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 Hold on to me, cause I'm a little unsteady

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bad blood - fonda & admin

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Sujet: Hold on to me, cause I'm a little unsteadyLun 19 Déc - 22:26

hold on to me
cause i'm a little unsteady

Momma, come here. Approach. Appear.
Daddy, I'm alone, 'Cause this house don't feel like home.



louise ft jonathan

Elle n’avait pas encore appris à lire les chiffres que sa veilleuse projetait sur le plafond. Des formes parmi tant d’autres, entre les étoiles qui flottaient sur les murs blancs, les dauphins qui surgissaient de nulle part au milieu d’une pluie de lune et d’astres. Elle ne savait que le un, le deux, et puis le trois ; parce qu’elle avait fêté son troisième anniversaire quelques semaines en arrière. On ne pouvait pas vraiment dire qu’elle avait encore compris le principe, ou même qu’elle le maitrisait, mais elle avait au moins appris à brandir ses doigts minuscules pour montrer son âge, pour compter jusqu’à trois, et pour se rendre compte que deux cookies valaient mieux qu’un, que trois valaient toujours mieux que deux. Les mathématiques avaient cela d’essentiel. Mais quand il s’agissait de déchiffrer ce qui dansait au-dessus de sa tête, c’était une toute autre histoire. L’enfant soupira, remarquant qu’il y avait justement plus de trois chiffres qui luisaient dans la pénombre. Impossible de savoir ce qui venait après trois. Il y en avait un, au début. Une bulle, plus précisément. Puis un trois. Un trait. Et un deux. Peut-être que c’était un calcul spécial pour faire comprendre au commun des mortels qu’il était tard. Louise se tourna sous ses draps, ricanant en imaginant un grand monsieur tout pâle, tout maigre, avec un peu de barbe, les cheveux tout ébouriffés, une cloche entre les doigts, hurlant quelque chose qui s’apparenterait à des menaces et qui raisonnerait dans tous le quartier. « C’est la bulle, le trois, le trait et le deux ! Dormez, dormez ! Faites dodo maintenant ! La bulle, le trois, le trait et le deux ! » Les adultes étaient fous.

Sa mère l’avait sortie de ses rêveries un peu trop brusquement pour que la petite ne s’aventure pas aussitôt dans le couloir, jetant un rapide coup d’oeil à la porte de la chambre de sa maman, à la lumière qui fuyait sous sa porte et qui illuminait les murs alentour. Le bruit venait de la chambre, c’était certain, et Louise commençait à le connaître par coeur. Elle commençait à le détester, à l’avoir en horreur. La première fois, son coeur s’était glacé, et elle n’avait plus osé faire le moindre mouvement, paralysée, la poignée dans la main, et la patte de Lapinou coincée dans son autre paume. Et puis elle avait appris à faire avec, après plusieurs nuits de suite. Encore la même symphonie, les affaires que Micha triait, qu’elle rangeait quand elle trouvait enfin le temps, qu’elle organisait dans des cartons, qu’elle faisait parfois tomber ; des bruits sourds, avant de s’arrêter un instant pour soupirer, pour s’asseoir sur le bord de son lit ou celui du canapé, et se mettre à pleurer. Louise avait hésité à venir lui prendre la main, ou lui tendre les bras pour rester contre elle, sans comprendre ce qui se passait, sans même oser demander. C’était étrange, une maman qui pleurait. C’était presque impensable quand on y réfléchissait bien. Alors que faire ? Louise restait interdite, désemparée, préférant regagner sa couette et faire comme si de rien n’était, parce qu’elle ne savait pas ce que ça voulait dire, et son petit coeur lui chuchotait d’aller se réfugier là où il faisait chaud. Là où il faisait bon.

Et puis ses propres draps avaient fini par ne plus lui suffire. Et si les bras de sa mère étaient inaccessibles, autant aller toquer à la porte de quelqu’un d’autre. Louise prit soin d’enfiler ses pantoufles, troquant Lapinou pour un dinosaure en peluche (Lapinou dormait, et il était généralement grognon au réveil, alors pas question de l'embêter. Et puis il risquait d’alerter Micha si elle avait le malheur de le mettre au courant de son plan, donc autant se passer de lui pour cette fois-ci…), sa tétine toujours coincée entre ses lèvres, ses paupières fragiles n’appréciant pas le moins du monde d’être mises à rude épreuve quand c’était l’heure de la bulle, du trois, du trait et du deux. Quelques mètres pourtant, elle connaissait le chemin par coeur. Et quand bien même elle était trop petite pour atteindre les verrous de la porte, il lui suffisait de pousser son petit tabouret pour mieux se hisser dessus, tirer sur les loquets, libérer les chaines, et enfin sortir de l’appartement afin de s’aventurer à l’autre bout du couloir. La sonnette était trop haute. Il valait mieux qu’elle toque. Doucement d’abord. Puis le dinosaure lui souffla de taper plus fort, sans quoi personne ne viendrait jamais lui ouvrir. Encore. Une dernière fois. Une fois encore avant d’abandonner.

La porte s’entrouvrit.

« Che veux plus chaire dodo. » La diction incertaine, elle ôta sa tétine de sa bouche, comme sa mère le lui avait appris, pour reprendre tout aussitôt. « Je veux plus faire dodo, j’ai pas envie. Et Louis non plus. » Elle brandit son dinosaure en guise de preuve, en espérant qu’il approuverait ses dires. Et puisqu’elle n’envisageait aucune autre réponse que l’approbation générale de la part de la peluche et de l'humain, elle tendit ses mains vers Jonathan, pour voir à quoi pouvait bien ressembler le monde depuis ses bras. Elle ne s'en souvenait plus.

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadyDim 1 Jan - 21:20

« Oui donc tu as réussi à finir le papier que t’as demandé Harrison …? »

« C’est fait depuis la semaine dernière. Oh et j’ai aussi jeté un oeil aux données que tu m’as envoyé, il y a quelques erreurs mais je crois qu’on peut s’en servir, j’ai déjà commencé les calculs de fréquence, en imaginant qu’on puisse hypothétiquement trouver un état assez stable pour cet élément-là. Ce qui pourrait être possible si nous utilisons le bon référentiel et la bonne masse… »

« Jonathan… Jonathan… attend, où est-ce que tu as trouvé le temps de faire tout ça ? Je croyais que tu étais rentré à Fairhope pour faire une pause et… comment ça tu as commencé les calculs de fréquence ? »

Jonathan ne faisait pas parti de ces génies qui avaient du mal à interagir avec les autres. Il n’était pas socialement handicapé comme aimer le montrer les médias lambdas et il ne fuyait pas le contact des autres parce qu’il ne savait pas quoi dire dans telle ou telle situation. Bien au contraire. Jonathan avait toujours été timide et ce depuis aussi loin qu’il puisse s’en souvenir, il avait toujours préféré se réfugier derrière ses bouquins pour se donner un peu plus de courage. Il avait grandi dans un foyer où la connaissance était absolument tout et les livres n’étaient rien d’autre que des outils pour pouvoir se déplacer dans le monde. Ainsi, dans son propre monde fait de chiffre et d’équations, il était à l’aise, calculé et posé et savait exactement ce qu’il fallait dire, ce qu’il fallait faire. Tout avait un sens, tout était logique, y compris les choses qui n’étaient pas encore découvertes. Car Jonathan savait qu'il suffirait qu’il s’assoit en face de son tableau blanc, qu’il réfléchisse, qu’il n’utilise rien d’autre que sa matière grise et il trouverait une solution. C’était ce qu’il avait toujours trouvé de particulièrement rassurant dans le monde des sciences et surtout dans celui de la physique. Il n’y avait rien qui n’obéissait pas une loi complexe, et le désordre était quelque chose que l’on pouvait étudier et qui était nécessaire pour le reste. C’était simple.

