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 these streets they run wild

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◆ Manuscrits : 207
◆ Arrivé(e) le : 19/04/2016
◆ Âge : 38 ans
◆ Métier : maire de Fairhope, enfin, il essaye
◆ Points : 328
◆ DC : ils peuplent bien les rues
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Sujet: these streets they run wildDim 18 Sep - 1:09

these streets they run wild



Décembre 2015

« Bonjour Fairhope ! J’espère que vous avez tous passé une excellente soirée, je sais que ça a été le cas pour moi. Mais allons directement à ce qui vous intéresse, il va aujourd’hui faire six degrés avec une forte arrivée de vent froid en provenance du Nord du pays. Je vous recommande une bonne écharpe et une bonne paire de bottes. Et je vous rappelle également que vous devez regagner vos demeures à 21 heures et… »

J’éteins la radio sans prendre la peine de quitter mon lit, ma cigarette déjà dans la bouche, mes yeux toujours fermés. J’ai réussi à attraper la boite de bâtons de nicotine et des allumettes dans la pénombre. Pas un exploit en soit, je le fais tout les matins, et tous les matins c’est à peu près la même routine, se réveiller en se demandant si cette journée là sera différente. S’il y a une bonne raison de mettre le pied à terre et de sortir de sous mes draps chauds. Lysandre n’est pas là, il a surement passé la nuit au poste avec ses bêtises, à croire que les règles ne lui conviennent pas, et je sais que si je ne pointe pas le bout de mon nez à la mairie, personne ne le remarquera.

Allez vieux crouton, tu peux le faire.

J’émerge de ma torpeur avec un grognement et je me dirige lentement vers la salle de bain, pour soulager ma vessie et pour éviter mon reflet dans le miroir. Il faut dire que ma côte de popularité a baissé au cours des dernières semaines. Déjà cette interview avec Peter ne m’a pas aidé, les gens ont tiré leurs propres conclusions et ont enfin réalisé que j’étais aussi dépassé qu’eux par toute cette situation. Une bonne chose selon moi, une très mauvaise chose pour mes adjoints. Ce sont eux qui m’ont dit de trouver une solution, de faire quelque chose pour faire remonter le moral de tout le monde et bien entendu, assurer qu’ils auront toujours leurs chèques à la fin du mois. D’où le couvre-feu. Une mesure qui m’a fait perdre encore plus de soutient... Entre les commerçants, les habitants outrés et les policiers fatigués, la marie s’est soudainement retrouvée envahie par les appels. Qu’est-ce que je peux dire ? Au moins, on réduit la probabilité, je sais que je joue avec le feu, mais … on m’a demandé d’agir, alors, j’ai agi.

Et maintenant il y avait cette foutue lettre.

Écrite dans du sang ni plus ni moins. Les mots sont gravés dans mon esprit et encore une fois, je ne peux pas juste rester assis à ne rien faire. Je n’en ai pas envie et presque machinalement, je passe sous la douche , les pieds lourds, presque comme un automate. Le jeu est devenu dur, je me fais vieux, mon coeur est toujours bien en place, mais… à quoi bon ? Ma douche est trop longue, trop brûlante et les vêtements que j’enfile me rappent ma peau, comme si eux aussi savaient que je ne faisais que jouer la comédie pour la bonne audience. Peu importe, peu importe. Écharpe autour du coup, café en main, je traverse la ville. À quoi bon une escorte ? À quoi bon la voiture ? Ceux qui me reconnaissent m’adressent des mines tristes ou changent de trottoir. Le vent annoncé me frappe le visage mais je l’ignore lui aussi, je le laisse me gifler, me caresser le visage la seconde d'après et j’avance. Je pousse lentement la porte du commissariat et je me dirige directement vers la salle de conférence. Pas de bonjour, pas de formule de politesse, je fixe le petit groupe d’employés qui sont là et je ferme la porte derrière moi.

« Je vous remercie d’être venus, c’est plus que ce que j’attendais. Mais je ne vais pas vous mentir, si vous êtes là, c’est que vous avez décidé de m’aider à faire quelque chose à propos de cette lettre et du Poète. Oubliez vos rangs, ce que vous croyez savoir ou pas… On recommence depuis le début. Un tueur, trois années de nos vies dans les toilettes, des vies brisées et la semaine dernière… cette lettre. Des idées ? Je veux toutes les entendre. »

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"There comes a time when you're too old and too sick to play. I'd just rather have the crown, the sorrow, the pain and go home." "
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Sujet: Re: these streets they run wildJeu 22 Sep - 17:01

these streets they run wild

◆ Feat Police Dept ◆


Décembre est là. Le couvre-feu aussi depuis quelques jours maintenant. Pas de signes apparents du Poète depuis début septembre, depuis un petit moment donc, mais j'ai appris à ne pas me réjouir trop vite cela dit. Je ne le connais pas, mais je sais qu'il frappera à nouveau. Quand ? Je ne sais pas du tout, mais il le fera, vous pouvez en être sur. Est ce qu'il fera enfin une erreur ? Il faut l'espérer, vraiment. Sera-t-elle assez importante pour que nous puissions avoir un gros indice sur lui ? Il ne faut pas rêver non plus, il est malin, trop pour qu'il soit seul à agir. C'est une théorie que j'ai depuis pas mal de temps, mais rien pour l'étayer. Le Poète n'est pas qu'un, ils sont un petit groupe, une petite secte menée par le bout du nez pas un gourou suprême. Il a réussi à s'introduire de partout, sans doute même au sein de la police, au sein des pompiers, partout pour avoir une vue d'ensemble de ce que nous savons, si jamais le timing est trop bon, il peut nous envoyer sur une fausse piste, ou alors s'amuser de nous, comme il a pu le faire avec ce pauvre Adam. Qu'est ce que ce dernier lui a fait pour avoir la chance de rester en vie ? Je ne saurais le dire mais peut être qu'il représente une certaine forme de fantasme pour lui, comme s'il était l'idéal masculin, parce qu'il est vraiment le seul qui a eu la chance d'avoir ce traitement là, et ce n'est sans doute pas un hasard. Le Poète est sans doute un habitué du bar de la victime, mais il y a tellement de monde qui passe là-bas que c'est impossible de pouvoir véritablement le traquer à partir de là. Mon cerveau est toujours en pleine ébullition concernant cet énergumène. Aujourd'hui ressemble cependant à un jour comme un autre ou presque. Il y a quelques jours, le 3 décembre pour être précis, il y a eu cette lettre reçu au poste de police, une lettre que nous n'avons pas ébruitée en dehors du commissariat, mais qui nous prouve que le Poète est toujours là, tapis dans l'ombre pour nous donner du grain à moudre. Est ce que cela veut dire qu'il ne va pas frapper avant un petit temps ? C'est une hypothèse que je me suis fait. Nous n'avons pas de cadavre, mais nous avons une lettre pour le remplacer. C'est amusant, pour lui, ça doit l'être mais pour nous, ça ne l'est pas vraiment même si j'aime ces jeux de pistes, il a tellement d'avance, il semble tellement intelligent par rapport à nous que cela en deviendrait presque lassant, mais je ne vais pas lâcher l'affaire pour autant, non. Cela fait quelques heures que nous sommes penchés sur cette lettre, sur son contenu, outre le fait qu'elle soit écrite avec du vrai sang. Et nous nous sommes rendus compte de certaines choses, notamment d'une : il nous manque des victimes. Si cette lettre retrace bien ce que le Poète a écrit sur ces victimes, ils nous manquent des victimes. Est ce que cela veut dire que leur corps n'a pas été découvert ? Est ce que cela veut dire qu'elles sont toujours en vie mais qu'elles n'ont pas voulues s'exprimer sur leur agression ? Je pencherais plutôt pour la première option malheureusement. J'ai donc tracée l'historique, par rapport aux bouts de phrases que nous n'avions pas répertoriés sur les victimes.


❝ Je ne suis ni la mort ni la souffrance. Je ne suis ni la plaie ni la brulure. Je ne suis ni fou ni malhonnête. Je mens pour respirer.

Je suis le crayon qui crisse sur le papier, la virgule arrondie et courbée avant le point final. Je suis en toute chose et nulle part à la fois.
Je ne possède rien, rien d'essentiel.

Juste une perle pourpre.

Je suis la braise incandescente. Je suis le vent qui souffle, Éternel. Le vent qui hurle et qui imprègne la chair. Je n'écris pas, je saigne.
Je crie.

Je suis toujours là, dans l'ombre. Quand tout est obscure et sombre. Dans le noir. Je n'observe rien mais contemple tout pour imprégner le monde de tout ce qu'il a de plus pur. Je suis dans chaque regard, dans le moindre souffle. Dans vos dernières prières. Dans tout ce qui vit et s'exprime, dans l'écorce et dans la chair.
Je suis.

Je suis l'innocence. Je suis immortel. Je ne suis personne.

Je suis le rêveur sacré. ❞


Nous sommes dans la salle de conférence, et le maire arrive, l'air fatigué. Il veut que l'on parle de cette lettre, de tout ce que l'on sait sur le Poète, pour recommencer, depuis le début, ou presque. Il demande si nous avons des idées. J'en ai à foison, mais je vais me concentrer sur la lettre.

