AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 Locked up

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 


avatar

◆ Manuscrits : 278
◆ Arrivé(e) le : 27/06/2015
◆ Âge : 28
◆ Décédé le : 16 Mars 2016
◆ Métier : Au chômage
◆ Points : 247
◆ DC : Willow, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Gareth David-Lloyd


Sujet: Locked upVen 17 Juin - 21:55

septembre 2015

Aiden était un homme de peu d'amis. En effet, il préférait fuir le contact des autres que le chercher, préférant la compagnie des absents à celle des autres. Il orbitait autour des quelques constantes de sa vie. Sa tante, qui avait fait plus pour lui en quelques années que ses parents ne l'avaient fait toute leur vie. Elle régissait sa vie, l'obligeant à chercher un nouveau travail quand il en perdait un, l'obligeant à vivre à chaque fois qu'elle en avait l'occasion, chaque fois qu'il lui en laissait l'occasion. Et puis il y avait le policier Jesse, qui apparaissait dans sa vie avec parcimonie, le sauvant à chaque fois d'une situation dangereuse ou d'une autre. Les autres étaient, pour la plupart, de simples passants, voire des menaces.

Mais il y avait Sacha qui, comme lui, peinait à fonctionner dans un monde trop compliqué, trop rapide, trop grand, trop dangereux pour elle. Ils s'étaient rencontrés à un travail ou un autre, chacun en quête d'un endroit où rester quelques temps avant de se faire évincer à nouveau. Qu'ils aient engagé la conversation était un peu un miracle en soi, mais Aiden ne le regrettait pas. Savoir que quelqu'un d'autre partageait sa peur du monde était suffisant. Alors ils étaient restés en contact, même aux détours d'un licenciement ou d'un autre. L'ancien serveur, qui s'était fait renvoyer dans l'été quand l'afflux des touristes avait été trop pour lui, avait envoyé un message à Sacha pour la prévenir qu'il y avait sûrement une place, juste comme ça.

Seulement voilà, depuis la conférence, elle avait disparu. Bien content de ne pas s'y être rendu, il avait simplement suivi les informations juste après, et il avait aperçu le visage de Sacha, à un moment, sur l'une des multiples caméras. Inquiet, il avait tenté plusieurs fois de la contacter, sans jamais réussir à la joindre. Il aurait pu simplement se dire qu'elle n'avait pas le temps, pas envie, ou quoi que ce soit d'autre. Le brun n'était pas du genre à faire beaucoup d'efforts pour protéger ses amitiés, préférant les laisser s'écrouler et disparaître que prendre des risques pour les sauver. Cependant, il se souvenait aussi de ce que Jesse, qui ne le connaissait ni d'Eve, ni d'Adam (et l'idée en elle-même était dérangeante), avait fait pour lui, lorsqu'il avait disparu de la circulation. Il était venu frapper à sa porte et avait insisté jusqu'à ce qu'elle s'ouvre, tentant de le rassurer, de le convaincre. Sans Jesse, ils auraient probablement trouvé son cadavre, depuis le temps. Et si c'était le cas, pour Sacha? Et si, comme lui, elle s'était soudain trouvée incapable de mettre le pied dehors?

C'était cette idée qui l'avait conduit jusqu'à sa porte, bien décidé à ce qu'elle s'ouvre et qu'il découvre de quoi il en retournait. Bien sûr, sa détermination fondrait probablement comme neige au soleil si l'accès lui était refusé, il n'était pas officier de police, après tout. Il n'était qu'un pauvre fou qui se trouvait enfermé au dehors ou au dedans de son appartement selon ses croyances du moment, et c'était triste à dire. Mais il pouvait bien faire ça, sa tante l'avait dit. Tout va bien se passer, Aiden. Il espérait juste qu'elle ne serait pas morte à l'intérieur, fauchée par le Poète. Même si la mort, c'était son souhait, il préférait largement ne pas être celui qui découvrirait le corps.

Profonde inspiration.

Toc toc.

«Sacha, tu es là? Tout va bien?»
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t217-aiden-l-tyler-scarred

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 69
◆ Arrivé(e) le : 13/04/2016
◆ Âge : 27 ans
◆ Décédé le : C'est en projet
◆ Métier : Sans Emploi
◆ Points : 258
◆ DC : Shandra
◆ Avatar : Sarah Gadon


Sujet: Re: Locked upJeu 23 Juin - 15:54

Locked up

◆ Feat Aiden ◆


Pourquoi est ce que tu avais fait le choix de te rendre à cette conférence ? Pourquoi est ce que tu avais pris ta voiture pour te rendre à la mairie ? Pourquoi avoir agit aussi bêtement ? Peut être qu'au fond de toi, tu pensais que le maire allait te dire que le Poète avait été arrêté, qu'il n'était plus là, que tu pouvais vivre à présent ta vie comme tu l'entendais, peut être qu'elle pourrait enfin ressembler à quelques choses. Tu y étais donc allé dans l'espoir que cette annonce soit faite, mais au lieu de cela, tout avait été horrible, tout avait de nouveau basculer dans l'horreur avec cette victime du Poète sur scène. C'était la première fois que tu voyais cela ainsi et ton coeur s'est serré, ton esprit ne l'a pas supporté et tu es partie vers d'autres mondes, plus doux pour toi. En vérité, une fois que James est partie en direction du cadavre, ton garde-fou étant partie, tu as sombré, rapidement pour te réveiller à moitié dans l'ambulance, puis véritablement à l'hôpital. Tu en avais trop vue, le Poète venait pourtant à peine de t'effleurer, mais pour toi, c'était comme s'il avait de nouveau tenter de te tuer alors que jusqu'à présent, cela n'avait jamais été le cas. Tu n'as jamais été sur la liste du Poète, pas encore même si pour toi depuis son premier meurtre tu sais qu'il pense à toi, plus ou moins, qu'il fait tout cela pour te torturer alors qu'il n'en a rien à faire. Le Poète ne connait même pas ton existence Sacha, pourquoi penses-tu que le monde tourne autour de ta petite personne ? Pourquoi est ce que tu penses de façon aussi égoïste depuis tant d'années ? Ne serait-il pas bien venu le moment de te remettre durablement en question ? Oui, il serait bien venu mais tu n'en as pas le courage, parce que tu te complais dans cette situation qui n'est pas viable pourtant. Mais c'est ta nature profonde qui veut cela, celle qui t'indique que tu ne peux pas faire ça. Pourtant, si tu réussissais à libérer ton esprit et ton coeur de cette torpeur, tu pourrais mener une vie normale, tu pourrais vivre de ta passion plus pleinement, tu pourrais, mais il semble impossible de manier ces deux choses là conjointement. Bien entendu, quand le tueur se fait muet, ils vont mieux, ils te permettent certaines choses, mais dès qu'il revient plus ou moins près de toi, dès qu'il revient en ville, dès qu'il fait parler de lui, tu sombre, te laissant mourir, parce que finalement, c'est ce que tu désires le plus au fond de toi. Tu te dis que morte, tu ne manqueras à personne, que personne ne se soucis de toi de toute façon. Tu le sais, tout du moins, tu en es convaincue alors que pourtant ce n'est pas complètement le cas, des gens t'aiment et t'apprécient même si tu ne leur rends pas cette amour comme tu le devrais. Si la Poète n'était pas revenu à cette conférence, tu aurais peut être réussi à trouver un peu de travail, mais là, ce ne sera pas possible, tu es partie pour des semaines à t'en remettre, en espérant pour toi que le Poète ne surgira pas trop vite à nouveau pour te permettre de reprendre un peu du poil de la bête. Mais là, après ton bref séjour à l'hôpital de deux jours, tu restes enfermée chez toi, tu n'ouvres à personnes, tu as congédiée déjà certains de tes amis venus là pour savoir si tu n'avais pas fait une erreur en tentant de mettre fin à tes jours. Tu y as pensé, ce serait mentir que de dire que tu n'as pas pensé à cette finalité mais tu ne l'as pas fait. Entendant ta voix, ils ont finis par repartir, tous autant qu'ils sont. Cela va faire presque dix jours que tu n'es pas sortie de chez toi, que tu mange à peine que tu bois à peine, que tu fais le minimum du minimum pour rester en vie et on frappe à ta porte. Tu as envie d'envoyer bouler cette personne mais quand tu entends sa voix, tu te dis que peut être, tu peux faire une exception pour Aiden, parce que finalement, vous êtes pareil, vous êtes fait de la même matière lui et toi, vivant au crochet de la société, préférant faire le mort quand la situation va trop vite. Mais il est là, à ta porte, il a frappé, il te demande si tu es là, si tu vas bien. Tu veux aller jusqu'à ta porte d'entrée, mais tu n'en as pas le courage. Tu sais qu'il n'est pas le Poète qu'il ne te fera pas de mal, ce n'est pas son genre alors d'un pas lent, tu te rends là-bas. Tu mets au moins une bonne minute avant de tourner la clé dans la serrure et d'ouvrir cette porte, lui montrant ta mine de déterrée. Tu es en pyjama, rien de glamour, tu n'es pas maquillée, tu n'es pas coiffée mais ça n'a pas d'importance. Sans un mot, tu lui indique de rentrer d'un petit geste de la main droite, ta main gauche tenant la porte. Tu tente un sourire, mais il ne vient pas. Tu te dis que peut être tu aurais du laisser fermer cette porte même pour lui, mais tu ne peux plus revenir en arrière, ce n'est plus possible.




