AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 It's a cold way to go

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

overjoyed - fonda & admin

avatar

◆ Manuscrits : 463
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 30 ans
◆ Assoc. des Victimes : vice-président
◆ Métier : propriétaire du Vanilla Palace
◆ Points : 662
◆ DC : Toto, Pete, Micha & Tutur
◆ Avatar : Aaron Tveit


Sujet: It's a cold way to goMer 11 Jan - 0:32

it's a cold way to go



janvier 2016

Le bar n’ouvrait plus aussi régulièrement qu’avant. La faute au couvre-feu sans doute, la faute au maire de la ville qui avait décidé que personne ne devrait trainer dans les rues, ou s’asseoir aux comptoirs des bars au moment où la population en avait pourtant le plus besoin. C’était absurde, et Adam avait passé les derniers mois à tirer le rideau de fer devant la porte de son bar avec un certain pincement au coeur, et l’impression d’être responsable de tout ce qui pouvait se passer en ville. Si seulement ils avaient retrouvé quelqu’un d’autre en train de se vider de son sang dans cette mairie, il n’en serait pas à se demander s’il n’était pas à l’origine des rues désertes, du vent plus froid que d’ordinaire, de la nuit qui tombait bien trop tôt pour que quiconque ose s’aventurer à l’extérieur, de la fin de l’espoir. Il aurait aimé pouvoir toquer à toutes les portes, une par une, pour offrir un peu de joie et de compagnie à ceux qui n’avaient même plus le droit d’en trouver, au risque de se retrouver coincés au commissariat de police. L’un dans l’autre, c’était à se demander ce qui était pire… Alors Adam avait préféré se concentrer sur d’autres choses, à commencer par ses colocataires qui s’inquiétaient souvent pour lui, Jesse qui était revenu vivre avec eux, Chloe qui s’était joint à eux à peu près à la même période. La jeune femme était venue toquer à la porte d’Adam après avoir vu l’une de ses annonces, et le courant était tout de suite passé avec Willow et lui, alors sa présence avait sonné comme une évidence.

Et puis la vie avait repris son cours, la nouvelle année n’avait rien apporté. La sérénité, le calme de Fairhope n’étaient toujours pas revenus, et même s’ils étaient nombreux à enfreindre les règles et à ne pas respecter le couvre-feu imposé par le maire, celui-ci n’avait toujours pas été levé officiellement, alors le Vanilla Palace restait fermé. Adam essayait de se convaincre que c’était pour la bonne cause, que c’était une bonne raison pour s’occuper des siens, préparer les fêtes, profiter de leur présence, tenter de rafistoler le coeur de Willow dont les miettes semblaient éparpillées aux quatre vents depuis qu’elle avait tiré une croix sur Peter. Il aidait Chloe à ne plus vivre avec le même train de vie que celui qu’elle avait connu durant toute son enfance, et cela prenait visiblement plus de temps que prévu. Il faisait de son mieux pour se mettre dans les bras de Jesse sans lui en vouloir, sans que la rancoeur le prenne à la gorge et que les reproches ne lui embourbent l’esprit. Il n’avait jamais autant cuisiné qu’au mois de Décembre, et maintenant que la nouvelle année était là, les fourneaux ne lui semblaient plus d’utilité. Il trainait, en faisant de son mieux pour retrouver le sourire avant que tout le monde ne rentre du boulot, que les deux énergumènes en uniforme ne proposent à la troisième de manger du popcorn devant un film particulièrement stupide qui les aurait fait mourir de rire. Adam faisait de son mieux, vraiment ; il essayait. Mais il commençait à avoir la sensation de ne pas être à sa place ici, dans cette ville, qu’il n’y avait plus d’intérêt à y rester. Il avait sans doute besoin de vacances, loin de toutes ces histoires, des meurtres, de son agresseur libre d’assassiner sa prochaine victime qui serait moins chanceuse que lui.

Ses yeux s’étaient posés sur le journal qui trainait sur un coin de la table de la cuisine, et ses jambes avaient refusé de lui répondre, le forçant à rester planté là, les mots pénétrant sa chair comme ils avaient pris l’habitude de le faire depuis que son bras avait été forcé de prendre part au récit. « La mairie mise en quarantaine jusqu’à nouvel ordre. » Apparemment, ils cherchaient d’autres indices. Après plusieurs mois au cours desquels n’importe qui aurait pu toucher à d’éventuelles preuves dans la salle de conférence où Adam avait été retrouvé au début du mois de Septembre, les autorités se réveillaient enfin et se décidaient à repasser la pièce au peigne fin dans l’espoir de trouver une pièce supplémentaire du puzzle. À croire qu’ils mettaient tout en oeuvre pour être certains de ne jamais retrouver le fou qui se cachait derrière tout ça. Adam soupira avant de quitter la pièce pour mieux se concentrer sur autre chose ; ou essayer de le faire. Il n’avait qu’à attendre le retour de Jesse pour se blottir dans ses bras et se rassurer, se dire que tout allait pour le mieux ; qu’il était heureux.

