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 Save the last dance for me

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Sujet: Save the last dance for me Dim 22 Jan - 3:00

save the last dance for me
so don't forget who's taking you home
and in whose arms you're gonna be



janvier 2016
Il avait laissé l’enquête prendre beaucoup trop de place dans sa vie personnelle. Comment éviter le Poète après tout ? Le tueur était partout, à la radio, sur les écrans, dans les journaux, responsable de nouveaux noms dans la rubrique nécrologique tous les deux ou trois mois en moyenne, quand ce n’était pas une manie qui lui arrivait de manière mensuelle… Arthur s’était d’ailleurs surpris à réaliser que le criminel n’agissait jamais plusieurs semaines à la suite ; sans doute nécessitait-il d’un temps de préparation plus important que la moyenne ? Lui et le colonel avait au moins cela en commun, ce dernier se surprenant à hésiter entre deux cravates de teintes différentes, les alternant sans cesse pendant cinq bonnes minutes pour se décider. La rouge était sans doute un peu trop criarde, et la bleue définitivement trop classique, et il n’était pas question de jurer avec ce costume noir parfaitement taillé qu’il ne revêtissait que pour de grandes occasions. Il avait prévu de la rejoindre bien plus tôt ce soir là - et les soirs précédents aussi, mais à chaque fois il finissait par quitter son bureau un peu avant minuit en soupirant, quand il n’était pas sollicité pour aider les officiers submergés par des tas d’appels et de paperasse qu’ils devaient remplir au cours de la nuit… Il avait fait de son mieux, un soir après l’autre, et puis le suivant, et celui d’après aussi. Mais ce n’était jamais suffisant, et il avait bien fallu qu’il passe devant le pressing par un après-midi quelconque pour la voir en train de partager sa joie de vivre avec un jeune homme plus charmant, plus souriant, et aux costumes impeccables (ce dernier avait sûrement le temps de les entretenir, lui), et il s’était décidé à repasser les portes du pressing pour autre chose que pour des chemises à nettoyer en urgence avant de fuir aussitôt vers son bureau.

Le colonel avait donc fait de son mieux pour finir dans les temps, bâclant bon nombre de dossiers, les expédiant avec une vitesse et une efficacité qui ne lui ressemblaient pas particulièrement. À moins qu’il ne se leurre complètement et qu’il ne se dise tout cela uniquement dans le but de se rassurer ? Aucune importance. Il avait carburé au café toute la journée pour ne pas avoir cet air endormi à la fin de la journée, et il avait surveillé les aiguilles dans le cadran juste au-dessus de sa porte en priant pour qu’elles ne s’emballent pas comme les autres soirs et qu’il ait le temps de la retrouver suffisamment tôt. Autant dire que même en faisant de son mieux, il était en retard malgré tout, et il lui restait à peine une trentaine de minutes pour trouver un fleuriste encore ouvert, et espérer la retrouver dans sa boutique, si elle n’avait pas encore fermé. Une poignée d’injures lui avait alors traversé l’esprit, et il avait fini par trancher pour la cravate rouge… Non, la bleue ? Il n’avait plus le temps d’y songer et il passa un bout de tissu autour de son cou sans vraiment y prêter attention, ne le nouant pas tout à fait, les deux boutons de son col encore ouvert, se disant qu’il aurait sûrement le temps de parfaire les détails de son accoutrement à un feu rouge lorsqu’il serait enfin en chemin.

Par chance, il arriva tout juste avant que le fleuriste ferme ses portes, agrippant rapidement un bouquet de fleurs des champs, se disant qu’elles étaient suffisamment colorées pour que la jeune femme les apprécie. Pas question de lui acheter des roses. Non pas qu’elle ne les méritait pas, bien au contraire. Mais ces fleurs-là ne voulaient plus rien dire pour le colonel, lui qui avait passé une bonne partie de sa vie à en offrir à son ex-femme dont il n’était toujours pas officiellement séparé. Tout ça pour quoi ? Pour les voir faner et mourir sur la table de la cuisine, un endroit auquel les plantes elles-mêmes avaient fini par s’habituer, une coutume qui n’avait plus de sens et qui ne réchauffait plus le coeur de la demeure. Eva était trop belle pour qu’on la laisse flétrir ou qu’on s’habitue à sa présence. Arthur secoua la tête en y songeant. Ce n’était même pas une histoire de beauté, non ; c’était le sourire sur le visage de la rouquine qui faisait son charme, qui illuminait ses traits, qui donnait envie au colonel d’être à l’origine du bonheur qu’il pouvait lire sur ses lèvres.

En arrivant devant le pressing, Arthur avait naturellement oublié de s’occuper des boutons de sa chemise, de sa cravate, et ses cheveux n’avaient pas survécu à sa journée de travail. Et ce n’était certainement pas au moment de stationner son véhicule devant l’entrée de la boutique d’Eva qu’il aurait eu le temps de faire quoi que ce soit, Arthur constatant avec stupeur qu’elle était déjà en train de fermer, qu’elle allait donc regagner son appartement dans les plus brefs délais sans qu’il ait eu le temps de s’excuser pour les longues semaines de silence depuis le dîner qu’ils avaient partagé dans un établissement chic de Fairhope. « Eva. » Il sortait seulement de sa voiture, déjà à bout de souffle d’avoir traversé la ville dans tous les sens pour que tout soit parfait. Rien ne l’était, au final. « Eva, I just wanted to say… » Il n’eut pas le temps de poursuivre, sa maladresse légendaire le rattrapant aussitôt puisqu’il venait tout simplement de claquer la portière de sa voiture sur un pan parfaitement repassé de sa veste noire, le tissu coincé manquant de le faire tomber à la renverse alors qu’il se pressait pour la rejoindre. « Wait, I… » Il se libéra, non sans peine, ses gestes ne lui réussissant jamais vraiment lorsqu’il se retrouvait dans une telle situation. « Sorry about this, I… » Arthur arriva enfin à sa hauteur, après de nombreux efforts. Il était temps. « I’m sorry I didn’t call I was… This job is really getting the best of me these days. I just wanted to stop by to let you know I… » Il s’éclaircit la gorge, clairement en train de rougir à l’idée de faire de tels aveux. « I was thinking about you and I was wondering if you were free maybe. Tonight. » Le bouquet tendu vers elle, il n'avait plus qu'à prier.

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Sujet: Re: Save the last dance for me Dim 12 Fév - 0:01

People have dates and don't call each other all the times... right ? Right ?
Eva faisait de son mieux pour ne pas laisser toute cette histoire lui monter à la tête, oui, la trentenaire essayait vraiment. Elle voulait ranger ce simple diner dans un coin de sa tête et se dire que ça n'avait pas vraiment d'importance. Ça n'en avait pas. Elle n'était pas revenue à Fairhope pour ça de tout façon. Elle était là pour déjeuner deux fois par semaine avec son père, jouer au poker avec lui en utilisant des cookies comme monnaie d'échange, chose qui faisait toujours rire son paternel. La rouquine était là pour profiter de l'air frais, pour se balader sur la plage déserte en cette période de l'année et pour s'occuper des chemises de tous ses clients. Elle n'était certainement pas là pour qu'Arthur Åkerfeldt occupe toutes ses pensées, non. C'était fini tout ça, elle avait désespérément besoin d'une pause et d'arrêter de se faire des illusions et de croire que tout avait un sens. Parfois, ça n'en avait pas et les gens passaient tout simplement à autre chose.

