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 Suspicious minds Ft Désirée

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Sujet: Suspicious minds Ft DésiréeDim 3 Juil - 23:19

Après cette soirée mémorable dans la salle de la Mairie, Liam avait bien évidemment été, comme tous, interrogé. Ses empreintes avaient été prises encore une fois, moment désagréable qui lui avait laissé les doigts sales jusqu'à ce qu'il puisse se jeter sur un robinet, du savon et un tampon à récurer. Il n'avait jamais bien supporté cette séquence dans les affaires qui l'avaient nécessité, quand bien même il était innocent. Puis avait commencé le long et pénible travail d’étiquetage, d'analyses, de rapports en tous genres. Il n'avait pas encore pu approcher la victime, et cela l'énervait, le frustrait. C'était normal. Les médecins s'étaient emparés de cet Adam C. Miller avec empressement et délicatesse, supervisés par le Colonel Åkerfeldt, le Commissaire Sarmoise et l'officier Mahoney comme si c'était la dernière merveille du monde. Un obscur technicien de son équipe avait fait les photos et prélèvements habituels, reléguant Liam loin de cette mine d'observations, renseignements que le Poète avait choisi de délivrer, cantonnant le médecin légiste à la lecture des rapports pour le moment. Après tout ce jeune homme n'était pas mort, il était donc logique qu'il ne s'en occupe pas directement, du moins pour le moment. Il avait sur les épaules la charge de la coordination des équipes d'analyses et tout passait par lui avant d'être transmis aux policiers. Cette tâche était nécessaire, il le savait. Néanmoins il ne pouvait s'empêcher de maugréer, ce travail lui semblant indigne de lui et de ses capacités.

Une fois ses collaborateurs partis, chassés tant par l'horaire que par sa mauvaise humeur, encore plus perceptible ces jours-ci, il réfléchit, tranquillement assis dans le confort de l'obscurité de son antre, une tasse de café italien à la main. Comment reprendre la main et redevenir incontournable, obtenir des informations, se rapprocher du Poète? Il avait bien évidemment admiré la maestria de son dernier coup d'éclat. Il avait tellement d'avance et une supériorité intellectuelle telle que personne n'avait vraiment compris cette mise en scène. Lui n'avait pas encore tous les éléments mais échafaudait ses théories dans son coin, sans en parler à personne. Pas de victime retrouvée chez elle pendant que presque toute la population était rassemblée en un point. Pourquoi n'avoir pas tué tout le monde une fois les portes et fenêtres condamnées? Pourquoi avoir disséminé des objets appartenant à ses précédentes victimes? Pourquoi avoir créé de fausses pistes comme cette feuille ornée d'une virgule rouge qu'il avait mise comme un talisman dans sa poche après l'avoir subtilisée à Désirée et qu'il avait perdue dans la bousculade et la pagaille? Oui tant de pourquoi trottaient dans la tête du légiste et la seule réponse qu'il pouvait fournir à chaque fois était: pour s'amuser, ridiculiser les vermisseaux qu'ils étaient, montrer l'étendue de son pouvoir et l'extrême soin qu'il mettait dans l'élaboration et la mise en ouvre de chacune de ses actions. Que la victime soit morte ou vive importait peu finalement pensait Liam. Chacune était un trophée et porterait à jamais les stigmates de sa folie, jusqu'à la mort ou déjà dans la tombe. Le grand blond pensait vraiment que ce meurtrier de haute volée était fou, et d'une intelligence diabolique au service de ses névroses. Elles faisaient écho à celles du britannique et celui-ci ne pouvait constater et admirer le brio de ce macabre artiste. Il soupira et décida de laisser là ses pensées et suppositions, sûr qu'elles l'attendraient demain, refusant de les emporter avec lui pour cette heure. Il troqua sa blouse qu'il suspendit soigneusement sur un cintre accroché à une des patères de la porte de son bureau contre sa veste de costume dont il retira une poussière imaginaire de l'épaule gauche.