_________________


Sacha A. CraneSans Emploi
Brisée, tu es, brisée tu resteras, jusqu'au jour où tu ne le seras plus, ce jour là, tu seras morte, à n'en pas douter, tu ne vivras plus. Tu ne sais quand ton heure viendra, tu es juste certaine que tu le feras, à un moment donné, ou que le Poète se chargera de ta sentence, parce que tu es persuadée que ce jour-là, il t'aurais tuée toi si tu avais été dans la maison de la voisine. Depuis ton monde s'est arrêté, et toi tu continue à vivre, en t'enfonçant dans les abysses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

◆ Manuscrits : 278
◆ Arrivé(e) le : 27/06/2015
◆ Âge : 28
◆ Décédé le : 16 Mars 2016
◆ Métier : Au chômage
◆ Points : 247
◆ DC : Willow, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Gareth David-Lloyd


Sujet: Re: Locked upJeu 14 Juil - 0:25

Ses réserves de courage avaient manqué de s'épuiser avant que la porte ne s'ouvre. Il s'en était fallu de peu, et il avait manqué de faire demi-tour et de repartir comme il était venu, sans trop savoir pourquoi. Quel réconfort pouvait-il espérer apporter à Sacha, lui qui voyait le monde avec la même terreur, avec la même horreur qu'elle? Si cette porte s'ouvrait, qu'est-ce qu'il pourrait bien lui dire, qu'est-ce qu'il pourrait faire pour l'aider? Il n'allait pas se lancer dans un grand discours sur la beauté de la vie, du monde, sur le fait qu'elle méritait d'être vécue et que rester enfermée pendant des jours ne réglerait rien. Parce qu'il savait, lui aussi, qu'à l'abri, enfermé entre quatre murs presque rassurants, on avait l'impression d'avoir tout réglé. Le monde extérieur n'avait plus d'emprise sur la porte close, plus de pouvoir sur l'angoisse qui remontait le long de la gorge. Il n'y avait plus que l'intérieur, que le petit havre de paix, maigre port d'attache dans la tempête mais seul vrai refuge. Les griffes des monstres s'émoussaient sur les murs, les mots des autres se cognaient aux portes, l'air empoisonné du dehors ne pouvait que regarder par la fenêtre close. Et si tout moisissait à l'intérieur, ça n'avait pas d'importance, parce que l'on était en sécurité, à l'abri, intouchable. Les murs armure étaient comme les bras chaleureux d'une mère pour le poupon. Niché au creux de la sécurité et du bonheur, le bébé insouciant, inconscient du fait que les bras pouvaient le laisser tomber, que les murs pouvaient laisser passer la crasse et le sang.

Mais Sacha avait ouvert. Sans un mot, elle avait laissé s'effondrer les barrières. Peut-être que c'était parce qu'il avait tout faux, qu'elle n'était pas recluse et terrifiée, peut-être qu'elle était simplement malade, qu'elle se reposait. Peut-être qu'il l'avait dérangée. Peut-être qu'il devrait partir. Après tout, il avait atteint son objectif: la porte était ouverte. Sa victoire personnelle était obtenue. Et c'était de ça dont il était question, dans le fond. Est-ce qu'il pouvait être un peu plus courageux, est-ce qu'il pouvait faire quelque chose de bien? Il venait de se prouver que oui, il n'avait plus qu'à baragouiner quelques mots, et s'éclipser sans demander son reste, non? Après tout, il le savait, il n'avait rien à lui dire, rien à lui apporter, aucun réconfort, aucune bonne nouvelle. Le monde était toujours dangereux, le Poète était plus redoutable que jamais, laissant des corps à la vue de tous, elle le savait autant que lui. Il connaissait la terreur que l'assassin instiguait chez ses victimes, et ils étaient tous et toutes ses victimes, tout ceux que son influence effleurait. Il le savait mieux que les autres, il l'avait vu de plus près que les autres. Mais l'expression sur le visage de la jeune femme lui fit changer d'avis, l'empêchant de prendre lâchement la fuite maintenant. Son père et les médecins avaient beau dire ce qu'ils voulaient, il pouvait s'attacher aux autres. Surtout ceux chez qui il se reconnaissait. Et quand il regardait le visage déconfit de Sacha, c'était son expression qu'il voyait. C'était lui-même, quelques années plus tôt, après deux semaines de réclusion. Alors il se devait d'au moins tenter. Non?

Il lui offrit un sourire, légère déformation du visage, et la précéda à l'intérieur pendant qu'elle refermait derrière eux. Ne pas trop laisser le monde extérieur s'infiltrer par l'embrasure de la porte. Il fit quelques pas à l'intérieur. Tourna vingt-cinq fois les mots dans sa bouche. Se tourna pour faire face à Sacha. Retourna les mots huit fois. Ouvrit la bouche. «J- J'étais inquiet pour toi.» Il était presque persuadé que ce n'était pas exactement ce qu'il allait dire mais c'était trop tard à présent. «Sacha, comment tu te sens?» Question stupide. Mal, triste, effrayée, troublée, perdue, tout ça à la fois sans doute. Les mots se formaient d'eux-même dans sa gorge, sans lui laisser le temps de les filtrer, de les analyser, de les penser et de les garder pour soi. Plus le silence s'éternisait, plus il était dur à briser, il en savait quelque chose. Alors peut-être qu'il devait continuer de parler. «Est-ce que tu voudrais que j'aille te faire quelques courses?» Il n'allait pas lui demander de sortir, là, comme ça, de but en blanc. Mais il regrettait déjà amèrement d'avoir dit ça, la perspective de côtoyer des gens ne le réjouissant pas plus que d'habitude. Avec un peu de chance, elle dirait non, qu'elle avait ce qu'il fallait pour supporter un siège pendant des mois. Suffisamment pour eux deux. Et il n'aurait plus à sortir non plus. Pour qui se prenait-il, à croire qu'il pouvait tout arranger?

_________________
what does tomorrow want from me?
what does it matter what i see?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t217-aiden-l-tyler-scarred

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 69
◆ Arrivé(e) le : 13/04/2016
◆ Âge : 27 ans
◆ Décédé le : C'est en projet
◆ Métier : Sans Emploi
◆ Points : 258
◆ DC : Shandra
◆ Avatar : Sarah Gadon


Sujet: Re: Locked upVen 15 Juil - 3:08

Locked up

◆ Feat Aiden ◆



Mais pourquoi est ce que tu as ouvert la porte ? Pourquoi est ce que tu as fait ça ? Serais-tu devenue complètement folle à lier ? Sans doute que tu devrais être ailleurs que chez toi en cet instant, mais après quelques heures d'observation, les médecins ayant jugés tes constantes bonnes, tu avais été renvoyée chez toi et depuis tu n'étais plus sortie, non, tu ne l'avais pas été. Tu t'étais mise en pyjama, activant le mode recluse et survie avec le minimum d'efforts à fournir, mais de toute évidence, là, tu venais de faire un effort que tu jugerais de trop important. Tu avais les lèvres sèches, tu te sentais faible. Depuis quand n'avais-tu pas pris un véritable repas ? Des compotes de pomme, ce n'est pas qu'on pourrait appeler un vrai repas. Depuis ce jour là, depuis cette conférence, tu n'avais rien manger de véritable, seul ton stock de compote et de petits jus de fruits en avait pris un coup et encore, tu pourrais vraiment tenir un siège. Tu sais que ce n'est pas très bon, mais tu n'arrives pas à te résoudre d'agir autrement. La Poète te fait peur, il te pétrifie dans ta chair, parce que tu te dis que ce soir là, il t'en voulait à toi, qu'il s'est simplement trompé d'appartement, ce serait une évidence même, pourquoi s'en prendre à une vieille dame aussi gentille ? Après tout, il semble s'en prendre à tout le monde, même à des gamines, ce qui t'avait fait froid dans le dos et un frisson parcourait ton échine alors que tu pensais à Rose, pauvre petite chose. Tu avais donc ouvert la porte, faisait signe à Aiden de rentrer dans ton appartement. A vrai dire, tu avais ouvert, parce qu'avec lui, tu ne te sentais pas si étrangère que ça à ton propre monde. Il était un peu comme toi, le Poète faisait aussi partie de sa vie, même s'il semblait mieux tenir le choc que toi, enfin ça restait compliqué pour lui aussi, tu en avais vu quelques aperçus lors de quelques jobs que vous aviez pu partager, des jobs que vous n'aviez pas tenus longtemps bien entendu, parce que trop faible psychologiquement parlant, et même physiquement, tu étais bien trop faible pour tenir un rythme trop soutenu. Ton visage en tout cas est fermé, il ne respire pas la joie de vivre comme c'était le cas jusqu'à début septembre. Enfin, la joie de vivre, c'était sans doute pousser le bouchon loin, mais tu allais assez bien, mais le château de cartes qu'était ta vie s'était bien rapidement écroulé en voyant le jeune homme sur cette scène. Tu fermais un instant les yeux pour tenter de nettoyer ton esprit de cette image, la dernière, la plus fraîche que tu avais en tête. Le problème s'était que tu revoyais ta voisine Ruth Williams, et puis ce que tu avais daigné regarder dans la presse sur les autres victimes. Tu refermais donc la porte après qu'il soit rentré à l'intérieur de ton chez toi. Tu te demandais ce qu'il allait bien pouvoir te dire en vérité. Si vous vous ressembliez, il n'était pas tellement du genre à trop s'attacher, mais finalement, il était en quelques sortes ton penchant masculin. Le moule dans lequel vous aviez été fait était très semblable, ayant les mêmes défauts, notamment celui d'une sensibilité à fleurs de peau, tellement exacerbée, qu'elle ressortait bien trop. Cependant les paroles d'Aiden sonnent bizarrement à tes oreilles. Il semblait vraiment là pour se soucier de toi, prendre de tes nouvelles et t'aider, aide que tu avais refuser de la part de tous. Mais allais-tu accepter son aide à lui ? Tu étais en train de te le demander. Tu avais une séance de chimiothérapie de prévue dans trois jours, tu sortirais donc à ce moment là et peut être que tu ferais les courses ce jour là.