« Do you think… » Les heures s’étaient écoulées trop lentement et Adam avait encore perdu patience, retournant toute la demeure à la recherche d’une activité suffisamment distrayante pour dissoudre les pensées qui lui encombraient l’esprit. Mais Jesse était là maintenant, Adam était contre lui. Il entendait son coeur battre et c’était suffisant. Il pouvait respirer à nouveau. « Do you think this is… » Les mots ne venaient plus. Il avait trop peur de les prononcer, trop peur qu’ils ne reviennent déchirer sa chair s’il osait parler, raconter l’horreur. Non, l’horreur ne pouvait être racontée. Elle restait coincée sous la peau des victimes, cicatrices invisibles qu’aucun baiser, qu’aucun regard ne pourraient guérir. « This is all my fault ? If they closed everything I mean… Maybe I should have been more careful. » Ses inspirations l’emprisonnaient. « Please, just tell me if it is. I want to know. »

_________________

if i can't find a cure, i'll fix you with my love



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t84-and-the-walls-kept-tumbling-down#149


avatar

◆ Manuscrits : 2366
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : détective, promu en décembre 2015
◆ Points : 237
◆ DC : Désirée, Ruby, Jonathan, Jacob, Eva & Simon
◆ Avatar : Jesse Williams


Sujet: Re: It's a cold way to goLun 6 Fév - 22:54

J. Mahoney.

Voilà ce que proclamait la plaque élégamment placée sur son bureau. Son bureau qui n’était plus perdu au milieu de celui des autres officiers, qu’il ne devait pas partager avec Denis en jouant des coudes ou avec d’autres collègues qu’il n’avait plus envie de voir. Le mot était passé, avec ce bureau, la chose était rendue officielle, Jesse pouvait laisser tomber l’uniforme et arrêter de prétendre. Comme si, comme si c’était si facile. Le métis ne savait pas vraiment quoi dire de cette promotion, il avait accepté les tapes sur l’épaule au moment de l’annonce, son regard osant à peine croiser celui de Willow. Il n’avait pas révélé leur trouvaille pour grimper dans la petite échelle sociale du commissariat, non, il l’avait fait car il avait bien vu que tout le monde était dans une impasse, le maire, Arthur, lui aussi dans un sens. Regrettait-il ? Oui, amèrement, il préférait largement travailler discrètement avec la brune plutôt que d’avoir un titre pompeux et devenir aisément la cible de toutes les critiques. Plus de contraventions, plus de patrouilles inutiles… des petites choses qui ne lui manqueraient pas c’était certain. Mais Jesse pouvait sentir d’autres regards fixés sur lui, à attendre qu’il trouve des résultats encore une fois, l’enquête avait avancé d’un cheveux, à peine, et maintenant que la mairie était fouillée au peigne fin, il croisait les doigts que les équipes de la police scientifique trouve les initiales de la prochaine victime. Quelque chose qui pouvait les remettre sur la piste du Poète. Le brun se sentait plus que jamais sur la touche et déconnecté de tout, une sensation que Jesse avait toujours détesté, il était fait pour vivre dans le moment, pour vivre dans l’action et pour agir. Il avait toujours son équipe à composer… à chaque fois qu’il apercevait les silhouette de Willow et de Peter, il se disait que oui, une conversation avec chacun d’entre eux serait de rigueur, mais Jesse n’en avait pas le courage. Dire qu’il n’avait pas voulu toutes ces nouvelles responsabilités aurait été lâche, alors il se taisait. Il avait bien compris que ce n’était pas à propos de lui et que tout était bien pour faire avancer l’enquête… absolument tout.

Son seul réconfort en ce moment était Adam, et encore, comme il l’avait dit à Millie, il travaillait sur la distance qu’il y avait entre eux, les choses allaient s’arranger un jour, peut-être mais rien ne serait plus jamais pareil. Jesse le savait, en décidant de revenir habiter avec Adam, il savait qu’il acceptait de faire un effort et d’essayer une nouvelle fois, parce qu’Adam le laissait faire et acceptait Jesse. Pas parce que c’était la meilleure chose à faire, non, c’était bien car Jesse devait lui être utile, dans une certaine mesure. Et Jesse vivait dans l’attente, dans l’expectative que le blond finisse par se réveiller et réalise que le brun n’avait absolument rien à faire ici, dans ses draps, tout contre lui. En attendant, le très nouveau détective rêvait des jours meilleurs, des jours dans quelques années, où les meurtres ne seraient plus que de l’histoire ancienne, que Jesse pourrait ranger l’insigne, rentrer auprès d’Adam, de leurs enfants, de leurs chiens… Jesse ne le disait pas mais il avait vraiment besoin d’une dose de normalité, maintenant, maintenant que tout semblait s’effondrer peu à peu et que la seule chose qui permettait un équilibre était ses mains sur les murs. La sensation n’était pas agréable, pas du tout. Mais Jesse ne disait rien, il avait bien essayé de se confier auprès de Millie, avec quelques shots de tequila, comment décrire quelque chose qui lui échappait ? Pour une fois ce n’était pas qu’il ne voulait pas parler, c’était qu’il ne savait absolument pas quoi dire.

Jesse poussa un énième soupir, il fixait encore la liste des victimes en espérant avoir une soudaine illumination, un simple coup d’oeil jeté à l’horloge de la pièce lui indiqua qu’il devrait avoir son épiphanie à un autre moment. Il était temps de rentrer pour prendre Adam contre lui et lui demander comme s’était passé sa journée. Il ne savait pas vraiment si Adam comptait un jour lui parler du fait que le bar n’ouvrait plus, ou qu’il ne semblait plus avoir la motivation pour rien, Jesse laissait couler pendant encore quelques semaines, peut-être qu’un jour l’envie lui prendrait et voilà. Le brun n’estimait pas être en droit de pousser Adam, pas quand il essayait de montrer au blond qu’il pouvait de nouveau se reposer sur lui. C’était une chose tellement délicate à faire, leur petite bulle était tellement fragile, Jesse ne voulait pas rompre ce semblant d’équilibre qu’ils venaient d’acquérir. Adam semblait plus effacé que d’ordinaire, Jesse le garda contre lui, faisant la conversation pour deux pour une fois, attirant le blond sur le canapé, afin qu’ils profitent de ce moment de pause ensemble. La voix du blond le rappela à l’ordre, le tirant du désordre de son zapping. Jesse fronça aussitôt les sourcils à la question d’Adam. « Hey… hey. » La télé fut éteinte très rapidement et les mains du Jesse se resserrèrent sur les hanches du blond. Non, il refusait de laisser de telles pensées traverser l’esprit de l’autre homme, pas une seule seconde… comment pouvait-il se croire responsable de … de tout ça ? Il n’y avait surement pas de mots pour décrire la tension et le chaos en ville en ce moment, entre le couvre-feu, le manque de réponses et le meurtrier qui ne se manifestait pas, tout le monde était sur les nerfs, à attendre que quelque chose, bon ou mauvais arrive.  « No, this is not your fault, I forbid you to even think that, don’t Adam, just don’t. » Jesse insista bien sur le dernier mot, ses yeux plantés dans ceux d’Adam. « It’s not and we’re really trying to catch whoever did this to you or to all these people. But don’t think you’ve caused this in anyway… how could you have ? Don’t put this kind of pressure on you, you're gonna drive yourself insane. »

_________________
"Trouble on my left, trouble on my right, I've been facing trouble almost all my life... My sweet love, won't you pull me through?"


