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 Time Is Running Out

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◆ Manuscrits : 274
◆ Arrivé(e) le : 01/02/2016
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◆ Métier : colonel depuis 2013, promu Chef de Police fin Mars 2016
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Sujet: Time Is Running OutVen 24 Fév - 2:39

time is running out



fin janvier 2016
Le mois s’était écoulé sans qu’ils y puissent rien, les jours succédant aux autres, la monotonie de l’existence reprenant le pas sur tout le reste. Le Poète n’avait pas pointé le bout de son nez depuis l’agression d’Adam, depuis le fameux scandale dans la salle de conférence de la mairie, scandale qui avait contraint les forces de l’ordre à se réunir avec le maire, quelques deux mois après le drame, comme s’il avait fallu laisser refroidir les esprits avant de les échauffer à nouveau pour que les réflexions soient plus censées, plus profondes qu’elles ne l’aient jamais été auparavant. Au final, la réunion en question avait simplement permis à tout le monde de conclure que le colonel était fou, que le maire était toujours aussi impuissant face à la situation, qu’il fallait tout reprendre depuis le début (comme si personne n’était au courant d’une telle évidence), et qu’il fallait fermer la mairie jusqu’à nouvel ordre pour prendre le temps de passer l’établissement au peigne fin. Autrement dit, du vent. Tellement de vent que la bourrasque avait manqué de retourner le bureau d’Arthur quand il avait regagné celui-ci, agacé à l’idée de voir qu’ils n’avançaient pas, qu’ils faisaient du sur place depuis le début. Il était clairement temps d'inverser le cours des choses et de faire pencher la balance de leur côté.

C’était la raison pour laquelle Arthur avait fini par rayer les notes qu’il avait passé la matinée à rédiger sur un papier quelconque, faisant disparaitre ses plus récentes pensées sous d’épais traits plus foncés encore que l’encre avec laquelle il avait l’habitude d’écrire. Il avait officiellement eu sa dose, et puisqu’il se refusait à déposer les armes, il jugea bon de reboucher son stylo plume, d’enfiler son manteau, de ranger le stylo en question dans la poche intérieure de son blouson, de récupérer les clés de son véhicule et de se diriger vers l’extérieur, laissant l’odeur de son café froid imprégner les murs de la pièce et les dossiers prendre la poussière. Ne prévenant personne sur son chemin, il refusa d’expliquer ce qu’il avait en tête à qui que ce soit ; parce qu’il savait déjà par coeur ce qu’on pensait de lui et de ses théories tirées par les cheveux. Qu’à cela ne tienne, Arthur n’en démordait pas, et il n’avait pas dit son dernier mot. Il lui restait encore une carte ou deux à abattre avant de s’avouer véritablement vaincu, et puisque personne ne semblait être de son côté, autant se ranger du côté du pouvoir et aller toquer aux bonnes portes. Jacob l’écouterait peut-être, et s’il était imperméable à ses suggestions, alors tant pis, le colonel ferait demi-tour et il irait ranger ses affaires dans des cartons pour prendre une retraite prématurée, loin de Fairhope et du sang caillé.

Le trajet passa bien rapidement ; ou peut-être était-ce simplement une impression, Arthur fulminant sur le chemin, manquant de passer au feu rouge à plusieurs reprises, provoquant les réprimandes de quelques automobilistes tous aussi sereins que lui. Il se gara face aux locaux qui servaient provisoirement de mairie, en attendant que l’Hôtel de Ville ouvre à nouveau ses portes après des semaines de fouilles intensives. À croire que le lieu était devenu un site archéologique, et qu’un crétin allait finir par y découvrir un trésor, à force de creuser dans tous les recoins de cette maudite salle de conférence. Et quand bien même on finissait par trouver quelque chose, qui pouvait certifier que la preuve avait été placée là le soir de l’agression ? S’ils arrêtaient de nouveaux suspects avec ces investigations tardives, il était évident que tous les avocats, même les moins bien payés, trouveraient de quoi disculper leurs clients sans aucune difficulté. Il ne fallait pas avoir fait de longues études et obtenu une poignée de diplômes pour comprendre une chose aussi évidente. Au final, tout ceci ne faisait que retarder l’enquête, le personnel s’enterrant dans de nombreuses procédures et démarches qui n’en valaient clairement pas la peine, faisant patienter la population en lui servant quelques procès inutiles sur un plateau. Autant dire tout de suite qu’ils n’avaient strictement rien appris depuis le début de l’affaire.

