AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 • Life Is But A Movie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

pnj - poète de fairhope

avatar

◆ Manuscrits : 197
◆ Arrivé(e) le : 03/04/2015
◆ Âge : vous ne devinerez jamais
◆ Métier : tueur en série
◆ Points : 0
◆ DC : personne
◆ Avatar : le sang d'une victime


Sujet: • Life Is But A MovieMar 10 Jan - 18:12

life is but a movie



19 janvier 2016, 21:16

La perspective de me retrouver coincée parmi eux ne m'enchante pas.
C'est le moins que l'on puisse dire.

Un regard furtif vers l'horloge qui trône dans le hall du cinéma, quelque part au-dessus du stand de pop-corn et la billetterie. Les hommes en uniforme sont alignés devant les portes, plantés droits comme des piquets devant le cinéma, pour empêcher quelques crétins d'aller voir leur film, tandis que d'autres s'infiltrent pour contrôler les identités de ceux qui sortent de leurs séances, attendent un proche.

Je ne sais plus exactement qui erre ici, mais ils sont tous perdus.
Complètement perdus.

« Non ! Non, on ne sortira pas. Je dois bosser moi. Vous savez qu'on va bientôt perdre nos boulots à cause de votre couvre-feu débile ? Hein ?! »

Ils sont nombreux à hocher la tête silencieusement pour soutenir ce pauvre employé, tandis qu'un officier tente de le calmer, d'éviter les débordements.

Il n'y a plus rien à éviter, c'est déjà trop tard. Ils courent à leur propre perte, et je les regarde partir à vive allure. Et si je m'installais là, juste un instant, pour profiter du spectacle ?

J'arrange mon chignon. Les premiers graviers sont balancés contre les portes du bâtiment. Finalement, le plus beau spectacle de la soirée sera bel et bien celui-là. Voilà une séance que je n'aurais ratée pour rien au monde...




Spoiler important à lire :
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

◆ Manuscrits : 3858
◆ Arrivé(e) le : 03/09/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : Lieutenant de police
◆ Points : 4122
◆ DC : Sacha
◆ Avatar : Kate Mara


Sujet: Re: • Life Is But A MovieJeu 12 Jan - 0:53

• Life Is But A Movie

◆ Feat Fairhope ◆


Oh oui, il pèse sur tout le monde, absolument tout le monde, mais le couvre-feu n'a pas été encore officiellement levé alors que nous sommes dans la deuxième partie du mois de janvier. Même à moi, il me pèse, je sais que ma soirée ne sera pas de tous repos comme cela pouvait être le cas avant, surtout un mardi soir d'ordinaire paisible, surtout en cette période où il ne fait pas très chaud. Bien entendu, nous ne sommes chez nos voisins québécois où il y a de la neige et tout mais voilà même si les températures ne descendent que rarement en dessous de zéro, elles sont fraîches pour les natifs de Fairhope, peut être plus douce pour les autres mais qu'importe. La tension est palpable, tout le monde est sur les nerfs, absolument tout le monde, même moi, je le ressens au fond de mon être. Le Poète s'est fait discret depuis la mise en scène concernant sa dernière victime à la mairie. Personne ne sait où il se trouve, mais tout le monde sait qu'il est là, qu'il rôde non loin de chacun de nous, dans un parfait anonymat. Oui, il se délecte sans doute de nos recherches, de nos trouvailles pour lui faire faire une erreur, peut être même que c'est un ami à moi depuis longtemps, ou alors que je le connais depuis l'enfance puisque j'ai toujours vécue à Fairhope. Mais ce soir, le couvre-feu n'est pas respecté au niveau du cinéma. Il est plus de 21h, autrement dit, tous ce petit beau monde devrait être chez lui à l'heure qu'il est mais ce n'est pas le cas, alors nous devons intervenir, bien à contre coeur, mais c'est comme ça. Je vous rassure, ce n'est pas un spectacle qui me plait grandement mais nous devons faire avec. Un homme parle à un officier qui lui indique de rentrer chez lui, mais il doit bosser, s'il ne veut pas perdre son travail. C'est vrai que pour le cinéma, le couvre-feu a été rude, la fréquentation est en baisse puisqu'il n'est plus possible de voir un film après le travail, après 20h30 comme indiqué par l'arrêté municipal par rapport au couvre-feu. Et si j'observe la scène, je vois de nombreuses personnes hocher la tête silencieusement mais de façon positive. C'est vrai que c'est triste, n'est ce pas ? Il va falloir faire quelques choses avant que les choses ne prennent trop d'ampleur, mais peut être est ce déjà trop tard. C'est ainsi que des graviers sont balancés contre les vitres du bâtiment. En vérité, c'est un officier qui m'en informe parce que je n'ai pas fait attention à cela, mais visiblement, la mutinerie commence. Ce n'est pourtant pas le moment de céder à la panique, ce ne sont peut être que des enfants qui s'amusent. Oui, même moi je n'y crois pas parce que je sais très bien que tout le monde est à cran et que la nouvelle année ne changera rien du tout. Je n'ose pas imaginer ce que ce sera l'an prochain quand nous aurons élu notre prochain président. Mais pour le moment, il faut agir, si possible en douceur pour tenter d'arrêter les troubles fêtes. Dans la foule présente, certains paniquent, d'autres sont plus calmes, comme des phares au milieu de la tempête.


 


_________________


Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t299-shandra-olivia-sarmoise-is-here


avatar

◆ Manuscrits : 4476
◆ Arrivé(e) le : 05/08/2015
◆ Âge : 24
◆ Assoc. des Victimes : Membre
◆ Métier : Elève policière
◆ Points : 1170
◆ DC : Aiden, James, Sean, Charlie, Nathan
◆ Avatar : Willa Holland


Sujet: Re: • Life Is But A MovieVen 20 Jan - 20:05

Personne n'avait eu la décence d'arrêter le monde. Personne n'avait eu assez de compassion pour planter les talons au sol et empêcher la terre de tourner, le soleil de se coucher et surtout, surtout, de se relever chaque matin. Et chaque aube amenait une nouvelle journée, et chaque nouvelle journée était plus difficile à appréhender que la précédente. Ca n'était pas seulement Peter, c'était la ville. Fairhope, qu'elle avait osé détester pour son ennui et son calme, bouillait à l'intérieur. C'était un temps bien difficile pour être officier de police, alors que la ville entière était retournée contre eux, et ce couvre-feu qui les handicapait sans doute autant que les autres, d'autant plus que plus personne n'y prêtait attention. Leur autorité était traînée dans la boue et ils devaient encore essuyer tous les commentaires désobligeants qui leur tombaient dessus dès qu'ils apparaissaient en uniforme au coin d'une rue ou d'une autre. Lorsque ça s'arrêtait à quelques remarques. Et puis il y avait également la mairie passée au peigne fin, parce que Jesse avait révélé leur secret, et que leur toute petite avance partie en fumée. A présent, le Poète devait bien se douter qu'ils avaient découvert quelque chose. Willow ne savait même pas si elle s'était sentie trahie. Après tout, elle avait bien dit qu'elle remettait la décision entre ses mains. Mais elle l'avait tout de même trouvée difficile à encaisser.

