si je pense que ma vie ne vaut absolument rien, ce n’est pas vraiment le cas des autres, et surtout pas pour partir dans des conditions… aussi macabres. Et maintenant je suis là, en face de Peter, dans un costume un peu trop cher, pas rasé, à quoi bon de toute façon tout le monde s’en fout, et j’attends qu’il prenne ses habitudes de journalistes pour prendre les miennes, celles du maire. Je ne vois pas pourquoi il devrait me ménager, ça, ce soir, c’est une mauvaise idée, j’ai même reçu un sms de Jessica qui m’a vivement déconseillé de mettre les pieds ici ce soir. Ce à quoi j’ai répondu qu’elle n’avait plus à s’inquiéter pour moi, Peter peut s’en donner à coeur joie, c’est son moment pas le mien.

Peter vient de prendre la parole, plus aucun moyen de reculer. Je me redresse sur mon siège, plaque une mine concernée, grave, sur mon visage. C’est parti je suppose ? Le blond attaque, il est en forme et je me contente de sourire intérieurement, intérieurement seulement sinon ça serait mal vu. « Bonsoir Peter, tout d’abord je vous remercie de me recevoir ce soir et j’apprécie encore plus le fait que nous ne perdions absolument pas de temps. » Aller à l’essentiel, se tenir droit, regarder Peter, puis les caméras. Ce soir c’est pour eux, pour ceux qui sont devant leur petit écran, pour les rassurer et leur faire comprendre qu’ils ne sont pas tous seuls. Commençons par le début de ses questions. « Il se trouve que je n’étais pas à Fairhope lorsque le communiqué a été transmis à la presse et mon équipe a dû s’en remettre à l’adjoint en place. Comme vous le savez, l’affaire est compliquée et m’oblige à me déplacer pour recouper des informations avec des services de polices d’autres villes. » Une excuse bidon. En bateau, mais ça, très sincèrement, personne n’a besoin de le savoir, il est bien su que l’animal politique ment et je le fais tellement bien que personne ne voit la différence à présent. « Notre priorité reste avant tout d’identifier et d’attraper le meurtrier, comme vous l’avez si bien fait remarquer, mon oeil d’avocat me permet d’apporter une certaine aide aux forces de police. » Répondre à la remarque de Peter ? Fait. Je ne suis pas là pour attaquer, non ça c’est son boulot, je me contente de me défendre avec calme et d’apporter un semblant d’explications. C’est tout ce que je ferai ce soir. « Les événements du six septembre dernier sont une véritable tragédie et chaque membre des forces de l’ordre et des services de la municipalité doit des excuses à chaque habitant de Fairhope. Nous ne prenons pas cette affaire à la légère, bien au contraire. »

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Sujet: Re: • Live on Fairhope NewsDim 26 Juin - 21:21

Il n’aurait pas du être là ce jour-là. Il n’aurait pas du être à l’antenne alors que de nombreux citoyens s’inquiétaient de savoir s’il avait un lien de parenté quelconque avec le Poète, alors que la moitié de la population se demandait si ce n’était tout simplement pas lui le coupable depuis qu’il avait dégainé son arme au beau milieu d’une foule paniquée. Peter avait pourtant essayé d’expliquer son point de vue aux dirigeants de la chaine locale, et personne n’avait montré la moindre once de compassion à son égard. Après tout, à quoi bon ? Il était devenu le chacal, le vautour dont tout le monde se méfiait comme la peste ou le choléras, et on s’était presque réjoui de le voir sortir de la salle de conférence, les mains menottées et le regard rongé par la culpabilité dont le venin puissant s’était répandu soudainement dans ses veines. Il aurait préféré être ailleurs que dans ce fauteuil, face au maire, qui avait sûrement autre chose à faire que de justifier les actes de barbarie d’un fou. À une autre époque, les autorités auraient sûrement fini par conclure qu’il s’agissait plutôt d’une bête, d’un démon dévorant ses proies, du diable venu graver ses pensées sur les corps de ses victimes. À une autre époque, la ville aurait été mise à feu et à sang. On aurait brûlé quelques femmes et on aurait détruit les demeures des plus pauvres pour s’assurer que le malin ne viendrait pas s’y installer. Et pourtant, Peter se demandait si la curiosité morbide des téléspectateurs n’était pas devenue mille fois pire et plus dangereuse que ces atroces agissements d’un autre temps. Il finirait par tous s’entretuer, par prendre les armes pour descendre dans la rue et tirer au hasard en espérant que le Poète reçoive une balle perdue. C'était d’ailleurs presque étonnant que Fairhope n’ait pas encore été victime d’une fusillade meurtrière orchestrée par un décérébré venu venger les damnés. Presque.