Montant quelques marches quatre à quatre, Arthur avait à peine eu besoin de montrer son badge au secrétariat pour qu’on lui donne l’accès à l’étage supérieur de cet immeuble à l’image de la ville, minuscule et défraichi, à deux doigts de tomber en lambeaux. Ses phalanges cognèrent contre la porte de bois derrière laquelle le nouveau bureau du maire se trouvait. Sans attendre davantage, sans même s’assurer au préalable que Jacob était bel et bien seul et disponible pour le recevoir, Arthur poussa la porte. « Il faut qu’on parle, et il faut qu’on règle cette histoire une bonne fois pour toute. Il nous faut un appât ou une fausse mise en scène, quelque chose pour le pousser à faire une erreur. » Ils n’avaient plus de temps à perdre. Ils ne pouvaient tout simplement plus se le permettre.

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Sujet: Re: Time Is Running OutSam 25 Mar - 1:19

Patience.
Foutaises oui...

La patience n'a jamais été mon fort, qu'on se le dise, attendre est une passion d'idiots et c'est ce que j'ai toujours pensé. Attendre pour rien surtout. Pour rien du tout. Pas un soupçon, pas une feuille, pas un murmure, rien depuis l'attaque de la mairie et j'ai la sérieuse impression que celui qui tire vraiment les ficelles se paye notre tête. Il sait que nous n'attendons que lui. Alors pourquoi se presser, pourquoi précipiter les choses ? Oh comme je le comprends, tout ça, tous ces corps morts se balançant et remuant de la terre, ce sont sa plus grande oeuvre, le travail de toute une vie... Pour nous les fourmis, les misérables insectes, les jours s'étalent sur des nuits, sur des vies et se font de plus en plus longs, mais pour lui, tout passe avec un simple battement de cils, tout n'est que perfection encore et encore. J'aimerais, je souhaiterais, depuis la mise en place du couvre feu surtout, me retrouver de l'autre côté. Retrouver un semblant de contrôle. Oui, dans un monde idéal, j'inviterais notre meurtrier à boire une bière et je lui avouerais enfin ma grande admiration. Pour son sang froid et pour la qualité du travail fourni à travers les années. C'est qu'il s'applique, tellement que cela en est beau.

Pas pour le commun des mortels non, je garde ces entrevues fictives et privées dans mon crâne et comme tout le monde j'attends. J'attends qu'on m'annonce le nom de la dernière victime ou que la police finisse de fouiller la mairie et débarque avec un nouvel indice. Tout sera bon à prendre. J'attends comme un chien bien dressé, qui est prêt à se contenter des miettes. Mais ce n'est pas ce que nous sommes tous au final ? Des âmes en peine ? Des charognards ? Le Poète finira enfin par jeter une carcasse dans notre direction et après nous être léchés collectivement les babines, nous finirons tous par se jeter sur ce corps, pour l'inspecter, disséquer, et tout manger, tout manger jusqu'à la moelle même des os. Qui est le plus répugnant au final ? Je prends parti, je décide que c'est moi, moi qui mets mon costume tous les matins, moi qui fais semblant. Ordre du jour à la mairie improvisée de Fairhope, trouver un moyen d'apaiser l'atmosphère avec l'arrivée de Février et du Black History Month. On propose de laisser la parole aux étudiants, après tout, il s'agit de la future génération de Fairhope, leur donner la parole semble important.

Toutes les idées me semblent débiles mais tout ce qui peut aider mon équipe à penser à autre chose qu'au Poète est bon à prendre. Juste au moment où je finalise les détails d'un possible concours littéraire avec ma secrétaire, la porte de mon bureau s'ouvre. Mon regard se pose sur Arthur, et je sais, je sais tout de suite pourquoi il est là, je l'implore presque du regard de se taire, d'attendre que nous soyons seuls mais c'est trop tard. Un fin sourire se dessine sur mon visage et je me tourne vers la jeune femme encore présente. « .... Et rapportez-moi les documents signés dans une heure merci. » Mon ton est le même qu'il y a quelques secondes et je conserve mon sourire jusqu'au moment où elle passe la porte. Elle jette à Arthur un regard que je ne peux que qualifier de méfiant et une fois que nous sommes seuls, mon sourire tombe enfin. Cette expression stupide commençait à me fatiguer. « Colonel. Ou alors vous préférez Arthur ? Vous savez faire votre effet. » Je passe derrière mon bureau et me laisse tomber sur ma chaise, je lui fais signe d'en faire de même et je tire un des tiroirs de l'élégant meuble. « Cigarette ? » Pas besoin d'attendre sa réponse, je tire une cigarette pour moi et abandonne le reste du paquet, indésirable, au milieu des papiers administratif.

