AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 wrapped in guilt

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

overjoyed - we survived

avatar

◆ Manuscrits : 864
◆ Arrivé(e) le : 10/09/2015
◆ Âge : 36
◆ Assoc. des Victimes : Ancien bénévole et membre
◆ Métier : Ouvrier de chantier
◆ Points : 922
◆ DC : Aiden, Willow, James, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Jake Gyllenhaal


Sujet: wrapped in guiltDim 19 Juin - 12:19

sean nicholas black

◆ guilty as charged but damn it, it ain't right ◆



◆ 14/12/1979 - 36 ans
◆ En ville depuis 36 ans
◆ Américain
◆ Ouvrier de chantier
◆ Célibataire
◆ Hétérosexuel
◆ Overjoyed
◆ Jake Gyllenhaal

entre les lignes

L'affaire : Sean voudrait vraiment éviter d'y penser. Il préférerait faire la sourde oreille que d'entendre murmurer le nom de plume de l'assassin partout. Ses collègues en parlent bien trop régulièrement, tentant toujours d'attirer son attention sur telle ou telle avancée ou non avancée dont il aurait juste voulu ignorer l'existence. Ils en parlent comme on parle des résultats du football ou de la température, avec simplement cette fausse inquiétude qui le rend malade. Parce que s'ils savaient, leur inquiétude nonchalante pâlirait face aux sursauts et autres terreurs qui le secouaient parfois, chaque bruit devenant menace, sa ville devenant ennemie. Pourtant, c'est loin d'être le pire. Le pire, c'est l'idée constante, le rappel constant qu'il aurait pu faire quelque chose, qu'il aurait pu empêcher les meurtres suivants, qu'il aurait faire quelque chose. Chaque nouveau meurtre, chaque brin d'attention que le Poète reçoit depuis ce jour-là, c'est parce qu'il a eu trop peur pour réagir. Le cadavre de son voisin, le lendemain matin, c'était parce qu'après avoir réussi à se défaire des griffes du Poète, il avait préféré prendre la fuite que de prévenir les autorités ; mais aussi tous les autres. Chacun nourrissant la culpabilité qui lui tapissait les entrailles.

Le 8 Mai 2014, il a survécu au terrible assassin qui semait la mort dans sa ville depuis trop longtemps déjà. La chance, sans aucun doute, l'instinct de survie qui l'avait fait se débattre suffisamment fort pour atteindre le meurtrier qui avait eu raison des autres, et lui permettre de s'échapper et de disparaître dans la nuit comme s'il avait lui-même été un monstre, la peur panique écrasant tout le reste au fond de son ventre. Il n'était rentré qu'au petit matin après avoir cherché le confort et la compagnie des vivants dans un bar, bien résolu à gérer ça avec calme et réflexion, quand il était tombé sur la police et une autre scène de crime. William Cooper avait écopé de sa sentence. La peur céda le devant de la scène à cet horrible sentiment de lâcheté et de culpabilité qui le suit à la trace depuis, et il se perdit dans son propre silence, pensant que s'il ignorait le problème, il finirait par oublier, ou s'en remettre. Plutôt oublier, d'ailleurs.

Pourtant, Sean était très impliqué dans cette affaire. En effet, membre de l'association des victimes du Poète depuis ses tout débuts, il tentait, malgré ses faibles revenus, d'aider du mieux qu'il le pouvait, s'impliquant dans la vie de l'association dès qu'il en avait l'occasion, mettant de l'argent de côté quand ça lui était possible. Depuis qu'il s'est fait attaquer, cependant, il ne se sent pas le courage de les regarder en face, et a complètement disparu. Il ne peut plus prétendre aider les victimes quand il est la raison pour laquelle il y en a de plus en plus. Il a bien trop honte et est bien trop mal-à-l'aise. Alors il a fui, comme toujours.

Et puis cette femme, Elena Snyder, était morte à son tour, et l'idée était revenue. Il aurait pu l'empêcher. Faire quelque chose. La culpabilité prenait forme, celle d'un monstre aux doigts pointés vers lui. Il avait mis du temps à se lancer dans une thérapie, et même une fois assis face à la jeune femme, il n'avait pas trouvé le courage. Et quand il l'avait enfin trouvé, ça n'avait pas eu l'effet qu'il aurait espéré. Ca n'avait eu pour effet que plus de culpabilité, maintenant qu'une autre devait garder son secret avec elle, et le laisser la consumer à son tour, sans personne pour recevoir le flambeau à sa place. De manière égoïste, il comptait sur le fait qu'elle ne pouvait pas partager son secret.