La vie de tous les jours ne l’était pas. Aussi, Jonathan se contenta d’ajuster ses lunettes devant son écran d’ordinateur, pas du tout remué par l’air impressionné de son collègue qui se trouvait des kilomètres et qui lui lançait de nombreux compliments. Il cligna des yeux, attendant la fin de la tirade et poussa un profond soupir. « Merci David. Donc comme je te disais, il faudrait penser à une ou deux expérience de plus, sinon Docteur Harrison ne sera pas vraiment impressionné. J’ai trouvé un papier d’une équipe au Japon qui parle d’une technique intéressante… laisse moi te l’envoyer…. » Jonathan s’empara de sa souris d’ordinateur et son regard se posa quelques secondes sur la photo de Micha, Louise et lui qui trônait sur son bureau, juste à côté de son téléphone portable. Il n’autorisa pas son esprit à dériver et il envoya le fichier en question, son esprit passant à autre chose. Il ne pouvait pas penser à Micha ou à Louise, c’était beaucoup trop douloureux, il ne savait même plus ce qu’il devait ressentir vis-à-vis de la jeune mère et cela l’énervait. Il avait évité les questions de sa mère sur le sujet, se contentant d’un simple haussement d’épaules. Jonathan l’avait dit tout haut, il ne pouvait plus être le même qu’avant, il ne pouvait pas continuer d’être cet adolescent qui avait peur du tout, du noir, de sa propre ombre et de la présence de Micha. Ça ne faisait pas vraiment de sens et à moins d’avouer vraiment à la rousse ce qu’il ressentait pour elle, ça n’avait pas d’importance. Et elle lui avait donné sa bénédiction pour faire sa vie alors...

Ça n’avait pas vraiment marché avec Emma, Jonathan avait été distant pendant leur second rendez vous et elle avait rapidement compris que la physique serait sa seule compagne pour le moment. Ils restaient en contact cependant, le brun répondait de temps à autre aux messages qu’elle lui envoyait. Une partie de son cerveau appréciait la gentillesse du geste mais le reste n’était pas vraiment remuée. Penser à ça était définitivement trop douloureux pour lui. « Bien reçu…. eh bien je crois que c’est la réunion la plus intéressante que j’ai eu aujourd’hui. Encore une fois Jonathan… tu devrais te reposer un peu, tu te rends compte que en trois semaines tu as fait l’équivalent de trois mois de travail ? » Jonathan haussa les épaules à ces mots-là, encore une fois, le compliment lui passait au dessus, il avait eu besoin de s'occuper et de… « Hmm… je crois que tu as raison pour le repos David. Je crois que quelqu’un vient de taper à la porte mais c’est impossible à cette heure-ci, non ? »

« Un seul moyen d’être certain pas vrai ? » Jonathan finit par se lever, en roulant des yeux plus qu’autre chose et alla ouvrir la porte d’entrer. Rien. Jusqu’à ce qu’il baisse les yeux et aperçoive le haut de la tête de Louise. « … Louise… qu’est-ce que tu fabriques ici ? » Impossible d’ignorer sa chère voisine dans ces conditions-là, et plus par réflexe qu'autre chose, le brun se pencha pour prendre Louise dans ses bras et la garder contre lui. « Tu sais qu'il est très tard Louise, et qu’à cette heure-ci les petites filles sont déjà couchées hmm ? » C’était plus fort que lui, Jonathan s’était juré de ne plus s'impliquer et voilà qu'il guidait Louise dans son propre appartement, lui faisant déjà un bisous sur le front.

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadyMar 17 Jan - 4:39

Louise se sentait bien dans les bras de Jonathan. Et malgré tout ce qu’on pouvait penser, il était rare que l’enfant s’accorde à penser ce genre de choses. Il n’y avait bien que sa mère, Jonathan, et quelques rares privilégiés qui pouvaient se permettre de la porter de la sorte sans craindre qu’elle ne s’agite dans tous les sens en rouspétant. Peter et Willow étaient également sur sa liste de gens préférés, mais elle ne semblait pas capable d’ajouter qui que ce soit d’autre, et quand bien même on la saisissait parce qu’elle était mignonne, petite, et sans doute fatiguée d’avoir couru partout toute la journée, elle se contentait de soupirer en espérant qu’on la rendrait bientôt à quelqu’un d’autre. Louise en profitait généralement pour détailler les visages de celles ou ceux qui s’occupaient d’elle ce jour-là ; elle commençait à connaître celui de la nounou par coeur. Elle remarquait que la peau des adultes n’était pas aussi lisse que la sienne, pas aussi jeune, abîmée par le temps ou autre chose qu’elle ne pouvait pas encore appréhender, qu’elle ne comprendrait certainement jamais. Elle prêtait attention aux détails, tout ce qui pouvait attirer son regard ; un grain de beauté, une cicatrice, les poils d’une barbe mal taillée. Tout était prétexte à l’observation silencieuse, à l’apprentissage de la différence, à la découverte du monde qui l’entourait. Quand elle était définitivement intriguée, elle se risquait à tendre le doigt vers la joue de l’individu dont il était question afin qu’un autre de ses sens puisse tirer une leçon de cette exploration visuelle. Leçon qu'elle regrettait souvent.

Avec Jonathan, les choses étaient bien différentes. Elle avait pris le temps de l’observer sous tous les angles, de tracer les contours de son visage à l’aide de ses petits doigts fins, de coller son front contre le sien quand la pensée dépassait les mots, qu’elle ne savait pas encore exprimer l’affection autrement que par l’étreinte. Sa mère lui avait bien appris la signification de la phrase qu’elle lui répétait tous les soirs avant d’aller dormir, mais cela sonnait encore creux dans sa bouche, et les mots raisonnaient dans sa tête avec autant d’importance que les autres ; ni plus, ni moins. Elle préférait encore qu’on lui parle de grille-pain, un mot qu’elle trouvait particulièrement drôle pour une raison qui échappait au reste du monde, et qui la mettait généralement en appétit, la petite réclamant alors des tartines de confiture ou de pâte à tartiner - en forme de coeurs si possible, exigence que Micha ne lui refusait jamais, ravie de pouvoir déguster les chutes des toasts qu’elle devait découper pour satisfaire Louise. Elle appréciait aussi qu’on lui parle d’arc-en-ciel, de dinosaure ou d’animaux, et chaque mot qui pouvait faire référence à tout ceci était souvent prétexte à une longue discussion passionnée. Ainsi, ses véritables déclarations d’amour paraissaient généralement inaperçues, dissimulées au milieu de lettres et des phrases banales mais qui avaient un sens profond à ses yeux, qui prouvaient son intérêt et sa tendresse.