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t80-dear-old-world-is-it-too-late-to-get-a-refund http://aesthetics-blue.tumblr.com/

overjoyed - fonda & admin

avatar

◆ Manuscrits : 463
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 30 ans
◆ Assoc. des Victimes : vice-président
◆ Métier : propriétaire du Vanilla Palace
◆ Points : 662
◆ DC : Toto, Pete, Micha & Tutur
◆ Avatar : Aaron Tveit


Sujet: Re: It's a cold way to goVen 24 Fév - 2:15

L’entendre ne changeait rien. Strictement rien. Adam avait pourtant cru que cela pourrait l’aider à avancer, à ranger toute cette histoire dans un coin de sa tête, passer à autre chose et recommencer depuis le début. Mais non. Les mots de Jesse lui semblaient creux, et ils n’avaient définitivement pas la même profondeur que ceux qu’on avait inscrit sur son avant-bras, ceux-là même qui le réveillaient en pleine nuit, la sueur perlant sur son front tandis que la brûlure semblait encore intacte mais le souvenir encore trop flou. Ça ne voulait pas dire que Jesse n’était pas sincère, Adam le savait bien ; malgré tout, il avait du mal à y croire, du mal à se dire que tout n’était pas de sa faute. Il n’aurait jamais dû passer autant de temps seul dans son bar après la fermeture, ou trainer là dans l’après-midi sans prévenir personne de l’endroit où il se trouvait. Il ne parvenait même pas à déterminer à quelle heure on l’avait agressé, le choc y était certainement pour quelque chose, et le peu dont il se souvenait étant suffisamment honteux pour qu’il le garde pour lui. Il n’aurait pas dû être à cet endroit, à ce moment précis, c’était bien là sa principale erreur. Dans le fond, il se demandait s’il n’aurait pas plutôt préféré que Jesse lui confirme ses pensées, lui assurant que la ville entière le tenait pour responsable du couvre-feu et tout ce qui s’en suivait. Il aurait au moins pu se dire qu’il était d’accord avec tout le monde, et ce qu’il ressentait aurait enfin eu un sens puisque cela aurait été partagé par le reste de la communauté. Mais non. Non. Adam était le seul à se dire ça, à se le répéter pendant des heures, enfermé entre les quatre murs de sa demeure qu’il voulait absolument repeindre pour ne plus avoir l’impression de trainer sans arrêt dans le même décor.

Le blond ne parvint pas à retenir un soupir, sachant pertinemment que cela ne rassurerait pas Jesse, ou tout du moins que ce dernier comprendrait alors à quel point il serait compliqué de convaincre Adam qu’il n’y était pour rien. Pour toute réponse, le barman préféra se blottir contre Jesse, le silence les enveloppant soudainement après que le détective ait décidé d’éteindre le téléviseur pour se concentrer sur cette conversation. Autre chose qu’Adam avait provoqué sans le vouloir… Il n’était pas certain d’être prêt à se confier de la sorte. Ce n’était pas son genre. Il préférait laisser des bribes d’information trainer au milieu de discussions parfaitement anodines, comme si de rien n’était, avant de changer complètement de sujet. C’était plus facile, et c’était parfois déroutant pour ses interlocuteurs. Mais à quoi bon rendre son passé tabou, le garder secret pour qu’il continue de le torturer ? Ce n’était pas sa façon de fonctionner, Adam avait besoin de parler sans interruption pour mieux se sentir exister, pour rappeler au monde qu’il était bel et bien là. Les choses avaient changé depuis peu, depuis que l’horreur avait toqué à sa porte, le contraignant au silence et au désespoir. Alors le trentenaire préféra se taire, songeant à tout ce qui le tracassait, réalisant soudainement qu’il n’avait tout simplement pas les mots pour parler de ça.

« Then why would he attack me ? » Il y avait forcément une raison. Le Poète ne pouvait pas tirer ses prochaines victimes au sort, et éliminer les heureux gagnants. Il était trop pervers pour cela, il était obligé de savoir exactement ce qu’il faisait. Lui qui avait décidé de consacrer sa vie à laisser des messages derrière lui en cachait sûrement un autre dans le choix de ses proies ; il fallait être idiot pour ne pas en avoir conscience. « He must have a reason, I mean… He’s picking us for a reason, he’s not just killing randomly. Or maybe it’s just me, maybe I’m trying to find a meaning where there’s none… » Il se redressa, sa tête quittant enfin l’épaule de Jesse pour recroiser son regard. « First there’s Rose, then Mary, and… Adam. That’s almost too biblical to be true. » La moindre explication lui paraissait rationnelle, le barman ayant besoin d’expliquer ce qui lui était arrivé pour tenter de l’accepter. « Or maybe… Is it because I wasn’t born in Fairhope ? Is it because none of us were born in Fairhope ? » Le soupir suivant fut plus lourd que le premier ; toutes ses théories étaient plus absurdes les unes que les autres, mais il avait besoin de comprendre. C’était une question de survie.

