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 Scarry Night

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◆ Manuscrits : 4870
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Sujet: Scarry NightMar 14 Juin - 8:30

scarry night




septembre 2015



Une cicatrice de plus. Au cœur du royaume, à l'intérieur même de la forteresse. Les murs avaient perdu de leur superbe, rien ne servait de le nier. La lumière refusait d'entrer, s'arrêtant au bord, se heurtant aux murs infranchissables qui s'étaient dressés d'eux-mêmes, de leur propre gré, désireux de protéger le monde extérieur de la balafre qui s'étendait d'un mur à l'autre, tranchant à travers Willow pour terminer sur le bras d'Adam. Il avait beau la cacher, elle était là, irradiant les alentours de sa présence, son rappel. Marqué au fer, animal perdu au milieu du troupeau. Une tête de plus dans le cheptel personnel de l'assassin ignominieux qui laissait du sang, des larmes et des morts et des mots dans son sillage, dans son village, le reste du bétail se penchant toujours avec la même stupidité morbide sur le cadavre, pour se nourrir des vers qui, déjà, se repaissaient de la chair, qui prospéraient, proliféraient, charognards rampants, bouffés à leur tour par des porcs imbéciles.


Mais Adam avait survécu.


Rien d'autre ne comptait plus que de le voir s'affairer à nouveau dans la maison, remplissant l'espace de son lui-même habituel qui manquait de peu de laisser un sourire sur les lèvres de sa colocataire. Rien d'autre n'aurait dû compter. Le simple fait de le voir bouger, de l'entendre parler, de pouvoir, si l'envie l'en prenait, aller le voir et toucher son visage, simplement pour vérifier qu'il respirait toujours. Ca ne comptait pas, les forces de police, ses collègues, qui venaient chercher quelque chose, mais quoi, ici. Ca ne comptait pas, les questions qu'on lui avait posées, encore. Moins de suspicion, cette fois, juste le protocole. Mais ça n'était rien, par rapport au simple fait qu'il était là et vivant. Ca ne comptait pas que Peter ait passé des heures, des jours en garde à vue. Ca ne comptait pas, les visages ternes et cernés qui s'étaient agglutinés autour du lit d'Adam. Rien de tout ça n'avait d'importance. Pourtant, pourtant, elle imaginait le reste, l'absence, le vide, le vide, l'odeur, perdue à jamais, d'une autre de ses créations culinaires, le manque, le manque de son rire. Regarder un verre vide et se dire qu'il ne le remplirait plus jamais, jamais ; que s'il ne revenait pas emplir ses murs, elle n'y remettrait jamais les pieds, abandonnant toutes ses possessions à l'intérieur, parce qu'à quoi bon? Elle tendait les yeux vers le ciel étoilé, le ciel plein de promesses, et n'y voyait rien d'autre que le vide entre les lumières, n'y voyait rien d'autre qu'autant d'étoiles mortes depuis des milliers d'années. Elle regardait Adam, et elle voyait sa mort. Elle voyait que personne n'était arrivé à temps, comme pour Mary Wilson qui était morte quelque part sous leurs pas. Et malgré tous ses efforts, l'idée lui collait à la peau, couche visqueuse de sang qui s'infiltrait par tous les pores de sa peau.


Pourtant, il était bien vivant.


Mais l'hôpital et l'inquiétude et le silence et la peur, la peur, les doutes et les nuits blanches, veillée funèbre pour un mort bien vivant et des vivants à moitié morts, qui se traînaient d'un bout à l'autre de la ville, prétendant seulement quand le survivant était dans les parages, usant tous le même masque craquelé qui ne protégeait qu'eux. Pensées tragiques, pensées funestes, et puis il y avait Peter, qui aurait pu mourir aussi. Mais après tout, Peter avait une arme, et des empreintes et non. C'était Peter. Est-ce qu'elle allait tous devoir les regarder tomber? Dominos, châteaux de cartes, sculptures de sable, tours fragiles bâties sur des désirs et les rêves illusoires d'un avenir heureux. John, Adam, Michaela, Peter, Peter, Peter. Ribambelle, ritournelle, kyrielle, cruelle, truelle, troués, tués.


Morts et enterrés.