" Je me sens comme quelqu'un qui a vu un presque cadavre dans une salle trop pleine de monde Aiden ... "

Ces mots avaient été dit avec une fatalité terrifiante, terrible, horrible, mais tu ne pouvais pas faire mieux, tu ne pouvais pas, tu n'y arrivais pas. Tu es comme ça, déprimée et déprimante pour les gens qui t'entoure. Aiden était cependant un cas un peu à part.

" J'essaye de lutter comme je peux, mais rassure-toi, je n'ai besoin de rien, je ne mange presque rien de toute façon, je n'ai pas d'appétit ... "

Un peu de soupe, des compotes, les petits jus de fruits, voilà ce qui constituait tes repas depuis une grosse semaine. Et puis si jamais tu avais envie de manger quelques choses, tu avais encore plein de conserves dans un placard, des conserves dont la date de péremption allait jusqu'en 2018 au moins, alors tu avais le temps de mourir trois fois, si ce n'est plus d'ici là.




_________________


Sacha A. CraneSans Emploi
Brisée, tu es, brisée tu resteras, jusqu'au jour où tu ne le seras plus, ce jour là, tu seras morte, à n'en pas douter, tu ne vivras plus. Tu ne sais quand ton heure viendra, tu es juste certaine que tu le feras, à un moment donné, ou que le Poète se chargera de ta sentence, parce que tu es persuadée que ce jour-là, il t'aurais tuée toi si tu avais été dans la maison de la voisine. Depuis ton monde s'est arrêté, et toi tu continue à vivre, en t'enfonçant dans les abysses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

◆ Manuscrits : 278
◆ Arrivé(e) le : 27/06/2015
◆ Âge : 28
◆ Décédé le : 16 Mars 2016
◆ Métier : Au chômage
◆ Points : 247
◆ DC : Willow, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Gareth David-Lloyd


Sujet: Re: Locked upJeu 11 Aoû - 23:44

Lequel d'entre eux mourrait le premier? Aiden se posait la question plus souvent que de raison, se demandant lequel d'entre eux réussirait à s'accrocher le plus longtemps, ou se raterait une fois de trop. Il ne savait pas non plus s'il espérait perdre ou gagner cette compétition qui n'en était pas une. Certes, cela faisait plusieurs longs mois que les pensées suicidaires se tenaient à l'écart, préférant peut-être hanter d'autres esprits, mais il savait bien qu'il n'en était pas débarrassé. A leur place, c'étaient d'autres démons, d'autres aberrations de son esprit, le vent qui susurrait avec un peu trop d'insistance qu'il était suivi, les regards qui se détournaient quand il se retournait, c'était le Poète qui s'attaquait à Adam, à quelqu'un qu'il connaissait, pour lui rappeler qu'il ne l'avait pas oublié. Et voilà que Sacha, en disparaissant, apeurée, traumatisée et probablement à quelques mètres de l'abîme des suicidés, ravivait l'idée que c'était plus simple de mourir. Mourir ne durait qu'un instant, échapper au Poète, assister à ses représentations, c'était un labeur de tous les jours. Mais non, il n'était pas là pour ça, pas là pour retomber dans les affres de l'autodestruction, pour se laisser bercer par les  C'était pour la sauver qu'il était venu jusqu'ici. Ou peut-être était-ce pour se sauver lui-même?

Corps étranger au milieu d'un appartement malade, Aiden sentait le rejet aussi clairement que si elle l'avait formulé. Bien sûr, Sacha confirmait avec gravité ce qu'il savait: elle n'allait pas bien. Elle avait vu quelqu'un au bord de la mort, et tout ce à quoi le brun pouvait penser, c'était à quel point il était heureux de ne pas y être allé. Heureux n'était qu'à peine une exagération. Certes, il n'en avait jamais eu l'intention, mais il était parfois pris de certaines impulsions pour le moins ridicules, comme se rendre à la battue du Willow Lake ou, présentement, venir se perdre ici. Mais heureusement, il était resté loin de la mairie, et avait échappé à la nouvelle danse macabre du Poète, qui semblait apprécier de plus en plus la notoriété et le grand spectacle, s'assurant de plus en plus que les caméras seraient prêtes à dévoiler son nouveau chef d’œuvre en instantané. Les foules, si elles étaient déjà angoissantes au départ, prenaient des allures cauchemardesques ces derniers temps, le Poète abrité derrière une vieille dame, caché dans l'ombre d'un journaliste, posté derrière une caméra, braquée sur un cadavre ou sur un autre. Ce que Sacha avait bien pu espérer en tirer, il n'en avait pas la moindre idée.

Le chômage ne lui réussissait pas. Il n'avait plus rien pour s'occuper l'esprit, plus rien que le Poète et la solitude pour occuper ses journées, et cela monopolisait toutes ses pensées. Tout était vide, tout était Poète, tout tournait autour de la danse funèbre qu'ils effectuaient tous au pas, un, deux, trois. Valse lente en direction des enfers, le Poète leur laissait croire qu'ils menaient la danse, et les amenait toujours plus près des flammes, au même tempo lent et paresseux, un, deux, trois, qui laissait tout le loisir d'observer les paysages et les dizaines de cadavres éparpillés çà et là, disposés et apprêtés pour être exposés à tous les yeux de la ville. Et ils dansaient, dansaient, tournoyant dans le soleil d'été comme dans les pluies automnales, rien n'interrompant la danse, ni la nuit noire, ni la nausée qui s'emparait des habitants, à force de patauger pieds nus dans le sang des autres. Ils danseraient probablement jusqu'à l'épuisement, ou jusqu'à ce que quelqu'un arrête le maître danseur, le chef d'orchestre et sa baguette tranchante.

«N'hésite pas, autrement.» Il préférait qu'elle hésite et qu'elle s'abstienne, bien sûr, mais il avait également appris que cela ne se disait pas. Encore moins à une amie, une de ses seules amies. «Tu préfères que je te laisse?» Si quelqu'un devait comprendre ça, c'était bien lui. Le besoin de retourner rapidement à sa tranquillité, l'invasion violente de sa vie privée quand quelqu'un passait le seuil de l'entrée. Il ne s'offusquerait pas si d'aventure elle le chassait, simplement ravi de lui avoir fait savoir que quelqu'un s'inquiétait pour elle. «Si oui, dis-le, je comprendrais, même s'il paraît que ce n'est pas bon de ne voir personne.» Si elle en doutait, il lui répétait qu'il comprenait ses actions et ses choix. Ca n'était pas vraiment un choix, d'ailleurs. L'incapacité à mettre le nez dehors n'était pas toujours une décision prise sciemment. Les portes qui refusaient de s'ouvrir ne demandaient l'avis de personne. «Même si, personnellement, je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça.» Ce n'était sans doute pas le discours qui était attendu, ni celui dont elle avait besoin, mais c'était le seul dont il était capable.