_________________

if i can't find a cure, i'll fix you with my love



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t84-and-the-walls-kept-tumbling-down#149


avatar

◆ Manuscrits : 2366
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : détective, promu en décembre 2015
◆ Points : 237
◆ DC : Désirée, Ruby, Jonathan, Jacob, Eva & Simon
◆ Avatar : Jesse Williams


Sujet: Re: It's a cold way to goLun 20 Mar - 19:55

La question d’Adam était tout à fait légitime et c’était une question que Jesse avait tourné et retourné dans sa tête pendant les semaines qui avaient suivi l’agression du blond. Pourquoi lui ? Pourquoi venir déranger son existence si simple ? Adam n’était pas capable de blesser quelqu’un, du moins pas de façon intentionnelle, non, on parlait de l’homme qui avait tellement peur de se retrouver seul qu’il avait transformé sa maison, sa propre demeure, en un refuge des plus accueillants. Jesse le savait, c’était de cette façon qu’ils s’étaient rencontrés la première fois et c’était pour cette raison que Jesse était tombé complètement amoureux du barman et qu’il était incapable de vraiment tourner la page sur lui, sur eux. Adam brillait en permanence, sans en avoir l’air de s’en rendre compte, de son sourire à la façon totalement désinvolte qu’il avait de voir le monde. Il n’y avait rien de mauvais chez lui, quand beaucoup baissait la tête, il se contentait d’espérer. Mais maintenant, lui aussi baissait la tête parfois, se murait dans des silences, tentait de devenir invisible, parce qu’on l’avait mis à cette place et parce qu’on lui avait fait du mal justement. À cette pensée, Jesse resserra le blond dans ses bras, incapable de supporter une telle injustice, toujours aussi blessé, toujours aussi incapable de respirer en pensant à ce qui aurait pu se passer.

Il écoutait Adam lui dire le fond de sa pensée, chose que l’autre homme n’avait pas vraiment fait depuis des mois il lui semblait et il hocha la tête, rangeant la théorie de ce dernier sur le sujet. Ruth Williams, se dit aussitôt Jesse, la première victime était-elle née à Fairhope ou pas ? Il pouvait toujours poser la question à Millie la prochaine fois qu’il la croisait. « Well I don’t think we… » We should have that talk. Oui, Jesse avait failli prononcer ces mots-là avant de se reprendre. Refermer la porte sur Adam maintenant aurait été encore plus douloureux, non, le blond avait connu l’enfer, le silence et maintenant Jesse allait lui dénier un semblant de vérité. Non, il avait été promu pour mettre fin aux agissements du Poète et ce malgré le fait que son petit-ami était une ancienne victime. Ce n’était pas juste une histoire de boulot, non, là, c’était personnel. « Can I be brutally honest here ? I really don’t think it’s random, and I do think it’s related to Fairhope, in some twisted way. »  finit par lâcher Jesse, son regard bleuté rencontrant celui d’Adam. S’il voulait la vérité, il l’aurait, Jesse partagerait avec lui les quelques idées qu’il avait émise auprès de ses collègues, et les idées dont il voulait parlait à Willow en vérité. Mais chaque chose en son temps. « But it was you, it could have been any of us that was alone that day… I’m just glad you’re here. » Le métis n’essayait pas de diminuer la peine d’Adam non, mais la police aurait pu trouver quelqu’un d’autre dans cette salle de conférence, un autre couple aurait pu être brisé, réduit en morceau et une autre vie potentiellement prise. C’était triste, injuste et moche mais c’était la vérité.

« And again, it was you. You made it, why you ? Or Laura ? Or Ruby ? He made a pretty big bet with you and with Mary Wilson, he gave us a chance to both rescue you, in Mary’s case we completely failed, and I don’t get it. Was it to prove a point or was it to cover even more evidence ? » Le Poète ne laissait absolument rien au hasard, s’il avait laissé aux policiers une ouverture c’était parce qu’il pouvait le faire, se permettre de se trouver aussi près de ceux qui pouvaient le mettre en chaine et s’en échapper. Comme si… Comme s’il était complètement invisible. Peut-être que le Poète était un policier au final, quelqu’un qui connaissait assez les scènes de crimes et qui pouvait les manipuler à son avantage et être le premier sur les lieux sans que cela ne paraisse louche et suspicieux. Jesse encore une fois, rangea cette théorie dans un coin de sa tête, il était certain qu’Arthur serait content d’entendre celle-là. Il eut un profond soupir et fixa de nouveau Adam, pesant le pour et le contre. Si le blond voulait la vérité, Jesse allait lui la donner. « Me and Willow, we found your name, your initials on a tree, where we found Mary. He had already picked you. I think he has already picked up his victims, that lets him enough time to find a vulnerable spot and just get there. » Les mots lui coutaient beaucoup à dire et il savait qu’il n’était pas en train de rassurer Adam, bien au contraire, mais il n’y avait pas de demi-mesure avec la vérité… malheureusement. « You’re alive, he’s probably preparing everything for his next one and we’re trying to prevent that and find a clue that will tell us who it is. » termina Jesse, plus fatigué par cette conversation qu’il ne l’aurait pensé.

_________________
"Trouble on my left, trouble on my right, I've been facing trouble almost all my life... My sweet love, won't you pull me through?"