Elle avait un livre sous les yeux, depuis au moins trente minutes. Elle avait lu la même phrase une dizaine de fois, son esprit dérivant immanquablement vers des terrains glissants et des sables mouvants d'où il ne parvenait plus à s'extirper. Elle aurait été incapable de dire quel était le sujet du livre, si ce n'était que ça avait un rapport plus ou moins lointain avec son cursus. Mais c'était une excuse comme une autre pour être à portée de voix et ne pas laisser Adam seul. Le tout sans donner l'impression de faire le chien de garde, ce qu'elle aurait fait volontiers, repoussant n'importe quel inconnu qui s'approchait à moins de deux mètres. Grondement sourd et crocs tranchants, la rage aux babines, l’œil haineux, muscles tendus, prête à bondir, à sauter à la gorge de la moindre menace, à arracher la carotide du premier venu, à mettre en pièces quiconque oserait regarder Adam de travers. Mais elle se contentait de veiller, de loin.

Dans un silence de mort.

Elle s'était levée avant même de le savoir, le livre abandonné sur le lit, les mots comportement suspect imprimés sur sa rétine. L'apprentie policière traversa la maison le plus rapidement possible. Elle savait qu'il ne dormait pas, puisqu'il n'était pas monté. Alors il devait toujours être en bas. Vulnérable. C'était irrationnel, il ne pouvait pas être arrivé quelque chose. Comme toutes les fois précédentes. Peut-être que toutes les victimes avaient été attaquées parce que quelqu'un, quelque part, s'était dit que rien ne pouvait arriver, que ça n'était pas possible. Que chacun se disait que ça n'arrivait pas vraiment, et, vraiment, elle ne prendrait pas ce risque. Pas encore. Quitte à passer sa vie à s'inquiéter pour les autres. Après tout, elle s'inquiétait déjà. A chaque fois, elle craignait, en poussant une porte, de trouver encore un visage froid, les yeux ouverts sur l'éternité. Alors elle avait choisi de pouvoir y faire quelque chose. D'espérer, peut-être, faire la différence. Mais tout ça n'avait absolument aucune valeur si elle arrivait dans cette cuisine et que...

Mais il allait bien.

Alors elle s'était parée d'un sourire, débarquant trop vite pour passer inaperçue. Évidemment qu'il allait bien. Aussi bien qu'il pouvait aller. Vivant. «Tu es encore aux fourneaux à cette heure?» Faible tentative de faire passer son arrivée pour un hasard. Mais Adam à la cuisine à cette heure n'était pas un bon signe non plus, elle l'avait appris, à force. Alors elle s'avança, calmant la petite créature constamment endeuillée qui s'était mise à pleurer à l'intérieur. Par anticipation, persuadée du pire. Willow fit son chemin jusqu'à son ami, et se hissa sur un plan de travail laissé à l'abandon, ses pieds quittant le sol. «Tu sais que tu vas vraiment finir par me faire grossir à force.» Elle acceptait volontiers, cela dit, de se reconvertir en goûteur officiel si c'était pour Adam. Pour l'heure, cela dit, elle s'était mise en tête de découvrir le fin mot de l'histoire, et elle avait une petite idée de là où il fallait commencer. «Qu'est-ce que tu nous fais de bon, cette fois?» Mais pas tout de suite.
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Sujet: Re: Scarry NightMar 5 Juil - 1:01

Le blond jeta un regard furtif vers l’horloge qui trônait fièrement sur un pan de mur non loin de là, suspendue au-dessus de l’évier où les armes qui avaient servi à Adam pour commettre ses crimes étaient en train de tremper. Une montagne de casseroles, des ustensiles à n’en plus finir, et une eau noirâtre, foncée à force d’être polluée par les colorants alimentaires et la poudre de cacao dont le barman abusait visiblement. La preuve que le massacre avait bel et bien eu lieu ici ; la partie pouvait se conclure là-dessus, il s’agissait effectivement du Colonel Miller, avec le fouet ou la spatule, dans la cuisine. Peu lui importait qu’on le surprenne, Adam n’avait strictement aucune honte à passer le reste de la soirée derrière les fourneaux si ça pouvait l’aider à se détendre. Il n’espérait rien de plus de ses nombreuses échappées culinaires ; juste un peu de répit, une sensation d’apaisement et de bien-être qui refusait pour l’instant de pointer le bout de son nez. Ce qui ne faisait qu’alimenter l’agacement auquel il était sujet durant ces dernières heures. Rectification : depuis ces derniers jours. Depuis que Jesse avait fait ses valises et qu’ils s’étaient échangés quelques messages avant le silence radio, ce silence empoisonné qu’Adam ne supportait pas, qu’il ne supportait plus. Tant pis, les choses étaient ainsi et le blond y avait sans doute un peu trop cru pour que cette histoire ne soit réelle. Il avait tout gâché en se perdant corps et âme dans cette vulgaire romance qui ne valait pas la peine au final. Du moins, c’était ce qu’il avait fini par conclure pour pouvoir se lever le matin, mettre un pied devant l’autre, rouvrir les portes du bar sans se sentir coupable d’être encore debout. L’espace d’une fraction de seconde, il s’était surpris à se dire qu’il aurait peut-être mieux fait d’y rester, que Jesse aurait eu une bonne excuse pour disparaitre à son tour si seulement Adam l’avait gratifié d’un ultime soupir. Et puis il avait secoué la tête, chassant la pensée, et il s’était concentré sur son travail et ses hobbies comme si de rien n'était.