Malgré tout, aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle, et la journée avait été particulièrement pénible et longue. Les heures peinaient à s'écouler, et à en juger par les tensions ambiantes, rien n'allait s'arranger de sitôt. Les soirées promettaient toujours leur nouveau lot d'affrontements et d'interventions, et celle-ci restait fidèle aux autres. La nuit avait recouvert Fairhope et ses cadavres, et, comme apparemment une bonne partie de la ville, elle était là, au cinéma. Toute cette agitation, tous ces débordements et autres insultes et agressions auxquels ils étaient confrontés depuis quelques temps, elle les sentait vibrer autour d'elle alors qu'elle passait entre ses collègues pour pénétrer à l'intérieur du bâtiment, comme on le lui avait ordonné. Les foules s'agaçaient, et elle pouvait voir le trouble et l'inquiétude sur les visages des autres officiers stationnés là, malgré leurs efforts pour paraître stoïque. Ils n'aimaient pas ça plus que les habitants, si seulement ils pouvaient le réaliser.

La brune s'était donc frayé un chemin à l'intérieur et avait cherché Michaela du regard, se demandant si était présente à son poste, ou si elle allait avoir la chance d'échapper à la folie. Avant que ses recherches n'aboutissent, les graviers lancés contre les portes la firent sursauter, et elle s'empressa de se mettre au travail. Comme si travailler plus vite signifiait s'en sortir plus tôt, ou s'en sortir tout court. Effaçant son air désemparé, elle tenta de se composer un visage sérieux et confiant. Pourtant à l'intérieur, elle ne valait certainement pas mieux que tous ces hommes et ces femmes qui s'agitaient de toutes parts. Elle interpella un couple, leur demandant leurs papiers d'identité, et dut faire taire leurs protestations en leur assurant que c'était pour leur sécurité. «Vous avez pas autre chose à foutre?» Willow fit de son mieux pour ignorer les autres provocations lancées dans sa direction et se contenta de faire son travail sans un commentaire de plus. Pourtant elle en mourait d'envie. Leur exploser au visage, tous les maculer de ses pensées et de ses entrailles, hurler à tous les quidams alentours qu'elle ne tiendrait plus longtemps.

A son avis, ça ne changeait pas grand-chose, qu'ils vérifient leurs identités. Ce n'était pas comme s'ils savaient véritablement qui le Poète était, ça n'était pas comme s'ils allaient lire un nom et résoudre un mystère qui les faisait piétiner depuis trois ans. Ce n'était pas comme si ça changeait quelque chose qui ils étaient. Ils pouvaient mourir de la même façon. Et si c'était pour avoir une idée de qui ne respectait pas le couvre-feu, ils pouvaient bien contrôler toute la ville. Même elle n'avait pas suivi les règles qu'ils s'acharnaient à faire respecter. «Monsieur, vos papiers s'il vous plaît.» Nouvelle vague de protestations. Et les graviers continuaient de pleuvoir contre les portes.

La soirée allait être longue.

_________________

screaming at the ones we love
like we forget who we can trust
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t248-whirlwind

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 157
◆ Arrivé(e) le : 01/12/2015
◆ Âge : 19 ans
◆ Métier : Chercheur en physique théorique, professeur de physique à la FSCC
◆ Points : 284
◆ DC : nombreux
◆ Avatar : Nicholas Hoult


Sujet: Re: • Life Is But A MovieLun 23 Jan - 14:32

Braver le couvre feu ou même sortir de la demeure des Rowling n’était clairement pas une idée de Jonathan. Enfreindre les règles n’était pas quelque chose que le jeune homme faisait facilement et s’il avait été tout à fait honnête avec lui-même, la perspective de rester bien au chaud chez lui était bien plus tentante. S’occuper de ses cousins en bas âge était beaucoup plus réjouissant que ça, et ce n’était pas quelque chose à prendre à la légère quand on savait déjà que les dits cousins adoraient grimper sur Jonathan, lui tirer les cheveux et s’en prendre physiquement à sa collection de comic. Un mois de janvier normal pour la famille Rowling. Il fallait dire qu’il n’y avait personne qui aimait autant les fêtes de Noel que sa mère, peu importe ses origines polonaises, Miss Rowling avait toujours été prête à faire des compromis et afficher fièrement ses décorations dès le premier Décembre et ce jusqu’à la fin du mois de janvier. Le brun savait pourquoi cette période était si chère aux yeux de sa mère et pourquoi elle planifiait tout au détail près et ce des mois à l'avance. À la fin d’années, elle n’avait pas besoin d’excuses pour s’immiscer dans la vie des gens et leur venir en aide, c’était tout simplement la saison qui voulait ça.

La demeure des Rowling était donc, depuis la mi-décembre, remplie de monde, de rires et de beaucoup trop de nourriture selon Jonathan. À chaque fois qu’il croisait une de ses tantes ou sa mère, ces dernières mettaient un point d’honneur à ce qu’il prenne un gâteau et leur fasse un sourire. Si cela fonctionnait plutôt bien quand il avait cinq ans, les choses n’étaient plus pareilles et Jonathan était légèrement blasé par tout ceci. Cette année, quelque chose manquait. Il n’allait pas le dire, il avait d’ailleurs interdit, en un simple regard, à sa mère de mentionner Micha ou Louise et s’était réfugié dans un mutisme latent. Il ne voulait pas en parler, il n’y avait strictement rien à dire, il allait bien. Il allait tellement bien qu’il avait passé tout son temps dans sa chambre caché derrière volume sur la théorie des cordes et il avait banni quiconque essayait de rentrer dans son temple du savoir. Mais c’était mal connaitre sa mère. Qui l’avait pratiquement jeté dehors en proclamant que son amie ne cessait d’appeler. Jonathan avait froncé les sourcils lorsque le prénom d’Emma avait été mentionné. « Oh. » avait lâché le Rowling. Il avait vraiment snobé tout le monde; la blonde et lui n’avaient eu qu’un seul rendez vous avant de décider de rester amis, quelque chose de rare dans le monde de Jonathan.