Le blond chassa ces pensées, essayant de se remettre les idées en place, concentré sur le maire et les mots qu’il employait, préparé à rebondir sur le moindre de ses propos, à saisir les perches qu’il lui tendait pour les utiliser contre lui. Il posa ses fiches bien à plat sur la table devant lui, joignant ses deux mains pour montrer au maire -mais surtout aux milliers de paire d’yeux fixés sur eux- qu’il avait toute son attention. « Permettez-moi tout de même de revenir sur ces quelques points afin de pouvoir les éclaircir. Je pense que nos téléspectateurs sont en droit d’exiger une certaine transparence de votre part. » Un mot dans l’oreillette qui lui donnait envie de bondir à chaque fois qu’il l’entendait. « J’en profite d’ailleurs pour rappeler que vous pouvez réagir sur les réseaux sociaux en utilisant le #FairhopeNews, vos questions les plus pertinentes seront posées directement à Monsieur le Maire. » Son sourire était trop travaillé pour dévoiler son ennui, et son envie de faire basculer la table pour fuir, pour disparaitre et retrouver Willow, Sean, Jonathan ou n’importe qui d’autre, pour regagner le chevet d’Adam qui l’avait gratifié d’un maigre sourire à son réveil, un sourire malade et endormi, un sourire qui lui avait fendu le coeur au point même de lui déchirer la poitrine. « Mais puisque l’adjoint en place a reçu l’information, il aurait dû faire quelque chose, n’est-ce pas ? Votre adjoint savait forcément que vous n’étiez pas présent, à moins que vous ne preniez pas la peine de prévenir les membres de votre bureau ? Il me semble donc évident que le reste de votre administration était bel et bien au courant de votre absence, et que votre ou vos adjoints ont prit la décision de ne rien démentir. » Peter arbora un air faussement intéressé, le sourcil arqué comme s’il se sentait glorifié par les questions gênantes qu’il s’apprêtait à poser. « J’en viens donc à vous demander si vous ne craignez pas que le Poète soit un membre de l’administration de la ville de Fairhope ? Vos adjoints ont-ils été interrogés ou sont-ils immunisés contre ce genre de procédure, comme beaucoup d’autres personnalités impliquées en politique dans notre pays ? Est-ce une piste actuellement étudiée par les services de police ? »

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Sujet: Re: • Live on Fairhope NewsMar 5 Juil - 0:36

Que faisons nous là Peter et moi ? Ce soir je veux dire, nous sommes en train de perdre notre temps. Voilà tout. J'ai rencontré le Howell dans des meilleures circonstances, plus apaisantes, plus accueillantes, mais ce soir, le voilà juge et bourreau pour une bande de moutons affamés. Pour quoi ? Ma tête ? J'en doute vraiment. Affamés de réponses, qu'ils n'obtiendront pas de mes lèvres, c'est certain. J'estime que trop d'informations sont sortis de l'ombre, s'il y a bien quelque chose que Peter peut s'amuser à rappeler c'est que le tueur à une bonne longueur d'avance. Et que ce soir, c'est juste lui donner une occasion de se réjouir. On joue le jeu du meurtrier, on danse la bonne danse, alors... comment ne pas être certain qu'Il n'est pas planté devant sa télévision, ou alors que le meurtrier ne profite pas de la télévision de sa prochaine victime, qu'Il observe tapi dans l'ombre. J'ai bien envie d'une cigarette, encore une fois, mais je conserve mon air solennel, mon regard rivé sur Peter. Peut-être que je devrai fixer la caméra, mais je dis que c'est bien un face à face entre nous, juste Peter et moi.