La trotteuse commençait sérieusement à lui porter sur les nerfs. « Would you please stop ticking, you sound like a freaking bomb, dammit. » Dans un effort presque surhumain, Adam contrôla son envie soudaine de jeter son sachet de sucre à la face de Big Ben, ses aiguilles traçant maintenant un sourire rigide, narguant et irritant Adam encore davantage. Il ne quittait quasiment plus l’objet du regard, hypnotisé, persuadé qu’il parviendrait à faire stopper le temps s'il se concentrait suffisamment. Et ce même son qui n’avait pourtant de cesse de lui prouver le contraire, de lui rappeler qu’il ne pouvait rien contre les secondes, qu’il n’était maitre de rien, à part des cuissons de ses cookies et autres pâtisseries éparpillées un peu partout dans la cuisine. Renversant de la farine à côté de son saladier, il n’y fit pas attention, continuant son manège, agressant ponctuellement l’horloge, la portant responsable de tout ce qui lui était arrivé récemment. Peut-être qu’il était trop tard pour espérer que Jesse revienne à présent. Peut-être que sa vie avait basculé à la même heure, quelques semaines en arrière. Peut-être qu’il devrait attendre patiemment que les années s’écoulent jusqu’à ce ce que cette colère ne vienne plus polluer ses veines. Ouvrant la bouche à nouveau pour balancer ses reproches au visage du néant, Adam tourna vivement la tête vers Willow qui venait de le rejoindre pour s'installer paisiblement sur le plan de travail.

« Alors tu vois, tu tombes bien. » Son petit air pincé n’avait pas quitté ses traits encore tendus par tout ce qui l’animait dernièrement. Le blond reposa le torchon qu’il tenait dans ses mains sans aucune douceur, agrippant le plat suivant pour y verser la pâte de son brownie. « Tu vas pouvoir me dire si tout est réussi, pour savoir si je pourrais vendre tout ça au bar demain. » Il chercha la spatule un instant avant de constater qu’elle était déjà sale et qu’elle trempait dans l’évier. Un coup d’éponge et il reprit. « Il y a des tas de trucs, tu pioches, tu goutes et tu me dis. » Pas besoin de s’essuyer les mains, tant pis si tout lui glissait et filait entre ses doigts. Même le temps. « Parce que tu penses bien que je ne peux pas le faire moi-même, non, ce serait bien trop dangereux. » Il soupira son mécontentement. « Faites attention à votre régime alimentaire Monsieur Miller, vous avez été très affaibli dernièrement, bla bla bla, affaibli, mon oeil. » Un plat de plus dans le four. « Je suis pas sûr que ce soit ce que Jesse s’est dit quand il a fait ses valises, figure-toi. » Trouver le bon thermostat. « Enfin, on ne va pas parler de lui. » Agripper un autre saladier. Si seulement il en restait ? « Je ne veux pas parler de lui, ni penser à lui. Voilà. C’est une perte de temps. » Partout où Adam passait, les placards ne se refermaient pas. Il se tourna enfin pour faire face à Willow. « Mais tu vois, si je devais dire un truc, un seul truc, comme ça, on the top of my head, je dirais que c’est un crétin. Avec sa tête de… Crétin, et ses manies de… De… Crétin. C'est juste un crétin. Voilà ce que je dirais si on parlait de lui mais comme on va pas le faire, je vais gentiment m'abstenir sinon je vais encore m'énerver. » Il ne lui restait plus qu’à faire la vaisselle s’il espérait pouvoir remettre la main à la pâte. Remontant ses manches, un soupir lui échappa, ses mains plongeant finalement dans l’eau tiède et trouble, ce même prénom toujours amer sur ses lèvres. « Anyway, how does it taste ? »