Voilà ce qu'Eva se répétait tous les matins depuis quelques jours à présent, elle avait presque réussi à se convaincre, presque réussi à plonger dans une petite routine qui lui convenait. Elle voulait surtout oublier, oui, oublier les raisons qui l'avaient pousséee à partir de sa ville natale en premier lieu et ne prendre que le meilleur de Fairhope. Les choses étaient plus compliquées évidemment, il y avait toujours un meurtrier en pleine nature, toujours ce couvre feu qui terrifiait la plupart de ses clients. Ses clients d'ailleurs se confiaient sur tout et sur rien mais surtout sur le Poète sans qu'Eva ne leur demande, peut-être que c'était son sourire, ou la façon qu'elle avait de ne jamais poser de question et de juste hocher la tête. Ça devait être le sourire. Quoi qu'il en soit, Express Cleaning était en quelque sorte devenu l'endroit où avoir les meilleurs potins et ce même si elle faisait de son mieux pour faire comprendre aux commerçants voisins que son temps était précieux. Eva n'était pas de ceux qui marchaient sur les pieds des autres, non, elle avait eu le malheur de leur offrir du café et des muffins un jeudi et depuis le rendez vous était donné. L'arrivée d'Adam et ses chemises qui demandaient un soin particulier n'avait absolument rien arrangé, à dire vrai, c'était plus lui qui faisait la conversation pendant ces petits meetings, plus lui que les autres.

C'était... juste du bruit de fond pour Eva, qui la plupart du temps mordait dans un muffin ou donnait un autre coup de crayon à une robe qu'elle n'allait probablement jamais coudre. L'idée même de se pencher sur un patron ou de faire autre chose que des maigres réparations la terrifiait et elle se tenait le plus loin possible de sa machine à coudre, retardant l'inévitable. Et ne pas penser à tous ses pans de tissus qui n'allaient certainement pas s'aligner pour former des vraies robes laissait un vide béant dans sa tête et quelque part dans son coeur. Donc il était normal qu'elle songe à Arthur plus que d'ordinaire. C'était la seule explication qu'Eva avait trouvé, rejetant l'alternative. L'alternative où ils avaient passé une formidable soirée et où elle avait naïvement attendu la suite, se disant qu'il était un vrai gentleman et qu'il ne se contenterait pas d'un simple coup de téléphone. Au bout de trois jours, Eva s'était sentie stupide, aussi stupide qu'à l'époque de ses quinze ans, quand elle ne connaissait pas encore le genre masculin. C'était juste un diner, à aucun moment les mots rendez vous n'avaient été prononcé et Arthur devait avoir mieux à faire en ce moment. Mais quand même... elle avait été persuadée de passer une excellente soirée. Eva se força donc à garder ses pensées le plus loin possible du colonel cette après-midi là et offrit son sourire le plus radieux aux quatre clients qui poussèrent la porte en l'espace de cinq heures. La trentenaire fut plus que ravie que l'heure de la fermeture arrive, tout ce qu'elle voulait désormais c'était monter dans son appartement, et se distraire en mettant la musique aussi fort que possible et en chantant à tue-tête. C'était une de ses activités favorites lorsqu'elle était déprimée et cela arrivait de plus en plus souvent depuis son retour à Fairhope, mais elle avait pris la bonne décision, la rouquine en était certaine.

"Eva." Cette dernière sursauta en entendant son prénom, elle fit tomber ses clés par terre et les ramassa rapidement avant de faire volte-face, son regard se posant sur Arthur. Enfin une image un peu brouillon et même nerveuse d'Arthur, rien à voir avec l'homme qui venait récupérer ses chemises avec un doux sourire pour elle ou celui qui lui avait tiré sa chaise lors de leur diner. ... Que fabriquait-il ici ? Eva l'observa, un air de pur confusion sur le visage, alors qu'il se rapprochait d'elle, après un léger accident avec la porte de sa voiture; une partie de son cerveau se demanda si elle n'était pas en train de rêver et elle cligna plusieurs fois des yeux. Des excuses ?  "Oh I..." Eva réalisa une seconde plus tard que le rouge lui était monté aux joues et elle s'éclaircit la légèrement la gorge, ne comprenant absolument pas pourquoi. C'était juste Arthur. Dans un costume qui était clairement fait pour lui. Juste Arthur qui s'excusait de ne pas avoir été là. Arthur qui lui tendait un bouquet de fleurs. "Are you okay ? I just thought you've been busy that's all, I know how everyone is going a bit crazy in town lately so yeah... It's okay." dit rapidement Eva, espérant que son mensonge passerait inaperçu. Oui, elle s'était dit qu'il était occupé, mais elle en avait déduit beaucoup plus que cela. "And yes, okay... Just let me go change okay... No way one of us is going to look perfect and the other... well... " Eva baissa les yeux vers sa chemise bleue ciel, sa jupe en jean et ses ballerines... Elle haussa les épaules et après s'être emparée du beaucoup de fleurs qu'il lui tendait toujours, elle déclara tout simplement: "Anyway... just give me ten minutes okay ?"

La rouquine ouvrait déjà la porte de son appartement et une fois les escaliers grimpé, elle s'empressa de mettre les fleurs dans un vase et de courir vers sa chambre. Où est-ce qu'Arthur comptait l'emmener ? Dans un endroit aussi chic et dans le fond prétentieux que la dernière fois ou alors dans un endroit plus décontracté... non pas avec le costume qu'il avait mis, mais en même temps, Eva avait du mal à l'imaginer en jean... "Jesus what am I doing... I'm not fifteen." Là, Eva avait mis le noeud sur le coeur du problème, Arthur lui donnait l'impression d'avoir quinze ans, avec les fourmis dans l'estomac, le coeur qui se soulevait dès qu'il était dans les parages et cette envie irrépressible de le faire rire tout en restant blottie dans le creux de ses bras. C'était tous les bons côtés de ses jeunes années là, cette espèce d'insouciance et d'innocence qu'Eva n'avait pas connu depuis longtemps... et oui, maintenant et plus que jamais, elle en avait besoin. Eva fouilla pendant cinq bonnes minutes dans son placard avant de dénicher la seule robe noire dont elle était un minimum fière et qui passerait pour toutes les bonnes occasions. Elle maudit ses cheveux pour ne pas rester en place et après s'être faite une simple queue de cheval, elle décida de les laisser tel quel, les boucles rousses se balanceraient au grès du vent, tant pis. Eva prit le temps de se mettre une touche de rouge sur les lèvres et quelques secondes plus tard, ce fut le bruit de ses talons qui indiquèrent son arrivée.  

"I did say ten minutes... sorry." murmura t-elle, ses mains se refermant sur son sac à main. "I'm... I'm really glad you're here and that we're doing this."


side note:
 

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Sujet: Re: Save the last dance for me Dim 19 Mar - 1:05

La vérité, c’était qu’il ne savait tout simplement plus comment faire. La dernière fois qu’il avait fréquenté une fille, il avait une bonne vingtaine d’années en moins, si ce n’était pas un tiers de son âge actuel. Ce n’était donc plus très clair dans sa mémoire ; il ne se souvenait que de la rencontre avec son ex-femme, de la cigarette qu’il lui avait demandé sur le porche d’une demeure décorée avec goût, de leurs regards qui s’étaient embrasés en même temps que leur bâtonnet de nicotine. En y repensant, il se demandait comment il avait fait pour ne pas se rendre compte à quel point cette simple rencontre avait déterminé le reste de leur histoire, sa future épouse prenant déjà un malin plaisir à l’empoisonner avant de disparaitre, regagnant les invités se trouvant à l’intérieur de la villa sans vraiment se soucier du regard d’Arthur qui ne la lâchait plus. Cette époque était pour le moins révolue, et tout ce qui avait suivi n’avait que bien peu d’importance à ses yeux - à part pour la naissance de son fils. Et quand bien même le colonel éprouvait encore des sentiments à l’égard de celle dont il n’était officiellement toujours pas divorcé, il n’avait pas réussi à lui pardonner, se séparant de tout ce qui aurait pu le rattacher à elle, brûlant les photographies et vidant les placards, se séparant des meubles et de la vaisselle qu’elle avait choisi, allant jusqu’à remplacer tous les jouets de son fils pour que ses mains de poupon ne rencontrent jamais les empreintes laissées par sa mère. Arthur n’avait tout simplement pas eu la force de lui donner une seconde chance, la privant même d’un potentiel remariage en refusant de signes les papiers du divorce déjà reçus à de maintes reprises. Ainsi, l’amour avait laissé un goût amer sur les papilles du colonel, et c’était sans doute pour cette raison qu’il s’était interdit d’y goûter à nouveau durant toutes ces années.