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t80-dear-old-world-is-it-too-late-to-get-a-refund http://aesthetics-blue.tumblr.com/

overjoyed - fonda & admin

avatar

◆ Manuscrits : 463
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 30 ans
◆ Assoc. des Victimes : vice-président
◆ Métier : propriétaire du Vanilla Palace
◆ Points : 662
◆ DC : Toto, Pete, Micha & Tutur
◆ Avatar : Aaron Tveit


Sujet: Re: It's a cold way to goDim 16 Avr - 22:33

Le regard d’Adam s’était durci l’espace d’un instant, tandis qu’il restait pendu aux lèvres de Jesse, espérant de tout coeur que celui-ci n’essaierait pas de balayer cette conversation d’un revers de manche avant même qu’elle n'ait commencée. Le trentenaire en avait assez d’être protégé ; il ne l’avait jamais été au final, et la preuve restait gravée sur son avant-bras. Alors pour une fois, il voulait arrêter de faire semblant, arrêter d’arborer un sourire parfait sur son visage et se concentrer sur ce qui le tracassait histoire de chasser définitivement la peine, la mettre dans de grosses boîtes qu’il enfermerait ensuite dans un placard dont il jetterait sûrement la clé. Il n’avait pas besoin de ça, de ce poids sur ses épaules, de la culpabilité qui lui rongeait les os et lui brûlait constamment la peau. Il voulait vaquer à ses occupations habituelles sans plus jamais être obligé de s’arrêter à mi-chemin, l’esprit à nouveau envahi par les souvenirs flous qui lui donnait l’impression d’avoir été arraché à la race humaine pour être placé dans la cage réservée aux victimes. Il voulait mettre un pied devant l’autre sans craindre d’être suivi, d’être observé. Il avait donc attendu patiemment que Jesse reprenne son discours et qu’il l’achève sans lui cacher quoi que ce soit, que la sincérité s’empare de leur échange et que les choses soient clairement mises à plat. Ils en avaient cruellement besoin, et c’était bien la plus belle revanche qu’ils pouvaient prendre sur le Poète, pas vrai ? Car le silence lui facilitait la tâche, et il n’y en avait au final que pour ses mots ; ce qui laissait bien peu de place pour les maux de ses victimes.

Le blond se tourna légèrement, faisant alors véritablement face à Jesse, son regard fixant un coin de la pièce quand son esprit se mettait à vagabonder ailleurs, chauffant, tournant à toute vitesse, accélérant la cadence de chacune de ses réflexions pour mettre de l’ordre dans les propos de Jesse et tenter de trouver ses propres explications à ce qui ne faisait littéralement aucun sens jusqu’à présent. Il fronçât les sourcils, s’arrêtant pourtant une seconde sur ce que le détective venait de dire. It could have been any of us. Non, clairement non. Adam n’y croyait pas un seul instant. Il avait été là, devant tout le monde, devant toute la ville pour une raison. Au même titre que Rose avait été assassinée dans sa salle de classe. La ville n’avait même pas retenu la leçon, et quelques mois plus tard, Mary puis Adam en avait fait les frais. Tous trois tués dans des lieux publics, des endroits du quotidien ; c’était forcément là qu’Adam aurait du se trouver, précisément la place où le Poète avait décidé de le tuer. Pas ligoté face à un bureau ou à la table de sa cuisine, se vidant de son sang face à ses livres de recettes. Non, il y avait un sens, une raison, et ça n’aurait pas pu être n’importe qui. Mais le blond resta silencieux, écoutant la suite avec autant d’intérêt que le reste, acquiesçant simplement quand il s’agissait de Mary avant de se dandiner à nouveau sur son assise alors qu’il songeait à mille et une choses à la fois.

Son coeur manqua néanmoins de s’effondrer dans sa poitrine lorsque Jesse fit un dernier aveu. Peut-être qu’il aurait mieux fait de se taire au final, qu’il aurait mieux fait de ne pas poser de questions et de rester dans l’ignorance plutôt que d’apprendre que ses propres initiales avaient été retrouvées sur l’écorce d’un arbre… Par son propre petit ami. Adam recula presque aussitôt, la conclusion ne le rassurant pas plus que le reste. Certes, il était encore en vie ; mais à quel prix ? « My initials ? What initials ? What name ? » Il n’y avait qu’une seule personne qui connaissait son véritable prénom dans cette ville. Une seule. « Was it my real name or was it my middle name ? » Il n’osait même plus les prononcer à voix haute, de peur qu’on les écoute, de peur qu’on les surprenne à nouveau. « And when exactly did you find them ? » Il voulait courir, ou juste sortir de cette maison et disparaitre dans les bois pour aller vérifier par lui-même. « Are you telling me that you could have prevented this, all this ? » Il était déjà debout, sans même se rendre compte qu’il s’était levé. « If it was my real name, I… You’re the only one who knows that name. The only one. Apart from… People who may have seen my ID and there’s not a lot of them, trust me… No… You’re the only one who knows that name and you… » Il ne savait plus vraiment s’il avait envie d’hurler ou de pleurer. Peut-être les deux à la fois. Dans tous les cas, ça ne l’aiderait pas, et ça ne soulagerait même pas un tant soit peu la douleur qui s’emparait à présent de lui, qui lui emprisonnait lentement les poumons. « You didn’t do anything, you weren’t even there and you’re telling me now that you could have done something ? When did you find my initials ? Where are they exactly ? I want to know. » Il fallait qu’il vérifie par lui-même. Il fallait qu’il parte, maintenant. « And you know what ? I don’t think he planned on keeping us alive, we just did. That’s called being lucky. I got lucky that day Jesse, that’s all. Might not be so lucky next time, who knows. » Il tremblait. Il tremblait trop pour que cette scène soit réelle. « And it couldn’t have been anyone else but me, because my initials were already written, he had already planned everything. Maybe he had planned that you would be moving here, and that you'd place an alarm in the house so that he could have me by himself at the bar and… Maybe he knew all of this would happen and he… » Il fallait qu’il disparaisse. « Maybe he knew you’d leave. Maybe that’s why he kept me alive. Because he knew you would leave, or he knew you’d find out about my initials and all this conversation would happen and… How come you’ve found mine but not other people’s by the way ? Maybe he’s just playing with you, maybe he put them there after he attacked me so you and only you would find them Jesse. » Il essuya rapidement les larmes qui s’étaient mises à couler sur ses joues. « Maybe I’m not the victim here. Maybe we aren’t the victims. Maybe you are. »

