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 the greatest scars remain within

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overjoyed - we survived

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Sujet: the greatest scars remain withinDim 11 Déc - 2:40


the greatest scars remain within



décembre 2015


Il avait pourtant tenté de ranger son masque, de tourner le dos à la fosse commune où les corps venaient s'entasser lorsque par erreur ils respiraient encore. Il avait même réussi à trouver un brin de bonheur en chemin, alors qu'un oiseau était venu se poser entre ses doigts ; et il s'était perdu dans les ailes de Chloe, sans s'autoriser à la garder dans le creux de ses mains, mais avec la peur terrible de devoir la regarder s'envoler. Elle traçait ses sourires d'une plume habile, réchauffant parfois ses murs de son chant cristallin, et il aurait pu l'admirer pendant des heures comme la plus belle œuvre d'art que le monde ait porté. Pendant quelques instants, il avait les épaules un peu moins lourdes, la tête un peu plus haute. Mais elle s'était envolée cette fois, et il n'osait pas l'appeler, il n'osait pas l'appeler, n'osait pas la supplier de revenir faire son nid entre ses bras. Elle avait sans doute pris peur en voyant son véritable visage.

Et aujourd'hui encore, le bourreau marchait au milieu de ses cadavres.

Sa psychiatre avait dit qu'il était une victime également, qu'il devrait rechercher de l'aide, mais alors qu'il avançait dans les rues de la ville, sans cicatrice, il ne se sentait que tortionnaire, il ne sentait que la culpabilité qui lui pesait lourd lourd lourd au fond de l'estomac. Il était presque certain que ce n'était pas ça qui envahissait les véritables victimes alors qu'elles se contentaient d'exister. Il observait les gens qu'il croisait dans la rue, se demandant s'ils mourraient par sa faute un jour, eux aussi. C'était pour ça qu'il avait quitté l'association des victimes. Il ne pouvait plus s'y présenter et prétendre qu'il était de leur côté, prétendre qu'il pouvait les aider. Pas quand il était celui qui avait prolongé indéfiniment leur calvaire. Il ne pouvait pas prétendre faire partie des bons, prêchant la bonne parole à qui voulait bien l'entendre, tentant de convaincre chaque quidam qu'ils se battaient pour la bonne cause et qu'ils avaient besoin d'aide, besoin de soutien. Pas quand il était devenu le diable contre lequel on mettait ces mêmes quidams en garde. Il était devenu le loup dans la bergerie. Alors il avait disparu, prétextant auprès de ceux qu'il croisait par hasard qu'il n'avait pas assez d'argent, et trop peu de temps à leur consacrer. Il n'avait plus rien à leur apporter, et l'assassin repentant refusait de visiter les tombes de ses victimes, parce qu'il n'avait pas de fleurs à offrir, il n'avait que la bile qui menaçait de lui remonter le long de la gorge, il n'avait que sa nuque à laisser à la corde, il n'avait rien de plus que ses mains sales, la ceinture pour qu'on le batte, et les mots coincés au fond de l'estomac.

Il trouvait de plus en plus difficile de supporter son reflet dans le miroir. Il n'y avait que le sourire de Chloe qui lui redonnait un tant soit peu d'estime. Parce que si elle trouvait quelque chose chez lui, alors peut-être que tout n'avait pas pourri à l'intérieur, peut-être qu'au milieu des ronces et des mauvaises herbes, quelque chose de beau poussait. Et dès qu'elle disparaissait, c'était sans doute parce que le bourgeon qu'elle avait cru deviner n'était qu'un peu de boue séchée, ou encore un pissenlit de plus, alors elle s'en allait butiner ailleurs. Il s'en filait des crampes d'estomac s'il y pensait trop. Il se causait de toute manière toujours des crampes s'il réfléchissait trop. Parce qu'il dérivait inévitablement vers toutes ses erreurs et tous les problèmes qui lui gravitaient autour, parce que même une pensée agréable se voyait descendre aux enfers en quelques minutes. Alors il préférait s'occuper les mains, il préférait s'épuiser le corps jusqu'à ne plus pouvoir penser. Tomber de fatigue dans son lit était l'une des meilleures sensations.  