La nicotine ne me détend pas, je sens toujours le regard d'Arthur sur moi et je soupire. Il n'y aura donc pas de formules de politesse. « Cette conversation n'a jamais eu lieu, cette conversation ne peut pas avoir lieu. Comprenez bien que je me fous de mon score dans les sondages ou de la prochaine élection municipale mais si on apprend que le maire de la ville et un vétéran des forces de l'ordre comme vous compte utiliser quelqu'un comme appât pour attraper un tueur en série.... Ça se terminera très mal. Et je pense que vous n'avez pas besoin de mauvaise publicité. » Je laisse échapper un léger rire avant de détendre le noeud de ma cravate, cette conversation va nécessiter toute ma concentration. « Si quoi que ce soit filtre ou tourne vraiment mal... je nierai tout en bloc. » Lâche ? Probablement. Mais toujours impitoyablement honnête. Je me redresse enfin sur mon siège, cigarette au coin de la bouche, faisant claquer mes deux mains ensemble. « Ceci étant dit... qui ferait une cible intéressante ? Je suis certain que vous avez déjà un nom en tête... sinon vous vous seriez contenté d'un simple coup de fil.»

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Sujet: Re: Time Is Running OutVen 21 Avr - 0:43

« Cigarette ? »

Il se contenta d’un simple geste de la tête, mais il maudit les bâtonnets que le maire laissa nonchalamment trainer sur un coin de son bureau, au cas où Arthur se laisserait tenter par un cancer ou deux. Il les détestait, eux qui venaient pourrir les seuls poumons sains qui respiraient encore dans cette foutue ville, qui venaient polluer l’atmosphère à peine respirable au sein de laquelle ils suffoquaient tous. À croire que le maire souhaitait accélérer sa chute ; ou la rendre encore plus lente et détestable, tout dépendait de la façon dont on voyait les choses. Dans tous les cas, le colonel s’installa sans rechigner, se dandinant à peine, rajustant les pans de son manteau pour éviter qu’ils ne le gênent tandis qu’il croisait les jambes, plus solennel que jamais - aussi sérieux que d’ordinaire, pour ainsi dire. Il chassa ce paquet de cigarettes de son esprit, le souvenir de la dernière en date se rappelant soudainement à lui et lui refilant la nausée, nouant son estomac de l’évènement tragique à laquelle son ultime inspiration toxique fut associée. Il revoyait les murs blancs de l’hôpital, les longs dédales de couloirs et d’escaliers jusqu’au cabinet du docteur spécialisé qui avait enfin réussi à mettre un diagnostic sur l’insuffisance respiratoire de sa progéniture, le poupon sans cesse branché pendant qu’il se tenait debout, trop fier, trop adulte, suffisamment stupide pour continuer de se tuer quand la chair de sa chair mourait déjà avant d’avoir vécu. C’était ainsi, il ne pouvait pas faire un pas sans y songer. Il ne pouvait pas avoir un entretien normal avec le maire sans que cela lui traverse l’esprit.

Normal ? Non, il n’y avait rien de normal à leur rencontre ce jour-là, et le maire venait justement de le souligner. Ils allaient planifier l’inplanifiable, tenter de déjouer les plans du Poète en abattant de nouvelles cartes. Arthur ne fut certainement pas surpris d’apprendre que Jacob nierait l’intégralité de cette conversation si toutefois on lui posait la moindre question, et c’était tout à fait compréhensible et respectable. Le colonel en aurait certainement fait de même à sa place. Quant à lui, il ne préférait pas y songer pour le moment. Il n’avait plus grand chose à perdre de toute manière. Il était trop vieux, et même s’il finissait derrière des barreaux, il connaissait quand même suffisamment de personnes dans le milieu pour l’aider à se protéger une fois qu’il serait emprisonné parmi les loups et certains criminels qu’il aurait lui-même aidé à arrêter. Et puis quoi, valait-il mieux rester assis à ne rien faire et attendre que les choses ne se passent, ou essayer de prendre des initiatives et faire en sorte de coincer le tueur, quoi qu’il puisse lui en coûter ? La deuxième option lui semblait être la plus juste ; certainement pas la plus réfléchie ni la plus sage, mais il était de son devoir de protéger cette communauté, et une victime volontaire était un prix bien ridicule à payer.