" Cette lettre retrace le poème du tueur, et si on se réfère à la liste de nos victimes, il nous manque des bouts de phrases, il nous manque des victimes. Au vue du caractère du Poète, je suppose que ces victimes sont toujours en vie. Pourquoi est ce que je dis ça ? Parce que le Poète s'est toujours amusé à nous nargué par rapport à ces victimes mortes. Pour des raisons que j'ignore, je suppose qu'il n'a pas eu le temps de finir ces oeuvres là, et que donc, ces victimes sont dans la nature, mais qu'elles n'ont pas toutes été comme Laura Munoz, ou encore Ruby Swann. Elles ont peut être peur que si elles viennent à la police, le Poète les achève. Après, je me trompe peut être, peut être que les victimes ont été savamment dissimulées, je ne sais où pour que nous ne puissions pas les retrouver, peut être que ce sont les victimes où il a fait des erreurs mais que le temps a pu les effacer avec la décomposition des corps. "

Deux hypothèses que je lançais donc : celle où les victimes étaient en vie mais qu'elles n'avaient pas eu le courage de porter plaintes, celle où les victimes sont enterrées quelques parts dans un état de décomposition avancé. Est ce que j'ai juste sur l'une d'entre elle ? Je ne sais pas, mais cette alternative me semble être le chemin à creuser.

 


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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: these streets they run wildSam 24 Sep - 0:08

Il n’avait pas mâché le bout de son stylo depuis l’école primaire. Pour ne pas dire que le colonel n’avait tout simplement jamais pris cette mauvaise habitude. Il était plutôt habitué aux pastilles à la menthe ou la pâte à mâcher aux douces saveurs sucrées dont le seul but était de s’assurer que l’odeur désagréable du café froid disparaisse définitivement de ses papilles. Peu importait dans le fond, puisque plus rien n’avait de sens depuis quelques mois, si ce n’était pas plutôt depuis l’arrivée du Poète. Non, ça n’allait déjà pas avant que ce fou débarque ; il n’avait donc fait qu’empirer les choses. Arthur avait beau faire de son mieux pour rester positif et optimiste, mais tout l’attirait vers le fond et il allait bientôt finir par baisser les bras si rien ne s’arrangeait. Il s’était déjà surpris à espérer que l’une des victimes du Poète pourrait refiler des poumons sains à son fils, et que tous ces meurtres n’étaient qu’un mal pour un bien au final… Pensée qu’il n’avait partagé avec personne, et fort heureusement, sans quoi il n’aurait certainement jamais pu s’asseoir aux côtés de ses collègues ce jour-là, trop occupé à ronger ses ongles ou son stylo avant de reporter son attention vers le maire de la ville puis la lieutenant Sarmoise.

Arthur n’était pas rentré la veille. Non, il avait occupé les locaux avec les officiers de garde chargés de répondre aux nombreux appels nocturnes, les trois quart s’agissant de fausses alertes, et le reste ne concernant des urgences qui n’avaient strictement rien à voir avec le Poète. Le colonel avait alors réalisé subitement que la drogue, la violence et les autres affaires quotidiennes n’avaient pas disparu pour autant, étouffées par un mal bien plus puissant que les autres, qui avait tout ravagé sur son passage, au point que l’horreur habituelle était devenue acceptable et ordinaire. Arthur n’avait donc pas fermé les yeux la nuit dernière, si on ne comptait pas l’heure où il avait manqué de s’assoupir en relisant des rapports qu’il connaissait déjà par coeur. Rien de nouveau, à part cette fichue lettre dont il possédait une photo, l’originale dormant aux archives dans un sachet en plastique scellé. Il pouvait presque la réciter à présent, et il en était arrivé à la même conclusion que Shandra, comme la plupart de celles et ceux qui étaient réunis ce matin-là sûrement. Elle avait au moins eu le courage de prendre la parole la première, et de dire tout haut ce que tout le monde redoutait tout bas.

« Ou peut-être qu’on les retrouvera tous ensemble, agglutinés au même endroit, en train de se vider de leur sang. » Il avait pensé à voix haute sans se rendre compte que les têtes s’étaient maintenant tournées vers lui. Il se surpris lui-même, se redressant et reposant son stylo, un frisson faisant dresser les poils sur sa nuque. La faute à la fatigue. « Il faudrait vraiment trouver un moyen d’inciter les victimes à parler, sans lancer une campagne trop visible. Le but n’est pas de prévenir ce malade qu’on a compris qu’il manquait des pièces à notre puzzle. » Arthur soupira, frottant le coin de sa paupière avec insistance, les longues heures d’insomnie et de réflexion lui pesant visiblement sous les yeux. « De deux choses l’une : soit le sang de cette lettre est celui de la prochaine victime, soit c’est celui d’une victime déjà morte et qui manque à notre liste. Ou peut-être que c’est même celui d’une victime déjà connue, qu’il a écrite juste après la mort de la première victime en prédiction de tout ce qui allait se produire et… » Il allait sans doute trop loin. Ce n’était pas complètement idiot mais ça ne semblait pas tenir la route malgré tout. Remuant la tête de droite et de gauche, il se concentra pour ne pas s’éparpiller et en revenir au fait. « Soit c’est le sang du Poète. Quoi de plus symbolique pour achever son oeuvre que d'écrire avec son propre sang ? Auquel cas on ne l’aura pas dans nos fichiers, et malgré tous nos efforts et toutes nos analyses, on n’avancera pas davantage. »

Haussant les épaules, il croisa les bras sur sa poitrine. « Peut-être qu’il faudrait se concentrer sur la forme aussi. Après tout, le Poète accorde sûrement une grande importance à la façon dont son oeuvre est retranscrite. Ces retours à la ligne et ces fins de paragraphes, ça cache quelque chose. Les sauts de ligne ne symbolisent clairement pas la fin d’une année pour passer à la suivante, puisque la phrase de la première victime est isolée, comme celle de Laurel Clyne… » Son regard croisa celui de Jesse. Cela faisait un moment qu’ils ne s’étaient pas entretenus au sujet des Clyne et de la mission de Jesse qui consistait à s’attirer la sympathie de Tobias pour espérer obtenir d’autres indices et précisions de la part de l’ancien suspect. « Il indique sûrement les fins de cycles. Les fins de quelque chose avant… Avant son point final. Le coup de grâce ou le renouveau. » Il passa une main dans ses cheveux, réalisant qu’il n’avait pas laissé l’occasion aux autres de pouvoir s’exprimer depuis une poignée de secondes. « Si toutefois on est sûr que cette lettre a bien été envoyée par le Poète, évidemment. » C’était sa seule conclusion pour le moment.

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Sujet: Re: these streets they run wildSam 24 Sep - 2:23

L'hiver apportait souvent son lot de mauvais souvenirs. Souvenirs d'il y a des années, alors qu'un conducteur perdait le contrôle de son véhicule sur une petite portion de route enneigée. Souvenirs d'il y a trois ans alors que le cauchemar commençait et qu'elle n'en savait encore rien, le corps de Ruth Williams emporté, classifié comme un fait divers, un rien plus choquant et dérangeant que d'habitude. Juste de quoi froncer les sourcils de la ménagère. Les températures froides et les visages froids, les mines attirées vers le sol, tournesols sans soleil, dépérissant lentement, retournant à la terre froide et humide d'où ils étaient sortis en des temps plus chaleureux. En plus des mauvais souvenirs, il y avait les mauvaises nouvelles apportées par une main innocente, ou l'était-elle? La lettre qui avait retourné le commissariat en quelques instants, la nouvelle se propageant en fanfaronnant dans les couloirs, affichant sa victoire sur les traits horrifiés du corps policier.

Et voilà que le maire lui-même tentait de prendre les choses en main, enfin. Elle le tenait toujours hautement responsable du drame de la Conférence, estimant que lui, plus que les autres, aurait dû savoir ce qu'il se passait. Elle n'en avait rien à faire si ça n'était pas juste, s'il n'était pas le seul fautif ou s'il avait de bonnes excuses, qu'il avait oublié de communiquer au reste de la population, par ailleurs. Il représentait la plus haute instance de cette ville, et il avait échoué. Pour elle, il n'y avait pas vraiment d'autres facteurs qui entraient en ligne de compte. Organiser une "réunion de crise" semblait bien être le minimum nécessaire, et il n'aurait jamais dû attendre cette stupide lettre. Qui, en soit, n'avait probablement pour but que de les effrayer et de les faire paniquer. C'était le Poète qui tapotait du doigt sur leur aquarium, histoire de tous les voir s'agiter tout à coup, avant de revenir au même calme que d'habitude. Poissons imbéciles qui tournaient en rond dans l'eau, dévorant chaque goutte de sang qu'on versait dans leur bocal, la disséquant, l'analysant, charognards maritimes des eaux stagnantes où ils s'étaient empêtrés depuis trois ans.

Willow se tenait vers le fond de la salle, surtout pas désireuse d'attirer l'attention sur elle, absolument incertaine de si elle avait bien fait d'être là ou non. Ca n'était pas sa place, pourtant c'était probablement plus son affaire que pour la plupart des gens dans cette pièce. Elle écoutait le lieutenant Sarmoise ouvrir le bal, concentrant toute son attention sur la lettre. Parce que ce petit bout de papier allait faire la différence qu'ils attendaient depuis tout ce temps. Elle avait été efficace, puisque le couvre-feu avait fait son apparition, enterrant un peu plus profond le moral des habitants qui s'insurgeaient déjà violemment contre ces mesures, et personne ne pouvait vraiment les blâmer. Fermer à une heure pareille assurait la perte de pas mal de bénéfices, pour tous les restaurateurs et autres propriétaires de bar, ainsi que tous les travailleurs nocturnes. Eux, en revanche, devaient redoubler d'efforts, faire beaucoup d'heures supplémentaires pour effectuer des rondes et maintenir l'ordre.