C’était la seule raison pour laquelle il avait accepté de sortir, Emma avait été assez aimable pour faire la conversation pour deux pendant le trajet, ainsi que pour choisir le film et prendre leurs billets. Sur son siège, Jonathan lui avait jeté un bref regard et avait murmuré un simple merci avant de se pencher sur son pop corn. Peu de personnes essayait vraiment de l’atteindre quand il décidait de faire le robot, les mots de sa mère pas les siens, et il oubliait souvent qu’il y avait un monde en dehors de sa peine et de la physique. L’heure s’étala donc et Jonathan décida d’oublier tout le reste et se concentrer sur le film, qui réussit à lui arracher quelques rires. « … Alors… qu’est-ce que tu as pensé du film ? … Avoue que tu es t’es amusé hein ? Ou alors juste un peu. » demanda Emma alors qu’ils sortaient de la salle. Jonathan cligna des yeux pour s’habituer à la lumière ambiante avant d’hausser les épaules. « Ce n’était définitivement pas le film de l’année. » plaisanta t-il. Il eut un autre rire lorsqu’Emma se lança dans une imitation parfaite de la scène du premier baiser entre les deux acteurs principaux du film, réussissant à rendre la chose parfaitement ridicule.

C’était tout ce dont Jonathan avait besoin au final, de ne pas vraiment penser. « Allez sortons d’ici, je te dois bien un verre ou quelque chose comme ça… » Jonathan disait cela en les guidant vers la sortie, il en avait presque oublié où il se trouvait avec tout ça. C’était Fairhope, rien n’était jamais simple ici et Emma et Jonathan se jetèrent un regard plus que perplexe après avoir vu les uniformes de polices et certaines personnes qui haussaient le ton. Le brun fut d’autant plus surpris quand la main de la jeune fille trouva la sienne et qu’elle déclara : « …Okay, c’était peut-être une mauvaise idée, tu crois qu’on va réussir à sortir ? » Jonathan préféra ne pas dire ce qui lui passa par la tête à cette seconde précise et il se dirigea vers le seul visage familier qu’il voyait dans ce début de chaos. « Hmm… Suis-moi. » murmura t-il avant de tirer sur la main de la blonde et de les guider. « Hey Willow. » Ce simple salut pouvait paraitre déplacé, surtout vu qu’ils ne s’étaient pas parlés depuis des semaines voir des mois.  « Tu sais s’il est possible de sortir ou pas ? Je sais qu’on a largement dépassé le couvre-feu, mais est-ce qu’on va tous rentrer dans voitures de police ? » La dernière remarque lui avait échappé mais l’esprit pragmatique de Jonathan l’avait rappelé à l’ordre. Encore une fois.

_________________

"...The universe is so big and yet so small. Both things are true you know, it keeps expanding but at the same time you can chat with someone at the other side of the planet... You might want to call that a miracle."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t509-jkr-i-find-my-shelter-in-a-sky-full-of-stars


avatar

◆ Manuscrits : 716
◆ Arrivé(e) le : 30/05/2015
◆ Âge : 33 ans
◆ Métier : Ancien présentateur de Fairhope News, devenu préposé aux cafés et aux photocopies au commissariat de Fairhope
◆ Points : 183
◆ DC : Toto, Adam, Micha & Tutur
◆ Avatar : Chris Hemsworth


Sujet: Re: • Life Is But A MovieMer 25 Jan - 2:06

Il avait du choisir un camp.

Rester éternellement planté devant une caméra n'était définitivement pas une solution, et Peter avait mis bien trop de temps à le comprendre. Le temps d'ouvrir les yeux, et voilà qu'il était déjà trop tard, que la ville était à feu et à sang, que les révoltes étaient nombreuses et que les corps se multipliaient aux quatre coins de la ville. Il faisait de son mieux pour ne pas se sentir responsable, pour ne pas se dire qu'il avait le sang des victimes sur ses mains, que le liquide ruisselait sur ses épaules saillantes, lui recouvrait même le visage. Il avait de plus en plus de mal à s'en convaincre depuis que Willow l'avait quitté, ne croisant qu'un ennemi dans le reflet du miroir à chaque fois qu'il se risquait à se plonger dans son propre regard. Il revoyait ses poings, cruels, meurtriers, ses poings endoloris s'écrasant sur la carcasse d'un autre, remuant les côtes d'un innocent. Il sentait encore ses phalanges endurer les coups qu'il infligeait, la douleur se faisant plus vive quand il songeait au regard apeuré de Willow qui refermait la porte pour ne plus jamais avoir à affronter les violences silencieuses qu'il cachait dans son regard.

Alors il avait décidé d'être un autre, de changer. Pas pour elle, non. Plus pour elle, en tout cas. Pour lui, sans doute ; il n'avait plus que lui à combler après tout. Ou son défunt père, mais à quoi bon. Il ne serait pas plus fier de son fils de là où il se trouvait, c'était complètement absurde d'espérer une quelconque reconnaissance de la part de Christian alors qu'il se trouvait six pieds sous terre et que les vers s'étaient déjà fait un plaisir de dévorer ses chairs. Non, Peter avait troqué ses costumes taillés sur mesure pour un uniforme aux nuances de bleu qui lui donnait une certaine allure pour rapprendre à se respecter. Plus de ceinture en cuir valant les yeux de la tête, mais bien une matraque et un pistolet autour de sa taille. Certains en concluraient que Peter avait fini par trouver la combine idéale pour être tout aussi violent qu'avant, mais l'être au moins au nom de la loi ; ceux-là n'auraient sans doute pas tort. Mais il avait au moins eu le cran de choisir son camp, de se ranger du côté de la justice, troquant son accoutrement de charognard pour servir la population. Ou l'opprimer de façon légitime, allez savoir...

Le blond s'était empressé de suivre les ordres. Lui et sa carrure impressionnante devaient se tenir devant les portes du cinéma, et interdire quiconque de s'approcher du bâtiment. Casqué, un gilet pare-balles couvrant son torse, il faisait de son mieux pour interdire l'entrée à tous ceux qui n'avaient pas accroché le badge de la police locale sur leur poitrine. Ainsi, il avait vu passer Willow, conscient qu'elle ne l'avait certainement pas remarqué, vêtu de cette façon. Il avait d'autres problèmes sur lesquels se concentrer de toute façon, pas vrai ? « Reculez. » Peter devait faire ses preuves. Lui à qui on avait surtout confié la préparation des cafés et les photocopies depuis quelques semaines se retrouvait enfin sur le terrain. Pas question de décevoir et de ne pas être à la hauteur. « Ce n'est pas avec une poignée de graviers que vous allez faire avancer quoi que ce soit. Alors calmez-vous, reculez, et tout rentrera dans l'ordre. Compris ? » Ses pensées dérivaient toujours vers elle, qu'il le veuille ou non. Et s'il y avait besoin de renforts à l'intérieur, il savait exactement qui protéger en premier...