Si la police ne se dépêchait pas d'attraper ce monstre, il pourrait bien se lancer à sa poursuite lui-même, s'il trouvait le courage.

Caractère : A l'instar des bâtiments qu'il bâtit, Sean repose sur des fondations solides et profondes qui définissent tout ce qu'il est, et qui sont un résultat de l'éducation de son père qui l'a, consciemment ou non, modelé à son image. Et en effet, depuis son plus jeune âge, Sean a démontré une grande application à essayer de devenir, non pas ce que son père voulait qu'il soit, mais ce qu'il était. De son père, il a donc hérité de la droiture et de la discipline propres aux militaires. Même à ce jour, Sean est naturellement respectueux des lois et des droits d'autrui, il aime à aider toute personne qui semble en difficulté. A regarder son père s'échiner au travail jour après jour, il a appris à être travailleur pour mériter son salaire en fin de mois, il sait aussi que l'argent ne se jette pas par les fenêtres impunément et qu'une bonne gestion de ses comptes et de ses billets est primordiale pour avoir un toit au-dessus de la tête. Il ne va pas au travail simplement pour faire acte de présence, mais parce qu'il croit véritablement que ce qu'il fait importe et fait la différence. Après tout, tout le monde cherche un abri. Très tôt, son père lui a appris à être responsable et autonome, puisqu'ils n'ont toujours été que tous les deux et que Nicholas Black avait parfois trop de choses à gérer et occasionnellement trop de bières à boire pour s'occuper exclusivement du gamin que la vie lui avait laissé sur les bras. Il adorait son fils, évidemment, mais il avait tendance à penser que l'habiller et le nourrir étaient plus important que l'aider à faire des devoirs qui ne l'intéressaient pas, l'emmener en vacances ou encore simplement aller le chercher à l'école et préparer la nourriture qu'il ramenait. Lui-même issu d'un milieu très pauvre, il avait constamment peur qu'ils n'aient pas assez, que son fils se retrouve à la rue, sans rien dans le ventre. Heureusement, Sean avait rapidement compris et, souvent, ne demandait pas plus d'attention que ce qu'il recevait, se contentant de tenter de tout faire pour rendre les choses plus simples, même si l'effet était parfois opposé. Comme cette fois où, en voulant réparer la porte du four, il l'avait simplement complètement achevée, faisant sauter les plombs au passage, gâchant toute la nourriture stockée. Souvent en train d'accompagner son père sur les chantiers, et de suivre les ouvriers pendant leur pause déjeuner et de les accueillir chez lui, il est devenu naturellement sociable et, s'il n'est pas excessivement bavard, il apprécie la compagnie des autres. Ces derniers temps, il a même besoin d'être au contact des autres. Des collègues de son père, il a malheureusement absorbé quelques jurons qui ressortent souvent entre ses mots, notamment lorsqu'il est énervé ou anxieux. La famille et l'amitié sont deux valeurs importantes à ses yeux, et il est d'une loyauté à toute épreuve. Une fois que vous avez sa confiance, c'est éternel et absolu, mais n'allez pas la piétiner à loisir, il est également rancunier. Sean est un bon vivant qui aime à boire une bière avec ses amis, et s'il n'est pas particulièrement friand des aventures, il pourrait bien se laisser tenter. Il est naturellement drôle, se pare d'auto-dérision, et peut rire de tout avec tout le monde. Sauf de l'affaire. Parlez Poète et il se ferme complètement. Il a également parfois du mal à comprendre que tout le monde ne peut pas rire de tout avec lui et ne comprend pas que l'on puisse s'offusquer de ses moqueries. Il a aussi tendance à répondre de manière négative aux provocations. Il donne de bons conseils qu'il oublie souvent de suivre, et démontre un manque de talent particulier pour tout ce qui touche au domaine des relations amoureuses.