Mais elle avait tout changé. Elle avait fait tourner le monde dans l’autre sens, au point de faire perdre l’équilibre au cinquantenaire qui s’était d’abord juré de rester loin de son sourire, par peur de le voir se froisser et disparaitre, se répétant qu’il était trop vieux pour ce genre de choses. Et puis… Non, dans le fond, il avait beau y réfléchir et retourner le problème dans tous les sens, il ne trouvait plus d’excuses quand il se retrouvait face à elle, ses joues se mettant à rosir sans qu’il ne puisse plus rien contrôler, la moiteur de ses paumes lui rappelant qu’il n’était pas si vieux que ça, que tout n’était pas encore perdu et qu’il avait le droit à une deuxième chance ; qu’en se nourrissant de sa rancoeur, il en avait oublié qu’il avait le droit d’avancer lui aussi, et que tout ne s’était pas arrêté depuis que sa femme était partie. Au contraire, Elliott avait continué de grandir, moins préoccupé par sa maladie que l’était son propre père, croquant la vie à pleines dents sans se soucier des lendemains incertains qu’ils avaient encore devant eux. Il n’y avait qu’Arthur pour rester planter là à ne rien faire d’autre que s’empoisonner la vie, refusant de croquer à son tour dans le fruit, persuadé qu’il allait tomber sur un vers avant même d’y avoir gouté. Le colonel avait perdu trop de temps, de longues minutes qu’il aurait pu passer à se soucier de choses plus importantes. Et elle lui faisait seulement réaliser tout ça. Elle n’avait pas besoin de parler, sa présence suffisait à redonner le sourire à l’homme. Eva. À bien y réfléchir, il trouvait le prénom particulièrement… Mignon ?

Sans même s’en rendre compte, il s’était mis à faire les cent pas sur le trottoir devant le commerce d’Eva, cherchant un adjectif un peu moins niais pour qualifier la jeune femme, réalisant finalement que son prénom se suffisait à lui-même et qu’il était tout simplement parfait. Elle avait au moins le mérite de l’arracher à son enquête pour quelques heures, et c’était tout à son honneur. La voyant redescendre, Arthur resta stoïque, incapable de laisser transparaitre des pensées qui auraient pu gêner la jeune femme si elle les avait lu sur les traits de son visage. Il se contenta d’ouvrir la portière du côté passager, la rassurant, faisant de son mieux pour ne pas montrer son intérêt qui aurait pu être mal interprété. « I’m really glad you were free too. » Après tout, elle aurait très bien pu être déjà à l’autre bout de la ville, au bras d’un lieutenant ou d’un médecin de son âge, au front épargné par le temps et aux reflets moins grisonnants. Il regagna rapidement le volant de son véhicule, sa maladresse légendaire l’obligeant à faire très attention au pan de son costume qui lui avait déjà joué des tours, avant de faire tourner plusieurs fois les clés pour mettre le contact. L’émotion y était sans doute pour quelque chose, elle aussi, mais il valait mieux ne pas trop le montrer ; ce n’était plus dans ses habitudes depuis longtemps. « I hope you’re going to like it I… It’s a nice place, it’s not a restaurant. » Ils n’avaient qu’à remonter l’avenue et à longer le bord de mer, moins d’une dizaine de minutes et ils pourraient profiter de leur soirée. « Not that I don’t like restaurant… I mean it’s nice, once in a while. But this time I was thinking about something… Fun? » Passant un doigt entre le col de sa chemise et son cou, il prenait finalement conscience qu’Eva n’aimerait pas forcément cette idée, et qu’elle lui rirait au nez quand elle verrait ce que le colonel jugeait être fun. « I… It’s… You’ll see. » Il s’embourbait, autant passer à autre chose avant de rester coincé et ne plus réussir à avancer. « How was your day by the way ? » Pas sûr qu’Arthur survive à cette soirée au final.

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Sujet: Re: Save the last dance for me Sam 8 Avr - 12:52

Il y avait une raison derrière chacune des tenues d'Eva. Oui, elle faisait partie de celles qui entretenaient le cliché de la femme cachée derrière un magazine et qui pensait uniquement à son prochain achat. Ce n'était pas quelque chose dont elle était particulièrement fière mais elle avait toujours trouvé refuge derrière le drapé des robes et plus petite, la rouquine était persuadée que les cabines d'essayage étaient sans fin et qu'elles n'étaient que les portes d'un monde sans limite. Ça ne venait certainement pas de son père, Dylan Hamilton avait fait de son mieux pour élever Eva, la seule qui était restée en arrière et dans les allées des magasins, au royaume de la jupe et de la tulle, il avait vite été perdu et s'était contenté de sortir sa carte de crédit pour contenter sa petite fille. Il n'avait jamais compris et la jeune femme ne s'était elle jamais perdue en explications inutiles, certaine qu'on la prendrait pour une folle. Parce qu'il n'y avait qu'elle pour imaginer qu'une simple robe pouvait la cacher du monde et la faire paraitre un peu différente. Eva se déguisait bien tous les jours, faisait l'adulte à travers ses vêtements et espérait bien que personne ne verrait la mascarade ou à quel point elle était vraiment terrifiée. Peut-être que les couleurs bariolés qu'elle portait toujours n'étaient qu'une distraction, pour que personne ne remarque que ses sourires étaient souvent faussés ou forcés, peut-être.

Face à Arthur, c'était complètement différent et Eva aurait aimé pouvoir jouer un autre rôle. Celui d'une femme forte, celle qui ne se contentait pas seulement de suivre, celle qui savait rire et écouter également. D'où la robe noire et le léger sourire qu'elle eut lorsqu'il lui ouvrit la porte de sa voiture, pour les conduire à la destination du soir. Un second rendez vous, se dit la rouquine, une belle surprise. Elle pouvait déjà voir l'air plus qu'attentif d'Adam quand elle lui raconterait la petite soirée dans quelques heures. And then what happened next ? Lui demanderait le blond. Then he said he was glad to see me and that made me blush for some reason. Eva porta une main à ses joues au moment où Arthur referma la porte derrière elle; il semblait que c'était un soir où elle était incapable de contrôler la moindre de ses réactions... La jeune femme se maudit intérieurement et préféra se concentrer sur Arthur qui s'asseyait à côté d'elle. "I'm sure I'm going to like it." affirma Eva. Elle se retint d'ajouter qu'elle avait hâte de savoir quelle était définition du mot fun, il avait l'air tellement... sérieux en permanence qu'Eva avait été tellement surprise lorsqu'elle avait vu esquisser un sourire lors de leur premier rendez vous. Certes, les apparences étaient trompeuses mais la première fois que le Colonel avait passé les portes du pressing, elle s'était automatiquement redressée, ressentant le besoin expressif de se tenir droite et de le regarder droit dans les yeux. Peut-être que c'était le fait qu'il était beaucoup plus grand qu'elle, ou alors le timbre de sa voix qui était rassurant au possible, ou alors ses épaules... Eva sentit ses joues s'empourprer davantage et elle tourna la tête vers la fenêtre au moment où il lui demandait comment s'était passé ça journée.