_________________

say something if you wish, say something if you dare
sigh and scream, so it will feel real again



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t179-who-wants-to-live-forever#1553

bad blood - génie de la cb

avatar

◆ Manuscrits : 1961
◆ Arrivé(e) le : 13/11/2016
◆ Âge : 46 ans
◆ Métier : ancien médecin légiste
◆ Points : 1614
◆ DC : Emily
◆ Avatar : Jon Hamm


Sujet: Re: • Life Is But A MovieDim 19 Fév - 0:36

Le générique s'était mis à défiler, et les lumières ramenaient péniblement les spectateurs à la réalité, après deux heures de brouillard. Il était temps qu'ils se lèvent de leur siège, enfilent leurs manteaux, et échangent deux ou trois commentaires à propos du film, avant de retourner perpétuer la boucle de leur absurde et morne quotidien. Seth mit un certain temps à réagir. Avec des gestes ralentis, il calqua néanmoins ses gestes sur ceux de tous les autres. Il constata alors deux choses, en regardant l'écran de son portable : l'heure qui marquait le commencement du couvre-feu était bien trop proche. Et Joshua avait essayé de l'appeler une fois.
Il tenta de le rappeler, tout en défilant lentement parmi la procession formée par les autres spectateurs, dans les couloirs sombres qui menaient à la sortie. La tonalité retentissait à rythme régulier dans son oreille, sans réponse. Lorsque les portes battantes s'ouvrirent devant lui sur le hall, il raccrocha. Dans la pièce, une foule s'entassait, grossissait à mesure que les salles de visionnages se vidaient. Une foule mouvante, bruyante. Des flics évoluaient parmi eux, le visage résolument impassible. L'ancien légiste entendit les interrogations qui gagnaient son esprit s'exprimer autour de lui, prononcées par les autres spectateurs confus qui alimentaient malgré eux ce regroupement. « Qu'est-ce qui se passe ? » Ce à quoi quelques réponses fusaient : « Il y a des gens qui ne veulent plus respecter le couvre-feu ».

Il commençait à saisir la teneur des clameurs qui grondaient, de plus en plus menaçantes et vindicatives à l'adresse des forces de l'ordre. Bien sûr, il l'avait senti monter, cette tension, depuis des mois, depuis des années. Il en avait tâté le pouls. Les habitants vivaient dans l'appréhension perpétuelle, l'attente du prochain mort, de la prochaine attaque qui interviendrait dans leurs vies. Une étincelle suffirait à enflammer cette ville. Et la mise en place de cette mesure avait peut-être joué ce rôle. Les mécontentements se murmuraient jusqu'alors, et maintenant ils étaient clamés sur la place publique, à la face du maire, de tous les représentants qui avaient un lien plus ou moins marqués avec la direction de la ville.
Mais Seth n'avait pas du tout envie de se trouver parmi cette bataille. Malgré le fait qu'il détestait cette idée de couvre-feu tout autant que les autres habitants, il ne trouvait aucun intérêt à rester là, maintenant que le film était fini. Il voulait simplement rentrer chez lui.
D'ailleurs, rien de ce qui se déroulait ici ne le concernait vraiment.

Il tenta de se frayer un chemin parmi les autres, avec peine. Certains se tenaient immobiles, en attendant que les choses se calment, d'autres vociféraient, et il entendait leurs plaintes de plus en plus nombreuses : « Non ! Non, on ne sortira pas. Je dois bosser moi. Vous savez qu'on va bientôt perdre nos boulots à cause de votre couvre-feu débile ? Hein ?! »
Parmi eux, les autorités continuaient leur manège habituel, et pourtant, ce qu'ils faisaient ne semblait avoir aucun sens. Ils ne pouvaient ni garder enfermés, ni raccompagner toutes les personnes présentes ici ce soir. Peut-être qu'eux-mêmes se retrouvaient complètement dépassés par la situation, mais agissaient en laissant paraître le contraire.
Les portes de sorties semblaient inatteignables. A quelques distances de là, il aperçut un visage connu, celui de cette jeune policière qui avait perdu son petit ami, sous les mains du poète, plusieurs années auparavant. Il était peu probable que le souvenir du médecin légiste aie totalement disparu de sa mémoire, étant donné ce qui était arrivé. Elle paraissait à présent déterminée à contrôler les identités de ceux qui se trouvaient là, malgré les insultes. Un travail bien ingrat, songeait-il.

S'extirpant de la foule avec difficultés, Seth était à deux doigts d'atteindre la sortie, lorsqu'un bruit inattendu le fit sursauter : quelque chose avait été balancé contre les parois, depuis l'extérieur. Il réalisa que la vindicte s'étendait désormais au-delà du bâtiment.
Ils étaient comme encerclés, au milieu de ce qui semblait présager un sacré foutoir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t884-seth-coleman#28384


avatar

◆ Manuscrits : 2268
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : détective, promu en décembre 2015
◆ Points : 333
◆ DC : Désirée, Ruby, Jonathan, Jacob, Eva & Simon
◆ Avatar : Jesse Williams


Sujet: Re: • Life Is But A MovieLun 27 Fév - 22:12

Jesse avait poussé un profond soupir en entendant l'appel radio. Il aurait préféré l'ignorer, il était presque rentré chez lui et techniquement, son shift était fini depuis dix minutes. Mais il savait que son absence serait forcément remarquée et que certains en attendait beaucoup du très nouveau détective alors... alors oui le métis avait fait demi-tour, à contre-coeur, se disant que la soirée était définitivement ruinée. Est-ce qu'il pensait que le couvre-feu mis en place avait aidé la police dans sa quête du tueur ? Non, absolument pas, cela n'avait fait que retarder les choses et donner encore plus d'opportunités au meurtrier pour frapper. Tout le monde réuni chez soit, à la même heure, à intervalles réguliers... Pourquoi ne pas tout simplement lui tendre une victime les pieds et les mains liés sur un plateau d'argent ? Jesse savait que c'était une idée qu'Arthur avait gardé dans un coin de sa tête, et très honnêtement, il préférait détourner le regard dans ce cas précis. Il savait que tout le monde s'impatientait mais de là à sacrifier quelqu'un... ça devenait ridicule. Comme si... Comme si tout le sang qui s'était écoulé d'Adam ce jour-là n'avait servi à rien. Comme s'il était facile de désigner une victime, comme s'ils avaient le droit de vie et de mort sur qui que ce soit. Le métis n'avait pas jugé bon de le rappeler lors de la dernière réunion qui s'était tenue au commissariat, mais c'était leur fameux Poète qui s'était attribué le titre de Dieu et s'ils voulaient vraiment l'attraper, ne devait-il pas être mieux que cela ? Mieux que Lui ?