Malgré tous ses efforts, il n'a jamais réussi à devenir la copie conforme de son père. Là où son père est capable d'entendre qu'il a tort, Sean peut se montrer borné. Là où il est ponctuel, Sean est souvent en retard. Là où il est réfléchi, Sean est spontané, réfléchissant seulement après avoir parlé ou agi, et faisant par conséquent preuve d'une honnêteté parfois mal venue. Mais là où son père avait un esprit simple qui lui permettait d'éviter les doutes, les angoisses et autres remises en question, Sean a toujours démontré d'un esprit vif. Pas nécessairement intelligent, puisqu'il n'a par exemple jamais maîtrisé les arts obscurs qu'étaient les sciences, les langues, l'histoire, l'école, les cours, sans parler des devoirs et autres tests d'attention et de mémoire, mais il sait intuitivement résoudre des problèmes réels. Bricoleur, il aime à dire qu'il peut tout réparer, y compris les voitures, par exemple. Même s'il n'a jamais vraiment poursuivi cette voie, il sait dessiner correctement et est doué d'une imagination que la routine, l'habitude et le manque de défis ont fait taire au fil des ans, mais que le Poète a ravivé et qu'il aurait peut-être préféré laisser mourir. Cette vivacité a également toujours été suivie par le doute et l'inquiétude de ne pas suffire. Constamment inquiet de décevoir ou d'échouer, il passe beaucoup de temps à se remettre en question. Son sentiment de toujours être responsable et sa tendance à toujours vouloir être à la hauteur le font très souvent se sentir coupable de tous les malheurs qui arrivent aux autres autour de lui. Sean n'a jamais beaucoup parlé de lui, préférant constamment rediriger la conversation sur autrui. Trop fier et têtu pour reconnaître qu'il a besoin d'aide et à l'accepter quand on lui en propose. Il ne sait pas exprimer ses émotions correctement et préfère ignorer ses sentiments et les enterrer au plus profond de lui que d'en parler à quelqu'un. Lorsqu'il entreprend quelque chose, il s'y consacre entièrement, et occulte inconsciemment le reste.

L'attaque du Poète l'a rendu coupable et nerveux. L'assassin l'a arraché à son mode de vie casanier, confortable et sans danger, simplement pour le recracher à sa routine en ayant détruit tout le reste. Il ne lui restait qu'à reprendre là où il s'était arrêté, soudainement trop à l'étroit dans un moule pourtant fait à son image. De plus, il prend chaque nouveau cadavre comme un échec personnel et se persuade constamment, sait pertinemment, que c'est de sa faute. Son impatience naturelle s'en trouve accrue, chaque file d'attente devenant un calvaire pour lui. Il se montre également plus irascible, à force de réprimer sa culpabilité, et répond agressivement à quiconque le cherche un peu. Il est souvent tendu et inquiet à l'idée que le meurtrier lui retombe dessus et qu'il arrive préparé, cette fois. Ou, et cette idée le terrifie au-delà des mots, que le Poète s'en prenne à ceux qui lui sont chers.

À savoir :
1. Il a une allergie sévère aux arachides.
2. Il conduit la vieille voiture de son père.
3. Lorsqu'il était petit il s'est retrouvé coincé dans un vieil immeuble en rénovation dans lequel il jouait, et ce pendant plusieurs heures, jusqu'à ce que son père finisse par le faire sortir. Depuis, il est claustrophobe.
4. Son père a été réformé de l'armée suite à une blessure à l'épaule, qui l'a fait souffrir toute sa vie. Il est malgré tout devenu ouvrier, bien que la tâche ait toujours été ardue. La seule alternative que Sean ait jamais envisagé à la construction est, justement, l'armée, mais son père l'en a dissuadé.  
5. Il n'a jamais vu une seule photo de sa mère et n'a jamais cherché à se renseigner à son sujet.
6. Depuis l'attaque, il garde toujours un objet lourd à portée de main et a ajouté des verrous sur sa porte. Il a même pensé à se procurer une arme, mais a trop peur de ses réactions excessives.
7. C'est un grand fan de Metallica et un amateur de vieux groupes de rock. Il a d'ailleurs réquisitionné la collection de vinyles de son père quand il avait quatorze ans et l'a gardée précieusement jusqu'à ce jour. Son père l'a emmené les voir en concert le 19/08/1984 à Atlanta
8. Il a horreur qu'on le prenne en photo. Allez savoir pourquoi, ça le met mal-à-l'aise.
9. Il a un tic nerveux depuis des années (clignement des yeux), fortement accentué depuis mai 2014.



derrière l'écran

Pseudo : It's-a mee, Willow.
Âge : toujours 21
Déjà un compte ici ? : It's-a mee, Willow!
Code du règlement : OK by Tobias
Où avez-vous connu le forum ? : bonne question.
Un commentaire ? : your princess is in another casket.