Bien décidé à se changer les idées, il se dirigea vers les locaux de l'association de Laura Munoz. Il pourrait toujours y croiser des personnes intéressantes et peut-être même glaner quelques bribes d'informations. En tous cas il pourrait se rendre compte de l'état de sidération dans lequel Fairhope était plongée et des dernières mesures que la population jugeait bon de prendre pour se prémunir du Poète, toutes les précédentes ayant lamentablement échoué, le nombre des victimes ne cessant d'augmenter. Il n'entra pas de suite, regardant par la fenêtre la composition de l'équipe présente, qui s'occupait des visiteurs et autres badauds aussi bien que des personnes inquiètes et qui se tordaient les mains d'anxiété, happant toute l'attention. Il vit donc les habituels Saint-Bernard, bons samaritains dévoués à la cause du réconfort de ceux qui venaient toquer à la porte, les pseudo-enquêteurs faisant les braves en se donnant un air important tout en agitant de blanches feuilles, les pique-assiettes professionnels ayant leur rond de serviette au sein de l'Association, mais ne produisant rien, et puis, une surprise, Désirée. La célèbre et sexy romancière était elle aussi un membre fidèle et assidue des lieux à qui elle donnait du piquant et un soupçon de danger. N'avait-elle pas été suspectée un instant du meurtre de Mary Wilson?

Liam sourit. Ni Désirée ni lui n'étaient là pour honorer la mémoire des victimes décédées, ni vraiment pour soutenir les vivantes ou aider les habitants. Non, le légiste ne se faisait pas d'illusion. C'était bien l'odeur du sang et la piste du Poète qui motivaient leur présence à tous les deux. Et comme des requins ils rôdaient, à l'affût. Que la flamboyante rousse soit là ce soir justifiait ses déductions. C'était bien là qu'il fallait prendre la température, observer et écouter. Il poussa la porte et après avoir salué tout le monde, se dirigea vers Désirée.

«Bonsoir ma chère. Es-tu remise de tes émotions?»

Le ton n'était pas trop sarcastique et faisait plutôt allusion à ce que les événements avaient pu produire sur l'imagination débordante de cet écrivain aux publications sulfureuses, tout en affichant une certaine curiosité. Désirée S. Cravy n'était pas une femme comme les autres et à ce titre elle l’intriguait.
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Sujet: Re: Suspicious minds Ft DésiréeDim 17 Juil - 18:26

« Désirée comment vas-tu… j’ai entendu dire que tu étais présente dans la salle quand ils ont trouvé ce pauvre Adam Miller. »

Du bruit, voilà ce que Désirée entendait en permanence, depuis le six septembre dernier. Du bruit et rien d’autre que du bruit. Un brouhaha quasi incessant et infernal, tout le monde ouvrant la bouche pour piailler, s’égosiller et tenter de comprendre l’horreur qui avait encore frappé leur si jolie petite ville, rien d’autre que du bruit.

La romancière avait toujours trouvé que les gens parlaient trop, mais en cas de crise, c’était pire. C’était un peu comme soulever un caillou pour observer les fourmis qui se trouvaient en dessous, une fois qu’elles avaient perdu le toit de leur refuge, ça devenait la panique tout simplement, le chaos le plus total pour ces petits êtres qui s’agitaient en désordre, pour retrouver un semblant d'ordre. Eh bien là… c’était pareil, le Poète avait encore tout chamboulé, sauf qu’au lieu de participer à l’agitation environnante, Désirée avait juste envie d’écraser tout le monde sous ses ongles parfaitement manucurés. Juste parce qu’elle le pouvait. La rouquine avait été interrogée comme tout le monde, elle avait laissé Jimmy avec une légère tape sur l’épaule, avant de rentrer dans son appartement. Et comme tout esclave de son art, elle avait écrit, beaucoup, des pages entières, à la main, chose rare, revenant à son premier amour de jeunesse… La poésie. Là où elle trouvait un semblant d sens, là où elle pouvait donner des mots à la panique qu’il y avait eu dans la salle de conférence, la peur qui avait saisi tout le monde et son excitation alors qu’elle se demandait si elle allait mourir. La jeune femme n’était définitivement pas comme tout le monde et peu le savait, son imagination se nourrissait de sang et de morbide et l’agression d’Adam n’avait fait que lui procurer le parfait stimulus. Désirée n’était définitivement pas une horloge bien réglée, loin de là, les cliquetis incessants de ses talons étaient bien là pour le prouver.