Elle n'était pas ce que l'on pouvait communément appeler timide, ni réservée. Et pourtant, elle était terrifiée à l'idée de participer à cette réunion. Était-ce parce que beaucoup de ses supérieurs, si ce n'étaient tous, étaient présents en même temps, et que si elle paraissait ridicule, c'était à grande échelle? Ou alors était-elle effrayée à l'idée de formuler encore d'autres pistes, encore d'autres idées, comme si le simple fait de parler du Poète le rendait plus fort à chaque fois? Toutes les idées étaient plus dérangeantes les unes que les autres, et les participants en parlaient avec beaucoup trop d'aisance à son goût, y réfléchissant comme s'ils résolvaient un puzzle. Des mots fléchés à échelle humaine. Elle profita du silence laissé par le colonel pour finalement rebondir sur sa dernière phrase, dont la saveur ne lui plaisait pas. «Mais si ce n'est pas le Poète qui a envoyé ça, c'est quelqu'un qui a connaissance du message laissé à- sur la dernière victime, non?» Elle avait soigneusement évité de regarder dans la direction de Jesse, ou de qui que ce soit. Mentionner l'agression d'Adam était toujours aussi difficile. «Donc a priori, quelqu'un du commissariat... Sauf s'il y a eu une fuite.»

Et finalement, une fois lancée, c'était beaucoup plus simple. Ils voulaient tout entendre. Les idées classiques semblaient inefficaces contre le Poète, peut-être qu'il leur faudrait n'importe lesquelles. «Peut-être qu'il faut se concentrer sur l'idée que ce soit sa prochaine victime et pas une passée ou lui-même... Peut-être qu'elle est encore en vie, comme celle qui avait été séquestrée plusieurs jours et qui avait écrit avec son propre sang? La pianiste, je crois. Est-ce que quelqu'un a été porté disparu récemment? Quelqu'un qui aurait appelé pour rapporter une absence inhabituelle? Peut-être qu'il nous lance encore dans une course contre la montre?» Tic-tac, tic-tac.

Les gens s'affolaient bien plus rapidement, et en trop grand nombre pour que tout puisse être bien consigné. Trop de fausses alertes, trop de gens qui appelaient pour se plaindre, pour pester contre le couvre-feu, contre le manque de progrès. En plus, depuis qu'ils avaient reçu cette lettre, plusieurs jours s'étaient écoulés. Il n'y avait pas beaucoup d'espoir, mais cela lui semblait être l'angle le plus important pour le moment. Ils auraient tout le temps d'analyser la syntaxe plus tard, quand quelqu'un d'autre serait mort. «Les trois dernières victimes... D'abord l'école, puis la battue, puis la mairie, avec de plus en plus de monde à chaque fois... Et maintenant?». Son esprit fourmillait de demi-hypothèses et de questions-et-demies, et pourtant elle était épuisée, comme la plupart d'entre eux, par ces gardes supplémentaires. Elle faisait partie des bienheureux restés répondre au téléphone la nuit dernière.

«Et l'écriture? Il y a sûrement déjà quelqu'un qui l'analyse? L'enveloppe? Le timbre?» Quitte à s'occuper de la forme, autant s'occuper de tout le reste. Après tout, le Poète choisissait également ses supports avec attention. «Et est-ce qu'il aurait pas rajouté des bouts de phrase pour nous faire chercher des victimes imaginaires? Concentrer toute notre attention sur cette lettre qui n'a peut-être rien à voir avec la prochaine victime. Ca pourrait être du sang de chèvre, pour ce qu'on sait!» Elle avait lancé toutes ses idées sur la table, et était plutôt impressionnée par tout ce qu'elle avait réussi à proposer. Réfléchir en groupe était toujours plus facile, il suffisait de reprendre ce que les autres disaient et d'aller plus loin.

«Peut-être que ce n'est que de la poudre aux yeux.»


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Sujet: Re: these streets they run wildMer 28 Sep - 8:38

Mark était assis tout au fond de la salle, non qu’il soit cancre mais il était encore le petit nouveau, le bleu malgré son âge et une sorte de réserve le cantonnait pour l’instant dans un silence observateur dans cette réunion convoquée par le Maire. Il n’appréciait en général pas les politiques, toujours prompts selon lui à tirer la couverture à eux quand ça les arrangeait ou à la jeter sur les autres dans le cas contraire. Celui-là semblait d’une autre trempe même si, avec douze métros de retard, il ne pouvait pas faire autrement que de mettre enfin les mains dans le cambouis et se frotter à la dure réalité des choses, le Poète et ses vers, trop nombreux. Son entrée en matière lui plut cependant,  avec ce mélange désabusé de dégoût, de lassitude et d’impuissance, avec la si faible lueur d’espoir que cette séance serve à quelque chose. S’il se contenta de poser le constat, il resta attentif aux réponses que chacun apporta, touillant d’une façon machinale son café maintenant sûrement froid.

Ses supérieurs ouvrirent le bal, posant des constats simples mais efficaces, synthétisant l’état des connaissances à cette heure, échafaudant ensuite des hypothèses, parfois dérangeantes, mais nécessaires, reflétant leurs craintes d’avoir des corps dans la nature ou des victimes jusqu’ici muettes pour une raison ou une autre. C’est Willow qui mit les pieds dans le plat en évoquant à mots couverts une complicité interne, un mouchard au sein du commissariat qui aiderait le Poète à passer entre les mailles du filet. Si le reste de son intervention fut aussi percutante avec des idées tous azimuts, Mark se concentra surtout sur ses soupçons. Il finit par sortir du silence.

«Je suis le petit nouveau, dernier arrivé, mais je ne suis pas naïf pour autant. Willow, tu mets le doigt sur quelque chose de très grave. Je ne vous connais pas depuis longtemps, et je ne suis pas profiteur,  mais je pense qu’aucun de vous n’est le complice de ce tueur.  Maintenant, il est facile de se dire qu’avec autant de meurtres déjà découverts, il ne peut pas faire ça tout seul. Mais pas impossible. Il ne faut pas se laisser empoisonner par le soupçon, sans ça on arrivera à rien. Ce qu’on pourrait faire par contre, avec votre accord, c’est garder entre nous, et seulement entre nous cette réunion. Ça minimise les fuites comme tu dis…on verra bien… »

Il se frotta le menton, et sourit à la cantonade, ayant hâte maintenant d’exposer son idée. Il observa cependant les réactions de chacun à ses propos. Mâchoires crispées, doigts pianotants, regards au sol ou au contraire francs et directs, air absent ou concentré, Mark enregistra tout. Le but de ces quelques phrases était aussi de faire réagir, même si avec des professionnels, l’attitude pouvait être parfaitement maîtrisée, il en avait conscience. Mais il n’avait pas passé la nuit au commissariat, pas cette fois-ci, et il avait les idées claires, ayant eu l'avantage d’être rentré chez lui pour dormir quelques heures, prendre une bonne douche, se raser et avaler un solide petit-déjeuner arrosé de café. Ça lui avait fait un bien fou et permis de mettre certaines choses dans l’ordre, et de penser de façon plus rationnelle et d’être plus détaché, comme observateur. Il continua sur sa lancée, exposant à son tour ses quelques idées.

«Peut-être qu’on pourrait lancer une campagne de don du sang, ça nous permettrait de faire d’une pierre deux coups avec ceux qui viendraient. Avoir leur sang et pouvoir le comparer à la base de données et avoir un petit entretien médical avant. On pourrait repérer des victimes comme ça, peut-être. Évidemment,  tout le monde ne viendrait pas, mais ce serait déjà ça. On peut aussi chercher dans le fichier des personnes disparues et enquêter sur elles, avec l’idée que ce pourrait être des victimes… voir si leur disparition cadre avec la chronologie… »

Il se tut, repassant la main sur son menton en faisant un geste évasif de la main, pas à cours de théories ou d’idées mais désireux de ne pas monopoliser la parole. Et puis, malgré son âge et son expérience il n’était encore qu’un bleu, même si ça faisait quelques mois maintenant qu’il était là et pataugeait avec les autres dans le brouillard et la vase de ce trop intelligent meurtrier. Il ne voulait pas se mettre en avant. Certains n’avaient pas encore parlé et il fallait du temps pour chacun. Il était curieux de savoir ce que les autres penseraient de ses idées. En tous cas il appréciait l’initiative de cette réunion qui au pire serait inutile, mais qui pourrait plutôt débloquer l’enquête en mettant les points de vue en commun. Il avait déjà travaillé de cette manière par le passé et il en était toujours sorti quelque chose de positif. Il espérait qu’ici aussi ce serait le cas. Il était entouré de gens intelligents donc il n’y avait pas de raison que ça se passe mal.
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Sujet: Re: these streets they run wildLun 3 Oct - 0:23

Jesse avait serré ses deux mains sur son café en rentrant dans la salle de conférence en espérant que cela allait réussir à le réchauffer mais non. Tout était devenu trop froid et trop morne, et maintenant, passer les portes du commissariat était devenu une épreuve en soit. Mais ce matin-là, il l'avait fait avec une certaine hâte, il voulait savoir ce que Jacob Young avait de si important à dire. S'il avait une solution pour faire partir ses cauchemars ou chasser tous les silences qui accompagnaient toutes les fois où il avait revu Adam ces dernières semaines. Ou s'il pouvait recoller les morceaux simplement. Jesse n'y croyait plus, la plaie était trop grande, trop béante, et maintenant cette lettre. Sa seule piste à part revenir sur toutes les scènes de crimes, restait Tobias. Le grand brun était son seul espoir ou sinon il laissait tout tomber. Il rendait son badge et emmenait Adam loin de tout. Il en avait assez d'attendre que le pire arrive, assez qu'on le réveille avec des mauvaises nouvelles. Au moins, le maire semblait partager ce sentiment.