Mon expression se durcit bien malgré moi à ses questions suivantes, j'aurais dû m'y attendre, je le laisse finir sa phrase et après une pause polie, plus pour respirer profondément et éviter de rouler les yeux, je prends la parole à mon tour. « Je tiens encore une fois à préciser qu'il s'agit d'un événement unique, oui l'adjoint était au courant de mon déplacement, il s'agit avant tout d'une erreur de communication.» J'insiste bien sur le dernier mot, histoire que personne ne pense que la mairie est dirigée par des idiots. Oui, j'ai merdé en étant loin de Fairhope cette nuit-là, mais ce n'est pas une raison pour que toute mon équipe tombe avec moi. « Et je tiens à vous rappeler Peter que je ne suis pas là pour pointer du doigt qui que ce soit, je ne pense pas qu'il soit bon de transformer cette enquête en une véritable chasse aux sorcières. » Ma remarque lui est complètement adressée et je me fiche totalement de savoir que ce n'est pas aussi subtile que je le voudrais, si on doit chacun assumer nos responsabilités, Peter doit bien savoir la place qu'occupe son émission dans tout ce petit cirque. C'est une des attractions principales, peut-être pas celle qui engendre le plus d'argent, mais certainement une de celles qui attirent le plus de curieux. « Vous avez raison sur un point cependant, c'est une tragédie, et je comprends la peine, l'incompréhension et la colère de certains. De beaucoup je dirai. » Pas de filtre cette fois-ci, je ne sais pas si Peter en a même conscience, conscience que le masque tombe peu à peu et qu'il a affaire au vrai Jacob.

« Non, je ne pense pas que le poète se trouve parmi les représentants des forces de l'ordre ou les élus municipaux. J'ai moi-même été soumis à un interrogatoire et divers background check avant de pouvoir me présenter en tant que maire. » Il devait savoir que l'Alabama ne prenait rien à la légère, et surtout pas quand on désignait les représentants de l'état. Pour passer entre les mailles du système, il fallait appartenir à un certain type, avoir la peau blanche, être né ici, aucun moyen d'éveiller les soupçons de la sorte. « Alors oui, je défendrai mes collaborateurs jusqu'au bout et je peux vous dire que cette piste là est non existante. Si vous avez des questions plus pertinentes, je serais ravi de les entendre.»

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Sujet: Re: • Live on Fairhope NewsMar 12 Juil - 15:20

Surtout ne pas flancher, la tête dans le bon axe pour que la tension dans sa mâchoire soit invisible pour la caméra. Ne pas montrer les noeuds qui se formaient dans ses épaules tandis que la discussion naissait seulement. S’il se mettait dans des états pareils alors que l’interview commençait à peine, Dieu seul savait comment cela allait se terminer. Et Peter était loin d’être sot, malgré ce que le reste de la ville pouvait bien penser de lui. Il avait bien compris pourquoi on l'avait foutu dans ce siège ce jour-là, et pas un remplaçant ou un stagiaire quelconque dont le visage n’était pas connu des habitants. Le producteur avait sans doute flairé le coup du siècle en imposant à un journaliste récemment épuisé par deux jours de garde à vue de s’asseoir en face du maire pour lui demander de rendre des comptes. Le blond aurait très certainement envie d’agripper l’homme politique par le col pour l’envoyer valser dans le décor, et n’était-ce pas là ce que les téléspectateurs attendaient justement ? À moins que ce ne soit l’inverse, que tout le monde espère que Monsieur Young remette cette énergumène d’Howell à sa place, qu’il lui rappelle qu’il était sorti d’affaire cette fois-ci mais pour combien de temps encore ? Les producteurs avaient vraiment tout calculé, et il n’était pas question de leur donner raison ce jour-là. Pas encore...