Et ce soir, talons bien au pied, elle avait trouvé le chemin de l’association des victimes, où le nom d’Adam avait été et était encore sur toutes les lèvres. Une bénévole l’avait accostée à l’entrée et avant d’avoir pu faire ou dire quoi que ce soit, Désirée se retrouva prisonnière d’une étreinte forcée. Son visage se crispa et elle fit de son mieux pour sourire et s’écarta avec un léger sourire, lissant les pans de sa jupe droite. « Je vais bien… Pas autant qu’Adam c’est certain, ça reste lui et ses proches la priorité. » Le ton semblait presque humain et il fut visiblement suffisant pour convaincre son interlocutrice qui hocha la tête et se lança dans un discours pour raconter à Désirée comment elle, depuis son petit appartement, avait vécu la chose. Et après on disait que la rouquine était égoïste ? Non, elle avait eu la décence de ne pas s’épancher et elle ne partageait pas ses pensées sombres avec les autres. C’était définitivement pour leur bien à eux qu’elle ne le faisait pas, personne ne pourrait suivre son train de pensées, trop froid, trop dénué d’émotions et de saveur... Peut-être Deirdre, mais il était trop imbu de sa personne pour lui prêter la moindre attention alors…

La réponse vint sous la forme de Liam, Désirée esquissa un sourire en le voyant ici et ce sourire ne fit que s’agrandir lorsqu'il s’adressa à elle. « Oh… on utilise de nouveau les formules de politesse ? Et moi qui pensais que tu préférais gentiment m’ignorer. » Elle n’était pas cassante, elle ne faisait que dire la vérité, quand Liam était dans les parages, il était plus difficile pour elle de conserver son masque ou de mentir comme si sa vie en dépendait… pourquoi ? Parce qu’il était pareil, parce que lui aussi, dans une certaine mesure faisait semblant, lui aussi était là uniquement pour satisfaire sa curiosité malsaine. « Je vais bien, certaines personnes sont plus remuées que d’autres tu comprends... » La romancière eut un mouvement de mains vers les autres bénévoles qui gravitaient autour de Laura, café à la main. Des vautours, pas de doute là dessus, pouvait t-on réellement les blâmer ? Probablement. « Mais j’ai d’autres choses qui me tiennent occupée tu vois, mon boulot par exemple. » Une simple allusion à son prochain roman qui allait sortir en Décembre, pas de doute que ça allait faire du bruit et que certains verraient des références au Poète dans ses pages… pas de doute, mais la romancière se moquait bien de faire des vagues, son art vivait d’elle et non l’inverse. Elle écrivait pour ne pas se laisser entièrement consumer voilà tout. « Je suis là seulement pour aider. » Elle attrapa son sac et se releva avec un sourire professionnel pour Liam, certaine qu’il allait la suivre, elle se dirigea vers l’un des bureaux pour qu’ils puissent parler de manière un peu plus privée. « Et toi.. tu es là pour quoi ? Aider, jouer les bons samaritains pour ta pauvre âme de pêcheur ?  Il parait qu’on va se mettre à organiser des rondes régulièrement, pour aider la police, il parait seulement. »

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Sujet: Re: Suspicious minds Ft DésiréeDim 4 Sep - 19:19

Liam fut récompensé de sa politesse par un sarcasme  preuve s’il en était besoin que la rousse était en pleine forme. Elle trônait, assise à une table, entourée des charlatans professionnels de l’Association qui la couvaient des yeux comme si, en la regardant juste, ils pouvaient percer le mystère de son esprit et comprendre enfin quelle pièce elle occupait dans ce puzzle macabre et quelles étaient ses pensées. Illusion. Elle gardait jalousement celles-ci, maîtrisant à la perfection les expressions de son visage pour donner aux autres du grain à moudre, transmettant l’idée que le dernier chef d’œuvre du Poète l’affectait autant qu'eux et qu’elle était là autant pour recevoir du réconfort qu’en donner. Liam soupçonnait bien autre chose et après avoir salué par politesse les gens alentours, il suivit la romancière qui s’était emparée de son sac à main, chose précieuse recelant certainement bien des trésors. Elle se dirigeait vers un bureau, amorçage d’un tête à  tête que le légiste savait par avance intéressant et instructif. La romancière n’avait pas seulement un cerveau remarquable mais aussi et surtout une tournure d’esprit si particulière, étrangère au commun des mortels, à laquelle il souscrivant souvent. Là où l’air sentait le souffre et le mépris des conventions se trouvaient souvent l'écrivain et/ou le grand blond et ils savaient, comme ce soir, se retrouver et de connivence se mettre à  l'écart pour une nouvelle joute qui leur permettrait d’en savoir un peu plus sur le jeu de l’autre. Leur présence iconoclaste un sein de l’Association était pour chacun un paravent à leur curiosité, nécessaire pour continuer à collecter les informations tous azimuts, habillant leurs noires pensées derrière leur officiel dévouement désintéressé. Liam était donc particulièrement content de croiser la sculpturale jeune femme ce soir. Elle allait merveilleusement animer cette soirée si morose jusqu’ici. Malgré ses talons vertigineux qui allongeaient sa silhouette d’une dizaine de centimètres, elle ne lui arrivait qu’à peine à l'épaule, confirmant  que ce qui était petit était mignon, Liam étant sensible à sa plastique bien que parfaitement immunisé contre toute tentation la concernant. Il aimait tout simplement ce qui était beau. Laissant là ces considérations esthétiques,  il s'assit sans façon sur une table de la pièce  dans laquelle ils entrèrent, le légiste démentant fermement les accusations de l’éminente bénévole.