« Colonel. Je préfère Colonel. Arthur est resté chez lui aujourd’hui. » Au même titre que le maire refuserait d’admettre qu’il avait été présent ce jour-là si on lui posait la question une fois cette histoire enterrée, Arthur n’admettait pas d’être autre chose que le colonel Åkerfeldt à cet instant précis. Pas de père, d’époux ou quoi que ce soit de personnel pour venir entraver sa réflexion, il avait rangé tout ça avant de venir pousser cette porte et de s’asseoir face au maire de Fairhope. « J’ai déjà un nom en tête en effet, et un plan qui pourrait nous aider à coincer le Poète. Ou qui pourrait tourner au vinaigre… Mais je ne vous apprends strictement rien. » Autant ne pas y aller par quatre chemins et ne pas perdre de temps. Arthur croisa les mains, ses paumes posées sur l’extrémité de son genou, ses jambes toujours croisées elles aussi. « Howell a rejoint nos rangs il y a peu et il traine son nez dans cette affaire depuis le début. Sa carrure est certes impressionnante, mais jusqu’ici le Poète nous a prouvé qu’il pouvait s’attaquer à n’importe qui, et avec un peu de chance, Howell pourrait résister aux éventuelles coups, blessures et autres drogues que le Poète a l’habitude d’utiliser. Évidemment, il faudrait que le Poète trouve un certain intérêt pour Howell, et nous y avons déjà songé lui et moi. » La future victime lui avait paru déterminée et consentante ; le colonel n’avait pas eu besoin d’en savoir davantage. « On pourrait publier un article, quelque chose qui ferait savoir au Poète qu’un admirateur se trouve en ville, qu’il le met au défi. » Dit à haute voix, cela paraissait à présent complètement fou, mais il ne faisait que répéter ce qu’il avait déjà annoncé devant un parterre d’officiers lors de leur dernière réunion. « Il suffirait que l’un d’entre nous se prenne pour lui, qu’on lui vole la vedette, qu’on le mette au défi, et qu’on le prenne à son propre piège. Howell pourrait retourner sur des scènes de crime pour étudier chaque mise en scène, faire de son mieux pour reproduire le tout sur une fausse scène de crime. Ou si ce n'est pas Howell, j'ai d'autres hommes qui pourraient faire l'affaire. On devrait pouvoir trouver un moyen de le coincer . » Son plan ne demandait qu’à être amélioré, et c’était bien pour cela qu’il était là aujourd’hui.

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Sujet: Re: Time Is Running OutSam 22 Avr - 21:17

Peut-être que nous sommes déjà en Enfer.
Peut-être que nous sommes déjà morts, Arthur et moi, et que comme deux vieilles âmes en peine, nous avons fini par nous éteindre lentement, sans vraiment le remarquer. Mais nous continuons quand même de jouer, nous continuons tout de même notre petite partie d’échecs, avec cette fois-ci, des vies humaines. Car qui à vraiment envie de jouer si le jeu n’en vaut pas la chandelle justement ? Et puis qu’est-ce que nous avons à perdre de toute façon ? Qu’est-ce que j’ai à perdre de toute façon ? Le sourire de Jessica ? Fairhope ? La crinière de Lysandre ? Je joue jusqu’au bout, quitte à mettre en danger le roi en personne, j’aligne toutes mes pièces une par une et je m’apprête à les brûler, les emmener avec moi dans l’au-delà, quand enfin, je finirai par regagner ma tanière et aller m’endormir près de l’immense bête en personne. Les cornes ne me font plus peur et si je devais nommer ce Hadès de fortune, je dirai que nous nous ressemblons pas mal au final. Lui comme moi, avec des voluptés de fumées qui s’échappent de nos lèvres, lui crachent du feu, moi je brûle mes poumons, c’est presque pareil, question d’opinion.

J’observe Arthur, qui parle, qui fait résonner sa voix caverneuse dans cette anti-chambre de l’enfer. Il étale ses pensées, ses idées face à moi et ne cache absolument rien. Il y a vraiment pensé, il ne mentait pas quand il disait que l’idée lui trottait dans la tête depuis un bout de temps et j’en suis presque impressionné. Presque impressionné par ce raisonnement de pensées qui n’a rien d’humain, que certains pourraient apparenter à une machine mais hélas… Les temps sont durs, comme je l’ai dit à Amelia il y a quelques semaines de cela, le but n’est pas de sauver tout le monde ou encore d’attraper ce meurtrier pour tenter de redorer mon image. Non, c’est juste une question de principe, juste une question d’équilibre, trop de vies ont été prises, trop d’existences brisées. Si pour que cela s’arrête, il faut en ruiner une autre… alors, tant mieux. Les choses semblent plus justes ainsi. Peut-être que quelque part, une femme, un homme, un coeur bat pour Peter. Je n’en sais rien, je m’en fiche, il est dans la ligne de mire, ça n’a plus rien de personnel et si sa gueule d’ange est trainée dans la boue eh bien… qu’il en soit ainsi. « C’est un gros poisson que vous cherchez à attraper Arthur… Il faut que l’appât soit conséquent. » J’insiste bien sur le dernier mot après le discours d’Arthur, une idée qui tient la route, qui tient trop bien la route mais dont il faut éclaircir certains points et faire en sorte d’arrondir les angles.