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Sujet: Re: Scarry NightJeu 11 Aoû - 23:26

Ce n'était pas le maire qui avait accueilli tous les pauvres hères qui avaient eu le malheur de s'aventurer à la mairie dans l'espoir d'une bonne nouvelle. Le maire était aux abonnés absents, et il était d'ailleurs difficile de concevoir qu'on ait pu laisser quelque chose comme ça arriver, que personne n'avait aucune connaissance de ce qui allait se produire à part l'assassin, mais Willow doutait que cela ait changé quoi que ce soit. Le Poète aurait trouvé un autre moyen, il trouvait toujours un moyen de leur faire perdre la tête, de les mener à la baguette comme un troupeau de vaches domestiquées, les faisant courir d'un bout à l'autre de la ville sur la moindre de ses indications. Tout ce qu'ils croyaient faire contre lui, ils le faisaient parce qu'il le voulait, parce qu'il les entraînait à le faire, simples bêtes de cirque. Les numéros se succédaient depuis trois ans maintenant, mystères et indices insaisissables, fondu au noir. Aucun clown ne venait alléger l'atmosphère, à part peut-être eux, les policiers et leur incapacité à faire avancer les choses, tournés en ridicule aux yeux de tous ; et maintenant les membres de la mairie, le maire, les plus hautes autorités de la ville qui en pâtissaient, étonnant et affligeant par leur manque de progrès et le retard qu'ils ne rattrapaient jamais. Ils portaient les mêmes habits de deuil que tous les autres, arboraient les mêmes mines ternes et grisâtres, mais ils n'en restaient pas moins un canular. Ça lui donnait envie de frapper dans un mur. Pour ajouter au gag.

Ce n'était donc pas le maire, c'était Adam, l'Adam qui se débattait à présent dans sa cuisine, cherchant toujours à se défaire des liens que personne n'avait vraiment coupés. C'était Adam, le plus innocent de tous, sans aucune annonce à faire, même pas à même de plaider pour sa survie. Le professeur était prêt pour sa leçon, et celle du jour était la suivante : personne n'était à l'abri. Si le meurtre de la petite Rose n'avait pas été suffisant, voilà que le Poète répétait ses enseignements, à grands coups de scalpel, détruisant l'un des visages les plus appréciés de la ville, peignant sur les murs qu'être heureux et insouciant ne suffisait à sauver personne. Répétant en boucle qu'avoir peur était la seule solution, et que même entouré d'officiers de police, personne ne pouvait rien pour vous. Personne. Adam avait une apprentie policière sous son toit et un officier brillant dans ses bras. Mais il l'avait atteint malgré tout. Le message était limpide, violent, et la brune avait les poings et les dents serrés. Elle était où, pendant qu'Adam se vidait de son sang, quelques millimètres de rideau le séparant des futures victimes? Pas là.

Et maintenant, elle avait l'impression d'être prise en deux feux. Adam brûlait de son côté, macérant dans sa lave, au milieu de ses ustensiles et de ses gâteaux, perdu quelque part entre ici et ailleurs, la cuisson parfaite d'un énième mélange semblant apporter un rien de satisfaction; le Poète avait dispersé l'essence sur le barman mourant et Jesse avait créé l'étincelle en tournant les talons, embrasant le blond avant de prendre la fuite, les flammes accrochées à ses vêtements, parce qu'il n'était pas question de le laisser brûler seul. Alors chacun se consumait d'un bout à l'autre de la ville, chacun attisant les flammes à force de se débattre. Elle n'avait pas de nouvelles de Jesse, alors c'était ce qu'elle en déduisait, l'absence de l'officier en disant long. Ils auraient pu se consumer ensemble, brasero infernal de deux âmes meurtries qui, ensemble, auraient pu renaître de leurs cendres plus fortes encore. Enlacés dans la fournaise, chair calcinée, un seul corps. Seulement voilà, les deux moitiés séparées, il n'y aurait probablement pas assez de cendres pour se relever. Ni plus fort, ni même seulement vivant.