«T’ignorer ? Voyons, c’est impossible  et tu le sais bien. Et puis je n’oserais pas ! Si j’avais sur que tu étais là, je serai venu plus tôt. Tu as l’air de surmonter le dernier drame assez bien, tant mieux. Je serai inquiet si ce n’avait pas été le cas. Mais tu es de la trempe des battants. »

Il dit ça sans perfidie, d’un ton doux, avec presque de la sollicitude dans la voix, parce que c’était Désirée et que de tous les êtres humains de Fairhope elle était sans doute la moins éloignée de ce qu'il était.  Était-elle aussi un monstre ? Pas assez d’éléments pour trancher mais son instinct lui disait que oui. Et pour cela elle avait droit à sa considération,  au minimum son intérêt, voire sa curiosité. Comment le percevait-elle de son côté ? Il ne savait pas trop mais avait remarqué qu’elle semblait plus naturelle avec lui qu’avec leurs semblables, mais peut-être se faisait-il des idées. La suite des paroles de la jeune femme  confirmèrent ses soupçons et la nécessité de la discrétion de leur conversation. Elle prétendit être ici « seulement pour aider » ce qui fit hurler de rire intérieurement le trentenaire. Si elle n’était là que pour ça, il n’avait plus qu’à se lancer dans la fabrication de poteries ornementales. Sans blague ! Il apprécia cependant la maestria et le sérieux employé  pour débiter un tel mensonge et hocha la tête gravement.

« Bien sûr, quoi d’autre autrement ?  Besoin d’une pause dans ton écriture ? ». Il savait qu’elle écrivait beaucoup, que c’était nécessaire pour elle. Il tenait cette information d’une de ses interviews qu’il avait lues juste par curiosité, dans un magasine laissé au bureau par une analyste. Il avait lu puis jeté le torchon. Il ne supportait pas les choses qui trainaient. Conscient que ce type  d'articles véhiculait beaucoup de mensonges il n’y accordait que peu de crédit quand il en lisait, mais cela lui semblait hautement plausible et il avait accordé foi à cette confession publique. Elle finit par s'enquérir de la raison de sa présence à lui, tout en confirmant une rumeur qu’il avait entendue lui aussi.

« Mais Désirée,  moi aussi je suis là pour aider. Et je ne joue pas, mon âme est depuis trop longtemps damnée pour espérer toute rédemption. Je laisse l’hypocrisie des fausses bonnes intentions aux autres. Le Poète doit être arrêté et si ma modeste contribution peut y aider, alors je suis là. Les rondes ? Oui j’en ai entendu parler. Ma foi, cela ne peut pas être une mauvaise idée. Tu sais si des équipes ont déjà été constituées ? C’est Thomas Simpson qui doit s’occuper de ça, tu sais le grand chauve qui est à l’entrée. »

Il  regarda fixement la jeune femme, se disant qu’elle ferait une partenaire de ronde de premier choix, à condition qu’elle consente à descendre de ses échasses pour plus de confort, avant de sourire de toutes ses dents.