Ma partie préférée arrive enfin, le marchandage, après tout, je n’ai pas été avocat pour rien, je trouve une certaine beauté dans le dialogue et dans la prose alors autant en profiter. « Il faut …. une scène de crime convaincante. Qu’est-ce que je dis… il nous faut une scène de crime parfaite. Pour que personne ne doute. Donc reprenons notre recette : Un corps, une mise en scène irréprochable, un tas de sang et un officier assez bête pour reporter tout ça et faire du bruit. » Je tire longue sur ma cigarette après avoir énoncé les ingrédients suivants... mais qui allons nous jeter dans les flammes ? Il a mentionné Peter Howell, parfait, si Arthur a décidé de lui faire confiance, je m’en remets entière à lui. Pour le sang, je pense automatiquement à toute cette hémoglobine qui dort dans les stocks médicaux de l’hôpitaux de Fairhope, quelques billets et on pourrait graisser la patte de quelqu’un. Et pour le corps… est-ce que ce cher Liam accepterait de me faire un prêt ? J’en doute légèrement. « Pour la mise en scène, je compte sur vous. Vous suivez l’affaire depuis le début; je me charge du sang… mais pour le corps… Il va falloir que nous soyons créatif. Il ne peut pas juste s’agir d’un vulgaire mannequin, non, le Poète doit croire que nous avons vraiment découvert quelque chose. Enfin qu’Howell le défie vraiment et peut l'imiter.» Est-ce que nous étions en train d’envoyer Peter à l’abattoir ? Probablement, mais nous nous y dirigeons tous, tant pis si nous accélérons un peu sa course à lui, n’est-ce pas ? « Et nous attendons… que notre cher meurtrier s’en prenne à lui. » Je retins difficilement un sourire, mais la perspective d’attraper le meurtrier la main dans le sac me semble particulièrement réjouissante. La première cigarette disparait rapidement et j’en allume joyeusement une seconde. « Il nous faut une victime morte, avec un symbole, une jolie phrase gravée sur la clavicule ou dans les paumes de la main un truc comme… I am incomplete. »  Le rire arrive enfin, mon sarcasme à peine voilé. « Ça, ça devrait bien l’énerver non ? Assez pour commettre une erreur et pour nous fournir quelque chose. »

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Sujet: Re: Time Is Running OutVen 28 Avr - 14:57

S’il avait encore des doutes sur les intentions de Jacob, ils venaient de se dissiper face au discours du maire. Ils étaient certainement devenus fous, à planifier l’horreur comme s’ils pouvaient la contrôler d’une quelconque façon. Ils jouaient avec le feu, et il ne devait exister aucune espèce de preuves de cette conversation, ni de celles qui suivraient cette dernière. Pas d’échange de mails ou de messages, encore moins d’appels. Simplement des rencontres qui devraient avoir l’air improvisées, où ils se contenteraient d’une poignée de main et de paroles banales, au cas où. Après tout, ils ne savaient toujours pas si le Poète avait réussi à infiltrer la police ou l’administration ; avec un peu de malchance, ils étaient déjà sur écoute et le coupable entendait ou voyait tous ce qu’ils étaient en train de partager. Peu de chance pour que ce soit le cas ici, dans les bureaux provisoires de la mairie, où le mobilier manquait cruellement dans chaque pièce réquisitionnée pour l’occasion, mais peut-être était-ce le cas dans le bureau officiel du maire de la ville, et personne n’avait songé à vérifier - soit disant que Jacob était exempt de toute accusation de par sa position. C’était la bonne planque après tout, avec un paquet d’élus derrière lui et l’État de son côté, il faudrait du courage et beaucoup d’acharnement pour faire tomber un homme comme lui, ou un gradé des forces de police. Tant pis, Arthur prenait le risque ; et si Jacob était le tueur, il pourrait se faire un plaisir de le mener en bateau avant de le soumettre à une dernière dictée.

Le colonel écoutait attentivement son complice, faisant de son mieux pour retenir chaque information, s’efforçant de ne prendre aucune note comme il avait pourtant l'habitude de le faire. Ne pas laisser de trace de leurs manigances, et quitter ce bureau suffisamment rapidement pour que leur entretien ne paraisse pas suspect aux yeux des secrétaires et autres assistantes qui prendraient sûrement un malin plaisir à tirer des conclusions hâtives lorsqu’elles verraient le colonel passer dans l’autre sens, les tempes moites de sueur, la mine grave et le regard absent. Mais l’heure n’était pas encore au départ, certainement pas au moment où son cerveau bouillonnait, et que ses lèvres brûlaient d’idées diverses et variées. Le rire de Jacob ne le libéra pas davantage, trop emprisonné dans ses réflexions, condamné à arrêter le fou qui les tourmentait. Ils n’avaient pas songé à ce qu’ils feraient une fois que l’affaire serait classée et que le bourreau serait derrière les barreaux ; leurs vies redeviendraient subitement banales et ennuyeuses, et ils auraient tout le temps du monde pour profiter de la mer et de la plage, à l’image du reste de la population. Ou peut-être qu’ils se donneraient rendez-vous dans un autre bureau pour planifier de faux meurtres, histoire de faire tourner le commissariat en bourrique à nouveau, et avoir une raison de sortir de leur lit le matin ? Une chose après l’autre ; pour l’instant, ils s’occupaient du Poète, et c’était pleinement suffisant.