La discussion commença et Jesse fut silencieux pendant quelques minutes, les bras croisés, ses yeux bleus rivés sur le sol. Il ne remarqua à peine les regards que lui jetèrent successivement Willow et Arthur, trop ailleurs. À se demander de quoi tout le monde parlait, pourquoi est-ce qu'ils essayaient de comprendre la lettre au lieu de se concentrer sur l'auteur. "On perd notre temps." lâcha abruptement Jesse alors que la voix de Mark se faisait plus faible. "Pardon ?" Jacob avait cessé de noter toutes les idées sur le grand tableau noir et lui adressait un regard plus que dubitatif. Jesse soupira donc et se releva un peu plus sur son siège et observa chacun de ses collègues. "... On sait tous ici que si nous avons reçu cette lettre c'est qu'il doit y avoir une victime à l'agonie ou un corps quelque part. Rien n'a été laissé au hasard depuis le début de ce cauchemar alors pourquoi maintenant ?" C'était logique, ce n'était pas dans le profil du tueur de fanfaronner pour des crimes qu'il n'avait pas commis, non. Le Poète aimait faire savoir quand il avait frappé, pas comment ni pourquoi, mais quand. Les victimes et leur corps avaient toujours été placés dans des cadres plus que dramatiques au possible. Comme si elles n'étaient rien d'autre que des trophées. Comme si elles n'étaient plus humaines. C'était ça le Poète, une sorte de collectionneur, méthodique et organisé. "Je suis d'avis que les phrases qui nous manquent sont des victimes ou alors, si on peut vraiment appeler ça comme ça, des survivants. D'autres Laura Munoz, d'autres Ruby Swann, d'autres A..." Cette fois-ci, Jesse marqua une courte pause et son regard rencontra enfin celui de Willow. Juste l'espace de quelques secondes, avant qu'il se reprenne, s'il voulait rester sur cette enquête, il devait considérer Adam comme un nom de plus sur une liste, ni plus, ni moins.

"Le problème, c'est qu'on perd notre temps, on joue selon ses propres règles. L'idée que tu proposes Mark est bien mais il faut le secouer, le remuer, pourquoi attendre ?" C'était ce qu'il avait dit à Arthur il y a des mois de cela, pourquoi jouer le jeu du chassé ? Pourquoi devaient-ils attendre, parce qu'il y avait la loi, probablement, mais en attendant, ils avaient toujours un meurtrier, dangereux dans les rues. Des rues qu'ils avaient tous juré de protéger. S'ils étaient un minimum impliqués, ils ne pouvaient certainement pas dormir la nuit, pas complètement. "Ce salopard aime jouer, il aime se montrer et nous faire savoir qu'il a un train d'avance, on pourrait essayer de l'avoir à ce jeu. Du genre faire circuler un communiqué de presse pour dire que nous avons fait une avancé massive, ou découvert un des complices du tueur... n'importe quoi qui le pousse à briser ses plans et à commettre une erreur." L'idée de Jesse, et il le savait, était complètement folle mais pourquoi pas ? Suivre le protocole n'avait absolument rien donné jusqu'ici et ce meurtrier était définitivement d'un genre nouveau. Jesse haussa néanmoins les épaules après sa tirade, déjà épuisé.

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Sujet: Re: these streets they run wildMar 11 Oct - 20:38

« Commettre une erreur. » Liam gloussa. Oui c'est ça, il eut un rictus ironique pour Jesse et son espoir fou que le Poète se mette tout seul les chaînes aux mains et au pieds, avec la tenue orange pour qu'on ne le rate pas. En même temps il comprenait. Son petit ami avait servi d'acteur non consentant devant une foule pourtant avertie de la perversité du tueur et de son sens de la mise en scène. Perversité, oui parce qu'il avait soigneusement choisi sa victime, au nez et à la barbe de l'officier qui évidemment se retrouvait pétri de remords. Deux victimes au lieu d'une. Jesse avait le, sang d'Adam sur les mains, pas au sens propre mais au sens figuré. Il se le reprochait et Liam se disait que c'était tant mieux. Il avait ainsi bien malgré lui du carburant supplémentaire pour traquer ce fantôme insaisissable qui les narguait depuis trois ans maintenant. Mais il était nécessaire que le jeune homme canalise cette énergie, cette colère, cette rage même afin qu'elle soit utile et productive, ce qui n'avait pas l'air d'être le cas pour le moment.

Attentif, dans son coin comme toujours, le médecin légiste n'avait pas perdu une miette des interventions précédentes et des idées notées consciencieusement par le Maire déguisé en maître d'école au pire, en guignol de conférencier au mieux. S'il lui reconnaissait le mérite de l'initiative de cette réunion, bien nécessaire et trop tardive selon lui, il attendait plus de lui. L'épisode désastreux mais instructif de la conférence de presse devait l'avoir rendu nerveux et il fallait donc qu'il agisse, qu'il se montre en fin politique et tacticien, qu'il redore son blason, qu'il tire les marrons du feu et la couverture à lui, comme d'habitude. L'interview ne devait pas avoir suffi, il fallait qu'il en fasse plus. Liam avait bien l'intention de le mettre un peu sur les chardons ardents. Mais pour le moment, il s'intéressa à ce Mark et à sa proposition, reprise par Mahoney. Pourquoi pas ? Il se leva, dépliant sa silhouette longiligne le long de la fenêtre sur laquelle il s'appuya.

« Commettre une erreur ! Vous rêvez jeune homme. Pas une seule faille, pas un seul indice exploitable, aussi par notre incompétence sur laquelle il peut compter malheureusement, pas de piste, pas de suspect. Et vous pensez qu'avec un petit fake vous allez l'avoir, comme ça, servi sur un plateau ? Et puis je ne pense pas qu'il ait de complice. Trop dangereux. »

Il se tut, bien conscient d'avoir été sec et d'avoir l'air de remettre un policier d'habitude doué en place. Mais bon, tout le monde le connaissait comme ça, désagréable et supérieur. Il n'avait pas l'intention de changer pour autant.

« Mais vous avez raison, il faut le secouer, le remuer. Alors l'idée de Mark vous a plu. C'est vrai qu'elle est bonne, à condition que les gens n'aient pas le choix. Il faut trouver le moyen de les obliger à venir. Vaccination anti-Zika, dépistage d'un produit chimique répandu par erreur, dépistage du cannabis au volant et au travail…. Je ne sais pas. Il faut inventer plusieurs dispositifs à mettre en place en même temps, avec des petites questions anodines pour tester un peu les gens. Mais c'est bien beau tout ça. Ça ne marche que si le sang du Poète est sur une des lettres, sur cette lettre. Sinon, ça ne sert à rien. »

Il marcha un peu dans la pièce, réfléchissant tout haut.

« Il faudrait pouvoir rentrer chez les gens, avoir un prétexte pour fouiller partout, pour trouver son attirail et ses trophées. Il a forcément des trophées. Qu'est-ce qu'il leur a pris ? »


Il regarda l'assemblée. Qui avait cette réponse ? Le Lieutenant Sarmoise, le Colonel Åkerfeldt ?

« Et puis Mademoiselle Willow a raison sur un point. L'écriture. A t-elle été analysée, enfin ? Ça fait des mois que je le demande, pardonnez-moi. »

Il laissa passer un silence, souriant du plus chaleureusement possible à la jeune femme, c'est à dire qu'une grimace étira un peu ses lèvres fines.

« En tout cas, je pense que c'est une bonne chose que nous réfléchissions ensemble, ça peut faire avancer les choses. Et vous Monsieur le Maire, vous avez des idées, des propositions à nous faire ? Je suis curieux de vous entendre, vous aussi. »

Il termina en souriant plus franchement, avec un brin d'ironie dans les yeux, bien conscient et content d'être un poison pour les autres, mais aussi d'avoir posé à son avis de bonnes questions. Aux chefs de répondre, il avait clairement mis la balle dans leur camp et mis en lumière leur incompétence, à laquelle il ne s’associait pas le moins du monde malgré ce qu'il avait dit, mais c'était pour la politesse, concession nécessaire il lui avait semblé. Il se rassit et replongea dans son mutisme, attendant sagement presque l'apport du prochain tour de table. Il en profitait aussi pour regarder les relations entre ses collègues, révélées par les regards et les sourires, les crispations et les moues. Il adorait ça et ne boudait pas son plaisir sous son air glacial.
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Sujet: Re: these streets they run wildVen 21 Oct - 19:48

VICTIME MANQUANTES.
CYCLE.
ANALYSE ÉCRITURE.
ANALYSE SANGUINE.


Je note tout ce qui se dit dans la salle, tout ce qui me parait un minimum cohérent et important, le bruit de la craie sur le tableau me réveillant presque. Presque. Cette dernière continue le travail du froid qui lui poursuit sa propre mission dehors et va réveiller les plus faibles dans leur lit. Toutes les personnes ici présentes soulèvent des points importants et je me dis que si une assemblée de ce genre avait été organisée il y a des mois de cela, nous aurions pu éviter bien des drames. Mais à quoi cela sert-il de se morfondre ? Il est impossible de retourner en arrière, j'ai déjà essayé, ça ne sert strictement à rien d'espérer, on ne peut qu'avancer. Un pas après l'autre, lentement, difficilement, mais un pas après l'autre néanmoins. Le ton monte après l'intervention de l'officier Mahoney, alors que j'étais en train de penser à cette idée de don du sang qui pourrait redonner un minimum d'espoir à nos habitants et leur rappeler que certains se battent toujours pour leur vie... Je comprends presque le ton de Jesse, je suis passé par là moi aussi, mais son idée me semble un peu trop dangereuse. Comme jouer avec de la dynamite, c'est quelque chose oui, mais c'est trop instable pour être considéré comme quelque chose de sérieux non ? Je ne suis pas le seul à le penser, je fronce les sourcils vers Liam, pas forcément ravi que nous soyons du même avis, et encore moins par le ton qu'il, la suffisance trop audible dans son discours. À ces mots, les regards se tournent de nouveau vers moi et j'ai l'audace d'hausser les épaules. Pas de faux semblant ici, pas de titre pompeux, pas de monsieur le maire merci... face à la mort, face à tous les corps qu'on a tous du mettre en terre, nous sommes complètement égaux. C'est bien ça la beauté de la chose.