« Je veux pas faire dodo. » Sa tétine dans une main, sa peluche coincée entre elle et Jonathan, elle entreprit de saisir les lunettes du jeune homme à l’aide de sa main libre, habitude qu’elle n’était pas prête de perdre. « Je veux rester avec toi. » L’atmosphère entre les quatre murs du salon de Jonathan semblait paisible, du moins à travers son regard d’enfant. « Je veux parler des dinosaures. » Et quelque chose lui disait que Louis se mêlerait avec plaisir à cette conversation, lui soufflant ses avis d’expert au creux de l’oreille, leur confiant ses aventures de diplodocus que Louise se ferait un plaisir de retransmettre à Jonathan qui ne pourrait pas l’entendre. Les adultes n’avaient tout simplement pas l’ouïe assez fine ; c’était pour ça qu’il fallait d'ailleurs répéter plusieurs fois à la vieille voisine du dessus de baisser le son de son téléviseur. Louise était loin de se douter que c’était autre chose qui bloquait les adultes dans la réalité, qui les figeait dans le quotidien sans la moindre sortie de secours, que c’était le manque d’imagination qui les achevait à petit feu, qui les essoufflait au fil des jours. « Et puis après… Après… » Elle avait commencé sa phrase sans songer à la suite, et elle se retrouvait maintenant contrainte de trouver une conclusion à ce qui ne devait pas forcément en avoir. « Après on ferait des gaufres. » C’était important ça, les gaufres, et comme pour le souligner, l’enfant hocha la tête. Du moment que ses pensées se tenaient loin de ce la tristesse qui avait attaqué son foyer, qui le rongeait de l’intérieur, qui en fissurait les murs... « Et après on irait s’occuper de Maman. » Elle s’amusa à enlever et remettre les lunettes de Jonathan en ricanant, son sourire s’évaporant en songeant à celui de sa mère qui avait récemment disparu de son visage autrefois si rassurant. « Parce que Maman elle pleure tout le temps. »

Voilà des mots qu’elle n’aimait pas. Qu’elle n’aimait pas du tout.

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadyLun 23 Jan - 18:12

S’il était honnête avec lui-même, Jonathan devait admettre qu’il aurait souhaité autre chose pour Louise. Autre chose qu’une vie dans l’appartement à l’autre bout du couloir et les seuls sourires de Micha comme compagnie. Il savait que la rousse avait fait de son mieux, s’était toujours battue pour le bien de son seul et unique enfant et qu’elle aurait donné sa vie pour elle s’il avait fallu mais tout de même… Il y avait toujours cette partie de lui qui songeait à une autre vie, une autre vie qu’ils auraient pu avoir à trois : lui, Micha et Louise. Si Jonathan n’avait jamais envoyé son dossier au MIT, s’il s’était contenté d’attendre comme tout le monde, s’il avait vraiment été là le jour de la naissance de Louise, s'il avait enfin murmuré les mots qui menaçaient toujours de quitter ses lèvres, s’il avait vraiment confié ses sentiments à Micha et qu’il avait vraiment protégé Louise comme il avait toujours voulu le faire.

Peut-être qu’ils n’en seraient pas là aujourd’hui, qu’ils auraient fini leurs études ensembles, auraient emménagé dans une maison près de la plage et qu’ils auraient fait de leur mieux pour élever Louise. Il y aurait des mauvais jours, des jours où Micha lui en aurait sûrement voulu d’avoir sacrifié son futur pour elle, des jours où lui aussi aurait eu envie de prendre de la distance et de lui rappeler à quel point il l’aimait… Mais ils auraient aussi eu des bons jours, eux et Louise, tous ensemble. Il aurait fini par la demander en mariage, comme il en avait toujours rêvé, depuis si longtemps; sa mère aurait été ravie et ils auraient vécu heureux, caché dans leur coin de Fairhope, sans la peine et les meurtres. Et cette nuit aurait été différente...Et Louis serait venu trouver celui qu’elle appelait papa pour une tout autre raison, parce qu'elle avait fait un cauchemar ou parce qu'elle ne trouvait plus sa peluche préférée.

Cependant, cela ne servait à rien que Jonathan se perdre dans ses pensées, non, une telle possibilité n’était pas réelle et il devait vraiment la chasser de sa tête et passer à autre chose. Il préféra se concentrer sur Louise qui était dans ses bras et par les paroles sans aucun lien entre elle qu'elle débitait. « Parce que Maman elle pleure tout le temps. »  Le regard du brun tomba dans celui de Louise à ce moment là, les mots lui manquaient. Il la resserra contre lui, essayant de lui faire comprendre qu’une larme ne serait versé sous ce toit, pas avec lui en tout cas. Il n’allait pas lui poser de questions sur le sujet, Louise n’était qu’une enfant et tout ce que Jonathan pouvait lui souhaiter, c'était de rester loin des peines des adultes et ce le plus longtemps possible. Le monde de Jonathan n’avait plus jamais été le même quand il avait compris certains choses, il aurait préféré rester en arrière, rester un enfant et garder ses illusions un peu plus longtemps. Il y avait toujours quelque chose qui manquait après, toujours. « … Un chocolat chaud, ça te dirait ? Avec plein de marshmallow dedans… viens on ne le dira à personne. » Jonathan les guida dans la cuisine après avoir déposé un baiser sur le front de la petite. Il installa Louise sur la table et il alla s’empara d’une de ses tasses, ainsi que le chocolat en poudre et du lait. La logique aurait voulu que Jonathan sorte une casserole, mais le micro-onde ferait l’affaire pour cette nuit et sa petite invité. Tout comme les quelques marshmallow qu’il trouva dans un paquet au fond d’un tiroir, dernier vestige d’un après midi qui avait été plus joyeux.

Il s’empara d’un bonbon et le coupa en deux, une part pour lui et une part pour Louise. « Ça me fait plaisir de te voir mine de rien, tu m’as manqué.  J’ai plein de nouvelles histoires pour toi tu sais, Lola le mouton a vécu pas mal d’aventures depuis la dernière fois que je t’ai raconté une histoire.» Les choses semblaient tellement faciles avec les yeux de Louise posés sur lui, peut-être parce qu’il suffisait d’un rien pour l’impressionner, quoi que… elle avait hérité du même caractère que sa mère et savait ce qui lui plaisait ou non, et le brun savait que ce n’était pas un hasard si elle avait fini dans son appartement ce soir. Il allait la remettre dans son lit avant que Micha ne remarque quoi ce soit, ce serait en quelque sortes leur petit secret, comme quoi il y aurait eu une nuit où Jonathan se serait détesté un peu moins que les précédentes… Le ding du micro onde le ramena à la réalité et il se chargea de récupérer la tasse chaude et d’y insérer plus de marshmallow pour Louise. « Et je suis certain que ta maman va aller mieux, il faut lui sourire et être sage tu sais… Voilà pour toi ma grande, fais attention.»  dit Jonathan avant de souffler sur la tasse et de la guider vers les lèvres de Louise.

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadyJeu 9 Fév - 23:50

Heureusement que la mère de l’enfant n’était pas présente à cet instant précis, sans quoi cette dernière aurait très certainement fait une crise cardiaque. Et si toutefois son coeur ne s’était pas arrêté en constatant le crime que Louise et Jonathan étaient en train de commettre, elle se serait au moins permise de faire un scandale, arrachant cette tasse de la main du jeune homme pour la poser loin de sa fille, le liquide tachant le pyjama de Louise et le carrelage de la cuisine par la même occasion, la rouquine se mettant à expliquer à qui voulait l’entendre qu’on ne laissait pas une enfant de trois ans boire un chocolat chaud farci de confiseries au beau milieu de la nuit ; c’était tout simplement la pire idée que quiconque puisse avoir. Micha se serait sûrement chargé de remettre leurs pendules à l’heure avant de les renvoyer dans leur chambre respective, agacée de voir qu’ils se permettaient certaines choses absolument interdites dès qu’elle avait le dos tourné. Mais elle n’était pas là. Elle était quelque part, à l’autre bout du couloir, cachée derrière d’autres portes, à l’abris derrière d’autres mures. Alors tant pis, Louise ne pouvait pas se refuser à une dose de sucre suffisante pour tenir jusqu’au lendemain matin. Elle n’avait jamais vraiment compris pourquoi le jus d’orange et toutes ces autres boissons étaient strictement prohibées après une certaine heure ; sans doute une des règles que sa mère avait établi parce qu’elle était sa mère, et que les mamans étaient tout simplement faites pour cela, il n’y avait pas d’autre explication plausible à tout ceci.