Peter fit donc un effort considérable pour se contenir, lui qui avait envie de se lever pour couper le maire dans son élan histoire de lui faire comprendre qu’il s’agissait effectivement d’une chasse aux sorcières, que ça l’avait toujours été, qu’ils ne seraient pas sorti d’affaire tant que les contrôles d’identité n’étaient pas renforcés ou que les autorités ne se creusaient pas un peu les méninges pour mettre en place un système de sécurité digne de ce nom. Le dernier en date était Adam, face à la foule, la foule assez bête et naïve pour croire qu’on leur servirait le Poète sur un plateau ce jour-là alors que cela avait été l’inverse. Il se retint aussi de lever les yeux au ciel à l’évocation du background check auquel le maire avait été soumis pour accéder à ses fonctions. Balivernes. Ça faisait la une tous les deux jours, un autre fou dégainant dans la foule tous les deux jours alors qu’il avait pourtant un casier judiciaire déjà bien rempli mais personne de suffisamment censé se trouvant au milieu de sa route pour se dire qu’il serait préférable d’enfermer ce taré pour de bon ; ce ne serait pas complètement étonnant que l’entourage professionnel du maire soit corrompu, pourri jusqu'à la moelle, sans même que ce dernier ne le sache. Peut-être même que Jacob était un pion lui aussi, un pion qu’on avait soigneusement interrogé et placé là en se doutant qu’il se planterait joliment et qu’il ne pourrait rien faire pour cette ville, qu’il serait un avantage de plus pour le Poète que personne ne parvenait à attraper.

Il fallait que le journaliste se contrôle, une inspiration profonde calmant ses délires paranoïaques et son soudain raisonnement conspirationniste. Il n’y avait guère qu’un responsable, et il s’agissait de celui qui tenait le scalpel, pas celui qui lui courrait après. Peter fit semblant de rien, ne relevant même pas la dernière remarque du maire ; pas question de lui faire ce plaisir. « Vous avez mentionné avoir rendu visite à des services de police d’autres villes. Les habitants de Fairhope sont sans doute en droit de savoir pour quelles raisons vous devez absolument vous déplacer quand il vous serait possible de vous entretenir avec les commissariats environnants par d’autres moyens, et quel genre d'informations ces équipes vont transmettent. » Ses fiches ne lui seraient plus d’aucune utilité. Le prompteur non plus. Ou peut-être que si, s’il s’apaisait enfin et qu’il respirait au lieu de se demander si ce n’était pas tout simplement le Poète qu’il avait en face de lui. « Votre rôle n’est-il pas d’assurer la sécurité des citoyens de Fairhope au jour le jour ? Ne cherchez-vous pas plutôt à fuir complètement vos responsabilités ? » L’ombre d’un sourire caressa ses lèvres. « Il ne s’agit là que d’une supposition Monsieur le Maire, mais avec tout le respect que je vous dois, permettez-moi d’insister. Il parait particulièrement étrange que vous ne soyez pas présent en ville ni même joignable le seul jour où le Poète agresse un citoyen dans vos propres locaux. Mais je suppose que les nombreux services de police auxquels vous avez rendu visite ce jour-là ont confirmé votre présence de toute manière, et que votre position ne vous a pas permis d’obtenir le moindre traitement de faveur. » La pause paraissait importante. Essentielle. « J’espère également que les forces de police des villes voisines ont pu apporter leur expertise sur une affaire qui dépasse clairement le personnel de Fairhope. Des renforts de nos équipes seraient probablement nécessaires, effectivement. »

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Sujet: Re: • Live on Fairhope NewsJeu 21 Juil - 2:58