Fairhope devenait vraiment une ville de tarés, conclut le détective en tournant son volant. "Une ville de tarés en effet." dit Jesse à voix haute en remarquant l'attroupement qui se formait peu à peu devant le cinéma. Il cherchait des visages familiers et constata rapidement que Denis s'engouffrait déjà dans le cinéma, surement pour calmer les plus grands fans de cinéma; Peter rentra également dans son champ de vision. Peter et son uniforme. Jesse roula intérieurement des yeux, et peut-être même vraiment, tandis qu'il coupait le moteur et qu'il cherchait son propre badge et son arme de service. Voilà encore une réalité qu'il avait bien du mal à accepter, il se fichait bien de savoir pourquoi Peter était là, il y avait bien longtemps qu'il avait cessé de s'interroger sur le propos. Il attendait juste... juste le moment où ce dernier allait craquer, ou réaliser que ce n'était pas pour lui et laisser tomber tout le monde, comme s'il savait si bien le faire. Jesse poussa un profond soupir avant de s'extirper de son véhicule. C'était cliché à souhait, mais il pouvait sentir la tension dans l'air et cet instinct qu'il écoutait toujours lui disait de faire demi-tour et de le faire maintenant. Pourtant Jesse vérifia que son arme était bien chargée -simple mesure de sécurité- et se dirigea vers les cris et les lancers de graviers visiblement. "Et vous risquez de passer la nuit au poste en plus ça..."  ajouta le détective à la suite de Peter. Pas certain qu'ils aient assez de menottes pour tout le monde, mais c'était un détail.

Jesse jeta un coup d'oeil à sa montre, 21:24, le couvre feu était dépassé depuis longtemps, à cause du maire ils devaient également jouer les sentinelles en plus de leurs devoirs de policiers. "Howell." Il aurait été stupide de s'ignorer, surtout quand ils se retrouvaient en face l'un de l'autre. Il y avait toujours cette conversation "sérieuse" qu'ils devaient avoir que Jesse remettait à plus tard dans sa tête. Oui, parfois le métis savait être lâche, c'était tout de suite plus facile. "Ça risque de dégénérer à un moment donné, je ne sais pas s'ils vont essayer de faire sortir quelqu'un de l'intérieur mais on se tient prêt." Jesse dit ça en faisant un geste de la main vers le talkie-walkie d'un de leur collègues. Il fallait établir un périmètre de sécurité autour du cinéma, le métis allait commencer par ça, et dire aux officiers qui jugeaient bon de discuter entre eux qu'il fallait se préparer à appeler les urgences... au cas où. "Oh et si tu vois des caméras tu sais quoi faire." lança Jesse en s'éloignant vers une autre voiture de police qui se garait près d'eux.

Le pire c'était qu'il avait dit ça avec un léger sourire sur le visage.

_________________
"we're going to hold doors open for a while, now we can be open for a while, forward, go back to your sleep in your favorite spot just next to me..."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t80-dear-old-world-is-it-too-late-to-get-a-refund http://aesthetics-blue.tumblr.com/

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 219
◆ Arrivé(e) le : 29/01/2017
◆ Âge : 34
◆ Métier : Ancien sergent, il est aujourd'hui professeur de criminologie à la FSCC
◆ Points : 348
◆ DC : Aiden, Willow, James, Sean, Nathan
◆ Avatar : Eddie Redmayne


Sujet: Re: • Life Is But A MovieDim 19 Mar - 0:29

Autour de lui, la ville s'ébrouait. L'animal enragé renâclait, il se cabrait face aux liens qui lui entravaient les membres. Blanche d'écume, les babines retroussées, la foule des nuisibles et des indésirables s'agitait dans la nuit noire. La lumière blafarde des lampadaires reflétait la rage et la haine qui luisaient dans les yeux. Le martèlement des sabots alors que les bêtes s'attroupaient, piétinant le sol dans leur empressement, les bruits incohérents qui s'élevaient tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, le plus souvent tout à la fois, dans une cacophonie qui n'avait pas besoin d'être compréhensible pour faire passer son message. C'était la colère qui gouvernait les rangs. Une colère qui avait germé dans les esprits, entre les dents serrées, à l'intérieur des gueules muselées et pendue au bout des laisses qu'on leur avait attaché autour du cou. Charlie ne pouvait s'empêcher de remarquer, non sans amusement, que la guerre commençait d'ordinaire avant le couvre-feu. Pourtant c'était bien elle qui grondait dans les rues, c'était bien elle qui attirait les hommes comme la merde attire les mouches.

Il aurait eu toutes les occasions de faire demi-tour. Sa présence n'était que pure coïncidence. Ses pas auraient pu le mener ailleurs, à ceci près que le cinéma était directement sur sa route. Il ne partageait pas l'intérêt de la foule, ne se reconnaissait pas dans son masque de rage difforme, et n'avait que faire de la rébellion qui naissait dans les artères de la ville, bambin braillard abandonné sur le pavé. Pire encore, le volume sonore qui régnait sur les lieux lui était particulièrement désagréable. Pourtant il s'était approché, suivant le chant des sirènes et des vautours, et il s'était glissé dans la foule maintenant conséquente qui s'était amassée à la sortie du cinéma. Il les regardait, ses anciens collègues, et un sourire avait trouvé son chemin jusqu'à ses lèvres à l'idée de ce qu'ils avaient à endurer, non seulement à cet instant, mais depuis que le couvre-feu avait été instauré. Il aperçut le visage de quelques-uns de ses étudiants, même s'il s'efforçait de ne pas retenir leurs prénoms, ou leurs visages. Les crépitements des talkies-walkies, les injures indignées de ceux qui attendaient et des badauds qui s'étaient mêlés à l'histoire juste parce qu'ils le pouvaient, les bribes d'instructions qu'il saisissait au vol, tout l'englobait à présent. Comme s'il faisait partie de cette masse grotesque qui prenait vie, se mouvait autour de lui. C'était là le vrai cœur de Fairhope. Le fruit moisi dans lequel le Poète avait planté les crocs.  