Évidemment, ce que Jonathan lui offrait paraissait d'autant plus savoureux, plus sucré que tout ce qu’elle avait connu auparavant. Avec lui, elle pouvait boire du chocolat au milieu de la nuit, parler de dinosaures, écouter les histoires de Lola le mouton et faire tout un tas d’autres choses qu’elle rêvait de faire mais que Micha refusait catégoriquement sans jamais expliquer le pourquoi du comment. Comme lorsque l’adulte avait décidé qu’il était temps pour elles de quitter la ville pour aller s’installer et toute recommencer ailleurs. Louise avait posé de nombreuses questions mais elle n’avait certainement pas obtenu les réponses attendues, et elle devait maintenant se contenter d’observer sa mère qui rangeait ses jouets dans des cartons, lui expliquant qu’elle pourrait bientôt les retrouver, qu’il suffirait de quelques bonnes nuits de sommeil avant qu’elles ne se réveillent ailleurs et que Louise puisse s’amuser avec ses figurines en plastique à nouveau. « Est-ce que Lola le mouton a un papa ? » La petite avait très certainement demandé par le passé, mais elle ne se souvenait déjà plus des vêtements qu’elle avait porté hier, ou bien vaguement, alors tout le reste lui échappait constamment, remuant le couteau dans les plaies de ceux qui l’entouraient sans vraiment le vouloir.

Louise posa sa peluche et sa tétine à côté d’elle l’espace d’un instant, ses petites jambes se balançant dans le vide, appréciant la vue qu’elle avait de la pièce depuis son nouveau trône. Une autre chose que Micha ne lui laissait jamais faire ; s’asseoir sur la table. Louise réalisait maintenant tout ce qu’elle avait manqué en ne profitant pas d’un tel perchoir, et souriant jusqu’aux oreilles, elle tendit les mains vers sa tasse pour faire comprendre qu’elle voulait une autre gorgée. « Et je suis sage avec Maman, je suis tout le temps sage. » Elle était encore trop jeune pour savoir si oui ou non ses mensonges prenaient ou s’ils n'étaient pas assez travaillés. Dans le doute, elle préféra appuyer ses propos en hochant vivement la tête, avant de plonger un doigt dans le chocolat que Jonathan tenait toujours devant elle pour tenter de récupérer un marshmallow ; mais le liquide était trop chaud, et elle renonçât bien vite, ses joues se teintant légèrement lorsqu’elle croisa à nouveau le regard de Jonathan. Ce qu’elle venait d’affirmer ne se reflétait définitivement pas dans ses actes. « Si, je suis très sage ! », trouva-t-elle bon d’ajouter. « Mais Maman veut qu’on part ailleurs et moi je veux pas. » Croisant les bras sur sa poitrine, elle fit mine de se mettre à bouder pour attendrir Jonathan, et certainement essayer d’en obtenir toutes les faveurs. « Moi je veux pas partir, je veux rester avec toi. Je veux rester avec toi pour toujours. » Hochant une nouvelle fois la tête, elle était sûre que la vie avec Jonathan serait bien plus douce, faite de chocolats nocturnes et d’autres surprises toutes aussi agréables. « Même qu'en rentrant, on va lui dire. » Les marshmallows avaient eu raison d’elle.

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadyLun 6 Mar - 22:24

Si le coeur de Jonathan se serrait dès qu’il songeait à Micha, la présence de Louise avait quelque chose de réconfortant. Il ne savait pas si c’était le sourire qu’affichait en permanence la petite fille ou la façon qu’elle avait de lever les yeux vers lui, mais quand il posait son regard sur elle, il avait l’impression que les dernières semaines s’effaçaient. Que lui et Micha ne s’étaient pas disputés en Septembre, qu’il ne passait pas les pires moments de sa vie depuis qu’il était de retour à Fairhope et que tout allait bien. Jonathan voulait que tout aille bien, il était rentré pour ça, pour dire à Michaela précisément ça, mais comme à chaque fois qu’ils essayaient d’avoir une conversation sérieuse, les choses dérapaient. Les choses dérapaient vraiment et Jonathan repartait avec le coeur encore plus meurtri que la fois précédente. Et, comme à chaque fois, le jeune homme se demandait si ça en valait la peine. S’il n’était pas plus amoureux de Micha qui avait quinze ans et qui lui racontait toujours ses journées, se plaignait souvent de ses cours, venait le tirer de ses bouquins et qui le défendait toujours, que la Micha de maintenant. Trop de choses avaient changé, et plus que tout, il avait changé.

« Oui Lola le mouton a un papa, elle a un papa qui l’aime très fort et qui lui raconte une histoire tous les soirs avant l’heure du dodo. » La réponse était venue automatiquement, un sourire se dessinant sur le visage de Jonathan. Non, quand il fixait Louise, qui lui affirmait qu’elle était vraiment sage, il savait que tout n’avait pas changé. Micha serait toujours la première femme qu’il avait aimé, qu'il aimait, tant pis si les choses ne devaient jamais se concrétiser, tant pis s’il ne finissait jamais par le lui avouer, il aurait toujours ses souvenirs pour le réconforter. Et il y aurait toujours Louise, qui sans le savoir, avait rendu leur vie à tous meilleures, juste par sa simple présence et par le fait qu’elle était Louise. Jonathan posa sa propre tasse à côté de la petite alors qu’elle lui annonçait plus de mauvaises nouvelles. Une partie de lui était tentée d’aller secouer l’épaule de Michaela, la mère devait encore dormir, et lui dire de ne pas partir, de ne pas être lâche comme lui. Mais qui était-il pour la retenir ? Il n’avait jamais été assez, c’était bien pour ça qu’elle avait fini dans les bras d’Andrew il y a des années en arrière et c’était bien pour cette raison qu’elle partait aujourd’hui, n’est-ce pas ?

« Moi aussi je voudrais que tu restes princesse… » souffla Jonathan, il finit par capturer une des mèches rousses de Louise et la ranger derrière son oreille, comme il l’avait souvent fait pour Micha et sa propre chevelure indomptable. Il aurait dû rassurer Louise, lui dire qu’il pourrait toujours s’écrire, que les mamans prenaient toujours les bonnes décisions mais il ne pouvait pas. Il imaginait Micha faire ses cartons, et son coeur se serrait davantage, si c’était lui qui avait commencé à fermer la porte sur leur histoire, c’était bien elle qui la claquait définitivement et la fermait à clé. Peut-être que c’était pour le mieux, peut-être que Jonathan aurait dû poser ses deux mains sur les joues de Micha et enfin l’embrasser et lui dire ce qu'il ressentait et lui aussi tourner la page … sauf qu’il se faisait tard, et que s’il n’en avait jamais eu la force quand le soleil était levé, ce n’était certainement pas maintenant à cette heure si tardive qu’il allait le faire. Il préféra prendre Louise de nouveau dans ses bras. « Peut-être qu’on peut aller lui dire plus tard, mais pour le moment… c’est l’heure de construire notre château fort allez viens… » Jonathan décida qu’il serait responsable demain, si Louise devait sortir de sa vie, il la remettrait dans son lit quand le petit matin serait arrivé et qu’elle finirait par s’endormir dans ses bras, pour le moment, il la guida dans le salon et s’empara de la couverture et des coussins qui trainaient par là. Lui et Micha s’étaient livrés à ce genre d’activité une dizaine de fois, il en rêvait encore parfois. « Et comme ça on pourra se cacher et personne ne nous trouvera. »