_________________
what does tomorrow want from me?
what does it matter what i see?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t217-aiden-l-tyler-scarred

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 69
◆ Arrivé(e) le : 13/04/2016
◆ Âge : 27 ans
◆ Décédé le : C'est en projet
◆ Métier : Sans Emploi
◆ Points : 258
◆ DC : Shandra
◆ Avatar : Sarah Gadon


Sujet: Re: Locked upMer 17 Aoû - 18:40

Locked up

◆ Feat Aiden ◆



Il était gentil avec toi, il essayait de l'être et toi, tu faisais du Sacha tout crachée, tu étais assez désagréable, mais tu avais la tête au fond du sac, genre véritablement et tu n'arrivais pas à la sortir, tu étais en train de t'étouffer tout simplement, et peut être qu'il serait le déclic de ta dégénérescence cadavérique. Peut être que sa présence ne changerait rien à tes plans, peut être que cela ne t'auras juste fait que forcer un peu pour lui ouvrir la porte et avoir un brin de discussion avec lui. Tu ne voulais pas de sa présence, tu n'en voulais pas, parce que tout simplement, tu ne veux de la présence de personne, pas même tes amis, personne. Pourtant, presque inconsciemment, tu lui avais ouvert comme si finalement, il était là pour te donner un peu plus d'oxygène, pour te permettre de sortir la tête de ce fichu sac, sachant que tu étais déjà au fond de ton lit sous les couvertures. Tu n'es pas prête de sortir de chez toi, tu ne te sens pas prête de recevoir du monde, mais par la force des choses, tu viens de le faire avec Aiden, parce qu'il est comme toi au fond. Peut être que tu devrais chercher à te mettre en couple avec lui, pour que dans un mauvais jour vous vous suicidiez ensemble. Cette pensée ne t'avait même pas effleurée l'esprit, celle où tu te mettais en couple avec lui bien entendu, parce que pour le suicide, tu avais déjà tentée le coup, sans réussite jusqu'à présent. Tu avais toujours eu la malchance d'avoir un invité surprise pour te sortir de cette mauvaise posture, à moins qu'inconsciemment, tu ne te rates à chaque fois exprès, comme si tu voulais mourir sans mourir. Pourtant, ton but ultime est assez clair, cette corde et cette pierre ne sont pas dans ton coffre de voiture en permanence pour la décoration. Un jour tu sauteras le pas, un jour. Quand ? Tu ne sais pas encore, bientôt, c'est une certitude que tu as là. Mais bientôt, cela peut être dans deux mois comme dans deux ans, c'est toujours bientôt, mais c'est un bientôt plus ou moins proche. Tu sais que tu es plus proche du jour fatidique que d'autres choses quoiqu'il advienne. Mais peut être qu'un jour tu apprendras qu'Aiden aura sauter le pas avant toi. Peut être qu'il réussira à mourir avant toi, peut être, tu n'en sais pas  grand choses finalement. Il te dit d'ailleurs qu'il pouvait partir s'il te gênait tant que ça. Il tenta de te convaincre qu'il serait bien qu'il reste à tes côtés, maladroitement, mais l'essai, venant de sa part était plus que louable. Tu en avais bien conscience, pourtant, tu ne savais que faire, entre le chasser de chez toi, ou lui dire de s'asseoir, que tu pouvais au moins lui offrir un verre d'eau ou quelques choses comme ça. A sa question, tu finissais par lui dire quelques choses.

" Non, tu peux rester un peu, ça ne me fera pas de mal de parler un peu. "

Alors que pourtant, tu avais opiné positivement de la tête, contradictoire comme comportement, mais tu faisais au mieux. Tu l'invitais avec une main à t'asseoir donc, cherchant alors dans un placard deux verres pour le moment vide. Tu regardais dans ton frigo, s'il y avait un bouteille d'eau fraîche mais ce n'était pas le cas. Tant pis, tu lui donneras de l'eau qui coulera directement du robinet. Tu regardais dans un autre placard, tu avais un peu de sirop de grenadine. Il était encore plein, non ouvert, tu le mettais sur la table.

" Excuse moi, mais j'arrive pas à sortir la tête de l'eau. Dès que je ferme les yeux, je vois Adam sur cette table à la mairie là, c'est insupportable, parce que je revois aussi mon ancienne voisine, et ... "

Mais tu ne finissais pas ta phrase parce que les sanglots arrivaient et que des perles salées coulaient de tes yeux fatigués. Tu reniflais un coup pour tenter de ne pas perdre plus contenance, mais tu n'y arrivais pas, offrant un triste spectacle à ton invité surprise.



_________________


Sacha A. CraneSans Emploi
Brisée, tu es, brisée tu resteras, jusqu'au jour où tu ne le seras plus, ce jour là, tu seras morte, à n'en pas douter, tu ne vivras plus. Tu ne sais quand ton heure viendra, tu es juste certaine que tu le feras, à un moment donné, ou que le Poète se chargera de ta sentence, parce que tu es persuadée que ce jour-là, il t'aurais tuée toi si tu avais été dans la maison de la voisine. Depuis ton monde s'est arrêté, et toi tu continue à vivre, en t'enfonçant dans les abysses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

◆ Manuscrits : 278
◆ Arrivé(e) le : 27/06/2015
◆ Âge : 28
◆ Décédé le : 16 Mars 2016
◆ Métier : Au chômage
◆ Points : 247
◆ DC : Willow, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Gareth David-Lloyd


Sujet: Re: Locked upDim 18 Sep - 0:24

Mille et une prisons. Les prisons mentales où il s'enfermait parfois, son esprit refermant des barrières pour l'empêcher de s'en sortir, l'empêcher d'aller mieux, de remonter la pente, des barrières phrasées qui répétaient tu n'y arriverais pas, de toute manière et tu es tombé trop bas, reste là à longueur de temps et qu'il ne pouvait qu'écouter, manquant de force, manquant de volonté pour passer au-dessus et se dire que si, il pouvait remonter, s'écorcher les mains sur les ronces et les pierres tranchantes de ses souvenirs, escaladant les angoisses et tournant le dos au Poète le temps de grimper quelques mètres et de s'arrêter à la corniche suivante, blotti au creux d'une avalanche de tension et de peur. Sa prison éternelle, de chair et d'os, alors qu'il aurait parfois, souvent, voulu être partout ailleurs que dans son corps, quand l'appel du Poète lui brûlait la peau marquée, scarifiée, et qu'il voulait quelqu'un d'autre, pas Aiden, plus jamais Aiden. Il aurait volontiers flotté à jamais au-dessus de son cadavre s'il avait pu échapper à lui-même. Ce corps-fléau, ce corps-prison dont il ne pouvait pas s'échapper, et ce même s'il tambourinait contre ses côtes de toutes ses forces. Et puis il y avait les prisons faites de métal, de bois, de murs et de papiers peints, qui laissaient s'installer l'illusion, accrochant parfois des tableaux, des horloges et autres verrous supplémentaires, tentant vainement de rendre la cellule habitable, de faire croire au prisonnier qu'il l'avait choisie, qu'il l'aimait. Qu'il était mieux là qu'ailleurs.

Tant et si bien qu'il n'en sortirait plus.

L'illusion du choix.

Il regardait Sacha, il l'observait les enfermer tous les deux dans son appartement, acceptant sa présence, acceptant qu'il reste, laissant la porte claquer. Volets fermés, verrous tournés, clefs avalées. Plus d'échappatoire, c'était eux deux, un morceau d'éternité, jusqu'à ce que les poignées cèdent à nouveau, que l'air s'engouffre à l'intérieur, et l'idée était arrivée comme une bourrasque. Et si ça avait été elle? Si elle avait été victime, plutôt qu'Adam? Elle qui passait sa vie terrifiée à l'idée de se faire mutiler, de se faire assassiner. A craindre cette visite autant qu'à la souhaiter. Il n'aurait jamais eu besoin de venir, il ne serait jamais allé aux funérailles. Il n'aurait pas pleuré, il n'aurait probablement même pas su être triste. Constamment terrifiée à l'idée de périr sous les coups du Poète sans penser au fait qu'on pouvait y survivre. Et que survivre était pire encore. Tous terrifiés à l'idée d'y passer, de devenir des victimes, et lui se baladait au milieu des apeurés, ignoré, abîmé, la cicatrice parfois brûlante, peau devenue parchemin, recueil réticent de poèmes inachevés. Il leur en voulait. Souvent, c'était sous-jacent, un vague ressentiment, une légère impression d'injustice. Et parfois cela explosait, parce qu'il savait, il savait à quel point c'était horrible de se faire attaquer. Se débattre, se défaire de ses liens, batailler sur le sol de son appartement, gratter jusqu'au sang pour faire disparaître l'horreur. Ils n'avaient jamais eu à le faire, tous ces faux-apeurés, toutes ces victimes hypothétiques qui geignaient à longueur de temps.

Il pourrait l'attaquer.

Là, tout de suite. La laisser pour morte quelque part entre la porte d'entrée et la cuisine. Lui donner une raison d'avoir peur du Poète. Bizarrement, la vie prenait une autre valeur lorsque c'était quelqu'un d'autre qui essayait de vous l'enlever. Seul, lorsque c'était le seul choix qui semblait possible, plausible, c'était l'ultime solution, la porte de sortie, une aubaine. Lorsqu'un psychopathe tentait de vous transformer en Nouveau Testament, la mort avait un goût étrange, ferreux et désagréable. Rien à voir avec le doux sommeil promis par le suicide. L'idée, violente et brûlante, manqua de le faire défaillir. Il était par nature non-violent, mais la pensée était presque alléchante. Ce serait facile. Ils étaient seuls, Sacha affaiblie par son isolement et son manque de nourriture. Il pourrait l'attaquer et la tuer, mais pourtant elle l'avait laissé entrer dans sa vie comme s'il était inoffensif. Comme si elle ne voyait absolument aucune menace en lui. C'était de la confiance? Même sa tante, pourtant proche de lui, le regardait parfois avec méfiance, craignant quoi? qu'il l'attaque, qu'il devienne fou, qu'enfin il finisse de perdre pieds. Pas Sacha. Les émotions le traversaient trop vite pour qu'il sache ce qui lui arrivait.