L'état de la cuisine était un triste reflet de l'état du cuisinier, tous deux éparpillés, désordonnés et salis et toujours, malgré tout, en train d'essayer de transformer le tout en quelque chose de meilleur, de bon, de beau, en train de faire pour les autres. Willow se pencha pour attraper un récipient où reposaient des cookies, prenant garde à ne pas se brûler, et écouta Adam étaler ses mots comme une autre couche de brownie au fond d'un plat, sans même qu'elle ait eu besoin de dire quoi que ce soit. Peut-être qu'il attendait cette occasion depuis trop longtemps. Et où était-elle pour la lui fournir? Pas là. Comme toujours. Jesse les avait plantés là, elle, soit, mais surtout, surtout Adam, à l'heure la plus sombre, celle où il avait le plus besoin de lui. Même s'il avait une bonne raison, ou une raison qu'il pensait bonne, ça n'excusait rien. Rien.

«For the record, it tastes fantastic.» La bouche pleine d'un cookie délicieux. «Mais je pense quand même qu'on devrait en parler.» Elle désigna le champ de bataille d'un mouvement de tête. «That can't be healthy, even for you.» Le ton n'était absolument pas accusateur, au mieux un rien moqueur, et surtout calme, ne versant dans aucune émotion particulière. Elle était redescendue de son poste d'observation, décidant de tenter d'apporter un peu de calme dans la tempête. Elle n'avait jamais aimé cuisiné, et l'abondance de vaisselle que cela engendrait n'était qu'une raison parmi d'autres. Elle se plaça malgré tout à côté d'Adam, se munissant d'un torchon pour pouvoir lui donner un coup de main, essuyant les instruments à mesure qu'il finissait de les nettoyer. «C'est un crétin, fair enough.» Ça ne pouvait pas être fini entre eux. Elle n'y croyait pas. Du moins elle ne voulait pas y croire, elle ne voulait pas laisser aussi cette victoire-là au Poète. «Et tu as tous les droits de t'énerver, but you can't cook your way out of this.» Elle jeta un autre regard alentours et lança avec un très léger sourire. «Je crois pas que la cuisine s'en remettrait.» Ou peut-être était-ce une grimace? Difficile à dire, sous son maquillage de clown.
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Sujet: Re: Scarry NightVen 2 Sep - 23:40

L’absence de Jesse commençait à lui piquer les yeux et à lui nouer la gorge. Ça lui brûlait les lèvres et les poumons. À moins que ce ne soit l’oxygène qui soit devenu rare. Adam n’y faisait plus vraiment attention. Que ce soit ça ou autre chose, à quoi bon essayer de comprendre ? Il avait trente ans, et tout ce qu’il pouvait conclure des évènements qu’il avait vécu par le passé, ou beaucoup plus récemment, c’était qu’il n’avait jamais appris à compter sur lui-même et qu’il était grand temps que cela change. À chaque fois qu’il mettait un pied devant l’autre, c’était pour tomber désespérément dans les bras de quelqu’un, quelqu’un de plus fort, de plus robuste, qui pourrait le porter un peu plus loin avant de le reposer ; ou plutôt de le laisser tomber, à bout de souffle, à bout de force et à bout de nerf. D’une épaule à l’autre, il avait trouvé du réconfort et tout le soutien dont il avait eu besoin jusqu’à ce qu’il emménage à Fairhope et qu’il se repose ensuite sur ses propres colocataires. Personne ne s’était posé la question, mais pourquoi diable s’était-il décidé à partager sa demeure quand il aurait pu garder la villa rien que pour lui ? Ça ne choquait pas davantage, et chacun continuait sa route sans même y réfléchir à deux fois. Mais la vérité était pourtant bien là : Adam ne savait pas vivre seul. C’était sa plus grande crainte, au-delà de tout ce qu’il avait pu endurer sous la lame du taré qui avait décidé de lui marquer la peau pour l’inclure à un chef-d’oeuvre dont il n’avait que faire.

Et peut-être que le moment était venu.