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadyLun 3 Avr - 23:24

L’enfant n’avait pas eu besoin de se faire prier, galopant déjà vers le salon, le cou tendu pour suivre Jonathan du regard et ainsi pouvoir se souvenir de chacun de ses gestes pour la prochaine fois. Pour la nouvelle maison dans laquelle elles allaient bientôt vivre avec sa mère, dans le salon sûrement plus grand, aussi grand que ceux des châteaux forts qu’elle dessinait parfois dans ses cahiers. Et dans ce palais, elle se créerait le sien à grand renfort de coussins, de draps et de peluches, des remparts qu’elle aurait bien du mal à quitter chaque matin pour retourner à l’école. Elles partaient forcément pour habiter avec des princes et des princesses, sinon ça ne faisait pas vraiment sens. Sinon, autant rester ici, et observer Jonathan qui avait l’air de s'y connaître en château. Tellement qu’il lui avait fait oublier tout le reste, le début de cette conversations, ses aveux, et la confession de Jonathan qui l’avait particulièrement chamboulée ; si Lola le mouton avait droit à un papa, Louise ne comprenait toujours pas pour quelle raison elle en était privée. Elle aussi voulait des histoires avant d’aller se coucher et tout ce qui allait avec, elle n’était pas moins méritante que les autres petites filles de sa classe - ou que les bébés moutons, d’ailleurs. Mais l’amertume, la jalousie ou l'once de mélancolie avaient rapidement été chassées par leurs aventures, et le rire de la petite avait repris le dessus, mélodie innocente qui s’écrasait contre les murs et semblait les faire trembler. Elle s’était allongée contre Jonathan et elle avait continué à raconter des bêtises pendant une bonne heure supplémentaire, expliquant ce qu’elle avait fait à l’école avant de se relever pour se ruer dans la cuisine, là où elle avait abandonné Louis sans aucun scrupule, pauvre diplodocus sans défense… Elle s’était endormie quelque part entre la description très précise de la chevelure de sa maitresse, les aventures de Lola, et le quotidien de Louis le diplodocus qui avait un très long cou pour pouvoir manger les feuilles des arbres. Elle s’était endormie, paisiblement, le sourire fermement accroché à ses lèvres, son petit corps paraissant encore plus fragile aux côtés de celui de Jonathan.

À l’autre bout du couloir, ailleurs dans l’immeuble, dans l’appartement qui donnait de l’autre côté du bâtiment, Micha se réveillait en sursaut. Ses écouteurs encore dans les oreilles, elle les arracha sans autre forme de procès, le silence frappant soudainement ses tympans. Un instant d’inattention, et elle s’était assoupie. Elle avait sûrement commencé à trier sa commode, rangeant ce dont elle ne pouvait pas se passer dans des cartons avant de mettre le reste dans un sac en plastique qu’elle irait probablement donner à des associations caritatives. Après tout, même si tout le monde semblait focalisé sur une seule et même affaire, il y avait encore des causes pour lesquelles il fallait se battre au quotidien, et les sans abris ou les familles les plus démunies seraient sûrement ravis d’avoir quelque chose à se mettre sur le dos. En ce qui concernait Micha, elle était ravie aussi de pouvoir se débarrasser du superflu, faisant ainsi plus de place aux affaires de sa fille. Elle ne pouvait décemment pas se permettre un déménagement trop onéreux, alors elle ferait l’impasse sur beaucoup de choses pour que sa fille puisse ainsi conserver tout ce dont elle avait besoin. Elle la privait déjà de son quotidien, son école, ses amis, ses habitudes, inutile de la dépouiller de ses jouets et des souliers qu’elle n’avait pas voulu mettre pour la rentrée - elle avait encore le droit de changer d’avis dans les mois prochains.

La rousse se releva, frottant ses yeux à moitié endormis, réalisant finalement qu’elle était encore habillée et qu’un autre type d’accoutrement semblait maintenant de rigueur. Un simple aller-retour vers la salle de bain ferait l’affaire, et embarquant ce dont elle avait besoin, elle sortit de sa chambre, faisant un détour vers celle de Louise pour aller éteindre sa veilleuse maintenant que la petite dormait à point fermé.

Pause.

Panique. Plaquant une main sur sa bouche pour s’empêcher de hurler, elle se retourna aussitôt, jugeant qu’il n’était pas utile de s’emballer. Louise était sûrement partie aux toilettes par ses propres moyens comme elle savait maintenant le faire. Micha prit une grande inspiration, ne faisant pas attention à son coeur qui ne l’écoutait clairement pas et s’emballait tout seul, s’aventurant dans le reste de l’appartement à la recherche de sa fille, faisant de son mieux pour ne pas l’imaginer morte au milieu du salon, les bras tendus vers le monde et les bras couverts de sang, les mots à jamais gravés dans sa chair. Elle faisait de son mieux pour retenir ses larmes, pour s’empêcher d’imaginer le pire. Mais rien, rien nulle part, au point que Micha se mit même à fouiller dans les placards, poussant chaque interrupteur pour que la lumière revienne et que sa fille lui apparaisse enfin. Et puis la porte d’entrée était entrouverte, alors elle s’était précipitée à l’extérieur, priant pour que l’horreur n’ait pas choisi de pénétrer sa demeure cette nuit-là. Elle aurait bien fait un pas de plus vers l’extérieur, vers la plage ou l’école, les endroits que Louise connaissait, mais elle ne pouvait plus avancer seule, elle ne pouvait tout simplement plus.

Elle tambourina la porte au fond du couloir. « Jonathan ! » Sa voix tremblait, ses mains aussi. Son regard se noya doucement, jusqu’à la rendre aveugle. « Jonathan, open the door please ! Jonathan, she’s gone, I can’t find Louise, have you seen her ? » Évidemment qu’il ne l’avait pas vue, pas en plein milieu de la nuit. « Jonathan. » Elle ne savait même pas si c’était lui qui lui faisait face, maintenant que la porte s'était enfin ouverte, ou si c’était un autre. Elle ne savait pas non plus comment elle faisait pour tenir encore debout. « I told Louise we… She doesn’t want to leave, and now she’s gone and… What if she’s hurt, what if she left on her own, what have I done… » Sa main trouva refuge sur son ventre, épicentre du séisme qui la bouleversait. « What if she’s… » Elle ne pouvait même plus parler. Elle était vide, mais elle savait qu'il n'y avait qu'ici qu'elle pourrait trouver du réconfort, qu'elle pourrait se rassurer. Entre ces bras-là.

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadySam 22 Avr - 21:26

Le temps semblait suspendu après chacune des respirations de Louise. Comme s’il n’y avait plus rien d’autre que cela, ce moment, sa petite main qui se refermait sur celle de Jonathan, comme si elle avait envie de rester ici pour toujours et qu’elle voulait que le brun continue de lui raconter des histoires qu’il inventait de toutes pièces. Juste pour voir un fin sourire se dessiner sur le visage de l’enfant et la voir s’émerveiller, encore et encore. Jonathan ne se lasserait probablement jamais de la voir aussi heureuse et maintenant qu’elle était si calme, il se demandait combien d’instants de ce genre il avait manqué dans la vie de la petite. Il y pensait souvent, Micha n’avait pas besoin de le faire culpabiliser pour qu’il se rappelle, il savait que les souvenirs de Louise deviendraient confus au fur et à mesure qu’elle grandirait, que les moments présents deviendraient des images, des points cachés par un épais brouillard et que le reste n’aurait pas la moindre importance. Mais tout de même… Lui s’en souvenait, lui qui avait un cerveau qu’il était incapable de faire dormir et qui était capable de lui sortir des détails qui n’avaient jamais leur importance. Il se rappelait de la couleur des chaussures de Micha la première fois qu’elle était apparue dans son champ de vision, cartable sur les épaules, lui demandant si on était en train de l’embêter. Il se souvenait encore de la chanson qui passait en boucle cet été-là à la radio quand il était en train d’apprendre à conduire, son père essayant de le guider lentement alors que les yeux de Micha dans le rétroviseur essayaient de le rassurer. Comme le parfum qu’elle portait ce jour-là, le jour où elle lui avait dit qu’elle était enceinte, quelque chose de doux, de sucré… Que des souvenirs qu’il était incapable d’oublier et qui le menait ici, à ce soir, à Louise qui s’était endormie tout contre lui.