_________________

if i can't find a cure, i'll fix you with my love



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t84-and-the-walls-kept-tumbling-down#149


avatar

◆ Manuscrits : 2366
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : détective, promu en décembre 2015
◆ Points : 237
◆ DC : Désirée, Ruby, Jonathan, Jacob, Eva & Simon
◆ Avatar : Jesse Williams


Sujet: Re: It's a cold way to goSam 22 Avr - 21:44

« Adam. »

Où allait-il ? allait-il ? Le blond n’avait fait que quelques pas et pourtant, Jesse avait l’impression qu’il allait tellement loin. Que le cauchemar reprenait, qu’Adam basculait dans la pénombre, dans l’épais brouillard, celui dans lequel Jesse courrait tous les matins, les bras tendus droit devant lui, pour attraper une main invisible… Non, pas une main invisible, il savait désormais que cette main appartenait à Adam. Qu’il ne pouvait pas le laisser partir, non, pas sans se battre, pas sans un dernier baiser, pas sans quelque chose. Il ne pouvait pas fermer la porte sur leur histoire, sur eux, aussi facilement. Il ne pouvait pas refermer la porte sur le blond de la sorte, non, il ne pouvait pas. Sans Adam… le vide s’étalait devant lui, tout finissait par pourrir et mourir plus rapidement que d’ordinaire et l’air se faisait de plus en plus lourd. Il n’y avait rien sans Adam, un monde sans absolument aucune saveur, où il devait sans cesser courber l’échine et regarder ses pieds et avoir honte. Honte de ce qu’il avait été, de ceux qu’il avait aimés et de toutes ces choses qui faisaient qu’il était lui.

Les questions se précipitaient au bord des lèvres d’Adam, la peur, la panique, tout et Jesse se retrouva sur ses deux pieds également, les poings serrés et le coeur battant. Le discours du blond suffisait à le clouer sur place et à le faire se sentir honteux pendant des jours entiers. Il voulait jouer les égoïstes et dire que la chance n’avait rien à voir la dedans et que personne ne pouvait vraiment lui prendre son Adam, il voulait lui dire que la police avait mal fait son travail, il avait mal fait son travail lors de la fouille du lac et que de nombreux éléments avaient été perdus. Mais surtout, Jesse aurait voulu l’arrêter, arrêter ce flot de paroles qui ne faisaient aucun sens. Ou alors il y avait un sens, un seul et unique sens, celui que tout remontait à lui. À lui, Jesse. C’était lui qui part ses actions avait causé tout ça pas vrai ? La peine, la souffrance, toutes ces gouttes de sang… ça ne pouvait que venir de lui, n’est-ce pas ? Depuis quand était-il capable de construire ou de chérir quelque chose de bon et de pur ? Jesse en tremblait rien que d’y penser, de colère, de frustration de tout ce qu’il ne disait jamais et il fixa Adam de ses yeux bleus, se retenant d’hurler des excuses qui ne faisaient pas de sens.

Sorry for what ? Sorry I don’t know how to love you properly, sorry I screwed up, sorry I wasn’t there, sorry I let you down, sorry you had to spend all those nights alone, sorry I couldn’t stop HIM.

C’était des excuses que Jesse murmurait tous les soirs dans la pénombre, espérant que Adam ne l’entendrait pas. Non, non, la colère reprit le dessus sur tout et Jesse se planta devant la porte par laquelle le blond voulait s’échapper. « Adam, listen to me and listen carefully. » S’il voulait disparaitre, il devait d’abord écouter Jesse, qui pour la première fois depuis longtemps avait des choses à dire. « I know you are scared, I can’t possibly imagine what you’ve been through. And I know I let you down at the worst possible moment, I know I broke your heart in million pieces. But I want to pick them up. Every single one of them, I don’t care if it takes me months, years, decades, I will do that. » Jesse hocha la tête avec véhémence, ignorant la première larme qui roula enfin sur sa joue, juste là parmi ses taches de rousseurs. « And you want to know why ? » Jesse pensait qu’il n’avait pas besoin de le dire, qu’Adam aurait compris, mais non, le métis s’était trompé sur toute la ligne, il y avait des mots que le blond avait besoin d’entendre. « Because you’re my home. Because everything that’s good about me, it’s yours. It’s one hundred percent yours. There is nothing I want to hide from you and nowhere I want to run. And I’m not just saying that to say that. No… I love you Adam, and nothing is going to change that, no matter how far I try to run, you’re in every single one of my thoughts, smiles or breaths… Because I love you so much. » C’était la seule chose dont il était certain à présent, la seule chose qui lui permettait de se lever le matin et la seule et unique raison qu'il avait de tenir et de continuer à se battre.

« You want answers ? Fine. It was your real name. Your full name. We only found it a couple weeks ago, some times after you were attacked. I don’t know how the killer got your real name, I don’t know if all the previous crime scenes were marked with the victims’ names, we are looking into that right now. » Il n’avait aucune raison de cacher ses éléments de l’enquete à Adam, le Poète faisait parti de leur vie, pour le meilleur et pour le pire. « We are looking. I am looking. No one is getting away with hurting you. Now if you want to see that tree, we can go. You and I. »

_________________
"Trouble on my left, trouble on my right, I've been facing trouble almost all my life... My sweet love, won't you pull me through?"


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t80-dear-old-world-is-it-too-late-to-get-a-refund http://aesthetics-blue.tumblr.com/

overjoyed - fonda & admin

avatar

◆ Manuscrits : 463
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 30 ans
◆ Assoc. des Victimes : vice-président
◆ Métier : propriétaire du Vanilla Palace
◆ Points : 662
◆ DC : Toto, Pete, Micha & Tutur
◆ Avatar : Aaron Tveit


Sujet: Re: It's a cold way to goDim 23 Avr - 3:27

Il ne l’avait jamais entendu.