« Je te vois bien en binôme avec lui. »

Il la chambrait un peu, sûr qu’elle ne raterait pas l’occasion de le reprendre de volée et s’en détectait presque d'avance, le sens de la répartie de la rousse étant désormais bien connu.
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Sujet: Re: Suspicious minds Ft DésiréeDim 11 Sep - 18:23

Désirée ne détestait pas Liam, loin de là, elle avait une relation assez particulière avec le médecin légiste. C’était comme… c’était un peu comme regarder dans un miroir en fait, ils étaient similaires sur bien des points, tellement que parfois, les accrochages arrivaient. Ils l’avaient déjà prouvé lors de la fameuse conférence il y a quelques jours de cela à présent, ils avaient tous les deux eu la même idée, celle de venir glaner des informations dans les rangs de l’association des victimes pour voir si quelque chose ou quelqu’un allait s’avérer être utile. Mais, dans la course au Poète, Liam était également un adversaire de taille que la jolie rousse ne pouvait absolument pas mettre de côté, et pourtant, elle aurait voulu. Elle aurait voulu être la seule dans sa petite obsession, dans sa folie, avoir quelqu’un à ses côtés ne la rassurait absolument pas du tout. Désirée n’était pas faite pour fonctionner avec un partenaire, elle était faite pour donner des ordres et elle s’attendait généralement à ce que ces derniers soient suivis. Cependant, Liam n’était pas Tobias, il ne risquait pas de courber l’échine et la romancière n’avait pas trouvé à cet anglais-là des faiblesses. Pas encore. Tous les hommes avaient des faiblesses, ça, Désirée le savait mieux que quiconque et pourtant, elle n’avait pas encore trouvé de façon de faire craquer Liam et de le faire reculer. Le sarcasme ne marchait de toute évidence pas, flirter avec lui aurait été dangereux et elle ne savait pas vraiment quel résultat elle pouvait obtenir de ce petit jeu-là. C’était imprévisible. Hors, Désirée appréciait seulement ce qu’elle pouvait assouvir et ce qui avait un sens, Liam n’en avait pas, alors forcément, il entrait dans la catégorie des gens dangereux.

« Oh Liam, est-ce qu’on peut arrêter de faire semblant cinq secondes s’il te plait ? » Désirée venait de fermer la porte du bureau dans lequel il se trouvait, voilà, le monde extérieur n’existait plus, c’était juste eux et de la paperasse à remplir. Elle croisa les bras sur sa poitrine, et après l’avoir jaugé de haut en bas, sans doute pour s’assurer que lui aussi allait laisser tomber son masque, elle finit par répondre à sa toute première question: « Pour ton information, je n’écris plus, pas depuis quelques semaines. Je suis désormais en pause, mon prochain roman sort le 3 Décembre… si tu veux je te ferai parvenir une copie signée, rien que pour toi mon grand. » La vérité, une chose rare dans le monde de Désirée, et pourtant, elle était honnête, son ordinateur était éteint depuis qu’elle avait envoyé la copie de Dear Cecilia à son éditeur, comme elle avait dit à Martin, elle se refusait à modifier une seule ligne du bouquin, elle voulait que l’oeuvre soit publiée telle quelle. Pure et dure. La jeune femme poussa un soupir, elle n’avait pas vraiment envie de discuter de ses exploits littéraires avec Liam, elle n’était pas vraiment certaine qu’il puisse saisir toute la beauté ou encore la subtilité de ce monde-là. « Et tu ne trouves pas que Laura en fait trop je veux dire ? Oui, ce meurtrier doit être arrêté, mais nous ne sommes qu’une association bénévole, c’est à croire qu’elle a envie qu’on se sacrifie juste pour la bonne cause. » Le ton de la belle rousse était presque condescendant, mais elle était sincère, elle ne comprenait guère à quel jeu dangereux la brune jouait et elle se doutait bien que dans quelques semaines, la police mettrait fin à cette opération qui de tout évidence était beaucoup trop dangereuse. Il n’était que des amateurs après tout et si Désirée n’accordait que peu d’importance à sa vie, elle savait que ce n’était pas le cas de tout le monde ici. Certains, surement comme Liam, avait quelque chose à perdre, quoi que....

Liam ne paraissait pas être le genre d’homme qui avait une vie sociale frivole, elle ne le voyait pas du tout dans un bar avec le reste de ses collègues policiers. Il devait surement les mépriser, car il n’avait pas un esprit aussi cartésien que le sien et devait donc de ce fait, l’ennuyer. Ils étaient exactement pareils, Désirée aussi se complaisait dans sa propre solitude car les autres étaient absolument incapable de la comprendre. Ils prendrait surement la fuite s’ils essayaient. « Il ne faut pas oublier que des gens sont morts après tout. » Désirée avait dit cela avec un nonchalance folle, comme si elle se contentait d’annoncer le beau temps, pourtant, elle fit un pas supplémentaire, se rapprochant de Liam, pour poser sa dernière question. « Mais dis moi Liam, jusqu’où es tu prêt à aller pour le coincer ? »