Alors il s'était assis, aussi bêtement que ça, décidant qu'il était plus sage de simplement suivre le mouvement. Aiden avait regardé droit devant lui, s'empêchant tout nouveau filon de pensée, préférant éviter des idées aussi terribles alors que la tâche à accomplir était pourtant si simple. Puis elle avait déposé eau et sirop sur la table basse, et il hydrata sa gorge soudain devenue très sèche. Sans même penser aux risques. Peut-être que c'était de la confiance, après tout. Puis elle s'était mise à pleurer. Prétendre que cela l'émouvait vraiment aurait été mentir. Par contre, la sensation d'inconfort et de malaise, elle, était bien réelle. Bien sûr qu'il la comprenait. Sa rancune n'avait pas lieu d'être, et il imaginait aisément ce qu'elle pouvait traverser. «Oui, j'imagine que ça a dû être terrifiant.» Il n'avait pas de tact. Pas de tournures enrobées pour faire passer la pilule. Rien que la vérité brute. «Je suis désolé pour ta voisine, mais Adam a survécu, c'est déjà ça non?» Plus qu'à vivre avec la terreur. «Il n'a pas gagné cette fois.» Enfin, il avait gagné trop souvent, et même ses défaites avaient des arrière-goûts de victoire. Définitivement pas tactile, Aiden avait néanmoins posé une main sur l'épaule de Sacha.

«Il y a toujours des risques qu'il vienne, mais plus tu restes seule, plus tu les augmentes...»
Personne ne vous apprenait à gérer ce genre de situations. Et s'il y avait des cours, alors il les avait manqués, ou il les avait traversés sans y prêter attention, comme tant d'autres. Il manquait de tact, il manquait d'idées, il manquait de bonnes raisons à lui donner, il manquait de conviction parce qu'il savait. Alors il récitait l'évidence, rappelant douloureusement que hey, elle pouvait se faire attaquer. Parce que ça leur arrivait même à eux, les rebuts, les inutiles, les poids dans la société, les boulets traînés derrière.

Les ratés.

_________________
what does tomorrow want from me?
what does it matter what i see?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t217-aiden-l-tyler-scarred

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 69
◆ Arrivé(e) le : 13/04/2016
◆ Âge : 27 ans
◆ Décédé le : C'est en projet
◆ Métier : Sans Emploi
◆ Points : 258
◆ DC : Shandra
◆ Avatar : Sarah Gadon


Sujet: Re: Locked upJeu 22 Sep - 15:09

Locked up

◆ Feat Aiden ◆


Ton esprit n'a jamais été capable de faire front, jamais. Depuis toujours, il a été faible, et avec les derniers événements, il ne va pas réussir à se surpasser, c'est au dessus de ces forces, c'est largement au dessus de tes forces Sacha, parce que tu es mentalement instable. Ce n'est pas de ta faute, il parait que cela fait partie de tes gênes, des prédispositions auxquelles tu ne pouvais pas échapper, nullement. Alors tu choisis de t'enfermer dans ta bulle de désespoir, tu choisis de ne pas la percer, pour qui que ce soit, mais pour une raison obscure, ton esprit a été réceptif à Aiden, comme s'il allait pouvoir t'apporter du réconfort. Mais ce n'est pas le cas, il est aussi handicapé que toi au niveau des sentiments et de la communication, or, il a fait l'effort de venir jusqu'à toi, c'est peut être cela qui t'a mis la puce à l'esprit. Pourtant, tu sais très bien comment cela va finir : mal. Tu es si faible, tu es si déprimée, tu es si morte intérieurement, que rien de bon ne peut sortir de ton for intérieur qui n'est qu'un champs de ruine sur lequel un tsunami est repassé. Oui, l'état de délabrement fait peur à voir. Tu t'étonnes presque de ne pas avoir tenté de sauter le pas une nouvelle fois. Est ce que tu vas résister ? Tu n'en sais rien. Tu n'arrive même pas à faire illusion, à tenter de faire quoique ce soit qui puisse te ramener à la lumière, qui puisse te ramener vers un mince rayon de soleil. Tu vis dans des ténèbres éternels ou presque, ceux que tu produis toi-même pour couvrir ton esprit. Tu vis dans le noir le plus complet, celui où le Poète te plonge à chacune de tes interventions, mais cette dernière a sans doute été la pire de toute pour toi, parce que tu as pu voir le presque cadavre d'Adam devant toi, tu as pu voir la mort de près, comme lors du premier meurtre du Poète. Tu peux presque sentir sa présence, derrière la porte. Et si jamais c'était un piège, qu'il vienne d'envoyer le pauvre Aiden chez toi pour vous tuer tous les deux, pour vous priver d'une vie que vous ne vivez presque pas ? Peut être que le Poète était celui que tu venais de faire rentrer chez toi. Il paraissait faible, mais pour toi, il ne pouvait pas l'être même si tu y avais pensé, un instant. Paraitre faible était une bonne solution pour mettre les gens en confiance. Qui pourrait se méfier de lui après tout ? Personne, pas toi en tout cas, peut être parce que tu es trop naïve, que tu vis seule et que tu pense qu'ainsi tu ne manqueras à personne mais tu n'en sais trop rien. Tu n'es pas sociable, parce que tu te refermes sur toi même comme une huitre, tu ne sais pas t'ouvrir aux autres, et le simple fait qu'Aiden soit là est presque un exploit en soit. Mais tu as réussi à le faire, c'est déjà une petite victoire, pourtant, très vite, tu tombes sans pouvoir t'arrêter. Tu lui parles de ton ancienne voisine, tu lui parles d'Adam et tu pleures, comme si cela allait vraiment t'aider à passer à autres choses, à évacuer le trop pleins de tellement de sentiments dévastateurs. Il ouvre alors la bouche pour te dire que cela a du être terrible. Tu devrais avoir l'habitude, le tact n'est pas le fort de l'homme qui se tient assis devant toi. Cette phrase, tu la ressens comme un couteau dans le dos, comme si cela pouvait être facile de découvrir qu'un tueur en série vient de tuer votre voisine que vous aimiez tant. Et si tu avais été chez elle ce jour là ? Est ce qu'il vous aurait tué toutes les deux ? Est ce qu'il aurait rebroussé chemin ? Est ce que ... Tu ne préfères pas savoir, parce que tu préférerais presque être morte à sa place tellement cette vie est lourde pour toi. Tu sais qu'il va te falloir des mois pour t'en remettre, en espérant que le Poète ne refasse pas surface entre temps. Parce que oui, tu remontes toujours un peu la pente, ta vie est en dents de scies, tu remontes puis il revient et tu descends toujours plus bas, pour ne jamais remonter véritablement. C'est comme ça depuis des années, depuis son premier meurtre. Puis Aiden te dit qu'avec Adam, il n'a pas gagné, mais étais-ce ce qu'il voulait ? Ne voulait-il pas montrer toute sa suprématie sur la police qui mène l'enquête ? Ô si qu'il voulait cela, qu'il voulait jouer avec les nerfs de tous le monde. Déposant une main sur ton épaule, tu lui dis ce qui te passe par la tête, ce que tu arrive à dire en vérité.

" Il ne voulait pas le tuer. Il voulait le faire souffrir pour montrer à tous qu'il est le plus fort et que quoiqu'il arrive la police ne pourra jamais l'arrêter. Je suis sûre qu'il a déjà du le faire avec d'autres victimes. Il l'a presque fait avec moi, sauf qu'il a préféré tuer ma voisine. Imagine si j'avais été chez elle ce jour là ? Si cela se trouve, il a déjà tenté de te tuer toi aussi. "

Tu ne sais pas vraiment ce que tu racontes. Une nouvelle larme coule alors que tu parles de ta tendre et chère ancienne voisine. Mais tu es persuadée qu'il n'a pas vraiment voulu tuer Adam, comme la précédente victime dans les bois. Si la police était arrivée à temps, elle ne serait pas morte, mais ils sont arrivés trop tard. Là, c'est juste qu'ils ont pu intervenir à temps pour lui, sinon, il serait mort comme les autres. Tu ne sais pas pourquoi tu dis que le Poète a peut être tenté de tuer Aiden, mais dans ton esprit, s'il est comme ça, c'est que le Poète n'est pas passé loin de lui même si en réalité cela n'a rien à voir ... Puis, il te dit une phrase qui te fait froid dans le dos.

" Peut être que c'est ce que je veux, comme ça, je n'aurais plus à vivre cette pitoyable vie ... "

Peut être que ce serait plus simple pour toi, assurément même. Tu sais qu'il tente de dire ça pour te réconforter, mais il s'y prends tellement mal, comme si un prisonnier tentait de s'échapper de sa cellule en cassant la croûte de son pain contre les murs, comme s'il tentait de scier les barreaux de sa cellule à coup de coton tige, inutile même si la volonté pourrait être là, ça ne servait à rien du tout, juste à enfoncer des portes inexistantes.