Pas seulement de la bouche de Jesse, il n’avait tout simplement jamais entendu ces trois mots franchir les lèvres de ceux qui lui faisaient face. Les souvenirs de sa mère était trop effacés pour qu’il s’en rappelle avec certitude, et le peu qui lui revenait en mémoire n’était pas particulièrement optimiste. Des remarques qui ne faisaient aucun sens, des moqueries à peine dissimulées, le bambin comme une poupée entre les mains de sa génitrice qui l’avait conçu pour mieux se venger de l’avoir faite gonfler pendant neuf mois. Il n’avait qu’à fermer les paupières pour sentir ses mains autour de ses poignets fragiles, pour l’entendre dire qu’elle refusait de l’aider à refaire ses lacets en espérant que cela l’aiderait à tomber dans l’escalier. Mais Adam l’avait aimée, il avait aimé pour deux et son coeur pur avait pardonné tout ce qu’il ne comprenait pas, tout ce qui lui faisait mal. Il lui souriait, lui promettait qu’il ferait de son mieux la prochaine fois. Il frottait sur ses bleus dans la baignoire en espérant qu’ils partiraient plus vite afin qu’elle puisse voir tous les efforts qu’il était capable de faire juste pour elle. Il courait vers elle à la sortie de l’école pour s’agripper à sa taille, conscient qu’elle ne lui ferait jamais de mal devant le public de parents agglutinés derrière les grilles de l’établissement scolaire ; il courait les bras tendus vers elle pour la guérir de ce qui la rongeait. Et ça n’avait pas suffit, ça n’avait pas été assez, alors il avait attendu qu’un autre fasse son entrée dans sa vie. Il avait aimé un homme, puis un second ; des relations qui n’avaient de réciprocité que dans le désir. Adam avait beau leur appartenir, il n’était pas devenu une raison suffisante pour ces hommes-là de sortir de leurs sentiers battus pour apprendre à l’aimer.

Même le Poète avait été d’accord pour le dire, pour l’écrire sur son avant-bras et le figer dans sa chair, de sorte que sa condition lui soit constamment rappelée par son propre corps. I am no one. Il n’y avait rien de plus vrai ; il n’était personne. Il était apprécié, connu dans son quartier, entouré de ses colocataires et d’amis fidèles et sincères. Mais il n’avait jamais été quelqu’un dans les yeux d’un autre, il n’avait jamais suffi, n’avait jamais été la raison, la réponse, la solution à tout. Il était là, comme condamné à aimer le monde entier et à en souffrir les conséquences. Une baffe après l’autre, il était censé se relever avec le sourire et aller de l’avant dans toutes les circonstances. On lui avait tiré dans les deux jambes et on l’avait regardé se débattre, se débrouiller par ses propres moyens. Il s’était relevé cette fois encore, mais il était bancale, sans béquille, sans le moindre appui si ce n’était sa certitude qu’il n’était rien, qu’il n’était personne. Il en tremblait encore en y songeant, à son réveil à l’hôpital, à sa mine apeurée passant d’un regard absent à l’autre, les médecins défilant les uns après les autres pour lui confirmer ce qu’il savait déjà, ce qui lui brûlait la peau, ce qui l’avait réveillé. Il se revoyait sous ce même toit, à ne rien faire que tendre les cadeaux de Noël à ses colocataires, les couvrant de biscuits et de plats qu’il avait passé la journée à préparer rien que pour eux ; et en retour, de la mélancolie, une teinte sur leurs visages qu’il ne supportait pas.

Et puis Jesse. Adam lui avait déjà dit trop de fois sans doute. Il l’avait dit pour deux ; il avait pris l’habitude. Tellement qu’il avait fini par se dire qu’il allait lasser le métis, mais au final ce n’était pas cela qui avait fait fuir ce dernier. C’était les mots qu’on avait inscrit sur son corps, comme le rappel de ce qu’Adam était véritablement, la preuve même que Jesse perdait son temps à essayer de donner de l’importance à ce qui ne pouvait pas en avoir, puisqu’il n’était rien, puisqu’il n’était personne. Et puis la goutte d’eau, l’envie soudaine de s’évader, de courir pour traverser la ville et sentir ses poumons exploser sous ses côtes ; ce serait toujours moins douloureux que toute cette histoire. Adam se tenait face à Jesse, essuyant rapidement une de ses joues, puis l’autre. Il resta immobile, interdit, pas certain de l’avoir entendu la première fois, surpris la deuxième. C’était comme si le brun avait embrassé chacune de ses plaies pour qu’elles se referment une à une, comme s’il avait vu la faille et qu’il avait décidé de la recoudre ; pour une fois que les mots ne venaient pas le déchirer. Il s’écoula de trop longues secondes, sans doute plusieurs minutes au cours desquelles Adam reprit doucement le contrôle sur ses émotions et sur sa respiration, calmant la détresse et la colère qui l’avaient forcé à se lever et à fuir Jesse à son tour. Le blond se plongeait tantôt dans le regard de l’autre homme, tantôt dans ses pensées, les doutes se noyant enfin, disparaissant de la surface pour aller reposer au fond de l’océan. « I… » Quelque chose avait changé. Là, juste ici, entre leurs deux âmes déchiquetées ; comme si l’un avait prêté un peu de lui pour rafistoler l’autre. Des minutes, des décennies de silence ; ils n’étaient déjà plus les mêmes. « I’m sorry about what I said… I know it’s not your fault and you’re trying your best. » Il hocha la tête avant de se rapprocher le plus lentement du monde, se collant bientôt contre le torse de Jesse. Son sanctuaire. « I want to go. I want to see but… Not now. If that’s okay ? » Il n’avait plus de raison de courir si ce n’était pour retrouver les bras de Jesse ; pour les guérir de ce qui les rongeait. « Now I just… Want to stay like this… » Il était bien, entre ces bras-là. Il était aimé. « I love you too. » Il était quelqu’un.