"I... fine." murmura Eva, tournant la tête de nouveau vers Arthur. Elle réalisa une seconde plus tard qu'elle avait menti par automatisme, son sourire, sa marque de fabrique en quelques sortes, de nouveau en place sur son visage. L'instant d'après, Eva se mordit la lèvre inférieure. Ce n'était pas n'importe qui, murmurer des fine et hocher la tête n'était guère impressionnant et quelque chose lui disait qu'Arthur avait posé la question car il était intéressé. "Honestly ? Long... I wish some of my customers were as upfront as you are. I think I just know way too much about some of them. But at least I could finish some sketches." Arthur l'avait déjà surprise en train de dessiner, les brouillons avaient vite été cachés de sa vue, Eva n'était définitivement pas prête à entendre des remarques sur son travail. Pas encore. Tout comme elle n'allait pas lui parler du costume qu'elle avait commencé à faire pour lui, c'était juste un patron qu'elle avait dessiné comme ça, un oeil sur son téléphone à se demander si Arthur allait la rappeler et l'autre sur ses croquis. Et sans trop savoir comment Eva s'était retrouvée devant sa machine à coudre. Il la prendrait sûrement pour une timbrée s'il savait pour la veste qui était cachée au fond de son placard. "And you ? I bet your day was longer than mine." L'expression d'Eva fut soudainement plus douce, il ne le savait pas encore mais d'ordinaire, ce regard-là était adressé à son père et quand la rouquine s'inquiétait vraiment. Elle se doutait bien qu'Arthur n'avait pas envie de parler du couvre-feu ou du Poète, et dans le fond, elle non plus. Quand elle le fixait ou qu'elle lui parlait, elle avait l'impression que tout ça, c'était loin. Et qu'eux au moins, pouvaient être heureux. "By the way... where are you taking me... now I'm intrigued, you make me feel like I haven't seen everything of Fairhope."

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Sujet: Re: Save the last dance for me Mar 25 Avr - 3:30

C’était facile de se laisser aller à la mélancolie. C’était clairement ce qu’il y avait de plus simple. Il suffisait de claquer la porte et de laisser le bonheur sur le pallier, de le regarder tourner en rond avant de lui bloquer l’accès par n’importe quelle autre issue. Fermer les volets, ne laisser de place qu’à l’obscurité et la tristesse, chasser toute joie le plus loin possible et s’assurer qu’elle serait suffisamment dégoutée pour ne plus jamais revenir sonner au même endroit. Et puis finir par ouvrir la porte un jour, et se rendre compte que le bonheur était déjà parti bien loin, qu’il avait fait ses valises et qu’il ne risquerait plus de pointer le bout de son nez ; se conforter dans l’idée que le malheur était au moins fidèle, lui. Oui, c’était facile, et Arthur l’avait fait durant tant d’années. Il s’était tué à la tache, croulant sous le boulot, se laissant petit à petit happer par cette affaire qui allait finir par l’emporter, sa seule raison d’être après son fils qui se consumait douloureusement. Et avec tout ça, il avait oublié qu’il avait le droit de sourire, de prendre du temps pour lui, de partir en vadrouille, de ressortir sa voiture qu’il avait acheté avec tout l’argent qu’il avait économisé durant trop d’années passées à ne rien faire qu’à se morfondre ; il avait oublié qu’il avait encore le droit et le temps de vivre, même du haut de ses cinquante cinq ans. Il avait oublié qu’il pouvait encore plaire, et que le bonheur pouvait encore revenir.

Le bonheur lui souriait justement, vêtu d’une jolie robe faisant ressortir sa chevelure rousse. Elle avait cette beauté, cette candeur et cette simplicité qu’Arthur n’avait trouvé chez une aucune femme, et il avait mis du temps avant d’aller à sa rencontre pour autre chose que pour lui demander de nettoyer ou repasser ses chemises. Parce qu’il avait eu peur, sans doute autant qu’elle sinon plus, craignant de la froisser, de la laisser en lambeaux si toutefois il n’était pas à la hauteur, s’il était le digne représentant de la gente masculine. Il avait fini par prendre son courage à deux mains en se disant qu’on ne vivait qu’une fois et qu’elle était trop belle pour ne pas tenter sa chance ; de vingt ans son aîné, il regretta presqu’aussitôt, conscient qu’elle ferait vite demi-tour quand elle aurait envie de passer à l’étape supérieure et qu’il ne pourrait tout simplement plus suivre la cadence, contraint de prendre sa retraite, et de passer ses vieux jours à remplir des mots croisés toute la journée tandis qu’elle aurait besoin de quelqu’un pour s’occuper d’elle et… Voilà qu’ils étaient assis depuis seulement une poignée de minutes dans cette voiture, et Arthur prévoyait déjà le pire. Non, plus question de se laisser aller à ce genre de pensées ; en tout cas pas en la présence d’Eva. Il se l’interdisait, parce qu’il voulait laisser la porte ouverte, grande ouverte, et qu’il voulait la laisser rentrer ; elle jugerait d’elle-même si ce qu’elle allait trouver à l’intérieur serait suffisamment intéressant pour rester.

Le trajet en voiture ne fut pas si long que cela. Ils eurent le temps d’échanger quelques mots, Arthur souriant au récit de la jeune femme, songeant qu’elle avait de la chance et que ses préoccupations n’étaient pas vitales pour le reste de la ville. Certes, son commerce était important et sa profession n’était pas moins indispensable que celle du colonel, mais elle ne risquait pas de causer la mort d’un de ses clients si elle ne trouvait pas un moyen efficace de retirer une tâche de café sur une chemise. Dans le pire des cas, il faudrait qu’elle rachète le même vêtement, mais elle ne retrouverait personne noyé dans son sang si elle ne dénichait pas le bon détachant dans les temps. Et quelque part, Arthur l’enviait terriblement. Il aurait préféré ne plus avoir ce poids sur les épaules, ce même poids qui lui coupait la respiration dans son sommeil et le forçait à s’éveiller en sursaut pour se précipiter vers le lavabo le plus proche, l’eau fraiche l’extirpant du cauchemar qui lui avait laissé le gout amer de la réalité sur ses papilles endormies. Avec elle, il était un peu ailleurs, sans être trop loin à la fois. « Same old. », se contenta-t-il d’argumenter en haussant les épaules. Ils n’avaient arrêté personne, le Poète était encore en liberté, et il ne savait pas de quoi demain serait fait. « I was looking forward to seeing you to be honest. Not that I thought you wouldn’t have anything better to do, I was just hoping. Guess it helped a bit that I was crossing my fingers all day. » Il était assez déconcertant de voir le colonel prononcer de telles paroles quand il paraissait le plus sérieux du monde, concentré sur sa conduite, vérifiant ses rétroviseurs, et plaçant ses mains sur son volant avec une grande précision. « And you might have heard of this place before, it’s not a secret place or anything… But I hope you’ll like it. »

Il profita du trajet pour lui poser d’autres questions, pour lui raconter une ou deux anecdotes sur des affaires particulièrement hilarantes auxquelles il avait eu à faire dans la rue qu’ils venaient de remonter, ayant un peu de mal à décrocher de son boulot. Ils arrivèrent cinq minutes après, Arthur garant son véhicule sur le front de mer, à la pointe de Fairhope Avenue. Faisant rapidement le tour de sa voiture, il se précipita pour aller ouvrir la portière à Eva et lui tendre la main afin de la guider à l’extérieur, son bras finalement tendu pour qu’elle s’agrippe à lui. Ils n’avaient pas besoin de faire un pas de plus pour entendre la musique qui provenait d'un cabanon de bois en bord de mer à quelques mètres de là, où les habitants semblaient déterminés à oublier la morosité de leur quotidien. « You’ll have to bear with me, I’m a little bit rusty. » Il n’avait pas dansé depuis des années, et la musique moderne n’était généralement pas celle dont il raffolait. « Should we order something to drink first or… » Ils avaient tout le temps du monde et il voulait juste oublier sa journée. Rester auprès d’elle. « May I have this dance ? »

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Sujet: Re: Save the last dance for me Mar 16 Mai - 21:23

Same old, Eva avait esquissé un sourire à ces quelques mots. Same old, comme si ces deux mots mis ensemble, bout à bout, pouvaient vraiment résumer et faire transparaitre la confusion qui régnait en ville et qui en faisait partir plus d'un. Plus d'une fois, à l'autre bout du pays, au téléphone avec son père, la rouquine lui avait posé la question et elle lui avait demandé pourquoi est-ce qu'ils s'accrochait autant. Pourquoi est-ce qu'il s'acharnait à vivre au milieu du chaos alors qu'il pouvait partir, faire sa vie ailleurs, là où tout était paisible et là où personne ne viendrait le déranger ou lui chercher des ennuis. Elle se souvenait encore du soupir que l'homme âgé avait poussé à l'autre bout du fil avant de répondre que Fairhope était sa maison et qu'il ne pouvait tout simplement pas partir. Eva avait enroulé la corde de son téléphone autour de son index face à ces mots, se demandant si elle devait dire à son père qu'il était naïf et qu'il devait arrêter d'espérer. Mais Dylan était resté dans la même maison car il avait toujours cru que la mère d'Eva allait finir par lui revenir avec le reste de ses enfants, le reste de sa famille. Mais non, plus qu'une maison, Fairhope était une prison de mauvais souvenirs autant pour le père que pour la fille.