Inutile de se mentir, il y avait pensé, regardant le plafond - ou ce qu’il pouvait en apercevoir sans sa paire de lunettes -, le fixant jusqu’à se fondre parfaitement dans le décor avant de s’endormir. Il s’était dit que c’était sûrement ça son problème. Que si personne ne voulait de lui, c’était pour la simple et bonne raison qu’il était destiné à rester seul et qu’il n’avait plus d’autre choix que de l’accepter. Il s’était empêché d’en parler à Willow, et il avait bien sûr prétexté que le départ de Sandro n’avait strictement rien à voir avec une quelconque discussion qu’il aurait pu avoir avec lui. Les mots n’étaient pas venus facilement mais le barman avait fini par réussir à s’exprimer et avouer que le jeune homme devrait trouver un autre logement parce qu’il ne supportait plus d’être pris en pitié à chaque fois qu’il avait le malheur de lever un petit doigt. Plus de nouvelles de Sandro depuis ces explications, et peut-être Willow s’était-elle doutée de quelque chose ; ou peut-être que non, Adam n’en savait rien. Tout ce dont il était certain, c’était que le sujet serait mille fois plus difficile à aborder avec Willow. Parce que c’était Willow, et qu’elle était encore le seul pilier qui le maintenait sur ses deux jambes, qu’il menaçait de s’effondrer si elle venait à partir à son tour, de force ou de grès.

« Oh I’m cooking my way out of this. I am. Just watch me. » Ce n’était pas tant contre elle qu’envers sa propre personne, visiblement irrité de ne pas savoir gérer ses émotions autrement qu’en se noyant dans la pate à cookies et autres préparations toutes aussi riches en sucre. Et à chaque fois qu’il imaginait Jesse ailleurs, en train de danser sur ses morceaux préférés ou sifflant un air qu’il affectionnait particulièrement, il se détestait encore davantage. Il ne lui restait donc plus d’autre choix que d’agripper son fouet afin de monter des blancs en neige et ainsi se lancer dans la réalisation de nombreuses meringues ou de langues de chat. « D'you wanna know why I cook things I can’t even eat ? » Il ne savait même plus à quoi menait cette conversation, il s’était perdu entre la vaisselle et les torchons. « Because it reminds me we can’t always have what we want. Nope. We can't, because that’s just how life works. No matter how much icing you’ll put on your cupcakes so it would be the most beautiful on earth, it’s still not perfect cause it might get you fat. Or worse, get you killed, for some of us who can’t even eat sugar. » Ça n’avait ni queue ni tête, à part entre les murs endoloris de son crâne. Dans tous les cas, de telles pensées ne l’apaisaient pas particulièrement. Il aurait sans doute fallu qu’il apprenne à se taire. « But you know what ? I’m glad someone can actually have what I can’t, it's good to know it's not wasted, and I’m glad it's that good. » La métaphore était trop évidente pour qu’elle n’en soit pas douloureuse, pour qu’elle ne vienne pas lui embraser la gorge et brûler ses yeux. Tant pis. Il avait encore du pain sur la planche pour se changer les idées.

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Sujet: Re: Scarry NightDim 18 Sep - 0:34

Longtemps, elle en avait voulu aux survivants. Ces rares visages surexposés qui avaient eu la chance de voir un autre jour se lever. Ces privilégiés qui avaient le culot de promener leurs cicatrices en ville en osant se repaître de la célébrité apportée par l'attaque. Elle avait haï Laura Munoz avec une verve toute particulière, maudissant chacune de ses apparitions télévisée, notamment au micro de Peter. Pourquoi avait-elle survécu là où tant d'autres étaient morts? Là où John était mort? Et qu'elle osait se faire de la publicité sur le dos de ces cadavres, s'appuyant sur leurs corps empilés pour s'élever plus haut, pour s'attirer plus de regards, plus d'attention. Ces faux bons sentiments n'avaient jamais su qu'attiser sa colère, la bile lui remontant dans la gorge comme une traînée acide quand elle et son association étaient mentionnées. Elle, ainsi que les autres, ne méritaient pas de survivre là où son monde à elle avait péri. Parce qu'elle n'était rien si elle n'était pas égoïste, et pendant longtemps son bonheur avait été celui qui comptait le plus. Elle les aurait voulu morts. Elle aurait échangé la plupart des vivants pour récupérer John. Et cette Laura qui osait voler du temps d'antenne pour se plaindre, pour hurler sur les toits qu'elle valait mieux que tout le monde parce qu'elle avait survécu et qu'en conséquence de cause, ils devraient tous commencer à lui ériger des temples. Et en éteignant la télévision avec humeur et mauvaise foi, Willow se disait qu'elle avait fait mieux: elle avait survécu à une de ses interviews.