C'était d'ailleurs de la salle de sport qu'il revenait, après une bonne séance d'entraînement qui l'avait laissé trempé de sueur. Une douche plus tard, il ne restait plus qu'un Sean à l'esprit apaisé, qui avait décidé de faire un saut au bureau de tabac le plus proche pour s'acheter un paquet de cigarettes. Il avait prévu d'arrêter. Il ne savait juste pas exactement quand. Puis de faire un détour en ville, parce qu'il était encore tôt, et qu'il n'avait décidément aucune envie de rentrer. Il n'avait jamais réussi à s'habituer à ce nouvel appartement. Trop neuf, trop impersonnel, trop... il n'en savait rien, à vrai dire, il n'y trouvait juste pas sa place. Il l'avait détesté dès le départ. Il avait détesté tout ceux qu'il avait visités, mais il ne pouvait pas rester dans son vieil appartement, même si c'était là qu'il se sentait le mieux. Il ne pouvait plus chercher son voisin des yeux tous les matins, simplement pour que le vide lui réponde ; ne pouvait plus vivre là en se demandant si quelqu'un allait à nouveau l'attaquer. Ainsi donc, tous les prétextes étaient bons pour rester à l'extérieur, d'autant que c'était là qu'il était le plus à l'aise, de toute manière.

C'est par hasard qu'il passa devant le cinéma, repérant ainsi le petit stand qui s'y tenait, et le visage familier qui se tenait derrière. En reconnaissant Adam, il se rendit immédiatement dans sa direction, arrivant jusqu'à lui et son stand, sur lequel des cupcakes trônaient, éventail de couleurs aguichantes qui auraient mis l'eau à la bouche de n'importe qui. «Tiens, regardez qui voilà!» Il n'avait lu l'affiche qui indiquait la raison de sa présence ici qu'en diagonale. «La pêche est bonne?» Sean venait de trouver le meilleur prétexte pour ne pas rentrer. «Ca y est, tu as craqué? T'as vendu le Palace et tu t'es reconverti en vendeur à la sauvette? T'as raison, laisse le bar hanté à d'autres...» C'était beaucoup plus facile de plaisanter maintenant. Lorsqu'ils s'étaient tous les deux retrouvés dans le noir, sur l'instant, ils n'avaient pas ri. A la lumière d'une bougie, ils auraient très certainement pu voir la couleur quitter les joues de l'autre. Mais là, en plein jour, au milieu de la foule, il n'y avait aucune inquiétude à avoir, et dès qu'il n'y avait plus d'inquiétude, Sean pouvait plaisanter. Même si ça ne faisait rire que lui. «Allez, je t'en prends un. Comment tu vas? Qu'est-ce que tu fais là dans ce froid?»


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overjoyed - fonda & admin

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Sujet: Re: the greatest scars remain withinDim 25 Déc - 21:23