S’il y a une chose qu’on vous apprend pendant vos longues et ennuyeuses études de droit, c’est que tout le monde finit par commettre une erreur. Et je dis bien tout le monde. Pas seulement les meurtriers, les petits dealers, les flics corrompus, je parle de tout le monde en général. Peter aussi. Oh je vois, il aimerait se donner des allures d’hommes parfaits devant la caméra, ranger son coeur bien loin et paraitre froid, plastique, éternel dans un sens, mais ça ne marche pas comme ça. Son coeur est là, son coeur bat et c’est bien à cause de ce pauvre muscle qu’il va finir par commettre une erreur. Un simple mot, c’est tout ce qu’il me faut, tout ce qu’il me faut pour me démener de cette situation et ne pas repartir comme un véritable crétin. Certains disent que mon sort est déjà joué, mais si je dois couler, j’emmène Peter et son stupide sourire avec moi, c’est clair et net. « Jacob. Je vous en prie Peter, nous n’en sommes plus à ça près, vous pouvez m’appeler Jacob. » Parce que nous ne sommes plus à ça près, pas vrai Pete ?

Son sourire et son calme soudain me donnent presque la nausée, parce que je connais cette démarche, trop travaillée pour être naturelle, celle d’un prédateur qui sait qu’il est presque parvenu à son but. Je connais cette expression Peter, j’en suis l’humble auteur, c’était mon sourire préféré quand je devais me prendre la tête avec les juges et les autres défendeurs qui osaient se mettre sur mon chemin. C’est mon procès ce soir semble t-il, et il veut me juger et condamner coupable et tout me mettre sur le dos. Qu’il fasse donc, je me contenterai de revenir dans quelques jours pour récupérer les morceaux restants. Mais c’est à mon tour de prendre une profonde inspiration et je jette un léger coup d’oeil par dessus l’épaule de Peter, me rappelant que oui, ce n’est pas que nous deux ce soir. « Je vais vous répondre point par point et je peux déjà vous assurer que non, je ne cherche pas à fuir mes responsabilités. Loin de là, certains auraient préféré abandonner le poste de maire au cours de l’enquête mais je suis encore là. Pas par fierté mais bien car cette ville est précieuse à mes yeux et que je compte bien m’assurer que ce meurtrier finisse en prison là où est sa place. » Hors de question que je laisse la mairie ou la ville dans un état pareil, je suis peut-être lâche sur bien des bords, mais je ne vais pas fuir une responsabilité que j’ai choisi d’assumer. Personne ne m’a forcé à me présenter, c’est tout ou rien.

« Mon rôle et celui des forces de l’ordre est bien d’assurer la sécurité de tous les habitants de Fairhope. Et je ne vais pas vous mentir Peter et tant mieux si cela vous aide à faire les gros titres, oui, cette affaire nous dépasse, c’est bien pour cela que nous avons déjà eu l’intervention de certains membres du FBI et des membres d’autres commissariats de police. Et nous continuerons d’accepter toute aide afin d’assurer la sécurité de chaque habitant…. » Parce que nous sommes humains, je me retiens d’ajouter. Parce qu’il est impossible de demander à qui que que ce soit de se lancer sur la trace de ce psychopathe 24 heures/24. La peur règne, l’insécurité aussi mais la vie doit continuer et comme nous sommes humains, on préfère s’accorder des pauses et oublier un peu. « … Et mettre fin à cette série d’agression et de meurtres monsieur Howell. Mais c’est à moi de vous retourner vos questions et vous demander s’il vous semble judicieux de révéler des indices importants et clés pour l’enquête à l’antenne. J’ai bien conscience que vous devez vous soucier de votre propre chiffre d’affaire et de vos taux d’audience… mais quand des vies sont en jeu, excusez moi d’être cru, mais est-ce que les affaires judiciaires ne devraient pas juste rester dans le domaine de la justice et ne pas vous servir de carburant pour votre one man show ? » Aucun filtre la dessus, que lui et le producteur de l’émission se débrouillent, j’ai poussé ma pièce sur l’échiquier pour bloquer le roi de Peter.

À lui de jouer maintenant.