"Jacob... Appelez-moi Jacob. Ça suffira pour le moment Docteur Haynes et contrairement à ce que vous semblez croire je ne suis pas là pour qu'on me brosse dans le bon sens du poil." Je pousse un soupir et passe une main dans ma barbe. Je suis là parce que j'en ai marre, je suis fatigué, fatigué de l'horreur et que j'aimerais que la monotonie revienne. Ce n'est pas une question de me faire ré-élire ou de protéger les gens que j'aime non, il faut que ça s'arrête et que tout redevienne un minimum normal. Que les gens retournent à leurs préoccupations futiles, après tous les distractions du quotidien sont bien là juste pour oublier qu'on est mortel et qu'on va s'éteindre un jour, nous n'avons définitivement pas besoin d'un malade en liberté pour instiguer la peur. "Ce couvre-feu ne pourra pas durer éternellement." J'ajoute, parlant probablement pour tous. C'est une mesure d'urgence qui déplait à un grand nombre d'habitant et qui si elle ne prouve pas son efficacité ne pourra pas être reconduite. Nous manquons de tout aujourd'hui, mais surtout, de temps. "Personnellement, je pense qu'il s'agit de notre tueur, tout comme je pense qu'il y a peut-être une victime quelque part à l'agonie et d'autres corps que nous n'avons pas retrouvé. Ce qui ne m'enchante pas du tout." La liste s'allonge, je ne pense pas que le meurtrier soit du genre à se vanter de crimes qu'il n'a pas commis, ce n'est pas son style, ça ne correspond pas aux mises en scène macabre auquel il nous a habitué.

"Vous avez tous remarqué qu'il y a des phrases en plus et il essaye définitivement de nous dire quelque chose, il faudrait qu'on lui fasse passer un message, pour lui faire comprendre qu'on l'écoute et que les meurtres doivent cesser." Là encore, je ne vois pas comment communiquer avec un tel individu. Qui pourrait être n'importe qui et qui pourrait même être dans cette pièce. L'idée ne me fait ni chaud ni froid à dire vrai, je suis certain que ne m'étonnerait pas plus que ça. "Avec la plus grande discrétion possible." Je me tourne vers Jesse et Mark, réfléchissant à toute vitesse. "Ce que vous suggérez tous les deux ferait beaucoup trop de bruit. Et nos experts analysent déjà l'écriture et le sang mais je n'ai pas encore eu de retour concluant pour le moment, donc nous devons nous contenter de cette lettre et ce que nous savons déjà." J'extirpe d'un dossier, une copie de la fameuse lettre que je commence à lire à voix haute avant de m'interrompre : "Il manque une victime pour la phrase rien d'essentiel. Miss Munoz a été forcée d'écrire je ne possède rien et Miss Clyne juste une perle pourpre. Si c'est vraiment le Poète et qu'il ne joue pas ça nous laisse deux options : soit quelqu'un ne s'est jamais confié à la police... soit c'est un corps que nous n'avons jamais retrouvé."

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Sujet: Re: these streets they run wildJeu 27 Oct - 14:34

these streets they run wild

◆ Feat Police Dept ◆


J'avais été la première après le maire, après Jacob à donner mon hypothèse. Est ce que j'avais visé juste ? Je le pensais mais peut être que d'autres ici présents allaient apportés un autre éclairage que le mien à propos de tout cela, alors je me mettais à tous les écouter de façon attentive. J'avais l'habitude d'émettre de nombreuses théories, souvent pour moi-même mais sans doute qu'aujourd'hui, j'en parlerais à eux, si cela semblait être plausible. En tout cas, je n'avais pas eu peur de prendre la parole en premier et je n'aurais jamais peur d'agir de la sorte, jamais.

Ce fut donc le colonel qui prit la parole après moi, il semblait d'accord avec ce que je venais de dire ce qui me confortait dans ma prise de parole. Pour lui, les victimes manquantes étaient probablement en vie, mais elles n'avaient tout simple pas porté plainte, et ne s'étaient pas manifesté aux forces de police. Le problème, c'est que je ne vois pas comment nous pourrions sensibiliser les victimes pour qu'elles se mettent à parler comme ça maintenant, alors que cela doit faire plusieurs mois que les agressions ont eu lieu. Peut être que quelqu'un ici présent aura une idée lumineuse. Il émettait ensuite plus d'hypothèse sur cette lettre en elle-même : la forme, les retours à la ligne. Mais si le Poète avait envoyé cette lettre, est ce qu'elle marquait la fin de ces tueries ? Est ce que c'était la fin de son premier poème ? Est ce que c'était ainsi que les choses fonctionnaient ? Nous n'en savions rien, parce qu'il manquait bien trop de pièces à ce puzzle.

Puis Willow prends la parole, et elle parle d'une chose que je pressentais. Cela arriverait à un moment donné sur la table mais je ne pensais pas que cela arriverait aussi vite : un complice dans le commissariat, peut être même qu'il était autour de cette table, allez savoir. Cette hypothèse avait du sens dans ma tête, mais comment le prouver ? C'était difficile, pas impossible cela dit, mais cela voudrait dire que nous ne pouvions plus faire confiance à personne, et cela me chagrinait véritablement. Mais comment expliquer que le Poète a toujours un coup d'avance sur nous ? Je me suis même imaginé que le Poète pouvait être l'un ou l'une d'entre nous ici présent. Mais cela voudrait dire qu'il a réussi à contourner toutes les analyses concernant ces traces de sang, ces empreintes, tout, un travail colossal, un travail très minutieux, malheureusement pas impossible au vue de comment il nous traitait depuis maintenant des lustres. Les autres hypothèses de Willow tenaient aussi la route, et c'était bien la tout le problème. Tellement de pistes probables avec un petit bout de papier, tellement de temps à perdre, mais comment savoir si tout cela était vrai ou faux ? Impossible tout simplement.

Mark qui était le dernier arrivé dans l'équipe ne semblait pas croire à une possible fuite de la part de l'un d'entre nous. J'avais foi en l'humanité, mais je ne pourrais jurer de rien du tout tellement cela semblait possible même si rien n'était prouvé, rien. Il pensait que nous pourrions faire une campagne de don du sang pour avoir plus de sang à analyser et peut être tenter de déceler des victimes potentielles. L'idée n'était pas mauvaise, j'en conviens, mais à mettre en place, cela me paraissait quand même difficile, mais je n'étais pas celle qui décidait ici, alors peut être que l'idée plaira, je ne saurais dire, je n'étais pas spécialement emballée. Mais le fichier des personnes disparues était une bonne idée, qui avait déjà été évoquée me semble-t-il.

C'est alors que Jesse prend la parole de façon assez audacieuse, mais il n'a pas tord. J'aime ces idées mais je ne suis pas certaine que lancer de fausses rumeurs de la sorte soit du goût de tout le monde. Si nous faisons ce genre d'annonce, nous allons avoir la presse sur le dos, nous allons avoir des appels ici qui vont nous faire perdre du temps, et doute ultime, le Poète va-t-il mordre à l'hameçon ? Il est si sûr de lui que je ne suis pas certaine qu'il tombe dans le panneau, parce que justement, il n'a rien à se reprocher et qu'il saura immédiatement que tout cela n'est que du vent, et il est rare que l'on s'accroche au vent qui n'est pas palpable malheureusement. Cela ne ferait qu'ébranler la population, rien de plus, et ce n'est pas le but recherché, pourtant, il faut bien faire quelques choses, c'est donc un foutu cercle vicieux qui se dessine devant mes yeux. Mais si l'idée est approuvée, je suis prête à me salir un peu les mains pour avoir ce fichu Poète.

Le médecin légiste prit alors la parole, et si l'idée de Jesse pouvait être bien, elle n'était garantie d'aucun succès, surtout que le Poète risquait de voir la base de ce château de cartes en l'enlevant l'une des cartes fondatrices pour que ce petit jeu n'apporte rien, si ce n'est un fiasco de plus. Mais ce que voulait Liam me semblait trop irréaliste, ce n'était pas possible d'agir de la sorte avec tous les habitants, les forçant à donner du sang, ou a fouiller chez eux. Tout pouvait se faire, sur une base de volontariat, sinon, il en était fini de l'apparente quiétude de la ville. Il se mit alors à interpeller le maire qui semblait avoir été tout aussi attentif que moi à nos hypothèses multiples.

Il semblait tenir à ce qu'on l'appelle par son prénom alors qu'il appelait Liam docteur Haynes, mais cela n'avait pas guère d'importance. Comme je le pensais, il n'était pas fan des idées de Jesse et Mark, trop gros, trop de bruits pour au final, aucune garantie d'un quelconque résultat. Il voulait cependant communiquer avec le poète, et j'avais une idée pour ça, en espérant qu'elle plaise, parce qu'elle sera assez discrète.