Adam jetait une toute autre lumière sur l'idée de survivre. Ca n'était pas juste trébucher, se relever et repartir. Il y avait tout un processus que ceux qui n'avaient pas été attaqués ne pouvaient pas comprendre. Ils ne pouvaient pas apercevoir ce qu'il se passait réellement derrière les cicatrices. Si c'était l'humanité qu'on remettait en question, si c'étaient les autres autour de soi qu'on trouvait soudain différents, pleins de pitié ou faux; si c'était juste l'idée d'avoir été attaqué par une autre personne; si c'était la vie et ce qu'on en avait fait jusque là. Elle ne pouvait pas savoir ce qu'il se passait dans la tête d'Adam alors qu'il s'affairait à la cuisine comme s'il fallait gaver le monde entier de pâtisseries. Elle n'avait jamais su ce qu'il se passait derrière les apparitions de Laura Munoz alors qu'elle racontait son histoire devant les caméras. Elle n'avait jamais pris la peine de penser à ce qu'elle avait traversé, persuadée que puisqu'elle avait survécu, alors tout allait bien. Peut-être que son mari avait réagi comme Jesse, préférant prendre la fuite que d'affronter la reconstruction, effrayé par la quantité de travail, effrayé par ce qu'il n'avait pas fait, par ce qu'il ne saurait pas faire. Son mari. Rien que pour lui, la survie de la jeune femme était une aubaine et pas simplement un caprice du destin pour lui faire un peu plus mal à elle. C'était Adam qui lui avait ouvert les yeux, bras sanglant et œil livide livré en pâture. Il lui avait ouvert les yeux à coups de burin, descellant ses paupières closes, arrachant les coutures soigneuses. L’œil sanguinolent voyait tout à présent, et la réalité était peut-être plus dure encore que l'ignorance agressive.

Parce qu'Adam avait toujours été un phare dans l'obscurité, attirant les autres vers des contrées plus sûres à la force de son bonheur, de sa joie, et voilà qu'on tentait de l'éteindre, que le Poète tentait de finir de noircir le ciel de Fairhope, effaçant les dernières touches lumineuses qui bataillaient encore dans le ciel lourd. Le ciel gorgé de sang qui peinait à se maintenir en l'air, qui s'arc-boutait pour ne pas leur tomber sur la tête. Voilà qu'on effaçait la lumière, qu'on la recouvrait de noir, qu'on la barrait à grands coups de pinceaux. Lumière bannie, chassée de chez elle, chassée du creux du sourire du barman. Maintenant qu'elle avait ouvert les yeux, la noirceur charbonneuse de la nuit avait un goût plus amer encore, cendres au fond de la gorge. Elle le regardait valser dans la cuisine, luciole fatiguée qui ne semblait plus savoir pourquoi elle battait encore des ailes.

Willow ne pouvait pas prétendre voir exactement où Adam voulait en venir à mesure qu'il alignait les phrases. Elle aurait voulu pouvoir l'apaiser, mais tout ce qu'elle semblait réussir à faire, c'était faire le parallèle entre les œufs qui montaient en neige et la tension qui montait autour d'eux, les phrases battant furieusement l'air comme le fouet battait les œufs. Elle avait gardé le silence, non désireuse de batailler pour une chance de répondre. Elle aurait juste voulu les rassembler tous les deux dans une pièce et les forcer à discuter, à se hurler dessus jusqu'à ce qu'ils réalisent. Willow l'avait observé en silence pendant quelques longues secondes. «Hey...» Un peu plus de temps, le temps de se rendre compte qu'elle n'avait aucune idée de ce qui allait suivre. «It's still your cupcake.» Oui, c'était tout ce qui lui était venu. Elle aurait vraiment voulu se dépêtrer de cette métaphore mais elle lui collait aux doigts. «I mean... You made it. It's a pretty stupid cupcake, I'll grant you that.» Elle-même n'avait qu'une vague idée de ce qu'elle voulait dire. «But I don't think anyone will be having that particular cupcake anytime soon.»

«And the best cupcake might just be worth getting fat over or dying for, no?»

 Hein?
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overjoyed - fonda & admin

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Sujet: Re: Scarry NightVen 14 Oct - 23:33

Ses yeux roulèrent dans ses orbites.