Jonathan serra la petite dans ses bras, presque pour la protéger du monde, presque pour qu’elle disparaisse et que personne ne vienne la chercher ici, là où elle était en sécurité. Jonathan eut un fin sourire sur son visage tandis qu’il sentait ses propres paupières se faire lourde et qu’il semblait somnoler lui aussi. Louise et sa simple présence, et ses propres récits sans queue ni tête, semblait avoir levé un immense poids de ses épaules et il lui paraissait raisonnable de retrouver les bras de Morphée pour quelques heures. Peut-être qu’il retrouvait Louise de l’autre côté, qu’ils continueraient d’avancer main dans la main, pour sauter sur les nuages ou jouer au toboggan le long de l’immense cou de Louis, juste parce qu’ils le pouvaient. Si seulement. Jonathan rouvrit brusquement les yeux face à un nouveau son, il vérifia que Louise dormait toujours profondément et il chercha la source du bruit. La réponse paraissait évidente et beaucoup trop tôt à son gout, Jonathan fit face à la silhouette plus qu’alarmée de Michaela.  « Micha… » Il n’était pas prêt à la voir, c’était certain, pendant des semaines, le jeune homme s’était répété que cela ne lui ferait absolument rien, qu’il pourrait tourner la page mais la voir ainsi, aussi vulnérable, les cheveux en cascade sur les épaules, Jonathan sut qu’il lui faudrait plus que des bonnes résolutions pour vraiment tourner la page. Il y avait toujours son coeur qui battait à ce rythme-là près de la jeune fille et cette envie irrépressible qu’il avait de passer ses deux bras autour de la taille de la rouquine et d’enfouir sa tête dans son cou. Jonathan chassa toutes ces pensées-là et se passa une main dans les cheveux avant d’articuler les mots suivants.  « She’s here. » Il ouvrit davantage la porte et laissa Micha rentrer dans son appartement et la guida à son fort de fortune, où Louise dormait toujours.

« She is right there. She came to me and we… anyway she is sleeping now. » Jonathan s’éclaircit la gorge, il ne savait pas pourquoi mais il n’avait pas envie de lui raconter le moment qu'il avait partagé avec Louise, ça n’appartenait qu’à eux dans le fond. Le regard du brun passa de la fille à la mère, il s’attendait aux remontrances de Micha, à de la colère pure et simple, qu’est-ce que ça pouvait bien faire de toute façon ? C’était elle qui partait et lui qui était laissé en arrière à présent, qu’est-ce qu’une simple discussion pouvait bien changer ? « She was… well she’s upset about the move, I told her that you’re probably right about this too, you’re doing what’s best for her so yeah… » Le regard bleuté, plus intensif que jamais, de Jonathan se reposa sur Micha. Toutes les questions étaient dans le regard du Rowling à présent, lui qui se demandait ce que Micha faisait, si elle fuyait et si oui quoi ? Était-ce tous les mauvais souvenirs qui étaient liés à la ville ? Le meurtrier qui courrait encore dans les rues …. ou pire encore, lui ? Jonathan finit par tourner la tête, il sentait les émotions qu’il avait tenté d'ignorer revenir à la surface et ce n’était pas le moment… définitivement pas le bon moment. « I guess everything should be okay when she wakes up. »

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadyDim 23 Avr - 3:42

À peine la porte ouverte, Micha s’était engouffrée à l’intérieur sans un regard à l’attention de Jonathan, les mains tremblantes et le coeur au bord des lèvres. Il ne lui avait pas menti, elle était bien là, recroquevillée dans son chateau de plumes et de coton, son corps minuscule agrippant sa peluche avec tellement de douceur et d’amour que Micha était certaine que le diplodocus aurait pu prendre vie comme par magie, suffisamment choyé pour se retrouver avec un coeur tout neuf, son cou gigantesque sans cesse tendu vers la petite princesse envers qui il était éternellement reconnaissant. Elle était belle, ses beaux cheveux roux habillant son visage de poupon, ses lèvres fines dessinant un sourire pur et innocent qui finirait par manquer à Micha le jour où l’oisillon aurait définitivement quitté le nid pour s’envoler à la conquête du monde. Elle était paisible, sereine, certainement en train de rêver de pays qu’elle avait inventé de toute pièce, des pays et des contrées dont elle parlerait au petit-déjeuner, la bouche encore pleine de ses tartines de confiture, ses babines recouvertes de sucre ou de lait, ses mains encore trop maladroites pour agripper ce que sa mère lui tendait sans s’en mettre partout. Elle était tellement bien, perdue dans son imagination, que Micha n’osa pas l’arracher aux bras de Morphée, la laissant là, la recouvrant d’un pan de couverture que la petite avait pourtant laissé trainer près de ses chevilles, jugeant sûrement qu’il n’était pas nécessaire de se protéger de la fraicheur de la nuit.

Micha embrassa rapidement son front avant de chasser les quelques mèches de cheveux qui barraient son visage endormi, avant de se relever, faisant de son mieux pour apaiser son coeur qui continuait de la tourmenter dans sa poitrine, pas encore certaine que ce qu’elle avait vu dans ce palais de fortune était bel et bien sa fille. Elle croisa enfin le regard de Jonathan ; ce bleu qui la fit aussitôt redescendre sur terre, qui lui fit prendre conscience de l’endroit où elle se trouvait. Louise lui avait avoué, elle avait été celle qui avait annoncé à Jonathan qu’elles allaient partir, quitter cette ville pour laisser le malheur derrière elle et se reconstruire ailleurs, là où la chance leur sourirait peut-être enfin. Micha avait déjà regardé les universités qui l’intéressait, consciente qu’il faudrait qu’elle étudie à domicile en s’occupant de Louise et en trouvant un petit boulot qui lui permettrait de mettre à manger sur leur table et un toit au-dessus de leurs têtes. La mère et la fille s’apprêtaient à passer les heures les plus difficiles de leurs vies, et le départ n’était rien comparé aux batailles et aux galères qui les attendaient autre part. Mais c’était mieux pour tout le monde, c’était beaucoup mieux ainsi. Micha avait retourné cent fois le problème dans sa tête, elle s’était imaginée dans les rues de Fairhope jusqu’à l’été suivant, au moins jusqu’à la fin de cette année scolaire ; mais l’idée de croiser Jonathan serrant la main d’une autre fille dans la sienne ne l’enchantait guère. C’était même pire que ça. Elle s’était joué la scène mille fois dans sa tête, l’imaginant assis sur le banc d’un parc où elle allait souvent promener Louise, une fille blottie contre lui, sa tête reposant sur son épaule tandis qu’il embrassait le front de cette inconnue, avant de croiser ses lèvres, de les bénir à leur tour. Micha s’était même risquée à aller plus loin, se disant que le jour viendrait où il faudrait qu’elle trouve une jolie robe pour se rendre au mariage de Mr et Mme Rowling, contrainte de mentir à Jonathan en lui souhaitant tout le bonheur du monde. Elle n’avait tout simplement pas pu se faire à cette idée et elle s’était fait une raison, préférant mettre ses affaires dans des cartons et fuir à l’autre bout du pays, là où elle pourrait le laisser loin de son coeur et où elle pourrait enfin tourner la page.