_________________


Sacha A. CraneSans Emploi
Brisée, tu es, brisée tu resteras, jusqu'au jour où tu ne le seras plus, ce jour là, tu seras morte, à n'en pas douter, tu ne vivras plus. Tu ne sais quand ton heure viendra, tu es juste certaine que tu le feras, à un moment donné, ou que le Poète se chargera de ta sentence, parce que tu es persuadée que ce jour-là, il t'aurais tuée toi si tu avais été dans la maison de la voisine. Depuis ton monde s'est arrêté, et toi tu continue à vivre, en t'enfonçant dans les abysses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

◆ Manuscrits : 278
◆ Arrivé(e) le : 27/06/2015
◆ Âge : 28
◆ Décédé le : 16 Mars 2016
◆ Métier : Au chômage
◆ Points : 247
◆ DC : Willow, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Gareth David-Lloyd


Sujet: Re: Locked upSam 12 Nov - 23:49

Lui-même habitait trop près de tous ces meurtres. Et même s'il déménageait à l'autre bout de la ville, il serait encore trop près de sa zone d'influence, encore à l'intérieur de la zone de quarantaine, encore sous l'emprise du poison. Il pourrait encore le humer dans l'air moisi de la ville, il pourrait encore le croiser dans les regards des autres, il pourrait surprendre des coups d’œil inquiets au hasard des rues. Il pourrait même le surprendre, sans le savoir, en descendant d'un bus ou en entrant dans une boulangerie. Et s'il fixait le sol suffisamment longtemps, peut-être qu'il pourrait apercevoir le sang dégouliner dans les craquelures du trottoir d'une ville aux plaies encore fraîches. Non, ce qu'il fallait, c'était aller se terrer à l'autre bout du monde, là où personne n'en aurait entendu parler, là où l'air serait un peu moins lourd et les visages un peu moins ternes. Il accordait pourtant peu d'importance aux autres et leurs expressions, mais même lui les avait remarqués: les regards fuyants et inquiets des passants alors qu'ils essayaient de ne s'arrêter nulle part tout en apercevant tout le monde. Il voulait un pays où les bribes de conversation interceptées au hasard n'orbitaient pas constamment autour du même sujet, il voulait une ville où les commerçants n'arboraient pas la suspicion comme seul et unique masque, il voulait un quartier où marcher dans la rue ne risquait pas de mener à une mort douloureuse mais surtout, surtout, il voulait un appartement où l'odeur de son sang et de sa bile n'avait pas imprégné les murs. Pas celui-là, celui-là où elle remontait parfois du fond de sa mémoire jusqu'au fond de sa gorge, le fantôme pestilentiel glissé derrière les papiers peints et sous les pieds des chaises.

Il avait même effleuré l'idée de retourner dans son Angleterre natale, le pays où sa mère l'avait laissé tomber sans un regard en arrière. Il avait pensé à déménager, changer d’État, changer de pays, de continent. Fuir, telle la proie qu'il avait toujours été. Il n'aurait même pas besoin de cartons, il laisserait tous ces déchets derrière lui. Il les laisserait moisir et s'effriter jusqu'à ce qu'il n'en reste rien. Malgré tout, c'était beaucoup de démarches, de coups de fil, de recherches d'un nouvel appartement, et la peur de ne pas savoir quoi faire. La peur de l'inconnu. La routine s'était installée entre les meurtres, paisible et inquiète. Non, décidément, l'inconnu était pire encore que la menace constante, alors il endurait les murmures, il endurait la poésie aux crocs acérés susurrée dans le noir, les doigts pointés vers les survivants et les yeux rivés sur les tombes. Il endurait la peur de ceux qui ne pouvaient qu'imaginer, il endurait l'appartement où il avait failli mourir, attaché à l'une de ses propres chaises. Il endurait l'instant présent.

A la surprise générale, il ne faisait qu'empirer la situation. Aucun réconfort dans ses paroles, comme on pouvait s'y attendre. Juste la vérité crue et ferreuse qui lui saignait entre les dents. Juste des évidences que personne n'avait besoin d'épeler, mais qu'il récitait quand même, comme ces enfants récitent des poèmes trop bien construits pour qu'ils les comprennent. Et c'était vrai, il n'y comprenait rien. Il ne savait pas qui était l'auteur, il ne savait pas quel était le message, la morale. Il ne savait pas pourquoi sa peau avait fait parchemin, pourquoi son appartement avait été le décor choisi pour clamer ces maux.

Il s'était figé. Si le temps ne s'était pas arrêté, Aiden, lui, avait complètement cessé de fonctionner. Le temps d'évaluer la situation. Mille questions se firent écho entre les murs vacants de son esprit, et personne pour leur répondre. La panique lui glissa le long de la colonne vertébrale et le murmure grondant remontait du bout du monde, elle sait. Tout avait peut-être été faux semblants et leurres, peut-être qu'elle était meurtrière, peut-être qu'elle était monstrueuse. Peut-être que ses pleurs étaient des rires. Il avait rompu le contact avec Sacha, ramenant sa main sur sa cuisse. Si elle savait, c'est qu'elle était là, qu'elle avait observé à travers les fenêtres, ou qu'elle avait manié l'arme elle-même, mais il avait du mal à l'imaginer. Ou alors ça n'était qu'une phrase comme ça, au hasard, lancée dans son discours un peu affolé. Ou peut-être qu'elle était à la merci du Poète.

«Pourquoi tu dis ça?»

On l'avait qualifié de stupide et de lent toute sa vie, et il était généralement plutôt d'accord. Les connexions refusaient de se faire dans son esprit et il pouvait écouter des explications trois fois sans avoir compris un mot de ce qui venait d'être dit. Pas parce qu'ils lui étaient inconnus. Pas parce que le sujet était trop compliqué, mais parce qu'il n'arrivait pas à écouter, pas à faire sens des phrases qu'on lui lançait. Alors l'autre s'agaçait, l'autre disait stupide, l'autre disait bon à rien, l'autre disait lent, l'autre partait, et les connexions se rétablissaient d'elles-mêmes. Mais lorsqu'il s'agissait de sauver sa peau, il pouvait être rapide. Et c'était exactement de ça qu'il s'agissait. Qu'il s'agisse d'un honnête hasard ou d'une machination scrupuleuse, il ne pouvait pas la laisser savoir que ses mots l'affectaient. «Je veux dire, si tu avais été chez elle, il ne vous aurait pas attaquées. Il aurait commencé ailleurs. Ou il aurait attendu.» Le même raisonnement froid et malhabile qui lui rendait finalement bien service. Mais il s'était bien rendu compte que ses mots n'avaient pas eu l'effet voulu. Elle n'était absolument pas rassurée, et s'il était totalement franc, elle n'avait aucune raison de l'être. D'autant qu'à présent, il n'était pas rassuré non plus. Et il avait de nouveau envie de partir. «C'était inapproprié, désolé. Mais il ne t'a pas choisie. Comme tu dis, ça aurait pu être toi, mais il a choisi ta voisine. C'est sûrement pas un hasard.»

«La vie est pitoyable. Je sais. Mais tu es encore là, on est encore là.»

Il avait déployé des efforts colossaux pour trouver des mots à peu près corrects.

«Qu'on le veuille ou non.»

_________________
what does tomorrow want from me?
what does it matter what i see?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t217-aiden-l-tyler-scarred

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 69
◆ Arrivé(e) le : 13/04/2016
◆ Âge : 27 ans
◆ Décédé le : C'est en projet
◆ Métier : Sans Emploi
◆ Points : 258
◆ DC : Shandra
◆ Avatar : Sarah Gadon