" Je pense sincèrement que c'est une victime encore vivante, parce que le Poète s'est toujours bien arrangé pour que les victimes mortes soient retrouvées de façon théâtrales. Si nous voulons communiquer avec le Poète, pourquoi ne passerions-nous pas une petite annonce dans le journal de la ville. Il doit se tenir au courant par ce biais là, n'est ce pas ? Alors pourquoi ne pas lui communiquer un message par le biais d'une annonce énigmatique, que personne ou presque ne pourrait comprendre, si ce n'est lui puisqu'il se croit si intelligent que ça ? Nous pourrions lui faire comprendre que nous savons qu'il manque une victime peut être ? Est ce que cela ne va pas le forcer à achever cette victime ? Est ce qu'il est du genre à revenir sur une oeuvre qu'il n'a pas terminé ? On ne sait même pas s'il agit de la sorte après toutes ces années. Mais peut être qu'en jouant avec d'autres règles, discrètes mais intelligentes, il arrivera à faire une petite erreur qui nous permettrait d'avancer vers lui. "

Bien entendu, je faisais abstraction d'Adam, mais la mise en scène de sa presque mort avait été grandiloquente alors il rentrait dans le moule que le Poète avait fait pour ces victimes. Mon idée allait-elle plaire ? Je n'en savais rien, mais mon regard était plus que jamais déterminé à trouver une solution pour arrêter ce Poète de malheur, coûte que coûte !

 


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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: these streets they run wildMar 8 Nov - 1:00

Ce qui ressortait de cette réunion, c'était l'importance que l'affaire avait pris dans leurs vies respectives. Chacune des personnes présente dans cette salle était affectée, qu'elle le veuille ou non. Combien d'entre eux étaient véritablement assignés à cette enquête? Peu, et pourtant les autres s'impliquaient également, chacun y allant de son idée, de ses réflexions. Chacun d'entre eux avait réfléchi, seul chez lui, dans le bus, dans la voiture, en patrouille; chacun avait retourné la question dans sa tête, prenant de son propre temps, de sa propre initiative. Personne n'arrivait à laisser l'affaire sur le pas de la porte lorsqu'ils quittaient le commissariat. Ils l'emportaient tous avec eux, ramenant son odeur infâme sur les vêtements, sur la peau, et rien ne parvenait à l'effacer, ou même simplement à l'atténuer. Alors ils y pensaient, essayant, dans leur petit coin, de faire la différence, de trouver des solutions. Il était largement temps qu'ils mettent tout en commun.

Elle avait fini par sortir une feuille et un stylo et par prendre des notes. Les idées fusaient trop vite pour qu'elle ait véritablement le temps de toutes les trouver mauvaises et de les noter. Elle s'arrêtait sur des phrases employées par ses collègues. Elle les agrémentait de points d'exclamation indignés et de soulignements agressifs. Mais quoi qu'il en soit, son instinct grondait à chaque fois que quelqu'un proposait quelque chose, et elle ne savait pas si c'était elle qui avait véritablement tout faux ou les autres qui faisaient tout de travers. C'était probablement elle. Elle n'avait pas la formation qu'ils avaient, pas les années de service à se plier aux lois, à les faire respecter. Elle ne savait pas sur quoi se baser pour établir des idées, dans quelle direction partir. Elle n'arrivait pas à inventer des plans pour collecter du sang, tenter de récupérer des infos sur les citoyens, ou pour attirer d'anciennes victimes, probablement parce qu'elle les voyait échouer d'ici. Les survivants avaient su se cacher jusque-là, ils ne viendraient pas délibérément s'afficher et confesser qu'ils avaient été attaqués. Quant au Poète, elle n'arrivait pas à l'imaginer usant son propre sang pour écrire sa lettre. Mais c'était peut-être la préconception qu'elle avait de lui qui l'induisait en erreur. Le médecin légiste la terrifiait, mais dans cette histoire, c'était le seul qui accordait un tant soit peu de crédit à ses idées. Devant un tel succès, elle avait préféré s'écraser au fond de sa chaise, laissant les grands parler. Prenant des notes énervées sur sa feuille.

Mais elle n'y comprenait décidément rien. Parce qu'elle n'arrivait pas non plus à trouver l'intérêt de le pousser. Peut-être qu'elle n'avait pas encore atteint la section serial killer de sa formation. Elle comprenait l'envie de le voir faire une erreur, mais elle ne savait pas s'ils sauraient reconnaître une erreur s'ils en voyaient une. C'était dire à quel point elle croyait en eux. Et, de toute manière, ça faisait une victime de plus. Tout ce qu'ils impliquaient supposait de pousser le Poète à commettre un autre meurtre. Comme s'il n'y en avait pas eu assez. Même si la personne survivait grâce à cette fameuse erreur, ça ne valait pas le coup. Ca ne faisait qu'écorcher vive une personne supplémentaire. Foutre en l'air une vie de plus, au minimum, sans compter les proches qui souffraient du contrecoup.  D'aucun aurait pu rétorquer qu'il en valait mieux une seule autre victimes que dix suivantes, mais c'était beaucoup plus facile à accepter en théorie que ça ne l'était en pratique. Ca impliquait de simplement autoriser quelqu'un à mourir. Mais après tout, ça n'était pas son enquête, et elle n'avait probablement pas son mot à dire. Mais elle s'agitait sur sa chaise, et sa pauvre fiche de note ressemblait à un champ de bataille.

«Je suis désolée, lieutenant, mais je pense pas qu'elle soit nécessairement vivante. Les dernières victimes ont été théâtrales, ok. Mais celles d'avant, les victimes étaient retrouvées chez elle, et pas exposées. S'il retourne à ses anciennes habitudes, il suffit que personne ne soit encore passé chez cette victime-là, non?» C'était posé sous forme de question, mais elle n'avait absolument pas envie qu'on lui réponde. Elle avait beaucoup de choses à dire tout à coup. «Et puis lui faire savoir qu'on sait qu'il manque une victime? C'est précisément le but de cette lettre, non? Nous prouver ou nous faire croire qu'il a encore de l'avance, comme toujours. Il est si intelligent que ça. Ca sert à rien de le sous-estimer. On est pas plus avancés depuis trois ans qu'on est après lui, vous l'avez dit vous-même..» Elle s'arrêta quelques instants, reposant les yeux sur sa feuille, avant de les fixer sur le visage du maire, pour éviter de croiser le regard de qui que ce soit d'autre. «Lui faire comprendre qu'on l'écoute? Que ça doit cesser? Mais vous vivez où? Vous êtes le maire de Fairhope ou d'une ville où un gamin a fait un caprice?» Son rapport à l'autorité avait toujours été bancal, mais le maire, c'était nouveau, et c'était peut-être un peu trop gros. Elle s'arrêta net dans sa lancée, mais repartit sur autre chose. Après tout, il avait dit ne pas être là pour être flatté, et elle n'était pas là pour ça non plus.

«Puis le pousser à faire une erreur, dans l'idée c'est bien sympa. Mais vous savez que ça implique systématiquement une victime de plus? Je veux dire, on sait qu'il va pas s'arrêter là, mais le pousser à se précipiter, ça veut dire volontairement l'inciter à aller tuer quelqu'un. On lui donne le feu vert. Même s'il se rate, vous pensez à la personne qui survit? A ses proches? Et même s'il se précipite et fait une erreur, est-ce qu'on aura assez? Est-ce qu'on pourra regarder la victime dans les yeux et dire ouais on t'a sacrifié mais regarde on l'a eu?» Elle imaginait les réponses que ça allait susciter, mais elle savait qu'elle ne pourrait jamais regarder dans les yeux d'un Adam ou d'un autre s'ils faisaient ça. Une fois encore, ça n'était pas son enquête. Elle parvint à se calmer. «Ce que je veux dire... Est-ce qu'on a apporté assez d'attention au peu qu'on a Elle pensait évidemment à cette soirée et cette matinée avec Jesse, mais elle n'allait certainement pas revenir sur la promesse qu'elle lui avait faite. Il était le plus à même de juger ce qu'ils feraient. «Par exemple... Est-ce que c'est toujours la même arme? La même drogue? Si oui, il l'achète où? Est-ce qu'il force les portes? Vous avez probablement déjà répondu à toutes ces questions, mais comme je connais pas les détails...» Elle était un détail. Un petit détail dans cette pièce de théâtre, tristement célèbre pour avoir ravagé une scène de crime en se jetant dans les bras d'un cadavre. Rideau.
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Sujet: Re: these streets they run wildMer 14 Déc - 22:39

La vérité, c’était qu’il n’avait pas bougé. Son stylo avait tracé quelques traits rapides sur son brouillon, quelques lettres s’étaient formées mais rien de très cohérent. Des mots que d’autres avaient prononcé, qu’il avait jugé bon de souligner avant de les rayer au fur et à mesure. Plus rien ne faisait sens. L’un disait une chose, l’autre rétorquait son contraire. L’un proposait une idée, puis on établissait qu’il s’agissait en fait d’un erreur. On avait beau constater les échecs et tenter de trouver une solution pour faire avancer l’enquête, tout le monde finissait par tourner en rond. Au final, Willow avait raison de s’impatienter, et bien qu’il fut tenté de laisser échapper un soupir, il préféra lâcher son stylo pour relever la tête et ainsi se concentrer sur ce qui se passait autour de lui. Les questions de Willow étaient légitimes après tout, et il y en existait certaines pour lesquelles Arthur aurait souhaité lui-même obtenir des réponses ; sans doute ne les avait-il pas du fait de son poste, de sa mutation au rang de colonel qui l’obligeait à passer plus de temps à son bureau que véritablement penché sur les dossiers importants, mais dans tous les cas, la jeune femme avait eu le don de mettre le doigt sur certaines choses qui le tracassaient. C’était presque à se demander si quelqu’un ne s’amusait tout simplement pas à dissimuler la moitié des informations de cette affaire juste pour avoir une longueur d’avance et ainsi pouvoir mener son enquête de son côté ; ou simplement pour aider le Poète. Il nota ce qui lui paru essentiel, ne serait-ce que pour prendre le temps de vérifier par lui-même dès qu’il aurait un instant. Personne ne lui refuserait l’accès aux archives, et il ferait en sorte d’éclairer ses propres lanternes…