« Look, I… » Elle ne voulait pas réveiller sa fille. Micha aurait tout le temps du monde pour lui expliquer pourquoi il ne fallait pas qu’elle s’enfuit en pleine nuit, pourquoi elle lui avait fait peur et pourquoi elle s’inquiétait pour elle, mais ce n’était ni le bon moment ni le bon endroit, et ce qu’elle avait à dire ne regardait que Jonathan. Elle soupira, cherchant un moyen de pouvoir s’isoler avec son ami d’enfance, se décidant finalement à s’exiler dans la cuisine du jeune homme, le prenant par la main l’espace d’un instant pour s’assurer qu’il allait la suivre. Fermant la porte derrière eux, elle lui fit face à nouveau. « Sorry, I won’t be long, I’ll leave you too for the night and I’ll pick her up tomorrow. » Priver sa fille de quelques souvenirs supplémentaires avec Jonathan aurait été stupide. Oui, elle avait eu peur. Trop peur, si toutefois c’était possible. Mais ses craintes et ses inquiétudes de mère n’étaient pas des excuses suffisantes pour enfermer sa fille dans une chambre et la confiner aux murs de leur appartement. Micha ne savait que trop bien que l’enfermer était le meilleur moyen de l’éloigner d’elle. « I fell asleep and she… Anyway, thanks for taking care of her. » Après tout, ce n’était pas son rôle, ce n’était pas son devoir. Il n’avait aucune obligation vis-à-vis de l’enfant. « I wanted to tell you about the move, I just… » Il fallait qu’elle finisse par lui dire, n’est-ce pas ? Qu’elle passe pour une idiote une bonne fois pour toute, qu’elle se ridiculise pour qu’il ait une bonne raison de ne plus avoir envie de l’appeler, de prendre de ses nouvelles ou de la revoir dans deux mois, deux ans ou plusieurs décennies. Au moins, il aurait de quoi se moquer d’elle lorsqu’il aurait un peu de temps à perdre…

Ses épaules s’affaissèrent tandis qu’elle soupira, faisant de son mieux pour le regarder quand son propre regard fuyait vers un autre phare, prenant son courage à deux mains. « I just didn’t know how. I tried to think about it, and every time it just… Never came out right and I… I should have told you. » Elle n’avait plus rien à perdre, pas vrai ? Çe ne pouvait pas être pire. « I’m sorry I talked to you that way last time we had breakfast. That was out of line and I… I’m really happy you’ve found someone. » Il méritait d’être heureux, tant pis si ce n’était pas avec elles. « But it just made me realize… A lot of things actually. Like the fact that I have to think about me and what I want to do with my life and… I’ve never been to college and I want to do that, and I’m a single mom when everyone has only started dating. Which is fine, I mean, I’m happy but it’s… » Non, elle ne trouvait vraiment pas de bonne façon de le dire. « I guess I’ve always hoped that you would always be there, you know ? I mean… Even when we were kids, I could see us growing old and playing cards on the porch of our house or walking on the beach and we’d have a dog with a funny name and I… I thought you just didn’t want that so I tried to move on… » Pas besoin de lui rappeler le chapitre avec Andrew, il dormait encore paisiblement dans le salon. « And I don’t know, you came back, and I started to think about all of this again. About you and me just being us… And I’m sorry I lost it when you told me you were dating, I’m sure she’s nice and she deserves you. » Sa voix tremblait. « But I just need to stop hoping it would be me instead, I need to stop hoping you would see me because it’s been going on for way too long and I need to move on, and I can’t do that here, while you’re on my doorstep and… » Il allait la mettre dehors de toute manière. Il allait rire et lui montrer le chemin jusqu’à la sortie. « It’s not your fault, I’m not blaming you, I know we’re friends and there’s nothing more to it, and I don’t regret anything, you really were the best friend I ever had, but I guess it was always there from the very beginning and I only realized it now… » Un mot de plus et son coeur allait se fendre en deux. « Anyway… » Elle fit de son mieux pour reprendre ses esprits, perdue pour la première fois auprès de celui qui lui avait toujours servi de repère.

« Now you know. »

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadySam 6 Mai - 12:01

« Micha... » La voir ici, dans son appartement, en plein milieu de la nuit, c'était presque comme un rêve. Presque. Presque comme si le temps était suspendu, que personne n'était coupable et que tout pouvait se passer pour le mieux. Qu'il pouvait juste lui raconter sa journée, et la tirer contre lui, poser ses mains sur ses hanches comme il souhaitait toujours le faire et poser son menton sur sa chevelure et l'écouter se plaindre de cette position, parce qu'il était trop grand, alors qu'en fait, Micha posait déjà ses mains sur le torse de Jonathan et l'écoutait respirer. Pourquoi ça ne fonctionnait jamais comme ça entre eux ? Depuis quand est-ce que les choses avaient cessé d'être simple ? Jonathan ne savait pas, mais il en avait assez, assez de se dire qu'elle ne serait plus jamais sa meilleure amie et qu'elle n'était toujours pas la femme qu'il aimait. Jouer avec cette limite était en train de l'achever petit à petit et aux prochains mots de Micha, il se contenta de croiser les bras sur sa poitrine, prêt à accuser les coups vu qu'une dispute semblait encore pointer le bout de son nez.

Micha avait voulu lui dire pour son déménagement, mais les mots manquaient, alors qu'ils habitaient littéralement à quelques mètres l'un de l'autre. Ce qui se dessina sur le visage de Jonathan à ce moment-là ne fut rien d'autre que de la tristesse mais plutôt que de baisser le regard, il continua de fixer la jeune femme et d'écouter ce qu'elle avait à dire, et ce dire que oui, il était resté, oui, elle allait finir par l'achever. Jonathan ne put s'empêcher de rouler des yeux quand elle lui parla d'Emma, l'ombre d'un rendez-vous ce n'était pas trouver quelqu'un. Il essayait de se sortir Micha de la tête, d'être juste son meilleur ami et même ça, ce n'était pas assez. Just tell me what do you want, pensa fébrilement Jonathan, incapable d'interrompre la rouquine maintenant qu'elle était lancée. Jonathan soutint donc son regard alors que Micha continuait ses explications et il se retrouva à inspirer et expirer profondément, se demandant si elle faisait exprès de venir le frapper en plein coeur à chaque fois. Qu'était-elle en train de lui dire ? Qu'il avait le droit d'espérer et de croire qu'un jour ils pourraient être plus que de simple amis ? Qu'il pourrait juste la prendre dans ses bras et cesser de se dire qu'il avait tout gâché en quittant Fairhope la toute première fois ?