© potterbird
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t786-wrapped-in-guilt

overjoyed - we survived

avatar

◆ Manuscrits : 864
◆ Arrivé(e) le : 10/09/2015
◆ Âge : 36
◆ Assoc. des Victimes : Ancien bénévole et membre
◆ Métier : Ouvrier de chantier
◆ Points : 922
◆ DC : Aiden, Willow, James, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Jake Gyllenhaal


Sujet: Re: wrapped in guiltDim 19 Juin - 12:19

once upon a book

◆ there's a feeling deep inside, that drives you fucking mad ◆


C'est ma psy qui m'a demandé d'écrire quelque chose. Ce que je pensais, mes rêves, tout ça. Toutes ces conneries sans importance. Il n'aurait jamais pensé à y aller, s'il n'était pas retombé sur une vieille photographie d'un de ses professeurs de primaire. Il était tombé dessus par hasard, en apprenant qu'il avait pris sa retraite, ou qu'il était mort, quelque chose comme ça. Le visage pincé et sérieux était resté le même, mais il se rappelait surtout de la honte qu'il avait ressentie quand il avait dit à son père M. Black, je crois que votre fils devrait consulter quelqu'un. Et regardez ça, môsieur Ducon, m'y voilà, avec plus de 20 ans de retard. Son père n'avait jamais pris ça au sérieux, bien sûr, se contentant de garder un œil un rien plus averti sur le comportement pourtant tout à fait normal de son fils. Sean s'était ensuite bien gardé de dessiner ou de dire quoi que ce soit de suspect ou de potentiellement dérangeant, s'appliquant à dessiner portes et fenêtres à ses maisons et à toujours répondre que tout allait bien. Exercice: Max a complètement pourri la cuisine, la maison et le jardin. Il a mordu le chat, coupé les cheveux de sa sœur et buté le bébé des voisins, et s'en est ensuite vanté devant toute sa classe. Dessinez sa réaction quand sa mère fond en larmes le soir en rentrant et en découvrant la catastrophe. Comment vous sentiriez-vous à la place de Max? Ou un truc du genre. Pour faire court, j'ai écrit CULPABILITE EN ROUGE*, et j'ai dessiné ça:

Ce crétin a appelé mon père pour le convoquer.


* Hey, je déconne pas, j'ai écrit CULPABILITE EN ROUGE, pas avec un stylo rouge. J'étais drôle, comme gamin. Le sang du bébé des voisins, peut-être? Pas de couleurs sur mon dessin, cherchez l'erreur.




J'imagine que la rupture de mes parents a été violente. Je sais seulement que j'avais trois mois, et que mon père ne s'en est jamais vraiment remis. Qu'il avait une bague de fiançailles cachée dans un tiroir, des mois entiers d'économies, et qu'elle y est restée jusqu'à ce que je la trouve. A 8ans. Il n'avait jamais osé poser la question à son père. Parfois, il imaginait un concours de hurlements qui avait escaladé jusqu'à l'explosion. La tension qui avait monté, monté, monté entre eux deux, le bambin pleurant de toute son âme pour des maux qu'il ne comprenait pas vraiment. Le plus souvent, il imaginait le silence absolu. Une ombre disparaissant dans la nuit, emportant les bons souvenirs, salissant ceux qui restaient pour que chaque morceau de ce qu'ils avaient été soit douloureux. Il voyait la Sans-Visage se défiler sur la pointe des pieds, soudain écrasée par le poids des responsabilités. Il n'en voulait à personne, peut-être simplement parce qu'il n'avait jamais eu à se plaindre. Des années plus tard, il avait trouvé la bague, toujours cachée au fond d'un tiroir. Confronté, son père avait eu un regard et un sourire tristes, mais n'avait fait aucun commentaire. Le soir, il s'est écouté Simple Man, des Lynyrd Skynyrd, en boucle, en buvant. Il avait simplement récupéré la bague, et l'avait jetée à la poubelle comme un bout de tissu déchiré, ou peut-être de la nourriture rance. Sean n'avait pas su dire si c'était du regret ou du dégoût qu'il avait brièvement aperçu sur ses traits fatigués. Est-ce que c'était de ma faute, ça aussi?



Je ne me rappelle pas de la dernière fois où mon père a vraiment ri. Les mots se balançaient au bout du stylo, tremblaient de ses lèvres au bout de ses doigts, et s'écrasaient sur la page comme un séisme, froissant les lettres à mesure qu'elles se traçaient, ébranlant tout le reste, tout ce qu'il était. C'était avant l'incident. Celui qui lui avait volé ses jambes et tout son être, et qui avait arraché quelque chose à son fils de vingt-cinq ans par la même occasion. Un morceau d'indépendance, à n'en pas douter, mais plus que ça. Nicholas Black avait fait son dernier pas, éclaté d'un dernier rire, et assombri le ciel d'une large couche de responsabilités dont Sean se serait bien passé. Il n'avait plus ri depuis, les sourires se faisant rares, remplacés par les soupirs. Il était mort, ce jour-là. Son esprit ne s'était jamais relevé de la chute, et Sean était arrivé aux urgences, la peur au ventre, impuissant comme d'habitude. Aucune promesse de récupération, il resterait dans son fauteuil jusqu'à ce que mort s'en suive. Trop tard.