Planqué au milieu des autres, Charlie avait sorti son téléphone, comme d'autres commençaient à le faire, non pas pour appeler, mais plutôt pour filmer. Il ne savait pas encore à quelles fins, ni ce qu'il en espérait. Il préférait observer la réalité sur écran. Un débordement d'un membre des forces de l'ordre? La première goutte de sang? Il prendrait ce qui viendrait. Moyen de pression, humiliation virale sur la toile, souvenir, ça importait peu , c'était presque un réflexe. Un réflexe que la société du buzz et de la popularité avait instauré, le tissant à leur peau, au bout des doigts. Qui savait, il aurait peut-être même la chance de déceler des comportements suspects qu'il pourrait analyser dans le confort et le silence de son appartement. Il fixerait un œil averti sur les agités et les silencieux. Ce qui était le plus probable, c'était que, si par miracle rien n'escaladait, il ne reposerait jamais les yeux dessus. Dans la foule en sueur et l'agitation, il était difficile de déceler les visages.

Son effort fut, de toute manière, interrompu lorsqu'il se trouva violemment bousculé. Le juron lui échappa en même temps que son précieux téléphone, qui atterrit à ses pieds. Serrant les dents et récupérant l'appareil non-endommagé, Charlie chercha d'un regard sombre la personne responsable, sans pouvoir l'identifier. Après une démonstration de langage fleurie et aucun effort pour s'exprimer à voix basse, il vérifia une nouvelle fois la fonctionnalité de l'appareil et le remit dans sa poche, jugeant préférable d'éviter que ce genre d'accident ne se reproduise. D'autres filmaient déjà la scène, de toute manière, il voyait leurs bras tendus et les écrans de leur smartphones. Qu'ils risquent leurs appareils si ça les chantait. «Si c'était volontaire...» L'idée seule l'amusait franchement. Un pseudo samaritain, défenseur de la loi et de la justice, protecteur du droit d'image, et avec une foi aveugle dans le système et le bon droit de ces officiers qui n'avaient même pas demandé à être là? Il vomissait dessus. Charlie avait étudié le système, il le connaissait, et malgré ses choix de carrière, il le méprisait. Son agresseur introuvable, le professeur s'était désintéressé de l'incident et s'était retourné vers le centre d'attention, où des gravats trouvaient leur chemin jusqu'aux portes, touchant parfois les policiers en chemin.

Tic, toc, il attendait patiemment l'explosion.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t935-a-thousand-papercuts-of-life

pnj - poète de fairhope

avatar

◆ Manuscrits : 197
◆ Arrivé(e) le : 03/04/2015
◆ Âge : vous ne devinerez jamais
◆ Métier : tueur en série
◆ Points : 0
◆ DC : personne
◆ Avatar : le sang d'une victime


Sujet: Re: • Life Is But A MovieDim 16 Avr - 12:38

life is but a movie



19 janvier 2016, 21:36

Les renforts arrivent.
Je les vois qui encerclent le cinéma comme si nous étions tous des fauves en cage, sur le point de nous jeter sur une proie vulnérable. Je ne sais moi-même plus contre qui ou quoi ils se battent. Du vent ? Sans doute.

Les graviers ont disparu, on ne les entend plus cogner les vitres du cinéma. Mais les cris au-dehors arrachent le peu de calme qu'il restait à la nuit. On nous encercle. On nous condamne.

Je fais de mon mieux pour ne pas sourire, pour ne pas constater avec joie qu'ils s'en prennent maintenant les uns aux autres par ma faute. Ou plutôt, grâce à moi. Ils vont s'exécuter jusqu'à ce qu'il me mette la main dessus, sans même comprendre que j'ai une longueur d'avance. Il me suffira de cesser toutes mes activités dès qu'ils auront tué le suspect idéal, et ils ne m'auront tout simplement jamais attrapé...

Les officiers postés devant les portes sont plus nombreux. Plus personne ne peut rentrer ou sortir, et des adolescents surexcités tentent de s'en prendre aux forces de police ; ils sont rapidement maitrisés, et absolument pas épargnés malgré leurs carrures ridicules.

Les caméras arrivent aussi. À l'intérieur, on s'agite, on panique. On trébuche. Je les regarde, j'observe. Il y a bien l'ancien légiste, Coleman, qui a l'air seul dans son coin. Il serait sûrement plus à l'aise assis à une table, en train d'écrire, le sang perlant sur sa tempe, pieds liés et le regard suppliant.

Je n'ai pas le temps de penser à ça. Je n'ai le temps de rien.
J'agrippe le poignet d'un jeune homme qui était en train de filmer avec son téléphone. Il pourra immortaliser mon innocence.

« Je ne me sens pas bien... Je... » Je vacille entre ses bras.
Les grilles du cinéma se ferment. La trappe se referme.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

◆ Manuscrits : 3858
◆ Arrivé(e) le : 03/09/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : Lieutenant de police
◆ Points : 4122
◆ DC : Sacha
◆ Avatar : Kate Mara


Sujet: Re: • Life Is But A MovieJeu 4 Mai - 13:31

• Life Is But A Movie

◆ Feat Fairhope ◆



Que faire ? Que dire ? Où donner de la tête ? Je ne savais plus vraiment, parce que tout était partie en vrille tellement vite que je n'avais rien compris sur le moment. Pourtant, je me devais de reprendre mes esprits pour que le calme revienne, s'il pouvait revenir évidemment, parce que j'en doutais un peu pour le coup. Je ne suis pas du genre à douter en règle général pourtant, mais là, c'était quand même de la folie. Vivement que ce couvre-feu soit levé, parce que j'en ai plein les bottes très franchement. Il allait finir par nous rendre tous chèvres, que ce soit les habitants ou nous même, appartenant aux forces de l'ordre. Mais pour le moment, il fallait faire avec malheureusement, je le savais bien, et la situation était loin d'être la bonne par ici. C'est triste à avouer, mais c'est ainsi, la situation nous échappait de plus en plus. Je pouvais comprendre la lassitude des gens, mais pourquoi ce soir ? Pourquoi ? Est ce qu'il y avait vraiment quelques choses à fêter ? Ou bien c'était pour ainsi dire le hasard ? Je ne suis pas paranoïaque, mais je commençais à croire que le Poète pouvait être derrière tout ça. Il se fait tellement discret ces derniers temps, trop discret, alors pourquoi n'aurait-il pas organisé cette mascarade ? Ce n'est clairement pas très logique, mais c'est possible, j'y pense cependant sans y croire. Il a toujours ce coup d'avance sur nous, parce que s'il tire les ficelles tout seul dans son coin, il a forcément de l'aide autour de lui, mais il est tellement discret et mystérieux qu'il est impossible de savoir qui l'aide même si cela se faisait sous nos yeux. On ne sait même pas à quoi ressemble ce tueur. Je l'ai imaginé de tellement de façon : grand et baraqué ou chétif et petit, soit un physique qui en impose, soit un physique passe-partout qui ne laisse rien présager. Si cela se trouve le Poète est au cinéma parce que ce soir il voulait simplement regarder un film, rien de plus. Mais comment avoir des preuves dans ce micmac improbable ? Impossible. Qui me dit qu'il est seulement là ? Je ne fais que supposer des choses, comme depuis le début avec lui. Tellement de théories, aucune n'a pu être vérifiée, nous ne faisons qu'égratigner la surface, et nous n'avons aucun moyen de gratter plus en profondeur et c'est quelques choses qui petit à petit m'use de l'intérieur, mais ma patience semble être sans limite, au delà de ce que j'aurais pu penser lorsque je me suis rendue sur la première scène de crime. Mais ce n'est plus le moment de penser à cela, il faut agir. Dehors, il y a des officiers en place, à l'intérieur aussi, et je fais figure d'autorité puisque je suis lieutenant. Il faut maîtriser les gens et les officiers s'en chargent pour ceux qui sont trop agités. Je n'aime pas agir de la sorte mais c'est la seule solution. C'est alors que les grilles du cinéma se referment sans que je ne l'ai demandé. Je ne sais pas qui l'a ordonné, mais nous n'allons pas resté ici éternellement non plus. La situation à l'intérieur n'était pas terrible mais bon, la foule était relativement revenue dans un calme relatif. Je m'informais de la situation à l'extérieur.