Son sourire rongeait visiblement ses lèvres. Il tentait vainement de masquer la gêne que provoquait le froid sur sa maigre carcasse, de maquiller les apparences pour que les passants s’arrêtent et contemplent l’idée de lui acheter une ou deux sucreries, et qu’il prête un peu de sa joie de vivre au passage. En ces périodes de fin d’année, la population de Fairhope en avait forcément besoin ; quelques cupcakes ne pourraient pas leur faire de mal, et une oreille attentive non plus. Adam avait passé près d’une heure à papoter avec une jeune femme qui vivait dans le quartier, qui lui avait fait remarqué à quel point il était stupide d’illuminer les rues de Fairhope à l’aide de guirlandes et autres installations festives, quand personne n’avait le droit de les admirer une fois la nuit venue. Ils vivaient en cage, ils suffoquaient, et elle était convaincue que la meilleure des solutions restait de s’opposer aux mesures mises en place depuis quelques semaines, se retrouver dans des coins différents de la ville tous les soirs, s’insurger, préparer la révolte qui serait nécessaire s’ils ne voulaient pas tous mourir, ou finir par être isolés du reste du monde, fusillés un par un pour s’assurer que le Poète ferait partie des sacrifiés. Adam avait fait de son mieux pour ne pas flancher, son sourire toujours intact sur ses lèvres, ses arguments pacifistes ne suffisant pas toujours face à ceux de cette inconnue révoltée. Mais il avait au moins la chance de croiser du monde, de ravir petits et grands et perdre un temps monstrueux à ne rien faire que discuter avec ses concitoyens quand il ne pouvait même plus le faire dans son propre bar. Après tout, la mesure mise en place récemment n’avait pas aidé ses affaires et il fallait bien qu’il trouve un autre moyen d’occuper ses journées quand plus personne n’osait s’aventurer dans son bar, où l’agression avait sûrement eu lieu ; sans parler du peu de succès que son comptoir rencontrait en pleine après-midi. Envisager d’autres options lui avait donc paru inévitable.

L’association était l’excuse parfaite. Lui qui voulait justement consacrer plus de temps à aider les autres victimes du Poète, à récolter des fonds pour les reverser à ceux qui en auraient besoin, comme la famille de la petite Rose par exemple, ou d’autres encore. Il ne fallait pas oublier les victimes des trois dernières années, les premières, celles auxquelles on n’osait même plus songer par peur de réaliser que le Poète était en ville depuis bien trop longtemps. Ils étaient cependant de moins en moins nombreux à rejoindre l’association, par crainte de s’attirer les foudres du meurtrier, très probablement. Ils avaient pourtant besoin de se retrouver, d’allier leurs forces. L’assassin ne s’en était jamais repris à une victime ayant survécu jusqu’à présent, alors Adam mettait un point d’honneur à faire comprendre à la population qu’il ne pourrait rien leur arriver tant qu’ils étaient en leur compagnie ; et c’était sans doute cette même raison qui l’avait poussé à accueillir une autre jeune femme dans la colocation. Il savait que ceux qui vivaient sous son toit seraient maintenant épargnés, qu’ils pouvaient dormir sur leurs deux oreilles. Adam avait payé le prix de leur sérénité.

« Plutôt mourir que de vendre le Palace. » Il avait encore du mal à trouver des expressions appropriées, qui ne le mettrait pas mal à l’aise, qui ne le renverrait pas à ce qu’il avait récemment traversé. Ce n’était rien qu’une expression, pas vrai ? Il n’y avait pas de quoi se sentir mal à l’aise, ou craindre que Sean n’arrive pas à croiser son regard ou à lui décrocher un sourire. Après tout, lui aussi essayait de plaisanter, évoquant leurs mésaventures avec aisance ; mais il ne croyait pas si bien dire. Si le Poète s’était bien aventuré quelque part, c’était dans ce bar, et qui pouvait s’assurer que le jour où Sean et lui s’étaient retrouvés dans le noir n’était pas un autre de ses plans ? Une erreur qu’il aurait commise alors qu’il venait faire du repérage pour organiser et planifier une future agression ? Adam allait trop loin, sans aucun doute. Son esprit restait difficilement ancré sur des pensées positives ces derniers temps, et il préféra se concentrer sur ses pâtisseries et les questions de Sean. « Mais cette histoire de couvre-feu ne m’arrange pas forcément, alors je me consacre surtout à l’association en ce moment. » Il haussa rapidement les épaules avant de laisser son sourire reconquérir ses lèvres. « Lequel tu veux ? Un peu de vin chaud pour accompagner tout ça ? Sinon j’ai des thermos de café. » Faisant la démonstration de tout ce qu’il pouvait proposer à Sean, il finit par conclure en affirmant qu’il allait bien. La vérité, c’était qu’il allait mieux, mais que ce n’était pas encore ça ; alors autant se concentrer sur les autres et aider l’association. « Je me demande juste quand je vais pouvoir m’occuper des achats de Noël pour tout le monde. Surtout que nous avons une nouvelle colocataire depuis peu, ça fait une autre bouche à nourrir pendant les fêtes, et une autre personne à gâter… Et toi, comment vas-tu ? » Le froid ne le rendait pas moins bavard, c'était déjà ça.