« Oh, please. » Adam ne savait même plus ce qu’il faisait, agrippant un ustensile après l’autre, se replongeant brièvement dans ses recettes de cuisine pour appliquer les ordres figés sur le papier à la lettre près. Il avait passé trop de temps à improviser, et on avait vu ce que ça avait donné ; autant se fier à ce que d’autres avaient calculé avant. Quand il y pensait, il se disait que les précédents avaient eu bien de la chance pour tomber sur les dosages exacts et parfaits susceptibles de donner les gâteaux les plus appétissants jamais cuisinés. Dans son cas, il avait bien tenté de sortir des sentiers battus afin de se lancer dans une carrière de pâtissier digne de ce nom, mais les cupcakes qui étaient sortis du four ce jour-là n’avaient pas réussi à lever correctement, brûlant à moitié sur le dessus et restant crus à l’intérieur. Ironie du sort, la métaphore manqua de le faire sourire à nouveau. Un rire un peu pincé, gênant, teinté d’un certain désespoir dont il aurait préféré ne jamais connaître le goût ni reconnaître l’odeur. À présent, c’était partout ; imprégné dans les tissus de sa demeure, dans ses draps vides, sur sa peau, dans sa chair. À croire qu’en lui ouvrant l’avant-bras, on avait glissé l’horreur au creux de sa plaie pour mieux la voir se répandre dans ses veines.

« You’re just saying that. » Il ne le pensait pas le moins du monde. Après autant de temps passé aux côtés de Willow, à vivre avec elle et partager son quotidien, des moments les plus anodins aux plus intimes, il avait appris à la connaître et il savait qu’elle faisait de son mieux pour le réconforter, lui remonter le moral, et lui faire savoir ce qu’elle pensait vraiment de cette histoire. Oui, Jesse était un crétin ; pour ne pas dire qu’il s’agissait plutôt d’un idiot de compétition. Elle lui reconnaissait au moins ça, et elle n’avait franchement pas tort sur ce point. Mais à part ça, pas question d’approuver ses remarques. « À t’entendre, on se croirait dans une vieille série, ou une de ces comédies romantiques où les deux héros finissent par s’épouser, vivre heureux, et avoir beaucoup d’enfants. » Ses mains faisaient le travail pour lui tandis qu’il continuait de s’agiter dans tous les sens, cherchant un ustensile ou un saladier après l’autre, se précipitant sur le four quand il avait l’impression de perdre le contrôle sur les cuissons déjà en cours et qui nécessitaient toute son attention. « Et aux dernières nouvelles, dans ces films là, personne ne se fait agresser par un malade mental pour mieux se faire lâcher. Au contraire, dans ces trucs-là, le crétin de l’histoire se pointe toujours avec un bouquet de fleurs et tout le monde passe à autre chose. » La vérité, c'était qu’il ne savait même plus lui-même où il souhaitait en venir. Tout se mélangeait dans sa tête, entre les recettes, les souvenirs de Jesse, la solitude qui commençait à lui peser lourdement sur les épaules, la sensation étrange qu’il ressentait à chaque fois qu’il réalisait qu’il avait failli mourir. C’était trop, bien trop pour un seul être.

« Donc je t’assure que quelqu’un se chargera de s’occuper de ce cupcake d’ici peu. I mean, il suffit de le regarder pour en avoir envie. » Too much information. Oh, et puis zut ; Willow avait l’habitude. Elle connaissait Adam. C’était même une des rares personnes à l’avoir fréquenté aussi longtemps. D’autres avaient fui bien avant. D’autres, dont on ne prononcerait pas les noms… « Il fait sa vie maintenant, grand bien lui fasse. Je lui souhaite d’être heureux hein, après tout, il faut bien que quelqu’un le soit. » Haussement d’épaule, regard absent. Il continuait de s’occuper les mains pour mieux s’encombrer la tête avec des informations futiles. Il continuait d’avancer quand tout autour de lui lui donnait envie de s’enfouir sous une tonne de sable ou de terre et de se réveiller dans mille ans, quand ses os seraient moins lourds et ses poumons moins fatigués. Il n’était pas encore prêt à lâcher prise et à s’asseoir dans le noir pendant des jours en attendant que son coeur reprenne sa cadence normal, que ses jambes cessent de trembler, mais la chute se faisait sentir et son corps allait bientôt céder. « Now if you don’t mind, I’m gonna focus on this. It’s way more important. » Pas besoin d’attendre l’approbation de la jeune femme. « And by the way, no one is worth dying for. Literally no one. Trust me. » Il parlait d’expérience.

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Scarry Night

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