COMME TOUJOURS




Je me suis réveillé en sursaut, l'autre nuit. Il savait bien que le carnet avait une autre utilité. Qu'une phrase par-ci, une phrase par-là, en désordre, comme un puzzle à reconstituer dont il manquerait des pièces n'était pas ce qui lui avait été demandé, et que les trente minutes d'introspection qui allaient avec chaque point tracé n'y changeaient rien. Qu'à la place de son réveil, il aurait dû décrire le cauchemar qui l'avait laissé étourdi, trempé et lourd, lourd, lourd au fond de son lit, mais il n'en avait pas envie. Son journal, c'était ça, une collection de phrases qui le réveillaient la nuit, qui le surprenaient lorsqu'il passait une porte. Parfois, il s'imaginait qu'il finirait par être lu, l'agrémentant d'images et d’annotations. Wow, je vient d'ouvrire le journal, et quand j'ai ouvert le journal, il y avait des cendre, sur une des pages. J'fume pas. William fumais. Fantôme? Le plus souvent, c'était une idée fugace qu'il avait saisie en plein vol, deux mots qui s'arrêtaient à mi-chemin, refusant d'écrire le reste. Des pages blanches, un mot perdu au milieu, des pages remplies du même mot mille fois. Litanie de tous ses morts. Pages entières tachées de leurs noms. Parfois, il préférait allumer la lumière, deux lumières, jamais trois. Il préférait se réfugier dans sa salle de bains, sous une douche froide pour se débarrasser du sentiment de crasse qui lui collait à la peau depuis que sa lâcheté avait coûté la vie d'un autre. Il préférait, il préférait, il préférait ne pas noter dans ce maudit carnet que l'autre nuit, c'était cette nuit, c'était n'importe quelle nuit, c'était fréquent, qu'il y avait quelque chose de pourri au fond de ses entrailles, et que l'odeur infâme le surprenait même la journée alors que tout allait bien. Coupable. Rectification matinale: viens*, ouvrir*, cendres*, fumait*. Et en plus, il y a un paquet de clopes vide dans l'évier, mon appartement est un nuage de fumée, et ma gorge est une râpe à fromage. Apparemment, hier soir, j'étais illettré, et fumeur.■ Pas de fantôme.




Seulement ceux dans ma tête.
Ils n'ont pas besoin de laisser des cendres sur un journal stupide,

ils m'ont déjà consumé.





Un jour, mon père a fait la blague et l'imitation les plus minables qui soient.* Rien que d'y repenser, il se surprenait à sourire avec amusement et un brin de nostalgie. Il aurait voulu plus chérir cet instant mais, à vrai dire, il n'aurait probablement pas pu. Quinze ans, Fairhope à ses pieds, assis en haut d'un bâtiment en construction, le bras protecteur de son père autour des épaules, un soleil chaleureux dans le dos, il avait étreint l'instant de ses bras adolescents. Cependant, aucun gamin de son âge n'aurait pu réagir différemment à une imitation grotesque de Mufasa déclarant: Regarde, Sean, toute cette immensité baignée de lumière est notre royaume. Il avait été obligé de grogner, de hausser les sourcils et de se pourvoir d'un sourire narquois avant d'initier une joute verbale de bons mots et de moqueries. Avec le recul, peut-être qu'il l'aurait simplement fixé, l’œil brillant, avant de, mais non, il n'avait pas envie de penser à ça. Il avait eu un royaume. Des terres bétonnées, grisâtres, bruyantes, mais des terres malgré tout. Terres qu'il ne reconnaissait plus aujourd'hui. Terres hostiles, stériles.
* J'avoue, j'ai fait pire. Mais quand même. Cela dit, mon Dark Vador vaut le détour.