Arthur se décolla de son dossier, assis au bord de sa chaise, ses avant-bras reposant maintenant contre le bureau du maire, son doigt pointé vers ce dernier alors qu’il venait de songer à autre chose encore. « Ça ne l’énerverait pas assez. » Ce n’était pas ce que le Poète recherchait. Il ne voulait pas d’un message triste et mélancolique au possible, le message d’une moitié à la dérive qui cherchait à la retrouver. Non, il voulait un adversaire à sa taille, sans quoi il ne ferait tout simplement pas le déplacement. « I am incomplete, c’est trop… C’est un appel, et ça l’agacerait, mais il ne verrait pas ce type incomplet comme un égal ou comme une menace. Il le verrait comme un autre citoyen, il le retrouverait rapidement et en ferait sans compte sans vraiment s’alarmer. Non, il faut qu’il sente qu’il a trouvé un adversaire à sa taille, pour qu’il prenne son temps et qu’il prépare quelque chose de suffisamment grandiose pour qu’on le coince. » Il cogitait, passant une main dans ses cheveux avant de se masser le front, jugeant que cela l’aiderait sûrement à remettre de l’ordre de ses idées. « Les paumes, c’est une partie du corps qu’il n’a encore jamais fait, on garde ça. C’est suffisamment morbide pour qu’il soit énervé de ne pas avoir eu l’idée le premier. Mais pour la phrase… » Arthur se concentrait sur les dernières phrases du Poète, celles où il se disait justement innocent ou immortel. « S’il est l’innocence, s’il est immortel, son digne adversaire doit être… »

Il rouvrit les yeux, réalisant au passage qu’il les avait fermé un instant. « I am everywhere. » C’était exactement ce qu’il leur fallait. « Il faut une scène de crime irréprochable, mais surtout, il faudra laisser trainer des indices dont le grand public n’a strictement pas entendu parlé. Certaines victimes qui ont survécu ont certainement parlé de la croix sur leur tempe à des proches, cette information a facilement pu être diffusée malgré tout. Et on ne peut pas laisser le cadavre sagement dans l’appartement en train de moisir jusqu’à ce que le Poète se pointe pour vérifier si son adversaire procède de la même façon que lui. Non, il faut un truc convaincant et je me disais… On pourrait laisser les initiales de la prochaine victime. » Après tout, ça faisait sens, et ils multipliaient ainsi leurs chances de le coincer. « De deux choses l’une : soit il se précipite sur la victime suivante grâce aux initiales laissées par notre faux coupable et on le coince chez cette victime, soit il se précipite sur Peter pour l’empêcher de saloper son travail une seconde fois et on le coince comme ça. » Tout s’éclairait, tout paraissait limpide et clair et Arthur avait l’impression de respirer pour la première fois depuis longtemps. « Je parie que le Poète va d’abord viser la victime qu’on aura désigné pour prouver quelque chose à Peter, mais ça n’engage que moi. » Un sourire au coin de ses lèvres, le premier. Voilà qu’ils pariaient sur la vie des citoyens sans le moindre scrupule. « Dans tous les cas, Peter est le parfait candidat. Puisqu’on laissera des indices que nous sommes les seuls à connaître, le Poète va forcément s’intéresser à quelqu’un parmi les forces de police, qui y travaille encore ou qui y a travaillé, et qui s’intéresse à lui depuis le début des meurtres. Et qui de mieux placé que Peter, dont la popularité et réputation reposent sur ces crimes depuis le début. Il a intégré les forces de police en pensant pouvoir se rapprocher du tueur, le Poète disparait pendant plusieurs mois, donc Peter cherche à le provoquer pour pouvoir prouver à ses coéquipiers qu’il est un officier compétent, et ainsi gagner en charisme et en crédibilité. » Il avait songé à tout, au moindre détail, étudiant les personnalités des deux protagonistes pendant des heures, jusqu’à ce que son plan soit rodé au millimètre près. Des pantins meurtriers au bout de ses fils aiguisés. « Le temps d’organiser tout ça, de mettre Peter et sa future victime au courant… Il faudrait compter quelques mois. En espérant que le Poète ne se manifestera pas de lui-même d’ici là. » Sinon il faudrait tout repenser depuis le début ; ce qui ne semblait visiblement pas causer problème au colonel.