« Micha in case you didn't notice... I am right here. You're the one who's leaving now.» finit par lâcher Jonathan, ses yeux bleus toujours plantés dans ceux de Micha. Ce n'était pas un reproche, il voulait juste lui faire réaliser l'absurdité de la situation, elle était en train de le fuir désormais, et de partir loin, loin où il ne pourrait pas l'atteindre. « I'm not blaming you, Michaela, I am not okay ? If you think you have to leave, then fine. I'm not going to tell you to stay just for the sake of staying. I want you to be happy, God knows you and Louise deserve to be happy. » Qu'elle aille à l'université et fasse ce qui lui plaisait, Jonathan voulait vraiment toutes ces choses pour la rouquine, vraiment. Il le pensait parce qu'il avait toujours su faire passer les envies et les désirs de Micha avant les siens, toujours. Si elle avait besoin de partir de Fairhope pour se reconstruire, il pouvait tout à fait le comprendre, après tout, l'université lui avait offert une seconde chance, celle d'être vraiment Jonathan, sans personne pour le juger ou pour lui dire qu'il réfléchissait trop, ou qu'il était qu'un geek sans intérêt... « I deserve that too...  that's what I'm trying to do but come on Micha...» Jonathan était humain, lui aussi avait été blessé par tous les éléments qui avaient secoué leur vie au fil des années, et pourtant, une certaine colère apparut sur son visage.

Il se rapprocha de Micha et finit par lui attraper la main droite, nouant leurs doigts ensembles. Il n'y avait rien d'autre que ça pendant quelques secondes, et cela lui parut tellement juste, elle, lui, c'était tout ce qu'il voulait et pourtant il y avait toutes ces règles, tout ça... Et elle partait.  Jonathan releva un regard peiné vers Micha. « I am not worth trying ? You're gonna leave without giving me a chance, without giving us a chance ?» Il lâcha alors la main de la jeune femme et presque trop lentement pour que ce soit réel, il porta une main à son visage pour lui caresser la joue. Une partie de lui se dit qu'elle n'avait jamais été aussi belle, avec les yeux légèrement humides et les lèvres entrouvertes. Ses lèvres que Jonathan fixait quand sa deuxième main vint trouver le visage de Micha également. Réalisait-elle seulement qu'il s'était penché et que seulement quelques centimètres, millimètres, les séparaient ? Peut-être pas, il n'y avait que ce coeur qui battait constamment pour elle et qu'elle continuait de piétiner encore et encore. S'il avait eu plus de courage, plus de certitude que cela ne serait pas leur dernière nuit, Jonathan l'aurait probablement embrassée, là; posant ses lèvres sur celles de Micha et lui offrant son premier baiser comme quelque chose de précieux. Ou alors elle ne saurait jamais, elle qui pensait qu'il était capable de s'abandonner à la première venue, elle ne saurait jamais qu'il ne le pouvait pas parce qu'il voulait tout garder pour elle.

« ... Okay then...» murmura Jonathan, il finit par lâcher Micha, son regard tombant sur le sol. «Go be happy I guess... You know where to find me.»

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Sujet: Re: Hold on to me, cause I'm a little unsteadyLun 15 Mai - 13:38

Jonathan recula, et elle disparut.

Pas physiquement, non. La jeune femme n’avait pas bougé d’un millimètre, ses deux pieds fermement ancrés dans le sol, incapable de faire un pas, de fuir alors que tout son corps agonisait. Elle s’échappa, dans d’autres pensées, ailleurs. S’imaginant le meilleur, ce qu’ils pourraient devenir s’ils se laissaient une chance, s’ils se donnaient la peine de mettre leur rancoeur et leur mélancolie de côté pour mieux se blottir dans les bras l’un de l’autre et échapper au reste du monde. Elle se voyait sur le porche de leur maison, face à la mer, un ou deux autres enfants en train de gambader dans leur jardin, un autre bambin poussant les parois de son ventre pour se faire de la place tandis que Jonathan leur parlerait, à elle, à ce petit univers qu’il avait créé et qui aurait certainement ses yeux. Elle se voyait, vêtue de blanc, face à Jonathan, ses joues rarement aussi roses, Louise leur apportant les alliances qu’ils s’échangeraient bientôt en se promettant de ne jamais rompre ce lien et de toujours lui faire honneur, dans le bonheur comme dans l’adversité, dans la santé comme dans la maladie. Micha se disait qu’elle pouvait encore faire un pas, s’agripper à lui et le supplier de la compléter pour que le vide, le gouffre qui l’habitait sans cesse soit enfin comblé de son amour, de ses lèvres dans son cou, de ses mains sur ses hanches, ses bras autour d’elle. Elle avait les larmes aux yeux en songeant à tout ce qu’ils pourraient être, si seulement elle avait encore la force de bouger, le souvenir des paumes de Jonathan contre ses joues revenant déjà la hanter alors qu’il était encore face à elle. Mais elle ne savait pas comment s’y prendre, quoi dire, quoi faire, et elle n’était pas sûre de comprendre ce qu’il venait de dire, s’il voulait vraiment d’elle ou si le temps avait fini par le forcer à renoncer.

Alors elle voyait le pire. Le désintérêt dans ses yeux, l’envie d’ailleurs, l’envie d’une autre. Peut-être qu’elle n’était plus à la hauteur, son corps gâché par une grossesse qu’elle n’avait pas souhaité mais qu’elle avait adoré. Sa mère lui avait dit, elle lui avait répété tellement de fois que Micha avait encore du mal à s’ôter cette pensée de la tête, songeant qu’elle ne valait plus rien aux yeux des hommes maintenant qu’elle était mère, qu’elle ne pouvait plus être désirée, qu’elle n’était plus l’objet de convoitises. Il n’y avait plus rien d’intéressant chez elle, elle était accomplie, mère avant que d’être femme. Elle ne pouvait pas blâmer Jonathan, après tout il n’était qu’un homme, Dieu seul savait ce qu’elle aurait fait à sa place si ils avaient eu le pouvoir d’échanger juste un instant. Pas de doute, elle aurait préféré la compagnie d’une jeune femme avec l’avenir devant elle, des projets plein la tête, et la taille fine et parfaitement dessinée. Elle était abimée, elle était salie, même si elle avait tiré une petite merveille de ce calvaire. Alors ce n’était pas grave, tant pis si elle n’était pas suffisante, si elle n’était pas désirable ou à l’image des autres filles parfaitement maquillées au style vestimentaire travaillé et impeccable ; elle avait Louise, et elle ne se le devait qu’à elle-même, qu’à l’amour qu’elle avait eu pour l’enfant bien avant qu’elle ne vienne au monde. Et même face à Jonathan, ses mains, son regard, ses bras, elle n’échangerait la fillette pour rien au monde. Qu’il disparaisse, qu’il ne devienne qu’un vague souvenir, un songe ou un cauchemar, Micha avait une bonne raison de se lever tout les matins, une bonne raison de sourire et d’être heureuse, et cette raison minuscule aux longs cheveux roux dormait paisiblement dans le salon.

« I’ll pick her up tomorrow. »

Il n’y avait rien d’autre à dire ou à faire, ils avaient tous deux fait leur choix. C’était le moment où leurs chemins se séparaient, où ils ne partaient plus dans la même direction. Le moment où elle réalisait qu’on l’appellerait peut-être dans quelques années pour lui apprendre que Jonathan était marié, et qu’il allait bientôt devenir père. C’était le moment où elle retenait difficilement ses larmes alors qu’elle avait enfin la force d’avancer, de faire un pas pour passer devant lui et quitter la pièce sans un seul regard en arrière. C’était le moment où elle devait s’assurer qu’elle ne regretterait pas, qu’elle n’aurait pas le droit de se réveiller un matin en se disant qu’elle aurait du rester. Non, elle n’avait plus rien à faire ici, elle n’avait certainement plus sa place entre ces murs ni entre ces bras.

Alors finalement, elle disparut.

sujet terminé

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there's nothing i wouldn't give just to be by her side. there's nothing i wouldn't take just to keep her safe at night. she's perfectly amazing, amazingly perfect. she's my everything, my greatest strength.

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