Cette nuit-là, j





FORGIVE ME, FATHER, FOR I HAVE SINNED²







Il paraît qu'une fois, je m'étais caché dans un camion benne, il avait presque envoyé la police me chercher.
Malgré les protestations de son patron, le père de Sean avait souvent dû amener son enfant que personne ne pouvait garder, les chantiers étaient donc rapidement devenus son domaine et les ouvriers autant de grand-frères qu'il n'aurait jamais. Son royaume, il l'avait arpenté, exploré, découvert, mis à sac parfois. Et s'il ennuyait les travailleurs, il n'en avait cure, bâtissant des tours de cailloux et de boue, à sa propre échelle, s'insinuant partout où il n'avait pas le droit, fonçant vers les dangers mortels avec l'insouciance propre aux enfants, faisant blanchir de terreur son père qui aurait souhaité que l'enfant reporte son enthousiasme sur l'école, les apprentissages et les règles de sécurité. Mais dans la ville que Sean érigeait de ses mains, tantôt de brindilles et d'écorce, tantôt des blocs de construction reçus pour son dernier anniversaire et tantôt de sable au bord de l'eau, l'école n'avait pas sa place. Parfois, il passait des journées entières accroché aux talons de son père, à questionner chacun de ses faits et gestes, à tenter sans succès de l'imiter. D'autres, il s'évertuait à dessiner des plans qui voulaient ressembler à ceux des immeubles, courant lui apporter sur les chantiers dès lors que l'école le libérait enfin, criant à qui voulait bien l'écouter qu'il deviendrait un «trachictète» et qu'il construirait plein de maisons, et une encore plus mieux que les autres pour son papa. Puis son père avait tracé la ligne entre le dessinateur et les constructeurs, et Sean avait rangé ses crayons et ses plans.



J'ai déménagé. Cet appartement



...AND THE DIRT STILL STAINS ME²







Mais je me rappelle de la première fois que je l'ai fait rire. Vraiment rire, volontairement.
Il se plaisait à penser que ce rire résonnait toujours entre les murs de leur ancien appartement, capturé là à jamais, écho interminable de temps plus simples où l'homme et l'enfant se retrouvaient autour de cette petite table dans cette petite cuisine et où ils étaient heureux. Il ne se souvenait pas vraiment de l'histoire qu'il avait racontée, simplement de ce rire et, étonnamment, du jour. C'était un mardi soir, et ils mangeaient des pommes de terre réchauffées. Sean avait demandé l'habituel sourire avec son ketchup. L'histoire, oubliée, mais c'était comme si toutes les inquiétudes, la lassitude et la fatigue s'étaient évaporés quelques instants de sa voix et de son visage, le temps d'un éclat de rire. Il avait frappé la table de sa main calleuse dans son fou rire, et Sean avait su que ce qu'il avait devant lui était tout ce qu'il voulait devenir plus tard. Hey, au fait, j'avoue, j'ai pas dessiné exactement le dessin que j'ai collé plus haut. J'ai trouvé ça sur internet, c'est le travail de 'Don Kenn'. Voilà son site internet: http://donkenn.tumblr.com/ Je me retrouve dans beaucoup de ses monstres. Cela dit, le mien n'était pas si loin du compte. Il y avait l'enfant coupable, Max, et un énorme gribouillis noir qui menaçait de le dévorer tout entier. A présent, il ne restait plus rien de cet homme puissant et charismatique qui ne tolérait pas l'erreur et avait le visage las. Plus que les vestiges d'une civilisation qu'une guerre perdue d'avance avait ravagée; la vie. Son père était une ombre parmi les vivants, et Sean n'était que des entrailles vides qui vomissaient des mots de temps à autre en tentant de faire croire qu'il n'y était pour rien.