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Sujet: Re: Time Is Running OutMar 23 Mai - 0:11

I am everywhere.
Si j’avais eu un verre entre les mains, je l’aurais probablement levé à la santé d’Arthur, pour saluer son génie. Ou alors sa folie. La folie d’un homme qui n’a plus rien à perdre, qui n’a pas de raison de sauver sa propre peau, qui n’ aucune raison de fuir et qui peut se jeter dans les flammes sans aucune hésitation. C’est presque beau quand on y pense, de voir cette façon qu’il a de courir au devant du danger, comme si… comme s’il était immunisé, comme s’il était invincible, comme si rien ne pouvait l’atteindre. Et moi… moi je suis occupé à le fixer, à me demander jusqu’à quel point je peux le pousser avant de le voir s’effondrer devant moi. Je ne sais pas quelles sont les limites d’Arthur, et je ne sais pas si nous allons les atteindre aujourd'hui et d’une certaine manière, il sait que je m’en moque et je sais que la réciproque est vrai. Dans ce bureau, dans mon bureau à cet instant précis, nous ne sommes pas des hommes ou des figures publiques, pas juste un maire et un colonel. Non, à discuter de la vie et de la mort, nous sommes bien plus que cela, nous sommes presque des marchands et notre monnaie d’échange n’est rien d’autre que du sang. Nous sommes presque des dieux ici et comme tels nous n’allons pas nous montrer clément envers les moutons qui nous suivent bêtement.  « Parfait. » Je ne vois pas de plus belle façon de procéder : provoquer le meurtrier, le narguer, prétendre pouvoir faire aussi bien que lui serait surement le crime le plus affreux pas vrai ? S’élever à sa hauteur, prétendre qu’il n’est rien et que nous pouvons le remplacer… C’est le plan parfait pour le pousser dans notre direction et surtout le forcer à commettre une erreur. Si on nous découvre avant, nous pouvons tout nier en bloc, tout effacer et tout recommencer ailleurs, avec une autre cible et avec une autre victime.

J’hoche silencieusement la tête aux mots suivant d’ Arthur; heureux de constater qu’il y a pensé beaucoup plus que moi. « Je vous dirais qu’il faut mettre le moins de personne au courant de cette histoire, si Peter pouvait marcher dans notre petite trappe tout seul ça m’arrangerait… mettez le au courant et assurez-vous d’être discret. » C’était… une option, la vie de cette personne là était aussi futile que celles des autres, sans valeur, sans aucune signification profonde, tant pis si elle devait s’arrêter maintenant, à cause d’une simple conversation entre Arthur et moi. Ce ne serait rien de plus qu’une autre goutte d’encre sur cette immense feuille noire qu’Arthur et moi nous nous amusons à couper en mille morceau. « Et quand à l’autre victime potentielle… je vous laisse en décider. » Nouveau soupir, je repasse dans ma tête les détails de notre plan, à la recherche d’une faille, d’un détail qui nous aurait échappé. Je suis certain qu’il y en a des dizaines et qu’ils vont nous revenir en pleine face au mauvais moment. Toujours au mauvais moment. Mais Arthur a raison, nous avons un peu de temps devant nous. « Quelques mois… du temps que nous n’avons clairement pas mais que nous devons perdre. » Si le Poète fait une autre victime entre temps, nous nous occuperons. Nous enverrons une masse d’inspecteur se noyer dans une marre de sang et d’indices, juste parce que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire.

À dire vrai, un meurtre serait parfait. Pour couper toute cette tension qui règne en ville et qui en étouffe plus d’un, moi le premier. Je fais tourner ma chaise, comme l’aurait fait un enfant, mais c’est le seul moyen que j’ai de faire taire tout ce bruit sous mon crâne, le seul. « Que pourrions nous faire en attendant ? Pour lui faire croire que nous nous agitons malgré tout ? » Nous avons une trappe, il nous faut un leurre dans l’autre direction le temps de peaufiner le premier piège. Juste de quoi faire diversion pendant un bon mois… « Procéder à l’arrestation de quelques suspects ? Ça rassurera les masses et ça fera couler un peu d’encre et ça nous permettra de distraire notre meurtrier favori pendant quelques temps… Le temps qu’on relâche l’innocent en question. » Nouveau mouvement de chaise et je me tourne vers Arthur, il doit bien y avoir quelqu’un tout en haut de sa liste de suspects, quelqu’un qui pourrait tout arranger comme notre cher Peter.