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Sujet: Re: • Live on Fairhope NewsMar 23 Aoû - 22:22

Ils avançaient sur le terrain de Peter, précisément celui où il se trouvait le plus à l’aise, où il pouvait abattre ses cartes sans craindre la main de son adversaire ni le coup qu’il préparait. En théorie. Ce n’était plus vraiment le cas depuis qu’il s’était retrouvé assis au chevet d’Adam qui leur racontait à quel point les médicaments de l’hôpital avaient failli avoir raison de lui, quand tout le monde dans la pièce se retenait de lui avouer que ce n’était certainement pas les traitements qu’il fallait blâmer. Non, Peter n’était clairement pas au meilleur de sa forme depuis une dizaine de jours, et qui en ville pouvait encore avoir la prétention d’être heureux ? Ses lèvres se séparèrent, sur le point de répondre aux accusations de Jacob qui le pointait du doigt en retour, mais on lui souffla autre chose au creux de l’oreille, le journaliste se tournant alors instinctivement vers la caméra n°1, souriant aux téléspectateurs. « Nous nous retrouvons rapidement après une courte page de pub. Vous regardez Fairhope News, à tout de suite. »

À peine les voyants des caméras s’étaient-ils éteints que Peter était déjà debout, se retenant d’envoyer valser ses fiches, de les balancer au visage du maire pour finalement tourner les talons, rentrer chez lui, et ne plus jamais apparaître à l’antenne. « Je suis calme, bordel. », se mit-il à argumenter avec la voix que lui seule pouvait entendre, au creux de son oreillette. Autour d’eux, on s’affairait pour leur apporter des verres d’eau et remettre de la poudre sur leurs pommettes attaquées par le vif de la conversation. « Vous participez à toute cette mascarade, nous avons autant de sang sur les mains vous et moi. Je vous rappelle quand même au passage que vous nous avez déjà refilé des informations pour qu’on oublie votre incapacité à rester fidèle. Vous avez la mémoire bien courte et le jugement facile, monsieur le Maire. » On ne les enregistrait plus pourtant, Peter pouvait se passer des tournures trop formelles ; à moins que ce ne soit devenu sa nouvelle façon d’expliquer à Jacob qu’il pouvait aller cordialement se faire foutre.

L’antenne reprit après de longues minutes qui parurent interminables, le brushing de Peter toujours bien en place, son verre d’eau à moitié vide à ses côtés. Il reprit l’antenne avec la même insolence et désinvolture que d’ordinaire, secrètement éreinté de ce manège médiatique qui durait depuis trop longtemps maintenant. Une phrase d’introduction, un court rappel de la situation et du but de l’émission de ce soir, puis le journaliste se tournait à nouveau vers l’unique invité de ce bulletin d’information très spécial. « Puisque nous évoquions l’incapacité des forces de police de Fairhope à résoudre cette enquête par elles-mêmes, certains de nos téléspectateurs se demandent si nous disposons au moins des équipements nécessaires à l’appréhension de ce criminel, si les officiers sont suffisamment formés. Sara Keynes nous demande également via les réseaux sociaux si vous avez de nouveaux indices et un véritable suspect ou si, et je cite, nous assistons encore à un autre spectacle inutile. » L’agacement n’était plus réellement lisible sur les traits fatigués de son visage. Peter semblait las, éreinté par cette journée, et il s’efforçait de ne pas songer à la lettre de démission qu’il mourrait d’envie de rédiger depuis deux jours. « La dernière victime elle-même, Adam Miller, s’interroge de savoir si son agression a au moins pu apporter le moindre élément à l’enquête en cours. » Évidemment qu’on l’avait incité à prononcer le prénom d’Adam à l’antenne, qu’on lui avait fortement suggéré, sans quoi il s’en serait probablement passé. Qu’on laisse Adam tranquille, et qu’on mette enfin l’autre psychopathe derrière les barreaux. À croire que la population de Fairhope ne pourrait bientôt plus compter sur la police, et que justice devrait être faite autrement. Après tout, oeil pour oeil…

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Sujet: Re: • Live on Fairhope NewsSam 3 Sep - 22:33