Ce qui me réveille, la nuit, c'est la voix de William, mon voisin, le matin même. Il m'a souhaité une putain de bonne journée. Je revois son sourire, son habituel signe de tête. Mais des fois, il saigne, et il crie «ça aurait dû être toi». Mais ça n'avait pas été lui, et il était resté coincé là, la culpabilité au creux des reins, le sursaut toujours au détour d'un couloir trop sombre ou d'une rue mal éclairée. Le vide palpitant qui vagissait entre ses côtes. Chez lui, sur une étagère, au milieu de l'absence de livres qu'il possédait, il y avait celui que William lui avait prêté, la semaine d'avant. Il passait son temps à lui passer des livres. Il insistait et insistait, jusqu'à ce qu'il l'accepte, puis il lui redemandait jusqu'à ce que Sean se résolve à le lire. Sac d'os, Stephen King. Il n'a jamais réussi. Le Poète inquiète beaucoup mon père. L'ironie l'aurait fait rire si elle n'avait pas été si cruelle. Si seulement le pauvre homme savait que son fils l'avait déjà vu de près, il en mourrait probablement. Ferme bien ta porte le soir, Sean, et la mienne aussi en partant. Il pourrait venir. J'ai envie de lui dire qu'il est déjà venu. Coincé dans son fauteuil roulant depuis des années, plus rien à faire pour occuper ses journées depuis qu'il était retraité du travail qu'il avait détesté pendant six ans, le vieillard restait à présent suspendu aux informations à longueur de journées, enfermé dans le petit appartement que Sean lui avait aménagé quand il avait perdu l'usage de ses jambes, d'où il refusait parfois complètement de sortir. Ses anciens collègues lui réservaient toujours une place à leur table, il n'était pas dépourvu d'amis, mais le vieil homme ne s'était jamais habitué à ses roues. Un homme assis n'est que la moitié d'un homme, et la moitié d'un homme ça n'est pas assez, qu'il m'a dit. Férocement autonome, il refusait catégoriquement toute allusion à un possible placement qui lui aurait apporté sécurité et compagnie. La dernière fois que Sean avait souligné l'existence de cette possibilité, il avait vociféré, hurlé, poussé des grognements indignés, clamant que s'il y mettait un pied, Sean allait tout simplement l'y abandonner comme autant d'autres enfants avant lui. Quelque part la fierté avait cédé les rênes à l’opiniâtreté, et Sean se disait parfois qu'il continuait de refuser toute proposition simplement par esprit de contradiction, mais il n'avait pas insisté. Il proclamait à longueur de temps qu'il ne voulait pas être un fardeau pour son fils, et ce même si devoir calmer les angoisses du vieil homme alors que lui et l'assassin s'étaient rencontrés face à masque, devoir le regarder s'enfoncer dans son amertume, sa paranoïa et sa tristesse et regarder l'ombre de son père se perdre à son tour dans l'obscurité était un fardeau plus pesant encore. Te plains pas, ton père à toi, il est vivant. Le stylo s'était fait féroce, accusateur, les doigts crispés dessus. Il en avait déchiré la page.






Je ne crois pas aux malédictions. Mais je crois que je porte malheur.
Mots perdus sur la page suivante, en larges lettres tremblantes.



Et puis une infinité
William
de noms répétés
Elena
sans cesse
Leon
à la hâte
Rose
une goutte,
Mary
larme perdue
Adam
au milieu des morts.






Je vais bien. Les mots sonnaient souvent faux, mais il se les répétait suffisamment pour commencer à y croire. La journée, il suivait le mouvement, tentant du mieux qu'il le pouvait de ne pas se laisser penser. Il maintenait les apparences, gardant la tête hors de l'eau jusqu'à ce qu'il se retrouve seul. Mais il allait bien. Il s'en martelait l'esprit à s'en étourdir, et s'efforçait d'élever des tours qui abriteraient peut-être des cadavres. des gens des gens des gens. pas des cadavres, des gens bordel Des tours, donc, pas des tombes pour les autres. Il était là où il avait toujours voulu être, au milieu de l'inachevé, du gris et du bruit, en plein air, je vais bien, dans sa ville, mais il ne s'était jamais senti aussi à l'étroit, surtout quand il voyait tomber des roses à travers les fenêtres sans verre d'un immeuble ou d'un autre, et qu'il bâtissait  je vais bien une toute autre ville avec des si qui ne menaient nulle part. Et si je n'avais pas fui?



et si et si j'avais appelé la police et si et si je faisais autre chose et si et si je retournais me coucher? et si je n'existais pas?







Il reboucha le stylo, massa les doigts qui l'avaient cramponné comme si leur vie en dépendait, se frotta les yeux, retomba sur son oreiller, et refit le monde sans sa couardise, dessinant des couleurs sur les immeubles grisâtres de Cowpen Creek, des sourires sur le visage fatigué de son père, des menottes autour des poignets du Poète qui courait toujours, des roses dans les cours d'école, et lui ailleurs, ailleurs. Il repeignait Fairhope, nettoyant le sang versé sur les pavés qui l'avaient vu grandir, il tentait de saisir parfaitement l'expression de son voisin pour le remettre sur le pas de sa porte, en route pour le travail, toujours un bon mot ou un bon livre à son égard. Les yeux ouverts sur son plafond, dans le noir, il souriait à une blague qu'il aurait lancée à l'improviste, buvant une bière à la santé du monde en se disant qu'enfin, il avait réussi.



²: C'est du Metallica, vous aviez reconnu? Ouais, je sais, ''Forgive me father for I have sinned'', c'est pas QUE du Metallica, mais c'est ça ma religion.
PS: Je vous ai dit ''cherchez l'erreur'' au début (vous pouvez vérifier), vous l'avez trouvée?
■ Info n°10 sur moi (quoi, vous croyiez que c'était qui qui vous les donnait?): Je fume depuis cette fameuse histoire de fantôme. Comme si j'avais des thunes à perdre là-dedans.





L'erreur, c'est moi.






et si je l'avais tué?