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Sujet: Re: Suspicious minds Ft DésiréeMer 21 Sep - 19:27

Les tâches de Rorschach. Il aurait aimé faire quelques tests avec Désirée, juste histoire de mettre des formes et des mots sur son cerveau et ses pensées, sur ses obsessions,  sur ce qui ressortirait de ces observations. Il avait parfois l’impression d’être dans un test géant, formant avec l'écrivain un étrange binôme, étalant ses névroses, dans un jeu grandeur nature : la vie à Fairhope, cité du Poète. Seulement les tâches ne voulaient pas dire la même chose pour chacun, même si, là tout de suite, il était persuadé qu’ils diraient les mêmes mots, peut-être même avec la même intonation et la même intensité . Il était extrêmement rare que Liam se sente connecté à  quelqu’un, et il s’en sentait bizarre. A la fois rasséréné et en danger. C’était agréable de percevoir un alter ego, il avait envie de partager tant de choses avec elle et ça c’était la première fois depuis si longtemps. Ils se connaissaient de mieux en mieux, étaient dans les mêmes lieux en même temps, regardaient les autres avec le même dédain et le même air de supériorité. Et pourtant il n’était jamais tranquille avec la rousse dans les parages. Si elle était une sorte de jumelle, alors il fallait qu’il s’en méfie comme de son pire ennemi. Elle pouvait donc avoir les mêmes buts (sinon comment expliquer cette brutale bouffée d'altruisme, cette intérêt nouveau pour l’Association de Laura ?) et il ne pouvait permettre à personne de contrecarrer ses plans, surtout pas Mademoiselle Cravy.

C’est pourquoi une alarme retentit dans sa tête quand elle ferma la porte du bureau où ils s’étaient réfugiés pour être tranquilles, hors de portée de voix du tout commun. Quel plan venait de se mettre en place à son insu ? Son imagination fertile ne dormait-elle donc jamais ? Non, pas plus que la sienne. Il se mit à échafauder un moyen de se débarrasser de la jeune femme, définitivement, bien persuadé qu’elle lui rendait la pareille. Échecs, nouvelle partie, et elle avait les blancs. Il sourit, décontracté,  toujours assis sur cette table. Son esprit analytique commença son travail, mode chasseur chassé, ou vice-versa, les sens aux aguets pour ne rien rater. Et elle commença, l’appelant par son prénom mais laissant traîner la deuxième syllabe, comme un enfant qu’on gronde gentiment. Les femmes avaient ce pouvoir et elles en abusaient souvent, reléguant la gente masculine aux années des petites voitures et des courses poursuite, ce qui ne marchait pas avec le légiste, n’ayant pas eu une enfance normale.

En même temps, elle lui demandait de tomber le masque. Il ne bougea pas d’un poil, attendant la suite. Elle finit par tomber le sien, en gage de bonne volonté, lui confiant qu’elle était « en pause ». En pause ? Mouais. Peut-être n’avait -elle pas commencé une autre œuvre,  mais… comment arrêter de respirer ? Les derniers événements étaient une matière première incroyable pour un écrivain et il ne pouvait pas croire qu’elle n’ait pas saisi l’occasion pour laisser courir sa plume. Mais au moins avait-il un mini scoop, la date de sa prochaine publication. Il saisit la balle au bond.

«Un exemplaire dédicacé ? Quel honneur ! Oui je veux bien. »

Nul doute que cette réponse la surprendrait. Il le lirait peut-être, mais doutait pouvoir tirer renseignement exploitable de la prose si spéciale de la rousse. Pour cela, il préférait le direct. Liam ne lisait pas beaucoup, du moins pas de littérature. Il lisait des ouvrages spécialisés, des articles, souvent pointus, mais pas de romans. Son esprit pragmatique ne se fourvoyait pas dans des errances stylistiques écrites avec de l’encre délayée dans les bons sentiments, ni dans les pseudo romans policiers qui encombraient tant d’étagères dans les librairies et les bibliothèques et pour lesquels il n’avait que du mépris. Il attendait donc d’être surpris, sans trop y croire. Elle poursuivit sans s’arrêter, venant à leur sujet de préoccupation commun et raison officielle de leur présence : Laura.