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Sujet: Re: the greatest scars remain withinJeu 16 Fév - 17:53

S'il n'avait jamais été un membre en or, il avait néanmoins toujours tenté de contribuer à l'association du mieux qu'il le pouvait. Il s'était rendu aux réunions, avait tenté de libérer ses journées pour les portes ouvertes et autres manifestations, et avait, de manière générale, toujours été une épaule solide pour quiconque en avait besoin. Pour pleurer ou pour construire. Peut-être qu'il tentait déjà de se racheter aux yeux du monde, tous ses efforts ne suffisant jamais. Mais Sean n'arriverait sans doute jamais à la rédemption, simplement parce qu'il ne laisserait personne la lui accorder. Il l'accordait aux autres à outrance, pardonnant à tout va, mais exerçait envers lui-même une rigueur inébranlable que rien ne ferait flancher. Mais quelles qu'aient été ses raisons à l'époque, il y avait au moins des actes, des mouvements, des décisions qui participaient à l'effort commun. A peine un an plus tôt, il aurait volontiers rejoint Adam dans sa croisade, s'embarquant sur une frégate fragile pour aller défier les torrents s'il le fallait. Aujourd'hui, il détournait les yeux lorsqu'ils levaient l'ancre. Pire, il laissait les pirates et autres meurtriers perpétrer leurs crimes, observant le drame depuis les quais. Il ne valait pas mieux que les rats qui se terraient au fond des cales. Face au barman, une question lui brûlait les lèvre. D'où lui venait ce sourire? Ce même sourire qui l'avait attiré jusqu'à son petit stand, phare luminescent dans un océan plat de visages ternes et de regards baissés qui contemplaient le trottoir sans plus vouloir relever les yeux vers le ciel. De peur de le voir s'assombrir et de voir l'heure redoutée approcher à grands pas. Mais Adam et ses pâtisseries, s'ils ne dissipaient pas la brume qui enrageait les habitants et entravait leurs mouvements, permettaient une escale. Même si la houle ne s'apaisait jamais.

Le brun avait pincé les lèvres alors qu'Adam évoquait sa propre mort. Expression pourtant banale, mais l'assassin avait même sali leur langage, bannissant des dictons et des phrases entières. A coups de scalpels et de vers, il refaçonnait leur dialecte, scarifiant des mots courants et salissant les conversations. Toutes les roses avaient un goût amer, tout comme la poésie avait perdu de son attrait. Il avait rendu la mort d'Adam trop plausible, trop tangible, pour qu'il puisse la mentionner ainsi. Parce qu'alors qu'il disait ça, c'était les images qui avaient animé les écrans de télévision et fait la une des journaux qui s'imposaient dans l'esprit de Sean. La vitesse à laquelle il parvenait à passer au-dessus n'avait pas d'importance, elles avaient été là, elles s'étaient reflétées dans sa rétine. Alors tout ce qu'il avait pu faire c'était continuer sur sa lancée. Il avait atrophié les roses et censuré Adam. Restait à savoir combien de temps après leurs morts la ville garderait les phrases du Poète en mémoire, combien de temps une rose renverrait toujours au nom de cette gamine morte dans sa salle de classe. L'innocence était son dernier mot, et si Fairhope en avait encore une once, elle l'avait perdue ce jour-là. L'enfant hésitante avait peut-être même demandé comment le mot s'orthographiait, désireuse de ne pas l'abîmer. Il en allait de même des conférences qui seraient stigmatisées pour des années à venir, les entreprises et autres journalistes préférant sans doute d'autres termes. L'autre possibilité était pire encore. Suffisamment d'attaques et de cadavres pour que ces deux-là se perdent dans le lot, noyés au milieu des autres. Le Poète écrivait son dictionnaire en leur volant des mot et en en changeant les définitions.