Les caméras s’éteignent et c’est comme si le long fil qui était tendu depuis quelques minutes avait enfin été coupé. Je pousse un long soupir et lève les yeux vers Peter, qui semble presque se disputer avec lui-même. Presque. Je sais de quoi il en retourne et tout ce qui me passe par la tête c’est que je serais vraiment content si on m’autorisait à avoir une cigarette. Combien de temps dure les publicités en général ? Ça fait bien depuis longtemps que je ne me suis pas assis devant le petit écran pour le simple plaisir de le faire et d’oublier tous mes problèmes. Je comprends très facilement pourquoi le citoyen lambda passe autant de temps devant cette boite grise, c’est pire qu’une drogue, on se connecte et on oublie que le reste du monde ne va pas bien, on oublie que le reste du monde saigne et se noie. C’est facile. Je me demande si Jessica fait partie de la masse qui regarde facilement l’émission et qui se laisse noyer dans mon flot de paroles, ou alors si elle parvient à reconnaitre aisément son ex et menteur de mari. Sûrement. J’ai alors une petite pensée pour Lysandre, la cause de tous mes maux récemment. Il ne doit pas être du genre à regarder la télévision et encore moins des inepties comme celles-ci, j’en suis absolument certain. Je regarde le verre d’eau qu’on m’apporte avec un certain dégoût, me retenant de demander s’ils n’ont pas quelque chose de plus fort.

Mais déjà l’assistante s’éclipse pour laisser place à la maquilleuse que je repousse d’un simple geste de la main. Pas besoin d’être sous son meilleur jour pour mentir aux gens… Pas besoin. Peter parle, encore, je crois qu’il adore le son de sa propre voix plus que n’importe qui dans cette ville, j’hausse les sourcils. Je dois dire que je suis surpris, si même lui n’a pas compris ce qu’on fichait là, c’est que je me suis trompé sur son cas sur toute la ligne alors. « Je crois que vous n'avez absolument rien compris Peter, c’est de la télé. Votre producteur doit probablement adorez ça, il doit vouloir qu’on se déchire devant la caméra. Tout ça n’a absolument rien avoir avec le tueur, c’est juste de la poudre aux yeux. » J’ai un geste de main pour le plateau télé, les maquilleurs, le caméraman, les producteurs… tout. Qu’est-ce qu’on a à y gagner lui et moi ? Absolument rien. Je tourne la tête pour fixer autre chose que ce journaliste et ses idées fausses pendant le laps court de temps de la pause et je remet mon masque sérieux au possible lorsque le voyant lumineux de la caméra s’agite une nouvelle fois au coin de mon oeil. Voilà qui est bon, on peut reprendre. Peter n’y va pas par quatre chemins, il semble tout autant avoir envie d’en finir que moi, lui aussi veut rentrer chez lui et oublier tout ça avec sûrement quelque chose de plus punitif que de l’eau. Tant pis s’il veut précipiter les choses, c’est son émission, je ne suis que l’invité.

Je suis presque peiné quand le nom d’Adam est prononcé, moi qui aurais voulu ne pas mentionner de victimes ce soir. Ces gens-là n’ont clairement pas besoin de publicité mais définitivement qu’on les laisse tranquille. « Comme je l’ai expliqué avant la pause, cette affaire et ses éléments complexes se doivent de rester dans les rangs de la police. » Mon ton se fait un peu plus ferme, comme pour indiquer que le sujet est clos et qu’il ne sert à rien d’y revenir. Cela reste ma position mais également celle de mon équipe et des forces de l’ordre, le Poète a choisi de se donner en spectacle, très bien, si nous voulons avoir une chance de mettre fin à toutes ces horreurs il nous faut agir en silence et efficacement. « J’ai rendu visite à Monsieur Miller lors de son séjour à l’hôpital et je peux vous dire, comme je lui ai moi-même affirmé, qu’aucun meurtre ou agression qu’il s’agisse du Poète ou pas n’est mis de côté, bien au contraire. Ce n’est pas un jeu et j’espère que vos téléspectateurs le réaliseront, nous faisons tout notre possible pour mettre ce serial killer derrière les barreaux. » Si c’est un nom qu’ils veulent, je suis désolé de les décevoir, mais ils n’en n’auront pas.