« Et tu ne trouves pas que Laura en fait trop je veux dire ? Oui, ce meurtrier doit être arrêté, mais nous ne sommes qu’une association bénévole, c’est à croire qu’elle a envie qu’on se sacrifie juste pour la bonne cause. »

Laura et ses initiatives pour se faire mousser, pour attirer toujours plus de monde et être le centre privilégié sinon unique de l’attention. Il faillit sourire mais décela un accent de vérité, de sincérité dans le ton de la jeune femme. Avait-elle finalement peur, elle l’intrépide ? Elle ne le disait pas carrément, mais ses réticences de tout à l’heure en lui parlant des possibles rondes lui revinrent en mémoire. Pourtant elle était présente à la battue de Willow Lake, on avait même retrouvé un de ses cheveux sur Marie Wilson… Elle n’avait donc pas peur de la mort. Quels paramètres avaient changé pour qu’elle ne veuille pas patrouiller ? Le fait qu’il fasse nuit, l'audace grandissante du meurtrier ? Quelque chose d'autre certainement mais quoi ?

« Se sacrifier ? Tu crains que le Poète ne s’attaque à l’un d’entre nous ? Je ne pense pas qu’il le ferait, ou alors il choisirait le plus faible ou la plus faible, mais pas toi. Ni moi. »


Pour une fois il ne fit pas le bravache, en certifiant lui assurer sa protection dans les rues mal éclairées de Fairhope. Elle l’aurait mal pris.

« Par contre, ici, étant donné que les réunions sont annoncées à l’avance… il pourrait tenter quelque chose de spectaculaire, surtout si notre star est là. Tu ne crois pas que c’est plus… plausible ?»

Il la regarda dans les yeux, cherchant à sonder les raisons de son comportement de ce soir, aux antipodes de celui auquel il s’attendait. Montrerait-elle enfin une limite ou était-ce une manœuvre ? Il fut rassuré avec la phrase suivante. Ce bref intermède craintif était passé et Désirée était de nouveau aussi dénuée de sentiment qu’un crocodile pour sa proie. Il en fut fier et rasséréné. Les choses rentraient dans l’ordre et il aimait que les choses soient à leur place. Il n’aimait pas être déçu. Elle continua sur sa lancée,  lui prouvant qu’elle n’avait décidément pas froid aux yeux, se rapprochant à l’occasion un peu plus de lui. Il pouvait maintenant sentir son parfum, la chaleur de son corps et distinguait très bien les nuances de ses iris. Il soutint son regard, ne bougeant toujours pas de sa table. Telle un grand prédateur, elle s’était faufilée, mine de rien, endormant sa méfiance, jouant les faibles femmes après avoir joué la maman. Très forte. Elle était très forte et il se régalait de cette rencontre impromptue, qui égayait très bien cette soirée jusque là morose. Il avait bien raison de la considérer comme un ennemi potentiellement mortel. Voilà qu’elle avait posé une question essentielle, à laquelle il ne pouvait évidemment pas répondre, ce dont elle se doutait fort bien, la maline.

«Pour le coincer ? Sans doute autant que toi. J’essaie d’aider au mieux ici et avec mon travail. »
réponse avec masque. «Après, on mène tous notre petite enquête et on a tous notre liste de suspects. Je suppose que je dois être sur la liste de pas mal de gens, peut-être même sur la tienne. Je rêve de l’arrêter, oui, je te le dis. Il a fait assez de mal par ici. Et puis, j’aimerais comprendre. » réponse la plus honnête possible sans lui dévoiler ses véritables dessins.
«Et toi, jusqu’où es-tu prête à aller ? »  

Echange de bons procédés. Il soupçonnait qu’elle ne dirait pas non à un tête à tête avec le Poète elle aussi. Son regard se fit interrogateur, penché sur les yeux bleus de la miss.
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Sujet: Re: Suspicious minds Ft DésiréeDim 23 Oct - 18:10

Ils jouaient au jeu du chat et de la souris. Liam comme Désirée. Sauf que dans cette situation, il était difficile de dire qui était le prédateur et qui était la proie. Vu qu’ils étaient tous les deux très doués dans leur domaine et qu’aucun d’eux n’allait courber l’échine. Oh que non. Dans les locaux de l’association, devant tout le monde, la rousse pouvait se perdre en fausse excuses et en sourires et même parfois verser quelques larmes, mais pas avec Liam. Pas face à celui qui devait dans le fond la comprendre mieux que personne et celui qu’elle avait le plus envie d’écraser. C’était viscéral, ce besoin qu’elle avait de dépasser le médecin légiste en permanence. Oh si seulement elle pouvait débusquer le meurtrier avant lui, cela suffirait à la rassurer pendant des jours en entiers et lui permettre d’ôter ce petit air suffisant que Liam avait sur le visage la plupart du temps.