Et quand elle fixait Arthur ainsi, elle se demandait de quoi étaient faites ses chaines à lui et si un jour, il aurait le courage de tout lui avouer, au détour d'une conversation tout à fait normale. La rouquine se voyait très bien poser une main sur son épaule et lui dire que tout allait bien, qu'il n'était pas responsable de tout ça et qu'il devait se contenter d'avancer, pas après pas, souffle après souffle. Mais sa position de Colonel ne lui permettait surement pas de se reposer sur ses lauriers, ou de s'accorder de vrais moments de paix... Et il était venue vers elle ? Eva essaya de ne pas y penser mais le rouge lui monta tout de même aux joues tandis qu'elle articulait une réponse : "I can picture you with your fingers crossed all day..." qui fut suivie d'un large sourire à l'intention d'Arthur. Sourire qui resta bien en place sur son visage tandis qu'il lui divulguait quelques détails ridicules de son métier et Eva eut même un vrai rire alors qu'il ralentissait bientôt, déclarant qu'en fait, ils avaient un métier tout à fait similaire. Ils devaient tous les deux écouter les déboires et les aléas du quotidien, Arthur avait les responsabilités et Eva les vêtements troués. Dit comme ça, cela n'avait absolument rien de glamour mais Eva aimait bien son métier pour ce qui l'était. Simple et logique, elle n'avait pas besoin de s'investir corps et âme et ne risquait pas d'être déçue. Mais cela elle ne le formula pas à voix haute et se contenta de ré-affirmer que si, parfois elle avait des journées très bien remplies. Le regard de la jeune femme ne quitta pas Arthur tandis qu'il quittait de nouveau le véhicule, pour lui ouvrir la porte. Eva ne put s'empêcher de le trouver particulièrement adorable ainsi, un mot qui ne collait probablement pas à l'homme qui lui tendit son bras quelques minutes plus tard. Bras auquel elle s'agrippa volontiers, son sourire trahissant une nouvelle excitation, un sentiment qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps.

Eva connaissait l'endroit vers lequel il les conduisait et en temps normal, elle aurait évité les lieux bruyants et aurait de loin préféré se déhancher chez elle, dans un espace plus restreint et sans personne pour les juger. Mais ce n'était pas pareil, Arthur était là et il semblait bien qu'elle était incapable de lui dire non. "Yes you may..." La réponse vint très rapidement, elle fut quasiment automatique à dire vrai et Eva le laissa les guider sur une piste de danse avec un morceau trop moderne au goût de la jeune femme qui ne savait soudainement plus où mettre ses mains. "Small warning... I haven't danced in forever, sorry if I step on your toes." Surtout avec ses chaussures là, se retint-elle d'ajouter dans une nouvelle grimace. Ils furent presque sauvé par la nouvelle chanson qui ressemblait davantage à une ballade. "Oh well, I think this is better." murmura Eva. Très naturellement, trop naturellement ses bras s'enroulèrent autour du cou d'Arthur, ses mains à lui autour de sa taille. Elle aurait voulu dire quelque chose, quelque chose de drôle, ou quelque chose de profond, mais rien ne vint. Et la rouquine réalisa qu'il n'y avait pas besoin d'ajouter quoi que ce soit, c'était suffisamment parfait. Peut-être que le tempo était trop rapide pour leur nouvelle danse, peut-être qu'ils étaient les seuls qui dansaient vraiment... peu importe, ça n'avait pas d'importance. Elle esquissa un nouveau sourire avant de poser sa tête contre le torse d'Arthur. Là, elle pouvait entendre son coeur battre, presque comme un tambour, presque comme quelque chose qu'elle devait suivre plus que tout, c'était complètement fou... non ? Le coeur d'Eva devait battre à la même intensité, il n'y avait pas de doute là dessus, elle se sentait perdue et à la fois elle savait qu'au creux de ses bras elle était en sécurité.

"This is nice..." C'était un doux euphémisme. La fin de la chanson arriva bien trop rapidement au goût de la jeune femme et elle finit par se reculer, elle fixa Arthur, quelques secondes de trop, soudainement ayant plus que conscience qu'il y avait quelque chose, juste là, entre eux et elle tourna la tête, gênée, à la recherche de quelque chose qui pouvait la distraire, elle tomba enfin sur le bar.  "Shall we ?"

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Sujet: Re: Save the last dance for me Ven 26 Mai - 18:21

Il n’y avait rien autour des poignets d’Arthur. Pas de bracelet, rarement une montre - il ne s’y habituait jamais et continuait de chercher l’heure autour de lui plutôt que de baisser les yeux. Pas de chaine. Aucune. Rien qui le retenait d’être dans ces bras-là, d’y être bien, d’oublier le reste du monde et se laisser bercer par la cadence légère de leurs pas. Pourtant, la peau à cet endroit le brûlait parfois, attaquée par le temps sans doute ; à moins qu’il ne s’agisse d’une illusion, une impression laissée par son esprit sur son corps pour le mettre en garde. Il ne le voyait pas, ne se rendait pas compte des menottes qu’il se passait sans le savoir, cédant doucement à une folie qui l’éloignerait de sa belle lorsqu’elle remarquerait les rougeurs, le regard distant et les paroles lancées en l’air qui retomberaient rapidement comme des soufflés. Le devoir allait sans doute les éloigner, l’homme s’apprêtant à prendre des décisions clairement précipitées, aveuglé par le pouvoir et son désir de mettre le criminel le plus recherché de Fairhope derrière les barreaux. Pour l’heure, il était pourtant là, auprès d’elle. Encore libre, le coeur tambourinant dans sa poitrine comme s’il s’agissait de la première fois qu’il mettait un pied devant l’autre, la première fois qu’il se retrouvait suffisamment près d’une femme pour pouvoir s’enivrer de son parfum. Ne quittant pas son regard, il faisait de son mieux pour apprivoiser le rythme d’un morceau qu’il ne connaissait pas, qui ne ressemblait en rien à ceux qui avaient bercer sa jeunesse, qui avaient donné une mélodie à certains de ses souvenirs. Mais ce n’était pas plus mal, pas vrai ?

Sans quoi il se serait peut-être remémoré sa première danse, le jour de son mariage. Non, le plus grave n’était pas de voyager dans le temps pour revenir plusieurs décennies en arrière, mais bien de se rendre compte qu’Arthur n’avait plus jamais dansé après ses noces. Pas même dans un coin du salon lorsque son ex femme arborait un ventre aussi rond que le monde, encore moins quand le petit avait vu le jour. Et ce n’était pas Elliott qui aurait pu le tirer de son fauteuil pour le forcer à valser avec lui, le petit n’ayant déjà pas l’énergie suffisante pour courir comme les autres gamins de son âge. Arthur n’avait tout simplement pas eu la moindre raison de se mettre à danser jusqu’à maintenant, jusqu’à ce qu’Eva passe ses bras autour de son cou, le frôlant de sa présence ; jamais suffisamment près, jamais trop loin non plus. Les yeux fixés sur elle, il faisait de son mieux pour la guider alors qu’il était lui-même particulièrement rouillé, sans compter son âge avancé qui ne l’aidait en rien. Les mains posées sur ses hanches, ses paumes faisaient de leur mieux pour mémoriser le contact pour les jours où il ferait froid, les jours où elle ne pourrait pas combler le vide autour de lui et donner un sens à tout ce qu’il faisait. Ses pouces s’efforçaient de ne pas bouger, mais comment ne pas avoir envie de se souvenir de ses formes ? Le colonel ne prononçait pas le moindre mot, songeant lui aussi à ce qu’il aurait peut-être pu dire pour transformer l’atmosphère qui les enveloppait, percer la bulle dans laquelle ils venaient de se réfugier, et tenter ainsi d’apporter un peu de légèreté à cet instant avant que celui-ci ne provoque une dépendance certaine. Mais rien ne vint, le silence pour seule confidence, les paroles de la chanson les guidant sur la piste de danse.