Pour le reste, il décida de ne pas forcément s'attarder dessus. Les idées n’étaient pas mauvaises, aucune d’elles ne l’étaient ; loin de là. Disons plutôt qu’il ne les jugeait pas appropriées au problème auquel il faisait face depuis trois ans maintenant. Un don du sang, faire croire à la communauté qu’ils étaient menacés par une épidémie ou un produit chimique en plus du Poète n’était clairement pas la marche à suivre. Cela ne ferait qu’accabler les forces de police encore davantage, et ils se retrouveraient à devoir gérer des émeutes ou des suicides dans les cas les plus extrêmes. Ou une annonce que le Poète serait le seul à déchiffrer ? À quoi bon quand ils n’étaient justement pas certains d’avoir réussi à déchiffrer celui du Poète. « Willow a raison, est-ce qu’on a suffisamment exploité ce qu’on a déjà avant de se lancer dans un jeu du chat et de la souris auquel nous ne nous sommes pas suffisamment préparé ? Il faut rattraper notre retard, ça devient urgent. Et pour ça, je pense qu’il serait bon de reprendre tout depuis le début. » Le changement dans sa posture indiquait qu’il n’avait pas fini, mais qu’il restait attentif au fait qu’il ait bien l’attention de tout le monde. Pas question de reprendre dans trente secondes pour répéter la même chose, ou tenter d’expliquer son point de vue à deux imbéciles qui n’auraient pas pris la peine d’écouter.

« Ceci étant dit, je pense effectivement qu’on devrait utiliser un appât. » Le silence était nécessaire, histoire de ne pas assassiner l’équipe avec ses mots. « Non pas viser une victime qu’il garderait potentiellement au chaud quelque part, mais un véritable appât. Il y a des tas de nouvelles recrues qui seraient ravies de faire le sale boulot. Je suis même assez surpris que les fédéraux ne nous ait pas déjà envoyé quelqu’un pour tenter d’attirer le Poète dans nos filets. » Il haussa les épaules. Qui pouvait être certain que l’un d’entre eux n’était pas chargé d’une telle tache ? Après tout, Arthur n’était pas assez haut placé pour être mis au courant, et Jacob n’était que maire, alors impossible de savoir si un tel plan était en place sans qu'ils le sachent. « Ou si tout le monde est réticent à l’idée d’essayer d’être la prochaine victime, on pourrait copier ses mises en scène. Dire qu’un corps a été retrouvé. Un corps qui ne sera évidemment pas l'une des victimes qu'il aurait prévu. Il le saura forcément ; et il sera forcé de chercher celui qui marche sur ces plates-bandes. » Arthur fronçât les sourcils, réalisant qu’il réfléchissait tout haut et que tout le monde autour de lui était témoin de ses pensées. « Le problème avec cette solution, c’est qu’un seul faux corps ne suffira peut-être pas. Il en faudra plusieurs. Il faudra organiser de fausses funérailles ou mettre en place de fausses scènes de crime, convier la presse. Manipuler tout le monde, pas seulement lui. Et l’un de nous devra être son adversaire, pour plus de crédibilité. Et pour le prendre à son propre piège. » Encore fallait-il que le Poète ne se trouve pas dans cette pièce à l’instant où Arthur prononçait ces mots ? Non, impossible ; son regard se perdit tout de même dans ceux des autres, juste un instant.

« Je vous entends déjà me dire que je disjoncte. Mais rendez-vous à l’évidence : ce n’est pas la police qu’il craint ici. Alors laissons tomber nos dons du sang, nos armes ou même cette idée de couvre-feu. Il n’y a pas de place pour un deuxième fou ici, il ne voudra jamais la céder. C’est la seule et unique chose qu’il craint : qu’on arrête de parler de lui ou qu’on lui vole la vedette. Autant lui apporter un adversaire digne de ce nom sur un plateau, un qui soit crédible. Il se jettera tout seul dans la gueule du loup sans même y réfléchir à deux fois, juste pour pouvoir régler son petit différent avec son rival. Et c’est à ce moment-là qu’on le coince. » Si cela ne tenait que de lui, il approuverait sa propre décision sur le champs. Mais cela n’était malheureusement pas le cas. Son sort et celui du Poète étaient donc entre les mains de ses interlocuteurs…

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i don't care if it hurts, i'll pay my weight in blood to feel my nerves wake up. so love me now or let me go, let me feel these high and lows before the doors to my heart close. show me that i'm human, make me feel something.

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Sujet: Re: these streets they run wildMer 21 Déc - 1:27

Personne n’était parfait. Non, personne et pendant les quelques cours qu’il avait eu à la faculté de Fairhope, on avait appris à Jesse à discerner le vrai du faux et de surtout, de ne pas se laisser berner par les apparences. Mais cette affaire n’était que ça, de la poudre aux yeux, un grand spectacle, une mascarade mise en jeu pour détourner les yeux de l’essentiel. L’essentiel étant bien entendu les cadavres découverts par le public un fois que le spectacle était fini, une fois qu'il fallait rentrer chez soi et retourner à ses activités quotidiennes. Mais le Poète avait changé ça, il n'y avait plus de routine, il n'y avait plus de lieu sûr, il n'y avait rien d'autre que le chaos environnant et cette réunion en était un exemple plus que parfait.

Le métis haussa à peine les épaules alors qu’il entendait Willow remettre Jacob Young à sa place, avec une sagesse qui ne collait certainement pas avec son âge. Jesse savait que pour elle, comme pour lui d’ailleurs, l’affaire était devenue plus que personnelle et imaginer une autre victime lui donnait la nausée. Il ne pouvait pas y avoir une autre Laura, ou Rose, ou Ruby… et surtout, il ne pouvait pas avoir un autre Adam, pensa t-il férocement. C’était hors de question, personne ne servirait d’appât pour ce malade mental et plus aucune goutte de sang ne serait versée. L’idée de Jesse ne proposait pas de mettre en jeu la vie de quelqu’un en jeu et il posa sur Arthur un regard acide, presque irrité de voir son ainé traiter la vie avec aussi peu de respect. C’était un comble quand on connaissait la vie mouvementée de cet homme. Non, ça ne collait pas, ils allaient droit dans le mur s'ils songeaient vraiment sacrifier une brebis galeuse pour celui ou celle qui rodait dans le noir. «  Il faut arrêter de se voiler la face, nous savons qu’il va de nouveau frapper, la question est de savoir où et comment. » dit Jesse, avec un peu plus de fermeté cette fois-ci. Sa voix était prête à couvrir le bruit environnant, tant il était dépassé par les événements. Il pensait que les gens présents ici aurait un minimum d’intelligence et qu’ils pourraient attraper ce meurtrier sans pour autant envisager un autre cadavre. Non, le jeune homme ne pouvait même pas imaginer quelqu'un d’autre en train de souffrir ou en train de se vider de son sang.

« Le pire dans tout ça c’est qu’on pourrait déjà savoir qui est la prochaine victime. » Jesse sentit quelques regards se tourner vers lui et il chercha celui de Willow à qui il adressa un regard désolé. Au final, c’était lui qui allait briser sa promesse, mais ils n’avaient plus le temps, si on se lançait dans des mesures désespérées, autant annoncer leurs trouvailles à tout le département. « Willow et Arthur ont raison, on a déjà tous les éléments, c’est juste que nous sommes partis dans notre quête de meurtrier et que nous n’avons pas regardé. » Lui comme tout le monde avait foncé tête baissée, persuadé que le meurtrier serait attrapé il y a bien longtemps. Jesse pouvait encore se revoir, avec des années de moins, à écouter les discours de Laura Munoz à la télévision locale en se disant que bientôt, tout ceci serait fini... oh comme il avait eu tort, tellement tort. « Relisez les rapports, il manque souvent des objets anodins sur les scènes de crime, quelque chose d’aussi stupide qu'un stylo ou un objet de la vie de tous les jours. Mais c’est ça justement, il a bien préparé son coup… ce qui voudrait dire que les familles de certaines victimes ont pu garder chez eux des pièces à conviction et les contaminer depuis des années. » Jesse était quasiment certain que c'était de cette manière que le meurtrier avaient réussi à effacer ses traces, il arrivait déjà à s'introduire chez les gens alors pourquoi ne pas y laisser quelque chose d’incriminant. Les gestes de la vie de tous les jours eux se chargeaient de détruire les preuves et voilà... le tour était joué, impossible de discerner une paire d’empreinte d'une autre. C’était même ingénieux quand on y pensait. « Nous avons trouvé, Willow et moi, sur deux scènes de crimes, les initiales de la victime suivante. Celle de Laura Munoz sur une des photos prises quand John Doyle a été retrouvé et… et… » Jesse marqua une pause et il déglutit faiblement. Ce n'était pas le moment de flancher, il suffisait qu'il montre ne serait-ce qu’un signe de faiblesse et on le retirerait de l'affaire à cause de sa proximité avec l'une des victimes. « Et les initiales d’Adam Miller au Willow Lake, juste là, gravé au pied de l’arbre où a été retrouvé Mary Wilson. » lâcha Jesse sans plus de cérémonie.