Sujet: Re: Locked upJeu 24 Nov - 1:45

Locked up

◆ Feat Aiden ◆



Qu'est ce qui se passait encore dans ta tête Sacha ? Tu ne le savais que trop bien malheureusement, mais n'étais-ce pas préférable pour toi ? Après tout, si tu réussissais à en finir avec cette vie, tu n'aurais plus à te torturer l'esprit continuellement à propos de ce qui pourrait t'arriver, puisqu'il ne t'arrivera plus rien du tout. Plusieurs fois cette pensée était venue à ton esprit. Et si tu ne te soignais plus, que tu laissais le cancer te vaincre définitivement ? Oui, ne serais-ce pas une idée merveilleuse que voici ? Tu voulais t'en convaincre, parce que tu sais pertinemment que si tu meurs, tu ne manqueras absolument à personne, absolument personne. Ta mort sera celle d'une anonyme, anodine comme de rien n'était. Tu t'en es persuadée depuis tellement de temps. Tu sais très bien que cela serait ainsi. Et ce n'est pas la venue d'Aiden chez toi qui te fera voir le bout de ce tunnel, tu le sais bien. Il veut sans doute bien faire, mais tu n'aurais même pas dû l'inviter à rentrer chez toi. Tu aurais dû lui dire que tout allait bien pour toi et le renvoyer chez lui sur le pas de ta porte. Mais tu ne l'as pas fait, et tu le regrette à présent. Surtout qu'il ne fait que te cracher à la figure une vérité que tu connais déjà et qui te fait du mal, toujours, de façon irrémédiable. Tu sais que le Poète aurait pu te choisir ce soir là, tu le sais très bien, mais non, il a choisi la porte d'en face, celle d'à côté, celle où tu ne te trouvais pas pour une raison obscure à ton raisonnement. Pourtant tout cela semble simple, il te connait bien Sacha, et par ces faits et gestes, il te torture à petit feu, il te torture l'esprit, il te prépare mentalement à son attaque, celle que tu ne verras pas venir, celle qu'il réussira à mettre en place sur ta personne, celle qui te tueras définitivement. Peut être qu'il était là les soirs où tu as tenté de te trancher les veines dans ta salle de bain, dans ta baignoire, peut être que c'est lui qui était là, sans que tu ne t'en rende compte, qu'il te dictait sa pensée, qu'il te faisait faire ce qu'il désirait de toi, de ta chair bien ferme. Si cela se trouve, il avait attaqué tellement de monde, sans que tu ne le saches, ou alors, il préparait les gens comme toi à mourir dans d'atroces souffrances d'ici peu de temps. C'était une évidence pour toi, et Aiden ne faisait que te conforter dans cette hypothèse là. Tu sais très bien que tu ne mérites pas de vivre Sacha, et ceci depuis déjà des mois et des mois. Mais les concours de circonstances sont là, tu as la peau scarifiée, mais tu es toujours inlassablement en vie. Tu traines peut être ta carcasse comme si elle était déjà morte, mais au milieu de celle-ci, il y a un coeur qui bat, un coeur qui vit, alors s'il te plait, essaye de le faire vivre à sa convenance, décroche la caravane de ces mots devenus des maux toujours plus difficile pour toi. Puis finalement, il te demande pourquoi tu dis ça. Il ne sait pas pourquoi il pose la question, parce qu'il sait très bien pourquoi tu dis ça. Mais tu n'as pas le temps de rétorquer quoique ce soit, qu'il te livre la façon de faire du Poète. Ton visage déjà fermé, crispé, se déforme dans une grimace horrible. Tes larmes coulent alors sur ton visage, tu laisses les vannes ouvertes, tu ne peux plus rien retenir. Aiden vient de te crucifier sur place, dans ton propre appartement. Tu saignes intérieurement, tu le sais bien, ça te fait un mal terrible, un mal qui te ronge, de plus en plus fort, comme si ton corps était parsemé de coupures qui saignaient toutes en même temps. Il se rend finalement compte de son erreur, disant que ces propos sont peu appropriés à la situation, mais c'est trop tard. Il essaye bien de se raccrocher à une branche, mais celle-ci a déjà été coupée et se trouve au sol. L'arbre qu'il a en vue est dépourvu de presque toutes ces branches, il n'y a que celles qui lui sont humainement inaccessibles qui subsistent.

" Il ne m'a peut être pas choisie ce soir là, parce qu'il s'est simplement trompé de porte. Peut être que c'est une erreur de sa part, peut être qu'il voulait juste me préparer à ma prochaine mort, lorsqu'il viendra me tuer dans mon sommeil, ou je ne sais trop quoi, ni comment d'ailleurs. Je me demande bien à quoi ça sert qu'on soit encore en vie, si c'est pour mener cette existence pitoyable Aiden. Le Poète se joue de nous depuis des années, et il continuera encore longtemps, jusqu'à ce que la ville soit complètement décimées par ces élucubrations et qu'il ne reste plus que lui, régnant en maitre sur son domaine ... "

Sacha, tu ne sais pas ce que tu raconte, tu ne comprends pas ce que tu dis, parce que ça n'avait plus aucun sens, aucun. Aiden pourrait bien te dire n'importe quoi, tu étais convaincue en ton fort intérieur, que le tueur viendra te chercher à un moment ou un autre, et qu'il ne te ratera pas, qu'il ne se trompera pas de portes cette fois-ci.



_________________


Sacha A. CraneSans Emploi
Brisée, tu es, brisée tu resteras, jusqu'au jour où tu ne le seras plus, ce jour là, tu seras morte, à n'en pas douter, tu ne vivras plus. Tu ne sais quand ton heure viendra, tu es juste certaine que tu le feras, à un moment donné, ou que le Poète se chargera de ta sentence, parce que tu es persuadée que ce jour-là, il t'aurais tuée toi si tu avais été dans la maison de la voisine. Depuis ton monde s'est arrêté, et toi tu continue à vivre, en t'enfonçant dans les abysses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

◆ Manuscrits : 278
◆ Arrivé(e) le : 27/06/2015
◆ Âge : 28
◆ Décédé le : 16 Mars 2016
◆ Métier : Au chômage
◆ Points : 247
◆ DC : Willow, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Gareth David-Lloyd


Sujet: Re: Locked upMer 7 Déc - 3:00

Il se rappelait très bien de son premier, et de son seul, décalage horaire, dans les jours qui avaient suivi son arrivée aux Etats-Unis, alors qu'il avait peut-être huit, neuf ans. Il se rappelait avec précision de l'impression d'être complètement déphasé, comme si le monde entier tournait différemment. Il se souvenait du sentiment de confusion alors que sa mère n'était pas montée dans l'avion avec eux, il se souvenait qu'on lui avait expliqué plusieurs fois qu'elle ne les rejoindrait pas plus tard ; qu'elle ne les rejoindrait pas. Qu'elle resterait là, sur leur île humide, l'oeil humide, et que tout ce qui lui resterait d'elle, c'était cette étreinte humide, ses joues trempées par les larmes, comme ses bras, ses épaules. Ou peut-être qu'il pleuvait. Il se rappelait parfaitement de sa confusion, pendant les longues heures au-dessus du sol, alors que son père oubliait d'essayer de le rassurer. Il avait regardé le monde rétrécir par le hublot, regardé sa mère rétrécir et disparaître à jamais, et il n'avait pas su être triste. Il n'avait pas su pleurer, crier, protester comme l'avait fait son père ; il avait seulement pu la regarder rétrécir, lui faire signe de la main, des heures après le décollage, sans vraiment savoir s'il attendait une réponse. Puis il l'avait cherchée, à l'atterrissage, regardant aux alentours à la recherche d'un visage familier. Mais tout le monde marchait trop vite.

Cette confusion avait oublié de le relâcher, gardant ses griffes fermement plantées dans ses épaules, se lovant autour de son cou pour ne jamais le lâcher, et le monde avait continué de tourner trop vite, trop mal, ou peut-être que c'était lui qui marchait à l'envers. Il se demandait s'il avait laissé quelque chose dans cet avion, une dizaine d'années plus tôt, ou s'il avait toujours tourné dans le mauvais sens. Il se demandait aussi si les autres naissaient à l'endroit, avec les mécanismes du monde clairement expliqués dans leurs esprits, ou s'ils étaient juste moins idiots que lui.

Pour l'instant, il se demandait surtout s'il était convenable de partir.

Là, tout de suite.
Au milieu des larmes qu'il avait causées.

Maintenant qu'il lui avait ouvert les veines à grands coups de vérités brutes et de manque de tact, il n'avait plus qu'à s'enfuir, retracer le chemin jusqu'à la porte, et prétendre que rien ne venait d'arriver. C'était sa seule échappatoire, le seul remède. Il n'avait ni l'envie, ni l'idée de se confondre en excuses, d'assurer qu'il avait la tête ailleurs et qu'elle était probablement en sûreté, qu'elle méritait de vivre au même titre que tous les autres, que ça valait la peine. Les bénéfices de sa visite étaient maigres, aussi bien pour elle que pour lui. On les voyait à peine, silhouettes fantomatiques qui s'évanouissaient dans l'espace confiné de la demeure. Dire qu'il s'était cru assez bon, assez malin, assez normal pour pouvoir jouer les héros, entrer à l'improviste et lui redonner le goût à la vie.

Pourtant il savait aussi bien qu'elle que la vie était fade, dure à avaler, qu'on s'y pétait les dents, et qu'elle pouvait vous rester en travers de la gorge. Avec un peu de chance, elle vous empoisonnait rapidement et vous laissait tranquille, mort. Autrement, c'était des années et des années et des années à mâcher la même viande avariée pendant que les serveurs essayaient, la bouche pleine, de vous convaincre que ça valait le coup de continuer, que ça devenait meilleur. Et quand certains refusaient le gavage, vomissant tripes et boyaux parce qu'ils ne pouvaient pas digérer, on disait qu'ils étaient lâches, on disait qu'ils étaient fous et égoïstes de quitter la table au milieu du repas. Pourtant c'était sans doute la seule chose sensée, la seule alternative. Alors à quoi il s'était attendu? Il se serait frappé. La poussée d'énergie qui l'avait amené là s'était évanouie, meurtrie par l'atmosphère de peine et de mort qui régnait à l'intérieur. Et s'il ne sortait pas bientôt, il finirait certainement par subir le même sort, retournant à l'état végétatif, les épaules arquées, la tête basse. C'était contagieux, ça commençait déjà à le prendre à la gorge.