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Sujet: Re: • Live on Fairhope NewsSam 10 Sep - 17:43

Jacob avait raison. C'est bien là tout le problème. Toute cette mascarade ne servait à rien, à part à détourner l'attention de la ménagère, lui vendre un peu de peur avant de la convaincre de s'acheter une nouvelle lessive miraculeuse qui redonnerait pureté et éclat à ses vêtements. De la poudre aux yeux, comme le disait si bien Jacob. Peter l'avait toujours su sans forcément l'admettre, sans jamais se rendre compte à quel point c'était affreux de devoir marteler des vérités dans le crâne de ses téléspectateurs pour mieux les abrutir. Ça n'avait aucun intérêt, aucun sens, et le blond se sentait impuissant, inutile et ridicule dans son costume parfaitement repassé et ses chaussures cirées que personne ne pouvait voir mais qui lui avait pourtant couté trop cher. Peut-être qu'il ferait mieux de tout revendre, de ne garder que sa voiture pour embarquer Willow et la trainer loin d'ici, faire sa vie avec elle loin de ses racines pour planter d'autres graines et voir l'avenir enfin fleurir. Si elle voulait seulement le suivre.

Les réponses de Jacob n'en n'étaient pas, pas plus que les précédentes, et Peter se retenait de lever les yeux au ciel, de laisser trainer ses fiches sur ce bureau avant de quitter le plateau sans rien dire. Il n'avait plus de leçon a donné, plus envie de mettre le maire mal à l'aise ou tenter de le déstabiliser. Ça ne servait à rien et, étrangement, le journaliste avait soudainement envie de faire quelque chose qui pourrait enfin avoir de l'intérêt. Pas forcément dans le regard des autres, de la masse de spectateurs qui se pressait chaque soir pour l'écouter annoncer des nouvelles sans grande importance avant de faire état de l'avancée de l'affaire du Poète. Il n'avait plus besoin de l'approbation du public pour mettre un pied devant l'autre et ainsi trouver la reconnaissance que ses parents n'avaient jamais eu le temps de lui offrir. La page se tournait déjà alors qu'il était en train de l'écrire, qu'il se pressait de mettre un point final pour parfaire le récit.

L'espace d'un instant, il s'imagina embrasser une toute autre carrière. Il voyait déjà les gros titres s'il se risquait à aller toquer au poste de police de la ville pour quémander un insigne et un uniforme, prouvant rapidement qu'il savait tiré après de nombreux cours clandestins qu'on avait eu l'occasion de lui donner au cours des derniers mois. Bien sûr qu'on lui refuserait un tel poste, les forces de l'ordre n'ayant certainement pas besoin d'une telle attention. Il pourrait se recycler en ambulancier, en pompier volontaire, en n'importe quoi qui aurait un véritable poids dans l'enquête ou qui pourrait l'aider à sauver la prochaine vie qu'on viendrait arracher à cette communauté mutilée. Évidemment qu'il songeait à Willow alors qu'il se ravisait, qu'il entrouvrait la bouche pour répondre au maire de la ville dont le regard calme et blasé commençait à l'agacer tout particulièrement. Il enchaina sur diverses questions postées directement sur les raisons sociaux, certaines plus virulentes que d'autres, la production comptant sur un rebondissement particulièrement croustillant qui n'arriva jamais. Les deux hommes restaient stoïques, et Jacob se contenta de répéter plusieurs fois la même chose, avant que tout le monde ne se décide à rendre l'antenne.

Pour la dernière foi sans doute.

« Merci à vous, Monsieur le Maire, de votre participation. Et merci aux téléspectateurs de leurs réactions, questions, et retours qui sont venus rythmer cet échange. Vous regardiez Fairhope News, bonne soirée à vous. »

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