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Sujet: Re: Time Is Running OutVen 26 Mai - 18:29

Il ne se souvenait plus de l’instant où son esprit avait littéralement flanché, plongeant dans le vide, s’enivrant du néant autour de lui, se nourrissant de l’obscurité jusqu’à être suffisamment repus pour recracher sa bile empoisonnée dans les rues de la ville. Un matin différent des autres sans doute, après avoir appris que son fils allait faire ses valises prendre l’avion pour la première fois, s’éloignant de ses racines pour mieux les laisser pousser. Mais Arthur s’était enraciné dans ses principes, faisant pourrir la terre autour de lui, les bourgeons flétrissant avant même d’avoir eu le temps d’éclore. Pas question pourtant de blâmer sa progéniture, non. Cette rage qui dormait profondément dans ses entrailles n’avait jamais été très loin, et même si Elliott avait été en pleine forme, si sa femme ne l’avait jamais quitté, il aurait poussé cette porte en ce jour de janvier et il aurait tenu les mêmes propos au maire de la ville. Au mot près. Tout le reste ne lui servait que de prétexte, des justifications qu’il se fournissait à lui-même afin de se convaincre qu’il était encore un peu humain quelque part. Balivernes. Il avait sagement attendu qu’on appuie sur la gâchette, munition lancée à toute vitesse pour venir s’écraser dans les coeurs des citoyens. Il ferait couler le sang lui-même si cela lui permettait de retrouver le fou qui avait hanté ses nuits durant les quatre dernières années, s’il pouvait enfin se tenir face à lui pour lui tirer une balle entre les deux yeux et le voir se vider de son sang sur le carrelage de sa cuisine. Les journalistes s’empareraient sûrement de l’affaire, mais sa position de colonel de police lui garantirait de ne jamais être tenu responsable pour cette exécution sommaire au domicile du coupable.

À moins que son rang ne soit pas encore suffisant ? Colonel, ça ne rimait à rien. Il allait retourner dans son bureau et il devrait écouter les mêmes ordres qu’on lui avait déjà donné par le passé, enterré sous des tonnes de paperasse, n’ayant le temps de rien faire à part commander des troupes incapables et indisciplinées qui ne savaient même pas ce qui les attendait. Il lui fallait autre chose, et quitte à se salir les mains, autant s’assurer que personne ne viendrait constater la quantité de sang qu’il aurait sur les paumes… Le maire approuva d’un simple mot, forçant Arthur à se concentrer à nouveau sur leur conversation. À vrai dire, si Jacob n’avait pas été de son côté, le colonel aurait sûrement trouver un autre moyen d’aller à l’encontre des autorités pour mettre son plan en place, quoi qu’il lui en coûte, quoi qu’il en coûte à cette ville et à ses habitants. L’aîné se contenta ensuite d’acquiescer d’un signe de tête, ne se permettant pas de remarque susceptible de lui faire perdre du temps à expliquer ce qu’il avait en tête encore plus en détails ; il était absolument nécessaire de prévenir la potentielle victime dont ils laisseraient les initiales sur une scène de crime fictive. Peter et Charlie devraient être placés sous surveillance, et les hommes qui seraient lancés à leur trousse devraient croire à leur culpabilité potentielle dans l’affaire, afin que personne ne puisse être au courant du plan absurdement cruel qu’Arthur et Jacob venaient de mettre en place. Tout devrait être calculé, chaque situation devait être envisagée, rien ne devait être laissé pour compte. Ils allaient joué avec la mort et certainement se retrouver avec de nouveaux cadavres sur les bras, des cadavres qu’ils n’auraient pas prévu. Comme tous les autres en vérité, pas de quoi se rendre malade.

« Je devrais pouvoir nous trouver un suspect rapidement. Il suffit de trouver une bonne poire facile à coffrer, il y en a à chaque coin de rue, ça ne devrait pas être très compliqué. » Le colonel réfléchit un instant, se remémorant les dossiers qu’il avait justement vu passer sur son bureau à ce sujet. Il y avait certainement un nom qu’il pourrait isoler sans trop de difficulté, et l’interpellation se ferait dans la dizaine de jours à venir. « Vous en entendrez sûrement parler dans les journaux d’ici peu. » Pas besoin de passer son temps à venir faire des comptes-rendus dans le bureau du maire, cela deviendrait sûrement louche à force. À moins qu’Arthur ne soit plus colonel, qu’il ait plus de responsabilités et d’autant plus de raison de traîner avec le maire de la ville. « J’aurais juste besoin que vous passiez quelques coups de fil pour moi. Le chef est trop jeune, inexpérimenté, il n’est clairement pas à la hauteur. » Un mensonge de plus ? On ne le remarquerait même pas, noyé au milieu de tous les autres. « Nous ne pourrons pas avancer à moins de trouver quelqu'un d'autre de plus efficace et ambitieux. » Arthur n’avait pas besoin de donner davantage d’explications, tout était dit. Il ne leur restait plus qu’à passer à l’action. Le colonel se leva ensuite, gratifiant Jacob d'un simple signe de tête en guise d'adieu, leurs regards scellant l’accord qu’ils venaient de passer silencieusement. Le Poète serait bientôt de l’histoire ancienne. Oeil pour oeil, sang pour sang.

sujet terminé

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