Et quand enfin elle se détacha de lui, il se surprit à détailler la forme de ses lèvres, songeant au jour où il aurait la chance de pouvoir y déposer les siennes, si toutefois elle le souhaitait aussi. Se reprenant aussitôt, acquiesçant d’un signe de tête, il plaçât une main sur les reins de la jeune femme pour la guider jusqu’au comptoir, contraint de se pencher vers elle pour lui demander ce qu’elle voulait boire afin de se faire entendre par-dessus la musique. Passant commande pour eux, Arthur se contenta d’un whisky, trinquant avec la rousse. « Not too bad for someone who hasn’t danced in forever. » Son sourire était sincère, et il dû faire un effort considérable pour se retenir de déposer un baiser sur le front d’Eva, réalisant qu’il pouvait difficilement se passer d’elle quand elle était aussi près de lui, retirant doucement sa main de son dos afin de ne pas la mettre mal à l’aise si toutefois l’attention était déjà de trop. Il fallait bien avouer qu’il ne pouvait pas se permettre trop d’écart, son discours et son comportement bien à l’opposé du silence qu’il avait imposé depuis leur dernière rencontre. « I would even go so far as saying it was perfect. » Hochant la tête, il laissa la liqueur faire son travail, ses vieilles papilles ayant bien du mal à discerner encore le goût du spiritueux après tant d’années. « That was a really nice song by the way. Not really the type of thing I usually listen to, but I doubt they would have anything that old. » Il ne savait même pas où ses élucubrations allaient le mener, le naturel revenant au galop quand il se trouvait en présence de la jeune femme. Jetant un oeil vers la plage quasiment déserte, Arthur reporta son attention sur Eva, hésitant. « Maybe we should go enjoy our drinks far from all this noise ? » Juste elle et lui, le sable et leurs verres, l’air du soir pour seules chaines.

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Sujet: Re: Save the last dance for me Mer 14 Juin - 21:39

Juste une danse. Une simple danse. C'était la première fois que se mouvoir aux sons des notes musiques provoquait la naissance d'un sourire aussi radieux sur le visage d'Eva. Et pourtant elle avait dansé, Eva n'en était pas à son premier coup d’essai et la dernière fois qu'elle s'était déhanchée dans une paire de talons aussi vertigineux, elle était à New York, persuadée d’être amoureuse et d’avoir tout compris à la réalité. Pas de cela dans les bras d’Arthur, pas de grandes et belles illusions, pas de promesses au dessus d'un verre qui contenait beaucoup trop d’alcool, juste la réalité… et peut-être que c’était ça qui lui plaisait au final, ça qui l’attirait autant chez l’autre homme et qui lui avait manqué quand il n’avait pas rappelé. Tout près de lui, les petits tracas du quotidien semblaient devenir obsolètes, secondaires au final et il n'y avait rien d’autre qui comptait à part le moment présent.

C’était cliché au possible, et c'était sûrement sa nature à voir le bien partout qui reprenait le dessus mais Eva s’en moquait complètement. Elle ne s’était plus sentie aussi bien depuis… depuis des années, depuis l’époque du lycée où c'était un autre qui se chargeait de la faire sourire. Mais la rouquine chassa cette pensée bien loin, bien loin de son esprit quand elle surprit le regard d’Arthur sur ses lèvres, elle tourna la tête elle aussi, les joues déjà pourpres, ses yeux déjà à la recherche de quelque chose pour les distraire, le bar sembla être la bonne solution, et elle se laissa guider. Trop légère pour ses propres pieds et pour son propre corps, étant tout simplement propulsée des années en arrière sans absolument aucun contrôle. Dans le sillage d’Arthur, les années précédentes s’effaçaient, c’était comme s'il n'y avait jamais eu d’erreurs, comme si elle était libre de lui prendre la main et de tout recommencer et qu’elle pouvait arrêter de se punir inconsciemment et consciemment d’ailleurs. Pour tout ce qui était arrivé et tout ce qu’elle avait fait et dit.

Tout ça remontait à trop loin, se dit la jeune femme, commandant simplement un Cosmopolitan et parce que c’était la première boisson qui lui était venue à l’esprit. Ses doutes se dissipèrent légèrement aux prochains morts d’Arthur et elle lui offrit un maigre sourire. Parfait ? Ça Eva ne savait pas, elle ne savait pas ce que le reste de la soirée leur réservait, elle avait cependant envie de lui prendre la main et de voir tout ce qui se passait. "I had a good teacher." finit-elle par articuler après avoir bu une gorgée de son propre cocktail. Elle fut obligée de se rapprocher davantage d’Arthur pour lui parler et lui raconter l’anecdote suivante mais cela ne la dérangeait pas, ni elle, ni ses joues déjà rouges. "I’m talking about my dad… He’s a huge fan of Fred Astaire, I used to step on his toes all the time when I was a kid, so consider yourself lucky." confia Eva dans un autre rire. Elle se retint d’ajouter que Dylan et Arthur pourraient probablement bien s’entendre, Eva pouvait déjà les imaginer assis devant la maison où elle avait grandi, échangeant diverses histoires sur la ville et sur ce qui était mieux avant. Son père était probablement plus optimiste qu’Arthur mais ça venait surement avec les années passées dans la police.

Eva suivit le regard du brun et elle hocha la tête, déjà prête à le suivre. Il ne le savait sans doute pas, mais en matière de rendez vous, elle aussi n'avait pas plus d'expérience que cela. Eva ne préférait même pas penser à son adolescence et le chaos que sa grossesse avait provoqué et laissé derrière elle; à New York, c’était ses camarades de classes qui se chargeaient de sa vie amoureuse et elle avait rencontré son ex lors d'une soirées étudiantes, il n'y avait eu absolument rien de romantique dans les mois qui avaient suivi, et la jeune femme ne comptait pas les soirées cinéma ou les chinois commandés à emporter et partagés devant un ordinateur ou leurs croquis respectifs. Arthur n’avait donc pas de soucis à se faire, la rouquine serait facilement impressionnée. Eva eut une légère grimace en voyant le sable puis en fixant sa paire de chaussures, pas une bonne combinaison. "That’s what they don’t tell you about heels… don’t worry I’m fine." Son verre dans une main, l’autre libre, elle enleva habilement ses chaussures, beaucoup trop habituée à effectuer le geste. "See ?" Eva était légèrement fière d'elle et elle suivit Arthur, sans trop savoir où ils allaient ou le reste du programme de la soirée, mais une de ses mains étaient fermement nouée à celle d’Arthur et elle savait que tout irait pour le mieux. "It’s so quiet out there… it’s so hard to think about the rest. I came back to Fairhope for this you know… there was just too much noise in New York and too much everything. Here, when you just look at the waves, everything seems so simple, right ?" Eva poussa un profond soupir, fixant l’horizon, laissant la brise déranger sa chevelure.

Plus jeune, elle ne s’imaginait même pas quitter Fairhope, toute sa vie, ses amis et sa famille était ici. Pourtant, elle était partie pour sa survie et elle était revenue… parce qu’elle cherchait un refuge. Elle releva le regard vers Arthur, consciente d’avoir été silencieuse trop longtemps. "And you ? Have you ever left town ? Or are you one of those souls that settle down in one place forever ? I guess I can see you still coming here in a few years."