Désirée haussa simplement les épaules alors qu’il lui retournait sa question, la romancière ne voyait pas ce qui empêchait le tueur en série de s’en prendre à un bénévole. Un corps était un corps, la même masse, le même nombre de cellules humaines ou mortes, ça ne faisait absolument aucune différence, ils n’étaient pas forcément immunisés contre quoi que ce soit. Et elle ne pensait pas non plus que le meurtrier s'en prenait à ses victimes en fonction de leur faiblesse, et puis, qui pouvait prétendre être fort face à l’inconnu et face à quelque chose que l’on attendait tout simplement pas… c’était impossible de se croire supérieur à un coup de couteau et la rouquine se dit que oui, Liam était un abruti fini s’il pensait que le Poète ne pourrait pas le toucher lui. Qu’est-ce qui le protégeait ? Son intellect supérieur ? Son insigne de flic ? Absolument rien de tout ça n’avait de l’importance face à la Mort quand on y pensait bien et Désirée espérait bien qu’on l’appelle un de ses quatre matins pour identifier le corps de Liam. Elle se contenterait de mâcher bruyamment du chewing-gum et ferait éclater la bulle à quelques centimètres de son oreille avant de confirmer que oui, c’était bien lui. « Les services de police ont déjà fait un background check sur tous les bénévoles ici présents mais tu sais ce qu’on dit… il faut se méfier de l’eau qui dort. » dit simplement Désirée, la pointe d’un sourire sur le visage.

Le message était double, Liam avait tort de sous estimer tous ses bénévoles, peut-être qu’à force de creuser, l’un d’entre eux finirait bien par tomber sur quelque chose de concret et de solide, et puis si Désirée devait avoir une couverture elle devait admettre que celle-ci était parfaite. Néanmoins, la rouquine aimait beaucoup trop l’attention pour se contenter de quelque chose d'aussi banal, et ça Liam avait dû le remarquer mieux que quiconque. « Je ne pense pas qu’il va frapper ici, la mairie, ça avait quelque chose de symbolique tu vois, ici, c’est chez Laura, et notre Poète s’en prend rarement deux fois à la même victime. » C’était bien quelque chose que même Liam avait dû l'observer. Si Laura vivait et s’époumonait encore, c’était bien parce que le meurtrier la laissait faire, peut-être qu’il considérait cela comme une erreur, aucun moyen de le savoir dans le fond. Mais la romancière savait, tout comme le médecin légiste, que Laura pouvait dormir sur ses deux oreilles et que personne n’allait s’en prendre à elle désormais. Elle était en quelque sorte marquée. La romancière songea à tout ceci et elle abandonna la pile de dossiers qu’elle avait dans la main seulement pour s’appuyer contre le bureau et croiser les bras sur sa poitrine, mettant paradoxalement cette dernière en avant.

Liam était un gentleman, elle était certaine qu’il ne s’en offusquerait pas pour si peu. Désirée songeait plutôt à la possibilité que ce soit lui le meurtrier, non… c’était une histoire trop alambiquée et même elle n’aurait pas été du genre à s'en servir pour un de ses romans. Liam ne remplissait pas du tout le profil et même si le fait qu’il appartenait aux forces de l’ordre pouvait lui permettre de se cacher en plein jour, ça ne collait tout simplement pas. « Je te rassure Liam, tu n’est pas en haut de ma liste, ce genre de mission demande une froideur et un certain détachement qui ne te correspondent pas. Et puis tu arrives difficilement à passer inaperçu parmi tes collègues policiers alors… » Désirée laissa échapper le léger rire qu’elle retenait depuis plusieurs minutes, si Liam faisait vraiment des efforts… elle était certaine qu’il ne s’offusquerait pas pour si peu. « Non, je préfère parier sur quelqu’un d’autre. » conclut simplement la romancière. Elle se redressa avec un autre type de sourire sur les lèvres à présent, Liam devait bien la prendre pour une idiote s’il pensait qu’elle allait divulguer ses théories de la sorte. « Et je rêve où tu essaies de me soutirer des informations ? Tu sais que ça va te coûter cher mon grand… très cher. »

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