" Ici Sarmoise. Quel est le topo sur la situation à l'extérieur ? Qui a demandé à faire fermer les grilles du cinéma ? Quelqu'un peut me répondre ? "

Je ne m'adressais à personne en particulier, mais j'espérais qu'un officier ou quelqu'un de plus haut placé pourrait me répondre afin de voir ce qui était le mieux à faire dans les minutes qui allaient arriver.

 


_________________


Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t299-shandra-olivia-sarmoise-is-here

bad blood - fonda & admin

avatar

◆ Manuscrits : 285
◆ Arrivé(e) le : 05/09/2015
◆ Âge : 19 ans
◆ Métier : Employée de cinéma, youtubeuse & maman
◆ Points : 474
◆ DC : Toto, Adam, Pete & Tutur
◆ Avatar : Sophie Turner


Sujet: Re: • Life Is But A MovieDim 21 Mai - 17:44

Elle n’avait pas vraiment eu le temps d’analyser la situation. En poste depuis le début d’après-midi, elle songeait simplement au moment où elle pourrait enfin se défaire de son uniforme pour aller retrouver sa fille. Les journées paraissaient beaucoup plus longues depuis qu’elle avait fait ses adieux à Jonathan, depuis qu’elle devait rentrer chaque soir pour mieux faire ses cartons et organiser son départ qui se voulait imminent. Et plus les jours s’écoulaient, plus elle était impatiente de quitter la ville, de laisser toutes ces histoires derrière elle et enfin se concentrer sur l’avenir plutôt que sur ce qui l’avait tourmenté jusqu’à présent. Elle n’en voulait à personne, seule responsable de tout ce qui lui était arrivé. Andrew, mais surtout Jonathan, avaient fait leur choix eux aussi, et elle ne pouvait clairement pas les blâmer. C’était ainsi, chacun prenait des chemins différents, et peut-être que la vie les rassemblerait un jour, mais ce n’était pas prévu pour le moment. Ils avaient d’autres choses à découvrir, des milliers de projets à accomplir loin l’un de l’autre, et Micha était persuadée que cela ne pourrait que les aider à mieux se retrouver, le jour où ils seraient enfin prêts à se faire face à nouveau sans se sentir blessés par tout ce qui n’avait jamais été dit. La rouquine chassa rapidement ces pensées, souriant machinalement au client suivant qui vint lui réclamer une portion de pop-corn avant le début de sa séance.

Et puis le reste s’était enchainé sans qu’elle ait vraiment le temps de réaliser. Elle était en train de guider un spectateur quand elle entendit une voix derrière elle, quand elle remarqua qu’on s’agitait au dehors, que des graviers pleuvaient sur les portes du cinéma et qu’on se pressait à l’intérieur avant que tout soit verrouillé. Remuant la tête de droite et de gauche, elle se pencha vers un collègue, s’interrogent sur ce qui était en train de se produire. « Je n’en sais rien du tout, ça s’agite dans tous les sens à cause de cette histoire de couvre-feu, et Sam ne veut rien entendre. » Micha jeta un rapide coup d’oeil au collègue en question, celui dont les propos avaient rebondi dans le hall du cinéma, au point de générer un début d’émeute. Elle préféra se tenir à l’écart, un peu en retrait, continuant de ranger les produits qu’elle avait l’habitude d’utiliser au quotidien comme une conclusion normale à sa journée de travail. Son regard se perdant parmi la foule, elle faisait de son mieux pour garder son calme, à l’abris derrière le comptoir. Quand elle aperçut Willow, elle se risqua enfin à faire quelques pas, quittant sa zone de confort et se mêlant à la foule. « Hey, est-ce que… » Mais pas le temps de finir sa phrase ; Willow ne l’avait d’ailleurs pas entendu, son attention attirée par quelqu’un d’autre.


Micha resta plantée là une seconde, les yeux rivés sur la main de Jonathan dans celle d’une autre. Elle avait pris sa décision, certes ; cela ne voulait pas dire qu’elle était déjà prête à en accepter toutes les conséquences, et à les voir s’approprier ce à quoi elle avait eu peine à renoncer. Une seconde d’inattention, une seconde de trop qui lui valu d’être rapidement happée par un mouvement de foule, entraînée par des inconnus qui la prenaient soudainement à partie alors qu’elle n’y était pour rien. « Où sont les sorties de secours ? Mais faites votre boulot bordel, il faut qu’on rentre chez nous avant que ça tourne au vinaigre ! » Elle n’avait pourtant rien demandé, dans ce coin paisible de Fairhope juste pour la soirée, juste pour avoir de quoi payer son déménagement et s’installer dans une ville plus paisible. « Lâchez-moi. » Elle aurait dû vérifier l’heure avant et disparaitre avant que l’heure du couvre-feu ne sonne, elle aurait peut-être eu le temps d’échapper à ce cauchemar. « Lâchez-moi ! » Si sa première demande avait sonné comme un ordre, celle-ci était beaucoup moins calme, l’angoisse la gagnant subitement, tandis qu'elle priait pour que la ville toute entière ne soit pas à feu et à sang et pour que sa fille soit en sûreté. Elle tenta d'échapper à la foule ; en vain.