«Oui les affaires ont dû en prendre un coup pour toi. Ca a ricoché à travers toute la ville.» Le plus possible, Sean tentait d'éviter de parler de cette histoire. Il détestait parler du Poète et préférait toujours retomber sur des chemins plus sûrs, ou, à défaut d'y parvenir, dans le silence. Ces derniers temps, cela dit, absolument toutes les conversations mentionnaient le couvre-feu à un moment donné, et il trouvait de plus en plus difficile de ne pas y participer. Ses collègues de travail en étaient venus à se moquer de lui et son soit-disant sacro-saint respect pour ce boulet qu'on leur avait attaché aux chevilles. Ils raillaient et ramenaient le sujet sur la table dès que Sean tentait d'en changer. D'autres fois ils s'agaçaient, l'importunant dès qu'ils le pouvaient jusqu'à ce qu'il cède et se plaigne avec eux ou s'énerve, ce qui était plus souvent le résultat. Alors pour éviter que ça ne se reproduise, il avait décidé de ne plus fuir le sujet, quitte à répondre par monosyllabes. Ainsi, on lui fichait la paix, et il n'avait pas l'air suspicieux. Il faisait partie de la meute enragée, il se fondait dans la masse. «Hm, je vais te prendre celui-là.» Il avait désigné un gâteau au glaçage vert. «Et du café. Un café serait vraiment le bienvenu. Tu as fait les gâteaux toi-même?» Il fouilla son sac de sport à la recherche de son porte-monnaie. «Quelle question, la réponse est oui, j'imagine?» Une fois le compte fait et l'argent donné à Adam, il récupéra son café. «Merci. Te connaissant, je suis sûr que tu vas trouver du temps. Impensable de laisser quelqu'un sur sa faim à Noël et sans cadeau!» Lui n'avait pas ce problème. La tradition, chez les Black, voulait que son père cuisine -et rate- le repas de Noël, et que Sean se contente d'être là à l'heure, si possible avec une bouteille de whisky ou à défaut un dessert tout fait acheté au supermarché, et un cadeau si ses finances le permettaient. Ce à quoi son père répondait que ça n'était pas la peine de lui offrir quoi que ce soit et ils pouvaient mettre ce moment de malaise derrière eux et reprendre où ils en étaient. Pas de décorations, de jours entiers de préparation ou de fête familiale, Noël n'était pour lui qu'un mauvais moment à passer. Pour le reste, il commandait ses cadeaux en ligne pour éviter d'aller s'enterrer dans les magasins bondés qui lui filaient la nausée. «Moi ça va aussi. All the better for the coffee. Mais je t'avoue que je suis pressé que les fêtes soient finies. Ou alors je devrais emménager avec vous, ça a l'air beaucoup plus sympa que la dinde trop cuite de mon père.» Aucune animosité dans sa voix, il avait appris à en rire. «Ca fait des années que je lui dis de pas faire comme ça, mais c'est forcément lui qui a raison. No Sean, this is how you do it! My father's way.» Il avait imité la voix de son père, même si ça ne devait pas parler beaucoup à Adam. Il avait beau s'en plaindre, il savait que le jour où son père n'arriverait plus à traîner son fauteuil jusqu'aux fourneaux pour faire à manger serait bien plus dur que tous les repas de Noël combinés. «En tout cas pour gagner du temps tu devrais faire tes cadeaux de Noël en ligne, ça va vachement plus vite. Tu pourrais même les faire pendant que t'es là avec ton téléphone et qu'il n'y a personne.» Au diable la prétendue magie de Noël et les cadeaux choisis à la main, tout le monde les revendait sur internet quelques jours plus tard. «Du coup tu ouvres un peu quand même de temps en temps?» Sean pensait déjà à la cigarette qui viendrait compléter son café dès qu'il l'aurait terminé.
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