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Sujet: Re: Save the last dance for me Dim 2 Juil - 21:52

Eva avait raison. Face à l’océan, tout paraissait si paisible, si insignifiant. Il suffisait de se tenir au bord de l’eau, les pieds dans le sable, et laisser les vagues remonter sans arrêter jusqu’à ronger le bout des orteils des plus inconscients, le sel avalant tout sur son passage, l’écume recouvrant les corps sous une épaisse couche de sable mouillé que les vagues n’avaient de cesse de remuer. Arthur s’était souvent perdu là, surtout après être arrivée à Fairhope, à peine âgé d’une vingtaine d’années. Avec un peu de volonté, il pouvait revoir l’ombre de son passé ressurgir dans son champs de vision, vêtu autrement, les épaules un peu moins voûtées, le corps un peu moins bancal et les os un peu moins endoloris, sa chevelure beaucoup plus dense s’amusant à suivre le vent. Il pouvait se revoir en parfait crétin qu’il avait un jour été, une cigarette pendue à ses lèvres, la nicotine calmant souvent ses ardeurs de petit con. Il pouvait se remémorer de longs instants passés en tête à tête avec la mer après les journées les plus longues, quand il sortait du poste de police avec une telle migraine qu’il hésitait à rouler à toute une vitesse dans un mur ou à se laisser porter par les vagues jusqu’à la ville suivante. Il s’en voulait presque d’avoir un jour été aussi insouciant, aussi bête et concentré sur des problèmes qui n’en n’étaient pas. La vie avait souhaité qu’il se retrouve pourtant là, trente-cinq années après son arrivée à Fairhope, sur la même plage, la main d’une jeune femme blottie dans la sienne. Peut-être qu’il aurait dû attraper ce gamin revenu d’un autre temps ; peut-être qu’il aurait dû lui dire d’arrêter de courir, qu’il finirait par se pourrir la vie à s’élancer après le vent.

Le colonel avait observé la demoiselle tandis qu’elle s'était défait de ses talons, toujours admiratif de l’habileté avec laquelle les femmes opéraient parfois, la classe et le raffinement d’Eva s’ajoutant à la longue liste de ses qualités. Oh, Arthur ne l’imaginait pas parfaite, bien loin de là, et il ne se faisait pas d’illusion ; elle avait certainement besoin de répit de temps à autre, besoin de souffler dans l’intimité pour se détacher de toutes les exigences qu’on imposait aux femmes. C’était tout à son honneur, et elle pouvait se rassurer par avance, Arthur ne partirait pas dans l’autre sens. Il serait là pour les bons et les mauvais moments, si toutefois elle faisait le choix de les partager avec lui, comme elle avait fait le choix de monter dans sa voiture ce soir-là alors qu’il ne l’avait même pas prévenue suffisamment à l’avance. Comme elle faisait maintenant le choix de se tenir à ses côtés, alors qu’ils contemplaient l’horizon, Arthur acquiesçant d’un simple hochement de tête alors qu’elle lui parlait de la ville, qu’elle en évoquait une autre ; qu’elle se perdait elle aussi dans ses souvenirs. Le colonel aurait été curieux de pouvoir faire un saut dans l’esprit de la rousse pour la voir enfant, en train de faire des châteaux de sable avec ce fameux père qui lui avait également appris à danser. En échange, il aurait pu lui montrer son passé, ses doutes et ses craintes tandis qu’il avait déambulé dans les rues de Fairhope dans le seul but de trouver un sens à tout ce qui n’en n’avait pas, tout ce qui n’en n’aurait jamais.

Le pouce de l’aîné caressa doucement le revers de la main d’Eva, comme s’il cherchait à lui faire savoir qu’elle avait définitivement raison, remarquant les mèches rousses qui se faisaient la malle et qui virevoltaient au grès du vent. Se plaçant à moitié devant elle, sa main encore libre vint coincer une mèche qui la fuyait derrière son oreille, avant de la gratifier d’un sourire sincère, reprenant place à ses côtés, le temps suspendant son vol jusqu’à ce que sa réponse lui effleure le bout des lèvres. « I moved in here when I turned twenty. » Le dire à voix haute ne faisait pas le même effet. « Yeah, I know, it’s hard to imagine me being that young, but I was when I came here, and it was… Different back then. » Comme si les vagues ne s’écrasaient plus sur le rivage avec la même force, la mer tachée du sang des victimes que cette ville avait fait au cours des dernières années. « And you’re right, I haven’t moved since then. Mostly because I had a son, and then everything seemed a bit more complicated. » Un soupir lui échappa. Est-ce qu’il avait seulement mentionné Elliott lors de leur premier rendez-vous ? Il ne s’en souvenait plus avec certitude. « He was born sick and I raised him alone, going away wasn’t really our priority. » Il haussa les épaules, les yeux dans le vague, bercés par l’horizon. « But he’s all grown up now and he’s living on his own so, it gives me more time to think about the places I’ve never been to. » Est-ce qu’il y avait seulement réfléchi une seule fois ? « Like Paris, or Stockholm. Mom was French and Dad was Swedish, I’d love to see the places and streets they grew up in. Or go back home in Hoover, that’s not too far, could be a start. » Il n’avait pas parlé de lui depuis ce qui semblait être des millénaires, trop habitué à aborder le sujet de l’enquête en cours et à répondre aux questions de son équipe. Sa main se sépara finalement de celle d’Eva, pour passer dans son dos et s’arrêter sur sa hanche, la serrant contre lui afin de la protéger du vent. Afin qu’elle puisse peut-être entendre son coeur cogner contre sa poitrine, qu’elle s’habitue au son, que la mélodie devienne douce et rassurante. « Tell me if you feel cold, okay ? »

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Sujet: Re: Save the last dance for me Jeu 20 Juil - 21:46

Eva avait fait de son mieux pour se rapprocher d’Arthur en sentant ce dernier lui serrer la main. C’était ridicule de vouloir être encore plus proche de lui, alors qu’il ne s’agissait que de leur deuxième rendez vous, qu’elle ne le connaissait pas si bien que ça et que surtout, il ne savait pas vraiment qui elle était. Partirait-il en courant si la rousse lui disait absolument tout ? Si elle murmurait tous ses secrets à son oreille et qu’elle le laissait poser ses mains sur les cicatrices invisibles qu’elle avait sur le ventre… est-ce qu’Arthur serait toujours là avec sa voix rassurante, ses costumes impeccablement coupés et son regard assuré ? Il n’y avait aucun moyen de le savoir et si une petite voix dans sa tête lui disait de ne pas douter et de ne pas se préoccuper du futur, quand il se pencha vers elle pour replacer quelques mèches folles derrière son oreille, Eva n’en était soudainement plus si certaine. Peut-être qu’elle devait se préoccuper de tout ça, peut-être qu’elle devait y songer maintenant car ils n’auraient pas d’autres moments comme que celui-ci. Car tout s’apprêtait à être noir autour d’eux et qu’il était logique de se poser les bonnes questions des maintenant.

La jeune femme ne savait plus, elle chassa ses pensées là bien loin, loin dans un coin de sa tête et s’efforça de se concentrer sur Arthur. Elle eut un maigre sourire à ses mots, ravie d’en apprendre un peu plus sur lui, Eva savait mieux que quiconque que se confier n’était pas une tache facile et qu’il pourrait peut-être le regretter mais elle savait écouter et ses secrets seraient toujours bien gardés avec elle. « It is kinda hard to picture you younger… But I trust me, it’s actually a compliment. » dit-elle à voix basse, certaine qu’il l’entendrait tout de même, elle le voyait toujours ainsi, avec son air si sérieux sur le visage et prêt à avoir le poids du monde sur ses épaules. Il avait déjà mentionné Elliott mais c’était la première fois qu’il évoquait la maladie de ce dernier, Eva fut ravie qu’il la prenne ensuite dans ses bras, elle pu se presser davantage contre lui et ne penser à rien. Ou imaginer Arthur avec les cheveux un peu moins gris, un bébé dans les bras...  Eva pouvait imaginer Arthur, un air triste sur le visage, à raconter des histoires à ce petit, afin de l’endormir et de le confier à Morphée pour quelques heures. Le coeur d’Arthur battait le tambour mais c’était un son rassurant, familier et quelque part presque apaisant, tout comme les légers plis de sa chemise qui venaient se frotter contre sa joue, cela ne la dérangeait pas.