Voilà, ce qu'ils avaient tous manqué, et ce que lui et Willow avaient trouvé ce matin là. Il croisa les bras sur sa poitrine et fixa Jacob de ses yeux bleus. « Donc si vous voulez commencer quelque part, je vous suggère de passer au peigne fin la mairie et toutes les photos des scènes de crime. »

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Sujet: Re: these streets they run wildJeu 12 Jan - 0:25

these streets they run wild

◆ Feat Police Dept ◆


Nous donnons nos hypothèses, nous donnons notre avis, nous donnons ce que nous avons en réserve pour pouvoir avancer, mais nous ne pouvions pas prendre de multiples décisions. Je le savais bien, je n'étais qu'une boite à idée aujourd'hui, ou quelques choses dans ce genre là. La décision finale se jouera avec le colonel qui était le plus haut gradé et le maire, cela tombait sous le sens évidemment. Je ne savais pas ce qu'ils allaient retenir, mais j'osais espéré que cela sera constructif, vraiment. Willow réagissait après moi, pour elle les victimes n'étaient pas forcément en vie, mais pour tout vous dire, je ne savais pas vraiment sur quel pied danser. Il y avait des victimes vivantes, c'était une certitude, il n'y avait pas qu'une survivante du Poète, il y en avait d'autres, c'était comme ça que je voulais le croire, cet espoir que ce tueur en série ne soit pas parvenu à ces fins avec une ou deux autres personnes pour des raisons que j'ignore. Peut être qu'il a entendu du bruit, peut être qu'il a cru être vu en train de liquider sa victime, peut être que c'est tout simplement plus compliqué ça, mais ce n'est clairement pas facile à admettre. La victime qui nous manque aurait été tuée il y a trop longtemps pour que personne ne remarque ou ne sente un corps en putréfaction pas loin de chez lui, n'est ce pas ? Mais peut être a-t-il tout simplement choisi une maison isolée, une personne isolée pour que personne ne remarque sa victime, non ? Mais s'il y en avait une, il est tellement malin et narcissique, qu'il nous aurait donné un indice pour la trouver, c'est sa manière de faire après tout ? C'était compliqué, depuis trois ans, nous n'avions rien, ou presque, seulement des incertitudes, et absolument aucune certitude, alors le froid de l'hiver n'allait pas nous faire avancer plus que d'ordinaire. Willow me disait que les premières victimes du Poète n'étaient pas théâtrales mais elle se trompe. Toutes ces victimes ont été affichées de cette façon, juste que les dernières sont affichées publiquement, comme pour nous faire comprendre que son jeu implique plus que du théâtre, qu'il implique la ville entière, et ces habitants également. La ville entière est un terrain de jeu qu'il connait bien et qu'il manie à sa guise, parce que c'est ce qu'il aime faire voilà tout. Mais je n'allais pas polémiqué là dessus, ça ne sert à rien du tout, et ça ne ferait pas avancer les choses, je le sais bien. Mais si elle posait de nombreuses questions que nous nous étions déjà posées, elle avait raison à propos de ce jeu du chat et de la souris que nous voulions instauré. Ce ne sera pas simple et cela pourrait impliqué d'autres morts, mais comment faire autrement après tout ? Même si nous analysons pour la quatrième ou cinquième fois chaque élément, je ne vois pas ce qui aurait pu nous échapper. Ce n'est qu'avec une nouvelle victime, si possible vivante que nous arriverons à avancer. Je sais, c'est moche à dire, mais il n'y a que ça pour espérer. Le colonel prend ensuite la parole. Son idée est complètement folle, ahurissante même, surtout sortant de sa bouche, mais elle me plait, malheureusement. Ce serait fou, compliqué, parce qu'il va falloir penser à chaque détail même insignifiant pour diriger le Poète sur une seule personne, sur un autre tueur tentant de lui voler la vedette. Ce ne sera pas une mince affaire, si le Maire accepte ce deal, mais en tout cas, même si c'est un jeu incroyablement risqué que celui-ci, qu'est ce que nous avions à perdre après autant de temps ? Rien, rien du tout même. Puis Jesse apporta un nouvel élément. Dans son excellence, le Poète note quelques parts sur la scène de crime les initiales de sa prochaine victime, du moins, c'est ce qui a été vu récemment. Je me repasse les photos de la mairie dans ma tête, mais je ne vois rien, rien du tout, il va falloir les revoir, encore et encore, en espérant que le détail a été pris en photo.

" Votre idée est folle colonel, je dois l'avouer, mais au point où nous en sommes, je ne vois pas ce que nous avons à perdre à jouer à ce jeu là. Il va cependant falloir scénarisé ça à la perfection pour que le Poète entre en piste et fasse une erreur. C'est un très gros risque, mais je suis sur cette affaire depuis le début, et je suis prête à le courir et à jouer un rôle dans tout cela. Si ce que tu dis Jesse est vrai, il va falloir agir rapidement et peut être mettre en quarantaine la mairie pour fouiller les moindres recoins, regarder à nouveau toutes les photos qui ont été prises ce soir là, peut être que nous réussirons à trouver des initiales et si cela doit correspondre à une centaine de personnes, il faudra agir pour les protéger. Mais je crois que c'est à vous que reviens la décision finale monsieur le Maire. Êtes vous prêt à secouer le fourmilier de façon aussi violente ? "

Et à ce moment là, je le regarde dans les yeux, parce que mon regard est plus que jamais déterminé, déterminé à mettre hors d'état de nuire ce salopard qui cours dans nos rues depuis bien trop longtemps. Je soutiens le colonel, parce que c'est mon rôle même si l'idée me parait folle, il faut abattre de nouvelles cartes pour pousser le Poète a faire une erreur, à le mettre en difficulté, à faire en sorte qu'il se fasse prendre après tant d'années à courir les fesses à l'air.


 


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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: these streets they run wildVen 20 Jan - 15:19

Les conversations fusent de toute part et j’ai de plus en plus l’impression d’être revenu des années en arrière. Quand je me trouvais encore à New York, à défendre des idiots d’à peine 20 ans qui s’étaient fait prendre la main dans le sac, littéralement, alors qu’ils essayaient de piquer son téléphone à un touriste ou à quelqu’un qui se contentait d’héler un taxi. Et le sentiment n’est pas le bienvenu, je peux vous l’assurer, et je me contente de le chasser en passant une main dans ma barbe et en fixant l’assemblée qui est dressée devant moi. Et dire que je me suis installé à Fairhope car je cherchais un semblant de calme et de paix, j’ai presque envie de rire à présent. Presque. Cela aurait juste été un rire jaune, comme un petit message échangé entre le Poète et moi, car il sait précisément ce qu’il fait et il nous a conduit ici, ce matin à montrer le pire de nous-même.

Les remarques de cette jeune élève policière me glissent dessus, qui suis-je ? Personne, ce n’est pas parce qu’on a décidé de mettre une couronne sur ma pauvre tête de bouffon que cela fait de moi le roi, je ne suis rien ni personne dans le fond et prétendre le contraire serait une belle erreur. Mais ce n’est pas prétendre que d’admettre que je peux prendre une décision. Je peux faire quelque chose. Je peux me sortir la tête du sable et espérer … quelque chose. Arrêter ce taré serait un bon début. Mon esprit me crie qu’il a besoin d'une cigarette, histoire de faire passer ce sentiment d’impuissance, au moment où Arthur prend la parole. Nos regards se croisent brièvement, son idée est complètement folle, folle mais pas irréalisable et pas si stupide que ça. Inpolitiquement correct, c’est certain… qu’est-ce qui est correct maintenant ? On a déjà retrouvé des enfant morts, on a déjà amputé d’un membre des parents, des familles, des amants…. est-ce à notre tour de jouer à Dieu en espérant qu’il nous rendre la pareille ?

La vie et la mort ne me concernent absolument pas, je m’en suis détaché depuis longtemps, j’ai déjà fait mon deuil de ce qui était bon en moi. J’ai accepté mon statut de simple homme et la fatalité, l’horreur et j’ai tout enterré, pour me retrouver avec le pire. Je sais qu’Arthur est fatigué, je sais qu'il en ait déjà arrivé aux mêmes conclusions, qu’il a plus à perdre que moi… Nous aurions été seul, j’aurais probablement hoché la tête, et nous aurions discuté d’une simple potentielle, sans aucune honte, sans aucun tabou. Non, pas maintenant, ce n’est pas juste, c’est complètement inhumain. "Donc quoi Colonel… on l’attire dans nos filets avec un… appât et on attend qu’il morde bien gentiment ? Cette idée est encore plus instable et encore plus dangereuse que la mienne. Si nous nous retrouvons avec un autre corps sur les bras, qu’est-ce que ce sera ? Un simple dommage collatéral ?" La question est purement rhétorique, nous connaissons tous les deux la réponse dans le fond, et mes propres interrogations ne sont qu’un simple écho des mots de leurs pensées à tous parce qu'il faut faire quelque chose, qu’il faut que je dise quelque chose. "Il doit y avoir une solution quelque part là." je murmure, plus pour moi que pour eux. Je ne m’attends pas à ce quelqu’un prenne la parole après la suggestion morbide d’Arthur mais si.

Si et c’est un regard perplexe que je fixe l’officier de police qui s’exprime, ce dernier débitant information cruciale sur information cruciale. Le retour à la réalité n’est guère plaisant et une partie de moi est tenté de demander depuis combien de temps est-ce qu'il sait mais je sais que ça n’a plus d’importance, ça n’a plus d'importance dans le fond. Les regards sont déjà braqués sur moi et le mien s’assombrit tout simplement. Je sais ce qu’ils pensent, je sais que nous avons perdu du temps, c’est une évidence désormais. Se lancer dans une nouvelle course aux indices est la meilleure option que nous ayons pour le moment. Et encore une fois, tout joue contre nous, nous jouons son jeu et pas l’inverse.

"... Faisons fermer l'endroit jusqu'à nouvel ordre."
Espérons que cela finisse par changer.

sujet terminé

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