_________________

there's nothing i wouldn't give just to be by her side. there's nothing i wouldn't take just to keep her safe at night. she's perfectly amazing, amazingly perfect. she's my everything, my greatest strength.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t310-lullaby-of-birdland#4366

bad blood - we live here

avatar

◆ Manuscrits : 157
◆ Arrivé(e) le : 01/12/2015
◆ Âge : 19 ans
◆ Métier : Chercheur en physique théorique, professeur de physique à la FSCC
◆ Points : 284
◆ DC : nombreux
◆ Avatar : Nicholas Hoult


Sujet: Re: • Life Is But A MovieVen 9 Juin - 12:28

« Jonathan je crois qu'ils sont en train de bloquer les issues de secours …. peut-être qu’on pourrait essayer d’appeler… » Emma tentait de faire entendre sa voix dans la cohue mais l’esprit de Jonathan fonctionnait déjà à plein régime. Il se disait déjà que c’était une très mauvaise idée d’avoir pris le risque de sortir de sa chambre et que plus jamais il ne suivrait les conseils de sa mère. Okay, ce n'était pas vrai, il avait décidément besoin des conseils de sa mère pour vivre en général mais tout de même… Braver le couvre feu pour quelques heures de détente et l’ombre d’un sourire sur ses lèvres ? Ça semblait risqué, d’autant plus quand tout le monde se mettait à paniquer autour d’eux. Jonathan sentit son propre rythme cardiaque s’accélérer alors que les vociférations s’échappaient de toutes parts. Et dire que Fairhope était censée être une petite ville tranquille… c’était vrai 99% du temps.

Jonathan considéra leur option alors que ses yeux s’étaient posés sur Willow, elle, elle était entrainée pour ce genre de situation d’urgences et peut-être qu’elle allait leur conseiller de se diriger vers une autre issue de secours. Ou pire encore, d’attendre dans le calme que la situation se décoince et que des contrôles d’identité puisse être organisés à l’entrée du cinéma. Comme si… Comme si le Poète pouvait se cacher parmi eux. Cette pensée-là lui donna la nausée et Jonathan s’accrocha du mieux qu’il pouvait à la main d’Emma. Il ne réalisa même pas qu’il la serrait aussi fort au moment où une silhouette familière s’approchait de leur petit groupe et il fixa, le visage vide de toute expression, Micha. L’instant sembla s’arrêter une seconde de trop et le brun remarqua les yeux de la jeune mère rivés sur lui… et sur Emma. Les présentations semblaient superflues, s’il avait parlé à Emma de Micha, l’inverse n’était pas vrai. Il l’avait brièvement mentionnée mais… qu’est-ce que ça pouvait bien faire de toute façon ? C’était Micha qui faisait ses cartons, qui emmenait Louise et dans le fond le coeur de Jonathan loin de tout ça, loin de toute cette folie et loin de la raison en personne. Donc Jonathan n’avait pas à culpabiliser, pas à se cacher, sa décision à lui était également prise, celle de rester ici et de faire face à tout ça.

Et Jonathan aurait adoré pouvoir dire que sa position était ferme, qu’il n’allait pas sourciller et pas bouger mais il se retrouva à lâcher cette main-là justement, celle qui représentait surement un futur plus tranquille et plus paisible pour lui et pour son coeur quand Micha disparut de son champ de vision, entrainée par la foule. « Non, non, non. » Est-ce qu’il réalisait seulement qu’il s’exprimait à voix haute ? Est-ce qu’il se rendait compte des grandes foulées qu’il prenait à présent, à la recherche de cette chevelure rousse qu’il aurait reconnu entre mille, de ce regard qui se posait toujours sur lui et qui lui donnait enfin l’impression d’exister ? Okay, si Micha voulait partir, qu’elle parte, mais pas comme ça, pas emportée par les vagues, par la colère des autres. Non. « Hey. Lâchez là tout de suite. Si vous voulez vous en prendre à quelqu’un … allez donc demander aux policiers de faire leur boulot, okay ? » Jonathan ne reconnaissait même pas sa propre voix, c’était la première fois qu’il parlait avec autant d’assurance, la première fois que sa taille imposante lui servait et probablement la première fois où il venait au secours de Micha et pas l’inverse. Mais il n’avait plus sept ans, ce n’était plus l’école primaire et ses lunettes ne serait pas brisée cette fois-ci. L’homme en question, après une insulte pour Jonathan, finit par lâcher la jeune rouquine et se précipiter vers les portes, seulement pour causer un peu plus de grabuge. Jonathan s’en moquait, il se rapprochait déjà de Micha, une main sur les hanches de la jeune fille et l’autre contre sa joue, pour s’assurer que… que quoi ? Il ne savait pas, il n’avait pas réfléchi, il avait écouté son instinct pour une fois et aussi près d’elle, il se contenta de déposer un baiser sur son front et de la serrer contre lui. « On va sortir d’ici et aller chercher Louise, okay ? » Plus qu’une question, c’était bien une promesse.

_________________

"...The universe is so big and yet so small. Both things are true you know, it keeps expanding but at the same time you can chat with someone at the other side of the planet... You might want to call that a miracle."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t509-jkr-i-find-my-shelter-in-a-sky-full-of-stars

pnj - poète de fairhope

avatar

◆ Manuscrits : 197
◆ Arrivé(e) le : 03/04/2015
◆ Âge : vous ne devinerez jamais
◆ Métier : tueur en série
◆ Points : 0
◆ DC : personne
◆ Avatar : le sang d'une victime


Sujet: Re: • Life Is But A MovieDim 18 Juin - 22:15

life is but a movie



19 janvier 2016, 23:47

Plusieurs heures pour maitriser la situation.
Le spectacle était presque décevant. Cela m'apprendra sûrement à essayer de vouloir trainer parmi la foule, me mêler au commun des mortels. Ce n'est clairement pas pour moi.

Les plus chanceux s'en sont sortis sans aucune égratignure, d'autres appellent encore leurs proches pour savoir s'ils n'ont pas été rapatriés au poste de police pour la nuit.

On m'a sorti sur un brancard. Faire semblant d'avoir besoin d'assistance et attendre sagement qu'on vienne me prendre en charge, c'était bien mon seul plan ce soir-là. Pendant qu'on s'affaire autour de moi, je constate l'étendue des dégâts, les vitres du cinéma éclatées, de rares gouttes de sang égarées sur le bitume.

Tout ça pour moi. Tout ça parce qu'ils me cherchent.
Je ne les quitte jamais pourtant, je suis juste là.
Partout à la fois.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

• Life Is But A Movie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Half-Life/AG] Alex The Movie
» [Half-Life] E-Gauss-CentriX
» City Life sur Macbook ?
» city life edition 2008
» [Half-Life] Jumping Aera

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: the city that we loved :: fairhope avenue :: cinema-