Oh Eva se voyait bien passer des heures ainsi, protégée du vent, protégée de tout dans cette étreinte, là où elle aurait le droit de flancher et là où il pourrait toujours s'occuper d’elle. La jeune femme était certaine que son propre coeur battait aussi vite que celui du colonel, ce fut bien pourquoi elle n’hésita pas à rester contre lui quelques secondes de plus, ses mains trouvant le chemin de sa chemise pour s’y agripper. « I think I’m done moving around, at least for a while. Even with everything happening in Fairhope… this feels like home. » Son regard s’attarda sur les vagues alors qu'elle disait cela, Eva ne s’était jamais trouvée particulièrement courageuse et elle n'estimait pas être en sécurité ici mais dans les rues de New York, elle avait été perdue dans le dédale des boulevards et de nouveautés qu'était New York. Eva avait fait de son mieux pour laisser ses doutes dans la petite ville, prenant ce qu’elle avait de mieux pour partir. Elle avait laissé les moqueries, les robes déchirées, les lettres qu'elle avait écrites pour Tristan et qu'elle n'avait jamais été en mesure d'envoyer, ici. Tout ça pour réaliser que c’était des partis d’elle-même dont elle ne pouvait pas se défaire, dont elle ne voulait pas se défaire et qui étaient essentielles.

« I was raised by my dad too, he’s never going to leave, he loves it too much here. And when I see how easy it is to walk to the same park I used to play when I was a kid, I think… why leave ? » Même ici, elle avait des souvenirs, des châteaux de sables qu’elle avait construit avec Dylan, puis seule, puis avec Tristan, puis avec une main posée sur son ventre. Et maintenant Eva se trouvait ici, avec des nouveaux souvenirs teintés de l’empreinte d’Arthur. « I mean people leave their home because they think they can be happy somewhere else … right ? » C’était ce qu’elle supposait, elle n’avait aucun moyen de savoir si ses dires étaient avérés ou pas, Eva estimait qu’elle n’avait pas eu une existence ordinaire, pas depuis qu’elle avait choisi de mettre fin à la vie qui avait pris naissance au creux de son ventre, pas depuis cet incident. « It’s just it for me. » murmura la rouquine, elle se redressa légèrement, ses yeux rivés sur Arthur, les joues teintés d'un rouge certain.

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Sujet: Re: Save the last dance for me Lun 14 Aoû - 11:26

Just ?

C’était déjà pourtant largement suffisant. Les bancs de sable, la plage et le vent qui venait les décoiffer, qui soulevait les rideaux au beau milieu de la nuit, qui les faisait claquer doucement dans l’air du soir, comme si Fairhope avait de nouveaux secrets à souffler. C’était déjà bien assez, pour la jeune femme ou pour les habitants qui avaient décidé de rester malgré tout. Ce n’était pas juste un fardeau qu’ils étaient destinés à porter tout le reste de leur vie sur leurs épaules, c’était leur ville, les rues qui les avaient vu grandir ou qui les avaient parfois choisi. Peut-être Arthur aurait-il mieux fait d’abandonner son bureau de colonel pour mieux se concentrer sur l’écriture, et ainsi raconter la beauté de ce havre de paix ? À quoi bon essayer de faire tomber le Poète à grands renforts d’enquêtes, d’analyses et de battues dans toute la ville ? Autant rentrer dans son propre jeu et tenter de l’abattre avec des mots, coucher toutes les merveilles de Fairhope sur le papier, raconter le soleil se levant à l’horizon pour engloutir la ville, les vagues impitoyables venant ronger le rivage, les rires des enfants venus courir sur le bord de la plage, leurs peaux fragiles accablées par les rayons de l’astre régnant au loin. Peut-être que les forces de police ne s’y prenaient pas de la bonne manière au final, le Poète ne craignant absolument pas la sentence qui l’attendait au bout d’un revolver, le canon logé contre sa tempe. Le fou essayait sûrement de faire éclore la beauté de Fairhope, celle-ci ruisselant sur les bras ensanglantées des victimes, sans même se rendre compte que la ville n’avait pas besoin d’être embellie. Arthur était bien placé pour le savoir.

La main d’Eva sur sa chemise le força à quitter l’horizon des yeux un bref instant, ne songeant plus au reste, mais simplement aux doigts qui s’agrippaient là, qui prenaient sens à cet endroit, qui cherchaient sans doute un phare. Sans même le réaliser, sa propre paume se fit plus insistante contre la hanche d’Eva, s’assurant ainsi qu’elle ne prendrait pas la fuite, qu’elle ne lui filerait pas entre les doigts, qu’elle était bien réelle, se tenant à ses côtés. Dans ses yeux, il revoyait ce qui lui avait toujours plu ici, un semblant de liberté et une vie paisible loin du tumulte des grandes villes. Le repos et la tranquillité qu’on lui avait promis depuis tant d’années mais auxquels il n’avait jamais vraiment eu droit. L’ombre d’un sourire se dessina alors sur le visage du colonel, ravi de pouvoir partager avec Eva des instants de son enfance, imaginant la petite courir dans les parcs, tomber dans le sable pour mieux se relever, le corps intact et ses longs cheveux roux virevoltant avec le vent. « People do that, yes. » Il ne le savait que trop bien, pour l’avoir vécu. Il avait lui-même fait ses valises quelques mois après sa majorité, lassé de devoir être témoin des reproches que ses parents avaient pris l’habitude de se faire. Ils ne s’aimaient plus assez pour se respecter, ne se détestaient pas encore suffisamment pour se séparer. Arthur en avait eu assez, décidant de ne pas reprendre l’entreprise familiale pour s’éloigner de ce nid où l’air commençait à devenir toxique, cherchant le bonheur ailleurs. Il avait cru l’avoir trouvé ici, et puis elle avait fui à son tour après la naissance d’Elliott et il avait été contraint de ne plus courir, de s’arrêter un instant pour reprendre son souffle et se rendre compte à quel point il était futile d’espérer à ce point.

« They don’t realize they won’t really be happy anywhere else. » Il en savait quelque chose. Ailleurs aussi il y avait les responsabilités, les paroles en l’air, les mensonges et les sourires travaillés qui n’avaient rien de sincère. Ailleurs, comme ici, les insomnies et la mélancolie, les larmes et les cris ; le manque d’oxygène. « You can spend a lifetime running after happiness and never come accross it once. » C’était sans doute ses os lourds et fatigués qui l’obligeaient à parler en ces termes, qui ajoutaient quelques rides, quelques cicatrices à son discours. Il était sûrement ennuyeux à souhait aux yeux d’une jeune femme de l’âge d’Eva, mais pouvait-il seulement changer la donne ? ll ne pourrait jamais effacer le temps qui s’était écoulé sur son front, qui avait froissé ses tempes. « You have to let it in. » Et en prononçant ces mots, il se risque à croiser son regard, s’éternisant dans ses iris, réalisant qu’il allait devoir appliquer ses conseils et laisser la jeune femme entrer dans sa vie pour faire sa place auprès de lui, ajouter quelques cadres au-dessus de la cheminée, laisser son parfum trainer sur les tissus. Ce n’était pas grand chose, mais c’était suffisamment important pour qu’Arthur se risque à sourire à nouveau ; à croire qu’elle l’avait ensorcelé, lui dont les traits paraissaient souvent fermés.

La serrant contre lui, entre ses bras, ses lèvres s’attardèrent sur son front, tandis que son regard s’égarait ensuite sur le dessin de sa bouche, se privant d’un baiser, jugeant qu’il y en aurait sûrement mille autres ; réalisant un peu tardivement qu’il n’avait jamais laissé entrer le bonheur chez lui, mais qu’il ne pourrait bientôt plus s’en passer, qu'il ne voudrait plus jamais le laisser quitter ses bras.

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i don't care if it hurts, i'll pay my weight in blood to feel my nerves wake up. so love me now or let me go, let me feel these high and lows before the doors to my heart close. show me that i'm human, make me feel something.

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Save the last dance for me

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