«Peut-être...»

Cruellement fataliste, cette supposition, il se l'était faite plus souvent qu'à son tour. Et ceux à qui le Poète laissait la vie sauve devenaient témoins du carnage, puis mourraient en dernier. S'il ne revenait pas avant, s'il ne s'introduisait pas à nouveau chez lui pour l'achever, s'assurant qu'il n'en réchapperait pas cette fois. La vision que Sacha venait de lui imposer, le Poète trônant sur une pile de cadavres, s'incrusta dans son champ de vision. «Et partir? Tu ne pourrais pas juste quitter la ville? Beaucoup le font. Le Poète ne te suivrait sans doute pas, pas vrai?» Il resterait ici, avec lui. A d'autres villes d'autres dangers, mais si c'était ça qui la terrifiait tant, c'était peut-être la solution. Celle qu'il se refusait à choisir. Le choix qui tombait sous le sens.

Plutôt que sous les coups.

Quelques minutes plus tard, après que Sacha ait répondu, il décida que le temps était venu. «Je devrais probablement y aller.» Et il s'était levé en même temps, esquissant son départ. «Je passais juste comme ça. Fais attention à toi.» Phrases préfabriquées, prémâchées, crachées trop vite, avec trop d'empressement, comme ses mouvements qui le rapprochaient de la porte. [color=#E6CB87}«Au revoir Sacha.»[/color]

«Et désolé.»

D'avoir fait plus de mal que de bien. D'avoir jamais mis les pieds ici.
 

_________________
what does tomorrow want from me?
what does it matter what i see?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t217-aiden-l-tyler-scarred

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 69
◆ Arrivé(e) le : 13/04/2016
◆ Âge : 27 ans
◆ Décédé le : C'est en projet
◆ Métier : Sans Emploi
◆ Points : 258
◆ DC : Shandra
◆ Avatar : Sarah Gadon


Sujet: Re: Locked upJeu 15 Déc - 17:03

Locked up

◆ Feat Aiden ◆



Pourquoi faisais-tu cette fixette là sur le Poète ? Pourquoi est ce que tu n'arrivais pas à penser à autre chose ? Pourquoi tu ne passais pas à un autre chapitre de ta vie plutôt que de t'apitoyer sur ton sort ? Pourquoi ? Parce que tu le sais très bien, tu n'es pas capable de faire mieux que ça, non, ce n'est clairement pas possible, tu as tellement conditionné ton esprit que tu ne peux pas penser autrement. Tout ce que tu fais reflète ta logique à toi, mais est ce que tout cela a vraiment un sens ? Tu n'en sais rien, mais tu agis de la sorte, parce que pour toi, c'est ce qu'il faut faire, il n'y a pas d'échappatoire, aucun. Sacha, tu es bien mal barrée quand même, un jour tu vas vraiment réussir à te trancher les veines comme il faut, et personne ne viendra te sauver de cette misère, parce que ce sera véritablement trop tard. Tu ne sais même pas pourquoi tu avais accepté de faire venir Aiden à l'intérieur de ton appartement, parce que tu le connais, il est comme toi ou presque et ces propos qui auraient pu en rassurer certains n'avaient fait que te démolir d'avantage. Enfin, si il y avait bien du réconfort à trouver, parce qu'il avait réussi à détruire des choses qui étaient déjà détruites, comme si un boulet de démolition s'acharnait sur un bâtiment où il ne reste qu'une moitié de poutre encore debout. Le bâtiment est complètement rasé mais il ne reste que ça qui tient encore debout, et le boulet de démolition s'acharne pour que cette poutre, ou plutôt cet ultime pilier plie sous le poids. Il ne reste rien de ton âme Sacha, tu es comme six pieds sous terre, sauf que tu traines encore ta carcasse dans ce bas monde des vivants. Un jour si tu as la force, tu te jetteras au fond du lac pour ne plus jamais en ressortir, ou alors ce sera le cas lorsque ton corps sera dans un état de décomposition avancé et qu'il remontera à la surface, c'est comme ça que tu vois les choses, parce qu'entre ta baignoire et le lac, il n'y a pas photo. On t'a déjà sortie deux fois de celle-ci. Cela s'est joué à peu de choses, mais tes amies ont insisté ces jours là, pour te trouver et te ramener à la vie alors que tu étais morte. Cela aurait pu se produire aujourd'hui, si tu avais eu la force de prendre un bain seulement. Tu aurais pu décider à te tuer définitivement parce que c'est la chose que tu veux le plus au monde : mourir, de la main du Poète ou non. Tu dis donc à Aiden ce que tu penses bien souvent. Il ne te contredit en aucune façon, parce que sans doute, lui aussi à déjà penser de la sorte. Pourtant, ni lui, ni toi n'avaient envie de partir de cette ville qui vous cause tant de ravages. Si tu te décidais à partir, peut être que tu arriverais à vivre d'une autre façon, d'une meilleure façon Sacha, n'est ce pas ? Pourtant, ton esprit n'a jamais envisagé cela, pas une seule seconde même. Tu ne sais pas pourquoi tu n'as jamais pensé à cela, et ces paroles font échos dans ton esprit. Mais ce n'est pas l'écho qu'il faudrait, cela résonne comme dans une vallée, contre les parois vides des montagnes et le son s'estompe rapidement, comme si tu n'avais jamais rien entendu d'aussi stupide. Mais les raisons sont ailleurs. Même si cette ville et son tueur te font du mal, c'est la seule chose que tu as connue durant toute ta vie. Partir vers l'inconnu risquerait de te faire perdre encore plus pieds, parce que mine de rien, tu as quelques repères ici, et même s'ils ne suffisent pas complètement à te garder la tête hors de l'eau, ils te sont essentiels pour ne pas sombrer complètement alors que c'est pourtant ce que tu voudrais. Ton esprit est un paradoxe ambulant, parce qu'il aimerait sombrer pour ne plus avoir de soucis à se faire, mais une part de celui-ci veut aussi rester en vie, parce qu'il sait que tu pourrais encore faire de bien belles choses sur cette terre. C'est fou, mais c'est ainsi. Tu es en perpétuelle lutte contre toi-même Sacha, et si ton état d'esprit est négatif, la petite part de positivité qui l'habite te permet chaque jour de ne pas te laisser complètement dépérir même si c'est difficile à voir. Tes amis le savent, tu es très fragile, ton équilibre est tellement instable que chaque jour tu tombe d'un côté ou de l'autre sans pouvoir rien y faire.

" Je ne peux pas m'en aller d'ici. Je n'ai connu que Fairhope, partir serait la fin de tout, ce serait encore pire pour moi, enfin, je crois, parce que même si j'ai peur du Poète, ici, j'ai mes repères, ailleurs, je n'aurais plus rien. "

Tu ne sais pas s'il va comprendre ce que tu dis, mais ton visage est fermé, tu n'as plus la force de faire quoique ce soit, de dire quoique ce soit qui soit un temps soit peu constructif. Aiden semble s'en apercevoir, il décide donc de s'en aller, du moins, il en parle, il se lève. Il te crache alors à la figure de prendre soin de toi, de faire attention, mais il sait très bien que tu ne sais pas le faire. Tu es tellement autodestructrice qu'il faudrait avec toi quelqu'un de positif à longueur de journée, et encore, au bout du compte tu réussirais probablement à le déprimer. Alors qu'il s'avance de plus en plus vers la porte, tu fais l'effort de toi aussi te lever. Si tu en avais la force et le courage, tu le prendrais dans tes bras et tu lui ferais un petit sourire parce qu'il a tenté de bien faire, même s'il a échoué de façon lamentable, mais ne dit-on pas que c'est l'intention qui compte ? Cela est en général le cas, mais pour toi Sacha, non, sa visite t'as sans doute fait plus de bien que de mal, mais dans ton esprit, c'est l'inverse qui résonne sans aucun doute. Mais c'est un cercle vicieux paradoxal qui règne dans ta tête. Alors qu'il s'excuse après t'avoir dit au revoir, tu le remercie toutefois.

" Merci d'être passé, c'était gentil de ta part. "

Cette phrase semble être complètement folle pour ton esprit, mais c'est celle que tu viens de lui dire, sans doute un message subliminal pour lui dire qu'il pouvait passer à nouveau quand il en aurait envie, ou le courage peut être parce que tu n'avais pas été très sympathique avec lui malheureusement, mais c'est plus fort que toi, tu ne sais pas agir autrement.




_________________


Sacha A. CraneSans Emploi
Brisée, tu es, brisée tu resteras, jusqu'au jour où tu ne le seras plus, ce jour là, tu seras morte, à n'en pas douter, tu ne vivras plus. Tu ne sais quand ton heure viendra, tu es juste certaine que tu le feras, à un moment donné, ou que le Poète se chargera de ta sentence, parce que tu es persuadée que ce jour-là, il t'aurais tuée toi si tu avais été dans la maison de la voisine. Depuis ton monde s'est arrêté, et toi tu continue à vivre, en t'enfonçant dans les abysses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Locked up

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» élections U-20

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: the city that we loved :: fairhope avenue :: résidences-