_________________

if i can't find a cure, i'll fix you with my love



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t84-and-the-walls-kept-tumbling-down#149


avatar

◆ Manuscrits : 2366
◆ Arrivé(e) le : 12/04/2015
◆ Âge : 28 ans
◆ Métier : détective, promu en décembre 2015
◆ Points : 237
◆ DC : Désirée, Ruby, Jonathan, Jacob, Eva & Simon
◆ Avatar : Jesse Williams


Sujet: Re: It's a cold way to goLun 1 Mai - 21:26

Jesse était vide.
Vidé. Épuisé. C'était à se demander pourquoi est-ce qu'il allait aller courir le lendemain, qu'avait-il à offrir à la route ? Que pouvait-il encore donner à l'horizon ? Il avait tout donné à Adam, absolument tout, même les parties qu'il détestait chez lui et qu'il aurait préféré cacher de la vue de tous ou encore mieux, enterrer bien loin. Mais voilà, ils en étaient là, il avait besoin d'Adam comme ça et si le blond partait... Il n'y aurait plus rien, plus de Jesse James Mahoney, il n'y aurait plus rien à part une ombre. Une ombre qui finirait elle aussi par s'éteindre sans une source constante de lumière. Jesse ne pouvait pas fonctionner correctement sans lui, il avait essayé, sans grand succès, tout ça pour foncer dans un mur et commettre des erreurs, encore et encore, de manière répétée, comme si cela lui plaisait. Il détestait ça mais il ne voyait aucune issue de secours si Adam n'était pas dans sa vie. Il finissait toujours par baisser les bras et par se dire qu'il avait mérité absolument tout ce qui lui arrivait et qu'il n'y aurait jamais rien de positif pour lui, c'était certain.

Un silence presque étouffant régnait dans le salon, il avait toujours son regard bleuté rivé sur Adam et il priait pour que ce dernier entende raison et veuille encore de lui. Please, please, need me like this, please need me like I need you or I'll lose everything. Jesse pouvait voir les larmes perler au coin des yeux du blond, il pouvait voir la confusion car il n'avait jamais prononcé ces mots-là avant, parce qu'il avait été pétrifié par sa stupidité et par ses peurs. Il avait esquissé un léger sourire la première fois qu'Adam le lui avait dit, seulement quelques mois après qu'ils se soient officiellement mis ensemble, ça paraissait trop étrange, trop faux. Tell me that again in a few years, s'était dit le métis, se disant qu'il faudrait au moins une décennie, une décennie avec la main d'Adam dans la sienne, une décennie pour que le blond voie toutes ses fautes, toutes ses erreurs et tous ses défauts et qu'il les accepte. Mais les sentiments d'Adam à son égard n'avaient pas changé, ils n'avaient jamais changé, il avait toujours eu le regard droit pour lui, toujours avec cette affection et ce désir au fond du regard. Alors qu'il aurait dû vouloir fuir, réaliser que Jesse faisait semblant et qu'il ne savait tout simplement pas la plupart du temps.

Mais non, Adam était resté, il avait hoché la tête, il avait accepté, pour quoi ? Jesse savait qu'il ne le méritait pas, qu'il ne méritait pas son pardon, ni son temps et encore moins son affection. Ce soir, juste pour ce soir, il voulait espérer, se dire qu'il voulait faire quelque chose de bien et avoir Adam. Juste pour une éternité, juste pour leur éternité, avoir Adam et retourner à son existence misérable ensuite, c'était tout ce qu'il voulait, ni plus, ni moins. Adam articula enfin quelques syllabes, le coeur de Jesse battait tellement fort qu'il dut se concentrer pour discerner les mots du brun et vraiment entendre ce que ce dernier lui disait. Tout fit sens quand il sentit Adam contre lui, là, à sa place et lentement, Jesse passa ses bras autour de l'autre homme et le garda tout contre lui, tout contre ce coeur qui ne battait que pour lui et qui brûlerait de douleur lorsqu'Adam prendrait son dernier souffle. Jesse ferma les yeux aux dernier mots d'Adam et il déposa un baiser sur le front du blond, une partie de lui apaisée d'entendre ces mots-là quelque part. « Then stay. » 

Pas de promesses, pas de futur envisagé ensemble, juste une évidence. Si Adam voulait rester, qu'il reste, Jesse ne lâcherait pas, il le garderait ici, à l'abris de tous, à l'abris de tout, pendant des jours et des nuits, juste parce qu'il le pouvait, parce qu'Adam l'y autorisait et parce qu'il l'aimait. Peut-être que certaines heures seraient plus longues que d'autres, peut-être que certaines cicatrices mettraient plus de temps à s'effacer... « Just stay.» Mais Jesse s'en moquait, Adam serait là, tout contre lui, il pourrait l'embrasser autant de fois que possible, sourire en voyant le blond se lancer dans une énième fournée de cupcake et lui faire comprendre qu'il ne pouvait pas traverser tout le pays pour adopter un chien... Jesse serait là, Adam serait là, peu importe le reste, ils s'aimaient, le reste... Honnêtement ? Ça n'avait pas d'importance.

_________________
"Trouble on my left, trouble on my right, I've been facing trouble almost all my life... My sweet love, won't you pull me through?"


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://theworldwillreadyou.forumactif.org/t80-dear-old-world-is-it-too-late-to-get-a-refund http://aesthetics-blue.tumblr.com/



 Contenu sponsorisé


Sujet: Re: It's a cold way to go

Revenir en haut Aller en bas
 

It's a cold way to go

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Be Cold, Be Blue
» [Half-Life] Resident Evil Cold Blood
» Supreme Ruler : Cold War
» cold and dark sur P3D
» Problème cold and dark?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: the city that we loved :: fly creek :: résidences-