William, Elena, Leon, Rose, Mary, Adam


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t786-wrapped-in-guilt


avatar

◆ Manuscrits : 2272
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : détective, promu en décembre 2015
◆ Points : 333
◆ DC : Désirée, Ruby, Jonathan, Jacob, Eva & Simon
◆ Avatar : Jesse Williams


Sujet: Re: wrapped in guiltDim 19 Juin - 12:55

brille brille brille brille
que dire à part re-bienvenue à la maison run

_________________
"we're going to hold doors open for a while, now we can be open for a while, forward, go back to your sleep in your favorite spot just next to me..."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t80-dear-old-world-is-it-too-late-to-get-a-refund http://aesthetics-blue.tumblr.com/


avatar

◆ Manuscrits : 3858
◆ Arrivé(e) le : 03/09/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : Lieutenant de police
◆ Points : 4122
◆ DC : Sacha
◆ Avatar : Kate Mara


Sujet: Re: wrapped in guiltDim 19 Juin - 16:10

Re-Bienvenue dans le coin excited

_________________


Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t299-shandra-olivia-sarmoise-is-here

Invité


 Invité


Sujet: Re: wrapped in guiltDim 19 Juin - 19:04

:aw: :aw: :aw:
Que dire à part Waouh? mais tu es habituée :luv:
Donc, bienvenue à ce nouveau perso puce
Revenir en haut Aller en bas

fonda - lost in the fire

avatar

◆ Manuscrits : 6432
◆ Arrivé(e) le : 15/03/2015
◆ Âge : 32 ans
◆ Décédé le : 3 Mars 2016, suite à une altercation avec les forces de police
◆ Métier : ancien biographe et parolier puis secrétaire
◆ Points : 720
◆ DC : Adam,Pete,Micha & Tutur
◆ Avatar : Tree Pace


Sujet: Re: wrapped in guiltLun 20 Juin - 13:09

Je suis décédé. Merci, adieu, et bon feels par chez vous. dead


congratulations !



Félicitations, te voilà officiellement validé(e) ! Tu vas donc pouvoir déambuler dans les rues de la ville comme bon te semble. Sauf si tu crains de tomber sur une plume particulièrement... Inspirée.

Mais puisque tu respires encore, il est temps de t'occuper de toute la paperasse un peu ennuyeuse auprès des autorités locales. Ainsi, tu peux commencer par recenser ton métier avant de te trouver un logement.

Tu peux ensuite ouvrir ton répertoire afin de créer des liens avec les autres personnages ou poster dans les demandes de rp pour te trouver un premier partenaire de jeu.

Si tu as été validé(e) avant le 15 du mois en cours, sache qu'il faudra également songer à te recenser pour ce mois-ci.

Dans tous les cas, le staff reste à ta disposition pour la moindre question et te souhaite de passer d'agréables moments sur le forum.

N'oublie pas de rester sur tes gardes... Sait-on jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t83-i-slithered-here-from-eden http://potterbird.livejournal.com

overjoyed - we survived

avatar

◆ Manuscrits : 864
◆ Arrivé(e) le : 10/09/2015
◆ Âge : 36
◆ Assoc. des Victimes : Ancien bénévole et membre
◆ Métier : Ouvrier de chantier
◆ Points : 922
◆ DC : Aiden, Willow, James, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Jake Gyllenhaal


Sujet: Re: wrapped in guiltLun 20 Juin - 13:23

brille brille brille
Merciiiii beaucoup :luv:
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t786-wrapped-in-guilt

Invité


 Invité


Sujet: Re: wrapped in guiltLun 20 Juin - 19:24

excited excited excited excited J'avais pas vu, mais REEEEEEEEEEEEE ♥
Revenir en haut Aller en bas

Invité


 Invité


Sujet: Re: wrapped in guiltLun 20 Juin - 20:25

J'avais pas vu non plus mais bave bave bave bave
Rebienvenue à toi!
Revenir en haut Aller en bas

overjoyed - we survived

avatar

◆ Manuscrits : 864
◆ Arrivé(e) le : 10/09/2015
◆ Âge : 36
◆ Assoc. des Victimes : Ancien bénévole et membre
◆ Métier : Ouvrier de chantier
◆ Points : 922
◆ DC : Aiden, Willow, James, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Jake Gyllenhaal


Sujet: Re: wrapped in guiltLun 20 Juin - 20:29

Merci les filles :luv: :luv:
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t786-wrapped-in-guilt
 

wrapped in guilt

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» ℘ i'm all wrapped up in apathy and i don't want to stay this way

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: get ourselves back home :: manuscrits :: romans publiés-